L’Eglise Protestante de la Réunion en fête

Le 17 juin dernier, le Secrétaire Général du Défap, Bertrand Vergniol, a rendu visite à l’Eglise Protestante de la Réunion, à l’occasion de l’installation du nouveau Conseil Presbytéral.

L’EPR avait connu quelques difficultés après le départ annoncé de son pasteur basé à St Denis alors que le projet de construction du centre paroissial et social CMLK tardait à sortir de terre.
Cette Eglise protestante est loin de tout (à 10 000 kms de Paris), l’Eglise sœur la plus proche étant à l’île Maurice !
Cette expérience montre l’importance de ce genre de visite pour la communauté.

Le pasteur Bertrand Vergniol est venu écouter, encourager et aussi enseigner et former. Il a rappelé que l’Eglise ne peut et ne doit pas tourner autour d’elle-même !

L’évangile nous pousse à regarder autour de nous, à Mayotte, à Madagascar et aussi dans la rue d’à côté. Il était important de renouveler la confiance et de rassurer celles et ceux qui essaient de faire avancer les choses.

On peut dire que c’est plutôt réussi. La communauté n’attendait peut-être que ce déclic pour qu’un nouveau souffle gonfle les voiles qui ne sont en réalité pas si abimées que ça.
Désormais de nouvelles perspectives s’offrent à cette petite communauté et ses deux lieux de vie, St Denis à « LA SOURCE » et St Pierre.

 

Le Pasteur Bertrand Vergniol lors de sa visite à l’EPR, DR

 

L’Eglise Protestante de la Réunion remercie :
– son invité pour l’écoute et l’investissement à ses côtés
– le pasteur pour ce beau culte plein de vie et de diversité
– les jeunes pour leur présence et leur motivation pour le grand Kiff
– Angelo et Linou pour leur beau témoignage à l’occasion de leur confirmation
– le CP pour son engagement sincère et résolu !
– tout le monde pour le temps consacré et le partage constructif

Charles Bossert, pasteur de l’Eglise Protestante de la Réunion




Rencontre des Equipes Régionales Mission : l’échange sans réserve

Le 9 juin 2016, le Défap organisait la nouvelle réunion des Équipes Régionales Mission (ERM). Laïques, pasteurs, représentants des équipes locales… 16 personnes étaient présentes à la rencontre présidée par le pasteur Florence Taubmann. L’occasion d’évoquer le Forum missionnaire, qui aura lieu du 28 au 30 octobre prochains à Sète, mais aussi de débattre sur des questions actuelles de notre société. Une journée sous le signe de l’échange et de la réflexion.

Le point sur le futur forum « Parcours de Mission »

Après l’arrivée des 16 participants, la matinée est riche en rendez-vous : accueil, culte avec lecture biblique et discussion autour de la parabole des invités dans l’évangile de Luc : « Avons-nous vraiment conscience de la chance que nous avons d’être parmi les invités ? » D’un autre côté, comment comprendre aujourd’hui la parole de Jésus : « Forcez- les à entrer » qui a justifié les conversions forcées et les persécutions ?
Puis place à un état des lieux de la préparation du futur forum « Parcours de mission » à Sète. Le programme étant bouclé, place à l’organisation des invitations. Les conseils régionaux sont responsables, avec les ERM, de solliciter des personnes dans les consistoires, dans le but de renforcer le réseau des correspondants locaux du Défap et de Mosaïc.
Une fois le point fait sur l’organisation du forum, le groupe reçoit le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, qui partage les dernières nouvelles du Défap sur le plan international.

 


Affiche de « Parcours de Mission »

Un échange sans réserve

Spontanément le groupe crée l’échange, en revenant sur la question de la bénédiction du mariage des personnes de même sexe décidée lors du Synode national de mai 2015 et sur l’impact de cette décision dans les pays d’Afrique. Certains pasteurs présents témoignent de leur ressenti quant à cette décision mais aussi des questions qui leur ont été posées dans leur Eglise d’origine. Un tour de table permet à chacun d’exprimer son adhésion, ses doutes, mais aussi de son évolution sur la question. Les participants échangent librement sans se sentir jugés. Un moment précieux pour le groupe qui se réjouit d’une telle liberté de parole.

