Session de formation des envoyés : bilan

La session de formation des futurs envoyés du Défap s’est terminée vendredi dernier, 17 juillet. Bilan.

Programme

 

Durant ces deux semaines de formation, les envoyés ont échangé sur de nombreux sujets. Outre apprendre à connaître le Défap (le lieu et l’association), ils ont assisté à divers ateliers :

 

  • Savoir témoigner de son expérience : comment exprimer et expliquer sa mission sur place ;
  • Connaître les enjeux géopolitiques des régions dans lesquelles ils se rendent ;
  • Connaître les différents dispositifs et cadres d’envoi en mission ;
  • Discuter autour de l’interculturalité ;
  • Parler sécurité et savoir comment réagir dans des situations délicates ;
  • Avoir une meilleure connaissance des crises et conflits en milieu interculturel ;
  • Discuter de l’interreligieux, et notamment des relations entre chrétiens et croyants d’autres confessions ;
  • Connaître mieux les inégalités Nord-Sud ;
  • Savoir comment gérer les relations avec l’Eglise d’accueil.

 

Les futurs envoyés et les formateurs ©

En plus de tous ces ateliers complets et enrichissants, les envoyés ont été briefés sur toutes les questions pratiques et administratives, et d’anciens envoyés du Défap sont venus témoigner afin de partager leur expérience avec eux.

 

Culte d’envoi

 

Le culte d’envoi animé par le Secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, a clos la session.

Il a rappelé, lors de ce culte, les grands principes de l’envoi par le Défap, les raisons derrière ce programme.

Ce culte a constitué en la lecture de divers textes bibliques et prières, entrecoupés de chants et de mots de réflexion en rapport avec la mission de la part du secrétaire général.

 

Un bilan positif

 

Le bilan de la session de formation est positif : les envoyés étaient contents de cette période d’échange et d’apprentissage.

 

Les envoyés lors de la session de formation ©

 

Ces derniers ont participé à trois phases de bilan :

  • Un bilan personnalisé : une rencontre entre les responsables concernés du Défap et chaque envoyé afin de déterminer ce qu’il a appris, ce qu’il a trouvé particulièrement intéressant, etc.
  • Un bilan oral en groupe : chacun a partagé son opinion et a échangé à ce sujet ;
  • Un bilan écrit : les envoyés ont noté les différents modules mis en place tout au long de la formation.
  • Un bilan de cette évaluation sera fait par le service des envoyés : c’est une façon pour le Défap de voir si les trois phases de bilan se recoupent et de savoir où en sont les volontaires à la fin de la formation.

Chaque envoyé a retiré quelque chose de cette formation à hauteur de ses espérances.

C’est également un groupe qui a bien fonctionné : un véritable échange a eu lieu entre eux, ce qui est un des objectifs principaux de ce temps fort du Défap.

 

Lire notre article précédent sur la session de formation
Lire nos prières en lien avec la session de formation des envoyés : « Voyagez léger » et « Mission surprenante »

 




Session de formation des envoyés : une diversité des profils

En ce moment a lieu au Défap la session de formation des envoyés : préparation des futurs envoyés avant leur départ en mission.
Une grande diversité

 

Cette session est sans doute parmi les plus diverses qu’ait connue le Défap : les envoyés viennent d’horizons très différents.

On remarque cependant toujours des problèmes de recrutement dans notre réseau d’Eglises : beaucoup d’envoyés viennent d’Eglises évangéliques et/ou indépendantes.
Par ailleurs, la plupart des envoyés de cette session découvre le Défap au travers de leur mission.

 

Mais cette diversité n’est pas forcément une mauvaise chose ! Elle fait du Defap un lieu de rencontre entre toutes ces tendances du protestantisme. Grâce à cette diversité, la formation se déroule dans une bonne ambiance, avec une forte cohésion entre les participants.

