Éloge de la résistance

Pendant plus de dix ans, Jean Lods a collaboré à la rédaction du magazine Mission, notamment comme critique de films et par ses reportages dans les festivals de cinéma. Écrivain reconnu, il sort aujourd’hui son cinquième roman, « Le dernier colonel », que Valérie Thorin a lu pour vous.

Quelle est donc cette forteresse qui domine la mer, où vivent toute une armée, un colonel, sa fille et son amoureux ? Quel est donc ce pays aux limites incertaines, fait de terres et d’eaux, sur lequel comme dit le poète, « un ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » ? Peu importe que cela soit aux confins du Sahara ou dans une vallée perdue d’Asie centrale, il y a quelque part en chacun de nous, dans nos souvenirs ou dans notre âme, un Dernier colonel qui survit. Ou plus exactement qui résiste, car tout l’enjeu de ce livre est là : tenir.


Ses engagements, ses promesses, ses principes, son rang… Tous, nous avons un jour ou l’autre à lutter contre une adversité, proche ou lointaine, visible ou implicite. Et c’est loin d’être aisé, même si l’on est le dernier d’une longue lignée de colonels ayant commandé la place. Un esprit fort. Un sage. Même si l’on tente des échappées belles sur le dos d’un rêve ayant les allures d’un cheval pâle, prémisse d’une fin ou d’une révélation.


Jusques à quand, Éternel, mon ennemi s’élèvera-t-il contre moi ? dit le psaume 13. À cette question non plus, il n’y a pas de réponse, ou plus exactement : qu’importe la réponse, qu’importe même l’utilité de cette réponse et de cette résistance alors que peu à peu, tout se défait, tout se délite, tout se mêle dans l’informe comme la terre et l’eau de cette contrée lointaine et indéfinissable. L’essentiel est dans cet impératif catégorique qui fait que l’homme est homme : la dignité, pénultième et imprenable rempart.


Bien qu’il s’en défende, Jean Lods a dans ce livre des accents proches de ceux de Julien Gracq, tant dans le sujet que dans le style. Car c’est en effet dans une langue magnifique qu’il entraîne son lecteur vers des rivages inexplorés. Un très beau roman, à lire absolument.


Jean Lods, Le Dernier colonel, Éditions Phébus, 200 pp.  17 euros

 

Couverture du livre (éditions Phébus)

 

 

Lire la fiche du livre sur le site des Editions Phebus

 

 




Gardons vivante mémoire : tout ne vient-il pas de Dieu ?

Méditation du jeudi 11 août 2016 – En ce temps d’été, nous prions ce psaume pour tous les prisonniers, dans tous les pays du monde, particulièrement là où les conditions de détention sont inhumaines et dégradantes.

 

Du répertoire du chef de chorale. Psaume appartenant au recueil de David.
 

J’ai compté fermement sur le Seigneur, il s’est penché vers moi, il a entendu mon appel.
Il m’a retiré du puits infernal, de la boue sans fond.

Il m’a remis debout, les deux pieds sur le roc ; il a rendu ma démarche assurée.

Il a mis sur mes lèvres un chant nouveau, un chant de louange pour lui, notre Dieu.

Beaucoup en seront témoins, ils reconnaîtront l’autorité du Seigneur et lui donneront leur confiance.

Heureux l’homme qui se fie au Seigneur, sans un regard pour ceux qui font pression sur lui  et s’empêtrent dans le mensonge !

Que de merveilles tu as réalisées, Seigneur mon Dieu ! Tu n’as pas ton pareil.

Et que de projets en notre faveur ! Il y en a trop pour que je puisse tout raconter, tout dire.

Ce qui te fait plaisir, ce n’est pas un sacrifice ou une offrande — tu me l’as bien fait comprendre-.

Ce que tu demandes, ce n’est pas des animaux brûlés sur l’autel ou des sacrifices pour obtenir le pardon.

Alors j’ai dit : « Je viens moi-même à toi. Dans le livre je trouve écrit ce que je dois faire. »

Mon Dieu, j’ai plaisir à t’obéir, et je garde ta Loi tout au fond de mon coeur.

Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : le Seigneur délivre.

Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur. Je ne garde pas secrète la délivrance que tu m’as accordée, mais je dis que tu es un vrai sauveur.

Devant la grande assemblée je ne cache pas ta fidèle bonté.

Toi, Seigneur, tu ne me fermeras pas ton coeur, et ta fidèle bonté sera ma constante sauvegarde.


Psaume 40,1-13

 


Source : Pixabay
 

Je ne sais pas prier me disait un jour un ami ! Est-ce si grave, lui répondis-je, ceux qui savent le faire le font pour ceux qui ne le savent pas, comme toi tu exerces la médecine pour tous ceux qui ne sont pas médecins.

En disant que la prière est le métier du chrétien, Luther nous autorise à parler ainsi, et même à accepter que parmi les chrétiens certains ne puissent pas prier, sinon à travers les actes de la vie. Il y a les Marthe et il y a les Marie.  

Mais tous, avec nos frères juifs en plus, nous avons en partage le merveilleux héritage des psaumes, venus à travers les âges nous porter la prière de nos pères dans la foi. Nous savons que Jésus a prié les psaumes, et que partout dans le monde des communautés les chantent, que ce soit dans les synagogues, dans les églises, dans les monastères.

Alors ce qui est dit prend encore plus d’intensité et de poids. Et surtout cela s’offre à tout être humain qui peut se sentir concerné.

Au cœur de ce psaume d’aujourd’hui nous sommes invités à recevoir cette incroyable consolation : l’homme qui a souffert, prié, crié, pleuré a été entendu, relevé ; son sanglot s’est transformé en chant. A tel point qu’il n’a pas hésité à clamer haut et fort devant qui voulait l’entendre qu’il avait eu bien raison de placer en Dieu sa confiance, de suivre sa loi.