Une réflexion nécessaire sur notre monde actuel

L’après-midi s’articule autour d’un des 4 ateliers bibliques qui se tiendront pendant le Forum. Le Pasteur Florence Taubmann propose de travailler en groupes sur la question actuelle de notre société : « le libéralisme économique est-il une malédiction ? » à partir de trois textes : la parabole des talents, la parabole des ouvriers de la onzième heure et la prescription de l’année sabbatique dans le Lévitique.
Le partage est très riche, car les participants venant d’horizons variés, les approches sont forcément différentes. Ainsi l’une des personnes présentes a vraiment vécu l’expérience de l’année sabbatique dans son village en Afrique ! Ce fut assez catastrophique. Cependant le principe de l’alternance, du temps de repos, peuvent tout à fait être actualisés et trouver un écho dans nos préoccupations écologiques actuelles.

 

A travers ces diverses lectures, on comprend la nécessité d’interpréter les textes bibliques et de les adapter. Dans notre monde en perpétuelle mutation, de tels textes font évidemment réfléchir sur l’humain et sa capacité à s’extraire de cette frénésie permanente.

 




Manifestation à Beyrouth pour les droits des employés de maison

Le pasteur Lacoste et son épouse Christine, envoyés du Défap au Liban, ont participé cette année encore à une manifestation en faveur des droits des employés de maison.

Dimanche 1er mai 2016, l’Eglise protestante française de Beyrouth fermait ses portes et se mobilisait, comme l’an passé pour participer à la manifestation solidaire des travailleuses domestiques au Liban.

 

Manifestation Liban mai 2016, DR

Manifestation du 1er mai 2016 [DR EPFB]

 

La raison de cette manifestation ? Des revendications sociales et humanitaires.

Pourquoi cette date ? C’est celle choisie depuis six ans par les ONG spécialisées dans l’aide aux employées de maison.

 

Le défilé était composé d’environ trois cent personnes, principalement des employés de maison demandant plus de droits. En effet, ceux-ci « ne sont pas soumis au code du travail mais au système “Kafala” qui ne leur garantit que très peu de droits. Corvéable toute la journée, un seul jour de congé le plus souvent optionnel, passeports retirés, leur vie pendant les trois années que dure le contrat est entièrement soumise à l’arbitraire de leurs patrons », explique Christine Lacoste.

 

L’Eglise protestante française de Beyrouth est composée d’employés de maison malgaches, à 80%. Ils sont présents au culte le dimanche quand leurs employeurs le permettent.

 

« Leurs sourires, leurs chants empreints de joie réchauffent notre culte. “Ne soyez pas tristes! La joie qui vient du SEIGNEUR, voilà votre force!” (Néhémie 8 v 10) : Voilà l’appel que m’adressent mes sœurs malgaches », conclut Christine Lacoste.

 

Source : site de l’EPFB

 




Consolider les liens avec la Nouvelle-Calédonie

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap, se rend en Nouvelle-Calédonie du 9 au 23 avril 2016. Sa visite a deux objectifs : participer au Conseil exécutif de la Cevaa et se rapprocher du protestantisme sur place.

Le pasteur Bertrand Vergniol se rend en Nouvelle-Calédonie ce mois-ci.
Sa première semaine est consacrée au Conseil de la Cevaa, Communauté d’Eglises en mission à laquelle appartiennent les Eglises fondatrices du Défap.

 

Délégation de la Nouvelle-Calédonie - Clôture du 4ème festival des arts mélanésiens, Mwâ kâ. Nouméa, Nouvelle-Calédonie 2010. Source : Flickr

Délégation de la Nouvelle-Calédonie
Clôture du 4ème festival des arts mélanésiens, Mwâ kâ
Nouméa, Nouvelle-Calédonie 2010
Copyright : Sekundo .

