En 50 années de vie, le Défap a tissé sa toile…

La Mission est beaucoup plus ancienne que les 50 ans du Défap, fondé en 1971 à la suite de la Société des missions évangéliques de Paris (SMEP). 2021 sera l’occasion de fêter le jubilé du Défap, de poser un regard reconnaissant sur ces cinq décennies. L’occasion aussi de dire ensemble les nouveaux visages de la mission dans le monde ouvert et multilatéral d’aujourd’hui. Et de redire la pertinence de la relation et de la rencontre réelle entre des hommes et des femmes de mondes différents. Retrouvez l’émission Courrier de Mission diffusée sur Fréquence protestante, dans laquelle Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque, répond aux questions de Florence Taubmann (pôle animation France) sur cet événement.

En 50 années de vie, le Défap a tissé sa toile, réseau de relations à la dimension du monde : de la Nouvelle-Calédonie au Cameroun, du Togo au Nicaragua, de Madagascar au Congo etc.

Mosaïque de visages et autant d’itinéraires. Brefs séjours ou généreuses tranches de vie. Des générations de coopérants et de volontaires – parmi eux de très nombreux étudiants en théologie et de pasteurs–, ont été formés, envoyés, accompagnés par le Défap de 1971 à aujourd’hui. En sens inverse, des étudiants, des pasteurs, des enseignants,… venant d’horizons géographiques et ecclésiaux les plus variés, ont été accueillis chez nous de façon à s’y sentir… comme chez eux ! Et impossible d’oublier les échanges de jeunes, les échanges de pasteurs, les formations de pasteurs Nord-Sud etc.

Les 50 ans du Défap, avec Claire-Lise Lombard et Florence Taubmann

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 25 novembre 2020 sur Fréquence Protestante

 

Le défi de ces « déplacements » qui ont in-carné la Mission ? Cultiver, chez les uns comme chez les autres, la découverte, le goût de l’autre / de l’Autre ! Développer « ouverture d’esprit, sens de la solidarité, du partage, de la justice, détachement des réalités matérielles » pour que, de retour chez eux, les uns comme les autres s’engagent pour un monde plus fraternel, pour une Église ouverte sur le grand large. Quoi de plus réjouissant, enthousiasmant, riche d’espérance ?

Des vies irriguées !

Alors, 1971-2021, un cinquantenaire « jubilatoire » pour « récolter les fruits de la mission ? » Il ne s’agit pas de commémorer pour commémorer. Plutôt de prendre acte de ce qui s’est vécu. De ces rencontres synonymes de décentrements culturels, d’élargissements spirituels, de communion fraternelle. N’en doutons pas : sans bruit, elles ont irrigué, animé, fortifié des vies personnelles et des vies communautaires, celles de nos institutions, Églises, œuvres, mouvements, ici et là-bas, sur plusieurs décennies.

Au-delà d’une fraternité humaine par-delà les frontières, il s’agit d’y (re-)découvrir pour aujourd’hui autant de signes de la communion de l’Église universelle. Et d’y trouver des sources d’inspiration pour imaginer en 2021 de nouvelles pistes pour faire Église – et même faire société.

Nous nous sentons en ce moment sous une chape de plomb, peu propice aux effusions, aux célébrations ? Il y a pourtant tant de choses à inventer pour célébrer ! Et puis, le franchissement d’obstacles, de frontières en tout genre, n’est-ce pas, après tout, une spécialité missionnaire ? Alors, OSONS! En 2021, osons partager avec les autres ces expériences «missionnaires » qui nous ont transformés. Nous n’en sommes pas propriétaires. Osons être des porteurs d’espérance !

Mais pour cela, nous avons besoin de VOUS ! De vous qui avez été envoyés un jour, d’hier ou d’avant-hier, sans bien savoir où vous alliez ! Et nous avons besoin de vous qui avez été accueillis ici… Vous TOUS qui avez fait le choix de la confiance !

Claire-Lise Lombard
Bibliothèque et Archives




La formation théologique par-delà les frontières

Tisser des liens et permettre des échanges entre facultés de théologie de différents pays, c’est un des rôles du Défap. Tünde Lamboley, invitée de l’émission Courrier de Mission – le Défap diffusée sur Fréquence protestante, revient sur les raisons et les implications logistiques de ces relations.

L’enseignante Christine Prieto (docteur en théologie, bibliste) en compagnie des étudiants de l’UPC (Université Protestante au Congo) © Christine Prieto pour Défap

Faire vivre les liens entre des Églises présentes sur plusieurs continents peut prendre différents aspects. Il y a bien sûr la figure de l’envoyé, qui après avoir suivi une formation au Défap, sera accueilli au sein de l’un des partenaires du Défap pour une mission de plusieurs mois à plusieurs années. Il y a aussi les projets portés par ces Églises et soutenus par le Défap. Il y a encore les relations établies à travers la formation théologique, qu’il s’agisse d’accueil de boursiers venant faire une partie de leur cursus en France ou d’échanges d’enseignants… Dans tous les cas, ces relations, pour vivre, ont besoin de rencontres directes – ce qui est le défi principal à relever en période de confinement.

