Le fourmillement de la vie qui revient !

 

Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon, et aucun des autres n’osait se joindre à eux; mais le peuple les louait hautement.

Le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, s’augmentait de plus en plus; en sorte qu’on apportait les malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des couchettes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu’un d’eux.

La multitude accourait aussi des villes voisines à Jérusalem, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs; et tous étaient guéris.

Actes 5,12-16

 

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Source : Pixabay

 

Les nombreux miracles que les apôtres accomplissent au lendemain de la Pentecôte doivent-ils être compris comme des preuves que leurs enseignements au sujet de Jésus le Christ sont vrais? Si tel est le cas l’absence de miracles invaliderait-il le message ?

Un théologien écrivait ceci : « Le miracle n’est certainement pas ce qu’il y a de plus important dans l’Évangile, mais c’est cependant quelque chose d’important. Les uns se trompent en le considérant comme l’essentiel, et surtout en s‘imaginant que c’est par là qu’on prouve la divinité de Jésus-Christ ; les autres se trompent également en négligeant purement et simplement le miracle, comme s’il n’était que légende. »

Les nombreux miracles réalisés par les apôtres après avoir reçu l’Esprit de sainteté sont comme ce fourmillement du sang qui se remet à circuler dans un membre ankylosé. C’est le retour puissant de la vie et à la vie après le désespoir. C’est le mystère de l’amour et de l’espérance, qui ont un pouvoir de réparation et de rédemption extraordinaire.

Et par témoignage nous savons que même au cœur du malheur, nos frères et sœurs persécutés continuent d’entendre et de recevoir ce message de vie et de résurrection.

 

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Nous prions pour nos envoyés en Guyane. Et en ce temps de Pâques, nous nous portons particulièrement devant Dieu les chrétiens qui viennent d’être assassinés au Pakistan et leurs familles.

Seigneur Dieu,
C’est toi qui as tiré l’apôtre Pierre de la prison où il était gardé,
Qui as brisé les fers dont on l’avait lié et qui l’as remis en liberté.
Tu as mille moyens en tes mains pour procurer la délivrance à tes enfants.
Vois tous ceux qui souffrent pour toi,
Et déploie en leur faveur la force de ton bras invincible.
Entends les cris de ceux qui sont maltraités pour leur foi,
Ceux qui reconnaissent en ton fils bien-aimé leur Seigneur,
Leur intercesseur et leur avocat.

Seigneur Jésus,
Ton Père t’a envoyé pour évangéliser les pauvres,
Pour guérir ceux qui ont le cœur froissé »,
Pour publier la délivrance aux captifs.
Dis toi-même à ceux qui sont liés de chaînes : Sortez !
Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Debout !
Je suis à vos côtés.

Esprit-Saint,
A moi ton serviteur et à toute ton Eglise dans la liberté,
Donne-nous un esprit de résistance et de persévérance
Pour être tes témoins,
Donne-nous de ne pas relâcher dans la prière et l’action
Pour tous ceux qui sont persécutés, emprisonnés,
Interdits de parole, de liberté de conscience et de culte.

Seigneur dans le combat pour la liberté, la justice et la vérité,
En toutes circonstances,
Que la haine et la violence ne l’emportent pas sur ton amour et ta paix.

Prière des réfugiés huguenots à Amsterdam 1687.

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Mission : former un peuple de ressuscités !

 

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre.

Elle courut vers Simon Pierre et vers l’autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l’ont mis. Pierre et l’autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre.
Ils couraient tous deux ensemble. Mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre; s’étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n’entra pas.

Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part.

Alors l’autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut. Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l’Écriture, Jésus devait ressusciter des morts. Et les disciples s’en retournèrent chez eux.

Jean 20,1-10

 

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« Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vaine, et votre foi aussi est vaine. » dit l’apôtre Paul. Cette affirmation radicale pourrait nous faire trembler à l’heure de nos doutes. Heureusement l’évangile nous entraîne, à la suite des disciples, vers le tombeau vide. Il nous donne d’étranges détails ; et surtout il nous fait partager les difficultés de compréhension de ceux qui ont pourtant connu, suivi, entendu Jésus au jour le jour pendant son ministère.

La résurrection n’est pas une croyance extérieure à nous-mêmes. C’est une confiance, une ouverture de l’être, un acquiescement à l’appel de Celui qui nous relève et nous fait renaître à l’espérance.

Chaque fois que le malheur arrive, ou la maladie, la misère, l’injustice, la guerre… nous vivons un désespoir, une rupture, un plongeon dans l’abîme, comme une mort à tout ce que nous aimons et connaissons. Pour les uns cette « mort » est brève, pour les autres elle dure. Mais dans la prière et le silence, la voix du Christ ressuscité vient nous repêcher, nous redire que nous sommes participants à sa résurrection, à la vie éternelle.

Ces mots de la foi sont des mots de vie – que l’on peut et doit traduire de mille manières, afin de les rendre sensibles à tous ceux qui nous entourent. Car ensemble nous pouvons tous – déjà, former un peuple de ressuscités.