 

La suivante sera l’occasion pour le secrétaire général de rencontrer les personnes de l’Église Protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (EPKNC). L’objectif : renforcer les relations avec le Défap et les Eglises protestantes de France.

En effet, le programme 2015-2018 du Défap vise à développer une plus grande proximité avec les protestants de Nouvelle-Calédonie. Pour mener à bien ces ambitions, Bertrand Vergniol ira à la rencontre des hommes et femmes qui font vivre l’Eglise locale, dont le pasteur Wakainé, président de l’EPKNC.

 

Le pasteur a aussi rendez-vous avec divers élus locaux : M. Vincent Bouvier, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et M. Frédéric Eymard, commissaire délégué aux îles Loyautés. Il est également prévu qu’il rencontre des responsables du programme Après-Bac-Service auquel le Défap participe activement et visite deux établissements de l’enseignement : le lycée agricole de Do Neva et le centre de formation théologique de Béthanie, sur l’île de Lifou.

 

Bertrand Vergniol porte un grand intérêt à être en contact avec la réalité des habitants calédoniens, en particulier à l’approche du référendum sur l’indépendance.

 

Un séjour qui promet des rencontres riches et authentiques !




Un container humanitaire pour le Cameroun

Luc Carlen est un ancien envoyé du Défap au Cameroun. Son engagement dans la Mission ne se dément pas. Aujourd’hui, il s’investit dans de nombreuses actions. Parmi elle, l’envoi d’un container au nord Cameroun.

Luc Carlen est infirmier libéral. Il a vécu avec sa famille deux années à Pouss à l’extrême nord du Cameroun. Parti en 2010 dans le cadre d’un VSI (Volontariat de Solidarité Internationale), il travaillait au sein d’un dispensaire. Mais son engagement ne s’est pas arrêté à son retour en France.

 

Un container pour le Cameroun, DR

Un container pour le Cameroun, DR

 

Durant ce séjour, Luc et sa femme, Naomy, se sont investis avec l’Eglise locale dans un projet de construction d’un cabinet dentaire, un besoin urgent. Il fallait intégrer au sein même du complexe ce type de compétence.
Depuis son retour, en 2012, Luc rassemble de l’équipement médical destiné à « l’aile » dentaire du dispensaire. Soutenu par le Défap, et avec l’aide de plusieurs personnes, il a récupéré du matériel supplémentaire pour les autres spécialités de l’hôpital et d’autres structures médicales de l’Eglise Luthérienne du Cameroun : lits, fauteuils gynécologiques, fauteuils roulants, etc.

Outre cela, des livres ont été récoltés pour l’Institut théologique de la région extrême-nord.

 

En train de remplir le container, DR

En train de remplir le container, DR

 

Tout ce matériel va transiter par container. En partenariat avec l’association « Triangle d’Afrique », dont la mission est de favoriser liens et échanges humanitaires et culturels entre la France et le Cameroun, les Carlen et les bénévoles l’ont rempli. Rempli d’objets récoltés durant un an, celui-ci est parti pour le port d’Anvers le lundi 29 février. Il devrait atteindre sa destination d’ici la fin du mois de mars.

 

En plus de l’envoi de matériel, le projet inclut la formation du personnel : l’infirmier chef du centre où Luc a travaillé débutera son apprentissage en septembre 2016, avec, de nouveau, le soutien du Défap.

 

Luc Carlen a été membre de la Coluréum (Commission luthérienne des relations avec les églises d’outre-mer). Il est actuellement membre de la commission des projets du Défap.

 




Pastorale de l’Eglise protestante malgache en France

Le Secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, et la Chargée d’animation missionnaire, le pasteur Florence Taubmann, se sont rendus vendredi 24 juillet 2015 à la pastorale de l’Eglise protestante malgache en France (FPMA).

C’est autour de grands sujets que les pasteurs de la FPMA se sont donné rendez-vous pour leur pastorale annuelle à Villebon-sur Yvette.