Le Défap et la formation théologique, avec Jean-François Faba et Tünde Lamboley


Télécharger l’émission

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 28 octobre 2020 sur Fréquence Protestante

 

Invitée sur Fréquence Protestante, la pasteure Tünde Lamboley, chargée notamment au sein du Défap de tout le volet « Formation théologique », détaille les différents aspects de cette mission du Défap, qui met en lien de nombreuses facultés de théologie par-delà les frontières. Un travail qui va de l’accueil de doctorants à l’organisation de stages dans le cadre de la formation permanente des pasteurs, de la préparation d’un projet d’étude en lien avec la faculté au suivi individuel de l’étudiant concerné…

En 2019 le Défap a soutenu vingt-trois boursiers qui venaient de Madagascar, Tahiti, Nouvelle-Calédonie, République Démocratique du Congo, Cameroun, Congo (Brazzaville) et Bénin. Pour l’année 2021, quatorze sont attendus en France.

Le groupe des boursiers du Défap posant devant le 102 boulevard Arago, novembre 2019 © Défap



Trente ans de relations Défap/Secaar sur Fréquence Protestante

Les actions du Défap se conçoivent avant tout au sein d’un écosystème fait d’Églises et d’institutions liées aux Églises. Exemple avec le Secaar (Service Chrétien d’Appui à l’Animation Rurale), dont le Défap est l’un des membres fondateurs, et qui regroupe aujourd’hui 19 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe. Développement holistique, charte de genre, compensation carbone : sur Fréquence Protestante, les deux délégués du Défap au Secaar, Laura Casorio et François Fouchier, ont détaillé quelques-uns des enjeux de ce réseau.

Le bureau du Secaar

Depuis l’origine, la notion de réseau est une part fondamentale de l’identité du Défap : sa création en 1971 a coïncidé avec celle de la Cevaa, Communauté d’Églises en Mission au sein de laquelle prennent place une large part de ses actions ; il se présente comme le service missionnaire commun de plusieurs Églises protestantes de France (actuellement trois, depuis les créations de ces deux unions d’Églises que sont l’UEPAL et de l’EPUdF, mais leur nombre est allé jusqu’à cinq) ; et il entretient depuis longtemps des relations étroites avec nombre de partenaires associatifs dans le monde protestant. Ses projets, qu’ils se développent dans le domaine de la santé ou de l’enseignement, les rencontres qu’il permet, à la fois par l’envoi et par l’accueil de personnes, ont essentiellement pour but d’entretenir le lien entre Églises par-delà les frontières. Il a contribué à la création d’organismes très divers, toujours dans le monde protestant, avec à chaque fois ce même souci de maintenir le lien et les relations solidaires. Une conception qui permet au Défap d’être présent en de nombreux lieux, et partie prenante de nombre d’actions – même si cette présence reste parfois discrète.

Exemple avec le Secaar. Le Secaar, c’est déjà une trentaine d’années d’histoire et d’expériences, une approche bien spécifique mêlant étroitement spiritualité et solidarité ; et c’est aussi une organisation dont le Défap est membre fondateur, et avec lequel il entretient des liens suivis. Le Défap a ainsi deux délégués au sein du Secaar : Laura Casorio, responsable des envoyés au sein de l’équipe des permanents du Service Protestant de Mission, et François Fouchier. Ils apportent, l’une son expérience de l’envoi de personnes, l’autre ses préoccupations environnementales et son expérience du développement durable, et plus particulièrement en tant que délégué régional du Conservatoire du Littoral. Tous deux ont eu l’occasion de revenir sur les spécificités du Secaar à l’occasion de «Courrier de Mission», l’émission du Défap sur Fréquence Protestante, le 23 septembre dernier.

Le Secaar, avec Laura Casorio et François Fouchier

Courrier de Mission – le Défap
Émission du 23 septembre 2020 sur Fréquence Protestante

 

