De la stupeur devant l’histoire à la confiance en Dieu !

Méditation du jeudi 10 novembre 2016. Nous prions pour nos envoyés du Laos et pour le peuple laotien.

Quelques personnes parlaient du temple et disaient qu’il était magnifique avec ses belles pierres et les objets offerts à Dieu.
Mais Jésus déclara : « Les jours viendront où il ne restera pas une seule pierre posée sur une autre de ce que vous voyez là ; tout sera renversé. »
Ils lui demandèrent alors : « Maître, quand cela se passera – t- il ? Quel sera le signe qui indiquera le moment où ces choses doivent arriver ? »
Jésus répondit : « Faites attention, ne vous laissez pas tromper. Car beaucoup d’hommes viendront en usant de mon nom et diront : « Je suis le Messie !» et « Le temps est arrivé !» Mais ne les suivez pas.  Quand vous entendrez parler de guerres et de révolutions, ne vous effrayez pas ; il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin de ce monde. »
Puis il ajouta : « Un peuple combattra contre un autre peuple, et un royaume attaquera un autre royaume ; il y aura de terribles tremblements de terre et, dans différentes régions, des famines et des épidémies ; il y aura aussi des phénomènes effrayants et des signes impressionnants venant du ciel.
Mais avant tout cela, on vous arrêtera, on vous persécutera, on vous livrera pour être jugés dans les synagogues et l’on vous mettra en prison ; on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs à cause de moi.
Ce sera pour vous l’occasion d’apporter votre témoignage à mon sujet. Soyez donc bien décidés à ne pas vous inquiéter par avance de la manière dont vous vous défendrez. Je vous donnerai moi-même des paroles et une sagesse telles qu’aucun de vos adversaires ne pourra leur résister ou les contredire.
Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos parents et vos amis ; on fera condamner à mort plusieurs d’entre vous. Tout le monde vous haïra à cause de moi. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Tenez bon : c’est ainsi que vous sauverez vos vies. »

Luc 21,5-19

 

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Dans son livre « Le monde d’hier, l’écrivain viennois Stephan Zweig évoque l’effondrement moral et social provoqué par la guerre 14-18. On ne l’avait pas vu venir et on mit du temps à réaliser combien elle était affreuse et allait durer longtemps. Certaines de ses pages expriment la stupeur ; il n’en revient pas, et peu à peu il commence à ne plus reconnaître ses propres amis, devenus étrangers, parfois fanatiques, et ennemis idéologiques.
Ces jours-ci, après l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, on entend également des propos exprimant la stupeur et l’affolement. Car il s’est présenté comme un candidat extrémiste et il n’a aucune expérience de l’exercice du pouvoir.  Qu’allons-nous tous devenir ?
Lire un récit d’apocalypse dans de telles circonstances est très instructif. Comme tous les prophètes bibliques Jésus nous prévient de la fragilité des choses de ce monde et des renversements toujours possible d’une réalité qui nous semblait assurée.
Comme il était beau le temple de Jérusalem ! Et pourtant il ne restera pas, – il n’est pas resté- pierre sur pierre, à part le mur occidental, dit mur des lamentations.
Comme ils sont doux les temps de paix et de prospérité ! Et enivrantes les époques où la démocratie ne semble soucieuse que d’accorder plus de liberté, plus d’égalité, plus de bien-être à tous ses citoyens ! Et pourtant une fracture sociale survient en conséquence de problèmes économiques, la crise persiste, les angoisses montent, les dissensions s’aggravent. La haine sociale, l’extrémisme violent explosent en un orage destructeur.
Ceci est le monde. Ceci est le remous de l’histoire des hommes. Restons accrochés au rocher, solides dans la tempête, assurés que nous la traverserons, fidèles à celui qui nous dit : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Tenez bon : c’est ainsi que vous sauverez vos vies. »

 

Prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

Dieu de paix, à qui rien n’est impossible, créateur, rédempteur, vivificateur :
Une fois de plus nous venons auprès de Toi pour implorer Ta miséricorde et Ton pardon.
Permets-nous de recommencer à nouveau et aide-nous à donner une chance à la paix.
Oui, nous voudrions donner une nouvelle chance à la paix,
puisque nous avons manqué tant d’occasions, que nous avons empêché tant d’initiatives
et que nous avons regardé, sans intervenir, lorsque le bien a été vaincu, au lieu de surmonter le mal par le bien !
Nous Te demandons : Donne-nous la paix !
Nous te rendons grâce pour les acteurs qui cherchent à vaincre la violence
Ils aiguisent notre conscience et renforcent notre désir de paix.
Mais tu attends bien plus de nous pour donner une chance à la paix.
Alors que nous implorons Ton pardon,
donne-nous de nous engager toujours à nouveau comme artisans de justice.
Nous Te demandons : Donne-nous la paix.
Engage-nous à faire la paix.
Aide-nous à ce que notre vie devienne toujours à nouveau  le point de départ pour la paix.
Donne-nous sagesse et courage :
La sagesse pour discerner Ta volonté, le courage pour servir fidèlement la paix.
Nous Te demandons : Donne-nous la paix.
Dieu de paix, à qui rien n’est impossible, Fais de nous les instruments de Ta paix,
Pour que partout dans le monde, nous fassions Ta volonté en donnant une chance à la paix.
Nous Te le demandons au nom de Celui qui est le Serviteur de la Paix : Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

Prière venant des Caraïbes – rassemblement mondial des Eglises pour la Paix

 

 

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Le Dieu des vivants et non le Dieu des morts

Méditation du jeudi 3 novembre 2016. En cette semaine de la Toussaint, nous prions pour toutes les personnes et les familles endeuillées.