 

Session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

 

Débat autour des relations avec les Eglises d’accueil

 

Au niveau contenu et formation, les envoyés ont discuté de divers sujets : géopolitique, découverte du Défap, interculturalité, témoignages d’expérience, relations avec l’Eglise d’accueil etc.

 

Des débats ont eu lieu autour de la question du dialogue interreligieux et des relations avec les Eglises d’accueil. Une grande question est revenue : jusqu’où est-on prêt à aller dans le compromis avec les Eglises d’accueil pour composer avec des manières qui ne sont pas les nôtres ?

 

Session de formation des envoyés, juillet 2015 ©

Tous les envoyés n’ont pas la même opinion, ce qui a enrichi le débat. Il est d’ailleurs étonnant de constater que certains envoyés sont hors de tout réseau religieux : ils se sont très bien intégrés et il semble qu’ils n’auront aucun problème à s’intégrer dans les Eglises d’accueil.

 

Au culte d’accueil, Jean-Luc Blanc leur a dit que leur mission est « plus d’apprendre des autres que de leur donner ».

 

A suivre : un écho du culte d’envoi et de l’évaluation de la formation.

 




David Brown : « encourager l’unité dans le monde chrétien »

Le pasteur David Brown et sa femme Julie sont les nouveaux responsables du projet Mosaïc en Île-de-France. Interview du pasteur.

Parcours de Julie et David Brown

Missionnaires américains, ils ont vécu de 1985 à 1994 au Burkina Faso, envoyés par un organisme américain. De 2002 à 2010, ils ont vécu au Maroc où ils ont notamment rencontré le pasteur Jean-Luc Blanc qui leur a demandé d’accompagner des migrants sans-papiers (venant de 43 pays différents). Ils sont ensuite venus à Marseille à la demande de Philippe Girardet, ancien président de la Cevaa. David Brown s’y est installé en tant que pasteur (et musicien…). C’était pour eux l’occasion de passer d’un « pays de transit » (le Maroc) à un « pays d’accueil » (la France).
Le pasteur et sa femme travaillent en équipe et sont aujourd’hui les représentants Mosaïc pour l’Île-de-France.

 

Logo du Projet Mosaïc

 

Comment en sont-ils arrivés là ?

 

A Marseille, David et Julie Brown ont travaillé en relation avec le projet Mosaïc. Venus à Paris lors d’une réunion en lien avec le projet, ils rencontrent François Clavairoly qui leur parle du projet et, quelques semaines plus tard, les appelle pour le leur proposer à plein temps. Ils hésitent mais… « Cela semblait être la volonté de Dieu que nous venions à Paris ».

C’est ainsi que, depuis le 1er février 2015, David Brown est en charge du Projet Mosaïc en région parisienne.

 

La définition du projet

 

Le projet Mosaïc a pour but « d’encourager la rencontre inter-Églises protestantes ».
Le pasteur David Brown explique qu’il faut « apprendre à vivre avec nos voisins, partager nos cultures, vivre notre vie ensemble ».

Le thème de l’interreligieux est cher au pasteur. Par exemple, « aux Etats-Unis, les musulmans sont plus intégrés dans la société » qu’en France, notamment parce qu’il y a plus de travail. « Le problème du racisme et de l’intégration est un enjeu important », dit-il.

« Mosaïc va dans le même sens car on est dans la multiculturalité », avec notamment des « différences liturgiques et théologiques ». L’idée, nous dit-il, est de répondre à la question « comment arriver à vivre ensemble, à être unis, à mettre notre foi unie en action ».

Le pasteur David Brown veut lancer ce message d’unité, dans une société en mutation où il est important que « l’Eglise joue un rôle d’exemple de vie entre cultures ».

« Nous sommes tous chargés du dialogue interreligieux », dit-il. L’œuvre des Églises Mosaïc est de « partager la bonne nouvelle comme les autres Eglises ».

