Hope 360 : tous en piste pour Valence !

Le grand rendez-vous de Hope 360, la course solidaire créée par Asah, c’est ce week-end ! Au Défap comme parmi la quinzaine d’associations qui font partie de l’aventure, on s’active pour les derniers préparatifs – pendant qu’à Valence, tout se met en place pour accueillir exposants et coureurs… Au programme : cinq courses différentes (à pied, en vélo, en caisse à savon…) mais aussi un concert, des rencontres… Il est encore temps de vous inscrire ! Et sur place, l’équipe de Hope 360 a aussi besoin de bénévoles.

À Valence, tout se prépare ! © Hope 360

Hope 360 entre dans sa phase décisive. Le samedi 9 octobre 2021, à Valence, il vous sera enfin possible de rencontrer celles et ceux qui font vivre le projet depuis de longs mois, à travers une multitude d’initiatives : course connectée, concours photo… qui ont déjà permis à des participants un peu partout en France, mais aussi en Allemagne, en Suède et en Italie de se joindre à l’aventure à distance.

Hope 360 est un concept imaginé par Asah (Association au Service de l’Action Humanitaire), le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale – un réseau agissant dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité au Nord et au Sud, dont fait partie le Défap. L’objet d’Asah est de favoriser l’échange, la réflexion et la collaboration entre les associations humanitaires et autres organismes, de mutualiser et renforcer l’efficacité et la qualité des actions de ses membres, et plus largement des acteurs de solidarité, afin de répondre aux besoins réels des populations les plus démunies. Pour la série de courses et de rencontres programmées le 9 octobre dans le cadre de cette deuxième édition de Hope 360, tout aura lieu en plein air au parc de l’Épervière, et le pass sanitaire ne sera pas exigé – mais les gestes barrières devront être strictement respectés. Petit aperçu du programme :

 

On recherche des bénévoles

Entretemps, la course connectée continue, avec toujours l’objectif d’engranger des kilomètres : collectivement, pour tenter de s’approcher le plus possible du chiffre symbolique des 40.000 (soit le tour de la Terre) ; et par projet, pour défendre au mieux celui qui vous tient le plus à cœur ! Celui du Défap – des microcrédits pour aider des familles de Bukavu à sortir de la précarité – cumule actuellement un peu plus d’un millier de kilomètres parcourus par les 32 coureurs engagés. Ce qui est une honorable moyenne parmi les divers projets présentés… Mais le soutien financier manque un peu. Car c’est bien le but de cette course solidaire organisée par Asah : récolter des fonds au profit des diverses associations impliquées. N’hésitez pas à parler du projet du Défap autour de vous, et donnez pour Bukavu !
 

Alors, inscrivez-vous, et joignez-vous à la course le 9 octobre ! Et si vous êtes aussi disponible pour participer à cette journée en tant que bénévole, voici les domaines dans lesquels l’équipe d’organisation a besoin d’aide :

  • L’accueil des coureurs et la gestion des inscriptions
  • L’aide à l’installation et à la désinstallation
  • La sécurité du site
  • La sécurité de la course
  • La buvette
  • Les animations

Un domaine vous parle et vous êtes disponible sur 3h, 6h ou plus ? Vous êtes les bienvenus ! La première édition en 2019 avait réuni 1600 personnes dans le Parc de l’Épervière. Pour cette édition, les organisateurs espèrent atteindre les 2000 participants, à la fois sur les quatre mois de course connectée et lors de l’événement de Valence. Pour s’inscrire, c’est ici :

Inscrivez-vous comme coureur
Inscrivez-vous comme bénévole




Le protestantisme haïtien en grève contre la violence

En dépit des dégâts liés au dernier séisme, et aggravés par la saison des cyclones, le pire problème auquel Haïti est confronté aujourd’hui reste l’insécurité. Les gangs qui contrôlent des quartiers entiers de Port-au-Prince bloquent l’aide internationale, rançonnent la population en multipliant les rapts et menacent même l’approvisionnement en pétrole du pays. Suite à la mort d’un diacre, abattu en plein culte dans le quartier du Palais National, censé être le plus protégé du pays, la Fédération protestante d’Haïti organise une journée de grève le vendredi 1er octobre. Le dimanche 3 octobre, les protestants haïtiens sont invités à s’habiller en noir et blanc en signe de deuil.

Culte à la Première Église Baptiste de Port-au-Prince © DR

Il s’appelait Sylner Lafaille ; il avait 60 ans, il était diacre ; il est mort le dimanche 26 septembre 2021, vers les sept heures du matin, sur le seuil de la Première Église Baptiste de Port-au-Prince où devait commencer la célébration du premier office. Sa femme et lui venaient d’être assaillis par un groupe lourdement armé. L’objectif des agresseurs : enlever Marie Marthe Laurent Lafaille, 59 ans, l’épouse du diacre, pour réclamer une rançon. C’est parce qu’il tentait de les empêcher d’entraîner sa femme que Sylner Lafaille a été abattu. Les coups de feu ont provoqué une panique chez les fidèles présents, dont plusieurs ont été blessés dans le mouvement de foule qui a suivi.

Cette nouvelle attaque en plein lieu de culte a suscité une émotion profonde au sein du protestantisme haïtien, et plus largement au sein de toute la population. Non que les rapts contre rançon soient rares : ils sont au contraire devenus une vraie source de financement pour les gangs armés qui contrôlent des quartiers entiers de la capitale. Ainsi, au cours du seul week-end où est mort le diacre Sylner Lafaille, plus d’une douzaine de personnes ont été enlevées dans Port-au-Prince et sa banlieue. Trois jours plus tôt, c’est une journaliste de la Télévision Nationale d’Haïti qui avait disparu dans des circonstances similaires. Mais la mort de Sylner Lafaille à la porte de la Première Église Baptiste de Port-au-Prince (un patrimoine national), située à la rue de la Réunion (c’est-à-dire tout près du Palais National, censé être le lieu le plus protégé du pays), montre aux yeux de beaucoup d’Haïtiens que la sécurité n’est plus garantie où que ce soit, ni pour qui que ce soit. Ce qu’a souligné dans un communiqué l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), une institution indépendante chargée de veiller au respect des Droits Humains : « Après le drame survenu à l’église Baptiste de la Réunion, considéré comme lieu saint et espace inviolable, aucun endroit n’est protégé. Les églises, les écoles, les universités, les stations de radio et de télé, les bureaux publics et privés, les magasins sont exposés à la furie des bandits armés opérant en toute impunité ». Il s’agissait en outre de la seconde attaque d’un lieu de culte, après l’enlèvement, filmé en direct, le 1er avril dernier, de six personnes à l’Église Adventiste Galaad de Diquini, dans la commune de Carrefour.

