Journée du volontariat français 2022 : célébrer l’engagement

Chaque année, les Journées du volontariat français sont l’occasion de mettre en avant le rôle de celles et ceux qui s’engagent dans le volontariat international d’échange et de solidarité. Elles se déroulent tout au long du mois d’octobre dans les pays dans lesquels est présente France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, dont fait partie le Défap. En France, le rendez-vous a eu lieu à Paris ce 12 octobre. Dans un message diffusé à l’occasion de cette Journée du Volontariat Français, le Président Emmanuel Macron a évoqué le « rôle fondamental » des volontaires.

La Journée du volontariat français à Paris, au Centre de conférence ministérielle © DCC

Octobre, c’est le mois des volontaires : tout au long du mois, des événements sont organisés pour mettre en valeur leur engagement dans les divers pays où est présente France Volontaires. Cette plateforme française du volontariat international d’échange et de solidarité a été créée en 2009 ; le Défap, seul organisme protestant agréé par l’État pour l’envoi de VSI, en fait partie. Cette année 2022 a été marquée par le retour à des évènements en présentiel après la période de la crise sanitaire, et elle a été placée sous le thème : « De nouvelles ambitions pour le volontariat international ». En France, le rendez-vous a eu lieu à Paris ce 12 octobre, au Centre de conférence ministérielle de 11h à 12h30, en présence de Chrysoula Zacharopoulou, Secrétaire d’État chargée du développement, de la francophonie et des partenariats internationaux, de Jacques Godfrain, ancien ministre et président de France Volontaires, et de Yann Delaunay, Délégué Général de France Volontaires.

Le rôle du volontariat international au sein des sociétés civiles est aujourd’hui très largement reconnu. La manière dont les volontaires contribuent à un monde plus solidaire a été soulignée dès décembre 2014 par le Secrétaire général des Nations unies, qui dans son rapport de synthèse évoquait leur action comme « un levier puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable ». En ce 12 octobre 2022, Chrysoula Zacharopoulou a rappelé que « les risques de fracture nord-sud sont bien réels » et que « le volontariat est plus indispensable que jamais ». Jacques Godfrain a répété pour sa part sa conviction en termes de réciprocité : il faut « que la jeunesse du sud vienne jouer le même rôle en France que nos jeunes. Le Nord a besoin du Sud. »

« La co-construction des projets, une spécificité et une fierté du volontariat français »

Dans un message diffusé à l’occasion de cette Journée du Volontariat Français, le Président Emmanuel Macron a évoqué le « rôle fondamental » des volontaires. « Les volontaires que vous êtes, a-t-il souligné, viennent là avec leurs expériences, leurs idéaux, leur force de conviction, leur enthousiasme pour les sujets qu’ils portent. Et c’est ça qui rend possible la co-construction des projets, qui est une spécificité et une fierté du volontariat français. Parce que, et c’est pour moi le plus important, le volontariat permet la réciprocité. Je suis en effet persuadé que les jeunes du Sénégal, de Tunisie, du Pérou, du Vietnam, du Vanuatu ont aussi beaucoup à apporter à la France et aux Français. »
 

Ailleurs dans le monde, les Journées du volontariat français continuent à se dérouler jusqu’à la fin du mois, organisés par les Espaces Volontariats de France Volontaires, avec des conférences et des tables-rondes, des salons, des rassemblement et des témoignages de volontaires. Ces JVFs sont très souvent organisées à l’Institut français, l’Alliance française ou à l’Ambassade de France. Ce sont le Cambodge, l’Équateur et la Mauritanie qui ont ouvert les festivités dès le 1er du mois. Les Journées du volontariat français se clôtureront au Sénégal, le 20 octobre, au cours d’un évènement qui célèbrera les 50 ans de France Volontaires dans le pays, et en Tunisie le 28 octobre. Avec des thématiques mises à l’honneur comme le rôle des volontaires dans la lutte contre le changement climatique, la réciprocité, et de manière générale leur action au quotidien en faveur d’un monde plus juste et plus solidaire.

La Journée du volontariat français au Cameroun © France Volontaires Cameroun

Des valeurs que le Défap porte aussi à travers ses envoyés et à travers sa participation à la plateforme France Volontaires. Le travail du Défap est un travail en réseau : qu’il ait lieu en France ou à l’étranger, il ne peut exister que grâce aux liens noués et entretenus avec de nombreux partenaires. Des Églises, tout d’abord, puisqu’entretenir des relations entre communautés protestantes au près comme au loin est la vocation première du Service protestant de mission ; un riche milieu associatif, ensuite, puisque ces relations ne peuvent exister sans que se développent des actions et des projets en commun – et que ces projets relèvent souvent de l’éducation, du développement ou de la santé ; les pouvoirs publics, enfin, qui fixent le cadre nécessaire à ces relations et ces partenariats, et définissent les statuts des personnes amenées à travailler à l’étranger.

Dans ce cadre, le Défap est un acteur à part entière de la solidarité internationale, à l’expertise reconnue, et membre de diverses plateformes au sein desquelles il travaille en commun avec des ONG dont les problématiques recoupent les siennes. Parmi ces plateformes, France Volontaires occupe une place majeure. Si elle existe sous sa forme actuelle depuis un peu plus d’une dizaine d’années, elle est en fait l’héritière directe de l’Association Française des volontaires du Progrès, qui avait été créée en 1963. Opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, reconnue comme un des acteurs de l’aide publique au développement de la France par la loi du 4 août 2021, elle réunit l’État, des collectivités territoriales et des associations autour d’une mission d’intérêt général : le développement et la promotion des engagements volontaires et solidaires à l’international. L’association met en place des formations, des accompagnements, pour aider les personnes désireuses de s’engager dans du volontariat international. Un réseau d’espaces volontariat dans de nombreux pays en Amérique Latine, Afrique et Asie accompagne sur le terrain les volontaires.

La Journée du volontariat français au Cambodge © France Volontaires Cambodge



Christophe Cousinié, un pasteur aux extrémités de la terre

Au Défap, on forme des envoyés pour travailler à des missions d’enseignement ou de santé… mais pas seulement. Outre les services civiques et les VSI, le Défap envoie également des pasteurs. Exemple avec Christophe Cousinié, actuellement en poste au sein de l’Église Protestante de La Réunion, dans une vidéo diffusée sur le blog « Pasteur du Dimanche », et sur « Regards Protestants ».

