6 mois d’engagement solidaire : coordination, découvertes et apprentissages

Cela fait six mois déjà que Karnelia, volontaire en réciprocité, est responsable des actions de parrainage international au sein de la Fondation La Cause. Une mission intense et enrichissante qui l’a menée au cœur de la coopération avec plusieurs pays partenaires tout en lui offrant une découverte culturelle de la France. Retour sur une expérience humaine forte, entre solidarité et exploration.

 

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Durant ces six derniers mois au sein de la Fondation La Cause, j’ai encore eu l’opportunité d’exercer la fonction de responsable des actions de parrainage à l’international qui est à la fois stimulante et enrichissante. Cela m’a permis d’acquérir de nouvelles compétences et de renforcer mon engagement pour la cause des enfants qui ont besoin d’aide et de soutien.

J’ai été en lien permanent avec les structures partenaires de la Fondation situées à Madagascar, en Haïti, au Togo et au Cameroun. Il s’agissait de coordonner les actions de parrainage, de responsabiliser les directeurs locaux dans le suivi et l’accompagnement du bien-être des enfants parrainés, et d’assurer la qualité de notre collaboration. J’ai organisé des séances de bilan et d’évaluation mensuelles avec chaque structure, favorisant ainsi un suivi régulier et une dynamique d’amélioration continue. Une autre partie essentielle de mon travail a été la mise à jour des données des enfants et le suivi des informations transmises par nos partenaires. Cela a permis de fluidifier le travail entre les différents acteurs, de mieux organiser le parrainage, et d’assurer une continuité dans l’accompagnement des enfants.

Sur le plan personnel, c’est aussi l’occasion pour moi de découvrir la France et sa richesse culturelle. Installé en région parisienne, j’ai profité de mes temps libres pour me balader dans Paris, visiter ses monuments historiques, flâner le long de la Seine, et explorer plusieurs musées emblématiques comme le Louvre, le musée d’Orsay, etc.

J’ai aussi eu l’opportunité de voyager dans d’autres régions françaises, ce qui m’a permis d’apprécier la diversité du pays. L’une des expériences les plus marquantes a été ma visite à Strasbourg, une ville au charme unique mêlant culture française et allemande, avec son centre historique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa majestueuse cathédrale, et ses ruelles pittoresques. Ces moments de découverte m’ont permis de mieux comprendre la richesse culturelle de la France et m’ont profondément marqué.

Cette mission a donc été une expérience humaine, professionnelle et culturelle profondément marquante. Elle m’a permis de renforcer mes compétences professionnelles dans le domaine de l’action sociale et de m’engager encore plus fermement dans les actions de solidarité internationale.

Karnelia

 

 

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Neuf mois en Tunisie : immersion culturelle et engagement pour une agriculture durable

Depuis neuf mois, Laurent vit une expérience de volontariat en Tunisie au sein de l’association ATAE. Entre engagement associatif, découverte de la culture locale et exploration des paysages tunisiens, il partage ici un aperçu sincère et vivant de son quotidien. Un témoignage qui donne envie de voir la Tunisie autrement.

Un paysage en Tunisie © Laurent

 

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Déjà 9 mois que j’ai rejoint la Tunisie en tant que volontaire de solidarité internationale (VSI) dans une association tunisienne (association tunisienne d’agriculture environnementale, ATAE) qui œuvre pour réhabiliter les sols tunisiens en prônant une agriculture durable et en préservant les écosystèmes naturels.
Lors de mon dernier article, je vous ai parlé de l’association, son accueil particulièrement chaleureux, ses missions et les membres dévoués qui la composent. C’est vrai que nous sommes envoyés pour répondre à un besoin, mais être un VSI ne s’arrête pas uniquement à cela. En effet, l’expérience professionnelle est embellie par l’expérience humaine et culturelle. C’est aussi pour cette raison que nous faisons le choix d’être volontaire, et je n’ai vraiment pas été déçu car ce pays est extraordinaire du point de vue culturel.

Mon quotidien se partage entre mes journées au travail et mon temps libre que j’occupe à découvrir ce pays et les activités qui ne manquent pas !
Tunis est une ville très active sur le plan culturel et il se déroule de nombreux festivals (cinéma, théâtre, musique, …). Ces activités me permettent de mieux appréhender la culture tunisienne.

