Ne pas se tromper de ferveur !

Méditation du jeudi 23 juin 2016 – Nous prions pour nos envoyés à Haïti et pour le peuple haïtien.

Lorsque le moment approcha où Jésus devait être enlevé au ciel, il décida fermement de se rendre à Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui. Ceux-ci partirent et entrèrent dans un village de Samarie pour lui préparer tout le nécessaire. Mais les habitants refusèrent de le recevoir parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Quand les disciples Jacques et Jean apprirent cela, ils dirent : « Seigneur, veux-tu que nous commandions au feu de descendre du ciel et de les exterminer ? » Jésus se tourna vers eux et leur fit des reproches. Et ils allèrent dans un autre village.
Ils étaient en chemin, lorsqu’un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui dit : « Les renards ont des terriers et les oiseaux ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas un endroit où il puisse se coucher et se reposer. »
Il dit à un autre homme : « Suis-moi. ». Mais l’homme dit : « Maître, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui répondit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; et toi, va annoncer le Royaume de Dieu. »
Un autre homme encore dit : « Je te suivrai, Maître, mais permets-moi d’aller d’abord dire adieu à ma famille. » Jésus lui déclara : « Celui qui se met à labourer puis regarde en arrière n’est d’aucune utilité pour le Royaume de Dieu. »

Luc 9,51-62

 

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Il y a ferveur et ferveur !

Quand des samaritains sollicités pour recevoir Jésus lui refusent l’hospitalité –pour la raison qu’il se rend à Jérusalem, ville ennemie à leurs yeux – ses fervents disciples Jacques et Jean se montrent prêts à en découdre, et veulent invoquer les foudres du ciel pour exterminer ceux qui viennent de manquer de considération envers leur Seigneur et Maître.

Celui-ci est heureusement présent pour les calmer.

Mais la scène nous permet de voir comment peut naître le fanatisme : humiliation, colère, orgueil, désir de défendre l’honneur de Dieu !

C’est une autre ferveur que Jésus espère des hommes, tournée vers la vie. En situation d’urgence il faut choisir, et parfois sacrifier les choses les plus saintes, comme l’ensevelissement des proches ou les cérémonies d’au-revoir à une famille aimée.

L’heure des grands engagements et des grandes décisions implique forcément des ruptures, non par rejet de ce qui fut précieux, mais par enthousiasme pour une vocation impérieuse : mettre sa personne et ses talents au service que Dieu nous propose, partir en mission, ici ou ailleurs, pour réaliser quelque chose du royaume de Dieu.

Mais c’est toujours peu au regard du témoignage de celui qui n’avait pas où reposer sa tête. Car une fois que nous avons fait ce que nous devions faire, nous sommes toujours des « serviteurs inutiles », et cela doit nous prémunir contre toute volonté de puissance, a fortiori s’il s’agit de puissance spirituelle.

 

En cette semaine de la fête de la musique, prions pour Haïti avec ces mots d’Ernesto Cardenal, prêtre, poète et homme politique du Nicaragua.

Louez le Seigneur dans le cosmos,
Son sanctuaire d’un rayon de 100 000 millions d’années- lumière.

Louez-le par les étoiles et les espaces interstellaires.
Louez-le par les galaxies et les espaces intergalactiques.
Louez-le par les atomes et les vides intra-atomiques.

Louez-le avec le violon et la flûte et avec le saxophone.
Louez- le avec les clarinettes et le cor, avec des clairons et des trombones.
Louez- le avec des violes et des violoncelles, avec des pianos et des synthétiseurs.

Louez- le avec le blues et le jazz, le rock et le rap,
Et avec des orchestres symphoniques,
Avec des slams et la 5ème de Beethoven,
Avec des guitares et des percussions.
Louez- le avec des CD et des enregistrements numériques.

Que tout ce qui respire loue le Seigneur,
Toute cellule vivante,
Alléluia !

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Tous descendants d’Abraham !

