Le temps de la fin dans notre temps

Méditation du jeudi 19 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyée au Liban et pour les Églises.

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Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n’était plus. Et je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la Jérusalem nouvelle, prête comme une mariée qui s’est parée pour son mari. J’entendis du trône une voix forte qui disait : La demeure de Dieu est avec les humains ! Il aura sa demeure avec eux, ils seront ses peuples, et lui-même qui est Dieu avec eux sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Celui qui était assis sur le trône dit : De tout je fais du nouveau. Et il dit : écris, car ces paroles sont certaines et vraies. Il me dit : c’est fait ! C’est moi qui suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. Tel sera l’héritage du vainqueur ; je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Mais pour les lâches, les infidèles, les êtres abominables, les meurtriers, les prostitués, les sorciers, les idolâtres et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang brûlant de feu et de soufre : c’est la seconde mort.
Apocalypse 21, 1 à 8

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Que ce soit dans les Évangiles ou dans l’Apocalypse, la fin des temps ne se confond pas avec un retour à l’origine, comme si s’effaçait miraculeusement l’histoire du monde et de l’humanité. Aucune idéalisation de l’innocence première au Jardin d’Eden ! Mais la vision céleste de la ville de Jérusalem, et un élan vers l’Avenir en Dieu !

Avenir qui reprend toute l’histoire mais en la purifiant, en la sortant des griffes de toutes les fatalités qui ont consacré le pouvoir du mal sur cette terre. La fin des temps, ou le temps de la fin, marque la victoire de la justice, de la bonté, de la joie ; c’est la consolation infinie des petits, des humiliés et offensés. Et le malheur de ceux qui ont commis le mal et ne se sont pas repentis. Ce temps, cette vision « eschatologique » sont fruits de l’Espérance que Dieu met au cœur des humains.

Alors nous vivons dans une double temporalité. D’une part le temps circulaire, avec le retour des jours, des semaines, des saisons, des années, de l’autre le temps directionnel, comparable à une flèche qui serait portée par la parole prophétique, et qui orienterait le regard vers le toujours nouveau. Mais pour le croyant, ces deux temps s’interpénètrent grâce à la liturgie, qui inscrit à travers ses cycles la mémoire des faits divins dans le déroulement du temps humain et cosmique.

Cette expérience liturgique régulière fait que l’espérance n’est pas orientée seulement vers les temps derniers, mais qu’elle redevient sans cesse exigence pour le temps présent. La réparation du monde, l’établissement ultime de la justice et de la paix, la consolation pour tous les affligés et offensés ne valent que s’ils fécondent la vie des humains dès aujourd’hui.

 

 

Nous prions pour notre envoyée au Liban et pour les Églises avec les mots de cette prière interreligieuse.

Ô Seigneur,

C’est dans Ton infinie miséricorde que nous cherchons le salut.
Sauve-nous et répare de Ta clémence nos imperfections
ainsi que celles de nos dirigeants et de ceux qui veillent sur nous.
Prends soin aussi de notre patrie et de tous ceux qui l’habitent,
fussent-ils musulmans ou chrétiens.

Ô Seigneur,

Toi qui règnes sur les sept cieux, du haut de Ton trône divin,
Comme Tu as choisi Marie,
que Tu as bénie entre toutes les femmes du monde,
nous Te prions de prendre le Liban et notre pays,
avec ses chrétiens et ses musulmans,
sous Ton aile bienveillante.

Pays de la convivialité islamo-chrétienne,
que le Liban soit un message adressé à toutes les nations du monde.

Purifie nos cœurs, et délivre-nous de toute rancune.
Donne-nous de triompher de nous-mêmes,
et d’aller au-delà de nos intérêts personnels,
pour n’œuvrer que pour le bien commun.
Seigneur, Toi qui entends tout,

Toi qui réponds à notre appel,
Nous Te prions de raviver en nous la mémoire de ce jour,
aussi sacré pour les musulmans que pour les chrétiens,
au Liban comme ailleurs dans le monde. Amen

Paru dans « Prions en Église » après le Synode sur le Moyen-Orient vers 2010.




Une saison pour l’engagement




Le temps du commencement !

Méditation du jeudi 12 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute l’Église.

La création d’Adam – Michel-Ange, chapelle Sixtine © Wikimedia Commons

 

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
La terre était sans forme et vide, et l’obscurité couvrait l’océan primitif. Le souffle de Dieu se déplaçait à la surface de l’eau. Alors Dieu dit : « Que la lumière paraisse ! » et la lumière parut. Dieu constata que la lumière était une bonne chose, et il sépara la lumière de l’obscurité. Dieu nomma la lumière jour et l’obscurité nuit. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la première journée. Genèse 1,1-5

