Gardons vivante mémoire : tout ne vient-il pas de Dieu ?

Méditation du jeudi 11 août 2016 – En ce temps d’été, nous prions ce psaume pour tous les prisonniers, dans tous les pays du monde, particulièrement là où les conditions de détention sont inhumaines et dégradantes.

 

Du répertoire du chef de chorale. Psaume appartenant au recueil de David.
 

J’ai compté fermement sur le Seigneur, il s’est penché vers moi, il a entendu mon appel.
Il m’a retiré du puits infernal, de la boue sans fond.

Il m’a remis debout, les deux pieds sur le roc ; il a rendu ma démarche assurée.

Il a mis sur mes lèvres un chant nouveau, un chant de louange pour lui, notre Dieu.

Beaucoup en seront témoins, ils reconnaîtront l’autorité du Seigneur et lui donneront leur confiance.

Heureux l’homme qui se fie au Seigneur, sans un regard pour ceux qui font pression sur lui  et s’empêtrent dans le mensonge !

Que de merveilles tu as réalisées, Seigneur mon Dieu ! Tu n’as pas ton pareil.

Et que de projets en notre faveur ! Il y en a trop pour que je puisse tout raconter, tout dire.

Ce qui te fait plaisir, ce n’est pas un sacrifice ou une offrande — tu me l’as bien fait comprendre-.

Ce que tu demandes, ce n’est pas des animaux brûlés sur l’autel ou des sacrifices pour obtenir le pardon.

Alors j’ai dit : « Je viens moi-même à toi. Dans le livre je trouve écrit ce que je dois faire. »

Mon Dieu, j’ai plaisir à t’obéir, et je garde ta Loi tout au fond de mon coeur.

Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : le Seigneur délivre.

Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur. Je ne garde pas secrète la délivrance que tu m’as accordée, mais je dis que tu es un vrai sauveur.

Devant la grande assemblée je ne cache pas ta fidèle bonté.

Toi, Seigneur, tu ne me fermeras pas ton coeur, et ta fidèle bonté sera ma constante sauvegarde.


Psaume 40,1-13

 


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Je ne sais pas prier me disait un jour un ami ! Est-ce si grave, lui répondis-je, ceux qui savent le faire le font pour ceux qui ne le savent pas, comme toi tu exerces la médecine pour tous ceux qui ne sont pas médecins.

En disant que la prière est le métier du chrétien, Luther nous autorise à parler ainsi, et même à accepter que parmi les chrétiens certains ne puissent pas prier, sinon à travers les actes de la vie. Il y a les Marthe et il y a les Marie.  

Mais tous, avec nos frères juifs en plus, nous avons en partage le merveilleux héritage des psaumes, venus à travers les âges nous porter la prière de nos pères dans la foi. Nous savons que Jésus a prié les psaumes, et que partout dans le monde des communautés les chantent, que ce soit dans les synagogues, dans les églises, dans les monastères.

Alors ce qui est dit prend encore plus d’intensité et de poids. Et surtout cela s’offre à tout être humain qui peut se sentir concerné.

Au cœur de ce psaume d’aujourd’hui nous sommes invités à recevoir cette incroyable consolation : l’homme qui a souffert, prié, crié, pleuré a été entendu, relevé ; son sanglot s’est transformé en chant. A tel point qu’il n’a pas hésité à clamer haut et fort devant qui voulait l’entendre qu’il avait eu bien raison de placer en Dieu sa confiance, de suivre sa loi.

Cet homme, délivré, veut le dire, l’affirmer, le chanter : Dieu sauve du désespoir ! Dieu délivre de la mort spirituelle et du fatalisme. Dieu fait vivre.

Une autre amie, aumônier de prison, me dit un jour combien les femmes qu’elles visitaient – non chrétiennes pour la plupart, se laissaient souvent bouleverser par de telles paroles.

«  C’est de nous que cela parle. C’est une Parole pour nous. »

Qu’elles soient remerciées de leur réceptivité et qu’elles reçoivent, là où elles sont, apaisement et consolation.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Si tout ici nous rappelait Dieu …

Les mots, les silences, les lieux, les temps de prière et jusqu’aux gestes de notre corps nous sont enseignés par la Parole de Dieu et redits par l’Eglise.
A nous il suffit d’aimer, car le puits est profond où nous pouvons puiser.

Jubilation et plainte

Aveux et repentirs

Révoltes et confiances

Disent à Celui qui EST que nous cherchons, comme l’oiseau sauvage, à émigrer en lui.

 

Le passereau s’est trouvé un gîte et l’hirondelle un nid pour ses petits.
Tes autels, Seigneur de l’univers, ô mon Roi et mon Dieu !

 

Si tout ici-bas nous rappelait Dieu,

Le ciel, la terre,

Le jour, la nuit

Les visages humains,

La naissance et la mort,

Nous emplirions notre temps de prière aussi naturellement que nous respirons.

 

Orienter le cœur là où est son trésor : telle est la discipline ordinaire, l’art familier de l’amour.

 

 
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La foi c’est la confiance !

Méditation du jeudi 4 août 2016 – En ce temps de grande violence, où des fanatiques poursuivent leur œuvre de mort et pervertissent le Nom de Dieu, poursuivons l’œuvre de vie en prêtant foi à la Parole du Dieu de vie.

Mettre sa foi en Dieu, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que l’on ne voit pas. C’est à cause de leur foi que les grands personnages du passé ont été approuvés par Dieu.

Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qui est visible a été fait à partir de ce qui est invisible.

Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn. Grâce à elle, il fut déclaré juste par Dieu, car Dieu lui-même approuva ses dons. Par sa foi, Abel parle encore, bien qu’il soit mort.

