Comment se tenir devant Dieu ?

Méditation du jeudi 24 octobre 2019. Nous prions pour nos envoyés à Madagascar.

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Jésus dit la parabole suivante à l’intention de ceux qui se croyaient justes aux yeux de Dieu et méprisaient les autres :
« Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était Pharisien, l’autre collecteur d’impôts. Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même :
« O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, mauvais et adultères ; je te remercie de ce que je ne suis pas comme ce collecteur d’impôts. Je jeûne deux jours par semaine et je te donne le dixième de tous mes revenus. »
Le collecteur d’impôts, lui, se tenait à distance et n’osait pas même lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine et disait :
« O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur. »
Je vous le dis, ajouta Jésus, cet homme était en règle avec Dieu quand il retourna chez lui, mais pas le Pharisien. En effet, quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »

Luc 18,9-14

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Attitude bien humaine que celle de ce pharisien faisant le compte de ses mérites devant Dieu et, surtout, éprouvant le besoin de rabaisser autrui pour s’élever lui-même. Nous-mêmes utilisons bien souvent cette arme pour tenter de nous prouver que nous sommes des gens bien. On connaît le célèbre dicton : « Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console. » Ce à quoi Jésus a bien répondu avec la parabole de la paille que nous voyons dans l’œil de notre voisin en ignorant la poutre qui est dans le nôtre.

A l’inverse le collecteur d’impôts, qui pour de nombreuses raisons n’a pas bonne presse auprès de ses concitoyens, vit une vraie crise de conscience devant Dieu. Il se montre tel quel, et appelle à l’aide un Dieu paternel et miséricordieux. Et là nous sommes au cœur de ce que le christianisme a de meilleur : l’humilité qui ouvre à la grâce, la faiblesse qui devient force, la promesse qu’aucune situation n’est irrémédiable, car l’amour de Dieu est plus fort que tout.

Mais avons-nous le cœur assez simple pour accepter ce trésor et en témoigner autour de nous ?

 

Nous prions pour nos envoyés à Madagascar.

Viens mon Dieu
Viens dans notre obscurité
Dans notre nuit noire
Dans notre cœur en recherche
Dans nos pensées et nos doutes

Viens mon Dieu !
Viens avec une lumière multicolore
Avec la foudre et le tonnerre
Avec joie et enthousiasme.

Viens mon Dieu !
Viens à travers la porte verrouillée
A travers le cœur fermé
A travers l’étroit passage de mes pensées

Viens mon Dieu !
Viens et fortifie ma foi
Brise mes idées conventionnelles
Casse la rigidité de ma vie
Abats les murs de mes préjugés
Déploie mes possibilités et mes talents.

Viens mon Dieu !
Viens et donne-moi la vie
Une vie nouvelle
La vie éternelle !

Au cœur de la vie, prières pour les jeunes




Une parole, une joie, un chant à partager

Méditation du jeudi 17 octobre. Nous prions pour notre envoyée au Timor oriental.

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Que la Parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse, instruisez-vous et exhortez- vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, des hymnes, des chants spirituels, chantant par grâce pour Dieu. Et quoi que vous fassiez en parole ou en œuvre, faites-tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâces, par lui, à Dieu le Père.

Colossiens 3,16-17

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Méditation donnée le jour du colloque du Défap, le 11 octobre 2019

Avant de nous envoyer en mission, de nous déplacer, le Christ nous appelle, nous cherche, nous nourrit, nous désaltère, nous enseigne, nous donne souffle et énergie, liberté intérieure et émotion de reconnaissance. Que sa Parole habite en nous ! Que sa Parole demeure en nous !

Recevons-nous, acceptons-nous, cette présence, en nous et entre nous ?

Nous donnons-nous le temps nécessaire, l’attention nécessaire, pour que cette Parole ruisselle en nous, depuis nos oreilles d’écoutants ou nos yeux de lecteurs, jusqu’à notre cœur, jusqu’à notre corps ? Jusqu’à notre être le plus profond, puis jusqu’à nos mains, nos bras, nos jambes ?

Nous donnons-nous le temps nécessaire, l’attention nécessaire, pour que sa Parole résonne entre nous, fécondant, transformant nos relations, faisant de nos communautés des points de lumière dans la cité et dans le monde ? Nous laissons-nous vraiment habiter, travailler, puis envoyer, par la Parole du Christ ? Acceptons-nous son insistance dans notre vie ? Acceptons-nous sa joie dans notre vie ?

Cette joie qui fait chanter psaumes, hymnes, chants spirituels, actions de grâce !

Cette joie que la Parole du Christ fait en nous. C’est joie qu’elle doit faire. Joie c’est-à-dire quelque chose de chaud dans l’âme, quelque chose de plus humain, joie frémissante, fragile et imprenable. Joie mystérieusement inextinguible, qui résiste au mal et au malheur, au doute et aux échecs. Joie qui se chante ! Joie forte et paisible, certaine d’elle-même car c’est la joie de Dieu ayant rencontré des cœurs humains pour l’accueillir.
Mais alors cette joie grossit et jaillit, cette joie exige d’être manifestée, exprimée, répandue, partagée. Cette joie veut gagner, nourrir, désaltérer, consoler, enchanter d’autres cœurs humains…urbi et orbi, de génération en génération. Notre mission c’est de vivre, porter, partager, cette joie.
AMEN

 

Nous prions pour notre envoyée au Timor oriental.

Seigneur, donne-nous de voir les choses à faire sans oublier
Les personnes à aimer,
Et de voir les personnes à aimer sans oublier les choses à faire.

Donne-nous de voir les vrais besoins des autres.
C’est si difficile de ne pas vouloir la place des autres,
De ne pas répondre à la place des autres,
De ne pas décider à la place des autres.
C’est si difficile, Seigneur,
De ne pas prendre ses désirs pour les désirs des autres,
Et de comprendre les désirs des autres quand ils sont si différents des nôtres

Seigneur, donne-nous de voir ce que tu attends de nous parmi les autres.
Enracine au plus profond de nous cette certitude
Qu’on ne fait pas le bonheur des autres sans eux…

Seigneur, apprends-nous à faire les choses en aimant les personnes.
Apprends-nous à aimer les personnes pour ne trouver notre joie
Qu’en faisant quelque chose pour elles,
Et pour qu’un jour elles sachent que Toi seul, Seigneur, es l’Amour.

Norbert Segard (1922-1981) physicien et homme politique français




Faire un détour pour dire sa joie et sa reconnaissance !

