Isabelle Gerber, nouvelle présidente de l’EPCAAL

Avant l’EPRAL, où l’élection est prévue courant juin, l’EPCAAL change de présidence : la pasteure Isabelle Gerber a été élue à la tête du Directoire de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine le samedi 4 mai 2024. Cette élection d’une femme est une première pour cette Église depuis sa création en 1802. L’Église luthérienne et l’Église réformée d’Alsace et de Moselle, l’EPCAAL et l’EPRAL, forment toutes deux l’UEPAL, l’une des trois unions d’Églises membres du Défap.

La pasteure Isabelle Gerber a été élue à la tête du Directoire de l’EPCAAL le 4 mai 2024 © UEPAL

Isabelle Gerber est pasteure depuis 1995 et inspectrice ecclésiastique de Bouxwiller depuis 2012, ministère complété par un temps dédié à la jeunesse en Église. De 2001 à 2012, elle a été Secrétaire générale des Équipes Unionistes Luthériennes (EUL), et a notamment été à l’origine du rassemblement jeunesse de l’UEPAL « La Parole est dans le pré ». C’est cette femme de 55 ans, mariée et mère de deux enfants, qui a été élue le samedi 4 mai à huis clos à la présidence du Consistoire de l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (l’EPCAAL).

Isabelle Gerber a été élue à la majorité absolue au 2ème tour où il n’y avait plus que deux candidates : Esther Lenz, inspectrice ecclésiastique de Wissembourg, et elle. Parmi ses orientations stratégiques de campagne figuraient entre autres la jeunesse et l’écologie. Elle avait insisté sur la nécessité de « simplifier le mode décisionnel, le partage des ressources au niveau sectoriel ou consistorial », et de « prendre soin des conditions d’exercice de nos ministres ». Elle avait aussi souligné l’urgent besoin aujourd’hui de « faire monde commun », dans une époque où « chacun reste dans sa sphère d’appartenance, culturelle, religieuse, sociale », alors que « partager une visée commune est pourtant la clé de l’engagement et l’intérêt porté à l’autre le prérequis du vivre ensemble ». Lors du débat organisé le vendredi 19 avril, au temple Neuf à Strasbourg, entre les trois candidats à la présidence de l’EPCAAL, elle avait aussi rappelé la place privilégiée de l’Église luthérienne entre les catholiques et les réformés. Elle avait également défendu l’accueil inconditionnel au cœur de l’évangile, aussi pour les croyants de communautés différentes, en parlant de l’accueil de personnes LGBTQI+.

« Une main tendue » aux trois candidats concurrents

Isabelle Gerber devant le Consistoire supérieur de l’Église luthérienne, le 4 mai à Strasbourg © UEPAL

C’est la première fois, depuis sa création en 1802, qu’une femme est choisie pour présider l’EPCAAL. Interrogée sur RCF, Isabelle Gerber a vu dans son élection un « beau et grand signal pour dire qu’il n’y a aucune raison d’exclure les femmes d’aucun poste et d’aucune responsabilités. Ce n’est qu’un début. D’autres feront de même. » Sitôt élue, elle a offert « une main tendue » aux trois candidats concurrents, n’excluant pas de travailler avec eux par la suite, et sentant le besoin d’œuvrer avec d’autres pour « ne pas tourner en rond ».

Elle prendra officiellement ses fonctions le 1er septembre avec un culte d’envoi le 8 septembre. D’ici là, le résultat du vote doit obtenir l’aval du Premier Ministre en vue de la nomination de la nouvelle élue comme présidente du Directoire. Entretemps, Isabelle Gerber termine son ministère d’inspectrice ecclésiastique de Bouxwiller, où Élisabeth Mutz lui succèdera le 7 juillet.

Une élection pour renouveler la présidence de l’UEPAL à l’automne

L’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL), qui vient d’élire Isabelle Gerber, constitue avec l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine (EPRAL) l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL). L’UEPAL, dont la présidence ne peut être assurée que par les présidents de l’Église luthérienne ou de l’Église réformée, a encore a sa tête pour quelques mois Christian Albecker, l’ancien président de l’EPCAAL. Le renouvellement de la présidence de l’UEPAL aura lieu lors d’une élection organisée au niveau du Conseil plénier le 24 septembre, après l’élection du nouveau président ou de la nouvelle présidente de l’EPRAL en juin.

