Neuf mois en Tunisie : immersion culturelle et engagement pour une agriculture durable

Depuis neuf mois, Laurent vit une expérience de volontariat en Tunisie au sein de l’association ATAE. Entre engagement associatif, découverte de la culture locale et exploration des paysages tunisiens, il partage ici un aperçu sincère et vivant de son quotidien. Un témoignage qui donne envie de voir la Tunisie autrement.

Un paysage en Tunisie © Laurent

 

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Déjà 9 mois que j’ai rejoint la Tunisie en tant que volontaire de solidarité internationale (VSI) dans une association tunisienne (association tunisienne d’agriculture environnementale, ATAE) qui œuvre pour réhabiliter les sols tunisiens en prônant une agriculture durable et en préservant les écosystèmes naturels.
Lors de mon dernier article, je vous ai parlé de l’association, son accueil particulièrement chaleureux, ses missions et les membres dévoués qui la composent. C’est vrai que nous sommes envoyés pour répondre à un besoin, mais être un VSI ne s’arrête pas uniquement à cela. En effet, l’expérience professionnelle est embellie par l’expérience humaine et culturelle. C’est aussi pour cette raison que nous faisons le choix d’être volontaire, et je n’ai vraiment pas été déçu car ce pays est extraordinaire du point de vue culturel.

Mon quotidien se partage entre mes journées au travail et mon temps libre que j’occupe à découvrir ce pays et les activités qui ne manquent pas !
Tunis est une ville très active sur le plan culturel et il se déroule de nombreux festivals (cinéma, théâtre, musique, …). Ces activités me permettent de mieux appréhender la culture tunisienne.

Étant un amoureux de la nature, je profite souvent de mes week-ends pour découvrir les alentours de Tunis et le meilleur moyen est la randonnée. La Tunisie n’est pas très connue pour ses paysages montagneux, mais plus pour son désert, et c’est vraiment dommage car ils sont vraiment très beaux. La faune et la flore sont très riches, surtout en dehors de la période estivale. Ce paysage est magnifié par des vestiges historiques très bien conservés. Lorsque l’on pense à la Tunisie, la première idée qui nous vient est le site de Carthage, mais il en existe d’autres qui méritent le détour. Pour finir, lorsque l’on parle de culture, il ne faut pas oublier le domaine culinaire. Il est vraiment très varié et très goûteux. Je ne parle pas uniquement du fameux couscous tunisien, mais de la salade méchouia, les bricks, et la liste pourrait être très longue, mais je ne peux pas la finir sans parler des excellentes pâtisseries tunisiennes.

J’espère que je vous ai donné envie de découvrir la région nord de ce pays qui est, hélas, trop souvent oubliée.

Laurent

 

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Laurent : Au cœur de l’agriculture durable en Tunisie

Trois mois après son arrivée en Tunisie en tant que volontaire pour la gestion de projets agricoles au sein de l’association tunisienne d’agriculture environnementale (ATAE), Laurent nous donne de ses nouvelles : son accueil, son intégration, son ressenti.

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« Je suis arrivé en Tunisie le 1er août 2024, après avoir suivi une formation au DEFAP en juillet. Dès le début, j’étais impatient de rejoindre l’association tunisienne d’agriculture environnementale (ATAE) pour ce nouveau poste de « Manager », créé spécifiquement pour renforcer son organisation. Même si je n’avais qu’une fiche de poste succincte, j’étais prêt à me lancer dans cette aventure avec toute la motivation nécessaire.

En août, j’ai eu la chance d’être chaleureusement accueilli par un membre de l’association, qui m’a hébergé pendant que je cherchais mon propre logement. Dès le lendemain de mon arrivée, j’ai rencontré May, une personne exceptionnelle, véritable pilier de l’ATAE. Elle est non seulement la mémoire et l’expertise de l’association dans le domaine de l’agriculture environnementale, mais également la trésorière. Grâce à elle, j’ai rapidement identifié les domaines où je pouvais apporter mon aide et mon expertise.

Mon intégration au sein de l’équipe s’est très bien passée, tout comme mon acclimatation à ce nouvel environnement, malgré la chaleur écrasante des premières semaines ! En tant que « nouveau », j’ai été agréablement surpris par la convivialité et l’ouverture de chacun. Depuis quatre mois, je travaille à structurer des processus pour rendre l’association plus efficace dans ses actions. Bien que je ne sois pas agronome, j’ai adhéré pleinement aux projets de l’ATAE, qui visent à restaurer les terres et à promouvoir une agriculture durable, un enjeu crucial pour la Tunisie, où près de 85 % des sols sont dégradés.