Étant un amoureux de la nature, je profite souvent de mes week-ends pour découvrir les alentours de Tunis et le meilleur moyen est la randonnée. La Tunisie n’est pas très connue pour ses paysages montagneux, mais plus pour son désert, et c’est vraiment dommage car ils sont vraiment très beaux. La faune et la flore sont très riches, surtout en dehors de la période estivale. Ce paysage est magnifié par des vestiges historiques très bien conservés. Lorsque l’on pense à la Tunisie, la première idée qui nous vient est le site de Carthage, mais il en existe d’autres qui méritent le détour. Pour finir, lorsque l’on parle de culture, il ne faut pas oublier le domaine culinaire. Il est vraiment très varié et très goûteux. Je ne parle pas uniquement du fameux couscous tunisien, mais de la salade méchouia, les bricks, et la liste pourrait être très longue, mais je ne peux pas la finir sans parler des excellentes pâtisseries tunisiennes.

J’espère que je vous ai donné envie de découvrir la région nord de ce pays qui est, hélas, trop souvent oubliée.

Laurent

 

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Nomena et le volontariat : une nouvelle aventure !

De Madagascar à Paris, Nomena s’engage dans une mission de Volontariat de Solidarité Internationale avec le Défap. Entre communication, découverte culturelle et adaptation au monde du travail, il partage ses premiers pas dans cette aventure unique, faite d’apprentissage et d’ouverture.

Nomena et le volontariat : une nouvelle aventure ! Nomena

 

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Bonjour, je suis Nomena, j’ai 23 ans, je viens de Madagascar, et j’ai fait des études en Sciences Sociales Appliquées au Développement que j’ai terminées récemment.

Volontariat. Ceci est ma première expérience en tant que Volontaire de Solidarité Internationale. Envoyé par le Défap, ma mission consiste à aider la partie communication de la paroisse luthérienne de la Rédemption ainsi que celle du Défap pour une durée de 12 mois. L’objectif de ma mission est d’assister à la communication des deux structures, de gérer les contenus à publier : des podcasts, des annonces d’événements, des flyers, des illustrations.

Pendant ma mission, je ne suis pas que dans une, mais deux structures. Chacun a son style et sa stratégie de communication, mais les techniques sont presque similaires en ce qui concerne l’utilisation de logiciels de conception, d’illustration et de montage vidéo. De plus, cette mission m’a permis d’élargir les outils de conception illustrative qui sont à ma disposition. Ça peut paraître simple, mais c’est bien plus complexe que ça en a l’air. Le rôle de la communication ne se limite pas à créer des contenus de qualité et de quantité sur une page. La question de couverture médiatique est sujet à plusieurs critères tels que les tendances, les centres d’intérêt des internautes, les stratégies et domaines que la structure vise ainsi que les objectifs à court, moyen et long terme. Il y a tout un processus de réflexion et de prises de décision qu’il faut faire avant de pouvoir se lancer dans la création et la publication de contenus.

Les structures de mission sont toutes sympathiques, que ce soit du côté de La Rédemption ou celui du Défap. Leur accueil est très sympa. J’ai pu m’intégrer sans grande difficulté dans les deux structures. La seule difficulté est peut-être pour moi de faire la transition entre la fin des études et l’entrée dans le monde du travail. J’ai pu apprendre deux logiciels de création que sont Canva et Affinity Publisher (je m’actualise en tant qu’un habitué des suites Office et Adobe).

Il faut aussi savoir que pour pleinement profiter de mon volontariat, il est intéressant de bien pouvoir profiter de ces années ici en France. Comme il s’agit d’une mission de réciprocité et de solidarité internationale, il est intéressant de voir l’aspect multiculturel que je peux constater auprès de La Rédemption ainsi que du Défap. Je découvre la culture même de mes structures de mission, et en parallèle, la culture française. Aussi, je partage ma culture avec les autres (art culinaire, traditions, langues, etc).

Ma phase d’adaptation s’est déroulée de manière simple. Je n’ai pas vraiment éprouvé un très grand choc culturel, que ce soit sur les achats, les transports, les horaires, mis à part le fait qu’ici en France, tout est numérisé, même les paiements. C’était la seule difficulté que j’ai pu ressentir puisque je suis habitué à toujours payer en espèce. Les moyens de transports sont nombreux et ont chacun leurs points forts et points faibles (trajets, temps d’attente,…).

