Conférence publique : la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins

La conférence publique « la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins » se tiendra le lundi 18 septembre, de 18h30 à 21h, à la Maison du protestantisme. Elle sera animée par Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap avec les interventions croisées de Jonathan Tholo, étudiant à l’École navale, Vincent Bouvier, ancien Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et Ben Houmbouy, pasteur.

Les interventions permettront de cerner au mieux le contexte calédonien : les grandes évolutions depuis 1988, l’Accord de Nouméa, la place des Eglises et les relations avec la Coutume…
Elle se clôturera sur cette question : et dans cinquante ans, quelle serait la Nouvelle-Calédonie de mes rêves ?

 

 




Nouvelle Calédonie : le lycée Do Neva rouvre ses portes

Plus de quatre mois après les pluies diluviennes qui ont terrassé la Nouvelle Calédonie, le lycée Do Neva a rouvert ses portes pour sa rentrée du 20 février. Thomas Carlen, le directeur de l’établissement, s’en félicite. Quelques jours avant la rentrée, il s’est livré dans un entretien exclusif pour notre site.

Lors de votre interview en décembre dernier, vous dressiez un bilan alarmiste de la situation. Qu’en est-il aujourd’hui ?

A l’époque, les dégâts étaient considérables. Nous n’avions jamais vécu une telle crise. Aujourd’hui, les installations provisoires ont fait place à la réhabilitation de nos locaux. Nous finalisons la rénovation et la remise en état des deux salles de classes, qui avaient été inondées, et du bâtiment administratif. Nous finissons également la mise aux normes du circuit électrique.

 

Comment s’annonce cette rentrée scolaire ?

La rentrée était initialement prévue au 13 février mais elle a dû être reportée au lundi 20 février. Parce que nous avons eu trois jours de fortes pluies qui ne nous ont pas affectés directement mais qui ont suspendu le chantier électrique et le travail des plafonds et des plâtres.
Nous attendons encore la livraison de la salle de la direction adjointe, la salle de la vie scolaire et les deux salles de classe pour démarrer. Nous avons fait un point avec les entreprises. La livraison des travaux est prévue pour le mercredi 15 février. Jeudi 16 et vendredi 17, nous serons prêts pour réaménager les salles et accueillir les 180 élèves le jour de la rentrée.

 


Travaux de l’espace vie scolaire, février 2017, DR

 

Après la rentrée, que restera-t-il à faire ?

Nous attendrons une quinzaine de jours après la rentrée pour préparer les clôtures et mettre en place la salle de repos du personnel de l’établissement. C’est un lieu important pour le personnel et les 27 enseignants de l’établissement.

 


Plaque commémorative du complexe Do Neva, DR

 

En décembre 2016, nous lancions un appel aux dons sur notre site. Depuis cet appel, combien de dons avez-vous reçu ?

Grâce au Défap, presque la moitié de l’objectif, fixé à 22 500 euros, a été récolté pour nous venir en aide. Je remercie tous les donateurs protestants métropolitains. C’est aussi grâce à eux que la rentrée va pouvoir se faire dans les meilleures conditions.

Nous comptons toujours sur vous !
Soutenez le lycée Do Neva
en adressant un chèque à l’ordre du Défap (en mentionnant « Do Neva »).
Merci d’avance de votre aide.

 

 

L’engagement des protestants français en Nouvelle-Calédonie
La Nouvelle-Calédonie, de Maurice Leenhardt (1902) à Jacques Stewart (1988), a toujours été une préoccupation importante du protestantisme français : envoyés, étudiants du programme ABS, accueil de pasteurs kanak, échanges avec l’école pastorale… Mais nous pouvons aller plus loin encore. Les Eglises protestantes de France souhaitent renforcer leurs liens avec la Nouvelle-Calédonie. Une des priorités fixées par le programme de travail 2015-2018 consiste à « accompagner nos frères et nos sœurs qui vivent en Nouvelle-Calédonie dans ce moment clé de l’histoire, celui des référendums à venir (novembre 2018) ».

 

Bertrand Vergniol et les étudiants de Do Neva, DR




En souvenir d’un ami

Les membres du Conseil économique, social et culturel de Tahiti ont rendu hommage à John Doom le 30 janvier 2017. Cette figure de la culture polynésienne, homme de conviction et d’engagement, notamment contre les essais nucléaires français à Mururoa, s’est éteint le 25 décembre 2016 des suites d’une longue maladie. Jacqueline Dom et Jean Adnet, anciens envoyés du Défap à Tahiti, témoignent ici de leur rencontre avec John Doom.