Méditation du jeudi 10 octobre 2019. Nous prions pour nos envoyés au Cameroun.

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Tandis que Jésus faisait route vers Jérusalem, il passa le long de la frontière qui sépare la Samarie et la Galilée.  Il entrait dans un village quand dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance et se mirent à crier : « Jésus, Maître, aie pitié de nous ! » Jésus les vit et leur dit : « Allez vous faire examiner par les prêtres. » Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris. L’un d’entre eux, quand il vit qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à haute voix. Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et le remercia. Cet homme était Samaritain. Jésus dit alors : « Tous les dix ont été guéris, n’est-ce pas ? Où sont les neuf autres ? Personne n’a-t-il pensé à revenir pour remercier Dieu, sinon cet étranger ? » Puis Jésus lui dit : « Relève-toi et va ; ta foi t’a sauvé. »

Luc 17,11-19

La guérison des lépreux, tableau de Niels Larsen Stevns (Skovgaard Museum, Viborg, Danemark)
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Tous sont lépreux ; tous en appellent à Jésus, tous sont envoyés par lui aux prêtres qui, selon la loi, ont la responsabilité de les déclarer, soit impurs et parias, soit guéris et réintégrables dans la société. En chemin tous sont guéris, tous doivent se réjouir, et pourtant un seul revient vers Jésus en criant sa reconnaissance vers le ciel. Cet homme reconnaissant, c’est un samaritain, comme si son statut religieux et social problématique lui donnait une sensibilité particulière à cette grâce de Dieu qui se dit à travers une guérison.
Nous qui nous savons pécheurs, à la fois bons et mauvais, purs et impurs, sans doute trouvons-nous naturelle l’heureuse gratitude du samaritain ! Car nous l’éprouverions ; du moins nous pensons que nous l’éprouverions à sa place.

Alors pourquoi les neuf autres n’agissent-ils pas de même ? Réalisent-ils qu’ils sont guéris ? Le vivent-ils comme un dû ? Ou simplement comme un événement inexplicable ? Alors ils n’ont rien de plus pressé que de retourner à une « vie normale », après avoir accompli le rituel religieux nécessaire. Ils n’ont même pas idée d’un retour ou d’un détour spirituel pour exprimer leur joie d’être guéris.

Or si neuf des dix lépreux se comportent ainsi, il n’est pas impossible que nous fassions parfois partie du nombre, plutôt que d’incarner l’exception.

Pourtant il n’y a pas de plus grand bonheur que d’exprimer reconnaissance et gratitude, louange et action de grâce. Dieu ne nous doit rien, il nous donne tout. Il ne nous demande pas d’être soumis à sa puissance, mais d’être heureux de son amour. Et de le lui dire, sur tous les tons, en priant et en chantant ! C’est cela la foi !

 

Nous prions pour nos envoyés au Cameroun

Apprends-moi, Seigneur, à dire merci…

Merci pour le pain, le vent, la terre et l’eau.
Merci pour la musique et pour le silence.
Merci pour le miracle de chaque nouveau jour.

Merci pour les gestes et les mots de tendresse.
Merci pour les rires et les sourires.
Merci pour tout ce qui m’aide à vivre
malgré les souffrances et les détresses.
Merci à tous ceux que j’aime et qui m’aiment.

Et que ces mille mercis
se transforment en une immense action de grâces
quand je me tourne vers Toi,
la source de toute grâce
et le rocher de ma vie.

Merci pour ton amour sans limite.
Merci pour la paix qui vient de Toi.
Merci pour le pain de la Cène.
Merci pour la liberté que Tu nous donnes.

Avec mes frères et sœurs je proclame ta louange
pour notre vie qui est entre tes mains,
pour nos âmes qui Te sont confiées,
pour les bienfaits dont Tu nous combles
et que nous ne savons pas toujours voir.

Dieu bon et miséricordieux,
que ton nom soit béni à jamais.

Jean-Pierre Dubois-Dumée




Pour la foi, comme pour le service, gardons-nous du zèle !

Méditation du jeudi 3 octobre 2019. Nous prions pour notre envoyé au Togo et sa famille.

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Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente notre foi. » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous pourriez dire à cet arbre, ce mûrier : « Déracine-toi et va te planter dans la mer», et il vous obéirait. »

« Supposons ceci : l’un d’entre vous a un serviteur qui laboure ou qui garde les troupeaux. Lorsqu’il le voit revenir des champs, va-t-il lui dire : « Viens vite te mettre à table » ? Non, il lui dira plutôt : « Prépare mon repas, puis change de vêtements pour me servir pendant que je mange et bois ; après quoi, tu pourras manger et boire à ton tour. » Il n’a pas à remercier son serviteur d’avoir fait ce qui lui était ordonné, n’est-ce pas ? Il en va de même pour vous : quand vous aurez fait tout ce qui vous est ordonné, dites : « Nous sommes de simples serviteurs ; nous n’avons fait que notre devoir. » »

Luc 17,5-10

The Pharisees and the Sadducees Come to Tempt Jesus – J.J. Tissot – Brooklyn Museum © Wikimedia Commons

 

Même proches de Jésus, vivant en sa quotidienne compagnie, les disciples de Jésus, déjà nommés apôtres – c’est-à-dire envoyés- expriment cette inquiétude de certains croyants : ne pas croire comme il faut, ne pas croire suffisamment, être tièdes là où Dieu nous voudrait brûlants !

D’où cette demande à la fois agaçante et touchante de maladresse : « Augmente notre foi ! »

La réponse de Jésus est pleine d’humour et de vérité. Là où l’on demande du plus il propose du moins : la taille d’un grain de moutarde ! Et surtout il montre l’inanité, voire le danger d’une vision utilitaire de la foi. Car contrairement à ses propres actes d’autorité, qui visent toujours la guérison du prochain, la nourriture des humains, le salut, celui qu’il évoque est complètement absurde : ordonner à un arbre son déracinement pour son ré-enracinement dans la mer.

Pour la foi, comme pour le service, il semble très important de se garder du zèle. De même que le serviteur doit être simplement heureux de n’avoir fait que son devoir, le croyant devrait se réjouir de vivre une simple relation de confiance avec son Dieu. Dans les deux cas il ne s’agit ni de faire ni de prouver par des actions d’éclat, mais d’être ! Soyons serviteurs, soyons croyants, comme le Christ, car tel il s’est voulu ! Et c’est la joie quotidienne qu’il nous propose pour notre vie et celle du monde.