 

Bandeau méditation du jeudi


En cette semaine qui nous fait traverser la passion et la mort de Jésus le Christ puis vivre sa résurrection, nous prions pour nos envoyés au Sénégal. Nous prions aussi pour toutes les victimes des attentats terroristes, à Bruxelles, en Afrique, en Turquie et à travers le monde.

 

Seigneur, nous voici devant Toi

Avec les hommes et les femmes qui nous ressemblent

Comme des frères et des soeurs :

Les pauvres types qui voudraient bien en sortir

Mais qui n’en sortent pas : les drogués, les paumés,

Les femmes de ‘mauvaise vie’,

Tous ceux qui n’arrivent pas à résister au mal,

Qui volent et qui tuent,

Tous ceux qui ont perdu la foi, l’espérance, la charité…

Et qui en souffrent ;

Seigneur, Tu nous regardes encore

De ce regard d’amour

Que Tu as jeté sur la femme adultère,

Sur la Samaritaine, sur Marie-Madeleine, sur le brigand pendu près de Toi :

Sauve-nous, puisque Tu nous aimes.

Seigneur, Tu l’as dit,

Tu n’es pas venu pour les justes, mais pour les pauvres,

Pour les malades, pour les pécheurs, pour nous.

Seigneur, nous nous confions à Toi,

Car nous sommes sûrs de Toi,

Sûrs que Tu nous sauves,

Sûrs qu’à chacun de nous, les pauvres types,

Tu vas dire le jour de notre mort :

Tu seras ce soir avec nous dans le Paradis,

Car il y aura un soir où Tu nous revêtiras de Toi,

Toi qui es Dieu et qui es devenu un autre homme.

Comme nous Tu as eu faim et soif,

Comme nous Tu as eu peur et Tu as pleuré,

Comme nous Tu es mort.

Ton pauvre corps a été mis dans la tombe,

Comme le sera le nôtre,

Et Tu en es sorti transfiguré,

Comme nous en sortirons un jour.

La Résurrection nous attend.

Merci.

Sœur Emmanuelle.

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Ne pas jeter la pierre !

 

Jésus se rendit au mont des Oliviers. Mais dès le matin il revint dans le temple et tout le peuple s’approcha de lui. Il s’assit et se mit à les enseigner. Alors les spécialistes de la loi et les pharisiens amenèrent une femme surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent au milieu de la foule et dirent à Jésus:
«Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu?» Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol.

Comme ils continuaient à l’interroger, il se redressa et leur dit: «Que celui d’entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.» Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.
Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers; Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.

Alors il se redressa et, ne voyant plus qu’elle, il lui dit: «Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a donc condamnée?» Elle répondit: «Personne, Seigneur.» Jésus lui dit: «Moi non plus, je ne te condamne pas; vas-y et désormais ne pèche plus.»] 

Jean 8,1-11

 

 

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Est-ce la loi deutéronomique que Jésus écrit sur le sable ? En même temps qu’il prononce, pour la compléter, une parole de sagesse qui vaut miséricorde pour la femme adultère ! « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! » Ce propos de Jésus a un retentissement qui dépasse largement le cadre de la foi chrétienne.

Alors admirons les pharisiens et les légistes acceptant d’interroger leur propre conscience avant d’appliquer la sentence.

On aimerait que ce soit toujours le cas ; or la règle la plus commune est de projeter la pierre de sa culpabilité sur son prochain. Et en matière de sexe on est parfois surpris de découvrir les frasques cachées des grands prêcheurs de vertu et des virulents dénonciateurs de luxure.

Mais l’indulgence de Jésus n’est pas un laxisme des mœurs ni un blanc-seing sur l’adultère. Il rappelle l’exigence de fidélité. « Va et ne pèche plus ».

Dommage que l’amant de la femme adultère, mystérieusement sauvé du flagrant délit,  ne soit pas là pour apprendre, comme elle, que Dieu nous invite et à la justice de sa loi, et à la miséricorde de sa grâce.

 

 

 

Bandeau de la méditation du jeudi

 

 

Nous te prions pour toutes les femmes du monde avec les mots de Laura Figueira Granados, une théologienne mexicaine.

 

Seigneur, j’ai faim et soif de croissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, j’aimerais atteindre ma taille réelle, occuper l’espace auquel j’ai été appelée de très haut et depuis longtemps.

J’ai faim et soif, faim et soif d’équité.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, j’aimerais pouvoir regarder chaque personne dans les yeux, vivre la dignité qui m’a été donnée à grand prix de très haut et depuis longtemps.

J’ai faim et soif de reconnaissance.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, j’aimerais pouvoir appeler mon travail « travail », construire des espaces dans lesquels je puisse lui dire qui je suis, par pure grâce, de très haut et depuis longtemps.

J’ai faim et soif de justice.

Comme beaucoup de femmes de nos Eglises et de nos pays, victimes des violences les plus brutales et les plus subtiles, je ne veux plus être violée, maltraitée, réduite au silence, assassinée. Parce que de très haut et depuis longtemps je suis, avec chaque être humain, image et ressemblance de toi qui m’a créée.

 

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Source : Pixabay

 




Partager la joie dans les bras du Père !