Quelques Sadducéens vinrent auprès de Jésus. — Ce sont eux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection. —
Ils l’interrogèrent de la façon suivante : « Maître, Moïse nous a donné ce commandement écrit : «Si un homme marié, qui a un frère, meurt sans avoir eu d’enfants, il faut que son frère épouse la veuve pour donner des descendants à celui qui est mort.»
Or, il y avait une fois sept frères. Le premier se maria et mourut sans laisser d’enfants. Le deuxième épousa la veuve, puis le troisième. Il en fut de même pour tous les sept, qui moururent sans laisser d’enfants. Finalement, la femme mourut aussi. Au jour où les morts se relèveront, de qui sera-t-elle donc la femme ? Car tous les sept l’ont eue comme épouse ! »
Jésus leur répondit : « Les hommes et les femmes de ce monde – ci se marient ; mais les hommes et les femmes qui sont jugés dignes de se relever d’entre les morts et de vivre dans le monde à venir ne se marient pas. Ils ne peuvent plus mourir, ils sont pareils aux anges. Ils sont fils de Dieu, car ils ont passé de la mort à la vie. Moïse indique clairement que les morts reviendront à la vie. Dans le passage qui parle du buisson en flammes, il appelle le Seigneur «le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.» Dieu, ajouta Jésus, est le Dieu des  vivants, et non des morts, car tous sont vivants pour lui. »

Luc 20,27-38

 


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S’il n’y a pas de résurrection des morts, écrit l’apôtre Paul,  Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.
Mais que signifie la résurrection ? Comment l’envisage-t-on ?
S’il s’agit d’une réanimation risquant de plonger les réanimés dans l’inconfortable situation évoquée par les sadducéens en discussion avec Jésus, alors nous serons d’accord avec eux que mieux vaut ne pas ressusciter !
Heureusement la réponse de Jésus nous ouvre à une autre perspective. Elle nous libère de nos désirs d’immortalité et de nos fantasmes de grand retour, en même temps qu’elle nous invite à la confiance ! Nous serons comme des anges, nous entrerons dans la vie qui est la vie et qui a vaincu la mort. Cela vaut bien d’abandonner quelques égoïstes préoccupations sur notre devenir !
Jésus ressuscité ne ressemblait pas au Jésus d’avant. Marie le prit pour le jardinier du cimetière et les disciples d’Emmaüs pour un voyageur étranger. Il resta 40 jours puis monta au ciel où il est assis à la droite de Dieu !
Et nous, à qui ressemblerons-nous dans notre forme spirituelle? Au Fils de l’homme ?
En ce temps de Toussaint, où se célèbre la communion des vivants et des morts, la part de la joie doit l’emporter sur la part du chagrin ! Car tous sont et seront recueillis dans l’amour de Dieu, maintenant et pour toute éternité.

 

Nous prions pour toutes les familles endeuillées, en particulier celles qui ont perdu des enfants, celles qui sont frappées par la guerre ou les séismes. Nous trouverons des mots plein de consolation dans cette prière du Pasteur Charles Wagner (1852-1918).

Quand je dormirai du sommeil qu’on nomme la mort,
c’est dans ton sein que je reposerai.
Tes bras me tiendront
comme ceux des mères tiennent les enfants endormis.
Et Tu veilleras.
Sur ceux que j’aime et que j’aurai laissés,
sur ceux qui me chercheront et ne me trouveront plus,
sur les champs que j’ai labourés,
Tu veilleras.
Ta bonne main réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs sur les empreintes de mes pas égarés;
tu mettras ta paix sur les jours évanouis, passés dans l’angoisse;
tu purifieras ce qui est impur.
Et de ce que j’aurai été,
moi, pauvre apparence, ignorée de moi-même et réelle en toi seul.
Tu feras ce que tu voudras.
Ta volonté est mon espérance, mon lendemain, mon au-delà,
mon repos et ma sécurité.
Car elle est vaste comme les cieux et profonde comme les mers;
les soleils n’en sont qu’un pâle reflet
et les plus hautes pensées des hommes n’en sont qu’une lointaine image.
En Toi je me confie.
À Toi je remets tout.

 


1918, « Devant le témoin invisible », Paris, éd. Fischbacher 1933


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Laissons-nous renverser et soyons renversants !

Méditation du jeudi 27 octobre 2016. Nous prions pour nos envoyés à la Réunion et pour tous les Réunionnais.

Après être entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville.
Il y avait là un homme appelé Zachée ; c’était le chef des collecteurs d’impôts et il était riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais comme il était de petite taille, il ne pouvait pas y parvenir à cause de la foule. Il courut alors en avant et grimpa sur un arbre, un sycomore, pour voir Jésus qui devait passer par là.
Quand Jésus arriva à cet endroit, il leva les yeux et dit à Zachée : « Dépêche-toi de descendre, Zachée, car il faut que je loge chez toi aujourd’hui. »
Zachée se dépêcha de descendre et le reçut avec joie.
En voyant cela, tous critiquaient Jésus ; ils disaient : « Cet homme est allé loger chez un pécheur ! »
Zachée, debout devant le Seigneur, lui dit : « Écoute, Maître, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois autant. »
Jésus lui dit : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, parce que tu es, toi aussi, un descendant d’Abraham.  Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »

Luc 19,1-10

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Qui n’aime raconter l’histoire de Zachée aux enfants ? C’est que, derrière le puissant  collecteur d’impôt, il reste ce petit homme capable d’oublier son quant à soi social et de grimper aux arbres pour satisfaire sa curiosité.
A celui qui garde une telle capacité enfantine, il est possible de se laisser renverser. ET c’est ce qui arrive.
On l’imagine, à la demande de Jésus, se précipitant à la maison, organisant à la va-vite un repas de fête, proposant au visiteur de lui laver les pieds, sortant son meilleur vin, lui demandant de bénir le pain… Excité, heureux, fiévreux, comme quand un hôte de marque vous fait l’honneur de s’inviter chez vous.
De joie le cœur s’ouvre, et les fatalités comportementales s’assouplissent ! Là où le seul profit imposait sa loi, le souci d’autrui s’immisce, là où la peur et la méfiance servaient de vade mecum, la confiance et la générosité se révèlent comme naturelles. Zachée redevient frère, Zachée redevient fils…
Et pour tous ceux qui viennent après lui, Zachée devient signe de joie, de rédemption et d’espérance. Merci à l’évangéliste Luc d’avoir écrit pour nous cette histoire.

