Chloé, envoyée au Bénin : «On apprend aux autres, et on apprend des autres»

Salle de classe au Bénin © Chloé Waline

Comment s’est passée votre intégration au Bénin ?

Chloé Waline au Défap © Défap

Chloé Waline : J’ai été extrêmement bien accueillie par l’ensemble des enseignants, et par toutes les personnes que j’ai pu croiser, les parents d’élèves, les enfants… Ensuite, il y a eu des défis, bien sûr : le nombre d’élèves, par exemple. Là où j’étais, il y avait douze classes en primaire, avec une moyenne de 35 à 40 enfants par classe. J’ai dû endosser le fait d’être utile partout et pour tous, et de travailler avec tout le monde. J’avais le sentiment que tous les collègues voulaient travailler avec moi, que tous les enfants voulaient que j’intervienne dans leur classe ; il a fallu gérer le temps et que j’apprenne à me partager. Du coup, j’ai dû adapter ma manière de voir les choses : j’envisageais au début que je pourrais faire surtout du soutien aux élèves en difficulté, notamment en lecture. Puis j’ai réalisé que si je m’engageais dans cette voie, les autres enfants pourraient être lésés…

 

Comment s’est déroulée votre mission d’assistante d’éducation ?

Chloé Waline : J’ai commencé par faire de l’observation dans les classes, pour comprendre le fonctionnement de l’école et voir les différences entre les systèmes pédagogiques français et béninois. Après quoi j’ai soumis un projet d’emploi du temps aux deux directeurs de l’établissement où je travaillais : j’avais prévu des créneaux horaires pour toutes les classes, avec en plus des créneaux que j’avais intitulés «Projets». Je comptais les consacrer à des travaux plus consistants, que je ne pourrais pas mener avec toutes les classes : par exemple, avec une classe de CE1, j’ai lancé une correspondance avec une classe équivalente en France. J’ai aussi lancé un projet autour du programme de CM1, axé sur le patrimoine. Nous avons donc réalisé en classe de petites présentations en vidéo sur le patrimoine béninois, que nous avons envoyées à des classes françaises. Les élèves français nous ont répondu… mais sous forme de texte, du fait des restrictions légales en France autour des images filmées des enfants. En-dehors de ces créneaux «Projets», j’avais une autre partie de mon emploi du temps consacrée à de la lecture renforcée, pour les élèves en difficulté.

J’intervenais dans des classes très différentes. Il m’est aussi arrivé de remplacer des collègues absents. Chaque jour était différent, j’avais des relations différentes avec chacun de mes collègues, certains me sollicitaient beaucoup et d’autres moins ; et c’était très intéressant pour moi de trouver comment m’adapter au style de chacun. Je pouvais passer d’un groupe d’enfants de 4 ans à des élèves de 10 ans… Il fallait réussir à gérer la diversité.

 

Que retenez-vous de cette première expérience d’enseignement à l’étranger ?

L’équipe de l’école © Chloé Waline

Chloé Waline : C’est dense, tout ce que l’on retient dans ces circonstances… J’ai retrouvé au Bénin tout ce qui m’avait motivée à m’engager dans ce métier : apprendre aux autres, et apprendre des autres. J’ai appris des choses aux enfants, mais eux aussi m’en ont appris… Ensuite, travailler avec beaucoup d’enfants, ça amène nécessairement à adopter une pédagogie différente. Et on met plus de temps à bien percevoir la personnalité de chaque élève. Mais on finit toujours par retrouver ses habitudes de classe. Au bout du compte, même si les contextes français et béninois sont très différents (par exemple, aujourd’hui dans notre pays, on essaie beaucoup plus de placer l’enfant au centre et de travailler sur les pédagogies nouvelles), il y a quand même des choses que j’aimerais reprendre quand j’aurai à enseigner en France. Par exemple : le fait de chanter entre chaque activité. Je trouve que ça rythme bien la journée, ça fait travailler les capacités de mémorisation des élèves ; chaque chant appris est vraiment utilisé régulièrement. Mais en attendant d’enseigner en France, je vais rester une année de plus au Bénin. J’ai pris contact avec deux écoles différentes, pour voir ce qu’elles peuvent me proposer.

