Rien ne sert de prêcher, si on ne nourrit pas !

Méditation du jeudi 14 mai 2017. Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et au Cameroun et pour les peuples de ces deux pays.

En ce temps-là, alors que le nombre des disciples augmentait, les croyants de langue grecque se plaignirent de ceux qui parlaient l’hébreu : ils disaient que les veuves de leur groupe étaient négligées au moment où, chaque jour, on distribuait la nourriture.
Les douze apôtres réunirent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il ne serait pas juste que nous cessions de prêcher la parole de Dieu pour nous occuper des repas.
C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes de bonne réputation, remplis du Saint-Esprit et de sagesse, et nous les chargerons de ce travail. Nous pourrons ainsi continuer à donner tout notre temps à la prière et à la tâche de la prédication. »
L’assemblée entière fut d’accord avec cette proposition. On choisit alors Étienne, homme rempli de foi et du Saint-Esprit, ainsi que Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, d’Antioche, qui s’était autrefois converti à la religion juive. Puis on les présenta aux apôtres qui prièrent et posèrent les mains sur eux.
La parole de Dieu se répandait de plus en plus. Le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem et de très nombreux prêtres se soumettaient à la foi en Jésus. Actes 6,1-7

 


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En tout il faut de l’organisation. Pourtant les apôtres n’ont pas anticipé le problème nouveau qui se pose à eux : la distribution des repas et le partage des aides entre ceux qui en ont besoin.
Mais comment auraient-ils pu prévoir un tel succès de leur prédication et une croissance si rapide de la communauté des croyants ?
Et surtout que vient faire cette histoire de rivalité entre étrangers et autochtones dans le contexte idyllique d’une évangélisation massive ? Cela parait mesquin ! Et pourtant ?
Hommes de foi et d’action les apôtres vont trouver la solution ; la répartition des tâches, l’institution des diacres-serviteurs.

Alors deux questions se posent :

  1. A quel moment passe-t-on d’une simple éthique personnelle commandant l’attention envers le prochain et l’hospitalité à une éthique de justice communautaire soucieuse d’équité et de distribution équilibrée entre différents groupes ? Et comment parvient-on à conjuguer ces deux niveaux dans notre vie ?
  2. Comment vivre l’organisation nécessaire et féconde des différents ministères dans l’Eglise sans tomber dans une spécialisation desséchante sur le plan spirituel ?  Par exemple il arrive souvent dans nos communautés que la répartition des engagements entre l’association cultuelle Loi 1905 et l’association d’entraide Loi 1901 crée un clivage entre « les deux mains » de l’Eglise.

L’Eglise corps du Christ exige coordination et communion entre tous ses membres, quels que soient leur place, leur service, leur ministère !  Ce n’est qu’en vivant simultanément la prière et l’action dans le monde que nous témoignons de l’Evangile du Christ, lui qui n’a pas dédaigné de partager tous les aspects de la vie quotidienne avec ceux qu’il rencontrait.

 


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Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et au Cameroun et pour les peuples de ces deux pays.

Que l’Afrique te connaisse, Seigneur Dieu,
Toi le chef de tous ces grands chefs,
Toi le Père de tous ces anciens,
Toi la sagesse des sages !

Donne à chaque peuple et à chaque tribu de te chercher, de te connaître,
De savoir que tu es le seul Dieu véritable.
Que le monde te connaisse, toi, le vrai Dieu !

Qu’ils te connaissent
Les femmes et les hommes d’Afrique et du monde entier,
Afin que tu sois enfin le Dieu qui n’appartient à personne
Et qu’aucune civilisation ne saurait coloniser,
Afin que les religions ne soient plus des tours d’ivoire commodes.

Sois connu
Afin que tes messagers sachent que tu les as précédés
Et que tu es à l’œuvre dans toutes les cultures.
Que l’homme ne s’érige plus en dieu pour l’homme,
Pour que la croix ne soit plus un bijou et la souffrance un blasphème.
Afin que soit enfin entonné le chant funèbre de tout mépris, de toute supériorité
Et que batte la frénésie du tam-tam de la fraternité retrouvée,
Communion de l’homme à la feuille qui vibre,
De l’homme au murmure d’amour de l’homme,
De l’homme à la totalité que nous entrevoyons
Mais que seul tu es éternellement.

Prière camerounaise. Livre de prières de la société luthérienne.

 




Emmaüs : De la défiguration de Jésus-Christ à sa refiguration !

Méditation du jeudi 27 avril 2017. Nous prions pour notre envoyé au Burundi et pour tout le peuple du Burundi.

Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, qui se trouvait à environ deux heures de marche de Jérusalem. Ils parlaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux.
Ils le voyaient, mais quelque chose les empêchait de le reconnaître. Jésus leur demanda : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, tout attristés.
L’un d’eux, appelé Cléopas, lui dit : « Es-tu le seul habitant de Jérusalem qui ne connaisse pas ce qui s’est passé ces derniers jours ? » — « Quoi donc ? » leur demanda-t-il.
Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth ! C’était un prophète puissant ; il l’a montré par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs de nos prêtres et nos dirigeants l’ont livré pour le faire condamner à mort et l’ont cloué sur une croix. Nous avions l’espoir qu’il était celui qui devait délivrer Israël. Mais en plus de tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces faits se sont passés. Quelques femmes de notre groupe nous ont étonnés, il est vrai. Elles se sont rendues tôt ce matin au tombeau mais n’ont pas trouvé son corps. Elles sont revenues nous raconter que des anges leur sont apparus et leur ont déclaré qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau et ont trouvé tout comme les femmes l’avaient dit, mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Alors Jésus leur dit : « Gens sans intelligence, que vous êtes lents à croire tout ce qu’ont annoncé les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffre ainsi avant d’entrer dans sa gloire ? » Puis il leur expliqua ce qui était dit à son sujet dans l’ensemble des Écritures, en commençant par les livres de Moïse et en continuant par tous les livres des Prophètes.
Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s’il voulait poursuivre sa route. Mais ils le retinrent en disant : « Reste avec nous ; le jour baisse déjà et la nuit approche. »
Il entra donc pour rester avec eux. Il se mit à table avec eux, prit le pain et remercia Dieu ; puis il rompit le pain et le leur donna.
Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. Ils se dirent l’un à l’autre : « N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? »
Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les onze disciples réunis avec leurs compagnons, qui disaient : « Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Simon l’a vu ! »  Et eux-mêmes leur racontèrent ce qui s’était passé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il rompait le pain. Luc 24,13-35

 


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Sur le Mont Thabor, les disciples de Jésus ont vécu sa transfiguration. Au jour de sa mort ils ont assisté à sa défiguration. Au matin de la résurrection, il leur faut entrer dans un temps nouveau : celui de sa « refiguration ».
D’abord ils sont empêchés de le reconnaître, car son réveil d’entre les morts n’est pas une réanimation.  Reconnaître Jésus, c’est avoir à le connaître comme Christ mort et ressuscité, défiguré dans son humanité souffrante, transfiguré dans sa divinité présente, et en cours de refiguration comme Vivant pour toute éternité.
Pour Marie , cette refiguration commence quand la voix de celui qu’elle prend pour le jardiner l’appelle par son nom. Alors elle lui répond.
Pour les disciples d’Emmaüs cela se passe au moment de la fraction et de la bénédiction du pain à l’auberge du village …. Et pourtant disent-ils, « N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? »
Qu’en est-il pour nous de cette refiguration ?
Qui est le Christ pour nous, aujourd’hui ? Que nous dit-il ?
Plus de vingt siècles ont passé. Nous avons les Ecritures, nous entendons sa voix intérieure, nous connaissons son visage défiguré, transfiguré, et qui se refigure en chaque prochain qu’il nous commande d’aimer, d’aider, de respecter. Et nous avons la joie des gestes de communion au pain et au vin qu’il nous a enseignés, en mémoire de lui !