Cet homme, délivré, veut le dire, l’affirmer, le chanter : Dieu sauve du désespoir ! Dieu délivre de la mort spirituelle et du fatalisme. Dieu fait vivre.

Une autre amie, aumônier de prison, me dit un jour combien les femmes qu’elles visitaient – non chrétiennes pour la plupart, se laissaient souvent bouleverser par de telles paroles.

«  C’est de nous que cela parle. C’est une Parole pour nous. »

Qu’elles soient remerciées de leur réceptivité et qu’elles reçoivent, là où elles sont, apaisement et consolation.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Si tout ici nous rappelait Dieu …

Les mots, les silences, les lieux, les temps de prière et jusqu’aux gestes de notre corps nous sont enseignés par la Parole de Dieu et redits par l’Eglise.
A nous il suffit d’aimer, car le puits est profond où nous pouvons puiser.

Jubilation et plainte

Aveux et repentirs

Révoltes et confiances

Disent à Celui qui EST que nous cherchons, comme l’oiseau sauvage, à émigrer en lui.

 

Le passereau s’est trouvé un gîte et l’hirondelle un nid pour ses petits.
Tes autels, Seigneur de l’univers, ô mon Roi et mon Dieu !

 

Si tout ici-bas nous rappelait Dieu,

Le ciel, la terre,

Le jour, la nuit

Les visages humains,

La naissance et la mort,

Nous emplirions notre temps de prière aussi naturellement que nous respirons.

 

Orienter le cœur là où est son trésor : telle est la discipline ordinaire, l’art familier de l’amour.

 

 
Source : Pixabay




La foi c’est la confiance !

Méditation du jeudi 4 août 2016 – En ce temps de grande violence, où des fanatiques poursuivent leur œuvre de mort et pervertissent le Nom de Dieu, poursuivons l’œuvre de vie en prêtant foi à la Parole du Dieu de vie.

Mettre sa foi en Dieu, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que l’on ne voit pas. C’est à cause de leur foi que les grands personnages du passé ont été approuvés par Dieu.

Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qui est visible a été fait à partir de ce qui est invisible.

Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn. Grâce à elle, il fut déclaré juste par Dieu, car Dieu lui-même approuva ses dons. Par sa foi, Abel parle encore, bien qu’il soit mort.

Par la foi, Hénok fut emmené auprès de Dieu sans avoir connu la mort. Personne ne put le retrouver, parce que Dieu l’avait enlevé auprès de lui. L’Écriture déclare qu’avant d’être enlevé, Hénok avait plu à Dieu. Or, personne ne peut plaire à Dieu sans la foi. En effet, celui qui s’approche de Dieu doit croire que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent.

Par la foi, Noé écouta les avertissements de Dieu au sujet de ce qui allait se passer et qu’on ne voyait pas encore. Il prit Dieu au sérieux et construisit une arche dans laquelle il fut sauvé avec toute sa famille. Ainsi, il condamna le monde et obtint, grâce à sa foi, que Dieu le considère comme juste.

Par la foi, Abraham obéit quand Dieu l’appela : il partit pour un pays que Dieu allait lui donner en possession. Il partit sans savoir où il allait. Par la foi, il vécut comme un étranger dans le pays que Dieu lui avait promis. Il habita sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, qui reçurent la même promesse de Dieu.

Hébreux 11,1-9

 


Source : Pixabay

 

Comment expliquer ce qu’est la foi à quelqu’un qui l’ignore et vous pose la question ?

Ce n’est pas facile de décrire ce que l’on ressent comme un don, un cadeau ; mais c’est possible de témoigner de son action dans la vie des hommes, comme le fait l’auteur de l’épître aux Hébreux en évoquant l’expérience des patriarches et des témoins de tous les temps.

Depuis Abel jusqu’à Abraham en passant par Hénok et Noé, les exemples donnés nous font comprendre que la foi n’est pas une croyance mais une relation d’amour, et que celle-ci engendre la joie de Dieu et celle de l’homme, de telle sorte que la confiance et la générosité deviennent la mesure de l’existence.
   
La foi est un élan vers Celui que l’on ne voit pas et que l’on nomme Dieu, une ouverture de l’être à sa Parole, une conviction intérieure qu’IL EST VIE et DONNE LA VIE ; c’est à la fois une émotion, un sentiment, une intelligence du cœur et l’esprit, une dynamique.

Mais attention, une foi sans actes de foi est une foi morte !  Pour inviter d’autres personnes à croire, nos engagements, nos paroles, nos attitudes sont essentiels.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Comment ta volonté, Seigneur Jésus, se fait-elle jour dans l’opacité de nos esprits ? Comment peut-on dire : cette chose est bonne plutôt que celle-là ?

Eclaire-nous.

Mène-nous au point de lumière où s’illuminent les pas.

Parais au rivage des choses comme tu es apparu aux disciples après la nuit infructueuse.

Dis-nous la Parole qui libère de l’errance et de l’incertitude.

Ne nous laisse pas trop longtemps au carrefour des possibles, mais fais résonner à nos oreilles la voix qui dit : C’est ici le chemin, marchez-y !

Donne-nous alors le vouloir ferme et stable de mener à bien cette unique parole, sans plus nous écarter d’elle,

Telle une piste infime au milieu du désert.

