A la rencontre des Calédoniens

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, s’est rendu en Nouvelle-Calédonie du 29 juillet au 21 août 2017. Plusieurs raisons ont motivé ce déplacement et les rendez-vous ont laissé peu de temps à la découverte des lieux fabuleux de cet archipel d’Océanie. Inauguration au lycée Do Neva, synode de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC), conférence publique sur le thème Protestantisme et décolonisation, assemblée générale de l’ASEE, rencontre avec les anciens envoyés et les responsables politique locaux… un programme dense mais indispensable pour aborder au mieux les enjeux politique et spirituel que représente le référendum 2018. L’histoire du protestantisme et celle de la nouvelle Calédonie restent plus que jamais intimement liées.

Inauguration du bâtiment administratif de Do Neva
Le lycée Do Neva a rénové son centre administratif suite aux graves intempéries de 2016. Grâce aux généreux donateurs de France et de Navarre, le Défap a récolté plus de 14 000 euros qui ont contribué fortement à la réhabilitation du lycée. Elèves et professeurs étaient présents lors de cet événement auquel le secrétaire général Bertrand Vergniol était invité.

La traditionnelle cérémonie de coupure du ruban inaugural

Participation au synode de l’EPKNC
Invité avec son homologue de la Cevaa, le pasteur Célestin Kiki, à participer au synode de l’EPKNC, le pasteur Bertrand Vergniol a ainsi eu l’occasion de faire plus ample connaissance avec les membres de l’Eglise. « C’est ainsi, nous dit-il, en rencontrant directement les hommes et les femmes qui composent l’Eglise, que nous pouvons apprendre à nous connaître et travailler en sincérité. »
La réflexion portait également sur la création d‘un poste d’envoyé au sein de l’EPKNC, la mise en place d’une médiation dans la paroisse du Vieux Temple (Nouméa) et les enjeux liés à la préparation du référendum 2018.

 

Ouverture du synode

L’ensemble des participants du synode

 

 

Le pasteur Bertrand Vergniol (SG du Défap) et le pasteur Célestin Kiki (SG de la CEVAA)

 

Conférence publique « Protestantisme et décolonisation »
Bertrand Vergniol est intervenu, avec le pasteur Welepane, ancien président de l’EPKNC, à la conférence organisée par l’Association de réhabilitation du patrimoine de Do Néva, à Houailou, sur le thème « Protestantisme et décolonisation ». L’objectif était de passer en revue les atouts et les contraintes de la pensée protestante occidentale en Nouvelle Calédonie et dans le monde Océanien.

 

Assemblée générale de l’Alliance Scolaire (ASEE)
L’Alliance, qui rassemble l’ensemble des établissements scolaires de Nouvelle-Calédonie, se trouve aujourd’hui face à de nouveaux enjeux. De graves difficultés économiques liées à la baisse démographique et à la mise en place, suite aux accords avec l’Etat français, d’établissements scolaires faisant directement concurrence au dispositif historique protestant, placent l’organisme dans un position très délicate. Une restructuration profonde s’impose. La réflexion est amorcée.

 

 

Accueil des participants à l’assemblée générale de l’Alliance Scolaire (ASEE)

Des rencontres, toujours
Le secrétaire général du Défap a profité de sa visite en Nouvelle Calédonie pour rencontrer le haut-commissaire Thierry Lataste, et monseigneur Michel Calvet, archevêque de Nouméa, avec qui il a pu échanger sur les perspectives du référendum 2018.
Ce fut également l’occasion de retrouver d’anciens envoyés de la Cevaa et du Défap. Ils sont 12 à s’être établis définitivement en Nouvelle Calédonie après leur service d’envoyé et furent très heureux de se retrouver le temps d’une journée, à Nouméa. Ils sont désormais Calédoniens à part entière, certains depuis plus de 30 ans. Professeurs, contrôleurs aérien, chercheurs, ils vivent majoritairement auprès des kanaks.

 

 

Les anciens envoyés avec le pasteur Bertrand Vergniol

 

Ce déplacement fut surtout l’occasion de rencontrer les personnes de l’Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC) et de renforcer les relations avec le Défap et les Eglises protestantes de France.
Ces visites s’inscrivent dans le cadre du programme 2015-2018 du Défap qui vise à développer une plus grande proximité avec les protestants de Nouvelle-Calédonie. Et c’est tout naturellement que le pasteur Bertrand Vergniol est allé à la rencontre des hommes et femmes qui font vivre l’Eglise locale.




Conférence publique : la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins

La conférence publique « la Nouvelle-Calédonie à la croisée des chemins » se tiendra le lundi 18 septembre, de 18h30 à 21h, à la Maison du protestantisme. Elle sera animée par Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap avec les interventions croisées de Jonathan Tholo, étudiant à l’École navale, Vincent Bouvier, ancien Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et Ben Houmbouy, pasteur.

Les interventions permettront de cerner au mieux le contexte calédonien : les grandes évolutions depuis 1988, l’Accord de Nouméa, la place des Eglises et les relations avec la Coutume…
Elle se clôturera sur cette question : et dans cinquante ans, quelle serait la Nouvelle-Calédonie de mes rêves ?

 

 




En souvenir d’un ami

Les membres du Conseil économique, social et culturel de Tahiti ont rendu hommage à John Doom le 30 janvier 2017. Cette figure de la culture polynésienne, homme de conviction et d’engagement, notamment contre les essais nucléaires français à Mururoa, s’est éteint le 25 décembre 2016 des suites d’une longue maladie. Jacqueline Dom et Jean Adnet, anciens envoyés du Défap à Tahiti, témoignent ici de leur rencontre avec John Doom.