 

Et de quelle manière pensez-vous encore pouvoir valoriser cette expérience, lorsque vous vous vous retrouverez devant une classe en France ?

Chloé Waline en compagnie de collègues béninoises © Chloé Waline

Chloé Waline : En premier lieu, ça va m’aider à relativiser tout ce qui concerne les conditions de travail – par exemple au sujet des effectifs dans les classes. Ensuite, il faut bien reconnaître que les enfants ont une éducation, et donc des comportements très différents. J’ai pu le voir de manière flagrante avec le cas d’un élève dont le père revenait de France. Il débordait d’imagination – ce qui n’est pas forcément ce qui est le plus valorisé dans le système scolaire béninois ; mais il avait aussi tendance à parler sans lever le doigt, et tous les autres, quand il faisait cela, fixaient les yeux sur lui…

Un autre aspect qui sera intéressant pour moi par la suite, c’est que j’ai eu l’occasion de travailler avec des classes de tous les âges entre 4 et 11 ans. C’est quelque chose de très utile pour un début de carrière d’enseignante. Sur un plan plus personnel, j’ai été frappée de voir à quel point on peut vite se sentir chez soi, tout en étant loin de chez soi. Avec quelle rapidité on prend des habitudes… Le fait d’être dans un contexte francophone a sans doute beaucoup aidé. Tout comme le fait que le Bénin est un pays stable : à aucun moment je ne me suis sentie en insécurité.




Bénin : une année historique pour la réconciliation de l’EPMB

Le stage CPLR dont est issue la table ronde organisée sur la thématique de l’interculturel à Strasbourg a pris laforme d’un échange avec le Bénin, pays où le Défap a de nombreux projets en lien avec l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin. Cette Eglise, après 19 ans de division, a célébré durant l’été 2017 sa réunification en se dotant d’une nouvelle équipe dirigeante. Ce rapprochement, officialisé dès l’été 2016 avec l’appui du chef de l’Etat béninois Patrice Talon, a pu se concrétiser grâce aux travaux de l’Organe Transitoire de Gestion (OTG). Cet organe aura été présidé durant un an par le pasteur Nicodème Alagbada. Il revient aujourd’hui sur cette année 2016-2017 qui a vu l’EPMB se réconcilier.

A l’occasion de la tenue de Protestants en fête à Strasbourg, le Défap propose une table ronde sur le thème « Se former à l’interculturel », animée par Jean-Luc Blanc, du service Relations et Solidarité Internationale du Défap, et en présence de pasteurs ayant participé à un échange entre la France et le Bénin. C’est précisément cet échange, mené dans le cadre d’un stage de formation permanente de pasteurs de la CPLR (Commission Permanente  Luthéro-Réformée) qui a donné l’idée de cette thématique de l’interculturel. Le Bénin est un pays dans lequel le Défap a lancé de nombreux projets : des envoyés, un partenariat avec l’Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO), un soutien à la bibliothèque universitaire, une aide à l’édition d’un manuel de catéchisme dans les langues locales, un soutien à une radio… Le partenaire privilégié du Défap pour ces projets est l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin. Or cette Eglise a connu en 2017 unévénement historique, avec une réconciliation célébrée après 19 ans de division. Entretien avec Nicodème Alagbada, ancien président de l’EPMB, qui a dirigé pendant un an l’Organe Transitoire de Gestion, chargé de mener ce rapprochement au sein de l’Eglise.

 

Où en est aujourd’hui le processus de réconciliation au sein de l’EPMB ?

Le pasteur Nicodème Alagbada, alors président en titre de l’EPMB, et la présidente de la Cevaa, 2017, DR

Pasteur Nicodème Alagbada : L’année 2016- 2017 est et sera considérée comme une année historique pour le peuple Protestant Méthodiste du Bénin. C’est l’année de la Réconciliation et de la réunification de l’Eglise. Je rends grâce à Dieu de ce qu’ensemble tout le peuple de Dieu, avait senti son cœur se réchauffer étrangement le 03 juillet 2016 lors de la signature de la Convention et Proclamation de la Réconciliation et de la Réunification et du mouvement de l’Esprit qui a trouvé ses origines en ce moment-là.

