A l’impossible, nul n’est tenu

Il est probable que Célin Nzambé, ancien envoyé de la Cevaa et toujours collaborateur du Défap, ignore cette formule. Le projet monumental auquel il s’est attelé ne semble pas l’effrayer une seconde. Médecin et pasteur, il nous a accueillis lors de son passage en France fin mai pour un entretien passionnant.

C’est le fruit de la collaboration de plusieurs paroisses de France (La Rochelle, Villeneuve Saint Georges et Valence). Son but : réhabiliter au Cameroun une quinzaine d’hôpitaux abandonnés depuis plus de 10 ans pour certains. Personnel individualiste, patients méfiants, hiérarchie corrompue…tout est à reconstruire. C’est avec l’œil brillant et le sourire facile qu’il raconte simplement cette épopée, celle d’un témoin de Jésus Christ.

« Mon premier projet de réhabilitation d’hôpital a été pour l’Union des Eglises Baptistes du Cameroun (UEBC). Le cas est fréquent. Les hôpitaux laissés par les missionnaires ont souvent été considérés comme un tiroir-caisse où il était légitime que chacun se serve. Je suis désormais en poste dans l’EPC où m’a été confié la réhabilitation d’hôpitaux appartenant à l’Eglise.

Nous partons d’un constat : nous héritons de très beaux bâtiments construit entre 1920 et 1935, des quartiers entiers qui peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes, avec parfois 10 places en blocs opératoires. Mais il n’y a plus de patient et le personnel, impayé depuis des années, s’est approprié les lieux en famille.

A la base, il y a toujours un problème de gestion. Mais j’ai développé une méthode qui a fait ses preuves : je m’installe avec les gens. En habitant avec eux et en partageant leur quotidien, je me fais petit à petit une place.  Je soigne gratuitement tous ceux qui ont en besoin et communique auprès des vendeuses de poissons, des motos taxi et des coiffeuses qui, en contact avec le reste de la population, diffusent facilement l’information : à l’hôpital, on peut à nouveau se faire soigner.

Dès le 3ème mois, les malades reviennent. On peut ainsi payer 30 à 40% des salaires du personnel. Certains n’ont pas été payés depuis 10 ans ! Il faut environ un an pour que tous les villages aux alentours aient l’information. Mon but, c’est de redonner confiance. Redonner confiance aux patients mais surtout aux personnels hospitaliers. Et leur donner envie à nouveau de faire de la médecine.
Dès la deuxième année, on rééquipe l’hôpital et restaure le matériel. »

 

La difficulté des premiers mois

« C’est vrai que le premier trimestre est très dur : pas de salaire, des conditions de travail épouvantables, une grande amplitude de tâches…Il faut être à la fois urgentiste, radiologue, chirurgien, gynécologue, laborantin, directeur, trésorier, RH… et tout apprendre pour ne pas se faire avoir par la hiérarchie qui considère toujours l’hôpital comme une manne inépuisable.

Bien-sûr, j’adapte mes méthodes à chaque établissement. Et je réalise avec le personnel des livrets de formations pour atteindre les objectifs que nous formulons ensemble, 12 au total : améliorer l’accueil, la motivation, la gestion et les soins… Ce sont eux qui décident comment le faire. Chaque semaine, nous choisissons un axe de travail.

Toutes les décisions sont collectives et doivent être approuvées par le comité de gestion. Cela évite les demandes illégitimes car personne n’a envie d’être associé à haute voix et devant témoins à ces pratiques. Le comité est constitué du conseil, de deux délégués du personnel, d’un représentant du village et du pasteur. »

La moyenne d’âge du personnel actuel est de 50 ans. Certaines compétences seront difficiles à remplacer après les départs en retraite.

 

Panser aujourd’hui et penser demain

« L’objectif, c’est aussi de repérer rapidement ceux et celles qui prendront ma suite. Pour cela, l’épreuve des premiers mois est fort utile : ceux et celles qui acceptent de s’investir dans le projet sans attente financière prouvent ainsi la force de leur implication. Ils sont le plus souvent jeunes, dotés d’une petite expérience médicale et habités d’une forte volonté d’apporter aux autres un peu de ce qu’ils sont. Le sacrifice du début, à mes côtés, est une sorte d’épreuve du feu. Ils vivent cette expérience comme une aventure. Je pense tout particulièrement à Angela Boumsong qui opère désormais seule les patients, avec une belle réussite.

Le recrutement se fait petit à petit. Il y a actuellement 6 jeunes infirmières et 1 kinésithérapeute en stage dans les établissements. Des jeunes volontaires en service international (VSCI) permettent aussi de faire changer les comportements professionnels. Encore une fois, c’est le comité de gestion qui approuve le recrutement, évitant ainsi tout parachutage « amical » mais souvent incompétent. Aujourd’hui, 3 médecins sont à l’œuvre dans les 4 premiers hôpitaux du programme de réhabilitation et leurs salaires sont assurés, garantissant ainsi la pérennité des établissements.

Bien gérées, ces structures nous permettent d’augmenter petit à petit le niveau de vie du personnel, de donner des primes et de rendre le vol auparavant monnaie courante plus rare.
Nous participons aussi à la vie de la cité, en finançant des projets pour les groupes de femmes ou les écoles environnantes. »

 


Poste d’échographie à l’hôpital de Sarbayeme, DR


Madame Sara Moutassi, infirmière chef, DR

 

De la mort à la vie

« Réparer les corps, réconcilier les familles, donner la vie sans la perdre…voilà ce qui m’anime. Je me sens plus pasteur que médecin, c’est vrai. Mais j’ai d’autres projets encore. Le rêve de fonder une mutuelle de santé qui servirait de modèle pour tous les autres hôpitaux de l’EPC.  Avec un objectif : soigner avec un coût à hauteur de 20 % les malades, le reste étant à la charge de la mutuelle, et permettre ainsi aux plus pauvres un accès aux soins. Les calculs sont faits, deux consistoires sont intéressés et plus de 44 églises soutiennent déjà le projet.