Une lettre de Jacqueline Dom

« Missionnaires, avec mon mari, en Polynésie de 1962 à 1971, nous avons bien connu John Doom.
Lorsque nous sommes arrivés, il était encore secrétaire de mairie à Arue, une bourgade située juste à l’entrée de Papeete… Elle doit quasiment faire partie de la ville, aujourd’hui.

Très engagé dans l’Église Évangélique de Polynésie française par le biais des UCJG (Union chrétienne des Jeunes gens), il est devenu secrétaire général après l’autonomie de cette dernière, instaurée officiellement par le pasteur Marc Boegner venu exprès de Paris en septembre 1963.

Mon mari, Frédy Dom, est quant à lui devenu en 1965 trésorier de l’Église. Certaines personnes se perdaient un peu entre le Secrétaire Doom et le Trésorier Dom !

C’était un homme sage, avec qui il était très agréable de collaborer, qui ne recherchait jamais les honneurs. Nous avons vécu plusieurs temps fort de l’Église ensemble, que ce soient des joies (fêtes, kermesses, collectes annuelles) ou des peines (le décès du pasteur missionnaire Maurice Bach, le départ précipité d’un autre pour cause de maladie)

Son épouse Tetua, disparue il y a quelques années, était également très engagée dans l’Église. Plus tard, ils sont venus s’installer à Ferney-Voltaire dans l’Ain, car John avait été nommé au Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève.
Je me souviens qu’un jour, nous nous sommes retrouvés à Paris lors d’un colloque au Sénat où il présentait « Moruroa et nous », l’Association qu’il avait créée pour dénoncer les effets nocifs des essais atomiques.

Nous gardons un souvenir très vivant de cet homme, grand serviteur de l’Église qui a toujours su vivre sa foi de manière concrète en s’occupant des autres. »

    Jacqueline Dom,
Ancienne envoyée à Tahiti

 

 

Lettre de Jean Adnet

« Nous avons appris la mort de John au moment où, le sachant malade, notre famille lui écrivait un message de NoëI. C’est dire notre émotion d’apprendre qu’il venait de nous quitter.

Parmi les souvenirs les plus marquants que j’ai de John, il y a d’abord le jour où il a commencé à servir son Église en devenant diacre. Il a été, dès le début, supporter du mouvement UCJG, l’Union chrétienne des Jeunes gens, au sein duquel on le voyait, lors des défilés du 14 juillet.

J’ai découvert la Nouvelle Calédonie avec lui, quand a été créée à Lifou la Conférence des Églises Protestantes du Pacifique. Je lui ai aussi rendu visite en France, ainsi qu’à son bureau du Conseil Œcuménique à Genève où il était représentant des Églises du Pacifique.

Cette fonction a été pour lui l’occasion de découvrir d’autres Églises, notamment celles d’Afrique, et de faire la connaissance de personnalités du protestantisme mondial. L’œcuménisme dont il a fait preuve à Tahiti, comme le pasteur Samuel Raapoto, décédé peu de temps avant lui, tient certainement à ses fonctions à Genève.

Il a aussi travaillé avec des collègues catholiques à la première édition du dictionnaire tahitien-français de I’Académie tahitienne. Dans les derniers temps, il avait été nommé représentant du Conseil Œcuménique auprès des Églises du Pacifique. Mais c’est particulièrement dans notre commun désaveu des essais atomiques français en Polynésie et ses interventions pour mettre un terme aux sanctions qui m’avaient frappé du fait de mon opposition à ce projet, que nous avons ressenti une pleine solidarité fondée à la fois sur l’amour du « fenua » (le « pays » en tahitien) et de sa population.

Dans une journée organisée au Sénat de Paris, il m’avait remis une nacre gravée au nom de « MORUROA E TATOU » (Moruroa et nous), association tahitienne défendant les victimes des essais et dont il était l’un des principaux militants.

Je garde précieusement cette nacre en souvenir de lui et de Tetua, son épouse dont il a partagé la vie comme l’indique le titre de son livre : « Mémoire d’une vie partagée ». *

Jean Adnet, pasteur et ancien envoyé à Tahiti.

 

 

*Ouvrage publié en 2016 par les éditions tahitiennes « Haere pô »

 

 




Disparition de John Doom

Il a été le premier secrétaire général de l’Eglise Protestante de Polynésie. John Doom s’est éteint à Tahiti le 25 décembre 2016, il avait 80 ans. Le Défap rend hommage à cet homme qui s’est battu pour la justice, la vérité et les victimes des essais nucléaires.

C’était un petit homme courtois et souriant. Lorsqu’il était de passage à Paris, il venait loger au Défap, maison dans laquelle il se sentait toujours bien. Il était né en 1936 à Tubuai, l’une des îles volcaniques australes de l’archipel de Polynésie française, petit paradis niché au cœur des eaux turquoise de l’Océan Pacifique où, dans un passé lointain, les révoltés du Bounty trouvèrent refuge.
Est-ce de cette tumultueuse histoire que John Doom tenait son tempérament, ou bien plutôt de celle, plus contemporaine, du bouillant député Pouvana’a a Oopa, leader autonomiste, prisonnier politique en métropole dans les années 1950 et qui, toute sa vie, milita lui aussi contre les essais nucléaires français.