Christophe Cousinié et son épouse Caroline, pasteure elle aussi, lors de la formation des envoyés du Défap © Défap

Les envoyés sont, depuis toujours, l’un des aspects les plus visibles des activités du Défap. La session de formation qui se déroule tous les ans en juillet est d’ailleurs un moment charnière de l’année pour toute la vie de la maison. Mais cette visibilité ne signifie pas nécessairement que tous les enjeux de l’envoi de personnes sont bien perçus.

Derrière ces envois, il y a en fait des relations, entretenues sur le long terme ; et ce sont elles qui rendent ces départs possibles. Ces relations sont établies de longue date dans un réseau d’Églises, à la fois en France (parmi les Églises constitutives du Service Protestant de Mission, à savoir l’Église Protestante Unie de France, l’Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine, et l’Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France) et dans de nombreux pays. Ce réseau d’Églises qui va aujourd’hui de l’Afrique à l’Amérique latine, de l’Océan Pacifique à l’Océan Indien, et dont la constitution remonte à la SMEP (Société des Missions Évangéliques de Paris), a été formalisé en 1971 par la création de la Cevaa (Communauté d’Églises en Mission), née en même temps que le Défap, et où le Défap entretient une grande partie de ses relations. Sachant que depuis 1971, d’autres partenariats ont été établis au fil du temps, que ce soit avec d’autres communautés d’Églises (comme la Ceeefe, la Communauté d’Églises francophones), avec des fédérations (comme la Fédération Protestante de France), avec des services missionnaires (comme l’ACO, Action Chrétienne en Orient) ou avec des Églises (comme l’EPA, l’Église Protestante Africaine). Sans oublier les relations entretenues en France même, à la demande des Églises constitutives du Défap, avec des Églises que l’on dit parfois «issues de l’immigration» faute de terme plus adéquat : dépendantes à l’origine d’Églises-mères au Cameroun, au Congo ou à Madagascar, elles ont pu parfois prendre de l’autonomie au point de lancer leurs propres projets missionnaires, à la fois ici, et là-bas…

Des relations au long cours

Ce sont toutes ces relations tissées et entretenues au fil du temps qui sont en fait réactivées à chaque nouveau départ d’envoyé, à chaque échange de personnes. Ces relations vivent à travers des projets ; et bien souvent, les envoyés viennent ensuite aider au fonctionnement des projets. Une coopération avec telle Église pourra déboucher sur la création d’un dispensaire, d’une école ; et des envoyés du Défap viendront y prêter main-forte pour donner des cours ou pour soigner. Voilà comment naissent, au sein d’un milieu d’Églises, des activités liées à la santé ou à l’enseignement – activités laïques quoiqu’exercées dans un milieu d’Église.

Mais le Défap n’envoie pas que des services civiques ou des VSI (Volontaires de Solidarité Internationale) : dans le cadre de ces relations entre Églises, il envoie aussi des pasteurs, dont la mission, non plus laïque mais clairement liée à la vie spirituelle de l’Église, est alors d’annoncer l’Évangile. C’est le cas de Christophe Cousinié, qui a suivi la formation des envoyés en juillet 2019 au Défap avec son épouse Caroline, pasteure elle aussi ; tous deux sont depuis en poste au sein de l’Église Protestante de La Réunion. L’EPR est membre à la fois de la Cevaa et de la Ceeefe ; en France, elle a des liens étroits avec l’EPUdF. Retrouvez ci-dessous le premier témoignage de Christophe Cousinié, diffusé en vidéo à la fois sur le blog Pasteur du Dimanche, et sur le portail Regards Protestants.




Caroline et Christophe Cousinié, l’engagement pastoral en couple

Des jeunes actifs ou des étudiants qui font une pause dans leurs études, des personnalités engagées de longue date à l’international… Les profils des futurs envoyés du Défap, qui se rencontrent et vivent deux semaines ensemble lors de la session de formation organisée chaque mois de juillet à Paris, sont multiples. Il y a aussi des pasteurs… Rencontre avec Christophe et Caroline Cousinié, un couple pastoral qui s’apprête à partir à La Réunion.
Caroline et Christophe Cousinié lors de la session 2019 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Que représente pour vous ce poste pastoral que vous vous apprêtez à occuper à La Réunion ?

Christophe Cousinié : C’est tout à la fois un projet personnel et familial, et une autre manière de vivre notre ministère : ailleurs, dans un autre contexte. Nous sommes tous deux pasteurs de l’EPUdF (l’Église Protestante Unie de France), nous partons pour l’Église Protestante de La Réunion (EPR) ; c’est une Église de tradition luthéro-réformée proche de l’EPUdF, mais avec d’autres repères, d’autres cultures. Pour moi, c’est aussi un peu une manière de prolonger la formation Emouna que j’ai eu l’occasion de suivre il y a deux ans [formation interreligieuse à la laïcité, aux institutions républicaines et aux grands projets de société inaugurée en 2016 par Sciences Po, NDLR]. Ce poste pastoral, je le vois un peu comme une nouvelle période de formation, avec un ministère très différent de ce que nous avons pu vivre tous deux jusqu’à présent, de nouveaux publics, une forte dimension des relations interreligieuses, et des cultures à découvrir : il y a notamment une forte présence malgache… Et au-delà du travail lié à la vie quotidienne de l’Église, au-delà d’un pôle local de la FPF (Fédération protestante de France) à dynamiser, il y aura un grand projet à accompagner : la construction du centre Martin-Luther-King (un projet soutenu par le Défap).

Caroline Cousinié : Nous apprécions beaucoup la dimension sociale, diaconale dans l’Église. Il y aura aussi bien sûr de l’inattendu, des rencontres… et ce qui est important pour nous en tant que pasteurs, c’est qu’il y aura une reconnaissance de notre ministère à deux. Nous avons deux profils différents, deux sensibilités, deux approches de notre ministère, et nous sommes complémentaires : c’est un atout dans ce genre de contexte, et ce sera intéressant dans le cadre de relations avec d’autres Églises qui ne reconnaissent pas toujours le ministère pastoral féminin.

Quel a été votre parcours jusqu’à présent ?

