Au-delà de l’apocalypse la vie !

 

illustration méditation du jeudi

Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, épouvantées par le bruit de la mer et des vagues. Des hommes rendront l’âme de terreur dans l’attente de ce qui surviendra sur la terre, car les puissances célestes seront ébranlées.

Alors on verra le Fils de l’homme venir sur une nuée avec beaucoup de puissance et de gloire.              

Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche.

Puis il leur dit une parabole: «Regardez le figuier et tous les autres arbres. Dès qu’ils bourgeonnent, vous savez de vous-mêmes que déjà l’été est proche.                                       

De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche.                          

Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.

Le ciel et la terre disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront pas.

Faites bien attention à vous-mêmes, de peur que votre cœur ne devienne insensible, au milieu des excès du manger et du boire et des soucis de la vie, et que ce jour ne fonde sur vous à l’improviste. En effet, il s’abattra comme un piège sur tous les habitants de la terre. Restez donc en éveil, priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tous ces événements à venir et de vous présenter debout devant le Fils de l’homme. »

Luc 21,25-36

 

Illustration méditation du jeudi 26 novembre 2015

Source : Pixabay

Chaque année, l’Avent commence par une évocation effrayante de la fin des temps et une mise en garde contre l’oubli et l’inconscience. Il faut veiller car les temps sont proches ! A la terreur succèdera la joie du Royaume pour laquelle il faut se préparer.

Ceci résonne particulièrement en ces jours de terrible violence terroriste et guerrière, en France, au Moyen-Orient, en Afrique, mais qui voient également se rassembler à Paris des représentants de nombreux pays, avec l’objectif de travailler ensemble pour réduire les risques d’une possible catastrophe climatique.

Aussi bien dans la douleur infligée par une violence fanatique que dans l’espérance née d’une coopération mondiale en faveur de la planète, nous apprenons, une fois de plus, combien les habitants de cette terre sont  tous engagés dans un destin commun et responsables ensemble de l’avenir.

Et si nous, chrétiens, sommes invités à nous présenter debout devant le Fils de l’homme, de même que nous serons bientôt conviés à nous pencher sur le berceau de la crèche, ce n’est pas à notre seul bénéfice, mais pour porter la lumière de l’espérance devant le monde entier, au regard de tous les humains, qu’ils soient chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes, sikhs, agnostiques ou athées.

Il n’y a de salut qu’universel, car nous sommes une seule et même humanité, créée et aimée par Dieu.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions avec les envoyés et les chrétiens du Cameroun.

Nous croyons au Dieu unique, source de toute vie sur terre,

seul fondement et origine de toute la terre et de ses créatures.

Nous croyons à l’excellence de toute vie sur terre,

à la valeur innée de tous les êtres,

à la participation des humains à la vie de la nature.

Nous croyons que le Christ nous montre la tâche confiée à l’être humain:

être l’image de Dieu en œuvrant avec la terre et en prenant soin d’elle,

en cherchant à comprendre ses mystères et ses énergies

et en les utilisant de manière à contribuer au bien de tous ses enfants.

Nous croyons que l’Esprit de Dieu nous conduira

pour que nous trouvions un style de vie modeste, désintéressé, miséricordieux,

afin que les générations à venir héritent en paix de la terre

et qu’à leur tour, elles vivent en sorte que, avec l’aide de ses dons,

toutes les créatures aient part à la justice. Amen.

Propositions liturgiques de la Communauté œcuménique de travail Église et environnement, Suisse

Illustration méditation du jeudi 26 novembre 2015

Source : Pixabay




Incommensurable peine !

 

Trois amis de Job, Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Ils se concertèrent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler ! Ayant de loin porté les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent. Ils déchirèrent leurs manteaux, et ils jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête. Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande.

Job 2,11-13

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

 

Il y a des peines qui semblent au-delà de toute la peine, comme celle de Job lorsque le sol s’écroulant sous ses pas et le ciel sur sa tête il resta 7 jours et 7 nuits en silence face à ses amis venus le visiter. Puis il ouvrit la bouche pour crier sa douleur.

Parfois c’est un geste fou de sagesse qui porte la peine au-delà de la peine, comme dans cette nouvelle de Sherwood Anderson où un messager, venant apprendre aux parents de son ami que celui-ci est mort, voit les deux vieux paysans sortir à la clarté de la lune, prendre leurs outils et commencer l’ensemencement de leur champ, de ce geste large et immémorial de tous les semeurs du monde.

Ou encore je reçus un jour témoignage au sujet d’un prédicateur en charge du culte de Pâques qui, ayant appris dans la nuit que sa fille avait péri, célébra le culte de bout en bout, annonça en Parole et avec le pain et le vin de la cène que le Christ était ressuscité, vraiment ressuscité, avant de partager enfin avec la communauté la terrible nouvelle, et cette peine au-delà de toute peine.

Mais parfois l’incommensurable peine est causée par un incommensurable crime !