 


Source : Pixabay




Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Quelqu’un dans la foule dit à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés. »

Jésus lui répondit : « Mon ami, qui m’a établi pour juger vos affaires ou pour partager vos biens ? ». Puis il dit à tous : « Attention ! Gardez-vous de tout amour des richesses, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est très riche. »

Il leur raconta alors cette parabole :

« Un homme riche avait des terres qui lui rapportèrent de bonnes récoltes. Il réfléchissait et se demandait : « que vais-je faire ? Je n’ai pas de place où amasser toutes mes récoltes.» Puis il ajouta : « voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes autres biens. Ensuite, je me dirai à moi-même : « mon cher, tu as des biens en abondance pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et jouis de la vie » . Mais Dieu lui dit : « Insensé ! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as accumulé ? »

Jésus ajouta : « Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n’est pas riche aux yeux de Dieu. »

Luc 12,13-21

 


Source : Pixabay

 

Nous devrions nous réjouir, et non nous désoler, d’être mortels, inscrits dans la finitude. Car si nous vivons notre simple condition humaine sous le regard de Dieu, cette limitation, cette dépendance deviennent libératrices.

De quoi ?  De tous les vains désirs qui accaparent et torturent notre cœur.

Il ne s’agit pas des désirs liés à la vie, à l’amour, à la joie, à la beauté, à l’être ensemble ! Mais des désirs qui nous font soupirer après les biens d’autrui, les désirs de jalousie et de rivalité, et donc de pouvoir et de domination, d’accaparement et de rétention !

La vie des humains est empoisonnée par de tels désirs ; la vie de celui qui les éprouve et les laisse courir et se multiplier, mais aussi la vie de ceux qui en subissent les affres et les œuvres mortifères !

En aucun cas Dieu n’est juge, ni partie, en nos affaires de partage, souvent inextricables sinon par les processus de la loi des Hommes ! Car au-delà des biens d’autrui c’est bien souvent son identité, sa place, son être qui sont jalousés ! Les histoires de frères dans la Bible nous éclairent suffisamment sur la question !

Qui que nous soyons, laissons-nous offrir le véritable trésor, qui est l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous, mais aussi ce conseil de notre sœur la mort : « Vanité des vanités…. ».

Alors nous comprendrons dans la joie combien nous sommes riches et responsables de cette vie extraordinaire qui nous a été confiée.

 

 

En ce temps de vacances nous prions pour tous ceux qui ont besoin d’être ressourcées et ré-enracinés dans la Parole de Dieu.

 

Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler

Et à bien l’employer sans rien en perdre.

Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées,
Sans tomber dans le scrupule qui ronge.

Apprends-moi à prévoir sans me tourmenter,
A imaginer l’œuvre, sans me désoler si elle jaillit autrement.

Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur,
La sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur, à tenir bien serré le fil de l’attention.

Et surtout, comble toi-même les vides de mon œuvre :
Seigneur, dans tout labeur de mes mains,
Laisse une grâce de toi pour parler aux autres,
Et un défaut de moi pour me parler à moi-même.

 

Prière monastique du XIIe siècle

 


Source : Pixabay

 

 




Visite du groupe « Grand Kiff Océan Indien »

Ils sont 44 jeunes originaires de la Réunion, de Mayotte et de l’ile Maurice. Ils ont entre 15 et 22 ans et pour certains d’entre eux il s’agit d’un premier voyage en métropole. De passage à Paris, avant de rejoindre, le 24 juillet 2016, le rassemblement du Grand Kiff et de poursuivre leur tour de France, le groupe « Grand Kiff Océan Indien » a fait escale au Défap pour quelques jours. Retour sur un projet soutenu par le Service protestant de mission.



Le groupe « Grand Kiff Océan Indien » de passage au Défap (Paris, juillet 2016), DR

 

 

22 jours de voyage en Métropole

Le Défap et le Grand Kiff ont été deux étapes dans le périple de ce groupe de jeunes voyageurs.
Partis de chez eux le 18 juillet 2016, ils ont embarqué pour vingt-deux jours d’un voyage qui a pris des allures de tour de France : Paris, Saint-Malo, La Rochelle, Nîmes, Strasbourg, puis Genève, en Suisse. Les objectifs étaient nombreux :

  • permettre aux jeunes issus des îles d’élargir leur horizon
  • approfondir les rencontres au sein de la Communion des Eglises protestantes de l’Océan Indien (CEPOI)
  • découvrir et vivre la dynamique de la jeunesse protestante en France
  • vivre des temps forts avec les Eglises métropolitaines dans différents lieux
  • découvrir la métropole et l’histoire des protestants
Un projet de longue haleine

C’est en 2015 que naît le projet de faire venir le groupe des jeunes protestants de l’Océan Indien au Grand Kiff. Bertrand Vergniol, Secrétaire général du Défap, propose alors au pasteur de l’Eglise protestante de La Réunion (EPR), Charles Bossert, de convier le groupe au rassemblement de la jeunesse protestante à Saint-Malo. « Le plus difficile a été la coordination entre les iles », nous raconte Charles Bossert. Mais une fois le lien fait entre les groupes des différentes paroisses, tout s’enchaîne. Reste pourtant à réunir les fonds. En parallèle de l’aide financière du Défap et d’autres partenaires protestants, les jeunes du groupe s’investissent à 100 % : aide personnelle des familles, vente de gâteaux, organisation de karaokés, grandes fêtes pour l’Eglise, repas… Ainsi, le groupe parvient à réunir suffisamment d’argent pour financer le voyage.


escale au Défap

Durant près d’une semaine, le Défap a vécu au son d’un groupe de plus de cinquante personnes : les quarante-quatre jeunes voyageurs, le pasteur Bossert et toute une équipe d’encadrement composée de représentants des Eglises locales : Fali Rajaonarison (pasteur à Mayotte), Kevin Lavenerable (pasteur coordinateur à l’Ile Maurice), David Rakotonizao (animateur jeunesse à l’EPR), Mamy Raharison (animateur jeunesse à Mayotte), Myriam Bossert (chargée de la gestion et de l’infirmerie) et Josselin Simon (animateur jeunesse, aumônier des jeunes à Maurice).

