Djibouti : l’aventure continue !

Le 20 mars 2019 a eu lieu l’inauguration du Centre de Formation de l’Église protestante de Djibouti. Un événement qui, à la suite du chantier de rénovation du temple, a permis une nouvelle fois de donner une forte visibilité à la seule Église protestante officiellement reconnue dans ce pays. Y assistaient notamment le Secrétaire général et la responsable du Service financier du Défap, l’Ambassadeur du Japon et le Conseiller Spécial du Président de la République, ainsi que le représentant de la Ceta (Conférence des Églises de Toute l’Afrique).

Une cérémonie de remise de diplômes se prépare dans le temple de l’Eped © Défap, mars 2019

À Djibouti, l’islam est religion d’État depuis 1992. La liberté religieuse est garantie par la constitution, mais le prosélytisme est découragé par les autorités. La plupart des chrétiens présents dans ce petit pays d’un peu plus de 23.000 km2, frontalier de l’Érythrée, de l’Éthiopie, et de la Somalie, appartiennent en majorité soit à l’Église catholique romaine, soit à l’Église éthiopienne orthodoxe. Officiellement, le protestantisme est exclusivement représenté par l’Eped (Église protestante de Djibouti). Une Église à l’histoire singulière, héritière de l’aumônerie des troupes françaises, constituée d’une paroisse unique dont la responsabilité est assumée par le Défap, et dont les bâtiments sont propriété de la Ceeefe (la Commission des Églises évangéliques d’expression française à l’extérieur). Une Église qui a toutefois su trouver sa place et qui grandit, accueillant des chrétiens de différents pays (Éthiopie, France, Burundi, États-Unis, etc.) et de différentes branches du protestantisme.

Pour cette Église à la communauté aussi diverse que fluctuante (ses membres ne restent en moyenne que deux à trois ans, la durée de leur présence dans le pays), les bâtiments jouent un rôle fondamental : lieu d’accueil, lieu où se rassemble la communauté, mais aussi lieu de témoignage. Le chantier de rénovation du temple, mené à bien avec le soutien du Défap, qui s’est étalé sur près d’une dizaine d’années, avait déjà donné une visibilité et une crédibilité à cette communauté protestante de Djibouti. La fin de la réhabilitation du centre de formation, dans lequel ont été déjà formés des dizaines de jeunes Djiboutiens aux métiers de la maçonnerie, de l’électricité, de la plomberie ou de la soudure, a eu le même effet. Son inauguration officielle a eu lieu le 20 mars 2019 et a été relayée par la presse nationale, avec des reportages télévisés et un article dans le quotidien La Nation. Y assistaient notamment le Secrétaire général et la responsable du Service financier du Défap, Jean-Luc Blanc et Laure Daudruy ; l’Ambassadeur du Japon (l’ambassade ayant contribué financièrement au chantier, ce dont témoigne une plaque apposée sur la façade du bâtiment) ; le Conseiller Spécial du Président de la République de Djibouti ; le représentant de la Ceta (Conférence des Églises de Toute l’Afrique), Simon Kossi Dossou, et diverses personnalités djiboutiennes.

Retrouvez ci-dessous quelques images de l’inauguration et des locaux de l’Eped :

Une expérience qui a déjà fait des émules

Au-delà de la visibilité dont a pu bénéficier la petite communauté protestante de Djibouti, ce chantier s’avère riche d’enseignements. À la fois par la créativité dont il a fallu faire preuve pour le mener à bien (notamment à travers la pratique des «chantiers-écoles»), et par les partenariats qu’il a permis de mettre en place. L’inauguration proprement dite a d’ailleurs été précédée d’un «séminaire de capitalisation», sorte de table ronde réunissant les divers partenaires pour évaluer ce qui, dans ce projet, pourrait être transposable et reproductible. Aux côtés de la Ceta, du Défap, de la Ceeefe, de représentants d’ONG et des administrations djiboutiennes, on pouvait ainsi noter la présence, en tant que témoin, du directeur de l’APES (Association Protestante d’Entraide du Sénégal, une ONG issue de l’Église Protestante du Sénégal). L’APES s’était en effet directement inspirée de l’expérience du chantier-école de Djibouti pour la construction du Centre de Formation Professionnelle Darvari à Saint-Louis. Ce séminaire a été suivi d’une conférence sur «les lieux spirituels» donnée par l’architecte Nicolas Westphal, l’un des grands artisans du projet, et qui a déjà publié un livre sur l’aventure du temple de Djibouti.

Une aventure qui se poursuit donc, au-delà des chantiers de rénovation proprement dits, puisque derrière les bâtiments, il y a toute une communauté qui vit. Une communauté avec un pasteur, Pierre Thiam, venu du Sénégal, qui a su trouver un équilibre liturgique tenant compte de la grande diversité des origines des paroissiens ; une communauté qui se projette dans l’avenir et s’attache dorénavant à trouver les moyens d’entretenir ces locaux rénovés, et à programmer de nouvelles formations de façon à pérenniser le fonctionnement du Centre et de son personnel.

Retrouvez ci-dessous quelques instantanés de la vie de l’Eped : un exemple des enseignements dispensés au Centre de Formation ; une session de remise de diplômes ; une conférence donnée par l’architecte Nicolas Westphal ; un culte auquel ont assisté les représentants du Défap et de la Ceeefe, et une vue du temple.




Les collectionneurs ont rendez-vous avec le Congo

Alors même que Jean-Luc Blanc, secrétaire général du Défap, et Tünde Lamboley, chargée de la formation théologique, rencontrent les partenaires du Service protestant de Mission en République démocratique du Congo, le service Philatélie prépare la prochaine Bourse des Collectionneurs de Colombes, le dimanche 17 mars. Les fonds qui seront récoltés grâce aux ventes de timbres serviront précisément à financer des bourses pour les étudiantes de l’UPRECO, à Kananga, une zone enclavée et délaissée par le pouvoir de Kinshasa.