Une lettre de Jacqueline Dom

« Missionnaires, avec mon mari, en Polynésie de 1962 à 1971, nous avons bien connu John Doom.
Lorsque nous sommes arrivés, il était encore secrétaire de mairie à Arue, une bourgade située juste à l’entrée de Papeete… Elle doit quasiment faire partie de la ville, aujourd’hui.

Très engagé dans l’Église Évangélique de Polynésie française par le biais des UCJG (Union chrétienne des Jeunes gens), il est devenu secrétaire général après l’autonomie de cette dernière, instaurée officiellement par le pasteur Marc Boegner venu exprès de Paris en septembre 1963.

Mon mari, Frédy Dom, est quant à lui devenu en 1965 trésorier de l’Église. Certaines personnes se perdaient un peu entre le Secrétaire Doom et le Trésorier Dom !

C’était un homme sage, avec qui il était très agréable de collaborer, qui ne recherchait jamais les honneurs. Nous avons vécu plusieurs temps fort de l’Église ensemble, que ce soient des joies (fêtes, kermesses, collectes annuelles) ou des peines (le décès du pasteur missionnaire Maurice Bach, le départ précipité d’un autre pour cause de maladie)

Son épouse Tetua, disparue il y a quelques années, était également très engagée dans l’Église. Plus tard, ils sont venus s’installer à Ferney-Voltaire dans l’Ain, car John avait été nommé au Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève.
Je me souviens qu’un jour, nous nous sommes retrouvés à Paris lors d’un colloque au Sénat où il présentait « Moruroa et nous », l’Association qu’il avait créée pour dénoncer les effets nocifs des essais atomiques.

Nous gardons un souvenir très vivant de cet homme, grand serviteur de l’Église qui a toujours su vivre sa foi de manière concrète en s’occupant des autres. »

    Jacqueline Dom,
Ancienne envoyée à Tahiti

 

 

Lettre de Jean Adnet

« Nous avons appris la mort de John au moment où, le sachant malade, notre famille lui écrivait un message de NoëI. C’est dire notre émotion d’apprendre qu’il venait de nous quitter.

Parmi les souvenirs les plus marquants que j’ai de John, il y a d’abord le jour où il a commencé à servir son Église en devenant diacre. Il a été, dès le début, supporter du mouvement UCJG, l’Union chrétienne des Jeunes gens, au sein duquel on le voyait, lors des défilés du 14 juillet.

J’ai découvert la Nouvelle Calédonie avec lui, quand a été créée à Lifou la Conférence des Églises Protestantes du Pacifique. Je lui ai aussi rendu visite en France, ainsi qu’à son bureau du Conseil Œcuménique à Genève où il était représentant des Églises du Pacifique.

Cette fonction a été pour lui l’occasion de découvrir d’autres Églises, notamment celles d’Afrique, et de faire la connaissance de personnalités du protestantisme mondial. L’œcuménisme dont il a fait preuve à Tahiti, comme le pasteur Samuel Raapoto, décédé peu de temps avant lui, tient certainement à ses fonctions à Genève.

Il a aussi travaillé avec des collègues catholiques à la première édition du dictionnaire tahitien-français de I’Académie tahitienne. Dans les derniers temps, il avait été nommé représentant du Conseil Œcuménique auprès des Églises du Pacifique. Mais c’est particulièrement dans notre commun désaveu des essais atomiques français en Polynésie et ses interventions pour mettre un terme aux sanctions qui m’avaient frappé du fait de mon opposition à ce projet, que nous avons ressenti une pleine solidarité fondée à la fois sur l’amour du « fenua » (le « pays » en tahitien) et de sa population.

Dans une journée organisée au Sénat de Paris, il m’avait remis une nacre gravée au nom de « MORUROA E TATOU » (Moruroa et nous), association tahitienne défendant les victimes des essais et dont il était l’un des principaux militants.

Je garde précieusement cette nacre en souvenir de lui et de Tetua, son épouse dont il a partagé la vie comme l’indique le titre de son livre : « Mémoire d’une vie partagée ». *

Jean Adnet, pasteur et ancien envoyé à Tahiti.

 

 

*Ouvrage publié en 2016 par les éditions tahitiennes « Haere pô »

 

 




Disparition de John Doom

Il a été le premier secrétaire général de l’Eglise Protestante de Polynésie. John Doom s’est éteint à Tahiti le 25 décembre 2016, il avait 80 ans. Le Défap rend hommage à cet homme qui s’est battu pour la justice, la vérité et les victimes des essais nucléaires.