 

Ce combat, John Doom l’avait rejoint au tout début des années 1960, lorsqu’il était jeune diacre de son Église. Il dénonce alors l’exil en France de son pasteur, coupable d’avoir demandé une enquête publique avant le premier lâcher d’une bombe nucléaire A au-dessus de l’atoll de Mururoa. C’est le début de son engagement anti-nucléaire. Il en fera l’objectif de toute sa vie, hélas en vain : en trente ans, il y aura plus de deux cents essais atomiques dans la région.

 

© M-H Villierme pour le site GRIP

 

En 1971, devenu secrétaire général de l’Église protestante de Polynésie, John Doom entre en contact avec les autres Églises du Pacifique, elles-aussi préoccupées par les conséquences des expériences américaines. Il lui faudra encore dix ans pour obtenir du synode de l’Église protestante polynésienne qu’il se prononce contre les essais français. Dès l’arrêt du programme militaire de Mururoa en 1996, une enquête sociologique est ouverte, notamment par l’Église maohi, auprès des anciens travailleurs polynésiens. Les résultats sont publiés dans un livre, Mururoa et nous. À Genève, où John Doom travaille au Conseil œcuménique des Églises, il prend connaissance des effets dévastateurs à long terme des radiations. C’est au sein de l’association pour la reconnaissance des victimes des essais nucléaires « Moruroa e tatou » (Mururoa et nous) qu’il va poursuivre son combat, jusqu’à son dernier souffle.

 

Sa vie de retraité, John Doom l’aura passée entre Paris, Hiroshima, Nagasaki, Alger et Papeete, enchaînant les documentaires télévisés et les témoignages pour informer, former et plaider la cause de tous ceux qui, laissés dans l’ignorance, ont subi les conséquences parfois tragiques de l’établissement de la puissance militaire française.

 

 




Mission Congo : point sur les projets en cours

Du 31 octobre au 9 novembre 2016, le responsable des relations et solidarités internationales, le pasteur Jean-Luc Blanc, s’est rendu au Congo pour une mission de suivi de l’ensemble des projets en cours. Les objectifs de cette mission étaient nombreux : prendre contact avec la nouvelle équipe dirigeante de l’Église Evangélique du Congo, faire le point des divers projets, collaborer avec la Faculté de Théologie et l’Ecole Pastorale de Ngouedi sur des projets futurs… Le 20 novembre, le pasteur rendait un rapport complet de sa mission.

Depuis le mois d’août 2016, des changements importants ont eu lieu dans l’Église Evangélique du Congo. Une nouvelle équipe dirigeante a été élue et de nombreux responsables de départements ont changé. Cela ne peut pas ne pas impacter les orientations de nos relations avec l’Église.  Le pasteur Jean-Luc Blanc qui s’occupe des relations du Défap avec l’Église Evangélique du Congo, est allé y rencontrer l’ensemble des personnes concernées par nos partenariats.  Outre la prise de contact avec la nouvelle équipe dirigeante, il importait de visiter nos envoyées, au nombre de trois, et de faire le point sur les divers projets en cours que ce soit avec la Cevaa, la Plateforme Ensemble pour le Congo ou encore directement le Défap.

A son arrivée, le pasteur Jean Luc Blanc a été reçu par le  nouveau Bureau de l’EEC. Ce fut, bien sûr, l’occasion de faire le point sur l’ensemble de nos partenariats, mais aussi de parler des nombreux défis que la nouvelle équipe doit relever dont le premier est financier. Un second défi important est l’équilibrage des postes pastoraux entre la campagne et la ville. En effet, des postes de brousse sont vacants alors que des paroisses de ville sont asphyxiées par le nombre de pasteurs qui leur ont été affectés. Dans l’EEC c’est le Bureau Synodal qui affecte les pasteurs dans les paroisses, mais celui-ci souffre de toutes les pressions qu’il reçoit pour nommer les pasteurs en ville. Ainsi, certaines paroisses ont beaucoup trop de pasteurs, ce qui leur pose de grosses difficultés financières alors que d’autres, à la campagne, n’en ont aucun.

 

L’EEC : une Église dans une société en proie à la violence

La situation politique du pays est particulièrement inquiétante. La région du Pool est toujours la proie de violences et d’exactions diverses (l’ambassade de France a demandé à tous les français présents dans cette province de la quitter).  Les protagonistes sont difficiles à identifier au point qu’on ne sait jamais si les exactions commises sont le fait du pouvoir ou de groupes rebelles. Ce qui est certain c’est que cette situation exacerbe les tensions ethniques déjà présentes dans le pays et dans l’Église dont la nouvelle équipe dirigeante  aura fort à faire pour éviter que cela ne dégénère.  C’est par l’Action Evangélique pour la Paix que l’Église Evangélique du Congo (EEC) a choisi d’intervenir dans ce domaine. Il s’agit d’une association, partenaire du Défap depuis le début de son existence qui forme des enfants, des jeunes, des paroisses, des associations à la coexistence pacifique en utilisant un matériel mis au point avec l’Ecole de la Paix de Grenoble. Cette année, par exemple, l’Uepal a choisi de soutenir un projet de l’AEP dans l’un des quartiers les plus difficiles de Brazzaville. Ainsi, c’est tout un programme de formation dans les écoles protestantes et laïques et les paroisses qui va avoir lieu afin de favoriser un coexistence pacifique des divers groupes en présence.  Dans les jours qui suivaient le passage de Jean Luc Blanc, l’AEP devait initier une action autour de la question du Pool.