L’UEPAL est elle-même l’une des trois unions d’Églises membres du Défap, avec l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) et l’Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France (Unepref).

Isabelle Gerber et Christian Albecker © UEPAL



Ulrich Rusen-Weinhold nouveau secrétaire général de la CEPPLE

Lors de son Assemblée générale 2022 qui s’est tenue à Riesi (Italie), la Conférence des Églises protestantes des pays latins d’Europe a élu le 20 octobre le pasteur vaudois Gianni Genre comme président et le pasteur français Ulrich Weinhold comme secrétaire général.

De gauche à droite : l’Italien Gianni Genre, nouveau président de la CEPPLE, et le Français Ulrich Weinhold, nouveau secrétaire général © CEPPLE

Ulrich Rusen-Weinhold, responsable des relations internationales de l’EPUdF, vient d’être élu secrétaire général de la CEPPLE durant leur assemblée générale du mois d’octobre. Il travaillera en collaboration avec le nouveau président de la CEPPLE, Gianni Genre, pasteur des Églises vaudoises de Perrero-Massello et Villasecca.

Les membres de l’AG d’octobre 2022 de la CEPPLE © CEPPLE

La Conférence des Églises protestantes des pays latins d’Europe (CEPPLE) se compose de 19 Églises et fédérations protestantes en France, Belgique, Espagne, Italie, Portugal et Suisse. Elle a été fondée le 1er février 1950, lors d’une conférence appelée par le pasteur Marc Boegner, à l’initiative du Révérend Macky du département de reconstruction des Églises du Conseil œcuménique des Églises. Elle avait alors pour principal objectif de manifester la solidarité avec les Églises espagnoles face au pouvoir franquiste. Aujourd’hui, elle apporte un soutien aux Églises en situation de minorité. En 2014, lors de son AG de Malaga, la CEPPLE est devenue le 4ème groupe régional de la Communion d’Églises protestantes en Europe (CEPE). Depuis, les activités de la CEPPLE se formalisent autour de 4 pôles :

  • les échanges catéchétiques
  • la formation théologique
  • le rôle des Églises du sud face à la migration
  • la réflexion et la mutualisation des ressources en matière de présence des Églises dans les médias et le web

La CEPPLE compte parmi elle deux Églises membres du Défap : l’Église Protestante Unie de France (EPUDF) et l’Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France (UNEPREF).

Retrouvez les retours des membres de la CEPPLE de l’Assemblée générale 2022 :

 




Un nouveau président pour l’EPRAL

Le pasteur Pierre Magne de la Croix a été élu en cette fin septembre président du Conseil synodal de l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine, l’une des deux Églises constitutives de l’UEPAL, qui fait partie des trois unions d’Églises membres du Défap. Il termine le mandat de Christian Krieger, désormais président de la Fédération protestante de France.

Le nouveau Conseil synodal de l’EPRAL. De gauche à droite : Magali Grunnagel, Céline Sauvage, Pierre Magne de la Croix, Martine Kapp et Jean-Gustave Hentz © UEPAL

Depuis 2012, le pasteur Christian Krieger était régulièrement réélu tous les trois ans à la présidence de l’EPRAL, l’Église protestante réformée d’Alsace-Lorraine (en réalité l’Alsace-Moselle). Mais, désormais président de la Fédération protestante de France, il a laissé la place vacante pour les deux dernières années de son quatrième mandat. D’où la tenue, en cette fin du mois de septembre 2022, d’un synode électif à l’EPRAL pour lui trouver un successeur.

Deux candidats briguaient cette présidence : Pierre Magne de la Croix, en poste à la paroisse du Bouclier à Strasbourg, et Céline Sauvage, pasteure à Illzach, dans l’agglomération mulhousienne. C’est le premier qui a été choisi le 24 septembre par le Conseil synodal, l’organe exécutif de l’EPRAL, pour poursuivre jusqu’à son terme, en 2024, le mandat entamé par Christian Krieger. Quant à Céline Sauvage, qui faisait déjà partie du Conseil synodal depuis 2021, elle en reste membre.