 

Nous prions pour nos envoyés à la Réunion et tous les habitants de la Réunion.

Saviez-vous déjà que la proximité de quelqu’un peut donner la santé,
Faire mourir ou vivre ?
Saviez-vous déjà que la voix de quelqu’un peut en éveiller un autre
Qui était sourd à tout
Et peut le faire entendre ?

Saviez-vous déjà que la parole et la main de quelqu’un peuvent rendre la vue
A un aveugle qui ne voyait rien,
Qui ne voyait aucun sens à ce monde et à sa vie ?

Saviez-vous déjà qu’écouter fait des merveilles,
Que la bienveillance est féconde,
Que la confiance donnée nous revient au centuple ?

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Se repentir c’est bien, réparer c’est encore mieux !

Méditation du jeudi 20 octobre 2016. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien.

Jésus dit la parabole suivante à l’intention de ceux qui se croyaient justes aux yeux de Dieu et méprisaient les autres :
« Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était Pharisien, l’autre collecteur d’impôts.
Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même  : «O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, mauvais et adultères ; je te remercie de ce que je ne suis pas comme ce collecteur d’impôts. Je jeûne deux jours par semaine et je te donne le dixième de tous mes revenus.»
Le collecteur d’impôts, lui, se tenait à distance et n’osait pas même lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine et disait : «O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur.»
Je vous le dis, ajouta Jésus, cet homme était en règle avec Dieu v quand il retourna chez lui, mais pas le Pharisien. En effet, quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »

Luc 18,9-14


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Il existe une belle prière juive du matin qui consiste à remercier Dieu d’être ce que l’on est et pas un autre. Comme toute chose, cette prière peut être dévoyée et servir à mépriser ceux que l’on est content de ne pas être –y compris femme si l’on est homme !
On retrouve cet esprit de discrimination dans une certaine théologie de la prospérité où, heureux d’avoir réussi dans la vie et d’y voir le signe de la bénédiction de Dieu on y trouve l’occasion de jeter l’opprobre sur les malchanceux, les pécheurs, les « disgraciés », qui n’ont pas su sauter sur leur chance et faire de bonnes affaires !
Soyons plutôt comme ce collecteur d’impôt qui, ayant sans doute fait de bonnes affaires, mais sur le dos de ses concitoyens, accepte de prendre conscience que tout cela n’est pas bien beau devant Dieu et devant les hommes ! Alors il se repend humblement.
Ce qui vaut à condition de suivre l’exemple de Zachée, son confrère en profit, qui au contact de Jésus décide de rendre 4 fois ce qu’il doit à ceux qu’il a volés et de donner la moitié de ses biens aux pauvres.

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien à partir ces mots de Saint Cyprien (200-258), Père de l’Eglise né à Carthage, dans l’actuelle Tunisie, où il se convertit et fut baptisé vers 245. Evêque,  il fut exécuté sous la persécution de Valérien le 14 septembre 258.

 

« Prions pour que la Paix soit rendue à l’Église » :

« Prions pour que la Paix nous soit bientôt rendue,
Pour que nous puissions échapper aux périls et sortir de nos cachettes,
Et pour que soit accompli ce que le Seigneur daignera manifester à Ses serviteurs :
L’Eglise rendue à son état premier,
La sécurité de notre salut,
Le beau temps après la pluie,
La lumière après l’obscurité,
Un temps calme et doux après les tempêtes et les cyclones,
Le secours clément de son Amour paternel,
Les grandeurs accoutumées de la divine Majesté,
Qui réprime les blasphèmes des persécuteurs,
Qui corrige par la pénitence les chrétiens tombés,
Et qui glorifie la confiance ferme et inébranlable de ceux qui ont persévéré. Amen. »

Saint Cyprien de Carthage (200-258)

 




La prière : confiance et résistance

Méditation du jeudi 13 octobre 2016. Nous prions pour nos envoyés à Haïti et pour le peuple haïtien, si éprouvé et endeuillé une fois encore par l’ouragan Matthew.

Jésus leur dit ensuite cette parabole pour leur montrer qu’ils devaient toujours prier, sans jamais se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne se souciait pas de Dieu et n’avait d’égards pour personne.  Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait fréquemment le trouver pour obtenir justice.
«Rends-moi justice contre mon adversaire», disait-elle.
Pendant longtemps, le juge refusa, puis il se dit : «Bien sûr, je ne me soucie pas de Dieu et je n’ai d’égards pour personne ; mais comme cette veuve me fatigue, je vais faire reconnaître ses droits, sinon, à force de venir, elle finira par m’exaspérer.» »
Puis le Seigneur ajouta : « Écoutez ce que dit ce juge indigne !  Et Dieu, lui, ne ferait- il pas justice aux siens quand ils crient à lui jour et nuit ? Tardera-t-il à les aider   ? Je vous le déclare : il leur fera justice rapidement. Mais quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18,1-8

 

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Comment continuer à prier lorsque les épreuves ne cessent de s’accumuler ? Réunis dans la chapelle du Défap avec nos frères et sœurs kanaks venus nous visiter, nous avons partagé cette question en pensant à la souffrance du peuple haïtien,  à peine sorti des conséquences de l’effroyable séisme de 2010 qu’il se retrouve à nouveau frappé par les éléments déchaînés.
Alors la veuve de notre parabole prend un relief encore plus saisissant. Loin d’être intimidée par un juge tout puissant, elle qui est consciente de sa pauvreté et de son insignifiance sociale, elle refuse de rester passive et de s’enfermer dans un rôle de victime. Au contraire elle s’arme de courage, elle insiste et défend son droit jusqu’à obtenir gain de cause.
C’est avec beaucoup de réalisme et un certain humour que Jésus met en scène cette question si spirituelle de la prière – plaidoirie. Ainsi il nous invite nous-mêmes à « pratiquer cette insistance ».  Comme devant un juge qui fait la sourde oreille tout en voulant croire que nous sommes devant un Père qui nous écoute.
Les réparations, les reconstructions, les actes de sauvetage, d’entraide,  ce sont les hommes qui en sont responsables car ils doivent agir, mais la force de faire tout cela – au cœur de tant de désespoir, c’est Dieu qui la suscite, l’entretient, la ranime quand elle vacille.

