Haïti : la FEPH recherche un(e) chargé(e) de programme

La FEPH, acteur crucial de l’éducation en Haïti
L’éducation, en Haïti, est un secteur sinistré. Selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une minorité ; et le niveau général est tellement faible que seule une petite partie d’une classe d’âge obtient le bac. La question de l’éducation constitue donc un enjeu majeur. Face à ces lacunes, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), grâce à son réseau de 3000 écoles, revendique la scolarisation de 300.000 enfants, avec une qualité d’enseignement reconnue. Elle travaille en lien avec le ministère de l’Éducation nationale haïtien et avec des acteurs internationaux comme l’Unicef ; elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France. 

«Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris» : retrouvez le témoignage de Marie-Bénédicte Loze, ancienne envoyée du Défap

 

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Contexte du poste  : Dans le cadre de son partenariat avec la Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH), le Défap répond à la demande de la FEPH de recruter un chargé de programme.

Avec la validation du Plan stratégique 2018-2022 de la FEPH en janvier 2018, de nouveaux défis se dressent devant l’institution dans le sens de l’amélioration de la qualité de l’éducation en Haïti au bénéfice des enfants haïtiens sans distinction de sexe et de religion. Il y a donc une obligation de résultats. Fort de ce constat, la FEPH a sollicité le Défap-Service protestant de mission pour l’envoi d’un Volontaire de la Solidarité Internationale (VSI) en appui au développement de l’institution. Cette démarche, pour cette mission d’appui de trois ans (2+1), s’articulera autour des modalités suivantes :

Descriptif du poste  : Le volontaire apportera un support technique et organisationnel à la FEPH, d’une part dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des projets et d’autre part, dans la recherche de financements. De ce fait, il se chargera de l’entrainement du staff haïtien appelé à prendre le relais au terme de la mission d’appui et travaillera en étroite collaboration avec l’ensemble du personnel pédagogique et technique de l’institution.

Profil recherché  : Le volontaire doit disposer de solides compétences et expériences en gestions de projets et en recherche de financement qu’il devra être en capacité de transférer. Il doit avoir pleinement conscience et accepter sans réserve le fait de travailler dans le cadre d’une institution confessionnelle. Il doit s’engager à signer la politique de protection de l’enfant de la FEPH.

Capacité à travailler en équipe en contexte interculturel, capacités en animation de groupe, capacités d’écoute et d’observation active, bonne aptitude à s’adapter. La fonction de représentation de l’institution auprès des bailleurs et partenaires étant déterminante dans ce poste, un profil de personne expérimentée est souhaité. De préférence non-fumeur.

Qualités requises : dynamisme et forte motivation, autonomie, responsabilité, professionnalisme, rigueur, capacité d’adaptation à un contexte culturel et confessionnel affirmé.

Conditions : Statut de Volontaire de Solidarité Internationale qui garantit une couverture sociale complète et le versement d’une indemnité de subsistance. Logement fourni. Le volontaire sera accueilli et accompagné par la FEPH dans ses démarches d’installation et sa mission.

Engagement : contrat de 2 ans (ou 1 an renouvelable), à partir de septembre 2018.

En cas de validation de la candidature, il faudra suivre une formation au départ obligatoire qui se tiendra au Défap du 09 au 20 juillet inclus (pension complète, PAF demandée).

Candidature : Vous pouvez adresser un CV et une lettre de candidature (en précisant votre motivation à vous engager au service d’un organisme missionnaire protestant) au :

Défap – service Envoyés

102 boulevard Arago

75014 Paris

envoyes@defap.fr

 




Haïti : «Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris»

Marie-Bénédicte Loze lors d’une intervention dans une école sur la gestion des risques et des désastres © DR

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement de volontaire en Haïti et auprès de la FEPH ?

Marie-Bénédicte Loze : J’avais plusieurs types de motivations. Sur le plan personnel, partir en Haïti répondait chez moi à un désir de découvrir une autre culture, de m’en imprégner et de m’y impliquer. Je voulais, non pas pas me contenter d’un regard extérieur et rapide sur le pays, mais vraiment rencontrer l’autre, partager des moments de vie. Sur le plan professionnel, j’avais besoin d’acquérir une expérience de terrain de longue durée, au moins deux années à l’étranger. Je voulais en particulier travailler avec les membres d’une structure locale, pour vraiment connaître leur réalité : c’est le meilleur moyen pour mesurer les vrais enjeux et pour faire du travail efficace. J’ai eu l’opportunité de travailler avec la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, qui faisait face à pas mal de défis, et qui avait un besoin crucial en termes de ressources humaines : j’ai vite compris que là, j’aurais une grande latitude pour apprendre et pour agir.

Comment s’est déroulée votre mission ?

Marie-Bénédicte Loze : J’ai eu d’emblée la chance de travailler avec Christon Saint-Fort, le directeur exécutif de la FEPH : quelqu’un de remarquable, très compétent, qui se bat pour la structure, et qui m’a fait confiance. De cette manière, j’ai vraiment pu faire équipe avec les autres membres de la FEPH. Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris. Pour donner un aperçu de ce que fait cette fédération d’écoles, il faut savoir qu’en Haïti, il n’y a que 12% d’écoles publiques : la grande majorité des établissements sont privés, payants, et doivent financer leurs activités sur leurs fonds propres. Le système éducatif haïtien manque terriblement de moyens, ce qui se traduit sur le plan matériel mais aussi au niveau des recrutements : beaucoup d’écoles, ne pouvant rémunérer correctement leurs enseignants, embauchent des répétiteurs pour s’occuper des classes. Ce qui explique qu’alors même que le paysage éducatif haïtien est très peuplé, beaucoup d’établissements soient si peu satisfaisants en termes d’apports éducatifs pour les enfants. Un certain nombre d’écoles ouvrent sans autorisation et sans disposer d’enseignants compétents. Mais comme les frais d’écolage (d’inscription dans les écoles) représentent une lourde charge pour les familles, elles doivent se contenter d’établissements mal lotis. Il y a donc de gros enjeux en termes d’éducation en Haïti, et c’est précisément là qu’intervient la FEPH. Elle représente un réseau de 3000 écoles (près de 30% du secteur éducatif du pays), se bat pour garantir un niveau d’enseignement suffisant ; son action est d’ailleurs jugée indispensable par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), ainsi que par des partenaires internationaux comme l’Unicef (le Fonds des Nations unies pour l’enfance).