Après la retraite pastorale du 13 au 15 juillet 2016 ayant facilité l’élaboration du Plan d’activités ou Programme d’Action de l’Organe Transitoire de Gestion, nous avons effectué pendant un mois des tournées d’explication, de sensibilisation et d’écoute dans les régions et districts. A la fin de ces tournées pastorales, le bilan à mi-parcours a eu lieu du 04 au 07 janvier 2017. C’est le lieu de dire Merci aux membres des différentes commissions techniques qui ont permis à l’Organe Transitoire de Gestion d’élaborer des codes d’éthique et de déontologie du corps pastoral, des codes électoral, liturgique et habits sacerdotaux, code des affectations, Composition de l’hymne de la Réconciliation et la Réunification et propositions de nouveau découpage des régions synodales, qui sont étudiées au cours d’une retraite pastorale spéciale du 04 au 07 avril 2017. Merci aux pasteurs membres de l’Organe Transitoire de Gestion (OTG) qui ont suivi l’élaboration de tous ces codes avec l’œil du Maître.
Après ce parcours du combattant l’OTG a organisé un deuxième Synode Général extraordinaire dans le Temple de l’Eglise locale Shalom de Gbéto pour consacrer la fin de son Programme d’Action de par le choix des membres du bureau du nouveau conseil du Synode Général le 30 juin 2017 et l’installation du Président Elu le 02 juillet 2017. Les trois premiers membres élus du Bureau du Conseil du Synode Général sont :

  • Président : Rév Dr Amos Kponjesu HOUNSA
  • Secrétaire Général : Rév Clément AKPAKI
  • Vice-Président : M. David Kpessou DOSSA

Les quatre autres membres sont : Président de l’Union des Femmes Méthodistes Président de l’Union des Jeunes Méthodistes, Président de l’Union des Hommes Méthodistes, Le représentant de l’Eglise dans une Institution de Formation Théologique. Ces quatre membres seront présentés aux prochaines sessions du Synode Général en 2018. Pour permettre à la nouvelle équipe dirigeante de prendre service, le Synode Général a décidé de lui adjoindre les anciens présidents (6) des unions des deux communautés réunifiées.

 

Combien de temps cette division a-t- elle duré, et comment le rapprochement a-t- il été rendu possible ?

Pour aller plus loin :

• Fiche d’Eglise : l’EPMB
•  L’Eglise protestante méthodiste du Bénin réconciliée et réunifiée
• Rencontre avec les membres de l’OTG-EPMB
•  Une nouvelle ère pour l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin

Pasteur Nicodème Alagbada : La division de fait de l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin en deux « communautés ecclésiales » a duré 19 ans (1998-2017). Le rapprochement a été rendu possible par la grâce de Dieu dont l’Esprit Saint n’a pas manqué de travailler dans les cœurs. En effet, très tôt une grande partie des membres de l’Eglise a pris conscience du caractère anti- évangélique et de contre témoignage que revêt cette division issue d’une crise institutionnelle et non doctrinale. Il y a eu 22 médiations de l’intérieur comme de l’extérieur.

Le chef de l’Etat, le Président de la République s’est donné l’obligation d’inviter les responsables membres du bureau du conseil du synode général et de la conférence à la table de négociation le 30 mai 2016. Avec son expertise avérée et après plusieurs réunions avec lui au Palais de la République, il réussit à faire organiser un culte de pardon et de réconciliation en vue de la Paix le 26 juin 2016 dans le temple de Béthanie à Cotonou où le déguerpissement avait eu lieu.