Les protestants haïtiens invités à s’habiller en noir et blanc en signe de deuil

La Première Église Baptiste de Port-au-Prince © DR

Pour dénoncer le meurtre du diacre Lafaille et cette insécurité que rien ne semble devoir diminuer, et qui n’a en rien décru depuis la mort du président Jovenel Moïse, la Fédération protestante d’Haïti a annoncé l’organisation d’une journée de grève ce vendredi 1er octobre. Lors de ce mouvement prévu dans les 10 départements du pays, les activités seront paralysées dans toutes les institutions protestantes, notamment les écoles et universités – seuls les hôpitaux et centres de santé poursuivant leurs activités, a indiqué le pasteur Calixte Fleuridor, président de la fédération. Ce dernier en a profité pour demander aux ravisseurs de libérer l’épouse du défunt afin qu’elle puisse préparer les funérailles de son mari : ce sont des gens humbles qui n’ont pas les moyens de payer la rançon exigée par les ravisseurs, a-t-il fait savoir. Et le dimanche 3 octobre, les protestants haïtiens sont appelés à s’habiller en noir et blanc en signe de deuil, les autres confessions religieuses et tous les secteurs de la vie économique et sociale étant invités à se joindre au mouvement.

Avant cet appel à la grève, la Conférence des pasteurs haïtiens avait déjà demandé au gouvernement et aux autorités de mettre fin à ces actes qui sèment la terreur au sein de la population haïtienne. Et au-delà du milieu des Églises, plusieurs syndicats des transports et de la sous-traitance ont également appelé à la grève générale le lundi 4 octobre pour dénoncer les kidnappings et la violence des groupes armés. Les gangs qui gangrènent la capitale font en effet peser une menace sur les terminaux pétroliers, dont celui de Varreux, qui représente à lui seul 70% des capacités de stockage du pays. Une situation qui provoque une pénurie à Port-au-Prince, avec comme conséquence une flambée des prix du carburant (dont le prix réel a presque quadruplé dans certaines stations-services, en dépit des tarifs officiellement affichés), et qui a poussé il y a quelques semaines l’Association des professionnels du pétrole à lancer un véritable SOS aux autorités. Ces mêmes gangs continuent par ailleurs à gêner considérablement l’arrivée de l’aide dans les secteurs sinistrés suite au tremblement de terre du 14 août.

Le Défap et la Plateforme Haïti
Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Haïti : appel à la solidarité protestante

Le Sud d’Haïti s’installe dans la crise post-séisme : de nombreuses familles sinistrées restent divisées entre des camps de fortune, privées d’un hébergement stable en pleine saison cyclonique, et l’acheminement de l’aide reste difficile. Les partenaires présents sur place de la Plateforme Haïti nous donnent des nouvelles. La plateforme Solidarité Protestante, qui a déjà fourni une aide exceptionnelle, lance un nouvel appel à la solidarité.

Distribution d’aide par ADRA Haïti dans la zone frappée par le séisme © ADRA Haïti

Plus d’un mois après le tremblement de terre de magnitude 7,2 qui a ravagé le sud d’Haïti, des sinistrés encore privés de toit réclament de l’aide des autorités pour rebâtir leurs maisons. Alors que la phase de reconstruction doit s’amorcer, le manque d’eau et de nourriture place toujours le pays dans une situation d’urgence. La direction générale de la Protection civile en appelle aux membres du Système national de gestion des risques de désastre et aux partenaires nationaux et internationaux, en évoquant « les besoins vitaux et urgents » qui restent non pourvus. Et elle souligne : « Il devient de plus en plus prioritaire, surtout dans le contexte de la saison cyclonique, de distribuer des produits non alimentaires susceptibles de permettre aux familles sans-abris de s’installer, même temporairement, dans des conditions d’hygiène respectables et à l’abri des intempéries. » Comme le souligne son directeur général, le Dr Jerry Chandler, « notre pays est train de gérer bien plus qu’un tremblement de terre. Il est en même temps confronté à une crise politique aiguë, une précarité sociale persistante, une situation d’insécurité complexe, une pandémie sournoise et une saison cyclonique au-dessus de la moyenne. Nous sommes donc tenus d’utiliser aux mieux les ressources dont nous disposons pour répondre aux vrais besoins prioritaires de la population, éviter les duplications, le gaspillage et les abus, et veiller à ce que les plus nécessiteux ne sombrent dans une détresse extrême ».

Voir en plein écran

Le tremblement de terre du 14 août a causé la mort de plus de 2200 personne dans le Sud-Ouest du pays et fait plus de 12.000 blessés. Mais il a fait aussi des dégâts matériels immenses qui désorganisent l’aide aux victimes. Selon les chiffres de la Mission Biblique, partenaire du Défap dans le cadre de la Plateforme Haïti, 350 églises et 200 écoles ont été détruites. Outre les milliers de maisons détruites ou endommagées et rendues dangereuses… Dans les zones les plus touchées, les sinistrés restent hébergés de manière précaire dans des camps de fortune, et des familles restent encore divisées, leurs divers membres cherchant des nouvelles les uns des autres.

« La situation est alarmante »

Les partenaires sur place en lien avec les membres de la Plateforme Haïti s’efforcent d’apporter leur aide, en dépit de la désorganisation et des risques causés par une criminalité toujours omniprésente. ADRA-Haïti annonce ainsi que 300 familles réparties entre trois camps situées sur la commune de La Sucrière Henry de St-Louis du Sud, ont commencé à recevoir des tentes, eau, kits hygiéniques et alimentaires. La Mission Biblique, en lien avec l’UEBH (Union Évangélique Baptiste d’Haïti), a fait savoir que pour contourner les difficultés d’acheminement de l’aide, des fonds avaient pu être avancés directement à des familles de sinistrés via la Mission Évangélique Baptiste du Sud d’Haïti.

Distribution de fonds aux victimes à l’Église MEBSH à Maniche © Mission Biblique

Cette aide sur place est rendue possible par les fonds qui ont d’ores et déjà été débloqués dans l’urgence, ainsi que par les dons qui continuent à arriver : ainsi, la Fondation du Protestantisme a apporté un soutien exceptionnel. Solidarité Protestante continue à faire appel à la générosité du protestantisme français et a diffusé récemment un nouveau communiqué :

« Le nom même d’Haïti résonne à nos oreilles comme le nom d’un malheur. Et pire que cela, un malheur déjà oublié, une cause oubliée. Le protestantisme français n’oublie pas, malgré le temps qui passe et les drames qui se succèdent, nous voulons demeurer solidaires de nos frères et sœurs haïtiens.

La situation est alarmante, il s’agit d’un état d’urgence.

Nos partenaires, nous font part de leurs attentes et de leurs besoins notamment de deux ordres :

Acheminement et distribution des produits de première nécessité : eau, assainissement, nourriture, kits sanitaire, bâches, couvertures.
Mise à l’abri des plus vulnérables : sécurisation des lieux d’habitation, de scolarisation.
Les dons collectés par la Fondation du protestantisme seront confiés à nos partenaires déjà à l’œuvre sur place, tels que le DEFAP service protestant de mission, la Fédération protestante d’Haïti, ADRA Haïti, l’Union évangélique baptiste d’Haïti.

Cette aide peut prendre des formes multiples : recherche de logement, fourniture de couvertures et de combustibles, d’aliments, de produits d’hygiène, de soins et de médicaments, sécurisation des lieux et mise à l’abri des personnes.

La Fédération protestante de France appelle de son côté à soutenir également les Haïtiens et les acteurs de la solidarité dans la prière et dans l’intercession tant personnelles qu’ecclésiales ou communautaires. »

Pour donner, plusieurs solutions :

Envoyer un chèque libellé « séisme Haïti 2021 » à l’ordre du Défap : Service protestant de Mission – Défap 102 Bd Arago – 75014 Paris
Par virement au Défap : DEFAP – Mission protestante – « séisme Haïti 2021 » – FR56 2004 1000 0100 0528 9E02 025 – PSSTFRPPPAR – Banque Postale
Donner en ligne à Solidarité Protestante

© ADRA Haïti

Le Défap et la Plateforme Haïti
Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Journées portes ouvertes : se former à l’interculturel, mais pourquoi ?