 

Après avoir abordé le jeudi 23 juillet les relations entre judaïsme et christianisme avec l’aide du Pasteur Alain Massini et du Rabbin Michel Serfaty, ils ont écouté ce vendredi 24 le pasteur Bertrand Vergniol évoquer la nécessité d’une double mission d’évangélisation : extérieure et intérieure.

 

Ils ont également reçu sa suggestion de réfléchir sur les défis que représentent aujourd’hui pour le monde la tentation du fanatisme et les conséquences de la sécularisation.

Les pasteurs Bertrand Vergniol et Florence Taubmann à la pastorale de la FPMA, en région parisienne

 

C’est sur cette dernière question qu’ils ont échangé avec le pasteur Florence Taubmann, tâchant de démêler les aspects positifs de la laïcité des aspects parfois négatifs d’une sécularisation des esprits qui tend à vider les Eglises.

 

Mais loin de nous désespérer, ceci pousse à assumer avec fidélité notre devoir de témoignage et de partage de l’Evangile, sans doute à nouveaux frais, avec un enthousiasme renouvelé. Et c’est avec le pasteur David Brown et son épouse Julie, responsables du projet Mosaïc, qu’ils ont poursuivi la journée.

 

Le tout dans une atmosphère très fraternelle et chaleureuse!

 




Des magazines pour les jeunes de Madagascar

Dominique Ranaivoson, envoyée à Madagascar, demande de l’aide pour les jeunes de l’IFRP : ils ont besoin de plus de matériel pour étudier.

« Les étudiants qui passent trois ans à l’Institut de recherches pédagogiques (IFRP) se forment en vue d’enseigner dans les écoles protestantes, un réseau de 530 établissements répartis surtout sur les Hauts-Plateaux, sur la Côte Est, et dans quelques villes du Nord (Diego, Sambava) et de l’Ouest (Majunga, Marovoay).

 

Les instructions ministérielles les obligent à enseigner partiellement en français mais malgré leur bac et leurs connaissances théoriques, peu arrivent à parler et à s’exprimer par écrit. Pratiquement aucun n’a possédé un autre livre que la Bible.

 

Les étudiants de l’IFRP

 

Des enseignants leur donnent des cours de langue classiques tandis qu’avec moi ils suivent des formations courtes et intensives à raison de deux fois par an (une à quatre semaines).

Les supports sont multiples pour pratiquer la langue dans diverses circonstances et aborder des sujets de fond spirituels et pédagogiques.

 

Les études bibliques, les chants, les sketchs, les sorties culturelles (festivals, foire du livre, visites), les jeux, la manipulation d’albums jeunesse, la préparation de spectacles sont autant d’occasions de se délier la langue et de se former l’oreille.

Le Défap soutient l’édition d’un recueil de textes divers, la Petite Bibliothèque portative, qui leur est offerte en début de cycle. C’est une vraie valise et l’on apprend à se servir de tout ce qu’elle contient.

 

Spectacle à l’IFRP

 

Faire un bilan de ces actions qui manifestement leur font plaisir serait périlleux : certains ont fait des progrès remarquables et d’autres se contentent de suivre mais tous reçoivent un encouragement dans cet accompagnement.

Celui-ci se manifeste aussi concrètement lors de leur sortie quand nous leur offrons une valise, sorte de trousseau contenant des ouvrages de base : Bible, dictionnaires, grammaire, albums d’enfants et de lecture pour les primaires, livres d’anglais pour d’autres.

 

Remise de malles à l’IFRP

 

Nous achetons une partie de ces ouvrages neufs sur place (Bibles, dictionnaires) mais sollicitons en France des dons de magazines jeunesse tels que Youpi, J’aime lire, Belles Histoires… Les romans en volumes sont trop lourds et trop difficiles à lire.

 

Les étudiants de l’IFRP vous remercient ! »

 

    Dominique Ranaivoson
Envoyée en courts séjours à Madagascar




David Brown : « encourager l’unité dans le monde chrétien »

Le pasteur David Brown et sa femme Julie sont les nouveaux responsables du projet Mosaïc en Île-de-France. Interview du pasteur.