Caroline Cousinié : En ce qui me concerne, je suis jeune pasteure : j’ai occupé mon premier poste pastoral au sein de l’EPUdF à la Porte des Cévennes. Avant ça, j’ai pas mal voyagé : j’ai même fait un tour du monde en solitaire, sac au dos, après mes études de théologie. J’avais envie de rencontrer d’autres gens, d’autres manières de vivre la foi. De retour en France, j’ai eu l’occasion de travailler pendant un an dans une Maison d’Enfants à Caractère Social (MECS) ; j’y ai eu un rôle d’éducatrice spécialisée auprès de mineurs isolés et sans papiers.

Christophe Cousinié : Après mes études à la Faculté de théologie protestante de Montpellier, et une année passée au Québec, j’ai débuté mon ministère pastoral en Ariège. Puis j’ai été appelé à diriger une maison de quartier à Toulouse, avec beaucoup d’actions d’alphabétisation, d’accueil de sans-papiers… Et plus récemment, nous sommes partis en famille dans le Piémont des Cévennes.

Que vous ont apporté ces deux semaines que représente la session de formation des envoyés du Défap ?

Caroline Cousinié : D’abord, des rencontres : avec les autres envoyés, dont nous avons pu apprécier toute la diversité ; avec, aussi, les formateurs, dont certains peuvent questionner, inviter au déplacement.

Christophe Cousinié : Quand on se retrouve avec les autres futurs envoyés du Défap, on se sent déjà un peu missionnaire, surtout en pensant à tous ceux qui sont passés dans ces mêmes lieux au cours de l’histoire de cette maison… Pour des pasteurs, c’est déjà une invitation à mieux comprendre ce qu’implique cette dimension missionnaire d’aujourd’hui. Et cette période de formation, avec l’accent qui est mis sur la dimension de l’interculturalité, nous permet de mieux intégrer l’idée qu’on va partir, sortir des habitudes… sortir de sa zone de confort. Au-delà de cet aspect, passer quelques jours au Défap permet de mieux en percevoir l’identité, de mieux comprendre la vie de la maison : c’est un lieu de passage permanent, on y croise toujours quelqu’un qui vient d’ailleurs…

L’île de La Réunion et l’EPR

L’île de La Réunion est un département d’Outre-mer situé dans l’Océan indien à 700 kms à l’est de Madagascar. La population (872 000 habitants) est particulièrement métissée. Elle est composée de personnes issues de Madagascar, d’Afrique, d’Inde, de Chine, d’Europe. Du point de vue religieux, l’île est à 85% catholique, 7% hindouiste, 2% musulmane. Les protestants représentent moins de 1% de la population et se répartissent entre évangéliques et luthéro-réformés.

L’Église protestante de La Réunion est membre de la Cevaa-Communauté d’Églises en mission et de la Ceeefe-Communauté d’Églises protestantes francophones, membre associée de la FPF. Elle dispose de deux postes pastoraux et travaille sur deux pôles, un à Saint-Denis dans le nord de l’île, et un dans le sud où doit être construit le futur centre communautaire Martin-Luther-King, avec le soutien du Défap et de la Cevaa. Elle rassemble environ 500 personnes.




Partir, revenir… et transmettre

Éline O. et Mahieu Ramanitra, qui ont animé à deux voix un module sur «La gestion des conflits en milieu interculturel» lors de la session de formation des envoyés du Défap début juillet 2019, sont eux-mêmes d’anciens envoyés. Ils témoignent de ce qui les a poussés à devenir à leur tour formateurs.
Éline O. et Mahieu Ramanitra lors de la session 2019 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Éline O. est partie en Égypte en 2014 avec le Défap et l’ACO (Action Chrétienne en Orient). Mahieu Ramanitra, pour sa part, a été envoyé à Madagascar au cours de l’année 2017-2018. Tous deux étaient chargés de missions d’enseignement. Des expériences dont ils reconnaissent l’un comme l’autre aujourd’hui qu’elles ont fortement modifié leur vision du monde, et durablement infléchi leur parcours de vie. À son retour d’Égypte, Éline O. s’est ainsi orientée vers une formation en médiation socioreligieuse, et elle a rejoint la Commission Échanges de Personnes (CEP), chargée au Défap du processus de recrutement des futurs envoyés. Des préoccupations que l’on retrouve chez Mahieu Ramanitra, qui, parti à la recherche de ses racines familiales à Madagascar, a été amené à s’interroger sur la violence dans les relations interculturelles, et s’est intéressé à la CNV (Communication Non-Violente)… Après être intervenus tous deux lors de l’Assemblée Générale du Défap, ils ont animé à deux voix un module sur «La gestion des conflits en milieu interculturel» au cours de la session 2019 de formation des envoyés.

 

Après votre expérience à l’étranger en tant qu’envoyés du Défap, qu’est-ce qui vous a motivés à y revenir comme formateurs ?

Mahieu Ramanitra : Il y a là pour nous une dimension de restitution, qui va au-delà du rapport de mission, au-delà de tout ce que nous avons pu laisser comme notes ou observations au profit des volontaires qui devaient nous succéder. Cette période de formation, nous sommes très conscients de l’importance qu’elle a pour les futurs envoyés. Et nous voulions pouvoir apporter notre pierre à l’édifice… Je me souviens que j’avais été particulièrement frappé par ce module sur la gestion des conflits… C’est sans doute dès ce moment-là qu’une première graine a été semée chez moi, qui a influé sur mes centres d’intérêt. Ensuite, au cours de ma mission, j’ai rencontré d’autres envoyés du Défap qui ont orienté mes réflexions. Ce n’est pas un hasard si c’est un autre volontaire qui m’a fait découvrir la Communication Non-Violente…

Éline O. : Ce qui m’avait plutôt marquée, c’était le module sur l’interculturalité : on y abordait des questions concernant les valeurs, les besoins, les différences d’intérêt en fonction des cultures. Pour moi, dès ce moment-là, je savais qu’il y avait une porte qui s’était ouverte, et que j’aurais besoin de creuser davantage dans ce domaine. Mon expérience en Égypte n’a fait que m’en convaincre davantage. Et c’était logique d’en faire bénéficier les futurs envoyés…

Comment s’est passé ce retour au Défap ?