La 20ème Bourse des Collectionneurs organisée par l’Amicale Pluricollections de Colombes et Environs (APCE)

 

Le dimanche 17 mars 2019 aura lieu la 20ème Bourse des Collectionneurs organisée par l’Amicale Pluricollections de Colombes et Environs (APCE). Les visiteurs pourront y acheter des timbres, des cartes postales, des monnaies mais aussi des vieux papiers, des livres et beaucoup d’autres objets, proposés par la cinquantaine d’exposants conviés à cette rencontre annuelle. L’entrée et le parking sont gratuits, angle des rues Léon Bourgeois et Eugène Besançon (voir carte ci-dessous). Le Défap sera représenté lors de ce rendez-vous à travers son service Philatélie, et proposera à la vente ses collections de timbres, dont le produit servira à financer des bourses pour des étudiantes congolaises. Hasard du calendrier, cette Bourse des Collectionneurs va se tenir moins d’un mois après le retour en France de Jean-Luc Blanc, secrétaire général du Défap, et de Tünde Lamboley, chargée (notamment) de la formation théologique, partis en République démocratique du Congo pour rencontrer les divers partenaires du Service protestant de Mission, parmi lesquels figure justement l’université de Kananga…

Les rendez-vous comme celui qui aura lieu ce 17 mars sont cruciaux pour le service Philatélie ; mais ils ne doivent pas pour autant faire oublier le travail qui s’effectue tout au long de l’année, sous l’impulsion des bénévoles mobilisés pour recueillir, trier et classer les timbres. Et au-delà, ce service ne pourrait fonctionner sans tous les donateurs qui permettent d’alimenter le stock de timbres, et qui doivent être chaleureusement remerciés…

Des relations de longue date

Pour aller plus loin :
RDC : fiche pays et actualité du Défap
Des timbres pour aider les étudiantes de l’UPRECO
Des bibles pour Kananga
Visite en images de l’UPRECO
Pour aider les étudiantes de l’UPRECO, vous pouvez aussi retrouver les timbres proposés par le service philatélie sur la boutique du Défap, en cliquant ici.

Le service Philatélie du Défap fonctionne grâce à trois bénévoles : Alain Gilles, Geneviève Minssen et Jean Roman, qui se retrouvent régulièrement au 102 boulevard Arago, dans un local situé un étage en-dessous du hall d’accueil du Défap. C’est là qu’ils stockent, trient et organisent les collections qui seront présentées lors de rendez-vous comme la Bourse des Collectionneurs de l’APCE. Les timbres arrivent de toute la France ; ils sont regroupés par séries identiques dans des enveloppes de cent, rangés en sacs destinés aux négociants qui les achètent au poids… Un travail de longue haleine pour les membres de ce service, qui sont régulièrement à la recherche de bonnes volontés pour les assister, soit au 102 boulevard Arago, soit pour tenir un rôle de correspondant dans leur paroisse. Les fonds ainsi récoltés servant à financer des bourses pour des étudiantes à plus de 9000 km de Paris : à Kananga, en République démocratique du Congo.

Kananga, l’ancienne Luluabourg fondée en 1884 sur la rive de la rivière Lulua, est la capitale du Kasaï-Occidental – une province enclavée, loin de la capitale Kinshasa, isolée des centres de décision par des centaines de kilomètres de routes impraticables. On n’y accède que par avion. C’est là que se trouve l’UPRECO (Université Presbytérienne du Congo), l’une des trois universités protestantes avec lesquelles les Églises de France sont en lien dans ce pays à travers le Défap. Outre la théologie, on y enseigne le droit et l’agronomie. Aussi délaissée par les autorités et privée de moyens que l’est la ville de Kananga elle-même, l’UPRECO a pourtant un rôle essentiel à jouer dans cette région extrêmement pauvre où les jeunes n’ont pas les moyens d’aller étudier dans les grandes villes plus développées. La situation est particulièrement difficile pour les étudiantes, qui vivent dans une grande pauvreté : très peu de filles ont les moyens de suivre des études, car les familles, quand elles le peuvent, choisissent de financer plutôt les études des garçons.

Les relations entre les protestants de France et cette université se sont développées suite à un séjour de professeurs français à l’UPRECO, qui sont revenus particulièrement touchés par la situation des étudiants de Kananga. Ces liens prennent aujourd’hui la forme d’un soutien direct à la faculté de théologie, d’envois d’enseignants… Ils passent aussi par des bourses d’appoint pour les étudiantes. Et voilà comment les timbres triés à Paris aident à soutenir l’Université Presbytérienne du Congo : au cours des dernières années, les revenus de la philatélie du Défap ont permis de financer en moyenne 10 bourses par an.

 

Le Défap en République Démocratique du Congo :
  Le Défap travaille en lien avec les universités protestantes suivantes:
    – L’Université Protestante au Congo – UPC (à Kinshasa);
    – L’Université Libre des Pays des Grands Lacs – ULPGL (à Goma et à Bukavu);
    – L’Université Presbytérienne du Congo – UPRECO (à Kananga).
  Toutes ces universités comportent une faculté de théologie.
  Le Défap échange avec les facultés de théologie partenaires en RDC notamment par l’envoi de professeurs et l’accueil de boursiers.

 




Centrafrique : lutter contre l’exclusion des Pygmées

Premiers habitants de la Centrafrique, et bénéficiant de la protection officielle de la Constitution de 2016 au titre de «peuple autochtone», les Pygmées qui se risquent hors de la forêt sont en butte aux discriminations, à l’exploitation et à la violence. Or la déforestation réduit leur habitat, poussant certains à se sédentariser malgré les vexations dont ils sont victimes. Des Églises ont lancé des programmes à destination des Pygmées : c’est le cas de l’Église Évangélique Luthérienne de République Centrafricaine.