 

Jésus dit encore : Un homme avait deux fils.

Le plus jeune dit à son père : ‘Mon père, donne-moi la part de l’héritage qui doit me revenir.’ Le père leur partagea alors ses biens. Peu de jours après, le plus jeune fils ramassa tout et partit pour un pays éloigné, où il gaspilla sa fortune en vivant dans la débauche.

Alors qu’il avait tout dépensé, une importante famine survint dans ce pays et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se nourrir des caroubes que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait.

Il se mit à réfléchir et se dit : ‘Combien d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner vers mon père et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’

Il se leva et alla vers son père. Alors qu’il était encore loin, son père le vit et fut rempli de compassion, il courut se jeter à son cou et l’embrassa.

Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’

Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Apportez vite le plus beau vêtement et mettez-le-lui ; passez-lui un anneau au doigt et mettez-lui des sandales aux pieds. Amenez le veau qu’on a engraissé et tuez-le ! Mangeons et réjouissons-nous, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à faire la fête. 

Luc 15, 11-25

 

 

Le fils Prodigue, Rembrandt

Source : Wikimedia Commons

 

Dans Le retour du fils prodigue de Rembrandt, les deux mains du père sont différentes, l’une jugée masculine et l’autre féminine. En tout cas ce sublime tableau nous permet de réaliser combien, au fond de nous, nous gardons le rêve enfoui d’être cet « enfant » de retour, se précipitant dans les bras du père – ou de la mère, lâchant les lourds sanglots du soulagement et de la délicieuse consolation.

Car dans ce choc de la rencontre joyeuse, qui suppose la précédence d’un éloignement, d’un départ, d’une rupture, d’un oubli, d’un malheur… surgit une vérité époustouflante, celle de l’amour vainqueur, de l’amour qui pardonne.

Alors notre mission de chrétien en ce monde, c’est essentiellement de faire ressentir, et vivre, et accepter cela : cette possibilité de la grâce offerte à tous les êtres humains. Ni par le fer, ni par le feu, ni par l’exaltation et la déclamation, mais par la douceur et l’étreinte de l’âme :

Non mes bien chers frères et sœurs en humanité, nous ne sommes pas condamnés !

La porte est ouverte. Et le Père est déjà sorti, pour nous attendre au bout du chemin.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

Prions pour que les Eglises en Asie, minoritaires parmi des populations de diverses traditions spirituelles, sachent communiquer avec joie la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ

Seigneur, en regardant défiler tous ces visages, tous ces lieux, toutes ces cultures,

Je prends conscience de la diversité et de la richesse de cet immense continent…

Continent en bordure duquel tu as choisi de prendre visage d’homme en Jésus.

Dans des contextes historiques, politiques et religieux très différents,

L’Evangile a pu être annoncé et se répandre, en dépit des oppositions, des réticences ou des persécutions.

Aujourd’hui les chrétiens, toujours très minoritaires, sont appelés à communiquer avec joie, dans le respect des autres traditions religieuses et spirituelles, la Bonne Nouvelle…

Ils le font en Inde quand ils se mettent au service des plus pauvres,

Ils le font en Chine, en Birmanie, au Laos et dans tant d’autres pays,

Quand ils découvrent et font respecter les droits et la dignité de la personne humaine…

Ils le font au Japon quand ils accueillent dans leurs communautés des chrétiens venus d’ailleurs…

Que ces témoins de la foi des pays asiatiques permettent aux chrétiens d’Occident que nous sommes, de redécouvrir la place centrale de la spiritualité dans leur vie.

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Source : Pixabay




Comprendre la patience de Dieu !

 

A ce moment-là, quelques personnes qui se trouvaient là racontèrent à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mélangé le sang avec celui de leurs sacrifices. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont subi un tel sort ?

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d’attitude, vous périrez tous de même. Ou bien ces 18 personnes sur qui la tour de Siloé est tombée et qu’elle a tuées, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem?

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas d’attitude, vous périrez tous de même.»  Il dit aussi cette parabole: « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et il n’en trouva pas.  Alors il dit au vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe- le : pourquoi occupe-t-il la terre inutilement ?’

Le vigneron lui répondit : ‘Seigneur, laisse-le encore cette année ! Je creuserai tout autour et j’y mettrai du fumier.

Peut-être à l’avenir donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas.’ »

Luc 12,1-9

 

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Quelle expression dérangeante que celle de « victime innocente » ! Le fait d’être victime ne suffit-il pas à éveiller la compassion, qu’il faille affirmer haut et fort l’irresponsabilité radicale du malheureux dans le malheur qui lui arrive ? Et tous les êtres humains ne sont-ils pas pécheurs devant Dieu ? N’obtiennent-ils pas tous miséricorde quand ils se tournent vers lui ?

Les galiléens de notre récit sont persécutés par Pilate et non punis par Dieu. Les 18 personnes écrasées par la tour de Siloé sont victimes d’un terrible accident, et non des foudres du ciel.

Comment conjuguer cette affirmation rationnelle avec notre foi, qui nous conduit peut-être à voir partout la main de Dieu ?