Je ne cherche pas à changer le Monde, je suis simplement un témoin, une petite lumière dans les ténèbres qui entourent parfois l’action humaine. Grâce à Dieu, je peux être ici, là où l’on a besoin de moi. Je peux agir, à ma mesure certes, et même si je n’avais pu sauver qu’une seule vie, ne former qu’un seul médecin, cela me suffirait déjà. Je ne cherche pas à gagner la guerre mais à placer quelques lumières qui peut être, donneront naissance à leur tour à d’autres lumières. »


Madame Bien Suzanne, laborantine, DR


Ordre de passage des médecins et infirmiers chefs, DR




Haïti : trois mois après l’ouragan Matthew

Le 3 octobre 2016, l’ouragan Matthew dévastait Haïti. Pertes humaines considérables, dégâts matériels, routes coupées, rivières débordées…malgré une grande mobilisation de la communauté internationale, l’aide peinait à se mettre en place. La Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH) déclenchait alors son plan post-catastrophe, afin d’aider les familles qui avaient tout perdu. Qu’en est-il trois mois après le drame ? Le directeur exécutif de la FEPH, Christon St Fort, nous répond.

Depuis l’ouragan, quelles actions avez-vous pu mettre en place avec la FEPH ?

Par rapport à nos interventions, nous sommes soutenus par plusieurs Organisations Non Gouvernementales (comme le Défap, l’Unicef, Finn Church Aid, Tearfund…). Avec les aides reçues, nous avons pu procéder à l’évaluation rapide des dégâts. Nous avons également pu soutenir une centaine de familles, en apportant une aide d’urgence. Nous avons ainsi réhabilité 13 écoles dans les départements des Nippes, du Sud et de la Grande’ Anse, dans le sud-ouest de Haïti.

La semaine prochaine, nous démarrons un appui psycho-social pour les enfants qui ont été traumatisés par la catastrophe. Nous lançons aussi un programme de cantine scolaire et des kits scolaires. Ces kits (composés de fournitures, cahier, stylos…) ont été envoyés par l’Unicef. Nous allons également distribuer des manuels dans les écoles. Ici les enfants ont pratiquement tout perdu.

Mais les besoins sont encore immenses. 900 écoles environ ont été affectées par l’ouragan.

 


Intervention de la FEPH à l’école Bon Berger de Chambellan, DR

 


Ecole Bon Berger de Chambellan réhabilitée par la FEPH, DR

 

 

Selon vous, le pays était-il préparé à l’arrivée de l’ouragan ?

Je crois que cette « préparation » était mitigée. Quand on considère le cas de l’état haïtien, de grandes dispositions structurelles n’ont pas été vraiment prises pour faire face à ce genre de catastrophe. Je pense par exemple à ces abris provisoires validés par l’état haïtien…et qui n’ont pas résisté à la force des vents. Il faut reconnaitre que l’état haïtien a fait pas mal de prévention et de sensibilisation par rapport à l’ouragan.

La FEPH l’avait d’ailleurs félicité pour cet aspect sensibilisation. En tant que partenaire de l’état haïtien, nous avons pris l’habitude de faire des critiques constructives. Et je crois que l’état nous entend. La FEPH est un témoignage vivant. Même si cela peut prendre un peu de temps, notre voix est toujours écoutée.

En ce qui concerne la prévention, La FEPH, avec l’appui du Défap, s’était aussi lancée dans le transfert des compétences dans le domaine de l’éducation à la gestion des risques. Il y a, par exemple, un cadre de la fédération dans le département de la Grande Anse qui a été formé. Avant l’ouragan, il faisait des formations par rapport aux comportements à adopter en cas d’ouragan. L’intervention de la FEPH ne se situe pas seulement dans la réponse aux catastrophes, mais également dans la prévention.

Ce n’est pas seulement dans ce département que nous avons fait ce genre de formation. Nous avons touché plusieurs autres départements du pays. Il y a beaucoup à faire mais les ressources manquent.

 


Christon Saint Fort Prince au siège de la FEPH,
septembre 2015, DR


Trois mois après l’ouragan Matthew, que reste-t-il à faire ?

Il reste encore beaucoup à faire. Dans le domaine de l’éducation, par exemple, ce qui reste à faire concerne le retour des enfants à l’école. 50% des écoles endommagées n’ont pas été réhabilitées à ce jour ! Les enfants n’ont pas pu retourner à l’école. Quand on parle de « retour », on n’entend pas seulement les infrastructures mais aussi les fournitures scolaires (cahiers, stylos, livres…).

Avec les cultures fortement touchées, on craint aussi que l’insécurité alimentaire augmente dans les régions touchées. C’est pour cela que nous voulons faire des interventions dans le domaine de la cantine scolaire. 

 

De quelles aides avez-vous encore besoin ?

Nous recherchons des financements supplémentaires pour aider les écoles à se relever et, via le Défap et d’autres partenaires en France, des particuliers nous aident à réhabiliter les écoles et faciliter le retour en classe des enfants.

Aujourd’hui nous continuons à compter sur la solidarité internationale. Le Défap, par exemple, nous a soutenu depuis le début en collectant des dons en France. Nous les en remercions.