Une femme pygmée à Mbanza, près d’une case traditionnelle © Valérie Thorin pour Défap

 

On connaît d’eux leurs chants polyphoniques, étudiés par des musicologues comme Simha Arom. Ils ont fasciné des spécialistes, comme ceux du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, et des passionnés de jazz : n’ont-ils pas inspiré la si caractéristique ouverture de Watermelon Man, sifflée sur des bouteilles de bière, dans l’album Head Hunters d’Herbie Hancock ? Leurs traditions orales ont été intégrées au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Ils ont été désignés «meilleurs pères du monde» par un article du Guardian. Les Pygmées sont une légende : le peuple premier par excellence, vivant au cœur de la forêt d’Afrique centrale, sans contact avec le monde.

Mais que reste-t-il en réalité de cette image pétrie d’une implicite mythologie rousseauiste ? Si l’on connaît l’existence des Pygmées Aka, on ignore en général l’évolution que subit insensiblement leur mode de vie. Car l’équilibre a depuis longtemps été rompu. Les Pygmées ne sont pas sans contacts avec les autres ethnies, loin de là. Que ce soit en République Démocratique du Congo ou en République Centrafricaine, où l’on trouve l’essentiel du peuple Aka, l’exploitation à outrance des bois exotiques fait reculer la forêt. Dans les zones non déboisées, des pistes viennent trouer la jungle. Ce qui restreint l’habitat des animaux, dont les populations se réduisent, et limite de plus en plus l’espace où se font les déplacements saisonniers des Pygmées : de chasseurs-cueilleurs et nomades, ils sont de plus en plus souvent contraints à passer à un mode de vie sédentarisé. Ils sortent de la forêt. Ils installent leurs cases de feuillages en forme de dômes, adaptées à la vie sous la canopée, aux alentours des villages des «hommes grands».

Une protection légale qui reste lettre morte

Pour aller plus loin :

Là, ils découvrent l’exclusion, les moqueries, se font exploiter par les ethnies voisines qui les considèrent comme des sous-hommes. Les vols, les meurtres, les viols sont monnaie courante, dans la plus totale impunité, parfois encouragés par des rumeurs : avoir des relations sexuelles avec une jeune fille pygmée guérirait du sida, dit-on… Lorsqu’ils vont à l’école, les enfants sont battus et mis à l’écart. «Quand ils sortent de la forêt, raconte Valérie Thorin, responsable du suivi de la République Centrafricaine au Défap, les Pygmées ont déjà entendu parler des avantages de la modernité : faire partie d’une communauté plus importante, avoir accès à l’éducation, aux soins de santé…» Mais les vexations et la violence qui les accueillent en poussent beaucoup à se réfugier dans l’alcool ; et d’autres à retourner dans la forêt, comme en témoigne Bijoux Makuta, boursière du Défap, dans sa thèse consacrée aux Pygmées de RDC, dont l’un racontait : «Nous ne pouvons pas vivre avec des gens qui ne nous aiment pas et qui se moquent de nous». Et l’instabilité récurrente de la République Centrafricaine depuis la guerre civile de 2013 a fragilisé encore plus la situation du peuple Aka. Dans un pays où l’autorité de l’État s’étend à peine au-delà de la grande banlieue de Bangui, où plus de 80% du territoire est contrôlé par des bandes armées qui rançonnent ou monnayent leur «protection», le sort des Pygmées n’émeut guère. La RCA a pris des engagements internationaux ; officiellement, la Constitution de 2016 garantit la protection des «peuples autochtones»… En réalité, ils ne bénéficient d’aucune représentation dans les instances officielles, d’aucune protection juridique, et ces textes restent sans effet.

Si les Pygmées Aka vivent encore en grande majorité dans cette forêt qui recule, que faire pour ceux qui se sédentarisent ? En premier lieu, lutter contre l’exclusion dont ils sont victimes. C’est l’un des projets de l’EELRCA (l’Église Évangélique Luthérienne de République Centrafricaine) et notamment de son président, Samuel Ndanga Toue, qui se préoccupe depuis longtemps du sort des Pygmées. Ou plutôt des «citoyens», comme on les désigne en langage administratif, plus par souci d’affirmer symboliquement leur égalité avec les autres habitants du pays que par réelle volonté de mettre fin aux discriminations.

«Il n’y a plus assez de nourriture en forêt»

«J’ai rencontré récemment les Pygmées de Mbanza : un village qui se trouve au sud de Berbérati, dans la zone diamantifère, au Sud-Ouest de la RCA», témoigne Valérie Thorin. «J’ai vu là une communauté de quelques centaines d’individus. Ils ont commencé à construire des cabanes en bois aux toits à deux pans, plus solides, plus adaptées à la vie hors de la forêt.» Installés là depuis des années, ils ont adapté peu à peu leur mode de vie à ce nouvel environnement : vêtements «à l’occidentale», apprentissage de la langue des G’Baya, l’ethnie principale de cette région. «Nous voulons rester, témoigne le chef du village. Il n’y a plus assez de nourriture en forêt.»

L’Église Évangélique Luthérienne, qui a édifié là un temple, envisage à terme de construire aussi une école, pour que les enfants puissent être scolarisés sans être en butte au rejet et à la violence. L’EELRCA regroupe 120.000 membres à travers 544 «congrégations» (paroisses) ; elle compte 74 pasteurs et 540 «catéchistes diplômés» ; elle est présente surtout dans la partie Ouest du pays. Elle est en lien plutôt avec des partenaires américains (ELCA) mais a entretenu aussi pendant de longues années des relations avec les protestants de France via la Colureum (Commission luthérienne des relations avec les Églises d’outre-mer), aujourd’hui intégrée au Défap. Avec l’Église Évangélique du Congo et l’Église Protestante Africaine, elle fait partie des trois Églises de cette région ayant des liens avec le Défap à avoir lancé un programme spécifique à destination des Pygmées.