 

 

 

Nous prions pour nos envoyés à Haïti et le peuple haïtien si éprouvé et endeuillé par l’ouragan Matthew.

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Recommence

Si tu es las et que la route te paraît longue,
si tu t’aperçois que tu t’es trompé de chemin,
ne te laisse pas couler
au fil des jours et du temps,
…recommence.

Si ta vie te semble trop absurde,
si tu es déçu par
trop de choses et de gens,
ne cherche pas à comprendre pourquoi,
…recommence.

Si tu as essayé d’aimer et d’être utile,
si tu as connu ta pauvreté
et tes limites,
ne laisse pas là une tâche à moitié faite,
…recommence.

Si les autres te regardent avec reproche,
s’ils sont déçus par toi, irrités,
ne te révolte pas, ne leur demande rien,
…recommence.

Si l’arbre rebourgeonne en oubliant l’hiver,
le rameau fleurit
sans demander pourquoi,
l’oiseau fait son nid
sans songer à l’automne,
car la vie est espoir et recommencement.




La gratitude nous grandit !

Méditation du jeudi 6 octobre 2016. Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais

Tandis que Jésus faisait route vers Jérusalem, il passa le long de la frontière qui sépare la Samarie et la Galilée. Il entrait dans un village quand dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance et se mirent à crier : « Jésus, Maître, aie pitié de nous ! »
Jésus les vit et leur dit : « Allez-vous faire examiner par les prêtres. »
Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris.
L’un d’entre eux, quand il vit qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à haute voix.  Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et le remercia. Cet homme était Samaritain.  Jésus dit alors : « Tous les dix ont été guéris, n’est-ce pas ? Où sont les neuf autres ? Personne n’a-t-il pensé à revenir pour remercier Dieu, sinon cet étranger ? »
Puis Jésus lui dit : « Relève-toi et va ; ta foi t’a sauvé. »

Luc 17,11-19


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On trouve – théoriquement – normal de remercier pour un bienfait. Cela vient du cœur, ou de l’éducation, ou des deux.
Pourtant il n’y a qu’un lépreux sur dix à revenir sur ses pas, louant Dieu et remerciant Jésus pour sa parole libératrice.
Contrairement à la logique l’exception est celui qui, guéri remercie, gracié fait grâce à son tour, pardonné pardonne, comblé de biens et de bienfaits se montre généreux…
Si c’est l’exception, il y a tout à parier que nous faisons souvent partie des neuf autres

Et pourtant il nous arrive aussi d’être celui qui remercie, n’est-ce pas ? Et il nous arrive d’être celui qui critique vivement les neuf autres… Quels ingrats !
Tout cela pour dire que la question de la reconnaissance est une question étonnamment complexe !
Heureusement Jésus le sait, et c’est bien pour cela qu’il guérit les dix lépreux, et non un seul d’entre eux. Et il leur permet à tous d’être réintégrés à la communauté des bien-portants.
Quant à celui qui remercie, il a compris et reçu quelque chose qui a échappé aux autres. Cela lui donne une joie profonde et une responsabilité particulière : celle d’être témoin des œuvres de Dieu.

 

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Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais

Laisse la paix commencer par toi et germer comme une graine féconde vers la lumière.
Elle a besoin de l’humus de ton cœur pour porter les belles fleurs votives.

Laisse la paix commencer par les pétales particuliers de tes doigts
Comme semences d’espérance.
Et ses racines se ramifieront en geyser d’amour.

Laisse l’amitié jaillir de tes yeux comme une porte grandement ouverte sur la fraternité.
Que ton regard devienne un abri solide pour ton frère humain contre la solitude.
Que chacune de tes prunelles soit une poignée de main généreuse
Contre cette aliénation qui sépare.

Laisse la tendresse commencer par toi comme une chaleureuse cordialité
Pour envahir le monde en désarroi et qui n’ose même plus espérer.
Deviens cette liane joyeuse qui se tend vers des abîmes insondables
Pour secourir les êtres broyés par l’incertitude.

Laisse l’amour commencer par toi comme absence de souffrance
Pour essuyer les larmes des hommes déglingués.
Notre terre a tant besoin de tes caresses amoureuses
Pour se sauver de ce terrible futur qui se prépare.
Laisse la paix commencer par toi comme un bouquet de vie triomphante.

Muepu. Echos des grands lacs.
Paroles lointaines, paroles si proches.




De la joie de servir à la découverte du croire !

Méditation du jeudi 29 septembre 2016. Nous prions pour notre envoyé à Madagascar et pour le peuple malgache.

 

Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente notre foi. »

Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous pourriez dire à cet arbre, ce mûrier : «Déracine-toi et va te planter dans la mer», et il vous obéirait. »

« Supposons ceci : l’un d’entre vous a un serviteur qui laboure ou qui garde les troupeaux. Lorsqu’il le voit revenir des champs, va-t-il lui dire : «Viens vite te mettre à table» ?

Non, il lui dira plutôt : «Prépare mon repas, puis change de vêtements pour me servir pendant que je mange et bois ; après quoi, tu pourras manger et boire à ton tour.» Il n’a pas à remercier son serviteur d’avoir fait ce qui lui était ordonné, n’est-ce pas ?

Il en va de même pour vous : quand vous aurez fait tout ce qui vous est ordonné, dites : «Nous sommes de simples serviteurs ; nous n’avons fait que notre devoir.»

Luc 17,5-10

Source : pixabay

 

A quoi servirait de déraciner « par la foi » un mûrier qui irait se replanter dans la mer ?

Jésus s’entend à manier l’absurde ! Au lieu de morigéner ses disciples pour leurs demandes insensées, il les promène avec des réponses qui peuvent leur causer quelque perplexité, et à nous aussi !