Le chemin d’Emmaüs est pour nous un chemin d’orientation, qui nous détourne de la désespérance, de la haine, des tentations politiques mortifères, pour nous envoyer vers la vie ouverte, l’espérance courageuse, la fraternité large, le partage joyeux.

 


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Prions pour notre envoyé au Burundi et pour tout le peuple du Burundi

O Christ
Sauveur du monde
Roi de la Création nouvelle
Viens régner sur nos cœurs et dirige nos pensées vers les choses d’en haut,
Où tu es à la droite du Père.

Toi le Seigneur de l’Eglise
Demeure toujours présent en elle jusqu’à la fin du monde
Et que ton esprit la conduise dans toute la vérité.

Toi à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre
Etends en tous lieux ta main sur ceux qui sont exposés au danger.
Et donne ta sagesse aux responsables politiques et économiques de ce monde.

Garde ceux que menace la tentation
Et donne la paix à ceux qui sont inquiets et tourmentés.
Soutiens le courage des opprimés, des prisonniers et des persécutés.

Révèle ta présence aux malades, aux infirmes et aux mourants,
Afin qu’ils soient consolés et fortifiés.
Garde – nous dans l’amour fraternel et dans le service de ton règne,
Afin que le Père soit glorifié en toi, son Fils bien-aimé.

 




L’Évangile se donne à entendre, à lire, à voir…

Méditation du jeudi 20 avril 2017. En cette semaine après Pâques, nous prions pour nos envoyés au Burkina Fasso et pour tout le peuple burkinabais.


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Le soir de ce même dimanche, les disciples étaient réunis dans une maison. Ils en avaient fermé les portes à clé, car ils craignaient les autorités juives.

Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Cela dit, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Après ces mots, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ! Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés obtiendront le pardon ; ceux à qui vous refuserez le pardon ne l’obtiendront pas. »

Or, l’un des douze disciples, Thomas — surnommé le Jumeau — n’était pas avec eux quand Jésus vint. Les autres disciples lui dirent : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais Thomas leur répondit : « Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas. »

Une semaine plus tard, les disciples de Jésus étaient de nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Les portes étaient fermées à clé, mais Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Mets ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse de douter et crois ! » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « C’est parce que tu m’as vu que tu as cru ? Heureux sont ceux qui croient sans m’avoir vu ! »

Jésus a fait encore, devant ses disciples, beaucoup d’autres signes miraculeux qui ne sont pas racontés dans ce livre. Mais ce qui s’y trouve a été écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu. Et si vous croyez en lui, vous aurez la vie par lui. Jean 20,19-21

 

Ce que Jésus a offert à ses disciples, – le rencontrer comme Ressuscité tout en percevant les traces de sa mort -, Thomas, l’absent du jour, le réclame pour lui-même.  Pour croire il veut regarder et il veut toucher. Dans notre imaginaire il incarne celui qui doute, et sa présence dans l’évangile permet d’y faire place à tous les sceptiques qui ont envie de croire sans y parvenir toujours !

Parmi les élèves, les enseignants ont appris à reconnaître les visuels et les auditifs, ceux qui retiennent mieux ce qu’ils voient, et ceux qui retiennent mieux ce qu’ils entendent. On peut également distinguer les littéraires, à l’aise avec les symboles, et les scientifiques férus d’observation, sans que cela implique des oppositions irréductibles ni une quelconque hiérarchie entre les uns et les autres.

L’Evangile requiert toutes ces dispositions complémentaires : la capacité à écouter, à regarder, à analyser, à raconter, à montrer… La foi se proclame, mais elle doit se rendre visible et sensible par le témoignage, l’attitude, les actes.

Jésus a dit : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jean 13 : 35 « Personne n’a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. 1 Jean 4,12.

 

 


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En cette semaine après Pâques nous prions pour nos envoyés au Burkina Fasso et pour le peuple burkinabais.

Seigneur, lorsque nous pensons à notre vie,
Nous sommes bien obligés de reconnaître que nous ne sommes pas des héros de la foi.
Pourtant tu veux te servir de nous.

Tu veux que nous soyons tes ambassadeurs et allions à la rencontre des autres.

Comme ton Christ est apparu à Marie de Magdala,
Qui, en allant l’annoncer aux autres, est devenue apôtre,
Comme il s’est manifesté à deux disciples en route vers Emmaüs
Et qui sont allés le dire aux autres,

Comme il est apparu aux onze qu’il a fini par envoyer dans le monde entier,
Tu ne voudrais pas que nous restions indifférents
Mais que nous nous mettions en mouvement
Et que nous sortions nos vies et nos paroisses de l’immobilisme !

Accorde-nous, en ce temps de Pâques,
La conviction que la rencontre avec le Ressuscité est possible
Et que le Vivant veut nous entraîner dans ton mouvement d’amour vers les humains.

Michel Hoeffel,
Livre de prières de la Société luthérienne.

 




Allez dire : « il est revenu d’entre les morts  » !

Méditation du jeudi 13 avril 2017 – En ce temps de Pâques nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache.

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Après le sabbat, dimanche au lever du jour, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent voir le tombeau.

Soudain, il y eut un fort tremblement de terre ; un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la grosse pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect d’un éclair et ses vêtements étaient blancs comme la neige. Les gardes en eurent une telle peur qu’ils se mirent à trembler et devinrent comme morts.

L’ange prit la parole et dit aux femmes : « N’ayez pas peur. Je sais que vous cherchez Jésus, celui qu’on a cloué sur la croix ; il n’est pas ici, il est revenu de la mort à la vie comme il l’avait dit. Venez, voyez l’endroit où il était couché. Allez vite dire à ses disciples : « Il est revenu d’entre les morts et il va maintenant vous attendre en Galilée; c’est là que vous le verrez.» Voilà ce que j’avais à vous dire. »

Elles quittèrent rapidement le tombeau, remplies tout à la fois de crainte et d’une grande joie, et coururent porter la nouvelle aux disciples de Jésus.

Tout à coup, Jésus vint à leur rencontre et dit : « Je vous salue ! » Elles s’approchèrent de lui, saisirent ses pieds et l’adorèrent. Jésus leur dit alors : « N’ayez pas peur. Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Matthieu 28, 1-10

 

Ce récit de la résurrection a souvent été utilisé pour rappeler à ceux qui exprimaient des réticences à la prise de parole des femmes dans l’Église que la bonne nouvelle de la résurrection a d’abord été transmise par elles. Mais si cette présence féminine nous enseignait tout autre chose ?

