Dieu au ciel et sur la terre

 

Au commencement était la Parole, la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu.

Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait, n’a été fait sans elle.

En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière a lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

Il y eut un homme, appelé Jean, qui fut envoyé de Dieu. Il vint pour être témoin, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Il n’était pas la lumière, mais il était envoyé pour rendre témoignage à la lumière.

La véritable lumière qui éclaire tout homme était venue dans le monde.  Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle; mais Lui le monde ne l’a pas connu.

Il est venu chez les siens; et les siens ne l’ont point reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom, qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.

Et la Parole a été faite chair, et a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père.

Jean lui rendit témoignage, lorsqu’il s’écria en disant: C’est ici celui dont je disais: Celui qui vient après moi est au-dessus de moi, parce qu’il était avant moi. Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce sur grâce. Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l’a fait connaître.

Jean 1,1-18

 

Illustration de la méditation du jeudi

Source : Pixabay


Le grand théologien protestant Karl Barth nous a offert cette prière :


Seigneur notre Dieu tu n’as pas voulu habiter au ciel seulement, mais aussi avec nous sur la terre. Tu ne t’es pas contenté d’être le Très-Haut, mais tu t’es abaissé et tu as voulu être petit comme nous. Tu n’as pas voulu régner seulement mais nous servir. Tu n’as pas voulu seulement être Dieu  dans ton éternité mais pour nous tu as voulu naître, vivre et mourir comme un homme.

Non seulement Dieu est au milieu de nous, mais par Jésus-Christ il est en nous, en chacun d’entre nous, du plus petit au plus grand. Cela signifie que nous devons prendre soin de lui en nous, comme entre nous ;  nous avons la responsabilité de le faire vivre et agir en ce monde. Mais cette mission, nous ne pouvons la remplir si nous ne prenons pas d’abord le temps d’écouter sa respiration d’amour, sa Parole qui était et qui est au commencement de toute chose. 

Mais si nous écoutons Dieu en nous, nous le verrons à l’œuvre près de nous, autour de nous, et nous apprendrons qu’en tout lieu, sur toute la terre, y compris dans les lieux les plus douloureux, son amour veut vivre, et sa joie résister aux forces les plus sombres.  

 

 

bandeau méditation du jeudi

 

 

Réjouissons-nous en ce temps de Noël avec ce poème de Charles Péguy

 

Sous le regard de l’âne et le regard du boeuf
Cet enfant reposait dans la pure lumière.
Et dans le jour doré de la vielle chaumière
S’éclairait son regard incroyablement neuf.

 

Le soleil qui passait par les énormes brèches
Eclairait un enfant gardé par du bétail.
Le soleil qui passait par un pauvre portail
Eclairait une crèche entre les autres crèches.

 

Mais le vent qui soufflait par les énormes brèches
Eût glacé cet enfant qui s’était découvert.
Et le vent qui soufflait par le portail ouvert
Eût glacé dans sa crèche entre les autres crèches

 

Cet enfant qui dormait en fermant les deux poings
Si ces deux chambellans et ces museaux velus
Et ces gardes du corps et ces deux gros témoins
Pour le garder du froid n’eussent soufflé dessus.

 

Sous le regard du bœuf et le regard de l’âne
Cet enfant respirait dans son premier sommeil.
Les bêtes calculant dedans leur double crâne
Attendaient le signal de son premier réveil.

 

Et ces deux gros barbus et ces deux gros bisons
Regardaient s’éclairer la lèvre humide et ronde.
Et ces deux gros poilus et ces deux gros barbons
Regardaient sommeiller le premier roi du monde.

 

Charles Péguy né en 1873 et tué durant la guerre le 5-09-1914

 

Illustration de la méditation du jeudi

Source : Pixabay

 




L’attente qui est en nous

Bougie de l'Avent Bougie de l'Avent Bougie de l'Avent Bougie de l'Avent

 

A la même époque, Marie s’empressa de se rendre dans une ville de la région montagneuse de Juda. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth. Dès qu’Elisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant remua brusquement en elle et elle fut remplie du Saint-Esprit.

Elle s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie parmi les femmes et l’enfant que tu portes est béni. Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne vers moi? En effet, dès que j’ai entendu ta salutation, l’enfant a tressailli de joie en moi.

Heureuse celle qui a cru, parce que ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira. »  

 

Luc 1,39-45

 

Illustration méditation du jeudi

Source : WikiCommons

C’est certainement pour marquer le caractère unique de la visite de Marie à Elisabeth qu’on l’appelle Visitation. Car derrière la joie des deux femmes à se retrouver, à s’étreindre, à se confier l’une à l’autre leurs joies et leurs soucis, derrière les agréables rites de l’hospitalité se joue une autre rencontre, voilée : celle de l’éternité de Dieu et du temps des hommes, avec ces deux naissances annoncées qui vont changer le destin du monde. Et déjà le futur petit Jean s’esbaudit dans le ventre maternel, impatient peut-être de l’œuvre à accomplir et du rôle qu’y tiendra le futur petit Jésus qui, pour être de quelques mois son puîné n’en sera pas moins « plus grand » que lui.