Par la foi, Hénok fut emmené auprès de Dieu sans avoir connu la mort. Personne ne put le retrouver, parce que Dieu l’avait enlevé auprès de lui. L’Écriture déclare qu’avant d’être enlevé, Hénok avait plu à Dieu. Or, personne ne peut plaire à Dieu sans la foi. En effet, celui qui s’approche de Dieu doit croire que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent.

Par la foi, Noé écouta les avertissements de Dieu au sujet de ce qui allait se passer et qu’on ne voyait pas encore. Il prit Dieu au sérieux et construisit une arche dans laquelle il fut sauvé avec toute sa famille. Ainsi, il condamna le monde et obtint, grâce à sa foi, que Dieu le considère comme juste.

Par la foi, Abraham obéit quand Dieu l’appela : il partit pour un pays que Dieu allait lui donner en possession. Il partit sans savoir où il allait. Par la foi, il vécut comme un étranger dans le pays que Dieu lui avait promis. Il habita sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, qui reçurent la même promesse de Dieu.

Hébreux 11,1-9

 


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Comment expliquer ce qu’est la foi à quelqu’un qui l’ignore et vous pose la question ?

Ce n’est pas facile de décrire ce que l’on ressent comme un don, un cadeau ; mais c’est possible de témoigner de son action dans la vie des hommes, comme le fait l’auteur de l’épître aux Hébreux en évoquant l’expérience des patriarches et des témoins de tous les temps.

Depuis Abel jusqu’à Abraham en passant par Hénok et Noé, les exemples donnés nous font comprendre que la foi n’est pas une croyance mais une relation d’amour, et que celle-ci engendre la joie de Dieu et celle de l’homme, de telle sorte que la confiance et la générosité deviennent la mesure de l’existence.
   
La foi est un élan vers Celui que l’on ne voit pas et que l’on nomme Dieu, une ouverture de l’être à sa Parole, une conviction intérieure qu’IL EST VIE et DONNE LA VIE ; c’est à la fois une émotion, un sentiment, une intelligence du cœur et l’esprit, une dynamique.

Mais attention, une foi sans actes de foi est une foi morte !  Pour inviter d’autres personnes à croire, nos engagements, nos paroles, nos attitudes sont essentiels.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Comment ta volonté, Seigneur Jésus, se fait-elle jour dans l’opacité de nos esprits ? Comment peut-on dire : cette chose est bonne plutôt que celle-là ?

Eclaire-nous.

Mène-nous au point de lumière où s’illuminent les pas.

Parais au rivage des choses comme tu es apparu aux disciples après la nuit infructueuse.

Dis-nous la Parole qui libère de l’errance et de l’incertitude.

Ne nous laisse pas trop longtemps au carrefour des possibles, mais fais résonner à nos oreilles la voix qui dit : C’est ici le chemin, marchez-y !

Donne-nous alors le vouloir ferme et stable de mener à bien cette unique parole, sans plus nous écarter d’elle,

Telle une piste infime au milieu du désert.

 


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Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Quelqu’un dans la foule dit à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés. »

Jésus lui répondit : « Mon ami, qui m’a établi pour juger vos affaires ou pour partager vos biens ? ». Puis il dit à tous : « Attention ! Gardez-vous de tout amour des richesses, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est très riche. »

Il leur raconta alors cette parabole :

« Un homme riche avait des terres qui lui rapportèrent de bonnes récoltes. Il réfléchissait et se demandait : « que vais-je faire ? Je n’ai pas de place où amasser toutes mes récoltes.» Puis il ajouta : « voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes autres biens. Ensuite, je me dirai à moi-même : « mon cher, tu as des biens en abondance pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et jouis de la vie » . Mais Dieu lui dit : « Insensé ! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as accumulé ? »

Jésus ajouta : « Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n’est pas riche aux yeux de Dieu. »

Luc 12,13-21

 


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Nous devrions nous réjouir, et non nous désoler, d’être mortels, inscrits dans la finitude. Car si nous vivons notre simple condition humaine sous le regard de Dieu, cette limitation, cette dépendance deviennent libératrices.

De quoi ?  De tous les vains désirs qui accaparent et torturent notre cœur.

Il ne s’agit pas des désirs liés à la vie, à l’amour, à la joie, à la beauté, à l’être ensemble ! Mais des désirs qui nous font soupirer après les biens d’autrui, les désirs de jalousie et de rivalité, et donc de pouvoir et de domination, d’accaparement et de rétention !

La vie des humains est empoisonnée par de tels désirs ; la vie de celui qui les éprouve et les laisse courir et se multiplier, mais aussi la vie de ceux qui en subissent les affres et les œuvres mortifères !

En aucun cas Dieu n’est juge, ni partie, en nos affaires de partage, souvent inextricables sinon par les processus de la loi des Hommes ! Car au-delà des biens d’autrui c’est bien souvent son identité, sa place, son être qui sont jalousés ! Les histoires de frères dans la Bible nous éclairent suffisamment sur la question !

Qui que nous soyons, laissons-nous offrir le véritable trésor, qui est l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous, mais aussi ce conseil de notre sœur la mort : « Vanité des vanités…. ».

Alors nous comprendrons dans la joie combien nous sommes riches et responsables de cette vie extraordinaire qui nous a été confiée.

 

 

En ce temps de vacances nous prions pour tous ceux qui ont besoin d’être ressourcées et ré-enracinés dans la Parole de Dieu.

 

Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler

Et à bien l’employer sans rien en perdre.

Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées,
Sans tomber dans le scrupule qui ronge.

Apprends-moi à prévoir sans me tourmenter,
A imaginer l’œuvre, sans me désoler si elle jaillit autrement.

Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur,
La sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur, à tenir bien serré le fil de l’attention.

Et surtout, comble toi-même les vides de mon œuvre :
Seigneur, dans tout labeur de mes mains,
Laisse une grâce de toi pour parler aux autres,
Et un défaut de moi pour me parler à moi-même.

