Le Défap et l’Église du Christ au Congo à l’aide des déplacés du volcan Nyiragongo

Ils sont environ 20.000 à avoir fui l’éruption du Nyiragongo, en RDC près de la frontière rwandaise, et à vivre depuis lors sous la menace d’un réveil du volcan. Habitants de la banlieue de Goma, mais aussi des villages avoisinants, ils survivent dans les conditions les plus précaires sans pouvoir rentrer chez eux. La branche locale de l’Église du Christ au Congo a mis en place l’accueil de ces déplacés, et le Défap va lui apporter son soutien, avec l’aide de la plateforme Solidarité Protestante.

Vue aérienne du Nyiragongo © MONUSCO / Neil Wetmore

Un mois et une semaine après l’éruption du Nyiragongo, la catastrophe menace de suivre le chemin de toutes celles qui frappent depuis des années la République Démocratique du Congo : l’attention internationale, un temps réveillée par les images spectaculaires de coulées de lave, s’est une nouvelle fois détournée de la région du lac Kivu et de Goma. Le volcan semble s’être calmé. Semble seulement : car une nouvelle éruption reste toujours possible. Des poches de magma ont été détectée non loin de la surface du sol, à la fois sous la ville elle-même, et sous le lac Kivu. Avec la possibilité de reprises potentiellement meurtrières : si la dernière coulée de lave, survenue à la suite de l’éruption du 22 mai, a parcouru 7 km avant de s’arrêter dans les faubourgs de la ville, épargnant de peu l’aéroport international, l’ensemble de la ville reste aujourd’hui menacé. Quant à ce qui se passe sous les profondeurs du lac Kivu, le danger est encore plus grand : ce lac contenant de grandes quantités de gaz piégé dans ses profondeurs, notamment de dioxyde de carbone, une éruption sous le Kivu pourrait se traduire par le dégagement de grandes quantités de gaz, susceptibles d’asphyxier toute vie au voisinage.

Conséquence : sur les milliers d’habitants de Goma et de sa région qui ont fui après l’éruption, peu sont revenus. On estime à environ 20.000 le nombre des déplacés qui survivent dans les conditions les plus précaires, sans toit, sans approvisionnement et sans accès à l’eau potable. À ceux qui ont fui Goma, il faut en effet ajouter tous les habitants de 17 localités avoisinantes qui ne peuvent regagner leurs habitations. Tous ces sans-abri viennent désormais s’ajouter aux déplacés victimes des nombreux conflits qui minent toute cette région de la RDC, aux alentours du Kivu et de la frontière rwandaise : les déplacés des guerres des Hauts-plateaux (Minembwe et ses environs) et de Kalehe, qui se retrouvent aux alentours de la ville de Bukavu. Car au-delà des images de colonnes de réfugiés fuyant Goma, ce sont chaque jour plus de 6000 personnes qui sont obligées d’abandonner leurs foyers, victimes des exactions des multiples groupes armés qui contrôlent de fait tout l’Est de la RDC. Actuellement, selon les estimations du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), ce sont près de 20 millions de Congolais qui ont besoin d’aide et de protection. «Des millions de familles au bord de l’abîme semblent être oubliées par le monde extérieur et sont laissées à l’écart de toute bouée de sauvetage», a récemment déploré Jan Egeland, secrétaire général de cette ONG.

Aider au mieux en s’appuyant sur les structures des Églises

Que faire pour aider ces déplacés ? Dans la région de Bukavu, la branche locale de l’ECC, l’Église du Christ au Congo, a mis en place, avec les moyens du bord, l’accueil des plus fragiles. Elle avait déjà lancé des collectes de vivres et de matériel pour venir en aide aux déplacés fuyant les exactions des groupes armés. L’ECC est la principale Église protestante du pays : cumulant les caractéristiques d’une Église et d’une fédération, elle rassemble 95 communautés ecclésiales différentes (on préférera parler de «communautés» plutôt que «d’Églises» au sein de l’ECC), et toutes les dénominations qui la composent se retrouvent lors d’un même synode. Elle a ses écoles, ses universités, s’occupe d’action sociale… et elle est en lien direct avec le Défap. Son dirigeant local pour le Sud-Kivu est d’ailleurs un ancien boursier du Défap, Lévi Ngangura Manyanya.

Voilà pourquoi le Défap a décidé de soutenir la branche locale de l’ECC pour venir en aide aux 20.000 déplacés du Nyiragongo. L’Église du Christ au Congo a déjà ses propres structures, ses propres moyens d’acheminer et de distribuer l’aide ; mais elle-même a besoin de soutien. Ce projet d’assistance aux déplacés a ainsi été mis en place selon la même logique que celle qui prévaut lors de la définition de tous les projets du Défap : ils sont élaborés à la demande des partenaires du Défap et en concertation avec eux, de manière à répondre au mieux aux besoins sur place, et en utilisant les structures déjà en place pour éviter tous les surcoûts liés à la mise sur pied d’une opération humanitaire telle qu’elle pourrait être définie et gérée depuis la France. Pour ce projet, le Défap a également obtenu le soutien financier de la plateforme Solidarité Protestante.

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.



Pour un volontariat solidaire et responsable

Si le volontariat international permet d’agir pour un monde plus solidaire, il a son pendant mercantile : le «volontourisme», avec des offres de «voyage solidaire» présentées par des organisations à but lucratif dans une logique purement commerciale, bien souvent au détriment de l’intérêt général et des populations. C’est pour lutter contre ces dérives que la plateforme France Volontaires, dont fait partie le Défap, a lancé un cycle d’ateliers fin 2020, travaillé avec la députée Anne Genetet à une proposition de loi spécifique, et s’apprête à lancer une campagne de sensibilisation pour un volontariat international solidaire et responsable.


De l’engagement solidaire, le «volontourisme» reprend généralement tous les codes. À ceci près qu’il est organisé par des entreprises, qui utilisent les méthodes commerciales du tourisme de masse sous couvert de l’image du volontariat international, afin de pouvoir faire du profit sur la misère et la détresse, mais aussi sur la bonne volonté de jeunes désireux de s’engager. Ces agences de voyage d’un genre particulier organisent leurs séjours, non pas en fonction des besoins des populations locales, mais plutôt de la loi de l’offre et de la demande. Les coûts des séjours de «volontourisme» sont généralement élevés, en moyenne 2000 euros / personne pour 2 semaines (vols non compris).