Mais c’est également de venir en aide aux personnes dans une situation de précarité. Il cite ainsi l’exemple d’une Église qui accueille deux personnes sans abri depuis six mois en attendant de trouver une solution durable.

 

Faire connaître le projet

 

Mosaïc est devenu plus un « programme qu’un projet », dit le pasteur.

Mais « beaucoup de gens ne le connaissent pas ». C’est pourquoi il essaye d’assister aux réunions pastorales et contacte directement ses collègues : « je suis quelqu’un du terrain », insiste-t-il.

Cela lui permet également de découvrir de nouvelles Eglises. Mais un problème se pose à Paris qu’il n’a pas eu à Marseille : l’ampleur de la zone géographique. C’est pourquoi, à partir de septembre, il veut « organiser l’activité Mosaïc par zones », même si certaines activités resteront pour toute la région, comme la fête de la musique qui a lieu cette année à l’Eglise Saint-Paul.

 

Les objectifs du mandat

 

Le pasteur a deux buts : au niveau spirituel et au niveau pratique.

 

Au niveau spirituel, il veut « encourager l’unité dans le monde chrétien ». Il est nécessaire de « garder le respect pour l’autre, différent », dit-il avant d’ajouter que « le mal est content quand on est divisé ».
Mosaïc est en cela un « point de rencontre authentique ».

 

Au niveau pratique, dans les trois ans de sa mission, il souhaite « voir de plus en plus de pasteurs inclus dans l’activité Mosaïc ». Certains pasteurs se disent intéressés mais expliquent ne pas avoir le temps : David Brown dit que le « simple fait de participer au repas mensuel de Mosaïc » est déjà enrichissant et permet de multiplier les rencontres.

Il insiste sur son expérience au Maroc où il dit avoir « beaucoup appris avec [ses] amis musulmans », et leur avoir appris en retour : c’est un « vrai partage ».

 

Interview du pasteur David Brown dans Courrier de mission

 




Réunion ERM : discussions autour du Forum Défap 2016

La réunion des équipes régionales mission avait à son programme plusieurs sujets, dont celui du Forum Défap 2016. Retour sur cette journée du 4 juin 2015.

Méditation

 

Réunion ERM

 

Elle a été assurée par le pasteur David Brown, nouveau responsable du réseau Mosaïc pour la région île de France. Il a ouvert ce temps à la guitare et a ensuite proposé une réflexion biblique autour de l’immigration, un sujet qu’il connaît bien car, missionnaire américain, il a longtemps vécu au Burkina Faso, au Maroc, et maintenant en France.

A partir de plusieurs passages bibliques, il a parlé de ce sujet : Luc 4, versets 18-19, sur « l’expression de notre mission sur terre », puis Esaïe 49, verset 6, qui décrit cette mission comme « voir, réagir et bénir ».

Il existe des « murs qui divisent nos vies » et qui « nous empêchent de réagir, de mettre notre foi en action », ajoute-t-il, et l’histoire de Jésus et de la Samaritaine (Jean 4), montre bien l’existence de ces murs entre certaines communautés.

En outre, la Lettre aux Ephésiens (2, versets 14 à 16) rappelle que Christ « a renversé le mur qui entretient la haine ». La croix crée « un nouveau peuple, une nouvelle réalité basée sur l’amour inconditionnel et infini de Dieu, sans différence entre les hommes, dit-il. La croix fait tomber les murs qui nous séparent, mais c’est à nous de la laisser faire. »

 

Forum Défap 2016

 

Les représentants des régions ont réfléchi à l’organisation de cet événement et à la manière de le rendre le plus interactif possible.

Le Forum, où les représentations régionales seront limitées, a pour objectif de rédiger des thèses nouvelles sur la mission, alimentées par une réflexion de chaque région. Une équipe de synthèse sera en charge de préparer un texte récapitulatif de ce qui se dira étape par étape durant le Forum.

Un blog a déjà été mis en place qui relaie des articles provenant des régions.

