Lettre de Nouvelles : Les quatre premiers mois

Daniel est responsable national des projets au Comité d’Entraide Internationale en volontariat de solidarité internationale au Maroc depuis quatre mois.  Le CEI est un organisme rattaché à l’Église Évangélique au Maroc, qui œuvre depuis plus de vingt ans pour l’amélioration des conditions de vie des migrants au Maroc. Le CEI intervient dans plusieurs domaines : la santé, l’éducation, la formation, L’autonomisation des femmes, distribution des kits alimentaires, et bien d’autres encore.

Je souhaite une très bonne et heureuse année 2026 à toutes et à tous. Que cette nouvelle année soit une année de succès et de réussite dans chacun de nos projets. Cela fait exactement 4 mois que je suis au Maroc, et cela me semble presque irréel. J’ai l’impression que le temps a filé sans que je m’en rende compte. Est-ce à cause d’un quotidien particulièrement chargé ? De la richesse de l’expérience marocaine ? Ou encore de la passion que j’éprouve pour ma mission ? Probablement un peu de tout cela à la fois. Il n’y a sans doute pas une seule réponse, mais un ensemble de raisons qui expliquent ce ressenti. Mon adaptation au Maroc a été très rapide. Progressivement, j’ai su m’intégrer dans un environnement marqué par une grande diversité culturelle et humaine, particulièrement riche et inspirante.

Faits marquants de ces quatre premiers mois

Visites de plusieurs régions marocaines et rencontres avec des populations autochtones et migrantes : dans le cadre de ma mission, j’ai eu l’opportunité, en quatre mois, de parcourir plusieurs villes et villages du Maroc. Ces déplacements m’ont permis de suivre l’évolution de nos différents projets sur le terrain et de rencontrer les bénéficiaires de nos actions. Ces expériences m’ont profondément aidé à comprendre la résilience de populations exposées à de nombreux dangers et à des conditions de vie très difficiles.

Deux éléments m’ont particulièrement marqué

Dans le cadre du projet d’assistance aux personnes victimes du séisme survenu au Maroc en 2023, le Comité d’Entraide Internationale (CEI) – mon organisme d’accueil – a piloté un projet d’approvisionnement en eau dans 4 villages situés dans la région du Haut Atlas. Ce projet visait à fournir de l’eau potable et de l’eau destinée aux usages domestiques à des villages perchés à près de 4 000 mètres d’altitude. Je vous laisse imaginer à quel point ces zones sont difficiles d’accès.

La plupart des habitants de ces villages ont été contraints de quitter leurs maisons, détruites par le séisme. Pourtant, plutôt que de s’installer dans des zones plus accessibles ou plus « calmes », beaucoup ont fait le choix de rester dans la région sinistrée. Leur raison est simple et émouvante : c’est là que leurs grands-parents ont vécu, et c’est là que se trouvent leurs racines.

J’ai été marqué par le niveau de résilience de ces communautés. Malgré une pauvreté extrême, elles affichent une force remarquable : des sourires constants, une lueur d’espoir dans le regard et une détermination à se battre pour un avenir meilleur. Sur le plan économique, les hommes concassent des pierres ensuite revendues pour des travaux de construction locaux. Les femmes, quant à elles, concassent des noix utilisées pour la fabrication d’huile traditionnelle marocaine.

Au-delà de la dureté de leur quotidien, ce sont des populations d’une hospitalité exceptionnelle. Lors de nos différentes visites, elles nous ont offert des repas traditionnels marocains que nous avons partagés ensemble. Je tiens d’ailleurs à préciser que, parmi tous les repas que j’ai mangés au Maroc, ceux partagés dans ces villages restent, sans hésitation, les meilleurs. J’ai été très impressionné par l’art culinaire et le savoir-faire des femmes de ces communautés.

Ces repas étaient bien plus que de simples moments de partage : ils représentaient un véritable signe de reconnaissance et de gratitude pour l’aide apportée par notre organisation, notamment à travers l’approvisionnement en eau de la région.

Visites des populations migrantes dans plusieurs villes et villages du Maroc

Au-delà de ma fonction de coordinateur de projets, j’accorde une importance particulière au travail de terrain. Aller rencontrer des migrants, observer et comprendre de près les réalités qu’ils vivent, fait pleinement partie de mon engagement. Tout comme les communautés marocaines victimes du séisme, les populations migrantes font preuve d’une capacité de résilience exceptionnelle.

Leur quotidien est difficile, parfois même éprouvant. Pourtant, malgré ces conditions de vie pénibles, beaucoup d’entre elles restent optimistes, souriantes et animées d’un esprit collectif fort. La majorité vit en communauté, ce qui leur permet de partager à la fois leurs peines et leurs moments de joie. C’est dans ces espaces de vie collective que j’ai saisi le sens profond du mot «solidarité ».

Malgré ces forces remarquables, certaines situations vécues par les migrants m’ont attristé et marqué. Les faits qui m’ont le plus choqué concernent notamment les violences subies par les femmes migrantes. Beaucoup d’entre elles sont invitées par des connaissances ou par des hommes depuis leurs pays d’origine, avec la promesse de trouver du travail au Maroc ou de faciliter leur passage vers l’Europe. Elles quittent alors leur pays avec une lueur d’espoir. Malheureusement, cet espoir se transforme bien souvent en désillusion totale, et leurs rêves en véritables cauchemars.

La majorité de ces femmes sont victimes d’agressions sexuelles, de viols, de menaces de mort, et parfois contraintes de travailler dans des fermes ou dans d’autres environnements, dans des conditions difficiles à décrire, simplement pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. Beaucoup donnent naissance à des enfants dont le père est inconnu.