A l’époque où les évangiles ont été rédigés, les témoins directs de la résurrection commençaient à disparaître et une nouvelle question se posait :  les gens allaient-ils encore croire et se convertir si plus personne ne pouvait leur dire : “j’ai vu” ? Il était donc important de montrer que la Foi ne dépérit pas au cours de sa transmission. L’auteur le fait avec deux arguments :

– le premier témoignage était le plus faible, le moins fiable, puisqu’il était celui de femmes ! En effet, à l’époque  le témoignage des femmes n’avait pas  de valeur juridique ; les femmes n’étaient  même pas autorisées à témoigner.  Le rôle des femmes n’est donc pas très positif dans ce texte. Il souligne la faiblesse du premier maillon de la chaîne de transmission.

–  tous les doutes chez les premiers « chrétiens » se trouvent au début, juste après la résurrection. Le fait d’avoir vu génère moins de certitudes que d’avoir entendu.   C’est un peu comme si les évangélistes disaient  : « vous n’avez pas vu, c’est mieux pour vous . La transmission est plus sûre que l’expérience directe ».

Les récits de résurrection dévalorisent le contact direct au profit de la parole transmise. Celui qui entend la bonne nouvelle de la résurrection a autant, sinon plus de chances, que le premier témoin car ce n’est pas la vue mais Dieu lui-même qui  produit en lui la foi dans le Ressuscité. 

La bonne nouvelle est que la foi ne pâtit donc pas de l’éloignement de l’événement fondateur !

 

 

 


 Orphelinat de Tangaïna Antananarivon, © Laura Casorio

En ce temps de Pâques nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache avec cette prière tirée d’un chant malgache :

 

QUE POUVONS-NOUS T’OFFRIR SEIGNEUR ?
Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de tous tes bienfaits ?
Tu me réponds : Offre-moi tes mains vides, je les comblerai de biens surabondants.

Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de la force que tu m’as donnée ?
Tu me réponds : Offre-moi tes ignorances, je les changerai en sagesse sans pareille.

Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de la sagesse que tu m’as léguée ?
Tu me réponds : Offre-moi tes misères, je les changerai en salut pour autrui.

Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de ton précieux salut ?
Tu me réponds : Offre – moi tes péchés, je les changerai en amour qui ne s’éteint pas.
Oui, Seigneur, je t’offre tout cela, en toute confiance.
Sois remercié, sois béni, sois loué !

 

 

 

 

 

 




Vraiment Dieu met sa force dans notre faiblesse !

Méditation du jeudi 6 avril 2017. En avançant vers la fête des rameaux et la semaine de la passion, nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour tous les égyptiens.

Le Seigneur Dieu m’a enseigné ce que je dois dire, pour que je sache avec quels mots je soutiendrai celui qui faiblit.
Chaque matin, il me réveille, il me réapprend à écouter, comme doivent écouter les disciples.
Le Seigneur Dieu m’ouvre les oreilles, et je ne lui résiste pas, je ne recule pas.
J’offre mon dos à ceux qui me battent, je tends les joues à ceux qui m’arrachent la barbe.
Je ne cache pas mon visage aux crachats, aux insultes.
Le Seigneur Dieu me vient en aide, c’est pourquoi je ne m’avoue pas vaincu, je rends mon visage dur comme la pierre, je sais que je n’aurai pas le dessous. Esaïe 50 4-7

 


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Les chants du serviteur du Prophète Esaïe nous entraînent vers des profondeurs inattendues, là où un échange intime avec Dieu transforme notre regard sur l’être humain, sa vie, le sens de sa souffrance et de ses relations avec les autres. « Le Seigneur Dieu m’ouvre les oreilles, et je ne lui résiste pas, je ne recule pas. »

En ce serviteur souffrant les chrétiens ont vu une préfiguration de Jésus-Christ crucifié et ressuscité, les juifs la figure symbolique du peuple juif fidèle à son Dieu à travers les persécutions millénaires.


Entrant dans la semaine de la passion, chacun d’entre nous est invité à méditer ces paroles de Dieu, et leur écho chez l’apôtre Paul : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » 2 Corinthiens 12, 9-10


Il ne s’agit ni de démission ni d’un goût malsain pour la souffrance, mais de cette force d’âme qui nous est donnée quand nous nous ouvrons à la présence transformante de Dieu en nous et au milieu de nous.
C’est dans la prière que nous prenons conscience de cette présence, mais aussi chaque fois qu’écoutant l’appel de notre Père, nous nous tournons vers notre prochain afin d’exprimer pour lui «ce que nous devons lui dire, et que nous sachions avec quels mots nous le soutiendrons dans sa propre faiblesse. »

 

 


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En avançant vers la fête des rameaux et la semaine de la passion, nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour tous les égyptiens.

Seigneur Jésus, ton entrée à Jérusalem apporte la joie, l’allégresse aux habitants de cette ville.

Nous Te prions pour ton Eglise : qu’elle soit signe de joie pour ce monde !

Que nos frères et sœurs en Terre Sainte puissent se réunir pour Te louer !

Seigneur Jésus, l’acclamation du peuple qui T’accueille laisse rapidement la place à la condamnation qui Te met sur le chemin de la Passion.

Nous Te prions pour ceux qui sont abandonnés par leurs proches, qui sont trahis : qu’ils puissent retrouver l’espoir pour continuer leur vie !

Seigneur Jésus, Tu as été trainé devant des tribunaux humains.

Nous Te prions pour les prisonniers : qu’ils soient traités avec justice et que leur existence d’êtres humains soit respectée !

Seigneur Jésus, en traversant la mort Tu nous montres le chemin qui mène à la vie éternelle.

Nous Te prions pour tous ceux qui placent en Toi leur confiance : que leur foi et leur espérance s’enracinent toujours plus en Toi, afin qu’à leur tour, ils puissent témoigner de la victoire de la vie !

Dieu de tendresse et d’amour, reçois toutes les prières qui se murmurent dans le cœur de chacun en ce dimanche.

Viens révéler ton Visage miséricordieux à ceux qui Te cherchent désespérément sur leur propre chemin de passion, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

 




Déliez Lazare et laissez-le aller !

Méditation du jeudi 30 mars 2017. Nous entrons dans la 5ème semaine du Carême et nous prions pour notre envoyé au Liban, sa famille et tous les libanais.

   
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Un homme appelé Lazare tomba malade. Il habitait Béthanie, le village où vivaient Marie et sa soeur Marthe — Marie était cette femme qui répandit du parfum sur les pieds du Seigneur et les essuya avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade. — Les deux soeurs envoyèrent quelqu’un dire à Jésus : « Seigneur, ton ami est malade. »

Lorsque Jésus apprit cette nouvelle, il dit : « La maladie de Lazare ne le fera pas mourir ; elle doit servir à montrer la puissance glorieuse de Dieu et à manifester ainsi la gloire du Fils de Dieu. » Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare.