L’accent a été également mis sur l’importance de la jeunesse qui « fait aussi partie de la dynamique missionnaire », comme l’a rappelé Anne-Laure Danet.

L’idée est en effet d’avoir des « mini-forums » dans chaque région : partout des groupes seront formés et se rassembleront dans des lieux où il leur sera possible de visionner le Forum en direct et donner ainsi leur avis, notamment par le biais de Twitter. Les équipes régionales sont chargées d’organiser dans leur région ces différents lieux de « mini-forum » le samedi 9 janvier de 14h à 16h30.

La pasteure Anne-Laure Danet a insisté également sur le fait que le Forum est une façon de mobiliser les Eglises et leur dire qu’elles sont « toutes missionnaires », qu’elles possèdent « toutes cet engagement ».

 

Réunion ERM

 

Mosaïc

Le Projet Mosaïc, créé en 2006, a pour but de favoriser la rencontre et la collaboration entre chrétiens protestants de diverses cultures et origines.

 

Les équipes régionales sont chargées d’aider les Eglises à vivre des liens concrets avec les Eglises du projet Mosaïc. Chaque correspondant local a pour tâche de veiller à établir ces liens localement.

 




Des Bibles pour la mission

Le « projet NBS » s’appuie sur un constat simple : dans les Églises du Sud, les outils théologiques manquent souvent pour les pasteurs et les évangélistes. D’où cette initiative du Défap lancée dès 2007 et combinant la diffusion d’exemplaires de la « Nouvelle Bible Segond » avec l’envoi d’enseignants et l’organisation d’ateliers. Après le succès d’une première phase de diffusion de 1500 Bibles « NBS », le Défap renouvelle l’opération.

Depuis 2007, le constat n’a pas changé. Dans beaucoup d’Églises du Sud, la bibliothèque théologique personnelle des pasteurs, prédicateurs et évangélistes se limite régulièrement à un seul ouvrage : une Bible, souvent d’une édition modeste. Ceux qui achètent quelques livres durant leurs études doivent généralement les revendre au moment où ils terminent. Or, il existe une Bible d’étude dans la version NBS (Nouvelle Bible Segond) qui intègre de nombreuses aides pour un travail exégétique, historique, théologique. C’est précisément cet outil très complet – avec introductions détaillées, notes exégétiques, tableaux et encadrés thématiques, cartes, index détaillé et concordance – que le Défap contribue à diffuser, grâce à un partenariat avec l’Alliance biblique française et au soutien financier de ses Églises membres. En l’accompagnant de l’envoi d’enseignants et de la mise en place d’ateliers, aidant ainsi à la transmission de l’Évangile, au soutien à la formation biblique, ainsi qu’au renforcement des liens ecclésiaux dans l’espace francophone.

Un « passeport vers la fraternité »

La première phase de ce « projet NBS » a permis de diffuser 1500 Bibles. La « NBS », édition d’étude personnalisée pour le Défap, a déjà été distribuée en de nombreux endroits, notamment au Cameroun, au Congo, au Sénégal, au Bénin, à Madagascar, au Rwanda, en Tunisie… Une deuxième phase portant sur un nombre équivalent a d’ores et déjà été lancée par le Défap, devant l’accueil très favorable reçu dans les Églises du Sud. De nombreux organismes de formation (instituts bibliques et facultés de théologie) ainsi que des Églises ont d’ailleurs demandé à ce que ce programme continue. Ce dont témoigne un étudiant qui a bénéficié au Sénégal du programme de diffusion de Bibles NBS et des formations qui y étaient associées :

« Il reste des besoins non pourvus »

 

