La sagesse, un horizon ?

 

L’Éternel m’a créée la première de ses oeuvres, avant ses oeuvres les plus anciennes.
J’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre.
Je fus enfantée quand il n’y avait point d’abîmes, point de sources chargées d’eaux ;
Avant que les montagnes soient affermies, avant que les collines existent, je fus enfantée ;
Il n’avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier atome de la poussière du monde.
Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là; lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme,
Lorsqu’il fixa les nuages en haut, et que les sources de l’abîme jaillirent avec force,
Lorsqu’il donna une limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords,
Lorsqu’il posa les fondements de la terre, j’étais à l’oeuvre auprès de lui,
Et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence,
Jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme.

Proverbes 8:22-31

 

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La sagesse semble être un idéal universel. Mais l’être humain peut-il vraiment l’acquérir, à force d’expériences, de méditation et de travail sur soi ? Se parer des habits du sage peut-il faire oublier que nous sommes et restons des êtres de passion ? Si « celui qui fait l’ange fait la bête », ne peut-on craindre que celui qui fait le sage fasse le fou ?

Le prophète Jérémie nous a prévenus il y a bien longtemps : « Ainsi parle l’Eternel: Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l’Eternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre; car c’est à cela que je prends plaisir, dit l’Eternel. » (Jérémie 9, 23-27)

Pourtant la sagesse existe, nous disent les Proverbes, comme compagne originelle de Dieu ! Cette métaphore est merveilleuse, car en l’éloignant infiniment de nous elle nous libère de nos prétentions à une perfection illusoire et dangereuse. Nous reste le merveilleux chemin d’une vie éclairée par la sagesse de Dieu : c’est celui de l’humilité, de la bonté, du droit et de la justice : tout ce qui fait notre joie et celle de notre Père céleste.

 

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Prions pour notre envoyé au Bénin et pour le peuple béninois

Seigneur, je ne sais que te demander…

Tu es seul à savoir ce qui m’est nécessaire.
Tu m’aimes davantage que je ne puis m’aimer moi-même.
Accorde-moi, à moi ton serviteur,
De voir ce que je suis incapable de demander par moi-même.

Je n’ose demander ni la croix, ni la consolation.

Je me tiens seulement devant toi.

Mon cœur t’est ouvert.

Tu vois les besoins que j’ignore.

Vois et agis selon ta miséricorde. Frappe-moi et guéris-moi.

Terrasse-moi et relève-moi.

Je révère ta volonté et je me tais devant toi,
Devant ta volonté sainte,
Devant tes décisions impénétrables.
Je me donne à toi entièrement.

Il n’y a en moi ni volonté ni désir, si ce n’est le désir d’accomplir ta volonté.

Enseigne-moi à prier.

Prie toi-même au-dedans de moi.

Métropolite Philarète de Moscou

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Dire l’amour de Dieu en toutes langues !

 

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer.

A Jérusalem vivaient des Juifs pieux, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis d’étonnement et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; il y en a qui sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes oeuvres de Dieu !

Actes 2,1-11

 

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Les disciples de Jésus sont à Jérusalem, rassemblés pour la fête de Chavouot, célébrée 50 jours après Pâques, en rappel du don de la Torah sur le Mont Sinaï. En accueillant l’Esprit de Sainteté, ils vont recevoir mission de faire connaître le Dieu de la Torah à tous les peuples et d’annoncer que Jésus, son fils et serviteur est venu, mort et ressuscité pour donner à tous la vie éternelle et le salut à la création tout entière.
Plus anciennement, l’événement de Pentecôte nous ramène à l’épisode de Babel, en ce temps originaire où l’humanité est tentée par la toute-puissance et l’oubli de Dieu : « Allons, bâtissons-nous une ville et  une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la surface de la terre. »

Voyant tous les dangers d’un tel projet pharaonique, Dieu y mit bon ordre en jetant le trouble par la multiplication des langues.

Or voici que, en ce temps de Pentecôte, l’ensemble des langues humaines, pénétré par le souffle divin,  sort de la confusion et se fait porteur de sens, de communion, de joie.

La pluralité n’est pas une malédiction, mais une bénédiction… et les obscurités du langage peuvent devenir des puits de lumière pour peu qu’elles soient portées par des voix généreuses, aimantes et joyeuses, prêtes à s’adresser au monde entier! Ce qui vaut pour les langues vaut pour les cultures, qui en se rencontrant, se métissant, loin de mettre en cause l’unicité de Dieu, peuvent au contraire construire son projet de justice et d’amour pour cette terre.

 

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En ce temps de Pentecôte nous prions pour nos envoyés au Congo-Brazaville et pour le peuple congolais.

En ce jour où tu as répandu l’Esprit Saint sur tes disciples, nous te louons, Seigneur,

Et nous te bénissons, pour la prédication de ta Parole et pour l’assurance que tu nous y donnes, de ta victoire sur toutes les puissances du mal.

Nous te prions pour le monde, pour notre pays, pour l’Eglise et pour nous-mêmes.

Que ton Esprit d’humilité fasse de nous les serviteurs de tous, et en particulier des petits, des humbles, des délaissés et de ceux qui sont opprimés par toutes sortes de misères.

Que ton Esprit consolateur assiste tous ceux qui sont meurtris par la vie et par les événements actuels. Qu’il les garde et qu’il nous garde de toute amertume.