Méditation du jeudi 15 juin 2016 – Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais.

Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi qui vous lie à Jésus-Christ. Vous tous, en effet, avez été unis au Christ dans le baptême et vous vous êtes ainsi revêtus de tout ce qu’il nous offre. Il n’importe donc plus que l’on soit juif ou non-juif, esclave ou libre, homme ou femme ; en effet, vous êtes tous unis dans la communion avec Jésus-Christ. Si vous appartenez au Christ, vous êtes alors les descendants d’Abraham et vous recevrez l’héritage que Dieu a promis.

Galates 4,26-29

 

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Comme il est bon d’apprendre par Jésus-Christ que nous sommes tous, ensemble, enfants d’un même Dieu, descendants d’Abraham, en qui sont bénies toutes les familles de la terre !
Qu’il est bon de croire que cette filiation concerne aussi – du point de vue de notre foi chrétienne, ceux qui ne connaissent ou ne reconnaissent pas Dieu, ou bien qui sont d’une autre religion que la nôtre, et que cela nous fait obligation de les traiter en frères.
En revanche, ne nous servons pas de cette parole ô combien généreuse de l’apôtre Paul pour déclarer caduques les identités singulières, et malvenues les cultures résistant à la nôtre. Plus encore, n’utilisons pas la communion de tous en Jésus-Christ pour oublier qu’en ce monde – ci existe encore l’esclavage, et que des femmes sont terriblement maltraitées dans de nombreux pays.
Haut et fort aimons et respectons cette humanité aux mille visages et à la ressemblance de Dieu, car si nous aimons le Christ, qui nous a tous aimés, notre joie ne peut être parfaite sans la joie et la liberté de tous.

 

Prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais avec ce poème

de René Philombé, poète camerounais (1930-2001)

J’ai frappé à ta porte
J’ai frappé à ton cœur
Pour avoir un bon lit
Pour avoir un bon feu
Pourquoi me repousser?
Ouvre-moi mon frère !…

Pourquoi me demander
Si je suis d’Afrique
Si je suis d’Amérique
Si je suis d’Asie
Si je suis d’Europe ?
Ouvre- moi mon frère !

Pourquoi me demander
La longueur de mon nez
L’épaisseur de ma bouche
La couleur de ma peau

Et le nom de mes dieux,
Ouvre-moi mon frère !…

Je ne suis pas un noir
Je ne suis pas un rouge
Je ne suis pas un jaune
Je ne suis pas un blanc
Mais je ne suis qu’un homme
Ouvre-moi mon frère !…

Ouvre-moi ta porte
Ouvre-moi ton cœur
Car je suis un homme
L’homme de tous les temps
L’homme de tous les cieux
L’homme qui te ressemble !…

 


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Ces obscurs dangers de la convoitise !

L’Eternel envoya Nathan chez David. Le prophète alla donc le trouver et lui dit:

Dans une ville vivaient deux hommes, l’un riche et l’autre pauvre[a]. Le riche possédait beaucoup de moutons et de bœufs. Le pauvre n’avait qu’une petite brebis qu’il avait achetée et qu’il élevait; elle grandissait chez lui auprès de ses enfants, elle mangeait de son pain, buvait à son bol et couchait dans ses bras; elle était pour lui comme une fille.