 

Prière monastique du XIIe siècle

 


Source : Pixabay

 

 




Dieu n’est pas pour la mort mais pour l’amour et la vie !

Méditation du jeudi 21 juillet 2016 – Atterrés par la tuerie qui a eu lieu le soir du 14 juillet à Nice, nous remettons à Dieu les victimes et leurs familles.

Le Seigneur dit alors à Abraham : « Les accusations contre les populations de Sodome et Gomorrhe sont graves, leurs péchés sont énormes. Je vais descendre pour vérifier les accusations que j’entends porter contre eux. S’ils font tout ce mal, je le saurai. »

Deux des visiteurs quittèrent cet endroit et se dirigèrent vers Sodome, tandis que le Seigneur restait avec Abraham.

Abraham se rapprocha et dit : « Seigneur, vas-tu vraiment faire périr ensemble l’innocent et le coupable ? Il y a peut-être cinquante justes à Sodome. Vas-tu quand même détruire cette ville ? Ne veux-tu pas lui pardonner à cause des cinquante justes qui s’y trouvent ? Non, tu ne peux pas agir ainsi ! Tu ne feras pas mourir l’innocent avec le coupable, de sorte que l’innocent ait le même sort que le coupable. Il n’est pas possible que le juge de toute la terre ne respecte pas la justice. »

Le Seigneur répondit : « Si je trouve à Sodome cinquante justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d’eux. »

Abraham reprit : « Excuse-moi d’oser te parler, Seigneur, moi qui ne suis qu’un peu de poussière et de cendre. Au lieu des cinquante justes, il n’y en aura peut-être que quarante-cinq. Pour les cinq qui manquent détruiras-tu toute la ville ? »

Dieu dit : « Je ne la détruirai pas si j’y trouve quarante-cinq justes. »

Abraham insista : « On n’en trouvera peut-être que quarante. » 

« Je n’interviendrai pas à cause des quarante », déclara Dieu.

Abraham dit alors : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas si je parle encore. On n’en trouvera peut-être que trente. » 

« Je n’interviendrai pas si je trouve trente justes dans la ville », répondit Dieu.

Abraham dit : « Seigneur, excuse mon audace. On n’en trouvera peut-être que vingt. » 

« Je ne détruirai pas la ville à cause de ces vingt », répondit Dieu.

Alors Abraham dit : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas. C’est la dernière fois que je parle. On n’en trouvera peut-être que dix. » 

« Je ne détruirai pas la ville à cause de ces dix », dit Dieu.

Genèse 18,20-32


              

 Source : Hérodote.com

 

Scène époustouflante : quand avertit Dieu Abraham de son intention de détruire Sodome, celui-ci ose le mettre en cause, l’interroger sur son sens de la justice. Les innocents doivent-ils périr en même temps que les coupables ? A partir de quelle proportion d’honnêtes gens une société peut-elle être épargnée ?

Certains d’entre nous, encore habités par l’image du Dieu terrible qu’on leur a présentée dans leur enfance, s’effraient peut-être de « l’insolence » d’Abraham : comment la foudre ne tombe-t-telle  pas sur lui en même temps que sur Sodome?
Elle tombera sur Sodome, non parce que la plaidoirie d’Abraham a échoué, mais parce qu’il n’y aura pas dix justes pour sauver Sodome. Seul Loth sera épargné avec sa famille – sauf sa femme changée en statue de sel pour avoir enfreint l’interdiction de regarder en arrière.

Quant à Abraham, sa protestation devant Dieu est grandement valorisée dans la tradition juive, même s’il est parfois regretté qu’il ne soit pas allé plus loin que les dix justes. Et on cite Noé en contre-exemple, en déplorant qu’informé de la préparation du déluge, il n’ait rien fait pour prévenir sa génération et la conduire à s’amender, ni pour retenir la colère de Dieu.
Car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive !
  
Atterrés par la tuerie qui a eu lieu le soir du 14 juillet à Nice,  nous remettons à Dieu les victimes et leurs familles, et nous réaffirmons notre foi en un Dieu créateur, de justice et de miséricorde, qui « connait le cœur de l’homme et sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses oeuvres. » Jérémie 17,10.

 

 

Je crois en Dieu.
Par lui l’univers et notre existence sont créés toujours à nouveau.
Dans le chantier du monde, son Esprit nous anime et nous porte.

Il donne chaque jour à notre vie un sens positif,
Une dignité fondamentale,
Une vocation créatrice.
Dieu est l’avenir de l’humain.
Sa présence éternelle dépasse les espaces et les temps.

Je crois que Jésus, prophète, nous fait entendre Sa parole.
Il est celui que nous écoutons et auquel nous regardons pour savoir qui est Dieu et qui est l’homme :
Un Dieu d’amour, selon la Bible ;
Un Dieu pour lequel l’être humain et la terre entière sont une espérance invincible.
En Jésus, l’homme et Dieu sont à jamais réunis et inséparables.
Il est un exemple pour nous et pour le monde.

Nous reconnaissons une seule Église,  universelle et connue de Dieu seul.
Elle existe par-delà les institutions chrétiennes et les frontières religieuses.
Je crois à l’amour plus fort que la mort.

 

Laurent Gagnebin, professeur de théologie.

 

Source : Pixabay 

 




Etre à la fois Marthe et Marie !

Méditation du 14 juillet 2016 – Nous prions pour les envoyés en session de formation au Défap

Tandis que Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme, appelée Marthe, le reçut chez elle.

Elle avait une soeur, appelée Marie, qui, après s’être assise aux pieds du Seigneur, écoutait ce qu’il enseignait.