 

Nous prions pour notre envoyé au Togo et sa famille en partageant cette prière d’une femme camerounaise :

Je suis une femme forgée à l’image de Dieu
Pleine de qualités et de dignité
Créée par la main de Dieu
Appelée à la vie par le souffle de Dieu.

Moi, une femme,
Mère de tant d’enfants
Mère de présidents et de travailleurs
Mère de serviteurs et de ministres
Mère de rois et de sujets
Mères de reines et de servantes
Mère d’idiots et de sages

Moi, une femme
Productrice cuisinière ménagère
Je prodigue les soins
Je veille la nuit
Je peine du matin au soir
Je sème et je récolte brûlée par le soleil
Je transporte de lourds fardeaux sur des chemins brûlants
Je ramène mon chargement à la maison pour nourrir les miens.

Moi une femme
Clef de voûte de la famille
A la fois aimée et exploitée
Protégée et soumise
On me caresse et on me bat
Tour à tour indispensable et abandonnée
Moi une femme
Seigneur c’est toi qui m’as créée.

Tu me connais
Tu m’appelles par mon nom.
Toi tu m’entends quand les autres refusent d’écouter.
Toi tu me comprends quand les autres ne veulent pas comprendre.
Mes difficultés tu les connais.
Mes larmes tu les vois
Mes soupirs tu les entends
Tu es tout pour moi
Auprès de toi il y a l’espoir
En toi je remets ma confiance.

Moi, ta femme !

(Prière de Grâce Enémé , qui a été insérée dans le film «  Moi, Na Lydia, une femme ».
in : Paroles lointaines, paroles si proches, Défap
)




Le shabbat, fondement d’une écologie de partage ?

Méditation du jeudi 26 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyée au Burundi.

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N’oublie pas de me réserver le jour du sabbat. Pendant six jours, travaille pour faire tout ce que tu as à faire. Mais le septième jour, c’est le sabbat qui m’est réservé, à moi, le Seigneur ton Dieu. Personne ne doit travailler ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes animaux, ni l’étranger installé dans ton pays. En six jours, j’ai créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent. Mais le septième jour, je me suis reposé. C’est pourquoi, moi, le Seigneur, j’ai béni le jour du sabbat : ce jour est réservé pour moi.

Exode 20,8-11

Prends soin de me réserver le jour du sabbat, comme je te l’ai commandé, moi, le Seigneur ton Dieu. Pendant six jours, travaille pour faire tout ce que tu as à faire. Mais le septième jour, c’est le sabbat qui m’est réservé, à moi, le Seigneur ton Dieu. Personne ne doit travailler ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni tes autres animaux, ni l’étranger installé dans ton pays. Ainsi, ton serviteur et ta servante pourront se reposer comme toi. Souviens-toi : tu as été esclave en Égypte, et je t’ai fait sortir de ce pays avec grande puissance. C’est pourquoi, moi, le Seigneur ton Dieu, je t’ai commandé de respecter le jour du sabbat. 

Deutéronome 5,12-15

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Les deux versions du Décalogue donnent chacune une justification différente du shabbat. Dans l’Exode le respect du shabbat s’appuie sur le shabbat de Dieu, quand après avoir créé le monde en six jours il se repose le septième jour, en mettant un arrêt à sa puissance créatrice. Dans le Deutéronome, le respect du shabbat est lié à la libération du peuple hébreu qui a été esclave en Égypte. Ce shabbat a une portée universelle dans les deux cas ; il s’applique à tout le peuple, mais également aux serviteurs et servantes, aux résidents étrangers, et jusqu’aux animaux.

Au-delà du repos nécessaire et béni, considéré comme un don de Dieu, le shabbat signifie l’arrêt de toute activité manifestant la puissance humaine, c’est-à-dire tout ce qui relève de la nécessité et de la capacité créatrice, que l’être humain a la responsabilité de mettre en œuvre pendant les 6 jours de la semaine. Le shabbat est donc un temps personnel et collectif de reconnaissance et de conscience, de réjouissance et de partage. Dans le judaïsme il est considéré comme une anticipation du monde à venir.

À l’heure où l’on individualise le repos et où la raison économique pousse certains à banaliser le dimanche pour en faire un jour comme les autres, méditer sur le sens du shabbat peut s’avérer très fécond. En signifiant l’arrêt hebdomadaire du travail, en apportant un frein régulier à la consommation, en manifestant une gratuité du temps pour Dieu, pour soi et pour les autres, le shabbat nous offre un temps de libération et nous rappelle à notre vocation spirituelle. Dans la Bible, ceci est amplifié par l’application du principe shabbatique à chaque septième année, où la terre doit se reposer, et à la cinquantième année, où les lois jubilaires prescrivent la remise des dettes.

 

 

Nous prions pour notre envoyée au Burundi, et nous partageons cet hymne d’accueil du shabbat, qui fut écrit à Safed en Israël au XVIème s par Chlomo Halévi Alkabets et qui est chanté chaque vendredi soir à la synagogue.

Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée, Le Shabbat paraît, allons le recevoir!

« Observe » et « souviens-toi », ces mots, le Dieu unique
Nous les fit entendre en une unique parole,
Le Seigneur est Un, Un est son Nom,
A Lui Honneur, Gloire, Louange!

(Refrain: Viens…)

Empressons-nous à la rencontre du Shabbat,
Il est la source de bénédiction,
Consacré dès les temps les plus lointains,
But de la Création dans la première pensée du Créateur…

(Refrain: Viens…)

Sanctuaire du grand Roi, Ville Royale,
Debout, relève-toi de tes ruines !
Assez séjourné dans la vallée des pleurs :
Tu es Source des miséricordes du Dieu miséricordieux.

(Refrain: Viens…)

Secoue la poussière, debout !
Remets tes habits de fête, ô mon peuple.
Grâce au fils de Yichaï de Bethléhem,
Mon âme voit s’approcher d’elle le salut.

(Refrain: Viens…)

Réveille-toi, réveille-toi,
Ta lumière brille, lève-toi, sois illuminée !
Courage, courage, entonne un cantique !
Sur toi resplendit la gloire du Seigneur.

(Refrain: Viens…)

Pour toi plus de honte, plus d’opprobre!
Pourquoi te troubler, pourquoi te tourmenter ?
Chez toi mon peuple, pour ses humbles enfants, trouvera un asile,
Et des ruines ressuscitera la Ville rebâtie.

(Refrain: Viens…)

Ceux qui l’ont dévastée, seront foulés aux pieds,
Et tous tes adversaires mis en fuite,
Ton Dieu mettra en toi sa joie,
Comme le fiancé dans sa fiancée.