Au cours de cette émission, les deux délégués du Défap au Secaar ont ainsi pu revenir sur l’aspect novateur de ce réseau, qui regroupe aujourd’hui 19 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe. Avec par exemple toute sa réflexion sur le développement holistique – une terminologie qui se réfère à des préoccupations que d’autres milieux d’Églises regroupent aussi sous le terme de «Mission intégrale». Le Secaar s’efforce en effet de promouvoir une vision dans laquelle les questions liées à l’économie et au développement sont en prise directe avec les questions de spiritualité : les deux ne s’opposent pas ; l’être humain est envisagé dans sa globalité, avec des besoins à la fois matériels et spirituels. Une perspective qui explique à la fois le mode de fonctionnement et nombre d’activités du Secaar : le réseau s’implique dans des actions de lutte contre la pauvreté, dans l’accompagnement d’organismes et de communautés qui s’engagent concrètement dans la protection de l’environnement, dans la promotion d’une agriculture durable, dans le respect de la dignité humaine… Dans son fonctionnement, il a dès son origine refusé tout déséquilibre entre ses partenaires du Nord et du Sud, ce qui s’est traduit dans sa gouvernance : chaque organisme participant a une voix, le siège du Secaar a été volontairement placé en Afrique, au Togo… Comme le souligne le Suisse Roger Zürcher, qui fut vice-président du réseau, «le plus souvent, les ONG du Nord possèdent des branches en Afrique. Le Secaar, lui, a de longue date son bureau à Lomé, et c’est une volonté de mettre plus de forces là-bas qu’ici». L’accent mis sur la dignité humaine s’est aussi traduit par la volonté d’intégrer dans ses statuts l’égalité des femmes et des hommes, mais aussi par la rédaction d’une charte que le Secaar a demandé à ses membres et partenaires d’entériner.

Les actions du Secaar se déploient ainsi selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi).Au-delà de son soutien aux ONG ou Églises membres, le Secaar cherche à apporter une réflexion théologique aux acteurs de développement et une réflexion sur le développement aux théologiens. Des actions pour lesquelles il travaille en collaboration régulière avec le Défap et son homologue suisse, DM-échange et mission : le Défap a, par exemple, envoyé la bibliste Christine Prieto pour travailler sur un cycle de formations bibliques, qui a abouti à l’édition d’un ouvrage conçu pour aider des groupes à réfléchir sur la question du développement dans une perspective biblique. DM fournit pour sa part un appui régulier à la communication du Secaar.  

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages en vidéo illustrant la diversité des actions et des partenariats du Secaar :

 

 

 




Les religions au Cameroun

Au Cameroun, les protestants ont fondé les premiers hôpitaux, les premières écoles, la première université… Mais dans un pays à la diversité fourmillante, à la vie religieuse aussi active que complexe, ils sont eux-mêmes partagés en de multiples Églises, que tente de fédérer le Cepca, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun, l’un des principaux partenaires du Défap dans ce pays. Gros plan sur ce pays dans «Un livre, trois lectures», émission présentée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante, avec comme invitée spéciale Madeleine Mbouté, doyenne de la faculté de théologie protestante de Ndoungué.

Culte d’accueil de la dixième AG de la Cevaa à Douala, octobre 2018 © Cevaa

Les religions au Cameroun

Un livre, trois lectures du 3 novembre 2019.
Émission animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

 

Un livre, trois lectures : dans cette émission interreligieuse, Valérie Thorin fait dialoguer les trois religions du Livre. Un dialogue qui s’incarne à travers trois de leurs représentants : Florence Taubmann, pasteure au Service Protestant de Mission – Défap ; Saïd Haddioui, de la communauté musulmane Ahmadiyya ; et le rabbin Jonas Jacquelin, de la synagogue libérale de la rue Copernic.

Pour cette émission, diffusée le 3 novembre sur Fréquence Protestante (et d’où, exceptionnellement, Saïd Haddioui était absent), il était question du Cameroun. Avec une invitée d’honneur : Madeleine Mbouté, doyenne de la faculté de théologie protestante de Ndoungué. Elle est notamment revenue sur l’histoire de l’arrivée du christianisme dans ce pays où les religions sont très présentes dans la société, et sur les relations qu’elles entretiennent.

Un pays où la vie religieuse est très active

Les missions protestantes se sont succédé dans ce pays du XIXème au XXème siècle, venues des États-Unis, des divers pays d’Europe – ce qui inclut la SMEP, la Société des Missions Évangéliques de Paris, l’ancêtre du Défap. Les protestants ont construit les premières écoles, les premiers hôpitaux, la première université : l’Université protestante d’Afrique centrale (l’Upac), à Yaoundé. S’ils ne sont plus majoritaires, les protestants représentent encore aujourd’hui 26% de la population, le catholicisme étant à 40%, et l’islam à 20%. Les communautés protestantes les plus représentées sont les évangéliques, les baptistes, les presbytériens et les luthériens.

Dans ce pays où la vie religieuse est très active et très présente dans l’espace public, le Conseil des Églises protestantes du Cameroun (le Cepca) représente onze Églises luthériennes, réformées, baptistes et anglicanes. Anciennement nommé Fédération des Églises et Missions évangéliques du Cameroun (Femec), il est l’un des principaux partenaires du Défap dans le pays. Il représente, à travers ses diverses Églises membres, plus de 9 millions de fidèles, 10.000 temples (paroisses et lieux de cultes), environ 15.000 pasteurs, évangélistes et catéchistes ; ainsi que plus de 400 structures hospitalières (40% des hôpitaux camerounais sont des structures confessionnelles), et près de 1600 écoles.