Qu’il maintienne vivante en nous et en eux la flamme de l’espérance.

Que l’Esprit de sainteté nous purifie de la haine et de toute passion mauvaise.

Que l’Esprit d’amour nous garde du fanatisme ; qu’il nous aide à aller les uns vers les autres, à nous écouter et à chercher ensemble ce qui est juste et bon pour l’aujourd’hui que tu nous donnes de vivre.

Que l’Esprit de sagesse donne aux hommes d’Etat, aux divers responsables et à tous les citoyens, une intelligence lucide en vue des choix qui nous attendent, et que le monde attend de nous.

Que l’Esprit créateur suscite partout une nouvelle vie, qu’il rende féconds les ferments de renouveau qui sont apparus au milieu des événements actuels.

Que ton Esprit de vérité conduise l’Eglise dans toute la vérité et qu’il lui permette de garder et d’annoncer fidèlement ton Evangile.

Qu’ainsi la paix règne dans nos cœurs, dans nos foyers, dans notre peuple et partout dans le monde.

Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi et le même Esprit Saint, un seul Dieu, aux siècles des siècles, Amen.

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Aimer jusqu’à la mort mais pour la vie !

 

Etienne, rempli du Saint-Esprit, fixa les regards vers le ciel et vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu.

Il dit : «Je vois le ciel ouvert et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu.»

Ils poussèrent alors de grands cris en se bouchant les oreilles, se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent à l’extérieur de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.

Ils jetaient des pierres à Etienne qui priait et disait: «Seigneur Jésus, accueille mon esprit!»

Puis il se mit à genoux et s’écria d’une voix forte: «Seigneur, ne les charge pas de ce péché!» Après avoir dit cela, il s’endormit. Actes 7,55-60

 

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La mort d’Etienne ressemble à la mort de Jésus : c’est celle des serviteurs témoins que rien n’arrête. Contrairement aux kamikazes qui haïssent le genre humain et aiment la mort, eux n’ont pas désiré la souffrance et n’ont pas sublimé le martyre. Mais ils n’ont pas hésité, par amour de Dieu et de la vérité, à affronter la cruauté humaine, dont ils savaient qu’elle les prendrait pour cible.

Si le courage des serviteurs témoins s’enracine dans le mystère de la foi et de l’amour, au point qu’ils implorent le pardon de Dieu pour leurs bourreaux, d’où vient que des humains, pris de folie ou de haine, ou encore armés d’implacables machines à  fabriquer des coupables,  donnent libre cours à une cruauté sanguinaire ?

Cette question n’est pas nouvelle ; lisons comment  l’historien romain Tacite décrivait le processus du bouc émissaire au moment de l’incendie de Rome sous l’empereur Néron :

 

Ni les moyens humains, ni les largesses du prince, ni les cérémonies religieuses expiatoires ne dissipaient la rumeur disant que l’incendie était d’origine criminelle. Aussi pour dissiper ces bruits, Néron trouva des coupables tout indiqués qu’il soumit à des tortures exemplaires, car leurs crimes les rendaient odieux. Le peuple les appelait chrétiens. Ce nom leur venait de Christ, supplicié sous l’empereur Tibère par le procurateur Ponce-Pilate. Leur funeste superstition avait été réprimée immédiatement mais elle refaisait surface, non seulement en Judée foyer de cette peste, mais à Rome où s’installent et se développent toutes les idées détestables et choquantes venues de partout. Dans un premier temps, on arrêta ceux qui avouaient. Suite à leurs dénonciations, une foule innombrable fut accusée, pas tellement d’avoir allumé l’incendie, mais d’avoir de la haine pour l’humanité. Leur mort était mise en scène : certains, recouverts de peaux de bêtes, étaient déchirés par les chiens; beaucoup étaient mis en croix ou brûlés; on en faisait brûler d’autres comme des torches pour éclairer le crépuscule. Néron avait réservé ses jardins pour le spectacle et il y organisait des jeux du cirque. Vêtu en cocher, il se mêlait à la foule ou bien il montait sur un char. Voyant cela, malgré leur culpabilité qui valait aux chrétiens des châtiments exemplaires, les gens éprouvaient de la compassion: ils pensaient que les chrétiens n’étaient pas exécutés dans l’intérêt public mais qu’ils assouvissaient la cruauté d’une seule personne. TACITE, Annales, XV, 44.

 

Quand la compassion germe, la lumière point à l’horizon !

 

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Nous prions pour nos envoyés aux Antilles :

Seigneur,
Dans un monde sans foi ni espérance,
Même si on me traite de fou je prierai.
Même si on se ligue contre moi, je prierai encore plus fort.
Même si on m’emprisonne, je conduirai vers toi prisonniers, geôliers et juges.

Aide- moi à susciter l’espérance parmi les désespérés, les étrangers, les réfugiés, les exclus.
Seigneur, à cause de toi, je crois que rien n’est perdu :
Que ton amour envers les hommes demeure le même.

Je te prie pour les semeurs de tristesse et de mort,
Pour les responsables irresponsables de ce temps,
Pour ton Eglise émiettée sur la terre,
Pour l’avènement du temps promis
Où le partage équitable se fera entre les nantis et les démunis,
Entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.

Seigneur apprends-moi à prier,
A compter sur toi,
A œuvrer avec toi,
A prier encore et encore avec foi et persévérance.

Samuel Noutanewo

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Que rien n’empêche d’entendre l’invitation de Dieu !