 

 




Les dégâts de l’ouragan Matthew en Haïti : la communauté protestante doit se mobiliser

L’ouragan Matthew, le plus puissant dans les Caraïbes depuis une décennie, a frappé durement Haïti le 3 octobre dernier. Dix jours plus tard, on répertorie 546 morts, sans compter les disparus. Des rivières ont débordé, des ponts se sont effondrés, de nombreuses routes sont toujours coupées, 175 000 personnes sont sans abri. Les dégâts matériels sont considérables et le choléra est en recrudescence. Bien que la situation soit alarmante, l’aide internationale peine à se mettre en place et les convois humanitaires sont de plus en plus souvent attaqués par des personnes désespérées, qui ont tout perdu.

Les membres de la plateforme Haiti se mobilisent
Au total 1,4 millions de personnes sont touchées et ont besoin d’assistance. Les Nations unies estiment à 120 millions de dollars l’aide nécessaire pour couvrir les besoins vitaux des sinistrés. En date du 17 octobre, seul 13 % de cette somme avait pu être collecté.

Les équipes d’ADRA Haïti sont sur le terrain pour venir en aide aux sinistrés. ADRA France a activé son fonds catastrophes pour faire face aux besoins d’équipements en unités de purification d’eau, kits d’hygiène, nourriture, couvertures etc.

MEDAIR a mobilisé une équipe d’urgence pour éviter la propagation du choléra.

SEL a lancé un appel à la prière et aux dons auprès de ses parrains et donateurs.

Mission biblique a, de son côté, envoyé 10 000 dollars pour la réhabilitation des écoles du grand Sud-Ouest, une aide qui sera utilisée en coordination avec l’Union évangélique baptiste d’Haïti (UEBH), la Mission des Eglises baptistes du sud d’Haïti (MEBSH) et la Fédération des Ecoles protestante d’Haïti (FEPH).

Cette mobilisation est semblable à celle mise en oeuvre lors du coup d’Etat de février 2004 et des émeutes de la faim de 2008 et surtout lors du séisme de 2010, qui avait fait quelque 250 000 morts.
La FEPH mobilisée
Après le passage de l’ouragan, la Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH) est restée en contact avec son personnel et ses bureaux en région, dont les membres et les infrastructures ont été épargnés.

Il n’en est, hélas, pas de même pour les écoles notamment dans les départements de la Grande Anse, du Sud, des Nippes et du Sud-Est.

La FEPH a donc décidé de déclencher son plan post-catastrophe pour permettre aux enfants de retrouver, le plus rapidement possible, le chemin de l’école.
Par ailleurs, elle se mobilise pour aider les familles qui ont tout perdu.

Il faut agir vite !
La situation est extrêmement préoccupante en de nombreux points du pays et le temps presse. La prise en charge humaine et matérielle sur le terrain est indispensable. Elle ne saurait être possible sans la solidarité de tous.

La Fondation du protestantisme propose, à ceux qui souhaitent manifester leur soutien aux Haïtiens, de recueillir leurs dons.




Appel d’urgence à la solidarité protestante

La Fédération protestante de France (FPF) appelle les protestants à se mobiliser pour les Haïtiens suite aux dégâts matériels et humains considérables causés par le passage de l’Ouragan Matthew qui a frappé fortement le sud du pays le 3 octobre 2016.

Selon le Pasteur  Emilio Jean Voltaire, président de la ligue des pasteurs du Sud en Haïti « le grand sud est totalement dévasté, Eglises, écoles et maisons endommagées, emportées ou détruites,  les pertes  en vies humaines sont considérables et les disparus sont également recherchés. Les plantations sont ravagées et les têtes de bétails ont disparu. Aucune estimation exhaustive n’est encore possible par les autorités haïtiennes dépassées ; les familles sont livrées à elles-mêmes, sans rien. La Fédération protestante d’Haïti va monter une cellule d’urgence pour répondre aux besoins de nos frères et  sœurs et nous lançons des appels de solidarité tant au niveau national qu’international afin de nous venir en aide ».

Dans ce pays dépourvu d’infrastructures, où la population est extrêmement pauvre, la situation est dramatique. La Fédération protestante de France invite ses membres à la mobilisation tant sur le plan spirituel que matériel en faveur de la population sinistrée et manifeste son soutien à ses frères et sœurs de la Fédération protestante d’Haïti.

Les dons collectés seront entièrement dédiés à de l’aide d’urgence via 3 opérateurs membres du comité des appels d’urgence « solidarité protestante » qui agissent déjà sur place : Medair, le Sel et ADRA et à la Fédération protestante d’Haïti pour sa cellule d’aide d’urgence.

 

Je souhaite faire un don (CB – chèque – virement)

 

 

 

Vous pouvez adresser par voie postale vos dons à : Fondation du protestantisme, 47 rue de Clichy – 75009 Paris

Les chèques ou virements doivent être libellés à l’ordre de «Fondation du protestantisme» Porter la mention «Solidarité protestante-urgence Haïti» au verso des chèques.
IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030Banque Neuflize OBC Paris 8° (Pour les virements bancaires).
CODE BIC : NSMBFRPPXXX

Le comité des appels d’urgence « SOLIDARITE PROTESTANTE » se réunit en cas de crise majeure frappant un pays afin de mettre en place un soutien financier, institutionnel, humanitaire d’urgence. Ce comité, sous l’égide de la Fondation du protestantisme est composé de la Fédération protestante de France, la Fédération de l’entraide protestante, le DEFAP – service protestant de mission, les ONGs Medair, ADRA France et le Sel.

Les dons versés à la Fondation du protestantisme, fondation reconnue d’utilité publique, sont déductibles des impôts. Fondation reconnue d’utilité publique, la Fondation du protestantisme voit ses comptes vérifiés et certifiés chaque année par un commissaire aux comptes. L’utilisation des ressources ainsi collectées fait l’objet d’une certification spécifique par le commissaire aux comptes et d’une transmission aux pouvoirs publics.