«Partager la mission d’une manière innovante»

Dans quel cadre s’inscrivent les envois de personnes au Défap ? Comment sont construits les projets dans lesquels ils s’inscrivent ? Quelles sont les relations avec les Églises d’accueil ? En repartant de l’opération Hope 360, organisée à Valence en octobre dernier par le collectif Asah pour faire la promotion de l’engagement chrétien à l’international, la dernière émission «Courrier de mission», présentée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante, a exploré les diverses facettes de l’envoi : solidarité internationale, découverte mutuelle et relations d’Églises. Avec comme invitée Laura Casorio, responsable du service Envoyés.

Photo de groupe des envoyés du Défap, lors de la session de formation de juillet 2019 © Défap

 

Derrière le week-end «Hope & Go 360» organisé les 19 et 20 octobre derniers à Valence, c’est tout un collectif qui était mobilisé : Asah, réseau de trente ONG d’inspiration chrétienne, agissant dans l’urgence, le développement, le plaidoyer, l’environnement ou la solidarité. Le Défap en est membre, aux côtés d’associations comme ADRA, Artisanat SEL, la Fondation La Cause, Medair… Une vingtaine d’associations et organisations de solidarité internationale étaient inscrites, portant des projets aussi divers que l’accès à l’éducation, aux soins, l’accompagnement de victimes d’abus… Ce grand rendez-vous visait avant tout, comme le souligne dans cette émission Laura Casorio, responsable du service Envoyés du Défap, à «partager la mission d’une manière innovante». Et permettre de donner un éclairage différent sur l’engagement chrétien à l’international. Au-delà de l’aspect ludique, sportif et de recueil de fonds de «Hope 360», le deuxième rendez-vous de ce week-end, «Go 360», représentait une occasion de rencontre entre des jeunes intéressés par l’engagement, la mission à l’étranger, mais cherchant encore des pistes pour concrétiser. Les associations présentes lors de ce week-end, dont le Défap, animaient des stands d’information, avec des événements spéciaux et des rencontres.

Gros plan sur les envoyés du Défap

Courrier de mission du 23 octobre 2019.
Émission animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

 

Une information nécessaire pour bien cerner aujourd’hui les enjeux de l’engagement chrétien à l’international. Comme l’indique Laura Casorio au micro de Valérie Thorin, les missions que propose aujourd’hui le Défap pour des volontaires voulant partir à l’étranger s’inscrivent dans un cadre général, qui est celui de relations établies de longue date avec des Églises présentes dans de nombreux pays – notamment en Afrique. Ces missions sont très diverses, impliquant donc différents cadres juridiques et différents statuts pour ceux qui partent : il y a des VSI (Volontaires de Solidarité Internationale), des Services Civiques, et même des pasteurs… Les objectifs ne sont pas les mêmes et les attentes sont très différentes ; les missions sont en fait co-construites avec les Églises partenaires, répondant à des besoins sur place ; et ces missions elles-mêmes ne sont qu’un des aspects des relations entretenues avec ces Églises. Le Défap soutient ainsi des projets, notamment de santé ou d’enseignement, peut aider à financer des structures ; les volontaires (les «envoyés» dans la terminologie du Défap) partent souvent pour jouer un rôle dans ces projets… Mais de même qu’il envoie, le Défap accueille aussi : c’est le cas de nombreux boursiers, qui viennent en France pour des recherches universitaires ou des formations, et qui seront souvent amenés par la suite à jouer un rôle important dans leurs Églises d’origine.

Quels que soient le cadre d’envoi et le statut des envoyés, le Défap est très attentif à la fois au recrutement et à la formation de celles et ceux qui seront amenés à partir en mission. D’où l’obligation pour tous de participer à une session de formation, qui est organisée chaque année dans la première partie du mois de juillet, et qui constitue, avec l’accompagnement dont bénéficient tous les candidats au départ, une des marques distinctives du Défap.




«Quel défi pour la mission dans nos sociétés éclatées ?»

Nouveau retour sur le colloque du Défap, qui s’est tenu le 11 octobre au 102 boulevard Arago, à Paris : nous reprenons ici l’intervention de Frédéric de Coninck, professeur de sociologie et membre d’une Église mennonite de région parisienne, qui s’interroge sur la manière dont les transformations de notre société influent sur les nouveaux enjeux de la mission. Cette intervention a été diffusée par Fréquence Protestante dans l’émission «Vendredi culture».

Intervention de Frédéric de Coninck © Défap

 

«Quel défi pour la mission dans nos sociétés éclatées ?»

«Vendredi culture», sur Fréquence Protestante

 

«Si proche et si loin les uns des autres : quel défi pour la mission dans nos sociétés éclatées ?» Derrière cette question, qui donnait son titre à l’intervention de Frédéric de Coninck lors du colloque du 11 octobre du Défap, s’en profile une autre, sous-jacente : celle de la proximité géographique par rapport à la proximité sociale. Il y a aujourd’hui un brouillage complet sur ce plan dans notre société. On peut vivre côte à côte, mais sans se connaître.