Voici les origines du ciel et de la terre, quand ils furent créés.
Quand le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore aucun buisson sur la terre, et aucune herbe n’avait encore germé, car le Seigneur Dieu n’avait pas encore envoyé de pluie sur la terre, et il n’y avait pas d’êtres humains pour cultiver le sol. Seule une sorte de source jaillissait de la terre et arrosait la surface du sol. Le Seigneur Dieu prit de la poussière du sol et en façonna un être humain. Puis il lui insuffla dans les narines le souffle de vie, et cet être humain devint vivant. Genèse 2,4-7

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Mystérieux commencement ! Rien que dans la Bible, deux versions de la création sont proposées. D’autres traditions culturelles ont aussi des récits d’origine. Manière de dire que l’humain aime à s’interroger, imaginer, raconter. Pourtant le secret de l’origine n’appartient qu’à Dieu seul, comme celui de notre conception dans le sein maternel ! Dans la tradition juive on fait remarquer que le récit de la Genèse ne commence pas par la première lettre de l’alphabet, aleph, mais par la deuxième, beth. Impossible de remonter à un moment M !

La Bible n’est pas un manuel scientifique, mais un acte de foi et une action de grâce. Les Ecritures nous portent à reconnaître que tout ce qui EST vient d’une volonté créatrice, d’un désir de vie et d’altérité ! Dieu n’a pas choisi de rester seul dans sa toute-puissance ; il a créé, appelé l’existence à l’existence ; il a voulu que la nuit parle à la nuit et le jour au jour, que les générations se succèdent, que la splendeur des cieux et des mers, des astres et des forêts, des animaux de toutes sortes réjouisse l’espace. Il a pensé le temps, il a créé l’humain animé de son souffle de vie, à son image et à sa ressemblance. Et cette création se poursuit dans les siècles des siècles, dans une dynamique d’Amour.

Chaque jour que nous vivons nous invite à la grâce du recommencement. Chaque réveil est une nouvelle naissance. Comme Jésus l’enseignait à Nicodème, nous sommes sans cesse appelés à naître de nouveau, à naître d’En Haut.

Savons-nous nous rendre disponibles à ce don ? Savons-nous prendre le temps du regard et de la reconnaissance face à la création ? Savons-nous goûter cette joie toujours renouvelée des créatures face à leur Créateur, des enfants face à leur Père ?

 

 

Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute l’Église, en partageant ces lignes du Pasteur Alain Houziaux.

Si vous vous sentez inutile, n’ayez crainte, les lys des champs le sont aussi, ainsi que les oiseaux du ciel, et bien des nocifs coûtent plus cher à la société que vous.
Si votre seule tâche d’aujourd’hui est de regarder l’arbre devant chez vous, soyez-en fier. Vous avez sans doute été le seul à le faire et cet arbre doit être regardé puisqu’il est là.
Si vous souhaitez votre mort, pensez à ceux qui, sachant qu’ils vont périr sous peu, voudraient prolonger leurs jours par une vie telle que la vôtre. Ils la trouvent infiniment précieuse et ils sont raison.
La vie est un cahier dont chaque jour tourne la feuille. Le matin vous écrirez au bas de la page encore blanche ce petit mot : Amen !
Et au-dessus de cette signature, laissez s’écrire les lignes de votre journée avec leurs pleins et leurs déliés.
Et votre consentement ôtera à ce jour son poison d’amertume.
Vous saurez que les heures de votre vie sont portées par Quelqu’un qui les veut pour vous. Faites-lui crédit ! Faites-lui confiance.

Alain Houziaux, Paraboles au quotidien.




Penser le temps !

Méditation du jeudi 5 septembre 2019. Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et les Églises.

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Tout ce qui se produit dans le monde arrive en son temps.

Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir ;
Un temps pour plante et un temps pour arracher les plantes ;

Un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures ;
Un temps pour démolir et un temps pour construire.

Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire ;
Un temps pour gémir et un temps pour danser.

Il y a un temps pour jeter des pierres et un temps pour les ramasser.
Il y a un temps pour donner des baisers et un temps pour refuser d’en donner.

Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre ;
Un temps pour conserver et un temps pour jeter ;

Un temps pour déchirer et un temps pour coudre.
Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler.

Il y a un temps pour aimer et un temps pour haïr ;
Un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Quel profit celui qui travaille retire-t-il de sa peine ?

J’ai considéré les occupations que Dieu a imposées aux humains. Dieu a établi pour chaque événement le moment qui convient. Il nous a aussi donné le désir de connaître à la fois le passé et l’avenir. Pourtant nous ne parvenons pas à connaître l’oeuvre de Dieu dans sa totalité. J’en ai conclu qu’il n’y a rien de mieux pour les humains que d’éprouver du plaisir et de vivre dans le bien-être. Lorsqu’un homme mange, boit et jouit des résultats de son travail, c’est un don de Dieu. J’ai compris que tout ce que Dieu fait existe pour toujours ; il n’y a rien à y ajouter ni rien à en retrancher. Dieu agit de telle sorte que les humains reconnaissent son autorité. Ce qui arrive maintenant, comme ce qui arrivera plus tard, s’est déjà produit dans le passé. Dieu fait que les événements se répètent.