 

Une Église présente sur la scène de l’engagement social

 

Les hôpitaux

Parce que l’EEC est très présente dans le domaine social, ceux qui l’accompagnent soutiennent aussi des projets dans ce domaine : dans le domaine médical, par exemple, l’EEC possède 16 Centres de Santé ou hôpitaux, au service desquels, nous avons actuellement trois envoyées. Grâce à l’implication de la Cevaa, l’EEC a pu mettre en place une centrale pharmaceutique pour les 16 établissements, et est en train de créer un centre d’imagerie médicale. Deux de nos trois envoyées au Congo travaillent au service de ces projets.

 

Le sida

Toujours dans le domaine de la santé, la Plateforme Congo continue à suivre avec attention le programme de lutte contre le Sida dans lequel elle a toujours été impliquée. Aujourd’hui, son engagement est moindre mais, avec l’Église Libre et l’association « Chrétiens et Sida », elle soutient le programme de formation des bénévoles qui parcourent le pays pour faire de la prévention. Le programme actuel avait dû être interrompu à cause des événements politiques mais celui-ci est en train de reprendre normalement.  Un formateur français, C. Forma, devrait y retourner sous peu.

 

Scolarisation des enfants sourds

Le projet de scolarisation des enfants sourds se poursuit et se consolide, même si nous avons toujours des difficultés à motiver les bénévoles français nécessaires pour les formations prévues. Pour compenser, une formation va être réalisée sous peu avec les compétences locales.  Ce projet est actuellement financé par l’Uepal et la Cevaa.

Le petit projet de formation professionnelle pour des jeunes filles sourdes financé en partie par des paroisses de l’Epudf, est en bonne voie de réalisation. Le bâtiment construit dans la parcelle de l’école de Ouenzé va être achevé sous peu et le responsable est en train de rassembler le matériel nécessaire (machines à coudre…). Il sera ainsi situé sur le même site que l’une des deux écoles inclusives.

A Owendo, dans le nord du pays, il a fallu construire un bâtiment pour abriter les 2 classes supplémentaires nécessaires. Même si la construction d’un bâtiment pour accueillir les classes inclusives est un détail du projet, l’EEC a décidé de donner une place importante à l’inauguration de ce bâtiment de manière à rendre visible le projet (les enfants sont pour l’instant scolarisés dans des locaux de la paroisse). L’inauguration a donc eu lieu en grandes pompes avec chorales, discours, présence des autorités locales et régionales etc.  L’EEC y était représentée par son vice-président, le Coordinateur Régional, l’Aumônier des sourds, les divers représentants de l’Enseignement Protestant, les pasteurs locaux…etc.  A cette occasion, le vice-président a donné une grande place à la dimension missionnaire de ce projet en parlant du rôle qu’y ont joué la Cevaa et le Défap.  Il reste un détail qui est que le bâtiment a été inauguré avant d’être totalement terminé car il a manqué quelques fonds… Mais cela devrait pouvoir se régler rapidement.

L’enseignement primaire et secondaire

L’EEC possède environ 80 écoles primaires et secondaires gérées par son Département Enseignement. Outre le projet de scolarisation des enfants sourds, les Eglises de France via la Plateforme, soutiennent la réfection d’une école dans le Pool dont, pour l’instant, les travaux sont interrompus à cause de l’instabilité politique dans la région. Dès que la situation le permettra ce projet devrait reprendre.  Par ailleurs, avec le RIEP (Réseau International de l’Enseignement Protestant), le Defap est en train de considérer un projet de scolarisation des populations autochtones qui vivent dans les forêts du Nord. Ce projet ambitieux (création de 3 écoles) ne verra le jour que s’il est possible de trouver un financement public.

 

Quelques photos de la cérémonie d’inauguration.

 


Le vice-président de l’Église devant le bâtiment presque terminé, DR, 2016

 

Le bâtiment consacré aux classes pour les sourds, nov 2016, DR

 

Les premiers enfants bénéficiaires du projet avec leurs enseignants, nov 2016, DR

 

L’enseignement supérieur

L’Université Protestante de Brazzaville a un nouveau Recteur qui vient d’être nommé. Il s’agit de Serge Loko qui jusque là était professeur de théologie. Nous n’avons que peu de relations de travail avec l’Université en tant que telles sinon au travers du RUPA (Réseau des Universités Protestantes d’Afrique), mais la rencontre fut l’occasion de faire le point sur le RUPA et nos rôles respectifs dans le Réseau. Par contre, nous travaillons régulièrement avec la Faculté de Théologie qui fait partie de l’Université.

L’EEC est une Eglise qui investit beaucoup dans la formation de ses pasteurs

L’EEC qui a pris la décision de supprimer le statut « d’Evangéliste » a, très logiquement, décidé de modifier ses cursus de formation et de rehausser le niveau de l’institut de Ngouedi. Celui-ci reste un institut pour celles et ceux qui n’ont pas le bac, mais des passages seront possibles vers le cycle de licence de la faculté.   L’Institut est dirigé par le pasteur Jean Serge Kinouani qui était boursier du Defap il y a 3 ans. Dans l’avenir, nous essaierons de faire profiter l’Institut des divers échanges avec nos facultés, en particulier en ce qui concerne les échanges de professeurs. Une opération de distribution de Bibles NBS aux étudiants pourrait être menée assez rapidement à Ngouedi.