Depuis les années 70, analyse Frédéric de Coninck, on assiste dans nos sociétés à un double mouvement : ce qui est loin devient proche (ce qui représente autant d’opportunités pour la mission) ; mais parallèlement, ce qui est proche géographiquement s’éloigne…

Le loin est devenu proche :

  • Les moyens de transport rapides se sont démocratisés. De 1995 à 2000, l’usage de la voiture a été multiplié par 10. On peut désormais fréquenter une Église loin de chez soi, sans aller dans celle qui est la plus proche géographiquement.
  • Les migrations dans l’UE sont devenues bien plus faciles.
  • Les moyens de télécommunication ont explosé (plus précisément à partir de 1997 : l’usage des téléphones portables et celui d’internet ont décollé la même année).
  • Les cultures se diffusent au-delà de leurs frontières d’origine. Aujourd’hui, on peut avoir des connaissances culinaires, ou de musiques, ou de publications, venues de l’autre bout de la planète.
  • Les dynamiques économiques, les problématiques écologiques, les épidémies, le terrorisme international, la circulation de l’argent noir, nous connectent les uns aux autres. Avec quelles conséquences pour la mission ? Un des aspects de la mission, c’est aussi l’interpellation du politique; mais désormais, de quel politique parle-t-on ? On est face à des problématiques communes, globales; si on veut être pertinent aujourd’hui en matière de mission, il faut pouvoir l’annoncer, littéralement, «jusqu’aux extrémités de la terre»…

Parallèlement, le proche est devenu loin : ce qui représente un point dur.

  • L’idée d’une culture dominante telle que la voyait Bourdieu est moins évidente… Pour chacun de nous, les référents se sont multipliés (nous n’avons plus une culture homogène).
  • Nos appartenances sociales se sont entrecroisées : disparition de l’appartenance à des cercles concentriques.
  • Les leaders d’opinion sont multiples : il n’y a plus de leaders capables d’entraîner une société entière.
  • Les appartenances sociales se sont émiettées : est-ce une chance, ou une difficulté pour se rendre proche de l’autre ?

Désormais, l’ailleurs est près de chez nous : nous nous sentons proches de personnes qui habitent loin (car ayant les mêmes référents, les mêmes manières de s’exprimer), mais loin de personnes qui habitent près (on dit à peine bonjour à celui qui habite en face). Ce qui pose le défi de l’incarnation dans un tel contexte. Même en Église locale : au sein d’une même paroisse, où l’on se connaît depuis longtemps, il peut y avoir des frottements…




Gros plan sur le colloque d’octobre du Défap

La dernière émission «Courrier de mission», présentée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante, faisait le point sur les enjeux du colloque qui aura lieu le 11 octobre prochain au Défap. Avec comme invitée Florence Taubmann, pasteure au Service Protestant de Mission.

Florence Taubmann © Défap

 

Au Défap, le mois d’octobre sera celui du colloque «Vers une nouvelle économie de la mission – Parole aux Églises». Une rencontre qui s’inscrit dans un processus plus vaste, celui de la refondation du Défap : ce colloque sera ainsi suivi quelques mois plus tard par un forum organisé à Sète.

Ce colloque, comme le souligne Florence Taubmann, intervient dans une période particulière, une période charnière. Son titre fait bien sûr référence aux problématiques financières qui concernent le Défap lui-même et ses Églises fondatrices (l’Église Protestante Unie de France ou EPUdF, l’Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine ou UEPAL, et l’Union Nationale des Églises Protestantes Réformées Évangéliques de France ou Unepref) ; mais au-delà, il propose surtout de réfléchir à toute l’économie de la mission, à la manière dont elle s’articule dans un contexte qui a profondément évolué par rapport à celui qui prévalait lors de la naissance du Service protestant de Mission, en 1971.

Gros plan sur le colloque d’octobre du Défap

Courrier de mission du 25 septembre 2019.
Émission animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

 

Fait révélateur, le forum du Défap organisé en 2012 à Rouen portait pour titre «Le monde est chez toi». Comme le souligne Florence Taubmann, il caractérisait bien la problématique de la mission aujourd’hui, tout en éveillant des échos du slogan de la Cevaa : aujourd’hui, la mission n’est plus unidirectionnelle, elle va de partout vers partout. Elle se place dans un contexte qui est devenu naturellement interculturel. Elle oblige à tenir compte de la réalité du christianisme aujourd’hui, non plus simplement dans les relations entre la France et des pays éloignés, mais en France même : avec d’un côté, un paysage ecclésial qui s’est complexifié et l’implantation d’Églises issues de l’immigration ; et d’un autre côté, au sein même des Églises implantées de longue date, des paroisses qui accueillent des chrétiens de plus en plus nombreux issus d’autres pays. On ne peut aujourd’hui réfléchir à la mission sans intégrer cette dimension interculturelle, et sans s’interroger sur ce qu’elle implique sur les plans spirituel, théologique et ecclésial.