Autre était la demande du père d’un enfant malade adressant cette prière à Jésus : « Seigneur je crois, mais viens au secours de ma difficulté à croire ! »

Nous pouvons nous reconnaitre dans ce paradoxe : à la fois élan de confiance, enthousiasme, prescience de ce « qui n’est pas encore », la foi est toujours bordée par les précipices du doute, de la peur, du découragement, surtout quand nous traversons des moments difficiles.

Aux disciples Jésus indique le chemin à suivre : «  Faites simplement votre service ! » « Comment pouvez-vous vous inquiéter de votre « foi » alors que je suis au milieu de vous ? »

« La récompense du commandement, c’est le commandement » peut-on lire dans le Traité des Pères, livre important du judaïsme.

De même la récompense du service c’est la joie de servir !  Et cette joie est une force de consolation. Elle peut tenir lieu de foi pour qui pense avoir du mal à « croire ». Et il arrive qu’elle déplace des montagnes….

 

Nous prions pour notre envoyé à Madagascar et pour le peuple malgache.

Source : pixabay

Seigneur, j’ai l’âme pleine de confiance et la tête pleine de doutes.

Seigneur, quelque chose en moi est capable de croire.

Mais je t’appelle au secours à cause des doutes qui restent dans ma tête.

Seigneur, il y a bien au fond de moi une certitude qui me donne espoir et confiance.

Permets qu’elle prenne racine là aussi, dans ma tête.

Seigneur, permets que mes yeux sachent voir plus loin que les faits.

Qu’ils sachent te voir, toi, à travers les choses.

Seigneur, les chiffres, les nombres, on ne les discute pas.

Fais que ta Parole, pour mon esprit, soit aussi évidente.

 

Seigneur, au nom de ton Fils, donne-moi de croire aussi, de tout le pouvoir de ma tête ! Amen !

Prières de jeunes chrétiens d’Afrique ; Paroles lointaines… paroles si proche




Tous dans les bras d’Abraham !

Méditation du jeudi 22 septembre 2016. Nous prions pour nos envoyés en Egypte et le peuple égyptien.

« Il y avait une fois un homme riche qui s’habillait des vêtements les plus fins et les plus coûteux et qui, chaque jour, vivait dans le luxe en faisant de bons repas.

Devant la porte de sa maison était couché un pauvre homme, appelé Lazare. Son corps était couvert de plaies. Il aurait bien voulu se nourrir des morceaux qui tombaient de la table du riche. De plus, les chiens venaient lécher ses plaies.

Le pauvre mourut et les anges le portèrent auprès d’Abraham.

Le riche mourut aussi et on l’enterra. Il souffrait beaucoup dans le monde des morts ; il leva les yeux et vit de loin Abraham et Lazare à côté de lui.

Alors il s’écria : «Père Abraham, aie pitié de moi ; envoie donc Lazare tremper le bout de son doigt dans de l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre beaucoup dans ce feu.»

Mais Abraham dit : «Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu beaucoup de biens pendant ta vie, tandis que Lazare a eu beaucoup de malheurs. Maintenant, il reçoit ici sa consolation, tandis que toi tu souffres. De plus, il y a un profond abîme entre vous et nous ; ainsi, ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le peuvent pas et l’on ne peut pas non plus parvenir jusqu’à nous de là où tu es.»

Le riche dit : «Je t’en prie, père, envoie donc Lazare dans la maison de mon père, où j’ai cinq frères. Qu’il aille les avertir, afin qu’ils ne viennent pas eux aussi dans ce lieu de souffrances.»

Abraham répondit : «Tes frères ont Moïse et les prophètes pour les avertir : qu’ils les écoutent !»

Le riche dit : «Cela ne suffit pas, père Abraham. Mais si quelqu’un revient de chez les morts et va les trouver, alors ils changeront de comportement.»

Mais Abraham lui dit : «S’ils ne veulent pas écouter Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si quelqu’un se relevait d’entre les morts.»

Luc 16, 19-31

 

    Source : pixabay

 

Quelle histoire terrible !

Deux hommes, deux mondes. Entre les deux un abime, ou un mur !

Le riche, anonyme, est enfermé dans son luxe : vêtements, nourriture, biens multiples.

Le pauvre, prénommé Lazare (Dieu aide), est enfermé dans son pauvre corps affamé, détérioré, qui n’attire que les chiens !

Et aucun miracle n’a lieu : le « méchant » riche ne devient pas bon, compatissant et généreux comme dans certains contes.
Et le pauvre ne pêche pas le poisson aux œufs d’or dans quelque étang.

Il se passe autre chose :

Le pauvre Lazare meurt et il est accueilli dans le sein d’Abraham !

Le riche anonyme meurt à son tour et il est rejeté du sein d’Abraham !

Faudrait-il donc être pauvre et se soumettre à l’ordre des choses en attendant de recevoir le centuple au paradis ?  Heureusement cette interprétation ne trouve plus beaucoup de partisans.

Il n’en reste pas moins que l’ultime consolation du malheureux Lazare nous  rappelle le lien de parenté qui unit Dieu à l’être nu de l’homme, celui qui n’a rien pour faire obstacle à son amour. Alors que la richesse, surtout en excès, risque de nous rendre sourds à la voix du cœur.

Néanmoins le sort du riche nous émeut ! Même quand, outre-tombe, il semble devenu un peu plus lucide et moins égoïste, aucune rédemption n’est en réserve pour lui !  Il se cogne à la même impossibilité que celle qu’il imposait à Lazare gisant à sa porte.

Jésus est porteur de la loi de Moïse et des prophètes : Dieu est Un et l’Humain est Un. Nous sommes tous enfants d’un même Père.  Mais chaque fois que, par mépris,  par indifférence, où par désir de dominer…nous réfutons cette unité originaire, nous signons notre propre condamnation, car nous nions le projet de Dieu.

Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour le peuple égyptien avec cette prière d’un auteur anonyme :

« Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères c’est à moi que vous l’avez fait. Matthieu 25 »

Comment puis-je remercier Dieu, quand mon voisin souffre de la faim et de la soif ?
Comment puis-je dire : Merci, Seigneur, pour ce repas ?