Ecclésiaste 3, 1-15

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Dans son livre « Du temps » le sociologue Norbert Elias réfute l’idée que le temps existe en soi, de manière abstraite, pour affirmer qu’il a une histoire longue, riche, interculturelle, et que nous sommes héritiers de cette histoire. Qu’est-ce que le temps sinon le nom donné par la conscience humaine à l’impermanence, à l’observation des mouvements cosmiques, de l’alternance du jour et de la nuit, des changements saisonniers, puis à l’organisation des besoins de la vie ? C’est à partir de telles questions qu’on a commencé il y a bien longtemps à mesurer le temps.

Ce passage si connu de l’Ecclésiaste exprime ces découvertes de la conscience humaine : il y a alternance entre ce qui relève de la vie et ce qui relève de la mort, – ce qui nous apparaît comme négatif et comme positif- mais cette alternance peut aller dans un sens ou dans l’autre. Qu’il y ait opposition entre construire et détruire, haïr et aimer, parler et se taire … cependant tout relève d’un même principe d’existence : le temps. Evidemment il est difficile de penser ensemble ce qui choque l’éthique et ce qui la sert. Tuer, déchirer, jeter des pierres, rien de tout cela ne peut être banalisé et simplement mis en balance avec leur contraire. Cette lucidité pourrait conduire à un grand scepticisme, sinon à une forme de nihilisme.

Mais l’Ecclésiaste échappe à cela car il s’en remet à Dieu, et reçoit le temps, les temps, comme un don, dont le mystère reste entier entre les mains du Créateur. Ultime cadeau, au-delà ou au cœur du temps, Dieu le Père a même attribué à l’homme le goût de l’éternité !

Ce pourrait être un cadeau empoisonné s’il n’était présenté dans le seul écrin qui lui sied : la confiance. Avec le Christ l’humanité apprendra, à travers d’autres mots, que non seulement le temps, mais la vie éternelle, lui est offerte.

 

 

Nous prions pour notre envoyé aux Antilles, sa famille et les Églises.

Seigneur loué sois-tu pour ta présence et ton amour qui précède tout.
Tout dans l’univers, tout dans l’histoire de l’humanité et tout dans ma vie.
Je sais bien que pour toi le temps n’est pas le même que le mien.
Peut-être même n’existe-t-il pas,
Mais je suis à la fois réconforté et stimulé parce que je peux toujours me dire
Qu’avant ce que je ressens, avant ce que je pense, avant ce que je vis
Il y a ta parole, il y a ta personne, il y a ton existence.
Avant mon passage sur cette terre …. et bien après !

Oui loué sois-tu Seigneur, pour la surabondance de ton être pour moi,
Pour tous les humains
Et pour le cosmos. Amen !

Prière proposée par Olivier Pigeaud dans Parole pour tous.




Femmes au bord des sources !

Méditation du jeudi 25 juillet 2019. Suite de nos rencontres de diverses femmes de la Bible : la Samaritaine au bord du puits.

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Jésus arriva près d’une localité de Samarie appelée Sychar, qui est proche du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s’assit au bord du puits. Il était environ midi.

Une femme de Samarie vint pour puiser de l’eau et Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » — Ses disciples étaient allés à la ville acheter de quoi manger. — La femme samaritaine dit à Jésus : « Mais, tu es Juif ! Comment oses-tu donc me demander à boire, à moi, une Samaritaine ? » — En effet, les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains. —

Jésus lui répondit : « Si tu connaissais ce que Dieu donne, et qui est celui qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau et il t’aurait donné de l’eau vive. » La femme répliqua : « Maître, tu n’as pas de seau et le puits est profond. Comment pourrais-tu avoir cette eau vive ? Notre ancêtre Jacob nous a donné ce puits ; il a bu lui-même de son eau, ses fils et ses troupeaux en ont bu aussi. Penses-tu être plus grand que Jacob ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’où jaillira la vie éternelle. » La femme lui dit : « Maître, donne-moi cette eau, pour que je n’aie plus soif et que je n’aie plus besoin de venir puiser de l’eau ici. »
Jean 4,5-15

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La source est un lieu féminin par excellence. Si pour elle les hommes peuvent se battre, tant l’eau est un enjeu vital pour la vie de leurs troupeaux et de leur tribu, les femmes ont pour tâche concrète de la puiser, de la porter, ou de l’offrir au voyageur qui passe. Le mot hébreu désignant la source signifie également l’œil, ce qui montre qu’à la source il est question de vision et de révélation.

La source où l’ange rencontra Agar dans le désert fut nommé par elle : « tu es le Dieu qui me voit ». C’est au puits proche de la ville d’Haran qu’Eliezer, serviteur d’Abraham, vit venir à lui Rebecca, destinée à devenir l’épouse d’Isaac. Et c’est peut-être au même puits, ou à un de ses voisins, que Jacob eut le coup de foudre pour Rachel. C’est encore près d’un puits, en Madian, que Moïse rencontra Sepora, la fille du prêtre Jethro, qui devait devenir son épouse. Oserons-nous ajouter que c’est la vue de Bethsabée dans son bain qui fit perdre la tête au roi David ?