Frugalité heureuse, une éthique religieuse ou non ?

Alors que se multiplient les appels à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, à revoir le partage des ressources pour limiter l’accroissement des inégalités, quel est le regard des religions du Livre ? Peuvent-elles, ensemble, apporter des éléments pour appuyer cette quête d’une «frugalité heureuse» ? Cette émission de Fréquence protestante, animée par Valérie Thorin, a été diffusée début septembre, alors précisément que s’organise avec le Défap le forum de Condé-sur-Noireau, autour du thème : «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre».

© Maxpixel

 

Frugalité heureuse, une éthique religieuse ou non ?

Un livre, trois lectures du 1er septembre 2019.
Émission animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

 

Un livre, trois lectures : dans cette émission interreligieuse, Valérie Thorin fait dialoguer les trois religions du Livre. Un dialogue qui s’incarne à travers trois de leurs représentants : Florence Taubmann, pasteure au Service Protestant de Mission – Défap ; Saïd Haddioui, de la communauté musulmane Ahmadiyya ; et le rabbin Jonas Jacquelin, de la synagogue libérale de la rue Copernic.

Pour cette émission, diffusée le 1er septembre sur Fréquence Protestante, il était question de frugalité heureuse. Il est vrai que les menaces s’accumulent sur nos têtes : changement climatique amplifié par les émissions de gaz à effet de serre, décroissance accélérée de la biodiversité, raréfaction des ressources, pollution accrue de l’air, des terres, des mers, inégalités grandissantes face au partage des richesses et à l’impact du dérèglement global…

«Notre responsabilité est collective»

«L’avenir, note Valérie Thorin, a de la peine à s’écrire. Notre responsabilité est finalement collective. Individuellement, nous avons diverses manières de réagir et d’agir, nous essayons de trier nos déchets, de recycler, on répare ce qui peut être réparé… Mais dans cette émission interreligieuse, c’est notre éthique, les valeurs qui sont les nôtres, que nous allons interroger.» Et la manière dont ces valeurs et cette éthique naissent de notre foi. Sur quels principes, ou sur quelle histoire peut-on s’appuyer pour encourager une attitude permettant un meilleur partage – cette fameuse attitude de frugalité heureuse ?

Une thématique particulièrement d’actualité au sein des Églises depuis quelques années, avec le développement d’initiatives de plus en plus suivies : on peut évoquer le label Église Verte, que promeut la Fédération protestante de France ; la FPF a d’ailleurs institué en son sein, à la suite de la dynamique lancée à l’occasion de la tenue de la COP21 en France, une commission Écologie – justice climatique, dont est responsable Martin Kopp, qui travaille parallèlement pour la campagne Living the Change organisée par l’ONG internationale GreenFaith. Et comme le rappelle Florence Taubmann dans cette émission, ce thème de la «frugalité heureuse» sera encore à l’honneur à Condé-sur-Noireau, lors du mini-forum du Défap prévu les 27, 28 et 29 septembre pour la région Normandie, et qui tournera autour du thème «Vivre simplement pour que d’autres puissent simplement vivre» (d’après une citation de Gandhi). L’objectif de ces rencontres régionales, à l’image de celle qui a déjà eu lieu en octobre 2018 en région centre-Alpes-Rhône, étant de «décentraliser» les débats sur la mission qui ont lieu régulièrement lors des forums du Défap, afin de se rapprocher des participants et de toucher un plus large public.




Courrier de mission : la famille Ellenberger, une odyssée missionnaire

Invité fin juin de l’émission Courrier de mission, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante, Jean-François Faba, archiviste à la bibliothèque du Défap, a évoqué la richesse du fonds Ellenberger, dont les documents permettent de retracer plus d’un siècle d’histoire missionnaire au Lesotho, à travers trois personnages qui illustrent cette saga familiale : David, Victor et Paul Ellenberger.

Maison (appelée la caverne de Massitisi) de David Frédéric Ellenberger au Lesotho (archives familiales Ellenberger) © Défap

 

Gros plan sur la famille Ellenberger

«Courrier de mission» du 26 juin 2019.
Émission consacrée au Défap, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

 

La bibliothèque du Défap est un lieu unique quand il s’agit de retracer l’histoire des missions protestantes dans le monde francophone. Elle est régulièrement enrichie par des dons et des legs : c’est le cas du fonds Ellenberger, reçu en 2016, et dont les documents couvrent trois générations de missionnaires au Lesotho : depuis David Frédéric (1835-1920), en passant par Victor (1879-1972) et jusqu’à Paul (1919-2016). Un ensemble remarquable, intéressant principalement l’histoire du Lesotho et la mission protestante dans ce pays (ainsi qu’en Zambie) mais qui reflète également la variété des centres d’intérêt dont se sont enrichis les parcours de vie des uns et des autres.