Mes premiers réflexes en arrivant à Paris étaient de me fixer des repères. Ces repères me servent à mieux m’orienter lorsque je veux faire des balades dans la ville. Une fois les repères fixés, mes déplacements à Paris sont moins frustrants. En théorie, je n’ai pas vraiment eu de souci pour me déplacer, mais le premier mois était compliqué en raison de l’achat cumulatif de tickets de transport que je prenais au fur et à mesure. Mais après des semaines d’attente et quelques petits sacrifices, j’ai fini par avoir un « pass Navigo » et je pouvais alors me déplacer librement et sans encombre (enfin, sauf pendant les contrôles).

Ce que je peux retenir de ce début de mission en tant que volontaire, c’est de pouvoir saisir toutes les possibilités qui peuvent nous arriver, ainsi que de développer une meilleure version de soi. La réciprocité et le statut de Volontariat de Solidarité Internationale, c’est aussi l’occasion de s’ouvrir au monde et à une nouvelle culture, de marcher dans l’inconnu et d’élargir ses horizons. C’est pourquoi ce volontariat, pour moi, est le début d’une nouvelle aventure.

Et pourquoi pas vous aussi, vouloir tenter cette aventure ?

Nomena

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Éléonore au Caire : du chaos à la sérénité

Passer d’une vie paisible à une mégalopole débordante comme Le Caire peut sembler un pari insensé. Mais pour Éléonore, volontaire au foyer Fowler, ce défi se transforme de plus en plus en une aventure humaine et culturelle extraordinaire. Un témoignage entre désorientation et émerveillement.

Eléonore, pendant la formation des envoyés 2024 © Défap

 

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Il faut être fou pour vouloir vivre au Caire, sincèrement. Si j’avais vraiment su à quoi m’attendre, je n’aurais probablement jamais choisi de vivre ici, parmi tout ce bruit, cette circulation qui ne cesse jamais, cette pollution ambiante, cette poussière…

Voici les pensées qui tournaient en boucle dans ma tête lors de mon installation et des semaines qui ont suivi. Jusqu’à ce que je prenne conscience début octobre, soit un mois après mon arrivée, que c’est une chance inouïe pour moi d’être ici pour un an, dans un environnement si différent de tout ce que j’ai toujours connu.

Moi qui n’ai jamais vécu dans une capitale et qui affectionne tant la nature et le calme des espaces verts. Qui eût cru que je puisse m’acclimater à une mégalopole trois fois plus peuplée que Paris ? J’aurais été la dernière à croire que ce soit possible. Et pourtant, voilà où j’en suis aujourd’hui : non seulement habituée désormais à ce nouveau train de vie, mais surtout heureuse d’être de la partie, heureuse d’être ici, heureuse d’être une petite fourmi parmi toutes les fourmis qui font de cette ville un lieu si vivant et si vibrant.

Vivant et vibrant, c’est également ainsi qu’on pourrait qualifier le foyer Fowler dans lequel je suis volontaire. Accueillant plus de 60 jeunes filles le temps de leur année scolaire, ce foyer est débordant de vie, d’amour et d’humanité. Mes débuts à Fowler sont à l’image de mes premiers jours au Caire : très désorientée et déboussolée au départ. J’ai petit à petit réussi à trouver mes marques au foyer, et je m’y sens si bien intégrée maintenant que j’en oublie que je ne suis là que depuis quelques semaines. En charge d’aider en français, en mathématiques et en sciences les filles de 1ère, 2ème et 3ème primaires (équivalent du CP, CE1 et CE2) scolarisées en école francophone. J’essaye autant que possible de donner aussi des cours de soutien en anglais aux élèves de primaire scolarisées en école gouvernementale égyptienne. Mes après-midis au foyer s’avèrent donc bien remplis !

Et bien que je sois celle chargée d’enseigner, il est une chose qui ne cesse de m’émerveiller, c’est à quel point j’apprends moi-même lorsque je suis au foyer. En effet, je ne repars jamais de Fowler sans avoir appris ou compris quelque chose de nouveau. Avec mes jeunes élèves, j’apprends la patience, bien-sûr, mais j’apprends aussi à mieux parler arabe, à connaître davantage la culture égyptienne, les traditions coptes, et de manière plus générale les coutumes et les façons de vivre dans ce pays. Et plus j’en apprends, plus je réalise tout ce qu’il me reste encore à
apprendre et à comprendre !

Moi qui au début n’étais pas sûre d’être capable de tenir un an au Caire, j’ai maintenant du mal à m’imaginer ailleurs qu’ici. Je me sens désormais complètement à ma place dans cette nouvelle vie. J’espère que les mois à venir seront tout aussi extraordinaires que les premiers et que j’aurai dans la prochaine lettre de belles histoires à vous partager, Incha’Allah ! Portez-vous bien d’ici là.

