Hope 360 : et vous, comment soutiendrez-vous le projet du Défap ?

Que vous soyez à pied, à vélo ou à trottinette, seul ou en équipe, vous pouvez dès à présent vous engager en faveur du projet soutenu par le Défap pour la deuxième édition de Hope 360. Cette course solidaire et connectée mise en place par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, rassemble une douzaine d’associations et autant de projets à promouvoir… Le Défap a déjà lancé son propre défi connecté, en équipe à travers Paris, et les soutiens arrivent… Relevez le défi avec nous !

À gauche, l’équipe du Défap dans les rues de Paris ; à droite, Christophe arrivant à la réunion d’information d’Asah à vélo © Défap

Pas besoin d’être un grand sportif, un amateur de records, pour participer à Hope 360 : de la bonne volonté, de la bonne humeur, de l’imagination et l’envie d’aider, voilà les seuls ingrédients indispensables. Hope 360, c’est un rendez-vous à la fois sportif, ludique et solidaire. Le concept est simple : il s’agit de courir afin de récolter des fonds pour soutenir un projet. Ce rendez-vous est organisé par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale. Parmi les membres de cette plateforme, on trouve des organismes comme Adra, Medair, A Rocha, Portes Ouvertes ou le Défap : des représentants de toutes les facettes de l’engagement humanitaire chrétien.

Asah avait déjà mis en place un premier rendez-vous «Hope 360» en 2019 à Valence, au cours duquel les membres du collectif avaient eu l’occasion de promouvoir chacun un projet à l’occasion d’une course solidaire ; pour cette édition 2021, contexte sanitaire oblige, les organisateurs ont imaginé des manières virtuelles de créer du lien entre les participants, les «hopeurs», avant le rendez-vous en «présentiel» d’octobre à Valence. Ainsi, la course prévue le 9 octobre au Parc de l’Épervière est précédée d’une période de «défis connectés» pendant laquelle vous pouvez, à distance, seul ou en équipe, commencer déjà à soutenir le projet de votre choix. Avec un double objectif : accumuler le maximum de kilomètres pour le projet que vous aurez choisi ; et parvenir, tous défis confondus, à un total de 40.000 km – soit le tour de la Terre !

On peut participer de partout

Pour le Défap, le coup d’envoi a été donné le samedi 12 juin, avec un parcours de 8 km à travers la capitale, à la découverte du «Paris protestant», qui a réuni une douzaine de membres, à pied, à vélo et même… en poussette. Nom de code de cette première équipe de «hopeurs» : Défapieds ! Les soutiens à distance commencent à se manifester : jeudi 17 juin, du côté cette fois de Valence, Christophe (à droite sur la photo d’ouverture) a commencé à accumuler les kilomètres pour le projet du Défap en venant à vélo à la réunion d’information d’Asah… Fabrice s’est pour sa part inscrit pour un défi individuel de 50 km…

D’une situation complexe est ainsi née une solution qui se veut pérenne dans les années à venir. Grâce à ce concept de course connectée, il est même possible de mobiliser les bonnes volontés hors de France, où les volontaires engagés sur des projets ou des partenaires peuvent manifester leur solidarité en courant. Le défi est de taille : entre le 3 juin, date de lancement officielle des inscriptions, et le 9 octobre, les «hopeurs» inscrits visent à atteindre les 40.000 km parcourus, tous défis et tous moyens de transport non motorisés confondus – soit le tour de la terre !

L’équipe du Défap dans les rues de Paris, lors de son parcours connecté du 12 juin © Défap

Pour cela, il faut théoriquement une appli de sport pour enregistrer les performances réalisées et les transmettre à l’équipe de Hope 360. Si vous ne disposez pas d’une telle appli, le site de Hope 360 (https://hope360.events/) permettra prochainement d’en télécharger une. Et si vous ne voulez ou pouvez pas procéder à ce téléchargement, une procédure alternative sera prochainement mise en place pour permettre malgré tout de comptabiliser les kilomètres réalisés en courant, en marchant ou en roulant pour porter tel ou tel projet.

Toutes les explications se trouvent ici :

Alors, venez participer avec nous ! Inscrivez-vous pour la deuxième édition de Hope 360 ; et vous pouvez aussi donner directement pour soutenir le projet du Défap : des micro-crédits à Bukavu, en République Démocratique du Congo, destinés à des femmes qui, par de petites activités commerciales, s’efforcent de faire vivre leur famille au quotidien.




Hope 360 : le Défap lance son défi connecté

Dans le cadre de la deuxième édition de Hope 360, course solidaire et connectée mise sur pied par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, le Défap se lance ce week-end un premier défi en équipe. L’objectif d’ici octobre est de comptabiliser… 40.000 km parcourus, tous défis confondus, soit le tour de la terre ! Relevez le défi avec nous !

L’équipe du Défap lors de l’édition 2019 de Hope 360 à Valence © Défap

Le Défap se mobilise dès ce week-end pour la première étape de l’édition 2021 de Hope 360. Le rendez-vous principal est prévu le 9 octobre à Valence, au parc de l’Épervière – jour durant lequel tous les coureurs inscrits, en individuel ou en équipe, pourront participer ensemble, à pied, à vélo ou dans tout autre véhicule non motorisé de leur choix, aux diverses courses proposées ; mais d’ici là, il est déjà possible de se lancer des défis à l’occasion de la course connectée.

Course connectée : kézako ? C’est tout simplement un concept né des contraintes sanitaires ; et de la créativité nécessaire pour surmonter ces contraintes est née l’idée de permettre à chacun de courir dans le lieu de son choix, et d’accumuler des kilomètres pour le projet qu’il veut soutenir, avant même le rendez-vous du 9 octobre. Du coup, c’est un tout nouveau concept qui est né : non seulement les «hopeurs» pourront participer à une course en commun à Valence, mais il sera aussi possible de mobiliser les bonnes volontés à distance – y compris hors de France, où même les volontaires engagés sur des projets ou des partenaires pourront manifester leur solidarité en courant. Le défi est de taille : entre le 3 juin, date de lancement officielle des inscriptions, et le 9 octobre, les «hopeurs» inscrits visent à atteindre les 40.000 km parcourus, tous défis et tous moyens de transport non motorisés confondus – soit le tour de la terre !

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Pour cela, il faudra théoriquement une appli de sport pour enregistrer les performances réalisées et les transmettre à l’équipe de Hope 360. Si vous ne disposez pas d’une telle appli, le site de Hope 360 (https://hope360.events/) permettra prochainement d’en télécharger une. Et si vous ne voulez ou pouvez pas procéder à ce téléchargement, une procédure alternative sera prochainement mise en place pour permettre malgré tout de comptabiliser les kilomètres réalisés en courant, en marchant ou en roulant pour porter tel ou tel projet.