À l’issue de ce synode électif, le Conseil synodal de l’EPRAL voit sa composition évoluer de la manière suivante :

  • Pierre Magne de la Croix est élu président
  • Jean-Gustave Hentz, vice-président, élu en septembre 2021, reste membre
  • Céline Sauvage reste membre
  • Martine Kapp est élue à la place de Pierre Magne de la Croix, démissionnaire
  • Magali Grunnagel est élue à la place de Jonathan Fabry, démissionnaire

Les priorités affichées du nouveau président de l’EPRAL

Le nouveau président de l’EPRAL était pasteur au Bouclier depuis septembre 2007. Il a vécu toute son enfance dans la vallée de la Thur, dans le Haut-Rhin, puis à Aix-en-Provence. Marqué par le scoutisme unioniste et la paroisse ERF d’Aix, il a fait ses études de théologie à l’Institut Protestant de Théologie de Paris et Montpellier, à l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem, et enfin à l’Université d’Heidelberg. Ministre de l’Église Réformée de France, avant la création de l’EPUdF en 2013, il a été pasteur à Nancy (dominante jeunesse, étudiants, formation), à Castres (dominante jeunesse, aumônerie de l’hôpital, relations avec la cité), intérimaire deux ans à Montbéliard avant d’arriver au Bouclier.

En annonçant sa candidature, il avait mis en avant trois priorités s’il devait être élu :

  • Une attention et une présence soutenues à la paroisse, échelon local de l’Église, et aux pasteurs. « Une de mes préoccupations, indiquait-il notamment, sera la baisse annoncée des pasteurs suite aux nombreux départs en retraite. Un autre sujet est la fragilisation du tissu paroissial. J’aurais à cœur de visiter, d’accompagner les paroisses, leurs différents modèles, leurs évolutions pour les aider à préparer leur vie et leur témoignage pour les années prochaines. »
  • « Le souci de faire vivre et évoluer nos institutions » , en soulignant : « Nos cultes statutaires d’Alsace-Moselle sont une chance et une reconnaissance de la place de notre protestantisme mais sont pour nous des structures à faire vivre et évoluer ».
  • Une responsabilité dans la participation au débat public : « Nous sommes en Alsace-Moselle, soulignait Pierre Magne de la Croix, parmi les représentants et les acteurs d’une laïcité ouverte qui se vit de manière forte au cœur de l’Europe : à ce titre, nos contributions aux débats publics sont attendues et écoutées ».

L’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine (EPRAL) dont Pierre Magne de la Croix assure désormais la présidence constitue, avec l’Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (EPCAAL,) l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL). L’UEPAL est elle-même l’une des trois unions d’Églises membres du Défap, avec l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) et l’Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France (Unepref).




Défap et CPLR : une relation au service de la mission

Si le Défap est spécialisé dans les échanges et les rencontres entre Églises du Nord et du Sud, dans quel cadre a pu s’organiser le stage interculturel qui rassemble 24 pasteurs de France et du Togo dans la chapelle du 102 boulevard Arago ? Quelles sont les relations qui unissent Défap et CPLR ? Petit retour historique sur des liens qui ne datent pas d’hier…

Franck Agbi Awume, professeur en Nouveau Testament à la Faculté d’Atakpamé, au Togo, intervenant lors de la session retour de l’échange interculturel France-Togo organisé par la CPLR et le Défap © Défap

Dans le paysage institutionnel complexe du protestantisme français et européen, la CPLR (Communion protestante luthéro-réformée) occupe une place particulière. Elle marque la volonté de rapprochement entre les différentes Églises protestantes de France – une volonté exprimée fortement dans toute la période qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale, et qui s’était marquée dès les années 60 par une première tentative d’union institutionnelle, alors avortée (Esquisse pour une Église évangélique unie). Il est vrai que, si les Églises luthériennes et réformées sont issues de deux mouvements de réforme distincts, les antagonismes et les rivalités du XVIème siècle se sont très largement émoussés au fil du temps, des rapprochements se sont produits – et le traumatisme de la Deuxième Guerre mondiale a encore accentué ce mouvement en poussant les Églises à s’interroger sur ce qui les rapprochait face à la possibilité d’un État totalitaire, c’est-à-dire susceptible de phagocyter jusqu’à la fonction même des Églises.