Que l’Esprit de Dieu nous donne de pouvoir porter le silence de l’écoute, les gestes de la vie, la Parole de persévérance, vers ceux qui ont été frappés par cet incommensurable crime, perpétré par des enfants du siècle envoûtés par une idéologie de haine et de mort, contre d’autres enfants du siècle qui ne demandaient qu’à vivre, à vivre encore, et à donner la vie…

 

Bandeau de la méditation du jeudi

 

C’est à travers ces mots d’un pasteur camerounais, que nous prions avec nos envoyés et avec les chrétiens du Vietnam. Cette semaine nous portons particulièrement dans notre prière tous ceux qui ont été frappés par les attentats du 13 novembre à Paris.

 

Seigneur dans un monde sans foi ni espérance, même si on me traite de fou, je prierai.
Même si on se ligue contre moi, je prierai encore plus fort. Même si on m’emprisonne, je conduirai vers toi prisonniers, geôliers et juges.

Aide-moi à susciter l’espérance parmi les désespérés, les étrangers, les réfugiés, les exclus. Seigneur à cause de toi je crois que rien n’est perdu : que ton amour envers les hommes demeure le même.

Je te prie pour les victimes des semeurs de tristesse et de mort,
pour les responsables irresponsables de ce temps,
pour ton Eglise émiettée sur la terre,
pour l’avènement du temps promis où le partage équitable se fera entre les nantis et les démunis,
entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.

Seigneur apprends-moi à prier, à compter sur toi, à œuvrer avec toi, à prier encore et encore
avec foi et persévérance.

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay




Mission : vivre au présent pour sauver l’avenir

 

Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.

Alors on verra le Fils de l’homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire.

Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche.

De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte.

Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive.

Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.

Marc 13,24-32

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

 

Si nous devions, nous êtres humains, être anéantis par l’angoisse et l’horreur de la fin du monde, ce serait déjà fait, car les apocalypses peuvent se conjuguer au passé aussi bien qu’au futur et au présent. Il y a eu avant nous des cataclysmes cosmiques et des catastrophes climatiques, et en matière de destruction massive, l’humanité a déjà atteint des sommets.

La bagarre de l’avenir, celle que mène Jésus, c’est encore et toujours celle qui était annoncée dans le livre du Deutéronome : « J’ai mis devant toi la vie et la bénédiction, la mort et la malédiction, choisis la vie ! » Non aux discours et aux actes nihilistes… qui justifient la destruction et la violence par un soit- disant besoin de purification du monde, non à l’illusion mensongère prônant que  tout était mieux avant et que faute de retourner en arrière nous irons dans le mur, non à l’absolutisation du progrès qui cherche à nous faire croire à l’inverse que par la technique et la science nous parviendrons un jour au meilleur des mondes !

Mais quel « oui » face à ces « non » ?

Le oui du figuier et de ses feuilles bien dessinées qui annoncent la venue de l’été ! Le oui d’un Dieu qui n’hésite pas à prendre visage humain pour réitérer le choix de sa confiance inconditionnelle en ceux qu’ils nomment ses enfants. Le oui de Martin Luther à qui l’on prête ce mot d’Esprit : « Si j’apprends que c’est demain la fin du monde, je planterai un arbre. »

C’est au quotidien que nous semons la vie et que nous participons à la sauvegarde du monde. Et c’est une immense responsabilité. Pour le reste, nous pouvons confier à Dieu toutes nos routes !

 

Bandeau méditation du jeudi

Nous prions pour nos envoyés de Madagascar et pour tout le peuple malgache avec ces mots d’un moine cistercien du 12ème siècle, Aelred de Rievaulx, proche de Bernard de Clairvaux :

Seigneur, tu connais mon cœur, fais que mon désir soit de donner aux autres tout ce que tu m’as donné.

Que mes sentiments et mes paroles, mes loisirs et mon travail,

mes actions et mes pensées, mes réussites et mes difficultés, ma vie et ma mort,

ma santé et mes infirmités, tout ce que je suis et tout ce que je vis…

Que ce soit à eux, que ce soit pour eux, puisque tu n’as pas dédaigné toi-même de te dépenser pour nous.

Apprends-moi donc, Seigneur, sous l’inspiration de ton Esprit,

à consoler ceux qui sont affligés,

à redonner du courage à ceux qui n’en ont pas assez,

à relever ceux qui tombent,  à me sentir faible avec les faibles

et à me faire serviteur de tous.

Mets sur mes lèvres des paroles droites et justes,

afin que nous croissions tous dans la foi, l’espérance et l’amour,

dans la pureté et l’humilité, dans la patience et la fidélité,

dans la ferveur de l’esprit et du cœur.

Donne-moi la lumière et la compétence dont j’ai besoin.

Aide-moi à soutenir les timides et les craintifs et à venir en aide à tous ceux qui sont faibles.

Fais que je sache m’adapter à chacun de mes frères et sœurs, à son caractère, à ses dispositions, à ses capacités comme à ses propres limites, selon les temps et selon les lieux, comme tu le jugeras bon, Seigneur.

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay




Donner de soi sans retenue !