« Cette étape parisienne a plusieurs facettes : continuer le rapprochement des protestants des différentes îles, découvrir le protestantisme français et se familiariser avec l’histoire à travers la visite de Paris », poursuit Charles Bossert.

Le séjour à Paris est en effet très riche. Au programme : visite du temple de l’Oratoire, du temple des Billettes, de la cathédrale Notre Dame de Paris, ballade en bateau-mouche, excursion au Musée d’Orsay et jeu de piste géant à travers les rues de la capitale.
 

 




Formation des envoyés 2016 : le bilan

Le 15 juillet 2016 s’achevait la formation des treize envoyés du Défap. Retour sur deux semaines d’enseignement et de rencontres.
Accueil des envoyés

Comme chaque année, toute l’équipe du Défap a accueilli les futurs envoyés. Sous forme de jeu, chacun s’est présenté, avant que tous ne reçoivent les informations essentielles sur le déroulement des deux semaines à venir, de même que les principales règles de vie au Défap. Un petit livret de présentation est alors remis à chacun.

Le premier jour est consacré à l’accueil : présentation du Défap, visite de la bibliothèque et des archives, réflexions sur le départ de chacun à travers le jeu « Je veux partir ».

 


Jeu d’accueil avec toute l’équipe du Défap, juillet 2016, DR

 


Visite de la bibliothèque du Défap avec Claire-Lise Lombard, juillet 2016, DR

Des profils diversifiés

Stéphane, Aimée, Christian, Samy, Nicolas, Salomé, Alexandra, Gérard, Gwénaëlle, Noémie, Camille, Lydie…ils sont treize cette année à avoir été candidats pour partir en mission dans huit pays à travers le monde.
Ils ont entre 18 et 54 ans, sont étudiants, infirmiers, menuisiers ou encore pasteurs et partent pour des durées allant de 10 mois à 3 ans.
Certains sont déjà partis en mission à l’étranger, tandis que pour d’autres candidats c’est la première fois.

 


Les futurs envoyés du Défap, juillet 2016, DR

Un programme passionnant

Chaque jour démarre par une méditation biblique animée par des volontaires à tour de rôle et coordonnée par les pasteurs Florence Taubmann et Jean-Luc Blanc.
Place ensuite à la « météo du jour », où chacun partage son humeur et/ou ses questionnements.

Les deux semaines de formation sont articulées autour de différents thèmes :
– les enjeux politiques
– l’interculturalité
– les relations entre chrétiens et croyants d’autres confessions
– les inégalités Nord-Sud
– les crises et conflits en milieu interculturel
– les relations avec l’Eglise d’accueil
– l’aspect santé de la mission

La conférence sur les crises et conflits en milieu interculturel est animée par Hervé Ott. Ce formateur est aussi consultant en approches et transformations constructives des conflits dans les groupes sociaux ou interculturels. Théologien de formation, il intervient dans le monde de l’éducation et du social. Pour lui, le conflit est inévitable et la préparation essentielle pour les candidats au départ. « Pour ces futurs envoyés, le conflit va forcément faire partie de la rencontre, car celle-ci est liée à la différence culturelle et aux incompréhensions », assure Hervé Ott.  » Dans ma culture, par exemple, c’est l’individu qui prime sur le groupe alors que dans d’autres cultures, comme en Afrique par exemple, c’est le groupe qui prime sur l’individu. Tout cela peut créer des situations d’incompréhensions ou des blessures. L’autre est blessé car je fais un acte qui correspond à ma culture, mais qui n’est pas forcément compris par l’autre. Il vaut donc mieux se préparer au conflit car notre bonne volonté ne suffira pas ».

 

Hervé Ott, intervenant du Défap
Co-auteur de « Pédagogies des rencontres et des conflits transculturels »
(Editions Chronique Sociale, 2014)

Pour Evelyne Engel, qui anime une série de conférences sur l’interculturalité, « l’objectif de la formation est d’éveiller les curiosités. Si, à la fin, les candidats ont moins de certitudes et se disent : « tiens je n’avais pas vu cela ainsi », c’est déjà une belle réussite ». (Retrouvez ici l’interview complète d’Evelyne Engel)

 


Conférence sur l’interculturalité avec Evelyne Engel, juillet 2016, DR

 

Des moments d’échange et de convivialité

La formation dispensée par le Défap se veut avant tout participative. Au-delà des cours, des ateliers pratiques sont aussi proposés, où l’on aborde différents thèmes comme la prévention et la sécurité. La parole est souvent donnée aux envoyés eux-même, comme lors de leur évaluation de mi-parcours. Maison du Défap, gestion du temps, outils… les candidats discutent déjà à propos des cinq jours qui viennent de s’écouler.


Echanges avec le pasteur Jean-Luc Blanc, juillet 2016, DR

Le partage d’expériences a également sa place. D’anciens envoyés formés par le Défap viennent témoigner de leur mission passée.

Ainsi Noémie, qui partira au Caire en septembre, se réjouit d’avoir fait connaissance avec Freddy : « c’ est très enrichissant et cela développe ma curiosité. Je n’aurai donc pas trop d’a-priori en arrivant. Même si, on le voit bien, chaque expérience est différente. »

En parallèle de la formation, chaque candidat est reçu en entretien individuel. Lors de cette entrevue, les futurs envoyés posent toutes les questions administratives et pratiques et finalisent leur dossier.

Bien plus qu’une formation stricto sensu, les deux semaines au Défap sont une expérience de vie unique en son genre.