Parcours de Julie et David Brown

Missionnaires américains, ils ont vécu de 1985 à 1994 au Burkina Faso, envoyés par un organisme américain. De 2002 à 2010, ils ont vécu au Maroc où ils ont notamment rencontré le pasteur Jean-Luc Blanc qui leur a demandé d’accompagner des migrants sans-papiers (venant de 43 pays différents). Ils sont ensuite venus à Marseille à la demande de Philippe Girardet, ancien président de la Cevaa. David Brown s’y est installé en tant que pasteur (et musicien…). C’était pour eux l’occasion de passer d’un « pays de transit » (le Maroc) à un « pays d’accueil » (la France).
Le pasteur et sa femme travaillent en équipe et sont aujourd’hui les représentants Mosaïc pour l’Île-de-France.

 

Logo du Projet Mosaïc

 

Comment en sont-ils arrivés là ?

 

A Marseille, David et Julie Brown ont travaillé en relation avec le projet Mosaïc. Venus à Paris lors d’une réunion en lien avec le projet, ils rencontrent François Clavairoly qui leur parle du projet et, quelques semaines plus tard, les appelle pour le leur proposer à plein temps. Ils hésitent mais… « Cela semblait être la volonté de Dieu que nous venions à Paris ».

C’est ainsi que, depuis le 1er février 2015, David Brown est en charge du Projet Mosaïc en région parisienne.

 

La définition du projet

 

Le projet Mosaïc a pour but « d’encourager la rencontre inter-Églises protestantes ».
Le pasteur David Brown explique qu’il faut « apprendre à vivre avec nos voisins, partager nos cultures, vivre notre vie ensemble ».

Le thème de l’interreligieux est cher au pasteur. Par exemple, « aux Etats-Unis, les musulmans sont plus intégrés dans la société » qu’en France, notamment parce qu’il y a plus de travail. « Le problème du racisme et de l’intégration est un enjeu important », dit-il.

« Mosaïc va dans le même sens car on est dans la multiculturalité », avec notamment des « différences liturgiques et théologiques ». L’idée, nous dit-il, est de répondre à la question « comment arriver à vivre ensemble, à être unis, à mettre notre foi unie en action ».

Le pasteur David Brown veut lancer ce message d’unité, dans une société en mutation où il est important que « l’Eglise joue un rôle d’exemple de vie entre cultures ».

« Nous sommes tous chargés du dialogue interreligieux », dit-il. L’œuvre des Églises Mosaïc est de « partager la bonne nouvelle comme les autres Eglises ».

Mais c’est également de venir en aide aux personnes dans une situation de précarité. Il cite ainsi l’exemple d’une Église qui accueille deux personnes sans abri depuis six mois en attendant de trouver une solution durable.

 

Faire connaître le projet

 

Mosaïc est devenu plus un « programme qu’un projet », dit le pasteur.

Mais « beaucoup de gens ne le connaissent pas ». C’est pourquoi il essaye d’assister aux réunions pastorales et contacte directement ses collègues : « je suis quelqu’un du terrain », insiste-t-il.

Cela lui permet également de découvrir de nouvelles Eglises. Mais un problème se pose à Paris qu’il n’a pas eu à Marseille : l’ampleur de la zone géographique. C’est pourquoi, à partir de septembre, il veut « organiser l’activité Mosaïc par zones », même si certaines activités resteront pour toute la région, comme la fête de la musique qui a lieu cette année à l’Eglise Saint-Paul.

 

Les objectifs du mandat

 

Le pasteur a deux buts : au niveau spirituel et au niveau pratique.

 

Au niveau spirituel, il veut « encourager l’unité dans le monde chrétien ». Il est nécessaire de « garder le respect pour l’autre, différent », dit-il avant d’ajouter que « le mal est content quand on est divisé ».
Mosaïc est en cela un « point de rencontre authentique ».