 

Mais n’anticipons pas ! Arrêtons-nous à ce temps de la visitation, et qu’elle nous inspire de nous visiter les uns les autres, de nous offrir mutuellement l’épiphanie de la présence de Dieu. Dans l’être ensemble de ce temps de l’Avent, nous pouvons goûter la joie mystérieuse des accomplissements à venir. La prière et le chant y ont leur part, le silence aussi, et toutes les agapes qui peuvent réunir des êtres humains autour des fruits de la terre, en attendant la venue du Prince de la paix.

 

 

Bandeau de la méditation du jeudi

 

En ce temps d’Avent nous prions pour nos envoyés aux Antilles, et pour ceux qui se préparent à la joie de Noël.

 

Dieu tu as choisi de te faire attendre tout le temps d’un Avent.

Moi je n’aime pas attendre dans les files d’attente.

Je n’aime pas attendre mon tour.

Je n’aime pas attendre le train.

Je n’aime pas attendre pour juger.

Je n’aime pas attendre le moment.

Je n’aime pas attendre un autre jour.

Je n’aime pas attendre parce que je n’ai pas le temps et que je ne vis que dans l’instant.

Tu le sais bien d’ailleurs, tout est fait pour m’éviter l’attente :

les cartes bleues et les libre services,

les ventes à crédit et les distributeurs automatiques,

les coups de téléphone et les photos à développement instantané,

les télex et les terminaux d’ordinateur, la télévision et les flashes à la radio…

Je n’ai pas besoin d’attendre les nouvelles : elles me précèdent.

Mais Toi Dieu tu as choisi de te faire attendre le temps de tout un Avent.

Parce que tu as fait de l’attente l’espace de la conversion,

le face à face avec ce qui est caché, l’usure qui ne s’use pas.

L’attente, seulement l’attente, l’attente de l’attente, l’intimité avec l’attente qui est en nous

parce que seule l’attente réveille l’attention et que seule l’attention est capable d’aimer.

Tout est déjà donné dans l’attente, et pour Toi, Dieu, attendre se conjugue Prier.

Auteur : Jean Debruynne

Illustration méditation du jeudi

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D’eau et de feu

Méditation du jeudi 10 décembre 2015 – En ce temps de l’Avent nous prions pour nos envoyés de Tunisie

illustration méditation du jeudi

La foule interrogeait Jean, disant : Que devons-nous donc faire?

Il leur répondit : Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même.

Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent : Maître, que devons-nous faire?

Il leur répondit : N’exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné.

Des soldats aussi lui demandèrent : Et nous, que devons-nous faire?
Il leur répondit : Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde.

Comme le peuple était dans l’attente, et que tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ, il leur dit à tous: Moi, je vous baptise d’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a son van à la main; il nettoiera son aire, et il amassera le blé dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.

C’est ainsi que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple, en lui adressant encore beaucoup d’autres exhortations.

Luc 3,10-18

 

illlustration de la méditation du jeudi

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Que devons-nous faire ?

La voix de celui qui crie dans le désert a été entendue.

Et des voix inquiètes, sincères, lui répondent, le sollicitent : Si nous avons mal agi, si nous n’avons pas fait ce qu’il fallait, ou si nous avons fait ce qu’il ne fallait pas faire, si nous nous sommes comportés injustement…

Comment pouvons-nous réparer ? Que devons-nous faire ?

Alors Jean répond très simplement, par la loi et la sagesse de Dieu : Accomplissez les commandements qui vous ont été donnés, soyez généreux, justes, honnêtes.

Mais si cela ne vous suffit pas, si vous imaginez un Messie-champion  à votre convenance, si vous attendez qu’il vienne vous protéger des dangers de la vie, si vous espérez de lui une bonne petite religion à bon marché, des passe-droits et des privilèges, alors sachez que c’est par un baptême de feu qu’il vous fera naître à la vie nouvelle, et par ses exigences qu’il fera de vous ses disciples et ses amis, car il n’est pas venu abolir la loi de Dieu mais l’accomplir, ce Dieu qui veut le droit, la justice, et la bonté sur cette terre, ce Dieu qu’avec lui vous nommerez Père.

 

bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie, pour les chrétiens et tout le peuple tunisien.

 

Ô notre Dieu, ce monde est le tien, aide-nous à le faire tien.

Cette Création vit de ton amour, aide-nous à la faire vivre de ton amour
Ce monde marche vers l’avenir que tu lui donnes, aide-nous à le faire marcher
Vers l’avenir que tu lui donnes.

Tu fais de nous tous tes enfants, aide-nous à vivre comme tes enfants
Tu prépares de bonnes œuvres pour chacun de nous
Aide-nous à accomplir ces bonnes œuvres.

Ô notre Dieu, si nous ne croyons pas, si nous n’agissons pas,
Les ténèbres nous envahiront
Et tout ce que nous aurons espéré,
Tout ce que tu auras voulu perdra toute existence.

Mais si nous croyons, si nous agissons,
Les ténèbres nous envahiront sans doute
Mais la lumière y brillera
Nous verrons ton nouveau ciel, ta nouvelle terre
Et tu feras par la puissance qui agit en nous
Infiniment au-delà
De ce que nous demandons ou pensons par Jésus-Christ.