La Bible d’étude NBS est ainsi apparue, lors de cette première opération, comme un outil dont les bénéficiaires ont apprécié la qualité et l’utilité pour la lecture dans un cadre académique ou pour le travail pastoral. Les ateliers ou séminaires de formation ont permis des échanges souvent très riches, les animateurs des sessions (professeurs ou biblistes) revenant souvent impressionnés par le désir d’apprendre des étudiants, par leur curiosité et par la pertinence de leurs réflexions.Comme le soulignait dès 2007 Marc Frédéric Müller, ancien Secrétaire Exécutif du Défap, à l’époque en charge du projet des NBS : « Aujourd’hui la Bible, porteuse de paroles qui font vivre, ne cesse de nourrir la foi de tous ceux qui s’engagent, à la suite du Christ ; elle est offerte pour l’édification de l’Église universelle qui préfigure de bien des manières le Royaume à venir. Plus nous serons enracinés dans le témoignage des prophètes et des apôtres, plus nous serons capables de nous ouvrir aux réalités des autres, à leur culture et à leur langage, à leur souffrance et à leur espérance. Dans un monde où les frontières des hommes sont parfois un empêchement à la rencontre, la Bible est un passeport, marqué du visa de la grâce, qui nous donne de lever les barrières posées en travers des chemins de fraternité. »

30 euros par Bible, frais d’envoi inclus

Un « passeport vers la fraternité » qui revient à un maximum de 30 euros pièce : c’est ce que représentent le coût de la Bible elle-même, et les frais d’envois (qui peuvent varier selon les pays). Pour avoir une idée de la qualité de l’ouvrage distribué, en voici un exemple disponible en ligne (disponible à partir du site spécialisé « La Nouvelle Bible Segond – édition d’étude ») :




Protestants en fête : vidéos de festivités, vidéos de partage et d’émotion

Avant de refermer la page « Protestants en fête », quelques souvenirs sous forme de vidéos, tournées par l’équipe du Défap ou par des participants aux festivités et partagées sur YouTube : voici donc quelques images de la soirée spectacle du samedi soir à Bercy, et des extraits des chants lors du culte, le dimanche matin, dans le même lieu.

 

 

Le samedi 28 Septembre à Bercy, lors de la soirée spectacle. Petite incursion dans le public sur des images de Valérie Thorin (Défap)

 

Le même soir : les premiers rangs se mettent à danser. Images de Valérie Thorin (Défap)

 

Toujours lors de la soirée spectacle : le chant d’entrée du groupe composé de Pierre-Nicolas et Mary-Colleen De Katow, Thomas Blanc, Patrick Bonhomme, Matt Marvane, Steve Ngono, Samuel Olivier et les musiciens Franck « Boom » Jean à la basse, Ben Gabut et Manu Robillard aux guitares, David Grail à la batterie et Gregory Tanielian aux claviers. Vidéo mise en ligne par « jmhbfs », YouTube

 

Dimanche 29 Septembre à Bercy, lors du culte de Protestants en fête. Sous la direction de John Featherstone, voici une partie du chant « A toi la gloire » avec la ferveur non programmée de l’assistance. Vidéo mise en ligne par « jmhbfs », YouTube

 

Lors du culte : sous la direction de John Featherstone, voici une partie du chant « Mon ancre et ma voile ». Vidéo mise en ligne par « jmhbfs », YouTube




Assemblée Générale 2013 : Pour une Eglise en mission

Le Défap a tenu, samedi 6 avril 2013 dans ses locaux parisiens du boulevard Arago, son Assemblée Générale annuelle, qui a regroupé plus de soixante délégués et invités des différentes Églises et partenaires.

Le rapport d’activités et l’ordre du jour a permis de faire le point sur les différentes missions en cours, tout en mettant l’accent sur les liens renforcés entre le Défap et la Cevaa (Communauté d’Églises en mission).

Le dialogue interreligieux

Le Défap se félicite de l’ampleur du travail interreligieux effectué par Karen Smith. Pasteur aumônier de l’Université royale d’Ifrane, au Maroc, elle est sollicitée pour de nombreuses interventions liées au dialogue entre les cultures et les religions. Elle intervient dans tout le Maroc pour des conférences, des colloques et des formations d’imams ainsi qu’en France, dans des animations organisées par les régions.
D’autres échos sont également très favorables concernant le dialogue interreligieux au Sénégal, en Tunisie et à Djibouti.