Que vous a apporté cette mission sur les plans personnel et professionnel ?

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Marie-Bénédicte Loze : Sur le plan personnel, j’ai beaucoup grandi, à tous les niveaux. J’ai eu l’occasion de travailler avec des personnes remarquables et j’ai pu vraiment m’imprégner des réalités de la vie haïtiennes, notamment en ce qui concerne les défis du secteur éducatif. C’était aussi une grande satisfaction pour moi de travailler avec des acteurs de terrain, de me battre à leurs côtés pour la même cause… Sur un plan plus professionnel, j’ai acquis une solide expérience de terrain qui me donne aujourd’hui un profil recherché. Travailler avec un organisme local qui se structure et se développe nécessite de faire preuve de souplesse, et garantit une grande diversité dans les actions à mener. C’est passionnant quand on aime relever des défis, s’adapter aux réalités du terrain, réfléchir aux actions à mener avec une équipe : il y a vraiment une grande marge d’action. Cette expérience m’a aussi apporté un large réseau, car même si la FEPH est un acteur local, elle travaille avec des acteurs importants au niveau national et international.




Aider les Haïtiens à prendre leur destin en main

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Haïti est un pays où les difficultés se cumulent. Avec un PIB par an et par habitant inférieur à 740 dollars, il est seul de la région Amériques-Caraïbes à figurer parmi la trentaine de «pays à faible revenu» recensés par la Banque Mondiale. Les deux-tiers des Haïtiens sont touchés par le chômage. En termes d’indice de développement humain, le pays est 163e sur une liste de 188 établie par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement). Les problèmes environnementaux sont criants (plus de 9 Haïtiens sur 10 sont exposés à des risques de catastrophes naturelles), avec notamment des difficultés liées au déboisement et à l’érosion des sols. Aucun de ces maux n’est une fatalité ; mais pour les combattre, et permettre aux Haïtiens de prendre leur destin en main à long terme, la meilleure arme est l’éducation.

C’est dans ce domaine qu’intervient Mickaël Roux, envoyé du Défap en Haïti. Il est arrivé à Port-au-Prince le 13 septembre 2017. «Ma mission, détaille-t-il dans sa première lettre de nouvelles, consiste à trouver des fonds et des financements pour la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (la FEPH). Cette institution a un important parc scolaire (3000 écoles). Les activités sont diverses : reconstruction d’écoles et de bâtiments scolaires, réhabilitation, formation des enseignants, distribution de kit et de matériel scolaire, mise en place de cantines scolaires…»

«Ma motivation est de voir ces enfants évoluer»

Pour aller plus loin :
L’actualité du Défap en Haïti
PLATEFORME HAITI Présentation sur le site de la Fédération protestante de France
Le site de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti

Pourquoi passer par une fédération d’écoles ? Tout simplement parce que l’éducation, en Haïti, fait aussi partie des secteurs sinistrés. Selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une petite minorité (9 écoles sur 10 sont des établissements privés) ; et le niveau général est tellement faible que moins de 5% d’une classe d’âge obtient le bac. La question de l’éducation constitue donc un enjeu majeur ; exemple typique, Le Nouvelliste, grand journal de Port-au-Prince et plus ancien quotidien du pays, a dressé l’année dernière la liste des lycées qui, à travers Haïti, ont eu 0% de réussite au baccalauréat… Face à ces lacunes, la FEPH, grâce à son réseau, revendique la scolarisation 300.000 enfants, avec une qualité d’enseignement reconnue. Elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France et où le Défap se retrouve aux côtés de divers acteurs du protestantisme français impliqués dans ce pays, comme La Cause ou la Mission Biblique. Ainsi, après le passage destructeur de l’ouragan Matthew sur Haïti, trois écoles ont été réhabilitées avec un financement direct de la fondation du protestantisme.

Le 26 janvier dernier, la FEPH a tenu à Port-au-Prince sa 28ème assemblée générale sur le thème : «Un meilleur engagement des parents pour une éducation de qualité». Y assistaient notamment le président de la Fédération protestante d’Haïti, le pasteur Sylvain Exantus, un représentant du ministre de l’Éducation nationale, ainsi qu’une secrétaire exécutive du Défap, Laura Casorio. L’occasion pour le président de la FEPH, Guilbaud Saint-Cyr, de tirer un bilan de l’année 2017 : la formation de 1383 enseignants et 109 directeurs d’école sur des thèmes touchant notamment à la pédagogie ou à la gestion participative de l’école ; l’encadrement de 144 établissements pour améliorer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; la dotation de 54 écoles en matériel scolaire… Christon Saint-Fort, le directeur exécutif de la FEPH, s’est dit fier de diriger une institution qui s’améliore de jour en jour. Pour sa part, le représentant du ministre de l’Éducation, le Dr Délima Pierre, a souligné que «la contribution de l’Église protestante dans le développement et l’amélioration de la qualité de l’éducation n’est plus à démontrer en Haïti».

Affiches de la FEPH : la formation pour la limitation des catastrophes naturelles © Laura Casorio pour Défap

Au cours de cette AG a été également adopté le plan stratégique de la FEPH pour la période 2018-2023. Il prévoit entre autres la promotion de la protection de l’enfant, que ce soit à travers la poursuite de la campagne «Bon trètman» («Bon traitement») ou des actions de formation ; le développement d’un système de certification des écoles ; la promotion de l’environnement et la réduction des risques de catastrophes. Mais la FEPH, réseau d’écoles privées, doit aussi se préoccuper de son financement, et la question de la diversification des sources de revenus figure en première place parmi les priorités de la période à venir. Les partenaires de la FEPH seront donc directement sollicités ; et tout au long de sa mission à Port-au-Prince, Mickaël aura de quoi faire. «Ma motivation, témoigne-t-il, est de voir ces enfants évoluer. Pour ma part, une nouvelle donne n’est possible qu’avec une nouvelle génération. L’éducation est le seul moyen pour certains d’avoir un avenir.»