L’ATAE œuvre auprès des petits agriculteurs pour les sensibiliser aux pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, visant une réduction de la consommation d’eau et des intrants tout en produisant un fourrage de meilleure qualité. L’une des qualités majeures de l’ATAE est sa proximité avec les agriculteurs. Dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’opportunité de sortir de Tunis pour accompagner un membre de l’équipe sur le terrain. J’ai pu constater cette écoute et ce dialogue constants avec les agriculteurs, qui font la force de l’association et la rendent si pertinente pour les défis locaux. »

 

Laurent




Laurent : « Un projet qui fait sens pour moi »

Déjà bénévole en France pour la Croix-Rouge, Laurent a décidé de s’engager à l’international. Direction : la Tunisie, où il va être chargé de coordonner plusieurs projets.

Laurent en juillet 2024 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Laurent pour Défap

Jeune retraité et bénévole à la Croix-Rouge depuis trois ans, j’ai souhaité poursuivre mon engagement dans un projet qui fait sens pour moi. Après quelques recherches, j’ai trouvé que le cadre d’un contrat VSI répondait à mes attentes. En effet, je ne souhaitais pas travailler pour une ONG mais donner mon temps comme volontaire. Après avoir envoyé mon CV et ma lettre de motivation au Défap en décembre, celui-ci me contacte à ma grande joie pour me proposer une mission en Tunisie. N’étant pas arrêté sur une destination particulière et pour un travail particulier, j’ai accepté avec plaisir leur proposition.

Après avoir fait des entretiens, la commission a donné un avis favorable à ma candidature. Je suis très heureux de débuter cette nouvelle aventure en Tunisie.

Apporter ma pierre à l’édifice

Mais pour faire quoi ? Très bonne question car même si j’étais ouvert sur le travail à réaliser, je voulais que celui-ci ait un sens pour moi, que je puisse apporter ma pierre à l’édifice. Après des échanges avec l’association à Tunis responsable du projet et le Défap, le contour de la mission se précise. Je vais être en charge de coordonner les projets en cours et dans le futur et faire le lien entre les équipes sur le terrain et le bureau de l’association à Tunis. Le fait que cela soit un nouveau poste afin de répondre à un besoin est une motivation supplémentaire.

Pour l’instant, l’équipe est constituée d’une douzaine de personnes réparties sur différents projets et sur le territoire tunisien. Le bureau est situé à Tunis. Dans le cadre de ma mission je pense que je vais pouvoir voir sur place la mise en application des projets. L’aspect relationnel va être très important pour le bon déroulement de la mission, et cela me plaît bien.

Mais avant de partir, il est nécessaire de se former (obligation réglementaire) même si j’ai eu l’occasion de voyager et travailler dans de nombreux pays. Je le reconnais, au départ j’avais un doute sur l’utilité de cette formation avant le départ, mais quelle erreur ! Les sujets abordés ont été particulièrement intéressants. Les échanges avec le groupe étaient nombreux et enrichissants. Quelle joie d’apprendre à se connaître, d’échanger nos expériences respectives, de manger ensemble (merci à notre extraordinaire cuisinière), cela a été un moment important à vivre avant le départ, comme quoi il ne faut pas s’arrêter à ses premiers ressentis, première leçon et j’en aurai évidement de nombreuses à découvrir en mission.

Laurent




Tijmen : aider à créer une ferme expérimentale en Tunisie

Pourquoi une ferme expérimentale ? Tout simplement pour aider à promouvoir, et faire la démonstration de techniques agricoles destinées à lutter contre l’avancée du désert, et à rendre leur fertilité à des terres rendues stériles par le réchauffement climatique. Un projet mené en lien avec l’association Abel Granier et l’Église Réformée de Tunisie, qui a fait de cette lutte contre la désertification l’un des axes majeurs de son engagement.

Tijmen lors de la session de formation des envoyés du Défap © Défap

 

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Chère communauté du Défap !

J’ai le plaisir de partager avec vous l’aventure que je vais vivre l’année prochaine en Tunisie.

Pour vous donner un peu de contexte, je vis déjà en Tunisie depuis 2 ans, travaillant dans le domaine de l’agriculture.