Récemment, lors d’une mission de terrain, j’ai échangé avec une femme migrante qui m’a confié son histoire, les larmes aux yeux. Elle portait dans ses bras un bébé de 6 mois, issu d’un viol, sans connaître l’identité du père. Lorsqu’elle a envisagé de retourner dans son pays d’origine, ses parents lui ont imposé une condition douloureuse : abandonner cet enfant, qu’ils considèrent comme né « hors mariage ». Cette histoire n’est malheureusement qu’un exemple parmi tantd’autres que nous rencontrons au quotidien.

Il est toutefois important de souligner que, parmi les migrants, se trouvent également des hommes responsables et engagés, qui défendent les droits et les causes des femmes, même s’ils sont eux-mêmes confrontés à une grande précarité.

À ces réalités s’ajoutent d’autres difficultés majeures : l’insuffisance d’accompagnement des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive, la non-scolarisation de nombreux enfants, ainsi que l’abandon de femmes avec plusieurs enfants par leurs conjoints, partis tenter leur chance vers l’Europe. L’ensemble de ces facteurs contribue à aggraver davantage la vulnérabilité et la précarité de ces populations

Le travail du Comité d’Entraide Internationale

Ces 4 mois de mission m’ont permis de mesurer à quel point les actions menées par le CEI sont essentielles. Le CEI apporte une aide multiforme : assistance médicale, distribution alimentaire, accompagnement des mères et des enfants, ainsi que la mise en œuvre de projets d’autonomisation en faveur des migrants au Maroc.

Ces interventions sont largement reconnues et appréciées, tant par les autorités marocaines que par les bénéficiaires et les partenaires techniques et financiers. Le CEI fait aujourd’hui partie des organisations de référence œuvrant pour l’amélioration des conditions de vie des migrants au Maroc. Il joueégalement un rôle central dans les espaces de concertation entre l’État, les organisations de la société civile et d’autres acteurs clés, notamment au sein de la délégation de l’Union Européenne et de différents groupes de travail thématiques.

Si le CEI bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance en tant qu’acteur majeur de la promotion du bien-être des migrants, c’est en grande partie grâce à l’engagement de ses équipes locales déployées sur le terrain. J’ai été profondément marqué par le dynamisme de la majorité de nos équipes, ainsi que par leur détermination à servir une cause aussi noble que la protection et l’accompagnement des populations migrantes.

Mon intégration au sein des équipes

En tant que coordinateur de projets, je me réjouis du travail mené aux côtés de nos différentes équipes et de constater à quel point nos contributions collectives participent à l’amélioration des conditions de vie de nos bénéficiaires. Les défis sont nombreux et parfois considérables, mais j’ai toujours su instaurer une relation de travail saine et constructive avec les équipes. Cela m’a permis de les accompagner au mieux, conformément à mon cahier des charges et à mes compétences, tout en apprenant énormément à leur contact. Aujourd’hui, je me réjouis des résultats de nos différentes interventions et j’ose espérer que cette dynamique positive se poursuivra dans la durée.

Je ne peux terminer sans évoquer la Coupe d’Afrique des Nations, ce grand rendez-vous qui rassemble tout le continent. Je suis profondément touché par l’ambiance exceptionnelle qui règne autour de la compétition ici au Maroc. C’est une belle occasion de découvrir la richesse des cultures africaines à travers des communautés venues de tous horizons. Même si mon pays, la Guinée, n’y a pas participé, je me réjouis de pouvoir suivre cet événement de près. Cette CAN a également coïncidé avec le retour de fortes pluies, un phénomène rare depuis près d’un an. Malgré quelques inondations locales, les Marocains ont accueilli cette pluie avec beaucoup de joie. La compétition se déroule dans une atmosphère remarquable et arrive bientôt à son terme. J’espère que cette ferveur et cet esprit de fraternité perdureront bien au-delà de l’événement.

Pour conclure, je dirais que cette 1ère partie de l’année a été particulièrement intense, marquée à la fois par des chocs, des surprises, des moments de joie et de nombreux questionnements. Je me retrouve aujourd’hui dans un quotidien que j’ai toujours espéré : contribuer au bien-être des plus vulnérables et exercer un travail porteur de sens.

Cependant, les défis restent importants. En raison de la baisse progressive des financements, de nombreuses organisations ont été contraintes de fermer leurs portes au Maroc. Celles qui poursuivent encore leurs activités se retrouvent souvent submergées par de nouveaux cas, sans toujours disposer des ressources nécessaires pour y répondre, du fait de fortes limitations budgétaires.

Cette expérience au Maroc m’a fait prendre conscience des inégalités et m’a permis de relativiser nos plaintes quotidiennes. Alors que nous manquons parfois de confort, beaucoup luttent pour satisfaire des besoins essentiels. C’est le cas des migrants au Maroc qui aspirent avant tout à des conditions de vie dignes.

Les témoignages racontés visent non pas à susciter la colère, mais à mieux comprendre les réalités des migrants et à encourager leur épanouissement.

Comme le dit Proverbes 11:25 : « L’âme bienfaisante sera rassasiée, et celui qui arrose sera lui-même arrosé. »

Merci pour vos prières, vos messages et vos encouragements quotidiens, qui me donnent la force de continuer. Choucrane BJEF !!!

Daniel

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Une formation sur les valeurs de la République et la laïcité pour les volontaires

Du 26 au 27 janvier 2026, les six nouveaux volontaires en réciprocité ont participé à une formation sur les valeurs de la république et laïcité à la paroisse de Oullins à Lyon. Cette formation a pour objectif de faire comprendre la laïcité dans son acceptation juridique et républicaine afin de permettre aux volontaires de l’appliquer correctement dans leurs pratiques quotidiennes.

Les ateliers ont permis aux volontaires de se confronter à des situations concrètes : gérer des questions liées à la pratique religieuse dans les activités, comprendre la neutralité dans l’accompagnement des publics, et débattre sur des idées reçues souvent répandues concernant la religion et l’école en France. Ayant commencé leur mission depuis trois mois, les volontaires ont pu confronter leurs différentes expériences à la formation.  Forts de ces apports, les volontaires pourront intégrer ces principes dans leurs activités quotidiennes et contribuer à créer un environnement respectueux et inclusif pour tous.