Franck Lefebvre-Billiez

Pygmées devant le temple de l’EELRCA à Mbanza © Valérie Thorin pour Défap



Haïti : vivre, étudier et reconstruire après le séisme

Depuis le tremblement de terre du 6 octobre, la réponse des autorités haïtiennes est lente. La Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), partenaire privilégié du Défap dans la région, faisait partie des tout premiers intervenants sur place. Le séisme n’était pas une catastrophe majeure, et n’était en rien comparable avec la catastrophe de 2010 : la mobilisation internationale est donc restée limitée. Pourtant, les besoins sur place sont nombreux : écoles fragilisées ou qui devront à terme être rasées, matériel scolaire à remplacer… Rencontre avec Christon St Fort, directeur exécutif de la FEPH, qui évoque la situation post-séisme.

Rencontre organisée par la FEPH dans la région touchée au lendemain du séisme © FEPH

 

En Haïti, l’éducation est un secteur où les besoins sont criants : selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une petite minorité (9 écoles sur 10 sont des établissements privés); et le niveau général est tellement faible que moins de 5% d’une classe d’âge obtient le bac. Dans ce contexte, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), grâce à son réseau de 3000 écoles protestantes, revendique la scolarisation de 300.000 enfants. Elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France et où le Défap se retrouve aux côtés de divers acteurs du protestantisme français impliqués dans ce pays, comme La Cause ou la Mission Biblique.
Or de nombreuses écoles ont été détruites ou fragilisées lorsqu’un tremblement de terre de magnitude 5.9 a frappé le pays, le samedi 6 octobre à 8h12 du soir. Haïti se trouve à la frontière entre la plaque tectonique caraïbe et la plaque d’Amérique du Nord : le risque sismique y est important, et le tremblement de terre de 2010 a notamment laissé un profond traumatisme. Au cours des heures suivant la première secousse, la FEPH a lancé une mission d’évaluation dans les régions directement touchées : le nord-ouest du pays et plus particulièrement les environs de la ville de Port-de-Paix. Y participaient notamment Christon St Fort, directeur exécutif de la FEPH, et Ingrid Hardouin, chargée d’appui aux partenariats, envoyée du Défap. Un mois et demie après ce séisme, Christon St Fort évoque l’évolution de la situation sur le terrain.

 

Pour aller plus loin :

De quelle manière la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti est-elle impliquée dans la réponse au séisme du 6 octobre dernier ?

Christon St Fort : Il faut souligner tout d’abord que la FEPH a l’autorisation de la direction de la Protection civile pour intervenir directement dans les zones sinistrées. Nous avons déjà fait un premier rapport. La FEPH participe aussi aux différents groupes de travail sur la réponse humanitaire. Dans l’immédiat, nous intervenons surtout dans le domaine de l’appui psychosocial : notre première action d’envergure suite au séisme a été une formation à destination des enseignants. Un responsable du ministère de l’Éducation nationale a d’ailleurs souligné, à propos de cette formation à l’appui psychosocial, que la FEPH était la première institution à faire ce genre d’intervention dans la zone touchée par le séisme depuis le 6 octobre.

D’autres actions sont envisagées : notamment une évaluation de l’état de tous les bâtiments scolaires situés dans la région où s’est produit le séisme. Il ne suffit pas de constater qu’il y a des fissures dans un mur : il nous faut l’avis de techniciens compétents pour savoir si le mur est réparable ou si l’école, à terme, s’écroulera – et s’il vaut mieux la raser pour reconstruire. Pour faire une telle évaluation, il faut du temps et des moyens… Un autre aspect, c’est la «peur du béton» : beaucoup d’enfants craignent de retourner en classe, redoutent que le bâtiment ne s’effondre, et il nous faut des éléments pour pouvoir les rassurer.

Quelles sont les actions envisagées à moyen terme ?

L’équipe de la FEPH partant évaluer les besoins : au centre, Ingrid Hardouin, envoyée du Défap © FEPH

Christon St Fort : Il faudra réparer, bien sûr, là où c’est possible ; et pour les écoles qui se révéleront trop endommagées, il faudra reconstruire. Ce qui supposera dans un premier temps de monter des classes transitoires en structures légères : car reconstruire en dur prend du temps, et il faut bien que les élèves puissent poursuivre leur scolarité. Une autre action d’envergure sera l’information sur les risques naturels. La FEPH est déjà impliquée dans des campagnes d’éducation à la gestion des risques et des désastres : il s’agit de sensibiliser à la fois les enseignants et les élèves aux conduites à tenir en cas de catastrophe naturelle. Haïti est un pays particulièrement exposé, qu’il s’agisse de tremblements de terre ou de cyclones. On sait bien qu’il y aura d’autres séismes. Or si les enfants ne sont pas bien formés, ils ne peuvent pas savoir quel comportement adopter en cas de catastrophe. Voilà pourquoi la FEPH tient particulièrement à développer ces formations dans les écoles.

Enfin, au-delà des bâtiments, il y a tout le matériel scolaire à reconstituer : il faut aider les familles dont les enfants n’ont plus d’affaires de classe, fournir du matériel scolaire aux enseignants quand le leur a été détruit… Ce ne sont pas les projets qui manquent.

Où en est la réponse des autorités haïtiennes face aux conséquences du séisme ?