Nous prions pour nos envoyés au Liban et pour le peuple libanais

Quelques hommes vinrent de Judée à Antioche et se mirent à donner aux frères cet enseignement : « Vous ne pouvez pas être sauvés si vous ne vous faites pas circoncire comme la loi de Moïse l’ordonne. » Paul et Barnabas les désapprouvèrent et eurent une violente discussion avec eux à ce sujet. On décida alors que Paul, Barnabas et quelques autres personnes d’Antioche iraient à Jérusalem pour parler de cette affaire avec les apôtres et les anciens. Actes 15,1-2

Alors, toute l’assemblée garda le silence et l’on écouta Barnabas et Paul raconter tous les miracles et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les non-Juifs. Quand ils eurent fini de parler, Jacques prit la parole et dit :

« Frères, écoutez-moi ! Simon a raconté comment Dieu a pris soin dès le début de ceux qui ne sont pas juifs pour choisir parmi eux un peuple qui lui appartienne. Et les paroles des prophètes s’accordent avec ce fait, car l’Écriture déclare :

“Après cela je reviendrai, dit le Seigneur,
Pour reconstruire la maison de David qui s’était écroulée,
Je relèverai ses ruines et je la redresserai.
Alors tous les autres humains chercheront le Seigneur,
Oui, toutes les nations que j’ai appelées à être miennes.
Voilà ce que déclare le Seigneur, qui a fait connaître ses projets depuis longtemps.”

C’est pourquoi, ajouta Jacques, j’estime qu’on ne doit pas créer de difficultés à ceux, non juifs, qui se tournent vers Dieu. Mais écrivons-leur pour leur demander de ne pas manger de viandes impures provenant de sacrifices offerts aux idoles, de se garder de l’immoralité et de ne pas manger de la chair d’animaux étranglés ni de sang. Car, depuis les temps anciens, des hommes prêchent la loi de Moïse dans chaque ville et on la lit dans les synagogues à chaque shabbat. » Actes 15,9-12

 

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On prêche volontiers et généreusement l’accueil dans nos Eglises.
Mais est-ce simple d’accueillir des nouveaux-venus ?

Oui à condition qu’ils soient comme nous, aiment et chantent les mêmes cantiques, adoptent nos rites, comprennent à demi-mot ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, se dit et ne se dit pas, évitent de parler trop fort, renoncent à prier de manière qui nous semble intempestive, acceptent notre relation très critique à la Bible  …. Et si ce n’est pas le cas ?

Transposons ces questions au Proche-Orient, dans les années 50 de notre ère, au moment où la première communauté de croyants juifs  s’enrichissait de nombreux non-juifs !   Ceux-ci, désirant devenir disciples du juif Jésus, devaient-ils  ou non observer la circoncision, la cacherout, le shabbat ? Devaient-ils devenir des chrétiens juifs aux côtés des juifs chrétiens ou non ?  Paul, Pierre, Jacques et les autres discutèrent longuement de ces questions. Ce fut le « premier concile » de Jérusalem.   

La règle qui prévalut fut qu’on ne devait » pas créer de difficultés à ceux, non juifs, qui se tournaient vers Dieu », mais qu’en retour on leur demandait de ne pas avoir de pratique qui puisse être choquante pour des juifs.

Cette mesure de sagesse, qui ne fut pas suivie de tous les effets escomptés, reste toujours d’actualité. Mais plutôt que la mettre en œuvre pour construire l’Eglise universelle et bigarrée, nous préférons bien souvent avoir des Eglises séparées, identitaires et uniformes, pour le grand dam de tous et la tristesse de Dieu.

 

Avec cette prière de Voltaire tirée de son Traité de la tolérance, nous prions et portons devant Dieu nos envoyés au Liban et tout le peuple libanais :

 

Ce n’est plus aux hommes que je m’adresse ;
C’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps :
S’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité,
Et imperceptibles au reste de l’univers,

D’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné,
A toi dont les décrets sont immuables comme éternels,
Daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ;
Que ces erreurs ne fassent point nos calamités.

Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ;
Fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ;
Que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps,
Entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules,

Entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées,
Entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ;
Que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes
Ne soient pas des signaux de haine et de persécution ;

Que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer
Supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ;
Que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer
Ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ;

Qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ;
Que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet,
Qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde,
Et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal,
Jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse,

Et que les autres les voient sans envie :
Car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni envier, ni de quoi s’enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible !
Si les fléaux de la guerre sont inévitables,

Ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix,
Et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers,
Depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII




Diffusion de l’Evangile à tous vents !

 

Paul et Barnabas annoncèrent la Bonne Nouvelle dans la ville de Derbe où ils firent beaucoup de disciples. Puis ils retournèrent à Lystre, à Iconium et à Antioche de Pisidie. Ils fortifiaient le cœur des croyants, les encourageaient à demeurer fermes dans la foi et leur disaient : « Nous devons passer par beaucoup de souffrances pour entrer dans le Royaume de Dieu. » Dans chaque Eglise, ils leur désignèrent des anciens et après avoir jeûné et prié, ils les recommandèrent au Seigneur à qui ils avaient cru.

Ils traversèrent ensuite la Pisidie et arrivèrent en Pamphylie. Ils annoncèrent la Parole de Dieu à Perge, puis se rendirent à Attalie. De là, ils partirent en bateau pour Antioche de Syrie, la ville où on les avait confiés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient maintenant accomplie. Arrivés à Antioche, ils réunirent des membres de l’Eglise et leur racontèrent tout ce que Dieu avait réalisé par eux, et comment il avait ouvert la porte de la foi aux non-juifs, eux aussi. 