Le Défap en solidarité avec les Gabonais

Bien que peu relayée dans les médias français, la situation au Gabon reste très tendue.

Les élections présidentielles qui se sont déroulées le 27 août 2016 ont pris rapidement une mauvaise tournure. On soupçonne de nombreuses fraudes et l’on compte déjà plusieurs morts au lendemain de l’annonce des résultats, le 30 août .
Moment fort dans la vie démocratique d’un pays, l’expression du peuple pèse peu face aux avantages financiers qu’offre la  présidence de ce “pays riche au peuple pauvre “ comme on l’entend dire sur la toile. Un sentiment d’injustice exacerbé par l’absence de transparence.
Un appel à l’apaisement a été lancé par la France, dicté diront certains, par les intérêts économiques qui lient depuis toujours les deux pays.

Le Défap tient à témoigner de son soutien pour ces hommes et ces femmes, qui sur place, subissent la négation de leurs droits. Il réaffirme son engagement auprès de ceux et celles qui oeuvrent pour une justice sociale et une paix durable. Il adresse ce message à l’Eglise Evangélique du Gabon avec laquelle il est en relation dans le cadre de la Cevaa.

Nous sommes d’esprit et de cœur avec tous les Gabonais.




Un soutien sans faille

Partenaire du Défap depuis 2008, l’Action Chrétienne en Orient (ACO), qui participe au développement des communautés chrétiennes ainsi qu’à la cohabitation entre chrétiens et musulmans, porte chaque année de nombreux projets en faveur des réfugiés au Proche et Moyen Orient. Lors du conseil du 11 juin 2016, le service protestant de mission a alloué 15 000 € à l’ACO pour le financement de ses actions. Son directeur, le pasteur Thomas Wild, se réjouit de ce grand signe de solidarité.


Thomas Wild, juillet 2016, DR

 

 

Quels sont les projets actuels de l’ACO ? 

L’ACO coordonne plusieurs projets actuellement.

ACO Fellowship, tout d’abord. Il s’agit de la communauté d’Églises entre Églises d’orient et Églises d’occident qui est composée de six membres : l’ACO France, l’Union des Eglises évangéliques arméniennes du Proche-Orient (UAECNE), le Synode national évangélique de Syrie et du Liban (NESSL), le Synode des Eglises évangéliques d’Iran, DM-échange et mission et l’Alliance missionnaire réformée des Pays-Bas.
Mais sur place, nous rencontrons de nombreux problèmes. Le Synode arabe, en Syrie et au Liban, connaît des difficultés. Face à la guerre civile et à l’exode ou au déplacement d’une grande partie de la population, ses neuf paroisses ont dû faire face à un bouleversement de leur organisation. Deux ont dû fermer (Idleb et Kharaba), d’autres du fait des réfugiés ont vu leur nombre augmenter. Et il en est de même pour les paroisses de l’Union Arménienne. Au Liban, le pays a accueilli plus d’un million de réfugiés dont une partie est accueillie par les églises.

Notre deuxième gros chantier est l’Egypte. C’est le pays du Moyen-Orient qui compte le plus grand nombre de protestants. Notre action a démarré avec la prise en charge des deux communautés francophones d’Egypte. L’objectif était de construire des relations avec la grande Eglise protestante sur place, appelée Synode du Nil ou Eglise presbytérienne d’Egypte (environ 400 000 membres).
Aujourd’hui, les programmes sont nombreux : poste pastoral (financé par l’ACO France et Suisse), envoi d’enseignants français à une école du synode du Nil, envoi de volontaires en soutien à un orphelinat du Caire et la collaboration avec l’ONG égyptienne CEOSS (Coptic Evangelical Organization for Social Services ) qui mène différents projets en parallèle comme la formation à la résolution non-violente de conflits et la traduction d’ouvrages théologiques français en arabe.
Parallèlement, nous agissons en Arménie à travers l’envoi de professeurs bénévoles de théologie et le co-financement, en collaboration avec l’association « Espoir pour l’Arménie », d’un projet humanitaire.

En Palestine, nous intervenons en collaboration avec le Défap sur le programme EAPPI.

Comment l’aide octroyée par le Défap va-t-elle permettre de faire avancer vos projets ?

Nous avons déjà eu des projets de collaboration avec le Défap mais c’est la première fois que nous obtenons une aide financière d’une telle ampleur. Il s’agit d’un bel acte de solidarité de la part d’un membre de cette communauté de foi que nous sommes. 

Cette aide va financer des projets d’urgence liés à la crise syrienne :
-soutien des enseignants restés en Syrie qui vivent dans des conditions difficiles
-venue d’étudiants libanais en Syrie.
– aide médicale et alimentaire à des personnes âgées dans les quartiers d’Alep.

Au total, 350 personnes pourront être assistées à travers ces programmes.


Quelles sont vos projets à venir ?

Le grand projet de cette rentrée c’est l’arrivée d’un nouveau pasteur au Caire en septembre 2016…ce qui, je l’espère, contribuera à un développement des relations avec la chrétienté égyptienne, la plus importante numériquement de tout le Moyen Orient.
 




Le container est bien arrivé

Après quelques semaines d’attente, le container chargé de matériel médical à destination du nord du Cameroun est enfin sorti du port de Douala et il a pu prendre la route vers sa destination finale.

Une arrivée attendue

Le container est sorti de la zone sous douane le 24 juin 2016. Dès le lendemain, un camion l’a pris en charge et s’est mis en route pour différentes localités de l’extrême nord du pays auxquels son contenu est destiné.  Plusieurs escales sont prévues : M’Balang N’Djalingo pour le secteur de Ngaoundéré – un projet dans lequel l’association alsacienne « Triangle d’Afrique » est partenaire – puis la ville de Yagoua, pour l’hôpital protestant géré par l’Église Fraternelle Luthérienne du Cameroun et ensuite le dispensaire de Pouss.