Au puits de Jacob qui est à Sichem, en plein midi, quand le soleil darde ses rayons jusque dans les profondeurs de la terre, Jésus rencontra la Samaritaine.

 

 

Prions avec ces mots de Francine Carrillo.

Laisse couler en toi la source
Et tu sauras combien tu avais soif !

Laisse passer en toi la vie
Et tu sauras combien tu étais mort !

Laisse respirer en toi le désir
Et tu sauras combien tu étais lié !

Laisse vivre en toi l’amour
Et tu sauras combien tu étais seul !

Laisse naître en toi la présence
Et tu sauras combien tu étais absent !

Laisse-toi trouver par Celui
Qui est le visage de ton humanité !
Et tu te sauras à jamais enfant de l’Esprit !

Jésus et la Samaritaine. Peinture d’Étienne Parrocel (1696–1775) © Wikimedia Commons

 




Sara et Hagar, entre complicité et rivalité

Méditation du jeudi 18 juillet 2019. Nous continuons nos rencontres de diverses femmes de la Bible, avec Sara et Hagar.

Sara et Hagar. Peinture de Rubens (1577-1640) © Wikimedia Commons

 

Saraï, la femme d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Mais elle avait une esclave égyptienne nommée Agar. Saraï dit à son mari : « Tu vois : le Seigneur m’a empêchée d’avoir des enfants. Je pourrai peut-être avoir un fils grâce à mon esclave. Passe la nuit avec elle. » Abram accepta la proposition de Saraï.

Saraï prit alors son esclave Agar et la donna comme femme à Abram son mari. Il y avait dix ans qu’Abram habitait le pays de Canaan. Abram passa la nuit avec Agar, qui devint enceinte. Quand elle sut qu’elle attendait un enfant, elle regarda sa maîtresse avec mépris. Saraï dit alors à Abram : «À toi de supporter les conséquences de l’injure qui m’est faite ! C’est bien moi qui ai mis mon esclave dans tes bras, mais depuis qu’elle s’est vue enceinte, elle s’est mise à me mépriser. Que le Seigneur soit juge entre toi et moi !» Abram lui répondit : «C’est ton esclave, elle est en ton pouvoir. Fais-lui ce qui te plaît.»

Alors Saraï maltraita tellement Agar que celle-ci s’enfuit dans le désert. L’ange du Seigneur la vit près de la source qui est sur la route de Chour et lui demanda : « Agar, esclave de Saraï, d’où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je me suis enfuie de chez ma maîtresse. » — « Retourne auprès de ta maîtresse, reprit l’ange, et sois-lui soumise. Le Seigneur te donnera des descendants en si grand nombre qu’on ne pourra pas les compter. Tu vas avoir un fils. Tu l’appelleras Ismaël, car le Seigneur a entendu ton cri de détresse. Ton fils sera comme un âne sauvage. Il combattra contre tous et tous combattront contre lui. Il vivra seul, à l’écart de tous ses semblables. »

Agar se demandait : «Ai-je réellement vu Celui qui me voit ?» et elle donna ce nom au Seigneur qui lui avait parlé : «Tu es El-Roï, le Dieu qui me voit.» C’est pourquoi le puits qui se trouve entre Cadès et Béred est appelé puits de Lahaï-Roï, ou puits du Vivant qui me voit. Agar mit au monde un fils que son père Abram nomma Ismaël.

Abram avait quatre-vingt-six ans lorsque Agar lui donna ce fils.
Gen 16, 1-16

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Que des femmes stériles fassent appel à leurs servantes pour concevoir et mettre au monde un enfant qu’elles accueilleront comme leur au moment de la naissance, cela arrive plusieurs fois dans la Bible. Comme Saraï, Rachel et Léah proposeront à leur époux Jacob leurs servantes Zilpa et Bilha quand elles traverseront des temps de stérilité. Jusqu’à nous de tels arrangements ont parfois eu lieu dans des familles, une sœur pourvue de nombreux enfants en donnant un à sa sœur stérile au moment de la naissance.

Ce qui nous alerte dans le cas de Saraï et d’Agar, c’est que si la maîtresse voit en la servante un corps lui appartenant, prolongeant le sien en quelque sorte, celle-ci va se rebiffer, comme si la grossesse lui donnait une nouvelle conscience d’elle-même. Alors l’ombre soumise et porteuse de la vie des autres va oser se révolter contre les mauvais traitements et devenir une femme qui fuit.

Et l’ange du Seigneur qui la voit, l’écoute et lui parle consacre cette naissance à elle-même d’Agar en lui ouvrant les portes de l’avenir à travers sa descendance. Car Dieu l’a entendue, comme le signifie le nom que portera son fils Ismaël.