Christon St Fort © FEPH

Christon St Fort : Elle est plutôt lente. L’État haïtien s’avère malheureusement dépassé par les événements. Il faut dire que la situation politique n’est pas favorable. Actuellement, il y a des mouvements de protestation dans tout le pays contre le gouvernement en place. La première raison, ce sont les soupçons de corruption : les dirigeants actuels, mais aussi leurs prédécesseurs, sont soupçonnés d’avoir dilapidé les fonds du programme PetroCaribe. C’est un accord régional entre les pays des Caraïbes et le Venezuela, dans lequel Haïti est partie prenante, et qui permet d’obtenir du pétrole vénézuélien à des conditions préférentielles – notamment avec un système de paiements échelonnés. Or 3,8 milliards de dollars affectés à ce programme, et correspondant à des prêts accordés par le Venezuela sous forme de vente à crédit de carburant, remboursables sur vingt-cinq ans avec un taux d’intérêt de 1% par an, semblent avoir disparu… La deuxième raison, liée à la première, ce sont les voix qui s’élèvent au sein de l’opposition au président haïtien, Jovenel Moïse, pour réclamer son départ. Ceux qui avaient protesté contre son arrivée à la présidence voient aujourd’hui, dans le scandale PetroCaribe, un moyen de l’obliger à partir. Le 17 octobre dernier, il y a eu à Port-au-Prince une très grande manifestation contre la corruption. Le 18 novembre, jour de fête nationale, l’opposition a organisé de nouveaux défilés, il y a eu plusieurs morts ; et depuis le pays est bloqué. J’ai vu Port-au-Prince devenir une ville morte pendant plusieurs jours. Les banques restent fermées, tout comme les administrations et les commerces, les transports sont bloqués… Bien évidemment, dans un tel contexte, la FEPH elle aussi a dû reporter certaines de ses activités.

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez

Le Défap et la Plateforme Haïti

Des liens privilégiés existent de longue date entre la Fédération protestante de France (FPF) et la Fédération protestante d’Haïti (FPH). Le passage de quatre tempêtes dévastatrices sur le territoire haïtien en 2008 (Fay, Gustav, Hanna et Ike) s’était traduit par la création de la Plateforme Haïti, regroupant divers acteurs du monde protestant sous l’égide de la FPF. En 2010, au moment du tremblement de terre qui devait faire plus de 230.000 morts, les réseaux protestants étaient donc bien en place, et la solidarité avait trouvé rapidement des canaux pour s’exprimer. Le président actuel de la Plateforme Haïti est le pasteur Rodrigue Valentin, de l’Église du Nazaréen, et sa coordination administrative est assurée par le Défap. La Plateforme rassemble les acteurs suivants :

 




Bangui : les images de la visite commune Défap-Cevaa

Cette visite, qui a eu lieu au début du mois de décembre, a permis de faire le point sur les projets d’accompagnement de l’Église Protestante Christ-Roi de Centrafrique – notamment l’accompagnement pastoral et le soutien à la cellule d’écoute psychologique destinée aux victimes de violences. Elle s’est aussi traduite par des rencontres, comme celle qui a eu lieu avec l’archevêque Nzapalainga, qui continue à plaider l’apaisement en dépit du retour des violences à travers le pays. Retour en images.

Un pays à reconstruire

Les troubles des années 2013-2014 ont laissé des traces profondes ; à Bangui, l’Église Protestante Christ-Roi de Centrafrique s’efforce, avec le soutien du Défap et de la Cevaa, de construire ou reconstruire des lieux pour préparer l’avenir du pays. Les premières photos sont consacrées au Centre protestant pour la Jeunesse, un grand complexe de bâtiments à Bangui qui appartient à l’EPCRC : pillé et dégradé tout particulièrement pendant la période 2013-2014, il doit être sécurisé pour pouvoir éviter tout risque de nouveaux pillages et être utilisé de nouveau : d’où les murs et la guérite… Les travaux sont presque achevés. Autre lieu où les efforts de construction progressent : Morija, où le Défap et la Cevaa ont financé notamment la construction d’une école, qui accueille 200 élèves aujourd’hui. Mais un simple trajet dans Bangui révèle l’ampleur de la tâche…

Ceux qui travaillent pour la paix

En dépit de la résurgence des troubles, et des craintes de nouveaux affrontements interconfessionnels et intercommunautaires, des hommes et des femmes affirment la nécessité pour les Centrafricains de s’unir pour reconstruire leur pays. Le Défap et la Cevaa travaillent dans le même sens en soutenant les initiatives de l’Église Protestante Christ-Roi de Centrafrique et en l’accompagnant. Les images suivantes montrent tout d’abord Bernard Croissant, pasteur français à la retraite qui a assuré la mission d’accompagnement pastoral de l’EPCRC, ainsi que son épouse, Katy Croissant ; Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap ; le Dr Mathilde Guidimti, qui dirige un hôpital, et Brigitte Oundagnon, qui intervient avec le Réseau des femmes croyantes et médiatrices pour la paix auprès des femmes centrafricaines traumatisées par les troubles qui ont touché le pays. On y voit encore une rencontre avec l’archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga ; avec les femmes de la cellule d’écoute psychologique de l’EPCRC ; des membres du conseil presbytéral de l’Église de Bangui, le directeur de l’école de Morija, le groupe des femmes de l’EPCRC, ainsi que Teddy Dila-Ngambsso, responsable Jeunesse de l’EPCRC, avec son épouse, entourés par les époux Croissant et Anne-Sophie Macor, secrétaire exécutive de la Cevaa chargée du pôle Projets – Échanges de personnes…

Ouvrir sur l’avenir

La visite commune Cevaa-Défap à Bangui a permis de faire le point sur la mission d’accompagnement pastoral : le thème a été abordé avec le conseil presbytéral de l’EPCRC. Ce séjour a aussi été marqué par une conférence donnée à la Fateb (Faculté de Théologie Évangélique de Bangui) par le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, sur le thème « Espérer contre toute espérance », qui a été un moment fort. Autre encouragement : les élèves de l’école de Morija. Ils font partie de cette nouvelle génération que l’on forme aujourd’hui et qui, demain, donnera un avenir à la RCA…




PREVENOH : Un projet au service des enfants d’Haïti

Cette initiative qui s’étend sur douze mois, a permis de contribuer à réduire les risques et désastres dans les communautés scolaires du Nord et du Nord-Est d’Haïti par la formation et l’entrainement des équipes pédagogiques et des écoliers.