Franck Lefebvre-Billiez




Haïti : des instruments de musique pour le collège Maranatha

Le collège évangélique Maranatha © Mission Biblique

Avez-vous une clarinette ? Un saxophone ? Un violon ? Si c’est le cas, le collège Maranatha a besoin de vous. Non pas pour organiser un concert ; mais si vous avez un instrument de musique, en bon état, dont vous accepteriez de vous défaire, il pourra venir en aide à cette école qui a un grand besoin d’équiper de nouveau sa fanfare et son cours de musique…

Situé au Sud-Est de Port-au-Prince, en bordure d’un secteur contrôlé par des gangs (le quartier de Grande-Ravine), le collège évangélique Maranatha entretient un témoignage essentiel dans cette partie défavorisée de la capitale haïtienne. Il est membre de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), qui regroupe 3000 écoles et fait un formidable travail de réseau pour permettre aux enfants d’être scolarisés, dans un pays où seulement 5% d’une tranche d’âge obtient le baccalauréat. La FEPH est elle-même un des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, créée en 2008 sous l’égide de la Fédération protestante de France et rassemblant en France des intervenants aussi divers que le Défap, la Mission Biblique, La Cause, Réforme… C’est par le biais de cette Plateforme que le protestantisme français a pu être particulièrement présent auprès d’Haïti à la suite du séisme de janvier 2010, qui avait fait plus de 230.000 morts et plus d’un million de sans-abris dans la région de Port-au-Prince.

Tout le matériel pillé, les instruments volés

Pour aller plus loin :
Le point sur les événements du 13 novembre au collège évangélique Maranatha
Le point sur Haïti et sur les actions du Défap
Présentation de la Plateforme Haïti sur le site de la Fédération Protestante de France
Le site du collège évangélique Maranatha
Les événements au collège Maranatha suivis sur le site de la Mission Biblique

Aujourd’hui, le collège Maranatha a un besoin urgent de soutien, et de cette solidarité du protestantisme français qui ne s’est jamais démentie : le 13 novembre dernier, une opération de police lancée contre les gangs du quartier de Grande-Ravine a dégénéré en fusillade meurtrière sur le campus même de l’école, où des individus armés avaient pu s’introduire en franchissant le mur d’enceinte. Le collège a dû être temporairement fermé ; lorsqu’il a rouvert, une cellule d’écoute psychologique a dû être mise en place pour les enseignants ainsi que pour les élèves, traumatisés par la fusillade, et dont certains craignaient même de revenir en cours. Il a fallu aussi évaluer les dégâts causés aux bâtiments et à l’équipement de l’école…

Mais les dégradations causées par la fusillade elle-même ont été aggravées par de nombreux vols et déprédations commis durant les quelques jours de fermeture du collège. Ce dont a témoigné son directeur, Armand Louis, dans une lettre datée du 1er décembre : «Pour ce qui a trait au Collège Maranatha, Lekol pou yo tou, l’École technique : on a tout pillé, on a mis l’École à sac au cours des jours qui ont suivi le massacre. Pas une chaise, pas un ordinateur de bureau, pas un livre, pas un instrument de musique, pas un frigo, pas un ventilateur, même pas une lampe électrique n’est restée.»

La Plateforme Haïti doit apporter prochainement un soutien à la cellule d’écoute. Elle va également se mobiliser pour aider à reconstituer l’équipement informatique qui a été pillé. Et vous aussi, vous pouvez intervenir pour aider le collège Maranatha… Si vous comptez vous défaire d’un instrument, voici la liste de ceux qui font défaut à la fanfare et au cours de musique :

flûtes traversières
clarinettes (et hanches de clarinette)
trompettes
saxophones (altos et ténors, ainsi que des hanches de saxophone)
violons et cordes de violon
baguettes pour batterie

 

Le collège Maranatha compte sur vous ! Pour nous faire parvenir un instrument ou toute information sur les besoins de l’école, merci de contacter la Mission Biblique, qui est directement en lien avec le collège Maranatha, et/ou le Défap : 

Mission Biblique, 41 rue Th. Honoré 94130 Nogent-sur-Marne
01 48 73 77 16
Pour envoyer un mail, cliquer ici
 

 

Service Protestant de Mission – Défap, 102 Bd Arago – 75014 Paris
01 42 34 55 55
solidarites.internationales@defap.fr
 




Haïti : des nouvelles du collège Maranatha

A Port-au-Prince, les cours ont repris au collège évangélique Maranatha après l’opération de police du 13 novembre au cours de laquelle plusieurs personnes avaient été abattues dans l’enceinte même de l’établissement. Mais les élèves et les enseignants restent profondément choqués, ce qu’a pu constater le ministre haïtien de l’Éducation nationale, venu apporter son soutien. Le directeur du collège remercie pour sa part la mobilisation de la communauté protestante (ce qui inclut les protestants de France), qui a permis sa remise en liberté. Mais il s’agit toujours d’une liberté conditionnelle.

 

Le collège évangélique Maranatha © Mission Biblique

Le ministre haïtien de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), Pierre Josué Agénor Cadet, s’est rendu au cours de la dernière semaine de novembre au collège évangélique Maranatha, où plusieurs personnes avaient été tuées deux semaines auparavant. Cette école membre de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, partenaire de la Plateforme Haïti, dont fait partie le Défap, entretient un témoignage essentiel dans une partie très défavorisée de Port-au-Prince : le collège Maranatha surplombe le quartier de Grand Ravine, lieu gangréné par la grande criminalité. C’est au cours d’une opération visant les gangs de ce quartier que des policiers avaient, le 13 novembre dernier, abattu plusieurs personnes dans l’enceinte même du collège, dont le gardien, un élève et un enseignant (lire : Haïti : solidarité avec le collège Maranatha).