Toutes les explications se trouvent ici :

En attendant que l’infrastructure soit pleinement opérationnelle, le Défap a décidé de se lancer en avant-première un premier défi : ce samedi 12 juin, à partir de 17h30, une équipe d’une dizaine de membres va effectuer un parcours d’un peu plus de 8 km à travers Paris. Il reprendra en bonne partie les étapes du «Paris protestant» (voir la carte de ce parcours sur le site du Musée du protestantisme), adapté pour l’occasion, avec les étapes suivantes :

  • départ du siège du Défap, au 102 boulevard Arago, dans le XIVème arrondissement de Paris, samedi à 17h30 ;
  • rue Saint Jacques ;
  • rue de Cluny ;
  • boulevard Saint Germain ;
  • le Pont des Arts (via rue de l’Abbaye, rue Jacob, rue Visconti) ;
  • le Louvre ;
  • rue de l’Amiral de Coligny ;
  • rue de Rivoli ;
  • retour par le Pont Neuf ;
  • rue Dauphine ;
  • jardin du Luxembourg ;
  • et arrivée au 102 boulevard Arago.

Tout au long de l’été, il sera ainsi possible de vous inscrire, où que vous soyez, individuellement ou en équipe, pour soutenir le projet de votre choix. Et d’accumuler les kilomètres avant le rendez-vous d’octobre… Alors, venez participer avec nous ! Inscrivez-vous pour la deuxième édition de Hope 360 ; et vous pouvez aussi donner directement pour soutenir le projet du Défap.




Goma : les réfugiés reviennent, les menaces demeurent

Alors que les risques d’une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo ne sont pas écartés, beaucoup des 400.000 évacués de Goma commencent à revenir sur place : dispersés dans les localités avoisinantes à la suite de l’ordre d’évacuation du 26 mai, ils se sont retrouvés sans la moindre aide et sans nourriture.

Vue de la coulée de lave du Nyiragongo © Robert Bahizire Byamungu pour Défap

Deux semaines après l’éruption du volcan Nyiragongo, survenue le 22 mai dernier, l’aéroport international de Goma a rouvert pour accueillir le Premier ministre Jean-Michel Sama, venu «apporter un message de soutien». Environ 400.000 habitants, sur les 600.000 que compte la capitale provinciale du Nord-Kivu, avaient dû quitter les lieux en urgence ; un ordre d’évacuation avait été donné par les autorités locales, alors que l’éruption, survenue sans signe avant-coureur, avait provoqué la mort de trente-deux personnes, soit calcinées par la lave, soit asphyxiées, et laissait craindre des suites plus meurtrières encore. Des failles repérées après l’éruption avaient laissé supposer la présence d’une poche de magma sous la ville même, ainsi que sous le lac Kivu voisin ; or ce lac contenant de grandes quantités de gaz piégé dans ses profondeurs, notamment de dioxyde de carbone, une éruption sous le Kivu aurait pu se traduire par le dégagement de grandes quantités de gaz, susceptibles d’asphyxier toute vie au voisinage du lac.

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Depuis lors, des centaines de milliers de personnes évacuées restent dispersées dans les localités avoisinantes et des familles sont toujours séparées dans toute la région. Mais les conditions de vie de ces déplacés, qui ne disposent d’aucune aide, ni sur le plan alimentaire, ni sur le plan sanitaire, et pas davantage du moindre logement, sont si difficiles que beaucoup commencent à revenir à Goma, alors même que la menace n’est pas écartée. Si les secousses sismiques qui ont suivi l’éruption se sont peu à peu calmées, les fissures qui pourraient permettre à la lave de remonter jusqu’au sol en cas de nouvelle éruption sont toujours là. Les autorités congolaises, quant à elles, ont rouvert la route principale qui a été coupée en deux par la lave, a annoncé le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

«Personne n’aurait pu détecter cette éruption»

Situé sur une faille tectonique connue sous le nom de Rift est-africain, le mont Nyiragongo est considéré comme l’un des volcans les plus dangereux au monde en raison de sa proximité avec Goma et de ses rapides épanchements de lave. Une éruption précédente survenue en 2002 avait recouvert un cinquième de Goma de lave ; elle avait fait 250 morts et 120.000 sans-abri.

Un observatoire vulcanologique local a été mis en place en 1986 pour surveiller l’activité et prévoir les futures éruptions. Mais le financement de la Banque mondiale pour l’institut a été coupé l’année dernière en raison d’allégations de détournement de fonds. Les chercheurs n’ont pas été en mesure d’effectuer une surveillance régulière avant la récente éruption et n’ont pas eu les fonds nécessaires pour se rendre au volcan malgré les signes d’une activité accrue. Mais même dans ces conditions, les volcanologues affirment qu’il n’y a eu aucun événement «précurseur» qui aurait indiqué que le mont Nyiragongo était sur le point d’entrer en éruption. «Personne n’aurait pu détecter cette éruption», estime encore aujourd’hui un expert surveillant la situation.

Goma est une plaque tournante humanitaire majeure fournissant de l’aide à une région touchée par des décennies de troubles. C’est aussi à Goma que se trouve l’ULPGL, l’Université Libre des Pays des Grands Lacs – l’une des cinq universités protestantes en RDC avec lesquelles le Défap est en lien, et qui compte près de 400 étudiants en théologie.

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.



Le 9 octobre, courez pour le Défap !

Le Défap sera présent lors de la deuxième édition de Hope 360 avec un projet de microcrédits destiné à soutenir des familles fragilisées par la crise sanitaire à Bukavu. Avec quelques dizaines d’euros, vous pouvez, vous aussi, les aider à sortir de la précarité.

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

Ce sont de petites sommes, mais qui peuvent changer la vie des bénéficiaires. Avec 60 euros, vous pouvez financer un micro-crédit pour aider une femme de Bukavu à relancer une petite activité commerciale stoppée par les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, et pourtant cruciale pour la survie de sa famille. Avec 100 euros, vous financez la formation en gestion de 25 bénéficiaires pour les aider à pérenniser leur activité génératrice de revenus. Avec 300 euros, vous pouvez soutenir le suivi de toutes ces femmes en situation de fragilité tout au long de l’opération…

Ce projet, c’est celui que le Défap soutient à l’occasion de la deuxième édition de Hope 360, course solidaire et connectée organisée par Asah, et qui aura lieu le 9 octobre à la fois à Valence et en distanciel. Les bénéficiaires sont, pour la phase de lancement, 25 femmes de la ville de Bukavu, en République Démocratique du Congo. Un nombre qui pourra croître au fil de l’opération : toutes les participantes doivent s’engager à rembourser chaque mois 1% du crédit qui leur aura été accordé – les sommes ainsi réunies servant à financer de nouvelles bénéficiaires. Cette démarche est significative de la volonté d’autonomiser toutes les femmes qui participeront au projet : ainsi, elles pourront, en concertation, choisir de nouvelles activités à soutenir ; et elles bénéficieront, parallèlement, d’une formation à la gestion dispensée par un membre d’une ONG spécialisée, et d’un suivi quotidien.