(Refrain: Viens…)

Étends-toi à droite et à gauche,
Et glorifie le Seigneur,
Grâce à celui qu’on nomme le fils de Péretz
Voici venir pour nous la joie et l’allégresse.

(Refrain: Viens…)

Viens en paix, toi qui es la couronne de ton époux,
Viens dans la joie, dans la félicité,
Au milieu des fidèles du peuple élu,
Viens, ma fiancée, viens, ma fiancée!

Refrain :
Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée,
Le Shabbat paraît, allons le recevoir!

(Traduction du Livre du Sabbat).




Le temps de la fin dans notre temps

Méditation du jeudi 19 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyée au Liban et pour les Églises.

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Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, prête comme une mariée qui s’est parée pour son mari. J’entendis du trône une voix forte qui disait : La demeure de Dieu est avec les humains ! Il aura sa demeure avec eux, ils seront ses peuples, et lui-même qui est Dieu avec eux sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Celui qui était assis sur le trône dit : De tout je fais du nouveau. Et il dit : écris, car ces paroles sont certaines et vraies. Il me dit : c’est fait ! C’est moi qui suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. Tel sera l’héritage du vainqueur ; je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Mais pour les lâches, les infidèles, les êtres abominables, les meurtriers, les prostitués, les sorciers, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre : c’est la seconde mort.
Apocalypse 21, 1 à 8

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Que ce soit dans les Évangiles ou dans l’Apocalypse, la fin des temps ne se confond pas avec un retour à l’origine, comme si s’effaçait miraculeusement l’histoire du monde et de l’humanité. Aucune idéalisation de l’innocence première au Jardin d’Eden ! Mais la vision céleste de la ville de Jérusalem, et un élan vers l’Avenir en Dieu !

Avenir qui reprend toute l’histoire mais en la purifiant, en la sortant des griffes de toutes les fatalités qui ont consacré le pouvoir du mal sur cette terre. La fin des temps, ou le temps de la fin, marque la victoire de la justice, de la bonté, de la joie ; c’est la consolation infinie des petits, des humiliés et offensés. Et le malheur de ceux qui ont commis le mal et ne se sont pas repentis. Ce temps, cette vision « eschatologique » sont fruits de l’Espérance que Dieu met au cœur des humains.

Alors nous vivons dans une double temporalité. D’une part le temps circulaire, avec le retour des jours, des semaines, des saisons, des années, de l’autre le temps directionnel, comparable à une flèche qui serait portée par la parole prophétique, et qui orienterait le regard vers le toujours nouveau. Mais pour le croyant, ces deux temps s’interpénètrent grâce à la liturgie, qui inscrit à travers ses cycles la mémoire des faits divins dans le déroulement du temps humain et cosmique.

Cette expérience liturgique régulière fait que l’espérance n’est pas orientée seulement vers les temps derniers, mais qu’elle redevient sans cesse exigence pour le temps présent. La réparation du monde, l’établissement ultime de la justice et de la paix, la consolation pour tous les affligés et offensés ne valent que s’ils fécondent la vie des humains dès aujourd’hui.

 

 

Nous prions pour notre envoyée au Liban et pour les Églises avec les mots de cette prière interreligieuse.

Ô Seigneur,

C’est dans Ton infinie miséricorde que nous cherchons le salut.
Sauve-nous et répare de Ta clémence nos imperfections
ainsi que celles de nos dirigeants et de ceux qui veillent sur nous.
Prends soin aussi de notre patrie et de tous ceux qui l’habitent,
fussent-ils musulmans ou chrétiens.

Ô Seigneur,

Toi qui règnes sur les sept cieux, du haut de Ton trône divin,
Comme Tu as choisi Marie,
que Tu as bénie entre toutes les femmes du monde,
nous Te prions de prendre le Liban et notre pays,
avec ses chrétiens et ses musulmans,
sous Ton aile bienveillante.

Pays de la convivialité islamo-chrétienne,
que le Liban soit un message adressé à toutes les nations du monde.

Purifie nos cœurs, et délivre-nous de toute rancune.
Donne-nous de triompher de nous-mêmes,
et d’aller au-delà de nos intérêts personnels,
pour n’œuvrer que pour le bien commun.
Seigneur, Toi qui entends tout,

Toi qui réponds à notre appel,
Nous Te prions de raviver en nous la mémoire de ce jour,
aussi sacré pour les musulmans que pour les chrétiens,
au Liban comme ailleurs dans le monde. Amen

Paru dans « Prions en Église » après le Synode sur le Moyen-Orient vers 2010.




Le temps du commencement !

Méditation du jeudi 12 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute l’Église.

La création d’Adam – Michel-Ange, chapelle Sixtine © Wikimedia Commons

 

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
La terre était sans forme et vide, et l’obscurité couvrait l’océan primitif. Le souffle de Dieu se déplaçait à la surface de l’eau. Alors Dieu dit : « Que la lumière paraisse ! » et la lumière parut. Dieu constata que la lumière était une bonne chose, et il sépara la lumière de l’obscurité. Dieu nomma la lumière jour et l’obscurité nuit. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la première journée. Genèse 1,1-5

Voici les origines du ciel et de la terre, quand ils furent créés.
Quand le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun buisson sur la terre, et aucune herbe n’avait encore germé, car le Seigneur Dieu n’avait pas encore envoyé de pluie sur la terre, et il n’y avait pas d’êtres humains pour cultiver le sol. Seule une sorte de source jaillissait de la terre et arrosait la surface du sol. Le Seigneur Dieu prit de la poussière du sol et en façonna un être humain. Puis il lui insuffla dans les narines le souffle de vie, et cet être humain devint vivant. Genèse 2,4-7

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Mystérieux commencement ! Rien que dans la Bible, deux versions de la création sont proposées. D’autres traditions culturelles ont aussi des récits d’origine. Manière de dire que l’humain aime à s’interroger, imaginer, raconter. Pourtant le secret de l’origine n’appartient qu’à Dieu seul, comme celui de notre conception dans le sein maternel ! Dans la tradition juive on fait remarquer que le récit de la Genèse ne commence pas par la première lettre de l’alphabet, aleph, mais par la deuxième, beth. Impossible de remonter à un moment M !