Au cours de sa visite, le ministre de l’Éducation nationale était accompagné d’une délégation dont faisaient notamment partie le pasteur Sylvain Exantus, président de la Fédération protestante d’Haïti, ainsi que le pasteur Jean Bilda Robert, vice-président de l’Union Évangélique Baptiste d’Haïti (UEBH). Tous ont pu constater que les élèves restent gravement affectés par les violences du 13 novembre. Certains ne sont toujours pas revenus en classe ; d’autres refusent d’aller en cours sans la présence permanente d’un de leurs proches. Le ministre a promis un soutien psychosocial aux enseignants et aux élèves afin de les aider à évacuer le stress post-traumatique. Il a déploré une fois de plus qu’une école, sanctuaire pour la formation des jeunes, soit le théâtre de tels événements et s’est dit prêt à accompagner financièrement la remise en état du collège, vandalisé à la suite de l’opération de police.

Il y aura beaucoup à reconstruire

Pour aller plus loin :
Le point sur les événements du 13 novembre au collège évangélique Maranatha
Présentation de la Plateforme Haïti sur le site de la Fédération Protestante de France
Les événements au collège Maranatha suivis sur le site de la Mission Biblique

Il y aura beaucoup à reconstruire car c’est un véritable pillage que l’école a subi après le drame du 13 novembre. Ce dont témoigne son directeur, Armand Louis, dans une lettre datée du 1er décembre : «Pour ce qui a trait au Collège Maranatha, Lekol pou yo tou, l’École technique : on a tout pillé, on a mis l’École à sac au cours des jours qui ont suivi le massacre. Pas une chaise, pas un ordinateur de bureau, pas un livre, pas un instrument de musique, pas un frigo, pas un ventilateur, même pas une lampe électrique n’est restée.»

Quant au directeur lui-même, il est toujours en liberté conditionnelle. Gravement molesté par les policiers à la suite de l’échec de l’opération antigang, arrêté et incarcéré, il a été libéré après plusieurs jours de mobilisation de tout le protestantisme haïtien, qui a multiplié les sit-ins et marches de protestations. Mais il doit toujours attendre une décision judiciaire à la suite des accusations portées contre lui par les policiers, qui le rendaient responsable du fiasco de l’opération. Il remercie néanmoins, dans cette même lettre, tous ceux qui ont contribué à sa remise en liberté ; s’exprimant en son nom propre et au nom de ses proches, il veut «transmettre l’expression même de notre reconnaissance à toute la Mission Biblique, à toute la communauté protestante de France et à tous les frères et sœurs de la Côte d’Ivoire. Car, je suivais vos prises de position, vos protestations, vos témoignages, vos interventions dans la presse et sur les réseaux sociaux ; je suivais vos démarches. Le juste juge est descendu et a fait le miracle. Mille mercis !»

Armand Louis témoigne également de la solidité de son implication en faveur de l’éducation des plus fragiles, en dépit des événements. «Depuis plus d’une trentaine d’année», souligne-t-il, «je me suis engagé dans une bataille pour l’amélioration des conditions de vie de mes concitoyens et concitoyennes, des couches les plus défavorisées de mon pays.» Aussi, en dépit du drame qui l’atteint personnellement et qui frappe «l’institution que je dirige depuis plusieurs décennies, dans laquelle j’ai lutté de toutes mes forces pour forger un destin ou changer les conditions d’existence des enfants et des jeunes les plus vulnérables du pays», il se dit «décidé de continuer cette lutte en faveur des plus faibles, chaque jour de ma vie, tous les jours de ma vie. Nous prions notre Dieu pour notre libération complète et pour cette nouvelle phase dans ce combat pour la justice et le droit.»




Haïti : solidarité avec le collège Maranatha

Ce collège évangélique, situé en bordure d’un quartier contrôlé par des gangs, entretient un témoignage essentiel dans cette partie défavorisée de Port-au-Prince. Il est membre de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, partenaire de la Plateforme Haïti, dont fait partie le Défap. Le 13 novembre dernier, plusieurs personnes, dont un élève et un enseignant, y ont été abattues par la police en marge d’une opération antigang, pendant que son directeur était brutalisé et arrêté. Remis depuis en liberté, il est en attente d’un jugement, et le protestantisme haïtien réclame justice pour lui, et pour les victimes exécutées par la police.

 

Le collège évangélique Maranatha © Mission Biblique

Le protestantisme haïtien se mobilise et réclame justice après une opération de police qui a mal tourné au collège évangélique Maranatha. Elle s’est traduite par plusieurs morts, dont deux policiers, un élève, un enseignant et le gardien de l’école, ainsi que par huit jours d’incarcération pour le directeur du collège, Armand Louis.

Le collège Maranatha se trouve au Sud-Est de Port-au-Prince, dans un secteur boisé surplombant le quartier de Grande-Ravine, où sévissent des gangs qui rackettent impunément la population. Le 13 novembre, vers les 5 heures du matin, 260 membres de l’Unité Départementale de Maintien de l’Ordre (Udmo) et de la Direction Centrale de la Police Administrative (DCPA), accompagnés de forces de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH), se sont déployés dans le quartier en vue de lancer une opération antigang, et ont pénétré dans le collège. Arrivé dans la matinée et trouvant les policiers sur place, le directeur du collège leur a offert sa collaboration et leur a permis de fouiller les bâtiments du campus. Mais des individus armés avaient franchi le mur d’enceinte ; une fusillade a éclaté, deux policiers ont été tués. Les membres des forces de l’ordre, accusant le directeur de les avoir menés dans un guet-apens, ont commencé à le molester, et ont exécuté sommairement plusieurs personnes présentes qui tentaient de s’interposer. L’opération de police s’est soldée par un échec ; le chef de la Police Nationale Haïtienne (PNH) a reconnu qu’aucune arme n’avait été saisie ; quant au directeur du collège, il a été placé en détention. Malmené et victime d’un malaise évoquant un AVC, il a dû recevoir des soins, qui lui ont été prodigués par sa fille, médecin.