Actes 14,21-2

 

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Qu’est-ce qui fait que des femmes, des hommes, deviennent librement disciples du Christ ?
Une Parole les atteint, qui dit et porte l’amour de Dieu, un récit les touche au cœur, une promesse les concerne, un appel les pousse à la décision, et leur vie s’en trouve transformée.

Mais cette parole est toujours incarnée par une présence humaine ; elle signifie visite, rencontre, regards échangés, écoute, gestes de fraternité.

Paul et Barnabas se sont déplacés en Asie Mineure, de ville en ville. Ils sont venus à la rencontre des habitants, juifs et non-juifs. Ils avaient quelque chose à leur dire, personnellement, un cadeau à leur confier afin qu’ils le partagent autour d’eux. Puis ils sont repartis ; et ils sont revenus afin d’encourager les croyants dans les difficultés présentes et à venir. Alors ils ont conseillé, ils ont organisé la communauté, et ils sont retournés là d’où ils étaient partis, racontant tout ce qu’ils avaient fait et  témoignant des fruits de l’Esprit de Dieu.

Cela parait simple – ces voyages !  Et pourtant à l’époque…

Mais avaient-ils le choix ? Depuis toujours  la Bonne Nouvelle est faite pour la diffusion et non pour la conservation. C’est d’être lancée à tout vent, offerte à qui veut l’entendre, qu’elle se nourrit, rendant manifeste la présence aimante du Christ vivant !  Et libérant le cœur et la vie de ceux qui lui portent foi.

 

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A travers les mots de cette prière camerounaise nous prions pour notre envoyé au Bénin et pour tout le peuple béninois. 

Que l’Afrique te connaisse, Seigneur Dieu,
Toi le chef de tous ces grands chefs,
Toi le Père de tous ces anciens, toi, la sagesse des sages.
Donne à chaque peuple et à chaque tribu de te chercher, de te connaître,
De savoir que tu es le seul Dieu véritable.
Que le monde te connaisse, toi le vrai Dieu.

Qu’ils te connaissent les hommes d’Afrique et ceux du monde entier,
Afin que tu sois enfin le Dieu qui n’appartient à personne et qu’aucune nation ne saurait coloniser, afin que les religions ne soient plus des tours d’ivoire commodes.
Sois connu afin que tes messagers sachent que tu les as précédés
Et que tu es à l’œuvre dans toutes les cultures.

Que l’homme ne s’érige plus en dieu pour l’homme,
Pour que a croix ne soit plus un bijou et la souffrance un blasphème.

Afin que soit enfin entonné le chant funèbre de tout mépris et de toute supériorité
Et que batte la frénésie du tam-tam de la fraternité retrouvée.

Communion de l’homme à la feuille qui vibre,
De l’homme au murmure d’amour de l’homme,
De l’homme à la totalité que nous entrevoyons
Mais que seul tu es éternellement.

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Soyez comme des enfants – ou des petites brebis !

 

Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent.                                                                        

Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.            

Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un.

Jean 10,28-30

 

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Jésus enseigne souvent par paraboles afin de rendre plus accessible la réalité de l’amour de Dieu, et d’en montrer la dimension concrète. Mais dans l’évangile de Jean, il ne se contente pas d’offrir  des images du royaume de Dieu, il se sert de métaphores pour parler de lui-même : le cep, le pain de vie, la porte…

Avec le berger nous retrouvons une image de Dieu, celle qui ouvre le psaume 23. Figure rassurante et en même temps nomade, le berger entretient une relation de confiance mutuelle avec son troupeau. Sans lui les bêtes se dispersent et cessent de former communauté à moins d’être contenues dans un enclos. Avec lui elles savent où elles vont et ne se perdent pas. Mais sans troupeau qu’advient-il du berger ? Nous pouvons en avoir quelque idée si nous songeons à ce reportage diffusé il y a quelques temps sur une femme du Mozambique ayant perdu ses bêtes à cause de la sécheresse. Perte économique, angoisse de la faim et de l’avenir, mais aussi sentiment de solitude et de deuil.

Finalement nous voir ramenés à la condition animale de brebis est une belle et douce chose, car cela simplifie l’idée parfois un peu compliquée que nous avons de la foi. Tss tsst fait le berger et nous sentons qu’il est là ; nous pouvons bêler de contentement ou d’inquiétude, il nous comprend. Il sifflote ; nous trottinons un peu plus vite. Il chante nous sourions dans notre barbichette… Nous levons vers lui des yeux d’enfants et nous nous réchauffons à sa main parfois rugueuse. Et ceci-figurez-vous, est un avant-goût de la vie éternelle ! O Jésus que notre joie demeure ! Alléluia !

 

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Prions pour nos envoyés du Congo-Brazzaville et pour le peuple congolais

Seigneur, donne-moi de voir les choses à faire sans oublier les personnes à aimer,
Et de voir les personnes à aimer sans oublier les choses à faire.