Face au succès qu’a connu l’organisation de ce culte en sa présence et présidé par la Révérende Martine Lawson Zinsou Présidente de l’Eglise Méthodiste du Togo, le Chef de l’Etat a demandé qu’un autre culte ait lieu le 03 juillet 2016 pour proclamer la réconciliation et la Réunification de l’Eglise Protestante Méthodiste en Terre Béninoise sur la base de la signature d’une convention par les membres des deux bureaux du Conseil réunifiés. Cette convention prévoit l’installation d’un Organe Transitoire de Gestion ayant à charge de gérer l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin réconciliée et réunifiée pendant un an et dont la mission fondamentale est d’organiser les élections et l’installation d’une nouvelle équipe dirigeante à la tête de l’Eglise.

Au cours de ce culte transmis en direct du Palais des congrès sur les antennes de l’Office de la Radio et Télévision du Bénin (ORTB), le Chef de l’Etat, Président de la République Patrice TALON disait : «Permettez-moi de vous féliciter … pour cet acte de pardon et de paix que vous venez de poser ce jour et qui vous honore tant. Il honore l’Eglise protestante méthodiste et vous honore individuellement. Il honore la foi chrétienne, la foi monothéiste. Il honore tout simplement la foi, la croyance, la spiritualité, l’église… la religion au sein de la République…Cet acte est pour Dieu la meilleure offrande pour la gloire de son nom et pour la promotion de son église. Pour la République, il fait de vous des artisans exemplaires de la paix et de la construction de l’unité nationale. Soyez en remerciés. Vous venez de donner un bel exemple du citoyen. »
Quelles seront les prochaines étapes ?

Pasteur Nicodème Alagbada, président de l’OTG, juillet 2016, DR

Pasteur Nicodème Alagbada : Au lendemain de la passation de service le 12 juillet 2017, la nouvelle équipe s’est mis au travail. La réorganisation administrative est faite et les tournées de sensibilisation et prise de contact ont eu lieu à travers les 15 régions synodales. Actuellement les unions méthodistes préparent leurs congrès nationaux après l’harmonisation de leurs statuts et Règlements Intérieurs. C’est au cours de ces congrès que les nouveaux membres dirigeants de chacune des unions seront élus après adoption des Règlements Intérieurs. Le prochain Synode Général ordinaire qui sera le Synode Général de l’Unité retrouvée sera organisé du 19 au 25 février 2018 par la grâce de Dieu. Au cours de ce synode général, le nombre des régions synodales pourrait être porté du 15 à 19. Plusieurs commissions se réuniront avant l’organisation de ce synode et différents séminaires et retraite pastorale sont prévus entre novembre et décembre 2017.




Eglise du Bénin : le Défap reçoit le secrétaire général

Début septembre, le secrétaire général de l’Église Protestante Méthodiste du Bénin (EPMB), Zabulon Djarra, était de passage au Défap. L’occasion de faire le point avec le responsable des relations et solidarités internationales, Jean-Luc Blanc, sur les projets en cours et sur la vie ecclésiale.

Partenariats

Stages de formation de pasteurs, envois de volontaires, amélioration des moyens techniques et financiers de la radio locale, Hosannah FM, participation à l’édition du matériel de catéchèse, soutien à l’Université protestante d’Afrique de l’Ouest (UPAO), le partenariat entre le Défap et l’EPMB a de multiples volets.

Si certains projets sont déjà lancés, d’autres sont encore en phase de préparation. C’est le cas notamment pour l’envoi de pasteurs béninois en France. A l’automne 2017, treize pasteurs et encadrants béninois viendront suivre une formation théologique à Paris, avec la collaboration du Défap. « Le but est de faire tomber les barrières culturelles pour faciliter l’intégration », explique Zabulon Djarra.

 


Zabulon Djarra et Jean-Luc Blanc au Défap, septembre 2016, DR

 

Un acteur essentiel dans la réunification de l’EPMB

Rappelons qu’en 1993, une grave crise institutionnelle avait eu pour conséquence la scission de l’Église en deux branches distinctes dont l’une, nommée « EPMB Conférence » avait emporté avec elle des temples, des dispensaires et des écoles. Plusieurs procès ont entrainé des décisions de justice mais aucune n’avait jamais été appliquée. Ce n’est qu’au cours du synode de 2015, que la réunification a été publiquement évoquée pour la première fois, résultat d’un long travail effectué par le secrétaire général de l’EPMB, Zabulon Djarra, et son président, Nicodème Alagbada. « Lorsque nous avons été élus, en 2009, nous avons immédiatement décidé que notre objectif commun et principal allait être de travailler pour que l’Église soit réunifiée avant la fin de nos mandats », explique le pasteur Zabulon Djarra.