Comment vous impliquer ?

Pourquoi des femmes ? Tout simplement parce que les petits commerces dont dépend la vie de nombreuses familles congolaises modestes sont le plus souvent tenus par des femmes. Mais la pandémie de Covid-19 s’est traduite par une explosion de la pauvreté… et les mesures de restriction prises par les autorités pour lutter contre la crise sanitaire n’ont fait qu’aggraver le phénomène : décidées sans contrepartie sociale, sans accompagnement, elles ont purement et simplement bloqué ces petits commerces, condamnant les familles qui en vivaient à la plus grande précarité.

C’est une Église locale, la 5ème CELPA UZIMA, qui est à l’origine du projet de microcrédits que le Défap soutient aujourd’hui. Il s’agit de l’une des paroisses de la Communauté des Églises Libres de Pentecôte en Afrique (CELPA), membre de l’Église du Christ au Congo, première communauté protestante dans ce pays, avec laquelle le Défap est en lien. Vous aussi, vous pouvez désormais, avec le Défap, aider ces familles de Bukavu à sortir de la précarité. En vous inscrivant pour la deuxième édition de Hope 360 et en participant, le 9 octobre, soit aux défis sportifs prévus à Valence, soit à la course connectée ; mais aussi en donnant directement pour soutenir le projet du Défap.




RDC : des microcrédits pour sortir de la pauvreté

Dans le cadre de la deuxième édition de Hope 360, rendez-vous sportif et solidaire organisé par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, le Défap soutient le projet de la petite Église 5ème CELPA UZIMA, qui s’efforce de venir en aide aux plus fragiles à Bukavu, en RDC. Elle a mis en place des micro-crédits à destination de femmes qui, par de petites activités commerciales, s’efforcent de faire vivre leur famille au quotidien. Des activités aujourd’hui très menacées par la pandémie de Covid-19 : les mesures de confinement sans accompagnement décrétées par les autorités risquent de les priver de tout moyen de subsistance. Ces micro-crédits visent non seulement à pérenniser leurs commerces, mais aussi à les rendre plus autonomes par le biais d’une formation.

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

La République Démocratique du Congo se classe au 175ème rang sur 189 pays dans l’indice de développement humain 2020, et au troisième rang mondial pour le nombre de pauvres – une situation qui s’est encore aggravée à la suite de la pandémie de Covid-19. Selon les estimations, 73% de sa population, soit 60 millions de personnes, vivrait avec moins de 1,90 dollar par jour (niveau fixé comme seuil de pauvreté international). Ainsi, près d’une personne sur six en situation d’extrême pauvreté en Afrique subsaharienne vit en RDC. Pas moins de 43% des enfants du pays souffrent de malnutrition et le taux de scolarisation est faible : en moyenne, un enfant congolais bénéficie de 9,1 années de scolarisation, ce qui correspond toutefois à seulement 4,5 années de scolarité corrigées en fonction des acquis. Conséquence : la pauvreté s’auto-entretient.

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

Une grande partie des familles subsistent grâce à de petits commerces, des activités souvent gérées par les femmes. Mais la RDC n’a pas été épargnée par la pandémie de Covid-19, et les mesures prises par les autorités, si elles ont permis de limiter les conséquences sanitaires les plus dramatiques, ont empêché toutes ces activités dont dépend la survie de nombreuses familles.

La crise sanitaire renforce la précarité

C’est le cas de la ville de Bukavu, où la petite Église 5ème CELPA UZIMA s’efforce de venir en aide aux plus fragiles. Il s’agit de l’une des paroisses de la Communauté des Églises Libres de Pentecôte en Afrique (CELPA), membre de l’Église du Christ au Congo, première communauté protestante dans ce pays, avec laquelle le Défap est en lien. Comme toutes les Églises dans de nombreux pays d’Afrique, elle assume des rôles qui, en France, reviendraient plutôt à des associations ou ONG : action sociale, développement…

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

Alors que le confinement du centre-ville, décidé par les autorités sans mesures d’accompagnement de la population, renforce la précarité des plus fragiles, l’Église 5ème CELPA UZIMA a mis en place un projet de micro-crédits pour aider des femmes de Bukavu à relancer leurs petits commerces, nécessaires à la survie de leur famille. Avec 1900 euros, il est possible de soutenir cette Église, sachant que les participantes du projet s’engagent en retour à rembourser 1% du montant reçu à la fin de chaque mois – les intérêts aidant ensuite à augmenter le nombre des bénéficiaires de cette aide.

Au-delà de l’aspect purement financier, ce projet prévoit de former les participantes à la gestion de leurs AGR (Activités Génératrices de Revenus), ainsi qu’un accompagnement au quotidien de chaque bénéficiaire. L’Église 5ème CELPA UZIMA collabore pour cela avec des ONG de formation en micro-crédits. Autre aspect de cette volonté d’accroître l’autonomie et de responsabiliser les participantes, ces dernières peuvent, en concertation, identifier de futures bénéficiaires du projet.

Plus d’informations à suivre sur ce projet soutenu par le Défap dans le cadre de Hope 360 ; vous saurez alors comment vous impliquer…




RDC : Goma sous la menace du volcan

Le volcan Nyiragongo, l’un des plus actifs d’Afrique, menace Goma et sa région : après une coulée de lave qui est venue jusqu’aux faubourgs de la ville, les autorités redoutent une nouvelle éruption qui pourrait survenir en pleine zone urbaine, voire même sous le lac Kivu, ce qui se traduirait par un dégagement de gaz meurtrier susceptible de provoquer des milliers de morts. Lévi Ngangura Manyanya, l’un des anciens boursiers du Défap, actuellement président de l’ECC/Sud-Kivu, témoigne ; Robert Bahizire Byamungu, de l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, établissement de Goma avec lequel le Défap est en lien, a filmé pour sa part les effets de l’éruption.