Avec le Doyen de la Faculté et le Directeur de l’Institut de Ngouedi,  Jean Luc Blanc a abordé la question du partenariat avec la Faculté de Strasbourg, avec la CLCF ainsi que les futurs échanges de professeurs et les éventuels futurs boursiers. Il faut souligner ici qu’une Association des Amis de la Faculté de Théologie de Brazzaville est née en France et veut soutenir un certain nombre de projets de la Faculté.

Une Eglise impliquée dans les questions de genre

Le Département Femmes et Familles avec lequel nous avons collaboré à plusieurs reprises dans le passé est maintenant dirigé par Eléonore Kissadi, elle aussi ancienne boursière du Défap.  Le projet « Genre » que le Défap a financé à ses débuts et qui est une sensibilisation à la question du genre et aux rapports hommes-femmes dans la société et dans l’Église se poursuit.

Le projet de formation des « conseillers conjugaux » dans lequel une association proche de l’Église Libre MVF) est impliquée via la Plateforme, est toujours d’actualité même si les financements se sont taris. Les formateurs sont prêts à y retourner mais avant, il reste à s’assurer du financement des séminaires…

Une Eglise qui développe les aumôneries

Depuis 2011, toutes les aumôneries sont regroupées au sein du Département « Aumônerie Générale ». Or, jusqu’ici le Défap et la Plateforme Ensemble pour le Congo ont travaillé avec la plupart des aumôneries, mais jamais avec l’Aumônerie Générale qui souhaiterait que la plateforme se saisisse de deux de ses demandes :
– l’aider à développer des formations pour les aumôniers.
– l’aider à la création de maisons de retraites.  C’est un sujet sur lequel il nous faut réfléchir plus largement au Défap car l’idée de créer des maisons de retraite en Afrique est en train de germer dans plusieurs pays à mesure que l’urbanisation les confronte à des problèmes similaires à ceux que nous avons connu quand nous nous sommes engagés dans cette voie en France.

Ouvertures

Comme chaque fois qu’un représentant du protestantisme français va au Congo, Jean Luc Blanc a rencontré de nombreux autres acteurs de l’Église et du pays. Nos relations dans ce coin de l’Afrique sont d’une grande richesse. Certaines paroisses en profitent déjà depuis longtemps, mais il y a de la place pour les autres !

 

 

 




Le lycée protestant Do Neva sous les eaux

La Nouvelle-Calédonie a été durement touchée par des pluies exceptionnelles qui ont frappé le relief du 20 au 22 novembre. Plus de 400 mm d’eau ont été enregistrés dans la nuit de lundi à mardi. Un glissement de terrain consécutif à ces fortes pluies a tué plusieurs personnes sur la commune de Houaïlou. C’est là que se trouve le groupe scolaire protestant Do Neva, fondé par Maurice Leenhardt*. L’établissement a dû fermer ses portes. Thomas Carlen, ancien envoyé du Défap en est le directeur. Il nous décrit la situation.

 

« Nous n’avons jamais vécu une telle crise. Tout le mobilier scolaire mais aussi informatique et administratif a été détruit. Les archives sont perdues. Alors que nous sommes en pleine période d’examen, les 32 élèves internes ont du être envoyés à plus de 150 km. Ils sont sains et saufs. Nous avons, à la suite de cette catastrophe, mis en place une cellule d’accompagnement psychologique.
L’urgence a d’abord été, dès lundi, de rétablir les moyens de communication avec l’extérieur ainsi que les accès au centre. Nous avons mis en sécurité les élèves et cherché, avec la paroisse, des solutions pour subvenir aux besoins de tous, à commencer par les rations alimentaires. Nous nettoyons sans relâche les bâtiments et faisons le tri du mobilier qui pourrait encore être utilisé. Notre objectif : accueillir dès lundi prochain les étudiants, à condition que les routes soient praticables bien entendu, ce qui est encore loin d’être le cas. Météo France annonce un nouvel épisode de pluie le week-end prochain.
Un conseil d’administration extraordinaire est prévu lundi prochain, pour évaluer l’ensemble des dégâts et faire le point sur l’avenir.
L’exploitation agricole, certifiée agriculture biologique, est totalement sinistrée. Nous avons perdu toute la production.
Les brevets des collèges auront lieu les 7 et 8 décembre et nous devons tout faire pour accueillir les élèves dans les meilleures conditions.
Nous avons une pensée très émue pour le personnel du centre, plusieurs d’entre eux ont perdu des proches dans les éboulements qui ont suivi l’inondation. Nous les accompagnons du mieux que nous le pouvons.
Enfin, je tiens à remercier l’ensemble des protestants français et le Défap pour le soutien qu’ils nous apportent dès aujourd’hui et dans les temps difficiles qui s’annoncent déjà. »

 

Avril 2016, les étudiants montrent leurs plantationd de bananiers aujourd’hui sous les eaux

Bertrand Vergniol s’était rendu au lycée en avril dernier. Il rappelle que ce fleuron de l’Alliance scolaire évangélique en Nouvelle Calédonie a été le premier établissement de formation destiné aux populations Kanak. Des milliers d’hommes y ont appris un métier et reçu une éducation, de celle qui fait de nous des hommes et des femmes debout.
Une fois les dégâts évalués, le directeur de l’établissement, Thomas Carlen, nous proposera un projet précis de reconstruction à soutenir. Le Défap lancera alors une campagne de dons à l’occasion des fêtes de Nöel.

*envoyé par la société des Missions de Paris en 1902 (SMEP), l’ancêtre du Défap.

