Il faut raconter, et raconter encore…

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 19 novembre 2020. Nous prions pour nos envoyés à La Réunion.

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Les apôtres et les frères qui étaient dans la Judée apprirent que les païens avaient aussi reçu la parole de Dieu. Et lorsque Pierre fut monté à Jérusalem, les fidèles circoncis lui adressèrent des reproches, en disant : Tu es entré chez des incirconcis, et tu as mangé avec eux. Pierre se mit à leur exposer d’une manière suivie ce qui s’était passé. Actes 1- 4 (…)

Et je me souvins de cette parole du Seigneur : Jean a baptisé d’eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint Esprit. Or, puisque Dieu leur a accordé le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus Christ, pouvais-je, moi, m’opposer à Dieu ? Après avoir entendu cela, ils se calmèrent, et ils glorifièrent Dieu, en disant : Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu’ils aient la vie.

Ceux qui avaient été dispersés par la persécution survenue à l’occasion d’Étienne allèrent jusqu’en Phénicie, dans l’île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole seulement aux Juifs. Il y eut cependant parmi eux quelques hommes de Chypre et de Cyrène, qui, étant venus à Antioche, s’adressèrent aussi aux Grecs, et leur annoncèrent la bonne nouvelle du Seigneur Jésus. La main du Seigneur était avec eux, et un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur. Le bruit en parvint aux oreilles des membres de l’Église de Jérusalem, et ils envoyèrent Barnabas jusqu’à Antioche. Lorsqu’il fut arrivé, et qu’il eut vu la grâce de Dieu, il s’en réjouit, et il les exhorta tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur. Car c’était un homme de bien, plein d’Esprit Saint et de foi. Et une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur. Barnabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul ; et, l’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de l’Église, et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens. Actes 11, 16-26

 

 

Face à ce que l’on ne comprend pas, forte est la tentation de se méfier et de se durcir. Ainsi en va-t-il pour les croyants de Jérusalem, scandalisés de ce qu’ils ont entendu dire de la rencontre de Pierre le juif et de Corneille le païen. Alors comment Pierre va-t-il réagir ? Ni par la colère ni par une leçon de morale, mais en racontant très précisément ce qui s’est passé. Dans la tradition juive le récit est essentiel à l’enseignement, et Jésus nous l’a déjà montré par son utilisation si fréquente des paraboles. Mais pour donner à son récit-témoignage un écho plus large Pierre y ajoute analyse et réflexion théologique. Il invite donc, à travers une question, ses auditeurs à partager son propre raisonnement : « Or, puisque Dieu leur a accordé le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus Christ, pouvais-je, moi, m’opposer à Dieu ? » Être serviteur de Dieu ou de sa Parole, n’est-ce pas, à la fois, se laisser entraîner soi-même vers des œuvres, des rencontres, et des événements qui nous dépassent, et se retenir à tout moment d’empiéter sur la liberté du Dieu Vivant ? Tout le Livre des Actes témoigne d’un souffle se propageant de ville en ville et de monde en monde, porteur d’un message d’amour et de libération. Comme on assista jadis à la multiplication des pains par Jésus, on assiste à la multiplication des cœurs, juifs et non-juifs, qui se nourrissent de ce message, au point de recevoir désormais le nom de chrétiens.

 

Questions pour nous :

Comment vivons-nous des situations qui a priori nous dérangent dans nos manières de penser, de voir, de croire ?

Nous nous refermons systématiquement ? Nous acceptons de rechercher ou d’écouter des explications ?

Savons-nous partager nos expériences fondatrices en les racontant aux autres ?

Disons-nous que nous sommes chrétiens ? Et qu’est-ce que cela signifie pour nous de l’être et de le dire ?

 

 

Nous prions avec ces mots de Charles Singer :

Seigneur mon Dieu
Pour un temps je me tairai, de silence je m’entourerai, et de solitude, et ce sera comme en plein désert.
Je T’écouterai, Seigneur, et je Te regarderai T’asseoir à la table de Zachée le voleur et ouvrir les yeux de l’aveugle,
Pleurer la mort de Lazare, Ton ami, et remettre sur pied ceux qui n’en peuvent plus ?
Pardonner à ceux qui crient des injures, tout donner, ton Corps, ton Sang, ta Vie et ta Joie d’aimer sans rien retenir pour Toi.
Tes paroles, je Les savourerai, comme du pain frais au réveil.
Je Les mettrai dans mon cœur et en moi
Elles couleront comme une musique.
Je Les attacherai à mes mains et en moi, comme dans la terre,
Elles creuseront des sillons.
Pour vivre selon le cœur de Dieu, je brûlerai ce qui est inutile, mes colères et ma dureté, mes tristesses semblables à l’eau noire qui coule sous le pont, et mon désir d’avoir toujours raison.
Je brûlerai au feu de Dieu et je jetterai les cendres,
Et mon cœur sera neuf comme le soleil du matin s’échappant du brouillard de la nuit.
Alors Seigneur mon Dieu
Tu me donneras le courage, là où je vis chaque jour, de prendre position au nom de ma foi,
De ne pas mettre sous le boisseau mon attachement à Toi, même si cela doit m’amener ironie ou rejet.
Tu me donneras le courage de participer activement à la communauté d’Eglise à laquelle j’appartiens, afin qu’elle devienne le lieu où ma vie, avec ses conflits et ses recherches se trouve éclairée par ma foi.
Donne-moi le courage et ne me laisse pas au repos, Seigneur, tant que ma foi n’imprime pas son exigence sur l’éventail de toute ma vie.
Je T’en prie, Seigneur, aide-moi à être croyant dans la pratique de chaque jour. Amen. 




Une mission frontalière

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 12 novembre 2020. Nous prions pour notre envoyée au Liban.

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Dans ce chapitre 10 deux hommes, deux mondes, vont se rencontrer. Mais sont-ils si éloignés l’un de l’autre ? L’un, soldat romain en poste à Césarée, se nomme Corneille et est présenté comme un craignant-Dieu, pieux et généreux, ami du peuple juif. L’autre est Simon-Pierre, juif, disciple et apôtre de Jésus de Nazareth, qui fait connaître l’évangile à tous ceux qu’il rencontre, et accomplit des guérisons au nom de son maître. Alors qu’il est de passage à Jaffa, il va vivre une expérience cruciale, qui touche à son identité profonde : une triple vision nocturne lui présente des aliments interdits par la cacherout qu’une voix céleste lui déclare consommables ; puis trois messagers viennent l’inviter à venir rencontrer Corneille à Césarée.

Lorsque Pierre entra, Corneille, qui était allé au-devant de lui, tomba à ses pieds et se prosterna. Mais Pierre le releva, en disant : Lève-toi ; moi aussi, je suis un homme. Et conversant avec lui, il entra, et trouva beaucoup de personnes réunies. Vous savez, leur dit-il, qu’il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d’entrer chez lui ; mais Dieu m’a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et impur. C’est pourquoi je n’ai pas eu d’objection à venir, puisque vous m’avez appelé ; je vous demande donc pour quel motif vous m’avez envoyé chercher. Corneille dit : Il y a quatre jours, à cette heure-ci, je priais dans ma maison à la neuvième heure ; et voici, un homme vêtu d’un habit éclatant se présenta devant moi, et dit : Corneille, ta prière a été exaucée, et Dieu s’est souvenu de tes aumônes. Envoie donc à Jaffa, et fais venir Simon, surnommé Pierre ; il est logé dans la maison de Simon, corroyeur, près de la mer. Aussitôt j’ai envoyé vers toi, et tu as bien fait de venir. Maintenant donc nous sommes tous devant Dieu, pour entendre tout ce que le Seigneur t’a ordonné de nous dire. Alors Pierre, ouvrant la bouche, dit : En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu’en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable. Il a envoyé la parole aux fils d’Israël, en leur annonçant la paix par Jésus Christ, qui est le Seigneur de tous (…) Actes 10, 25-36

Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint Esprit était aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. Alors Pierre dit : Peut-on refuser l’eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint Esprit aussi bien que nous ? Et il ordonna qu’ils fussent baptisés au nom du Seigneur. Sur quoi ils le prièrent de rester quelques jours auprès d’eux. Actes 10, 44-48

 

 

Deux grands enjeux apparaissent dans ce récit : l’ouverture de l’esprit de Pierre dans son rapport à la loi juive, et l’intégration de Corneille dans la communauté des croyants baptisés.