Alors que les responsables de l’EPMB n’avaient jamais été soutenus par les autorités béninoises, que ce soit feu le président Matthieu Kérékou ou son successeur, Thomas Boni Yayi, le président nouvellement élu, Patrice Talon, a abondé dans leur sens. « C’était logique, car il a placé son mandat sous le signe de l’État de droit et du respect des institutions. Il a commencé en faisant appliquer les jugements rendus. » En mai 2016, l’EPMB a donc pu récupérer deux temples.

Cinq rencontres bipartites ont ensuite eu lieu, sous l’égide du chef de l’État, qui ont abouti, le 3 juin 2016, à la signature d’une convention et la mise sur pied d’un organe transitoire de gestion, créé pour une durée d’un an.

« Pour nous, la réconciliation devait conduire à un retour à l’institution dont nous avions conservé le nom, à savoir l’Église protestante méthodiste du Bénin. Il ne s’agissait absolument pas de créer une nouvelle Église, explique Zabulon Djarra. Nous avons beaucoup insisté sur l’importance de notre identité. »

« Nous conduisons la période de transition par le biais de l’organe de gestion. En juin 2017, de nouveaux responsables ecclésiaux seront élus – ni le président ni moi-même ne serons candidats – et dès cet instant, la réunification sera accomplie. En politique, comme en milieu ecclésiastique, ceux qui détiennent le pouvoir ont tendance à s’y accrocher. En acceptant de ne pas être éligibles, nous voulons montrer que diriger une Église, c’est être au service des paroissiens. Comme nous le démontre Paul au travers de ses épîtres, être une autorité, c’est être au service des autres ».

 


Zabulon Djarra, septembre 2016, DR

 

« J’aimerais que l’Eglise retrouve à présent sa vocation, qu’elle se mette au service du peuple, et annonce l’Évangile tout en contribuant au développement du Bénin. La réunification est quasiment achevée et pour la majorité des pasteurs et des fidèles, c’est un vrai soulagement. »

 

 




Stage au Bénin : une expérience réussie

La semaine du 4 avril, trente-deux pasteurs se sont retrouvés au Bénin dans le cadre d’un stage CPLR (Communion Protestante Luthéro-Réformée).

Si l’on en croit les participants, chacun, Béninois ou Français, est ressorti de ce stage enrichi et heureux de l’expérience.

 

Déroulement

 

En commençant ce genre de stage, on ne sait jamais si le courant va passer et si un vrai partage pourra avoir lieu. Il suffit de tellement peu pour gâcher la fête… Mais à Porto-Novo, tous les ingrédients d’un stage réussi étaient là et ont pu être combinés de manière à ce que tous puissent vivre intensément ce stage. Stagiaires et animateurs ont mis ensemble leurs moyens, leur bonne humeur et leur énergie pour la réussite de ce séjour.

Outre la dimension théologique du stage, les pasteurs ont pu découvrir le Bénin à la rencontre de la culture et de l’histoire du pays.

 

Le groupe dans une pirogue à Ganvié, DR

Le groupe dans une pirogue à Ganvié, DR

 

Premier arrêt : Ouidah, haut lieu de l’animisme local, le Vaudou, avec le fameux temple des Pythons. Cela a permis aux stagiaires de prendre connaissances des religions traditionnelles béninoises mais aussi de découvrir la route des esclaves, sur laquelle Ouidah se trouve puisque c’est de là que les esclaves embarquaient pour ne jamais revenir. Ce fut l’occasion de relire cette page douloureuse  de notre histoire commune.

 

Deuxième arrêt : le village de Ganvié. Ce lieu a été créé par des gens qui fuyaient l’esclavage et se sont réfugiés sur l’eau, pour avoir de meilleures chances de se défendre.