À l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, du 10 au 19 septembre, le Défap vous invite à assister à deux conférences. Après la conférence théologique du 13 septembre, la deuxième a lieu ce 15 septembre, à 18h30 ; elle sera consacrée à des thématiques sociologiques, et réunira les deux sociologues Evelyne Engel et Pamela Millet. Elles nous amèneront à réfléchir à la question suivante : Se former à l’interculturel, un enjeu pour notre société et nos Églises ? Une conférence à laquelle vous pourrez aussi assister en direct sur Zoom (lien ci-dessous).

Pamela Laureine Millet Mouity (à gauche) ; Evelyne Engel (à droite) – Montage

Evelyne Engel et Pamela Millet apporteront leurs regards complémentaires sur la question du défi de l’interculturalité de nos jours. Elles présenteront leurs sujets de recherche en lien avec cette question, et nous aideront à réfléchir autour des besoins et des enjeux de la formation à l’interculturalité pour notre société française et pour nos Églises.

Où et quand ?

Le 15 septembre 2021 à 18h30, au 102 boulevard Arago, 75014 Paris.
Si vous n’avez pas pu vous inscrire, cliquez ici pour assister en direct à la conférence sur Zoom

Les intervenants

Evelyne Engel :
Evelyne Engel est une sociologue qui s’intéresse depuis toujours à la question de l’interculturalité. Ancienne responsable d’un centre d’hébergement pour réfugiés politiques, elle est aujourd’hui consultante sur les questions d’aménagement et d’interculturalité. Depuis 2014, elle forme les envoyés du Défap avant leur départ en mission.
Pamela Millet :
Pamela Millet est une socio-anthropologue qui travaille sur l’immigration subsaharienne, haïtienne, antillaise, afro-brésilienne et afro-colombienne à travers différents objets et angles analytiques. Elle a particulièrement travaillé sur le lien entre fait religieux et interculturalité. Elle est chargée d’enseignement à l’Université d’Evry Val-d’Essonne et à l’Institut Protestant de Théologie de Paris.




Journées portes ouvertes : 11 bonnes raisons de venir

Du 10 au 19 septembre, le Défap organise ses Journées portes ouvertes dans le cadre des célébrations de son Cinquantenaire. Journée de rencontres et de retrouvailles, conférences, témoignages à découvrir ou redécouvrir, expo et animations pour les jeunes et les moins jeunes : retrouvez ici toutes les bonnes raisons de venir nous rendre visite au 102 boulevard Arago, à Paris. On vous attend !

Venez faire la fête avec nous !
 

✅Raison 1/11 : Jouer à notre jeu de société escape game

Ce jeu a été spécialement créé pour l’occasion par une équipe de 5 anciens envoyés du Défap ! Grâce à lui vous pourrez explorer le Défap en vous amusant.

Vous incarnez un envoyé qui vient de finir sa formation au Défap. Cet envoyé est un peu tête en l’air puisqu’il se rend compte, peu de temps avant de prendre son avion, qu’il a échangé son passeport avec celui de Finiavana, une envoyée malgache accueillie en France. Il doit donc retourner au Défap, rendre le passeport, récupérer le sien et tout ça en un temps record pour attraper son avion !

Bref rendez-vous tous les jours du 11 au 18 septembre, de 10h à 17h au 102 boulevard Arago pour le tester.

✅ Raison 2/11 : Jouer dans la mini-maison du Défap

Cette petite cabane pour les enfants leur permettra de découvrir le Défap tout en s’amusant. Au programme dans la cabane : mémory, dessin, lecture et autres réjouissances.

Rendez-vous tous les jours du 11 au 18 septembre, de 10h à 17h au 102 boulevard Arago pour la découvrir.

✅ Raison 3/11 : Découvrir l’exposition sur l’histoire du Défap

L’équipe de la bibliothèque a créé cette exposition pour retracer ces cinquante ans de Défap. Chaque panneau explore une décennie.

Rendez-vous tous les jours du 11 au 18 septembre, de 10h à 17h au 102 boulevard Arago pour l’explorer.

✅ Raison 4/11 : Vous mettre à l’écoute de témoignages

Nous avons récolté 50 témoignages pour ces cinquante ans. Venez prendre le temps de les écouter ou de les lire tranquillement. Ce sera aussi l’occasion de nous partager votre expérience, à vous, avec le Défap.

Rendez-vous tous les jours du 11 au 18 septembre, de 10h à 17h au 102 boulevard Arago pour les découvrir.

✅ Raison 5/11 : Découvrir le stand de la philatélie

Notre équipe bénévole de la philatélie, depuis des années, collecte et vend des timbres pour financer les bourses d’étude de jeunes filles en République Démocratique du Congo.
Un stand sera présent toute la semaine pour acheter des timbres ou simplement regarder.

Rendez-vous tous les jours du 11 au 18 septembre, de 10h à 17h au 102 boulevard Arago pour le tester.

✅ Raison 6/11 : L’inauguration de la semaine et de l’exposition

Nous aurons l’honneur d’accueillir et de donner la parole à Emmanuel Kasarhérou, président du Quai Branly, ainsi qu’à des partenaires historiques et Églises membres du Défap.
L’équipe qui a conçu l’exposition présentera cette dernière, puis nous partagerons un cocktail pour fêter cet anniversaire.

Rendez-vous vendredi 10 septembre à 17h au 102 boulevard Arago.

✅ Raison 7/11 : Conférence théologique

Gilles Vidal et Pierre Diarra vous attendent le 13 septembre prochain pour la première des deux conférences proposées par le Défap à l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, sur le thème : «Regards croisés sur l’Afrique et le Pacifique. Une théologie qui se vit et une théologie qui se pense (contextualisation et inculturation)».

Rendez-vous vendredi 13 septembre à 18h30 au 102 boulevard Arago.

✅ Raison 8/11 :Journée KT

Bienvenue aux jeunes accompagnés, seuls ou en groupe !

Les enfants pourrons écouter une histoire biblique par kamishibaï à partir de laquelle nous discuterons puis ils pourront vivre différentes activités : mini-maison, tissage végétal, écoute d’histoire en lien avec les rencontres interculturelles.

Les adolescents, quant à eux, pourront jouer au jeu de société escape game, écouter des témoignages, découvrir l’exposition, faire le tissage végétal, discuter avec nous.

Nous proposons deux créneaux dans la journée pour les enfants et adolescents : l’un de 10 à 12h et l’autre de 14h à 16h.

Si vous souhaitez venir en groupe, merci de vous inscrire sur notre site internet : https://www.defap.fr/journees-portes-ouvertes/

Rendez-vous mercredi 15 septembre au 102 boulevard Arago.

✅ Raison 9/11 : Conférence sociologique

Se former à l’interculturel, un enjeu pour notre société et nos Églises ?

Evelyne Engel et Pamela Millet nous aideront à réfléchir autour des besoins et les enjeux de formation à l’interculturalité pour notre société française et pour nos Églises.