C’était un petit homme courtois et souriant. Lorsqu’il était de passage à Paris, il venait loger au Défap, maison dans laquelle il se sentait toujours bien. Il était né en 1936 à Tubuai, l’une des îles volcaniques australes de l’archipel de Polynésie française, petit paradis niché au cœur des eaux turquoise de l’Océan Pacifique où, dans un passé lointain, les révoltés du Bounty trouvèrent refuge.
Est-ce de cette tumultueuse histoire que John Doom tenait son tempérament, ou bien plutôt de celle, plus contemporaine, du bouillant député Pouvana’a a Oopa, leader autonomiste, prisonnier politique en métropole dans les années 1950 et qui, toute sa vie, milita lui aussi contre les essais nucléaires français.

 

Ce combat, John Doom l’avait rejoint au tout début des années 1960, lorsqu’il était jeune diacre de son Église. Il dénonce alors l’exil en France de son pasteur, coupable d’avoir demandé une enquête publique avant le premier lâcher d’une bombe nucléaire A au-dessus de l’atoll de Mururoa. C’est le début de son engagement anti-nucléaire. Il en fera l’objectif de toute sa vie, hélas en vain : en trente ans, il y aura plus de deux cents essais atomiques dans la région.

 

© M-H Villierme pour le site GRIP

 

En 1971, devenu secrétaire général de l’Église protestante de Polynésie, John Doom entre en contact avec les autres Églises du Pacifique, elles-aussi préoccupées par les conséquences des expériences américaines. Il lui faudra encore dix ans pour obtenir du synode de l’Église protestante polynésienne qu’il se prononce contre les essais français. Dès l’arrêt du programme militaire de Mururoa en 1996, une enquête sociologique est ouverte, notamment par l’Église maohi, auprès des anciens travailleurs polynésiens. Les résultats sont publiés dans un livre, Mururoa et nous. À Genève, où John Doom travaille au Conseil œcuménique des Églises, il prend connaissance des effets dévastateurs à long terme des radiations. C’est au sein de l’association pour la reconnaissance des victimes des essais nucléaires « Moruroa e tatou » (Mururoa et nous) qu’il va poursuivre son combat, jusqu’à son dernier souffle.

 

Sa vie de retraité, John Doom l’aura passée entre Paris, Hiroshima, Nagasaki, Alger et Papeete, enchaînant les documentaires télévisés et les témoignages pour informer, former et plaider la cause de tous ceux qui, laissés dans l’ignorance, ont subi les conséquences parfois tragiques de l’établissement de la puissance militaire française.

 

 




Nouvelle Calédonie : des nouvelles du lycée Do Neva

Suite aux pluies diluviennes qui ont eu lieu en Nouvelle Calédonie, le lycée protestant Do Neva a dû fermer ses portes. Mobilier détruit, archives perdues, perte des moyens de communication avec l’extérieur, le lycée agricole de la commune de Houaïlou a dû s’organiser dans l’urgence pour pouvoir accueillir au plus vite sa centaine d’élèves inscrits. Dans une interview accordée au Défap, le directeur de l’établissement, Thomas Carlen, dressait un bilan alarmiste. « Nous n’avons jamais vécu une telle crise », déplorait-il. Dix jours après le drame, le directeur reprend contact avec nous.

Alors que les moyens de télécommunication restent difficiles d’accès sur la côte est, Thomas Carlen parvient à nous envoyer de ses nouvelles. « Voilà enfin une connexion qui fonctionne », se réjouit-il. « Avant tout merci de votre soutien et de vos pensées ».

« Le LEPA panse ses plaies avec de nombreux bénévoles qui nous ont aidés au nettoyage et à la désinfection de l’ensemble des bâtiments », nous explique Thomas Carlen.

« Nous sommes en train de sauver l’ensemble de nos archives et essayons de remettre en état l’ensemble de notre parc informatique et administratif comme les scans et les imprimantes.

Do Neva sous les eaux, DR, 2016

Nos élèves finissent leurs examens aujourd’hui. Nous avons 100% de réussite en CAPA ARC. Les résultats bacs pro arrivent aujourd’hui.

Avec le directeur de l’ASEE nous nous sommes mis d’accord pour demander la reconstruction de l’ensemble de notre établissement (collège, lycée primaire) et d’un centre unique administratif avec salle informatique dans une zone non-inondable.