Jésus nous invite à nous situer devant Dieu, non terrassé par une peur superstitieuse qui lui ferait offense, mais debout, dans la confiance de l’enfant demandant à son Père de l’aider à vivre comme il faut. Et si c’est difficile de passer de la peur à la confiance tant la crainte du malheur et le sentiment de culpabilité nous obsèdent, sachons pourtant que cette confiance est le seul chemin qui conduise à la vie.

Et Dieu prend le temps de nous attendre sur ce chemin, comme il donne du temps au figuier de la parabole pour qu’il produise du fruit. Mais pressons le pas, la vie est si courte !

 

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Nous prions pour nos envoyés de Tunisie et pour le peuple tunisien, avec ces mots de Cyprien de Carthage, père de l’Eglise du 3ème siècle :

 

« Quelle immense patience en Dieu !

Nous voyons,

Par un effet de sa Patience égale et sans faille pour les coupables et pour les innocents,

Pour les gens pieux et pour les impies,

Pour ceux qui témoignent de la reconnaissance et pour les ingrats,

Sur un Signe de Dieu les saisons obéir, les éléments accomplir leur service, les vents souffler, les sources couler, les moissons croître en abondance, les raisins de la vigne mûrir, les arbres se charger de fruits, les bois se couvrir de feuilles, les prés de fleurs.

Et bien que Dieu soit douloureusement affecté par nos péchés fréquents, – que dis-je ? continuels,

Il maîtrise son Indignation et attend patiemment le jour de la rétribution,

Fixé d’avance une fois pour toutes.

Et bien qu’il tienne la vengeance en son pouvoir

Il préfère conserver longtemps la patience, pour que, si possible,

La méchanceté, à force d’avoir duré, se transforme un jour

Et que l’homme, après s’être vautré dans les égarements et les crimes contagieux, revienne à Dieu :

« Je ne veux pas la mort de celui qui meurt, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 18, 32).

Frères très aimés, la Patience est un attribut de Dieu, et quiconque est bon, patient et doux imite Dieu le Père !

Amen. »

Saint Cyprien de Carthage (200-258)

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Il est passé par ici ! Il reviendra !

 

Environ huit jours après avoir dit ces paroles, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante.

Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui: c’étaient Moïse et Elie  apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.

Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil mais, restés éveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui.

Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit: «Maître, il est bon que nous soyons ici. Faisons trois abris: un pour toi, un pour Moïse et un pour Elie.» Il ne savait pas ce qu’il disait.

Il parlait encore quand une nuée vint les couvrir; les disciples furent saisis de frayeur en les voyant disparaître dans la nuée.

Et de la nuée sortit une voix qui dit: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé: écoutez-le!»

Quand la voix se fit entendre, Jésus se retrouva seul. Les disciples gardèrent le silence et, à cette époque-là, ils ne racontèrent rien à personne de ce qu’ils avaient vu.

Luc 9, 28-36

 

 

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Quand on célèbre la cène, faisant mémoire avec un récit, des mots et des gestes, du dernier repas de Jésus avec ses disciples, avant qu’il soit arrêté, jugé, condamné, exécuté, quand au moment de la rupture du pain et de l’élévation de la coupe l’assemblée forme son cercle, puis communie, dans la joie, le recueillement et la reconnaissance, quand des regards émus s’échangent, et que le silence, ou la musique de cet instant, résonnent d’une qualité particulière …. passe un souffle d’éternité, se perçoit comme un soupir de Dieu, soupir heureux, car ses enfants reçoivent et accueillent en eux et entre eux sa véritable paix !  C’est indicible, c’est d’un autre ordre que l’ordre quotidien des choses. Et il est impossible de retenir ce temps, ce passage de « l’ange ».

Il en va de même de cette expérience extraordinaire sur la montagne offerte par Jésus à ses disciples Pierre, Jean et Jacques. Heureusement l’événement a donné lieu à un récit, écrit dans les évangiles, ce qui nous permet de le goûter. Mais comme la célébration de la cène, l’histoire de la transfiguration relève d’un moment de pure grâce, où tout est lumière, transparence, et où la communion des saints, figurée par la présence de Moïse et d’Elie auprès de Jésus et des siens prend corps et réalité, fait sens. 

Nous n’en saurons pas davantage mais, qui que nous soyons et où que nous soyons, nous aurons pu recevoir dans la foi et la confiance l’assurance que l’amour est plus fort que la mort et que Dieu est présent au milieu des siens.

 

 

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Cette semaine nous prions pour nos envoyés en Haïti et pour le peuple haïtien.

 

Je crois à la miséricorde de Dieu :
Il est venu partager la condition des plus pauvres,
Qui sont victimes de l’oppression politique,
Des accidents économiques ou de toute domination idéologique.
Par la naissance du Christ, je découvre que tous les réfugiés de la terre sont nos frères
Et que le Seigneur les aime, eux, en priorité.