 

 Arrivée du container à Douala, DR

 
Un projet de longue date

L’opération a été lancée il y a quatre ans. Son principal initiateur, Luc Carlen, était parti en 2010 dans le cadre d’un Volontariat de la solidarité internationale (VSI) au Cameroun, avec le Défap.
À son retour, en 2012, il a décidé de rassembler du matériel médical pour l’envoyer au dispensaire de Pouss, où il avait lui-même travaillé. Ces efforts vont efficacement pallier au manque de moyens pour soigner la population rurale.

 

Sensible au projet de son ancien envoyé, le Défap s’est associé à cette initiative en ajoutant au container des ouvrages bibliques à destination de l’institut supérieur de théologie de Kaélé et de l’Institut protestant de Ndoungue.

 

Matériel prêt au départ, DR

 

 




Délégation du Défap en Haïti : de nouveaux projets en vue

Une délégation du service protestant de mission s’est rendue à Haïti en avril, du 10 au 21, afin de faire le point sur les différents projets de collaboration.

Les Eglises protestantes d’Haïti se préparent à célébrer le bicentenaire du protestantisme dans le pays. De nombreuses initiatives ont été lancées lors de l’Assemblée Générale de la FPH (Fédération Protestante d’Haïti) début mai. Cet événement  a été aussi l’occasion de fêter les 30 ans d’existence de cette dernière.

 

délégation du défap en haïti

Laura Casorio et Sylvain Cuzent pour le Défap (DR)
Le président Exantus, le Secrétaire Général Aristil et l’officier projet / bicentenaire Jose pour la FPH

 

La diversité du protestantisme haïtien est l’un des aspects auxquels est confrontée la FPH, qui essaye de rassembler le plus grand nombre d’Eglises et organisations autour des célébrations prévues.

 

Une délégation du Défap, composée par Laura Casorio, chargée des envoyés et des relations avec Haïti, et de Sylvain Cuzent, chargé de mission, a pu rencontrer différents partenaires protestants, travailler à la collaboration dans le domaine social et environnemental, et préparer la participation du protestantisme français aux célébrations du bicentenaire en juillet 2016.

 

Depuis le tremblement de terre de 2010, le protestantisme français a soutenu plusieurs projets et initiatives :

– auprès des orphelinats avec des projets d’équipement en meubles et de soutien à des projets générateurs de revenus ;
– dans le domaine de la formation professionnelle pour les jeunes moins scolarisés ;
– en soutenant la création d’une pépinière pour aider au reboisement : une question urgente dans plusieurs régions au nord comme au sud du pays ;

– avec l’envoi d’une personne auprès de la fédération des écoles Protestantes en Haïti chargée de la gestion projets et recherche de nouveaux partenariats.

 

délégation défap Haïti

La délégation en visite dans une école impliquée dans la formation et les activités de reboisement, DR

 

Même si les interventions liées aux opérations humanitaires post-séisme sont terminées, une grande partie de la population et du territoire demeurent dans une situation de grande précarité et  la disparité sociale est toujours frappante. La délégation a manifesté encore une fois la volonté de poursuivre l’engagement du protestantisme français, par le biais du Défap et de la Fédération Protestante de France (FPF), aux côtés du protestantisme haïtien. Par ailleurs, de nouvelles formes de collaboration sont en cours de développement.

 




Le camp de Grande Synthe : de la foi à la mission, la décision de participer !

Valérie Thorin et Florence Taubmann, du Défap, se sont rendus à Dunkerque pour visiter un camp de réfugiés et les associations d’entraide, les 21 et 22 mars 2016. La pasteur Florence Taubmann nous fait part de ses impressions dans cet article.

« Comme tout le monde nous étions sensibles au malheur des migrants. D’autant qu’habitant Dunkerque, nous les rencontrions dans la ville. Mais comment les aider? Cette question était si difficile que nous la portions sans doute à distance. Mais ce soir-là, réunis en conseil presbytéral, nous avons vécu un choc ; c’était comme si le Christ lui-même nous posait la question : alors que fais-tu de ton frère ? Et c’était inenvisageable pour les conseillers de se quitter sans avoir répondu, même si nous n’étions pas tous d’accord sur la réponse ! »

Que s’était-il passé ?

Les membres de la commission entraide de l’Eglise protestante unie de Dunkerque sont très émus en évoquant pour nous, autour d’un repas fraternel, ce parcours qui les a conduits à devenir bénévoles au camp de Grande Synthe, à la lisière de Dunkerque, avec entre autre la spécialité « douches et sanitaires ». Le fameux soir du conseil est celui où, ayant appris qu’à la suite d’un crime commis sur l’un des leurs, une quinzaine de chrétiens iraniens devaient être sortis du camp, ils ont entendu l’appel à l’aide de Matthieu Bösiger, officier de l’Armée du Salut, qui hébergeait ces hommes dans ses locaux. C’est ainsi que tout a commencé, puis est venu l’engagement, avec des bénévoles d’autres associations, toutes coordonnées par le Carrefour des Solidarités, à agir sur le terrain, dans un camp qui est passé en quelques mois de 80 à 1500 personnes !

 

L'entraide, DR

L’entraide, DR

 

Il y a la fois de la douleur et de la ferveur dans la voix de nos amis quand ils évoquent l’état épouvantable de ce premier camp – où l’on marchait souvent dans la boue jusqu’à mi-jambe et où des familles avec enfants campaient à même le sol au milieu de rats –, et le courage politique du maire de Grande Synthe qui, sans l’accord de l’Etat, mais en coordination avec MSF, a organisé un nouveau camp aux normes internationales, avec de petits chalets en bois bien isolés du sol et sur un terrain viabilisé.