 

Quelques chiffres
Le lycée agricole de Do Nova accueille une centaine d’élèves répartis sur quatre cursus : un CAP agricole section culture région chaude, un CAP services aux personnes et vente en milieu rural, un bac Pro horticole, (classe de seconde, première et terminale) et un bac Pro service au personne et territoire (classe de seconde, première et terminale).
Le collège comprend quatre classes (de la 6 ème à la troisième) et l’école primaire deux (CM1 et CM2). Ces deux bâtiments, situé sur la zone haute de Do Neva n’ont pas subi l’inondation.
Au total, c’est tout un environnement socio professionnel qui est impacté : 16 professeurs contractuels de l’état au lycée,  2 employés dans l’exploitation agricole, 1 institutrice,  10 professeurs de collège, 6 éducateurs, deux hommes d’entretiens et 3 cuisiniers, sans compter la direction.
En fin, il est à noter que 90% des élèves du lycée sont internes.




Rencontre au Défap avec Hadi Ghantous, pasteur syrien au Liban

Originaire de Damas, Hadi Ghantous est pasteur de la paroisse presbytérienne de Miniara au nord du Liban, à quelques kilomètres de la frontière syrienne. Il est également en charge des questions spirituelles et ecclésiales du Synode Arabe (National Evangelical Synod of Syria and Lebanon). Cette Eglise est présente en Syrie et au Liban. Témoin et acteur de premier plan, il est venu en France à l’invitation de l’Action Chrétienne en Orient (ACO), pour parler de la crise en Syrie. Nous l’avons interviewé à l’occasion de cette visite.

D : Pouvez-vous nous parler de votre engagement ?
Je suis né à Damas puis j’ai fait mes études au Liban et mon doctorat de théologie, à Berne. Je suis ensuite reparti au Liban où je suis en charge d’une paroisse située au Nord-Est du pays, à 15 km de la frontière avec la Syrie.
Aujourd’hui, je suis également responsable des questions spirituelles et ecclésiales du Synode Arabe ce qui m’amène à visiter les églises syriennes et libanaises une fois par mois, parfois dans des conditions difficiles. Il m’est notamment arrivé de me rendre dans une paroisse située à 1km du check point avec Daesh.

Le président du Défap Joël Dautheville, le directeur de l’ACO Thomas Wild et Hadi Ghantous

D : quelles sont les nouvelles de l’Eglise en Syrie ?
Les pasteurs syriens sont confrontés à des difficultés nouvelles : lever des fonds, trouver des lieux d’habitation, gérer des problèmes psychologiques, faire face aux pressions politiques, s’occuper d’églises dont les pasteurs sont partis mais aussi aider leur propre famille.
Le rôle de pasteur au Liban est difficile lui aussi.
Ma paroisse est située dans la partie la plus pauvre du Liban. Ici vivaient 300 000 personnes. Aujourd’hui, il y a, en plus, 300 000 réfugiés. Cela pose des problèmes économiques, de réconciliation (89 % des réfugiés sont des musulmans sunnites), des problèmes pour faire unité entre les Eglises…

D : quelle est votre mission en tant que responsable des questions spirituelles et ecclésiales du Synode Arabe ?
Le Comité des questions ecclésiales pour le synode arabe prend en charge aujourd’hui des questions liées à la santé (des enfants, des femmes), au financement… L’Eglise, si elle ne fait pas partie du conflit, en subit les conséquences.
Elle fait face à de nombreuses questions :
• Pourquoi on reste ?
• Quel rôle doit-on jouer ?
• Quelle identité a-t-on ?
C’est un nouveau challenge de construire un pont entre les gens !

D : pouvez-vous nous raconter ce que vous vivez au quotidien dans votre paroisse ?
Avec le conflit, la province qui était la plus pauvre s’est encore appauvrie. Principalement peuplée de Sunnites, elle accueille en priorité des réfugiés sunnites qui ont eux aussi de faibles revenus. La pauvreté s’ajoute à la pauvreté.
Pour aider les populations, nous avons mené un certain nombre d’actions :  mise en place d’une ne école pour les enfants syriens réfugiés et d’une clinique pour musulmans et chrétiens, réalisation de plusieurs collectes de vêtements pour les réfugiés (70 sacs de vêtements) et d’une collecte de fonds Jamais le montant collecté n’avait été aussi important !

D : Quelles sont vos principales difficultés au niveau de l’Eglise ?
Avec le conflit, nous avons « perdu » des gens qui sont partis à l’étranger, d’autres se sont déplacés. Nous devons redessiner les contours des paroisses : à cause des destructions d’églises (dans certains lieux, c’est la troisième fois que l’église est détruite), de la baisse du nombre de personnes en Syrie et au contraire, du développement ou de la création de nouvelles églises avec l’afflux de réfugiés au Liban.

D : Quels sont vos principaux enjeux ?
Ils sont multiples et d’ordres différents. Tout d’abord financiers car nous devons trouver des partenaires pour faire face aux besoins des réfugiés. Mais aussi humains, il nous faut répondre aux nouveaux besoins des gens, et religieux car nous avons à associer l’Eglise syrienne, à accueillir et intégrer les musulmans. Un enjeu international également : nous voulons faire entendre la voix de l’Eglise, ne pas être un pion dans une stratégie décidée par d’autres.
Sur ce dernier plan, je crois que nous avons un rôle à jouer dans la résolution du conflit : refuser la violence, négocier, parler, risquer, travailler avec toutes les Eglises.