Ce projet s’articule autour de trois axes : la formation, l’extension du système d’alerte par SMS et l’évaluation technique du bâtiment du bureau régional du Nord – Nord-Est.

La formation a concerné 3 formateurs départementaux, 32 formateurs communaux, 966 maitres et directeurs d’école et 26 533 écoliers.

 

La Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH)

La Fédération des écoles protestantes d’Haïti (FEPH) coordonne les écoles (premier et deuxième cycle) de ses membres (églises et missions) avec un ’organisation décentralisée qui permet de mieux suivre les réalités locales.
Avec plus de 3 000 écoles accueillant 300 000 élèves environ, elle travaille pour améliorer la qualité de l’éducation. Bien que les écoles coordonnées soient privées et confessionnelles Près de 30 % des enfants haïtiens sont ainsi scolarisés, sans distinction de sexe et de religion. Défendant et promouvant le droit de tous les enfants à une éducation de qualité et pérenne, la Fédération élabore des programmes et projets répondant aux besoins éducatifs des enfants vulnérables, orphelins et en grande difficulté financière, qui constituent son public cible. Ainsi, des enfants vulnérables sont accueillis dans des écoles protestantes, souvent vulnérables elles-mêmes.

Des Facilitateurs Locaux de Protection de l’Enfant en formation

Bureau régional de la FEPH, Cap-Haïtien, Nord. (2017, DR)

 

La formation des formateurs

La formation du projet de réduction de la vulnérabilité des écoliers dans le Nord d’Haïti (PREVENOH), d’une durée de 30 heures, traite des phénomènes naturels, des catastrophes naturelles, du cycle de gestion des risques et désastres, de la communication en situation d’urgence et du système d’alerte scolaire, des techniques d’évacuation, de premiers soins et de secours, ainsi que de l’évaluation rapide en éducation en situation d’urgence.

Aujourd’hui, plus d’une trentaine de formateurs départementaux et communaux sont opérationnels.
L’accueil des participants en internat et non en externat s’est avéré très efficace : éloignement de la famille et rupture avec le quotidien permettant une meilleure concentration, ponctualité des participants. Cette pratique pourrait être reproduite dans d’autres projets et d’autres régions.

 


Des formateurs communaux lors d’un exercice de simulation.
Ecole Fondamentale d’Application-Centre d’Appui Pédagogique (EFACAP),
Fort-Liberté, Nord’Est. ( 2017, DR)

 

Haïti : former, informer, soigner

Dans le cadre du projet de réduction de la vulnérabilité des écoliers dans le Nord d’Haïti (PREVENOH), les écoles ont reçu un certain nombre d’outils pour former, informer et soigner :

  • 60 unités de planches pédagogiques utilisables par les enseignants et 4 082 exemplaires de livrets de sensibilisation à distribuer aux élèves des téléphones portables évitant l’isolement.
  • 64 unités de kit de premiers soins contenant des pansements, de la Bétadine, des gazes, de la pommade contre la douleur, des antibiotiques, des ciseaux et des gants, un thermomètre, des comprimés (contre la douleur, la fièvre, la diarrhée, la nausée), des couvertures de secours, …

Des outils indispensables qui, conjugués à la formation, permettront de mieux gérer les crises.

 

Contre les violences à l’Ecole

Les facilitateurs locaux de protection de l’enfant ont participé à un atelier sur les alternatives aux châtiments corporels en vue de réduire les violences faites aux enfants en salle de classe sous prétexte de les discipliner. Cet atelier a débouché sur des alternatives telles que les retenues, des lignes à copier, les privations de récréation, de jeux, l’interdiction d’aller dans certaines salles, les réparations (nettoyer ce qu’on a sali) …

Toutes ces mesures disciplinaires doivent figurer dans les règlements de l’école élaborés avec la participation des élèves. Cette intervention s’inscrit aussi dans le cadre de la mise en place prochaine du programme d’Action contre les violences à l’école haïtienne (ACVEH) par le ministère de l’Education nationale et de la formation professionnelle (MENFP) auquel la FEPH contribue techniquement.


Des formateurs communaux lors d’une session basée sur le jeu éducatif «Tè malè».
Ecole Fondamentale d’Application-Centre d’Appui Pédagogique (EFACAP),
Fort-Liberté, Nord’Est. ( 2017, DR)




Objectif Tunisie

Depuis de nombreuses années, le Défap collabore avec l’Eglise Reformée de Tunisie (ERT) et d’autres partenaires pour des actions sociales et culturelles. Du 7 au 13 décembre dernier, Laura Casorio, la secrétaire exécutive en charge des envoyés, était en déplacement en Tunisie pour rencontrer ses envoyés et ses partenaires présents sur place.

Visite de l’école Kallaline

Située à Tunis, l’école privée Kallaline bénéficie d’un accompagnement constant du service protestant de mission, dans le cadre de l’enseignement et de l’animation autour de la langue française. Anciens envoyés du Défap, Bernhard et Michèle Reiss, sont aujourd’hui chargés de la direction et de la gestion de l’école. Ils peuvent s’appuyer sur une équipe internationale composée de professionnels, volontaires et animateurs. En partageant leurs cultures d’origine, ils contribuent grandement aux activités scolaires et extra-scolaires de l’établissement.

 


Classe de l’école Kallaline, décembre 2016, DR

 

L’ERT et le protestantisme tunisien

Née suite à une action de l’aumônerie militaire et des familles d’expatriés de la communion luthéro-réformée, l’ERT réunit aujourd’hui le protestantisme local en fédérant les différentes communautés qui se retrouvent pour des activités et des cultes en différentes langues (français, anglais et arabe).