Alors que le rôle positif du volontariat international en faveur d’un monde plus solidaire a été souligné par le Secrétaire général des Nations unies, qui dans son rapport de synthèse de décembre 2014 notait que les volontaires constituent «un levier puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable», le «volontourisme», au mieux, n’apporte rien aux populations locales, et au pire, déséquilibre l’économie locale, entretient la pauvreté voire crée des inégalités nouvelles, tout en empêchant une vraie rencontre entre les volontaires et les populations locales, et en perpétuant les stéréotypes chez les uns comme chez les autres.

Des ateliers, une proposition de loi, une future campagne de sensibilisation

Face à ces dérives qui nuisent à la fois au volontariat international et aux populations locales, France Volontaires a organisé un cycle d’ateliers sur la thématique du volontourisme qui a réuni une douzaine de membres, dont le Défap, et qui a abouti à l’élaboration d’une définition partagée et d’un plan d’action, ainsi qu’à la mise en place de groupes de travail dédiés. Plateforme française des Volontariats internationaux d’échange et de solidarité, et opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, France Volontaires réunit l’État, des collectivités territoriales et des associations autour d’une mission d’intérêt général : le développement et la promotion des engagements volontaires et solidaires à l’international. Elle ne se contente pas d’agir sur le terrain : elle fait aussi de la prospective, et s’efforce de promouvoir le rôle des volontaires internationaux dans les grands enjeux du monde contemporains. En particulier, elle souligne le poids de leur engagement dans ces secteurs cruciaux que sont le développement et la solidarité internationale.

Dans le cadre de la lutte contre les dérives du volontourisme, France Volontaires a aussi mené un travail de fond avec Anne Genetet, députée des Français de l’étranger, pour l’élaboration d’une proposition de loi qui a été déposée à l’Assemblée nationale à l’occasion de la Journée internationale du volontariat, en décembre dernier. Plusieurs dispositions de ce texte ont depuis été intégrées à l’actuel projet de loi sur le développement solidaire et la lutte contre les inégalités mondiales qui sera adopté dans les jours à venir par le Parlement.

En parallèle, un travail a été mené avec l’ONG Friends International sur la définition d’un projet de campagne de sensibilisation pour un volontariat international solidaire et responsable. C’est en préparation de cette future campagne que les participants des ateliers organisés en décembre dernier sur les dérives du volontourisme sont amenés à se retrouver début juillet.

Retrouvez ci-dessous le webinaire organisé le 4 décembre dernier autour de la proposition de loi de la députée Anne Genetet :

 

À voir également : «Avec les meilleures intentions du monde», un reportage d’Envoyé Spécial diffusé le 3 mars 2017.

 




Hope 360 : et vous, comment soutiendrez-vous le projet du Défap ?

Que vous soyez à pied, à vélo ou à trottinette, seul ou en équipe, vous pouvez dès à présent vous engager en faveur du projet soutenu par le Défap pour la deuxième édition de Hope 360. Cette course solidaire et connectée mise en place par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, rassemble une douzaine d’associations et autant de projets à promouvoir… Le Défap a déjà lancé son propre défi connecté, en équipe à travers Paris, et les soutiens arrivent… Relevez le défi avec nous !

À gauche, l’équipe du Défap dans les rues de Paris ; à droite, Christophe arrivant à la réunion d’information d’Asah à vélo © Défap

Pas besoin d’être un grand sportif, un amateur de records, pour participer à Hope 360 : de la bonne volonté, de la bonne humeur, de l’imagination et l’envie d’aider, voilà les seuls ingrédients indispensables. Hope 360, c’est un rendez-vous à la fois sportif, ludique et solidaire. Le concept est simple : il s’agit de courir afin de récolter des fonds pour soutenir un projet. Ce rendez-vous est organisé par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale. Parmi les membres de cette plateforme, on trouve des organismes comme Adra, Medair, A Rocha, Portes Ouvertes ou le Défap : des représentants de toutes les facettes de l’engagement humanitaire chrétien.

Asah avait déjà mis en place un premier rendez-vous «Hope 360» en 2019 à Valence, au cours duquel les membres du collectif avaient eu l’occasion de promouvoir chacun un projet à l’occasion d’une course solidaire ; pour cette édition 2021, contexte sanitaire oblige, les organisateurs ont imaginé des manières virtuelles de créer du lien entre les participants, les «hopeurs», avant le rendez-vous en «présentiel» d’octobre à Valence. Ainsi, la course prévue le 9 octobre au Parc de l’Épervière est précédée d’une période de «défis connectés» pendant laquelle vous pouvez, à distance, seul ou en équipe, commencer déjà à soutenir le projet de votre choix. Avec un double objectif : accumuler le maximum de kilomètres pour le projet que vous aurez choisi ; et parvenir, tous défis confondus, à un total de 40.000 km – soit le tour de la Terre !

On peut participer de partout

Pour le Défap, le coup d’envoi a été donné le samedi 12 juin, avec un parcours de 8 km à travers la capitale, à la découverte du «Paris protestant», qui a réuni une douzaine de membres, à pied, à vélo et même… en poussette. Nom de code de cette première équipe de «hopeurs» : Défapieds ! Les soutiens à distance commencent à se manifester : jeudi 17 juin, du côté cette fois de Valence, Christophe (à droite sur la photo d’ouverture) a commencé à accumuler les kilomètres pour le projet du Défap en venant à vélo à la réunion d’information d’Asah… Fabrice s’est pour sa part inscrit pour un défi individuel de 50 km…

D’une situation complexe est ainsi née une solution qui se veut pérenne dans les années à venir. Grâce à ce concept de course connectée, il est même possible de mobiliser les bonnes volontés hors de France, où les volontaires engagés sur des projets ou des partenaires peuvent manifester leur solidarité en courant. Le défi est de taille : entre le 3 juin, date de lancement officielle des inscriptions, et le 9 octobre, les «hopeurs» inscrits visent à atteindre les 40.000 km parcourus, tous défis et tous moyens de transport non motorisés confondus – soit le tour de la terre !