Evan Lewis, Dunedin, Nouvelle Zélande,trad.Gilles Castelnau.

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L’urgence de Dieu : la bonté de l’homme et la beauté de la création

La quinzième année du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque du territoire de l’Iturée et de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l’Abilène, et Anne et Caïphe étaient grands-prêtres.

C’est alors que la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert, et Jean parcourut toute la région du Jourdain ; il prêchait le baptême de repentance pour le pardon des péchés, conformément à ce qui est écrit dans le livre des paroles du prophète Esaïe :
C’est la voix de celui qui crie dans le désert:                      

« Préparez le chemin du Seigneur, rendez ses sentiers droits.   

Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées;                   

ce qui est tortueux sera redressé et les chemins rocailleux seront aplanis.          

Et tout homme verra le salut de Dieu. »

Luc 3,1-6

 

illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

Y a-t- il un sens à l’histoire des hommes et du monde ? Une direction ? Un destin déjà scellé ou un horizon encore indéchiffrable ?
Le prophète n’est ni un savant ni un astrologue qui essaierait de répondre à ces questions à partir de calculs ou d’observation.                                        

Le prophète est un être entièrement requis par sa sensibilité à Dieu. Sensibilité au besoin de Dieu : besoin que Dieu a de l’humain, que l’humain a de Dieu, et que la création tout entière a de Dieu.
Et il prête son corps, son cœur, son esprit, sa gorge, sa bouche, sa vie à l’expression de ce besoin. De tout son être il dit une Parole de Dieu, il annonce un événement de l’âme du monde.                  
Et sa voix porte, même dans le désert, car elle doit pouvoir réveiller, chez ses contemporains,  ce même besoin de l’homme, de Dieu, et de la création. 

 

Le prophète veut éveiller en chacun cette nécessité vitale du Dieu de justice et de bonté, enfouie sous l’oubli, les petites affaires et les grands désespoirs de l’existence, l’horloge du temps qui tourne en rond.

C’est cette possibilité d’éveil qu’exprime Jean le baptiste, à l’instar de tous ceux qui l’ont précédé, quand il propose haut et fort le baptême de repentance pour le pardon des péchés. Depuis les rives du Jourdain il fait entrevoir l’aube nouvelle, la pleine réconciliation offerte, entre Dieu, l’humanité, et toute la création.

 

Bandeau méditation du jeudi

En ce temps d’Avent, nous prions pour nos envoyés et les chrétiens du Bénin. A l’occasion de la COP21, c’est le Cantique des créatures, attribué à François d’Assise, qui nous inspirera dans notre prière :

 

Très haut, tout puissant et bon Seigneur à toi louange, gloire, honneur
et toute bénédiction !
A toi seul ils conviennent, ô Très Haut,
et nul homme n’est digne de te nommer.

Loué sois tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil, par qui tu donnes le jour, la lumière;
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur
et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles ;
dans le ciel tu les as formées, claires, précieuses et belles.

 

Loué sois tu mon Seigneur, pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages, pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

Loué sois tu mon Seigneur pour sœur Eau, qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.

Loué sois-tu mon Seigneur, pour frère Feu, par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux, indomptable et fort.

Loué sois tu mon Seigneur, pour notre sœur la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les herbes diaprées et les herbes.

Loué sois tu mon Seigneur, pour ceux qui pardonnent par amour pour toi,
qui supportent épreuves et maladies :
heureux s’ils conservent la paix, car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés.

Loué sois tu, mon Seigneur, pour notre sœur la Mort corporelle,
à qui nul vivant ne peut échapper.

Malheur à ceux qui meurent en péché mortel;
heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

Louez et bénissez mon Seigneur, rendez lui grâce et servez-le en toute humilité !

illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay




Au-delà de l’apocalypse la vie !

 

illustration méditation du jeudi

Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, épouvantées par le bruit de la mer et des vagues. Des hommes rendront l’âme de terreur dans l’attente de ce qui surviendra sur la terre, car les puissances célestes seront ébranlées.

Alors on verra le Fils de l’homme venir sur une nuée avec beaucoup de puissance et de gloire.              

Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche.

Puis il leur dit une parabole: «Regardez le figuier et tous les autres arbres. Dès qu’ils bourgeonnent, vous savez de vous-mêmes que déjà l’été est proche.                                       

De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche.                          

Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive.

Le ciel et la terre disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront pas.

Faites bien attention à vous-mêmes, de peur que votre cœur ne devienne insensible, au milieu des excès du manger et du boire et des soucis de la vie, et que ce jour ne fonde sur vous à l’improviste. En effet, il s’abattra comme un piège sur tous les habitants de la terre. Restez donc en éveil, priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tous ces événements à venir et de vous présenter debout devant le Fils de l’homme. »

Luc 21,25-36

 

Illustration méditation du jeudi 26 novembre 2015

Source : Pixabay

Chaque année, l’Avent commence par une évocation effrayante de la fin des temps et une mise en garde contre l’oubli et l’inconscience. Il faut veiller car les temps sont proches ! A la terreur succèdera la joie du Royaume pour laquelle il faut se préparer.