Nous prions le seigneur que ce projet puisse se concrétiser ».

 




Le lycée protestant Do Neva sous les eaux

La Nouvelle-Calédonie a été durement touchée par des pluies exceptionnelles qui ont frappé le relief du 20 au 22 novembre. Plus de 400 mm d’eau ont été enregistrés dans la nuit de lundi à mardi. Un glissement de terrain consécutif à ces fortes pluies a tué plusieurs personnes sur la commune de Houaïlou. C’est là que se trouve le groupe scolaire protestant Do Neva, fondé par Maurice Leenhardt*. L’établissement a dû fermer ses portes. Thomas Carlen, ancien envoyé du Défap en est le directeur. Il nous décrit la situation.

 

« Nous n’avons jamais vécu une telle crise. Tout le mobilier scolaire mais aussi informatique et administratif a été détruit. Les archives sont perdues. Alors que nous sommes en pleine période d’examen, les 32 élèves internes ont du être envoyés à plus de 150 km. Ils sont sains et saufs. Nous avons, à la suite de cette catastrophe, mis en place une cellule d’accompagnement psychologique.
L’urgence a d’abord été, dès lundi, de rétablir les moyens de communication avec l’extérieur ainsi que les accès au centre. Nous avons mis en sécurité les élèves et cherché, avec la paroisse, des solutions pour subvenir aux besoins de tous, à commencer par les rations alimentaires. Nous nettoyons sans relâche les bâtiments et faisons le tri du mobilier qui pourrait encore être utilisé. Notre objectif : accueillir dès lundi prochain les étudiants, à condition que les routes soient praticables bien entendu, ce qui est encore loin d’être le cas. Météo France annonce un nouvel épisode de pluie le week-end prochain.
Un conseil d’administration extraordinaire est prévu lundi prochain, pour évaluer l’ensemble des dégâts et faire le point sur l’avenir.
L’exploitation agricole, certifiée agriculture biologique, est totalement sinistrée. Nous avons perdu toute la production.
Les brevets des collèges auront lieu les 7 et 8 décembre et nous devons tout faire pour accueillir les élèves dans les meilleures conditions.
Nous avons une pensée très émue pour le personnel du centre, plusieurs d’entre eux ont perdu des proches dans les éboulements qui ont suivi l’inondation. Nous les accompagnons du mieux que nous le pouvons.
Enfin, je tiens à remercier l’ensemble des protestants français et le Défap pour le soutien qu’ils nous apportent dès aujourd’hui et dans les temps difficiles qui s’annoncent déjà. »

 

Avril 2016, les étudiants montrent leurs plantationd de bananiers aujourd’hui sous les eaux

Bertrand Vergniol s’était rendu au lycée en avril dernier. Il rappelle que ce fleuron de l’Alliance scolaire évangélique en Nouvelle Calédonie a été le premier établissement de formation destiné aux populations Kanak. Des milliers d’hommes y ont appris un métier et reçu une éducation, de celle qui fait de nous des hommes et des femmes debout.
Une fois les dégâts évalués, le directeur de l’établissement, Thomas Carlen, nous proposera un projet précis de reconstruction à soutenir. Le Défap lancera alors une campagne de dons à l’occasion des fêtes de Nöel.

*envoyé par la société des Missions de Paris en 1902 (SMEP), l’ancêtre du Défap.

 

Quelques chiffres
Le lycée agricole de Do Nova accueille une centaine d’élèves répartis sur quatre cursus : un CAP agricole section culture région chaude, un CAP services aux personnes et vente en milieu rural, un bac Pro horticole, (classe de seconde, première et terminale) et un bac Pro service au personne et territoire (classe de seconde, première et terminale).
Le collège comprend quatre classes (de la 6 ème à la troisième) et l’école primaire deux (CM1 et CM2). Ces deux bâtiments, situé sur la zone haute de Do Neva n’ont pas subi l’inondation.
Au total, c’est tout un environnement socio professionnel qui est impacté : 16 professeurs contractuels de l’état au lycée,  2 employés dans l’exploitation agricole, 1 institutrice,  10 professeurs de collège, 6 éducateurs, deux hommes d’entretiens et 3 cuisiniers, sans compter la direction.
En fin, il est à noter que 90% des élèves du lycée sont internes.