L’équipe du Défap dans les rues de Paris, lors de son parcours connecté du 12 juin © Défap

Pour cela, il faut théoriquement une appli de sport pour enregistrer les performances réalisées et les transmettre à l’équipe de Hope 360. Si vous ne disposez pas d’une telle appli, le site de Hope 360 (https://hope360.events/) permettra prochainement d’en télécharger une. Et si vous ne voulez ou pouvez pas procéder à ce téléchargement, une procédure alternative sera prochainement mise en place pour permettre malgré tout de comptabiliser les kilomètres réalisés en courant, en marchant ou en roulant pour porter tel ou tel projet.

Toutes les explications se trouvent ici :

Alors, venez participer avec nous ! Inscrivez-vous pour la deuxième édition de Hope 360 ; et vous pouvez aussi donner directement pour soutenir le projet du Défap : des micro-crédits à Bukavu, en République Démocratique du Congo, destinés à des femmes qui, par de petites activités commerciales, s’efforcent de faire vivre leur famille au quotidien.




Hope 360 : le Défap lance son défi connecté

Dans le cadre de la deuxième édition de Hope 360, course solidaire et connectée mise sur pied par Asah, le collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, le Défap se lance ce week-end un premier défi en équipe. L’objectif d’ici octobre est de comptabiliser… 40.000 km parcourus, tous défis confondus, soit le tour de la terre ! Relevez le défi avec nous !

L’équipe du Défap lors de l’édition 2019 de Hope 360 à Valence © Défap

Le Défap se mobilise dès ce week-end pour la première étape de l’édition 2021 de Hope 360. Le rendez-vous principal est prévu le 9 octobre à Valence, au parc de l’Épervière – jour durant lequel tous les coureurs inscrits, en individuel ou en équipe, pourront participer ensemble, à pied, à vélo ou dans tout autre véhicule non motorisé de leur choix, aux diverses courses proposées ; mais d’ici là, il est déjà possible de se lancer des défis à l’occasion de la course connectée.

Course connectée : kézako ? C’est tout simplement un concept né des contraintes sanitaires ; et de la créativité nécessaire pour surmonter ces contraintes est née l’idée de permettre à chacun de courir dans le lieu de son choix, et d’accumuler des kilomètres pour le projet qu’il veut soutenir, avant même le rendez-vous du 9 octobre. Du coup, c’est un tout nouveau concept qui est né : non seulement les «hopeurs» pourront participer à une course en commun à Valence, mais il sera aussi possible de mobiliser les bonnes volontés à distance – y compris hors de France, où même les volontaires engagés sur des projets ou des partenaires pourront manifester leur solidarité en courant. Le défi est de taille : entre le 3 juin, date de lancement officielle des inscriptions, et le 9 octobre, les «hopeurs» inscrits visent à atteindre les 40.000 km parcourus, tous défis et tous moyens de transport non motorisés confondus – soit le tour de la terre !

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Pour cela, il faudra théoriquement une appli de sport pour enregistrer les performances réalisées et les transmettre à l’équipe de Hope 360. Si vous ne disposez pas d’une telle appli, le site de Hope 360 (https://hope360.events/) permettra prochainement d’en télécharger une. Et si vous ne voulez ou pouvez pas procéder à ce téléchargement, une procédure alternative sera prochainement mise en place pour permettre malgré tout de comptabiliser les kilomètres réalisés en courant, en marchant ou en roulant pour porter tel ou tel projet.

Toutes les explications se trouvent ici :

En attendant que l’infrastructure soit pleinement opérationnelle, le Défap a décidé de se lancer en avant-première un premier défi : ce samedi 12 juin, à partir de 17h30, une équipe d’une dizaine de membres va effectuer un parcours d’un peu plus de 8 km à travers Paris. Il reprendra en bonne partie les étapes du «Paris protestant» (voir la carte de ce parcours sur le site du Musée du protestantisme), adapté pour l’occasion, avec les étapes suivantes :

  • départ du siège du Défap, au 102 boulevard Arago, dans le XIVème arrondissement de Paris, samedi à 17h30 ;
  • rue Saint Jacques ;
  • rue de Cluny ;
  • boulevard Saint Germain ;
  • le Pont des Arts (via rue de l’Abbaye, rue Jacob, rue Visconti) ;
  • le Louvre ;
  • rue de l’Amiral de Coligny ;
  • rue de Rivoli ;
  • retour par le Pont Neuf ;
  • rue Dauphine ;
  • jardin du Luxembourg ;
  • et arrivée au 102 boulevard Arago.

Tout au long de l’été, il sera ainsi possible de vous inscrire, où que vous soyez, individuellement ou en équipe, pour soutenir le projet de votre choix. Et d’accumuler les kilomètres avant le rendez-vous d’octobre… Alors, venez participer avec nous ! Inscrivez-vous pour la deuxième édition de Hope 360 ; et vous pouvez aussi donner directement pour soutenir le projet du Défap.




Goma : les réfugiés reviennent, les menaces demeurent

Alors que les risques d’une nouvelle éruption du volcan Nyiragongo ne sont pas écartés, beaucoup des 400.000 évacués de Goma commencent à revenir sur place : dispersés dans les localités avoisinantes à la suite de l’ordre d’évacuation du 26 mai, ils se sont retrouvés sans la moindre aide et sans nourriture.

Vue de la coulée de lave du Nyiragongo © Robert Bahizire Byamungu pour Défap

Deux semaines après l’éruption du volcan Nyiragongo, survenue le 22 mai dernier, l’aéroport international de Goma a rouvert pour accueillir le Premier ministre Jean-Michel Sama, venu «apporter un message de soutien». Environ 400.000 habitants, sur les 600.000 que compte la capitale provinciale du Nord-Kivu, avaient dû quitter les lieux en urgence ; un ordre d’évacuation avait été donné par les autorités locales, alors que l’éruption, survenue sans signe avant-coureur, avait provoqué la mort de trente-deux personnes, soit calcinées par la lave, soit asphyxiées, et laissait craindre des suites plus meurtrières encore. Des failles repérées après l’éruption avaient laissé supposer la présence d’une poche de magma sous la ville même, ainsi que sous le lac Kivu voisin ; or ce lac contenant de grandes quantités de gaz piégé dans ses profondeurs, notamment de dioxyde de carbone, une éruption sous le Kivu aurait pu se traduire par le dégagement de grandes quantités de gaz, susceptibles d’asphyxier toute vie au voisinage du lac.