Une arrestation «illégale et injuste»

Pour aller plus loin :
Présentation de la Plateforme Haïti sur le site de la Fédération Protestante de France
Les événements au collège Maranatha suivis sur le site de la Mission Biblique

L’Union évangélique baptiste d’Haïti (UEBH) a rapidement diffusé un communiqué déplorant le comportement des policiers envers Armand Louis, qui a toujours fait preuve d’«intégrité», de «rectitude» et d’«intérêt pour l’éducation de tous les enfants de la zone». Outre son rôle de directeur d’école, Armand Louis est prédicateur laïc, ingénieur de formation, membre du comité exécutif de l’UEBH, et a fait partie de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale (Cieve) lors de la présidentielle de 2015. Quant au collège Maranatha qu’il dirige, c’est un établissement d’une qualité reconnue, créé en 1956 et membre de la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), qui regroupe 3000 écoles ; un lieu qui ne peut en aucun cas, comme l’a souligné la FEPH, être «un repaire de bandits».

La mobilisation qui s’est développée au sein du milieu enseignant haïtien et du monde protestant s’est rapidement focalisée sur la nécessité de libérer au plus vite le directeur du collège Maranatha. L’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh) et le parti politique Rasin kan pèp ont dénoncé une arrestation «illégale et injuste». La FEPH a dénoncé un affront contre le secteur éducatif en général et le monde protestant en particulier. «Cette humiliation infligée par des agents de la PNH à un éducateur chevronné, ayant consacré plus de 30 années de sa vie à la formation de plusieurs générations de jeunes haïtiens, est intolérable», a-t-elle notamment écrit.

Le protestantisme français s’implique

Le directeur du collège Maranatha, Armand Louis © Mission Biblique

Fait rare, cette situation a aussi été dénoncée par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), qui a déploré que de tels événements aient pu se produire dans une école, lieu qui doit être un sanctuaire pour les enfants. La FEPH étant l’un des partenaires de la Plateforme Haïti, constituée en 2008 sous l’égide de la Fédération Protestante de France, et particulièrement active à partir de 2010 à la suite du séisme qui avait dévasté la région de Port-au-Prince, le protestantisme français a également réagi : «Beaucoup d’entre nous ont pu visiter le collège et connaissent les conditions difficiles de travail et de témoignage dans cette zone», a souligné dès le 14 novembre un communiqué de la Plateforme, dont fait partie le Défap. «Nous espérons que la situation de Armand Louis puisse être clarifiée et résolue dans les meilleurs délais».

À partir du lundi 20 novembre a été lancée une semaine d’actions à Port-au-Prince pour réclamer justice : conférence de presse, sit-ins, marches à l’appel d’organisations étudiantes et de l’ensemble des écoles protestantes. Entretemps, Armand Louis a été remis en liberté, dans l’après-midi du 20 novembre ; mais les charges pesant sur lui n’ont pas été levées pour autant, et il ne s’agit que d’une libération conditionnelle. Les autorités haïtiennes commencent pourtant à reconnaître les torts de la police.

Le traumatisme est profond au collège Maranatha

Deux des personnes abattues par la police au collège Maranatha : Julio, le gardien (à gauche); Jean Baptiste David, enseignant (à droite) © Mission Biblique

Une enquête a été lancée et ses résultats doivent être connus sous peu ; le premier ministre Jack Guy Lafontant, également chef du Conseil supérieur de la police nationale (Cspn), a promis des sanctions à l’encontre des responsables. La mobilisation se poursuit désormais à Port-au-Prince pour que la vérité soit connue sur cette opération de police.

Mais le traumatisme est profond au collège Maranatha. Fermé depuis le 13 novembre, il a rouvert ses portes le 20 pour accueillir les enseignants, leur permettre de parler, les accompagner après le drame et préparer, en compagnie de psychologues, le retour des élèves. La reprise des cours est annoncée pour le 27. Une semaine de partages, d’échanges et d’encouragements a été prévue pour libérer la parole des enfants. Les murs portent encore les traces des impacts de balles ; et dans les jours qui ont suivi la fusillade, les locaux, pourtant placés sous la protection de la police, ont été pillés, les ordinateurs et le mobilier volés.

Le protestantisme français, à travers la Plateforme Haïti, reste mobilisé et solidaire avec le collège Maranatha et l’UEBH.




Haïti dans la tourmente

La Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH) mobilise ses troupes pour accompagner les populations à l’heure où le pays ne bénéficie plus du support de la Minustah [mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti] et que la plupart des ONG ont quitté le pays.

 

 

Irma la douce n’est plus. L’ouragan qui a pris son nom a ravagé les Caraïbes et s’apprête à toucher Haïti. Un an après le drame de Matthew, des pluies torrentielles et des vents violents devraient toucher le nord du pays.

Le plan d’urgence de la FEPH intègre des activités de sensibilisation permettant aux familles haïtiennes, et particulièrement aux enfants, de réagir dans le cadre des consignes émises par la protection civile. Les équipes locales gèrent les stocks de « kits abris », de kits alimentaires et de kits hygiène. Elles communiquent aux mairies la liste des écoles et des églises protestantes qui peuvent servir d’abris provisoires, l’objectif étant d’accompagner la crise humaine qui s’annonce.

Les responsables de la FEPH, chargés de coordonner l’évaluation des dégâts, ont suivi mercredi 6 septembre, une formation sur la collecte de données à l’aide d’une application mobile. Ce soutien technologique permettra à l’institution de disposer d’informations en temps réel et de mettre en place des solutions adaptées aux situations.

Le Defap s’associe à la Fédération des écoles protestantes d’Haïti, acteur majeur de la gestion de cette crise humaine, et reste en contact et en solidarité avec tous les partenaires haïtiens.

 

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap et Stéphane Griffiths, trésorier du Défap, sont partis comme prévu et malgré les ouragans en Guadeloupe pour faire un point général avec les Églises de Guadeloupe et Martinique.