Or, quand il apprit que Lazare était malade, il resta encore deux jours à l’endroit où il se trouvait, puis il dit à ses disciples : « Retournons en Judée. » Les disciples lui répondirent : «Maître, il y a très peu de temps on cherchait à te tuer à coups de pierres là-bas et tu veux y retourner ? » Jésus leur dit : « Il y a douze heures dans le jour, n’est-ce pas ? Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde.  Mais si quelqu’un marche pendant la nuit, il trébuche, parce qu’il n’y a pas de lumière en lui. » Après avoir dit cela, Jésus ajouta : « Notre ami Lazare s’est endormi, mais je vais aller le réveiller. » Les disciples répondirent : « Seigneur, s’il s’est endormi, il guérira. » En fait, Jésus avait parlé de la mort de Lazare, mais les disciples pensaient qu’il parlait du sommeil ordinaire. Jésus leur dit alors clairement : « Lazare est mort. Je me réjouis pour vous de n’avoir pas été là-bas, parce que ainsi vous croirez en moi. Mais allons auprès de lui. » Alors Thomas — surnommé le Jumeau — dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec notre Maître! »

Quand Jésus arriva, il apprit que Lazare était dans la tombe depuis quatre jours déjà. Béthanie est proche de Jérusalem, à moins de trois kilomètres, et beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler de la mort de leur frère.

Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle partit à sa rencontre ; mais Marie resta assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que même maintenant Dieu te donnera tout ce que tu lui demanderas. » Jésus lui dit : « Ton frère se relèvera de la mort. » Marthe répondit : « Je sais qu’il se relèvera lors de la résurrection des morts, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » — « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde. » Sur ces mots, Marthe s’en alla appeler sa soeur Marie et lui dit tout bas : « Le Maître est là et il te demande de venir. »

Dès que Marie eut entendu cela, elle se leva et courut au-devant de Jésus.  Or, Jésus n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Quand les Juifs qui étaient dans la maison avec Marie pour la consoler la virent se lever et sortir en hâte, ils la suivirent. Ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva là où se trouvait Jésus ; dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus vit qu’elle pleurait, ainsi que ceux qui étaient venus avec elle. Il en fut profondément ému et troublé, et il leur demanda : «Où l’avez-vous mis ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens et tu verras. » Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais quelques-uns d’entre eux dirent : « Lui qui a guéri les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas aussi empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, de nouveau profondément ému, se rendit au tombeau. C’était une caverne, dont l’entrée était fermée par une grosse pierre. « Enlevez la pierre », dit Jésus. Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Seigneur, il doit sentir mauvais, car il y a déjà quatre jours qu’il est ici. » Jésus lui répondit : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux vers le ciel et dit : « Père, je te remercie de m’avoir écouté. Je sais que tu m’écoutes toujours, mais je le dis à cause de ces gens qui m’entourent, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. » Cela dit, il cria très fort : « Lazare, sors de là ! » Le mort sortit, les pieds et les mains entourés de bandes et le visage enveloppé d’un linge. Jésus dit alors : « Déliez-le et laissez-le aller. » Jean 11,1-44

 

 

Quel long et mystérieux récit que celui de la résurrection de Lazare ! Tout détail nous fait signe et nous invite à méditer. Retenons le retard de Jésus, souligné comme volontaire de sa part, jugé tragique par tous ceux qui pleurent le mort bien-aimé. « Ah s’il avait été là ! »

Mais il faut que Lazare meure, car tout homme est mortel ! Il faut que Lazare meure, qu’on le pleure, et que Jésus lui aussi pleure !

Il faut que Lazare meure car c’est de la mortalité que jaillit la Parole de vie.  « Le fait que chaque instant puisse être le dernier le rend précisément éternel. Seulement la mort, à chaque instant possible, rend l’amour plus fort qu’elle, car elle ouvre la vie à l’amour rédempteur. » suggérait le philosophe juif Franz Rosenzweig dans son livre l’Etoile de la Rédemption.

Ce passage obligé par la mort, dont Jésus porte la vive conscience, c’est celui qu’il va vivre lui-même jusqu’au bout : mourir afin que vive et se révèle pleinement l’amour.

Mais cet amour ne s’accomplit que dans le mouvement suivant, dans un appel à vivre, quand Jésus, délié de la mort, s’adresse à nous tous comme à ses disciples : « Déliez Lazare et laissez-le aller ! »

Le retard de Jésus – le retard de Dieu – ce que nous ressentons comme tel au moment de nos épreuves humaines, est en réalité le temps de sa présence poignante à nos côtés, au milieu de nous, dans l’épaisseur de nos réalités et de nos vies. Nous ne sommes jamais abandonnés !

 

 


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Nous prions pour notre envoyé au Liban, sa famille et le peuple libanais, avec cette prière de Sœur Myriam (1925-2010, qui fut Prieure des diaconesses de Reuilly.
 

Être là, Seigneur, lorsque la nuit tombe.

Être là, comme une espérance : peut-être allons-nous toucher le bord de Ta lumière …

Être là, Seigneur, dans la nuit, avec au fond de soi cette formidable espérance : peut-être allons-nous aider un homme, très loin de nous, à vivre.

Être là, Seigneur, n’ayant presque plus de parole, comme au fond du cœur qui aime, n’ayant plus de regard ailleurs que sur ce point de feu d’où émerge la vie qui nous change en flamme.

Être là, Seigneur, comme un point tranquille tourné vers Toi.

Être là avec tous ceux qui nous tiennent à cœur, et savoir que nous nous entraînons tous dans Ta lumière, et pas un instant n’est perdu.

Être là, Seigneur, nous abreuver à la Source qui indéfiniment coule.

Dieu de paix dont la paix n’est pas de ce monde,
Dieu d’une vie qui abolira toute mort,
Dieu compagnon qui Te tient tous les jours en nous, et entre nous,
Sois avec nous maintenant et pour l’éternité. Ainsi-soit-il. »

 




Avec Jésus, ouvrir les destins qui semblent fermés !

Méditation du jeudi 23 mars 2017. Entrant dans la quatrième semaine du carême, nous prions pour notre envoyé à la Réunion, pour l’Eglise et pour tous les Réunionnais.