Ceci résonne particulièrement en ces jours de terrible violence terroriste et guerrière, en France, au Moyen-Orient, en Afrique, mais qui voient également se rassembler à Paris des représentants de nombreux pays, avec l’objectif de travailler ensemble pour réduire les risques d’une possible catastrophe climatique.

Aussi bien dans la douleur infligée par une violence fanatique que dans l’espérance née d’une coopération mondiale en faveur de la planète, nous apprenons, une fois de plus, combien les habitants de cette terre sont  tous engagés dans un destin commun et responsables ensemble de l’avenir.

Et si nous, chrétiens, sommes invités à nous présenter debout devant le Fils de l’homme, de même que nous serons bientôt conviés à nous pencher sur le berceau de la crèche, ce n’est pas à notre seul bénéfice, mais pour porter la lumière de l’espérance devant le monde entier, au regard de tous les humains, qu’ils soient chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes, sikhs, agnostiques ou athées.

Il n’y a de salut qu’universel, car nous sommes une seule et même humanité, créée et aimée par Dieu.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions avec les envoyés et les chrétiens du Cameroun.

Nous croyons au Dieu unique, source de toute vie sur terre,

seul fondement et origine de toute la terre et de ses créatures.

Nous croyons à l’excellence de toute vie sur terre,

à la valeur innée de tous les êtres,

à la participation des humains à la vie de la nature.

Nous croyons que le Christ nous montre la tâche confiée à l’être humain:

être l’image de Dieu en œuvrant avec la terre et en prenant soin d’elle,

en cherchant à comprendre ses mystères et ses énergies

et en les utilisant de manière à contribuer au bien de tous ses enfants.

Nous croyons que l’Esprit de Dieu nous conduira

pour que nous trouvions un style de vie modeste, désintéressé, miséricordieux,

afin que les générations à venir héritent en paix de la terre

et qu’à leur tour, elles vivent en sorte que, avec l’aide de ses dons,

toutes les créatures aient part à la justice. Amen.

Propositions liturgiques de la Communauté œcuménique de travail Église et environnement, Suisse

Illustration méditation du jeudi 26 novembre 2015

Source : Pixabay




Incommensurable peine !

 

Trois amis de Job, Éliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Ils se concertèrent et partirent de chez eux pour aller le plaindre et le consoler ! Ayant de loin porté les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent. Ils déchirèrent leurs manteaux, et ils jetèrent de la poussière en l’air au-dessus de leur tête. Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande.

Job 2,11-13

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

 

Il y a des peines qui semblent au-delà de toute la peine, comme celle de Job lorsque le sol s’écroulant sous ses pas et le ciel sur sa tête il resta 7 jours et 7 nuits en silence face à ses amis venus le visiter. Puis il ouvrit la bouche pour crier sa douleur.

Parfois c’est un geste fou de sagesse qui porte la peine au-delà de la peine, comme dans cette nouvelle de Sherwood Anderson où un messager, venant apprendre aux parents de son ami que celui-ci est mort, voit les deux vieux paysans sortir à la clarté de la lune, prendre leurs outils et commencer l’ensemencement de leur champ, de ce geste large et immémorial de tous les semeurs du monde.

Ou encore je reçus un jour témoignage au sujet d’un prédicateur en charge du culte de Pâques qui, ayant appris dans la nuit que sa fille avait péri, célébra le culte de bout en bout, annonça en Parole et avec le pain et le vin de la cène que le Christ était ressuscité, vraiment ressuscité, avant de partager enfin avec la communauté la terrible nouvelle, et cette peine au-delà de toute peine.

Mais parfois l’incommensurable peine est causée par un incommensurable crime !

Que l’Esprit de Dieu nous donne de pouvoir porter le silence de l’écoute, les gestes de la vie, la Parole de persévérance, vers ceux qui ont été frappés par cet incommensurable crime, perpétré par des enfants du siècle envoûtés par une idéologie de haine et de mort, contre d’autres enfants du siècle qui ne demandaient qu’à vivre, à vivre encore, et à donner la vie…

 

Bandeau de la méditation du jeudi

 

C’est à travers ces mots d’un pasteur camerounais, que nous prions avec nos envoyés et avec les chrétiens du Vietnam. Cette semaine nous portons particulièrement dans notre prière tous ceux qui ont été frappés par les attentats du 13 novembre à Paris.

 

Seigneur dans un monde sans foi ni espérance, même si on me traite de fou, je prierai.
Même si on se ligue contre moi, je prierai encore plus fort. Même si on m’emprisonne, je conduirai vers toi prisonniers, geôliers et juges.

Aide-moi à susciter l’espérance parmi les désespérés, les étrangers, les réfugiés, les exclus. Seigneur à cause de toi je crois que rien n’est perdu : que ton amour envers les hommes demeure le même.

Je te prie pour les victimes des semeurs de tristesse et de mort,
pour les responsables irresponsables de ce temps,
pour ton Eglise émiettée sur la terre,
pour l’avènement du temps promis où le partage équitable se fera entre les nantis et les démunis,
entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.

Seigneur apprends-moi à prier, à compter sur toi, à œuvrer avec toi, à prier encore et encore
avec foi et persévérance.

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Mission : vivre au présent pour sauver l’avenir

 

Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées.