 

 

 

 

 

 




Etre envoyé en Haïti

Marie-Bénédicte Loze est une ancienne envoyée du Défap. Alors que nous sommes en pleine session de formation des envoyés, elle revient sur sa mission en Haïti et nous livre ses sentiments.

Qu’êtes vous devenue depuis la fin de votre mission ?

J’ai fini ma mission avec le Défap en novembre 2016, après deux ans et demi d’investissement passionnant et j’ai choisi de rester en Haïti. Je supervise un projet d’éducation pour la Finn Church Aid, une ONG finlandaise. Le projet vise à réhabiliter les écoles qui ont été endommagées par l’ouragan Matthew.

 

Qu’avez-vous retiré de cette expérience avec le Défap ?

Beaucoup de choses. Au niveau professionnel, j’ai aimé travailler avec la Fédération des écoles protestantes d’Haïti, une  ONG locale, présente sur le terrain depuis près de 30 ans, qui connait bien le secteur de l’éducation. J’ai beaucoup appris dans cette structure de taille humaine, avec des moyens modestes, qui m’a offert beaucoup de responsabilités.  Le travail était passionnant. J’ai apprécié l’approche du Defap : une organisation qui fait confiance à ses partenaires locaux.

 

Quel moment vous a le plus marquée ?

L’ouragan Matthew.  C’était dur, tout était dévasté. Les gens qui avaient déjà très peu, en avaient encore moins. C’est un pays qui est toujours confronté aux intempéries et j’ai été interpellée par la force des Haïtiens et par leur capacité à rire, à se relever encore et encore.


Marie-Bénédicte lors de son départ en mission en 2014, DR

Etes-vous entrée en contact avec d’autres envoyés Défap sur place ? Quels liens avez-vous avec eux aujourd’hui ?

J’ai gardé des contacts avec plusieurs envoyés qui ont participé à la même session de préparation que moi comme Christelle, Sofia ou Laure. On échange toujours des mails et on aime recevoir les lettres de nouvelles que les envoyés partagent. Ainsi, on ne se sent jamais seul.

 

Que conseilleriez-vous à une personne qui souhaite partir en mission ?

Je lui dirais d’y aller ! De ne surtout pas hésiter. Il faut être très humble lorsque l’on part en mission. Là-bas on y apprend l’humilité. On reçoit plus que ce qu’on apporte. On a énormément à apprendre les uns des autres ! C’est une richesse et il faut être prêt à être déboussolé. C’est une très bonne expérience de vie.

Avec le Défap, chaque envoyé peut compter sur un accompagnement avant et pendant la mission. C’est un soutien important.
Les longues missions sont intéressantes.  Elles permettent d’aller en profondeur. C’est une richesse humaine, culturelle et professionnelle.

Avant mon départ pour Haïti, j’avais fait missions courtes et je ressentais le besoin de m’installer pour aller plus en profondeur, pour découvrir une autre culture et mieux l’appréhender. Cela demande du temps.

 

 




PREVENOH : Un projet au service des enfants d’Haïti

Cette initiative qui s’étend sur douze mois, a permis de contribuer à réduire les risques et désastres dans les communautés scolaires du Nord et du Nord-Est d’Haïti par la formation et l’entrainement des équipes pédagogiques et des écoliers.

Ce projet s’articule autour de trois axes : la formation, l’extension du système d’alerte par SMS et l’évaluation technique du bâtiment du bureau régional du Nord – Nord-Est.

La formation a concerné 3 formateurs départementaux, 32 formateurs communaux, 966 maitres et directeurs d’école et 26 533 écoliers.

 

La Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH)

La Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH) coordonne les écoles (premier et deuxième cycle) de ses membres (églises et missions) avec un ’organisation décentralisée qui permet de mieux suivre les réalités locales.
Avec plus de 3 000 écoles accueillant 300 000 élèves environ, elle travaille pour améliorer la qualité de l’éducation. Bien que les écoles coordonnées soient privées et confessionnelles Près de 30 % des enfants haïtiens sont ainsi scolarisés, sans distinction de sexe et de religion. Défendant et promouvant le droit de tous les enfants à une éducation de qualité et pérenne, la Fédération élabore des programmes et projets répondant aux besoins éducatifs des enfants vulnérables, orphelins et en grande difficulté financière, qui constituent son public cible. Ainsi, des enfants vulnérables sont accueillis dans des écoles protestantes, souvent vulnérables elles-mêmes.

Des Facilitateurs Locaux de Protection de l’Enfant en formation

Bureau régional de la FEPH, Cap-Haïtien, Nord. (2017, DR)

 

La formation des formateurs

La formation du projet de réduction de la vulnérabilité des écoliers dans le Nord d’Haïti (PREVENOH), d’une durée de 30 heures, traite des phénomènes naturels, des catastrophes naturelles, du cycle de gestion des risques et désastres, de la communication en situation d’urgence et du système d’alerte scolaire, des techniques d’évacuation, de premiers soins et de secours, ainsi que de l’évaluation rapide en éducation en situation d’urgence.

Aujourd’hui, plus d’une trentaine de formateurs départementaux et communaux sont opérationnels.
L’accueil des participants en internat et non en externat s’est avéré très efficace : éloignement de la famille et rupture avec le quotidien permettant une meilleure concentration, ponctualité des participants. Cette pratique pourrait être reproduite dans d’autres projets et d’autres régions.

 


Des formateurs communaux lors d’un exercice de simulation.
Ecole Fondamentale d’Application-Centre d’Appui Pédagogique (EFACAP),
Fort-Liberté, Nord’Est. ( 2017, DR)

 

Haïti : former, informer, soigner

Dans le cadre du projet de réduction de la vulnérabilité des écoliers dans le Nord d’Haïti (PREVENOH), les écoles ont reçu un certain nombre d’outils pour former, informer et soigner :

  • 60 unités de planches pédagogiques utilisables par les enseignants et 4 082 exemplaires de livrets de sensibilisation à distribuer aux élèves des téléphones portables évitant l’isolement.
  • 64 unités de kit de premiers soins contenant des pansements, de la Bétadine, des gazes, de la pommade contre la douleur, des antibiotiques, des ciseaux et des gants, un thermomètre, des comprimés (contre la douleur, la fièvre, la diarrhée, la nausée), des couvertures de secours, …

Des outils indispensables qui, conjugués à la formation, permettront de mieux gérer les crises.