Une brève description de l’arrière-plan

Il est intéressant de noter que mes études ne sont pas celles d’un agronome ; j’ai étudié le Commerce International et les Langues à Rotterdam, aux Pays-Bas. Pendant mes études j’ai été contacté par une entreprise Hollandaise afin d’effectuer mon stage au Maroc en 2016. Le but du stage était de rédiger un plan de faisabilité déterminant s’il était réaliste, faisable et rentable de démarrer une production d’amandes au Maroc en tant qu’entreprise étrangère. Sans le savoir, cette expérience a contribué à mon cheminement vers la Tunisie et le domaine de l’agriculture.

Après avoir obtenu mon diplôme à Rotterdam et travaillé quelque temps aux Pays-Bas, la même entreprise qui m’avait envoyé au Maroc pour un stage m’a contacté et m’a présenté la possibilité de m’impliquer dans un projet en Tunisie. J’ai vu comment Dieu guidait les choses, ce qui m’a donné une paix profonde pour aller en Tunisie, même s’il n’était pas facile de quitter les Pays-Bas.

Le projet qui m’a été proposé et pour lequel je suis parti en Tunisie en 2021 s’articulait autour de deux axes de travail :

  • D’une part, nous avons constaté que les agriculteurs tunisiens, les collecteurs et les exportateurs de produits agricoles subissent de nombreuses pertes post-récolte, dues à des problèmes de désinfection et de stockage. Cela nous a amené à mettre en place des partenariats avec des entreprises néerlandaises fournissant des solutions post-récolte. Ma responsabilité était d’introduire ces solutions sur le marché tunisien.
  • D’autre part, mon rôle était de développer une initiative axée sur la création d’une ferme polyvalente dans la région nord du pays. La vision de la ferme est de développer des activités agricoles commerciales (qui répondent à des besoins réels dans le contexte tunisien), de créer un espace où des événements peuvent être accueillis (cela inclut l’agrotourisme et les activités liées à l’église) et de créer un écocentre axé sur la recherche de nouvelles méthodes et techniques agricoles pertinentes pour la région. Le projet de ferme est vraiment destiné à être une bénédiction pour la région et pour l’Église en Tunisie.

Tijmen lors de la session de formation des envoyés du Défap © Défap

Le projet : La ferme

Le travail de représentation commerciale a pris une grande partie de mon temps au cours des deux premières années, ce qui a été une expérience d’apprentissage enrichissante. Cependant, je souhaite m’impliquer plus concrètement dans l’initiative agricole (la ferme). C’est ma principale motivation pour la nouvelle année qui débutera en septembre. Grâce au contrat de volontariat, je serai officiellement plus impliquée dans l’initiative agricole de la ferme dans le cadre de mon rôle dans « la gestion du projet ».

Au cours de ces deux dernières années, nous (l’équipe) avons pu affiner notre vision et découvrir les activités agri commerciales les plus pertinentes et les plus compatibles avec le contexte agricole et économique actuel en Tunisie. Nous avons pu progresser dans les préparatifs et sommes maintenant prêts à prendre des mesures concrètes (telles que l’acquisition d’un terrain suivie de l’exécution directe d’activités agricoles). Nous visons acquérir au moins 30ha (nous avons déjà des prospections des terrains disponibles) pour une production caprin (avec trois produits finis : fromage, viande et multiplication des chèvres). Au même temps, nous allons prioriser la reforestation à travers de la plantation des arbres (une grande nécessité en Tunisie), et la mise en place d’une lieu d’accueil.

À présent, nous sommes en train de contacter des personnes, collectifs (tels que les Églises) entreprises et organisations en cherchant des possibilités de financement et partenariat pour avancer dans la mise en place du projet. Est-ce que notre initiative vous interpelle et vous voudriez découvrir des opportunités de soutien / partenariat dans le cadre de l’initiative de la ferme ? N’hésitez pas à contacter le Défap pour se mettre en contact.

Tijmen lors de la session de formation des envoyés du Défap © Défap

Mon chemin personnel

D’un point de vue personnel, je suis ouvert à l’idée de rester plus longtemps dans le pays ; mais à travers les activités et les développements de cette année, j’espère que Dieu me montrera la direction pour les années à venir. Je suis prêt à être surpris.

En outre, j’espère pouvoir me plonger dans l’exécution d’activités agricoles (mettre les mains dans la boue !) – car jusqu’à maintenant j’ai été plus impliqué dans des activités d’étude de marche ou bien activités commerciales. J’aimerais développer une passion pour les activités agricoles dans lesquels je serai impliqué.