2026, l’année internationale des volontaires

Une année pour reconnaître et renforcer l’engagement volontaire

2026, l’année du volontariat marque une étape clé pour célébrer, renforcer et reconnaître l’engagement des volontaires et bénévoles à tous les niveaux — local, national et international. En la proclamant Année internationale du volontariat au service du développement durable, les Nations Unies soulignent le rôle déterminant du volontariat dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et l’atteinte des Objectifs de développement durable, de la lutte contre la pauvreté à l’égalité entre les genres, en passant par la santé, l’éducation et la cohésion sociale. Véritable levier intersectoriel, le volontariat s’affirme comme un instrument puissant de la transition durable et de la transformation des sociétés.

L’Année internationale 2026 a pour ambition de valoriser l’impact social, environnemental et économique du volontariat, de consolider les politiques publiques en faveur de l’engagement citoyen, et d’encourager la participation de nouveaux publics, en particulier les jeunes. Elle vise également à renforcer les coopérations entre acteurs associatifs, institutions et citoyens. Au-delà d’une reconnaissance symbolique, 2026 se veut une année résolument tournée vers l’action, l’expérimentation et la mobilisation collective.

Au défap, le volontariat fondé sur des partenariats durables

À travers l’envoi et l’accueil de volontaires, le Défap agit concrètement pour une solidarité fondée sur l’égalité, la réciprocité et la responsabilité envers autrui. Les missions sont construites à la demande et en étroite collaboration avec ses partenaires, principalement des Églises et des associations proches des Églises, et s’inscrivent dans des relations anciennes entre la France et l’Afrique francophone, Madagascar, l’océan Indien, le Pacifique ou les Caraïbes. Chaque envoi prolonge une histoire collective existante et permet aux volontaires de s’intégrer pleinement à la vie des communautés locales, en partageant leur quotidien et en mettant leurs compétences, enseignement, santé, coordination, développement, au service de projets porteurs de justice sociale, d’éducation, de santé et de paix.

Cette approche de double partenariat, à la fois avec les structures d’accueil et avec les personnes envoyées, fait du volontariat un engagement profondément humain et formateur, sur les plans personnel, spirituel, professionnel et civique. En 2025, le Défap a ainsi envoyé 11 volontaires internationaux et accueilli 7 volontaires de réciprocité, illustrant concrètement sa vision d’un volontariat au service d’un monde plus juste et durable.

Le volontariat, un outil aujourd’hui menacé

Mais alors que 2026 a été proclamée Année mondiale du volontariat pour le développement durable, le volontariat international se trouve paradoxalement fragilisé en France par de lourdes incertitudes budgétaires. Les premiers arbitrages du projet de loi de finances 2026 prévoyaient une baisse de 10 millions d’euros des crédits dédiés au volontariat international, soit près de 50 % des départs de volontaires sacrifiés en une seule année. Si la mobilisation de la société civile et des parlementaires a permis de ramener cette coupe à –2,5 millions d’euros en commission des Finances à l’Assemblée nationale, les débats au Sénat laissent craindre un durcissement supplémentaire, mettant en danger la pérennité même des dispositifs existants. Ces réductions s’inscrivent dans un contexte de contraction globale de l’Aide publique au développement, dont la part pourrait tomber à 0,6 % du budget de l’État, en contradiction avec les engagements internationaux de la France.

Affaiblir le volontariat international, comme l’alerte le CLONG-Volontariat, c’est fragiliser un outil stratégique de coopération, rompre des partenariats construits sur le long terme, réduire l’impact sur les Objectifs de développement durable et priver des milliers de jeunes d’une expérience d’engagement profondément transformatrice. Le volontariat n’est pas une variable d’ajustement budgétaire : il constitue un investissement essentiel pour la transition, la cohésion sociale et la crédibilité internationale de la France, qui appelle aujourd’hui un sursaut politique à la hauteur des enjeux.




Lettre de Nouvelles : Un havre de paix

Lily, volontaire en service civique, a entamé sa mission à Madagascar dans l’orphelinat Tangaïna. Sa mission consiste à accompagner les enfants dans leurs activités quotidiennes : aide aux devoirs, activités ludiques, sorties culturelles…Salut salut,

Voilà plus d’un mois que je suis installée dans ma nouvelle maison : l’orphelinat Tangaïna ! Ce début de mission est passé à une vitesse folle, mais je me sens tellement chez moi ici, dans cette culture en général, que j’ai l’impression d’y être depuis déjà longtemps !

Avec les récents événements survenus à Madagascar, je n’ai pas pu sortir très loin, et encore moins seule, au début. C’était assez frustrant, mais j’ai pu prendre le temps de bien trouver mes marques dans mon quartier, que j’apprécie beaucoup par ailleurs, car c’est un bon compromis entre la ville et la brousse. Ici, j’ai l’opportunité de vivre la vraie vie malgache : riz matin, midi et soir, douche et lessive au seau, fêtes traditionnelles aux alentours… Comme le retournement des morts, auquel j’ai pu assister dès mes premiers jours.

L’orphelinat est un véritable havre de paix. Il y a quelque chose dans l’air que je ne saurais expliquer : un véritable sentiment de famille unie, la fameuse vie en communauté que je recherchais en venant ici. J’adore tout partager avec eux, tant l’apprentissage du français que la sieste d’après-repas ! Et surtout, les soirées films au dortoir, où nous dormons tous les uns contre les autres. Je me sens plus comme une amie, un membre de cette grande famille, plutôt qu’une sorte de stagiaire, ahah ! Et pas seulement à l’orphelinat, mais aussi dans mon quartier, où l’on commence à bien me connaître. Maintenant, lorsque je vais prendre mon café en bas de la rue, je n’ai même plus besoin de demander ce que je souhaite : on me sert automatiquement un café noir et un mofo akondro (beignet à la banane, j’en raffole !).