 

Jésus dit dans son enseignement : Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques, qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins, qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement.…

Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc…

Marc 12,38-43

 

Illustration de la méditation du jeudi

Source : Pixabay

On peut donner de son avoir, donner de son savoir, donner de ses compétences, de ses talents, de ses relations… Cela ne signifie pas forcément que l’on donne de soi, de son être, que l’on se donne !
Les dignitaires de tous les temps sont tentés par le don ostentatoire, afin de s’émouvoir eux-mêmes de leur propre bonté et surtout d’époustoufler la galerie de leurs bonnes œuvres. C’est si bon d’être sur la photo !

Mais soyons justes, il a toujours existé des riches fort généreux, par sens de leur responsabilité économique et sociale, par désir de rendre le monde un peu moins injuste, ou encore par culpabilité face à la disparité scandaleuse des niveaux de vie entre des humains pourtant frères ! Et ceux-là donnent souvent  beaucoup – mais de leur superflu, dit Jésus.

Et c’est la pauvre veuve qu’il admire en son cœur. Car en donnant de son nécessaire elle se met en danger ; elle signifie et accepte le don d’elle-même.

Dans de très pauvres sociétés nous nous étonnons souvent, nous gens de pays riches, de découvrir sur les visages et dans les yeux les signes d’une joie lumineuse. C’est peut-être l’ultime grâce, l’ultime luxe de ceux qui n’ont presque rien : se donner tout entier et comprendre qu’ils sont reçus par leur Seigneur et Maître comme la plus bouleversante des offrandes de ce monde. Mais que cela nous oblige, nous qui avons du superflu, à le partager largement, afin que cette joie demeure !

 

Bandeau de la méditation du jeudi

Nous prions pour nos envoyés du Sénégal à travers cette prière de Mère Teresa, qui a passé sa vie en Inde au service des plus déshérités.

Mon Dieu, c’est par un choix

Et pour l’amour de toi

Que je veux rester ici

Et faire ce que ta volonté exige de moi.

Non ! Je ne retournerai pas en arrière.

Ma communauté, ce sont les pauvres.

Leur sécurité est ma sécurité ;

Leur santé, ma santé ;

Ma maison est la maison des pauvres.

Non pas des pauvres tout court, mais des plus pauvres parmi les pauvres :

De ceux que les gens évitent soigneusement

Par peur de la contagion

Ou par crainte de se salir

Car ils sont couverts de microbes et d’insectes ;

De ceux qui ne vont pas prier

Car ils n’ont rien à se mettre

Pour ne pas sortir tout nu ;

De ceux qui ne mangent plus

Parce qu’ils n’ont même plus la force de manger ;

De ceux qui tombent sur la route

Sachant qu’ils sont sur le point de mourir,

Sans que ceux qui sont vivants et bien portants

Leur prêtent attention en passant à côté d’eux ;

De ceux qui ne peuvent plus pleurer

Car ils n’ont plus de larmes.

Mère Térésa

Illustration de la méditation du jeudi

Source : Pixabay




Attention à l’amour !

 

Un des spécialistes de la loi, qui les avait entendus discuter, vit que Jésus avait bien répondu aux sadducéens. Il s’approcha et lui demanda: «Quel est le premier de tous les commandements ?»

Jésus répondit: «Voici le premier : Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.

Voici le deuxième : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là.»

Le spécialiste de la loi lui dit : « Bien, maître. Tu as dit avec vérité que Dieu est unique, qu’il n’y en a pas d’autre que lui et que l’aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, [de toute son âme] et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. »
Voyant qu’il avait répondu avec intelligence, Jésus lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Personne n’osa plus lui poser de questions.

Marc 12,28-34

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

Ces paroles de Jésus, en fidélité à l’enseignement qu’il a reçu de la tradition juive, nous conduisent directement au cœur de l’exigence biblique, sans dérobade possible, face à l’essentiel, qui est l’amour : amour de Dieu et amour de son prochain comme de soi-même.

 

Mais le cœur de l’homme n’est pas toujours droit, et parfois son intelligence lui sert à dévoyer le sens des mots les plus évidents. Combien de fois l’amour dû à Dieu ne sert-il à justifier la domination des autres, l’intolérance, le dogmatisme, quand ce n’est pas le fanatisme et la violence ?  Et combien de fois utilisons-nous la prédication retentissante de l’amour du prochain pour cacher notre incapacité à aimer, et des réalités qui n’ont rien d’évangélique : la condescendance, le mépris, l’indifférence, la rivalité, ou même le mercantilisme ?

Un de mes collègues commentant un jour ces versets me fit un précieux cadeau quand il dit : « Soucions-nous un peu moins de parler d’amour et un peu plus de lutter contre les petites et les grandes haines qui ne demandent qu’à croître comme du chiendent dans nos cœurs, nos relations et nos communautés ! »

Ne pas mépriser c’est déjà respecter, ne pas négliger, c’est déjà prêter attention, ne pas jalouser, c’est déjà accepter l’autre, se refuser à la haine, c’est déjà choisir le chemin de la bienveillance et de la fraternité. Ne pas désespérer de Dieu, c’est déjà choisir la confiance. Et ne pas se rêver autre que ce que l’on est, c’est déjà rendre grâce au créateur, c’est déjà rendre possible le commencement de l’amour du prochain… qui s’ancre dans l’amour de soi-même !