Mais nous pouvons penser que, si le projet de Saraï était d’avoir un enfant par Agar et qu’il a été bel et bien sanctifié par le Créateur, Ismaël reste donc aussi son fils, nonobstant sa susceptibilité orageuse et la naissance d’un fils né de sa chair. Et puisque Agar est revenue et restée près de sa maîtresse bien après la naissance d’Isaac, comment ne pas imaginer qu’elle a joué auprès de lui au moins un rôle d’assistante maternelle.

La vie et les êtres humains étant bien complexes, jusqu’où la maternité et la paternité peuvent-elles être partagées ? Cela dépend certainement des cultures, des sociétés, et aussi des psychologies personnelles.

Mais si l’on demandait leur avis aux petits Ismaël et Isaac, sans doute auraient-ils préféré que l’esprit de complicité l’emporte chez leurs mères sur l’esprit de rivalité. Heureusement, en Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour, la réconciliation est toujours possible, comme un défi proposé à leurs descendants.

 

 

Prions avec cette prière dont l’origine est attribuée à un soldat américain sudiste pendant la guerre de Sécession.

La prière de l’inexaucé !

Seigneur, je t’avais demandé la santé
pour être plus efficace sur cette terre.
Tu m’as donné la faiblesse du corps
pour que je compte davantage sur toi que sur moi-même.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!

Seigneur, je t’avais demandé une belle intelligence
pour mieux comprendre le monde et réussir ma vie.
Tu m’as donné une mémoire trébuchante et un esprit lent
pour m’ouvrir à tes mystères par l’humilité.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!

Seigneur, je t’avais demandé des responsabilités
pour faire triompher les bonnes idées et les bonnes causes.
Tu m’as donné d’être traité pour rien et d’obéir,
afin de mieux me configurer à ton Fils, obéissant et crucifié.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!

Seigneur, je t’avais demandé de rencontrer le grand amour pour donner un sens à ma vie.
Tu m’as donné de pouvoir croire à la bonté du cœur humain
et le désir de partager cette foi avec tous les mal-aimés que tu me ferais rencontrer.

Sois béni, mon Dieu Sauveur!




Deux semaines qui changent une vie




Hommage aux femmes anonymes !

Méditation du jeudi 11 juillet 2019. Nous prions pour tous nos envoyés qui achèvent au Défap leur formation au départ. Et nous poursuivons nos rencontres de diverses femmes de la Bible…

Où est Madame Noé ?

 

Noé avait 600 ans, lorsque le déluge des eaux fut sur la terre. Et Noé entra dans l’arche avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils, pour échapper aux eaux du déluge. D’entre les animaux purs et les animaux impurs, les oiseaux et tout ce qui se meut sur la terre, il entra dans l’arche auprès de Noé, deux à deux, un mâle et une femelle, comme Dieu l’avait ordonné à Noé.
Gen 7, 6-9

Alors Dieu parla à Noé, en disant : Sors de l’arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. Fais sortir avec toi tous les animaux de toute chair qui sont avec toi, tant les oiseaux que le bétail et tous les reptiles qui rampent sur la terre : qu’ils se répandent sur la terre, qu’ils soient féconds et se multiplient sur la terre. Et Noé sortit, avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils. Tous les animaux, tous les reptiles, tous les oiseaux, tout ce qui se meut sur la terre, selon leurs espèces, sortirent de l’arche.
Gen 8,15-19

Pourquoi certaines femmes de la Bible ont-elles un nom, et pourquoi d’autres pas, même quand on peut supposer qu’elles ont joué un rôle important ? En ce début de la Genèse ont été nommées Eve, puis Ada et Tsilla femmes de Lamec, descendant de Caïn. L’une enfanta deux fils Jabal et Jubal, et l’autre un fils Tubal-Caïn et une fille Naama. Elles ont toutes deux été témoins de la violence de leur mari, poursuivi par la malédiction de Caïn le meurtrier. Des autres on ne connaît pas le nom, elles ont cependant donner vie aux générations, et on apprend en Genèse 6 que les filles des hommes étaient si belles que les fils de Dieu se les approprièrent, d’où résulta une sorte de génération hybride. Puis Dieu se mit en colère.

La femme de Noé était-elle juste aux yeux du Créateur, comme son époux ? La tradition juive témoigne de désaccords sur cette question. Ne craignant pas l’anachronie, Rabbi Abba bar Kahana voit en elle Naama, fille de Lémec, dont le nom signifie la gracieuse. Mais d’autres rabbins la présentent comme une impie, qui chante avec les impies.