Ce fut un début très riche en expériences, où j’ai été complètement immergée dans la culture du pays. Il me tarde de découvrir encore de nouvelles choses, des coutumes qui questionnent… et surtout de voir les enfants évoluer et grandir pas à pas.

Voilà, je pense que c’est à peu près tout pour ma part. Merci de m’avoir lue et à très bientôt !

Lily Télécharger la lettre




Lettre de Nouvelles : Chaque jour est rempli de beauté

Ambre, volontaire en service civique, a entamé sa mission récemment au sein de la communauté de Mamré. La communauté est active auprès des enfants venant de familles nombreuses et démunies avec l’organisation d’activités, l’enseignement du français et la préparation de repas.

👋🏾 Salama !

Déjà un mois que j’ai posé le pied sur le sol malgache. Les journées sont courtes, pourtant j’ai déjà vécu tellement de péripéties ! À mon arrivée, j’étais émerveillée à l’idée de découvrir ce magnifique pays et sa culture si différente de la mienne. Très vite, j’ai compris que ce qui rend Madagascar si attachant, c’est avant tout son peuple. Les Malgaches sont incroyablement accueillants, souriants, joyeux et surtout, ils adorent faire la fête ! (Et ça tombe bien, parce que moi aussi j’adore danser 😄). Je crois sincèrement que c’est un peuple qui me correspond et avec qui je me sens profondément à ma place. Avec Noémie, nous avons aussi la chance de vivre dans une maison parfaite pour nous, perchée sur les hauteurs, avec une vue panoramique sur une partie de Tana. Un vrai petit cocon.

🌍 Découverte et réalité

Je dois avouer que, n’ayant jamais voyagé en dehors de l’Europe, j’ai été marquée par la pauvreté que j’ai pu voir ici. Croiser des enfants ou des adultes affamés, demander de l’argent… c’est une réalité difficile à accepter. Au début, je ne savais pas trop comment réagir. Puis, au fil du temps, je m’y suis malheureusement « habituée » et je le regrette.

🔍 Une situation particulière

Ce qui m’a aussi un peu manqué à un moment, c’est la sociabilité. À cause de la situation politique du pays, la vie quotidienne a parfois été un peu restreinte. J’étais malgré tout très fière de voir les Malgaches se battre pour leurs droits fondamentaux, avec courage et détermination. Nous avons d’ailleurs vécu les coupures d’eau et d’électricité, ce qui fait aussi partie de la réalité ici. Mais forcément, ces événements ont eu des conséquences : moins de liberté de déplacement, peu de sorties, et donc peu de rencontres. Avec Noémie, nous avions prévu de nous inscrire à des cours de danse et de participer à différentes activités, mais tout cela a été mis en pause. Heureusement, la situation commence à revenir à la normale. Et même si nous aimons beaucoup notre compagnie, j’ai la chance de vivre tout ça avec Noémie, une vraie partenaire d’aventure. Je suis sincèrement heureuse de vivre cette expérience avec elle. On partage tout : les moments de galère, les fous rires, les découvertes… Nous avons hâte de rencontrer davantage de monde et de vivre de nouvelles expériences ensemble !

⛪️ Vie auprès des sœurs de Mamré

Nous vivons à côté des sœurs de Mamré, des femmes profondément attachantes et dévouées. J’ai eu la chance de découvrir leur manière de vivre, de prier, et leur foi inébranlable. Étant moi-même croyante, leur engagement envers Dieu m’émeut énormément. Avec Noémie, nous avons même assisté à la messe du dimanche avec elles , un peu long (haha) mais… Mora Mora ! Nous aimons beaucoup discuter avec elles, car elles sont très intéressantes, mais parfois, obtenir une information peut être fatiguant et un vrai défi, pas toujours très clair mais ça fait partie du charme !

👧 À l’orphelinat

Depuis peu, nous avons commencé notre mission à l’orphelinat. Les enfants sont adorables, pleins d’amour et d’énergie. J’aime passer du temps avec eux, jouer, les aider dans leurs devoirs , même si la barrière de la langue rend parfois les choses un peu compliquées ! C’est un échange constant, plein de rires, de tendresse et d’apprentissage.

🍍 Saveurs

Et puis, comment ne pas parler de la nourriture ! J’aimais déjà la cuisine malgache avant de venir, mais la redécouvrir ici, c’est un vrai bonheur. Les saveurs sont si différentes de celles qu’on connaît en France. Et les fruits ! Mangues, bananes, ananas… un vrai paradis pour une amatrice de fruits comme moi.

En résumé

Ce premier mois à Madagascar a été une véritable aventure humaine et spirituelle. Entre découvertes, surprises, émotions et rencontres, je suis profondément reconnaissante. Ici, chaque jour est rempli de beauté, d’authenticité et d’apprentissages précieux.

 

Ambre Kadi Télécharger la lettre




Lettre de Nouvelles : Un accueil chaleureux

Je suis Pasteur Bernard FOLLY, VSI au poste à Djibouti auprès de l’Eglise Protestante Evangélique de Djibouti (EPED). J’occupe le poste de Directeur du Centre de Formation et des Œuvres Sociales de l’EPED. Je suis marié et père de famille. Cela fait bientôt deux mois que ma famille et moi avons posé nos valises à Djibouti. Le temps y file d’une manière étonnante, comme si les journées se succédaient deux fois plus vite. Le climat, chaud et sec, façonne notre quotidien et nous invite à adapter nos rythmes et nos habitudes. Ces premières semaines ont été riches en rencontres, en découvertes et en défis, et je rends grâce pour l’accueil reçu et pour l’apprentissage quotidien que cette mission m’offre.