La théologie citoyenne : le SECAAR (Service chrétien d’appui à l’animation rurale)

Soutenu par le Défap, le SECAAR est un réseau d’Églises et d’organisations engagé dans le développement durable. Il élabore des programmes de développement, assure des formations, et collabore à des recherches appliquées dans le domaine de l’agriculture et la promotion d’espèces végétales améliorées. Près de 600 personnes, dont près de la moitié sont des femmes, ont bénéficié des formations proposées.

L’enseignement Protestant

En partenariat avec la Cevaa et DM Échange et mission (Suisse), le Défap organise pour la seconde fois, en avril 2013, un séminaire sur l’enseignement protestant. Il a pour objectif de mener une réflexion sur la pertinence de cet enseignement, son lien avec les projets des Églises et il tracera des pistes de collaboration internationale.

Des accompagnateurs sur la frontière Israélo-palestinienne

Depuis 2012, le Défap assure la coordination et l’envoi de personnes dans le cadre du Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et Israël (EAPPI). Ce programme a pris une dimension interconfessionnelle avec l’engagement du Secours catholique et du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD – Terre solidaire).

Envoi de volontaires

Au total, le Défap et ses partenaires ont envoyés 53 personnes volontaires au cours de l’année 2012. Une attention particulière leur est portée afin de faciliter leur mission et, surtout, assurer leur sécurité. A ce propos, le Défap et la Cevaa sont résolus à mettre tous leurs moyens en œuvre pour que lumière soit faite sur la mort d’Eric de Putter, envoyé à l’Université protestante d’Afrique centrale de Yaoundé (Cameroun), assassiné en juillet 2012. Par ailleurs, en raison des troubles politiques en Afrique centrale, trois envoyés du Défap ont dû rentrer prématurément en France.

Communication

Le Défap a également travaillé à améliorer sa communication : le site internet (www.defap.fr) a été refondu, permettant ainsi une meilleure visibilité de tous les projets (France et pays étrangers). Le journal Mission devrait également mieux se faire connaitre. Le site intègre des liens avec la bibliothèque du Défap, mais également la Cevaa, les différents partenaires, les programmes spécifiques et les Églises sœurs. Il permet l’accès aux émissions de radio mensuelles (Fréquence protestante) ainsi qu’à divers documents vidéo.
Le site du Défap est également présent sur le portail Regardsprotestants.org.




Enseignement protestant ici et là-bas !

Séminaire sur l’Enseignement Protestant, du 15 au 19 avril 2013 au Défap

Du 15 au 19 avril 2013, le Défap accueillera une trentaine de représentants d’organismes protestants engagés dans l’enseignement primaire et secondaire en Afrique, en Europe, en Océanie et dans les Caraïbes.

Organisé conjointement avec la Cevaa, ce séminaire multiculturel sur l’enseignement protestant fait suite à une première rencontre de janvier 2011, qui aura permis de prendre connaissance de la situation contextuelle de l’enseignement protestant dans chaque pays représenté et de favoriser l’échange d’expériences sur différents projets et initiatives.

L’objectif de la rencontre de cette année est triple, à savoir :

  • Identifier les défis de nos sociétés et enjeux de l’enseignement protestant à travers une réflexion théorique sur sa valeur ajoutée ;
  • Identifier des axes de travail émanant de préoccupations communes afin de bâtir un programme d’actions ;
  • Poursuivre une collaboration commune, pérenniser les liens et dynamiser les échanges.