Qu’a-t-elle ressenti en ces temps de tempête ? Comment a-t-elle pu réagir aux terribles menaces du Juge souverain ? A-t-elle échangé avec Noé ? S’est-elle révoltée contre l’engloutissement de toutes les créatures, ou bien consolée que sa famille soit épargnée et sauvée ? Plus tard la femme de Job invitera son mari dans l’épreuve à maudire Dieu et à mourir. La femme de Noé n’aurait-elle pas, au contraire, encouragé le sien à construire l’arche, à rassembler les animaux et à organiser leur sauvetage ? Ne lui a-t-elle pas tendu le marteau et les clous, mais plus encore ne l’a-t-elle pas soutenu spirituellement, alors qu’il devait face à une responsabilité surhumaine ?

Souvent les femmes trouvent en elles-mêmes, dans les temps de détresse, une sorte de solidité intérieure, profonde, comme si le Dieu « rocher » venait habiter en ce lieu secret où jaillit la source de la vie et de l’amour.

 

 

Nous partageons la prière écrite par une femme pour les autres femmes :

Partout où les femmes annoncent ta Bonne Nouvelle, que je facilite leur prise de parole.
Partout où subsiste leur absence, que je leur donne la meilleure place, comme Jésus dans l’Évangile.
Partout où règne le déni sur leur rôle, que j’ouvre mes oreilles, mes yeux et mon cœur.
Partout où les femmes sont au service, que je fasse en sorte qu’elles soient aussi décisionnaires.

Partout où subsiste une mise à distance par oubli ou par omission, que j’élargisse l’espace de la tente.
Partout où les femmes sont exclues des instances d’autorité, que je m’équipe en sièges.
Partout où règne le pouvoir, que j’instaure l’esprit de service et de coopération.
Partout où les femmes sont subordonnées à un membre masculin du clergé, que je leur donne ma voix.
Partout où subsiste la tentation de leur confier cuisine et catéchèse, que je prie pour les théologiennes.
Partout où règne le retard de l’institution sur la société, que je veille à ne pas nous marginaliser davantage.
Partout où le travail des femmes est exploité, que je proclame le psaume : « Justice et paix s’embrassent ».
Partout où subsiste un abus, que j’aide la femme à concilier maternité et responsabilités.
Partout où la liberté d’expression des femmes est confisquée, que je dénonce délicatement cette iniquité.
Partout où subsiste une once de sexisme, que je rende grâce pour le travail des femmes dans l’Église.
Partout où règne un frère en seigneur, que je lui fasse découvrir que notre « comme-union » est catéchèse.
Partout où il est oublié que la femme fait grandir l’Église, que j’enseigne la théologie féminine.
Partout où subsiste l’ignorance de la sacralité du lien homme-femme, que j’allume la lumière de la Création.
Partout où règne la non-mixité, la non-fécondité, que je vive et fasse vivre la communion homme-femme.
Partout où subsiste la colère légitime, la sainte colère, que j’apaise la situation par ma voix et mes actes.
Partout où règne la tristesse due au départ des forces vives, que je me hâte de donner des raisons d’espérer.
Partout où les femmes attendent plus de reconnaissance, que je les conforte dans leur unicité.
Partout où règne la peur de changer, que je sème l’espérance d’un avenir béni ou nous serons vraiment unis.
Partout où les femmes subissent un abaissement ordinaire, que je rappelle l’attitude rebelle de Jésus.
Partout où subsiste la mauvaise foi, l’immobilisme, le pouvoir et l’exclusion, que je mette mon grain de sel.
Partout où règne l’absence de nomination, que je leur rappelle que j’ai un nom, celui de mon baptême. Amen




Eve au fil d’une plume un peu féministe !

Méditation du jeudi 4 juillet 2019. Nous prions pour tous nos envoyés qui sont actuellement au Défap pour leur formation au départ. Et au cours de ces mois d’été, nous vous proposons de rencontrer quelques femmes de la Bible…

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Genèse 2, 18-25

Le Seigneur Dieu se dit : « Il n’est pas bon que l’être humain soit seul. Je vais le secourir en lui faisant une sorte de partenaire. » Avec de la terre, le Seigneur façonna quantité d’animaux sauvages et d’oiseaux, et les conduisit à l’être humain pour voir comment celui-ci les nommerait. Chacun était appelé par l’homme « être vivant ». Il donna un nom aux animaux domestiques, aux animaux sauvages et aux oiseaux. Mais il ne trouva pas de vis-à-vis qui lui soit une aide. Alors le Seigneur Dieu fit tomber l’homme j dans un profond sommeil. Il lui prit une côte et referma la chair à sa place. Avec cette côte, le Seigneur fit une femme et la conduisit à l’homme. En la voyant celui-ci s’écria :

« Ah ! Cette fois, voici quelqu’un qui est plus que tout autre du même sang que moi !

On la nommera compagne de l’homme, car c’est de son compagnon qu’elle fut tirée. »

C’est pourquoi l’homme quittera père et mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviendront tous deux un seul être.

L’homme et sa femme étaient tous deux nus, mais sans éprouver aucune gêne l’un devant l’autre.

Genèse 3, 20-21

L’homme, Adam, nomma sa femme Ève, c’est-à-dire Vie, car elle est la mère de tous les vivants. Le Seigneur fit à l’homme et à sa femme des vêtements de peaux de bête et les en habilla.