La Bible n’est pas un manuel scientifique, mais un acte de foi et une action de grâce. Les Ecritures nous portent à reconnaître que tout ce qui EST vient d’une volonté créatrice, d’un désir de vie et d’altérité ! Dieu n’a pas choisi de rester seul dans sa toute-puissance ; il a créé, appelé l’existence à l’existence ; il a voulu que la nuit parle à la nuit et le jour au jour, que les générations se succèdent, que la splendeur des cieux et des mers, des astres et des forêts, des animaux de toutes sortes réjouisse l’espace. Il a pensé le temps, il a créé l’humain animé de son souffle de vie, à son image et à sa ressemblance. Et cette création se poursuit dans les siècles des siècles, dans une dynamique d’Amour.

Chaque jour que nous vivons nous invite à la grâce du recommencement. Chaque réveil est une nouvelle naissance. Comme Jésus l’enseignait à Nicodème, nous sommes sans cesse appelés à naître de nouveau, à naître d’En Haut.

Savons-nous nous rendre disponibles à ce don ? Savons-nous prendre le temps du regard et de la reconnaissance face à la création ? Savons-nous goûter cette joie toujours renouvelée des créatures face à leur Créateur, des enfants face à leur Père ?

 

 

Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute l’Église, en partageant ces lignes du Pasteur Alain Houziaux.

Si vous vous sentez inutile, n’ayez crainte, les lys des champs le sont aussi, ainsi que les oiseaux du ciel, et bien des nocifs coûtent plus cher à la société que vous.
Si votre seule tâche d’aujourd’hui est de regarder l’arbre devant chez vous, soyez-en fier. Vous avez sans doute été le seul à le faire et cet arbre doit être regardé puisqu’il est là.
Si vous souhaitez votre mort, pensez à ceux qui, sachant qu’ils vont périr sous peu, voudraient prolonger leurs jours par une vie telle que la vôtre. Ils la trouvent infiniment précieuse et ils sont raison.
La vie est un cahier dont chaque jour tourne la feuille. Le matin vous écrirez au bas de la page encore blanche ce petit mot : Amen !
Et au-dessus de cette signature, laissez s’écrire les lignes de votre journée avec leurs pleins et leurs déliés.
Et votre consentement ôtera à ce jour son poison d’amertume.
Vous saurez que les heures de votre vie sont portées par Quelqu’un qui les veut pour vous. Faites-lui crédit ! Faites-lui confiance.

Alain Houziaux, Paraboles au quotidien.




Penser le temps !

Méditation du jeudi 5 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et les Églises.

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Tout ce qui se produit dans le monde arrive en son temps.

Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir ;
Un temps pour plante et un temps pour arracher les plantes ;

Un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures ;
Un temps pour démolir et un temps pour construire.

Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire ;
Un temps pour gémir et un temps pour danser.

Il y a un temps pour jeter des pierres et un temps pour les ramasser.
Il y a un temps pour donner des baisers et un temps pour refuser d’en donner.

Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre ;
Un temps pour conserver et un temps pour jeter ;

Un temps pour déchirer et un temps pour coudre.
Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.

Il y a un temps pour aimer et un temps pour haïr ;
Un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Quel profit celui qui travaille retire-t-il de sa peine ?

J’ai considéré les occupations que Dieu a imposées aux humains. Dieu a établi pour chaque événement le moment qui convient. Il nous a aussi donné le désir de connaître à la fois le passé et l’avenir. Pourtant nous ne parvenons pas à connaître l’oeuvre de Dieu dans sa totalité. J’en ai conclu qu’il n’y a rien de mieux pour les humains que d’éprouver du plaisir et de vivre dans le bien-être. Lorsqu’un homme mange, boit et jouit des résultats de son travail, c’est un don de Dieu. J’ai compris que tout ce que Dieu fait existe pour toujours ; il n’y a rien à y ajouter ni rien à en retrancher. Dieu agit de telle sorte que les humains reconnaissent son autorité. Ce qui arrive maintenant, comme ce qui arrivera plus tard, s’est déjà produit dans le passé. Dieu fait que les événements se répètent.

Ecclésiaste 3, 1-15

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Dans son livre « Du temps » le sociologue Norbert Elias réfute l’idée que le temps existe en soi, de manière abstraite, pour affirmer qu’il a une histoire longue, riche, interculturelle, et que nous sommes héritiers de cette histoire. Qu’est-ce que le temps sinon le nom donné par la conscience humaine à l’impermanence, à l’observation des mouvements cosmiques, de l’alternance du jour et de la nuit, des changements saisonniers, puis à l’organisation des besoins de la vie ? C’est à partir de telles questions qu’on a commencé il y a bien longtemps à mesurer le temps.

Ce passage si connu de l’Ecclésiaste exprime ces découvertes de la conscience humaine : il y a alternance entre ce qui relève de la vie et ce qui relève de la mort, – ce qui nous apparaît comme négatif et comme positif- mais cette alternance peut aller dans un sens ou dans l’autre. Qu’il y ait opposition entre construire et détruire, haïr et aimer, parler et se taire … cependant tout relève d’un même principe d’existence : le temps. Evidemment il est difficile de penser ensemble ce qui choque l’éthique et ce qui la sert. Tuer, déchirer, jeter des pierres, rien de tout cela ne peut être banalisé et simplement mis en balance avec leur contraire. Cette lucidité pourrait conduire à un grand scepticisme, sinon à une forme de nihilisme.

Mais l’Ecclésiaste échappe à cela car il s’en remet à Dieu, et reçoit le temps, les temps, comme un don, dont le mystère reste entier entre les mains du Créateur. Ultime cadeau, au-delà ou au cœur du temps, Dieu le Père a même attribué à l’homme le goût de l’éternité !

Ce pourrait être un cadeau empoisonné s’il n’était présenté dans le seul écrin qui lui sied : la confiance. Avec le Christ l’humanité apprendra, à travers d’autres mots, que non seulement le temps, mais la vie éternelle, lui est offerte.

 

 

Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et les Églises.

Seigneur loué sois-tu pour ta présence et ton amour qui précède tout.
Tout dans l’univers, tout dans l’histoire de l’humanité et tout dans ma vie.
Je sais bien que pour toi le temps n’est pas le même que le mien.
Peut-être même n’existe-t-il pas,
Mais je suis à la fois réconforté et stimulé parce que je peux toujours me dire
Qu’avant ce que je ressens, avant ce que je pense, avant ce que je vis
Il y a ta parole, il y a ta personne, il y a ton existence.
Avant mon passage sur cette terre …. et bien après !

Oui loué sois-tu Seigneur, pour la surabondance de ton être pour moi,
Pour tous les humains
Et pour le cosmos. Amen !

Prière proposée par Olivier Pigeaud dans Parole pour tous.




Femmes au bord des sources !