2017 – année de célébration des 500 ans de la Réforme – est l’horizon que se sont fixés les participants pour mener à bien cette réflexion sur le caractère spécifique de l’Enseignement Protestant, sa valeur ajoutée, ainsi que sa place dans les Eglises et la société…

N.B : Ce séminaire n’est pas ouvert au public
Pour plus d’informations, téléchargez le programme.




La problématique de la lecture interculturelle de la Bible au cœur du Projet Mosaïc !

Depuis plusieurs années déjà, l’interculturel est dans l’air du temps, et les Églises sont fondamentalement concernées par cette réalité. Des problématiques nouvelles naissent de la rencontre de cultures différentes. Il est bon de rappeler que la culture est un concept qui englobe bien plus que la musique, la langue, et la façon de célébrer le culte. Notre culture est notre perception du monde, de la vie, de nous-mêmes et des autres. C’est tout ce qui, en nous et autour de nous, nous définit et nous façonne.

Le terme ‘interculturel’ qualifie les situations dans lesquelles des cultures se rencontrent et entrent en dialogue. On parle ainsi de ‘communication interculturelle’ quand on se réfère aux éléments de la culture qui vont venir influencer l’efficacité de la communication entre personnes de cultures différentes. La lecture de la Bible au sein de groupes multiculturels n’est pas épargnée par cette question. Un congolais, un antillais ou un alsacien de souche ne comprendrons pas de la même manière un récit de guérison. Partager ce que chacun ressent et entend dans un texte biblique, selon son vécu, ses racines et traditions, ne peut qu’être enrichissant, fécond et source de nouveauté pour tous !

Le projet Mosaïc encourage chacun à enrichir son expérience de vie et sa lecture de la Bible avec les expériences d’autres chrétiens vivant dans d’autres contextes et cultures. De plus nous savons que les Ecritures elles-mêmes ont été écrites dans différents contextes culturels et sociopolitiques. Pour nous protestants, les Ecritures ont une place centrale. Elles parlent de nous, et à travers elles, c’est Dieu qui parle à chacun de nous. Le Congrès de Lausanne sur l’évangélisation, en 1974, avait déjà déclaré : « L’Evangile ne présuppose pas la supériorité d’une culture sur une autre ; il évalue toutes les cultures selon ses propres critères de vérité et de droiture et affirme qu’il y a des absolus moraux qui s’imposent à toutes les cultures ».

Il s’agit alors de laisser les Ecritures devenir interprètes de ce que nous sommes, dans nos cultures et traditions. Dieu souhaite que chacun puisse l’entendre dans sa propre langue. Dieu ne parle pas une langue « sacrée », mais à travers nos langues ordinaires afin que nous réalisions que l’Evangile nous concerne et que nous sommes invités à rejoindre une communauté issue de « toute nation, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues » (Ap. 7, 9). Grâce à l’Evangile qui nous annonce que nous sommes tous membres du corps du Christ, l’Eglise a pour mission de dépasser les frontières imposées par la société, en surmontant les difficultés dues aux différences culturelles. Ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra prétendre annoncer la Bonne Nouvelle à un monde fractionné et multiple.

Pasteur Marianne Guéroult
Responsable du Projet Mosaïc à la Fédération Protestante de France




“Éric refusait toute corruption”

Samedi 15 septembre 2012, à l’occasion de la cérémonie en hommage à Éric de Putter, le Défap-Service protestant de mission s’est exprimé par la voix de son président, Jean-Arnold de Clermont. Un article publié par l’hebdomadaire Réforme le 20 septembre 2012.

Éric de Putter © Défap

Réforme : C’est la première fois que le Défap s’exprime publiquement depuis l’assassinat d’Éric de Putter le 8 juillet 2012 à Yaoundé, pourquoi ?

J.-A. de Clermont : Face à un événement aussi grave, nous avons renoncé à prendre la parole de manière publique cet été, car nous devions garder le silence du deuil.

Réforme : Très rapidement, vous vous êtes rendu au Cameroun. Qui avez-vous rencontré ?