D Comment financez-vous vos actions ?
Nous sommes soutenus par différentes personnes :
• nos partenaires en Occident = Eglises protestantes en Europe et aux US, ONG comme ACO
• les gens des Eglises locales
• la congrégation elle-même
Ma position, c’est de dire que l’argent est fait pour être utilisé ici et maintenant. Il ne doit pas être mis de côté pour le futur.

D : Comment voyez-vous l’évolution du conflit en Syrie et dans cette région ?
Tout le monde a intérêt à ce que la guerre en Syrie dure très longtemps. Pour les grandes puissances, c’est l’assurance de vendre des armes et de participer aux nombreux programmes de reconstruction à venir. Les pays de la région, Iran, Turquie et Israël, y ont aussi tout intérêt.
Cette guerre sera longue. Le régime de Bachar El Assad ne va pas disparaitre. Que faire avec Daesh ?
Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura moins de chrétiens en Orient après cette guerre.
C’est une région instable mais il y a un espoir : que l’Eglise devienne prophétique, plus active, capable de dire plus haut et plus fort ce en quoi elle croit.
L’espoir aussi qu’après cette période de grande violence, qui me fait penser à la période de l’Inquisition, naisse un Islam réformé.




Des Gospels à Beyrouth

Le 2 octobre dernier, l’Eglise protestante française de Beyrouth célébrait son culte à 1100 mètres d’altitude devant une centaine de personnes. Pierre Lacoste, le pasteur de « la Communauté des Hauts de la Colline » revient sur ce jour si particulier.

 

« L’Eglise protestante française de Beyrouth est encore entre ciel et terre ce matin. Les célébrations en altitude sont connues pour transfigurer la face des hommes et du monde ! La communauté s’est en effet déplacée ce dimanche 2 octobre à Dhour Chouwer dans le Mont Liban pour un culte et une journée de détente en pleine nature.

Certains désistements de dernière minute n’ont pas empêché de réunir près d’une centaine de personnes. Pour l’Eglise et son pasteur, ces femmes travailleuses domestiques au Liban représentent une mission dans la mission.


Culte à Dhour Chouwer, octobre 2016, DR

 

Principalement malgaches, protestantes, ces femmes vivent dans des conditions proches de l’esclavage. Les maisons qu’elles astiquent à longueur de jour sont leurs champs de coton. Six jours sur sept (pour celles qui bénéficient de ce jour off), elles sont corvéables à merci pour un salaire minable. Le comble du cynisme est que ces esclaves des temps modernes sont consentantes. La misère produit ce genre d’effets pervers. Les cantiques qu’elles font monter vers Dieu dans leur langue maternelle avec une ferveur qui ne peut laisser personne indifférent sont leur gospel.
Si ces excursions biannuelles remportent un vif succès, c’est parce qu’elles offrent la possibilité de retrouvailles dominicales avec la dignité humaine. Tel est le message évangélique, il ne change pas nécessairement la condition humaine, il la transfigure, l’illuminant de grâce et d’espérance ».

 




Des communautés aux quatre coins du monde

La CEEEFE, Commission d’Eglises Évangéliques d’Expression Francophones à l’Etranger, a tenu son assemblée générale du 25 au 27 août dernier.

A cette occasion, son président, le Pasteur Bernard Antérion a évoqué les attentats de l’été et enjoint les participants au courage d’être chrétiens.
Il a rappelé à tout les participants l’importance de l’année à venir :  2017 marquera le 500ème anniversaire du véritable commencement de la Réforme en Europe. Il nous a invités à faire de ce moment à la fois « un souvenir de reconnaissance et un avenir plein de promesses », et comme Luther au XVIème siècle, à oser une « nouvelle manière de croire, (…) à risquer une parole qui annonce vraiment la Bonne Nouvelle ».

Il a ensuite exposé son bilan de l’année écoulée, détaillant les différentes actions menées par le CEEEFE et présenté les membres du Comité directeur pour les trois années à venir. Le pasteur Bertrand Vergniol en est membre de droit en tant que Secrétaire général du Défap.

Intervention du secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol

Il a enfin conclu sur l’importance de vivre et transmettre la Parole vivante au monde d’aujourd’hui. Un chemin qu’il n’est pas toujours facile d’emprunter mais qui nécessite plus que jamais un engagement total de notre part.

 

Téléchargez l’intégralité de l’introduction du président, Bernard Antérion, en cliquant ici.




Le président et le secrétaire général du Defap écrivent à l’Eglise évangélique du Gabon

Dans le contexte particulièrement tendu lié aux résultats contestés des dernières élections présidentielles au Gabon, le pasteur Jean Jacques Ndong Ekouaghe, président de l’Eglise évangélique du Gabon a publié, le 17 septembre dernier, un communiqué appelant les Gabonais au calme et au respect du résultat des urnes.

Jean-Jacques Ndong Ekouaghe, président de l’Église Évangélique du Gabon – source : Cevaa

Les président et secrétaire général du Defap, Joël Dautheville et Bertrand Vergniol, ont tenu à apporter leur soutien et à témoigner de leur solidarité à ce médiateur et, par son intermédiaire, au peuple gabonais tout entier.

Retrouvez l’intégralité du communiqué ici.




Famille, Evangile et Cultures…une action de la Cevaa

Jean Luc Blanc, pasteur au Défap et en charge des relations internationales, était au séminaire de la Nouvelle Action Commune (NAC) organisé à Sornetan, en Suisse, par la Cevaa du 4 au 11 septembre 2016.