Je crois aussi à la miséricorde de Dieu :
Pour les responsables de toutes ces souffrances.
C’est par la révolte contre le Seigneur de toute vie, ou par idolâtrie d’une idéologie
Qu’ils méprisent ou écrasent leurs frères.
Mais ils s’enferment dans la solitude et la peur.
Sur la croix, Christ leur offre le pardon.
Il les appelle à changer de vie et à reconnaître leurs frères.

Je crois à la miséricorde de Dieu pour moi aussi :
Bien souvent j’ai renié mes frères, sourd et aveugle à leurs souffrances.
Peut-être même ai-je participé à leur oppression.
Bien souvent j’ai perdu courage,
J’ai fui, j’ai abandonné ma vocation.
Mais sur la croix le Christ m’a pardonné à moi aussi.
Ressuscité, il vient à moi et m’appelle de nouveau à sa suite.
Par son esprit, il me redonne l’espérance à partager
Et le courage de le servir.


Eglise évangélique de Djibouti 1984

 

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Universelles tentations !

 

Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain. Il fut conduit par l’Esprit dans le désert où il fut tenté par le diable pendant 40 jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là et, quand cette période fut passée, il eut faim.
Le diable lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »                               

Jésus lui répondit : « Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole de Dieu. »
Le diable l’emmena plus haut, sur une haute montagne, et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Puis il lui dit : « Je te donnerai toute cette puissance et la gloire de ces royaumes, car elle m’a été donnée et je la donne à qui je veux.  Si donc tu te prosternes devant moi, elle sera toute à toi. »

Jésus lui répondit: « Retire-toi, Satan! En effet, il est écrit: C’est le Seigneur, ton Dieu, que tu adoreras et c’est lui seul que tu serviras. »

Le diable le conduisit encore à Jérusalem, le plaça au sommet du temple et lui dit: « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas, car il est écrit: Il donnera, à ton sujet, ordre à ses anges de te garder et: Ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »

Jésus lui répondit : « Il est dit: Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. »

Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable.

Luc 4,1-13

 

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Que nous soyons d’Orient ou d’Occident, du Nord ou du Sud,  le désir de pouvoir sur la matière,  – pouvoir magique, technique, scientifique, informatique, quand il s’empare totalement de nous, peut nous conduire à la défiguration de la vie et du monde.

A la tentation de changer les pierres en pains Jésus oppose la nourriture du cœur par la Parole de Dieu.
Que nous soyons d’Orient ou d’Occident, du Nord ou du Sud,  la soif incontrôlée de dominer les autres – y compris pour leur soit- disant bien –  peut générer de terribles tyrannies familiales ou sociales, et les dictatures les plus sanglantes, les totalitarismes les plus déshumanisants.

A la tentation d’exercer la toute-puissance sur les hommes Jésus oppose la sagesse et la joie de n’adorer que Dieu seul.

Que nous soyons d’Orient ou d’Occident, du Nord ou du Sud, le désir de posséder Dieu est la tentation des  tentations. Cela commence par la confusion des affaires du ciel et de la terre pour sa propre gloire, cela continue par la manipulation des esprits et des cœurs,  la diffusion du fanatisme comme seule vérité, la calomnie du monde et de la civilisation, pour enfin justifier ou commanditer le meurtre au nom de Dieu.
La réponse de Jésus à cette tentation diabolique est de la nommer pour ce qu’elle est, en l’interdisant : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. »

Mais ces tentations, que Jésus a vaincues, sont récurrentes dans l’histoire humaine ; elles naissent et grandissent au cœur de nos manques, de nos blessures, et de l’illusion que nous pouvons échapper à notre condition humaine. A chacun de nous d’identifier ses tentations, et de « les fracasser contre le Christ » comme y invite la règle de St Benoît de Nursie, le fondateur du monachisme occidental.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

En ce début de Carême, nous prions pour nos envoyés au Cameroun et le peuple camerounais.

Vois, Jésus, les peuples des vertes forêts,
Peuples aux mains d’ébène.
Dans tes mains le manioc et le mil leur donneront faim d’être peuples de frères.
Vois, Jésus, les peuples de l’océan bleu, peuples parsemés.
Dans tes mains, le poisson partagé sera communion pour les îles dispersées.

Vois, Jésus, les peuples de la couleur de leurs temples d’or.
Dans tes mains le riz deviendra nourriture de vie pour les multitudes

Vois, Jésus, les peuples aux mains brunes et ces épis de maïs.
Dans tes mains ils deviendront aliment du grand respect du pauvre.

Vois, Jésus, les peuples des grandes plaines de blé et leurs richesses engrangées.
Dans tes mains le pain consacré se transformera en un pain partagé avec l’étranger.

Alors peuples d’Afrique et d’Océanie, d’Afrique, d’Europe et des Amériques,
Nous serons en tes mains.

Jacques Lancelot

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Annoncer l’évangile, ce n’est pas « bateau » !

 

Comme Jésus se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, il vit au bord du lac deux barques, d’où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets. Il monta dans l’une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit, et de la barque il enseignait la foule.

Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon: Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher. Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je jetterai le filet. L’ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait.

Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu’elles enfonçaient. Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit: Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur.

Car l’épouvante l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu’ils avaient faite. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon.

Alors Jésus dit à Simon: Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d’hommes. Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent.