 

Au niveau pratique, dans les trois ans de sa mission, il souhaite « voir de plus en plus de pasteurs inclus dans l’activité Mosaïc ». Certains pasteurs se disent intéressés mais expliquent ne pas avoir le temps : David Brown dit que le « simple fait de participer au repas mensuel de Mosaïc » est déjà enrichissant et permet de multiplier les rencontres.

Il insiste sur son expérience au Maroc où il dit avoir « beaucoup appris avec [ses] amis musulmans », et leur avoir appris en retour : c’est un « vrai partage ».

 

Interview du pasteur David Brown dans Courrier de mission

 




Analyse de la situation en Centrafrique : deuxième partie

Dans le cadre d’une série de trois vidéos, le Défap vous présente un résumé et une analyse de la situation en République centrafricaine.

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, est un spécialiste de la Centrafrique où il a passé plusieurs années.

Il présente ici quelques points de repères de l’histoire de ce pays depuis la colonisation française. Deuxième partie.

Si vous n’êtes pas familier avec l’histoire de la Centrafrique, voici une chronologie.

 

Liste des présidents centrafricains cités

Barthélémy Boganda
David Dacko
Jean-Bedel Bokassa
Ange-Félix Patassé
François Bozizé
Michel Djotodia

 

Lexique

Zaghawa : communauté culturelle tchadienne

Seleka : « coalition » en sango, langue la plus répandue en Centrafrique

Anti-balaka : milices mises en place dans les campagnes à la fin des années 2000 pour lutter contre les coupeurs de route. L’origine de ce nom est obscure mais il est admis qu’il signifie « anti-balles AK », une référence aux gris-gris portés par les combattants et qui leur confèreraient l’immunité contre les tirs des Kalachnikov, les « AK » 47.

 

Carte de la Centrafrique (Source : Google Maps)

Les étoiles correspondent aux quatre villes suivantes (de l’ouest à l’est) : Bangui, Damara, Mabaye, Birao

 




Analyse de la situation en Centrafrique : première partie

Dans le cadre d’une série de trois vidéos, le Défap vous présente un résumé et une analyse de la situation en République centrafricaine.

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, est un spécialiste de la Centrafrique où il a passé plusieurs années.

Il présente ici quelques points de repères de l’histoire de ce pays depuis la colonisation française. Première partie.

 

Si vous n’êtes pas familier avec l’histoire de la Centrafrique, voici une chronologie.

 

Liste des présidents centrafricains cités

  • Barthélémy Boganda
  • David Dacko
  • Jean-Bedel Bokassa
  • Ange-Félix Patassé
  • François Bozizé
  • Michel Djotodia

 

Carte de la Centrafrique (Source : Google Maps)

Les étoiles correspondent aux quatre villes suivantes (de l’ouest à l’est) : Bangui, Damara, Mabaye, Birao




La Réunion : « promouvoir la vie protestante »

Pour le protestantisme, la Réunion est un enjeu important. Le pasteur Bertrand Vergniol, Secrétaire général du Défap, s’est rendu sur place. Compte-rendu.

Centre protestant de La Réunion à Saint-Denis

 

Contexte

La Réunion est une île à majorité catholique mais, selon le mot de Bertrand Vergniol, avec « un milieu religieux ébouriffé » ! C’est de « la responsabilité du Défap de participer à y instaurer une vie d’Eglises basée sur le système du protestantisme historique », rappelle-t-il. En effet, il est « important d’avoir une présence protestante à La Réunion laquelle, dans l’ensemble religieux, représente ce système où les communautés sont à la fois locales et appartiennent à un ensemble plus universel ».

C’est « vrai pour toutes les Eglises que le Défap soutient, ajoute-t-il. Le religieux est une donnée fondamentale de la vie sociale, le Défap doit donc promouvoir la vie protestante classique basée sur la confiance et la délégation ».

Mission

En compagnie de Norbert Lamy, interlocuteur de l’Eglise Protestante de la Réunion (EPR) pour son projet immobilier, le pasteur Vergniol a examiné le projet de construction d’un centre dans le sud de l’île.