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En chemin, Jésus vit un homme qui était aveugle depuis sa naissance. Ses disciples lui demandèrent : « Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle : à cause de son propre péché ou à cause du péché de ses parents ? »
Jésus répondit : « Ce n’est ni à cause de son péché, ni à cause du péché de ses parents. Il est aveugle pour que l’oeuvre de Dieu puisse se manifester en lui. Pendant qu’il fait jour, nous devons accomplir les oeuvres de celui qui m’a envoyé. La nuit s’approche, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Après avoir dit ces mots, Jésus cracha par terre et fit un peu de boue avec sa salive ; il frotta les yeux de l’aveugle avec cette boue et lui dit : « Va te laver la figure à la piscine de Siloé. » — Ce nom signifie « Envoyé ». —
L’aveugle y alla, se lava la figure et, quand il revint, il voyait ! Ses voisins et ceux qui l’avaient vu mendier auparavant demandaient : « N’est-ce pas cet homme qui se tenait assis pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » D’autres disaient : « Non, ce n’est pas lui, mais il lui ressemble. » Et l’homme disait : « C’est bien moi. » Ils lui demandèrent : « Comment donc tes yeux ont-ils été guéris ? » Il répondit : « L’homme appelé Jésus a fait un peu de boue, il en a frotté mes yeux et m’a dit : « Va à Siloé te laver la figure. » J’y suis allé et, après m’être lavé, je voyais ! » Ils lui demandèrent : « Où est cet homme ? » — « Je ne sais pas », répondit-il.
Jean 9,1-12

 


Pourquoi les disciples de Jésus lui posent-ils cette question sur l’origine du mal et de la souffrance ? Est-ce simple curiosité théologique de leur part ? Ou cherchent-ils à se rassurer, comme en leur temps les amis de Job, qui voulaient à tout prix interpréter son malheur comme l’effet d’une punition divine pour ses péchés. Dans cette logique absurde la santé viendrait prouver l’innocence, ou l’illusion de l’innocence vaudrait assurance tout risque ! Cela ne marche pas et n’a rien à voir avec Dieu, qui fait pleuvoir sur les justes et les méchants.
Mais parfois la question est posée par celui-là même qui se trouve en état de souffrance. Alors elle peut être considérée comme une forme de prière. « Est-ce toi mon Dieu qui m’envoie cette épreuve ? L’ai-je méritée de quelque façon ? »
Comment répondre à celui qui s’interroge du plus profond de son angoisse ? Jésus fait silence sur ce que Dieu seul sait et doit savoir ! Il n’explique rien du pourquoi de l’épreuve.
En revanche il nous invite à regarder vers l’avenir avec confiance et à accomplir avec lui les œuvres de lumière. Il nous apprend que l’aveugle-né n’est pas enfermé dans un destin ni une fatalité. Le temps reste ouvert. Certes nous ne sommes pas Jésus pour « réussir » comme lui le signe qui rendra la vue à celui qui ne voyait pas, mais il met à notre portée les gestes et les paroles de bénédiction, qui libèrent du désespoir mortifère et envoient vers la vie.

 

 


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Entrant dans la quatrième semaine du Carême, nous prions pour notre envoyé à la Réunion, pour l’Eglise et tout le peuple réunionnais avec cette méditation de Mgr Albert Decourtray (1923-1994).

Jamais homme n’a respecté les autres comme Jésus.

Pour lui, l’autre est toujours plus et mieux que ce à quoi les idées reçues, même des sages et des docteurs de la Loi, tendent à le réduire.

Il voit toujours en celui ou celle qu’il rencontre un lieu d’espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par-delà ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf.
Il lui arrive même d’y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l’action de grâce !

Il ne dit pas : « Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l’atavisme moral et religieux de son milieu, ce n’est qu’une femme ». Il lui demande un verre d’eau et il engage la conversation.

Il ne dit pas : « Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans son vice ». Il dit : « Elle a plus de chance pour le Royaume des Cieux que ceux qui tiennent à leurs richesses ou se drapent dans leurs vertus et leur savoir ».

Il ne dit pas : « Celle-ci n’est qu’une adultère ». Il dit : « Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus ».

Il ne dit pas : « Cette vieille qui met son obole ans le tronc sur les œuvres du Temple est une superstitieuse ». Il dit qu’elle est extraordinaire et qu’on ferait bien d’imiter son désintéressement.

Il ne dit pas : « Ces enfants ne sont que des gosses ». Il dit : « Laissez-les venir à moi, et tâchez de leur ressembler ».

Il ne dit pas : « Cet homme n’est qu’un fonctionnaire véreux qui s’enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres ». Il s’invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.

Il ne dit pas, comme son entourage : « Cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres ». Il dit que l’on se trompe à son sujet et il stupéfie en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu :

Il ne dit pas : « Le centurion n’est qu’un occupant ». Il dit : « Je n’ai jamais vu pareille foi en Israël ».

Il ne dit pas : « Ce savant n’est qu’un intellectuel ». Il lui ouvre la voie vers la renaissance spirituelle.

Il ne dit pas : « Cet individu est un hors-la-loi ». Il lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».

Il ne dit pas : « Ce Judas ne sera jamais qu’un traître ». Il accepte son baiser et lui dit : « Mon ami ».

Jésus n’a jamais dit : « Il n’y a rien de bon dans celui-ci, dans celle-là, dans ce milieu-ci… ». De nos jours, il n’aurait jamais dit : « Ce n’est qu’un intégriste, un moderniste, un gauchiste, un fasciste, un mécréant, un bigot ». Pour lui, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu. Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique, de celui qui fait briller le soleil sur les bons et sur les méchants.

Seigneur Jésus, fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs !

 




Faire jaillir l’eau du rocher !

Méditation du jeudi 16 mars 2017. Nous entrons dans la troisième semaine du Carême et nous prions pour notre envoyé en Guyane et pour toute la communauté protestante de Guyane.


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Assoiffé, le peuple se mit à protester contre Moïse en disant :
« Pourquoi nous as-tu fait quitter l’Égypte ? Est-ce pour nous faire mourir de soif ici, avec nos enfants et nos troupeaux ? »
Moïse implora le secours du Seigneur :
« Que dois-je faire pour ce peuple ? demanda-t-il. Encore un peu et ils vont me lancer des pierres ! »
Le Seigneur lui répondit :
« Passe devant le peuple, accompagné de quelques-uns des anciens d’Israël. Tu t’avanceras en tenant à la main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil. Moi, je me tiendrai là, devant toi, sur un rocher du mont Horeb ; tu frapperas ce rocher, il en sortira de l’eau et le peuple pourra boire. »
Moïse obéit à cet ordre, sous le regard des anciens.
On a appelé cet endroit Massa et Meriba — ce qui signifie  «Épreuve» et «Querelle» — parce que les Israélites avaient cherché querelle à Moïse et avaient mis le Seigneur à l’épreuve, en demandant : «Le Seigneur est-il parmi nous, oui ou non ?»

Exode 17,3-7

 

 

La situation des hébreux dans le désert, angoissés par la soif et la faim, les pousse à une réaction tellement humaine : regretter le passé, lui trouver des qualités qu’il n’avait pas. Et en tout cas renoncer à un avenir qui leur semble barré par un voile de mort. 
Humain encore le réflexe de s’en prendre à Moïse, jugé responsable de l’histoire, qui de chef bien-aimé se transforme en bouc émissaire.
Simplement le passé est aussi illusoire que l’avenir si nous ne faisons pas face au présent.  Et le Dieu vivant d’Israël est Dieu du temps présent.
Il est bon d’apprendre de la Bible que les temps de crise, les temps où nous nous sentons le plus abandonnés, livrés aux mirages du passé et au trou noir de l’avenir, prêts à nous entredéchirer, peuvent se transformer en temps de révélation, où des sources nouvelles jaillissent des rochers silencieux et stériles que nous portons en nous-mêmes.
A condition que, comme Moïse, nous acceptions le défi de la foi et de la confiance ! En ce temps de Carême, c’est dans les profondeurs de la prière et de la méditation que nous pouvons trouver la force et l’inspiration nécessaires pour relever ce défi.