Donne-moi de voir les vrais besoins des autres.
C’est si difficile de ne pas vouloir la place des autres,
De ne pas répondre à la place des autres,
De ne pas décider à la place des autres.
C’est si difficile, Seigneur, de ne pas prendre ses désirs pour les désirs des autres,
Et de comprendre les désirs des autres quand ils sont si différents des nôtres

Seigneur, donne-moi de voir ce que tu attends de moi parmi les autres.
Enracine au plus profond de moi cette certitude qu’on ne fait pas le bonheur des autres sans eux…

Seigneur, apprends-moi à faire les choses en aimant les personnes.
Apprends-moi à aimer les personnes pour ne trouver ma joie qu’en faisant quelque chose pour elles, et pour qu’un jour elles sachent que Toi seul, Seigneur, es l’Amour.

Norbert Segard 1922-1981 physicien et homme politique français

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La foi entre folie et sagesse

 

Après qu’ils les eurent amenés en présence du sanhédrin, le souverain sacrificateur interrogea les apôtres en ces termes : Ne vous avons-nous pas défendu expressément d’enseigner en ce nom-là ? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme !

Pierre et les apôtres répondirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois. Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés.

Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. Furieux de ces paroles, ils voulaient les faire mourir.

Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit: Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens. Car, il n’y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes : il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti: il périt aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés.

Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu.

Ils se rangèrent à son avis. Et ayant appelé les apôtres, ils les firent battre de verges, ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et ils les relâchèrent. Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus. 

Actes 5,27-41

 

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Nos livres saints recèlent parfois de la violence. C’est ce qui a poussé, en 2008, le Rabbin David Meyer, le Père Yves Simoens, et l’Imam Soheib Bencheickh à publier un livre au titre évocateur : Les Versets douloureux : Bible, Evangile et Coran entre conflit et dialogue. Ils y invitent chacun à une lecture critique de sa propre tradition et à une rencontre de celles des autres.

Du point de vue de la violence l’histoire des apôtres convoqués au Sanhédrin est terrible. Pour avoir prêché l’Evangile dans les rues de Jérusalem et continué de le faire en bravant l’interdiction ils risquent la mort. De tout temps les institutions savent se montrer implacables vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme dangereux pour leur autorité.

Mais l’accusation que les apôtres portent sur les prêtres d’avoir tué Jésus recèle elle aussi de la violence. Car si Jésus a été jugé par le Sanhédrin, comment gommer la responsabilité de Ponce Pilate ? La croix est un supplice romain.

Finalement c’est Gamaliel qui nous donne la meilleure leçon d’humanité et de sagesse à travers son enseignement. « Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. »

Est-ce si différent de la parole des apôtres disant : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ? »
Si notre foi doit être aussi fervente que celles des apôtres, on ne peut que lui souhaiter d’avoir également la sagesse bienveillante du maître pharisien de Saul de Tarse, le futur apôtre Paul.

 

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Prions pour nos envoyés au Vietnam et le peuple vietnamien

Ô Toi, Dieu de Bonté,

Tu as fait descendre toute l’humanité du seul et même couple originel,

Tu asvoulu que tous les êtres fussent de la même famille.

En ta sainte présence, ils sont tes serviteurs et toute l’humanité s’abrite sous ton tabernacle. Tous se sont réunis à la table de ta générosité, tous sont radieux sous la lumière de ta providence.

Ô Dieu ! Tu es bon envers tous. Tu as pourvu chacun.

Tu abrites chacun, à tous Tu confères la vie.

Tu les as tous dotés de facultés et de talents et chacun d’eux est plongé dans l’océan de ta miséricorde.

Ô Toi, Seigneur bienfaisant ! Unis‐les tous, fais que les religions s’accordent,
Que les nations s’unifient, afin qu’ils soient comme les membres d’une seule espèce et comme les enfants d’une même patrie.

Puissent‐ils s’associer dans l’unité et la concorde.

Ô Dieu ! Lève l’étendard de l’unité du genre humain.

Ô Dieu ! Établis la Très Grande Paix. Cimente les coeurs ensemble.

Ô Dieu ! Ô Toi Père bienfaisant !

Dieu ! Réjouis les coeurs par le parfum de ton amour, fais briller les yeux par la lumière de ta direction, charme les oreilles par la mélodie de ta parole et abrite‐nous dans le refuge de ta protection.

Tu es le Fort, le Puissant, le Clément !

Tu es Celui qui est indulgent pour les faiblesses des hommes.

Baha’u’llah 1817‐1892, prince persan à l’origine du ba’haïsme, issu de l’islam, dont l’essentiel du message est qu’il n’y a qu’un seul Dieu, que toutes les religions ne sont que des maillons de la même révélation divine et que tous les hommes sont destinés à vivre en paix.

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay




Le fourmillement de la vie qui revient !

 

Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon, et aucun des autres n’osait se joindre à eux; mais le peuple les louait hautement.

Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, s’augmentait de plus en plus; en sorte qu’on apportait les malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu’un d’eux.

La multitude accourait aussi des villes voisines à Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs; et tous étaient guéris.

Actes 5,12-16

 

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Les nombreux miracles que les apôtres accomplissent au lendemain de la Pentecôte doivent-ils être compris comme des preuves que leurs enseignements au sujet de Jésus le Christ sont vrais? Si tel est le cas l’absence de miracles invaliderait-il le message ?