Inscription conseillée : https://www.defap.fr/…/journees-portes-ouvertes…/

Rendez-vous mercredi 15 septembre à 18h30 au 102 boulevard Arago.

✅ Raison 10/11 : Journée festive !

Bienvenue à toutes et tous, proches du Défap ou non, pour cette journée festive !

Au programme :
– Retrouvailles et rencontres
– Repas de midi
– Présentation des publications d’anciens envoyés : Manior pour sa BD « Les deux pieds en Afrique » (vente en avant-première et dédicace de la BD sur place) et Cécile Millot pour son projet de roman / récit de voyage.
– Chorales
– Jam session, si vous avez des instruments n’hésitez pas à les apporter
– Banquet du monde le soir, découvrez des plats de différents pays
– Les animations en continu : exposition, escape game, coin témoignages, mini-maison, stand philatélie

Pensez à vous inscrire, notamment pour les repas, les places sont limitées : https://www.defap.fr/…/journees-portes-ouvertes-11-18…/

Rendez-vous samedi 18 septembre au 102 boulevard Arago.

✅ Raison 11/11 : Culte

Soyez toutes et tous les bienvenus au Temple de l’Étoile pour célébrer ensemble un culte. C’est dans ce Temple qu’a eu lieu, il y a 50 ans, le culte d’inauguration du Défap ! Pour celles et ceux qui ne pourraient se déplacer, vous pourrez y assister sur youtube. Nous mettrons le lien ici et sur notre site internet.

Rendez-vous dimanche 19 septembre à 10h30 au Temple de l’Étoile.




Journées portes ouvertes : une rencontre exceptionnelle ce soir au Défap

À l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, du 10 au 19 septembre, le Défap vous invite à assister à deux conférences. La première a lieu ce lundi 13 septembre, à 18h30 ; elle sera consacrée à des thématiques théologiques, et réunira Gilles Vidal, doyen de l’IPT-Montpellier (Institut protestant de théologie, faculté de Montpellier) et Pierre Diarra, anthropologue des religions africaines et théologien, responsable en France de l’Union pontificale missionnaire et enseignant à l’Institut Catholique de Paris. Le thème de cette conférence : Regards croisés sur l’Afrique et le Pacifique. Pour celles et ceux qui ne pourraient venir, retrouvez ici le lien pour y assister à distance en direct.

Gilles Vidal (droite) et Pierre Diarra (gauche) – Montage photo

Gilles Vidal et Pierre Diarra sont tous deux à la croisée des mondes ; des passeurs de frontières, qu’elles soient géographiques, culturelles ou théologiques. L’un, né à Strasbourg, est parti à la découverte du Pacifique, où il a été envoyé du Défap et a notamment enseigné au Centre de Formation Pastorale et Théologique de Béthanie, à Lifou, en Nouvelle-Calédonie. L’autre, né chez les Bwa du Mali, a fait une grande partie de ses études à Paris, dont un doctorat à la Sorbonne. Tous deux théologiens, tous deux faisant dialoguer foi et culture, Gilles Vidal le protestant et Pierre Diarra le catholique vous attendent le 13 septembre prochain pour la première des deux conférences proposées par le Défap à l’occasion de ses journées Portes Ouvertes, sur le thème : «Regards croisés sur l’Afrique et le Pacifique. Une théologie qui se vit et une théologie qui se pense (contextualisation et inculturation)».

Où et quand ?

Le 13 septembre 2021 à 18h30, au 102 boulevard Arago, 75014 Paris.
N’oubliez pas de vous inscrire pour assister à cette rencontre !
Si vous ne pouvez vous déplacer jusqu’au 102 boulevard Arago, vous pouvez aussi assister à la rencontre à distance, en direct, en vous connectant via Zoom.

Le programme

Cette conférence sera articulée comme suit :

  • contextualisation/inculturation : définition de ces notions et éventuelles différences entre une compréhension catholique et une compréhension protestante
  • émancipation/influence : historiquement le phénomène missionnaire porté par le monde occidental a formaté la foi chrétienne outre-mer, qu’en est-il aujourd’hui ?
  • préoccupations en matière de salut/ préoccupations «spéculatives» ou méthodologiques : le caractère existentiel ou non de la théologie
  • avènement du Règne/Royaume et questions d’engagement socioculturel et politique

Les intervenants

Gilles Vidal :

  • Doyen de l’IPT-Montpellier (Institut protestant de théologie, faculté de Montpellier), il y est également maître de conférence en histoire du christianisme à l’époque contemporaine.
  • Co-directeur du Centre Maurice-Lenhardt (IPT).

Pierre Diarra :

  • Docteur en théologie (Institut Catholique de Paris) et en histoire des religions et anthropologie religieuse (Sorbonne), Pierre Diarra enseigne à l’ICP.
  • Responsable en France de l’Union pontificale missionnaire, l’une des quatre Œuvres pontificales missionnaires (OPM) chargée de la formation missionnaire.
  • Consulteur du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux (Rome), membre de l’Association des théologiens africains (ATA), de l’AFOM (Association francophone œcuménique de missiologie) et d’APPLA&Co (Centre de recherche Approches pragmatiques en philosophie du langage et de la communication, à la Sorbonne Nouvelle).



Richard Macaire Lengo, un boursier du Défap distingué à Brazzaville

Venu en France avec le soutien du Défap pour un séjour de recherche durant l’année universitaire 2019-2020, Richard Macaire Lengo a soutenu sa thèse de doctorat de sociologie, consacrée aux mutations de l’Église Évangélique du Congo, le mercredi 11 août 2021, à l’auditorium de la Grande Bibliothèque universitaire de Brazzaville. Un travail qui lui a valu la mention «Très honorable», décernée par le jury présidé par le Professeur Joseph Tonda de l’Université Omar Bongo de Libreville (Gabon).

Richard Macaire Lengo lors de sa soutenance de thèse © DR

Être «dans le monde» sans être «du monde» : c’est le défi qui se pose à tout chrétien et, au-delà, à toute Église. C’est cette parole de Jésus que l’on trouve dans sa prière sacerdotale : «Je ne prie pas de les ôter du monde mais de les préserver du mal». Or en tant qu’institution humaine, aucune Église ne peut prétendre rester à l’écart des maux et des comportements du monde.

Cette incidence des soubresauts du monde sur la vie de l’Église, Richard Macaire Lengo l’étudie depuis des années. Titulaire depuis 2014 d’un DEA de sociologie, il s’était déjà distingué au cours de l’année 2013 en co-rédigeant un article publié dans la Revue congolaise de gestion et portant sur : «La motivation des jeunes pour la formation théologique : cas des étudiants externes de la faculté de théologie protestante de Brazzaville». Pour son travail de thèse, il a voulu approfondir ses recherches sur l’Église Évangélique du Congo ; non seulement en étudiant ce qu’elle est aujourd’hui, mais en observant ses évolutions dans le temps, depuis ses origines en 1961 à la suite des missions scandinaves – et même en remontant au-delà, jusqu’au réveil spirituel de 1947 qui avait pris naissance à Ngouedi. C’est dans ce cadre que le Défap lui a permis de faire un séjour de trois mois en France, de décembre 2019 à février 2020, afin de compléter sa documentation et sa bibliographie. Le résultat – une thèse de 438 pages intitulé «L’Église Évangélique du Congo : l’ethos protestant à l’épreuve des pratiques du «monde» et des mutations sociales» – lui a valu d’obtenir le titre de Docteur de l’Université Marien Ngouabi avec la mention «Très Honorable avec les félicitations du Jury», lors de sa soutenance le mercredi 11 août 2021.