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Depuis lors, des centaines de milliers de personnes évacuées restent dispersées dans les localités avoisinantes et des familles sont toujours séparées dans toute la région. Mais les conditions de vie de ces déplacés, qui ne disposent d’aucune aide, ni sur le plan alimentaire, ni sur le plan sanitaire, et pas davantage du moindre logement, sont si difficiles que beaucoup commencent à revenir à Goma, alors même que la menace n’est pas écartée. Si les secousses sismiques qui ont suivi l’éruption se sont peu à peu calmées, les fissures qui pourraient permettre à la lave de remonter jusqu’au sol en cas de nouvelle éruption sont toujours là. Les autorités congolaises, quant à elles, ont rouvert la route principale qui a été coupée en deux par la lave, a annoncé le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

«Personne n’aurait pu détecter cette éruption»

Situé sur une faille tectonique connue sous le nom de Rift est-africain, le mont Nyiragongo est considéré comme l’un des volcans les plus dangereux au monde en raison de sa proximité avec Goma et de ses rapides épanchements de lave. Une éruption précédente survenue en 2002 avait recouvert un cinquième de Goma de lave ; elle avait fait 250 morts et 120.000 sans-abri.

Un observatoire vulcanologique local a été mis en place en 1986 pour surveiller l’activité et prévoir les futures éruptions. Mais le financement de la Banque mondiale pour l’institut a été coupé l’année dernière en raison d’allégations de détournement de fonds. Les chercheurs n’ont pas été en mesure d’effectuer une surveillance régulière avant la récente éruption et n’ont pas eu les fonds nécessaires pour se rendre au volcan malgré les signes d’une activité accrue. Mais même dans ces conditions, les volcanologues affirment qu’il n’y a eu aucun événement «précurseur» qui aurait indiqué que le mont Nyiragongo était sur le point d’entrer en éruption. «Personne n’aurait pu détecter cette éruption», estime encore aujourd’hui un expert surveillant la situation.

Goma est une plaque tournante humanitaire majeure fournissant de l’aide à une région touchée par des décennies de troubles. C’est aussi à Goma que se trouve l’ULPGL, l’Université Libre des Pays des Grands Lacs – l’une des cinq universités protestantes en RDC avec lesquelles le Défap est en lien, et qui compte près de 400 étudiants en théologie.

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.



Le 9 octobre, courez pour le Défap !

Le Défap sera présent lors de la deuxième édition de Hope 360 avec un projet de microcrédits destiné à soutenir des familles fragilisées par la crise sanitaire à Bukavu. Avec quelques dizaines d’euros, vous pouvez, vous aussi, les aider à sortir de la précarité.

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

Ce sont de petites sommes, mais qui peuvent changer la vie des bénéficiaires. Avec 60 euros, vous pouvez financer un micro-crédit pour aider une femme de Bukavu à relancer une petite activité commerciale stoppée par les restrictions liées à la pandémie de Covid-19, et pourtant cruciale pour la survie de sa famille. Avec 100 euros, vous financez la formation en gestion de 25 bénéficiaires pour les aider à pérenniser leur activité génératrice de revenus. Avec 300 euros, vous pouvez soutenir le suivi de toutes ces femmes en situation de fragilité tout au long de l’opération…

Ce projet, c’est celui que le Défap soutient à l’occasion de la deuxième édition de Hope 360, course solidaire et connectée organisée par Asah, et qui aura lieu le 9 octobre à la fois à Valence et en distanciel. Les bénéficiaires sont, pour la phase de lancement, 25 femmes de la ville de Bukavu, en République Démocratique du Congo. Un nombre qui pourra croître au fil de l’opération : toutes les participantes doivent s’engager à rembourser chaque mois 1% du crédit qui leur aura été accordé – les sommes ainsi réunies servant à financer de nouvelles bénéficiaires. Cette démarche est significative de la volonté d’autonomiser toutes les femmes qui participeront au projet : ainsi, elles pourront, en concertation, choisir de nouvelles activités à soutenir ; et elles bénéficieront, parallèlement, d’une formation à la gestion dispensée par un membre d’une ONG spécialisée, et d’un suivi quotidien.

Comment vous impliquer ?

Pourquoi des femmes ? Tout simplement parce que les petits commerces dont dépend la vie de nombreuses familles congolaises modestes sont le plus souvent tenus par des femmes. Mais la pandémie de Covid-19 s’est traduite par une explosion de la pauvreté… et les mesures de restriction prises par les autorités pour lutter contre la crise sanitaire n’ont fait qu’aggraver le phénomène : décidées sans contrepartie sociale, sans accompagnement, elles ont purement et simplement bloqué ces petits commerces, condamnant les familles qui en vivaient à la plus grande précarité.

C’est une Église locale, la 5ème CELPA UZIMA, qui est à l’origine du projet de microcrédits que le Défap soutient aujourd’hui. Il s’agit de l’une des paroisses de la Communauté des Églises Libres de Pentecôte en Afrique (CELPA), membre de l’Église du Christ au Congo, première communauté protestante dans ce pays, avec laquelle le Défap est en lien. Vous aussi, vous pouvez désormais, avec le Défap, aider ces familles de Bukavu à sortir de la précarité. En vous inscrivant pour la deuxième édition de Hope 360 et en participant, le 9 octobre, soit aux défis sportifs prévus à Valence, soit à la course connectée ; mais aussi en donnant directement pour soutenir le projet du Défap.




RDC : des microcrédits pour sortir de la pauvreté

Dans le cadre de la deuxième édition de Hope 360, rendez-vous sportif et solidaire organisé par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, le Défap soutient le projet de la petite Église 5ème CELPA UZIMA, qui s’efforce de venir en aide aux plus fragiles à Bukavu, en RDC. Elle a mis en place des micro-crédits à destination de femmes qui, par de petites activités commerciales, s’efforcent de faire vivre leur famille au quotidien. Des activités aujourd’hui très menacées par la pandémie de Covid-19 : les mesures de confinement sans accompagnement décrétées par les autorités risquent de les priver de tout moyen de subsistance. Ces micro-crédits visent non seulement à pérenniser leurs commerces, mais aussi à les rendre plus autonomes par le biais d’une formation.