Un théologien écrivait ceci : « Le miracle n’est certainement pas ce qu’il y a de plus important dans l’Évangile, mais c’est cependant quelque chose d’important. Les uns se trompent en le considérant comme l’essentiel, et surtout en s‘imaginant que c’est par là qu’on prouve la divinité de Jésus-Christ ; les autres se trompent également en négligeant purement et simplement le miracle, comme s’il n’était que légende. »

Les nombreux miracles réalisés par les apôtres après avoir reçu l’Esprit de sainteté sont comme ce fourmillement du sang qui se remet à circuler dans un membre ankylosé. C’est le retour puissant de la vie et à la vie après le désespoir. C’est le mystère de l’amour et de l’espérance, qui ont un pouvoir de réparation et de rédemption extraordinaire.

Et par témoignage nous savons que même au cœur du malheur, nos frères et sœurs persécutés continuent d’entendre et de recevoir ce message de vie et de résurrection.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions pour nos envoyés en Guyane. Et en ce temps de Pâques, nous nous portons particulièrement devant Dieu les chrétiens qui viennent d’être assassinés au Pakistan et leurs familles.

Seigneur Dieu,
C’est toi qui as tiré l’apôtre Pierre de la prison où il était gardé,
Qui as brisé les fers dont on l’avait lié et qui l’as remis en liberté.
Tu as mille moyens en tes mains pour procurer la délivrance à tes enfants.
Vois tous ceux qui souffrent pour toi,
Et déploie en leur faveur la force de ton bras invincible.
Entends les cris de ceux qui sont maltraités pour leur foi,
Ceux qui reconnaissent en ton fils bien-aimé leur Seigneur,
Leur intercesseur et leur avocat.

Seigneur Jésus,
Ton Père t’a envoyé pour évangéliser les pauvres,
Pour guérir ceux qui ont le cœur froissé »,
Pour publier la délivrance aux captifs.
Dis toi-même à ceux qui sont liés de chaînes : Sortez !
Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Debout !
Je suis à vos côtés.

Esprit-Saint,
A moi ton serviteur et à toute ton Eglise dans la liberté,
Donne-nous un esprit de résistance et de persévérance
Pour être tes témoins,
Donne-nous de ne pas relâcher dans la prière et l’action
Pour tous ceux qui sont persécutés, emprisonnés,
Interdits de parole, de liberté de conscience et de culte.

Seigneur dans le combat pour la liberté, la justice et la vérité,
En toutes circonstances,
Que la haine et la violence ne l’emportent pas sur ton amour et ta paix.

Prière des réfugiés huguenots à Amsterdam 1687.

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Mission : former un peuple de ressuscités !

 

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre.

Elle courut vers Simon Pierre et vers l’autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l’ont mis. Pierre et l’autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre.
Ils couraient tous deux ensemble. Mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre; s’étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n’entra pas.

Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.

Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut. Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l’Écriture, Jésus devait ressusciter des morts. Et les disciples s’en retournèrent chez eux.

Jean 20,1-10

 

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« Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine. » dit l’apôtre Paul. Cette affirmation radicale pourrait nous faire trembler à l’heure de nos doutes. Heureusement l’évangile nous entraîne, à la suite des disciples, vers le tombeau vide. Il nous donne d’étranges détails ; et surtout il nous fait partager les difficultés de compréhension de ceux qui ont pourtant connu, suivi, entendu Jésus au jour le jour pendant son ministère.

La résurrection n’est pas une croyance extérieure à nous-mêmes. C’est une confiance, une ouverture de l’être, un acquiescement à l’appel de Celui qui nous relève et nous fait renaître à l’espérance.

Chaque fois que le malheur arrive, ou la maladie, la misère, l’injustice, la guerre… nous vivons un désespoir, une rupture, un plongeon dans l’abîme, comme une mort à tout ce que nous aimons et connaissons. Pour les uns cette « mort » est brève, pour les autres elle dure. Mais dans la prière et le silence, la voix du Christ ressuscité vient nous repêcher, nous redire que nous sommes participants à sa résurrection, à la vie éternelle.

Ces mots de la foi sont des mots de vie – que l’on peut et doit traduire de mille manières, afin de les rendre sensibles à tous ceux qui nous entourent. Car ensemble nous pouvons tous – déjà, former un peuple de ressuscités.

 

Bandeau méditation du jeudi


En cette semaine qui nous fait traverser la passion et la mort de Jésus le Christ puis vivre sa résurrection, nous prions pour nos envoyés au Sénégal. Nous prions aussi pour toutes les victimes des attentats terroristes, à Bruxelles, en Afrique, en Turquie et à travers le monde.

 

Seigneur, nous voici devant Toi

Avec les hommes et les femmes qui nous ressemblent

Comme des frères et des soeurs :

Les pauvres types qui voudraient bien en sortir

Mais qui n’en sortent pas : les drogués, les paumés,

Les femmes de ‘mauvaise vie’,

Tous ceux qui n’arrivent pas à résister au mal,

Qui volent et qui tuent,

Tous ceux qui ont perdu la foi, l’espérance, la charité…

Et qui en souffrent ;

Seigneur, Tu nous regardes encore

De ce regard d’amour

Que Tu as jeté sur la femme adultère,

Sur la Samaritaine, sur Marie-Madeleine, sur le brigand pendu près de Toi :

Sauve-nous, puisque Tu nous aimes.

Seigneur, Tu l’as dit,

Tu n’es pas venu pour les justes, mais pour les pauvres,

Pour les malades, pour les pécheurs, pour nous.