«Les chrétiens vivent les mêmes réalités que les autres acteurs sociaux»

Se référant notamment aux travaux de Georges Balandier, Richard Macaire Lengo analyse dans sa thèse les forces tant externes qu’internes qui ont contribué à la mutation des conceptions et des comportements au sein de l’Église Évangélique du Congo. Une démarche qu’il a décrite au moment de sa soutenance : «Nous sommes partis du constat sur la prolifération des comportements déviants et des pratiques dites du « monde » au sein de cette organisation ecclésiale, avec comme corollaire la mutation de l’ethos protestant [un terme à ne pas rapprocher abusivement de «l’éthique», «l’ethos» recouvrant plus largement la manière d’être et l’ensemble des habitudes d’un individu au sein d’un groupe (du grec ancien signifiant «coutume»)]. Cette situation tranche avec l’ère du « kedika » aussi appelée l’époque des « Ba tata » où il y avait manifestement la matérialisation de l’ethos protestant, la mise en avant du rigorisme protestant. Eu égard à ces considérations et pour mener à bien notre recherche, nous nous sommes posé la question de savoir pourquoi l’ethos protestant, caractéristique intrinsèque des chrétiens de l’Église Évangélique du Congo, s’est-elle aujourd’hui délitée ?»

De ce questionnement, l’hypothèse de cette réflexion est formulée ainsi qu’il suit : la mutation de l’ethos protestant est imputable aussi bien aux mutations sociales affectant l’ensemble de la société congolaise, qu’aux pesanteurs économiques conduisant à la conversion de l’ethos de vocation en un éthos de professionnalisation ou de fonctionnariat au sein de l’Église Évangélique du Congo. Une hypothèse que Richard Macaire Lengo s’est efforcé de vérifier notamment à travers une enquête portant sur un échantillon de 261 personnes.

Richard Macaire Lengo lors de sa soutenance de thèse © DR

Au bout du compte, entre le rigorisme des origines et les comportements actuels observables au sein de l’EEC, les origines de la mutation sont multiples : «les chrétiens, souligne ainsi Richard Macaire Lengo, vivent les mêmes réalités que les autres acteurs sociaux et subissent les effets pervers des mutations sociales contemporaines par le jeu des interactions qu’ils entretiennent, aussi bien avec l’environnement social qu’avec les autres individus en proie parfois à des logiques contraires aux principes religieux.» Vivant, par force, les mêmes réalités que leurs voisins d’autres Églises ou d’autres religions, les membres de l’EEC sont aussi témoins des profondes transformations de la vie sociale et de ses normes : «La multiplicité des instances de socialisation et le polycentrisme culturel qui caractérisent l’environnement social actuel, mettent à rude épreuve les instances classiques qui, jadis, avaient le monopole de la socialisation et qui étaient essentiellement fondées sur des principes traditionnels promouvant les valeurs morales et éthiques.»

Des mutations qui pourraient provoquer un éloignement de l’Église… à ceci près que «le chômage qui perdure depuis des décennies au Congo, a progressivement fini par faire du ministère pastoral un «emploi par défaut» dans l’imaginaire collectif des chrétiens, particulièrement chez certains jeunes désireux de s’insérer socio-professionnellement et d’avoir une certaine ascension sociale. Cette situation a du reste été amplifiée par l’encastrement, avec notamment l’influence des liens sociaux dans le choix des futurs « hommes de Dieu ».»

Crise économique, politique, délitement des instances de socialisation et de régulation : ces maux touchant le pays depuis son indépendance ont nécessairement eu un impact sur l’Église. «Ces différentes logiques du monde profane, a souligné Richard Macaire Lengo, ont donc graduellement pris place dans le milieu religieux au détriment de ses principes.»

Retrouvez ci-dessous en vidéo un extrait de la soutenance la thèse de Richard Macaire Lengo :




Haïti : aider après le séisme

Plus de 1400 morts et plus de 6900 blessés : après le tremblement de terre qui a frappé le sud d’Haïti le samedi 14 août, le nombre des victimes augmente d’heure en heure. On manque d’eau, de nourriture, d’abris : plus de 75.000 familles sinistrées ont besoin d’une aide d’urgence, alors que de nombreuses infrastructures sont détruites ou fragilisées, et que la tempête Grace menace d’aggraver les dégâts. Les membres de la Plateforme Haïti se mobilisent, avec leurs partenaires haïtiens. Un appel aux dons a été lancé par Solidarité Protestante.

Membres d’ADRA Haïti dans la zone frappée par le séisme – ADRA Haïti

Haïti a besoin de vous : apportez votre aide par un don à Solidarité Protestante

 

Depuis le samedi 14 août, la terre tremble dans le sud d’Haïti. Rien de comparable avec le séisme qui a frappé l’île ce jour-là – 7,2 sur l’échelle de Richter, soit une magnitude équivalente à celle du tremblement de terre dévastateur de 2010 ; mais ces répliques qui se succèdent accroissent les dégâts, fragilisent les immeubles lézardés et réduisent l’espoir de trouver des survivants dans les décombres. Le nombre des victimes recensées augmente d’heure en heure : la protection civile haïtienne fait état ce mardi 17 août de 1419 morts et de plus de 6900 blessés. Seuls 18 rescapés ont été extraits des gravats au cours des dernières 48 heures. Les dégâts matériels, eux, sont colossaux : plus de 37.000 maisons détruites, près de 47.000 autres endommagées, à quoi il faut ajouter les dommages subis par de nombreux bâtiments publics. La situation des hôpitaux est tout particulièrement préoccupante : en tout, vingt-cinq structures sanitaires ont été affectées. Et les équipes médicales doivent faire face à l’arrivée des blessés alors même qu’elles peinaient à accueillir les malades du Covid-19.

Des bâtiments entiers ont été transformés en gravats – ADRA Haïti

Contrairement au séisme de 2010, celui de ce mois d’août 2021 n’a pas frappé directement la capitale Port-au-Prince ; mais la secousse qui a été enregistrée à 13 km au sud-sud-est de Petit-Trou-de-Nippes, dans le département des Nippes, à 10 kilomètres de profondeur, a fortement impacté une zone répartie sur trois départements (Sud, Grand’Anse et Nippes), où vivent deux millions de personnes. Et les besoins sont immenses : il faut de l’eau, de la nourriture, et des abris pour plus de 75.000 familles sinistrées. Quant aux habitants qui ont encore un toit, ils redoutent de dormir dans des bâtiments endommagés. La tempête Grace qui menace, et dont l’approche se traduit déjà par des pluies diluviennes, rend leur choix d’autant plus difficile.