Quand mon voisin est nu et dort dans la rue,
Faut-il vraiment que je dise : ta bonté ô Dieu, soit bénie ?
Ai-je le droit de louer Dieu,
Quand il me donne, à moi seul, liberté et santé ?

Quand mon voisin est opprimé et malade,
Suis-je obligé de dire : ta miséricorde soit louée ?

Quand des millions d’hommes continuent de vivre dans les ténèbres,
Devrais-je dire : Merci à toi, ô Dieu, de me compter au nombre des élus ?

Mon enfant, je ne te donne pas à boire et à manger pour que tu sois seul rassasié
Et que tu vives dans la joie.
Je te fais ce cadeau pour que tu partages ton repas
Avec ton voisin qui crie famine.
Quand tu l’auras rassasié, il reconnaîtra ma sollicitude,
Et il me dira merci !

Mon enfant je ne te donne pas vêtements et logis
Pour que tu connaisses le confort et que l’orgueil te monte à la tête.
C’est pour que ton manteau réchauffe ton voisin qui grelotte et pour que ta maison abrite les malheureux :
Quand ils connaîtront, à travers toi, ma bonté,
Ils me béniront.

Mon enfant je ne te donne pas santé et liberté
Pour que tu jouisses sans épreuves de la vie.
Tu es robuste, alors tu peux assister les malades et les vieilles gens.
Tu es libre, alors tu peux aider.
Paroles lointaines, paroles si proches, expressions de foi de l’Eglise universelle.

 

Hortus Deliciarum. Tome 1. Herrade De Landsberg

Source : Google




On ne peut servir Dieu et Mamon

Méditation du jeudi 15 septembre 2016. Nous prions pour les envoyés au Burkina-Fasso et pour le peuple burkinabais.

 

Jésus dit à ses disciples :

« Un homme riche avait un gérant et l’on vint lui rapporter que ce gérant gaspillait ses biens. Le maître l’appela et lui dit : «Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet? Présente-moi les comptes de ta gestion, car tu ne pourras plus être mon gérant.»

Le gérant se dit en lui-même : «Mon maître va me retirer ma charge. Que faire ? Je ne suis pas assez fort pour travailler la terre et j’aurais honte de mendier. Ah ! Je sais ce que je vais faire ! Et quand j’aurai perdu ma place, des gens me recevront chez eux !» Il fit alors venir un à un tous ceux qui devaient quelque chose à son maître. Il dit au premier : «Combien dois-tu à mon maître ?» — «Cent tonneaux d’huile d’olive», lui répondit-il. Le gérant lui dit : «Voici ton compte ; vite, assieds-toi et note cinquante.» Puis il dit à un autre : «Et toi, combien dois-tu?» — «Cent sacs de blé», répondit-il. Le gérant lui dit : «Voici ton compte ; note quatre-vingts.»

Eh bien, le maître loua le gérant malhonnête d’avoir agi si habilement. En effet, les gens de ce monde sont bien plus habiles dans leurs rapports les uns avec les autres que ceux qui appartiennent à la lumière. »

Jésus ajouta : « Et moi je vous dis : faites-vous des amis avec les richesses trompeuses de ce monde, afin qu’au moment où elles n’existeront plus pour vous on vous reçoive dans les demeures éternelles. Celui qui est fidèle dans les petites choses est aussi fidèle dans les grandes ; celui qui est malhonnête dans les petites choses est aussi malhonnête dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèles dans votre façon d’utiliser les richesses trompeuses de ce monde, qui pourrait vous confier les vraies richesses ? Et si vous n’avez pas été fidèles en ce qui concerne le bien des autres, qui vous donnera le bien qui vous est destiné?

« Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second; ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Luc 16,1-13

Source : Pixabay

Partout dans le monde, la corruption est une des grandes causes de malheur, car elle écrase les plus faibles et les scandalise. Alors comment le Jésus des cœurs purs et du don gratuit peut-il exprimer, à travers une parabole, quelque admiration pour un intendant machiavélique ? Est-ce de l’ironie ou une provocation ? S’agit-il d’une sorte de morale du pire ? Nous sommes choqués !

Mais serions-nous meilleurs que le maître de la parabole, qui sonde tout ? Peut-être nous tend-il simplement un miroir afin que nous comprenions que le cynisme des uns n’aurait pas réellement de pouvoir sans l’hypocrisie des autres.

Car celle-ci cache, derrière les grands principes, toutes les compromissions dont notre cœur s’arrange, partagé qu’il est entre Dieu et Mamon. Et qui permettent ces mille petites infidélités quotidiennes que nous jugeons si banales, si dérisoires, si peu graves !

Et pourtant : fidèles dans les petites choses, fidèles dans les grandes, nous dit Jésus. Et l’inverse se vérifie également.

Y a- t-il une morale de l’histoire ?

Il faut servir Dieu, et jamais Mamon. En revanche il arrive que l’on doive se servir de Mamon. Mais jamais on ne peut se servir de Dieu, sous peine de le trahir et d’en faire une idole.

 

Seigneur,
Dans le silence de ce jour naissant,
Je viens Te demander la paix, la sagesse, la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux tout remplis d’amour.
Être patient, compréhensif, doux et sage;
Voir au-delà des apparences tes enfants comme Tu les vois Toi-même,
Et ainsi ne voir que le bien en chacun.
Ferme mes oreilles à toute calomnie.
Garde ma langue de toute malveillance.
Que seules les pensées qui bénissent demeurent en mon esprit.
Que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m’approchent sentent Ta Présence.
Revêts-moi de Ta Beauté, Seigneur, et qu’au long de ce jour je Te révèle.
AMEN

Saint François d’Assise

Source : Pixabay




Et si nous plaidions les uns en faveur des autres ?

Méditation du jeudi 8 septembre 2016 – En ce temps de rentrée, prions pour tous les envoyés qui viennent de rejoindre les lieux de leur nouvelle mission.