Eléonore

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Des Égyptiennes à Paris

Les visiteuses partagent un café avec l’équipe du Défap

Elles s’appellent Névine, Madonna, Eve, Christine, Dina et Patricia. Elles arrivent du Caire, où elles sont enseignantes dans un établissement qui reçoit régulièrement des envoyés du Défap. Grâce à Lorène Spielewoy, partie en mission en 2018, elles ont pu venir visiter la France.
« Lorsque je suis arrivée en Égypte, raconte Lorène, j’étais totalement dépaysée. Il m’a fallu un petit temps pour m’adapter. Grâce à l’accueil que j’ai reçu, je me suis bien acclimatée. A la fin de mon séjour, j’ai eu envie d’organiser une sorte de « retour », de faire découvrir la France à toutes les personnes avec qui j’avais travaillé. Elles avaient toutes fait des études difficiles, elles étaient devenues professeures, elles évoluaient dans un environnement francophone sans jamais avoir vu la France. Je me suis dit que leur dévouement, leur volonté de transmettre la langue étaient admirables et je voulais vraiment leur faire plaisir. »
Lorène a alors monté un dossier projet, qu’elle a présenté conjointement au Défap, à l’Action chrétienne en Orient (ACO) et à l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, l’une des fondatrices du Défap). Son objectif : organiser un voyage, à Paris et à Strasbourg qui puisse aider ces jeunes femmes à constituer un réseau, à comparer les points de vue et les systèmes éducatifs et éventuellement bâtir de nouveaux projets d’échanges.

Après la découverte de Paris et de la culture française, des monuments, des musées – une visite guidée au Louvre notamment – et du château de Versailles, le groupe partira à Strasbourg pour s’immerger dans la « culture familiale ». « La compréhension mutuelle peut aussi naître de ces « chocs » interculturels que nous vivons lorsque nous sommes dans un pays qui n’est pas le nôtre. C’est le cas de ces enseignantes aujourd’hui, comme cela a été mon cas lorsque je me suis retrouvée chez elles », explique encore Lorène.
Les jeunes Egyptiennes, elles, sont vraiment ravies. Elles découvrent la tour Eiffel avec des yeux aussi émerveillés que les nôtres lorsque nous voyons « en vrai » les pyramides ou le sphinx. Une belle expérience de réciprocité.




Le Défap solidaire de l’Égypte endeuillée

Alors que l’Égypte a été frappée, vendredi, par le plus terrible attentat de son histoire, le Défap exprime son soutien et sa solidarité aux familles endeuillées et au peuple égyptien dans son ensemble. L’attaque a eu lieu de la prière dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abed, non loin de la capitale de la province du Nord-Sinaï ; elle a fait 305 morts et une centaine de blessés.

 

La mosquée al-Rawda de Bir al-Abed © DR

Un deuil national de trois jours a débuté le samedi 25 novembre en Égypte, meurtrie par un attentat d’une violence sans précédent. L’attaque a eu lieu la veille au moment de la prière dans la mosquée al-Rawda de Bir al-Abed, que fréquentent notamment des adeptes du soufisme ; elle se situe à 40 km d’Al-Arich, la capitale de la province du Nord-Sinaï. Selon les témoignages de rescapés, un petit groupe d’hommes armés a encerclé la mosquée, fait exploser une bombe, puis a tiré à l’arme automatique sur les 700 fidèles réunis pour la prière et qui tentaient de fuir, faisant 305 morts et une centaine de blessés. Les assaillants ont également incendié des véhicules pour empêcher les fidèles d’échapper à la tuerie, et ralentir l’arrivée des forces de sécurité. Cet attentat n’a pas été revendiqué, mais selon le procureur de la zone, les terroristes portaient le drapeau noir qu’arbore la branche égyptienne du groupe jihadiste État islamique (EI).

Convaincu que les religions peuvent être facteurs de paix et non de violences, le Défap adresse ses sentiments de fraternité et de solidarité aux familles endeuillées, à tous ceux qu’il connaît en Égypte et au peuple égyptien.

«Une attaque contraire à toutes les lois, toutes les valeurs et toutes les traditions»

Nous reproduisons également ce message transmis par l’ACO (Action Chrétienne en Orient), proche partenaire du Défap. Il émane du pasteur Andrea Zaki, président de «Protestant Churches in Egypt», l’équivalent d’une Fédération Protestante d’Égypte. Il condamne l’attaque terroriste et souligne que cet acte, qui vise des personnes innocentes en train de prier, et dont le but est de déstabiliser la sécurité et la stabilité de l’Égypte, est contraire à toutes les lois, toutes les valeurs et toutes les traditions ; et toutes les parties de la société rejettent le terrorisme dans toutes ses formes. Le pasteur Zaki appelle tous les Égyptiens à rester unis face au terrorisme.