Accueil et intégration

Dès notre arrivée, l’accueil de la communauté a été chaleureux et soigneusement préparé, depuis l’arrivée à l’aéroport jusqu’à notre installation. Ayant déjà rencontré certains membres en avril dernier, j’ai constaté une attention particulière à notre égard. Lors du premier culte, la transition des salutations formelles à des échanges personnels pleins de curiosité et d’intérêt a favorisé très vite une relation de confiance entre nous et les fidèles. Ces moments d’écoute et de partage sont, à mon sens, essentiels pour briser les barrières entre le pasteur et la communauté.

Composition de la communauté

La communauté de l’EPED — Église Protestante Évangélique de Djibouti — est majoritairement composée d’expatriés, ce qui en fait un lieu de grande richesse culturelle. On y retrouve des Malgaches, Congolais, Kényans, Français, Coréens, Japonais, Américains et bien d’autres, ce qui nourrit des échanges interculturels précieux. Quelques Djiboutiens chrétiens participent également au culte.

Le peuple Djiboutien

J’ai été touché par la gentillesse, le sens de l’hospitalité et le calme intérieur des Djiboutiens. Leur respect et leur accueil envers les étrangers sont remarquables. Un trait culturel marquant est la consommation du khat, souvent visible en fin de matinée chez de nombreux hommes dont la joue semble gonflée. J’ai aussi noté un style vestimentaire fortement influencé par la culture yéménite : hommes en pagnes et chemises légères, femmes en tenues longues et couvrantes. Cette esthétique contraste avec mes repères culturels d’origine, mais elle porte une cohérence sociale et identitaire forte. La gastronomie locale, mêlant influences orientales et africaines, propose des plats épicés et parfumés; j’ai particulièrement apprécié le poisson yéménite et des spécialités éthiopiennes. Le français est la langue officielle et administrative, tandis que l’afar et le somali dominent les échanges de la rue et des commerces.

Paysages et réalités du pays

Djibouti offre des paysages spectaculaires : collines arides et caillouteuses, failles tectoniques impressionnantes et panoramas d’une beauté saisissante. Le lac Assal, d’un blanc salin éclatant, et les failles liées au mouvement des plaques tectoniques m’ont particulièrement marqué. Les secousses sismiques sont fréquentes et, dès notre premier jour, nous avons ressenti un tremblement de terre qui nous a fort effrayés. Sur le plan économique, le port reste le moteur principal du pays. Les ressources naturelles sont limitées et une grande part des denrées, notamment les produits tropicaux, sont importés. Le coût de la vie est élevé; le logement et l’électricité pèsent lourdement sur le budget des ménages. La présence de nombreux réfugiés en situation précaire est une réalité poignante. Beaucoup vivent dans la rue; les enfants des rues, en grande majorité originaires d’Éthiopie et de Somalie, sont particulièrement vulnérables.

Projets de l’EPED

  • Alphabétisation

Un programme d’alphabétisation est lancé en septembre, par l’EPED en partenariat avec Caritas Djibouti et soutenu par l’Ambassade de France. L’objectif est d’enseigner la lecture et l’écriture en français aux enfants des rues et de les orienter ensuite vers le LEC (Lire, Écrire, Compter), une école spécialisée gérée par l’Église catholique. Ces enfants sont tous de la religion musulmane. Mes premiers contacts avec ces enfants ont été très émouvants; malgré leurs Vulnérabilités, ils manifestent une joie immense à franchir le seuil de l’Église. La fragilité de leur situation est toutefois manifeste : certains sont arrêtés et reconduits à la frontière, ce qui entrave la continuité des activités éducatives.

  • Coupe et couture

En partenariat avec l’ANPH (Agence Nationale des Personnes Handicapées), l’EPED a initié un second projet de formation en coupe et couture pour des femmes en situation de handicap. Ce projet vise à favoriser leur autonomie financière tout en valorisant le recyclage textile : les vêtements usagés sont transformés en sacs et objets artisanaux vendus sur le marché local. Cette formation vient à peine de débuter.

Formations professionnelles à venir

Nous préparons des formations en carrelage, électricité et plomberie, en collaboration avec l’ANPH et avec l’appui de l’Union européenne. Ces programmes visent à développer des compétences techniques locales et à améliorer l’employabilité des bénéficiaires.

Religion et spiritualité

L’islam occupe une place centrale dans la vie sociale et civile de Djibouti. La semaine de travail commence le dimanche et s’achève le jeudi; le vendredi, jour de prière, la plupart des commerces ferment. Cette organisation illustre l’importance de la pratique religieuse au quotidien. Le christianisme est présent et toléré; Églises catholique, protestante, orthodoxe éthiopienne et autres missions coexistent dans un climat de respect mutuel et de tolérance.

Vie familiale et adaptation

Sur le plan familial, l’adaptation se passe globalement bien malgré des imprévus. Malgré les vaccinations reçues avant notre départ du Togo, les enfants, puis ma conjointe et moi avons contracté la varicelle; heureusement, les soins ont permis un rétablissement complet. La scolarisation des enfants s’est bien déroulée; ils se sont intégrés rapidement et se sont fait des amis. Nous sommes reconnaissants pour l’accompagnement divin et communautaire qui nous soutient dans cette transition. Ces deux premiers mois à Djibouti ont été riches en apprentissages, rencontres et réalisations. Entre la diversité culturelle, les défis sociaux et les projets d’insertion que nous portons à l’EPED, cette mission m’enseigne la patience, l’humilité et la beauté du service. Je rends grâce pour chaque pas franchi et pour les futurs projets qui permettront d’accompagner encore davantage les plus vulnérables.

Pasteur Bernard FOLLY Envoyé VSI

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Lettre de Nouvelles – Manahoana !

Shékina, volontaire en service civique, a entamé sa mission en septembre au sein de l’orphelinat Akanisoa, à Antsirabe, Madagascar. À travers cette lettre de nouvelles, elle partage la richesse de son engagement ainsi que les découvertes humaines et culturelles qui jalonnent son quotidien.