Alors, qu’est-ce que cette formation au Défap m’a appris ?

Il a été rafraîchissant de plonger plus profondément dans les structures présentes dans ma façon de réfléchir, qui affectent réellement ma perception de la réalité. La formation, à travers des cours tels que l’anthropologie, la géopolitique et l’interaction multiculturelle, m’a fourni des outils pour réfléchir et évaluer mon propre point de vue et ma perception du contexte, de la culture et des personnes qui m’entoureront en Tunisie.

Même si ces deux dernières années m’ont permis de mieux comprendre le contexte dans lequel je vis, j’ai l’impression de ne toucher que la partie émergée de l’iceberg. J’ai hâte d’approfondir mes connaissances et ma compréhension du contexte dans lequel je vis en développant davantage mes amitiés et mes relations. Je veux être capable d’entrer en relation avec ceux qui m’entourent, de comprendre leur réalité (et, plus important encore, de comprendre la lentille à travers laquelle ils perçoivent la réalité), et pas seulement à la surface des choses.

En conclusion, je suis reconnaissant au Défap (et Mena) de me permettre de prolonger ma présence en Tunisie, et de pouvoir le faire dans le cadre du VSI. Je suis ravi de partager avec vous les nouvelles sur les développements qui sûrement auront lieu !

Pour ceux parmi vous qui nous contacterons pour savoir plus sur le projet, merci et ravi de faire connaissance !




Tunisie : rendre fertiles des terres arides

À l’occasion de la COP 27, nous poursuivons cette semaine notre présentation de projets du Défap liés à la justice climatique et à la sauvegarde de la création. Celui de l’ATAE nous emmène en Tunisie. Cette association, créée en 2011 dans ce pays en lien avec l’association Abel Granier, du nom d’un pasteur qui s’était consacré à la réhabilitation d’une ferme en zone semi-aride, cherche toutes les stratégies possibles pour rendre aux sols leur fertilité et protéger les écosystèmes du pays afin de préserver l’avenir de l’agriculture.

Rendre fertiles des terres délaissées en Tunisie © ATAE

Partenaires du projet :

Église Reformée de Tunisie, Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale (ATAE)

Objectifs :

– Diffusion, partage et accessibilité des savoirs auprès des agriculteurs et propriétaires des fermes
– Sensibilisation aux objectifs de l’agriculture environnementale
– Lutte contre la désertification par des techniques d’exploitation respectueuses des sols

Plantation de barrières écologiques dans la région de Makther : toute la famille participe…
© ATAE

Contexte :

« On ne possédera un domaine très bien cultivé qu’en réunissant le savoir, le pouvoir et le vouloir » a dit Columelle au premier siècle de notre ère. Une citation que s’est appropriée l’Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale (ATAE), qui réunit des agronomes, des chercheurs et des agriculteurs concernés par l’agriculture dite moderne et ses conséquences sur l’environnement, particulièrement sur les sols agricoles et la santé humaine. Cette association cherche toutes les stratégies possibles pour rendre aux sols leur fertilité et protéger les écosystèmes du pays afin de préserver l’avenir de l’agriculture. Elle est directement issue de l’expérience de l’association Abel Granier, qui a innové en intervenant en Tunisie sur les problématiques de désertification. La fertilisation réalisée à l’aide de procédés écologiques est un de ses engagements majeurs. Elle bénéficie du soutien du Défap pour la mise en place d’une ferme pédagogique où pouvoir expérimenter et vivre selon les principes promus par l’association.

L’ATAE met en œuvre une formation pratique et continue pour une agriculture respectant l’environnement, pour la préservation des sols vivants, et pour le bien être des hommes et des femmes. Cette action de formation s’exerce principalement en Tunisie, car c’est l’un des pays les plus exposés actuellement aux risques aggravants de désertification due au réchauffement climatique : une augmentation des températures de 2 degrés sur les dix dernières années a été constatée (Rapport de la FAO – 2010 et mars 2016), avec une perte de 15 000 ha/an par stérilisation progressive des sols.