Il ajoute : « de tels actes criminels s’attaquant à des lieux de culte – mosquées et églises – sont la tentative désespérée d’interrompre la progression de la nation ». Il a adressé un appel à l’ensemble du pays à s’unir pour construire de manière solidaire un bel avenir pour le peuple égyptien resté loyal. La conclusion de la déclaration est un appel à prier pour les martyrs, qu’ils reposent en paix, et pour les blessés, qu’ils puissent guérir, dans l’espoir que Dieu préserve les dirigeants et le peuple égyptiens.

 

Pour l’État islamique, toutes les croyances autres sont des cibles
Le groupe jihadiste État islamique prône une version extrême du salafisme, courant fondamentaliste de l’islam sunnite prônant un retour aux pratiques de l’époque du prophète Mahomet et de ses premiers disciples, qui l’amène à s’attaquer non seulement aux fidèles des autres religions, mais aussi à ceux d’autres branches de l’islam considérées comme hérétiques. L’État islamique a ainsi revendiqué une série d’attentats contre la communauté copte d’Égypte. Le soufisme, courant ésotérique de l’islam, est accusé pour sa part d’hérésie et de polythéisme, de fait de son recours à l’intercession des saints morts. L’État islamique condamne aussi ce qu’il qualifie d' »innovations » : rites et prières des soufis non prescrits à l’origine par le prophète Mahomet.

 




Chrétiens d’Orient : deux mille ans d’histoire

LES ACTIONS DU DEFAP :
Le programme EAPPI
Le Défap au Liban
Les envoyés en Egypte

IMA © Institut du Monde Arabe

Les guerres ne détruisent pas seulement les vies et les villes ; elles ravagent les mémoires. Elles effacent les patrimoines, les cultures. Elles redessinent les contours de l’histoire des peuples. Parler de Syrie aujourd’hui, c’est évoquer Daech et ses exactions ; parler de la Palestine, c’est revenir sur l’interminable conflit israélo-palestinien… Que l’on regarde à l’Est de la Méditerranée et les chrétiens semblent être, soit oubliés, soit confinés au rôle de victimes. On finirait par oublier que c’est précisément là que le christianisme est né ; que quittant le berceau de Jérusalem, il a atteint aussitôt la Syrie. C’est sur la route de Damas que Paul fut aveuglé par la révélation de Christ… Le christianisme s’est ainsi diffusé dans tout le Proche-Orient : en Egypte, au Liban, en Jordanie, en Irak.

Cette histoire deux fois millénaire ne fut pas que tragique, loin de là ; les chrétiens ont joué un rôle majeur dans le développement politique, culturel, social et religieux de cette région du monde. C’est précisément ce que veut rappeler l’exposition « Chrétiens d’Orient : deux mille ans d’histoire » organisée à l’Institut du Monde Arabe, à Paris.

Ne pas oublier les chrétiens d’Orient…

Infos pratiques :
  Quand : du 26 septembre 2017 au 14 janvier 2018
    mardi, mercredi, jeudi, vendredi de 10h à 18h
    samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 19h
  Où : à l’Institut du monde arabe, 1 Rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris

Cette place singulière est ici mise en lumière au travers de périodes charnières : installation du christianisme religion d’Etat, conciles fondateurs, conquête musulmane, essor des missions catholiques et protestantes, apport des chrétiens à la Nahda (renaissance arabe), renouveau des XXe et XXIe siècles. L’accent est également mis sur la vitalité actuelle des communautés chrétiennes du monde arabe, en dépit des soubresauts de l’actualité récente. Au fil du parcours, l’accent est mis sur la formidable diversité du christianisme, avec ses Eglises copte, grecque, assyro-chaldéenne, syriaque, arménienne, maronite, latine et protestante : chaque facette du christianisme oriental dans ses dimensions orthodoxe et catholique a sa place dans l’exposition. Le parcours est jalonné d’œuvres patrimoniales majeures, dont de nombreux chefs-d’œuvre encore jamais montrés. Certains ont été prêtés pour l’occasion par les communautés elles-mêmes. Entre autres merveilles, les Evangiles de Rabula, un célèbre manuscrit enluminé syriaque du VIe siècle, et les premiers dessins chrétiens connus au monde, de Doura-Europos en Syrie, datant du IIIe siècle.