Je vous écris depuis Antsirabe, où j’ai commencé ma mission au sein de l’orphelinat Akanisoa. Les premiers jours ont été riches en émotions. J’ai été accueillie avec beaucoup de douceur et de simplicité, comme si je faisais déjà partie de la famille. Ici, chacun prend soin de l’autre, et cette attention quotidienne m’impressionne beaucoup. La vie à l’orphelinat est rythmée par la foi et la communauté. Chaque matin, nous commençons la journée par un culte suivi de cantiques. Le soir, nous terminons aussi la journée par des cantiques et une prière autour du repas. Ce moment, partagé comme un rituel, crée un lien très fort entre tous. Ce n’est pas seulement une habitude, c’est un vrai temps de gratitude et d’unité. J’apprends énormément en observant cette manière naturelle qu’ils ont de remercier pour chaque chose, même la plus simple.

Quand les enfants rentrent de l’école, je les aide pour les devoirs. Certains viennent me chercher spontanément pour me montrer leurs cahiers, d’autres s’assoient près de moi sans rien dire mais avec un grand sourire. On sent qu’ils sont heureux qu’on prenne du temps pour eux, individuellement.

Ensuite vient le moment des jeux. J’ai découvert le jeu des billes, extrêmement populaire ici. Les enfants y jouent tous les jours, avec une concentration et un enthousiasme incroyable. Ils m’apprennent leurs techniques, et je dois avouer que j’en perds souvent… mais l’important, c’est ce moment de complicité qui se crée. Quand ils rient aux éclats parce que je tire “à côté”, j’ai l’impression de partager bien plus qu’un jeu. Ce qui me touche le plus, c’est cette joie qui ne dépend pas du matériel, mais du lien humain. Ils possèdent très peu, mais ils offrent énormément : des sourires, de la tendresse, de la confiance. Je sens déjà que cette expérience va profondément me marquer.

Dans cette région, le quotidien est marqué par des habitudes très ancrées dans la culture locale. Par exemple, le transport ici est un véritable défi en soi. Les taxi-brousse, des minibus souvent bondés, sont le moyen de transport le plus courant, reliant les villes entre elles, mais aussi les villages aux villes. C’est une expérience à part entière : on y trouve une diversité incroyable de passagers, de marchandises, et souvent de musique malgache qui réchauffe l’atmosphère. Côté nourriture, je découvre avec émerveillement la richesse des plats malgaches. Le riz est omniprésent, toujours accompagné de viande, de poisson ou de légumes. Le romazava fait partie de mes découvertes préférées, tout comme les fruits locaux, savoureux et abondants.

Pendant plusieurs semaines, le pays a traversé une période agitée. À Antananarivo et dans plusieurs grandes villes, dont Antsirabe, des manifestations menées par de nombreux jeunes ont éclaté pour dénoncer les difficultés du quotidien, les coupures d’eau et d’électricité et pour réclamer des changements politiques. Ces rassemblements ont parfois dégénéré, entraînant des tensions avec la police et l’armée. Ces événements rappellent combien la population aspire à une vie meilleure, plus juste, et à un avenir stable pour les enfants comme ceux que j’accompagne chaque jour.

Malgré ce contexte, j’ai pu observer la force tranquille d’un peuple qui, malgré les difficultés, garde l’espérance et le sourire.

Mandra-pihaona

Shékina

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Soutenons le volontariat international




Le Défap accueille une nouvelle promotion de volontaires de réciprocité

Du 4 au 6 novembre, nos locaux ont accueilli sept jeunes volontaires venus du Togo, du Bénin et d’Égypte, venus se préparer à leur mission de volontariat en France. Pendant quelques jours, l’espace s’est transformé en véritable lieu de rencontre, d’apprentissage et de partage interculturel.

Le volontariat en réciprocité

Le volontariat de réciprocité permet d’accueillir en France des jeunes issus de pays où sont également envoyés des volontaires français. Il s’inscrit dans le cadre du volontariat international d’échange et de solidarité, favorisant un équilibre dans les échanges. Depuis sa création, le Défap porte la volonté de renforcer l’envie de rencontre et de changement. Partir et venir pour découvrir de nouvelles personnes et vivre d’autres réalités de vie ou une manière différente de faire Église. Ce dispositif renforce les liens de coopération, encourage une compréhension mutuelle entre les sociétés et ouvre la voie à un regard nouveau sur le monde. Pour les volontaires comme pour les Églises et structure d’accueil, il constitue une expérience précieuse, fondée sur l’échange, la solidarité et l’apprentissage interculturel.

« Le volontariat en réciprocité peut également servir de facilitateur dans les relations interculturelles parfois complexes dans nos structures dans nos œuvres et dans mouvements » Vincent Nême-Peyron, secrétaire général du Défap.

Une formation du Défap

Durant ces deux journées de formation, les volontaires ont pu découvrir le Défap et ses missions, visiter la bibliothèque et les archives, participer à un atelier sur la communication… et profiter d’une visite de Paris ! Un programme pensé pour nourrir leur réflexion, leur donner des repères, tout en leur permettant de tisser leurs premières relations en France.

« C’était vraiment impressionnant de voir ce groupe de volontaires créer des liens aussi rapidement. En quelques heures à peine, une véritable cohésion s’est installée entre eux. Nous avons rencontré des profils profondément engagés dans la vie de leurs Églises, animés par une grande motivation et un vrai sens du service. Tous expriment le désir sincère de s’investir pleinement dans leurs missions et de contribuer activement à la dynamique de leurs structures d’accueil en France. » Caroline Mpessa Lobe & Anne-Sophie Macor, responsables volontariat

Des parcours uniques, des missions variées

Derrière chaque volontaire, une histoire singulière. Parmi les volontaires nous avons eu l’opportunité de rencontrer Magloire venu du Togo, c’est la première fois qu’il vient en France et il va découvrir la ville de Colmar lors de son service civique en Animation et accompagnement à la scolarité d’enfants et de jeunes. De son côté, Asanat vient d’Égypte et elle avait déjà effectué un service civique à Strasbourg, aujourd’hui elle revient en tant que volontaire de solidarité international. Des parcours d’études différents, des expériences multiples, mais un même désir les réunit : celui de se mettre au service des autres avec des compétences uniques. Ainsi, Vianney apportera ses compétences en communication à la fondation La Cause. Tandis que Carmelle et Jacob s’engageront auprès de personnes âgées ou en situation de handicap au Sonnenhof, à Bischwiller.