L’équipe pastorale est composée de pasteurs américains, français, congolais et rwandais.
Le quotidien de l’ERT est fait de rencontres, d’accompagnements et de formation continue pour ses membres.

 


Freddy Nzambe, pasteur de l’ERT
et Michèle Reiss de l’école Kallaline, décembre 2016, DR

 

Une présence discrète mais en constante augmentation

Comme d’autres Eglises locales, l’Eglise Reformée de Tunisie connait depuis quelques années une large croissance, liée à l’immigration importante de différentes communautés. Chaque année, elle est en effet témoin des arrivées et des départs de ses membres, originaires principalement de l’Afrique subsaharienne et issus de différentes paroisses protestantes.

 

Le culte : un lieu de rencontre pour les jeunes Tunisiens

A la différence des églises protestantes européennes, la moyenne d’âge de fréquentation de l’ERT atteint à peine la trentaine. Les participants au culte sont étudiants et ont moins de 30 ans. Le culte hebdomadaire est alors pour cette jeune communauté un lieu de rencontre et de transmission incontournable.

 

 




L’enseignement : un enjeu primordial pour le Défap

Les 19 et 20 avril 2016 s’est tenu le bureau du RIEP (Réseau International de l’Enseignement Protestant) en présence de trois de ses membres et de deux représentants du Défap. A l’ordre du jour, l’évolution du RIEP et une intervention de Sophia Bazille sur le montage d’un dossier de subvention.

Pour la deuxième année consécutive, le bureau du RIEP s’est réuni à Paris. Trois de ses quatre membres étaient présents : Samuel Mutabazi (Rwanda), Jean Kaseréka (République Démocratique du Congo ; nord Kivou) et Christon St Fort (Haïti ; directeur de la Fédération de l’Enseignement Protestant en Haïti).

 

Bureau du RIEP, DR

Bureau du RIEP, DR

 

Ce bureau a permis de faire le bilan de l’année écoulée suite à l’Assemblée générale de mars. Après le bilan, les membres ont échangé sur les perspectives d’évolution (nouveaux membres, nouveaux pays, plan d’action 2016-2018, aspects financiers…).

Comme l’année dernière, cette réunion a été l’occasion d’une intervention sur un thème d’actualité. Après la question des pédagogies de la paix en 2015, le sujet abordé cette année était plus pratique puisqu’il s’agissait du montage d’un dossier de subvention.

 

De l’idée à la réalisation d’un projet

 

Parce qu’il n’est pas toujours facile de concrétiser un projet, Sophia Bazile, ancienne envoyée du Défap à Madagascar et spécialiste en la matière, est venue apporter ses connaissances et témoigner de son expérience.

Formée à la « Gestion du Cycle des Projets », elle a présenté les étapes indispensables à la construction d’un projet pérenne : l’élaboration d’un cahier des charges, l’analyse des coûts, la planification, le pilotage et le contrôle…

Des éléments importants sont ressortis de la présentation : anticiper les moindres détails, bien connaître le contexte, avoir une réelle vision de la faisabilité et de la viabilité du projet, penser au co-financement, bien former les équipes locales, évaluer l’impact du projet et sa pérennité.

Une présentation très concrète source de nombreux échanges qui ont pointé la différence entre théorie et pratique. Les membres du bureau ont notamment insisté sur les spécificités de chaque projet qui nécessite de s’adapter, de travailler au cas par cas, d’intégrer la différence projet à court, moyen ou long terme.

 

Les projets du RIEP

 

Le RIEP est porteur de divers projets pour le Défap, nous vous en parlions sur le site il y a peu de temps. Il regroupe aujourd’hui seize départements d’enseignement protestant dans le monde, avec un idée phare : promouvoir une éducation de qualité.

Ses projets actuels portent plus précisément sur la pédagogie de la paix et l’environnement, avec la volonté d’impliquer les communautés locales, pour apprendre « autrement » (moins de compétition, plus d’entraide…).

 

Durant ces deux jours de travail, une bonne ambiance a régné, avec des personnes d’horizons différents, présents pour faire évoluer le programme dans la bonne direction.

 




Le Défap au Congo : projets en cours

Du 3 juin au 10 juin 2015, le pasteur Jean-Luc Blanc s’est rendu au Congo pour une mission de suivi de l’ensemble des projets du Défap dans ce pays. Retour sur les partenariats les plus importants.

Les centres de santé

 

L’enjeu est de finaliser la mise en place d’une formation de sensibilisation à la lutte contre le VIH SIDA pour les personnes travaillant dans tout le département de santé de l’Eglise. C’est un programme où le Défap est impliqué depuis le début, surtout par des formations pour des bénévoles, des pasteurs, et tous ceux qui font de la prévention et mettant en place des cellules d’écoute et d’accompagnement des malades atteints du VIH (dans chaque ville ou paroisse).

Le Défap a également pour projet de renvoyer des services civiques dans les centres de santé de l’Eglise Evangélique du Congo (il existe en tout seize centres). Il est prévu que deux services civiques travaillent dans trois centres de santé sur Brazzaville et Pointe Noire.

Une nouvelle formation en petits groupes verra le jour en novembre dans trois endroits (Brazzaville, Pointe Noire et Ngouedi), demandant ainsi moins de déplacements de la part des personnes formées. Elle sera assurée par les membres de l’organisme « Chrétiens et SIDA » et l’association « Signe-de-vie-Sida ».

 

Carte du Congo (Source : Google Maps)

 

L’Action évangélique pour la paix (AEP)

L’AEP, ou Action Evangélique pour la Paix, est une association liée à l’Eglise protestante mise en place avec le Défap et l’école de la paix de Grenoble. Cet organisme travaille sur la pédagogie de la paix et la promotion d’une culture de la paix dans les écoles et les Eglises. L’AEP est aussi membre du PCPA Congo, le programme concerté pluri-acteurs dont le Défap est également membre.
Le projet actuel, qui est aussi le dernier financé par le Défap, pose la question de la continuité : comment pouvons-nous pérenniser cette action au Congo alors que le financement touche à sa fin ? La recherche de nouveaux partenaires est donc indispensable.