Il existe déjà un centre protestant dans le nord de l’île, et l’Église souhaite en construire un dans le sud (cf. interview de Mme Perle Ravoninjatovo, présidente de l’EPR).

L’Église a donc tenu une Assemblée générale extraordinaire pour étudier la faisabilité de ce projet et envisager l’apport possible du Défap. Restent à étudier les finances et l’aspect juridique. Si tout se passe bien, le Centre Martin Luther King devrait pouvoir voir le jour. Par ailleurs, le Défap accompagne l’EPR de manière continue, notamment en y envoyant, avec la Cevaa, les deux pasteurs actuellement en poste.

Perle Ravoninjatovo, Norbert Lamy, Pasteur Véronique Weissbach

 

Rappel

L’EPR est une Eglise attachée au Défap et à la Ceeefe (Commission des Églises évangéliques d’expression française à l’extérieur), et membre de la Cevaa. Le Défap accompagne cette Eglise sur le plan pastoral mais aussi dans ces projets : il participe ainsi à sa vie financière et spirituelle.




Centrafrique : «Les vieilles recettes de sortie de crise ne marcheront pas»

En RCA, le passage de relais entre la Misca, la force africaine, et la Minusca, la force de stabilisation des Nations Unies, a eu lieu officiellement le 2 septembre. Le début du déploiement de cette nouvelle mission internationale est prévu le 15. Elle doit notamment protéger les populations et soutenir la transition politique. Une transition qui semble aujourd’hui bien difficile à mettre en œuvre.

Bangui, avril 2014 : des jeunes de l’Eglise protestante Christ-roi présentent une scénette où la lumière de la persévérance garde allumées celles de la paix, de la joie, de l’amour et du pardon. © Claire Bernole pour Défap

La République centrafricaine, championne des missions de l’Onu, en a déjà connu plus d’une dizaine : il y a eu la Misab, la Minurca, le Bonuca, la Fomuc, la Micopax… Voici désormais la Minusca, ou Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine. L’accord sur le transfert de la force africaine Misca (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine) vers la Minusca a été signé ce mardi 2 septembre entre le Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la RCA, le général Babacar Gaye, et le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo Doudou.

Prévue pour comporter, à terme, 10.000 soldats et 1800 policiers, la Minusca a été officiellement créée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies votée à l’unanimité le 10 avril 2014, et sa mission débute le 15 septembre. Près de 7600 Casques bleus devraient prendre part à l’opération dans un premier temps ; la plupart opèrent déjà sur place dans le cadre de la Misca, déployée depuis décembre 2013 et qui compte 6000 soldats. La France est présente pour sa part à travers l’opération Sangaris qui regroupe 2000 hommes, et l’UE a envoyé 150 hommes dans le cadre de l’opération de l’Union européenne pour la stabilisation en RCA (Eufor). Le déploiement de la Minusca devrait se poursuivre jusqu’au 30 avril 2015. Les soldats de l’ONU seront envoyés sur tout le territoire centrafricain avec trois états-majors: un dans l’Ouest, à Bouar du pays ; un autre dans le Centre-Ouest, à Kaga-Bandoro ; un troisième dans le Centre-Est, à Bria.

« Personne n’est dupe »

Pour soutenir le programme d’aide à la population centrafricaine, adressez vos dons à :

 – Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy – 75 311 Paris cedex 09.
Dons en ligne : www.fondationduprotestantisme.org
Les chèques ou virements doivent être libellés à l’ordre de «Fondation du protestantisme». Porter la mention «Solidarité protestante-RCA» au verso des chèques.
IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030
Banque Neuflize OBC Paris 8° (Pour les virements bancaires).
CODE BIC : NSMBFRPPXXX
Les dons versés à la Fondation du protestantisme, fondation reconnue d’utilité publique, sont déductibles des impôts. Merci d’indiquer vos coordonnées pour l’envoi du reçu fiscal.

