Lettre de nouvelles : Grandir au fil de la mission

Malicka, volontaire de solidarité internationale, est chargée de la mission Wash – eau, hygiène, assainissement au Cameroun.Voilà… mon séjour touche bientôt à sa fin.

Cette année aura été pleine. Pleine de doutes, de rebondissements, de remises en question. Mais aussi pleine de rencontres, d’apprentissages et de découvertes.

À moins de deux mois de mon départ, je me surprends déjà à être nostalgique de Bafoussam. C’est drôle comme les choses fonctionnent : à peine les paysages, les rues et les marchés commencent-ils à devenir familiers qu’il est déjà temps de repartir. J’avais enfin trouvé mon rythme, aussi bien dans la ville que dans mon travail, et me voilà déjà en train de penser au retour.

Pourtant, les débuts n’ont pas été simples.

Les trois premiers mois, je ne pensais qu’à rentrer. Les délestages, les coupures d’eau, un quotidien auquel je n’étais plus habituée… Tout cela a été plus difficile que je ne l’avais imaginé. Heureusement, plusieurs collègues ont été très présents. Leur soutien a beaucoup compté et m’a permis de traverser cette période d’adaptation.

Lorsque je suis arrivée au CIPCRE, je pensais principalement faire de l’animation communautaire. J’ai vite découvert qu’ici, chacun met la main à la pâte et qu’il faut savoir sortir de sa fiche de poste. Il a donc fallu apprendre, s’adapter… et parfois transmettre à mon tour.

Les premiers mois ont été consacrés à la découverte du terrain, des écoles et des différentes communes d’intervention. Puis, progressivement, mes missions se sont diversifiées.

J’ai notamment travaillé sur le projet ASSO Filles, destiné à accompagner les jeunes filles victimes de mariages précoces, les mères mineures et leurs familles vers une réinsertion sociale, professionnelle et économique. À cette occasion, j’ai conçu une douzaine d’outils de suivi et de capitalisation afin de mieux valoriser le travail réalisé par les équipes.

À partir du mois de juin, j’ai retrouvé davantage le terrain, tout en développant une dimension plus communicationnelle de ma mission. J’ai réalisé des affiches, différents supports de communication et je travaille actuellement à la mise en forme de la Charte Genre pour la promotion d’une agriculture durable, ainsi qu’au prochain calendrier du CIPCRE consacré aux compétences de vie courante.

J’ai également eu beaucoup de plaisir à concevoir de petits outils pédagogiques pour les Clubs Ados et les Espaces Amis des Enfants : des cartes, des mini-jeux et différents supports réalisés sur Canva pour aider les enfants à mieux identifier leurs émotions, apprendre à s’autoprotéger et connaître leurs droits.

L’un des moments dont je suis sans doute la plus fière reste l’organisation des activités du projet PECPEVI à Foumbot et à Koutaba. Pour cette animation, l’équipe m’a laissé une grande liberté dans la préparation. J’ai donc voulu y mettre un peu de ma personnalité : création de cartes de jeu, mini-diplômes pour valoriser les enfants, bracelets pour identifier les équipes, panneaux de notation pour le jury, barèmes, supports pour les concours… J’avais envie que tout soit à la fois ludique, pédagogique et réutilisable pour les prochaines activités. Voir les enfants s’approprier ces outils a été une vraie satisfaction.

En prenant un peu de recul, je réalise que cette année m’aura surtout appris à sortir de ma zone de confort. J’étais venue avec une idée assez précise de ce que serait ma mission. Finalement, elle a été bien plus large que ce que j’avais imaginé.

Aujourd’hui, je chemine doucement vers la fin de cette aventure avec un sentiment de satisfaction.

Mais je ne vous cache pas que j’appréhende déjà le retour.

À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore de logement en France et je n’ai pas de famille qui puisse m’héberger. Je serai accueillie quelque temps chez une amie, avec l’espoir que cette année d’engagement m’ouvrira des portes dans le domaine de la coopération internationale.

En y réfléchissant, cette mission aura finalement été une succession de cycles : les doutes du départ, l’acclimatation, l’habitude qui s’installe, la nostalgie au moment de partir… puis, déjà, l’inconnu du retour.

Le voyage continue simplement sous une autre forme.

Je termine cette lettre avec beaucoup de gratitude envers le Défap et le CIPCRE, qui m’ont offert cette aventure. Une aventure qui m’aura parfois bousculée, souvent fait grandir, et que je garderai longtemps en mémoire.

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Comment fonctionne le volontariat de réciprocité ?

Le volontariat de réciprocité repose sur un principe simple : les échanges entre partenaires internationaux vont dans les deux sens.

Le Défap accompagne des volontaires français qui partent s’engager auprès de structures partenaires à l’étranger. Mais cette dynamique ne s’arrête pas là : le Défap accueille également en France des volontaires issus de ses pays partenaires.

Cette réciprocité permet de construire des relations plus équilibrées entre les partenaires et de placer la solidarité internationale, l’échange et le dialogue interculturel au cœur des missions de volontariat. Il ne s’agit donc pas simplement d’accueillir une personne venue d’un autre pays. Le volontariat de réciprocité permet à chacun de partager ses compétences, ses expériences et sa culture, tout en contribuant à un projet commun.

Qui peut bénéficier du volontariat de réciprocité ?

Le Défap travaille avec de nombreux partenaires à travers le monde, notamment des Églises, des associations et des ONG engagées dans des projets de développement et de solidarité.

Dans ce cadre, des volontaires issus de ces pays partenaires peuvent être accueillis en France pour rejoindre une structure dont le projet est soutenu ou accompagné par le Défap.

Comme pour les missions de volontariat à l’étranger, le volontariat de réciprocité peut prendre deux formes :

  • le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) ;
  • le Service Civique, dans le cadre de missions adaptées à ce dispositif.

Comment se déroule une mission de réciprocité ?

Le parcours commence par l’identification des besoins des structures partenaires et la diffusion d’offres de mission. Les candidatures sont proposées par les partenaires du Défap, puis étudiées afin de trouver la meilleure adéquation entre le profil du volontaire et les besoins de la structure d’accueil.

Une fois le volontaire sélectionné, plusieurs étapes permettent de préparer son arrivée en France :

  • Les démarches administratives, notamment les procédures liées à l’obtention du visa ;
  • La préparation au départ et à l’arrivée, avec des temps de formation destinés à préparer le volontaire à son nouvel environnement ;
  • L’accueil et l’installation au sein de la structure partenaire ;
  • L’accompagnement tout au long de la mission, assuré par le Défap et ses partenaires.

Le Défap travaille notamment en lien avec France Volontaires et les différentes structures partenaires afin de faciliter ces démarches et de garantir les meilleures conditions possibles d’accueil et d’accompagnement.

Une occasion de découvrir la France autrement

Une mission de volontariat ne se résume pas aux activités réalisées au sein de la structure d’accueil. Elle permet également au volontaire de découvrir un nouveau pays, son quotidien et ses réalités.

Pour certains, il s’agit d’une première découverte de la France. Pour d’autres, cette expérience permet de porter un regard nouveau sur un pays déjà connu et d’en découvrir d’autres facettes.

Au fil de la mission, le volontaire peut ainsi découvrir le patrimoine, les traditions, la diversité culturelle et les réalités sociales françaises. Cette immersion constitue une véritable expérience d’ouverture et d’apprentissage, qui vient enrichir la mission professionnelle ou associative.