 

Scolarisation des enfants sourds

Le projet de scolarisation des enfants sourds (mettre lien vers article) se poursuit. A partir de la rentrée, huit enseignants seront suffisamment formés pour prendre en charge une classe avec des enfants sourds. Toutefois, leur formation n’est pas encore achevée. Ils pourront commencer à mettre en place ce qu’ils ont appris, mais les enfants seront dans des classes spécialisées. Il faudra attendre encore un peu pour les voir dans des classes dites ‘classiques’.

Ecole de Owendo, Congo

 

La faculté de Théologie

Le Défap travaille également avec la faculté de théologie de Brazzaville.
Sur place, le but était de faire le point sur le partenariat entre cette faculté et celle de Strasbourg. Pour cela, le doyen de la théologie de Brazzaville est en ce moment en France, et, c’est en automne prochain que celui de Strasbourg ira à Brazzaville, pour qu’ils puissent ainsi finaliser leur partenariat.

 

En outre, deux sujets reviennent dans toutes les discussions : le premier concerne l’avenir du président de la république, Denis Sassou Nguesso. Va-t-il se maintenir au pouvoir, au moyen d’un changement de constitution ou y aura-t-il une alternance ? Le second sujet, lui, recouvre la question de la bénédiction des couples de même sexe débattue et autorisée lors du dernier synode de l’EPUdF.

 




Des Bibles pour la mission

Le « projet NBS » s’appuie sur un constat simple : dans les Églises du Sud, les outils théologiques manquent souvent pour les pasteurs et les évangélistes. D’où cette initiative du Défap lancée dès 2007 et combinant la diffusion d’exemplaires de la « Nouvelle Bible Segond » avec l’envoi d’enseignants et l’organisation d’ateliers. Après le succès d’une première phase de diffusion de 1500 Bibles « NBS », le Défap renouvelle l’opération.

Depuis 2007, le constat n’a pas changé. Dans beaucoup d’Églises du Sud, la bibliothèque théologique personnelle des pasteurs, prédicateurs et évangélistes se limite régulièrement à un seul ouvrage : une Bible, souvent d’une édition modeste. Ceux qui achètent quelques livres durant leurs études doivent généralement les revendre au moment où ils terminent. Or, il existe une Bible d’étude dans la version NBS (Nouvelle Bible Segond) qui intègre de nombreuses aides pour un travail exégétique, historique, théologique. C’est précisément cet outil très complet – avec introductions détaillées, notes exégétiques, tableaux et encadrés thématiques, cartes, index détaillé et concordance – que le Défap contribue à diffuser, grâce à un partenariat avec l’Alliance biblique française et au soutien financier de ses Églises membres. En l’accompagnant de l’envoi d’enseignants et de la mise en place d’ateliers, aidant ainsi à la transmission de l’Évangile, au soutien à la formation biblique, ainsi qu’au renforcement des liens ecclésiaux dans l’espace francophone.

Un « passeport vers la fraternité »

La première phase de ce « projet NBS » a permis de diffuser 1500 Bibles. La « NBS », édition d’étude personnalisée pour le Défap, a déjà été distribuée en de nombreux endroits, notamment au Cameroun, au Congo, au Sénégal, au Bénin, à Madagascar, au Rwanda, en Tunisie… Une deuxième phase portant sur un nombre équivalent a d’ores et déjà été lancée par le Défap, devant l’accueil très favorable reçu dans les Églises du Sud. De nombreux organismes de formation (instituts bibliques et facultés de théologie) ainsi que des Églises ont d’ailleurs demandé à ce que ce programme continue. Ce dont témoigne un étudiant qui a bénéficié au Sénégal du programme de diffusion de Bibles NBS et des formations qui y étaient associées :

« Il reste des besoins non pourvus »

 

La Bible d’étude NBS est ainsi apparue, lors de cette première opération, comme un outil dont les bénéficiaires ont apprécié la qualité et l’utilité pour la lecture dans un cadre académique ou pour le travail pastoral. Les ateliers ou séminaires de formation ont permis des échanges souvent très riches, les animateurs des sessions (professeurs ou biblistes) revenant souvent impressionnés par le désir d’apprendre des étudiants, par leur curiosité et par la pertinence de leurs réflexions.Comme le soulignait dès 2007 Marc Frédéric Müller, ancien Secrétaire Exécutif du Défap, à l’époque en charge du projet des NBS : « Aujourd’hui la Bible, porteuse de paroles qui font vivre, ne cesse de nourrir la foi de tous ceux qui s’engagent, à la suite du Christ ; elle est offerte pour l’édification de l’Église universelle qui préfigure de bien des manières le Royaume à venir. Plus nous serons enracinés dans le témoignage des prophètes et des apôtres, plus nous serons capables de nous ouvrir aux réalités des autres, à leur culture et à leur langage, à leur souffrance et à leur espérance. Dans un monde où les frontières des hommes sont parfois un empêchement à la rencontre, la Bible est un passeport, marqué du visa de la grâce, qui nous donne de lever les barrières posées en travers des chemins de fraternité. »

30 euros par Bible, frais d’envoi inclus

Un « passeport vers la fraternité » qui revient à un maximum de 30 euros pièce : c’est ce que représentent le coût de la Bible elle-même, et les frais d’envois (qui peuvent varier selon les pays). Pour avoir une idée de la qualité de l’ouvrage distribué, en voici un exemple disponible en ligne (disponible à partir du site spécialisé « La Nouvelle Bible Segond – édition d’étude ») :