Marthe était très affairée à tout préparer pour le repas. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma soeur me laisse seule pour accomplir tout le travail ? Dis-lui donc de m’aider. »

Le Seigneur lui répondit: « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. »

 


Marthe et Marie (Vélasquez, 1618)


Peut-on imaginer Jésus mettre en doute les vertus de l’hospitalité, lui qui n’a cessé d’inviter ou de se faire inviter chez les uns et chez les autres ? 

Peut-on l’imaginer inconscient des nécessités pratiques et concrètes de la table, lui qui a changé l’eau en vin quand il le fallait et a su pourvoir à la nourriture de 5000 personnes en pleine nature ?

Certes il n’a pas eu besoin de feu, de broches ou d’ustensiles pour préparer un festin de viandes grasses ; l’eau, le pain, les poissons et la bénédiction de Dieu s’avérant suffisants pour l’heure. 

Mais en bon descendant d’Abraham, Jésus a toujours su ce qui se jouait dans l’invitation à partager la table, et que rien ne pouvait advenir sans préparatifs.

Alors ? La petite leçon, pleine d’humour, adressée à Marthe, et que nous pouvons prendre pour notre compte, concerne peut-être simplement la respiration.

Marthe, je te prie, ne transforme pas ta mission, ta responsabilité, en esclavage qui t’essouffle et te porte trop souvent à reprocher aux autres ce que tu fais pour eux !

Que la paix accompagne tes gestes, et que l’odeur des mets sur le fourneau te mette en joie, si telle est ta vocation !

Sinon arrête tout ! Viens m’écouter et nourrir ton courage ! 

Sens-toi libre de rester près de moi pendant que je suis encore là. Respire, reprends haleine !

 

 

Nous prions pour tous les envoyés en session de formation au Défap


S’asseoir pour oser risquer
Seigneur Jésus,
Pour révéler le mystère du Royaume de Dieu, Tu as pris beaucoup de risques !
Tu as risqué l’éternité dans le temps,
Tu as risqué l’invisible dans un visage d’homme,
Tu as risqué le divin dans un corps humain.

Tu as risqué la Parole dans la fragilité de nos mots,
Tu as risqué la bonté de Dieu dans la banalité de gestes quotidiens.
Tu as même pris le risque
D’être récupéré, mal interprété, défiguré.

Seigneur, depuis ton incarnation,
Comment te suivre sans prendre des risques ?
Donne-nous le goût du risque
Et le courage de le prendre en toute lucidité.
Donne-nous de risquer notre coeur, notre intelligence et notre raison,
De risquer nos biens, notre avenir et  notre réputation,
De risquer l’hostilité, l’indifférence et même la croix.

Mais tant de risques, tu le comprends bien, demandent réflexion,
Tant de risques méritent que je prenne le temps de m’asseoir
Pour accueillir, dans le silence de la prière, ton Esprit,
Source et force de mes choix,
Pour en vérifier les fondations.

Accorde-moi la grâce de bâtir ma vie
Sur le roc de ta Parole,
De durer en ta Présence, de commencer et d’achever
L’ouvrage de ma vie avec Toi.

Michel Hubaut, Franciscain

 

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Devenir prochain : s’arrêter, écouter, soigner, consoler, encourager…

Méditation du jeudi 7 juillet 2016 – Nous prions pour nos envoyés aux Antilles et pour tous les habitants

Un maître de la loi intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? »

Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans notre loi ? Qu’est-ce que tu y lis ? »

L’homme répondit : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. » Et aussi : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même».

Jésus lui dit alors : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. »

Mais le maître de la loi voulait justifier sa question. Il demanda donc à Jésus : « Qui est mon prochain? »

Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho lorsque des brigands l’attaquèrent, lui prirent tout ce qu’il avait, le battirent et s’en allèrent en le laissant à demi-mort.

Il se trouva qu’un prêtre descendait cette route. Quand il vit l’homme, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.

De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit l’homme, passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.

Mais un Samaritain, qui voyageait par-là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il en eut profondément pitié. Il s’en approcha encore plus, versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans un hôtel, où il prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’hôtelier et lui dit :«Prends soin de cet homme; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui.»

Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme attaqué par les brigands ? »
Le maître de la loi répondit : « Celui qui a été bon pour lui. »
Jésus lui dit alors : « Va et fais de même. »

Luc 10,25-37

 

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Ce qui m’a toujours profondément touchée dans l’histoire du bon samaritain, au-delà du fait qu’il s’arrête près du blessé, c’est le soin qu’il prend à l’aider et à l’accompagner jusqu’au bout !

Il ne s’agit pas de minimiser la compassion d’urgence et le fait de porter « instinctivement » assistance à celui qui peut être en danger de mort.  Au contraire, que ce soit à un niveau professionnel, associatif, ou simplement personnel,  il est si important que l’humain sache s’arrêter pour se montrer concrètement gardien de son frère !  Et le récit raconté par Jésus montre que ce n’est pas toujours le cas en évoquant ces deux passants qui prennent bien soin de changer de trottoir de peur d’avoir à se mouiller les mains.

Mais s’arrêter est porteur d’un au-delà de l’urgence. C’est devenir responsable de celui auprès de qui on s’arrête, et cela a parfois de quoi nous faire frémir ! Jusqu’où et jusqu’à quand devrai-je aider celui qui a besoin de moi ? Le pourrai-je ?  Notre samaritain est remarquable car il pense à tout, comme une mère. Il porte le blessé dans une auberge, le fait soigner, paie les frais, anticipe les besoins supplémentaires et annonce son retour pour prendre des nouvelles et régler le surplus.

Finalement, il fait à autrui tout ce que chacun aimerait qu’autrui fasse pour lui en pareil cas, même s’il ne le pense pas sous cette forme-là à ce moment-là.
N’est-ce pas cela être prochain ?