Des souvenirs plein la tête

Du 22 au 24 octobre 2016, le Défap réunissait à Paris l’ensemble des étudiants calédoniens du programme ABS (Après Bac Service). Ce programme, dont le service protestant de mission est chargé de l’accompagnement extrascolaire, offre à de jeunes kanaks la possibilité de poursuivre leurs études en France. Le Défap, au-delà d’un suivi personnalisé, organise régulièrement des évènements pour créer les rencontres et les échanges entre les étudiants. Cette fois, Elise Dangio, la responsable du programme ABS pour « Cadre Avenir » en Nouvelle Calédonie, était également présente. Au programme du week-end : visites de la capitale et des hauts lieux touristiques et ateliers de réflexion et d’échanges. Durant ces trois jours, « l’ABS Family », comme ils s’appellent, était heureuse de se retrouver.

La rencontre a été l’occasion de faire découvrir Paris aux jeunes étudiants mais aussi de créer des moments d’échange et de rencontrer la nouvelle promotion. Ils ont pu aussi vivre ensemble pendant plusieurs jours et en profité pour se retrouver. Les « anciens » pouvaient alors délivrer librement leurs conseils mais aussi faire le point sur les difficultés de chacun pour tenter d’y répondre tous ensemble. Les ABS ont également travaillé en groupe lors d’ateliers.

 

photo de groupe, octobre 2016, DR

Au Défap, Laura et Pascale, chargées du suivi extrascolaire des ABS, ont œuvré au respect de la convention du programme et au bon déroulement du week-end.  Durant leur séjour, les étudiants ont souhaité laisser des messages dans le livre d’or du service protestant de mission.

« C’était pour moi l’entracte dont j’avais besoin », nous confie Lina, une étudiante du groupe. « Après la reprise des cours, le retour à cette vie étudiante, après s’être remis dans le bain depuis septembre, cette rencontre a été bien plus qu’un simple rassemblement. C’était une petite pause dans le temps pour se retrouver, partager et reprendre des forces pour continuer chacun dans nos parcours ».

 

 

Messages laissés par les étudiants au Défap, octobre 2016, DR




Leslie, Yolande et l’accueil des ABS

Entre le 22 août et jusqu’au 10 septembre 2016, Leslie et Yolande ont prêté main forte à l’équipe du Défap pour l’accueil de leurs jeunes compatriotes de Kanaky-Nouvelle Calédonie, dans le cadre du programme ABS. Qui sont-elles ? Pourquoi se sont-elles engagées dans ce projet ? Elles ont répondu à nos questions.

 

Leslie Wanaï et Yolande Hnaweongo se sont beaucoup investies dans la mission que leur avait confié le Défap : assister les étudiants ABS arrivant de Kanaky-Nouvelle Calédonie jusqu’à leur départ pour les différentes villes où ils vont faire leurs études. Elles ont donc vécu trois semaines au rythme des arrivées et des départs. Quand l’une accompagnait des jeunes à la gare, l’autre s’affairait au téléphone pour trouver un logement manquant. Bref, un travail incessant et très absorbant.

Car cette année, de nombreux dossiers d’étudiants post-bacs ont été acceptés tardivement et pour certains, il a été difficile de trouver des logements : « J’ai cherché sur les sites d’annonces immobilières, mais beaucoup de studios étaient déjà loués car la rentrée scolaire est la même pour tous, explique Leslie. J’avais heureusement la ressource du réseau Défap : des pasteurs m’ont mise en relation avec des paroissiens propriétaires de logements vacants ».


Yolande et Leslie, septembre 2016, DR

Un programme bien connu

Leslie connaît bien les difficultés rencontrées par les étudiants du programme ABS à leur arrivée car elle en a fait partie. En 2013, elle a elle-même débarqué à Paris dans ce cadre, pour poursuivre un BTS comptabilité / gestion des organisations à Tours, avant de poursuivre ses études à Aubenas, où elle est encore cette année. C’est pourquoi le Défap l’a embauchée pour compléter l’équipe.

Yolande aussi est une ancienne ABS. Elle est arrivée à Paris en 2014 pour préparer un DUT Hygiène, sécurité, environnement, qui l’a conduit à un BTS métiers des services à l’environnement au lycée Rabelais, dans le 18èmearrondissement de Paris. De passage au Défap pour voir Laura Casorio, la responsable du suivi extrascolaire des ABS, elle a rencontré Leslie dans un des couloirs de la Maison des missions.  « C’était le premier jour des arrivées, raconte-t-elle. Leslie avait des difficultés pour trouver des logements. Comme j’étais disponible j’ai proposé mon aide bénévole à l’équipe ».