Les temps libres se vivent souvent entre participants et équipe encadrante. Et les moments de partage sont nombreux : discussions, chants, soirées grillade ou paëlla, visionnage du match de la finale de l’Euro France-Portugal, visite de la cathédrale Notre Dame de Paris et initiation aux règles du Quidditch, un sport… magique !

Camille, la benjamine, s’est tout de suite sentie à l’aise avec les autres participants : « J’ai fait plein de belles rencontres, nous raconte t-elle. C’est très enrichissant de connaître les parcours et les expériences de chacun. Tout le monde a l’esprit très ouvert et… ça fait du bien ! »

 


Préparation de la paëlla par « le Capitaine », juillet 2016, DR

 

Un bilan positif

A l’issue des deux semaines, les participants sont ravis. « La formation concrétise vraiment le projet de départ, explique Noémie, on comprend mieux la place que l’on aura et ce que l’on fera une fois arrivés. Il y a de la théorie bien sûr, mais surtout, nous sommes en compagnie de gens qui sont dans le même état d’esprit que nous ».

« La formation m’a vraiment appris beaucoup de choses », confie Samy. « C’est à la fois de l’enseignement théorique et des cas pratiques. Cela nous permet de nous poser aujourd’hui les questions qui se poseront demain, pendant le voyage ».

Camille, qui partira en Egypte à la fin de l’été, dresse aussi un bilan très positif de cette expérience, « la formation m’a permis de me poser des questions sur moi-même et de voir comment je vais appréhender les situations. Ça prépare au voyage mais aussi aux différences de cultures. Une fois sur place, je pense que ce sera agréable d’être bien préparé. »

 

 




Pour un dialogue interculturel

C’est la troisième année qu’elle collabore avec le Défap. De mère occitane et de père allemand, Evelyne Engel s’est depuis toujours intéressée à la question de l’interculturalité. Ancienne responsable d’un centre d’hébergement pour réfugiés politiques, elle est aujourd’hui consultante sur les questions d’aménagements et d’interculturalité. Durant la formation des envoyés, elle animait une série de conférences. Face à nos questions, elle livre aujourd’hui sa vision de l’altérité et du vivre ensemble.

Comment peut-on définir l’interculturalité ?

Je ne pourrais pas donner de définition précise car en réalité il n’en existe pas. L’interculturalité c’est l’alchimie précieuse de la rencontre de l’autre dans toutes ses différences.

Qu’est-ce qui dans celui que je vais rencontrer m’interroge, me ravit, me questionne, me dérange ou me trouble ? Et au-delà de ce que je ressens, quelles sont les logiques qui sont en œuvre de son côté et du mien ? Pourquoi je pense cela à ce moment-là ? Qu’est-ce qui se passe dans ce rapport à l’autre qui m’est inconnu et qui suscite toutes ces palettes d’émotions ?

Voilà sur quoi nous pouvons nous interroger lorsque l’on parle d’interculturalité.

Evelyne Engel, DR

En quoi ce thème est-il essentiel durant la formation des envoyés du Défap ? 

Il est nécessaire de faire réfléchir à la richesse et à la complexité de la rencontre avec l’autre.
Ces personnes vont partir à la rencontre d’autres cultures et d’autres populations. Lorsqu’un envoyé séjourne dans un autre pays, il tente de trouver une place dans un univers culturel qui n’est pas le sien. Comment alors comprendre les réalités qui nous entourent et comment être en dynamique d’échange ? Chaque individu a déjà sa propre identité, une culture et une origine géographique. Et il doit composer avec celui qu’il rencontre. Mais comment faire pour rencontrer celui qui est différent de nous ? L’interculturalité c’est justement ça : l’interaction de toutes ces cultures.
La découverte de l’autre est toujours d’une grande richesse mais naturellement l’être humain a des réticences pour s’intéresser à l’autre. Entre le désir de bien faire et la rencontre elle-même, qui n’est pas évidente, il faut réussir à tisser une relation de confiance en soi et en l’autre. Car il ne faut pas non plus l’oublier, celui qui est en face de nous n’attend pas forcément la même chose.
A travers ces conférences, je ne cherche pas à donner de mode d’emploi, qui n’existe pas d’ailleurs. Je ne suis pas là pour parler des pays ou des continents. Je ne propose pas un modèle gravé dans le marbre. Il s’agit plutôt d’une façon d’observer le monde. Cette vision incite à se poser des questions et à s’intéresser à l’autre. Je donne donc une sorte d’outillage intellectuel qui permet d’ouvrir des portes et qui donne des clés de compréhension.
La solidarité qui est présente chez les envoyés est indispensable. Leurs parcours sont tous différents, tout comme leurs aspirations. Cela peut être la découverte, le partage, un élan de fraicheur ou de générosité. Mais ce désir d’aller vers l’autre est commun à tous.

 

Conférence sur l’interculturalité, juin 2016, DR

Durant cette formation, quel est votre objectif ?

Eveiller les curiosités : c’est ça l’objectif principal.
Une journée de formation c’est court. Si à la fin de cette journée, les candidats ont moins de certitudes et se disent : « tiens je n’avais pas vu ça ainsi », c’est déjà une belle réussite.

Je suis issue d’un métissage culturel.  Mon expérience c’est avant tout du terrain. Si j’arrive à transmettre le questionnement qui a jalonné mon parcours et ma vie, j’aurai réussi quelque chose.

 

L’intervention d’Evelyne Engel s’intègre au dispositif global de la formation des envoyés. Laura Casorio, responsable des envoyés du Défap, nous explique, elle aussi, pourquoi le service protestant de mission s’adresse à des professionnels (sociologues, formateurs ou chercheurs) pour enrichir le contenu de la formation de ses envoyés.