 

Tout n’est pas parfait, loin de là, car le nouveau camp se situe entre l’autoroute et la voie de chemin de fer, ce qui peut s’avérer dangereux pour les quelques 150 enfants présents sur les lieux. Mais des travaux ont été engagés, il ne manque aux sanitaires que l’arrivée d’eau chaude, et des espaces communs sont plus ou moins en cours de réalisation pour la convivialité, l’éducation et l’enseignement.

 

Dans le camp de Grande Synthe, DR

Dans le camp de Grande Synthe, DR

 

Nos amis dunkerquois partagent pourtant leurs doutes, leurs questionnements, leurs difficultés, avec quelques responsables d’associations que nous avons eu la chance de rencontrer sur place. Déjà l’inquiétude plane sur l’avenir du camp, car l’Etat ne voit pas d’un bon œil la pérennisation de la situation actuelle. Les 1500 personnes hébergées, la plupart kurdes irakiens, sont en droit de demander l’asile politique à la France, et susceptibles d’être accueillies en divers endroits du territoire. Pour l’Etat le camp devrait donc être démantelé; or l’objectif des migrants reste l’Angleterre, même si le passage de la Manche est devenu de plus en plus difficile. Des pétitions ont été signées pour les soutenir et pour protester contre l’entêtement de l’Etat. 

 

Mais dans la situation actuelle des passeurs en tous genres font la loi et ils sont protégés car ils représentent le seul espoir. Certains vont loin dans l’exigence de rémunération, non seulement pour le voyage mais aussi pour la vie quotidienne. Ainsi il leur arrive de taxer les douches, la nourriture et tous les biens de consommation qui sont pourtant gracieusement offerts.

 

Mais si cela rend très difficile le travail des bénévoles, un autre problème, inattendu, s’y ajoute. L’ampleur de la générosité, le « surgissement » de nouveaux groupes ou associations qui arrivent souvent pour participer à l’aide de manière intempestive, depuis la France, la Belgique, l’Angleterre ou ailleurs,  rend l’organisation logistique extrêmement compliquée. Le trop-plein de nourriture ou de vêtements apportés peut vite devenir un problème et générer un énorme gaspillage. En même temps il ne faut décourager personne car une centaine de bénévoles par jour sont nécessaires pour le nettoyage, les douches, les distributions, la sécurité…

 

Dans le camp de Grande Synthe, DR

Dans le camp de Grande Synthe, DR

 

En ce jour ensoleillé de mars nous en rencontrons plusieurs, à pied d’œuvre dans la grande allée centrale. Et nous visitons trois tentes d’une vingtaine de m2 chacune, dévolues à l’accueil des enfants de trois à 7 ans pour l’une, de 7 à 16 ans pour l’autre, et la troisième aux mères avec leurs enfants. Entre jeux, déguisements, apprentissage scolaire, un petit nombre d’enfants est occupé. Mais les autres jouent à l’extérieur ou parcourent le camp à vélo. On voit peu de femmes, beaucoup d’entre elles étant confinées dans leur petit chalet, et ce sont les hommes, jeunes, qui emplissent l’espace extérieur. Alors avec pudeur est évoquée la question des différences culturelles. Les hommes dominent et ne sont pas habitués à s’occuper des tâches matérielles, y compris le nettoyage des douches après passage. Et autant l’hygiène corporelle est importante autant le lieu public peut vite se transformer en décharge. Mais est-ce différence culturelle ou conséquence d’une situation de traumatisme ? D’autant que le désoeuvrement de tous est frappant, et le portable sans cesse vissé à l’oreille, confident des nouvelles de là-bas, des difficultés d’ici, et de l’espoir tenace du passage outre-Manche. Quand nous suggérons que peut-être ces jeunes gens s’ennuieraient moins s’ils pouvaient participer à la tenue du camp, les responsables nous apprennent qu’ils n’ont pas le droit de les faire travailler. « Et tout est si précaire, celui qui est ici aujourd’hui aura disparu demain ; même des familles parviennent à passer, on ne sait dans quelles conditions … »

 

Et la religion ? La plupart sont musulmans mais le pasteur évangélique qui nous accompagne a déjà rencontré des chrétiens – dont ceux qui ont dû être évacués d’urgence, et cela relève de sa mission que d’annoncer l’Evangile. L’idée a germé de construire un espace interreligieux dans le camp, mais il ne pourra être en dur. Néanmoins sur cette question les responsables associatifs et nos amis de l’entraide sont plus que prudents. La question religieuse recèle d’indéniables dangers, et l’option défendue est que les gens se rendent en ville dans les différents lieux de culte, ce qui pourra favoriser les rencontres avec les habitants.
Ceux-ci sont partagés quant à l’accueil des migrants dans leur ville. Si certains soutiennent l’action du maire, d’autres expriment leur angoisse ou leur rejet. Il faut dire que la région est assez sinistrée sur le plan économique et qu’il y a beaucoup de chômage. Et sans doute une part de malaise tient à la pérennisation d’une situation d’urgence qui ne peut évoluer autrement du fait que les migrants ne sont que de passage, refusent de rester en France, et qu’il en arrive toujours de nouveaux !

 

En attendant l’action continue, sous la responsabilité d’une nouvelle association, Utopia56, venue de Bretagne et spécialiste des questions de sécurité. Et malgré questions et difficultés,  nos amis de l’Entraide suivent fidèlement l’inspiration qu’ils ont reçue lors de ce fameux conseil presbytéral. Leur engagement est-il reçu comme un cadeau spirituel au bénéfice de la communauté ? A cette question ils ne savent que répondre, car tout le monde n’est pas d’accord dans l’Eglise. Sans doute faudra-t-il du temps pour vraiment partager cette expérience avec tous.