Vue de la coulée de lave du Nyiragongo © Robert Bahizire Byamungu pour Défap

 
À Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Nyiragongo ne se fait jamais oublier : ce volcan, considéré comme l’un des plus actifs et des plus dangereux de tout le continent, présente la particularité d’entretenir un lac de lave de manière quasi-permanente. Une lave qui peut parfois déborder et se répandre sur ses flancs, sous la forme de coulées qui sont parmi les plus rapides au monde. Ces éruptions sont une menace d’autant plus grande pour la population vivant au voisinage du Nyiragongo qu’elles peuvent survenir sans signes avant-coureurs. En janvier 2002, l’une d’elles avait fait une centaine de morts.

Au cours de la semaine écoulée, le Nyiragongo s’est réveillé une nouvelle fois, provoquant des mouvements de panique dans Goma et la fuite de milliers de personnes, notamment vers le Rwanda voisin. Une vaste coulée de lave est descendue vers la ville, menaçant un temps l’aéroport ; elle s’est finalement arrêtée dans les faubourgs, où elle a détruit de nombreuses habitations, faisant un grand nombre de sans-abris. Elle a été directement à l’origine de la mort de deux personnes, mais indirectement de beaucoup plus, victimes d’accidents provoqués lors de la fuite loin de la ville. Depuis, des secousses sismiques sporadiques et des failles apparues dans le sol de Goma alimentent les inquiétudes d’une reprise de l’éruption, qui pourrait être cette fois meurtrière. À tel point que les autorités ont ordonné jeudi matin l’évacuation d’une partie de la ville, provoquant un nouvel exode de dizaines de milliers de personnes.

Une poche de magma sous le lac Kivu

«Les données actuelles de la sismicité et de la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu», a déclaré le général Constant Ndima, gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, dans une adresse à la population sur les médias locaux. «On ne peut actuellement pas exclure une éruption à terre ou sous le lac qui pourrait advenir sous très peu voire sans aucun signe précurseur». Cette dernière éventualité serait la plus catastrophique : car l’activité permanente du Nyiragongo se traduit par des émissions régulières de gaz. Or certains de ces gaz sont rejetés dans les couches profondes du lac Kivu, voisin du volcan, et y restent piégées. Ils s’y accumulent au fil des années, dans un équilibre de plus en plus instable ; un équilibre qui peut tout à fait être rompu en cas d’arrivée de lave dans le lac. Une telle rupture se traduirait alors par la brusque remontée à la surface de vastes quantités de gaz – notamment du gaz carbonique, qui, étant plus lourd que l’air, s’écoulerait autour du lac, asphyxiant toute vie sur son passage. C’est ce qui s’était produit en août 1986 lors de la catastrophe du lac Nyos, dans le nord-ouest du Cameroun, lorsqu’un telle «éruption limnique» avait provoqué la mort de 1746 personnes. Dans le voisinage du Nyiragongo, le laboratoire de volcanologie de Goma estime qu’un tel événement pourrait faire des milliers de morts.

Lévi Ngangura Manyanya, l’un des anciens boursiers du Défap, qui préside actuellement la division provinciale de l’Église du Christ au Congo, témoigne de ce qui se vit dans la région. «Les paroisses de Goma, notre université ULPGL, n’ont pas été touchées mais des menaces demeurent», souligne-t-il, en évoquant de réguliers «tremblements de terre à Goma et, des fois, à Bukavu». Si les infrastructures aéroportuaires ont été épargnées par la première coulée de lave, «l’aéroport de Goma et de Bukavu sont fermés jusqu’à nouvel ordre. À Bukavu, les déplacés de Goma viennent en masse… Les paroisses protestantes s’activent à accueillir certains d’entre eux, mais dans quelles conditions !» Alors que la fuite des habitants de Goma a repris, et que des embouteillages monstres étaient signalés jeudi matin, la situation des populations déplacées par suite de conflits apparaît d’autant plus précaire. Lévi Ngangura Manyanya souligne ainsi la présence, «de l’autre côté de la province, des déplacés des guerres des Hauts-plateaux (Minembwe et ses environs)» pendant que ceux qui ont fui «les conflits de Kalehe sont dans la partie Nord, Sud ou Ouest de la ville de Bukavu (dans la plaine de Ruzizi, Nyangezi, Kalehe). Notre Église avait déjà lancé la récolte des biens, vivres et non vivres, en signe de solidarité et de compassion avec ces déplacés de guerre.»

Robert Bahizire Byamungu, ancien boursier du Défap, est également présent dans la région : il fait partie de l’ULPGL, l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, installée à Goma. L’ULPGL est une des cinq universités protestantes en RDC, toutes membres du RUPA (le Réseau des Universités Protestantes d’Afrique), garant d’un bon niveau académique, avec lesquelles le Défap est en lien, et qui compte près de 400 étudiants en théologie. Au cours des derniers jours, Robert Bahizire Byamungu a filmé la première coulée de lave du Nyiragongo et ses dégâts sur les quartiers périphériques de Goma, et il témoigne en images de l’angoisse dans laquelle vit depuis toute la population.

Retrouvez ci-dessous les images prises par Robert Bahizire Byamungu :

 

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.



RDC : un ancien boursier du Défap à la tête de l’ECC/Sud-Kivu

L’Église du Christ au Congo est l’un des «poids lourds» de l’espace protestant francophone : cumulant les caractéristiques d’une Église et d’une fédération, elle revendique plus de 25,5 millions de membres. Dans la seule province du Sud-Kivu, elle représente 2,25 millions de membres répartis dans plus de 2500 Églises locales. Le 13 décembre a vu l’installation officielle de son nouveau comité provincial, élu en janvier dernier, lors d’un culte à Bukavu ; le nouveau président de l’ECC/Sud-Kivu, Lévi Ngangura Manyanya, professeur d’Ancien Testament à la Faculté de théologie protestante de l’Université libre des Pays des Grands Lacs, est un ancien boursier du Défap.

Le culte marquant l’installation officielle des membres du comité dirigeant provincial de l’Église du Christ au Congo © RTNK

Il y a bien loin de Paris à Bukavu, de la chapelle du boulevard Arago à l’Église de la 8ème CEPAC Sayuni ; pourtant, la cérémonie qui s’est tenue le dimanche 13 décembre dans ce quartier de la capitale de la province du Sud-Kivu avait un lien très réel avec le Défap. Ce culte marquait l’installation officielle des membres du comité dirigeant provincial de l’Église du Christ au Congo, choisis le 23 janvier 2020 lors d’un synode électif tenu à Bukavu. Et le nouveau président provincial, le professeur Lévi Ngangura Manyanya, qui succède à Mgr Kuye Ndondo Wamulemera, est un ancien boursier et un ami du Défap.