Éline O. : Depuis mon retour d’Égypte, je suis passée tous les ans au Défap lors des périodes de formation des envoyés. Il y avait chez moi l’envie de passer le flambeau, de voir comment évoluait la situation sur mon lieu de mission… Et puis, on retrouve au Défap une ambiance familiale dans laquelle je me sens bien. Aussi, quand j’ai reçu cette proposition de participer à un module de formation, la réponse était pour moi évidente : c’était oui, bien sûr !

Mahieu Ramanitra : Pour moi aussi, c’est quelque chose qui me semblait aller de soi : j’ai l’impression, en fait, de ne jamais vraiment m’être éloigné du Défap… Il y a eu la session retour des envoyés à laquelle j’ai participé en octobre 2018 ; ensuite, les contacts ont été réguliers au fil des mois… Ce projet de formation a commencé à mûrir très tôt. Pour moi, c’est une forme de don et de contre-don : si je peux revenir ici pour transmettre, c’est parce que j’ai moi-même beaucoup reçu.

Éline O. : Il y a eu pour nous deux un moment très significatif : lorsque nous avons été invités, Mahieu et moi, à témoigner lors de l’Assemblée Générale du Défap. Nous avons senti que notre expérience d’envoyés était vraiment entendue, valorisée, voire même interpellante. Et qu’au-delà de ce que nous avons vécu, nous portions un peu le témoignage de tous les envoyés…

Éline O. et Mahieu Ramanitra lors de la session 2019 de la formation des envoyés du Défap © Défap

 

Comment avez-vous conçu ce module de formation ?

Éline O. : Nous l’avons pensé comme une combinaison d’outils à fournir, et d’interactions avec les envoyés. Du coup, nous avons alterné les séquences d’apports théoriques et les moments d’animation de groupe. Et nous avons chacun un apport spécifique, tout en étant capables d’intervenir sur la partie de l’autre : Mahieu a beaucoup travaillé sur la Communication Non-Violente, sur l’aspect prévention et gestion des conflits ; je m’attache davantage aux modes alternatifs de résolution des conflits, en faisant intervenir des tiers.

Mahieu Ramanitra : Nous intervenons, non pas seulement en tant qu’experts, mais surtout parce que nous avons vécu ce que les futurs envoyés seront amenés à vivre. Et même si nous ne citons pas d’exemples personnels, il est évident que notre expérience a fortement influencé notre réflexion. Nous n’avons pas la prétention d’apporter des connaissances que les autres vont devoir mettre en pratique simplement parce que notre savoir fait foi ; nous intervenons autant comme animateurs que comme formateurs.




France Volontaires : 10 ans d’engagement et une conférence à ne pas manquer

France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, dont fait partie le Défap, célébrera le 25 juin ses 10 ans autour de la devise : «Volontaires, l’engagement en commun». Ce jour-là, un rendez-vous à ne pas manquer : une conférence organisée toute l’après-midi à la bibliothèque François Mitterrand, à Paris, qui réunira de nombreux acteurs de terrain et des grandes figures de l’engagement, dont le Tunisien Ahmed Galaï, Prix Nobel de la Paix. Et un événement annoncé : le lancement de l’Appel pour le volontariat de demain, un texte portant cinq recommandations clés pour des réponses communes afin que le volontariat de demain contribue activement à l’émergence d’une société de l’engagement solidaire.

Le travail du Défap est un travail en réseau. Qu’il ait lieu en France ou à l’étranger, il ne peut exister que grâce aux liens noués et entretenus avec de nombreux partenaires : des Églises, tout d’abord, puisqu’entretenir des relations entre communautés protestantes au près comme au loin est la vocation première du Service protestant de mission ; un riche milieu associatif, ensuite, puisque ces relations ne peuvent exister sans que se développent des actions et des projets en commun – et que ces projets relèvent souvent de l’éducation, du développement ou de la santé ; les pouvoirs publics, enfin, qui fixent le cadre nécessaire à ces relations et ces partenariats, et définissent les statuts des personnes amenées à travailler à l’étranger.

Dans ce cadre, le Défap est un acteur à part entière de la solidarité internationale, à l’expertise reconnue, et membre de diverses plateformes au sein desquelles il travaille en commun avec des ONG dont les problématiques recoupent les siennes. Parmi ces plateformes, France Volontaires occupe une place majeure. Plateforme française des Volontariats internationaux d’échange et de solidarité, et opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, elle réunit l’État, des collectivités territoriales et des associations autour d’une mission d’intérêt général : le développement et la promotion des engagements volontaires et solidaires à l’international. L’association met en place des formations, des accompagnements, pour aider les personnes désireuses de s’engager dans du volontariat international. Un réseau d’espaces volontariat dans de nombreux pays en Amérique Latine, Afrique et Asie accompagne sur le terrain les volontaires.

Le volontariat, un «levier puissant» face aux grands défis de l’époque

© France Volontaires Togo

Le 25 juin, France Volontaires fête ses 10 ans. Une décennie d’actions sous sa forme actuelle ; mais plus de 40 ans en réalité, puisqu’elle avait été créée en 2009 sur le socle de l’Association Française des volontaires du Progrès. Une journée spéciale est organisée à la Grande Bibliothèque François Mitterrand, à Paris, autour de la devise : «Volontaires, l’engagement en commun». Premier temps fort de ce rendez-vous : une grande conférence est organisée à partir de 13h30 sur le thème : «Vers le volontariat de demain – Pour l’émergence d’une société de l’engagement solidaire et ouverte sur le monde». Des membres de France Volontaires, des praticiens du volontariat, des partenaires des secteurs du développement et de la solidarité internationale, des décideurs politiques, et bien évidemment des volontaires seront amenés à prendre la parole au cours de cet après-midi de réflexions, d’échanges et de débats autour des évolutions du volontariat international. Plusieurs ministres de pays partenaires dont le Togo, le Burkina Faso et la Tunisie, le député Hervé Berville, Ahmed Galaï, Prix Nobel de la Paix (Ligue tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme), Audrey Pulvar, directrice de AfricanPattern, Sophal Pot, directeur de l’association cambodgienne OBT, Brikena Xhomaqi, présidente de la plateforme européenne Life long Learning, figurent parmi les intervenants. «Cet anniversaire nous donne l’occasion de partager un bilan des évolutions qui ont marqué le volontariat international et de valoriser les actions menées au cours de la décennie passée, déclare Jean-Daniel Balme, délégué général de France Volontaires. Ce sont les milliers de volontaires engagés aux côtés de centaines d’organisations locales de plus de 100 pays ou encore les quelques 400 volontaires internationaux accueillis sur notre territoire qui en sont les témoins les plus marquants.»