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

La République Démocratique du Congo se classe au 175ème rang sur 189 pays dans l’indice de développement humain 2020, et au troisième rang mondial pour le nombre de pauvres – une situation qui s’est encore aggravée à la suite de la pandémie de Covid-19. Selon les estimations, 73% de sa population, soit 60 millions de personnes, vivrait avec moins de 1,90 dollar par jour (niveau fixé comme seuil de pauvreté international). Ainsi, près d’une personne sur six en situation d’extrême pauvreté en Afrique subsaharienne vit en RDC. Pas moins de 43% des enfants du pays souffrent de malnutrition et le taux de scolarisation est faible : en moyenne, un enfant congolais bénéficie de 9,1 années de scolarisation, ce qui correspond toutefois à seulement 4,5 années de scolarité corrigées en fonction des acquis. Conséquence : la pauvreté s’auto-entretient.

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

Une grande partie des familles subsistent grâce à de petits commerces, des activités souvent gérées par les femmes. Mais la RDC n’a pas été épargnée par la pandémie de Covid-19, et les mesures prises par les autorités, si elles ont permis de limiter les conséquences sanitaires les plus dramatiques, ont empêché toutes ces activités dont dépend la survie de nombreuses familles.

La crise sanitaire renforce la précarité

C’est le cas de la ville de Bukavu, où la petite Église 5ème CELPA UZIMA s’efforce de venir en aide aux plus fragiles. Il s’agit de l’une des paroisses de la Communauté des Églises Libres de Pentecôte en Afrique (CELPA), membre de l’Église du Christ au Congo, première communauté protestante dans ce pays, avec laquelle le Défap est en lien. Comme toutes les Églises dans de nombreux pays d’Afrique, elle assume des rôles qui, en France, reviendraient plutôt à des associations ou ONG : action sociale, développement…

Bénéficiaires du projet de micro-crédits à Bukavu © Défap

Alors que le confinement du centre-ville, décidé par les autorités sans mesures d’accompagnement de la population, renforce la précarité des plus fragiles, l’Église 5ème CELPA UZIMA a mis en place un projet de micro-crédits pour aider des femmes de Bukavu à relancer leurs petits commerces, nécessaires à la survie de leur famille. Avec 1900 euros, il est possible de soutenir cette Église, sachant que les participantes du projet s’engagent en retour à rembourser 1% du montant reçu à la fin de chaque mois – les intérêts aidant ensuite à augmenter le nombre des bénéficiaires de cette aide.

Au-delà de l’aspect purement financier, ce projet prévoit de former les participantes à la gestion de leurs AGR (Activités Génératrices de Revenus), ainsi qu’un accompagnement au quotidien de chaque bénéficiaire. L’Église 5ème CELPA UZIMA collabore pour cela avec des ONG de formation en micro-crédits. Autre aspect de cette volonté d’accroître l’autonomie et de responsabiliser les participantes, ces dernières peuvent, en concertation, identifier de futures bénéficiaires du projet.

Plus d’informations à suivre sur ce projet soutenu par le Défap dans le cadre de Hope 360 ; vous saurez alors comment vous impliquer…




RDC : Goma sous la menace du volcan

Le volcan Nyiragongo, l’un des plus actifs d’Afrique, menace Goma et sa région : après une coulée de lave qui est venue jusqu’aux faubourgs de la ville, les autorités redoutent une nouvelle éruption qui pourrait survenir en pleine zone urbaine, voire même sous le lac Kivu, ce qui se traduirait par un dégagement de gaz meurtrier susceptible de provoquer des milliers de morts. Lévi Ngangura Manyanya, l’un des anciens boursiers du Défap, actuellement président de l’ECC/Sud-Kivu, témoigne ; Robert Bahizire Byamungu, de l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, établissement de Goma avec lequel le Défap est en lien, a filmé pour sa part les effets de l’éruption.

Vue de la coulée de lave du Nyiragongo © Robert Bahizire Byamungu pour Défap

 
À Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Nyiragongo ne se fait jamais oublier : ce volcan, considéré comme l’un des plus actifs et des plus dangereux de tout le continent, présente la particularité d’entretenir un lac de lave de manière quasi-permanente. Une lave qui peut parfois déborder et se répandre sur ses flancs, sous la forme de coulées qui sont parmi les plus rapides au monde. Ces éruptions sont une menace d’autant plus grande pour la population vivant au voisinage du Nyiragongo qu’elles peuvent survenir sans signes avant-coureurs. En janvier 2002, l’une d’elles avait fait une centaine de morts.

Au cours de la semaine écoulée, le Nyiragongo s’est réveillé une nouvelle fois, provoquant des mouvements de panique dans Goma et la fuite de milliers de personnes, notamment vers le Rwanda voisin. Une vaste coulée de lave est descendue vers la ville, menaçant un temps l’aéroport ; elle s’est finalement arrêtée dans les faubourgs, où elle a détruit de nombreuses habitations, faisant un grand nombre de sans-abris. Elle a été directement à l’origine de la mort de deux personnes, mais indirectement de beaucoup plus, victimes d’accidents provoqués lors de la fuite loin de la ville. Depuis, des secousses sismiques sporadiques et des failles apparues dans le sol de Goma alimentent les inquiétudes d’une reprise de l’éruption, qui pourrait être cette fois meurtrière. À tel point que les autorités ont ordonné jeudi matin l’évacuation d’une partie de la ville, provoquant un nouvel exode de dizaines de milliers de personnes.

Une poche de magma sous le lac Kivu

«Les données actuelles de la sismicité et de la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu», a déclaré le général Constant Ndima, gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, dans une adresse à la population sur les médias locaux. «On ne peut actuellement pas exclure une éruption à terre ou sous le lac qui pourrait advenir sous très peu voire sans aucun signe précurseur». Cette dernière éventualité serait la plus catastrophique : car l’activité permanente du Nyiragongo se traduit par des émissions régulières de gaz. Or certains de ces gaz sont rejetés dans les couches profondes du lac Kivu, voisin du volcan, et y restent piégées. Ils s’y accumulent au fil des années, dans un équilibre de plus en plus instable ; un équilibre qui peut tout à fait être rompu en cas d’arrivée de lave dans le lac. Une telle rupture se traduirait alors par la brusque remontée à la surface de vastes quantités de gaz – notamment du gaz carbonique, qui, étant plus lourd que l’air, s’écoulerait autour du lac, asphyxiant toute vie sur son passage. C’est ce qui s’était produit en août 1986 lors de la catastrophe du lac Nyos, dans le nord-ouest du Cameroun, lorsqu’un telle «éruption limnique» avait provoqué la mort de 1746 personnes. Dans le voisinage du Nyiragongo, le laboratoire de volcanologie de Goma estime qu’un tel événement pourrait faire des milliers de morts.