 

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Cette semaine nous prions, avec ces mots œcuméniques du Professeur Fadiey Lovsky,  en communion avec nos envoyés et l’Eglise protestante de Djibouti.

 

Seigneur, fais de nous des réconciliateurs, de véritables concordateurs, des pacificateurs persévérants et consolateurs.

Déracine l’orgueil ecclésial de nos cœurs en y fortifiant la fidélité envers l’Eglise. Ne nous laisse pas nous résigner aux tensions et aux séparations.

Seigneur est-ce que la foi ne pourrait pas déplacer les montagnes ? Délivre-nous des rancunes historiques et théologiques.

Donne-nous la grâce d’une prière œcuménique dépouillée de tout triomphalisme. Donne-nous l’amour envers ceux qui aiment Jésus dans un autre climat et un autre style que nous.

Bénis nos engagements en bénissant également ceux des sœurs et des frères, différents des nôtres.
Nous te rendons grâce pour tous ces chrétiens qui t’aiment, même s’ils ne nous aiment pas encore. N’avons-nous pas été, nous aussi, comme eux ?

Nous te prions pour tout ce qui paraît impossible et qui est pourtant nécessaire. C’est pourquoi nous supplions ton Saint-Esprit de nous conduire et de nous inspirer. Amen

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

 




Mission : Ouvrir les yeux avec Bartimée

 

Ils arrivèrent à Jéricho. Lorsque Jésus sortit de la ville avec ses disciples et une assez grande foule, Bartimée, le fils aveugle de Timée, était assis en train de mendier au bord du chemin.

Il entendit que c’était Jésus de Nazareth et se mit à crier: «Fils de David, Jésus, aie pitié de moi!»

Beaucoup le reprenaient pour le faire taire, mais il criait beaucoup plus fort: «Fils de David, aie pitié de moi!»

Jésus s’arrêta et dit: «Appelez-le.» Ils appelèrent l’aveugle en lui disant: «Prends courage, lève-toi, il t’appelle.» L’aveugle jeta son manteau et, se levant d’un bond, vint vers Jésus.

Jésus prit la parole et lui dit: «Que veux-tu que je fasse pour toi?» «Mon maître, lui répondit l’aveugle, que je retrouve la vue.»

Jésus lui dit: « Vas- y, ta foi t’a sauvé.» Aussitôt il retrouva la vue et il suivit Jésus sur le chemin.  

Marc 10,46-52

 

Illustration méditation du jeudi 22 octobre 2015

Source : Pixabay

 

On peut être aveugle par maladie, accident ou infirmité, on peut être aveugle par peur de regarder la réalité en face, on peut être aveugle par désespoir, quand on refuse de voir la lumière de l’espérance et de l’avenir.

Bartimée est celui qui, avec une magnifique énergie, lutte contre ces trois aveuglements. Dès qu’il entend que Jésus est là, il voit l’espoir briller pour lui. Il appelle, il crie, il brave tous les empêchements, toutes les tentatives de le faire taire, il brave la peur des autres, leurs doutes, et ce fatalisme qui le condamnerait à rester ce qu’il est, là où il est, mendiant sur le bord du chemin… Et ce qu’il demande à Jésus, c’est tout, c’est l’impossible : voir de ses yeux le monde où il habite, découvrir le visage des proches, s’émerveiller de la beauté du ciel, mais en assumant de connaître aussi la cruauté des hommes, la dureté de la vie, la responsabilité d’une existence nouvelle et différente avec ses yeux pour le guider.

Ta foi t’a sauvé lui répond Jésus, et il retrouve la vue. Qu’est cette foi qui sauve ? Est-ce comparable à « Aide- toi, le ciel t’aidera » ?

De fait, la foi est tout sauf une attente passive. C’est un engagement, une dynamique. Mais c’est aussi un don et un courage : faire confiance.

Que faire si nous n’avons pas reçu ce don, ou si nous l’avons perdu ? Penser à Bartimée, se lever comme lui, dans le noir, pour appeler à l’aide, dire ce que nous avons sur le cœur, et affirmer que nous restons ouverts – malgré tous nos doutes, aux merveilles de Celui que nous appelons Dieu.

 

Bannière méditation

Cette semaine nous prions avec nos envoyés en Egypte et toute la communauté protestante du Caire et d’Alexandrie.

 

Nous vivons Seigneur, dans un monde fermé à double tour, verrouillé par des milliers de clefs.
Chacun a les siennes : celles de la maison et celles de la voiture, celles de son bureau et celles de son coffre.