 

Troisième arrêt : le centre de Songhai. Celui-ci a mis en place un mode de développement intégré, qui démontre que l’on peut produire à des coûts intéressants des produits de qualité et vivre correctement grâce à eux au Bénin. Le centre est également à l’origine d’une école d’agriculture.

La méthode de ce centre a été développée sur plusieurs sites au Bénin.

 

Les 32 participants – 16 Français, 16 Béninois, dont un intervenant français, un béninois, trois animateurs français, trois béninois – ont été logés à l’UPAO (Université Protestante d’Afrique de l’Ouest). Cela leur a permis de rencontrer les professeurs et étudiants. Au-delà du stage, ils ont été plongés dans un univers où ils pouvaient échanger et découvrir le pays.

 

Contenu du stage

 

C’est autour de la question « développement durable et fin du monde » que les intervenants ont été invités à s’exprimer. La question qui se pose derrière cette formulation un peu provocatrice est : comment interpréter ensemble, Européens et Africains, la question du développement durable et Comment l’articuler avec une pensée qui implique que ce n’est pas sur notre monde que l’on fonde le sens de la vie ?

 

Procession durant le culte, DR

Procession durant le culte, DR

 

Outre les interventions de théologiens français et béninois, le président du Secaar (Service Chrétien d’Appui à l’Animation Rurale), venu du Cameroun pour l’occasion, a présenté l’approche mise au point par cet organisme sur le développement durable. La Pasteure Fidèle Gandonou a abordé la question du Féminisme comme moteur du développement ; le responsable de la Diaconie de l’Eglise Méthodiste est venu présenter plusieurs expériences concrètes menées par l’Eglise…

Ces diverses approches se retrouvaient autour d’une analyse de l’inquiétude et de la peur de l’avenir qui habitent nos contemporains qui, justement, vivent avec la crainte que le monde ne dure pas. Car, quand on parle de développement durable, cela sous-entend souvent que l’on craint, justement, qu’il ne le soit pas !

 

Rencontre avec l’Eglise locale

 

Bien entendu, les pasteurs stagiaires ont eu l’occasion de rencontrer l’Eglise locale. Nos pasteurs français disent avoir été agréablement surpris : ils ont eu l’impression de se retrouver chez eux dans cette Eglise à la liturgie si proche des nôtres. Chacun a eu l’occasion de participer activement à l’animation d’un culte dans une paroisse de Porto-Novo ou Cotonou.

Le bilan est donc très positif ; et chacun réfléchit aux suites que pourrait avoir cet échange pour lui donner la chance de porter encore plus de fruits !

 




Stage de pasteurs au Bénin : retour d’expériences

Tous les jours, à partir d’aujourd’hui, retrouvez sur Facebook un témoignage de pasteur actuellement au Bénin.

Photo de groupe, stage CPLR (Bénin), avril 2016

Photo du groupe lors de la séance d’ouverture de la session du stage CPLR (Bénin), avril 2016

Nous vous l’annoncions la semaine dernière, le pasteur Jean-Luc Blanc est au Bénin dans le cadre d’un stage de pasteurs.

Tous les jours, il nous envoie un texte écrit par l’un des participants, racontant son expérience.

Retrouvez-les à cette adresse : https://www.facebook.com/defapmission/notes

 




Le Défap au Bénin : formation des pasteurs et projets en cours

C’est à l’occasion d’un stage de formation des pasteurs français et béninois que le pasteur Jean-Luc Blanc se rend au Bénin vendredi 1er avril. Il en profitera également pour effectuer un tour d’horizon des projets soutenus sur place par le Défap.