Luc 5,1-1

 

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Rattraper l’insuccès total de la nuit par une pêche surabondante relève d’un miracle. On n’est plus dans l’ordre des guérisons que Jésus vient d’effectuer, mais dans l’ordre de la profusion comme ce sera le cas avec la multiplication des pains. Une parole de Jésus et les poissons affluent dans les filets. Combien de pauvres pécheurs en charge de famille aimeraient vivre cette scène, sur mer, dans les lacs ou les rivières!
Mais Pierre et ses compagnons sont gagnés par la crainte ! Il s’agit d’autre chose que d’un miracle. La barque deviendra à l’avenir l’image de l’Eglise, la pêche figurera l’évangélisation, et le poisson au singulier sera l’anagramme de Jésus-Christ Fils de Dieu Sauveur en grec : IXTUS.

Et Simon ? Il peut nous rappeler Moïse ou Jérémie, désirant échapper à leur mission en alléguant qu’ils ne savaient pas parler. La pêche miraculeuse de Simon l’effraie, car en manifestant la puissance divine elle le renvoie à sa double condition de pêcheur pécheur. Plus tard Il ira jusqu’à renier son maître lors de son arrestation et de son jugement.

Pourtant Jésus lui confie une mission, figurée par la foule qui depuis la rive du lac reçoit l’enseignement du maître, mais également symbolisée par la multitude des poissons pris dans les filets : il sera pêcheur d’hommes !

 

Bandeau de la méditation du jeudi

Cette semaine nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache.

 

O Jésus,

Sois la pirogue qui nous porte sur la mer de la vie.

Sois la pagaie qui nous maintient dans le droit cap.

Sois le balancier qui nous soutient lors des grandes épreuves.

Que ton Esprit soit la voile qui nous pousse à travers chaque jour.

Fortifie nos corps afin que nous puissions pagayer avec constance dans le voyage de la vie.

Prière mélanésienne

Illustration méditation du jeudi

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L’appel à la mission : une porte vers la liberté !

 

La parole de l’Eternel me fut adressée, en ces mots :

Avant que je t’aie formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu sois sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi prophète des nations.

Je répondis: Ah! Seigneur Eternel! Voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant.

Et l’Eternel me dit:

Ne dis pas: Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t’enverrai, et tu diras tout ce que je t’ordonnerai. Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l’Eternel.

Puis l’Eternel étendit sa main, et toucha ma bouche; et l’Eternel me dit:

Voici, je mets mes paroles dans ta bouche. Regarde, je t’établis aujourd’hui sur les nations et sur les royaumes, pour que tu arraches et que tu abattes, pour que tu ruines et que tu détruises, pour que tu bâtisses et que tu plantes.

Jérémie 1,4-10

 

Illustration méditation du jeudi

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Comment entendre l’appel de Dieu à Jérémie ? Peut-on parler de liberté si tout est joué à l’avance, avant même notre naissance ?

Mais sommes-nous libres ? L’instinct nous assujettit à ses lois, pour notre conservation par exemple, ou la perpétuation de l’espèce. Et nous savons par expérience que dominer nos instincts ou leur résister n’est pas chose facile. Il faut de la discipline. Quant au destin, c’est le nom donné à ce qui nous arrive, plus souvent dans le malheur que dans la joie, à moins que ce ne soit pour certains dans la grandeur. Et il nous arrive de l’attribuer à la volonté toute-puissante de Dieu, comme s’il décidait de tout.

Pourtant la vocation, cet appel venu de Dieu ou du plus profond de nous-même, pourrait signifier le contraire d’un enfermement dans l’instinct ou le destin. Ce serait un chemin d’ouverture et d’accomplissement pour notre humanité.

Alors la foi serait un acquiescement, une confiance accordée à la voix qui nous secoue, nous libère et nous confie une mission en ce monde : mission de vie, de justice et de fraternité.

Que cet appel ait résonné à l’origine de nous-même, comme dans le cas de Jérémie, nous pouvons le comprendre comme une promesse : rien ne nous sera demandé qui dépasse les forces qui nous seront données. Et même aux moments les plus sombres de l’existence, une force ultime, le souffle de l’amour, nous seront donnés et nous relèveront pour que nous poursuivions notre route.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions pour nos envoyés en Egypte, pour les chrétiens et tout le peuple de ce pays, avec les mots de SCHENOUTÉ qui fut au 5ème siècle l’un des fondateurs de la vie monastique en Egypte.

 

DIEU, protège-moi, sans cesse, dans le travail, dans la parole et dans la pensée du cœur.

Dieu, aie pitié de moi, dans ce monde et dans celui qui doit venir.

Dieu, aie pitié de moi, car j’ai péché contre toi, comme un mortel; mais toi, Maître bon et doux, pardonne-moi.

Dieu, ne m’effraie pas et ne me trouble pas à l’heure où l’âme quitte le corps.

Dieu, ne me réprimande pas alors dans ta colère et ne me châtie pas dans ton courroux.

Dieu, ne t’irrite pas contre moi, comme le méritent mes péchés et mes actions mauvaises.