« Famille, Evangile et Cultures dans un monde en mutation »…c’est le thème de la réflexion communautaire que les Églises de la Cevaa mènent ensemble actuellement avec les outils de l’animation théologique. Après une première session en Afrique, c’est l’Europe qui vient de travailler la question. Trente-cinq délégués des Églises de France, de Suisse et d’Italie ainsi qu’une délégation africaine ont travaillé ensemble pendant une semaine à Sornetan en Suisse, essayant de clarifier les liens entre nos diverses conceptions de la famille, nos déterminants culturels et l’Evangile. Evidemment, il a fallu aborder les sujets délicats que sont le mariage homosexuel, la polygamie, le divorce…etc…

 


Jean-Luc Blanc durant le séminaire Nouvelle Action Commune, septembre 2016, DR

 

Le partage d’expériences vécues en France, en Suisse et en Italie par les Eglises situées à la rencontre de cultures différentes, comme celles du programme Mosaïc, par exemple, a permis de prendre la mesure des différences culturelles présentes dans nos Églises ici, en Europe. Animé par Corina Combet-Galland et Jean-Luc Blanc, le travail biblique autour de textes de Paul et des Evangiles, a permis au groupe de réfléchir sur la manière dont le texte biblique interroge toutes nos conceptions de la famille pour permettre à chacun et chacune de recevoir une parole libératrice à l’endroit de nos lourdeurs et aliénations familiales.

 

 

 

 




Eglise du Bénin : le Défap reçoit le secrétaire général

Début septembre, le secrétaire général de l’Église Protestante Méthodiste du Bénin (EPMB), Zabulon Djarra, était de passage au Défap. L’occasion de faire le point avec le responsable des relations et solidarités internationales, Jean-Luc Blanc, sur les projets en cours et sur la vie ecclésiale.

Partenariats

Stages de formation de pasteurs, envois de volontaires, amélioration des moyens techniques et financiers de la radio locale, Hosannah FM, participation à l’édition du matériel de catéchèse, soutien à l’Université protestante d’Afrique de l’Ouest (UPAO), le partenariat entre le Défap et l’EPMB a de multiples volets.

Si certains projets sont déjà lancés, d’autres sont encore en phase de préparation. C’est le cas notamment pour l’envoi de pasteurs béninois en France. A l’automne 2017, treize pasteurs et encadrants béninois viendront suivre une formation théologique à Paris, avec la collaboration du Défap. « Le but est de faire tomber les barrières culturelles pour faciliter l’intégration », explique Zabulon Djarra.

 


Zabulon Djarra et Jean-Luc Blanc au Défap, septembre 2016, DR

 

Un acteur essentiel dans la réunification de l’EPMB

Rappelons qu’en 1993, une grave crise institutionnelle avait eu pour conséquence la scission de l’Église en deux branches distinctes dont l’une, nommée « EPMB Conférence » avait emporté avec elle des temples, des dispensaires et des écoles. Plusieurs procès ont entrainé des décisions de justice mais aucune n’avait jamais été appliquée. Ce n’est qu’au cours du synode de 2015, que la réunification a été publiquement évoquée pour la première fois, résultat d’un long travail effectué par le secrétaire général de l’EPMB, Zabulon Djarra, et son président, Nicodème Alagbada. « Lorsque nous avons été élus, en 2009, nous avons immédiatement décidé que notre objectif commun et principal allait être de travailler pour que l’Église soit réunifiée avant la fin de nos mandats », explique le pasteur Zabulon Djarra.

Alors que les responsables de l’EPMB n’avaient jamais été soutenus par les autorités béninoises, que ce soit feu le président Matthieu Kérékou ou son successeur, Thomas Boni Yayi, le président nouvellement élu, Patrice Talon, a abondé dans leur sens. « C’était logique, car il a placé son mandat sous le signe de l’État de droit et du respect des institutions. Il a commencé en faisant appliquer les jugements rendus. » En mai 2016, l’EPMB a donc pu récupérer deux temples.

Cinq rencontres bipartites ont ensuite eu lieu, sous l’égide du chef de l’État, qui ont abouti, le 3 juin 2016, à la signature d’une convention et la mise sur pied d’un organe transitoire de gestion, créé pour une durée d’un an.

« Pour nous, la réconciliation devait conduire à un retour à l’institution dont nous avions conservé le nom, à savoir l’Église protestante méthodiste du Bénin. Il ne s’agissait absolument pas de créer une nouvelle Église, explique Zabulon Djarra. Nous avons beaucoup insisté sur l’importance de notre identité. »

« Nous conduisons la période de transition par le biais de l’organe de gestion. En juin 2017, de nouveaux responsables ecclésiaux seront élus – ni le président ni moi-même ne serons candidats – et dès cet instant, la réunification sera accomplie. En politique, comme en milieu ecclésiastique, ceux qui détiennent le pouvoir ont tendance à s’y accrocher. En acceptant de ne pas être éligibles, nous voulons montrer que diriger une Église, c’est être au service des paroissiens. Comme nous le démontre Paul au travers de ses épîtres, être une autorité, c’est être au service des autres ».

 


Zabulon Djarra, septembre 2016, DR

 

« J’aimerais que l’Eglise retrouve à présent sa vocation, qu’elle se mette au service du peuple, et annonce l’Évangile tout en contribuant au développement du Bénin. La réunification est quasiment achevée et pour la majorité des pasteurs et des fidèles, c’est un vrai soulagement. »