Le CPLR (Conseil Permanent Luthéro-Réformé) a mis en place cette formation permanente depuis maintenant une dizaine d’années. Elle organise dans ce cadre, tous les deux ans, un stage à l’étranger pour les pasteurs luthériens et réformés. 2014 fut l’année du Maroc, 2016 sera béninoise. La formation portera sur « le développement durable et la fin du monde ». Cette thématique sera abordée de manière transversale : articulation avec le monde professionnel, rapport à l’utopie que propose les nouveaux modes de pensée liés au développement durable, concept de responsabilité et d’espérance…

 

Jean-Luc Blanc et une envoyée du Défap au Bénin, Ganvié (Bénin), 2015, DR

Jean-Luc Blanc et une envoyée du Défap au Bénin, Ganvié (Bénin), 2015, DR

 

Mais son séjour ne portera pas sur ce seul événement. Il en profitera pour rendre visite à l’envoyé du Défap, Nicolas Fines, sur place pour dix mois. Il n’oubliera pas non plus de prendre des nouvelles des projets ambitieux portés par le Défap au Bénin. Projet avec l’Université Protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO) pour l’envoi d’un professeur de théologie, soutien à la bibliothèque, aide à l’édition d’un manuel de catéchisme dans les langues locales, rencontre avec les responsables de l’université et cerise sur le gâteau, le soutien à la radio de l’Eglise, en coopération avec Alain Meyer, financée par la Cevaa et DM-échange et mission.

 

Rendez-vous au prochain flash info Bénin, la semaine prochaine !




Bénin : le meilleur gagnera-t-il ?

Le premier tour de l’élection présidentielle a été reporté au 6 mars, de façon à ce que le matériel électoral, en retard, soit enfin à disposition des électeurs. En attendant, la campagne continue.

Les Béninois aiment la politique, ils l’ont souvent prouvé et le prouvent encore cette année, avec un bel enjeu pour l’élection présidentielle. Le président sortant, Thomas Boni Yayi, ne pouvant se représenter, la compétition était donc largement ouverte.

Par ailleurs, la plupart des « vieux routiers » de la politique béninoise étant forclos à cause de leur âge, place est faite à de nouveaux noms et, quoi qu’il advienne, au renouvellement de la classe politique.

 

Armureries du Bénin, Source : Wikimedia

Armureries du Bénin, Source : Wikimedia

 

Les candidats

 

En lice, l’actuel Premier ministre Lionel Zinsou, qui fait désormais office de favori toute catégorie. En effet, non seulement il a été adoubé par le président sortant et le parti au pouvoir, les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), mais également par le Parti du renouveau démocratique, dirigé par le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbedji, qui fait figure de principal parti d’opposition. Brillant économiste à la carrière irréprochable, il a contre lui le fait qu’il a passé une grande partie de sa vie en France, loin des réalités de la vie du Bénin. En revanche, son arrivée aux affaires a dû lui permettre de rattraper son retard…

 

Face à lui, Abdoulaye Bio Tchané, deuxième grand favori, ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et actuel président du Fonds africain de garantie. Un économiste, comme Lionel Zinsou. Par ailleurs, trois autres candidats de poids semblent émerger de la quelque trentaine de compétiteurs : les hommes d’affaire Sébastien Ajavon et Patrice Talon et Pascal Irénée Koupaki, ancien Premier ministre de Boni Yayi.


Les attentes des électeurs

 

A priori, les milieux d’affaires semblent donc emporter la préférence des futurs électeurs béninois. Ce n’est pas la première fois. Thomas Boni Yayi lui-même en provient : il était président de la BOAD jusqu’en 2006, date de son premier mandat à la tête du pays. Les attentes de la population étaient d’ailleurs particulièrement fortes en matière de développement. Le grand Nigeria, sur sa lancée vers l’émergence, faisait rêver son petit voisin.

 

Bien qu’étant toujours un pays à faible revenu, le Revenu brut par habitant (RNB) s’est tout de même élevé de 610 à 890 dollars  en une dizaine d’années, un score supérieur à celui des pays de la même catégorie. Avec un taux de croissance entre 5 et 6 % par an depuis 2012 , il se trouve là encore au-dessus de la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne.

 

Il n’en reste pas moins que les défis économiques et sociaux qui s’offrent au futur nouveau chef de l’État sont immenses, à la mesure des attentes de Béninois de plus en plus impatients. Mais comme dit la sagesse béninoise : quelle que soit la longueur de la nuit, le jour viendra !

 

Le Défap est engagé au Bénin sur plusieurs projets, notamment par l’envoi de personnes et un stage de formation de pasteurs qui aura lieu au printemps 2016.