Une exposition pour ne pas oublier les chrétiens d’Orient… Car les communautés chrétiennes d’Egypte, du Liban, d’Israël-Palestine, de Syrie ont besoin de la fraternité des chrétiens d’Occident. Ce lien doit être entretenu ; le Défap s’y emploie avec ses partenaires aussi bien en France qu’au Proche-Orient.

Israël-Palestine, Liban, Egypte : ce que fait le Défap

Culte à Dhour Chouwer, au Liban, octobre 2016 – DR

En Israël-Palestine, le Défap gère depuis 2012, à la demande de la Fédération protestante de France, les envois des accompagnateurs du programme EAPPI (Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et Israël), initié par le Conseil Œcuménique des Eglises (COE) en réponse à un appel de responsables chrétiens locaux. Lorsque la violence s’est répandue à travers Israël et les territoires occupés, après le déclenchement de la seconde Intifada (El Aqsa) en 2000, les responsables des Eglises de Jérusalem ont lancé un appel à soutenir leurs efforts pour une paix juste : EAPPI a pour mission d’accompagner les Palestiniens et les Israéliens dans leurs actions non violentes. Le Défap est aussi en lien, via la Ceeefe (Communauté d’Eglises Protestantes Francophones dans le monde) avec la communauté protestante francophone de Jérusalem et Tel Aviv, Eglise de tradition pentecôtiste dirigée par le pasteur Jacques Elbaz.

Au Liban, le pasteur de l’EFPB (Eglise Française Protestante de Beyrouth) est un envoyé du Défap. Après le départ de son prédécesseur, le pasteur Robert Sarkissian, à l’été 2013, l’APFB (Association Protestante Française de Beyrouth) et la CEEEFE (Commission des Eglises protestantes d’expression française à l’extérieur) ont dû trouver les moyens d’envoyer un nouveau pasteur, Pierre Lacoste, avec l’aide technique du Défap. L’association propriétaire (APFB) a vendu une partie du terrain qu’elle possédait pour pouvoir mettre en place un projet de construction d’un nouveau temple qui devrait être achevé à la fin de l’année 2017. Avec la perspective de mettre en place de l’action sociale, culturelle et de solidarité.

En Egypte, le Défap assure le suivi des envoyés de l’ACO (Action Chrétienne en Orient) en lien avec les Eglises protestantes de ce pays, dans le cadre de la plate-forme Moyen-Orient. Il s’agit de missions d’enseignement (soutien scolaire, apprentissage de l’expression française), mais au-delà, il s’agit d’une expérimentation quotidienne du « vivre ensemble » qui fait mentir ceux qui prêchent la violence entre les communautés. Comme le raconte une ancienne envoyée, décrivant l’école où elle travaillait : « chrétiens et musulmans se côtoient dans le corps enseignants et chez les élèves (…) Dans cette société égyptienne fragmentée c’est, d’après moi, une bénédiction ! »

Retrouvez ci-dessous la présentation en vidéo de l’exposition :




Attentats en Egypte : le Défap réagit

 

Alors que l’état d’urgence vient d’être déclaré pour trois mois dans un pays meurtri, le Défap adresse ses sentiments de fraternité et de solidarité aux familles endeuillées, à tous ceux qu’il connait en Egypte et au peuple égyptien.

 

source : Blog Copte




Les condoléances des protestantismes français et suisse

Nous voulons adresser nos sincères condoléances à nos sœurs et frères dans la foi en Egypte, qui, ce dimanche 11 décembre 2016, ont une nouvelle fois subi une attaque sanglante.

Nous portons dans notre prière les victimes tuées, blessées et leurs familles, nous portons dans notre prière les responsables de la communauté copte d’Egypte. Et nous portons dans notre prière tous les égyptiens de bonne volonté, soucieux de la paix et de l’harmonie entre les humains.
Ces actes de haine aveugle, qui visent aussi à dresser les uns contre les autres les croyants chrétiens et musulmans, ne doivent pas amener ceux qui se réclament du Christ à réclamer vengeance. Que l’amour soit plus fort que la haine et finisse par la vaincre. Ceci est le coeur de notre prière, pour l’Orient et pour l’Occident.
Paris, Lausanne, Strasbourg, 13 décembre 2016