Lévi Ngangura Manyanya, l’un des anciens boursiers du Défap, qui préside actuellement la division provinciale de l’Église du Christ au Congo, témoigne de ce qui se vit dans la région. «Les paroisses de Goma, notre université ULPGL, n’ont pas été touchées mais des menaces demeurent», souligne-t-il, en évoquant de réguliers «tremblements de terre à Goma et, des fois, à Bukavu». Si les infrastructures aéroportuaires ont été épargnées par la première coulée de lave, «l’aéroport de Goma et de Bukavu sont fermés jusqu’à nouvel ordre. À Bukavu, les déplacés de Goma viennent en masse… Les paroisses protestantes s’activent à accueillir certains d’entre eux, mais dans quelles conditions !» Alors que la fuite des habitants de Goma a repris, et que des embouteillages monstres étaient signalés jeudi matin, la situation des populations déplacées par suite de conflits apparaît d’autant plus précaire. Lévi Ngangura Manyanya souligne ainsi la présence, «de l’autre côté de la province, des déplacés des guerres des Hauts-plateaux (Minembwe et ses environs)» pendant que ceux qui ont fui «les conflits de Kalehe sont dans la partie Nord, Sud ou Ouest de la ville de Bukavu (dans la plaine de Ruzizi, Nyangezi, Kalehe). Notre Église avait déjà lancé la récolte des biens, vivres et non vivres, en signe de solidarité et de compassion avec ces déplacés de guerre.»

Robert Bahizire Byamungu, ancien boursier du Défap, est également présent dans la région : il fait partie de l’ULPGL, l’Université Libre des Pays des Grands Lacs, installée à Goma. L’ULPGL est une des cinq universités protestantes en RDC, toutes membres du RUPA (le Réseau des Universités Protestantes d’Afrique), garant d’un bon niveau académique, avec lesquelles le Défap est en lien, et qui compte près de 400 étudiants en théologie. Au cours des derniers jours, Robert Bahizire Byamungu a filmé la première coulée de lave du Nyiragongo et ses dégâts sur les quartiers périphériques de Goma, et il témoigne en images de l’angoisse dans laquelle vit depuis toute la population.

Retrouvez ci-dessous les images prises par Robert Bahizire Byamungu :

 

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
L’Université Évangélique en Afrique – UEA (à Bukavu);
L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.



Volontariat et Agenda 2030 : une étude inédite présentée par France Volontaires

France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, dont fait partie le Défap, vient de présenter aux acteurs du volontariat et du développement une étude menée avec une dizaine d’organisations-membres sur la contribution du volontariat international d’échange et de solidarité (VIES) à l’Agenda 2030, le programme de développement durable à l’horizon 2030 élaboré par l’ONU.

Il existe depuis l’origine une relation étroite entre mission et diaconie : l’une des premières réalisations des missionnaires de la SMEP, l’ancêtre du Défap au XIXème siècle, était bien souvent l’implantation d’une école. Et un certain nombre d’ONG qui se sont développées dans le domaine de l’humanitaire trouvent leurs origines ou leur inspiration dans des mouvements chrétiens. Voilà qui explique la diversité des acteurs avec lesquels le Défap est amené à travailler aujourd’hui.

Le travail du Défap est un travail en réseau. Qu’il ait lieu en France ou à l’étranger, il ne peut exister que grâce aux liens noués et entretenus avec de nombreux partenaires : des Églises, tout d’abord, puisqu’entretenir des relations entre communautés protestantes au près comme au loin est la vocation première du Service protestant de mission ; un riche milieu associatif, ensuite, puisque ces relations ne peuvent exister sans que se développent des actions et des projets en commun – et que ces projets relèvent souvent de l’éducation, du développement ou de la santé ; les pouvoirs publics, enfin, qui fixent le cadre nécessaire à ces relations et ces partenariats, et définissent les statuts des personnes amenées à travailler à l’étranger.

Le volontariat, un «levier puissant» face aux grands défis de l’époque

Dans ce cadre, le Défap est un acteur à part entière de la solidarité internationale, à l’expertise reconnue, et membre de diverses plateformes au sein desquelles il travaille en commun avec des ONG dont les problématiques recoupent les siennes. Parmi ces plateformes, France Volontaires occupe une place majeure. Plateforme française des Volontariats internationaux d’échange et de solidarité, et opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, elle réunit l’État, des collectivités territoriales et des associations autour d’une mission d’intérêt général : le développement et la promotion des engagements volontaires et solidaires à l’international. L’association met en place des formations, des accompagnements, pour aider les personnes désireuses de s’engager dans du volontariat international. Un réseau d’espaces volontariat dans de nombreux pays en Amérique Latine, Afrique et Asie accompagne sur le terrain les volontaires.

Cette plateforme, qui existe depuis près d’une douzaine d’années (sous sa forme actuelle, du moins ; mais depuis plus de 40 ans en réalité, puisqu’elle avait été créée en 2009 sur le socle de l’Association Française des volontaires du Progrès), ne se contente pas d’agir sur le terrain : elle fait aussi de la prospective, et s’efforce de promouvoir le rôle des volontaires internationaux dans les grands enjeux du monde contemporains. En particulier, elle souligne le poids de leur engagement dans ces secteurs cruciaux que sont le développement et la solidarité internationale. Ce mercredi 26 mai, elle a ainsi présenté aux acteurs du volontariat et du développement les résultats de son étude «Volontariat international d’échange et de solidarité, quelle contribution à l’Agenda 2030 ?». Cette étude a été menée avec une dizaine d’organisations-membres de France Volontaires, avec pour objectifs d’observer la contribution du volontariat international d’échange et de solidarité (VIES) à l’Agenda 2030, et d’en développer une méthode d’analyse. Elle s’intéresse plus particulièrement à l’ODD4 (« Éducation pour tous ») avec un focus sur Madagascar, et a été développée en deux temps : une enquête par questionnaire auprès des volontaires internationaux, puis une enquête par entretiens auprès d’acteurs des VIES à Madagascar.

Qu’est-ce que l’Agenda 2030 ?