Pourquoi un tel enseignement, consacré à l’interculturalité, a-t-il sa place dans une formation comme celle des envoyés du Défap ?

Depuis des années, le Défap collabore avec des professionnels pour offrir aux envoyés une formation au départ au sens large du terme. La formation n’est pas construite pour répondre aux besoins de renseignement sur un pays ou sur les enjeux d’un métier. Bien-sûr, les envoyés reçoivent les renseignements nécessaires à leur mission avant leur départ.

Il s’agit d’outiller les envoyés à pouvoir interagir avec l’environnement, la société civile et la communauté locale avec laquelle ils vont passer un temps de leur vie plus ou moins long.
L’expérience du Défap d’envoi de personnes sur plusieurs dizaines d’années montre bien qu’ en mission le savoir-être prime sur le savoir-faire ce qui n’est pas évident pour des Français qui se lancent dans l’aventure d’une mission à l’étranger.

Dans cette optique, le choix fait dans le passé de donner de clés de lecture qui peuvent être ensuite utilisées, déclinées et personnalisées par chaque envoyé nous paraît toujours d’actualité.

 

 




Dieu n’est pas pour la mort mais pour l’amour et la vie !

Méditation du jeudi 21 juillet 2016 – Atterrés par la tuerie qui a eu lieu le soir du 14 juillet à Nice, nous remettons à Dieu les victimes et leurs familles.

Le Seigneur dit alors à Abraham : « Les accusations contre les populations de Sodome et Gomorrhe sont graves, leurs péchés sont énormes. Je vais descendre pour vérifier les accusations que j’entends porter contre eux. S’ils font tout ce mal, je le saurai. »

Deux des visiteurs quittèrent cet endroit et se dirigèrent vers Sodome, tandis que le Seigneur restait avec Abraham.

Abraham se rapprocha et dit : « Seigneur, vas-tu vraiment faire périr ensemble l’innocent et le coupable ? Il y a peut-être cinquante justes à Sodome. Vas-tu quand même détruire cette ville ? Ne veux-tu pas lui pardonner à cause des cinquante justes qui s’y trouvent ? Non, tu ne peux pas agir ainsi ! Tu ne feras pas mourir l’innocent avec le coupable, de sorte que l’innocent ait le même sort que le coupable. Il n’est pas possible que le juge de toute la terre ne respecte pas la justice. »

Le Seigneur répondit : « Si je trouve à Sodome cinquante justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d’eux. »

Abraham reprit : « Excuse-moi d’oser te parler, Seigneur, moi qui ne suis qu’un peu de poussière et de cendre. Au lieu des cinquante justes, il n’y en aura peut-être que quarante-cinq. Pour les cinq qui manquent détruiras-tu toute la ville ? »

Dieu dit : « Je ne la détruirai pas si j’y trouve quarante-cinq justes. »

Abraham insista : « On n’en trouvera peut-être que quarante. » 

« Je n’interviendrai pas à cause des quarante », déclara Dieu.

Abraham dit alors : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas si je parle encore. On n’en trouvera peut-être que trente. » 

« Je n’interviendrai pas si je trouve trente justes dans la ville », répondit Dieu.

Abraham dit : « Seigneur, excuse mon audace. On n’en trouvera peut-être que vingt. » 

« Je ne détruirai pas la ville à cause de ces vingt », répondit Dieu.

Alors Abraham dit : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas. C’est la dernière fois que je parle. On n’en trouvera peut-être que dix. » 

« Je ne détruirai pas la ville à cause de ces dix », dit Dieu.

Genèse 18,20-32


              

 Source : Hérodote.com

 

Scène époustouflante : quand avertit Dieu Abraham de son intention de détruire Sodome, celui-ci ose le mettre en cause, l’interroger sur son sens de la justice. Les innocents doivent-ils périr en même temps que les coupables ? A partir de quelle proportion d’honnêtes gens une société peut-elle être épargnée ?

Certains d’entre nous, encore habités par l’image du Dieu terrible qu’on leur a présentée dans leur enfance, s’effraient peut-être de « l’insolence » d’Abraham : comment la foudre ne tombe-t-telle  pas sur lui en même temps que sur Sodome?
Elle tombera sur Sodome, non parce que la plaidoirie d’Abraham a échoué, mais parce qu’il n’y aura pas dix justes pour sauver Sodome. Seul Loth sera épargné avec sa famille – sauf sa femme changée en statue de sel pour avoir enfreint l’interdiction de regarder en arrière.

Quant à Abraham, sa protestation devant Dieu est grandement valorisée dans la tradition juive, même s’il est parfois regretté qu’il ne soit pas allé plus loin que les dix justes. Et on cite Noé en contre-exemple, en déplorant qu’informé de la préparation du déluge, il n’ait rien fait pour prévenir sa génération et la conduire à s’amender, ni pour retenir la colère de Dieu.
Car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive !
  
Atterrés par la tuerie qui a eu lieu le soir du 14 juillet à Nice,  nous remettons à Dieu les victimes et leurs familles, et nous réaffirmons notre foi en un Dieu créateur, de justice et de miséricorde, qui « connait le cœur de l’homme et sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses oeuvres. » Jérémie 17,10.

 

 

Je crois en Dieu.
Par lui l’univers et notre existence sont créés toujours à nouveau.
Dans le chantier du monde, son Esprit nous anime et nous porte.

Il donne chaque jour à notre vie un sens positif,
Une dignité fondamentale,
Une vocation créatrice.
Dieu est l’avenir de l’humain.
Sa présence éternelle dépasse les espaces et les temps.