Et comme si ce n’était rien que tout cet attirail, nous cherchons sans cesse une autre clef : clef de la réussite ou clef du bonheur, clef du pouvoir ou clef des songes…
Toi, Seigneur, qui a ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, donne-nous aujourd’hui la seule clef qui manque :

Celle qui ne verrouille pas mais libère,  celle qui ne renferme pas nos trésors périssables, mais livre passage à ton amour, celle que tu as confiées aux mains fragiles de ton Eglise pour ouvrir à tous les Hommes les portes de ton royaume.

Illustration méditation du jeudi 22 octobre 2015

Source : Pixabay




Donner c’est se dé-chaîner

 

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut et se jeta à genoux devant lui : « Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? 

Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne commettras pas de meurtre ; tu ne commettras pas de vol ; tu ne porteras pas de faux témoignage ; tu ne feras de tort à personne ; honore ton père et ta mère.»

Il lui répondit : « Maître, j’ai respecté tous ces commandements dès ma jeunesse. » 

L’ayant regardé, Jésus l’aima, et il lui dit : « Il te manque une chose : va vendre tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, [charge-toi de la croix] et suis-moi.»

Mais l’homme s’assombrit à cette parole et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.          

Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Marc 10,17-22

 

illlustration de la méditation du 8 octobre

Source : Pixabay

Que faire de la richesse ? Question ô combien difficile à résoudre pour celui qui la possède, si toutefois il se la pose en conscience !  L’abandonner ou la distribuer toute entière est une possibilité – évangélique selon la parole de Jésus au jeune homme riche -, mais ce n’est pas la seule. Zachée ne donna pas tout, mais la moitié aux pauvres et il rendit au quadruple l’argent mal acquis.

On peut aussi assumer la responsabilité de sa richesse en fondant et en soutenant de grands projets humanitaires, des associations de bienfaisance, des programmes d’enseignement et de formation là où il y en a besoin… Et déjà créer de l’emploi, payer convenablement les gens que l’on fait travailler, acquitter consciencieusement ses impôts et ses cotisations, en rendant à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu !  

Pourquoi à tout cela Jésus préféra-t-il la petite monnaie de la pauvre veuve du Temple de Jérusalem, et pourquoi invita-t-il le jeune homme riche à tout abandonner ?

Parce qu’en donnant tout ce qu’elle avait, se privant même du nécessaire, la première témoignait d’une liberté extraordinaire. Cette même liberté après laquelle soupirait le jeune homme riche, empêtré dans ses biens et sa mauvaise conscience.

Le problème de la richesse est qu’elle sépare les hommes non seulement les uns des autres, mais également de leur propre cœur, et finalement de Dieu.

Or le cadeau le plus précieux que Jésus propose au jeune homme riche, et à nous tous, c’est la liberté des enfants de Dieu.

 

 

C’est dans l’humour et dans la joie que nous partageons cette prière du Pasteur Olivier Fabre en communion avec la Guyane, notre envoyé et toute la communauté protestante.

La prière n’est pas un parapluie ; Dieu ne vend pas de parapluie, il aime trop le vent !

 

J’avais peur de me mouiller,           

je me croyais à l’abri sous ma prière parapluie ; 

mais tu m’as éclaboussé par-dessous, Seigneur.

J’avais cru, sous le parapluie,   

que tu te tenais toi aussi, toi, le Maître de l’Esprit…    

Un p’tit coin d’parapluie, un p’tit coin d’paradis, c’était ma chance…

J’ai ouvert les yeux,         

personne sous le parapluie.    

Personne que moi, un homme au sec, un homme sec,                  

doigts crispés sur le manche de la prière parapluie.

Viens !          

Maître du vent et de l’Esprit,           

emporte aux quatre coins du vent                        

mon ridicule parapluie et ma prière paravent !

Donne-moi en même temps           

la joie et la force     

de ceux que tu trempes de l’Esprit !

illlustration de la méditation du 8 octobre

Source : Pixabay




Mission : hommes-femmes ensemble pour le monde

 

L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme. Et l’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui. Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.

L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! On l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte.

Genèse 2 18-24

 

Illustration méditation du jeudi, 1er octobre 2015

Source : Pixabay

Que le masculin ait été créé en premier signifie-t-il qu’il doive dominer le monde ? Que le féminin ait été créé en second peut-il induire qu’il est le parachèvement du masculin ? Lecture machiste ou lecture féministe, patriarcale ou matriarcale peuvent tirer le texte à hue et à dia pour fonder une vision du monde et un ordre social. A moins que l’on ne s’attache à ce qui lie l’un et l’autre : l’idée d’aide, de complémentarité, de reconnaissance mutuelle.

Intéressante aussi l’interprétation signalant qu’en chacun de nous coexistent et se conjuguent une part de féminin et une part de masculin, ce qui peut résonner avec le premier récit de la création ou « Dieu créa l’humain, masculin et féminin il le créa ».

 

En revanche, il est étonnant d’entendre l’homme appelé à quitter père et mère pour s’attacher à sa femme? Car dans les sociétés traditionnelles – et dans la Bible – c’est plutôt l’inverse qui se passe : on voit les jeunes filles quitter leur famille pour aller habiter avec celle de leur époux !