 

Nous prions pour nos envoyés aux Antilles et pour tous les habitants.
Seigneur ta force parait dans le soleil,
Ta grandeur dans les étoiles,
Ta douceur dans la nuit,
Ta profondeur dans les eaux de la mer.

Toutes tes œuvres te louent et nos yeux te rendent grâce pour la joie du petit enfant
L’amour de la mère, la force de l’homme,
La beauté fragile du monde.

Cette fragilité est toujours devant ta face.
Accorde-nous le courage et la force de persévérer dans la solidarité avec nos frères et nos sœurs de ce monde,
De nourrir ceux qui ont faim,
De pleurer les enfants à naître dans la pauvreté,
De pleurer les victimes de guerre,
D’avoir compassion pour ceux qui souffrent du sida,
D’apporter réconfort aux victimes de toute violence,
D’être artisan de paix dans un monde déchiré par la haine la peur et l’orgueil.

Seigneur, viens au secours des faibles et touche le cœur des forts.
Que la plénitude de ta paix, ta justice et ta réconciliation viennent en notre temps.
Nous te prions dans le Seigneur Jésus, ton Fils et notre Sauveur.

Amen

 

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Mission : recevoir les témoins qui nous sont envoyés !

Méditation du jeudi 30 juin 2016 – Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien

Après cela, le Seigneur choisit soixante-douze autres hommes et les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et tous les endroits où lui-même devait se rendre.

Il leur dit : « La moisson à faire est grande, mais il y a peu d’ouvriers pour cela. Priez donc le propriétaire de la moisson d’envoyer davantage d’ouvriers pour la faire. En route ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne prenez ni bourse, ni sac, ni chaussures ; ne vous arrêtez pas en chemin pour saluer quelqu’un. Quand vous entrerez dans une maison, dites d’abord : «Paix à cette maison.»

Si un homme de paix habite là, votre souhait de paix reposera sur lui ; sinon, retirez votre souhait de paix. Demeurez dans cette maison-là, mangez et buvez ce que l’on vous y donnera, car l’ouvrier a droit à son salaire. Ne passez pas de cette maison dans une autre.
Quand vous entrerez dans une ville et que l’on vous recevra, mangez ce que l’on vous présentera ; guérissez les malades de cette ville et dites à ses habitants : «Le Royaume de Dieu s’est approché de vous.» 

Mais quand vous entrerez dans une ville et que l’on ne vous recevra pas, allez dans les rues et dites à tous : «Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds. Pourtant, sachez bien ceci : le Royaume de Dieu s’est approché de vous.» Je vous le déclare : au jour du Jugement les habitants de Sodome seront traités moins sévèrement que les habitants de cette ville-là. »

Luc 10,1-20

 

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L’envoi par Jésus des 72 hommes n’est pas sans rappeler l’institution des 70 anciens par Moïse, destinés à l’aider dans son ministère auprès du peuple. Ici il ne s’agit pas de guider le peuple mais d’aller vers les 70 nations de la terre, qui représentent l’ensemble du monde habité,  afin de faire connaître à tous le nom de Dieu et l’Evangile.

Cette mission a été confiée et vécue à travers les siècles, comme la vocation chrétienne par excellence, évangile voulant dire bonne nouvelle, et bonne nouvelle impliquant annonce, publication, diffusion.  Et l’on pourrait dessiner –depuis les voyages de l’apôtre Paul, la carte des évangélisations qui ont christianisé une grande partie du monde, quelles que soient les Eglises et confessions qui en sont nées.
Les livres d’histoire nous apprennent que les missionnaires n’ont pas toujours été bien reçus, mais  aussi qu’ils n’ont pas toujours agi dans un sens rigoureusement évangélique – prisonniers qu’ils étaient parfois des logiques et des intérêts de leurs souverains.

Bon an mal an nous pouvons cependant, chaque dimanche matin, prier en communion avec des chrétiens de tous pays, de toutes cultures, de toutes traditions, de toutes langues ….. Et à l’heure où notre Europe voit les églises se vider, certainement nous pouvons et devons nous réjouir que Jésus envoie vers nous de nouveaux témoins de l’Evangile !
Surtout qu’ils n’aient pas à secouer la poussière de leurs souliers !

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien.

Seigneur notre Dieu, notre Père,
Aujourd’hui, dans la dynamique de partage et d’ouverture à laquelle tu nous appelles, nous voulons te prier pour tous nos soeurs et frères en humanité, chrétiens, musulmans, juifs, hindous, bouddhistes, animistes ou encore athées.

Aide-nous à nous enrichir du pluralisme et de ce que chacun peut nous apporter.

Apprends‐nous à accueillir avec amour et bienveillance nos voisins, nos collègues, les camarades de nos enfants, quelques soient leurs horizons culturels ou spirituels.

Nous te prions pour la paix, le respect et le dialogue entre les peuples et les croyants du monde entier.

Nous te remettons en particulier les responsables des différentes communautés religieuses, afin qu’ils soient créateurs de liens et de lieux d’échanges.

Sois avec tous ceux qui oeuvrent à plus de compréhension, d’ouverture, de vivre ensemble.

Apporte‐leur la force, la persévérance et l’humilité nécessaires pour valoriser la diversité.

Seigneur, que nos Eglises soient, à l’image de ton fils Jésus Christ, des lieux d’accueil et d’ouverture, capables de se laisser interpeller.

Que les expériences interreligieuses des Eglises soeurs au Maroc, au Sénégal, à l’île Maurice ou encore au Moyen‐Orient puissent nourrir nos propres apprentissages.

Oui, Seigneur notre Dieu, nous croyons au vivre ensemble.

Fais de nous des porteurs d’amour pour que nous puissions construire un monde de paix et de partage. 

Amen.

 

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Ne pas se tromper de ferveur !