Méditation du jeudi 25 juillet 2019. Suite de nos rencontres de diverses femmes de la Bible : la Samaritaine au bord du puits.

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Jésus arriva près d’une localité de Samarie appelée Sychar, qui est proche du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s’assit au bord du puits. Il était environ midi.

Une femme de Samarie vint pour puiser de l’eau et Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » — Ses disciples étaient allés à la ville acheter de quoi manger. — La femme samaritaine dit à Jésus : « Mais, tu es Juif ! Comment oses-tu donc me demander à boire, à moi, une Samaritaine ? » — En effet, les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains. —

Jésus lui répondit : « Si tu connaissais ce que Dieu donne, et qui est celui qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau et il t’aurait donné de l’eau vive. » La femme répliqua : « Maître, tu n’as pas de seau et le puits est profond. Comment pourrais-tu avoir cette eau vive ? Notre ancêtre Jacob nous a donné ce puits ; il a bu lui-même de son eau, ses fils et ses troupeaux en ont bu aussi. Penses-tu être plus grand que Jacob ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’où jaillira la vie éternelle. » La femme lui dit : « Maître, donne-moi cette eau, pour que je n’aie plus soif et que je n’aie plus besoin de venir puiser de l’eau ici. »
Jean 4,5-15

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La source est un lieu féminin par excellence. Si pour elle les hommes peuvent se battre, tant l’eau est un enjeu vital pour la vie de leurs troupeaux et de leur tribu, les femmes ont pour tâche concrète de la puiser, de la porter, ou de l’offrir au voyageur qui passe. Le mot hébreu désignant la source signifie également l’œil, ce qui montre qu’à la source il est question de vision et de révélation.

La source où l’ange rencontra Agar dans le désert fut nommé par elle : « tu es le Dieu qui me voit ». C’est au puits proche de la ville d’Haran qu’Eliezer, serviteur d’Abraham, vit venir à lui Rebecca, destinée à devenir l’épouse d’Isaac. Et c’est peut-être au même puits, ou à un de ses voisins, que Jacob eut le coup de foudre pour Rachel. C’est encore près d’un puits, en Madian, que Moïse rencontra Sepora, la fille du prêtre Jethro, qui devait devenir son épouse. Oserons-nous ajouter que c’est la vue de Bethsabée dans son bain qui fit perdre la tête au roi David ?

Au puits de Jacob qui est à Sichem, en plein midi, quand le soleil darde ses rayons jusque dans les profondeurs de la terre, Jésus rencontra la Samaritaine.

 

 

Prions avec ces mots de Francine Carrillo.

Laisse couler en toi la source
Et tu sauras combien tu avais soif !

Laisse passer en toi la vie
Et tu sauras combien tu étais mort !

Laisse respirer en toi le désir
Et tu sauras combien tu étais lié !

Laisse vivre en toi l’amour
Et tu sauras combien tu étais seul !

Laisse naître en toi la présence
Et tu sauras combien tu étais absent !

Laisse-toi trouver par Celui
Qui est le visage de ton humanité !
Et tu te sauras à jamais enfant de l’Esprit !

Jésus et la Samaritaine. Peinture d’Étienne Parrocel (1696–1775) © Wikimedia Commons

 




Sara et Hagar, entre complicité et rivalité

Méditation du jeudi 18 juillet 2019. Nous continuons nos rencontres de diverses femmes de la Bible, avec Sara et Hagar.

Sara et Hagar. Peinture de Rubens (1577-1640) © Wikimedia Commons

 

Saraï, la femme d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Mais elle avait une esclave égyptienne nommée Agar. Saraï dit à son mari : « Tu vois : le Seigneur m’a empêchée d’avoir des enfants. Je pourrai peut-être avoir un fils grâce à mon esclave. Passe la nuit avec elle. » Abram accepta la proposition de Saraï.

Saraï prit alors son esclave Agar et la donna comme femme à Abram son mari. Il y avait dix ans qu’Abram habitait le pays de Canaan. Abram passa la nuit avec Agar, qui devint enceinte. Quand elle sut qu’elle attendait un enfant, elle regarda sa maîtresse avec mépris. Saraï dit alors à Abram : «À toi de supporter les conséquences de l’injure qui m’est faite ! C’est bien moi qui ai mis mon esclave dans tes bras, mais depuis qu’elle s’est vue enceinte, elle s’est mise à me mépriser. Que le Seigneur soit juge entre toi et moi !» Abram lui répondit : «C’est ton esclave, elle est en ton pouvoir. Fais-lui ce qui te plaît.»

Alors Saraï maltraita tellement Agar que celle-ci s’enfuit dans le désert. L’ange du Seigneur la vit près de la source qui est sur la route de Chour et lui demanda : « Agar, esclave de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je me suis enfuie de chez ma maîtresse. » — « Retourne auprès de ta maîtresse, reprit l’ange, et sois-lui soumise. Le Seigneur te donnera des descendants en si grand nombre qu’on ne pourra pas les compter. Tu vas avoir un fils. Tu l’appelleras Ismaël, car le Seigneur a entendu ton cri de détresse. Ton fils sera comme un âne sauvage. Il combattra contre tous et tous combattront contre lui. Il vivra seul, à l’écart de tous ses semblables. »

Agar se demandait : «Ai-je réellement vu Celui qui me voit ?» et elle donna ce nom au Seigneur qui lui avait parlé : «Tu es El-Roï, le Dieu qui me voit.» C’est pourquoi le puits qui se trouve entre Cadès et Béred est appelé puits de Lahaï-Roï, ou puits du Vivant qui me voit. Agar mit au monde un fils que son père Abram nomma Ismaël.

Abram avait quatre-vingt-six ans lorsque Agar lui donna ce fils.
Gen 16, 1-16

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Que des femmes stériles fassent appel à leurs servantes pour concevoir et mettre au monde un enfant qu’elles accueilleront comme leur au moment de la naissance, cela arrive plusieurs fois dans la Bible. Comme Saraï, Rachel et Léah proposeront à leur époux Jacob leurs servantes Zilpa et Bilha quand elles traverseront des temps de stérilité. Jusqu’à nous de tels arrangements ont parfois eu lieu dans des familles, une sœur pourvue de nombreux enfants en donnant un à sa sœur stérile au moment de la naissance.

Ce qui nous alerte dans le cas de Saraï et d’Agar, c’est que si la maîtresse voit en la servante un corps lui appartenant, prolongeant le sien en quelque sorte, celle-ci va se rebiffer, comme si la grossesse lui donnait une nouvelle conscience d’elle-même. Alors l’ombre soumise et porteuse de la vie des autres va oser se révolter contre les mauvais traitements et devenir une femme qui fuit.