Utilisation du méteil : récolte de fourrage © ATAE

Les activités de l’ATAE sont centrées principalement aujourd’hui sur des fermes privées de petites ou grandes dimensions situés à l’étage bioclimatique aride et semi-aride, dont les exploitants souhaitent apprendre la gestion des sols de culture et participer à un développement agricole durable et rentable. En effet, l’ATAE aide les agriculteurs à prendre conscience de la situation du sol de leur exploitation par l’examen de la végétation qui pousse à l’état spontanée. Elle lutte pour promouvoir l’établissement des couvertures du sol par des plantes améliorantes (luzerne, sulla, vesce, fenugrec). Il s’agit de restaurer la matière organique, favoriser la réhabilitation des sols dégradés, fragiles, et le maintien de l’humidité en accroissant la capacité des plantes à stocker l’eau.

L’association Abel Granier, et l’ATAE qui en est directement issue, trouvent leur origine dans l’expérience du pasteur Abel Granier qui, de 1953 à 1969, avec le soutien de sa femme Jane Olivès, botaniste formée à la connaissance des plantes méditerranéennes, a réhabilité entièrement une ferme en zone semi-aride en Tunisie.

Depuis l’origine, l’ATAE travaille en collaboration avec les acteurs tunisiens et français du milieu technique et scientifique (université, écoles de formation, associations …). Depuis quelques année l’ATAE accueille des VSI qui, entre autres, permettent de travailler au développement du réseau des agriculteurs participants au programme de ferme pédagogique.

Retrouvez ci-dessous un exemple en vidéo des activités de l’ATAE :
 




Comment le Défap agit pour la justice climatique

Améliorer l’autonomie alimentaire d’une ville, promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement, développer l’énergie solaire, éduquer à la paix et au développement durable : tels sont les objectifs de quelques-uns des projets soutenus par le Défap, qui a placé la sauvegarde de la création parmi ses priorités pour les années 2021-2025.

Parmi les trois grands axes de travail que s’est fixé le Défap dans son programme « Convictions et actions – 2021-2025 » figure la sauvegarde de la création : le Défap veut ainsi « s’engager pour la justice, le respect de la création et la dignité humaine ». Des préoccupations souvent intimement liées, et que résume bien le concept de « justice climatique », puisque les atteintes au climat se traduisent bien souvent par la perte de moyens de subsistance, par des destructions d’habitats, par des conditions de vie considérablement plus difficiles pour les habitants des pays les plus pauvres.

En janvier 2022, le Conseil du Défap a décidé de formaliser ces engagements en se lançant dans une démarche de réduction de son empreinte écologique. Elle doit se traduire par la mise en place d’un tableau de bord des dépenses en carbone, tenu par le Secrétariat général, et par une étude au sein de la Commission des Projets des pistes concrètes de compensation carbone au sein de son réseau. Si cette démarche est encore en cours, elle vient surtout souligner le fait que le Défap est déjà, depuis de nombreuses années, engagé dans des projets à forte teneur environnementale. Pour une raison simple : étant en lien avec de nombreuses Églises du Sud, notamment en Afrique, l’un des continents les plus menacés par le réchauffement climatique, le Défap a été appelé à aider des partenaires déjà directement confrontés aux effets de ce changement. C’était le cas du partenariat établi avec l’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Érosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, qui depuis plus de trente ans intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Le Défap a aussi eu régulièrement des envoyés au sein du projet Beer Shéba à Fatick, au Sénégal, centré sur l’agro-foresterie durable. En cette année 2022, nombre de ses partenariats ou des projets qu’il soutient comportent un aspect directement lié à ces questions environnementales :

Le Défap, membre fondateur du Secaar

 

La formation et la valorisation des compétences au service du développement intégral, marque distinctive du Secaar

Le Défap est un des membres fondateurs du Secaar, (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays. Le Secaar cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). Des priorités et des axes de travail qui trouvent de forts échos aujourd’hui dans toute la réflexion développée au sein des Églises sur la justice climatique.

République centrafricaine : Des jardins pour nourrir Bangui

Rodolphe Gozegba au travail avec les membres de l’association A9 © A9

En République centrafricaine, la guerre et les défaillances de l’État entretiennent pauvreté et famine. Alors que plus de 70% de la population dépend de l’agriculture pour sa subsistance, la violence des groupes armés, contre lesquels les autorités sont impuissantes, a contraint en cours d’année la plupart des paysans à abandonner leurs champs. La situation est encore plus difficile à Bangui, qui dépend pour son approvisionnement de quelques routes, dont la principale a été coupée plusieurs semaines début 2021 par une offensive rebelle.