Alors le Seigneur dit à Moïse :

« Redescends tout de suite, car ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte, a commis un grave péché. Ils se sont bien vite détournés du chemin que je leur avais indiqué : ils se sont fabriqués un veau en métal fondu, ils se sont inclinés devant lui et lui ont offert des sacrifices. Ils ont même déclaré : «Voici notre Dieu, qui nous a fait sortir d’Égypte !». 

Eh bien, j’ai vu ce que vaut ce peuple ; ce sont tous des rebelles. Alors laisse-moi intervenir : dans ma colère je vais les exterminer, puis je ferai naître de toi une grande nation.»

Mais Moïse supplia le Seigneur son Dieu de s’apaiser, en disant :

« Seigneur, pourquoi déchaîner ta colère contre ton peuple, après avoir déployé ta force, ta puissance irrésistible pour le faire sortir d’Égypte ? Si tu agis ainsi, les Égyptiens vont dire : «C’est par méchanceté que le Seigneur a fait sortir les Israélites de notre pays ; c’était pour les massacrer dans la région des montagnes et les faire disparaître de la terre.»

 » O Seigneur, apaise ta colère, renonce à faire du mal à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, auxquels tu as fait ce serment solennel : «Je rendrai vos descendants aussi nombreux que les étoiles. Je leur donnerai le pays que j’ai promis et ils le posséderont pour toujours.»

Alors le Seigneur renonça à faire à son peuple le mal dont il l’avait menacé.

Exode 32,7-14

Source : Pixabay

 

Le Dieu qui a sauvé son peuple veut maintenant l’anéantir ! La faute commise est-elle si grave ?

Que signifie le veau d’or ? Le mépris de Dieu, la tentative bien humaine de l’emprisonner pour nous assurer ses services en le paralysant dans l’image que nous lui donnons. Et pourquoi cela ? Par désir de toute-puissance, mais aussi par peur, par angoisse, car le temps de Dieu n’étant pas notre temps, nous ne savons pas vivre l’attente, le silence, l’intermittence de ses actions providentielles. Comme le peuple hébreu s’est affolé du « retard » de Moïse à descendre du Sinaï.

Réduire Dieu à l’image ou à l’idole est terriblement dangereux, car il devient souvent une arme pour asservir les foules, et que les uns brandissent contre les autres. C’est un Dieu inversé, trahi, défiguré.

Devant un tel risque, le Dieu Créateur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est pris de colère et d’un désir d’anéantissement, comme il le fut au temps de la génération de Noé. Qu’y a- t- il à sauver quand l’humanité est complètement pervertie, à part le juste Noé et le serviteur Moïse ?

Mais un tel Dieu, qui ne semble pas connaître les circonstances atténuantes, et oublier ses propres engagements, n’a-t- il pas de quoi nous choquer à notre tour ? Ce serait le cas, si nous n’apprenions que la plaidoirie en faveur des pécheurs est possible, et hautement souhaitée. Selon un commentaire juif, ce fut Dieu lui-même qui engagea Moïse à endosser ce rôle d’avocat capable de le faire renoncer à la stricte justice pour exercer la grâce.

Comme Abraham devant Sodome, et à la différence de Noé au temps du déluge, Moïse a plaidé pour son peuple. Et, bien que « malhabile de la bouche », il a persuadé Dieu de faire miséricorde. L’idolâtrie est mortifère, mais l’idolâtre est et reste un être humain à défendre, surtout contre lui-même.

 

En ce temps de rentrée, prions pour tous les envoyés

qui viennent de rejoindre les lieux de leur nouvelle mission.

Heureux les gens qui se rencontrent dans un esprit de simplicité et d’humilité !
Les personnes qui n’ont pas une barricade de préjugés, de dogmes et de certitudes.
En renonçant à l’exclusivité de la vérité, ils accèdent à la vérité infinie.

Heureux qui fait preuve de douceur dans l’approche d’autrui !

Les gens capables d’une écoute mutuelle et attentive sans chercher à imposer leur point de vue.
Ce sont eux qui rendent possible une coexistence harmonieuse sur terre.

Heureuses les personnes à qui le dialogue arrache des larmes !
La rencontre authentique ne va pas sans dépouillement, sans révision de nos comportements et de nos jugements.
La joie de la réconciliation passe par la reconnaissance de nos différences.

Heureuses les personnes qui viennent au dialogue avec une faim de connaissance et une soif de compréhension d’autrui !
Leur rencontre sera davantage qu’une juxtaposition de monologues.
Leur attente sera comblée par la richesse et la profondeur du partage.

Heureux les miséricordieux ! Non pas ceux qui ont peur de la confrontation,
Ceux qui savent pardonner des mots blessants et surmonter le handicap d’une mémoire meurtrie.
A leur tour, ils rencontreront la compréhension.

Heureuses les personnes qui témoignent d’un coeur pur !
Elles vivent leur foi en toute clarté et disent leurs convictions sans apologétique ni prosélytisme.
Leur souci de la vérité sans artifice les rapproche de Dieu.

Heureux ceux qui mènent un dialogue de paix
Sans éluder les conflits, mais mus par un esprit de conciliation ils rejettent la polémique.
Ils anticipent la paix promise et si souvent trahie par les religions et leurs fidèles.

Heureux les persécutés pour la justice,
Les personnes qui souffrent de discrimination, d’exclusion ou d’oppression

pour des motifs de convictions ou d’appartenance religieuse.
Ils nous tirent de notre indifférence et nous engagent à une solidarité sans esprit de parti.

 

Jean‐Claude Basset

 

Source : Pixabay

 

 




Le shabbat est un cadeau pour le monde !

Méditation du jeudi 25 août 2016 – Nous prions afin que tous puissent connaître le sens et la joie du repos !