La Minusca a reçu pour mission de protéger les populations, soutenir la transition politique, désarmer les ex-combattants, aider à la distribution de l’aide humanitaire et à la protection des droits de l’homme. Ce qui cantonne l’essentiel de son action à la sphère sécuritaire – là où les missions précédentes ont, précisément, montré leurs limites. Les armes circulent toujours, la criminalité se développe sans police et sans justice, rendant illusoire la protection des droits, le pays est dépendant d’une aide insuffisante, le gouvernement ne parvient à assurer aucune de ses missions régaliennes… et quant à la transition politique, beaucoup doutent qu’elle puisse se mettre en place dans les délais prévus. Elle doit théoriquement s’achever par des élections prévues en février 2015 ; c’est du moins la date qui a été arrêtée en novembre 2013 par le groupe international de contact. Dans cette optique a été mise sur pied une Autorité nationale des élections (ANE), qui a toutes les peines du monde à fonctionner, et dont le président Dieudonné Kombo-Yaya a reconnu lui-même lundi dernier sur RFI : « Personne n’est dupe. Aujourd’hui, les conditions actuelles font que le délai de février 2015 est peu envisageable. (…) Il faut penser automne 2015 plus qu’entre juillet et septembre où c’est la plus forte saison des pluies. C’est la version optimiste. ».

En début d’année, le diplomate français Didier Niewiadowski, longtemps en poste à Bangui, jugeait que la Centrafrique aujourd’hui n’est même plus un Etat fantôme : c’est désormais « un Etat fictif ». Interviewé en mars dans Libération, il mettait en garde : « Les vieilles recettes de sortie de crise ne marcheront pas. C’est privilégier la facilité, mais encourir aussi un cuisant échec que d’imaginer sortir de la crise par des élections avec une organisation étatique similaire (…) et en raisonnant dans un cadre uniquement étatique alors que la crise est aussi régionale. »

« Mauvaise gouvernance et prédation ont détruit ce qui restait de l’Etat »

En ce qui concerne la situation sécuritaire, pourtant au cœur du mandat des missions internationales jusqu’alors déployées dans le pays, il se montrait tout aussi critique : « Les milices anti-balaka, souvent dénommées à tort « milices chrétiennes » par opposition à l’ex-Séléka musulmane, ne sont toujours pas cantonnées à ce jour et encore moins désarmées, et cela en dépit des résolutions de l’Onu et de l’Union africaine. Cette situation les autorise à perpétrer leurs exactions en toute impunité. Les désœuvrés – paysans spoliés, coupeurs de route au chômage, enfants des rues non scolarisés – ont été rejoints par d’anciens militaires des Forces armées centrafricaines et par des boutefeux partisans de l’ancien président Bozizé (…) Ce ramassis, tout aussi inorganisé que l’ex-Séléka mais éparpillé en des groupuscules de quelques individus, se trouve livré à lui-même, obligé pour survivre de s’emparer des biens d’autrui et le plus souvent avec une violence extrême. »

Une analyse qui rejoint celle de l’International Crisis Group : son dernier rapport, La crise centrafricaine : de la prédation à la stabilisation, affirme la nécessité d’une approche qui articule l’opération de maintien de la paix avec la relance de l’activité économique, le soutien à la reconstruction de l’Etat et la lutte contre les trafics. « La mauvaise gouvernance et la prédation ont détruit ce qui restait de l’Etat, de l’économie et ont appauvri la population », affirme Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale. « L’actuel mandat de la mission de maintien de la paix n’est pas à la hauteur du défi centrafricain ».

Franck Lefebvre-Billiez

Pour aller plus loin :
Centrafrique: une nouvelle opération de l’ONU, pour quoi faire ? (sur le site de Libération)
Elections en RCA: le délai de février 2015 n’est «pas tenable» (sur le site de RFI)
La crise centrafricaine : de la prédation à la stabilisation (rapport, International Crisis Group)
Le mandat de la Minusca (sur le site de l’Onu)