Des liens indéfectibles

Leslie et Yolande sont heureuses d’aider les jeunes ABS. « Ils sont comme des petits frères et des petites sœurs, nous venons du même endroit, explique Leslie. Ça me fait vraiment plaisir de les aider. Je leur donne des conseils, je leur raconte comment j’ai vécu mon arrivée en France. J’étais comme eux : c’était un nouveau pays, avec de nouveaux endroits et de nouvelles personnes, un climat différent, j’étais un peu perdue. Ici, au Défap, on est tous ensemble mais après ils seront seuls dans leurs écoles et dans leur quotidien, il faut donc qu’ils apprennent à s’organiser et être autonomes ».

D’où l’importance que revêt l’accueil sur place, à la gare de destination. De nombreux paroissiens, dans toutes les villes de France où se sont rendus les ABS, se sont mobilisés en dépit de leur agenda parfois chargé, et même si bien souvent ils ont été prévenus au dernier moment – oui, la rentrée des classes est souvent un exercice « acrobatique » sur le plan de l’emploi du temps – et ils ont accueilli chaleureusement les jeunes, les conduisant jusqu’à leur logement. Ils continuent d’ailleurs à veiller sur eux.

Le premier emploi du temps

Au Défap, un petit livret a été remis à tous, qui reprend en détail les différentes démarches indispensables à une bonne intégration dans leur nouvel environnement. Outre l’assistance individuelle, l’équipe du Défap a également assuré des ateliers collectifs destinés à faire le point sur les démarches administratives et tous les documents que chacun doit avoir avec soi pour démarrer, en toute sérénité, la vie estudiantine.

Pour Leslie et Yolande, ce moment d’accueil a été un travail pas si simple mais très enrichissant pour leur expérience professionnelle.

 

 




Les ABS arrivent !

L’ « Après-Bac-Service » est un programme qui permet aux jeunes de Kanaky Nouvelle-Calédonie de poursuivre leurs études supérieures en métropole. Dans la maison du Défap dès le 22 août 2016, ils sont accueillis par Laura, Pascale et Leslie, chargées du suivi extrascolaire.

L’objectif de ce préambule à la rentrée scolaire de l’automne est multiple : accueillir les étudiants à leur arrivée en métropole, les aider à finaliser leurs dossiers sociaux, les accompagner pour une installation qui tient compte du décalage culturel qu’ils vont vivre.

Ces quelques détails réglés, ils auront la joie de rejoindre leurs universités respectives aux quatre coins de la France : Pau, Strasbourg, Rennes, Toulouse, Avignon, Montpellier ou encore Cachan pour n’en citer que quelques unes. Les formations visées sont variées et toujours en rapport avec un projet professionnel : BTS métiers de l’eau, DUT carrières juridiques, BTS management des unités commerciales, DUT génie mécanique et productique…

A noter, cette année : l’effectif des étudiants accueillis en France va doubler. Cette décision, prise par le dispositif Formation Cadres Avenirs*, témoigne de l’engagement de l’Etat pour le programme politique destiné au rééquilibrage des compétences.
Des photos et plus d’informations sur les participants au programme ABS très bientôt.

 

* Formation Cadres Avenirs est financé à 90 % par l’Etat et à 10 % par la  Kanaky Nouvelle-Calédonie. Ce dispositif est encadré par un Comité de Suivi regroupant les forces vives, économiques et politiques caledoniennes, dont les signataires des Accords de Matignon Oudinot et de Nouméa.




Nouvelle-Calédonie : un voyage riche en rencontres

Le secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, s’est rendu durant plus de deux semaines en Nouvelle-Calédonie. Détails d’un voyage au programme ambitieux.

Bertrand Vergniol a assisté en tant qu’invité au Conseil exécutif de la Cevaa, réuni dans la tribu de Nepu, du 8 au 17 avril.

Comme à son habitude, il est allé à la rencontre des populations et des pasteurs locaux. Il note d’ailleurs un accueil organisé et chaleureux de la part de l’Eglise locale.

 

La coutume à Nepu, DR

La coutume à Nepu, DR

 

Il a, par la suite, effectué diverses visites. Au centre culturel Jean-Marie Tjibaou, à l’école pastorale de Béthanie – où il a notamment préparé la visite d’un groupe d’étudiants en France en octobre 2016 –, auprès du directeur de l’association Cadres Avenir et du responsable du programme Après Bac Service (dont le Défap est partenaire), avec l’Eglise protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC), notamment le président Wakira Wakaïné. Les autorités locales, le Haut-Commissaire en Nouvelle-Calédonie à Nouméa, Vincent Bouvier, et le Haut-Commissaire délégué pour les Îles Loyauté, Frédéric Eymard l’ont également reçu fort cordialement.