En septembre 2015, les 193 États membres de l’ONU ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030, intitulé Agenda 2030. C’est un agenda pour les populations, pour la planète, pour la prospérité, pour la paix et par les partenariats. Il porte une vision de transformation de notre monde en éradiquant la pauvreté et en assurant sa transition vers un développement durable. Au cœur de l’Agenda 2030, 17 Objectifs de développement durable (ODD) ont été fixés. Ils couvrent l’intégralité des enjeux de développement dans tous les pays tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, la pauvreté, l’égalité des genres, la prospérité économique ou encore la paix, l’agriculture, l’éducation, etc. Le quatrième objectif (ODD4), auquel faisait plus spécifiquement référence l’étude présentée ce mercredi par France Volontaires, vise à garantir l’accès à tous et toutes à une éducation équitable, gratuite et de qualité à travers toutes les étapes de la vie, en éliminant notamment les disparités entre les sexes et les revenus. Il met également l’accent sur l’acquisition de compétences fondamentales et de niveau supérieur pour vivre dans une société durable. L’ODD4 appelle aussi à la construction et à l’amélioration des infrastructures éducatives, à l’augmentation du nombre de bourses d’études supérieures octroyées aux pays en développement et du nombre d’enseignants qualifiés dans ces pays.

Les volontaires sont le visage humain du développement durable. Le Secrétaire général des Nations unies l’a reconnu dans son rapport de synthèse de décembre 2014 : ces derniers constituent «un levier puissant et transversal de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable».




Beyrouth : «Une Église SDF qui survit grâce à l’hospitalité de ceux qui l’accueillent»

De retour du Liban, après plusieurs séjours au sein de la communauté protestante francophone de Beyrouth et 12 mois de présence dans le pays du Cèdre, le pasteur Gérard Riess témoigne de la vitalité d’une communauté qui vit et s’engage, malgré les difficultés et l’absence de lieu de culte.

Vue d’un culte de l’EPFB © Gérard Riess

 

Une crise interminable. Au Liban, les trois chocs successifs qui ont été constitués par la crise du secteur bancaire, la crise sanitaire liées au Covid-19, et enfin l’explosion survenue dans le port de Beyrouth, ont plongé l’activité du pays dans une quasi-paralysie durable, et la population dans une pauvreté et une détresse grandissantes. Une situation insupportable pour tous, et qui frappe en particulier les plus fragiles, que la Banque mondiale a récemment détaillée en chiffres : plus de 75% de la population vit aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 6 dollars par jour. Le taux d’inflation aurait même atteint 155% au cours de l’année 2020, les prix de certains produits essentiels mais non subventionnés ayant même atteint une hausse de 400%, alors que la livre libanaise a perdu plus de 90% de sa valeur depuis octobre 2019.

Parallèlement, des milliers de travailleurs immigrés, frappés de plein fouet par la profonde crise économique, se retrouvent au chômage et incapables de subvenir à leurs besoins, s’est alarmée pour sa part l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Il s’agit principalement de travailleurs étrangers en provenance des Philippines, de l’Éthiopie, du Bangladesh ou encore de certains pays africains ; parmi ces «invisibles» de la société libanaise figurent par exemple de nombreuses femmes de ménage. Une fragilité accrue, dans un contexte de crise généralisée, qui les expose à tous les abus, ainsi que, parfois, au refus pur et simple de leurs employeurs lorsqu’il s’agit de les payer. Près de la moitié souhaiteraient retourner dans leur pays mais ne pourraient payer le prix d’un billet retour. D’autres aussi ne pourraient pas repartir du Liban en raison du système de la «Kafala» qui les prive de leur passeport au profit de leurs employeurs ou des agences d’intérim qui les emploient.

Le Liban, «un bel oiseau à qui on a coupé les ailes»

Le Liban reste un pays meurtri, à l’image de sa capitale, Beyrouth, où les ruines des explosions du 4 août sont encore partout présentes. La silhouette éventrée du silo à grains du port, émergeant de ce qui ressemble à un champ de bataille, en reste le symbole repris par des photos publiées dans toute la presse internationale. «Le Liban est réellement un pays cassé», témoigne ainsi le pasteur Gérard Riess dans une de ses dernières lettres. «Il ressemble à un bel oiseau à qui non seulement on a coupé les ailes l’empêchant de voler, mais jour après jour on lui enlève les plumes qui restent, au point d’en faire un mort-vivant. Les Libanais sont tous résignés et à bout de nerf face à une situation socio-économique chaotique et désespérante. Paradoxalement chaque fois que la communauté se rassemble, un souffle frais d’amitié, de joie, de prière, de chants, de danses vient mobiliser des énergies insoupçonnées, qui font des merveilles.»

Vue d’un culte de l’EPFB © Gérard Riess

Le pasteur Gérard Riess vient d’effectuer, avec son épouse Barbara, plusieurs séjours au sein de l’EPFB, l’Église protestante française de Beyrouth, où il a assuré le rôle de pasteur intérimaire bénévole. Il y avait pris la suite du pasteur Pierre Lacoste, envoyé par le Défap en vertu d’un accord entre cinq partenaires unis pour encourager et soutenir le témoignage protestant français au Levant : la Ceefe (Commission des Églises protestantes d’expression française à l’extérieur), la FPF, l’ACO (Action chrétienne en Orient), le Défap, en lien avec l’APFB (Association Protestante Française de Beyrouth). Ce qu’il a vécu au sein de cette Église apparaît d’autant plus remarquable que la petite communauté francophone de l’EPFB compte beaucoup de ces «pauvres parmi les pauvres» que sont ces employées de maison venues travailler au Liban dans l’espoir d’une vie meilleure, et qui se retrouvent soumises à un quasi-esclavage. Si la plupart d’entre elles viennent d’Éthiopie, des Philippines ou du Bangladesh, certaines de ces jeunes femmes, venues notamment de Madagascar, sont francophones et protestantes : elles sont 5000 environ parmi les 250.000 travailleuses domestiques présentes au Liban. Ce sont certaines de ces jeunes femmes que l’on retrouve désormais aux cultes de l’EPFB, aux côtés de la communauté francophone protestante de Beyrouth ou de paroissiens d’autres origines – et l’Église se mobilise régulièrement pour elles. Avec des moyens des plus limités : car aujourd’hui encore, l’EPFB reste privée de temple. Un projet immobilier qui aurait dû voir le jour il y a déjà plusieurs années, et bloqué par d’interminables démarches administratives, a contraint l’Église de Beyrouth à chercher refuge au sein des murs du Collège Protestant. Elle s’est même retrouvée privée de lieu de réunion régulier, pour cause de durcissement des mesures sanitaires dues au Covid-19, allant jusqu’à devoir se réunir dans l’enceinte d’un cimetière. Mais elle poursuit ses activités et son témoignage.