Concernant les lois alimentaires et le rapport aux non-juifs, Simon-Pierre semble prisonnier d’une vision très rigide, car si l’on suit la logique du texte, il lui faut la « purification » d’animaux impurs » pour découvrir qu’« aucun homme n’est souillé ou impur. » Il est vrai que les règles de la cacherout complexifient les rapports de convivialité entre juifs et non-juifs, mais Simon-Pierre le Galiléen n’a-t- il pas déjà côtoyé des étrangers, notamment lors de son compagnonnage avec Jésus ? Lui qui a renié son maître, ne sait – il pas déjà qu’il n’est qu’un homme comme les autres hommes ? Rappelons que le judaïsme ne considère pas les non-juifs comme impurs, mais comme enfants de Noé, à qui sont prescrites les 7 lois dites noachides. Alors de quoi Pierre a-t-il peur pour avoir de pareilles visions ? De quoi doit-il être libéré ?

Il l’apprendra en vivant une véritable rencontre avec Corneille et sa famille. Ceux-ci l’écoutent, reçoivent son enseignement, accueillent l’Esprit-Saint et sont baptisés au nom de Jésus. De ce fait ils ne sont plus seulement des craignant-Dieu ou des enfants de Noé, mais ils entrent pleinement dans l’Alliance, par la grande porte que représente Jésus de Nazareth, fils de David et fils de Dieu. En cela Corneille rejoint, avec toute sa maisonnée, l’eunuque éthiopien rencontré dans un chapitre précédent, et tous les nouveaux croyants de Jérusalem et d’ailleurs. Et Pierre se voit confirmé dans sa vocation et entraîné dans une mission nouvelle, frontalière.

 

 

Nous prions avec cette prière d’un auteur inconnu :

Attention chien méchant.
Attention travaux.
Attention chute de pierres.
Attention route glissante.
Partout, des appels à l’attention.

Mais où sont les appels à l’attention que nous devons aux autres :
les appels à la délicatesse, les appels au respect, les appels au partage ?

Je suis distrait, Seigneur.
Comment pourrais-je les entendre, ces appels,
quand je suis préoccupé par ma santé, enfermé dans mes rêves, épuisé par mon travail,
fasciné par la télévision…
Pardon, Seigneur.

Et tes appels, Seigneur, les tiens,
les petits signes que Tu m’adresses à travers les gens proches ou lointains,
les grands signes que Tu m’adresses, à travers les messages de ton Evangile,
à travers les invitations à la prière, tous ces appels ne rencontrent souvent que mon indifférence…
Pardon, Seigneur.

Apprends-moi, je t’en prie, à être attentif à toutes les attentes,
à toutes les souffrances, à toutes les espérances.

Apprends-moi aussi
à déceler tout ce qui est bien derrière ce qui est mal,
tout ce qui se cherche derrière tout ce qui semble acquis,
tout ce qui est neuf derrière tout ce qui est vieux,
tout ce qui bourgeonne derrière tout ce qui se fane,
tout ce qui vit derrière tout ce qui meurt.

Montre-moi, Seigneur,
l’enfant sous le vieillard, la plage sous les pavés, le soleil sous les nuages,
et toutes les soifs cachées :
la soif de pureté, la soif de vérité, la soif d’amour, la soif de Toi, Seigneur.

Affine mon regard, réveille ma capacité d’amour,
ouvre grand mon cœur, aiguise mon attention,
développe mes attentions, tourne-moi vers les autres,
tourne-moi vers Toi, Seigneur.

Amen.




Renversement sur le chemin de Damas !

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 5 novembre 2020. Nous prions pour nos envoyés au Cameroun.

La conversion de Paul par Le Caravage (1600) – Wikimedia Commons

Après le martyre d’Étienne nous avons suivi le diacre Philippe et avons rencontré avec lui l’eunuque éthiopien, qui a reçu le baptême. Nous allons maintenant retrouver Saul de Tarse, dont la haine envers les chrétiens semble s’exacerber de jour en jour.

Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur, et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem. Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il répondit : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Tremblant et saisi d’effroi, il dit : Seigneur, que veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.

Les hommes qui l’accompagnaient demeurèrent stupéfaits ; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas. Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananias . Le Seigneur lui dit dans une vision : Ananias! Il répondit : Me voici, Seigneur ! Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, va dans la rue qu’on appelle la droite, et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. Car il prie, et il a vu en vision un homme du nom d’Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu’il recouvrât la vue. Ananias répondit : Seigneur, j’ai appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à tes saints dans Jérusalem ; et il a ici des pouvoirs, de la part des principaux sacrificateurs, pour lier tous ceux qui invoquent ton nom. Mais le Seigneur lui dit : Va, car cet homme est un instrument que j’ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d’Israël ; et je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom. Actes 9,1-16

 

 

La conversion de Saul de Tarse est une expérience fulgurante pour celui qui l’a vécue et fondamentale pour la diffusion de la foi chrétienne. Du récit nous apprenons qu’il n’y a pas de conversion sans prise de conscience lucide de soi-même. Lors du renversement sur le chemin de Damas, le Christ aveugle Saul par une terrible évidence : lui, l’homme de culture, polyglotte, disciple du sage Rabbi Gamaliel, est devenu un fanatique persécuteur, un meurtrier. Que cette parole lui vienne d’une voix céleste serait inutile s’il ne se l’appropriait immédiatement. L’événement spirituel frappe l’être dans son corps et son psychisme. De quoi s’agit-il ? Chacun de nous, en tant que personne humaine, a en lui des forces et des fragilités, et sans doute un lieu intime de sensibilité particulière, de souffrance potentielle. C’est le lieu d’où jaillit la passion, passion qui peut être pour la mort ou pour la vie. Dans un premier temps, Saul, face aux croyants chrétiens, a éprouvé et exprimé cette passion sur le mode violent. Son attitude n’a pas été dictée par la réflexion et l’analyse, mais par la répulsion et la détestation de cette foi qu’il ressent comme intolérable, peut-être par peur, peut-être par jalousie, et qu’il veut réduire au silence. Cependant, lors du renversement sur le chemin de Damas, la passion de mort va se transformer en passion de vie, après 3 jours d’obscurité bienfaisante Car pour survivre à la terrible conscience de ses fautes, il lui faut passer par une nouvelle naissance, placée sous le signe de la grâce. Ajoutons qu’ainsi, dans le secret du texte, Saul sort réconcilié avec la mémoire de son premier maître Gamaliel, qui, peut-être sans passion mais avec beaucoup de réflexion, invitait les gens de religion à ne jamais se mettre en guerre contre Dieu, surtout sous le prétexte de défendre son honneur.

Saul va recevoir le baptême, subir à son tour la persécution, ou encore la méfiance de ceux qu’il est en train de rejoindre dans la foi au Christ. Bientôt il deviendra lui-même un témoin proclamant l’évangile. Tandis que Pierre poursuit son ministère et accomplit des guérisons au nom du Seigneur.