 

 


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Nous prions pour notre envoyé en Guyane et pour la communauté protestante de Guyane.

Ecoute le silence !
Son langage est sans bruit.
Ni paroles parlées ni paroles écrites mais le silence parle…
Dans les profondeurs du silence, écoute les mouvements du temps, de la nature, des hommes, et de l’Esprit…
Regarde le monde.
Il a détruit le silence salutaire.
L’homme devient malheureux, il est en quête de ce silence :
Silence-joie, silence-paix, silence-justice, silence qui fait sourire et danser le monde…
Réfléchis, prie, apprends à vivre et à souffrir dans le silence de Dieu.
Son silence vient briser nos faux et amers silences :
Silence-peur, silence-angoisse, silence-inquiétude, silence-mort…
Maintenant, dans le silence, espère pour toi et pour tous un monde meilleur tissé d’amitié.
C’est pourquoi dans ton silence, écoute les gémissements des sans-paroles, des prisonniers, des opprimés.
Ecoute les cris des affamés, des chômeurs, des sans-parents, des sans-enfants, des sans-terre, des sans-logis…
Dans les battements de ton cœur écoute pour bien sentir les souffrances amères de la terre…
Dans le silence écoute les hommes solitaires.
Ecoute leurs cris de solitude.
Vis avec eux et meurs pour eux, dans le silence de ton cœur !
Wanir Welepane pasteur et poète kanak.  Paroles lointaines, paroles si proches

 




En chemin avec Abraham !

Méditation du jeudi 9 mars 2017. Entrant dans la deuxième semaine du Carême nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais.

Le Seigneur dit à Abram :
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va dans le pays que je te montrerai.  Je ferai naître de toi une grande nation ; je te bénirai et je rendrai ton nom célèbre. Tu seras une bénédiction pour les autres. Je bénirai ceux qui te béniront, mais je maudirai ceux qui te maudiront. A travers toi, je bénirai toutes les nations de la terre. »
Abram, qui était âgé de soixante-quinze ans, accepta de quitter Haran comme le lui ordonnait le Seigneur.

Genèse 12,1-4

 


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Abraham est l’homme de confiance, celui qui fait confiance à Dieu et celui en qui Dieu a confiance. En hébreu la confiance est de la même famille que la foi, la fidélité et la vérité : emouna (foi, confiance) et emet (fidélité, vérité).
Abram, avant de devenir Abraham, a prêté foi à cette voix qui l’appelait pour lui ouvrir une voie nouvelle, lui enjoignant de tout quitter, de se mettre en route vers une terre de promesse et un avenir fécond.
Abram laisse ses morts derrière lui, dont Térah, son père. Mais en poursuivant la route, Abram manifeste aussi une fidélité profonde envers Térah, car c’est celui-ci qui, le premier, avait pris la décision de quitter Our en Chaldée pour se rendre sur la terre de Canaan. Cependant Térah n’avait pas reçu d’appel de Dieu. Et il est mort à mi-route et à mi-projet, dans la ville de Haran.
Abraham deviendra père de tous ceux qui se reconnaîtront en lui, juifs, chrétiens, musulmans, et bénédiction pour toutes les familles de la terre.
Contrairement à l’humanité de Babel, qui rêvait de concurrencer Dieu dans ses hauteurs célestes, l’humanité abrahamique reçoit vocation de se déployer sur les chemins de la terre, de la vie et de la rencontre, guidé par son Dieu, qui marche devant elle.

 


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Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais à travers ce poème de Nafi, un enfant du Sénégal.

Unissons-nous
Enfants d’Europe
Enfants d’Afrique
Enfants d’Asie
Enfants du monde

L’amitié se lie pour l’éternité
L’amitié fait la force
Unissons-nous pour éviter la guerre
Unissons-nous pour éviter la famine
Unissons-nous pour vaincre le mal

Le bonheur ne pourrait s’acquérir
Que par une relation d’amitié.
Grâce à l’amitié,
J’ai oublié la peine et la souffrance
Partageons-nous l’amitié car
C’est la chose la plus merveilleuse au monde.

 




Me trouves-tu injuste ?

Méditation du jeudi 2 mars 2017. En entrant dans le temps du Carême nous nous joignons à la Journée Mondiale de Prière 2017 préparée par des femmes des Philippines. Nous prions également pour nos envoyés au Laos.


Source: Tableau réalisé par l’artiste Rowena “Apol” Laxamana-Sta.
Rosa pour la Journée Mondiale de Prière 2017 – DR

« Voici, en effet, à quoi ressemble le Royaume des cieux :
Un propriétaire sortit tôt le matin afin d’engager des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux de leur payer le salaire habituel, une pièce d’argent par jour, et les envoya travailler dans sa vigne.
Il sortit de nouveau à neuf heures du matin et en vit d’autres qui se tenaient sur la place sans rien faire. Il leur dit : « Allez, vous aussi, travailler dans ma vigne et je vous donnerai un juste salaire. » Et ils y allèrent.
Le propriétaire sortit encore à midi, puis à trois heures de l’après-midi et fit de même. Enfin, vers cinq heures du soir, il sortit et trouva d’autres hommes qui se tenaient encore sur la place. Il leur demanda : « Pourquoi restez-vous ici tout le jour sans rien faire ?»
« Parce que personne ne nous a engagés », répondirent-ils. Il leur dit : « Eh bien, allez, vous aussi, travailler dans ma vigne. »
« Quand vint le soir, le propriétaire de la vigne dit à son contremaître : « Appelle les ouvriers et paie à chacun son salaire. Tu commenceras par les derniers engagés et tu termineras par les premiers engagés. » 
Ceux qui s’étaient mis au travail à cinq heures du soir vinrent alors et reçurent chacun une pièce d’argent.
Quand ce fut le tour des premiers engagés, ils pensèrent qu’ils recevraient plus ; mais on leur remit aussi à chacun une pièce d’argent.
En la recevant, ils critiquaient le propriétaire et disaient : « Ces ouvriers engagés en dernier n’ont travaillé qu’une heure et tu les as payés comme nous qui avons supporté la fatigue d’une journée entière de travail sous un soleil brûlant !» 
Mais le propriétaire répondit à l’un d’eux : « Mon ami, je ne te cause aucun tort. Tu as convenu avec moi de travailler pour une pièce d’argent par jour, n’est-ce pas ? Prends donc ton salaire et va-t’en. Je veux donner à ce dernier engagé autant qu’à toi. N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon argent ? Ou bien es-tu jaloux parce que je suis bon ?»