Dieu, ne me cache pas ton visage, lorsque je paraîtrai devant toi et ne détourne pas ta face de moi au jour où tu jugeras les actions cachées et connues des hommes.

Dieu, ton Verbe, s’est incarné, il a été crucifié pour moi, il est mort, a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour; attache-moi à toi, pour que les mauvais esprits ne dominent pas sur moi et ne m’arrachent pas de tes mains

Dieu, ne me laisse pas succomber à la perfidie, ne permets pas que l’Adversaire trouve en moi quelque chose qui lui appartienne.

Dieu, rends mon cœur comme un glaive aiguisé contre toute pensée de péché, afin que je puisse les chasser de mon cœur.

Dieu, qui as parlé à la mer et elle s’est apaisée, chasse les passions mauvaises de ma nature pécheresse, afin que le péché soit éteint et disparaisse de tous mes membres.

Dieu donne-moi pour toujours un cœur pur plein de foi, dans les siècles des siècles.

Amen.

 

La prière que nous citons est utilisée à l’office de midi et du soir.

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

 




Consolation active

 

Jésus, revêtu de la puissance de l’Esprit, retourna en Galilée, et sa réputation gagna toute la région. Il enseignait dans les synagogues et tous lui rendaient gloire.

Jésus se rendit à Nazareth où il avait été élevé et, conformément à son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Esaïe. Il le déroula et trouva l’endroit où il était écrit :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux prisonniers la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur. »

Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur et s’assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire :                            

«Aujourd’hui cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, est accomplie.»

Luc 4,14-21

 

Illustration de la méditation du jeudi

Source : United Methodist News Service

 

Un Jésus bien inscrit dans sa tradition, fréquentant la synagogue, montant à la torah, commentant et expliquant, suscitant l’admiration de ses coreligionnaires. Puis à Nazareth, c’est la haftarah qui lui est présentée, c’est-à-dire le passage prophétique correspondant à la torah du jour.

Alors l’enseignement devient annonce, s’actualise : « Aujourd’hui cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. »

Mais en quoi est-elle accomplie ? Derrière l’évidence du nom de Jésus, que pouvons-nous retenir ?
Jésus ne parle que de consolation, car plus que quiconque il a ressenti la souffrance humaine, et compris la profondeur du besoin de consolation de chacun d’entre nous !

Pourtant le mot pourrait sembler faible, en ces temps où nous vivons dans le pessimisme et l’angoisse entretenus par le terrorisme, les guerres, la menace écologique, le chômage, et la misère du monde.

Mais si nous suivons l’exemple de Jésus, nous devrions tous pouvoir nous engager comme consolateurs, non seulement de notre prochain, mais de Dieu lui-même. Pas avec des petits mouchoirs, mais en écoutant de manière concentrée ce que nous inspire l’Esprit de sainteté, en œuvrant à la réparation du monde, et en nous consacrant généreusement aux missions qui nous sont confiées : vivre dans la vérité, soigner, partager, encourager, répandre l’indestructible joie de l’Evangile contre tous les discours de néant !

 

Bandeau de la méditation du jeudi

En cette semaine de l’unité nous nous joignons à cette prière prononcée lors de la première conférence spirituelle et interreligieuse réunie en Inde, à Calcutta, en 1968.

 

Dieu, nous sommes un avec Toi.
Tu nous as faits un avec Toi.
Tu nous as enseigné que, si nous sommes accueillants les uns aux autres,
tu demeures en nous.

Aide-nous à garder cette ouverture
et à nous battre pour elle de toutes nos forces.
En nous acceptant les uns les autres, complètement, totalement, le cœur grand ouvert,
c’est toi que nous acceptons,
c’est toi que nous aimons de tout notre être.

Car notre être est au cœur de ton être
et notre esprit s’enracine dans ton esprit.
Emplis-nous d’amour et fais que l’amour nous lie les uns les autres
tandis que nous parcourons nos chemins divers.

Thomas Merton, moine cistercien britannique (1915-1968) et précurseur du dialogue interreligieux.

Illustration de la méditation du jeudi

Source : Pixabay




C’est cadeau d’être ce que nous sommes !

 

Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de ministères, mais le même Seigneur ; diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut.

1 Corinthiens 12,4-11

 

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay

 

Je viens de lire un livre très intéressant sur le sentiment d’imposture. Par là il faut entendre cette inquiétude qui nous saisit quand nous nous demandons si nous sommes à la bonne place, si nous avons vraiment autorité pour parler en public, si on ne nous a pas surestimé en nous appelant à telle responsabilité, en nous confiant telle mission…

Si nous l’éprouvons parfois, ce sentiment d’imposture, alors l’enseignement de Paul sur les divers dons, talents, vocations peut nous rasséréner. La mission confiée à chacun d’entre nous ne repose sur aucune imposture ou surestimation, nous ne sommes pas attendus comme des champions tous-terrains ! Au contraire c’est toujours quelque chose de précis, de concret qui nous est demandé, car nous avons été pourvus dans cette perspective. Cela donne une conscience de soi, nourrie par la prière et la méditation, où l’intime voix de Dieu se conjugue aux appels qui nous viennent des autres et du monde.