Pour favoriser l’autonomie alimentaire de Bangui, l’association A9, portée par un ancien boursier du Défap, Rodolphe Gozegba, a lancé un projet de culture de lopins de terre inexploités dans la capitale. Pour cela, A9 distribue graines, outils, et assure un suivi des participants : 400 familles du 6ème arrondissement, avec des résultats déjà très encourageants.

Si le projet est né dans un contexte d’insécurité persistante du pays et de menaces sur l’approvisionnement de Bangui par des groupes armés, les solutions mises en œuvre par Rodolphe Gozegba et l’association A9 rejoignent les réflexions de nombreux urbanistes qui, face aux défis des changements climatiques en cours, s’interrogent sur les moyens de rendre les villes moins dépendantes des campagnes sur le plan alimentaire, en développant une véritable agriculture urbaine.

Tunisie : Promouvoir l’agriculture environnementale

Rendre fertiles des terres délaissées en Tunisie © ATAE

La Tunisie est l’un des pays les plus exposés au risque de désertification, le réchauffement climatique étant aggravé par des techniques agricoles inadaptées, avec une perte de 15 000 ha/an de terres cultivables. Pour rendre leur fertilité à des terres apparemment perdues, l’Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale (ATAE) propose à un réseau d’agriculteurs des formations pratiques sur des procédés écologiques de fertilisation et de culture. Elle est directement issue de l’expérience de l’association Abel Granier, pionnière en la matière : le pasteur Abel Granier avait été le premier à réhabiliter entièrement une ferme en zone semi-aride. Aujourd’hui, l’ATAE a mis en place un programme de ferme pédagogique, pour permettre aux agriculteurs de son réseau et ayant suivi ses formations de vivre et travailler selon ces principes.

Djibouti : Une formation pour développer l’énergie solaire

Panneaux solaires installés par l’EPED à Djibouti © EPED

À Djibouti, l’accès à l’énergie est un problème majeur : le pays doit accroître sa production d’électricité pour se développer, mais il est très dépendant des importations de combustibles fossiles, dont les prix explosent. Dans un programme de développement à long terme connu sous le nom de « Vision 2035 », il prévoit de parvenir à l’autonomie énergétique en visant un objectif de 100% de sources d’énergie renouvelables – notamment solaire. Encore faut-il former des techniciens, qui pour l’heure manquent cruellement, pour installer et entretenir les panneaux solaires. C’est ce que propose le centre de formation de l’EPED, l’Église protestante de Djibouti. Il dispose du matériel nécessaire, et a déjà développé une expertise dans l’encadrement et la formation pratique de jeunes actifs grâce à l’expérience du « chantier-école » mise en place lors de la réhabilitation du temple de Djibouti.

Burundi : Éduquer à la paix et au développement durable

Enfant au Burundi © Maxpixel.net

Des décennies de conflits et de guerres interethniques ont laissé des traces durables. En dépit de l’Accord de paix et de réconciliation signé en août 2000 à Arusha, les graines de violence demeurent et la méfiance entre communautés empêche de développer le pays, où l’insécurité alimentaire reste chronique.

Le MIR France (Mouvement International de la Réconciliation), avec l’aide du Défap, soutient à Kibati un projet de ferme-école qui vise tout à la fois à éduquer la population, principalement les jeunes, à résoudre les conflits par le dialogue au lieu de recourir à la violence et aux armes, et à augmenter la production en agro-élevage écologique et le revenu des agriculteurs, à travers des coopératives agro-pastorales. Ce projet est mené en association avec l’Église Baptiste de Kibati, qui le supervise au niveau local.

République Démocratique du Congo : Santé communautaire au Kivu

Vue de Bukavu © MONUSCO/Abel Kavanagh

Le Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a connu des périodes de guerre successives. Les populations appauvries luttent à la fois contre la malnutrition et contre une prolifération des maladies chroniques et épidémiques telles que le paludisme, le choléra ou la fièvre typhoïde.

L’ULPGL (Université Libre du Pays des Grands Lacs) veut promouvoir l’usage des plantes, à la fois pour leur usage dans l’alimentation, mais aussi pour leurs vertus médicinales. Son centre de recherche, dépendant de la faculté de Santé et Développement communautaires, a lancé un jardin pilote de 80 espèces de plantes médicinales et alimentaires. Le projet, mené en étroite collaboration avec la population locale de Bukavu, s’étend de la recherche des espèces végétales utilisables, à la diffusion de médicaments destinés à la population.