J.-A. de Clermont : Avec le secrétaire général de la Cevaa [communauté de 37 Églises protestantes en mission, ndlr], nous avons rencontré les responsables des Églises, consternés. Nous avons également été reçus par la consul de l’ambassade de France, par les responsables de l’enquête et par le ministre de la Justice.

Avec les autres partenaires, nous avons participé au conseil d’administration de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC). Nous savons que certains diplômes ont été achetés et attribués par favoritisme. C’est ce système de corruption que beaucoup connaissaient et que le doyen n’a pas osé affronter. C’est ce même système qu’Éric de Putter n’a jamais accepté. Les responsables des Églises, en charge de l’UPAC, ont pris les choses en main en remplaçant les dirigeants de l’université, en commandant un audit de fonctionnement et en lançant une réforme des statuts et des partenariats.

Réforme : Que pouvez-vous nous dire sur l’avancée de l’enquête ?

J.-A. de Clermont : Je vous confirme les tensions au sein de l’UPAC et l’arrestation d’un doctorant centrafricain, dont la thèse a été refusée par Éric de Putter, et du doyen de l’UPAC. Mais, pour l’instant, leur implication dans le meurtre n’est pas prouvée. Pour la police judiciaire, il y a bien eu commandite de ce crime de l’intérieur de l’université.

Réforme : Connaissiez-vous la situation d’Éric au Défap ?

J.-A. de Clermont : Nous avons découvert qu’un rapport avait été écrit par des enseignants de la faculté de théologie en 2010 à destination du conseil d’administration de l’université, dénonçant la corruption de manière virulente. Nous ne savons pas pourquoi il a fallu deux ans pour que les partenaires et l’administration réagissent.

Concernant Éric de Putter, évidemment que nous nous sommes posé la question de notre responsabilité. Il nous avait alerté sur les tensions entre lui et le doyen. Mais ni Éric, ni les responsables du Défap ni personne ne pouvaient prévoir cette issue tragique. Le Défap lui avait proposé de rentrer au printemps. Il avait refusé, expliquant qu’il vivait de belles choses malgré tout. Jean-Luc Blanc, responsable des envoyés et de la formation théologique, s’était rendu au Cameroun à cette période pour organiser une médiation. Selon le volontaire, les relations s’étaient apaisées. Mais cet été, le climat de travail s’était détérioré à nouveau et c’est pour cela qu’Éric avait avancé son départ.

Réforme : La corruption au Cameroun est un grave fléau qui touche toute la société. Comment travaillez-vous là-bas ?

J.-A. de Clermont : Certains envoyés en témoignent. Un volontaire a arrêté son contrat dans le domaine médical car il ne supportait plus de voir les infirmiers vendre les médicaments au lieu de les donner. On sait bien que le pays est corrompu à tous les niveaux. On apprend aussi que les personnes arrêtées font partie de l’opposition. Sans aucun doute, cela doit avoir une influence dans la vie des Églises. Nous y sommes attentifs. Notre travail est essentiellement fondé sur l’échange humain et très peu sur l’aspect financier. Donc nous essayons d’être attentifs aux origines des pasteurs que nous recevons pour ne pas favoriser ou discriminer une Église plutôt qu’une autre.

Réforme : Comment envisagez-vous l’avenir du Défap au Cameroun ?

J.-A. de Clermont : C’est une histoire séculaire entre les Églises des deux pays. Nous n’allons pas à la première difficulté demander le divorce. Il nous faut dialoguer, échanger afin de trouver des solutions pour poursuivre cette relation. Comment mettre en place un partenariat transparent les uns avec les autres qui pourra révéler des dysfonctionnements ? Nous ouvrons la réflexion. La réponse ne nous appartient pas, nous la trouverons tous ensemble. Je vais aller à l’assemblée générale de la Cevaa, qui fêtera ses 40 ans en octobre, pour en parler.

Propos recueillis par Laure Salamon