Alors dans le souffle de l’Esprit nous connaissons la merveilleuse et agissante joie d’être tout simplement ce que nous sommes : sage, connaisseur, orateur, soignant, poète, chanteur ou simplement croyant… par Dieu et pour Dieu, pour le service des autres et du monde.

 

Bandeau méditation du jeudi

Nous prions pour nos envoyés au Togo et pour le peuple togolais.

Dieu de bonté ouvre mes oreilles afin que je perçoive ta parole,

Que je l’entende avec mon cœur

et que je me laisse transformer.

Ouvre ma bouche,

afin que je puisse te louer et chanter tout ce que tu as fait.

Par ton Esprit Saint,

rends-moi capable de redresser et d’encourager :

Que mes paroles soient créatrices de relation,

des paroles de guérison et de consolation,

de libération et de réconciliation,

des paroles capables de révéler des horizons neufs,

de faire s’entrouvrir le ciel

et de permettre à tous de saisir

combien leur vie est précieuse et unique.

Anselm Grün, moine bénédictin allemand

Illustration méditation du jeudi

Source : Pixabay




Tu me nommes et je trouve le courage

 

Le peuple était dans l’attente et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie.

Alors il leur dit : «Moi, je vous baptise d’eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de détacher la courroie de ses sandales. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a sa pelle à la main; il nettoiera son aire de battage et il amassera le blé dans son grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint pas. » C’est ainsi, avec encore beaucoup d’autres encouragements, que Jean annonçait la bonne nouvelle au peuple.

Cependant, Hérode le tétrarque, à qui Jean faisait des reproches au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère [Philippe], et de toutes les mauvaises actions qu’il avait commises, ajouta encore à toutes les autres celle d’enfermer Jean en prison.

Comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi fut baptisé. Pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit et le Saint-Esprit descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix fit entendre du ciel ces paroles: «Tu es mon Fils bien-aimé, tu fais ma joie. »

Luc 3,15-22

 

Illustration méditation du jeudi, Pixabay

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« Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ! » chantait Guy Béart. Comment Jean le baptiseur, homme de vérité, aurait-il pu échapper à ce destin de prophète assassiné? Non seulement il prononça la vérité sur lui-même, annonça Celui qui allait venir, mais encore il s’attaqua aux puissants  du moment, révélant leurs turpitudes.

Le miracle est qu’à chaque génération, sous tous les cieux du monde, des femmes et des hommes reprennent le flambeau de la vérité, de l’amour et de la bonté au péril de leur vie. Ainsi ils témoignent des forces de l’Esprit et de la voix encourageante de leur Dieu.

Qu’est cet encouragement ?

Sans doute ont-ils entendu ce même appel, cette même confirmation intime que Jésus reçut après son baptême ! « Tu es mon enfant bien-aimé. Tu fais ma joie. » Conscience et courage peuvent grandir, dans l’écho de cette nomination ? Alors prier pour demeurer dans la confiance, cela revient à offrir sa propre voix, sa propre pensée, son propre souffle au silence parlant de Celui qui nous sourit, nous guide, nous protège et nous envoie.

Commençons cette année dans le compagnonnage des deux fils d’Israël : le dernier des prophètes et  le Fils premier-né : alors notre joie sera forte.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

C’est avec les mots de Johnson Gnanabaranam, théologien luthérien indien, que nous portons dans la prière nos envoyés au Congo et tout le peuple congolais.

 

Mon Jésus, beaucoup de gens se sont réjouis parce qu’ils t’ont cherché et trouvé.

Moi je me réjouis, parce que tu m’as cherché et que tu m’as trouvé.

Les bergers de Bethléem, à qui les anges sont apparus, étaient dans la joie :

ils ont entendu le message et ils t’ont vu.

Moi je suis plus joyeux que les bergers, parce que j’ai entendu l’Evangile de ta propre bouche,

et non de celles des anges.

Tu as dit : Viens à moi, je vais alléger ton fardeau.  Voilà pourquoi je suis

plus joyeux que les bergers de Bethléem.

Les mages d’Orient, ils ont vu l’étoile ! Ils étaient heureux : ils t’ont cherché et t’ont apporté de riches

présents. Mais je suis plus heureux que les mages, car c’est toi qui m’as cherché.

Tu m’as apporté le plus riche présent du monde, ton salut.

Voilà pourquoi je suis plus heureux que les mages d’Orient.

Marie est bénie : enfant tu as habité pendant quarante semaines dans son sein. Mais je suis béni plus

que Marie, parce que, au long de ma vie, tu habites dans mon cœur, toi, le Christ ressuscité. Voilà

pourquoi je suis béni plus que Marie, ta mère.

Siméon le prophète s’est réjoui et il a chanté : Mes yeux ont vu le Sauveur ! Je ne t’ai pas vu, mais je

crois en toi.

Et comme tu déclares bienheureux ceux qui ont cru sans avoir vu, j’atteins les sommets de la

béatitude.

Johnson Gnanabaranam.

Illustration méditation du jeudi, Pixabay

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