Pour matérialiser leur installation, des insignes du pouvoir ont été remis au président de l’ECC notamment «la Bible, la croix, la charte et le sceau de l’Église du Christ au Congo». Le nouveau président provincial s’est engagé à servir le peuple de Dieu dans l’unité et la prière pour que la paix règne sur toute l’étendue de la RDC.

La RDC, plus vaste pays protestant d’Afrique francophone

Le professeur Lévi Ngangura Manyanya lors de l’élection du nouveau comité dirigeant provincial, le 23 janvier 2020 © Radio universitaire ISDR Bukavu

Pour bien se représenter ce qu’est l’ECC/Sud-Kivu, il faut d’abord avoir en tête ce qu’est la République Démocratique du Congo : le plus vaste et le plus peuplé des pays protestants de l’Afrique francophone. Dans cette seule province du Sud-Kivu, l’ECC revendique plus de 2,25 millions de membres, près de 3000 écoles, une trentaine de communautés ecclésiastiques et plus de 2500 Églises locales, plus de 6400 pasteurs, 326 institutions sanitaires, quatre universités regroupant plus de 3600 étudiants… À l’échelle du pays, regroupant une population de 77 millions d’habitants qui est à 80% chrétienne, le protestantisme représente une part de 40% ; et dans ce protestantisme congolais, l’Église du Christ au Congo cumule les caractéristiques d’une Fédération et d’une Église. Elle rassemble 64 communautés ecclésiales différentes (on préférera parler de «communautés» plutôt que «d’Églises» au sein de l’ECC), et toutes ces dénominations différentes se retrouvent lors d’un même synode. L’Église du Christ au Congo regroupe ainsi, au niveau national, 25,5 millions de membres répartis en 320.000 paroisses.

Lévi Ngangura Manyanya, nouveau président provincial de l’ECC pour le Sud-Kivu, était déjà doyen de la Faculté de théologie de Goma et professeur d’Ancien Testament. Il est aussi l’un des rares théologiens africains à être régulièrement publiés en Europe. Pour son livre «L’ancêtre Jacob – Israël et ses origines selon Genèse 25-36», publié en 2014 aux éditions Olivétan, il avait bénéficié d’une bourse du Défap afin de faire des recherches en France. Il avait auparavant écrit «Figures des femmes dans l’Ancien Testament et traditions africaines» (éditions L’Harmattan, avril 2011) et «La fraternité de Jacob et d’Esaü – Quel frère aîné pour Jacob ?» (chez Labor et Fides, octobre 2009).

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.



Un séjour pour faire dialoguer les théologies

Venu en France en tant que boursier du Défap pour un travail de thèse sur la perception du ministère pastoral féminin au sein d’Églises congolaises, Robert Bahizire Byamungu a eu l’occasion de rencontrer des étudiants de la Faculté de théologie protestante de Strasbourg. Des rencontres riches de découvertes réciproques.

Robert Bahizire Byamungu lors d’un entretien diffusé par RCF © Défap

 

Robert Bahizire Byamungu est un des boursiers du Défap. Venu de République Démocratique du Congo, doctorant en théologie, il vient de passer une année et demie à Strasbourg dans le cadre de recherches pour sa thèse. Un séjour compliqué, et rallongé par la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 ; et pourtant, un séjour riche, tant pour lui-même et pour l’avancée de son travail, que pour les enseignants et étudiants qu’il a eu l’occasion de rencontrer au sein de la Faculté de Théologie Protestante. Son travail de recherche porte sur le statut de la femme, et plus spécifiquement sur la question du ministère pastoral féminin ; un ministère qui n’est pas reconnu au sein de son Église, la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA), qui fait, historiquement, partie des membres fondateurs de l’Église du Christ au Congo.

Rassemblant plus de 20 millions de membres, l’Église du Christ au Congo est, pour les protestants de France, un partenaire de taille… et surtout, une institution représentant un protestantisme moins divers qu’il n’y paraît : l’ECC cumule les caractéristiques d’une Fédération et d’une Église. Elle réunit 95 communautés ecclésiales différentes (on préférera parler de «communautés» plutôt que «d’Églises» au sein de l’ECC), dont 70 sont présentes dans la seule ville de Kinshasa. Toutes les dénominations qui la composent se retrouvent lors d’un même synode. Et d’une communauté à l’autre, les théologies dialoguent, les liturgies se rapprochent. Les facultés de théologie jouent pour cela un grand rôle : entre les communautés baptiste, anglicane ou mennonite, on retrouvera des pasteurs qui ont fréquenté les mêmes universités et suivi les mêmes cours.

Le Défap travaille justement avec cinq universités protestantes en RDC, toutes membres du RUPA (le Réseau des Universités Protestantes d’Afrique), garant d’un bon niveau académique, et qui disposent chacune d’une faculté de théologie. Dans un pays aussi vaste que la RDC et où le fait religieux est aussi prégnant, ces universités présentent des promotions impressionnantes : 9000 étudiants pour l’Université Protestante du Congo à Kinshasa, dont 300 en théologie ; 3225 étudiants pour l’Université Évangélique en Afrique (Bukavu) dont 686 en théologie ; 3000 étudiants pour l’Université Libre des Pays des Grands Lacs à Goma, dont 380 en théologie… Au sein de ces facultés se rencontrent des élèves issus de communautés ecclésiales différentes, entretenant ainsi le dialogue œcuménique. Et parmi leurs responsables figurent souvent d’anciens boursiers du Défap.

Autant de caractéristiques, à la fois du protestantisme congolais et des universités protestantes avec lesquelles le Défap est en lien, qui expliquent la richesse et la vitalité des travaux de recherches théologiques dans ce pays ; de sorte que les échanges avec les protestants de France, que ce soit à l’occasion d’échanges de professeurs ou de séjours de boursiers, peuvent se révéler aussi porteurs de découvertes pour les uns que pour les autres.

Robert Bahizire Byamungu durant son séjour de recherche en France © Défap

Dans quelles conditions êtes-vous venu faire des recherches en France ?

Robert Bahizire Byamungu : Je suis inscrit en thèse à l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, à Goma, et je travaille sur la question de l’ordination des femmes, dans le contexte d’une Église où le ministère pastoral féminin n’est pas reconnu. J’ai demandé à venir poursuivre mes recherches en France, non seulement pour avoir accès à des bibliothèques disposant d’une documentation plus riche, mais aussi pour être en contact avec des enseignants, des responsables d’Églises dans lesquelles des femmes exercent le ministère pastoral… Je comptais aussi rencontrer des pasteures pour discuter avec elles de leur expérience, de leur engagement, et même m’entretenir avec des paroissiens… J’ai obtenu du Défap une bourse pour un séjour de recherche de neuf mois. Je suis arrivé en octobre 2019. J’aurais dû repartir en juin, mais la situation sanitaire et le confinement ont quelque peu bousculé mon programme.

Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce thème ?

Robert Bahizire Byamungu : J’ai commencé à y travailler lors de mon mémoire de DEA ; j’avais alors étudié le cas d’une seule Église. Pour ma thèse, j’en aborde deux : l’Église baptiste et l’Église pentecôtiste, qui ont été parmi les premières Églises protestantes à s’implanter dans cette région d’Afrique. Toutes deux permettent aux femmes de se former à la théologie, et même de l’enseigner : on trouve ainsi une femme à la tête d’une faculté de théologie, une autre qui est vice-recteur d’université… Dès lors, on peut se demander pourquoi les étudiants qui ont suivi leurs cours, une fois devenus pasteurs, restent aussi réticents à reconnaître le ministère pastoral féminin.

Que vous a apporté votre séjour en France ?

Robert Bahizire Byamungu : Il a été très enrichissant, à plusieurs niveaux : par la possibilité qu’il m’a offert de travailler avec des bibliothèques disposant d’informations récentes ou de documents qui, même anciens, n’auraient pas été disponibles à Goma ; par les contacts humains qu’il a rendus possibles ; ainsi que par les échanges avec d’éminents professeurs qui ont orienté mes recherches. Ce séjour a fait évoluer significativement ma démarche et mon travail.

Parallèlement, j’ai eu l’occasion d’intervenir devant des étudiants à Strasbourg sur le thème du christianisme en Afrique. Et à cette occasion, le professeur Jérôme Cottin, qui suit mes travaux, m’a dit que sa propre vision de la théologie africaine avait évolué, qu’il avait véritablement pris conscience de son développement et de sa richesse. Il a estimé que renforcer les contacts avec des théologiens d’Afrique serait très utile pour ses étudiants.

En quoi les théologies africaines et européennes se distinguent-elles aujourd’hui ?

Robert Bahizire Byamungu : Les théologies européennes se sont construites sur plusieurs siècles. Les théologies africaines, par comparaison, sont beaucoup plus récentes : elles ont commencé à se développer après la période des indépendances, et elles sont en pleine évolution. Par ailleurs, elles sont riches de toute la diversité des cultures africaines : même si elles partagent un fonds commun, typiquement africain, les approches d’un Tanzanien, d’un Congolais ou d’un Camerounais seront à chaque fois influencées par leur propre contexte culturel. Les théologies africaines sont avant tout des théologies contextuelles.

Retrouvez ci-dessous l’interview de Robert Bahizire Byamungu sur RCF, diffusée le 23 octobre 2020 :




Une pandémie révélatrice des forces et faiblesses

Le Docteur Célin Nzambe est médecin missionnaire, partenaire du Défap. Il a été de nombreuses années responsable de l’hôpital de Bafia au Cameroun. Aujourd’hui il est médecin chef de l’Hôpital EPC (Église presbytérienne du Cameroun) de Djoungolo. Il témoigne de l’impact de la crise sanitaire au Cameroun.

 

Docteur Célin Nzambé

Comme lors de l’épidémie au choléra, l’Hôpital presbytérien de Djoungolo dont j’assume actuellement la charge, est réquisitionné depuis mars 2020 par l’État camerounais pour prendre en charge les malades atteints de Coronavirus. L’imprévisibilité et la massivité de la pandémie au Covid-19 nous ont tétanisés au début. Puis nous nous sommes souvenus de notre engagement en tant qu’hôpital d’église : être aux côtés des démunis. Et les réflexes face aux épidémies auxquelles nous avons déjà été confrontés nous sont revenus.

A part quelques désistements minimes au sein du personnel, l’ensemble de l’équipe médicale et paramédicale a accepté avec force de se jeter vers l’inconnu et de soigner les malades atteints de ce virus mortel. Médecins Sans Frontières et plusieurs personnels étatiques se sont joints à nous dans cette prise en charge. A ce jour l’Hôpital EPC de Djoungolo a pris en charge plus de 350 cas confirmés, sans compter des cas suspects. Nous avons eu à déplorer, malheureusement, 5 décès. Par la grâce de Dieu, aucun personnel n’a été contaminé, même si deux médecins ont dû être mis au repos pour suspicion au covid-19 mais sans confirmation.

Le Cameroun, à l’inverse des autres pays, n’a pas imposé de confinement strict, juste quelques mesures barrières. On s’attendait donc à la catastrophe prédite et clamée par le secrétaire de l’ONU et l’OMS pour les pays africains. Mais nous devons avouer que nous avons été nous-même les premiers surpris par le faible impact sanitaire de cette maladie sur notre population. Même si sur le plan économique les inquiétudes sont grandes.

Comment expliquer ce faible effet de covid-19 sur nos populations. Aucune étude n’a été menée dans ce sens, mais plusieurs hypothèses, qui mériteraient d’être confirmées par la suite, ont été évoquées. Les plus connues seraient que ce virus circule moins bien dans le climat chaud ; la population africaine habituellement confrontée à plusieurs infections aurait développé, bien avant l’arrivée du virus, des anticorps qui rendent moins actifs le covid-19 ; la jeunesse de la population africaine qui favorise des formes asymptomatiques et moins graves ; etc.

Mais au-delà de ces hypothèses, nous avons remarqué sur le terrain, sans que cela soit clairement dit, que les états africains ont pris le pari de laisser circuler le virus afin de favoriser l’immunité collective afin d’éteindre rapidement l’épidémie. Pour éviter l’encombrement des hôpitaux par des malades peu symptomatiques, et dans la mesure où cela n’était pas dangereux, les états africains ont favorisé les traitements placébos alternatifs proposés par les tradipraticiens, les leaders ecclésiastiques et les scientifiques improvisés chercheurs. Ainsi, face à ce virus inconnu et à l’anxiété généralisée qu’il générait, la population ne s’est pas retrouvée sans armes et se sentait apaisée, évitant ainsi la panique collective. Les opportunistes internationaux et nationaux ont profité de la peur provoquée par le Covid-19 pour développer un business visant, non à rendre service mais à se servir.

Pour nous Hôpital de l’Eglise, cette pandémie a été révélatrice de nos faiblesses et forces. La confiance en Dieu, nous a enlevé la peur d’aller au front et d’accueillir tout le monde. Nous avons ainsi vu passer dans notre hôpital des hautes autorités qui n’auraient jamais osé venir chez nous en dehors du Covid-19. Nous nous sommes aussi rendu compte du manque cruel des moyens pour prendre en charge les cas graves et notre faiblesse dans le management du personnel en temps de crise.