Questions pour nous :

Sommes-nous conscients de ce lieu de vulnérabilité en nous, d’où peut jaillir la violence, mais qui est aussi le lieu que Dieu cherche à atteindre par sa Grâce ?

Croyons-nous que les personnalités fanatiques puissent toutes connaître un tel renversement, et à quelles conditions ?

Dans nos conversations les uns avec les autres, nos débats théologiques ou sociétaux, nos désaccords politiques, quelle part relève d’un travail de réflexion, et quelle part de réactions passionnelles ? Jusqu’où sommes-nous capables d’aller dans la confrontation ?

 

 

Nous prions :

Ta Parole, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Inscris-la comme un signe sur notre front,
Comme l’amour dans notre cœur.
Ta bénédiction, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Place-la comme l’espérance devant nos yeux ?
Comme une croix de lumière sous notre regard.
Ta lumière, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Qu’elle soit l’Orient qui nous indique le chemin,
Qu’elle soit la lumière qui guide nos pas.
Ton pardon, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Qu’entre nous qui sommes frères, il soit réconciliation,
Miséricorde intarissable et toujours renouvelée.
Ta fidélité, ô Père, est ton Fils Jésus-Christ.
Qu’elle soit le rocher de notre alliance,
Le fondement sur lequel bâtir ta communauté.

Communauté de Bose




Le fanatique, le cynique et le chercheur de Dieu !

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 29 octobre 2020. Nous prions pour notre envoyée au Burundi.

L’eunuque éthiopien. Rembrandt, 1620 – Wikimedia Commons

Le diacre Étienne vient d’être lapidé sous les yeux de Saul de Tarse, qui approuve ce meurtre et participe à la persécution des nouveaux croyants, dont certains trouvent le salut dans la fuite. Ce chapitre 8 est très intéressant car il met en scène trois types de relation au divin : le fanatisme de Saul, l’utilitarisme de Simon le magicien, puis la confiance de l’eunuque éthiopien.

Le fanatisme nous effraie, il fait la une de notre actualité et se montre meurtrier. Il semble irrationnel mais obéit pourtant à une rationalité construite sur le rejet haineux de l’autre, au nom d’un Dieu transformé en idole. Pourquoi le fanatique veut-il tuer au lieu d’aimer, réduire au silence au lieu d’écouter ? De quoi souffre-t-il lui-même pour vouloir faire souffrir autrui ? D’une maladie de l’âme ? D’une angoisse viscérale de ne plus exister ? Assoiffé de certitudes absolues, il enferme la vie, détruit la liberté, et pétrifie la vérité pour se prouver qu’il a raison et que « son Dieu » est le plus fort.

À la différence du fanatique, l’utilitariste n’absolutise pas sa divinité, mais il cherche à en tirer profit. Dans notre récit, Simon le magicien talentueux ne s’oppose pas à Philippe ni aux apôtres, au contraire. Il cherche à leur acheter les pouvoirs de l’Esprit-Saint. Cela pourrait nous faire rire si de nombreuses personnes dans la peine et le besoin ne se laissaient abuser par des marchands de miracles, se trouvant alors privés de la connaissance de l’amour gratuit de Dieu.

Mais nous allons maintenant rencontrer un homme qui vit la foi comme confiance :

« L’ange du Seigneur dit à Philippe : Va vers le sud, sur le chemin qui descend de Jérusalem à Gaza, dans le désert.  Il se leva et partit. Or un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, la reine des Éthiopiens, et responsable de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer, et il s’en retournait, assis sur son char, en lisant à haute voix le Prophète Ésaïe.
L’Esprit dit à Philippe : Avance et rejoins ce char.
Philippe accourut et entendit l’Éthiopien qui lisait le Prophète Ésaïe. Il lui dit : Comprends-tu ce que tu lis ?
Il répondit : Comment le pourrais-je, si personne ne me guide ? Et il invita Philippe à monter s’asseoir avec lui.
Le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci :
Il a été mené comme un mouton à l’abattoir ; et, comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n’ouvre pas la bouche.
Dans son abaissement, son droit a été enlevé ; et sa génération, qui la racontera ?
Car sa vie est enlevée de la terre.
L’eunuque demanda à Philippe : Je te prie, de qui le prophète dit-il cela ? De lui-même ou de quelqu’un d’autre ? Alors Philippe prit la parole et, commençant par cette Écriture, il lui annonça la bonne nouvelle de Jésus.
Comme ils continuaient leur chemin, ils arrivèrent à un point d’eau. L’eunuque dit : Voici de l’eau ; qu’est-ce qui m’empêche de recevoir le baptême ? Il ordonna d’arrêter le char ; tous deux descendirent dans l’eau, Philippe ainsi que l’eunuque, et il le baptisa. Quand ils furent remontés de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe. L’eunuque ne le vit plus : il poursuivait son chemin, tout joyeux. Quant à Philippe, il se retrouva à Azoth ; il annonçait la bonne nouvelle dans toutes les villes où il passait, jusqu’à son arrivée à Césarée. »
Actes 8, 26-40.

 

 

L’eunuque éthiopien est un chercheur de Dieu , qui n’hésite pas à parcourir de longues distances pour nourrir sa quête. Il a une situation paradoxale. Homme puissant, il a la confiance de sa reine, mais il est aussi son esclave, et se trouve privé de ses attributs masculins. Second paradoxe : manifestement attiré par le judaïsme, comme beaucoup à son époque, il ne peut cependant être intégré au peuple juif, car eunuque. Troisième paradoxe : c’est un lettré, plongé dans le rouleau du Prophète Ésaïe, mais de son propre aveu, il ne comprend pas ce qu’il lit. C’est dans la relation de confiance qui s’établit avec Philippe que va se dévoiler le sens du Chant du Serviteur souffrant. Alors il va demander et recevoir le baptême. Et se réalise une autre prophétie du Prophète Ésaïe, celle qui, au ch 56, proclame que les eunuques, comme les étrangers, seront accueillis au milieu du peuple.

Questions pour nous :

Peut-on aider quelqu’un à sortir du fanatisme et comment ?

Sommes-nous sûrs de ne jamais avoir une vision utilitaire de Dieu et de la religion ?

Quelle est notre image de Dieu ? A-t-elle évolué au cours de notre vie et évolue-t-elle encore ?

 

 

Nous prions :

Ô Dieu nous venons vers toi.
En ces temps troublés tu es le pôle stable, l’équilibre intérieur.


Nous avons plaisir à être près de toi, nous nous y sentons nous-mêmes.
Nous croyons en toi et nous reconnaissons nos limites.
Nous nous adressons à toi, plein de questions
Car nous ne savons plus la juste mesure des valeurs.
Qu’est-ce que le monde et quel est son avenir ?
Vers quoi devons-nous aller, Seigneur ?
Qu’exiges-tu de nous ?
Qu’attends-tu de nous ?


Nous t’en prions : fortifie notre conscience, notre disponibilité, notre foi.
Donne-nous la tolérance, la charité, le respect de la vie humaine.
Nous t’en prions : donne-nous la force de reconnaître le droit chemin
De rayonner parmi tes créatures
De vivre pour un monde humain
Dans ton Église.


Amen




La violence des pierres !

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 22 octobre 2020. Nous prions pour nos envoyés à la Réunion et pour toute l’Église.

Source : Pixabay

Le précédent chapitre s’est terminé sur un faux-témoignage contre le diacre Étienne, mis en accusation pour blasphème contre le temple et la loi. Aux membres du Sanhédrin, qui ont les yeux fixés sur lui, son visage apparaît comme celui d’un ange.