L’appel aux dons de Solidarité Protestante

Diverses agences humanitaires chrétiennes coordonnées par ACT Alliance et qui ont déjà une présence sur l’île (comme Global ministres, Church World Service, la fédération luthérienne mondiale-Amérique centrale ou l’Église méthodiste unie) ont d’ores et déjà lancé une récolte de fonds et prévoient d’envoyer du matériel via la République dominicaine. Le protestantisme français n’est pas en reste : la Plateforme Haïti, qui fait le lien entre les organisations protestantes de France et d’Haïti sous l’égide de la Fédération Protestante de France, s’est réunie ce mardi 17 août pour coordonner les efforts des organisations protestantes françaises et haïtiennes ; un appel aux dons a été lancé par Solidarité Protestante.

Les zones touchées par le séisme – Carte établie par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU

Facteur aggravant, de nombreuses ONG ont dû déserter Haïti du fait de la violence des gangs. Une insécurité qui risque aujourd’hui de mettre en péril l’acheminement de l’aide d’urgence : si le gouvernement a envoyé des vivres et des médicaments vers la zone touchée par le séisme, la route menant vers le sud depuis Port-au-Prince passe par le quartier Martissant, qui est précisément contrôlé par un groupe armé. En attendant les fournitures d’urgence, ainsi que l’aide humanitaire et les personnels promis par de nombreux pays – dont les États-Unis, la Républicaine dominicaine, le Mexique ou l’Équateur – ce sont les organisations présentes sur place qui font face aux besoins les plus pressants.

Réunion de crise des membres d’ADRA – ADRA Haïti

Divers partenaires de la Plateforme Haïti sont précisément dans ce cas. Comme ADRA-Haïti, active dès à présent dans la zone du sinistre, où elle s’occupe de rechercher les victimes et de distribuer des vivres. Elle travaille aussi en lien avec l’hôpital adventiste de Diquini pour la prise en charge des blessés – les cas les plus graves étant évacués vers Port-au-Prince. Le siège national de cette organisation étant installé au-delà de Martissant permet à ADRA Haïti de mieux acheminer les aides dans la région touchée par le séisme. Autre membre de la Plateforme Haïti, la Mission Biblique est en lien étroit avec l’UEBH (l’Union Évangélique Baptiste d’Haïti) qui représente un réseau de plus de 200 Églises locales et permet d’avoir une vue globale des besoins sur place. Le SEL est pour sa part en lien avec Compassion Haïti, ainsi qu’avec le RIHPED (Réseau Intégral Haïtien pour le Plaidoyer et l’Environnement Durable) qui rassemble des acteurs comme la FEPH (la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, qui regroupe quelque 3000 établissements), l’UEBH et le CEEH (Concile des Églises Évangéliques d’Haïti).

Ces divers intervenants agissent pour l’heure dans l’urgence, en évaluant les besoins et en parant au plus pressé. Tous évoquent la nécessité de faire parvenir au plus vite de l’eau, de la nourriture, des tentes dans les zones sinistrées. Mais aussi de tirer les leçons de la réponse humanitaire face au séisme de 2010, dans un contexte rendu plus difficile aujourd’hui du fait de l’instabilité politique, de la menace des groupes armés et de la situation de crise sanitaire due au Covid-19.

Ci-dessous, retrouvez les dernières images fournies par des organisations chrétiennes en Haïti :

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Défap (@defap_mission)

Le Défap et la Plateforme Haïti
Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Robert Louinor : «Rester en prière avec les Églises haïtiennes»

Robert Louinor, ancien boursier du Défap, est venu d’Haïti pour faire un master 2 Recherche à l’Institut Protestant de Théologie, qu’il a achevé en 2017. Au moment de l’assassinat du président Jovenel Moïse, il était sur le sol français, et s’est retrouvé dans l’incapacité de rejoindre sa famille.

Robert Louinor – DR

Quelles sont les nouvelles que vous avez reçues d’Haïti depuis la mort du président ?

Robert Louinor : La situation y est très compliquée, avec beaucoup d’inquiétudes et beaucoup de tensions chez les Haïtiens. Les troubles sont allés croissant depuis le 7 février, date qui aurait dû marquer la fin du mandat de Jovenel Moïse, selon ses opposants qui le jugeaient depuis lors illégitime. Il y a eu de plus en plus d’assassinats, de plus en plus d’enlèvements, une très grave insécurité… Aujourd’hui, on ne sait pas vraiment ce qu’on pourrait faire.

Avez-vous des nouvelles de votre famille ?

Robert Louinor : Ma famille est dans le Nord, et pour le moment, tout va bien. Mais je m’inquiète beaucoup pour mon épouse, qui est seule, et mon fils de 7 mois, que je n’ai toujours pas pu voir. D’après ce que m’a dit mon épouse au téléphone, dans la région où elle se trouve, tout fonctionne au ralenti, les gens redoutent de sortir dans la rue et d’y tomber dans un guet-apens. Ils restent chez eux, ne vont plus au marché, redoutent les réactions de l’armée, de possibles représailles après l’assassinat du président.

Depuis combien de temps êtes-vous séparé de votre famille ?

Robert Louinor : Je n’ai pas pu être présent à la naissance de mon fils, en novembre, pour cause de restrictions dues au Covid-19, et depuis, il m’a été impossible de me rendre en Haïti. J’ai tenté de programmer un voyage en février, mais j’ai dû le reporter une première fois car Haïti connaissait alors une période de très grave insécurité, avec de très nombreux cas d’enlèvements contre rançon. Il y a quelques jours à peine, je devais enfin partir rejoindre ma famille, mais un pasteur avec lequel je suis en contact en Haïti m’en a dissuadé : il m’a raconté qu’un groupe armé avait fait irruption en plein culte pour contraindre les fidèles à rentrer chez eux. Il m’avait conseillé d’attendre encore avant de venir, m’assurant qu’il me donnerait des nouvelles lorsque la situation serait quelque peu stabilisée. Et depuis, le président Moïse a été tué, les frontières avec la République dominicaine ont été fermées… Je n’ai pas pu voir ma famille depuis des mois et je ne sais pas quand je pourrai retrouver mon épouse et mon fils.

Face à la situation d’Haïti, que peut-on faire ?

Robert Louinor : Je pense que la première chose, c’est de rester en prière avec les Églises haïtiennes, pour qu’elles puissent retrouver la paix de l’esprit et du cœur. En ce qui concerne la société haïtienne, elle est remplie de peurs, et elle a besoin d’un message de paix. Il faut maintenir le contact, rester solidaire avec le protestantisme haïtien qui est en train de traverser une période très difficile.

Voir en plein écran




Haïti : après l’assassinat du président, la crise humanitaire?

La mort du président haïtien est survenue alors que la violence des gangs va croissant depuis un mois à Port-au-Prince. Conséquence directe : les actions d’aide en faveur des Haïtiens les plus vulnérables risquent d’être bloquées.