Alors on verra le Fils de l’homme venant sur les nuées avec une grande puissance et avec gloire.

Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

Instruisez-vous par une comparaison tirée du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres, et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche.

De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l’homme est proche, à la porte.

Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive.

Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul.

Marc 13,24-32

 

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Si nous devions, nous êtres humains, être anéantis par l’angoisse et l’horreur de la fin du monde, ce serait déjà fait, car les apocalypses peuvent se conjuguer au passé aussi bien qu’au futur et au présent. Il y a eu avant nous des cataclysmes cosmiques et des catastrophes climatiques, et en matière de destruction massive, l’humanité a déjà atteint des sommets.

La bagarre de l’avenir, celle que mène Jésus, c’est encore et toujours celle qui était annoncée dans le livre du Deutéronome : « J’ai mis devant toi la vie et la bénédiction, la mort et la malédiction, choisis la vie ! » Non aux discours et aux actes nihilistes… qui justifient la destruction et la violence par un soit- disant besoin de purification du monde, non à l’illusion mensongère prônant que  tout était mieux avant et que faute de retourner en arrière nous irons dans le mur, non à l’absolutisation du progrès qui cherche à nous faire croire à l’inverse que par la technique et la science nous parviendrons un jour au meilleur des mondes !

Mais quel « oui » face à ces « non » ?

Le oui du figuier et de ses feuilles bien dessinées qui annoncent la venue de l’été ! Le oui d’un Dieu qui n’hésite pas à prendre visage humain pour réitérer le choix de sa confiance inconditionnelle en ceux qu’ils nomment ses enfants. Le oui de Martin Luther à qui l’on prête ce mot d’Esprit : « Si j’apprends que c’est demain la fin du monde, je planterai un arbre. »

C’est au quotidien que nous semons la vie et que nous participons à la sauvegarde du monde. Et c’est une immense responsabilité. Pour le reste, nous pouvons confier à Dieu toutes nos routes !

 

Bandeau méditation du jeudi

Nous prions pour nos envoyés de Madagascar et pour tout le peuple malgache avec ces mots d’un moine cistercien du 12ème siècle, Aelred de Rievaulx, proche de Bernard de Clairvaux :

Seigneur, tu connais mon cœur, fais que mon désir soit de donner aux autres tout ce que tu m’as donné.

Que mes sentiments et mes paroles, mes loisirs et mon travail,

mes actions et mes pensées, mes réussites et mes difficultés, ma vie et ma mort,

ma santé et mes infirmités, tout ce que je suis et tout ce que je vis…

Que ce soit à eux, que ce soit pour eux, puisque tu n’as pas dédaigné toi-même de te dépenser pour nous.

Apprends-moi donc, Seigneur, sous l’inspiration de ton Esprit,

à consoler ceux qui sont affligés,

à redonner du courage à ceux qui n’en ont pas assez,

à relever ceux qui tombent,  à me sentir faible avec les faibles

et à me faire serviteur de tous.

Mets sur mes lèvres des paroles droites et justes,

afin que nous croissions tous dans la foi, l’espérance et l’amour,

dans la pureté et l’humilité, dans la patience et la fidélité,

dans la ferveur de l’esprit et du cœur.

Donne-moi la lumière et la compétence dont j’ai besoin.

Aide-moi à soutenir les timides et les craintifs et à venir en aide à tous ceux qui sont faibles.

Fais que je sache m’adapter à chacun de mes frères et sœurs, à son caractère, à ses dispositions, à ses capacités comme à ses propres limites, selon les temps et selon les lieux, comme tu le jugeras bon, Seigneur.

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Donner de soi sans retenue !

 

Jésus dit dans son enseignement : Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques, qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins, qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement.…

Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc…

Marc 12,38-43

 

Illustration de la méditation du jeudi

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On peut donner de son avoir, donner de son savoir, donner de ses compétences, de ses talents, de ses relations… Cela ne signifie pas forcément que l’on donne de soi, de son être, que l’on se donne !
Les dignitaires de tous les temps sont tentés par le don ostentatoire, afin de s’émouvoir eux-mêmes de leur propre bonté et surtout d’époustoufler la galerie de leurs bonnes œuvres. C’est si bon d’être sur la photo !

Mais soyons justes, il a toujours existé des riches fort généreux, par sens de leur responsabilité économique et sociale, par désir de rendre le monde un peu moins injuste, ou encore par culpabilité face à la disparité scandaleuse des niveaux de vie entre des humains pourtant frères ! Et ceux-là donnent souvent  beaucoup – mais de leur superflu, dit Jésus.

Et c’est la pauvre veuve qu’il admire en son cœur. Car en donnant de son nécessaire elle se met en danger ; elle signifie et accepte le don d’elle-même.

Dans de très pauvres sociétés nous nous étonnons souvent, nous gens de pays riches, de découvrir sur les visages et dans les yeux les signes d’une joie lumineuse. C’est peut-être l’ultime grâce, l’ultime luxe de ceux qui n’ont presque rien : se donner tout entier et comprendre qu’ils sont reçus par leur Seigneur et Maître comme la plus bouleversante des offrandes de ce monde. Mais que cela nous oblige, nous qui avons du superflu, à le partager largement, afin que cette joie demeure !