Le volontariat, un véritable échange culturel

La réciprocité est au cœur de cette expérience. Comme le souligne France Volontaires, « la réciprocité dans le volontariat est un principe d’action qui infuse les échanges, les partenariats, les projets, pour un rééquilibrage des relations entre pays et acteurs ».

Le volontaire n’est donc pas uniquement là pour transmettre ses compétences : il apprend aussi de son environnement et des personnes qu’il rencontre.

La mission devient un espace de rencontres et de partage autour de nombreuses dimensions de la vie quotidienne : langues, pratiques professionnelles, traditions, gastronomie, rapport au travail ou encore manières de vivre ensemble.

Ces échanges permettent au volontaire et à la structure d’accueil de mieux comprendre leurs réalités respectives et de faire de la diversité culturelle une véritable richesse.

« J’ai également eu l’opportunité de découvrir la Côte d’Azur avec deux amies. Ce fut un moment marquant car j’ai enfin pu voir la mer, ce qui change totalement de l’ambiance alsacienne. J’ai aussi remarqué une vraie différence culturelle et de rythme de vie par rapport à l’Alsace ; le climat plus doux et la proximité de la Méditerranée donnent une tout autre énergie. »

Quels sont les impacts du volontariat de réciprocité ?

Le volontariat de réciprocité produit des effets à plusieurs niveaux. Il bénéficie au volontaire, à la structure qui l’accueille, mais aussi aux relations entre les partenaires internationaux.

Renforcer la capacité d’agir

La présence du volontaire peut contribuer au développement et au renforcement des activités de la structure d’accueil. Ses compétences, ses initiatives et son expérience viennent compléter celles des équipes en place et peuvent apporter de nouvelles perspectives, sur le plan organisationnel, relationnel ou humain.

Favoriser l’ouverture et les échanges

Le volontaire devient également un acteur de la solidarité internationale. Les liens qu’il crée avec ses collègues, les partenaires et son environnement participent à une meilleure connaissance de son pays d’origine et favorisent le dialogue entre les cultures.

Son expérience peut ainsi contribuer à renforcer les liens entre les sociétés et à faire vivre concrètement les relations de partenariat.

S’enrichir mutuellement

Enfin, le volontariat de réciprocité est avant tout une expérience humaine. La rencontre entre des personnes aux parcours et aux cultures différents favorise le partage, la remise en question et l’apprentissage mutuel.

En travaillant ensemble autour d’un objectif commun, le volontaire et la structure d’accueil peuvent faire émerger de nouvelles idées et de nouvelles manières d’agir.

Une expérience qui prolonge le partenariat

La fin de la mission ne signifie pas la fin des échanges.

À leur retour, les volontaires repartent avec de nouvelles compétences, des expériences marquantes et des liens tissés au fil de leur mission. De leur côté, les structures d’accueil bénéficient d’un regard nouveau, de nouvelles compétences et d’une coopération renforcée avec leurs partenaires internationaux. Le volontariat de réciprocité est ainsi bien plus qu’un échange de personnes. Il constitue un véritable levier de solidarité internationale, de dialogue interculturel et de construction de partenariats durables.

Parce qu’il permet à chacun de donner, de recevoir, d’apprendre et de transmettre, il incarne pleinement la volonté du Défap de construire des relations fondées sur la réciprocité et l’égalité entre partenaires.

Une mission de volontariat, c’est une expérience professionnelle et humaine, mais aussi une ouverture sur le monde. Une aventure faite de rencontres, de découvertes et d’échanges, qui peut transformer durablement le regard que l’on porte sur les autres et sur soi-même.




Lettre de nouvelles : Dieu agit dans les petites choses

Pasteur et directeur du centre de formation de l’Église Protestante Évangélique de Djibouti, Bernard poursuit sa mission en tant que volontaire de solidarité internationale.

« Chers amis et compagnons de mission,

Tout d’abord, je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour vos prières et votre soutien constant. Grâce à vous, nous avançons ensemble dans cette oeuvre, et je sens que votre fidélité nous accompagne jusque dans les moments les plus simples de la vie quotidienne.

Quant à moi, je poursuis cette mission avec engagement et confiance. Les responsabilités sont nombreuses, mais je trouve dans la prière et la communion fraternelle la force de continuer. Être pasteur et directeur du centre de formation est une tâche exigeante, mais aussi une source de joie : chaque rencontre, chaque progrès des apprenants ou des fidèles me rappelle que Dieu agit dans les petites choses du quotidien.

Permettez-moi de partager quelques nouvelles du centre de formation. Le cycle d’alphabétisation soutenu par Caritas Djibouti s’est achevé en ce mois de mars. Une nouvelle étape s’ouvre désormais avec l’initiation à l’informatique, qui accueillera les enfants ayant terminé le programme ainsi que d’anciens apprenants intégrés dans l’école classique. Par ailleurs, dans l’atelier de coupe et couture, les femmes m’impressionnent par leur créativité : elles transforment des tissus recyclés en sacs, pochettes d’ordinateurs et divers articles, et s’initient désormais à la confection de tenues africaines inspirées des styles d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

De plus, l’EPED, toujours en partenariat avec l’Agence Nationale des Personnes Handicapées (ANPH), se prépare à accueillir cinquante-cinq nouveaux jeunes en situation de handicap. Ceux-ci seront formés aux métiers de la maçonnerie de finition, de l’électricité, de la plomberie et de la pâtisserie. À l’issue de leur parcours, chacun effectuera un stage d’immersion en entreprise, de deux à cinq mois, constituant une étape essentielle pour renforcer leur employabilité et favoriser une insertion durable.

Parallèlement, la vie paroissiale demeure un lieu de communion et de croissance spirituelle. Chaque vendredi et dimanche, les cultes rassemblent fidèles et amis dans une atmosphère fraternelle. Pour moi, ces moments sont comme une respiration : au milieu des tâches administratives et des projets, je retrouve la joie simple de prier et chanter ensemble. Quelques adolescents recevront bientôt le baptême, et je suis ému de voir leur foi grandir. Enfin, l’Assemblée Générale organisée récemment a permis de renouveler les instances de la communauté. Ce fut un temps de reddition de comptes, de responsabilité partagée et de prière pour l’avenir de l’Église.

La vie à Djibouti nous offre également des impressions fortes. Cette année, le Ramadan et le Carême chrétien se déroulent simultanément. Les journées sont calmes, presque suspendues, mais dès la tombée du soir, les rues s’animent, les marchés s’emplissent de couleurs et de parfums, et les familles se retrouvent après la rupture du jeûne. Pour nous, vivre le Carême dans ce contexte est une invitation à la contemplation et au respect mutuel. Deux traditions spirituelles différentes rappellent ainsi l’importance du jeûne, de la prière et du partage.

Peu à peu, la fraîcheur s’efface pour céder la place à l’été et à ses chaleurs intenses. Cette transition saisonnière rappelle combien la vie ici demeure profondément marquée par les contrastes du climat.

Dans ce contexte, j’exprime ma gratitude aux autorités publiques, dont l’attention constante se manifeste par des actions concrètes en faveur de la santé de la population. Afin de prévenir la propagation du paludisme et de la dengue, le gouvernement a récemment organisé une vaste opération de pulvérisation aérienne couvrant l’ensemble de la ville. Réalisée à l’aide d’un avion, cette initiative témoigne du souci permanent des responsables de protéger les habitants et de préserver le bien-être collectif.