«Des sans-droits qui retrouvent leur dignité humaine en Dieu»

De retour en France en ce mois de mai, le pasteur Riess témoigne, avec son épouse Barbara, de ce qu’il a vu et vécu au sein de l’Église protestante française de Beyrouth : «C’est avec beaucoup de reconnaissance que nous relisons un parcours, marqué par de multiples rencontres, découvertes, faites de contrastes et paradoxes s’inscrivant dans le paysage singulier du Proche Orient si surprenant, si insaisissable… Pour n’en citer que quelques-uns, voici ce qui nous revient en mémoire : immersion dans une région dangereuse, offerte comme une chance pour une expérience humaine et spirituelle d’une densité exceptionnelle… Découverte d’un pays qui vit actuellement une descente aux enfers mais où résonne la louange à Dieu… Accompagnement d’une Église SDF qui survit grâce à l’hospitalité de ceux qui l’accueillent avec bienveillance… Proximité avec des sans-droits qui retrouvent leur dignité humaine en Dieu… Vécu communautaire avec des personnes de nationalités et de langues différentes rassemblées dans un élan de foi vivifiant (12 pays différents représentés lors d’une journée de rencontre). Ou encore : lorsque des personnes démunies, vivant au jour le jour, aident les défavorisés à rester debout ; lorsqu’une communauté de foi s’installe dans un cimetière pour renaître à l’espérance ; lorsque la prière à Jésus se mélange à la psalmodie musulmane ; lorsqu’un temps de confinement ouvre à la possibilité d’être accueilli à «la table de Jésus» ; lorsqu’une expérience de foi sur une «Terre du Christ» est synonyme d’immersion parmi les chrétiens d’Orient…»

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Volontariat et solidarité internationale

Dans son travail au quotidien, le Défap n’agit pas seul, mais au sein d’un réseau. Plusieurs réseaux même, dont chacun correspond à un ou plusieurs des domaines d’intervention du Défap. C’est ainsi que l’activité d’envoi de volontaires le met naturellement en lien avec diverses organisations qui partagent les mêmes convictions concernant le rôle du volontariat dans le domaine de la solidarité internationale – et partagent aussi les mêmes questionnements. Illustration avec cette émission de Fréquence Protestante, au cours de laquelle Laura Casorio, responsable des envoyés du Défap, a invité des partenaires.

Photo de groupe des envoyés du Défap lors de la session de formation de juillet 2019 © Défap

De façon naturelle, le Défap, dans ses activités consistant à mettre en lien des Églises, est amené à travailler avec des partenaires du monde protestant : les Églises elles-mêmes, mais aussi des structures qui leur sont liées (organismes de santé, d’enseignement, de développement) ou qui les fédèrent (Fédération protestante de France, Cevaa, Secaar, etc.) ; ainsi qu’avec des partenaires qui sont un peu des homologues (c’est le cas de DM – Dynamique dans l’échange, anciennement dénommé DM – Échange et mission, qui est en quelque sorte le «Défap suisse»). Ce réseau est une force, car il permet une démultiplication des effets des actions de chacun.

Mais au-delà du monde protestant lui-même, l’activité d’envoi de volontaires met tout aussi naturellement le Défap en contact avec des réalités et des préoccupations qui concernent de nombreux acteurs de la solidarité internationale – chrétiens ou non chrétiens. C’est ce qu’illustre Laura Casorio, qui au sein du Défap s’occupe de la formation et du suivi des envoyés, à travers cette émission de Fréquence Protestante, diffusée le 28 avril dernier, et au cours de laquelle elle a invité des acteurs comme le CLONG ou la DCC.

Le CLONG-Volontariat est un collectif, créé en 1979, qui rassemble une douzaine d’associations (dont le Défap) concernées par l’envoi de volontaires hors Union européenne. Il était représenté lors de cette émission par Sébastien Radisson, qui assure la coordination du collectif. La DCC (Délégation Catholique pour la Coopération ) est le service du volontariat international de l’Église catholique en France ; elle envoie des volontaires de solidarité sur des missions de 3 mois à 2 ans, et elle assure, côté catholique, certains rôles qui sont dévolus au Défap côté protestant. Elle fait partie également du CLONG. Elle était représentée par son délégué général, Guillaume Nicolas.

Volontariat et solidarité internationale, présenté par Laura Casorio

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 28 avril 2021 sur Fréquence Protestante

 

Le volontariat de solidarité internationale (VSI) est une force à ne pas négliger : chaque année, ce sont ainsi 2000 volontaires qui partent sous statut VSI par le biais d’une trentaine d’associations agréées. Et si l’on y ajoute d’autres statuts que celui de VSI, ce sont 10.000 personnes qui partent à l’étranger pour agir dans le domaine de la solidarité internationale.

Ces diverses organisations partagent souvent des préoccupations et des visions identiques, et sont concernées par les mêmes questionnements ; d’où l’utilité d’un collectif comme le CLONG, qui constitue une plateforme à travers laquelle elles peuvent partager leurs préoccupations, réfléchir ensemble et coordonner leurs actions. Il n’y a pas que des organisations protestantes ou catholiques au sein de ce collectif : le CLONG-Volontariat réunit toute une diversité d’acteurs, ce qui enrichit les échanges, et fait de cette plateforme un lieu de rencontres entre diverses traditions qui se retrouvent dans une même vision de l’engagement des volontaires au service de la solidarité internationale.

Le CLONG rassemble des acteurs qui envoient des volontaires à l’étranger sous divers statuts, pas seulement en VSI (à travers des organismes comme la fédération Handicap international, ATD Quart Monde, ou d’autres plus modestes comme Envol Vert ou le GREF, le Groupement des retraités éducateurs sans frontières). Plateforme d’échange et de coordination, le CLONG est lui-même en lien avec d’autres collectifs, comme la Coordination SUD, coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale.




50 témoignages : Lydie

Lydie est actuellement envoyée au Cameroun, sous le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale), comme infirmière en charge du développement.

 

 

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