Autre temps fort de cet anniversaire, le lancement de l’Appel pour le volontariat de demain : un texte portant cinq recommandations clés, rédigé par les membres de France Volontaires et soutenu par de nombreuses organisations des champs de l’engagement, du développement et de la solidarité internationale. Cet appel, dont le Défap est l’un des signataires, vient en réponse à des défis partagés – au premier rang desquels la préservation de l’environnement et du climat, les mobilités et l’inclusion sociale et professionnelle – qui appellent des réponses communes et pour lesquels le volontariat représente une solution concrète et inclusive. Le secrétaire général des Nations-unies a notamment reconnu en 2015 le rôle de «levier puissant et transversal» joué par les volontaires dans l’atteinte des Objectifs de développement durable. À travers ces recommandations, les signataires de l’Appel aspirent à insuffler un élan collectif pour que le volontariat de demain contribue activement à l’émergence d’une société de l’engagement solidaire et ouverte sur le monde.

Avant de retrouver le programme de cette journée spéciale (tous les détails sont ici), à laquelle vous pouvez encore vous inscrire gratuitement, un petit aperçu en vidéo des relations concrètes qui existent sur le terrain de l’engagement international entre le Défap et France Volontaires, à travers ce portrait de Camille, partie avec le Défap en Service civique pendant 10 mois à Tunis, au cours de l’année scolaire 2016-2017. Camille est venue soutenir le travail réalisé par l’équipe pédagogique de l’école Kallaline concernant l’apprentissage du français. Ce portrait en vidéo a été réalisé par l’équipe de France Volontaires en Tunisie :




Service civique : pour tout savoir, rendez-vous le 11 avril au Défap

Les rendez-vous «apéro-info» du Défap et de VISA-AD approchent. Vous êtes tenté(e)s par l’engagement à l’international, mais vous hésitez encore ? Voici quelques arguments pour vous convaincre, sur des images montées par Anna Strumpler dans le cadre de sa propre mission de Service Civique. Et pour tout savoir, rendez-vous le 11 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, et le 25 avril Quai Saint-Thomas, à Strasbourg !

© Maxpixel

Le Service Civique, destiné aux 16-25 ans, permet d’effectuer une mission d’intérêt général dans une association, une collectivité ou un établissement public de six à douze mois. En 2017, 125.000 jeunes ont réalisé une mission dans une des 10.000 structures d’accueil partenaires, publiques et associatives. Selon les résultats de la 3ème édition du baromètre Ifop et de l’enquête de satisfaction menée auprès de 20 000 anciens volontaires, dévoilés le 6 mars 2018 par l’Agence du Service Civique, 94% d’entre eux le recommanderait à un(e) ami(e).

Chaque année, le Défap envoie en mission une quinzaine de volontaires dans le cadre du Service Civique – un nombre qui va croissant. Ils ou elles peuvent être assistant(e) d’éducation pour l’apprentissage du français dans une école tunisienne ou au Bénin, travailler auprès d’un orphelinat au Caire ou à Madagascar… Des missions qui tournent essentiellement autour de l’enseignement ou de la santé, mais peuvent aussi concerner le développement durable ; des missions qui permettent, aussi, de découvrir des pays très divers et offrent l’opportunité de travailler dans un contexte interculturel – autant d’éléments susceptibles d’être valorisés dans la suite d’un cursus ou comme première expérience professionnelle.

Vous voudriez savoir si les missions proposées par le Défap correspondent à vos aspirations ? Un rendez-vous «apéro-info» est organisé le jeudi 11 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, par le Défap – Service protestant de mission et Visa Année Diaconale ; il sera suivi d’un autre le 25 avril à Strasbourg, Quai Saint-Thomas. Ces rencontres vous permettront d’échanger avec nos équipes qui répondront à vos questions, et d’en apprendre davantage sur les missions, le contexte dans lequel elles se déroulent, et le suivi réalisé.

Ainsi, les volontaires qui partent en mission de Service Civique bénéficient d’un double tutorat : ils sont suivis à la fois par l’organisme qui les envoie, et par un responsable sur le lieu de leur mission. Le statut de Volontaire du Service Civique comprend une indemnité de subsistance et une couverture sociale complète. Le Défap s’assure qu’un logement est disponible et prévoit la préparation et la formation au départ préalable du volontaire. Si vous êtes de nationalité française ou ressortissant(e) de l’Espace Économique Européen, âgé(e) de 18 à 25 ans inclus, autonome, capable de vous adapter à un contexte interculturel, et prêt(e) à respecter les consignes de sécurité imposées par le contexte politique du pays dans lequel vous serez envoyé(e), il y a sans doute une mission de Service Civique pour vous !

Venez rencontrer nos équipes et d’anciens volontaires

Pour aller plus loin :

Le Défap et Visa Année Diaconale sont deux organismes protestants agréés, qui ont une longue expérience d’envoi de volontaires sur des missions de longue durée (plus de 6 mois) à l’international, et qui ont développé depuis des années des missions de Service Civique. Ils proposent des domaines de compétences et des lieux de missions qui peuvent être considérés comme complémentaires, d’où ce rendez-vous commun d’information. Il prévoira :

  • Un temps de présentation sur l’engagement de jeunes dans le secteur social, éducatif, environnemental sur le long terme à l’international
  • Un temps de présentation des organisations, des dispositifs d’envoi et des missions types
  • Des moments de rencontre avec d’anciens volontaires
  • Un temps d’échange plus personnalisé pour répondre aux questions

Alors, prêt(e) à partir avec le Défap ? Pour achever de vous convaincre, regardez donc ce film réalisé par Anna Strumpler dans le cadre de sa mission de Service Civique. Et rendez-vous le 28 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, pour plus d’informations… Pour participer, renseignez-vous par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55.