Enfin, je voudrais dire un grand merci à mon épouse et à mes enfants. Leur présence à mes côtés est une source de réconfort et de force. Ensemble, nous partageons les joies et les défis de la mission. Les enfants, malgré le changement de système scolaire et de cadre de vie, poursuivent leurs études avec courage et détermination. Certes, l’adaptation n’a pas toujours été facile, mais je suis profondément reconnaissant de voir leurs progrès et leur persévérance. Leur curiosité et leur capacité à s’intégrer dans ce nouvel environnement sont pour moi un témoignage vivant de la grâce de Dieu. Ma famille est mon premier cercle de soutien : leur patience, leur courage et leur foi m’aident à tenir dans les moments de fatigue et me rappellent que la mission est aussi une aventure partagée.

Chers amis, je vous remercie encore pour votre fidélité. Chaque geste, chaque pensée, chaque intercession nous accompagne et nous fortifie. Vous êtes véritablement des compagnons de route dans cette mission, et nous rendons grâce à Dieu pour votre présence à nos côtés.

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Recevez notre amitié fraternelle en Christ.

Bernard »

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Lettre de nouvelles : Un mois particulier

Malicka, volontaire de solidarité internationale, est chargée de la mission Wash – eau, hygiène, assainissement au Cameroun.

« Mars a été un mois assez particulier. J’ai l’impression que tout s’est accéléré d’un coup. Les journées sont bien remplies, parfois un peu longues, mais intéressantes. Ces dernières semaines, ma mission a beaucoup évolué. Je suis moins dans l’animation pure et plus dans tout ce qui est capitalisation, analyse, mise en forme des données… C’est un travail plus “dans l’ombre”, mais qui permet vraiment de comprendre ce qu’on fait, pourquoi on le fait, et ce que ça produit concrètement.

En ce moment, c’est aussi une période assez chargée parce qu’on attend la venue d’un partenaire. Du coup, tout le monde est un peu en mouvement, on prépare, on ajuste, on vérifie. Il y a une certaine pression, mais aussi une bonne dynamique d’équipe.

À côté de ça, il y a eu des moments qui m’ont fait du bien.

En mars, j’ai eu la chance de voir un ami qui est lui aussi en mission au Cameroun et qui est passé. Franchement, ça m’a fait plaisir. Ça casse un peu le rythme, ça rappelle aussi qu’on n’est pas seuls dans ce type d’expérience.

Et surtout, il y a eu le 8 mars.

Dans la structure, les femmes ont organisé des sorties. Elles cotisent entre elles, elles choisissent un lieu, et elles se retrouvent pour passer un moment ensemble. Les hommes sont invités aussi, mais l’initiative vient vraiment d’elles. On danse, on discute, on rigole… et c’était vraiment une belle découverte pour moi.

Ça a d’ailleurs lancé des discussions en réunion, notamment sur le sens du 8 mars. Le directeur expliquait que pour lui, ce n’est pas une fête mais une journée de lutte, de mémoire, et qu’il trouvait ça dommage d’en faire quelque chose de festif.

Et en même temps, moi, en voyant ces moments-là, je me suis dit autre chose.

Je me suis dit que se retrouver, se détendre, danser, profiter… ce n’est pasrien. Dans des contextes où les femmes portent énormément entre travail, famille, responsabilités, le fait de s’autoriser ça, ce n’est pas anodin. Pour moi, c’est aussi une forme de liberté.

Je pense qu’au final, le plus important, c’est de laisser le choix.

Certaines vont vouloir militer, d’autres vont vouloir souffler. Et peut-être que les deux ont leur place.

Ce mois de mars a été assez riche émotionnellement. Entre le travail, les échanges, les débats, les moments plus légers… il s’est passé beaucoup dechoses.

Aujourd’hui, je commence aussi à penser à la suite. On m’a proposé de prolongerla mission, ce qui fait plaisir, forcément. Mais en même temps, je me prépare aussi à l’idée du retour en septembre.

Je crois que je suis un peu entre les deux : contente de ce que je vis ici, et en train de réfléchir à ce qui vient après.En tout cas, je reste vraiment reconnaissante pour cette expérience.

Malicka »

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Lettre de nouvelles : Une vision qui se développe

Actuellement en mission à Madagascar, Noémie est volontaire de service civique originaire de l’île d’Oléron. Avant son départ, ses attentes étaient simples : grandir dans un environnement inconnu, apporter un soutien affectif et éducatif aux enfants, vivre des moments de convivialité, découvrir la culture culinaire malgache, être en cohésion avec mon binôme et s’ouvrir au monde. Aujourd’hui, elle partage son aventure.

C’est toujours un exercice compliqué de résumer en quelques lignes des semaines, des mois de vécu… des ressentis, des rencontres. Mais c’est nécessaire d’écrire. Pour ne pas oublier. Pour laisser une trace. J’en suis à plus de la moitié de mon volontariat, et ça me déchire un peu le cœur et l’esprit de me dire que dans 4 mois, tout ça ne sera plus que des souvenirs. J’aimerais pouvoir arrêter le temps, juste un peu. Depuis ma dernière lettre, il s’est passé tellement de choses.

Déjà, niveau santé, je sens que mon système immunitaire s’est renforcé. Ça fait du bien de ne plus se sentir fébrile tous les quatre matins. Mais une nouvelle douleur est apparue à mon genou gauche, qui irradie dans toute la jambe. J’ai fait des examens ces derniers jours, j’attends les résultats… un peu dans le flou.

Concernant la mission, je me sens de mieux en mieux à la cantine. Toujours heureuse de partager ces moments avec les enfants. Par contre, j’ai arrêté de me rendre à l’orphelinat. Il y avait trop de frustration, de fatigue accumulée, des malentendus… et j’ai compris qu’il n’y avait rien de grave à ça. On ne peut pas s’entendre avec tout le monde. Même si j’adorais passer du temps avec les enfants là-bas, il fallait savoir s’arrêter pour que ça ne devienne pas quelque chose de négatif. Je préfère garder les bons souvenirs. À côté de ça, je fais plein d’activités avec les soeurs. Des gâteaux avec soeur Alexandrine, de la poterie avec soeur Pélagie… je lui lis même la Bible en anglais en la traduisant. Honnêtement, je n’aurais jamais imaginé faire tout ça un jour.Notre voyage sur la RN7 avec Lily, Ambre et Shekina a été un vrai régal. Les paysages me fascinent toujours autant. Le parc de l’Isalo, qu’on surnomme le Colorado malagasy, m’a vraiment marquée. Et puis des moments comme faire de la pirogue sur le canal du Mozambique… c’était incroyable. Mais au-delà des paysages, c’est surtout tout ce qu’on a partagé. On a tellement ri. Ça nous a fait du bien, à toutes.

J’ai aussi passé un week-end à Tamatave après le passage du cyclone avec mon ami journaliste Angelo. Beaucoup de dégâts, beaucoup d’émotions… J’y ai fait des interviews, des reportages, et surtout de très belles rencontres. Des gens forts, marqués, mais debout. J’ai fait deux fois du parapente… quel kiffe. Notamment à Ampefy, au-dessus du lac et des rizières. C’est le genre de moments où tu te sens vraiment vivante. Je crois que je peux le dire : je me sens épanouie. Ma vie sociale est riche, je fais plein de choses, je rencontre beaucoup de monde… je vis, tout simplement.