 

Bandeau de la méditation du jeudi

Nous prions pour nos envoyés du Sénégal à travers cette prière de Mère Teresa, qui a passé sa vie en Inde au service des plus déshérités.

Mon Dieu, c’est par un choix

Et pour l’amour de toi

Que je veux rester ici

Et faire ce que ta volonté exige de moi.

Non ! Je ne retournerai pas en arrière.

Ma communauté, ce sont les pauvres.

Leur sécurité est ma sécurité ;

Leur santé, ma santé ;

Ma maison est la maison des pauvres.

Non pas des pauvres tout court, mais des plus pauvres parmi les pauvres :

De ceux que les gens évitent soigneusement

Par peur de la contagion

Ou par crainte de se salir

Car ils sont couverts de microbes et d’insectes ;

De ceux qui ne vont pas prier

Car ils n’ont rien à se mettre

Pour ne pas sortir tout nu ;

De ceux qui ne mangent plus

Parce qu’ils n’ont même plus la force de manger ;

De ceux qui tombent sur la route

Sachant qu’ils sont sur le point de mourir,

Sans que ceux qui sont vivants et bien portants

Leur prêtent attention en passant à côté d’eux ;

De ceux qui ne peuvent plus pleurer

Car ils n’ont plus de larmes.

Mère Térésa

Illustration de la méditation du jeudi

Source : Pixabay




Attention à l’amour !

 

Un des spécialistes de la loi, qui les avait entendus discuter, vit que Jésus avait bien répondu aux sadducéens. Il s’approcha et lui demanda: «Quel est le premier de tous les commandements ?»

Jésus répondit: «Voici le premier : Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force.

Voici le deuxième : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là.»

Le spécialiste de la loi lui dit : « Bien, maître. Tu as dit avec vérité que Dieu est unique, qu’il n’y en a pas d’autre que lui et que l’aimer de tout son coeur, de toute son intelligence, [de toute son âme] et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c’est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. »
Voyant qu’il avait répondu avec intelligence, Jésus lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Personne n’osa plus lui poser de questions.

Marc 12,28-34

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

Ces paroles de Jésus, en fidélité à l’enseignement qu’il a reçu de la tradition juive, nous conduisent directement au cœur de l’exigence biblique, sans dérobade possible, face à l’essentiel, qui est l’amour : amour de Dieu et amour de son prochain comme de soi-même.

 

Mais le cœur de l’homme n’est pas toujours droit, et parfois son intelligence lui sert à dévoyer le sens des mots les plus évidents. Combien de fois l’amour dû à Dieu ne sert-il à justifier la domination des autres, l’intolérance, le dogmatisme, quand ce n’est pas le fanatisme et la violence ?  Et combien de fois utilisons-nous la prédication retentissante de l’amour du prochain pour cacher notre incapacité à aimer, et des réalités qui n’ont rien d’évangélique : la condescendance, le mépris, l’indifférence, la rivalité, ou même le mercantilisme ?

Un de mes collègues commentant un jour ces versets me fit un précieux cadeau quand il dit : « Soucions-nous un peu moins de parler d’amour et un peu plus de lutter contre les petites et les grandes haines qui ne demandent qu’à croître comme du chiendent dans nos cœurs, nos relations et nos communautés ! »

Ne pas mépriser c’est déjà respecter, ne pas négliger, c’est déjà prêter attention, ne pas jalouser, c’est déjà accepter l’autre, se refuser à la haine, c’est déjà choisir le chemin de la bienveillance et de la fraternité. Ne pas désespérer de Dieu, c’est déjà choisir la confiance. Et ne pas se rêver autre que ce que l’on est, c’est déjà rendre grâce au créateur, c’est déjà rendre possible le commencement de l’amour du prochain… qui s’ancre dans l’amour de soi-même !

 

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Cette semaine nous prions, avec ces mots œcuméniques du Professeur Fadiey Lovsky,  en communion avec nos envoyés et l’Eglise protestante de Djibouti.

 

Seigneur, fais de nous des réconciliateurs, de véritables concordateurs, des pacificateurs persévérants et consolateurs.

Déracine l’orgueil ecclésial de nos cœurs en y fortifiant la fidélité envers l’Eglise. Ne nous laisse pas nous résigner aux tensions et aux séparations.

Seigneur est-ce que la foi ne pourrait pas déplacer les montagnes ? Délivre-nous des rancunes historiques et théologiques.

Donne-nous la grâce d’une prière œcuménique dépouillée de tout triomphalisme. Donne-nous l’amour envers ceux qui aiment Jésus dans un autre climat et un autre style que nous.

Bénis nos engagements en bénissant également ceux des sœurs et des frères, différents des nôtres.
Nous te rendons grâce pour tous ces chrétiens qui t’aiment, même s’ils ne nous aiment pas encore. N’avons-nous pas été, nous aussi, comme eux ?

Nous te prions pour tout ce qui paraît impossible et qui est pourtant nécessaire. C’est pourquoi nous supplions ton Saint-Esprit de nous conduire et de nous inspirer. Amen

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

 




Mission : Ouvrir les yeux avec Bartimée

 

Ils arrivèrent à Jéricho. Lorsque Jésus sortit de la ville avec ses disciples et une assez grande foule, Bartimée, le fils aveugle de Timée, était assis en train de mendier au bord du chemin.