Des « Quatre bureaux » au CPLR

Même si elle n’avait pu aboutir, cette première tentative d’union dans les années 60, qui préfigurait déjà la double création de l’UEPAL et de l’Église protestante unie de France, avait débouché sur la constitution d’une instance de dialogue dite « des Quatre bureaux ». C’est cette instance qui, en 1972, devait devenir le CPLR : le Conseil Permanent Luthéro-Réformé, réunissant quatre Églises protestantes de France, à savoir l’ERF (Église réformée de France), l’EELF (Église évangélique luthérienne de France), l’EPCAAL (Église protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine) et l’EPRAL (l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine). Ce rapprochement s’inscrivait alors dans une dynamique européenne qui devait se traduire par la signature en 1970 de la Concorde de Leuenberg, texte d’accord théologique reprenant les grandes questions des sacrements(Baptême et Cène) et des ministères. Une signature qui permettait la création, le 16 mars 1973, de la CEPE (Communion d’Églises protestantes en Europe), réunissant les Églises luthériennes e réformées d’Europe sous le nom de Communion ecclésiale de Leuenberg. La CEPE compte aujourd’hui 105 Églises membres.

Au sein du Conseil Permanent Luthéro-réformé, chaque Église gardait son autonomie institutionnelle, et le CPLR était chargé d’une tâche de coordination sur divers grands dossiers : la formation et l’échange des ministres, la catéchèse, la mission, les délégations internationales, certaines questions théologiques et pastorales. Au fil du temps, les rapprochements se sont accentués entre luthériens et réformés : l’EPCAAL et l’EPRAL ont formé l’UEPAL en 2006, l’ERF et l’EELF ont formé l’Église Protestante unie en 2013. Le CPLR est devenu la CPLR en 2007 (Communion protestante luthéro-réformée), tout en conservant son rôle de coordination. Il est vrai qu’en dépit des rapprochements opérés entre luthériens et réformés à la fois en Alsace-Moselle et dans la « France de l’intérieur », il reste encore un obstacle institutionnel très difficilement franchissable pour permettre une union nationale : la différence des statuts juridiques entre Églises héritée du Concordat. La loi de séparation de l’Église et de l’État votée en 1905 ne s’applique pas dans les départements du Bas Rhin, du Haut Rhin et de la Moselle, où les Églises sont reconnues par les institutions publiques qui financent les traitements des pasteurs et l’entretien des bâtiments. Le rapprochement des protestants de France est donc toujours un processus en cours, et la CPLR et les différentes personnalités qui ont été amenées à la présider y jouent un rôle : avant Joël Dautheville (qui avant de présider le Défap, a présidé la CPLR) et son prédécesseur, Geoffroy Goetz, la CPLR avait ainsi eu à sa tête François Clavairoly, devenu par la suite président de la Fédération Protestante de France.

Les liens CPLR – Défap

Les domaines d’intervention de la CPLR (formation, mission…) ont poussé à des rapprochements avec le Défap, service missionnaire des Églises luthéro-réformées (même si l’une des Églises membres du Défap, l’UNEPREF, n’a pas de liens avec la CPLR). Si la formation initiale des pasteurs est assurée par la faculté de Strasbourg en Alsace-Moselle, et par l’Institut Protestant de Théologie pour la « France de l’intérieur », la formation permanente, élément essentiel de la vie des pasteurs, est gérée depuis longtemps en commun grâce à la CPLR. Pour le Défap, il s’agissait de promouvoir les thèmes de la missiologie et les préoccupations liées à la mission dans le cadre de cette formation continue. Après diverses expériences d’échanges de pasteurs (par exemple, un pasteur français pouvait partir un mois au sein d’une Église béninoise, et en retour, un pasteur béninois pouvait venir en France), expériences qui se heurtaient souvent à la difficulté de rendre les pasteurs disponibles durant une période aussi longue, le Défap a décidé de s’insérer dans les stages de formation de la CPLR. Avec l’idée d’organiser tous les deux ans un stage en commun Défap-CPLR, le Défap s’occupant de l’animation internationale. C’est ainsi qu’ont été mis sur pied des stages au Sénégal, au Cameroun, au Maroc, au Togo…

Concrètement, le stage qui se déroule en ce moment au 102 boulevard Arago, à Paris, et axé sur les miracles et guérisons, a été organisé par la CPLR, en lien avec les Églises de France et l’EEPT (Église Évangélique Presbytérienne du Togo) ; il a été facilité par le Défap, qui assure les liens entre Églises côté français, et assure aussi les liens Nord-Sud entre partenaires.