Ma vision du luxe a complètement changé. Avant, je pensais que le luxe, c’était l’opulence, les beaux hôtels, les piscines, les spas… Aujourd’hui, le luxe, c’est avoir accès à l’eau, à l’électricité, être en bonne santé, et être entourée de personnes avec qui tout partager. Avec le temps, je m’habitue au mora mora. Et j’aime ça. Prendre le temps. Pour soi. Pour découvrir. La phrase “ce n’est pas la destination qui compte mais le chemin parcouru, et surtout les détours” n’a jamais eu autant de sens. À Madagascar, tu peux tout organiser… il y aura toujours des imprévus. Et c’est ça, aussi, la beauté du pays. L’imprévisible. Tu apprends à t’adapter. Tout le temps.

Les Malagasy sont extrêmement accueillants. Toujours le sourire. Beaucoup d’entraide, surtout envers les vazaha. En tout cas, c’est comme ça que je le ressens. Si je suis perdue, je peux demander à n’importe qui. Mais il existe aussi des rivalités, de la jalousie… et ça, c’est plus dur à voir. Le pays est très pauvre : environ 81 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Une chose m’a profondément bouleversée : le rapport aux ancêtres. Quand quelqu’un décède, la famille se réunit, veille, célèbre. C’est beau. Très beau même. Je pensais que ça m’aiderait à apprivoiser la mort… mais c’est presque l’inverse. Ici, la mort est partout. Parfois sans explication. Dans mon quartier, il y a eu plusieurs décès ces derniers mois. Des jeunes. Même de mon âge. Et quand je demande pourquoi, on me répond juste qu’ils étaient “fatigués”. À 20 ans…Alors oui, ça me fait peur. Parce que ça reste flou. Mystérieux. J’ai vécu des choses que je n’aurais jamais imaginé vivre : un “coup d’État” en septembre, des éboulements de terrain chez nos voisins, pendant deux semaines, on a hébergé 32 personnes, le mpox, les cyclones qui frappent régulièrement l’île… Des événements forts, parfois violents, surtout dans un pays qui n’est déjà pas privilégié.

Mais malgré tout, je ne vois pas ça que comme du négatif. Au contraire. Ça me construit. Ça m’ouvre les yeux. Ça m’apprend qu’il n’y a pas qu’une seule façon de voir le monde. Toutes les cultures ont leur richesse. Toutes. Les paysages sont à couper le souffle : rizières en terrasses, montagnes sculptées, terre rouge, plages à l’eau turquoise, forêts tropicales… une faune unique. Mais au fond, ce ne sont pas les paysages le plus marquant. Ce sont les gens. C’est peut-être ça, le plus beau cadeau de ces six mois. Les soeurs d’abord. Je n’aurais jamais pensé créer des liens aussi forts avec elles. Moi qui ne viens pas du tout de ce monde religieux et spirituel… et pourtant. Les liens sont là. Sincères. Profonds. Et puis les enfants. Même quand on ne se comprend pas toujours avec des mots, ils sont tellement attachants. Ils m’apprennent chaque jour que l’amour est une langue universelle. Un regard, un geste, un sourire… et tout passe.

Madagascar est un pays que je recommande profondément. Une culture riche, intense, qui mérite d’être découverte. Je n’ai même pas encore parlé des fady, des croyances, des histoires de sorcières… ce sera pour une autre page de ma lettre de nouvelle. J’aime profondément ce pays.J’ai hâte de vivre encore ces prochains mois. J’ai hâte de faire découvrir tout ça à ma grande soeur. Ici, les gens prennent le temps. Et moi… j’apprends à faire pareil. Mirary tontolo andro mahafinaritra ho anao.

À bientôt !Télécharger la lettre




Lettre de nouvelles : Grandir dans l’accompagnement au quotidien

Jacob effectue actuellement une mission de service civique au sein de la Fondation Protestante Sonnenhof, à la Maison d’Accueil Spécialisée Catherine Zell. Engagé dans l’accompagnement de personnes dépendantes ou en situation de handicap, il partage à travers ce témoignage son évolution au sein de la structure, les apprentissages tirés du quotidien auprès des résidents ainsi que le regard nouveau que cette expérience humaine et professionnelle lui apporte.

Après cinq mois passés au sein de la Maison d’Accueil Spécialisée Catherine Zell, ma mission a progressivement pris une nouvelle dimension. Si les premières semaines avaient été marquées par la découverte de l’environnement et de ses acteurs, je me sens aujourd’hui davantage intégré dans le fonctionnement du service animation. Avec le temps, j’ai appris à mieux comprendre les repères des résidents, leurs habitudes, mais aussi leurs besoins spécifiques. Cette évolution m’a permis de trouver ma place, non seulement comme observateur, mais comme véritable acteur de l’accompagnement.

Mon engagement s’articule principalement autour de la mise en œuvre d’activités adaptées aux capacités des personnes accompagnées. J’interviens notamment dans des séances d’activité physique adaptée, des ateliers de lecture-écoute, des moments de médiation animale ainsi que des ateliers musicaux. Au fil des semaines, j’ai compris que ces activités ne sont pas de simples occupations. Elles constituent des espaces essentiels d’expression, de stimulation et de lien social. Chaque activité demande une attention particulière, afin de s’adapter au rythme, aux réactions et aux capacités de chaque résident.

Apprendre à observer et à s’adapter

L’un des apprentissages les plus marquants de cette mission réside dans la capacité à observer. Derrière chaque réaction, chaque comportement, il y a une manière de communiquer qu’il faut apprendre à décoder. J’ai ainsi pris conscience de l’importance de l’individualisation de l’accompagnement. Les activités ne peuvent être standardisées : elles doivent être pensées en lien avec les besoins de chaque résident et ajustées en permanence.

Une expérience au cœur du travail en équipe

Ma mission me permet de découvrir la richesse du travail en équipe pluridisciplinaire. Les échanges avec les professionnels m’apportent des repères essentiels pour mieux comprendre les situations et adapter mes interventions. J’évolue dans un environnement où la collaboration, l’écoute et le respect des rôles de chacun sont indispensables pour garantir un accompagnement de qualité.

Un regard renouvelé et transformation progressive

Avec le recul, cette expérience m’amène à porter un regard plus profond sur les enjeux liés à l’accompagnement des personnes en situation de handicap. Elle met en évidence l’importance de favoriser l’inclusion, de préserver l’autonomie et de reconnaître la singularité de chaque personne. Au-delà des compétences développées, cette mission contribue à transformer ma manière de percevoir les relations humaines. Elle renforce en moi des valeurs essentielles telles que le respect, la patience et l’attention portée à l’autre.

Chaque jour passé dans cette structure est une occasion d’apprendre, de m’adapter et de grandir. Aujourd’hui, je poursuis cette mission avec un regard différent, plus conscient des enjeux et plus engagé dans les actions que je mène.

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Comment choisir sa mission de volontariat ?

S’engager dans une mission de volontariat, que ce soit en VSI (Volontariat de Solidarité Internationale) ou en service civique, est une expérience forte dans un parcours de vie. Au-delà de l’engagement, partir en volontariat offre une expérience profondément enrichissante : rencontres interculturelles, découverte d’un nouveau pays et développement personnel sont souvent au rendez-vous. Mais face à la diversité des missions proposées, une question revient souvent : comment choisir celle qui vous correspond vraiment ?