Matthieu 20,1-16

 


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La justice de Dieu n’est pas la justice des hommes ! Pourtant la seconde est invitée à se laisser transformer par la première, et Jésus nous y invite par son enseignement. 
Quelle que soit l’heure d’arrivée des ouvriers dans la vigne, il ne peut y avoir de bonnes vendanges sans l’intégration de tous.
Au niveau socio-économique, cela signifie que chacun est nécessaire, et qu’à chacun doivent être donnés les moyens de se nourrir et de subvenir aux besoins de sa famille. C’est ce que fait le maître de la parabole.
Au niveau religieux, cela signifie qu’il y a place pour tous dans le cœur du Père, et que la joie divine de voir arriver enfin les derniers les propulse à une place de choix ! Ne s’agit-il pas de leur manifester qu’ils sont vraiment les bienvenus ?  
Riches et pauvres, puissants et faibles, croyants héréditaires ou convertis de fraîche date, chrétiens d’ici ou d’ailleurs, enthousiastes ou dans le doute, nous sommes tous acteurs de l’histoire sainte et habitants de ce monde créé par Dieu. 
Et cela implique un combat pour les droits à une vie décente, la solidarité, la recherche de la justice. Le travail n’est pas uniquement un moyen d’acheter mais aussi une contribution pour une économie juste au bénéfice de tous.
Dans le tableau qu’elle a réalisé pour la JMP 2017, l’artiste Rowena “Apol” Laxamana-Sta.Rosa, exprime son regard sur la situation aux Philippines aujourd’hui, en évoquant à la fois le monde urbain et industriel avec des scènes sombres et le monde souriant et coloré de la campagne et de la pêche.

A travers les personnages, notamment la femme qui se tient au centre avec le fléau d’une balance en forme de croix, elle semble signifier que le royaume de Dieu est ouvert à tous, même à ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu ou qui ne le reconnaissent pas.
Aux pieds de la femme, une scène d’abondance : trois femmes soutiennent une nappe chargée du pain et du vin de la communion, de poissons, de riz, de légumes, de poulet, et des fruits de la terre.
Que la joie du Seigneur soit notre joie !

 

 

Nous nous joignons à la Journée Mondiale de Prière organisée par les femmes des Philippines.
Et nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

 

Seigneur, fais de nous un instrument de paix
Bénis toutes les femmes qui oeuvrent chaque jour à apporter la paix à leur communauté, leur foyer et leur coeur.

Donne-leur la force de continuer à changer les épées en socs.

Là où est la haine, que je mette l’amour
Nous te prions pour toutes les femmes qui sont confrontées au préjudice, à l’inégalité et à la discrimination sexuelle.
Aide-nous à voir et affronter la discrimination contre les femmes, quelle que soit la forme qu’elle prenne.

 

Là où est l’offense, que je mette le pardon
Réconforte toutes les femmes qui subissent la douleur de la guerre, de la violence et des abus.
Aide-les à devenir les instruments de leur propre réconciliation et apaisement.

 

Là où est la discorde, que je mette l’union
Pardonne à toutes les femmes et les hommes qui ont laissé les différences nourrir la haine et la discrimination.
Que l’exemple de ton respect pour toute la création nous aide à voir que nous sommes des partenaires égaux dans l’intendance de notre monde.

 

Là où est l’erreur, que je mette la vérité
Réconforte toutes les femmes qui luttent dans l’obscurité de l’abus, de la pauvreté et de la solitude.
Puissions-nous nous tenir avec elles dans la lumière, pour reconnaître leur douleur et tâcher d’enlever les fardeaux de la honte ou de la gêne.

Là où est le doute, que je mette la foi
Nous te prions pour toutes les femmes qui vivent dans la peur de leur mari, de leur frère, de leur père… et des forces qui contrôlent leur vie.
Aide-les à devenir capables d’être elles-mêmes en vérité grâce à votre amour éternel et votre foi.

 

Là où est le désespoir, que je mette l’espérance
Nous te prions pour toutes les femmes qui vivent dans le désespoir de la pauvreté, de la violence, du trafic, de l’esclavage, et des abus.
Que la lumière de ton amour leur porte l’espérance.

 

Là où est la tristesse, que je mette la joie
Aide-nous à voir la force et la bonté dans chaque femme et chaque homme.
Transforme nos coeurs pour qu’ils célèbrent l’amour et la grâce de toutes les personnes.

 




Que tous puissent chanter avec les fleurs des champs et les oiseaux du ciel !

Méditation du jeudi 23 février 2017. Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et tous les habitants des Antilles.


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« Personne ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
« Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas au sujet de la nourriture et de la boisson dont vous avez besoin pour vivre, ou au sujet des vêtements dont vous avez besoin pour votre corps. La vie est plus importante que la nourriture et le corps plus important que les vêtements, n’est-ce pas ? Regardez les oiseaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de récoltes dans des greniers, mais votre Père qui est au ciel les nourrit ! Ne valez-vous pas beaucoup plus que les oiseaux ? Qui d’entre vous parvient à prolonger un peu la durée de sa vie p par le souci qu’il se fait ?
« Et pourquoi vous inquiétez-vous au sujet des vêtements ? Observez comment poussent les fleurs des champs : elles ne travaillent pas, elles ne se font pas de vêtements. Pourtant, je vous le dis, même Salomon, avec toute sa richesse, n’a pas eu de vêtements aussi beaux qu’une seule de ces fleurs. Dieu habille ainsi l’herbe des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu : alors ne vous habillera-t-il pas à bien plus forte raison vous-mêmes? Comme votre confiance en lui est faible !
Ne vous inquiétez donc pas en disant : « Qu’allons-nous manger ? qu’allons-nous boire ? qu’allons-nous mettre pour nous habiller ?» Ce sont les païens qui recherchent sans arrêt tout cela. Mais votre Père qui est au ciel sait que vous en avez besoin. Préoccupez-vous d’abord du Royaume de Dieu et de la vie juste qu’il demande, et Dieu vous accordera aussi tout le reste. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » Matthieu 6,24-34

 


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Si nous faisons de l’argent une idole et l’angoisse de nos jours nous aurons du mal à servir Dieu. Et ceci peut arriver aussi bien au riche obsédé de l’accroissement de sa fortune qu’au pauvre obsédé de pouvoir nourrir sa famille. Mais comme nous le montre la Bible, le pauvre se remettra plus volontiers aux mains du Père que le riche, étouffé par ses biens.
Mais se vouer au service de Dieu signifie-t-il que nous puissions devenir comme les lys des champs et les oiseaux du ciel qui ne sèment ni ne moissonnent ?
Ainsi se comportaient, dans les premiers temps du christianisme, les pieux anachorètes qui vivaient au désert, se nourrissant de la charité de ceux qui venaient les visiter sur leur colonne ou dans leur grotte.
Mais dès que la vie monastique se fut organisée de manière communautaire, la règle devint : Ora et labora ! Prie et travaille. Et même si les moines faisaient vœu de pauvreté, les monastères ont créé de la richesse, une richesse bonne non seulement pour eux-mêmes mais aussi pour les contrées où ils se trouvaient. 
Le risque est la passion sans limite pour l’économie et l’oubli de l’écologie ! Le regard fixé sur l’or et l’oreille inattentive au chant de l’oiseau !
Mais le mépris de l’économie peut conduire à ne réserver l’écologie qu’aux nantis ! Il faut éprouver une certaine sécurité pour vivre dans l’apparence de la gratuité !
Que l’argent soit, non pas notre maître mais notre serviteur, assigné à l’entraide et au bien-être de tous !  Et que nous puissions, comme rappelait Luther, « agir comme si tout dépendait de nous et prier comme si tout dépendait de Dieu ! »
Alors ensemble, riches et pauvres, nous pourrons partager, avec les fleurs des champs et les oiseaux du ciel, de purs moments de grâce où nous chanterons à la gloire de notre Père céleste !