 

Contre les violences à l’Ecole

Les facilitateurs locaux de protection de l’enfant ont participé à un atelier sur les alternatives aux châtiments corporels en vue de réduire les violences faites aux enfants en salle de classe sous prétexte de les discipliner. Cet atelier a débouché sur des alternatives telles que les retenues, des lignes à copier, les privations de récréation, de jeux, l’interdiction d’aller dans certaines salles, les réparations (nettoyer ce qu’on a sali) …

Toutes ces mesures disciplinaires doivent figurer dans les règlements de l’école élaborés avec la participation des élèves. Cette intervention s’inscrit aussi dans le cadre de la mise en place prochaine du programme d’Action contre les violences à l’école haïtienne (ACVEH) par le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle (MENFP) auquel la FEPH contribue techniquement.


Des formateurs communaux lors d’une session basée sur le jeu éducatif «Tè malè».
Ecole Fondamentale d’Application-Centre d’Appui Pédagogique (EFACAP),
Fort-Liberté, Nord’Est. ( 2017, DR)




Haïti : trois mois après l’ouragan Matthew

Le 3 octobre 2016, l’ouragan Matthew dévastait Haïti. Pertes humaines considérables, dégâts matériels, routes coupées, rivières débordées…malgré une grande mobilisation de la communauté internationale, l’aide peinait à se mettre en place. La Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH) déclenchait alors son plan post-catastrophe, afin d’aider les familles qui avaient tout perdu. Qu’en est-il trois mois après le drame ? Le directeur exécutif de la FEPH, Christon St Fort, nous répond.

Depuis l’ouragan, quelles actions avez-vous pu mettre en place avec la FEPH ?

Par rapport à nos interventions, nous sommes soutenus par plusieurs Organisations Non Gouvernementales (comme le Défap, l’Unicef, Finn Church Aid, Tearfund…). Avec les aides reçues, nous avons pu procéder à l’évaluation rapide des dégâts. Nous avons également pu soutenir une centaine de familles, en apportant une aide d’urgence. Nous avons ainsi réhabilité 13 écoles dans les départements des Nippes, du Sud et de la Grande’ Anse, dans le sud-ouest de Haïti.

La semaine prochaine, nous démarrons un appui psycho-social pour les enfants qui ont été traumatisés par la catastrophe. Nous lançons aussi un programme de cantine scolaire et des kits scolaires. Ces kits (composés de fournitures, cahier, stylos…) ont été envoyés par l’Unicef. Nous allons également distribuer des manuels dans les écoles. Ici les enfants ont pratiquement tout perdu.

Mais les besoins sont encore immenses. 900 écoles environ ont été affectées par l’ouragan.

 


Intervention de la FEPH à l’école Bon Berger de Chambellan, DR

 


Ecole Bon Berger de Chambellan réhabilitée par la FEPH, DR

 

 

Selon vous, le pays était-il préparé à l’arrivée de l’ouragan ?

Je crois que cette « préparation » était mitigée. Quand on considère le cas de l’état haïtien, de grandes dispositions structurelles n’ont pas été vraiment prises pour faire face à ce genre de catastrophe. Je pense par exemple à ces abris provisoires validés par l’état haïtien…et qui n’ont pas résisté à la force des vents. Il faut reconnaitre que l’état haïtien a fait pas mal de prévention et de sensibilisation par rapport à l’ouragan.

La FEPH l’avait d’ailleurs félicité pour cet aspect sensibilisation. En tant que partenaire de l’état haïtien, nous avons pris l’habitude de faire des critiques constructives. Et je crois que l’état nous entend. La FEPH est un témoignage vivant. Même si cela peut prendre un peu de temps, notre voix est toujours écoutée.

En ce qui concerne la prévention, La FEPH, avec l’appui du Défap, s’était aussi lancée dans le transfert des compétences dans le domaine de l’éducation à la gestion des risques. Il y a, par exemple, un cadre de la fédération dans le département de la Grande Anse qui a été formé. Avant l’ouragan, il faisait des formations par rapport aux comportements à adopter en cas d’ouragan. L’intervention de la FEPH ne se situe pas seulement dans la réponse aux catastrophes, mais également dans la prévention.

Ce n’est pas seulement dans ce département que nous avons fait ce genre de formation. Nous avons touché plusieurs autres départements du pays. Il y a beaucoup à faire mais les ressources manquent.

 


Christon Saint Fort Prince au siège de la FEPH,
septembre 2015, DR


Trois mois après l’ouragan Matthew, que reste-t-il à faire ?

Il reste encore beaucoup à faire. Dans le domaine de l’éducation, par exemple, ce qui reste à faire concerne le retour des enfants à l’école. 50% des écoles endommagées n’ont pas été réhabilitées à ce jour ! Les enfants n’ont pas pu retourner à l’école. Quand on parle de « retour », on n’entend pas seulement les infrastructures mais aussi les fournitures scolaires (cahiers, stylos, livres…).

Avec les cultures fortement touchées, on craint aussi que l’insécurité alimentaire augmente dans les régions touchées. C’est pour cela que nous voulons faire des interventions dans le domaine de la cantine scolaire. 

 

De quelles aides avez-vous encore besoin ?

Nous recherchons des financements supplémentaires pour aider les écoles à se relever et, via le Défap et d’autres partenaires en France, des particuliers nous aident à réhabiliter les écoles et faciliter le retour en classe des enfants.

Aujourd’hui nous continuons à compter sur la solidarité internationale. Le Défap, par exemple, nous a soutenu depuis le début en collectant des dons en France. Nous les en remercions.