Vue de Port-au-Prince – DR

Haïti est un pays où la crise est permanente et multiforme : crise politique, crise économique, crise sécuritaire, crise sanitaire… crise humanitaire. Depuis le départ de la Minustah, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, le pouvoir effectif dans la rue a été peu à peu conquis par des gangs (on en recense près de 200) qui se livrent une guerre sans merci, sous le regard d’une police impuissante, au point que des quartiers entiers de Port-au-Prince sont sous leur contrôle et que l’on parle désormais de «déplacés», comme dans un pays en guerre, pour désigner les milliers d’habitants qui ont dû fuir les violences, laissant tout derrière eux, et sont contraints de survivre sans toit. Une recrudescence des affrontements entre groupes armés a laissé certains quartiers en ruines, avec des centaines de maisons incendiées ou endommagées ; plus de 15.000 femmes et enfants ont été contraints de fuir leur foyer ; 80% de ces déplacés se sont retrouvés sans logement suite aux combats des quatre dernières semaines. Mais avec la mort du président Jovenel Moïse, abattu dans sa résidence privée par un groupe lourdement armé au cours d’une véritable opération commando qui a duré près de deux heures, sans intervention de la police (un commissariat est pourtant présent dans le quartier) ni de l’armée, le niveau d’instabilité atteint par le pays menace désormais de bloquer des aides cruciales pour des millions d’habitants parmi les plus vulnérables. Depuis cet assassinat, la police a arrêté 18 Colombiens et trois Haïtiens-Américains, dont un médecin vivant en Floride et récemment revenu sur le sol haïtien, Christian Emmanuel Sanon, accusé d’avoir recruté des mercenaires pour faire chuter la présidence.

«Il s’agit de la pire crise humanitaire que le pays ait connue au cours des dernières années, et elle s’aggrave de semaine en semaine», selon Bruno Maes, représentant en Haïti de l’Unicef (Fonds des Nations unies pour l’enfance). On estime que pas moins de 4,4 millions d’Haïtiens risquent de se retrouver privés d’une aide d’urgence cruciale du fait de l’insécurité et des fermetures de frontières. Les plus fragiles étant souvent les enfants et les mères célibataires. «La vie de nombreux enfants dépend de l’aide humanitaire et d’articles essentiels comme les vaccins, les seringues, les médicaments et les aliments thérapeutiques, détaille Bruno Maes. Mais quand les gangs se battent dans la rue et que les balles sifflent, il est difficile d’atteindre les familles les plus vulnérables avec ces fournitures vitales. À moins que les organisations humanitaires n’obtiennent un passage sûr, des milliers d’enfants continueront de recevoir peu ou pas d’assistance.»

Violences, crise sanitaire et crise humanitaire se cumulent

L’Unicef s’alarme de la situation humanitaire désastreuse que connaissent les enfants et de nombreuses familles en Haïti, et qui se détériore rapidement depuis le début de l’année. Au cours des trois premiers mois de 2021, le nombre d’admissions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë dans les établissements de santé à travers Haïti a augmenté de 26% par rapport à l’année précédente. Il faut ajouter à cela le piètre état des infrastructures (qu’il s’agisse d’approvisionnement en électricité, en eau, d’évacuation des déchets, ou des voies de circulation) responsable à lui seul d’une véritable catastrophe sanitaire, en provoquant une épidémie de maladies diarrhéiques fatales pour de nombreux enfants, ainsi qu’une forte hausse de la mortalité infantile et maternelle. Et parallèlement à cette vague de violence qui va croissant depuis juin, et a culminé récemment avec l’assassinat du président Jovenel Moïse, la pandémie de Covid-19 se développe elle aussi dans le pays : fin juin, plus de 18.500 cas confirmés et 425 décès avaient été signalés. Les principaux hôpitaux dédiés au Covid-19 sont saturés et font face à une pénurie d’oxygène. Certains patients meurent parce que la violence des gangs empêche les ambulances de les atteindre avec de l’oxygène et des soins d’urgence. «Haïti est le seul pays de l’hémisphère occidental où aucune dose du vaccin COVID-19 n’a été distribuée. C’est inacceptable», s’indigne Bruno Maes. «La violence des gangs à Port-au-Prince et dans ses environs est susceptible de retarder encore davantage l’arrivée des vaccins contre le Covid-19 et de compliquer leur distribution à travers le pays.»

Qu’en est-il des partenaires du protestantisme français en Haïti ? Ils survivent au jour le jour, comme le souligne le pasteur Philippe Verseils, appelant à «mettre en place des formes d’aide» adaptées à cette situation d’urgence. Bon connaisseur d’Haïti, où il a passé deux ans comme envoyé du Défap, et où il entretient encore de nombreux liens, il estime qu’aujourd’hui, «les partenaires haïtiens du protestantisme français ont besoin d’un soutien financier sortant du cadre trop strict des dispositifs d’aide habituels, qui impliquent la fixation d’objectifs, des règles précises de contrôle (…) On ne peut pas parler d’objectifs et de budget quand se pose la question de la survie immédiate.» Il appelle tout particulièrement à aider les orphelinats soutenus par La Cause, dont les enfants «sont dans des situations terribles». Sylvain Cuzent, qui lui a succédé en 2013, appelle pour sa part à «ne pas se laver les mains de ce qui se passe en Haïti».

La Fédération Protestante de France a déjà fait parvenir, la semaine dernière, un message de soutien à la Fédération Protestante d’Haïti ; et la Plateforme Haïti, qui dépend de la FPF et que coordonne le Défap, devrait se réunir prochainement.

Le Défap et la Plateforme Haïti
Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Hope 360 : des images du projet du Défap

Trois mois pile avant les courses du parc de l’Épervière, à Valence, et alors que la course connectée est lancée depuis un peu plus d’un mois, gros plan en images sur le projet porté par le Défap lors de cette course solidaire organisée par Asah : des microcrédits pour Bukavu.

Participantes du projet porté par le Défap lors de la deuxième édition de Hope 360 © Défap

Le grand rendez-vous de Hope 360, c’est dans trois mois tout juste. Ce jour-là, le 9 octobre, tous les «hopeurs» ont rendez-vous à Valence, au parc de l’Épervière, pour prendre part à diverses courses, à pied ou en véhicule non motorisé. Objectif : participer à une journée ludique tout en donnant de son temps et en recueillant des fonds au profit de projets solidaires. Un concept imaginé par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, qui en est à sa deuxième édition : pour cette année 2021, une quinzaine d’associations et autant de projets sont représentés… dont celui du Défap. Entre 1600 et 2000 marcheurs, coureurs ou rouleurs sont attendus ce jour-là de toute la France.

Mais d’ici-là, vous pouvez déjà participer : notamment en vous mobilisant pour faire connaître les projets pour lesquels vous voulez vous engager… et en vous inscrivant à la «course connectée», qui est lancée depuis le 3 juin. Une innovation imaginée pour cause de crise sanitaire… mais qui a désormais vocation à se pérenniser, de la même manière que Hope 360 a vocation à se développer dans d’autres villes au cours de ses prochaines éditions : il s’agit tout simplement de se lancer des défis sportifs, seul ou en équipe… et d’enregistrer les performances réalisées à partir d’une appli de sport téléchargée sur votre smartphone. Exemple : je me lance pour défi de parcourir 300 km à vélo d’ici octobre ; ou alors, nous décidons, en équipe, de nous fixer pour objectif de parcourir un total de 50 km à pied… Grâce à l’appli sur votre smartphone, il sera possible d’enregistrer chaque progrès et de le faire valider par le site de Hope 360. Avec l’objectif global de dépasser les 40.000 km d’ici octobre, tous projets confondus – soit plus que la circonférence de la Terre ! Les coureurs, marcheurs ou rouleurs engagés pour soutenir le projet du Défap se sont ainsi fixés, pour l’instant, un objectif de 550 km, et en ont déjà parcouru 295. Rejoignez l’équipe, où que vous soyez ! Pour cela, il suffit d’utiliser votre appli de sport favorite, ou d’en télécharger une ici :

Pourquoi choisir le projet du Défap ?