« C’est ma première expérience de volontariat […] la découverte de la France, la découverte d’autres personnes, le métissage culturel, le travail en équipe, c’est ce qui m’a motivé à faire ce travail et à opter pour cette mission » Carmelle, Volontaire en Service Civique




Lettre de Nouvelles : Un poème de Tabitha

Tabitha, volontaire de réciprocité, effectue sa mission à Colmar au Centre Théodore Monod où elle organise des animations socioculturelles et des activités à destination des jeunes du campus.

Je marche, je roule, je découvre.

Des routes, des visages, des histoires,

Des émotions qui me bousculent,

Des moments simples qui deviennent des souvenirs,

Un voyage qui me change (surtout ma perception sur la vie),

Qui me fait grandir, doucement, sans que je m’en rende compte.

 

En Allemagne, je dors sous la pluie.

Les gouttes frappent la toile de ma tente.

Il fait froid, ça sent la terre mouillée,

Et pourtant, je souris.

Je me sens vivante, trempée mais libre,

Avec juste mon sac, ma tente et mon courage.

La pluie m’accompagne, elle me parle,

Et je continue, sans râler,

Comme si chaque goutte lavait un peu mes pensées.

 

Le Mur de Berlin, je l’ai vu.

Je l’ai touché, même.

Les gens autour prenaient des photos, émus,

Moi, je restais là, sans trop savoir quoi ressentir.

Je savais ce qu’il représentait : la peur, la séparation,

Mais pour moi, c’était juste un mur.

Un mur gris, lourd, témoin d’un passé qui n’est pas le mien.

 

Elle est celle de mon arrière-grand-père,

Celle d’un temps où il a dû fuir ou rester,

Un temps où les murs étaient plus que de la pierre,

Où ils déchiraient les familles, les vies, les rêves.

C’est peut-être son histoire que je porte sans le savoir.

Je me suis senti un peu coupable de ne rien sentir,

Mais parfois, l’histoire ne nous traverse pas de la même façon.

 

Et puis, la Pologne.

Le soleil m’a accueilli, fort, presque brutal.

Après des jours de gris, la lumière m’a frappé au cœur.

Les champs étaient vastes, les routes tranquilles,

Et je ne savais pas encore

Que ce pays allait m’émouvoir comme aucun autre.

 

Auschwitz.

Le nom suffit.

Je n’étais pas prêt.

Le silence m’a pris à la gorge.

Tout semblait calme, trop calme,

Mais derrière chaque mur, chaque pierre,

Je sentais les voix, les pleurs, la peur.

Les baraquements, les barbelés,

Les miradors qui regardent encore le vide,

Et ces rails, droits, sans fin,

Qui mènent là où plus rien ne vit.

 

J’ai eu les larmes aux yeux,

Pas seulement pour ce qui s’est passé,

Mais parce que je me sentais petite, impuissante,

Face à ce que les hommes ont pu faire.

J’ai marché lentement, sans parler,

Comme si mes pas dérangeaient les morts ou troublaient leur repos.

 

En repartant, je n’étais plus le même.

Je crois que ce voyage m’a appris le respect,

La fragilité, la force du souvenir.

J’ai compris que voyager, ce n’est pas juste voir,

C’est ressentir,

C’est accepter de ne pas tout comprendre,

Mais de ne jamais oublier.

 

Ensuite, j’ai pris la direction de Marseille.

Une ville qui m’a surpris, sincèrement.

J’ai flâné dans les rues, respiré l’air du sud,

Écouté les sons de la ville.

Et ce que j’ai aimé, c’est que j’étais avec Believe,

Et passer du temps avec elle a ajouté une touche spéciale à ce moment.

On a exploré la ville, on a ri, on a partagé des petits instants qui rendent les voyages uniques.

À Marseille, il y avait cette énergie, ce mélange de lumière, de bruit, de couleurs.

J’ai adoré être là, dans ces rues, avec une personne avec qui c’était facile de se perdre dans l’instant.

 

LAWSON-KPAVUVU Latré Tabitha

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Lettre de Nouvelles : Deux ans à Madagascar

Après deux ans à Madagascar, Florence, volontaire de solidarité internationale, raconte dans cette lettre de nouvelles sa mission de soutien à la vie de la communauté des Sœurs MAMRE. 

Tout d’abord j’aimerais remercier La Communauté des sœurs de Mamré. Cette Communauté a été pour moi comme il est dit dans Marc 10:29-30 «Si quelqu’un quitte maison Frère Sœur… À cause de moi et de la bonne nouvelle, cette personne recevra cent fois plus, dès maintenant dans ce monde. Elle recevra des maisons, des frères, des Sœurs….».

En leur compagnie j’ai reçu non seulement des sœurs mais aussi un enseignement. Par leurs témoignages de vie, de consécration. Les sœurs savent donner sans rien attendre. Partager est leur devise, aimer leur priorité. Durant ces deux années écoulées à leur côté, j’ai pu partager une partie de leur quotidien, et plus particulièrement celui des enfants (une centaine) issus de familles très défavorisées, du quartier.

Les sœurs accueillent les enfants à la cantine pour le repas de midi et du soutien scolaire. J’ai eu le privilège d’apporter une pierre à l’édifice. Partager une partie de la vie de ces enfants nous ramène aux choses essentielles. Le besoin de nourriture, d’affection, d’éducation. Redonner à ces enfants une place d’enfant. Un endroit sécurisant, un havre de paix.