Aujourd’hui le Cameroun a amorcé la phase de décroissance de la pandémie, et le relâchement des efforts à tous les niveaux inquiète. Pour les énormes efforts consentis, le personnel de l’hôpital espère une reconnaissance de l’Etat qui tarde à venir. Il sait aussi que nous aurons du mal à convaincre les malades de reprendre confiance à un hôpital qui ne faisait que du Covid. Ce Covid-19 est à la fois une chance pour reformer les soins et un drame si rien n’est fait.




De Paris à Bukavu, en RD Congo

Adrien Bahizire Mutabesha est le doyen de la faculté de théologie de l’Université Évangélique en Afrique (UEA) à Bukavu. Il était en France pour un congé de recherche de trois mois qui s’est prolongé jusqu’en juillet suite à la crise sanitaire. Son sujet :  » Résilience et spiritualité pentecôtiste dans le contexte de la République démocratique du Congo ».

 

Adrien Bahizire Mutabesha

J’ai atterri à l’aéroport Charles de Gaule à Paris le 14 février 2020 et je devais regagner la République démocratique du Congo, mon pays à la fin du mois d’avril de cette même année. La bourse qui m’a été accordée par le DEFAP devait ainsi m’aider à me connecter à plusieurs ressources sur la résilience pour affiner mes idées de cherche sur la thématique en liaison avec le pentecôtisme.

Mais de la R.D. Congo à la France après un séjour de six ans d’études doctorales en Corée du Sud, je me suis aperçu petit à petit que ma foi de pentecôtiste était de diverses influences que je ne maîtrisais pas. Et jusqu’à l’heure où j’écris cette page, ce mystère persiste. En effet, je ne savais pas expliquer pourquoi, une fois à Séoul ou à Paris, je me sentais mieux quand j’adorais Dieu chez les Réformés ou chez les Baptistes que quand je participais au culte chez les frères pentecôtistes charismatiques dont mon Église était sensée partager les convictions spirituelles.

Mais aussi, plus je m’éloignais de Bukavu, ma ville natale, et que plusieurs bibliothèques s’ouvraient à moi, plus les repères de mon Église se complexifiaient. C’est de cette expérience confrontée aux réalités socioculturelles différentes qu’est née en moi l’idée de mener une étude sur la  »Résilience et spiritualité pentecôtiste dans le contexte de la RDC ». Malheureusement l’irruption de la Covid-19 est venue perturber mon élan de réflexion sur le sujet lors de ce séjour en France. Confinement et déconfinement se sont conjugués en moi sans que je puisse assouvir mes ambitions de recherche. Qu’importe !
J’étais déjà sur une première conclusion que ma foi était le fruit d’un pentecôtisme non connu en France et en Corée du Sud, non maîtrisé par moi-même, non encore décrit d’un point de vue historique et qui nécessitait alors des fouilles sérieuses. Les Scandinaves luthériens et baptistes qui l’ont propagé doivent l’avoir transmis dans son luthéranisme et son baptisme teinté de pentecôtisme sans autre ‘isme’ particulier. Il est tout de même singulièrement caractérisé par son ancrage dans le monde de l’imaginaire en lien émotionnel avec des actions sociales et humanitaires conséquentes. Cette combinaison crée en son sein un pouvoir sécurisant et porteur d’espoir pour des fidèles pentecôtistes qui se croient être les seuls  »protestants » dignes. Certes, la soif de poursuivre mes recherches dans les arcanes des bibliothèques parisiennes pour infirmer ou confirmer cette première conclusion effacera en moi les stress du confinement de 2020 et me ramènera certainement un jour au 102 du Boulevard Arago du quatorzième arrondissement.

Université évangélique d’Afrique à Bukavu (RdC)

Six mois seulement après mon arrivée en France, ces découvertes qui enrichissent ma propre foi et nourrissent mes recherches autour de la résilience, doivent être encore approfondies, et restent difficiles à exprimer et à partager avec mes proches, mes fidèles et mes collègues au moment du retour au pays.
La raison est simple à imaginer. Pour eux comme pour moi, la joie des retrouvailles est plus forte que la curiosité sur mes recherches. Ils ont retrouvé qui un père, qui un pasteur, qui un collègue qu’on croyait mort du Covid-19 et le voici revenu à la vie. Leur principale préoccupation a été d’écouter ce que disent les Blancs sur la pandémie, d’avoir les preuves de son existence réelle. En effet, malgré les cache-nez censés protéger la bouche de certains, ils croient à peine à la présence de la pandémie qu’ils pensent être une création occidentale pour terrifier les Noirs, qui aurait échappé au contrôle de ses initiateurs en se retournant contre eux. Ils n’ont pas vu de morts en cascade en Afrique. Ils n’ont vu que des cercueils à la télévision. Ils n’ont entendu que les informations qu’ils qualifient d’intox européenne. Le confinement de trois jours n’a pas suffi (pour) à les convaincre bien qu’il ait suscité un système d’automédication traditionnelle jamais observé contre le paludisme et la grippe. Certains se disent timidement :  »Si c’est vrai que cette pandémie est une réalité, alors naître Noir et surtout Africain redevient une fierté. Mais en attendant la confirmation, mes amis, lavez vos mains à tout bout de champ et portez-vos cache-manteaux ».

Il faut comprendre : l’espérance est immense autour de celui qui revient tout de même de Paris ! Il doit avoir plein de chocolats dans ses valises, des financements pour des projets, des aides pour ce pays éprouvé… Dans l’imaginaire collectif six mois sur le sol français suffisent pour tout gagner et ne pas revenir les mains vides! Avec sympathie et humour, les langues se délient et les attentes s’expriment autour du rescapé du confinement de France, si bon négociateur : « le président Macron est jeune, la France doit aussi avoir rajeuni dans sa générosité ! »

C’est ainsi que la recherche sur  »la Résilience et la spiritualité pentecôtiste » devient une histoire personnelle et privée de son auteur. Ce qui intéresse de prime abord -et c’est bien normal- c’est son retour, sa bonne santé et ce qu’il a ramené. Malheur à ce pauvre chercheur si ces deux éléments lui font défaut ! Quant à son travail, commencé dans les bibliothèques de Paris, il n’attend qu’à être approfondi, mis en lien avec l’histoire de son Église et les expériences humaines dans le contexte si particulier de son pays, quelque part dans l’est de la RdC.

Pour relire le témoignage d’Adrien pendant le confinement, cliquer ici >>>

 

Adrien Bahizire Mutabesha et sa famille, à son retour à Bukavu




Éloigné, en confinement

Les boursiers du Défap vivent le confinement, éloignés de leurs proches. Ils nous font partager leurs ressentis à travers un « billet d’humeur ».