Choisir un type de volontariat

 Avant de sélectionner une mission, il est essentiel de comprendre dans quel cadre vous souhaitez-vous engager. Il existe plusieurs dispositifs de volontariat (congés solidaires, Corps européen de solidarité…), mais au Défap, deux formes principales sont proposées : le VSI et le service civique international.

Qu’est-ce que le VSI ?

Le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI) est un engagement à temps plein à l’étranger, généralement sur une durée de 12 à 24 mois. Il s’adresse à des personnes majeures souhaitant s’investir dans des projets de développement (éducation, santé, environnement, etc.) au service des Églises partenaires. . Il requiert des compétences techniques et/ou des expériences dans le domaine d’intervention.

Le VSI implique :

  • une forte capacité d’adaptation
  • un engagement sur la durée
  • une réelle immersion dans le pays d’accueil

C’est une expérience exigeante, mais particulièrement enrichissante, tant sur le plan humain que professionnel.

Qu’est-ce que le service civique international ?

Le service civique international permet aux participants de 18-25ans de se rencontrer, de vivre des expériences humaines enrichissantes et de contribuer activement à la solidarité et aux projets des Églises partenaires. Ce sont avant tout la motivation et le savoir-être qui sont valorisés : aucun diplôme ou expérience professionnelle n’est requis. La mixité sociale est un principe fondamental, assurant un accès équitable pour tous, quel que soit le niveau de formation, l’origine culturelle ou le milieu social.

Ce dispositif permet :

  • de vivre une première expérience de volontariat de 9-11 mois
  • de s’engager dans des actions concrètes (solidarité, éducation, culture…)
  • de découvrir l’international dans un cadre accompagné

Plus accessible et souvent plus court que le VSI, il constitue une excellente porte d’entrée dans l’engagement solidaire.

Prendre le temps de se connaître soi-même

Avant de s’engager dans une mission de volontariat international, il est essentiel de prendre un temps de réflexion sur soi. Partir, ce n’est pas seulement choisir une destination ou une mission : c’est aussi s’inscrire dans une démarche personnelle, parfois exigeante, qui invite à mieux comprendre ses envies, ses valeurs et ses capacités.

Identifier sa motivation

Le volontariat répond souvent à un besoin profond de donner du sens à ses actions. Envie de se rendre utile, de s’engager pour une cause, de découvrir le monde ou de vivre une expérience différente : les motivations sont multiples, et toutes sont légitimes.

Cependant, il est important de les clarifier. Une mission à l’international peut comporter des défis, des moments de doute ou de fatigue. Avoir une motivation solide et consciente permet de rester engagé dans la durée et de mieux traverser ces périodes. C’est aussi ce qui donne toute sa valeur à l’expérience : agir pour les autres, tout en trouvant sa propre place.

Évaluer ses compétences… et ses limites

Le volontariat mobilise des compétences variées : capacité d’adaptation, autonomie, écoute, travail en équipe… mais aussi parfois des savoir-faire plus techniques selon les missions.

Prendre le temps d’identifier ses compétences permet de s’orienter vers une mission où l’on pourra être utile et s’épanouir. Mais il est tout aussi important de reconnaître ses limites : partir en volontariat, c’est souvent sortir de sa zone de confort, vivre dans un environnement interculturel, s’adapter à d’autres repères.

Cette prise de conscience est essentielle pour éviter les décalages entre attentes et réalité. Elle permet aussi d’aborder la mission avec humilité et ouverture, deux qualités clés pour une expérience réussie.

Prendre le temps de connaître sa mission

Avant de s’engager, il est essentiel de bien comprendre la mission envisagée. Cela permet de vérifier que votre profil correspond aux besoins du terrain et que votre engagement sera réellement utile.

Se renseigner sur le pays d’accueil

Bien connaître son pays d’accueil est essentiel pour vivre une expérience de volontariat réussie, notamment sur le plan interculturel. Partir à l’étranger ne signifie pas seulement changer d’environnement, mais entrer dans un nouveau cadre de référence avec ses propres codes, valeurs et modes de fonctionnement.

Se préparer en amont permet de mieux comprendre la société dans laquelle vous allez évoluer et de limiter les incompréhensions. L’interculturalité se manifeste souvent dans les gestes du quotidien : manière de communiquer, de travailler, rapport au temps ou à l’autorité. La langue joue également un rôle clé : apprendre quelques bases facilite les échanges, favorise l’intégration et montre votre volonté de vous adapter. Enfin, s’informer sur l’histoire, le contexte social, politique et économique du pays permet de mieux saisir les enjeux locaux et de donner du sens à votre engagement. Adopter une posture d’ouverture, d’écoute et de respect est essentiel pour tirer pleinement profit de cette expérience.

Se renseigner sur les valeurs de l’organisme

Le choix de l’organisme d’accueil est une étape déterminante dans votre projet. Il est important de s’assurer de son sérieux, de son éthique et de la qualité des projets proposés.

Avec le développement du volontariat international, certaines dérives existent, notamment le « volontourisme », qui propose parfois des missions coûteuses, peu encadrées et à faible impact pour les populations locales. Pour éviter ces situations, vérifiez plusieurs éléments : la pertinence du projet (répond-il à de vrais besoins locaux ?), son impact à long terme, et la manière dont il est construit avec les communautés concernées. Assurez-vous également que les valeurs de la structure (solidarité, respect, coopération) correspondent aux vôtres.

Enfin, portez attention au cadre proposé : accompagnement avant, pendant et après la mission, intégration dans une équipe expérimentée, et suivi global. Privilégier des organisations reconnues et engagées dans des démarches éthiques constitue un repère fiable pour faire un choix éclairé.

Écouter les témoignages des anciens volontaires

Rien ne remplace le retour d’expérience de celles et ceux qui sont déjà partis. Leurs témoignages permettent de mieux comprendre le quotidien sur le terrain, d’apprendre des rencontres ou des obstacles des autres pour se projeter plus concrètement dans votre prochaine mission.

« Le temps passe toujours très voire trop vite lorsque vous êtes volontaires de solidarité internationale dans une mission à l’étranger. Le temps d’assimiler le mode de vie, comprendre les attentes de ce pays et celui de votre association d’accueil, d’initier des actions qui ont un sens et je me rends compte que cela fait déjà plus d’un an et demi que je suis arrivé ici en Tunisie. » – Laurent, VSI

Avec les semaines, certains repères se renforcent : je connais mieux leurs habitudes, leurs réactions, leurs petites personnalités aussi, et cela rend les échanges plus naturels. On sent qu’une relation de confiance s’installe davantage, aussi bien avec les enfants qu’avec l’équipe sur place. – Shékina, service civique

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Pour résumer

Choisir sa mission de volontariat international demande du temps et de la réflexion. Pour faire le bon choix, il est essentiel de : 

  • comprendre les différents dispositifs
  • clarifier ses motivations
  • évaluer ses compétences
  • bien se renseigner sur la mission et son contexte

En prenant ce temps, vous augmentez vos chances de vivre une belle expérience. Au-delà de l’engagement, le volontariat est avant tout une rencontre avec les autres, avec des cultures et avec soi-même.