Service civique : partir pour les autres, et se trouver soi-même

Partir en Service civique, ce n’est pas seulement donner de son temps aux autres : cela peut être aussi préparer son propre avenir. Avec le Défap ou avec VISA-AD, c’est une occasion privilégiée de s’engager à l’international. Témoignages et retours d’expérience avec William, parti en Tunisie, et Nicolas, parti au Bénin. Pour en savoir plus, et rencontrer d’anciens volontaires du Défap ou de VISA-AD, rendez-vous le jeudi 11 avril au Défap, 102 boulevard Arago à Paris ; et le jeudi 25 avril au 1bis quai Saint-Thomas à Strasbourg.

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William est parti en mission de Service civique avec le Défap en Tunisie : «Dix mois dans une vie, ça marque un virage», témoigne-t-il. Il était assistant d’éducation à l’école Kallaline, et c’était sa première expérience à l’étranger. Nicolas, pour sa part, était au Bénin où il faisait du soutien scolaire : «J’espère que ce que j’ai créé là-bas a toujours du sens aujourd’hui». Comme eux, nombre d’anciens envoyés du Défap partis en Service civique peuvent témoigner de ce que cette période de leur vie leur a apporté. Ils ont pu s’engager pour des missions d’éducation ou de santé à Madagascar, au Sénégal, au Cameroun, en Égypte, au Congo-Brazzaville…

Depuis sa création il y a neuf ans, le Service civique a conquis sa légitimité : il est vu aujourd’hui très favorablement par des DRH lors d’un processus d’embauche… Grâce à ce dispositif, partir, ce n’est pas seulement donner de son temps aux autres : cela peut être aussi préparer son propre avenir. Et avec le Défap, c’est une occasion privilégiée de s’engager à l’international.

Le Service Civique, de plus en plus reconnu par les DRH

Pour aller plus loin :

Le Service Civique, c’est la possibilité de vivre de nouvelles expériences et de vous ouvrir à d’autres horizons en effectuant une mission au service de la collectivité. C’est également une opportunité de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences. Accessible sans condition de diplôme, il est indemnisé et s’effectue en France ou à l’étranger. Connu par 93% des jeunes et plus généralement par plus de neuf Français sur dix, selon une étude Ifop, il suscite l’intérêt de près de 67% des jeunes. Plus d’un français sur deux cite spontanément le Service Civique comme le premier dispositif d’engagement proposant aux jeunes des missions citoyennes. Ce rôle d’acteur de référence en matière de jeunesse et d’engagement se retrouve aussi dans les concepts qui lui sont spontanément associés : «solidarité», «engagement», «utile», «aide», «civisme», «citoyenneté», «volontariat».

La spécificité des missions proposées par le Défap, c’est qu’elles s’effectuent à l’étranger, et plus particulièrement en-dehors du continent européen. Ce qui est plutôt exceptionnel dans le cadre d’un Service Civique. Ainsi, en 2014, sur 35.000 volontaires, 784 au total s’étaient engagés pour des missions à l’étranger, dont 491 hors Europe. La découverte d’un pays, le travail dans un contexte interculturel, représentent une expérience dont les Volontaires en Service Civique à l’International (VSCI) reconnaissent tous qu’ils en sortent transformés. Un vrai atout pour l’avenir, tant citoyen que professionnel, avec des bénéfices directs pour poursuivre des études, pour l’orientation professionnelle ; une expérience qui peut aussi déboucher par la suite sur d’autres formes d’engagement.

Le Service Civique est aujourd’hui de plus en plus reconnu par les DRH qui, à 87%, en ont une bonne voire très bonne image. Ils considèrent à 75% que c’est un atout dans le parcours d’un jeune et à 64% que cette expérience d’engagement citoyen pourrait les inciter à recruter. Huit ans après la création de ce dispositif, des volontaires de la «première génération» reconnaissent eux aussi le bénéfice qu’a pu avoir le Service Civique dans leur propre parcours. Illustration avec ce témoignage de Daniel Cremer, parti avec le Défap comme assistant d’éducation à l’école primaire protestante Kallaline, en Tunisie, pendant l’année scolaire 2012-2013. Son investissement personnel a été reconnu et apprécié non seulement au sein de l’école elle-même, mais aussi en-dehors, puisqu’il lui a permis de devenir lauréat de l’Institut du Service Civique (devenu depuis l’Institut de l’Engagement). Avec à la clé un soutien pour la suite de son parcours professionnel. Signe de cette prise en compte de plus en plus importante du Service Civique dans le parcours d’un volontaire, l’Institut de l’Engagement augmente d’ailleurs spectaculairement, d’année en année, le nombre de l’auréats qu’il accompagne…

Pour vous montrer ce que peut vous apporter une mission de Service Civique, voici les témoignages complets en vidéo de William et Nicolas, partis en mission au cours de l’année 2015-2016… Vous pourrez en rencontrer d’autres au siège du Défap lors de notre journée d’information prévue le 11 avril prochain (pour participer, renseignez-vous par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55).

William, de retour de mission en Tunisie : «Dix mois dans une vie, ça marque un virage»

Nicolas, de retour du Bénin : «J’espère que ce que j’ai créé là-bas a toujours du sens aujourd’hui»




Prêt(e)s pour l’aventure de l’engagement à l’international?

Vous avez entre 18 et 30 ans, et vous faites partie des deux-tiers de jeunes qui, aujourd’hui en France, sont intéressés par le Service Civique ? Vous seriez prêt(e)s à vous engager à l’automne 2019 au service des autres en France ou en Europe, dans des programmes d’éducation ou de santé à Madagascar, au Sénégal, au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au Bénin, en Tunisie, en Égypte ? Les journées d’information communes Défap/VISA-AD sont pour vous ! Rendez-vous le jeudi 11 avril au Défap, 102 boulevard Arago à Paris ; et le jeudi 25 avril au 1bis quai Saint-Thomas à Strasbourg.

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L’engagement des jeunes à l’international avant tout

Quitter pendant un an : confort, amis, habitudes, repères, langue,… et partir en Europe, en Afrique ou ailleurs pour s’engager dans une mission qui a du sens ; voilà l’objectif commun que proposent les deux associations protestantes « le Défap » et « VISA l’Année Diaconale ». Ces deux organismes protestants agréés ont une longue expérience d’envoi de volontaires sur des missions de longue durée à l’international, et qui ont développé depuis des années des missions de Service Civique.