 

Adrien Bahizire Mutabesha

Adrien Bahizire Mutabesha est le doyen de la faculté de théologie de l’Université Évangélique en Afrique (UEA) à Bukavu. Il est actuellement en France pour un congé de recherche de trois mois. Son sujet :  » Résilience et spiritualité pentecôtiste dans le contexte de la République démocratique du Congo ».

Le confinement était pour moi un concept vide et un terme vulgaire. D’ailleurs, ni le président Macron, ni son premier ministre ne l’avaient prononcé dans leurs premiers discours sur le Covid-19. Et pourtant dans ce pays dit  »de liberté », c’est avec le papier d’autorisation de sortie que j’ai commencé à ressentir la quintessence et le poids du slogan repris partout dans les journaux, sur les différentes télévisions et presque sur les lèvres de tous :  »Restez chez-vous !  » Eh bien ! Venu de la République Démocratique du Congo (RDC) pour une recherche de courte durée et l’actualisation de mes cours à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) à Paris, voilà que je ne peux plus sortir ! Ce n’est pas un rêve ! Les écoles, les églises, les entreprises ont fermé, seuls les hôpitaux vivent, pour soigner.

Les messages de ma famille, de mes fidèles, des amis sur Whatsapp me réveillent chaque matin, se répètent vers midi, vers 15h et là aussi à 20 heures pour savoir si je ne suis pas encore contaminé. Du coup, c’est mon dernier fils de 8 ans qui me souffle, téléphone à l’oreille  »¨Papa, reste à la maison ! » Et encore mieux :  »Reviens le plus vite possible ! » Mince, alors… Les sourds parlent, avertissent et les cloches sonnent de toute part. Mourra alors qui mourra !

La famille d’Adrien Bahizire Mutabesha à Bukavu

Non, fatigué de lire les pages des livres en ma possession sans rien comprendre, je descends au deuxième étage pour suivre la télévision, seule détente qui me reste. Les chiffres ahurissants et dévastateurs des cas positifs qui ne font que s’alourdir pour la France, l’Italie, l’Espagne m’envahissent et entament la paix de mon cœur. L’annonce de la présence du coronavirus en République Démocratique du Congo vient chambouler cette âme déjà fragilisée. Et je me dis,  » « Qu’adviendra-t-il pour mon pays si tout l’arsenal français peine ? » Sans connaître les pensées qui m’agitent, le camarade camerounais venu juste pour un colloque me regarde dans les yeux et me dit :  »J’ai raté mon vol à trois reprises à cause de cette pandémie ! J’aimerais tout de même aller souffrir à côté des miens car si mon pays est atteint, ce sera la catastrophe ». Rires tièdes, nous nous consolons mutuellement et nous sortons, autorisation en main, pour faire des courses à quelques mètres du Défap.

Découverte ! Les rues sont vides, les restaurants et cafés fermés, plus de vélos, plus de visiteurs en ligne devant les catacombes bref, la ville est pâle. Paris a perdu sa vitesse et son mouvement. Ce n’est pas Paris, c’est le monde entier. Mon cœur bat et je ne le dis à personne mais je le pense : « Peut-être que c’est la fin de tout ? L’Écriture ne dit-elle pas que le Seigneur vient bientôt ! Ni Raoult, ni Macron, ni la Chine ne nous ramèneront la vie ! Dieu le fera ! » Alors que je suis encore dans ces pensées, à la boutique, une dame qui vient aussi se ravitailler et se trouve à deux mètres de moi me dit : « Monsieur, éloignez-vous encore d’un mètre ». Je le fais, mais elle n’entre que quand je suis sorti. Couverte du haut en bas, portant un masque hors du commun, elle ressemble à une employée de bureau de la Tour Montparnasse. Elle semble incapable de comprendre que le virus ne passe que par le nez ou la bouche et ne dépasse pas plus d’un mètre après expiration. Psychose et terreur !

Si tout à l’extérieur est devenu amorphe, il y a de la vie dans la maison du Défap grâce à une dame qui vient presque chaque soir nous demander  »ça va ? ». Les jours passent. Le confinement m’a permis d’atteindre le but de mon séjour, de lire et de prier ! Adieu corona ! Adieu confinement ! C’est l’espoir ! Oui, le confinement m’éloigne de tout ; mais pas du Seigneur. A nous revoir, Paris.




Courrier de mission : Simon Kabué, l’enseignement contre la pauvreté et la corruption

Invité en ce 22 mai de l’émission Courrier de mission, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante, Simon Kabué Mbala, recteur de l’UPRECO, évoque le rôle en République Démocratique du Congo de cette université soutenue par le Défap.

Simon Kabué © DR

 

Simon Kabué, l’enseignement contre la pauvreté et la corruption

«Courrier de mission» du 22 mai 2019.
Émission consacrée au Défap, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

L’UPRECO, l’université protestante de la région de Kananga, en République Démocratique du Congo, n’est pas un établissement d’enseignement supérieur comme un autre. Y étudier, y travailler, est déjà une forme de militantisme, un refus de la fatalité de la misère et de la mauvaise gouvernance. Située dans une région volontairement ignorée par le gouvernement de Kinshasa (le Kananga est connu comme étant la région d’origine de divers leaders de l’opposition), mal desservie, enclavée (on accède au Kananga par avion, plutôt que par la route), l’UPRECO s’est construite autour de la faculté de théologie. Elle compte aujourd’hui cinq filières : théologie, droit, économie, agronomie et informatique. Avec peu de moyens matériels (tout manque, à commencer par l’électricité pour une partie des bâtiments, ou la connexion internet pour la filière informatique), mais avec aussi beaucoup d’engagement, l’UPRECO s’efforce de concilier valeurs chrétiennes et enseignement supérieur, pour former des cadres capables de changer le pays, avec «la Bible dans notre main droite, et la science dans notre main gauche», comme le revendique Simon Kabué. Par exemple, la faculté de droit a été créée avec l’idée de former des juristes capables de s’opposer à la corruption ; celles d’économie et d’agronomie, pour lutter contre la pauvreté… Et ça marche : la qualité d’enseignement de l’UPRECO est largement reconnue, et nombre de ses anciens étudiants se retrouvent aujourd’hui dans des postes de responsabilité dans leur pays.

Au micro de Valérie Thorin, Simon Kabué Mbala revient sur l’histoire et l’engagement de l’UPRECO, une université soutenue par le Défap, qui continue notamment à financer chaque année des bourses pour des étudiantes.

Etudiantes de l’UPRECO en compagnie de Jean-Luc Blanc, du Défap © Défap

 

Pour aller plus loin :