Madagascar est un des pays les plus pauvres au monde. Pour ces enfants avoir accès à 3 repas par jour est un défi. C’est donc avec joie qu’ils viennent prendre le repas de midi avec nous. Dans cette cantine j’ai pu remarquer une grande complicité entre les enfants et les adultes. A nous tous nous formons une grande famille. Chacun va œuvrer au bon fonctionnement de la maison. A mon grand étonnement c’est avec joie que les enfants participent aux tâches qui incombent au bon fonctionnement de  celle-ci. Préparation du repas: lavage, épluchage, coupage des légumes. ..Les tâches ménagères : mettre les  couverts, service, débarrassage, nettoyage du réfectoire, la vaisselle….Pour moi qui ai travaillé dans des institutions éducatives en France je dois bien admettre qu’il y a une grande différence dans l’attitude des  enfants.

Est-ce un manque de reconnaissance ou tout simplement un dû ? En France la plupart des enfants reçoivent ce que l’on appelle les besoins fondamentaux. Avons-nous oublié l’essentiel ?

À Madagascar comme dans plusieurs pays pauvres, j’ai pu remarquer que le sens du partage demeure. Si un enfant reçoit 2 bonbons Il va en manger un et Il va garder l’autre pour son petit frère ou sa petite sœur…

Accueillir ces enfants c’est leur apporter une nourriture solide mais également une nourriture spirituelle. La prière, les partages bibliques font partie Intégrante de notre prise en charge. La parole de Dieu nous offre un support ou l’enfant peut se construire en sécurité. Elle offre un soutien inébranlable à quiconque la reçoit. Elle nous apprend à vivre ensemble à nous aimer, nous soutenir les uns les autres. C’est peut-être ça l’essentiel !!!!

À Madagascar l’enseignement est prodigué pour la plupart des matières en français. Et ceci dès l’école primaire. Pour certains enfants c’est peut-être la première fois qu’ils entendent cette langue ! Avec mes collègues nous leur proposons de revoir leur leçon d’une manière plus ludique : par des jeux, des dessins, des mises en situation. Nous avons également préparé un spectacle de Noël avec une pièce de théâtre en français. Les parents étaient fiers de leurs enfants et la directrice de l’école était agréablement surprise !!

Partager ces moments est un réel plaisir, les enfants sont très persévérants, courageux. Nous avons terminé l’année avec un voyage d’étude à Majunga qui se situe à l’ouest de Madagascar. Là encore les temps de partage avec mes collègues et les enfants resteront des moments inoubliables. Nous sommes une grande famille unie par le biais de notre Seigneur Jésus et cela fait toute la différence.

Florence Ceraudo, juillet 2025Télécharger la lettre




Lettre de Nouvelles : C’était une année forte en partage et en rigolade

C’est déjà la fin ou en tout cas fini au moment où j’écris cette lettre.

C’était, une année, forte en émotions, en découvertes, en changements et en souvenirs.

C’était des rires, des larmes, des rencontres, des discussions, des au revoir, mais surtout du bonheur.

C’était de la cuisine, des devoirs, des jeux, des sorties et des voyages.

Justement, en parlant de voyages, le 27 juin 2025, le voyage scolaire prévu à Mahajanga a commencé avec les enfants de la cantine grâce aux dons recueillis par la cagnotte en ligne et ceux des différentes paroisses. Départ très tôt le matin avec une soixantaine d’enfants tous excités comme des puces ! Le voyage en bus a été riche en chanson, musique, rire, dodo et aussi un peu en vomi haha. Evidemment, à Mada, rien ne se déroulant sans quelques péripéties, nous avons dû changer de lieu de camp. Le moral des enfants n’en a pas été plombé pour autant, ni celui des adultes au final, car c’était ça l’aventure.

Les activités ont été très variées :

  • Visite du Parc National d’Ankarafantsika avec les lémuriens
  • Grottes de Belobaka avec une descente dans une grotte à 16m de profondeur avec serpents et chauves-souris
  • Baignade à la plage du Grand Pavois et Petite Plage
  • Balade au Cirque Rouge
  • Construction de cerfs-volants, ballon au prisonnier, foot, …
  • Visite de la ville, Village Touristique, Ponton de mer
  • Parc aquatique avec toboggans et grandes piscines

Je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu faire ce voyage avec eux, de les avoir découverts dans un autre environnement, d’avoir vu les étoiles s’allumer dans leurs yeux à chaque découverte, leur excitation pour leur 1ère fois dans la mer pour certains. Ce voyage nous a vraiment rapprochés en particulier avec les grandes filles de CM1 et cela a été encore plus dur de leur dire au revoir à tous à la fin.

En parlant de départ et d’au revoir, nous avons aussi dû expliquer aux enfants de l’orphelinat de Topaza que nous ne reviendrions pas l’année d’après. Cela n’a pas non plus été facile même si sur le moment, je n’ai pas vraiment réalisé. Nous nous sommes quand même bien amusés avec eux la dernière après-midi entre la chasse aux trésors, des jeux et un GROS goûter !

J’ai beaucoup pensé au départ, j’ai essayé de m’y préparer, mais rien à faire je ne l’ai pas super bien vécu. Le stress des derniers moments, des valises qui seront sûrement trop lourdes (ça a été le cas), la peur de ne pas avoir dit au revoir à tout le monde, profiter aussi, mais toujours avec un tic-tac du temps qui passe dans la tête. Heureusement qu’avec Léonie nous avons pu voyager une dernière fois ensemble dans le nord du pays à Nosy Be et Diego-Suárez, ça a été incroyable et ça m’a quand même bien occupé l’esprit et les yeux !

Au final,

C’était, une année, forte en partage, en rigolade avec les sœurs, en apprentissage.

C’était des rires, des larmes, des rencontres, des discussions, des au revoir, mais surtout du bonheur.

C’était de l’échange, de l’amour, et de grands sourires.

C’était des émotions, des découvertes, des changements et surtout des SOUVENIRS.

À bientôt,

Salomé 😉Télécharger la lettre