Le dépouillement de ces imposantes archives familiales léguées au Défap a constitué dernièrement la principale activité de Jean-François Faba, archiviste à la bibliothèque du Défap : le fonds reçu par la bibliothèque se répartissait en 130 à 140 cartons de documents traitant d’aspects missionnaires et de ministères en paroisse. Et ce n’était pas la totalité des archives : une autre partie est en effet allée à l’université de Montpellier, au regard des recherches que faisait Victor Ellenberger sur des fresques découvertes au Lesotho, et des travaux en paléontologie faits par Paul Ellenberger, qui a consacré une grande partie de sa vie aux Bushmen.

Au micro de Valérie Thorin, Jean-François Faba revient sur ce que révèlent ces archives. Il a travaillé sur les trois représentants les plus connus de la famille Ellenberger : David, Victor et Paul. Le grand-père, le père et le fils représentent à eux trois 109 années de présence au Lesotho, marquant la continuité d’un travail missionnaire engagé par David, originaire du canton d’Yverdon-les-Bains, dans le canton de Vaud, en Suisse.




Courrier de mission : Simon Kabué, l’enseignement contre la pauvreté et la corruption

Invité en ce 22 mai de l’émission Courrier de mission, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante, Simon Kabué Mbala, recteur de l’UPRECO, évoque le rôle en République Démocratique du Congo de cette université soutenue par le Défap.

Simon Kabué © DR

 

Simon Kabué, l’enseignement contre la pauvreté et la corruption

«Courrier de mission» du 22 mai 2019.
Émission consacrée au Défap, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

L’UPRECO, l’université protestante de la région de Kananga, en République Démocratique du Congo, n’est pas un établissement d’enseignement supérieur comme un autre. Y étudier, y travailler, est déjà une forme de militantisme, un refus de la fatalité de la misère et de la mauvaise gouvernance. Située dans une région volontairement ignorée par le gouvernement de Kinshasa (le Kananga est connu comme étant la région d’origine de divers leaders de l’opposition), mal desservie, enclavée (on accède au Kananga par avion, plutôt que par la route), l’UPRECO s’est construite autour de la faculté de théologie. Elle compte aujourd’hui cinq filières : théologie, droit, économie, agronomie et informatique. Avec peu de moyens matériels (tout manque, à commencer par l’électricité pour une partie des bâtiments, ou la connexion internet pour la filière informatique), mais avec aussi beaucoup d’engagement, l’UPRECO s’efforce de concilier valeurs chrétiennes et enseignement supérieur, pour former des cadres capables de changer le pays, avec «la Bible dans notre main droite, et la science dans notre main gauche», comme le revendique Simon Kabué. Par exemple, la faculté de droit a été créée avec l’idée de former des juristes capables de s’opposer à la corruption ; celles d’économie et d’agronomie, pour lutter contre la pauvreté… Et ça marche : la qualité d’enseignement de l’UPRECO est largement reconnue, et nombre de ses anciens étudiants se retrouvent aujourd’hui dans des postes de responsabilité dans leur pays.

Au micro de Valérie Thorin, Simon Kabué Mbala revient sur l’histoire et l’engagement de l’UPRECO, une université soutenue par le Défap, qui continue notamment à financer chaque année des bourses pour des étudiantes.

Etudiantes de l’UPRECO en compagnie de Jean-Luc Blanc, du Défap © Défap

 

Pour aller plus loin :



Courrier de mission : Christiane Nyangono, du Cameroun à Caen

Nous poursuivons notre série de témoignages diffusés par la radio Fréquence Protestante, au cours de l’émission Courrier de Mission, consacrée au Défap et animée par Valérie Thorin. Cette semaine, Christiane Nyangono, pasteure à Caen, venue du Cameroun. Elle évoque son enfance, la façon dont sa foi a été mise à l’épreuve, son arrivée en France.

Christiane Nyangono © DR

 

Christiane Nyangono, du Cameroun à Caen

«Courrier de mission» du 27 février 2019.
Émission consacrée au Défap, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

Nous poursuivons notre série de « Courrier de mission » consacrés aux témoignages. Témoigner, c’est parfois une nécessité, mais c’est aussi une forme de partage, un récit qui permet à celui qui le reçoit de réfléchir, de comprendre. Chaque expérience est riche d’enseignements et parfois, elle nous renvoie comme en miroir à ce que nous sommes, et à ce que nous voudrions être.

Au chapitre 5 de l’Évangile de Marc, voici ce que disent les versets 18 à 20 :

Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque l’implorait, afin de rester avec lui.

Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit : Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et comment il a eu pitié de toi.

Il s’en alla et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous étaient dans l’admiration.