Il entendit que c’était Jésus de Nazareth et se mit à crier: «Fils de David, Jésus, aie pitié de moi!»

Beaucoup le reprenaient pour le faire taire, mais il criait beaucoup plus fort: «Fils de David, aie pitié de moi!»

Jésus s’arrêta et dit: «Appelez-le.» Ils appelèrent l’aveugle en lui disant: «Prends courage, lève-toi, il t’appelle.» L’aveugle jeta son manteau et, se levant d’un bond, vint vers Jésus.

Jésus prit la parole et lui dit: «Que veux-tu que je fasse pour toi?» «Mon maître, lui répondit l’aveugle, que je retrouve la vue.»

Jésus lui dit: « Vas- y, ta foi t’a sauvé.» Aussitôt il retrouva la vue et il suivit Jésus sur le chemin.  

Marc 10,46-52

 

Illustration méditation du jeudi 22 octobre 2015

Source : Pixabay

 

On peut être aveugle par maladie, accident ou infirmité, on peut être aveugle par peur de regarder la réalité en face, on peut être aveugle par désespoir, quand on refuse de voir la lumière de l’espérance et de l’avenir.

Bartimée est celui qui, avec une magnifique énergie, lutte contre ces trois aveuglements. Dès qu’il entend que Jésus est là, il voit l’espoir briller pour lui. Il appelle, il crie, il brave tous les empêchements, toutes les tentatives de le faire taire, il brave la peur des autres, leurs doutes, et ce fatalisme qui le condamnerait à rester ce qu’il est, là où il est, mendiant sur le bord du chemin… Et ce qu’il demande à Jésus, c’est tout, c’est l’impossible : voir de ses yeux le monde où il habite, découvrir le visage des proches, s’émerveiller de la beauté du ciel, mais en assumant de connaître aussi la cruauté des hommes, la dureté de la vie, la responsabilité d’une existence nouvelle et différente avec ses yeux pour le guider.

Ta foi t’a sauvé lui répond Jésus, et il retrouve la vue. Qu’est cette foi qui sauve ? Est-ce comparable à « Aide- toi, le ciel t’aidera » ?

De fait, la foi est tout sauf une attente passive. C’est un engagement, une dynamique. Mais c’est aussi un don et un courage : faire confiance.

Que faire si nous n’avons pas reçu ce don, ou si nous l’avons perdu ? Penser à Bartimée, se lever comme lui, dans le noir, pour appeler à l’aide, dire ce que nous avons sur le cœur, et affirmer que nous restons ouverts – malgré tous nos doutes, aux merveilles de Celui que nous appelons Dieu.

 

Bannière méditation

Cette semaine nous prions avec nos envoyés en Egypte et toute la communauté protestante du Caire et d’Alexandrie.

 

Nous vivons Seigneur, dans un monde fermé à double tour, verrouillé par des milliers de clefs.
Chacun a les siennes : celles de la maison et celles de la voiture, celles de son bureau et celles de son coffre.

Et comme si ce n’était rien que tout cet attirail, nous cherchons sans cesse une autre clef : clef de la réussite ou clef du bonheur, clef du pouvoir ou clef des songes…
Toi, Seigneur, qui a ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, donne-nous aujourd’hui la seule clef qui manque :

Celle qui ne verrouille pas mais libère,  celle qui ne renferme pas nos trésors périssables, mais livre passage à ton amour, celle que tu as confiées aux mains fragiles de ton Eglise pour ouvrir à tous les Hommes les portes de ton royaume.

Illustration méditation du jeudi 22 octobre 2015

Source : Pixabay




Donner c’est se dé-chaîner

 

Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accourut et se jeta à genoux devant lui : « Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter de la vie éternelle ? 

Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne commettras pas de meurtre ; tu ne commettras pas de vol ; tu ne porteras pas de faux témoignage ; tu ne feras de tort à personne ; honore ton père et ta mère.»

Il lui répondit : « Maître, j’ai respecté tous ces commandements dès ma jeunesse. » 

L’ayant regardé, Jésus l’aima, et il lui dit : « Il te manque une chose : va vendre tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, [charge-toi de la croix] et suis-moi.»

Mais l’homme s’assombrit à cette parole et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.          

Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Marc 10,17-22

 

illlustration de la méditation du 8 octobre

Source : Pixabay

Que faire de la richesse ? Question ô combien difficile à résoudre pour celui qui la possède, si toutefois il se la pose en conscience !  L’abandonner ou la distribuer toute entière est une possibilité – évangélique selon la parole de Jésus au jeune homme riche -, mais ce n’est pas la seule. Zachée ne donna pas tout, mais la moitié aux pauvres et il rendit au quadruple l’argent mal acquis.

On peut aussi assumer la responsabilité de sa richesse en fondant et en soutenant de grands projets humanitaires, des associations de bienfaisance, des programmes d’enseignement et de formation là où il y en a besoin… Et déjà créer de l’emploi, payer convenablement les gens que l’on fait travailler, acquitter consciencieusement ses impôts et ses cotisations, en rendant à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu !  