 

 




Les dégâts de l’ouragan Matthew en Haïti : la communauté protestante doit se mobiliser

L’ouragan Matthew, le plus puissant dans les Caraïbes depuis une décennie, a frappé durement Haïti le 3 octobre dernier. Dix jours plus tard, on répertorie 546 morts, sans compter les disparus. Des rivières ont débordé, des ponts se sont effondrés, de nombreuses routes sont toujours coupées, 175 000 personnes sont sans abri. Les dégâts matériels sont considérables et le choléra est en recrudescence. Bien que la situation soit alarmante, l’aide internationale peine à se mettre en place et les convois humanitaires sont de plus en plus souvent attaqués par des personnes désespérées, qui ont tout perdu.

Les membres de la plateforme Haiti se mobilisent
Au total 1,4 millions de personnes sont touchées et ont besoin d’assistance. Les Nations unies estiment à 120 millions de dollars l’aide nécessaire pour couvrir les besoins vitaux des sinistrés. En date du 17 octobre, seul 13 % de cette somme avait pu être collecté.

Les équipes d’ADRA Haïti sont sur le terrain pour venir en aide aux sinistrés. ADRA France a activé son fonds catastrophes pour faire face aux besoins d’équipements en unités de purification d’eau, kits d’hygiène, nourriture, couvertures etc.

MEDAIR a mobilisé une équipe d’urgence pour éviter la propagation du choléra.

SEL a lancé un appel à la prière et aux dons auprès de ses parrains et donateurs.

Mission biblique a, de son côté, envoyé 10 000 dollars pour la réhabilitation des écoles du grand Sud-Ouest, une aide qui sera utilisée en coordination avec l’Union évangélique baptiste d’Haïti (UEBH), la Mission des Eglises baptistes du sud d’Haïti (MEBSH) et la Fédération des Ecoles protestante d’Haïti (FEPH).

Cette mobilisation est semblable à celle mise en oeuvre lors du coup d’Etat de février 2004 et des émeutes de la faim de 2008 et surtout lors du séisme de 2010, qui avait fait quelque 250 000 morts.
La FEPH mobilisée
Après le passage de l’ouragan, la Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH) est restée en contact avec son personnel et ses bureaux en région, dont les membres et les infrastructures ont été épargnés.

Il n’en est, hélas, pas de même pour les écoles notamment dans les départements de la Grande Anse, du Sud, des Nippes et du Sud-Est.

La FEPH a donc décidé de déclencher son plan post-catastrophe pour permettre aux enfants de retrouver, le plus rapidement possible, le chemin de l’école.
Par ailleurs, elle se mobilise pour aider les familles qui ont tout perdu.

Il faut agir vite !
La situation est extrêmement préoccupante en de nombreux points du pays et le temps presse. La prise en charge humaine et matérielle sur le terrain est indispensable. Elle ne saurait être possible sans la solidarité de tous.

La Fondation du protestantisme propose, à ceux qui souhaitent manifester leur soutien aux Haïtiens, de recueillir leurs dons.




Appel d’urgence à la solidarité protestante

La Fédération protestante de France (FPF) appelle les protestants à se mobiliser pour les Haïtiens suite aux dégâts matériels et humains considérables causés par le passage de l’Ouragan Matthew qui a frappé fortement le sud du pays le 3 octobre 2016.

Selon le Pasteur  Emilio Jean Voltaire, président de la ligue des pasteurs du Sud en Haïti « le grand sud est totalement dévasté, Eglises, écoles et maisons endommagées, emportées ou détruites,  les pertes  en vies humaines sont considérables et les disparus sont également recherchés. Les plantations sont ravagées et les têtes de bétails ont disparu. Aucune estimation exhaustive n’est encore possible par les autorités haïtiennes dépassées ; les familles sont livrées à elles-mêmes, sans rien. La Fédération protestante d’Haïti va monter une cellule d’urgence pour répondre aux besoins de nos frères et  sœurs et nous lançons des appels de solidarité tant au niveau national qu’international afin de nous venir en aide ».

Dans ce pays dépourvu d’infrastructures, où la population est extrêmement pauvre, la situation est dramatique. La Fédération protestante de France invite ses membres à la mobilisation tant sur le plan spirituel que matériel en faveur de la population sinistrée et manifeste son soutien à ses frères et sœurs de la Fédération protestante d’Haïti.

Les dons collectés seront entièrement dédiés à de l’aide d’urgence via 3 opérateurs membres du comité des appels d’urgence « solidarité protestante » qui agissent déjà sur place : Medair, le Sel et ADRA et à la Fédération protestante d’Haïti pour sa cellule d’aide d’urgence.

 

Je souhaite faire un don (CB – chèque – virement)

 

 

 

Vous pouvez adresser par voie postale vos dons à : Fondation du protestantisme, 47 rue de Clichy – 75009 Paris

Les chèques ou virements doivent être libellés à l’ordre de «Fondation du protestantisme» Porter la mention «Solidarité protestante-urgence Haïti» au verso des chèques.
IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030Banque Neuflize OBC Paris 8° (Pour les virements bancaires).
CODE BIC : NSMBFRPPXXX

Le comité des appels d’urgence « SOLIDARITE PROTESTANTE » se réunit en cas de crise majeure frappant un pays afin de mettre en place un soutien financier, institutionnel, humanitaire d’urgence. Ce comité, sous l’égide de la Fondation du protestantisme est composé de la Fédération protestante de France, la Fédération de l’entraide protestante, le DEFAP – service protestant de mission, les ONGs Medair, ADRA France et le Sel.

Les dons versés à la Fondation du protestantisme, fondation reconnue d’utilité publique, sont déductibles des impôts. Fondation reconnue d’utilité publique, la Fondation du protestantisme voit ses comptes vérifiés et certifiés chaque année par un commissaire aux comptes. L’utilisation des ressources ainsi collectées fait l’objet d’une certification spécifique par le commissaire aux comptes et d’une transmission aux pouvoirs publics.