Faut-il comprendre que, homme ou femme, nous ne pouvons créer d’alliance, avec l’autre et avec Dieu, sans avoir détaché les nœuds qui nous liaient à l’enfance ? Pour devenir Abraham, Abram dut écouter l’appel de Dieu, partir et aller vers lui-même, vers la terre qui lui serait montrée.

Pour participer à la construction de l’avenir et à la réparation du monde, pour vivre selon le projet de Dieu et l’appel du Christ, ne faut-il pas qu’homme et femme acceptent ce détachement symbolique, afin de se rendre disponibles pour se rencontrer l’un l’autre, se reconnaître dans leur liberté, se donner toute leur place, et rendre grâce à Dieu de les faire exister ensemble ?

 

Bandeau méditation du jeudi

         

Cette semaine nous prions pour nos envoyés à Haïti.

Et c’est avec les mots de Laura Figueroa Granados, une théologienne mexicaine, que nous porterons le peuple haïtien, et en particulier les femmes, dans la prière :

 

Seigneur, j’ai faim et soif de croissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

j’aimerais atteindre ma taille réelle, occuper l’espace auquel j’ai été appelée

de très haut et depuis longtemps.

 

J’ai faim et soif, faim et soif d’équité.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

j’aimerais pouvoir regarder chaque personne dans les yeux,

vivre la dignité qui m’a été donnée à grand prix

de très haut et depuis très  longtemps.

J’ai faim et soif, faim et soif de reconnaissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

j’aimerais pouvoir appeler mon travail « travail »,

construire des espaces dans lesquels je puisse dire qui je suis,

par pure grâce et depuis très longtemps.

J’ai faim et soif de justice.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

victimes des violences les plus brutales et les plus subtiles,

je ne veux plus être violée, maltraitée, réduite au silence, assassinée.

Parce que de très haut et depuis longtemps je suis, avec chaque être humain,

image et ressemblance de toi qui m’a créée.

 

Illustration méditation du jeudi, 1er octobre 2015

Source : Pixabay




Danger du purisme ! Urgence de la droiture !

 

« Son disciple Jean dit à Jésus : Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom ; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous. Et quiconque vous donnera à boire un verre d’eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense.  

Mais, si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croient, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui mît au cou une grosse meule de moulin, et qu’on le jetât dans la mer. » Marc 9,38-42

 

Illustration de la méditation du jeudi, Source : Pixabay

Source : Pixabay

 

Attention au purisme ! Il peut devenir aussi dangereux qu’un excès de superstitions, et générer intolérance, idolâtrie et fanatisme. Sur le plan moral, c’est souvent le fait des tartuffes, prêts à imposer aux autres ce qu’ils négligent d’accomplir. Sur le plan religieux cela peut conduire à l’intégrisme et à l’inquisition et sur le plan politique à la terreur et au totalitarisme ! Même des gens de bonne foi, convaincus d’une vérité qui les a convertis, peuvent se laisser entraîner, par peur du laxisme ou du relativisme, à une pratique pétrie d’intolérance.


Sans aller aussi loin, on entend souvent, dans notre contexte de pluralisme culturel,  critiquer telle manière de lire la Bible, telle façon de prier ou de chanter, tel rite ou telle absence de rite …. Poussant le jugement jusqu’à dire que les autres ne sont pas des chrétiens comme il faut.

Alors vive Jésus quand il nous ramène à l’essentiel : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. » « Aime et fais ce que tu veux ! » dira Saint Augustin. 

Contre le purisme Jésus nous invite à la droiture, et sur un ton rude : aucune tolérance pour les comportements qui pourraient scandaliser les cœurs simples de l’Evangile. C’est-à-dire tout ce qui, en contradiction flagrante avec la justice et l’amour de Dieu, choque, fait tomber, pervertit, apparaît comme un véritable contre-témoignage. En un mot : la corruption, sous toutes ses formes ! Plutôt qu’être corrompu et que corrompre mieux vaudrait finir au fond de la mer… car la corruption menace la stabilité du monde.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Dans la conscience de notre responsabilité de témoins et dans la reconnaissance pour la multitude des expressions de la foi, nous pouvons prier avec ces mots :

 

LES  MAINS  JOINTES

Fais, Seigneur, se joindre toutes les mains, pour rendre plus humain le sol où tu insufflas la vie à un homme que tu modelas.

Que nous prenions ta main noire, Seigneur, pour que la terre porte les fruits de l’espoir.

Que nous prenions ta main jaune, Seigneur, pour que le monde reste jeune et que chacun gagne dignement son pain.

Que nous prenions ta main blanche, Seigneur,  pour que les bourgeons qui portent joie et justice éclosent sur toutes les branches.

Que nous prenions ta main rouge, Seigneur, à la croisée des chemins,

pour que les hommes  de l’Afrique,

de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique

de tous les temps, de tous les cieux,

cultivent ensemble, sur tous les continents

des chemins de développement,

des champs de prière et de dévouement.