 




Soutenir les structures locales : un geste indispensable

Marie-Bénédicte Loze est envoyée du Défap en Haïti depuis un an et demi. Elle revient sur son parcours, ses motivations et les convictions acquises lors de son expérience.

Marie-Bénédicte est envoyée auprès de la Fédération des Ecoles Protestantes de Haïti (FEPH). Elle est chargée d’appui aux partenariats : conception des projets et recherche de bailleurs de fonds sont ces principales missions. Elle note les besoins et rédige des projets, tout en cherchant les financements nécessaires à leur mise en place, et les lance avec une équipe.

 

Marie-Bénédicte Loze lors d'une intervention dans une école, DR

Marie-Bénédicte Loze lors d’une intervention dans une école sur la gestion des risques et des désastres, DR

 

Deux raisons ont motivé cette décision. Partir à l’étranger, c’était d’abord pour elle une manière d’ « élargir son horizon tout en apprenant de l’autre ». Et puis, elle ressentait une attirance forte pour Haïti. Elle avait effectué de la traduction auprès de missionnaires américaines présents sur place. Elle s’était engagée encore un peu plus lors du séisme de 2010 en participant à des levées de fonds.

 

La FEPH regroupe plus de 3000 écoles et possède des bureaux dans différents départements. Elle œuvre pour améliorer la qualité de l’éducation dans le pays et fait du lobbying auprès du ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle haïtien afin qu’il respecte ses engagements. Et il reste encore du chemin à faire : seul 12% des écoles sont publiques en Haïti.

 

Elle travaille avec une équipe locale, dont la taille varie selon l’ampleur des projets à mener. Cette forme de collaboration est essentielle pour rester connecté au terrain.

 

Un engagement sur le long terme

 

Le Défap soutient la FEPH au travers du poste de VSI occupé par Marie-Bénédicte. Cette aide est précieuse pour la structure, les défis sont nombreux. « Ce poste va être pérennisé sur dix ans », indique-t-elle.
Plusieurs projets sont en cours, tous ayant pour but d’améliorer la qualité de l’éducation sur place : renforcement de l’enseignement autour de la lecture et de l’écriture, formation de directeurs et professeurs (peu formés sur place), construction de blocs sanitaires…

 

Un projet lui tient particulièrement à cœur : une formation à la gestion des risques et des désastres.
Le principe consiste à simuler des tremblements de terre pour apprendre aux enfants comment réagir lors d’une catastrophe naturelle, principalement les séismes et les inondations. Tout le monde a été victime du séisme. Personne n’a été épargné, chaque famille a eu son lot de proches disparus. Ce traumatisme reste vif et porte en germe un questionnement et une implication forte. Il n’est pas question de ne rien faire et d’attendre que le passé se répète.

 

Marie-Bénédicte Loze lors d'une intervention dans une école, DR

Marie-Bénédicte Loze lors d’une intervention dans une école sur la gestion des risques et des désastres, DR

 

Les besoins autour de ce projet sont immenses. La FEPH travaille directement avec les écoles : elle forme les professeurs qui interviennent auprès des élèves et organise les simulations pour leur apprendre concrètement comment réagir. Un système d’alerte a été mis en place : à chaque type d’alerte correspond une catastrophe – cela se fait en général au sifflet, les écoles ne possédant pas d’alarme. La FEPH leur apprend ainsi les bons gestes à adopter, mais elle demande aussi à un ingénieur d’analyser les lieux pour faire un plan d’évacuation et repérer les endroits dangereux dans l’école, pour en informer les élèves.
« Je me suis beaucoup investie dans ce projet. J’ai formé des encadreurs pédagogiques et organisé des simulations avec les enfants. A la sortie de l’école, quel que soit leur métier, les élèves sauront comment réagir face à une catastrophe : c’est un apprentissage qui leur servira toute leur vie. »
Cette formation touche également les écoles hors du réseau FEPH.

 

La nécessité d’une approche globale

 

Le problème de l’approche dite par projets, c’est que lorsque le projet s’arrête, tout ce qui l’accompagne risque, par manque de moyen, d’être suspendu.

 

Mieux vaut investir dans une structure, qui permet de pérenniser les projets. Et c’est dans cette approche que le Défap, avec l’envoi de personnes, s’inscrit. Il est nécessaire de participer au frais de fonctionnement, les structures locales s’en trouvent renforcées. Et puis, pour faire du développement, il faut écouter les hommes et les femmes qui vivent sur place, comprendre leurs besoins, et leur faire confiance.
« L’aide du Défap compte vraiment, ajoute-t-elle, c’est une chance [pour la FEPH] que le Défap soit un partenaire pérenne et non un simple bailleur de fonds finançant des projets ponctuels. »

 

La FEPH travaille avec de nombreux organismes nationaux, mais aussi internationaux, qui interviennent dans le domaine de l’éducation. Elle coordonne également une plateforme qui regroupe une quarantaine d’ONG.

 

Une expérience enrichissante

 

Marie-Bénédicte est très heureuse de son expérience : elle lui a permis de découvrir le Défap, de rencontrer d’autres envoyés, qu’elle considère comme une seconde famille.

 

La Mission lui a permis de faire de vraies rencontres, à Paris et en Haïti. Par exemple avec le directeur exécutif de la FEPH, M. St Fort dont elle dit qu’: « il a des qualités professionnelles et humaines extraordinaires. Il porte une vraie vision, une volonté de changer les choses et d’améliorer les conditions de vie dans le pays, sans aucun intérêt personnel en vue ».