Pour cette édition 2021, le Défap présente un projet de microcrédits à Bukavu. Construite sur la rive sud-ouest du lac Kivu, cette ville est située dans l’est de la République Démocratique du Congo – un des pays présentant le plus fort taux de pauvreté de l’Afrique. De très nombreuses familles y survivent de manière très précaire, grâce à de petits commerces ou de petites activités d’artisanat le plus souvent lancées par des femmes. Or la pandémie de Covid-19, en poussant les autorités à prendre des mesures strictes pour limiter la contagion, s’est traduite par un arrêt total de ces petites activités dont dépendaient la vie de familles modestes – avec le risque que ces familles perdent tout moyen de subsistance. D’où cette idée de soutenir ces petites activités grâce à des microcrédits, qui a été lancée par une Église locale membre de l’Église du Christ au Congo, avec laquelle le Défap est en lien. Ainsi, comme tous les projets du Défap, celui-ci a été co-construit avec et à la demande d’un de ses partenaires, de manière à répondre au mieux aux besoins sur place ; et sa mise en œuvre est réalisée par ce même partenaire.

Vous pouvez voir ci-dessous quelques aperçus des activités ainsi soutenues, et dont chacune permet la survie d’une famille de Bukavu : petits commerces, travaux de couture… Pour permettre à chacune de ces activités de redémarrer et de passer le cap de la crise sanitaire, il ne faut pas plus de 60 euros. Ces 60 euros représentent le montant d’un crédit ; et chaque participante s’engageant à rembourser régulièrement une partie du prêt, le projet recevra ainsi des financements réguliers qui permettront de soutenir d’autres participantes. Avec l’objectif de responsabiliser et de permettre l’accès à l’autonomie de chacune d’entre elles : ainsi, une formation à la gestion de leur activité est également prévue, et toutes les bénéficiaires pourront, collectivement, au fil des remboursements alimentant la «caisse» du projet, d’en faire bénéficier de nouvelles participantes.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Défap (@defap_mission)

Alors, venez participer avec nous ! Inscrivez-vous pour la deuxième édition de Hope 360 ; et vous pouvez aussi donner directement pour soutenir le projet du Défap.




Sylvain Cuzent : «On ne peut pas se laver les mains de ce qui se passe en Haïti»

Sylvain Cuzent a pris la suite du pasteur Verseils en Haïti à partir de 2013. Il plaide aujourd’hui pour que l’on continue à parler d’Haïti, en dépit de circonstances qui pourraient inciter à baisser les bras, et rappelle l’histoire commune, bien que douloureuse, qui unit la République française et la République d’Haïti.

Les abords de la résidence du président Jovenel Moïse après son assassinat – DR

Quelle est votre réaction après l’annonce de la mort du président Jovenel Moïse ?

Sylvain Cuzent : Avec cet assassinat, Haïti plonge dans l’inconnu. Tout semble prêt pour l’arrivée d’un nouveau dictateur. C’est tout simplement dramatique et je suis bouleversé par cette situation, tout comme les amis haïtiens avec lesquels j’ai été en contact ; mais on sentait que la situation du pays pouvait déboucher sur un tel drame. Voilà des années qu’elle se dégrade, on a assisté dernièrement à une multiplication des enlèvements, des demandes de rançon, à la répression des manifestations, à la hausse de la corruption au sein de la police… Sur le plan politique, plus aucune règle démocratique n’était respectée et le président, après avoir réduit à l’impuissance le Parlement, aurait vu son pouvoir encore conforté par le référendum annoncé pour septembre. On avait là un dirigeant qui considérait que le pays était sa propriété personnelle. En fait, quand la Minustah, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, a plié bagages en 2017, le pays s’est retrouvé livré aux ex-Tontons Macoute [milices paramilitaires mises en place par le président Duvalier et qui avaient servi à terroriser toute opposition] ou aux gangs que le président Jean-Bertrand Aristide avait mis en place pour asseoir son pouvoir. L’armée est impuissante, la police de même, la corruption est partout et il y a des armes qui circulent à ne savoir qu’en faire. Au sein de la population, la misère est telle que les gens sont prêts à tout pour s’en sortir.

Y a-t-il des pistes pour agir ?

Sylvain Cuzent : La situation est devenue telle qu’aujourd’hui, les Haïtiens eux-mêmes ne savent plus par quel bout la prendre. Même ceux qui voudraient proposer des solutions ne savent pas comment se faire entendre. C’est ce qu’on a vu lors de la dernière élection présidentielle : il y avait 72 candidats – un véritable émiettement politique, chacun prétendant apporter sa solution…

Je me souviens qu’en 2013, lorsque j’étais arrivé en Haïti pour la première fois, j’avais demandé à un pasteur membre de la FPH, la Fédération Protestante d’Haïti : que faudrait-il faire pour sortir Haïti du marasme ? Il m’avait dit : il faudrait un pouvoir fort. Je lui avais fait remarquer qu’un pouvoir fort, Haïti en avait déjà eu et n’allait pas mieux ; qu’il faudrait surtout une éducation à la démocratie… Dès lors, j’avais été chargé de faire de l’éducation à la démocratie auprès des étudiants en théologie. Mais aujourd’hui, c’est toute la population qui aurait besoin d’une telle éducation, alors même que le système éducatif est défaillant…

En France aussi, il faudrait mobiliser pour Haïti. Depuis quelques mois, je rêve de créer un comité pour le remboursement de la véritable rançon qu’on a imposée à Haïti pour son indépendance, et dont le paiement s’est étalé de 1825 à 1950, afin de soi-disant indemniser les propriétaires français qui y avaient perdu leurs exploitations. L’économiste Thomas Piketty a chiffré précisément le montant de ce que la France devrait à la République d’Haïti : 30 milliards d’euros. Bien sûr, un tel remboursement aujourd’hui serait impossible à envisager – pas avant d’avoir reconstruit l’État haïtien, faute de quoi l’argent se perdrait ; mais un comité de ce genre serait un bon moyen de faire parler d’Haïti.

Est-ce important aujourd’hui de parler d’Haïti ?

Sylvain Cuzent : C’est très important. Il est très important de parler de la responsabilité de la France vis-à-vis d’Haïti : car la France reste dans ce pays une référence. L’histoire d’Haïti est liée à celle de la France, depuis la révolte contre Napoléon et la lutte contre les armées napoléonienne pour obtenir l’abolition effective de l’esclavage, jusqu’à aujourd’hui. La France n’a jamais aidé Haïti à dépasser ses divisions entre descendants d’esclaves, de métis ; et pourtant, il ne faut pas oublier que la devise de la République haïtienne, c’est : «Liberté, égalité, fraternité» ; et pas davantage que les couleurs du drapeau haïtien sont le bleu, le blanc et le rouge… Ce n’est pas un hasard si l’un des plus grands auteurs haïtiens, Dany Laferrière, est membre de l’Académie française. On ne peut pas se laver les mains de ce qui se passe en Haïti. Malgré toutes ses difficultés, c’est un pays qui reste riche de potentialités, courageux ; et malgré la dureté du quotidien, on ne voit pratiquement personne mendier dans les rues…