Pourquoi à tout cela Jésus préféra-t-il la petite monnaie de la pauvre veuve du Temple de Jérusalem, et pourquoi invita-t-il le jeune homme riche à tout abandonner ?

Parce qu’en donnant tout ce qu’elle avait, se privant même du nécessaire, la première témoignait d’une liberté extraordinaire. Cette même liberté après laquelle soupirait le jeune homme riche, empêtré dans ses biens et sa mauvaise conscience.

Le problème de la richesse est qu’elle sépare les hommes non seulement les uns des autres, mais également de leur propre cœur, et finalement de Dieu.

Or le cadeau le plus précieux que Jésus propose au jeune homme riche, et à nous tous, c’est la liberté des enfants de Dieu.

 

 

C’est dans l’humour et dans la joie que nous partageons cette prière du Pasteur Olivier Fabre en communion avec la Guyane, notre envoyé et toute la communauté protestante.

La prière n’est pas un parapluie ; Dieu ne vend pas de parapluie, il aime trop le vent !

 

J’avais peur de me mouiller,           

je me croyais à l’abri sous ma prière parapluie ; 

mais tu m’as éclaboussé par-dessous, Seigneur.

J’avais cru, sous le parapluie,   

que tu te tenais toi aussi, toi, le Maître de l’Esprit…    

Un p’tit coin d’parapluie, un p’tit coin d’paradis, c’était ma chance…

J’ai ouvert les yeux,         

personne sous le parapluie.    

Personne que moi, un homme au sec, un homme sec,                  

doigts crispés sur le manche de la prière parapluie.

Viens !          

Maître du vent et de l’Esprit,           

emporte aux quatre coins du vent                        

mon ridicule parapluie et ma prière paravent !

Donne-moi en même temps           

la joie et la force     

de ceux que tu trempes de l’Esprit !

illlustration de la méditation du 8 octobre

Source : Pixabay




Mission : hommes-femmes ensemble pour le monde

 

L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. L’Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme. Et l’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui. Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place.

L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! On l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.

L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte.

Genèse 2 18-24

 

Illustration méditation du jeudi, 1er octobre 2015

Source : Pixabay

Que le masculin ait été créé en premier signifie-t-il qu’il doive dominer le monde ? Que le féminin ait été créé en second peut-il induire qu’il est le parachèvement du masculin ? Lecture machiste ou lecture féministe, patriarcale ou matriarcale peuvent tirer le texte à hue et à dia pour fonder une vision du monde et un ordre social. A moins que l’on ne s’attache à ce qui lie l’un et l’autre : l’idée d’aide, de complémentarité, de reconnaissance mutuelle.

Intéressante aussi l’interprétation signalant qu’en chacun de nous coexistent et se conjuguent une part de féminin et une part de masculin, ce qui peut résonner avec le premier récit de la création ou « Dieu créa l’humain, masculin et féminin il le créa ».

 

En revanche, il est étonnant d’entendre l’homme appelé à quitter père et mère pour s’attacher à sa femme? Car dans les sociétés traditionnelles – et dans la Bible – c’est plutôt l’inverse qui se passe : on voit les jeunes filles quitter leur famille pour aller habiter avec celle de leur époux !

Faut-il comprendre que, homme ou femme, nous ne pouvons créer d’alliance, avec l’autre et avec Dieu, sans avoir détaché les nœuds qui nous liaient à l’enfance ? Pour devenir Abraham, Abram dut écouter l’appel de Dieu, partir et aller vers lui-même, vers la terre qui lui serait montrée.

Pour participer à la construction de l’avenir et à la réparation du monde, pour vivre selon le projet de Dieu et l’appel du Christ, ne faut-il pas qu’homme et femme acceptent ce détachement symbolique, afin de se rendre disponibles pour se rencontrer l’un l’autre, se reconnaître dans leur liberté, se donner toute leur place, et rendre grâce à Dieu de les faire exister ensemble ?

 

Bandeau méditation du jeudi

         

Cette semaine nous prions pour nos envoyés à Haïti.

Et c’est avec les mots de Laura Figueroa Granados, une théologienne mexicaine, que nous porterons le peuple haïtien, et en particulier les femmes, dans la prière :

 

Seigneur, j’ai faim et soif de croissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

j’aimerais atteindre ma taille réelle, occuper l’espace auquel j’ai été appelée

de très haut et depuis longtemps.

 

J’ai faim et soif, faim et soif d’équité.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

j’aimerais pouvoir regarder chaque personne dans les yeux,

vivre la dignité qui m’a été donnée à grand prix

de très haut et depuis très  longtemps.

J’ai faim et soif, faim et soif de reconnaissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

j’aimerais pouvoir appeler mon travail « travail »,

construire des espaces dans lesquels je puisse dire qui je suis,

par pure grâce et depuis très longtemps.

J’ai faim et soif de justice.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays,

victimes des violences les plus brutales et les plus subtiles,

je ne veux plus être violée, maltraitée, réduite au silence, assassinée.

Parce que de très haut et depuis longtemps je suis, avec chaque être humain,

image et ressemblance de toi qui m’a créée.

 

Illustration méditation du jeudi, 1er octobre 2015

Source : Pixabay