Méditation du jeudi 23 juin 2016 – Nous prions pour nos envoyés à Haïti et pour le peuple haïtien.

Lorsque le moment approcha où Jésus devait être enlevé au ciel, il décida fermement de se rendre à Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui. Ceux-ci partirent et entrèrent dans un village de Samarie pour lui préparer tout le nécessaire. Mais les habitants refusèrent de le recevoir parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Quand les disciples Jacques et Jean apprirent cela, ils dirent : « Seigneur, veux-tu que nous commandions au feu de descendre du ciel et de les exterminer ? » Jésus se tourna vers eux et leur fit des reproches. Et ils allèrent dans un autre village.
Ils étaient en chemin, lorsqu’un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui dit : « Les renards ont des terriers et les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas un endroit où il puisse se coucher et se reposer. »
Il dit à un autre homme : « Suis-moi. ». Mais l’homme dit : « Maître, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui répondit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; et toi, va annoncer le Royaume de Dieu. »
Un autre homme encore dit : « Je te suivrai, Maître, mais permets-moi d’aller d’abord dire adieu à ma famille. » Jésus lui déclara : « Celui qui se met à labourer puis regarde en arrière n’est d’aucune utilité pour le Royaume de Dieu. »

Luc 9,51-62

 

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Il y a ferveur et ferveur !

Quand des samaritains sollicités pour recevoir Jésus lui refusent l’hospitalité –pour la raison qu’il se rend à Jérusalem, ville ennemie à leurs yeux – ses fervents disciples Jacques et Jean se montrent prêts à en découdre, et veulent invoquer les foudres du ciel pour exterminer ceux qui viennent de manquer de considération envers leur Seigneur et Maître.

Celui-ci est heureusement présent pour les calmer.

Mais la scène nous permet de voir comment peut naître le fanatisme : humiliation, colère, orgueil, désir de défendre l’honneur de Dieu !

C’est une autre ferveur que Jésus espère des hommes, tournée vers la vie. En situation d’urgence il faut choisir, et parfois sacrifier les choses les plus saintes, comme l’ensevelissement des proches ou les cérémonies d’au-revoir à une famille aimée.

L’heure des grands engagements et des grandes décisions implique forcément des ruptures, non par rejet de ce qui fut précieux, mais par enthousiasme pour une vocation impérieuse : mettre sa personne et ses talents au service que Dieu nous propose, partir en mission, ici ou ailleurs, pour réaliser quelque chose du royaume de Dieu.

Mais c’est toujours peu au regard du témoignage de celui qui n’avait pas où reposer sa tête. Car une fois que nous avons fait ce que nous devions faire, nous sommes toujours des « serviteurs inutiles », et cela doit nous prémunir contre toute volonté de puissance, a fortiori s’il s’agit de puissance spirituelle.

 

En cette semaine de la fête de la musique, prions pour Haïti avec ces mots d’Ernesto Cardenal, prêtre, poète et homme politique du Nicaragua.

Louez le Seigneur dans le cosmos,
Son sanctuaire d’un rayon de 100 000 millions d’années- lumière.

Louez-le par les étoiles et les espaces interstellaires.
Louez-le par les galaxies et les espaces intergalactiques.
Louez-le par les atomes et les vides intra-atomiques.

Louez-le avec le violon et la flûte et avec le saxophone.
Louez- le avec les clarinettes et le cor, avec des clairons et des trombones.
Louez- le avec des violes et des violoncelles, avec des pianos et des synthétiseurs.

Louez- le avec le blues et le jazz, le rock et le rap,
Et avec des orchestres symphoniques,
Avec des slams et la 5ème de Beethoven,
Avec des guitares et des percussions.
Louez- le avec des CD et des enregistrements numériques.

Que tout ce qui respire loue le Seigneur,
Toute cellule vivante,
Alléluia !

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Tous descendants d’Abraham !

Méditation du jeudi 15 juin 2016 – Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais.

Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi qui vous lie à Jésus-Christ. Vous tous, en effet, avez été unis au Christ dans le baptême et vous vous êtes ainsi revêtus de tout ce qu’il nous offre. Il n’importe donc plus que l’on soit juif ou non-juif, esclave ou libre, homme ou femme ; en effet, vous êtes tous unis dans la communion avec Jésus-Christ. Si vous appartenez au Christ, vous êtes alors les descendants d’Abraham et vous recevrez l’héritage que Dieu a promis.

Galates 4,26-29

 

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Comme il est bon d’apprendre par Jésus-Christ que nous sommes tous, ensemble, enfants d’un même Dieu, descendants d’Abraham, en qui sont bénies toutes les familles de la terre !
Qu’il est bon de croire que cette filiation concerne aussi – du point de vue de notre foi chrétienne, ceux qui ne connaissent ou ne reconnaissent pas Dieu, ou bien qui sont d’une autre religion que la nôtre, et que cela nous fait obligation de les traiter en frères.
En revanche, ne nous servons pas de cette parole ô combien généreuse de l’apôtre Paul pour déclarer caduques les identités singulières, et malvenues les cultures résistant à la nôtre. Plus encore, n’utilisons pas la communion de tous en Jésus-Christ pour oublier qu’en ce monde – ci existe encore l’esclavage, et que des femmes sont terriblement maltraitées dans de nombreux pays.
Haut et fort aimons et respectons cette humanité aux mille visages et à la ressemblance de Dieu, car si nous aimons le Christ, qui nous a tous aimés, notre joie ne peut être parfaite sans la joie et la liberté de tous.

 

Prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais avec ce poème

de René Philombé, poète camerounais (1930-2001)

J’ai frappé à ta porte
J’ai frappé à ton cœur
Pour avoir un bon lit
Pour avoir un bon feu
Pourquoi me repousser?
Ouvre-moi mon frère !…

Pourquoi me demander
Si je suis d’Afrique
Si je suis d’Amérique
Si je suis d’Asie
Si je suis d’Europe ?
Ouvre- moi mon frère !