Une exigence commune d’accompagnement

Le statut de volontaire en Service Civique comprend une indemnité de subsistance et une couverture sociale complète. Le Défap et VISA-AD s’assurent, en plus :

  • que les volontaires qui partent en mission de Service Civique bénéficient d’un double tutorat à la fois par l’organisme qui les envoie et par un responsable sur le lieu de leur mission.
  • que les volontaires auront un logement mis à disposition et une formation de préparation en amont.

Élargir l’offre d’engagement

Pour aller plus loin :

Le Défap et VISA-AD proposent des domaines de compétences et des lieux de missions qui peuvent être considérés comme complémentaires puisque chacune des organisations capitalisent leurs expériences sur des zones géographiques et des contenus différents permettant ainsi à chaque jeune voulant s’engager à partir de septembre 2019 de pouvoir trouver son projet personnel quel que soit son parcours.

Des rencontres de Paris à Strasbourg

Les deux associations proposent des moments d’informations gratuites communes, pour tous les jeunes entre 18 et 30 ans s’intéressant au volontariat à l’International.

Au programme :

Un temps de présentation sur l’engagement de jeunes dans le secteur social, éducatif, environnemental sur le long terme à l’international

  • Un temps de présentation des organisations, des dispositifs d’envoi et des missions types
  • Des moments de rencontres avec d’anciens volontaires
  • Un temps d’échanges plus personnalisé pour répondre aux questions

 

Pour aller plus loin :
Le Service Protestant de Mission (Défap), accompagne, soutient, facilite et encourage l’activité missionnaire des paroisses de trois églises protestantes de France (Epudf, Uepal, Unepref).

Il s’agit entre autres des actions auprès des jeunes (camps internationaux, service civique) le volontariat en solidarité internationale, jumelage avec une église soeur, formation, animations, échange de personnes, fourniture de matériel pédagogique…
Défap
102 boulevard Arago – 75014 Paris
01.42.34.55.55
envoyes@defap.fr
Volontariat International au Service des Autres, l’Année Diaconale (VISA-AD), est une association protestante, reconnue «de Jeunesse et Education Populaire », engagée depuis 1959 dans le volontariat long terme.
VISA-AD organise le recrutement, l’orientation, l’accompagnement et la formation des jeunes volontaires. Basée à Strasbourg, VISA-AD gère une action qui rayonne dans toute l’Europe et même au-delà.
VISA-AD
25, Boulevard du président Wilson
67000 Strasbourg
03.88.35.46.76
international@visa-ad.org

 




Former à la rencontre

S’investir dans des actions à l’étranger, pour une année ou pour un mois, ne s’improvise pas. Jérémie Vercier, ancien envoyé du Défap à Madagascar, et chargé d’encadrer un groupe de jeunes qui doit partir trois semaines à l’été 2019 pour travailler au sein d’un orphelinat en Thaïlande, s’est ainsi souvenu de l’utilité de la formation reçue avant son départ. Il a de nouveau fait appel au Défap pour organiser une formation sur mesure. Au menu du week-end qui a eu lieu en novembre 2018 : pourquoi partir et comment, problématiques interculturelles, questions administratives et de sécurité…

Quelques-uns des pensionnaires de l’orphelinat © CCD Thaïland

 

Lorsqu’il était parti à Madagascar en 2014, Jérémie Vercier l’avait fait via le Défap. Il avait pu alors apprécier l’importance d’une formation préalable pour mieux s’adapter, une fois sur place, à un autre pays, une autre culture, d’autres modes de vie, et pour mieux comprendre le contexte de sa mission. Il avait 21 ans, un statut de service civique et une dizaine de mois pour se lancer dans l’aventure, avec dans ses bagages une formation d’électricien et diverses expériences dans l’animation de groupes d’enfants. Sur place, au Centre d’accueil des enfants orphelins et démunis Akanisoa, à Antsirabe, il était entré de plain-pied dans la vie d’une petite communauté comptant une vingtaine d’enfants et d’adolescents, et le personnel s’occupant de la structure. Une expérience forte. Et lorsque, de retour en France et investi dans l’encadrement de groupes de jeunes, il a été impliqué dans un projet d’échange avec un orphelinat de Thaïlande, il a pensé de nouveau à la formation qu’il avait reçue avant son départ pour Madagascar, et fait appel au Défap.

Période prévue pour le voyage : l’été 2019. Les participants sont un groupe d’une quinzaine de jeunes de l’Unepref, âgés de 18 à 29 ans ; ils seront accompagnés de six encadrants, dont Jérémie Vercier, aujourd’hui âgé de 25 ans. Le projet prévoit trois semaines de travail au sein d’un orphelinat (dont certains des enfants présentent divers handicaps) avec lequel deux des encadrants sont en lien depuis longtemps. Le voyage est ainsi organisé en partenariat avec CCD Thaïland (Christian Care Foundation for Children with Disabilities). Si Jérémie n’a aucun mal à convaincre le groupe de l’utilité d’une formation, à la fois sur les aspects pratiques et sur les questions interculturelles, la question qui se pose est la suivante : comment adapter, pour les besoins de ce voyage de trois semaines en Thaïlande, le contenu de la session de deux semaines que reçoivent avant leur départ tous les envoyés du Défap ? Et, question complémentaire : le groupe peut-il bénéficier d’un «parrainage» du Défap pour chercher des financements ?

Quelles postures, quels comportements privilégier ou éviter ?

Pour aller plus loin :

Contact est pris avec Tünde Lamboley, responsable Jeunesse, et avec Laura Casorio, responsable du service Envoyés du Défap. «Au fil des échanges, raconte cette dernière, nous avons essayé d’identifier, à partir des divers modules que comporte la formation des envoyés à laquelle Jérémie avait participé, ce qui serait le plus important pour ces jeunes. Sur cette base, nous avons construit une formation ad hoc pour le groupe.» La formation se met en place sur un week-end en novembre 2018. Elle sera assurée par Laura Casorio. Au menu de cette session : présentation du Défap ; pourquoi partir et comment ; construire son projet (objectif, obstacle, forces, faiblesses) ; problématiques interculturelles ; questions administratives et de sécurité…

Sur place, la secrétaire exécutive du Défap trouve des jeunes qui ne se connaissent pas encore (les accompagnateurs ne les avaient vus jusqu’alors que par groupes de deux-trois au maximum), mais motivés et qui participent activement aux divers modules de la formation. «Cette session d’un week-end a d’abord été utile pour permettre de constituer le groupe», souligne-t-elle. «L’équipe des encadrants a géré les aspects techniques de la mission, le programme, la présentation de l’orphelinat… Le Défap, pour sa part, a apporté son savoir-faire en termes de formation à l’expatriation. Ce groupe sera le premier venu de France à travailler dans cet orphelinat, qui a plutôt, pour l’instant, des partenaires dans le monde anglophone (États-Unis, Angleterre). Les questions des participants tournaient donc beaucoup autour de la manière de prendre contact, de nouer des liens, dans un contexte interculturel, et avec comme difficulté supplémentaire la barrière de la langue : la communication ne pourra se faire que via un interprète. Dès lors, comment apprendre les codes nécessaires pour bien communiquer ? Quelles postures, quels comportements privilégier ou éviter ? Qu’est-ce qui pourrait être mal vu ou blessant ? Comment construire une communication fluide, dans un laps de temps réduit ?»