Si la femme n’est pas tombée du ciel, elle n’est pas non plus née de la poussière du sol ni de la dernière pluie ! Elle n’a pas été façonnée de la glaise comme Adam ou comme le golem.

Son absence « spirituelle » l’a précédée. Même en compagnie de créatures animales, reconnues par lui « âmes vivantes », l’homme est resté dans cette solitude dont Dieu a dit qu’elle n’était pas bonne pour lui. Déjà habitant responsable du bon usage du jardin, il soupire encore après une présence qui ne peut être seulement utilitaire. Les animaux, si beaux et bons soient-ils, à nommer, à servir, à regarder et à entendre, ne sauraient combler l’absence d’un visage face au visage du soupirant. Absence – intuition de l’autre soi-même annoncé dans le chapitre précédent de la création de l’humain – homme et femme il les créa! C’est dire que l’aide incarnée par la femme ne signifiera aucune sujétion, symbolisant plutôt celle de l’Aidant par excellence, Dieu, Ezer, qui signifie aussi bien secours qu’aide.

À l’homme il faut, pour découvrir la part de divin qui est en lui, sa propre « âme vivante » cet autre lui-même qui doit faire office de révélation : « Tu es, donc j’existe ! Voici l’os de mes os et la chair de ma chair ».

Mais comme pour toute grande révélation, celle-ci ne peut être saisie dans son origine ; il faut que les yeux de l’homme soient d’abord fermés, ici par endormissement, afin que la grâce soit donnée, et que la femme vienne à sa rencontre!

Alors il peut quitter ce qu’il était, ce qui le clouait à son destin, pour découvrir la liberté du féminin, et la somptueuse joie de donner la vie, avec celle qu’il nomme enfin Eve, la mère de tous les vivants.

 

 

Nous prions au féminin avec ce texte de la règle des diaconesses de Reuilly.

Deviens vivante et reste vivante.
L’Esprit de Dieu t’invente à tout instant.
Repousse la tentation de t’immobiliser dans les choses comprises
Même parmi les plus grandes et les plus belles.
Reçois chaque jour le don de nouveauté de Dieu et de tes frères.

Donne force et stabilité à ton engagement
Mais ne l’enferme pas dans des formules ou des habitudes dépourvues de vie.
Les cellules de ton corps à tout instant se modifient
Et l’ordre du monde se découvre sans cesse.
Comment la vie divine que t’infuse l’Esprit serait-elle moins créatrice ?

Avance vers ce Dieu toujours plus grand
Ce Dieu sans frontières.
Il t’a enclose dans des limites
Mais leur espace est si vaste que tu n’en feras pas le tour sur cette terre.
Laisse-toi gagner par l’admiration
Et connais avec tous les saints
Quelle est la largeur, la hauteur, la longueur et la profondeur de l’amour de Dieu
Qui surpasse toute connaissance.




Lettres de Tananarive

À travers cet ouvrage, Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père, 1924-1927, Faranirina Rajaonah, professeure émérite d’histoire à l’Université Paris Diderot et membre du Cessma (Centre d’Études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques), et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap, font revivre le témoignage d’un responsable de mouvement de jeunesse, fondateur du scoutisme à Madagascar dans les années 1920 : Jean Beigbeder, Z’oeil de chouette pour les éclaireurs ou Rabeigy pour des Malgaches, qui a marqué à la fois plusieurs générations de Malgaches et de Français.
Panorama de Tananarive dans les années 1920 à 1950 © Bibliothèque du Défap

 

«Je serais tenté de dire qu’il faudrait que beaucoup de Français se mettent à la disposition des sociétés de missions étrangères pour cette tâche d’enseignement ; c’est ainsi que les prochaines générations malgaches seraient élevées à la française et non plus à l’anglaise ; et alors les mauvaises langues ne pourraient plus clamer partout que : qui dit protestant, dit étranger.» (Jean Beigbeder)

Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père, 1924-1927, disponible à partir du 16/07/2019 chez Hémisphères

De Tananarive, où il dirige, de 1924 à 1927, le «Foyer», une section des Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG), Jean Beigbeder écrit à son père en France. Ces 132 lettres constituent l’intégralité de cette correspondance envoyée par celui que l’on surnommait Z’oeil de chouette chez les éclaireurs ou Rabeigy chez les Malgaches, qui a marqué à la fois plusieurs générations de Malgaches et de Français. Ce protestant béarnais, docteur en droit, convaincu des vertus du scoutisme dans la formation du citoyen, évoque son travail, sa vie quotidienne ainsi que les nouvelles venues de France. Tout comme lui, sa femme Odette Meyer a une solide expérience des mouvements de jeunesse. Ses lettres rendent également compte du fonctionnement des réseaux protestants en France et à l’étranger.