Le souverain sacrificateur dit : « Les choses sont-elles ainsi ? » Et Étienne répondit : « Frères et pères, écoutez ! Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il habite à Harran, et il lui dit : « Sors de ton pays et de ta parenté, et va dans le pays que je te montrerai. » Alors, étant sorti du pays des Chaldéens, il habita à Harran. Et de là, après la mort de son père, Dieu le fit passer dans ce pays où vous habitez maintenant.
Et il ne lui donna pas d’héritage dans ce pays, pas même de quoi poser son pied, et il promit de le lui donner en possession, ainsi qu’à sa descendance après lui, alors qu’il n’avait pas d’enfant. Et Dieu parla ainsi : « Sa descendance séjournera dans une terre étrangère, et on l’asservira, et on la maltraitera pendant 400 ans. Mais je jugerai, moi, la nation à laquelle ils auront été asservis, dit Dieu, et après cela, ils sortiront et me rendront un culte dans ce lieu-ci. » Et il lui donna l’alliance de la circoncision. Et ainsi, Abraham engendra Isaac et le circoncit le 8e jour, et Isaac engendra Jacob, et Jacob les 12 patriarches…… »
Actes 7, 1-8

Puis Étienne poursuit son enseignement en parcourant toute l’histoire de Joseph à Moïse, puis de David à Salomon, en rappelant que Dieu n’habite pas ce qui est fait de main d’homme. Puis il lance à son tour des accusations :

« Gens au cou raide et incirconcis de cœur et d’oreilles, vous vous opposez toujours à l’Esprit Saint ! Vous êtes bien comme vos pères ! Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Et ils ont tué ceux qui ont prédit la venue du Juste dont vous êtes devenus maintenant les meurtriers après l’avoir livré, vous qui avez reçu la Loi communiquée par des anges et qui ne l’avez pas gardée. »
En entendant ces choses, ils avaient le cœur plein de rage et ils grinçaient des dents contre lui. Mais lui, étant plein de l’Esprit Saint et fixant les yeux sur le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : « Voici, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. »
Mais ils crièrent d’une voix forte, et se bouchèrent les oreilles, et d’un commun accord se précipitèrent sur lui. Et l’ayant poussé hors de la ville, ils se mirent à le lapider. Et les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.
Et ils lapidèrent Étienne qui priait et disait : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! »
Et s’étant mis à genoux, il cria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » Et quand il eut dit cela, il s’endormit.
Actes 7, 51-60

 

 

Ce récit pose des questions douloureuses et difficiles car il y a mort d’homme. D’un côté un tribunal, prêtant l’oreille à de faux-témoignages, et prêt à exercer son pouvoir de jugement contre un dissident. De l’autre un homme seul, témoin du Christ, porteur d’une parole libre. D’un côté les pierres du Temple, de l’autre le souffle de l’Esprit. D’un côté la peur de l’écroulement terrestre, de l’autre la passion d’un ciel habité par le Fils de l’homme. Etienne, comme de nombreux martyrs après lui, s’identifie pleinement au Christ. Nous voici dans une scène archétypale, que l’on rencontre à toute époque, où l’opposition entre bourreaux et victimes fait oublier ce qu’ils ont en commun.

Les membres du Sanhédrin, comme Etienne, sont héritiers de la promesse faite à Abraham et de toute l’histoire qui a suivi. Alors pourquoi tant de violence ? En réalité, elle n’est pas vraiment provoquée par l’accusation de blasphème portée contre Etienne, d’autant que rien n’est blasphématoire dans son enseignement. Mais par la fulgurance de son aura « surnaturelle », et le jugement sans appel qu’il porte contre son propre peuple, dans le passé comme dans le présent. L’accusation est terrible, collective, écrasante. Sous sa tonalité prophétique et hyperbolique, elle exprime quelque chose de vrai, qui touche au vif ceux qui la reçoivent pour eux-mêmes. L’effet de contagion fait le reste, aucun Gamaliel n’est présent pour apaiser les esprits, le tribunal se transforme en une horde exerçant une violence aveugle aux confins de la ville. Etienne est lapidé, sous les yeux de Saül de Tarse.

Questions pour nous :

Aujourd’hui on tue toujours au nom de Dieu. Comment en parler et réagir ?

Dieu nous demande-t-il de vivre ou de mourir pour lui ?

Quelle approche avons-nous du « martyre-témoignage » ?

 

 

Nous prions avec cette prière des réfugiés huguenots au temps de la persécution :

Seigneur Dieu
C’est toi qui as tiré l’apôtre Pierre de la prison où il était gardé,
Qui as brisé les fers dont on l’avait lié et qui l’as remis en liberté.
Tu as mille moyens en tes mains pour procurer la délivrance à tes enfants.

Vois tous ceux qui souffrent pour toi
Et déploie en leur faveur la force de ton bras invincible
Entends les cris de ceux qui sont maltraités pour leur foi,
Ceux qui reconnaissent en ton fils bien-aimé leur Seigneur,
Leur intercesseur et leur avocat.

Seigneur Jésus,
Ton Père t’a envoyé pour évangéliser les pauvres,
Pour guérir ceux qui ont le cœur froissé,
Pour publier la délivrance aux captifs.
Dis toi-même à ceux qui sont liés de chaînes : sortez
Et à ceux qui sont dans les ténèbres : debout !
Je suis à vos côtés.

Esprit Saint,
A moi ton serviteur et à toute ton Église dans la liberté,
Donne-nous un esprit de résistance et de persévérance
Pour être tes témoins,
Donne-nous de ne pas relâcher dans la prière et l’action
Pour tous ceux qui sont persécutés, emprisonnés,
Interdits de parole, de liberté de conscience et de culte.

Seigneur
Dans le combat pour la liberté, la justice et la vérité,
En toutes circonstances
Que la haine et la violence ne l’emportent pas sur ton amour et ta paix.

(Amsterdam 1687)




Au cœur de la communauté quelles nécessités, quel service ?

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 15 octobre 2020. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie.

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En ce temps-là, alors que le nombre des disciples augmentait, les croyants de langue grecque se plaignirent de ceux qui parlaient l’hébreu : ils disaient que les veuves de leur groupe étaient négligées au moment où, chaque jour, on distribuait la nourriture. Les douze apôtres réunirent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il ne serait pas juste que nous cessions de prêcher la parole de Dieu pour nous occuper des repas. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes de bonne réputation, remplis du Saint-Esprit et de sagesse, et nous les chargerons de ce travail. Nous pourrons ainsi continuer à donner tout notre temps à la prière et à la tâche de la prédication. » L’assemblée entière fut d’accord avec cette proposition. On choisit alors Étienne, homme rempli de foi et du Saint-Esprit, ainsi que Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, d’Antioche, qui s’était autrefois converti à la religion juive. Puis on les présenta aux apôtres qui prièrent et posèrent les mains sur eux. La parole de Dieu se répandait de plus en plus. Le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem et de très nombreux prêtres se soumettaient à la foi en Jésus.

Étienne, plein de force par la grâce de Dieu, accomplissait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Quelques hommes s’opposèrent alors à lui : c’étaient d’une part des membres de la synagogue dite des « Esclaves libérés », qui comprenait des Juifs de Cyrène et d’Alexandrie, et d’autre part des Juifs de Cilicie et de la province d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne. Mais ils ne pouvaient pas lui résister, car il parlait avec la sagesse que lui donnait l’Esprit Saint. Actes 6,1-10

 

 

L’évangile est concret, Jésus nous l’a déjà montré cent fois. Soucis spirituels et soucis d’organisation s’entremêlent, quand il est question du bien-être de la communauté. Ici deux questions se posent. Le nombre des veuves, dont il s’impose de prendre soin, selon la loi d’Israël, a crû en proportion de l’afflux de nouveaux croyants ; et cela rend difficile la tâche de les nourrir. Dans un tel contexte, on sait que les différences entre les personnes aggravent les difficultés, et se muent facilement en différends. Il y aurait donc, de la part de la communauté, manquement à la justice dans la manière de servir les veuves de la diaspora ! Mais les apôtres, requis par l’enseignement et l’édification des nouveaux croyants, ne veulent passer du temps à rendre justice. C’est donc pour répondre à une nécessité très concrète que des diacres-serviteurs vont être choisis. Dans la Première Alliance trois fonctions recevaient l’onction : celles de roi, de prêtre et de prophète. Tous les trois, chacun exerçant son autorité propre, étaient néanmoins considérés comme serviteurs de Dieu. C’est cette figure de serviteur qui reçoit maintenant l’onction, pour assurer le service des tables. Mais cette nouvelle répartition des tâches ne signifie aucunement que les apôtres se réservent le ministère de la Parole de manière exclusive. Très vite on va entendre la voix d’Étienne, reconnu plein de force et d’Esprit, témoigner de sa foi et accomplir des miracles. Et plus loin on verra le diacre Philippe enseigner et baptiser l’eunuque éthiopien.

Questions pour nous :

Au niveau communautaire comment articulons-nous la vie cultuelle et l’engagement diaconal, notamment quand l’une et l’autre sont représentés par des associations différentes, comme en France, avec la 1901 et la 1905 ?

À un niveau personnel, comment maintenons-nous un lien vivant entre la prière et le service ?

Où mettons-nous le service : à la périphérie de notre vie spirituelle, comme une conséquence plus ou moins naturelle ; ou bien au cœur de notre vie spirituelle et cultuelle, comme le lieu de notre rencontre avec le Christ et du ressourcement de nos forces et de notre courage ?

 

 

Nous partageons cette prière inspirée d’Aelred de Rievaul (1110-1167), moine cistercien anglais, proche de Bernard de Clairvaux :

Seigneur, tu connais mon cœur,
fais que mon désir soit de donner aux autres tout ce que tu m’as donné.

Que mes sentiments et mes paroles,
mes loisirs et mon travail,
mes actions et mes pensées,
mes réussites et mes difficultés,
ma vie et ma mort,
ma santé et mes infirmités,
tout ce que je suis et tout ce que je vis…
que ce soit à eux, que ce soit pour eux,
puisque tu n’as pas dédaigné toi-même de te dépenser pour nous.

Apprends-moi donc, Seigneur,
sous l’inspiration de ton Esprit,
à consoler ceux qui sont affligés,
à redonner du courage à ceux qui n’en ont pas assez,
à relever ceux qui tombent,
à me sentir faible avec les faibles et à me faire serviteur de tous.

Mets sur mes lèvres des paroles droites et justes,
afin que nous croissions tous
dans la foi, l’espérance et l’amour,
dans la pureté et l’humilité,
dans la patience et la fidélité,
dans la ferveur de l’esprit et du cœur.

Donne-moi la lumière et la compétence dont j’ai besoin.

Aide-moi à soutenir les timides et les craintifs
Et à venir en aide à tous ceux qui sont faibles.

Fais que je sache m’adapter à chacun de mes frères & sœurs,
à son caractère,
à ses dispositions,
à ses capacités comme à ses propres limites,
selon les temps et selon les lieux,
comme tu le jugeras bon, Seigneur.




« Vos pensées ne sont pas mes pensées » !

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 8 octobre 2020. Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute l’Église.

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La vie communautaire, en se développant, rencontre ses premières difficultés avec le couple Ananias et Saphira, qui connaissent une mort violente après avoir trahi l’idéal de communion fraternelle en gardant pour eux une partie de la vente de leurs biens. En même temps se multiplient les miracles accomplis par les apôtres et leur renommée s’étend. Les Institutions s’exaspèrent, les prêtres font jeter les apôtres en prison ; libérés par un ange, ils reprennent leur enseignement dans le Temple.

Le chef des gardes partit alors avec ses hommes pour ramener les apôtres. Mais ils n’usèrent pas de violence, car ils avaient peur que le peuple leur lance des pierres. Après les avoir ramenés, ils les firent comparaître devant le Conseil et le grand-prêtre se mit à les accuser. Il leur dit : « Nous vous avions sévèrement défendu d’enseigner au nom de cet homme. Et qu’avez-vous fait ? Vous avez répandu votre enseignement dans toute la ville de Jérusalem et vous voulez faire retomber sur nous les conséquences de sa mort ! » Pierre et les autres apôtres répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos ancêtres a rendu la vie à ce Jésus que vous aviez fait mourir en le clouant sur la croix. Dieu l’a élevé à sa droite et l’a établi comme chef et Sauveur pour donner l’occasion au peuple d’Israël de changer de comportement et de recevoir le pardon de ses péchés. Nous sommes témoins de ces événements, nous et le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »

Les membres du Conseil devinrent furieux en entendant ces paroles, et ils voulaient faire mourir les apôtres. Mais il y avait parmi eux un Pharisien nommé Gamaliel, un maître de la loi que tout le peuple respectait. Il se leva au milieu du Conseil et demanda de faire sortir un instant les apôtres. Puis il dit à l’assemblée : « Gens d’Israël, prenez garde à ce que vous allez faire à ces hommes. Il n’y a pas longtemps est apparu Theudas, qui prétendait être un personnage important ; environ quatre cents hommes se sont joints à lui. Mais il fut tué, tous ceux qui l’avaient suivi se dispersèrent et il ne resta rien du mouvement. Après lui, à l’époque du recensement, est apparu Judas le Galiléen ; il entraîna une foule de gens à sa suite. Mais il fut tué, lui aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés. Maintenant donc, je vous le dis : ne vous occupez plus de ceux-ci et laissez-les aller. Car si leurs intentions et leur activité viennent des hommes, elles disparaîtront. Mais si elles viennent vraiment de Dieu, vous ne pourrez pas les détruire. Ne prenez pas le risque de combattre Dieu ! » Les membres du Conseil acceptèrent l’avis de Gamaliel. Ils rappelèrent les apôtres, les firent battre et leur ordonnèrent de ne plus parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Les apôtres quittèrent le Conseil, tout joyeux de ce que Dieu les ait jugés dignes d’être maltraités pour le nom de Jésus. Et chaque jour, dans le temple et dans les maisons, ils continuaient sans arrêt à donner leur enseignement en annonçant la Bonne Nouvelle de Jésus, le Messie. Actes 5,26-42

 

 

La Parole de vérité est semblable à un fleuve que rien ne peut arrêter, tant que la source jaillit et approvisionne son flux. En témoignent l’attitude et l’engagement des apôtres de Jésus, qui ne sont pas des surhommes, mais se montrent prêts à braver les autorités et les persécutions. Ils racontent, ils enseignent, ils guérissent, non par bravade ou par inconscience, mais parce que, en conscience, ils ne peuvent faire autrement. Ils ont vu, ils ont entendu, et éclairés par l’Esprit de Dieu, ils ont reçu le don de compréhension et de partage de l’évangile. Cela leur donne un véritable courage.

En face une Institution qui craint pour elle-même car, obnubilée par ses responsabilités et le maintien de son autorité, elle connaît néanmoins la force subversive de la parole prophétique, raison pour laquelle elle cherche à la neutraliser à tout prix en la situant du côté de l’hérésie. C’est là que Rabbi Gamaliel, maître pharisien de Saül de Tarse, va montrer un autre courage, fait de sagesse et de clairvoyance. Tout en se souciant de l’Institution, il conseille de rester ouvert aux possibles toujours surprenants de Dieu. Seul le temps pourra nous dire ce que notre faible discernement humain ne parvient pas toujours à saisir, et donc si la parole des apôtres est de vérité ou non. « Surtout ne nous mettons pas en guerre contre Dieu ! » préconise-t-il. A une autre époque, un Sébastien Castellion écrira : « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme » ! »

Pouvons-nous repérer les sujets ou les attitudes qui déclenchent en nous des réactions d’intolérance ?

Savons-nous mettre en œuvre une tolérance qui ne soit pas indifférence, mais respect pour autrui ?

Quelle conscience avons-nous de la liberté de Dieu ?

 

 

Nous prions :

Notre Père à tous, unis devant toi,
Nombreux par les peuples
Mais ne faisant qu’un
Par la fraternité qui nous unit sous ton regard
Nous nous présentons devant toi
Le cœur plein de gratitude et de joie
A cause des nombreuses bénédictions
Que tu nous as accordées.

Nous te prions de nous donner
Par ton inspiration divine
Un esprit ouvert
Une vision clairvoyante des perspectives et des possibilités humaines
En contribuant par une compréhension mutuelle plus étroite
A l’avènement de ton Royaume
De bonne volonté, de bonheur et de paix.

Robert Baden Powell




Vivons-nous dans la communion des cœurs ?

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 1er octobre 2020. Nous prions pour nos envoyés à Madagascar.

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Le succès des apôtres de Jésus dans les rues de Jérusalem, y compris dans le quartier du Temple, parvient aux oreilles de L’institution religieuse, ce qui va provoquer inquiétude, panique, et répression. On assiste là à une scène qui se répète souvent dans l’histoire des sociétés : l’affrontement entre une parole neuve et libre et des institutions soucieuses de leurs prérogatives et de leur pérennité. Pour les « inspirés » que sont Pierre et Jean , mieux vaut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes, et rester dans la vérité de ce qu’ils ont vu et entendu, quitte à passer par la prison. Mais comment faire face à l’enthousiasme d’une multitude ? Pour éviter l’émeute, on relâche les apôtres, qui reprennent leur enseignement, alors que commence une nouvelle vie communautaire.

Le groupe des croyants était parfaitement uni, de cœur et d’âme. Aucun d’eux ne disait que ses biens étaient à lui seul, mais, entre eux, tout ce qu’ils avaient était propriété commune. C’est avec une grande puissance que les apôtres rendaient témoignage à la résurrection du Seigneur Jésus et Dieu leur accordait à tous d’abondantes bénédictions. Personne parmi eux ne manquait du nécessaire. En effet, tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient la somme produite par cette vente et la remettaient aux apôtres ; on distribuait ensuite l’argent à chacun selon ses besoins. Par exemple, Joseph, un lévite né à Chypre, que les apôtres surnommaient Barnabas — ce qui signifie « l’homme qui encourage » —, vendit un champ qu’il possédait, apporta l’argent et le remit aux apôtres. » Actes 4, 32-36

 

 

L’évocation d’une communauté si parfaite peut faire rêver quand on imagine que « la vie nouvelle » avec Jésus est facile, elle peut faire peur si on y soupçonne les effets d’un conditionnement sectaire ; elle peut faire honte si on la prend comme miroir de nos imperfections ecclésiales si humaines. Mais elle peut et elle doit plutôt nous inspirer, puisqu’il est question dans le Livre des Actes des effets de l’Esprit de sainteté.

Il n’est pas question d’imiter dans le sens extérieur du terme, mais de s’interroger ensemble sur ce que signifie la communion de coeur et d’âme, cette communion qui produit des fruits très concrets : le partage, l’attention à autrui, la justice, la générosité, le désir d’être ensemble, d’accueillir de nouvelles personnes, et de rayonner.

De fait, chacun, chacune de ces hommes et femmes de Jérusalem ont été touchés, émus, gagnés par une Parole de vie qu’ils ont vécue comme leur étant personnellement adressée. Il ne s’agit pas d’une foule galvanisée et fanatisée par une communication performante ou un discours manipulateur, mais de personnes rassemblées par la joie de l’évangile. Et celles-ci ne sont pas en train de fonder un nouveau parti religieux sur base de convictions idéologiques, mais une « famille élargie », héritière d’un récit et porteuse d’une promesse de salut.

Questions pour nous ?

Comment articulons-nous la Parole et le souci d’autrui dans notre vie personnelle et communautaire ? Quelle cohérence ? Quelles difficultés ? Quels mouvements de l’une vers l’autre et vice-versa ?

Savons-nous placer au centre de la vie communautaire la recherche de cette union des cœurs et des âmes ? Par la prière, l’écoute, le témoignage, le partage biblique ?

Sommes-nous ouverts à la diversité culturelle et/ou stylistique des expressions de la joie de l’évangile : liturgie, poésie, musique, chants, danse, silence… ?

 

 

En priant pour nos envoyés à Madagascar, nous nous joignons à cette confession de foi :

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux !…
Et qui n’avait pas une pierre où poser la tête.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés !…
Et qui a pleuré devant la tombe de son ami.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les humbles, car eux hériteront la terre !…
Et qui s’est agenouillé devant ses disciples pour leur laver les pieds.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car eux seront rassasiés !…
Et qui a touché le lépreux pour protester contre son rejet.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les miséricordieux, car à eux il sera fait miséricorde !…
Et qui a arrêté les religieux qui voulaient lapider la femme adultère.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu !…
Et qui a laissé une femme verser un parfum de grand prix  sur ses pieds.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les artisans de paix, car eux seront appelés fils de Dieu !…
Et qui a refusé de se défendre lorsqu’on est venu l’arrêter.

Je crois en l’homme qui a dit :
Heureux les persécutés à cause de la justice, car le Royaume des Cieux est à eux !…
Et qui a été injustement condamné et crucifié.

Je crois que cet homme est vivant par son Esprit et qu’il nous appelle à vivre dans l’esprit des Béatitudes.

Amen

Antoine Nouis, La galette et la cruche, tome 3, p. 108, éd. Olivétan




Un homme libéré corps-et-âme !

Une année avec les Actes des apôtres : méditation du jeudi 19 septembre 2020. Nous prions pour nos envoyés au Sénégal.

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Demeurant à Jérusalem, les apôtres de Jésus continuent de participer à la vie du Temple, situé au cœur de la ville, avec ses différents parvis, la foule de ceux qui viennent y prier, les marchands, et les mendiants qui espèrent y recevoir quelques subsides pour leur nourriture quotidienne.

Un après-midi, Pierre et Jean montaient au temple pour la prière de trois heures. Près de la porte du temple, appelée « la Belle Porte », il y avait un homme qui était infirme depuis sa naissance. Chaque jour, on l’apportait et l’installait là, pour qu’il puisse mendier auprès de ceux qui entraient dans le temple. Il vit Pierre et Jean qui allaient y entrer et leur demanda de l’argent. Pierre et Jean fixèrent les yeux sur lui et Pierre lui dit : « Regarde-nous. » L’homme les regarda avec attention, car il s’attendait à recevoir d’eux quelque chose. Pierre lui dit alors : « Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ de Nazareth, lève-toi et marche ! » Puis il le prit par la main droite pour l’aider à se lever. Aussitôt, les pieds et les chevilles de l’infirme devinrent fermes ; d’un bond, il fut sur ses pieds et se mit à marcher. Il entra avec les apôtres dans le temple, en marchant, sautant et louant Dieu. Toute la foule le vit marcher et louer Dieu. Quand ils reconnurent en lui l’homme qui se tenait assis à la Belle Porte du temple pour mendier, ils furent tous remplis de crainte et d’étonnement à cause de ce qui lui était arrivé. Comme l’homme ne quittait pas Pierre et Jean, tous, frappés d’étonnement, accoururent vers eux dans la galerie à colonnes qu’on appelait « Galerie de Salomon ». Quand Pierre vit cela, il s’adressa à la foule en ces termes : « Gens d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous de cette guérison ? Pourquoi nous regardez-vous comme si nous avions fait marcher cet homme par notre propre puissance ou grâce à notre attachement à Dieu ? Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos ancêtres, a manifesté la gloire de son serviteur Jésus. » Actes 3,1-14

 


« Saint Pierre et Saint Jean guérissant le boiteux », par Nicolas Poussin – Metropolitan Museum of Art – reproduction : Wikimedia Commons

Dans les Évangiles, les rencontres personnelles de Jésus tiennent une grande place, et sont toujours porteuses de vie, de guérison, d’espérance. La rencontre de Pierre et Jean avec l’homme handicapé s’inscrit dans la suite et montre deux choses : les apôtres ont vraiment compris qu’il n’y avait pas d’enseignement de l’évangile sans manifestation concrète de l’évangile au niveau du corps ; en leur envoyant son Esprit, Jésus leur a transmis sa « puissance » de guérison.

L’homme demande de l’argent pour survivre ; Pierre et Jean lui donnent une vie nouvelle. Il est à terre ; ils le relèvent. Il est dans la plainte ; il va se mettre à chanter et louer Dieu. Comment cela s’est-il passé ? Notons l’importance des regards échangés, puis la parole de Pierre, sa confiance, non en lui-même, mais en Dieu et dans le Nom de Jésus le Christ.
Oui Dieu fait des miracles ; la vie est un miracle quotidien, la création en témoigne sans cesse. Mais que peut-on en dire ? Même Pierre et Jean, même Jésus, intervenant auprès du Père en faveur d’un être en souffrance, sont toujours restés dans la prière et non dans la certitude. Le miracle de guérison est une espérance, et reste toujours une surprise, un cadeau, un don immérité. Une œuvre de Dieu qui trouve son sens dans l’à-venir.

Si l’Évangile nous donne une assurance, c’est que tout être humain, dans son corps, son âme et sa conscience, naît digne que Dieu lui prête attention et s’arrête auprès de lui, afin de l’inviter à partager sa liberté et sa joie.

Questions pour nous :

Comment comprenons-nous les miracles de guérison et comment en parlons-nous entre nous ? Avec les chrétiens d’autres Eglises ?

Dans quelle mesure notre foi en Dieu dépend-elle des miracles ?

Est-ce que nous croyons vraiment qu’à Dieu rien n’est impossible ?

 

 

Nous prions

Devant toi, Seigneur,
Nous pensons à toutes celles et tous ceux qui ne trouvent pas leur place
Dans le monde et dans l’Église,
Parce qu’ils se considèrent sans valeur
Parce qu’ils ont été humiliés
Parce que personne ne leur a jamais rien demandé.

Nous pensons aussi à tous ceux qui n’osent pas dire « oui »
Parce qu’ils trouvent en eux trop d’obstacles
Ou parce qu’ils n’osent pas croire que l’on a besoin d’eux.

Nous pensons à ceux que l’âge ou les infirmités empêchent de tenir leur place
Et qui se croient peut-être inutiles.

Nous pensons enfin à tous ceux dont nous avons ignoré les richesses
Ou que nous avons humiliés.
Père, aide-les à accepter la confiance que tu places en eux
Aide-les à s’appuyer sur toi
Et apprends-nous à leur donner toute leur place.

Pr Alain Arnoux




Une révélation multiculturelle !

Méditation du jeudi 10 septembre 2020. Nous prions pour notre envoyé en Tunisie et sa famille.

Une année pour relire les Actes des apôtres…

« Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. » Actes 2,1-4

Pour la fête de Pentecôte-Shavvouot, qui célèbre le don de la Torah sur le Mont Sinaï, il est d’usage que les Juifs de la diaspora viennent en pèlerinage à Jérusalem. Luc insiste sur le caractère « international et polyglotte » de la multitude qui reçoit le témoignage des apôtres dans les rues de Jérusalem. L’action de l’Esprit-Saint, annoncé par Jésus et donné aux apôtres, permet une compréhension en profondeur des paroles prononcées.

Alors Pierre, entouré de ses onze compagnons, se lance dans un enseignement nourri des Prophètes et des psaumes sur l’histoire d’Israël, la venue de Jésus, sa mort et sa résurrection.

« Les auditeurs furent profondément bouleversés par ces paroles. Ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Changez de comportement et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Vous recevrez alors le don de Dieu, le Saint-Esprit. Car la promesse de Dieu a été faite pour vous et vos enfants, ainsi que pour tous ceux qui vivent au loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. »

Pierre leur adressait encore beaucoup d’autres paroles pour les convaincre et les encourager, et il disait : « Acceptez le salut pour n’avoir pas le sort de ces gens perdus ! » Un grand nombre d’entre eux acceptèrent les paroles de Pierre et furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes s’ajoutèrent au groupe des croyants. » Actes 2,37-41

Bible en sérène (Sénégal) présente à la bibliothèque du Défap. Dans le monde, 7353 langues sont parlées et la Bible est traduite dans 698 d’entre elles.

Le don de la Torah au Sinaï scellait l’alliance de Dieu avec Israël. La descente de l’Esprit-Saint sur les apôtres réunis à Jérusalem symbolise son rayonnement sur tous les habitants de la terre et leur intégration dans l’Alliance renouvelée. Singulier et universel se conjuguent, donnant à chacun sa place, sa vocation personnelle et sa mission propre. Dans le monde païen de l’époque, où l’individu n’a pas une telle importance, c’est une révolution.

A la source des premières paroles, des premières conversions, de la première communauté qui s’organise à Jérusalem, on note une surprise émerveillée des auditeurs, un élan pour répéter, inviter, partager, construire ensemble l’avenir. La bénédiction portée par Abraham pour toutes les familles de la terre, l’élargissement annoncé par les Prophètes et les psaumes sont en train de prendre corps.

D’emblée, cette incarnation s’exprime dans la multiplicité des langues, et s’entend là où toutes s’entrecroisent : le langage du cœur, qui est celui de l’intelligence de la vie et de l’amour. Ceci donne à nos sociétés multiculturelles un riche horizon de compréhension et d’enrichissement mutuel. Toutes les cultures ont leurs ressources propres pour recevoir, dire, penser, chanter, danser, prier le Dieu d’Israël qui s’est fait connaître en son Fils Jésus de Nazareth. Tous les humains, quelles que soient leurs cultures, appartiennent à une seule et même humanité, aiment, souffrent, espèrent, travaillent construisent, détruisent, font la guerre et font la paix. Tous sont concernés au plus haut point par cet appel public et intime qui leur annonce qu’ils sont enfants d’un même Père, qui les aime et les veut libres, dignes et responsables de sa création.

Seule ombre au tableau, on entend dans les paroles de Pierre (v 23) une terrible accusation contre le peuple juif (son peuple), ce qui entretiendra une tradition très nocive d’antijudaïsme dans l’histoire chrétienne. Il faudra attendre la deuxième moitié du 20ème siècle pour remplacer l’enseignement du mépris par l’enseignement de l’estime.

Questions pour nous ?

Avons-nous vraiment conscience que l’expérience libératrice de l’Alliance concerne chaque être humain en tant que personne unique et précieuse aux yeux de Dieu ?

Acceptons-nous le fait que les diverses interprétations culturelles de la révélation sont toutes riches de sens et peuvent s’éclairer mutuellement ?

Reconnaissons-nous aujourd’hui la vocation et la mission singulières du peuple juif dans le monde ?

Seigneur tout puissant,

Ton Fils, notre Sauveur

Est né d’une mère juive,

Il s’est réjoui de la foi d’une mère syrienne et d’un soldat romain.

Il a accueilli les Grecs qui voulaient le voir.

Un homme d’Afrique a porté sa croix.

 

Apprends-nous à reconnaître, comme lui,

Dans les femmes et les hommes de toute origine

Des compagnons de route,

Tous héritiers de ton royaume.

Prière du Conseil œcuménique des Églises

 




Matthias cet inconnu !

Méditation du jeudi 5 septembre 2020. Nous prions pour notre envoyé à Djibouti et sa famille.

Une année pour relire les Actes des apôtres…

Comme pour son évangile, Luc adresse son livre des Actes à un destinataire : Théophile. Pour lui qui n’a pas été témoin direct des événements, il s’agit de construire un récit fiable, à partir de ce qu’on lui a raconté mais aussi de ses propres recherches et vérifications. Au premier chapitre des Actes, il développe le récit de l’ascension de Jésus, enlevé au ciel comme le prophète Elie, mais non sans avoir annoncé auparavant la venue de l’Esprit-Saint et assigné ses disciples à l’œuvre de témoignage à Jérusalem, en Judée, en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.  Et les disciples retournent à Jérusalem.

« En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d’environ cent vingt. Et il dit : Hommes frères, il fallait que s’accomplît ce que le Saint-Esprit, dans l’Ecriture, a annoncé d’avance, par la bouche de David, au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont saisi Jésus. Il était compté parmi nous, et il avait part au même ministère. Cet homme, ayant acquis un champ avec le salaire du crime, est tombé, s’est rompu par le milieu du corps, et toutes ses entrailles se sont répandues. La chose a été si connue de tous les habitants de Jérusalem que ce champ a été appelé dans leur langue Hakeldama, c’est-à-dire, champ du sang.
Or, il est écrit dans le livre des Psaumes : Que sa demeure devienne déserte, Et que personne ne l’habite ! Et : Qu’un autre prenne sa charge !

Il faut donc que, parmi ceux qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé comme témoin de sa résurrection. Ils en présentèrent deux : Joseph appelé Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias. Puis ils firent cette prière : Seigneur, toi qui connais les coeurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu’il ait part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a abandonné pour aller en son lieu. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut associé aux onze apôtres. »

Acte 1, 12-26 

 

L’apôtre Matthias par l’atelier de Simone Martini (1319), Met, New York, États-Unis.

On s’imagine la panique, le sentiment d’abandon et de vide qu’ont pu ressentir les disciples, après ce temps privilégié des 40 jours où le Ressuscité les a « formés ». Seule consolation, la chaleur du groupe, la prière en commun, l’attente …

Pourtant n’y a-t-il pas quelque chose à faire ? Pierre prend la décision :  si Jésus est absolument unique, à l’inverse Judas, le traître, peut et doit être remplacé dans sa fonction. Les douze doivent être douze pour reformer le collège apostolique, et le Ps 109,8 est là pour le dire : « Qu’un autre prenne sa charge. » Cette charge est celle du « témoin de la résurrection » ; pour certains commentateurs elle sera aussi celle de trésorier. Il y aura tirage aux sorts, selon une pratique avérée dans la Bible, pour départager entre deux hommes : Barsabbas et Matthias, lequel sera désigné. Sur le plan spirituel il doit affronter deux épreuves : avoir été présent depuis le commencement sans avoir été choisi par Jésus lui-même dans le premier cercle, et être désigné par le sort pour remplacer un homme maudit.

Mais Dieu, invoqué dans la prière, fait bien ce qu’il fait. C’est certainement un homme d’une grande force d’âme qui se trouve désormais adjoint aux 11 apôtres pour assurer le témoignage de la Parole. Les traditions apocryphes en feront un martyre.

Questions pour nous ?

Que signifie être appelé pour faire partie d’un conseil ? Comment le vivons-nous, sur le plan personnel, dans notre relation à Dieu et aux autres ?

Comment comprenons-nous que nous sommes « envoyés pour un témoignage fiable ? »

Grâce te soit rendue pour ta Parole, Dieu notre Père,

Où nous recueillons la promesse de ce que tu veux nous donner toi-même.

Au milieu de nos vies agitées, troublées, connaissant parfois quelques joies

Mais si souvent de grandes épreuves du corps, de l’esprit ou de l’âme,

Tourmentées par tant de choses diverses,

Dans le tumulte du monde qui nous entoure,

Nous te bénissons de nous permettre de nous arrêter un instant

Pour écouter ce que tu as à nous dire.

Que la méditation de ta Parole mette véritablement dans nos cœurs

Une lumière nouvelle qui éclaire nos chemins et nous rende capables d’être dans le monde

De meilleurs annonciateurs de ton amour

Par notre service, notre témoignage et notre propre amour.

Pr Marc Boegner

 




Les dons spirituels

Pour ce temps d’été, nous vous proposons de méditer sur les dons spirituels, à travers quelques versets de la première épître aux Corinthiens, puis en réfléchissant avec ce très beau texte de Bernard de Clairvaux, fondateur de l’ordre cistercien au 12ème siècle.

« A chacun, l’Esprit se manifeste d’une façon particulière, en vue du bien commun. L’Esprit donne à l’un une parole de sagesse ; à un autre, le même Esprit donne une parole de connaissance. L’un reçoit par l’Esprit la foi d’une manière particulière ; à un autre, par ce seul et même Esprit des dons de la grâce sous forme de guérisons, à un autre, des actes miraculeux ; à un autre, il est donné de prophétiser et à un autre, de distinguer entre les esprits. A l’un est donné de s’exprimer dans des langues inconnues, à un autre d’interpréter ces langues. Mais tout cela est l’œuvre d’un seul et même Esprit qui distribue son activité à chacun de manière particulière comme il veut. »

1 Corinthiens 12,7-11

 

 

« Dans la vie spirituelle, frères, gardons-nous d’une part de donner ce que nous avons reçu pour nous, et d’autre part de garder pour nous ce que nous avons reçu pour le donner. Tu confisques à ton profit le bien de ton prochain si, par exemple, tu es non seulement rempli de vertus mais encore doué de science et d’éloquence et que par paresse, ou par excès de discrétion et d’humilité, tu enfermes dans un silence inutile, et plus encore coupable, une parole dont les autres pourraient tirer grand profit. Au contraire, tu dissipes ce qui te revient, et tu le perds, si avant d’être toi-même comblé totalement, tu te dépêches de répandre ce dont tu n’es qu’à moitié rempli.

De la sorte, la sagesse consiste pour toi à jouer le rôle d’un bassin et non pas d’un canal. Un canal rend presque immédiatement ce qu’il reçoit, un bassin au contraire attend d’être rempli pour alors communiquer sans dommage ce dont il surabonde. »

Avec sagesse imite le Seigneur : De sa plénitude nous avons tout reçu. Apprends, toi aussi, à ne répandre que ce dont tu es rempli. Ne prétends pas être plus généreux que Dieu. Si tu n’as pas d’égard pour toi-même, pour qui d’autre saurais-tu te montrer bon ?

Prions avec la communauté des Diaconesses de Reuilly

Seigneur, que ta promesse s’accomplisse et qu’elle commence aujourd’hui.

Que de l’Orient à l’Occident nous nous rassemblions.

Seigneur que des hommes en quête de partage de vie véritable

Et d’un peu d’amitié

Puissent de leurs yeux d’humains voir d’autres humains s’aimer.

Que nous n’attendions pas le grand Royaume

Mais qu’aujourd’hui nous soyons réconciliés et fraternels.

Seigneur que les humains au fond de leur cœur

Soient eux-mêmes rassemblés et que la prière y trouve place.

Il faudrait que tu nous sortes de nos déserts et que tu nous ramènes à toi

Quand nous nous égarons.

Seigneur nous te le demandons :

Rassemble-nous des quatre vents ! Amen !