Au-delà du séjour proprement dit, les enjeux sont multiples. Il s’agit tout d’abord d’essayer d’initier des échanges plus pérennes avec cet orphelinat. C’est en tout cas l’idée de l’initiatrice du projet, qui est elle-même une ancienne pensionnaire de ce centre et vit aujourd’hui en France. En ce qui concerne les participants eux-mêmes, beaucoup seraient prêts, à l’issue de cette expérience, pour d’autres formes d’engagements. Et pour Laura Casorio, «accompagner ce genre de projets par une formation rentre tout à fait dans la dynamique actuelle du Défap. Nous sommes d’ailleurs en train de construire des sessions similaires avec d’autres groupes.»




«Ça m’a fait grandir d’un coup»

Partir à l’étranger avec le Défap, ce n’est pas seulement découvrir un autre pays, une autre culture, et y vivre de nombreux mois en immersion : c’est aussi se découvrir soi-même. Illustration avec Sarah Zelmati, partie en service civique au Sénégal. Passionnée de chant et de musique, cherchant à suivre une formation musicale avant de s’y engager professionnellement, elle a été, au cours de l’année 2017-2018, animatrice d’un atelier musical et artistique au sein du projet Beer Shéba à Fatick.

Sarah Zelmati, dans le jardin du Défap après son retour de mission © Défap

 

Comment avez-vous décidé de partir en service civique avec le Défap au Sénégal ?

Sarah Zelmati : J’envisageais depuis longtemps d’aller à l’étranger. J’avais déjà vécu au Sénégal avec ma famille, pendant trois ans, à partir de l’âge de un an et demi. Mais je ne savais pas dans quel cadre repartir.

Je voulais poursuivre des études dans la musique : je visais d’abord un CAP-BEP lutherie, spécialité guitare. Un cursus de deux ans, au bout duquel j’envisageais de partir à Londres, pour rejoindre une école spécialisée renommée : l’institut de musique contemporaine Performance (ICMP). Mais les inscriptions pour le CAP-BEP ne se font que tous les deux ans, et j’avais toute une année à attendre. C’est alors qu’est revenue cette idée de voyager, faire des rencontres, m’enrichir sur le plan culturel, et je me suis dit que c’était une bonne opportunité. J’ai découvert la possibilité de partir via un service civique. J’ai eu la chance de tomber sur un poste d’animation musicale au Sénégal, proposé par le Défap. Combiner la musique, et le Sénégal qui représentait pour moi une sorte de retour aux sources, ça me paraissait idéal.

Et qu’avez-vous découvert une fois sur place ?

Pour aller plus loin :

Sarah Zelmati : Je ne savais pas vraiment dans quoi je m’embarquais. Quand on part comme ça, on ne se figure pas à quoi on s’engage, on s’attend à tellement de choses ; mais ce qu’on s’imagine, ce n’est pas ce qu’on vivra vraiment une fois sur place. Il n’y a rien de préparé, on découvre jour après jour ; on se découvre. Je suis partie enthousiaste ; j’ai découvert au Sénégal la différence entre ce pays que j’avais idéalisé, et le pays réel. Ce genre d’expérience, ça change notre perception du monde, de nous-mêmes. Il y a des choses qu’il est difficile de vivre à l’étranger ; j’étais toujours très entourée, et pourtant je me suis souvent sentie seule. À 19 ans, je n’étais pas vraiment une adulte… Ça m’a fait franchir un cap, de me sentir ainsi toute seule, comme si je m’étais retrouvée sur une île déserte. Ça m’a fait grandir d’un coup.

Que vous a apporté cette mission de service civique ?

Sarah Zelmati : Quand je suis arrivée au Sénégal et que la réalité m’a frappée, j’ai commencé par me renfermer. L’image de carte postale que j’avais de ce pays est soudain devenue très négative. Puis, au fil du temps, elle a de nouveau évolué vers le positif. C’est comme si j’avais débarqué sous un orage de grêle, et que j’avais fini ma mission sous un bel arc-en-ciel. J’ai quand même réussi à me battre contre pas mal de choses qui auraient pu m’abattre, et j’en suis ressortie avec un sentiment de victoire sur la vie. On doit se confronter à d’autres manières de penser, de vivre ; se redécouvrir soi-même à travers une autre culture… et avec les autres. On se découvre plus, humainement, avec les autres. Rétrospectivement, je me dis que j’ai vécu une très belle mission. Du coup, maintenant, j’ai envie d’y retourner. J’ai appris à ne pas rester sur un idéal ; à prendre l’expérience telle qu’elle vient, pour me rendre compte finalement que c’était fou de vivre ça, de partir à 19 ans aussi loin, aussi longtemps, toute seule, et en tenant jusqu’au bout.

Et pour la suite ?

Sarah Zelmati : Ça a renforcé mes choix pour la suite de mes études. J’ai aussi beaucoup mûri musicalement. J’ai maintenant le sentiment que je dois prendre ma vie en main, que je dois arrêter de me mettre des barrières. Être jeune, aujourd’hui, dans la société française, c’est être exposé à tout un tas de barrières, à des discours du genre : «la fac, c’est une usine à chômeurs ; vous n’y arriverez pas…» Face à ça, je suis vraiment contente d’avoir vécu cette expérience, d’avoir osé. C’était une période vraiment riche, et j’en sors en étant d’autant plus sûre de ce que je veux faire.

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez