Ursula à la découverte de l’Île Maurice… et d’un café solidaire

Ursula, après avoir participé à la « session départ » du Défap en juillet, va partir pour participer à la mise en place d’un café solidaire dans un quartier pauvre de l’île Maurice.

© Salomé pour Défap

 
Bonjour,

Je pars en VSI avec beaucoup de joie pour découvrir l’Église presbytérienne sur l’Île Maurice. Je me réjouis d’avance de participer à la vie de la communauté et de pouvoir servir dans ce cadre. J’espère passer des moments bénis avec chacun(e), apprendre leur langue (ou au moins quelques mots), découvrir les différentes cultures du pays et profiter du paysage.

J’ai le privilège de partir avec ma fille Anna (20 ans) qui va perfectionner son anglais.

Reste à mettre en pratique !

Ma mission sera de participer à un projet de cette Église presbytérienne qui est la mise en place d’un café solidaire dans un quartier pauvre de l’île. Nous allons accueillir des femmes avec des enfants, faire des gâteaux ensemble, et orienter les activités selon les besoins et le discernement de l’équipe.

J’espère que ce café pourra rayonner de l’amour de Dieu, de façon explicite ou implicite.

La formation que je viens de suivre au Défap a été très intéressante. Je me sens bien informée, équipée, comme un couteau suisse, avec des ressources qui me seront d’une grande aide pour comprendre mon environnement et ses fonctionnements.

Reste à mettre en pratique ! Je m’en remets à vos prières !

Ursula




Visite du groupe « Grand Kiff Océan Indien »

Ils sont 44 jeunes originaires de la Réunion, de Mayotte et de l’ile Maurice. Ils ont entre 15 et 22 ans et pour certains d’entre eux il s’agit d’un premier voyage en métropole. De passage à Paris, avant de rejoindre, le 24 juillet 2016, le rassemblement du Grand Kiff et de poursuivre leur tour de France, le groupe « Grand Kiff Océan Indien » a fait escale au Défap pour quelques jours. Retour sur un projet soutenu par le Service protestant de mission.



Le groupe « Grand Kiff Océan Indien » de passage au Défap (Paris, juillet 2016), DR

 

 

22 jours de voyage en Métropole

Le Défap et le Grand Kiff ont été deux étapes dans le périple de ce groupe de jeunes voyageurs.
Partis de chez eux le 18 juillet 2016, ils ont embarqué pour vingt-deux jours d’un voyage qui a pris des allures de tour de France : Paris, Saint-Malo, La Rochelle, Nîmes, Strasbourg, puis Genève, en Suisse. Les objectifs étaient nombreux :

  • permettre aux jeunes issus des îles d’élargir leur horizon
  • approfondir les rencontres au sein de la Communion des Eglises protestantes de l’Océan Indien (CEPOI)
  • découvrir et vivre la dynamique de la jeunesse protestante en France
  • vivre des temps forts avec les Eglises métropolitaines dans différents lieux
  • découvrir la métropole et l’histoire des protestants
Un projet de longue haleine

C’est en 2015 que naît le projet de faire venir le groupe des jeunes protestants de l’Océan Indien au Grand Kiff. Bertrand Vergniol, Secrétaire général du Défap, propose alors au pasteur de l’Eglise protestante de La Réunion (EPR), Charles Bossert, de convier le groupe au rassemblement de la jeunesse protestante à Saint-Malo. « Le plus difficile a été la coordination entre les iles », nous raconte Charles Bossert. Mais une fois le lien fait entre les groupes des différentes paroisses, tout s’enchaîne. Reste pourtant à réunir les fonds. En parallèle de l’aide financière du Défap et d’autres partenaires protestants, les jeunes du groupe s’investissent à 100 % : aide personnelle des familles, vente de gâteaux, organisation de karaokés, grandes fêtes pour l’Eglise, repas… Ainsi, le groupe parvient à réunir suffisamment d’argent pour financer le voyage.


escale au Défap

Durant près d’une semaine, le Défap a vécu au son d’un groupe de plus de cinquante personnes : les quarante-quatre jeunes voyageurs, le pasteur Bossert et toute une équipe d’encadrement composée de représentants des Eglises locales : Fali Rajaonarison (pasteur à Mayotte), Kevin Lavenerable (pasteur coordinateur à l’Ile Maurice), David Rakotonizao (animateur jeunesse à l’EPR), Mamy Raharison (animateur jeunesse à Mayotte), Myriam Bossert (chargée de la gestion et de l’infirmerie) et Josselin Simon (animateur jeunesse, aumônier des jeunes à Maurice).

« Cette étape parisienne a plusieurs facettes : continuer le rapprochement des protestants des différentes îles, découvrir le protestantisme français et se familiariser avec l’histoire à travers la visite de Paris », poursuit Charles Bossert.

Le séjour à Paris est en effet très riche. Au programme : visite du temple de l’Oratoire, du temple des Billettes, de la cathédrale Notre Dame de Paris, ballade en bateau-mouche, excursion au Musée d’Orsay et jeu de piste géant à travers les rues de la capitale.
 

 




« À Maurice, ‘God is One’ »

Iris et Frank Reuter sont partis trois mois à l’Île Maurice dans le cadre d’une activité missionnaire. Ils assurent des formations sur les activités d’animation et s’occupent de l’école du dimanche. Ce projet de travail avec l’Eglise est soutenu par le Défap. Iris Reuter nous livre ici son témoignage.

« « Plus de la moitié des Français ne se réclament d’aucune religion », titre le journal Le Monde dans son édition du 7 mai 2015. Quelle différence avec la société d’ici, à l’île Maurice.

En balade au bord de la mer, j’arrive à la plage joliment dénommée « Le Bouchon ». Au bord de l’eau, un petit autel hindou. À quelques pas de là, une minuscule chapelle dédiée à Marie. Je roule en voiture et, au bord d’un port, quelques panneaux peints aux couleurs du drapeau mauricien (rouge comme le flamboyant, bleu comme le ciel, jaune comme le soleil, vert comme la canne à sucre), portent des inscriptions : l’environnement propre = santé. Et juste en dessous : « God is One ». Dans les villages, des murs sont peints avec des phrases : « Un esprit positif est un esprit paisible », ou « Un esprit positif est un environnement sain ».

Les religions, hindouisme, christianisme et islam, coexistent d’une manière naturelle. Chacun a son Dieu, pratiquement tout le monde est croyant. Il semble aller de soi que transcendance et immanence sont un. Je ne sais pas si la société est plus tolérante ou plus juste pour autant, je ne la connais pas encore assez, mais le fait est que les religieux ont souvent lutté pour les droits des engagés (Gandhi et ses collaborateurs), l’éducation pour tous (Jean Le Brun, fondateur de l’Église presbytérienne), ou encore  l’abolition de l’esclavage. La religion n’est donc pas vécue comme un « opium du peuple », mais comme la recherche d’une vie meilleure pour tous.

Je me sens bien dans une telle perception de la religion. Temple hindou, église catholique ou mosquée, on se sent le bienvenu, même si on ne partage pas la religion. Je me sens à l’aise dans une telle société. C’est si différent de la France, où la suspicion pèse sur toute religion. Pour moi, la religion, ou plutôt la foi, est une dimension naturelle et qui donne du sens pour l’humain et je me reconnais dans l’esprit de tolérance et d’accueil vécu ici.

Eglise Saint Columba à Phoenix

 

Mais comme toujours, tout n’est pas rose pour autant. Ainsi, il paraît que lors des recensements, le gouvernement (issu de la majorité hindoue) cherche à occulter les milliers de conversions des hindous au christianisme, notamment vers les mouvements évangéliques et pentecôtistes. Certains disent que le dialogue interreligieux sert notamment à éviter « que tout n’explose ». Lors des mariages mixtes de femmes chrétiennes avec un homme hindou ou musulman, souvent ces dernières doivent quitter leur religion d’origine. Mais est-ce là une question de religion ou de relation entre les sexes ?

Certes, je pense qu’au fond, chaque religion (mais pas pour autant chaque croyant !) a la conviction de détenir la vérité. Mais si cela n’empêche pas de vivre en tolérance avec le voisin qui ne croit pas la même chose, cela me va. Si cela permet de pratiquer en toute simplicité, cela me va. Car au fond : God is One… même si les religions sont multiples. »

Iris Reuter