Je crois que Jésus, prophète, nous fait entendre Sa parole.
Il est celui que nous écoutons et auquel nous regardons pour savoir qui est Dieu et qui est l’homme :
Un Dieu d’amour, selon la Bible ;
Un Dieu pour lequel l’être humain et la terre entière sont une espérance invincible.
En Jésus, l’homme et Dieu sont à jamais réunis et inséparables.
Il est un exemple pour nous et pour le monde.

Nous reconnaissons une seule Église,  universelle et connue de Dieu seul.
Elle existe par-delà les institutions chrétiennes et les frontières religieuses.
Je crois à l’amour plus fort que la mort.

 

Laurent Gagnebin, professeur de théologie.

 

Source : Pixabay 

 




En route pour le Grand Kiff

Dès le 24 juillet, 1 000 jeunes sont attendus à Saint-Malo pour l’édition 2016 du Grand Kiff.

Du 17 au 31 juillet 2016, dans l’Alter-Kiff, une quinzaine de camps-service sont proposés aux 18-30 ans. Ils s’y formeront au service pour accueillir, accompagner, encadrer, animer les plus jeunes qui n’arriveront que le 24. Le thème de ce rassemblement est : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Cette question de Jésus sera déclinée à travers des ateliers, des spectacles, des moments spirituels et des animations de toute sorte. Elle retentira dans des langues différentes car des jeunes de différents pays sont invités à y participer.


Le Défap soutient l’accueil de vingt jeunes de la Cevaa et les cinquante jeunes de la Réunion, Mayotte et l’Ile Maurice qui viendront avec leur pasteur. Ce Grand Kiff sera une excellente occasion pour le Défap de témoigner de son travail, et d’inviter les jeunes à s’engager dans le service civique ou le service volontaire international.

 

Source :EPUdF

 

 




Etre à la fois Marthe et Marie !

Méditation du 14 juillet 2016 – Nous prions pour les envoyés en session de formation au Défap

Tandis que Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme, appelée Marthe, le reçut chez elle.

Elle avait une soeur, appelée Marie, qui, après s’être assise aux pieds du Seigneur, écoutait ce qu’il enseignait.

Marthe était très affairée à tout préparer pour le repas. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma soeur me laisse seule pour accomplir tout le travail ? Dis-lui donc de m’aider. »

Le Seigneur lui répondit: « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. »

 


Marthe et Marie (Vélasquez, 1618)


Peut-on imaginer Jésus mettre en doute les vertus de l’hospitalité, lui qui n’a cessé d’inviter ou de se faire inviter chez les uns et chez les autres ? 

Peut-on l’imaginer inconscient des nécessités pratiques et concrètes de la table, lui qui a changé l’eau en vin quand il le fallait et a su pourvoir à la nourriture de 5000 personnes en pleine nature ?

Certes il n’a pas eu besoin de feu, de broches ou d’ustensiles pour préparer un festin de viandes grasses ; l’eau, le pain, les poissons et la bénédiction de Dieu s’avérant suffisants pour l’heure. 

Mais en bon descendant d’Abraham, Jésus a toujours su ce qui se jouait dans l’invitation à partager la table, et que rien ne pouvait advenir sans préparatifs.

Alors ? La petite leçon, pleine d’humour, adressée à Marthe, et que nous pouvons prendre pour notre compte, concerne peut-être simplement la respiration.

Marthe, je te prie, ne transforme pas ta mission, ta responsabilité, en esclavage qui t’essouffle et te porte trop souvent à reprocher aux autres ce que tu fais pour eux !

Que la paix accompagne tes gestes, et que l’odeur des mets sur le fourneau te mette en joie, si telle est ta vocation !

Sinon arrête tout ! Viens m’écouter et nourrir ton courage ! 

Sens-toi libre de rester près de moi pendant que je suis encore là. Respire, reprends haleine !

 

 

Nous prions pour tous les envoyés en session de formation au Défap


S’asseoir pour oser risquer
Seigneur Jésus,
Pour révéler le mystère du Royaume de Dieu, Tu as pris beaucoup de risques !
Tu as risqué l’éternité dans le temps,
Tu as risqué l’invisible dans un visage d’homme,
Tu as risqué le divin dans un corps humain.

Tu as risqué la Parole dans la fragilité de nos mots,
Tu as risqué la bonté de Dieu dans la banalité de gestes quotidiens.
Tu as même pris le risque
D’être récupéré, mal interprété, défiguré.

Seigneur, depuis ton incarnation,
Comment te suivre sans prendre des risques ?
Donne-nous le goût du risque
Et le courage de le prendre en toute lucidité.
Donne-nous de risquer notre coeur, notre intelligence et notre raison,
De risquer nos biens, notre avenir et  notre réputation,
De risquer l’hostilité, l’indifférence et même la croix.

Mais tant de risques, tu le comprends bien, demandent réflexion,
Tant de risques méritent que je prenne le temps de m’asseoir
Pour accueillir, dans le silence de la prière, ton Esprit,
Source et force de mes choix,
Pour en vérifier les fondations.

Accorde-moi la grâce de bâtir ma vie
Sur le roc de ta Parole,
De durer en ta Présence, de commencer et d’achever
L’ouvrage de ma vie avec Toi.

Michel Hubaut, Franciscain

 

Source : Pixabay

 

 




Exilés : l’accueil d’abord !

Le 14 juillet prochain le collectif « Exilés : l’accueil d’abord ! », créé par l’Eglise protestante unie de France, lancera une campagne de sensibilisation nationale sur l’accueil des exilés en France. A l’occasion de la fête nationale, le mouvement appelle à un accueil conforme aux principes républicains et aux capacités de la France. Engagé en faveur des réfugiés de par le monde, le Défap soutient activement ce mouvement.