Pourquoi me demander
La longueur de mon nez
L’épaisseur de ma bouche
La couleur de ma peau

Et le nom de mes dieux,
Ouvre-moi mon frère !…

Je ne suis pas un noir
Je ne suis pas un rouge
Je ne suis pas un jaune
Je ne suis pas un blanc
Mais je ne suis qu’un homme
Ouvre-moi mon frère !…

Ouvre-moi ta porte
Ouvre-moi ton cœur
Car je suis un homme
L’homme de tous les temps
L’homme de tous les cieux
L’homme qui te ressemble !…

 


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Ces obscurs dangers de la convoitise !

L’Eternel envoya Nathan chez David. Le prophète alla donc le trouver et lui dit:

Dans une ville vivaient deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre[a]. Le riche possédait beaucoup de moutons et de bœufs. Le pauvre n’avait qu’une petite brebis qu’il avait achetée et qu’il élevait; elle grandissait chez lui auprès de ses enfants, elle mangeait de son pain, buvait à son bol et couchait dans ses bras; elle était pour lui comme une fille.

Un jour, un voyageur arriva chez l’homme riche, mais celui-ci ne voulut pas prendre une bête de ses troupeaux de moutons ou de bœufs pour préparer un repas au voyageur de passage. Alors il alla prendre la brebis du pauvre et la fit apprêter pour son hôte.
David entra dans une violente colère contre cet homme. Il dit à Nathan: Aussi vrai que l’Eternel est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort! Il restituera quatre fois la valeur de la brebis pour avoir commis un tel acte et pour avoir agi sans pitié.
Alors Nathan dit à David: Cet homme-là, c’est toi! Voici ce que déclare l’Eternel, le Dieu d’Israël:
«Je t’ai conféré l’onction pour t’établir roi d’Israël et je t’ai délivré de Saül. Je t’ai livré la maison de ton seigneur Saül, j’ai mis les femmes de ton seigneur dans tes bras et je t’ai établi chef sur Israël et sur Juda; et si cela était trop peu, j’étais prêt à y ajouter encore d’autres dons. Alors pourquoi as-tu méprisé ma parole en faisant ce que je considère comme mal? Tu as assassiné par l’épée Urie le Hittite. Tu as pris sa femme pour en faire la tienne, et lui-même tu l’as fait mourir par l’épée des Ammonites. Maintenant, la violence ne quittera plus jamais ta famille parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Urie le Hittite pour en faire ta femme.»
Voici ce que déclare l’Eternel: «Je vais faire venir le malheur contre toi, du sein même de ta famille, je prendrai sous tes yeux tes propres femmes pour les donner à un autre, qui s’unira à elles au grand jour.  Toi, tu as agi en cachette; mais moi j’exécuterai cela sous les yeux de tout Israël, au grand jour.»
David dit à Nathan: J’ai péché contre l’Eternel!
Nathan lui répondit: Eh bien, l’Eternel a passé sur ton péché. Tu ne mourras pas. Toutefois, comme par cette affaire tu as fourni aux ennemis de l’Eternel[b] une occasion de le mépriser, le fils qui t’est né mourra. 

2 Samuel 12,1-14

 

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On s’en souvient, le dernier des 10 commandements dénonce l’esprit de convoitise :  « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain; tu ne désireras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » Deut 5,21
L’histoire de David et Bethsabée nous montre clairement les dangers de cet esprit de convoitise : le vol, l’adultère, le meurtre.  Mais pourquoi le prophète Nathan a- t-il donc eu besoin d’une parabole pour dénoncer l’attitude du roi David ? N’aurait-il pu lui parler directement ?
Grâce au procédé de Nathan, nous apprenons quelque chose d’important : c’est l’inconscience, ou la cécité volontaire, de celui qui, saisi par la passion,  a commis une faute grave. David ne se reconnaît pas dans le personnage de l’homme riche volant au pauvre sa petite brebis. Il le condamne même violemment.
Il lui faut être confondu, accusé, par Nathan pour réaliser l’ampleur du mal qu’il a commis. Et c’est si grave que le mal retombera sur les générations à venir quand bien même David repentant sera lui-même gracié afin d’accomplir sa mission.
Cette terrible leçon est à méditer par chacun d’entre nous car nous sommes faits de la même pâte humaine que David.

 

 

Prions pour nos envoyés à Madagascar avec ces mots d’Erasme de Rotterdam, théologien humaniste de Hollande ( 1469-1536)

Ô Esprit Saint de Dieu qui, de ton souffle,
Purifie le cœur et l’esprit de ton peuple,
Le réconfortant quand il est dans la tristesse,
Le ramenant sur son chemin quand il s’en écarte,
Le réchauffant quand il a froid, l
Le rassemblant quand il est désuni,
L’enrichissant de dons multiples !

Toi qui fais vivre toute chose,
Nous te supplions de nous préserver et de nous enrichir chaque jour
Des dons que tu daignes nous accorder.
Qu’avec la lumière devant nous et en nous
Nous puissions traverser le monde,
Sans achoppement et sans errance ! Amen !

 

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Mission : Vivre et faire vivre !

Le jour suivant, Jésus alla dans une ville appelée Naïn ; ses disciples et une grande foule faisaient route avec lui. Lorsqu’il fut près de la porte de la ville, voici, on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de gens de la ville.
Le Seigneur, l’ayant vue, fut ému de compassion pour elle, et lui dit : Ne pleure pas !
Il s’approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi !  Et le mort s’assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère.
Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant : Un grand prophète a paru parmi nous, et Dieu a visité son peuple.
Cette parole sur Jésus se répandit dans toute la Judée et dans tout le pays d’alentour.