 

 

Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et tous les habitants des Antilles.
 

Jésus est ma vie
La parole à dire.
La Vérité à faire connaître.
Le chemin à parcourir.
La lumière à diffuser.
La Vie à vivre.
L’Amour à aimer.
La joie à répandre.
Le sacrifice à offrir.
La Paix à donner.
Le Pain de Vie à manger.
L’affamé à nourrir.
L’assoiffé à rassasier.
L’être nu à vêtir ;
Le sans-abri à loger.
Le malade à guérir.
L’isolé à aimer.
L’indésirable à accueillir.
Le lépreux pour laver ses plaies
Le mendiant pour lui sourire.
L’ivrogne à écouter.
Le malade mental à protéger.
Le tout-petit à embrasser.
L’aveugle à guider.
Le muet pour parler à sa place.
L’estropié pour marcher avec lui.
Le drogué à secourir.
La prostituée à sortir du danger et à secourir.
Le prisonnier à visiter.
Le vieillard à servir.
Pour moi : Jésus est mon Dieu.
Jésus est ma vie.
Jésus est mon seul amour.
Jésus m’est indispensable.
Jésus est mon tout.
    Mère Térésa (1910-1997)
 




D’abord aider son ennemi ! L’aimer ensuite !

Méditation du jeudi 16 février 2017. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie.


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« Vous avez entendu qu’il a été dit :  « Oeil pour oeil et dent pour dent.»

Eh bien, moi je vous dis de ne pas vous venger de celui qui vous fait du mal. Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, laisse-le te gifler aussi sur la joue gauche. Si quelqu’un veut te faire un procès pour te prendre ta chemise, laisse-le prendre aussi ton manteau. Si quelqu’un t’oblige à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.

Donne à celui qui te demande quelque chose ; ne refuse pas de prêter à celui qui veut t’emprunter. »

« Vous avez entendu qu’il a été dit :  « Tu dois aimer ton prochain et haïr ton ennemi. »

Eh bien, moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous deviendrez les fils de votre Père qui est dans les cieux. Car il fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas.  Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, pourquoi vous attendre à recevoir une récompense de Dieu ? Même les collecteurs d’impôts en font autant ! Si vous ne saluez que vos frères, faites-vous là quelque chose d’extraordinaire ? Même les païens en font autant !

Soyez donc parfaits, tout comme votre Père qui est au ciel est parfait. » Matthieu 5,38-48

 


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La règle de la vengeance est la démesure.  La loi du talion introduit déjà l’idée de justice, même si l’œil pour l’œil nous apparaît comme une punition insatisfaisante. Mais celle-ci sera remplacée par la réparation ou la compensation : non plus l’œil pour l’œil, la dent pour la dent, mais la valeur de l’œil pour un œil, la valeur de la dent pour une dent.

Alors comment mesurer cette valeur ? Dans la Mishna, livre de la tradition juive, cinq obligations incombent à celui qui blesse son prochain. Il doit réparer : le dommage physique, la douleur, les soins médicaux, la cessation de travail, le préjudice moral (honte, humiliation). Seule la vie échappe à cette loi du talion car sa valeur est au-delà de toute évaluation. Alors c’est Dieu qui juge.

Jésus nous invite à sortir de l’esprit de vengeance, et sans doute à rendre une justice qui soit le plus satisfaisante possible pour tous. Pourtant il est conscient que seul Dieu est juste et que la justice humaine ne peut pas tout. Ainsi comment évaluer le préjudice d’une gifle dont la blessure n’est pas d’ordre physique -au-delà de la douleur passagère-, mais morale -elle humilie. Au danger de la colère, -devenir le meurtrier de son frère, Jésus oppose une maîtrise de soi qu’on prend à tort pour de la passivité.

Tendre l’autre joue suppose de l’intelligence et une grande force morale, de même que donner son manteau au procédurier qui en veut à notre chemise. Ou encore se montrer pleinement disponible et généreux envers quiconque requiert cette disponibilité et cette générosité. Ah ! Comment faire, nous qui sommes si occupés ? A des tâches si importantes ?


Mais Jésus, qui nous fait confiance, nous demande même d’aimer nos ennemis, de prier pour eux ! Que signifie aimer ? Que signifie le mot ennemi ? S’il s’agit de ne rien faire contre celui qui nous a fait du mal, de ne pas lui souhaiter de mal -comme dans l’expression « Je ne souhaiterais pas cela même à mon pire ennemi » et de le remettre à Dieu quand nous ne pouvons pas lui pardonner de tout cœur… le défi est à la mesure de l’amour que Dieu nous porte à tous mais aussi à la mesure de ce que chacun a ou non subi.


Très simplement, il est écrit dans le Livre de l’Exode : « Si vous rencontrez le boeuf ou l’âne égaré de votre ennemi, ramenez-le-lui. Si vous apercevez son âne effondré sous la charge qu’il porte, ne passez pas outre ; aidez plutôt votre ennemi à remettre la bête sur ses pattes. » Exode 23,4-7


Merci au gros bœuf et au petit âne quand il se font artisans de la paix entre les hommes!

 

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien avec cette méditation de St Cyprien de Carthage sur la patience de Dieu

« Quelle immense patience en Dieu !

Nous voyons, par un effet de sa Patience égale et sans faille pour les coupables et pour les innocents,
Pour les gens pieux et pour les impies,
Pour ceux qui témoignent de la reconnaissance et pour les ingrats,
Sur un Signe de Dieu les saisons obéir, les éléments accomplir leur service,

Les vents souffler, les sources couler, les moissons croître en abondance, les raisins de la vigne mûrir, les arbres se charger de fruits, les bois se couvrir de feuilles, les prés de fleurs.

Et bien que Dieu soit douloureusement affecté par nos péchés fréquents, que dis-je ? continuels, Il maîtrise son Indignation et attend patiemment le jour de la rétribution, fixé d’avance une fois pour toutes.

Et bien qu’il tienne la vengeance en son pouvoir, Il préfère conserver longtemps la patience, supportant et retardant avec une évidente clémence pour que, si possible, la méchanceté, à force d’avoir duré, se transforme un jour et que l’homme, après s’être vautré dans les égarements et les crimes contagieux, revienne à Dieu :
« Je ne veux pas la mort de celui qui meurt, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 18, 32).

Frères très aimés, la Patience est un attribut de Dieu, et quiconque est bon, patient et doux imite Dieu le Père ! Amen. »