 

Au Forum qu’avait organisé le Défap en 2016 plusieurs personnes sont venues témoigner de leur expérience comme envoyés. Pasteurs, volontaires de la solidarité internationale, ils et elles sont venus raconter ce qui leur était arrivé avant, pendant et après leur mission. Ils ont aussi parlé de leur foi, et de la façon dont elle les a portés vers un ailleurs, et vers autrui.

Le témoignage que vous pouvez entendre est celui de Christiane Nyangono, pasteur.

Pour aller plus loin :



En 2019, 50 émissions protestantes sur les migrations

Si le double mouvement envoi/accueil est au cœur des activités du Défap, il ne peut méconnaître toutes les entraves qui existent aujourd’hui face aux mouvements de populations. Les Églises membres du Défap témoignent de leur engagement en la matière, à travers par exemple le collectif « Accueillons les exilés », ou à travers le récent appel de l’UEPAL et de la FEP-Grand Est pour trouver des logements pour des familles de réfugiés et des bénévoles pour les accompagner. Pour sensibiliser à la question migratoire, la plateforme des radios protestantes mutualise ses forces. Les explications de Stéphane Vincent, responsable de Radio Albatros au Havre.

Des organisations d’Église locales apportent de l’aide aux réfugiés en Hongrie. © Daniel Fekete / Hungarian Interchurch Aid /Alliance ACT

 

Pouvez-vous nous rappeler tout d’abord ce qu’est la plateforme des radios…

Il s’agit d’un regroupement d’une bonne vingtaine de radios protestantes : Radio Albatros, Fréquence protestante, Radio Alliance +, Radio FM plus, Radio Grille Ouverte, etc. Depuis plus de cinq ans, celles-ci se réunissent régulièrement pour mener à bien des projets ponctuels. Leur première collaboration remonte à 2013. Situées aux quatre coins de la France, de Montpellier au Havre, ces radios locales se sentent souvent seules avec leurs problèmes et leurs productions à assurer et à assumer. Elles ont eu envie de se rapprocher pour collaborer et échanger des programmes. Comme il n’existait pas d’entité particulière habilitée à regrouper des radios, la Fédération protestante de France (FPF) a été sollicitée pour encadrer ce groupe de travail. Chaque trimestre, l’ensemble des radios partenaires se retrouvent dans les locaux de la Fédération protestante de France (FPF), rue de Clichy, à Paris. Toutes les décisions sont prises à l’unanimité par les différents membres de la plateforme. En 2015, nous avons mutualisé nos forces pour travailler sur la Cop21 et en 2017 autour de Protestants en fête, et en 2019, donc, autour des migrations. Avec la plateforme, les radios apprennent à travailler ensemble, à se connaître, à s’apprécier. C’est un travail fédératif.

Pour aller plus loin :

En 2019, vous avez développé un vaste projet autour des migrations. Pourquoi ce thème ?

A la fin du jubilé de la Réforme, nous nous sommes réunis pour réfléchir à notre prochaine thématique. Il est ressorti des discussions qu’il serait pertinent d’aborder la question des migrations qui constitue à la fois un sujet d’actualité et de société. En tant que radios protestantes, nous souhaitons apporter un autre regard sur les migrations et montrer à notre auditoire, par exemple, que les migrants ne sont pas synonymes de problème.  L’accueil est source de richesse. Une fois ce choix pris, nous avons décidé de décliner cette thématique de différentes manières. La premier projet que nous allons mener est une coproduction de 50 émissions radio sur les migrations que l’on pourra écouter tout au long de l’année. Toutes les radios qui participent à la plateforme produisent une ou plusieurs émissions, qui sont ensuite diffusées chaque semaine sur l’ensemble des radios. Les premières émissions ont démarré en janvier. Le deuxième projet est l’organisation de plateaux radios dans des lieux stratégiques : sur la petite île italienne de Lampedusa, où débarquent des milliers de migrants et à Bruxelles le 18 décembre 2019 à l’occasion de la Journée internationale des migrants, depuis des installations radio du Parlement européen et de la Commission européenne. A Lampedusa, la parole sera données aux autorités locales, aux habitants, aux associations humanitaires et aux migrants. Enfin, durant l’année, deux plateaux  régionaux seront organisés pour diffuser des émissions en direct.

Pouvez-vous me donner des exemples d’émissions que l’on va pouvoir découvrir cette année ?

Chaque radio est responsable de ses propres productions. Elle choisit ses sujets, ses angles, ses intervenants…  Certaines radios ont choisi de porter un regard biblique sur la question. Par exemple, lors d’une émission, Harmonie Cornouaille a pris l’exemple d’Abraham comme premier migrant et a interrogé le  pasteur Michel Pelletier pour nous inviter à pratiquer l’hospitalité. Pour sa part, Radio Semnoz est partie sur le terrain et a assisté aux cours de français hebdomadaires donnés par des bénévoles à des migrants, essentiellement d’origine soudanaise, sur le bassin d’Annecy. Quant à l’équipe de Radio Grille ouverte, elle va travailler sur les migrations en Europe au XVIIIe siècle.