 Luc 7,11-17

 

Illustration de la méditation du jeudi

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Nous ne sommes pas Jésus, qui vient de rendre à la vie le serviteur mourant d’un officier romain de Capernaüm.
Nous ne sommes pas Jésus qui, sur le chemin de Naïm, rend à sa mère un enfant que déjà on porte en terre.
Nous ne sommes pas Jésus transfiguré, crucifié, ressuscité, élevé à la droite du Père !
Et pourtant il vit en nous, il console à travers nos gestes, il encourage par nos paroles, il diffuse sa joie dans nos regards, dès lors que nous accueillons sa présence au cœur de notre existence !
Mais nous-mêmes faisons-nous des miracles ?
Qu’est-ce qu’un miracle ?
Vivre et faire vivre n’est-il pas un miracle ? Etre considéré comme enfant de Dieu n’est-il pas un miracle ? Aimer et être aimé  véritablement n’est-il pas un miracle ? Servir Dieu en participant à la réparation de la création n’est-il pas un miracle ? Etre sensible à la beauté comme à la douleur du monde n’est-il pas un miracle ? Oser prier, chanter, danser pour exprimer notre reconnaissance n’est-il pas un miracle ? Témoigner jusqu’aux rives de la mort que l’amour ne saurait périr n’est-il pas un miracle ?
Que l’esprit de reconnaissance nous ouvre à cette compréhension ! Nous ne sommes que des poussières d’étoiles, mais Dieu tient à nous comme à la prunelle de ses yeux.

 

bandeau de la meditation

Prions pour nos envoyés avec les mots de cette «Lettre ouverte à Jésus de Nazareth ! »
Pardon si je t’écris.
Bien sûr tu ne tiendras pas compte de moi.
Je suis peu de chose : Segundo Lopez Sanchez, charpentier, marié, j’ai une femme et cinq enfants.
Je travaille dans un atelier (plus quelques bricoles).
Je suis l’un de tes pauvres.
Mais voilà que je n’ai plus ni force ni patience.
Seigneur, je dois tellement me bagarrer pour le peu de choses à manger.
Seigneur, vaut mieux que tu descendes et que tu le voies de tes propres yeux.
Je ne suis pas très instruit, mais on dit que tu étais du métier quand tu étais jeune.
Je ne sais pas ce que cela donnait en ce temps-là que de vivre de son travail et d’être pauvre.

Mais pour l’heure, c’est un miracle plus grand que celui des pains et des poissons
Que de mettre quelque chose sur la table et de le partager afin que tous en aient.
Essaie un peu !
Viens faire le charpentier avec nous et vis à la journée
Tu sueras le sang comme dans le jardin.
Et sors dans les chemins, mets-toi à prêcher comme tu le faisais contre les Pharisiens souvent
Et répète ce que tu disais des riches et de l’aiguille.
Chasse de l’Eglise les marchands et on verra ce qui se passera.
S’ils ne te crucifient pas comme autrefois c’est parce que maintenant
A peine on ouvre le bec qu’on te fait taire. C’est joli à voir !

Seigneur viens nous aider…
D’ouvrier à ouvrier je te le demande, et je signe :
Ton humble serviteur !

Segundo Angelo Figuera,  Amérique latine

 

Illustration de la meditation du jeudi

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Partager c’est multiplier la vie !

 

Les foules suivirent Jésus. Il les accueillit, et il leur parlait du royaume de Dieu; il guérit aussi ceux qui avaient besoin d’être guéris.

Comme le jour commençait à baisser, les douze s’approchèrent, et lui dirent : Renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages et dans les campagnes des environs, pour se loger et pour trouver des vivres ; car nous sommes ici dans un lieu désert.                                  

Jésus leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils répondirent: Nous n’avons que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n’allions nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple.

Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : Faites-les asseoir par rangées de cinquante. Ils firent ainsi, ils les firent tous asseoir.

Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule.                 

Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.

Luc 9,11-17

Illustration méditation du jeudi

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C’est terrible à dire, mais n’y a- t- il pas plus de facilité à partager le « peu » que l’abondance ? On se souvient de l’impuissance du jeune homme riche à donner ses biens (Matthieu 19,16-30). Et du calcul mortel – et pourtant raisonnable, d’Hananias et Saphira (Actes 5, 1-10), quand ils donnent « seulement » une partie du prix de vente de leurs biens à la communauté ?

En revanche beaucoup témoigneront avoir été reçus royalement dans des familles disposant de très peu mais mettant tout sur la table.

Le réalisme des disciples de Jésus vis-à-vis d’une foule à nourrir peut nous faire penser à « notre réalisme » face à l’afflux des réfugiés. Comment les recevoir en nombre, les intégrer, leur procurer des moyens de subsistance avec un taux de chômage comme le nôtre et dans un contexte politique difficile ?

Et pourtant !

De la Parole de Jésus retenons « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! »

Comment est-ce possible ?

En plaçant la bénédiction de Jésus au cœur de la réalité, afin de l’ouvrir aux possibles de Dieu.  Cette bénédiction, en instaurant le partage de la vie, permet la multiplication des pains !

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Partageons cette prière d’un entrepreneur :

Diriger et me laisser conduire par toi, Seigneur !

Faire croître la richesse et la vouloir pour une destinée universelle.

Vivre dans l’univers marchand et rester ouvert à la gratuité.

Savoir compter avec rigueur et ne pas cesser de donner sans compter.

Pouvoir être trahi sans cesser de croire aux hommes.

Rester attentif à celui qui est à mes côtés et qui attend la réponse.

Voir en cet homme non pas seulement celui qui me fait face,

Mais l’homme possible que toi, mon Dieu, tu habites de ta richesse.

 

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