Nabil Mouannès

 

Illustration méditation du jeudi, Source : Pixabay

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L’écoute au cœur du monde

 

Ecouter la Parole de Dieu et la détresse des humains relève d’une même disposition intérieure.  Témoigner de l’Evangile et s’indigner devant l’injustice et la violence procède d’une même exigence du cœur! Mais notre oreille comme notre bouche souvent nous trahissent….

On amena à Jésus un homme sourd, qui avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains. Il le prit à part de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, lui toucha la langue avec sa propre salive, puis levant les yeux au ciel, il soupira, et dit : Ephata, c’est-à-dire ouvre-toi. Aussitôt ses oreilles s’ouvrirent, sa langue de délia, et il parla très bien. Marc 7,32-35

 

Illustration méditation du jeudi, Source : pixabay

Source : Pixabay

Aujourd’hui nos moyens permettent de pallier jusqu’à un certain point le handicap de la surdité, avec des appareils, le langage des signes… Pour ce qui est des difficultés à parler, les orthophonistes font souvent  du bon travail. Mais la Bible nous oblige à comprendre aussi ces handicaps à un autre niveau, relevant plus de l’écoute que de l’audition, de la proclamation que de l’élocution. Ce qui est difficile à écouter et à proclamer, c’est la Parole de Dieu, son appel à la conscience et à l’amour.

« Ils ont des oreilles et ils n’entendent pas ! » répètent les prophètes. Cette non-écoute est-elle volontaire? Parfois nous refusons d’écouter, nous nous bouchons les oreilles plutôt que d’entendre ce qui nous dérange, contrarie nos désirs, ou nous obligerait à faire quelque chose que nous n’avons pas envie de faire. Mais parfois nous ne pouvons pas entendre, nous ne pouvons pas comprendre. Parce que la parole qui nous cherche ne nous parvient pas au bon moment – nous sommes accaparés par des urgences, nous manquons de maturité, nous n’avons pas la capacité d’intérioriser, de discerner le sens de ce qui nous est adressé.  Ou encore nous avons été formés dans une autre culture, avec d’autres codes de communication, et il nous est impossible de traduire tout seul ce que nous recevons.

Face au handicap de l’homme qui n’entend pas, Jésus n’y va pas par quatre chemins : il lui met les doigts dans les oreilles. Car il faut ouvrir ce qui est fermé. Au sens symbolique c’est un appel à l’efficacité, mais aussi à l’imagination. Parfois rien ne sert de répéter, d’expliquer, de conceptualiser, de crier ; il faut toucher, par un geste, un regard, un objet, une image, par un véritable mouvement de l’être vers l’autre. Il faut créer chez l’autre, avec l’aide de Dieu, le moment propice à l’écoute et à la compréhension du cœur. Qu’il n’y ait plus de peur, de prétexte, de retard vis-à-vis de la Bonne Nouvelle! Parfois c’est nous-mêmes qui sommes cet autre, et Alléluia s’il se trouve sur notre chemin une personne qui nous ouvre!

Pour ce qui est de la langue, dans l’Exode il est dit que Moïse, à qui Dieu parlait comme un ami parle à son ami, voulut se dégager de sa mission en avançant qu’il ne savait pas parler. Alors Dieu lui donna son frère Aaron comme porte-parole.

Dans notre récit Jésus ouvre les lèvres de l’homme sourd et lui met de sa propre salive sur la langue! Drôle de sacrement ! L’homme, qui a retrouvé l’ouïe, trouve également sa voix, et il s’exprime bien.

Ce miracle-là nous pouvons y participer, les uns pour les autres : en nous donnant mutuellement la parole, en nous invitant, en nous encourageant, en nous écoutant… Je me souviens d’une femme très timide qui, sollicitée lors d’un partage biblique, livra au groupe un véritable petit travail de méditation qu’elle avait fait dans le secret de sa chambre, confiant alors : je n’aurais jamais pensé être capable de parler de cette manière en public. Je ne croyais pas avoir des choses intéressantes à dire. Je vous remercie ! Pour moi c’est un vrai miracle.

En portant dans la prière les visages, les voix, les drames des migrants qui aujourd’hui cherchent refuge dans nos pays d’Europe, nous pouvons partager cette confession de foi :

 

Nous croyons au Dieu de l’amour
qui nous appelle à rejeter toutes les idoles
et qui recherche une communion profonde
avec l’humanité.

Nous croyons au Dieu de la création
qui nous appelle à nous unir
pour créer un avenir
de justice, de paix et de joie pour tous.

Nous croyons en un Dieu proche de nous
et présent dans la vie de ce monde
partageant ses espoirs
et ressentant ses douleurs.

Nous croyons en un Dieu qui s’identifie
aux pauvres et aux opprimés
et à ceux qui espèrent en lui,
nous appelant à les rejoindre par la foi.

Nous croyons en un Dieu compatissant
dont le cœur souffre
et dont l’alliance avec l’humanité
restera inébranlable.

Conférence chrétienne d’Asie
1986 (tiré d’Infodéfap)




La langue : un poison ou un baume universel !