 

Ce voyage a permis au secrétaire général d’avoir un aperçu de la situation dans le pays. Le développement économique est remarquable depuis son dernier séjour, en 1994. La situation de la jeunesse, minée par le désœuvrement, est cependant inquiétante.

L’incertitude règne autour de l’avenir du territoire. Le référendum sur l’indépendance devrait se tenir en 2018. Nous avons envisagé, explique Bertrand Vergniol, avec le président de l’EPKNC, Wakira Wakaïné, qu’une délégation protestante calédonienne se rende en métropole, fin 2017-début 2018, pour présenter dans le protestantisme français et aux autorités politiques françaises (nouvellement élues en mai 2017) les enjeux de ce référendum. Le synode de l’EPKNC, en août 2017, sera un temps important de préparation du travail de cette délégation.

 

Case de chef à Lifou, DR

Case de chef à Lifou, DR

 

Le Défap & la Nouvelle-Calédonie

 

Le Défap entretient des relations étroites avec le territoire calédonien.

Il existe un souhait commun entre le Défap et les acteurs du protestantisme en Nouvelle-Calédonie de renforcer les liens qui les unissent.

Une équipe de huit aumôniers des hôpitaux de l’EPKNC et un groupe de vingt étudiants de Béthanie viennent d’ailleurs en métropole en juin et octobre 2016.

 

Bananier en terre à Do Néva (Houailou) avec des élèves du lycée agricole et leur professeur, DR

Bananier en terre au lycée agricole de Do Néva (Houailou) avec des élèves et leur professeur (au milieu, le pasteur Bertrand Vergniol), DR

 

Le Défap, depuis de nombreuses années, participe en outre au programme Après-Bac-Service (ABS) en suivant la vie extra-scolaire d’une soixantaine de jeunes Kanaks qui viennent poursuivre des études en France après leur bac. Les relations entre le Défap et le service « Cadres Avenir » qui suit les ABS pour le compte du gouvernement calédonien, restent bonnes.

Pour conclure, comme avec un appel, ce périple, plusieurs établissements ont exprimé le souhait d’accueillir à nouveaux des envoyés en leur sein.

Encore de beaux projets en perspective !

 




Consolider les liens avec la Nouvelle-Calédonie

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, se rend en Nouvelle-Calédonie du 9 au 23 avril 2016. Sa visite a deux objectifs : participer au Conseil exécutif de la Cevaa et se rapprocher du protestantisme sur place.

Le pasteur Bertrand Vergniol se rend en Nouvelle-Calédonie ce mois-ci.
Sa première semaine est consacrée au Conseil de la Cevaa, Communauté d’Eglises en mission à laquelle appartiennent les Eglises fondatrices du Défap.

 

Délégation de la Nouvelle-Calédonie - Clôture du 4ème festival des arts mélanésiens, Mwâ kâ. Nouméa, Nouvelle-Calédonie 2010. Source : Flickr

Délégation de la Nouvelle-Calédonie
Clôture du 4ème festival des arts mélanésiens, Mwâ kâ
Nouméa, Nouvelle-Calédonie 2010
Copyright : Sekundo .

 

La suivante sera l’occasion pour le secrétaire général de rencontrer les personnes de l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC). L’objectif : renforcer les relations avec le Défap et les Eglises protestantes de France.

En effet, le programme 2015-2018 du Défap vise à développer une plus grande proximité avec les protestants de Nouvelle-Calédonie. Pour mener à bien ces ambitions, Bertrand Vergniol ira à la rencontre des hommes et femmes qui font vivre l’Eglise locale, dont le pasteur Wakainé, président de l’EPKNC.

 

Le pasteur a aussi rendez-vous avec divers élus locaux : M. Vincent Bouvier, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et M. Frédéric Eymard, commissaire délégué aux îles Loyautés. Il est également prévu qu’il rencontre des responsables du programme Après-Bac-Service auquel le Défap participe activement et visite deux établissements de l’enseignement : le lycée agricole de Do Neva et le centre de formation théologique de Béthanie, sur l’île de Lifou.

 

Bertrand Vergniol porte un grand intérêt à être en contact avec la réalité des habitants calédoniens, en particulier à l’approche du référendum sur l’indépendance.