Le collectif

Lancé par l’ Eglise protestante unie de France, le collectif a de nombreux partenaires : l’Église protestante unie de France, la Cimade, l’association interreligieuse des jeunes Coexister, la Fédération de l’Entraide Protestante, la Fédération protestante de France, les Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France, la Fondation et la Communauté des Diaconesses de Reuilly, l’Union bouddhiste de France, l’Institut protestant de théologie, la Mission Populaire Évangélique de France, l’hebdomadaire Réforme, le site de l’actualité vue par les médias protestants Regardsprotestants et l’agence de communication Aggelos.
À ce jour, 200 paroisses ont déjà participé activement à des manifestations publiques, installé des bannières sur leurs façades, mis en place des animations œcuméniques et interpelé des élus.
Pour sensibiliser l’opinion publique, des conférences de presse sont organisées dans une vingtaine de villes.

 

Liberté, Egalité, Fraternité, Exil : l’accueil d’abord

 » Exilés : l’accueil d’abord ! « propose de sensibiliser l’opinion publique par une mobilisation symbolique et médiatique. Dans ce but, deux actions symboliques sont menées en parallèle :

  • l’affichage d’une bannière sur les façades des églises, temples, bâtiments pour diffuser ce message
  • l’interpellation des élus sur les réseaux sociaux ou par courrier pour un engagement concret dans les communes, les départements et au niveau de l’Etat.

Contre la logique de méfiance et de rejet, le collectif veut faire entendre une voix généreuse et réaliste. Oui, pour accueillir les exilés, la France doit faire plus et mieux !

 

Retrouvez toutes les informations utiles sur le site www.accueillons-les-exiles.fr

Lire le témoignage de Florence Taubmann lors de sa visite
du camp de réfugiés de Grande Synthe en mars 2016.

Lire le témoignage de Valérie Thorin lors de sa visite
du camp de Grande Synthe en mars 2016.

 




Devenir prochain : s’arrêter, écouter, soigner, consoler, encourager…

Méditation du jeudi 7 juillet 2016 – Nous prions pour nos envoyés aux Antilles et pour tous les habitants

Un maître de la loi intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? »

Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans notre loi ? Qu’est-ce que tu y lis ? »

L’homme répondit : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. » Et aussi : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même».

Jésus lui dit alors : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. »

Mais le maître de la loi voulait justifier sa question. Il demanda donc à Jésus : « Qui est mon prochain? »

Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho lorsque des brigands l’attaquèrent, lui prirent tout ce qu’il avait, le battirent et s’en allèrent en le laissant à demi-mort.

Il se trouva qu’un prêtre descendait cette route. Quand il vit l’homme, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.

De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit l’homme, passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.

Mais un Samaritain, qui voyageait par-là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il en eut profondément pitié. Il s’en approcha encore plus, versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans un hôtel, où il prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’hôtelier et lui dit :«Prends soin de cet homme; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui.»

Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme attaqué par les brigands ? »
Le maître de la loi répondit : « Celui qui a été bon pour lui. »
Jésus lui dit alors : « Va et fais de même. »

Luc 10,25-37

 

Source : Pixabay

 

Ce qui m’a toujours profondément touchée dans l’histoire du bon samaritain, au-delà du fait qu’il s’arrête près du blessé, c’est le soin qu’il prend à l’aider et à l’accompagner jusqu’au bout !

Il ne s’agit pas de minimiser la compassion d’urgence et le fait de porter « instinctivement » assistance à celui qui peut être en danger de mort.  Au contraire, que ce soit à un niveau professionnel, associatif, ou simplement personnel,  il est si important que l’humain sache s’arrêter pour se montrer concrètement gardien de son frère !  Et le récit raconté par Jésus montre que ce n’est pas toujours le cas en évoquant ces deux passants qui prennent bien soin de changer de trottoir de peur d’avoir à se mouiller les mains.

Mais s’arrêter est porteur d’un au-delà de l’urgence. C’est devenir responsable de celui auprès de qui on s’arrête, et cela a parfois de quoi nous faire frémir ! Jusqu’où et jusqu’à quand devrai-je aider celui qui a besoin de moi ? Le pourrai-je ?  Notre samaritain est remarquable car il pense à tout, comme une mère. Il porte le blessé dans une auberge, le fait soigner, paie les frais, anticipe les besoins supplémentaires et annonce son retour pour prendre des nouvelles et régler le surplus.

Finalement, il fait à autrui tout ce que chacun aimerait qu’autrui fasse pour lui en pareil cas, même s’il ne le pense pas sous cette forme-là à ce moment-là.
N’est-ce pas cela être prochain ?

 

Nous prions pour nos envoyés aux Antilles et pour tous les habitants.
Seigneur ta force parait dans le soleil,
Ta grandeur dans les étoiles,
Ta douceur dans la nuit,
Ta profondeur dans les eaux de la mer.

Toutes tes œuvres te louent et nos yeux te rendent grâce pour la joie du petit enfant
L’amour de la mère, la force de l’homme,
La beauté fragile du monde.

Cette fragilité est toujours devant ta face.
Accorde-nous le courage et la force de persévérer dans la solidarité avec nos frères et nos sœurs de ce monde,
De nourrir ceux qui ont faim,
De pleurer les enfants à naître dans la pauvreté,
De pleurer les victimes de guerre,
D’avoir compassion pour ceux qui souffrent du sida,
D’apporter réconfort aux victimes de toute violence,
D’être artisan de paix dans un monde déchiré par la haine la peur et l’orgueil.

Seigneur, viens au secours des faibles et touche le cœur des forts.
Que la plénitude de ta paix, ta justice et ta réconciliation viennent en notre temps.
Nous te prions dans le Seigneur Jésus, ton Fils et notre Sauveur.

Amen

 

Source : Pixabay