 

« Que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère, car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. » Jacques 1,20


« Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’il te fasse ! » Voici ce que répondait le maître pharisien Hillel, contemporain de Jésus, à un homme qui l’interrogeait sur le judaïsme sans avoir beaucoup de temps à consacrer à l’étude ! Souvent on oppose à cet aspect négatif de la règle d’or son aspect positif, qui serait plus évangélique : « Fais à autrui ce que tu aimerais qu’il te fasse ».  Très lucide sur la nature humaine, l’apôtre Jacques conjugue ces deux aspects : mise en garde contre le mal que nous pouvons nous faire les uns aux autres, invitation à nous faire du bien.

 

Entraide, source : Flickr ©

Source : Flickr ©


Et certes le premier aspect n’est pas moins important que le second. Il en est même la condition. En évoquant la langue et la colère, Jacques pointe ce qui est considéré dans la tradition juive comme la faute la plus grave avec l’idolâtrie et le meurtre : tout ce qui concerne la calomnie, le faux-témoignage, l’humiliation d’autrui. Et Jésus dans l’Evangile le dit bien : « c’est ce qui sort de l’être humain qui le souille. Car c’est du dedans, du cœur des gens, que sortent les raisonnements mauvais » Marc 7,20. Nous en avons tous fait l’expérience, la parole peut blesser, et même tuer, autant qu’elle peut faire vivre ! 


Alors aimer Dieu et aimer notre prochain, cela commence peut-être, bien modestement, par une attention incessante à ne pas abimer les êtres qui nous entourent par nos critiques, nos jugements, nos propos méprisants ou condescendants, par le soin pris à ne pas vicier l’air de nos communautés et de nos diverses associations par des petites histoires, des rumeurs, des conflits. En revanche il y a parfois de saintes colères, des indignations bienfaisantes dont la vigueur permet de remettre en place les exigences et les promesses de l’amour. Jacques nous le dit : « Celui qui a plongé son regard dans la loi parfaite, la loi de liberté, et qui y demeure, non pas en écoutant pour oublier, mais en mettant en pratique – en faisant œuvre – celui-là sera heureux dans sa pratique même ». Jacques 7,25


Nous pouvons nous associer à cette prière écrite par un Sage du Talmud au 5ème siècle et qui s’inscrit dans la liturgie du shabbat à la synagogue.


« Mon Dieu, préserve ma langue de la médisance et mes lèvres du mensonge. Rends mon âme insensible à l’offense, et donne-moi l’esprit d’humilité.                                                                      

Ouvre mon cœur à Ta Loi, afin que j’aspire à pratiquer Tes commandements. Renverse sans plus tarder les desseins de ceux qui trament des perfidies contre moi et ruine leurs projets. 

Agis au nom de Ta gloire, au nom de Ta droite, au nom de Ta Sainteté, au nom de Ta Loi, afin de soustraire Tes bien-aimés à la malveillance, accorde-moi le secours de Ta droite, et entends ma prière.                                                                                                                                          *

Agrée les paroles de mes lèvres et les sentiments de mon cœur, Éternel, mon Rocher et mon Libérateur.                                                              

Celui qui fait régner la paix dans les cieux, fera régner la paix sur nous et sur tout Israël, et que l’on dise : Amen »

 

Florence Taubmann

 




Pastorale de l’Eglise protestante malgache en France

Le Secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, et la Chargée d’animation missionnaire, le pasteur Florence Taubmann, se sont rendus vendredi 24 juillet 2015 à la pastorale de l’Eglise protestante malgache en France (FPMA).

C’est autour de grands sujets que les pasteurs de la FPMA se sont donné rendez-vous pour leur pastorale annuelle à Villebon-sur Yvette.

 

Après avoir abordé le jeudi 23 juillet les relations entre judaïsme et christianisme avec l’aide du Pasteur Alain Massini et du Rabbin Michel Serfaty, ils ont écouté ce vendredi 24 le pasteur Bertrand Vergniol évoquer la nécessité d’une double mission d’évangélisation : extérieure et intérieure.

 

Ils ont également reçu sa suggestion de réfléchir sur les défis que représentent aujourd’hui pour le monde la tentation du fanatisme et les conséquences de la sécularisation.

Les pasteurs Bertrand Vergniol et Florence Taubmann à la pastorale de la FPMA, en région parisienne

 

C’est sur cette dernière question qu’ils ont échangé avec le pasteur Florence Taubmann, tâchant de démêler les aspects positifs de la laïcité des aspects parfois négatifs d’une sécularisation des esprits qui tend à vider les Eglises.

 

Mais loin de nous désespérer, ceci pousse à assumer avec fidélité notre devoir de témoignage et de partage de l’Evangile, sans doute à nouveaux frais, avec un enthousiasme renouvelé. Et c’est avec le pasteur David Brown et son épouse Julie, responsables du projet Mosaïc, qu’ils ont poursuivi la journée.

 

Le tout dans une atmosphère très fraternelle et chaleureuse!