François Clavairoly, Président de la Fédération Protestante de France (Paris)
Laurent Schlumberger, Président de l’Eglise Protestante Unie de France (Paris)
Christian Albecker, Président de l’Union des Eglises Protestantes en Alsace Lorraine (Strasbourg)
Enno Strobel, service mission UEPAL (Strasbourg)
Bertrand Vergniol et Joël Dautheville, secrétaire général et président du Défap (Paris)
Nicolas Monnier, Jean Claude Basset, André Joly, DM échange et mission (Lausanne)
Albert Huber et Thomas Wild, président et directeur de ACO France (Strasbourg)

 

Condolences
We want to address our condolences to our brothers and sisters in faith in Egypt, once more the victims of a bloody attack on Sunday December 11th.
We lift up in our prayers those who were killed, those who were injured, and their families, we lift up in our prayers the people in charge of the Coptic Churches in Egypt. And we also lift up in our prayers all Egyptians of good will, anxious to keep peace and harmony between human beings.
These acts of blind hatred, which aim at setting Christian and Islamic believers against each other, should not lead people professing Christ as their Lord to claim for revenge. Let love be stronger than hatred so that love will defeat hatred. This is the heart of our prayer, for the East and for the West.
Paris, Lausanne, Strasbourg, December 13th, 2016
– Rev. François Clavairoly, President of Fédération Protestante de France (Paris)
– Rev. Laurent Schlumberger, President of the United Protestant Church of France (Paris)
– Christian Albecker, President of the Union of Protestant Churches in Alsace Lorraine (Strasbourg)
– Rev. Enno Strobel, mission department UEPAL (Strasbourg)
– Rev. Bertrand Vergniol and Joël Dautheville, General Secretary and President of Défap (Paris)
– Rev. Nicolas Monnier, Jean Claude Basset and André Joly, DM échange et mission (Lausanne)
– Albert Huber et Rev. Thomas Wild, President and Director of ACO France (Strasbourg)




Attentat au Caire : des blessés mais pas de mort

 

Une voiture piégée a explosé devant un commissariat de la sécurité d’État. Cette attaque a été revendiquée  par un groupe djihadiste affilié à l’État islamique se faisant appeler « Province du Sinaï ».

Depuis son arrivée au pouvoir en mai 2014, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi s’est employé à éliminer toute opposition de la scène politique, et en particulier les partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi. La répression a été particulièrement sanglante dans le Sinaï. De ce fait, il est désormais confronté à de nombreuses attaques à caractère terroriste, qui portent un grave préjudice au tourisme, l’une des principales ressources de l’Égypte.

 

Carte d’Egypte, pointeur rouge : Le Caire (Source : Google Maps)

La loi antiterroriste votée mi-août, avec effet immédiat, punit la presse et toute expression publique, y compris sur les réseaux sociaux, qui viendraient contredire le discours officiel en matière de terrorisme. Elle renforce les mesures répressives engagées contre la confrérie des Frères musulmans, classée organisation terroriste depuis décembre 2013, et tous les groupes radicaux actuellement en cours de formation notamment au Caire, dans le Sinaï et dans le delta du Nil. Elle garantit l’impunité aux policiers qui feraient usage de la force dans le cadre de son application.

Les organisations internationales de défense des droits de l’homme estiment que le régime d’al-Sissi est plus répressif que celui de l’ancien président déchu Hosni Moubarak.

Le Défap a plusieurs envoyés en Égypte, mais tous sont actuellement en vacances en France.

 




Une envoyée au Caire

Eloïse Deuker est revenue en juin 2015 du Caire où elle a passé dix mois dans le cadre d’une mission du Défap et de l’ACO.

« Au terme de cinq années de théologie protestante, entre les facultés de Montpellier et de Strasbourg, je ressentais le besoin de faire une pause dans mon parcours universitaire et de répondre à l’appel et au désir de me mettre au service d’une mission à l’international. »

Eloïse est devenue une habituée de la mission à l’étranger : en 2008, elle est partie au Cameroun pour un mois et en 2011, au Togo pour deux semaines.

 

Eloïse, envoyée du Défap au Caire ©

 

Mission

« Je fais confiance au Défap et à ses actions », explique-t-elle. Elle aurait dû partir comme enseignante en Tunisie, mais un poste s’est libéré au Caire. Elle n’a pas résisté aux quarante siècles d’histoire de ce pays, elle s’y est rendue, avec une autre envoyée qui s’était engagée dans un orphelinat.

 

Pourquoi cette mission ?

 

Éloïse Deuker a de l’expérience dans le domaine de l’éducation : elle est diplômée en animation et a déjà enseigné le français. Mais « travailler en tant qu’enseignante [fut] une grande première ».