Lettre de nouvelles : partages, rencontres, formations et découvertes

Galed est volontaire de solidarité internationale à Marseille. Dans le cadre de sa mission au sein de l’Association diaconale protestante Marhaban, il contribue à promouvoir l’éducation à la citoyenneté responsable et à la solidarité auprès des habitants d’un quartier prioritaire.

Ce début d’année a été une période particulièrement épanouissante pour moi. J’ai rapidement pris fonction et j’ai pu m’investir pleinement dans mes missions après le départ de Believe. Entre l’appui à la gestion du projet Vivres Solidaires, la logistique et la communication, j’ai eu l’opportunité de mettre mes compétences au service d’une cause qui me tient à cœur, dans un environnement à la fois stimulant et bienveillant.

Parmi les moments marquants, l’atelier cuisine avec les femmes bénéficiaires du programme reste une très belle expérience. Ensemble, nous avons préparé plusieurs spécialités comme la Ghribia, la Karantika ou encore un spinach stew, accompagnés de riz, de boulgour et de tagliatelles de carottes. Un moment riche en partage, en transmission de savoir-faire et en convivialité.

J’ai également eu le plaisir de retrouver les volontaires avec qui j’ai débuté cette mission lors de la formation « Valeurs de la République et laïcité » à Oullins, près de Lyon. Un temps fort d’échanges et de retrouvailles, qui m’a aussi permis de redécouvrir la ville.

Côté découvertes, un week-end à la montagne à Chaillol m’a offert une première expérience de la neige et du ski, une parenthèse rafraîchissante loin de Marseille.

Je me suis aussi impliqué dans l’exposition photo organisée à l’occasion des 200 ans de présence protestante à Marseille, autour du thème « Témoigner ». Entre installation des œuvres et gestion de la communication digitale, ce projet a été très enrichissant. Une fierté particulière : apparaître sur l’une des photos exposées, symbole de notre engagement à Marhaban.

Enfin, ce trimestre s’est clôturé avec la Fête de l’Alimentation 2026, co-organisée avec plusieurs associations. Théâtre, expo, musique et moments conviviaux ont rythmé cet événement, dans une ambiance chaleureuse et engagée. Un trimestre intense et formateur, marqué par l’engagement, les rencontres et de belles découvertes.

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Lettre de nouvelles : Temps forts entre rencontres et aventures

Asanat est Volontaire de Solidarité Internationale en France depuis 2025. Sa mission est d’accueillir et d’accompagner de jeunes et de familles en situation de précarité à Strasbourg.

Bonjour à tous,

Voilà déjà cinq mois que je vis cette aventure au sein de l’association l’Étage Club de Jeunes. Après la pause des fêtes de Noël, j’ai repris le chemin de ma mission avec un enthousiasme renouvelé pour cette année 2026.

Mon quotidien au cœur du social

Retrouver les bénéficiaires a été un vrai bonheur. Malgré la rudesse de l’hiver, c’est le sentiment d’être utile et la joie des rencontres qui me donnent, chaque matin, le courage d’avancer. Je découvre chaque jour la richesse des actions de l’association ; c’est un apprentissage permanent qui me fait grandir.Un des moments que j’apprécie particulièrement, ce sont les cours de français. C’est un espace de rencontre incroyable avec des personnes du monde entier. Parfois, j’ai le bonheur de pouvoir parler ma langue maternelle avec certains d’entre eux. Voir leur sourire quand ils trouvent quelqu’un qui les comprend vraiment n’a pas de prix ! Cela me permet aussi de les aider plus efficacement dans leur apprentissage. À la Loupiote, le contact avec les familles et les enfants complète cette expérience en m’apportant de nouvelles compétences humaines.

Moments forts et échanges

Ces derniers mois ont aussi été marqués par des moments de partage plus personnels :

Un échange riche : J’ai eu la chance de participer à un culte à Beblenheim, organisé avec le pasteur de l’ACO. J’y étais accompagnée d’une autre volontaire venant d’Égypte. Ce fut un moment d’échange passionnant où nous avons pu mettre en parallèle nos missions respectives ici en France et les progrès des projets en cours en Égypte.

Évasion et amitié : J’ai également eu l’opportunité de découvrir la Côte d’Azur avec deux amies. Ce fut un moment marquant car j’ai enfin pu voir la mer, ce qui change totalement de l’ambiance alsacienne. J’ai aussi remarqué une vraie différence culturelle et de rythme de vie par rapport à l’Alsace ; le climat plus doux et la proximité de la Méditerranée donnent une tout autre énergie. Enfin, j’ai fêté mon anniversaire entourée de mes amis, qui sont devenus pour moi une véritable deuxième famille ici.

Merci à vous tous qui m’accompagnez de près ou de loin dans cet engagement. Votre soutien et vos prières me portent au quotidien. Je vous dis à très bientôt pour la suite de mes aventures.

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Lettre de Nouvelles : Un temps pour assimiler et harmoniser

Laurent est volontaire de solidarité internationale en Tunisie depuis 2024, auprès de l’Association Tunisienne d’Agriculture Environnementale, où il intervient comme chargé de projets agricoles. Avant son départ, il était jeune retraité, bénévole à la Croix-Rouge, avec un parcours marqué par de nombreux voyages et expériences professionnelles à travers plusieurs pays. Aujourd’hui, alors qu’il arrive au terme de sa mission, il revient sur cette expérience et partage le bilan humain et professionnel de son engagement.

Le temps passe toujours très voire trop vite lorsque vous êtes volontaires de solidarité internationale dans une mission à l’étranger. Le temps d’assimiler le mode de vie, comprendre les attentes de ce pays et celui de votre association d’accueil, d’initier des actions qui ont un sens et je me rends compte que cela fait déjà plus d’un an et demi que je suis arrivé ici en Tunisie.

En parallèle de la consolidation administrative de l’association et la coordination des projets actuels, j’ai orienté mon travail vers la recherche de nouveaux projets pour que l’association puisse continuer ses actions indispensables au développement de l’agroécologie en Tunisie. Une des particularités dans ce pays est que les associations existent uniquement grâce à des bailleurs de fonds étrangers. La recherche et la réponse à un appel à projet d’un bailleur de fonds nécessitent un travail important de toute l’équipe de l’association pour proposer un projet cohérent (durée, coût, moyens nécessaires, impact,…) et qui répond à nos valeurs et nos objectifs. Le délai entre notre proposition et son acceptation varie entre quelques mois à plus d’un an. Il faut donc accepter que le travail actuellement fait portera ces fruits après la fin de sa mission. Néanmoins, il arrive parfois que les bénéfices de ce travail d’équipe arrivent plus rapidement. C’est le cas par exemple de notre projet « Banque Verte » qui consiste à fournir du fourrage vert au bétail pendant la saison sèche et réhabiliter les sols en utilisant la plantation d’arbustes. Ce projet a été financé par le Défap sur 3 ans. Il fait partie d’une des activités prévues dans un projet plus vaste mené dans 3 gouvernorats sur 3 ans pour soutenir une Filières Agro-Soutenables pour la sécurité alimentaire (projet FASSA financé par la coopération italienne). En effet, le fourrage n’est pas suffisant pour alimenter le bétail et donc la Tunisie connait une diminution drastique de son cheptel avec un impact sur sa sécurité alimentaire. De plus, la dégradation de son sol rend les terres de plus en plus impropres à la culture. Pour répondre à ces deux défis, l’association propose des solutions de cultures agroécologiques dont le méteil (mélange de céréales et de légumineuses) et bien sur LA BANQUE VERTE.