Et l’ange du Seigneur qui la voit, l’écoute et lui parle consacre cette naissance à elle-même d’Agar en lui ouvrant les portes de l’avenir à travers sa descendance. Car Dieu l’a entendue, comme le signifie le nom que portera son fils Ismaël.

Mais nous pouvons penser que, si le projet de Saraï était d’avoir un enfant par Agar et qu’il a été bel et bien sanctifié par le Créateur, Ismaël reste donc aussi son fils, nonobstant sa susceptibilité orageuse et la naissance d’un fils né de sa chair. Et puisque Agar est revenue et restée près de sa maîtresse bien après la naissance d’Isaac, comment ne pas imaginer qu’elle a joué auprès de lui au moins un rôle d’assistante maternelle.

La vie et les êtres humains étant bien complexes, jusqu’où la maternité et la paternité peuvent-elles être partagées ? Cela dépend certainement des cultures, des sociétés, et aussi des psychologies personnelles.

Mais si l’on demandait leur avis aux petits Ismaël et Isaac, sans doute auraient-ils préféré que l’esprit de complicité l’emporte chez leurs mères sur l’esprit de rivalité. Heureusement, en Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour, la réconciliation est toujours possible, comme un défi proposé à leurs descendants.

 

 

Prions avec cette prière dont l’origine est attribuée à un soldat américain sudiste pendant la guerre de Sécession.

La prière de l’inexaucé !

Seigneur, je t’avais demandé la santé
pour être plus efficace sur cette terre.
Tu m’as donné la faiblesse du corps
pour que je compte davantage sur toi que sur moi-même.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!

Seigneur, je t’avais demandé une belle intelligence
pour mieux comprendre le monde et réussir ma vie.
Tu m’as donné une mémoire trébuchante et un esprit lent
pour m’ouvrir à tes mystères par l’humilité.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!

Seigneur, je t’avais demandé des responsabilités
pour faire triompher les bonnes idées et les bonnes causes.
Tu m’as donné d’être traité pour rien et d’obéir,
afin de mieux me configurer à ton Fils, obéissant et crucifié.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!

Seigneur, je t’avais demandé de rencontrer le grand amour pour donner un sens à ma vie.
Tu m’as donné de pouvoir croire à la bonté du cœur humain
et le désir de partager cette foi avec tous les mal-aimés que tu me ferais rencontrer.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!




Hommage aux femmes anonymes !

Méditation du jeudi 11 juillet 2019. Nous prions pour tous nos envoyés qui achèvent au Défap leur formation au départ. Et nous poursuivons nos rencontres de diverses femmes de la Bible…

Où est Madame Noé ?

 

Noé avait 600 ans, lorsque le déluge des eaux fut sur la terre. Et Noé entra dans l’arche avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils, pour échapper aux eaux du déluge. D’entre les animaux purs et les animaux impurs, les oiseaux et tout ce qui se meut sur la terre, il entra dans l’arche auprès de Noé, deux à deux, un mâle et une femelle, comme Dieu l’avait ordonné à Noé.
Gen 7, 6-9

Alors Dieu parla à Noé, en disant : Sors de l’arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. Fais sortir avec toi tous les animaux de toute chair qui sont avec toi, tant les oiseaux que le bétail et tous les reptiles qui rampent sur la terre : qu’ils se répandent sur la terre, qu’ils soient féconds et se multiplient sur la terre. Et Noé sortit, avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils. Tous les animaux, tous les reptiles, tous les oiseaux, tout ce qui se meut sur la terre, selon leurs espèces, sortirent de l’arche.
Gen 8,15-19

Pourquoi certaines femmes de la Bible ont-elles un nom, et pourquoi d’autres pas, même quand on peut supposer qu’elles ont joué un rôle important ? En ce début de la Genèse ont été nommées Eve, puis Ada et Tsilla femmes de Lamec, descendant de Caïn. L’une enfanta deux fils Jabal et Jubal, et l’autre un fils Tubal-Caïn et une fille Naama. Elles ont toutes deux été témoins de la violence de leur mari, poursuivi par la malédiction de Caïn le meurtrier. Des autres on ne connaît pas le nom, elles ont cependant donner vie aux générations, et on apprend en Genèse 6 que les filles des hommes étaient si belles que les fils de Dieu se les approprièrent, d’où résulta une sorte de génération hybride. Puis Dieu se mit en colère.

La femme de Noé était-elle juste aux yeux du Créateur, comme son époux ? La tradition juive témoigne de désaccords sur cette question. Ne craignant pas l’anachronie, Rabbi Abba bar Kahana voit en elle Naama, fille de Lémec, dont le nom signifie la gracieuse. Mais d’autres rabbins la présentent comme une impie, qui chante avec les impies.

Qu’a-t-elle ressenti en ces temps de tempête ? Comment a-t-elle pu réagir aux terribles menaces du Juge souverain ? A-t-elle échangé avec Noé ? S’est-elle révoltée contre l’engloutissement de toutes les créatures, ou bien consolée que sa famille soit épargnée et sauvée ? Plus tard la femme de Job invitera son mari dans l’épreuve à maudire Dieu et à mourir. La femme de Noé n’aurait-elle pas, au contraire, encouragé le sien à construire l’arche, à rassembler les animaux et à organiser leur sauvetage ? Ne lui a-t-elle pas tendu le marteau et les clous, mais plus encore ne l’a-t-elle pas soutenu spirituellement, alors qu’il devait face à une responsabilité surhumaine ?

Souvent les femmes trouvent en elles-mêmes, dans les temps de détresse, une sorte de solidité intérieure, profonde, comme si le Dieu « rocher » venait habiter en ce lieu secret où jaillit la source de la vie et de l’amour.

 

 

Nous partageons la prière écrite par une femme pour les autres femmes :

Partout où les femmes annoncent ta Bonne Nouvelle, que je facilite leur prise de parole.
Partout où subsiste leur absence, que je leur donne la meilleure place, comme Jésus dans l’Évangile.
Partout où règne le déni sur leur rôle, que j’ouvre mes oreilles, mes yeux et mon cœur.
Partout où les femmes sont au service, que je fasse en sorte qu’elles soient aussi décisionnaires.