 

Un séjour qui promet des rencontres riches et authentiques !




Week-end kanak à Evian : une belle escapade !

Les 20 et 21 février, les « Après Bac Services » (ABS), jeunes étudiants de Nouvelle-Calédonie, se sont retrouvés pour un week-end organisé par le Défap, à Evian. Découverte et détente était de la partie.

Une arrivée compliquée

 

Le week-end à la neige prévu par le Défap a réuni une vingtaine de jeunes. Malgré quelques annulations, impératifs d’examens ou autres, les heureux participants ont eu le plaisir de découvrir les joies de la neige. Venant de Nouvelle-Calédonie, la surprise n’en était que plus exotique. Les téléphones et leurs corollaires, appareils photo et messageries instantanées, ont marché à plein régime, pour inclure les absents.

 

Les ABS à la neige ! DR

Les ABS à la neige ! DR

 

Les tentatives de la SNCF pour entamer la bonne humeur de nos skieurs ont échoué : week-end Defap VS Grèves de train, 1 – 0 !

Le week-end a été réadapté en fonction des aléas et les participants en ont été très contents.

Par ailleurs, la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) d’Evian a accueilli tout le monde et participé grandement à la réussite de ce week-end.


Double-thème du week-end

 

Au programme, et dans la ligne droite de la thématique des week-ends ABS de la promotion 2015-2016 : visite d’institutions. Les heureux participants ont eu la chance de visiter la deuxième ville la plus peuplé de Suisse, à savoir Genève.

Après le Sénat en octobre, les jeunes kanaks ont ainsi découvert le siège des Nations-Unies dans la capitale suisse.

Ce tour a été d’autant plus réussi que Jonathan Tholo, ancien ABS, a accompagné le Défap dans l’organisation : connaissant bien la ville, il a pu diriger tout ce petit monde à bon port. Sans compter que son statut tacite de « grand frère » a facilité la communication entre tous.

 

Les ABS devant le palais des Nations Unies, DR

Les ABS devant le palais des Nations Unies, DR

 

D’Evian à Genève, le trajet de bus a été fructueusement occupé par un quiz sur la Suisse.

Sur place ont été expliqués le rôle des institutions et la place de la société civile au sein de l’ONU.

Et après l’effort, le réconfort ! Nous avons laissé dernière nous le sérieux des institutions suisses pour un vrai moment de loisirs. Une après-midi « découverte neige » qui a comblé nos ABS.

 

Les ABS devant le Lac Léman, à Genève, DR

Les ABS devant le jet d’eau du Lac Léman, à Genève, DR

 

Au menu du soir : fondue !

Six ou sept paroissiens de l’EPUdF ont participé aux festivités. Un repas fut organisé au sein de la chaîne d’hôtels « sociale », « Ethic étapes », engagé entre autre dans l’accueil des groupes comprenant des personnes handicapées.


L’accueil : un aspect primordial

 

Les jeunes kanaks ont été très touchés de l’accueil de la paroisse d’Evian. Cela explique leur participation unanime au culte du dimanche matin au détriment de l’option « visite de la ville d’Evian ».

Nous avons profité de ce moment pour les écouter entonner un chant traditionnel, en signe de remerciement à la paroisse, accompagné de gestes coutumiers.

La paroisse d’Evian a spécialement organisé son culte dans la ville, et non dans une autre paroisse comme c’était prévu, pour ces jeunes. Le message du culte fut d’ailleurs centré sur la thématique de l’accueil et de l’encouragement.

 

Soirée festive avec les membres de la paroisse de l’Eglise protestante du Chablais, DR

Soirée festive avec les membres de la paroisse de l’Eglise protestante du Chablais, DR

 

Ce week-end s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse et détendue. L’objectif de cette escapade – remonter le moral des troupes en plein hiver et en période d’examens – semble avoir été atteint. Ce qui fait la différence pour les jeunes, ce n’est pas le lieu ou l’activité, mais le fait d’être ensemble. Et c’est vrai que ce moment a été l’occasion de belles rencontres.

 

On peut dire sans rougir que le programme Cadres Avenir, dont fait partie ABS, est une vraie réussite. Les étudiants calédoniens qui viennent dans ce cadre-là, avec le suivi scolaire et extra-scolaire que cela implique, ont un taux de réussite beaucoup plus élevé que les élèves qui viennent seuls.

Souhaitons à tous nos ABS une belle réussite dans leurs projets futurs !