Pour conclure, quand je suis arrivé ici je n’avais pas de connaissances particulières en agronomie et maintenant je commence à comprendre quelques notions indispensables pour l’agroécologie et croire qu’il existe des solutions pour que l’homme vive mieux en harmonie avec son environnement.

C’est aussi cela le volontariat de solidarité internationale, donner mais aussi recevoir.

Laurent

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Lettre de Nouvelles : Le quotidien à Akanisoa

Shékina est volontaire de service civique depuis septembre 2025 au sein de l’orphelinat Akanisoa, à Antsirabe, Madagascar. À travers cette lettre de nouvelles, elle partage sn quotidien, ses missions ainsi que les petites habitudes qu’elle commence à adopter.

Depuis ma dernière lettre, le quotidien suit son cours à Madagascar, avec cette impression que les journées se ressemblent parfois, mais qu’aucune ne se vit exactement de la même manière.

À l’orphelinat et à l’école rattachée à Akanisoa, je continue les activités avec les enfants, entre les temps d’enseignement, les animations et l’aide aux devoirs. Avec les semaines, certains repères se renforcent : je connais mieux leurs habitudes, leurs réactions, leurs petites personnalités aussi, et cela rend les échanges plus naturels. On sent qu’une relation de confiance s’installe davantage, aussi bien avec les enfants qu’avec l’équipe sur place. Ces dernières semaines, j’ai aussi pris davantage de plaisir dans les moments simples du quotidien. Parfois, ce sont de petites choses du quotidien, comme un trajet en cyclo-pousse, une promenade au marché ou une conversation imprévue, qui rendent la journée particulière. À force, certains visages deviennent familiers dans le quartier, et cela donne vraiment le sentiment de faire partie d’un environnement que l’on apprend peu à peu à habiter. À l’école, j’essaie toujours de varier les activités quand c’est possible, en cherchant des manières simples de capter l’attention des élèves. Certains jours sont plus faciles que d’autres, car l’énergie des enfants change beaucoup, mais cela fait aussi partie de l’apprentissage : savoir s’adapter, ajuster, recommencer autrement.

Le malgache continue aussi à prendre un peu plus de place dans mon quotidien. Je comprends davantage de mots qu’au début, surtout dans les échanges simples, même si je reste encore loin d’être totalement à l’aise. Les enfants continuent souvent à me corriger ou à m’apprendre de nouvelles expressions, toujours avec beaucoup de sérieux… et beaucoup de rires.

En ce moment, l’ambiance change peu à peu en ville, car dans quelques jours ce sera Pâques. Ici, cette période est très importante, et à Antsirabe on sent déjà que beaucoup de monde va arriver. Il y a déjà plusieurs installations en cours dans certains endroits de la ville : des manèges, une grande roue, des auto tamponneuses, des stands de barbe à papa, de pop-corn et même des châteaux gonflables. L’atmosphère devient progressivement plus animée, et cela change beaucoup le visage habituel de la ville. On m’a expliqué qu’il y aura énormément de personnes pendant cette période, avec beaucoup de déplacements et une ambiance très festive.

En dehors de la mission, je poursuis aussi mon installation dans cette vie ici. Je prends mes habitudes à Antsirabe, j’ai mes petits repères, mes endroits où j’aime aller, et je découvre encore certains aspects de la ville que je n’avais pas remarqués jusque-là. Il y a quelque chose d’assez apaisant dans cette routine, même lorsqu’elle reste simple. Ce que cette période m’apprend surtout, c’est l’importance de la régularité. Il ne se passe pas forcément de grands événements, mais ce sont souvent les petites choses répétées chaque jour qui construisent réellement l’expérience. Je continue donc cette mission avec reconnaissance, en mesurant la chance de vivre cette immersion au quotidien, avec tout ce qu’elle apporte humainement.

Shékina

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Lettre de Nouvelles : Les quatre premiers mois

Daniel est responsable national des projets au Comité d’Entraide Internationale en volontariat de solidarité internationale au Maroc depuis quatre mois.  Le CEI est un organisme rattaché à l’Église Évangélique au Maroc, qui œuvre depuis plus de vingt ans pour l’amélioration des conditions de vie des migrants au Maroc. Le CEI intervient dans plusieurs domaines : la santé, l’éducation, la formation, L’autonomisation des femmes, distribution des kits alimentaires, et bien d’autres encore.

Je souhaite une très bonne et heureuse année 2026 à toutes et à tous. Que cette nouvelle année soit une année de succès et de réussite dans chacun de nos projets. Cela fait exactement 4 mois que je suis au Maroc, et cela me semble presque irréel. J’ai l’impression que le temps a filé sans que je m’en rende compte. Est-ce à cause d’un quotidien particulièrement chargé ? De la richesse de l’expérience marocaine ? Ou encore de la passion que j’éprouve pour ma mission ? Probablement un peu de tout cela à la fois. Il n’y a sans doute pas une seule réponse, mais un ensemble de raisons qui expliquent ce ressenti. Mon adaptation au Maroc a été très rapide. Progressivement, j’ai su m’intégrer dans un environnement marqué par une grande diversité culturelle et humaine, particulièrement riche et inspirante.

Faits marquants de ces quatre premiers mois

Visites de plusieurs régions marocaines et rencontres avec des populations autochtones et migrantes : dans le cadre de ma mission, j’ai eu l’opportunité, en quatre mois, de parcourir plusieurs villes et villages du Maroc. Ces déplacements m’ont permis de suivre l’évolution de nos différents projets sur le terrain et de rencontrer les bénéficiaires de nos actions. Ces expériences m’ont profondément aidé à comprendre la résilience de populations exposées à de nombreux dangers et à des conditions de vie très difficiles.

Deux éléments m’ont particulièrement marqué

Dans le cadre du projet d’assistance aux personnes victimes du séisme survenu au Maroc en 2023, le Comité d’Entraide Internationale (CEI) – mon organisme d’accueil – a piloté un projet d’approvisionnement en eau dans 4 villages situés dans la région du Haut Atlas. Ce projet visait à fournir de l’eau potable et de l’eau destinée aux usages domestiques à des villages perchés à près de 4 000 mètres d’altitude. Je vous laisse imaginer à quel point ces zones sont difficiles d’accès.

La plupart des habitants de ces villages ont été contraints de quitter leurs maisons, détruites par le séisme. Pourtant, plutôt que de s’installer dans des zones plus accessibles ou plus « calmes », beaucoup ont fait le choix de rester dans la région sinistrée. Leur raison est simple et émouvante : c’est là que leurs grands-parents ont vécu, et c’est là que se trouvent leurs racines.

J’ai été marqué par le niveau de résilience de ces communautés. Malgré une pauvreté extrême, elles affichent une force remarquable : des sourires constants, une lueur d’espoir dans le regard et une détermination à se battre pour un avenir meilleur. Sur le plan économique, les hommes concassent des pierres ensuite revendues pour des travaux de construction locaux. Les femmes, quant à elles, concassent des noix utilisées pour la fabrication d’huile traditionnelle marocaine.

Au-delà de la dureté de leur quotidien, ce sont des populations d’une hospitalité exceptionnelle. Lors de nos différentes visites, elles nous ont offert des repas traditionnels marocains que nous avons partagés ensemble. Je tiens d’ailleurs à préciser que, parmi tous les repas que j’ai mangés au Maroc, ceux partagés dans ces villages restent, sans hésitation, les meilleurs. J’ai été très impressionné par l’art culinaire et le savoir-faire des femmes de ces communautés.