Partout où subsiste une mise à distance par oubli ou par omission, que j’élargisse l’espace de la tente.
Partout où les femmes sont exclues des instances d’autorité, que je m’équipe en sièges.
Partout où règne le pouvoir, que j’instaure l’esprit de service et de coopération.
Partout où les femmes sont subordonnées à un membre masculin du clergé, que je leur donne ma voix.
Partout où subsiste la tentation de leur confier cuisine et catéchèse, que je prie pour les théologiennes.
Partout où règne le retard de l’institution sur la société, que je veille à ne pas nous marginaliser davantage.
Partout où le travail des femmes est exploité, que je proclame le psaume : « Justice et paix s’embrassent ».
Partout où subsiste un abus, que j’aide la femme à concilier maternité et responsabilités.
Partout où la liberté d’expression des femmes est confisquée, que je dénonce délicatement cette iniquité.
Partout où subsiste une once de sexisme, que je rende grâce pour le travail des femmes dans l’Église.
Partout où règne un frère en seigneur, que je lui fasse découvrir que notre « comme-union » est catéchèse.
Partout où il est oublié que la femme fait grandir l’Église, que j’enseigne la théologie féminine.
Partout où subsiste l’ignorance de la sacralité du lien homme-femme, que j’allume la lumière de la Création.
Partout où règne la non-mixité, la non-fécondité, que je vive et fasse vivre la communion homme-femme.
Partout où subsiste la colère légitime, la sainte colère, que j’apaise la situation par ma voix et mes actes.
Partout où règne la tristesse due au départ des forces vives, que je me hâte de donner des raisons d’espérer.
Partout où les femmes attendent plus de reconnaissance, que je les conforte dans leur unicité.
Partout où règne la peur de changer, que je sème l’espérance d’un avenir béni ou nous serons vraiment unis.
Partout où les femmes subissent un abaissement ordinaire, que je rappelle l’attitude rebelle de Jésus.
Partout où subsiste la mauvaise foi, l’immobilisme, le pouvoir et l’exclusion, que je mette mon grain de sel.
Partout où règne l’absence de nomination, que je leur rappelle que j’ai un nom, celui de mon baptême. Amen




Eve au fil d’une plume un peu féministe !

Méditation du jeudi 4 juillet 2019. Nous prions pour tous nos envoyés qui sont actuellement au Défap pour leur formation au départ. Et au cours de ces mois d’été, nous vous proposons de rencontrer quelques femmes de la Bible…

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Genèse 2, 18-25

Le Seigneur Dieu se dit : « Il n’est pas bon que l’être humain soit seul. Je vais le secourir en lui faisant une sorte de partenaire. » Avec de la terre, le Seigneur façonna quantité d’animaux sauvages et d’oiseaux, et les conduisit à l’être humain pour voir comment celui-ci les nommerait. Chacun était appelé par l’homme « être vivant ». Il donna un nom aux animaux domestiques, aux animaux sauvages et aux oiseaux. Mais il ne trouva pas de vis-à-vis qui lui soit une aide. Alors le Seigneur Dieu fit tomber l’homme j dans un profond sommeil. Il lui prit une côte et referma la chair à sa place. Avec cette côte, le Seigneur fit une femme et la conduisit à l’homme. En la voyant celui-ci s’écria :

« Ah ! Cette fois, voici quelqu’un qui est plus que tout autre du même sang que moi !

On la nommera compagne de l’homme, car c’est de son compagnon qu’elle fut tirée. »

C’est pourquoi l’homme quittera père et mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviendront tous deux un seul être.

L’homme et sa femme étaient tous deux nus, mais sans éprouver aucune gêne l’un devant l’autre.

Genèse 3, 20-21

L’homme, Adam, nomma sa femme Ève, c’est-à-dire Vie, car elle est la mère de tous les vivants. Le Seigneur fit à l’homme et à sa femme des vêtements de peaux de bête et les en habilla.

Si la femme n’est pas tombée du ciel, elle n’est pas non plus née de la poussière du sol ni de la dernière pluie ! Elle n’a pas été façonnée de la glaise comme Adam ou comme le golem.

Son absence « spirituelle » l’a précédée. Même en compagnie de créatures animales, reconnues par lui « âmes vivantes », l’homme est resté dans cette solitude dont Dieu a dit qu’elle n’était pas bonne pour lui. Déjà habitant responsable du bon usage du jardin, il soupire encore après une présence qui ne peut être seulement utilitaire. Les animaux, si beaux et bons soient-ils, à nommer, à servir, à regarder et à entendre, ne sauraient combler l’absence d’un visage face au visage du soupirant. Absence – intuition de l’autre soi-même annoncé dans le chapitre précédent de la création de l’humain – homme et femme il les créa! C’est dire que l’aide incarnée par la femme ne signifiera aucune sujétion, symbolisant plutôt celle de l’Aidant par excellence, Dieu, Ezer, qui signifie aussi bien secours qu’aide.

À l’homme il faut, pour découvrir la part de divin qui est en lui, sa propre « âme vivante » cet autre lui-même qui doit faire office de révélation : « Tu es, donc j’existe ! Voici l’os de mes os et la chair de ma chair ».

Mais comme pour toute grande révélation, celle-ci ne peut être saisie dans son origine ; il faut que les yeux de l’homme soient d’abord fermés, ici par endormissement, afin que la grâce soit donnée, et que la femme vienne à sa rencontre!

Alors il peut quitter ce qu’il était, ce qui le clouait à son destin, pour découvrir la liberté du féminin, et la somptueuse joie de donner la vie, avec celle qu’il nomme enfin Eve, la mère de tous les vivants.

 

 

Nous prions au féminin avec ce texte de la règle des diaconesses de Reuilly.

Deviens vivante et reste vivante.
L’Esprit de Dieu t’invente à tout instant.
Repousse la tentation de t’immobiliser dans les choses comprises
Même parmi les plus grandes et les plus belles.
Reçois chaque jour le don de nouveauté de Dieu et de tes frères.

Donne force et stabilité à ton engagement
Mais ne l’enferme pas dans des formules ou des habitudes dépourvues de vie.
Les cellules de ton corps à tout instant se modifient
Et l’ordre du monde se découvre sans cesse.
Comment la vie divine que t’infuse l’Esprit serait-elle moins créatrice ?

Avance vers ce Dieu toujours plus grand
Ce Dieu sans frontières.
Il t’a enclose dans des limites
Mais leur espace est si vaste que tu n’en feras pas le tour sur cette terre.
Laisse-toi gagner par l’admiration
Et connais avec tous les saints
Quelle est la largeur, la hauteur, la longueur et la profondeur de l’amour de Dieu
Qui surpasse toute connaissance.