Un jour de shabbat, Jésus se rendit chez un des chefs des Pharisiens pour y prendre un repas. Ceux qui étaient là observaient attentivement Jésus. Un homme atteint d’hydropisie se tenait devant lui. Jésus prit la parole et demanda aux maîtres de la loi et aux Pharisiens : « Notre loi permet-elle ou non de faire une guérison le jour du shabbat ? » Mais ils ne voulurent pas répondre. Alors Jésus toucha le malade, le guérit et le renvoya. Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un boeuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas l’en retirer aussitôt, même le jour du shabbat ? » Ils furent incapables de répondre à cela.
Luc 14,1-6

 


Source : Pixabay

C’est en juif pratiquant le shabbat que Jésus en discute le sens et les règles d’application avec ses coreligionnaires. Et ce qui est au cœur du débat est essentiel, car si le shabbat est saint, il importe de réfléchir sérieusement aux raisons de suspendre l’observance de tel ou tel de ses commandements. Or existe dans le judaïsme le principe du « pikuach nefesh », qui signifie que la préservation de la vie justifie de telles suspensions.

La question est donc de savoir si la vie est véritablement en danger, s’il y a urgence de la situation ou bien si l’on peut surseoir à sa résolution jusqu’à la fin du shabbat. En l’occurrence l’homme hydropique aurait pu sans doute attendre quelques heures pour être soigné, à moins que la douleur endurée soit insupportable.  Quant au cas du fils tombé dans un puits la règle pharisienne est de l’en retirer le plus vite possible. De même pour l’animal, a fortiori quand celui-ci est le seul que possède son maître.

Quand Jésus choisit de ne pas attendre la fin du shabbat pour faire une bonne action ou exercer la compassion, il n’invalide pas le shabbat mais rappelle plutôt, face à la tentation de légalisme, que le shabbat est fait pour l’homme.

Il ne faudrait donc pas tirer prétexte de l’attitude de Jésus pour porter le discrédit sur ce jour saint et ceux qui l’observent. Car le shabbat est un cadeau de Dieu qui donne sens à la vie des hommes et au temps de la création tout entière.

Nous prions afin que tous puissent connaître le sens et la joie du repos !

Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les choses de tous les jours

Et les voir autrement, celles que chaque matin, je croise sans les voir.

Toutes les choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d’année…

Je vais prendre le temps de voir l’étrangeté des arbres,

Ceux de mon jardin, ceux du parc voisin, qui le crépuscule venu bruissent de mystère…

Je vais prendre le temps de poser mon regard sur les êtres que j’aime et de regarder autrement les miens…

Celles et ceux qui me sont les plus proches et que parfois je ne vois même plus, que je n’entends même plus…

Tant le souci de mes affaires, de mon travail, parasitent mon cœur et mon corps…

Oui, je vais prendre le temps de les découvrir de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j’aime.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi, toi mon Dieu,

Au-delà des mots, des formules et des habitudes.

Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert tu me surprendras, mon Dieu.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer autrement. 

Robert Riber

 


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Nous croyons que tous seront sauvés

Prions pour toutes celles et tous ceux qui doutent de leur propre salut.

Jésus traversait villes et villages et enseignait en faisant route vers Jérusalem.
Quelqu’un lui demanda : « Maître, n’y a- t-il que peu de gens qui seront sauvés ? »
Jésus répondit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ; car, je vous l’affirme, beaucoup essayeront d’entrer et ne le pourront pas.


« Quand le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte à clé, vous vous trouverez dehors, vous vous mettrez à frapper à la porte et à dire : «Maître, ouvre-nous.» Il vous répondra : «Je ne sais pas d’où vous êtes !» Alors, vous allez lui dire : «Nous avons mangé et bu avec toi, tu as enseigné dans les rues de notre ville.» Il vous dira de nouveau : «Je ne sais pas d’où vous êtes. Écartez-vous de moi, vous tous qui commettez le mal!»


C’est là que vous pleurerez et grincerez des dents, quand vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu et que vous serez jetés dehors ! Des hommes viendront de l’est et de l’ouest, du nord et du sud et prendront place à table dans le Royaume de Dieu. Et alors, certains de ceux qui sont maintenant les derniers seront les premiers et d’autres qui sont maintenant les premiers seront les derniers. »
Luc 13,22-30

 


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Il y a quelque chose d’un peu faux dans la question posée à Jésus, car soit celui qui la pose s’angoisse pour lui-même, soit il se sent assuré d’être du bon côté et il éprouve une mauvaise joie à l’idée que ce n’est pas le cas de tout le monde. N’est-ce pas très humain d’aimer les privilèges ?


Aussi la réponse de Jésus est volontairement énigmatique. Avec la porte étroite il nous renvoie à ces images de panique où tout le monde veut sortir en même temps d’un lieu ravagé par un incendie, ou entrer en un même temps dans une salle où se produit une star !


Oui la question est absurde ; elle n’a rien d’évangélique puisque justement l’évangile place les premiers en dernier et les derniers en premier.


Alors que faut-il faire ?

 

Exercer la célèbre hospitalité de notre père Abraham, et l’évangélique délicatesse qui consiste à aimer se faire le serviteur de tous et à laisser passer les autres devant soi, assurés qu’il y a toujours plus de joie à donner qu’à recevoir.  S’il n’y a pas assez de place ni assez de nourriture pour tous, alors l’Evangile n’est plus l’Evangile. Mais il l’est, alors n’ayons pas peur !

 

 

 

 

Cette semaine encore vous êtes invités à vous ressourcer avec ce passage de la règle
des diaconesses de Reuilly :

Monde !


« Je suis né et venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité »
Tout est dit !

Les esprits les plus généreux, les plus épris du devenir humain ne se contentent pas de panser les blessures mais cherchent à les prévenir.

Lorsque nous demandons que la volonté de Dieu soit faite, nous assumons, certes, l’immédiat de l’amour mais nous cherchons aussi de quels gestes prophétiques il doit être porteur.

L’ouverture au monde imprègne notre prière, plus encore elle doit la provoquer.

Le cœur du monde bat dans notre cœur. Son péché est le nôtre : il n’y a qu’un pardon pour tous les hommes. Son espérance est aussi la nôtre : il n’y a qu’un salut pour tous les hommes.

Mais la fresque des Béatitudes contemplée chaque jour éclaire l’avenir véritable :
« Passe ce monde, Vienne ta Grâce ! »

 


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