Seigneur, nous nous confions à Toi,

Car nous sommes sûrs de Toi,

Sûrs que Tu nous sauves,

Sûrs qu’à chacun de nous, les pauvres types,

Tu vas dire le jour de notre mort :

Tu seras ce soir avec nous dans le Paradis,

Car il y aura un soir où Tu nous revêtiras de Toi,

Toi qui es Dieu et qui es devenu un autre homme.

Comme nous Tu as eu faim et soif,

Comme nous Tu as eu peur et Tu as pleuré,

Comme nous Tu es mort.

Ton pauvre corps a été mis dans la tombe,

Comme le sera le nôtre,

Et Tu en es sorti transfiguré,

Comme nous en sortirons un jour.

La Résurrection nous attend.

Merci.

Sœur Emmanuelle.

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Ne pas jeter la pierre !

 

Jésus se rendit au mont des Oliviers. Mais dès le matin il revint dans le temple et tout le peuple s’approcha de lui. Il s’assit et se mit à les enseigner. Alors les spécialistes de la loi et les pharisiens amenèrent une femme surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent au milieu de la foule et dirent à Jésus:
«Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu?» Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol.

Comme ils continuaient à l’interroger, il se redressa et leur dit: «Que celui d’entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.» Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.
Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers; Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.

Alors il se redressa et, ne voyant plus qu’elle, il lui dit: «Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a donc condamnée?» Elle répondit: «Personne, Seigneur.» Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas; vas-y et désormais ne pèche plus.»] 

Jean 8,1-11

 

 

Illustration méditation du jeudi

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Est-ce la loi deutéronomique que Jésus écrit sur le sable ? En même temps qu’il prononce, pour la compléter, une parole de sagesse qui vaut miséricorde pour la femme adultère ! « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! » Ce propos de Jésus a un retentissement qui dépasse largement le cadre de la foi chrétienne.

Alors admirons les pharisiens et les légistes acceptant d’interroger leur propre conscience avant d’appliquer la sentence.

On aimerait que ce soit toujours le cas ; or la règle la plus commune est de projeter la pierre de sa culpabilité sur son prochain. Et en matière de sexe on est parfois surpris de découvrir les frasques cachées des grands prêcheurs de vertu et des virulents dénonciateurs de luxure.

Mais l’indulgence de Jésus n’est pas un laxisme des mœurs ni un blanc-seing sur l’adultère. Il rappelle l’exigence de fidélité. « Va et ne pèche plus ».

Dommage que l’amant de la femme adultère, mystérieusement sauvé du flagrant délit,  ne soit pas là pour apprendre, comme elle, que Dieu nous invite et à la justice de sa loi, et à la miséricorde de sa grâce.

 

 

 

Bandeau de la méditation du jeudi

 

 

Nous te prions pour toutes les femmes du monde avec les mots de Laura Figueira Granados, une théologienne mexicaine.

 

Seigneur, j’ai faim et soif de croissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, j’aimerais atteindre ma taille réelle, occuper l’espace auquel j’ai été appelée de très haut et depuis longtemps.

J’ai faim et soif, faim et soif d’équité.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, j’aimerais pouvoir regarder chaque personne dans les yeux, vivre la dignité qui m’a été donnée à grand prix de très haut et depuis longtemps.

J’ai faim et soif de reconnaissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, j’aimerais pouvoir appeler mon travail « travail », construire des espaces dans lesquels je puisse lui dire qui je suis, par pure grâce, de très haut et depuis longtemps.

J’ai faim et soif de justice.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, victimes des violences les plus brutales et les plus subtiles, je ne veux plus être violée, maltraitée, réduite au silence, assassinée. Parce que de très haut et depuis longtemps je suis, avec chaque être humain, image et ressemblance de toi qui m’a créée.

 

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Source : Pixabay

 




Partager la joie dans les bras du Père !

 

Jésus dit encore : Un homme avait deux fils.

Le plus jeune dit à son père : ‘Mon père, donne-moi la part de l’héritage qui doit me revenir.’ Le père leur partagea alors ses biens. Peu de jours après, le plus jeune fils ramassa tout et partit pour un pays éloigné, où il gaspilla sa fortune en vivant dans la débauche.

Alors qu’il avait tout dépensé, une importante famine survint dans ce pays et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se nourrir des caroubes que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait.

Il se mit à réfléchir et se dit : ‘Combien d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’

Il se leva et alla vers son père. Alors qu’il était encore loin, son père le vit et fut rempli de compassion, il courut se jeter à son cou et l’embrassa.

Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’

Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Apportez vite le plus beau vêtement et mettez-le-lui ; passez-lui un anneau au doigt et mettez-lui des sandales aux pieds. Amenez le veau qu’on a engraissé et tuez-le ! Mangeons et réjouissons-nous, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à faire la fête. 

Luc 15, 11-25

 

 

Le fils Prodigue, Rembrandt

Source : Wikimedia Commons

 

Dans Le retour du fils prodigue de Rembrandt, les deux mains du père sont différentes, l’une jugée masculine et l’autre féminine. En tout cas ce sublime tableau nous permet de réaliser combien, au fond de nous, nous gardons le rêve enfoui d’être cet « enfant » de retour, se précipitant dans les bras du père – ou de la mère, lâchant les lourds sanglots du soulagement et de la délicieuse consolation.

Car dans ce choc de la rencontre joyeuse, qui suppose la précédence d’un éloignement, d’un départ, d’une rupture, d’un oubli, d’un malheur… surgit une vérité époustouflante, celle de l’amour vainqueur, de l’amour qui pardonne.