 

Eloïse et ses collègues du New Ramses College ©

 

Elle a donc pris son poste de professeur de français au New Ramses College, un établissement qui « dépend du Synode du Nil, principale Église protestante égyptienne ». Sa mission consistait « à prendre en charge l’apprentissage de l’expression orale en français, pour les classes équivalentes au CM1, CM2 et à la 6ème ».

Sans pour autant oublier sa « co-équipière » en poste à l’orphelinat : deux fois par semaine au minimum, elle s’y rendait pour assurer un soutien scolaire et/ou de l’aide à la vie quotidienne.

 

« La mixité est omniprésente »

Éloïse a beaucoup aimé le New Ramses College.

« Cette école a une particularité : la mixité est omniprésente. On y trouve de la mixité religieuse, car chrétiens et musulmans se côtoient dans le corps enseignants et chez les élèves. La mixité fille-garçon est aussi une caractéristique de cette école : contrairement à une grande majorité des établissements, tous apprennent ici à grandir ensemble. Enfin, dans certaines classes, on trouve une mixité entre les enfants ayant un handicap et ceux qui n’en ont pas. Dans cette société égyptienne fragmentée c’est, d’après moi, une bénédiction ! », écrit-elle.

 

Les élèves du New Ramses College © Albert Huber

 

Situation sécuritaire

 

Les premiers jours, Éloïse et sa collègue se sont retrouvées « sous le choc de la ville : immense, surpeuplée, sur-polluée, bruyante ».

Puis elles ont commencé s’y habituer, elles sont parties à la découverte de la métropole.

 

Bien sûr, Éloïse ne peut nier qu’il existe une « certaine instabilité politique ». Dans la presse, à la radio, au détour des conversations on apprend de temps à autre que des attentats ont eu lieu. Souvent, ils se produisent loin de la ville, près des frontières du Sinaï, notamment. Il faut avouer que ce genre de nouvelles crée une ambiance parfois tendue.

 

Mais la douceur de vivre orientale reprend vite le dessus et les deux envoyées se sont mises au rythme local. Elles ont rencontré des Égyptiens, avec qui elles ont sympathisé. Nombre d’entre eux avaient déjà voyagé en Occident. Elles se sont fait des amis européens au cours d’arabe.

Même si, bien souvent, elles étaient considérées comme des touristes et sollicitées par les mille et un petits vendeurs ambulants, elles ont su profiter de la vie de leur quartier, toujours très animée. « Nous étions comme des « extra-terrestres » car les gens ne sont pas vraiment habitués à avoir des résidentes étrangères à demeure, mais nous sommes parvenues à nouer des relations de voisinage, ce qui est très agréable », commente Éloïse.

 

Le New Ramses College © Albert Huber

 

« Vivre dans un pays musulman »

 

Par ailleurs, Éloïse a apprécié de vivre, pour la première fois de sa jeune existence, dans un pays musulman. Son regard sur les habitudes liées à l’islam a changé, y compris depuis son retour, « notamment sur les femmes voilées en France », explique-t-elle.

 

Bien sûr, elle a besoin de méditer sur son expérience de vie, mais déjà, elle sait que lorsqu’elle est arrivée avec son regard neutre sur ce pays qu’elle ne connaissait pas, elle y a « aspiré ce qu’[elle] a pu » et s’est mise « à l’écoute » des autres, la meilleure manière de s’imprégner de la vie locale et des coutumes d’autrui.

 

« Quand les gens pensent à l’Égypte, dit-elle, ils pensent au pays des pharaons. Ce qui m’a intéressée, c’est plutôt l’histoire contemporaine », comme « la situation de la communauté copte » ou « la manière de vivre l’islam au quotidien ».

Elle a également été touchée d’entendre discuter les jeunes, qui ont tous « des rêves pour leur pays ».

« Certains veulent partir, d’autres veulent rester et agir pour leur pays, c’est ce qui m’a touché le plus ».

 

« Au terme de cette année, qui a le plus appris ? Qui aura le plus enseigné à l’autre ? L’enseignante française ou les élèves égyptiens ? Si mes élèves sont aussi instruits que moi à la fin de cette année, je crois qu’il serait de bon ton de s’écrier « Al-Hamdoulillah » ! » N’est-ce pas la plus belle conclusion à laquelle puisse parvenir une envoyée ?

 




Paroles d’envoyés : Anaïs Greusard, envoyée en Égypte