On découvre à travers cette correspondance la convivialité des envoyés de la Mission protestante française ainsi que la vigueur du protestantisme dans une ville qui s’est approprié le christianisme. Le récit de ses voyages en Imerina, et dans des contrées plus lointaines, contribue à la richesse de cette correspondance, à la croisée de l’individuel et du social.

L’intérêt des lettres vient également de ce qu’elles disent du moment colonial dans une capitale où les Vazaha, les Européens, doivent prendre leurs marques, alors même que les Malgaches subissent la discrimination. Les années 1924-1926 d’embellie économique sont aussi celles de la montée de la contestation anticoloniale, s’exprimant d’abord dans la revendication de l’égalité. Dans ce contexte, l’expérience du Foyer paraît exceptionnelle. De fait, Jean Beigbeder est un médiateur culturel. Il cherche à faire du Foyer un «espace franco-malgache», avec la possibilité pour des «jeunes» de différents âges, bridés dans leurs aspirations, d’accéder à la culture européenne, tout en participant à la valorisation de la leur propre. Sans remettre en cause la colonisation, il se découvre un réel attachement pour Madagascar et sa culture – il évoque ainsi dans ses lettres son apprentissage du malgache et les pratiques qui fondent le fihavanana (liens de parenté) ; son épouse et lui-même se lient d’amitié avec de jeunes Malgaches.

Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père

Auteur : LOMBARD, CLAIRE-LISE ; RAJAONAH, FARANIRINA
Éditeur : HEMISPHERES
ISBN : 9782377010417
Date de parution : 16/07/2019




Courir à Valence, sauver un hôpital au Cameroun




Quand l’affection d’une belle-mère conduit une belle-fille à la foi

Méditation du jeudi 20 juin 2019. Nous prions pour nos envoyés au Liban, à Djibouti et à la Réunion et au Sénégal.

Des pas dans le désert © Maxpixel

 

Ruth répondit : Ne me presse pas de laisser et de retourner loin de toi ! Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai. Ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. Où tu mourras je mourrai, et j’y serai enterrée. Ruth 2,16-17

Ruth et Naomi, peinture de Philip Hermogenes Calderon (1886) © Wikimedia Commons – Domaine public
 

Dans notre société de migrations, où les mariages mixtes sont nombreux, l’exemple de Ruth la Moabite nous parle d’une intégration couronnée de succès. Ruth appartient à un peuple considéré comme étranger par Israël, mais qui résulte de l’inceste du patriarche Lot avec une de ses filles au temps de Sodome. Or elle a épousé un des deux fils de Naomi et d’Elimélec, venus de Bethléem à Moab pour cause de famine. Une certaine Orpa a épousé l’autre fils.

Mais le malheur s’abat sur cette maison : Elimélec et ses deux fils Machlon et Kiljon meurent, laissant trois veuves vouées à la misère. Quand Naomi décide de rentrer chez les siens, elle conseille à ses belles-filles, par mesure de sécurité, de retourner dans leur propre tribu, afin d’y trouver de nouveaux époux. Orpa finit par obtempérer, mais Ruth, sans hésitation, confirme sa décision d’associer son destin à celui de sa belle-mère et de son peuple. Après maintes péripéties elle se mariera avec Boaz et ils auront un fils, Obed, père de Jessé et grand-père du roi David.

Dans le judaïsme, on lit ce récit à la fête de Shavouot pour rendre honneur à cette femme qui s’est intégrée au peuple juif. Elle fait partie des 4 femmes nommées par l’évangéliste Mathieu dans la généalogie de Jésus.

Pour nous, Ruth peut symboliser la liberté de conscience et l’intelligence du cœur. Elle choisit de sortir d’un destin familial tout tracé pour entrer dans une histoire nouvelle, avec les risques que cela comporte, mais en compagnie d’une belle-mère appréciée et à l’écoute d’un Dieu qui se découvre pas à pas !

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Liban, à Djibouti, à la Réunion et au Sénégal.

Dieu nous a parlé à travers les Écritures :

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée.
Et tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Dieu nous a parlé par la voix de notre prochain :

J’ai frappé à ta porte
J’ai frappé à ton cœur pour avoir un bon lit, pour avoir un bon feu
Pour quoi me repousser ?
Ouvre-moi mon frère !
Pourquoi me demander si je suis d’Afrique, si je suis d’Amérique
Si je suis d’Asie, si je suis d’Europe ?
Ouvre-moi mon frère !
Pourquoi me demander la longueur de mon nez
L’épaisseur de ma bouche, la couleur de ma peau
Et le nom de mes dieux ?
Ouvre-moi mon frère !
Je ne suis pas un Noir, je ne suis pas un Rouge
Je ne suis pas un Jaune, je ne suis pas un Blanc
Mais je ne suis qu’un homme.
Ouvre-moi mon frère !
Ouvre-moi ta porte !
Ouvre -moi ton cœur !
Car je suis un homme.
L’homme de tous les temps, l’homme de tous les cieux, l’homme qui te ressemble !
Amen