Alors notre mission de chrétien en ce monde, c’est essentiellement de faire ressentir, et vivre, et accepter cela : cette possibilité de la grâce offerte à tous les êtres humains. Ni par le fer, ni par le feu, ni par l’exaltation et la déclamation, mais par la douceur et l’étreinte de l’âme :

Non mes bien chers frères et sœurs en humanité, nous ne sommes pas condamnés !

La porte est ouverte. Et le Père est déjà sorti, pour nous attendre au bout du chemin.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

Prions pour que les Eglises en Asie, minoritaires parmi des populations de diverses traditions spirituelles, sachent communiquer avec joie la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ

Seigneur, en regardant défiler tous ces visages, tous ces lieux, toutes ces cultures,

Je prends conscience de la diversité et de la richesse de cet immense continent…

Continent en bordure duquel tu as choisi de prendre visage d’homme en Jésus.

Dans des contextes historiques, politiques et religieux très différents,

L’Evangile a pu être annoncé et se répandre, en dépit des oppositions, des réticences ou des persécutions.

Aujourd’hui les chrétiens, toujours très minoritaires, sont appelés à communiquer avec joie, dans le respect des autres traditions religieuses et spirituelles, la Bonne Nouvelle…

Ils le font en Inde quand ils se mettent au service des plus pauvres,

Ils le font en Chine, en Birmanie, au Laos et dans tant d’autres pays,

Quand ils découvrent et font respecter les droits et la dignité de la personne humaine…

Ils le font au Japon quand ils accueillent dans leurs communautés des chrétiens venus d’ailleurs…

Que ces témoins de la foi des pays asiatiques permettent aux chrétiens d’Occident que nous sommes, de redécouvrir la place centrale de la spiritualité dans leur vie.

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Source : Pixabay




Comprendre la patience de Dieu !

 

A ce moment-là, quelques personnes qui se trouvaient là racontèrent à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mélangé le sang avec celui de leurs sacrifices. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont subi un tel sort ?

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d’attitude, vous périrez tous de même. Ou bien ces 18 personnes sur qui la tour de Siloé est tombée et qu’elle a tuées, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem?

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d’attitude, vous périrez tous de même.»  Il dit aussi cette parabole: « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et il n’en trouva pas.  Alors il dit au vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe- le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ?’

Le vigneron lui répondit : ‘Seigneur, laisse-le encore cette année ! Je creuserai tout autour et j’y mettrai du fumier.

Peut-être à l’avenir donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas.’ »

Luc 12,1-9

 

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Quelle expression dérangeante que celle de « victime innocente » ! Le fait d’être victime ne suffit-il pas à éveiller la compassion, qu’il faille affirmer haut et fort l’irresponsabilité radicale du malheureux dans le malheur qui lui arrive ? Et tous les êtres humains ne sont-ils pas pécheurs devant Dieu ? N’obtiennent-ils pas tous miséricorde quand ils se tournent vers lui ?

Les galiléens de notre récit sont persécutés par Pilate et non punis par Dieu. Les 18 personnes écrasées par la tour de Siloé sont victimes d’un terrible accident, et non des foudres du ciel.

Comment conjuguer cette affirmation rationnelle avec notre foi, qui nous conduit peut-être à voir partout la main de Dieu ?

Jésus nous invite à nous situer devant Dieu, non terrassé par une peur superstitieuse qui lui ferait offense, mais debout, dans la confiance de l’enfant demandant à son Père de l’aider à vivre comme il faut. Et si c’est difficile de passer de la peur à la confiance tant la crainte du malheur et le sentiment de culpabilité nous obsèdent, sachons pourtant que cette confiance est le seul chemin qui conduise à la vie.

Et Dieu prend le temps de nous attendre sur ce chemin, comme il donne du temps au figuier de la parabole pour qu’il produise du fruit. Mais pressons le pas, la vie est si courte !

 

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Nous prions pour nos envoyés de Tunisie et pour le peuple tunisien, avec ces mots de Cyprien de Carthage, père de l’Eglise du 3ème siècle :

 

« Quelle immense patience en Dieu !

Nous voyons,

Par un effet de sa Patience égale et sans faille pour les coupables et pour les innocents,

Pour les gens pieux et pour les impies,

Pour ceux qui témoignent de la reconnaissance et pour les ingrats,

Sur un Signe de Dieu les saisons obéir, les éléments accomplir leur service, les vents souffler, les sources couler, les moissons croître en abondance, les raisins de la vigne mûrir, les arbres se charger de fruits, les bois se couvrir de feuilles, les prés de fleurs.

Et bien que Dieu soit douloureusement affecté par nos péchés fréquents, – que dis-je ? continuels,

Il maîtrise son Indignation et attend patiemment le jour de la rétribution,

Fixé d’avance une fois pour toutes.

Et bien qu’il tienne la vengeance en son pouvoir

Il préfère conserver longtemps la patience, pour que, si possible,

La méchanceté, à force d’avoir duré, se transforme un jour

Et que l’homme, après s’être vautré dans les égarements et les crimes contagieux, revienne à Dieu :

« Je ne veux pas la mort de celui qui meurt, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 18, 32).

Frères très aimés, la Patience est un attribut de Dieu, et quiconque est bon, patient et doux imite Dieu le Père !

Amen. »

Saint Cyprien de Carthage (200-258)

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