 

« C’est une chance pour nous, les envoyés, de mettre nos compétences au service d’une structure. » Mais l’essentiel ne réside pas là. Ce qu’ils retiennent de ce genre d’expérience, c’est la part d’humanité qu’ils ont pu partager avec ces autres qui les accueillent : « ils nous donnent plus que nous ne leur apportons ».

 




Des magazines pour les jeunes de Madagascar

Dominique Ranaivoson, envoyée à Madagascar, demande de l’aide pour les jeunes de l’IFRP : ils ont besoin de plus de matériel pour étudier.

« Les étudiants qui passent trois ans à l’Institut de recherches pédagogiques (IFRP) se forment en vue d’enseigner dans les écoles protestantes, un réseau de 530 établissements répartis surtout sur les Hauts-Plateaux, sur la Côte Est, et dans quelques villes du Nord (Diego, Sambava) et de l’Ouest (Majunga, Marovoay).

 

Les instructions ministérielles les obligent à enseigner partiellement en français mais malgré leur bac et leurs connaissances théoriques, peu arrivent à parler et à s’exprimer par écrit. Pratiquement aucun n’a possédé un autre livre que la Bible.

 

Les étudiants de l’IFRP

 

Des enseignants leur donnent des cours de langue classiques tandis qu’avec moi ils suivent des formations courtes et intensives à raison de deux fois par an (une à quatre semaines).

Les supports sont multiples pour pratiquer la langue dans diverses circonstances et aborder des sujets de fond spirituels et pédagogiques.

 

Les études bibliques, les chants, les sketchs, les sorties culturelles (festivals, foire du livre, visites), les jeux, la manipulation d’albums jeunesse, la préparation de spectacles sont autant d’occasions de se délier la langue et de se former l’oreille.

Le Défap soutient l’édition d’un recueil de textes divers, la Petite Bibliothèque portative, qui leur est offerte en début de cycle. C’est une vraie valise et l’on apprend à se servir de tout ce qu’elle contient.

 

Spectacle à l’IFRP

 

Faire un bilan de ces actions qui manifestement leur font plaisir serait périlleux : certains ont fait des progrès remarquables et d’autres se contentent de suivre mais tous reçoivent un encouragement dans cet accompagnement.

Celui-ci se manifeste aussi concrètement lors de leur sortie quand nous leur offrons une valise, sorte de trousseau contenant des ouvrages de base : Bible, dictionnaires, grammaire, albums d’enfants et de lecture pour les primaires, livres d’anglais pour d’autres.

 

Remise de malles à l’IFRP

 

Nous achetons une partie de ces ouvrages neufs sur place (Bibles, dictionnaires) mais sollicitons en France des dons de magazines jeunesse tels que Youpi, J’aime lire, Belles Histoires… Les romans en volumes sont trop lourds et trop difficiles à lire.

 

Les étudiants de l’IFRP vous remercient ! »

 

    Dominique Ranaivoson
Envoyée en courts séjours à Madagascar




Togo : « l’hôpital de l’Espérance »

En mai, Timothée, Myriam, Jean, Heidi et Daniel Deglon, envoyés à Mango, au Togo, nous donnaient de leurs nouvelles.
L’hôpital de l’Espérance

 

« Déjà deux mois qu’il est ouvert ! Myriam y partage son mi-temps entre une journée par semaine à la consultation de jour et une garde par semaine (entre vingt-quatre et vingt-huit heures) à l’hôpital. Au-delà du travail médical lui-même, nous sommes reconnaissants de voir quel outil peut être cet hôpital.

 

Devant l’hôpital

 

Il l’est autant dans des situations encourageantes, comme celle de cette femme mordue par un serpent et qui se trouvait dans un état critique, dont la vie a été sauvée par un antipoison – ce malgré les délais. (…) mais également dans des situations plus difficiles, comme un de nos voisins en consultation qui annonce à Myriam que son foie est en grande partie détruit par le cancer et qu’il n’y a aucun traitement possible… C’est l’occasion d’annoncer l’Evangile (et d’en offrir un). »

 

A l’hôpital

Un début de ferme

 

« Nous avons pu installer une petite ferme sur le terrain de l’hôpital. Une partie de cette bâtisse a été financée par la vente d’un taureau que la mairie nous a donné pour nous remercier de cet hôpital ! Le reste l’a été par les aumôniers de l’hôpital et nous-mêmes.

 

La ferme est là pour contribuer financièrement aux soins des malades, et être un exemple autant que possible au niveau de la gestion d’une ferme, de la restauration des sols et de l’élevage.

 

La ferme

Récemment, un père venant de perdre son enfant à l’hôpital, a pu payer en nature une partie de sa facture, avec un mouton et une chèvre « à l’embouche » : c’est-à-dire que nous engraisserons et revendrons au bon moment. C’est une petite aide et une façon de partager quelque chose de commun avec les Mangolais, qui sont tous ou presque agriculteurs. »

L’Eglise « Bel Amour »

 

« Les premiers missionnaires arrivés à Mango avaient rapidement constitué un petit groupe de chrétiens, dont certains venaient du sud, mais quelques-uns de Mango : l’Eglise « Bel Amour ».

 

Au culte

 

Le groupe s’est aujourd’hui étoffé, avec l’arrivée d’une partie du personnel chrétien de l’hôpital venue du sud. Nous avons vraiment à coeur d’encourager cette Eglise à être tournée vers la ville et la région : que sa conduite soit « honorable » aux yeux des gens de l’extérieur, et que les gens du sud puissent s’adapter à la culture du nord et être eux-mêmes des missionnaires. »