Ces repas étaient bien plus que de simples moments de partage : ils représentaient un véritable signe de reconnaissance et de gratitude pour l’aide apportée par notre organisation, notamment à travers l’approvisionnement en eau de la région.

Visites des populations migrantes dans plusieurs villes et villages du Maroc

Au-delà de ma fonction de coordinateur de projets, j’accorde une importance particulière au travail de terrain. Aller rencontrer des migrants, observer et comprendre de près les réalités qu’ils vivent, fait pleinement partie de mon engagement. Tout comme les communautés marocaines victimes du séisme, les populations migrantes font preuve d’une capacité de résilience exceptionnelle.

Leur quotidien est difficile, parfois même éprouvant. Pourtant, malgré ces conditions de vie pénibles, beaucoup d’entre elles restent optimistes, souriantes et animées d’un esprit collectif fort. La majorité vit en communauté, ce qui leur permet de partager à la fois leurs peines et leurs moments de joie. C’est dans ces espaces de vie collective que j’ai saisi le sens profond du mot «solidarité ».

Malgré ces forces remarquables, certaines situations vécues par les migrants m’ont attristé et marqué. Les faits qui m’ont le plus choqué concernent notamment les violences subies par les femmes migrantes. Beaucoup d’entre elles sont invitées par des connaissances ou par des hommes depuis leurs pays d’origine, avec la promesse de trouver du travail au Maroc ou de faciliter leur passage vers l’Europe. Elles quittent alors leur pays avec une lueur d’espoir. Malheureusement, cet espoir se transforme bien souvent en désillusion totale, et leurs rêves en véritables cauchemars.

La majorité de ces femmes sont victimes d’agressions sexuelles, de viols, de menaces de mort, et parfois contraintes de travailler dans des fermes ou dans d’autres environnements, dans des conditions difficiles à décrire, simplement pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. Beaucoup donnent naissance à des enfants dont le père est inconnu.

Récemment, lors d’une mission de terrain, j’ai échangé avec une femme migrante qui m’a confié son histoire, les larmes aux yeux. Elle portait dans ses bras un bébé de 6 mois, issu d’un viol, sans connaître l’identité du père. Lorsqu’elle a envisagé de retourner dans son pays d’origine, ses parents lui ont imposé une condition douloureuse : abandonner cet enfant, qu’ils considèrent comme né « hors mariage ». Cette histoire n’est malheureusement qu’un exemple parmi tantd’autres que nous rencontrons au quotidien.

Il est toutefois important de souligner que, parmi les migrants, se trouvent également des hommes responsables et engagés, qui défendent les droits et les causes des femmes, même s’ils sont eux-mêmes confrontés à une grande précarité.

À ces réalités s’ajoutent d’autres difficultés majeures : l’insuffisance d’accompagnement des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive, la non-scolarisation de nombreux enfants, ainsi que l’abandon de femmes avec plusieurs enfants par leurs conjoints, partis tenter leur chance vers l’Europe. L’ensemble de ces facteurs contribue à aggraver davantage la vulnérabilité et la précarité de ces populations

Le travail du Comité d’Entraide Internationale

Ces 4 mois de mission m’ont permis de mesurer à quel point les actions menées par le CEI sont essentielles. Le CEI apporte une aide multiforme : assistance médicale, distribution alimentaire, accompagnement des mères et des enfants, ainsi que la mise en œuvre de projets d’autonomisation en faveur des migrants au Maroc.

Ces interventions sont largement reconnues et appréciées, tant par les autorités marocaines que par les bénéficiaires et les partenaires techniques et financiers. Le CEI fait aujourd’hui partie des organisations de référence œuvrant pour l’amélioration des conditions de vie des migrants au Maroc. Il joueégalement un rôle central dans les espaces de concertation entre l’État, les organisations de la société civile et d’autres acteurs clés, notamment au sein de la délégation de l’Union Européenne et de différents groupes de travail thématiques.

Si le CEI bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance en tant qu’acteur majeur de la promotion du bien-être des migrants, c’est en grande partie grâce à l’engagement de ses équipes locales déployées sur le terrain. J’ai été profondément marqué par le dynamisme de la majorité de nos équipes, ainsi que par leur détermination à servir une cause aussi noble que la protection et l’accompagnement des populations migrantes.

Mon intégration au sein des équipes

En tant que coordinateur de projets, je me réjouis du travail mené aux côtés de nos différentes équipes et de constater à quel point nos contributions collectives participent à l’amélioration des conditions de vie de nos bénéficiaires. Les défis sont nombreux et parfois considérables, mais j’ai toujours su instaurer une relation de travail saine et constructive avec les équipes. Cela m’a permis de les accompagner au mieux, conformément à mon cahier des charges et à mes compétences, tout en apprenant énormément à leur contact. Aujourd’hui, je me réjouis des résultats de nos différentes interventions et j’ose espérer que cette dynamique positive se poursuivra dans la durée.

Je ne peux terminer sans évoquer la Coupe d’Afrique des Nations, ce grand rendez-vous qui rassemble tout le continent. Je suis profondément touché par l’ambiance exceptionnelle qui règne autour de la compétition ici au Maroc. C’est une belle occasion de découvrir la richesse des cultures africaines à travers des communautés venues de tous horizons. Même si mon pays, la Guinée, n’y a pas participé, je me réjouis de pouvoir suivre cet événement de près. Cette CAN a également coïncidé avec le retour de fortes pluies, un phénomène rare depuis près d’un an. Malgré quelques inondations locales, les Marocains ont accueilli cette pluie avec beaucoup de joie. La compétition se déroule dans une atmosphère remarquable et arrive bientôt à son terme. J’espère que cette ferveur et cet esprit de fraternité perdureront bien au-delà de l’événement.

Pour conclure, je dirais que cette 1ère partie de l’année a été particulièrement intense, marquée à la fois par des chocs, des surprises, des moments de joie et de nombreux questionnements. Je me retrouve aujourd’hui dans un quotidien que j’ai toujours espéré : contribuer au bien-être des plus vulnérables et exercer un travail porteur de sens.

Cependant, les défis restent importants. En raison de la baisse progressive des financements, de nombreuses organisations ont été contraintes de fermer leurs portes au Maroc. Celles qui poursuivent encore leurs activités se retrouvent souvent submergées par de nouveaux cas, sans toujours disposer des ressources nécessaires pour y répondre, du fait de fortes limitations budgétaires.

Cette expérience au Maroc m’a fait prendre conscience des inégalités et m’a permis de relativiser nos plaintes quotidiennes. Alors que nous manquons parfois de confort, beaucoup luttent pour satisfaire des besoins essentiels. C’est le cas des migrants au Maroc qui aspirent avant tout à des conditions de vie dignes.

Les témoignages racontés visent non pas à susciter la colère, mais à mieux comprendre les réalités des migrants et à encourager leur épanouissement.

Comme le dit Proverbes 11:25 : « L’âme bienfaisante sera rassasiée, et celui qui arrose sera lui-même arrosé. »

Merci pour vos prières, vos messages et vos encouragements quotidiens, qui me donnent la force de continuer. Choucrane BJEF !!!

Daniel

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