Un jour, un voyageur arriva chez l’homme riche, mais celui-ci ne voulut pas prendre une bête de ses troupeaux de moutons ou de bœufs pour préparer un repas au voyageur de passage. Alors il alla prendre la brebis du pauvre et la fit apprêter pour son hôte.
David entra dans une violente colère contre cet homme. Il dit à Nathan: Aussi vrai que l’Eternel est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort! Il restituera quatre fois la valeur de la brebis pour avoir commis un tel acte et pour avoir agi sans pitié.
Alors Nathan dit à David: Cet homme-là, c’est toi! Voici ce que déclare l’Eternel, le Dieu d’Israël:
«Je t’ai conféré l’onction pour t’établir roi d’Israël et je t’ai délivré de Saül. Je t’ai livré la maison de ton seigneur Saül, j’ai mis les femmes de ton seigneur dans tes bras et je t’ai établi chef sur Israël et sur Juda; et si cela était trop peu, j’étais prêt à y ajouter encore d’autres dons. Alors pourquoi as-tu méprisé ma parole en faisant ce que je considère comme mal? Tu as assassiné par l’épée Urie le Hittite. Tu as pris sa femme pour en faire la tienne, et lui-même tu l’as fait mourir par l’épée des Ammonites. Maintenant, la violence ne quittera plus jamais ta famille parce que tu m’as méprisé et que tu as pris la femme d’Urie le Hittite pour en faire ta femme.»
Voici ce que déclare l’Eternel: «Je vais faire venir le malheur contre toi, du sein même de ta famille, je prendrai sous tes yeux tes propres femmes pour les donner à un autre, qui s’unira à elles au grand jour.  Toi, tu as agi en cachette; mais moi j’exécuterai cela sous les yeux de tout Israël, au grand jour.»
David dit à Nathan: J’ai péché contre l’Eternel!
Nathan lui répondit: Eh bien, l’Eternel a passé sur ton péché. Tu ne mourras pas. Toutefois, comme par cette affaire tu as fourni aux ennemis de l’Eternel[b] une occasion de le mépriser, le fils qui t’est né mourra. 

2 Samuel 12,1-14

 

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On s’en souvient, le dernier des 10 commandements dénonce l’esprit de convoitise :  « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain; tu ne désireras pas la maison de ton prochain, ni son champ, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain. » Deut 5,21
L’histoire de David et Bethsabée nous montre clairement les dangers de cet esprit de convoitise : le vol, l’adultère, le meurtre.  Mais pourquoi le prophète Nathan a- t-il donc eu besoin d’une parabole pour dénoncer l’attitude du roi David ? N’aurait-il pu lui parler directement ?
Grâce au procédé de Nathan, nous apprenons quelque chose d’important : c’est l’inconscience, ou la cécité volontaire, de celui qui, saisi par la passion,  a commis une faute grave. David ne se reconnaît pas dans le personnage de l’homme riche volant au pauvre sa petite brebis. Il le condamne même violemment.
Il lui faut être confondu, accusé, par Nathan pour réaliser l’ampleur du mal qu’il a commis. Et c’est si grave que le mal retombera sur les générations à venir quand bien même David repentant sera lui-même gracié afin d’accomplir sa mission.
Cette terrible leçon est à méditer par chacun d’entre nous car nous sommes faits de la même pâte humaine que David.

 

 

Prions pour nos envoyés à Madagascar avec ces mots d’Erasme de Rotterdam, théologien humaniste de Hollande ( 1469-1536)

Ô Esprit Saint de Dieu qui, de ton souffle,
Purifie le cœur et l’esprit de ton peuple,
Le réconfortant quand il est dans la tristesse,
Le ramenant sur son chemin quand il s’en écarte,
Le réchauffant quand il a froid, l
Le rassemblant quand il est désuni,
L’enrichissant de dons multiples !

Toi qui fais vivre toute chose,
Nous te supplions de nous préserver et de nous enrichir chaque jour
Des dons que tu daignes nous accorder.
Qu’avec la lumière devant nous et en nous
Nous puissions traverser le monde,
Sans achoppement et sans errance ! Amen !

 

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Mission : Vivre et faire vivre !

Le jour suivant, Jésus alla dans une ville appelée Naïn ; ses disciples et une grande foule faisaient route avec lui. Lorsqu’il fut près de la porte de la ville, voici, on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de gens de la ville.
Le Seigneur, l’ayant vue, fut ému de compassion pour elle, et lui dit : Ne pleure pas !
Il s’approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi !  Et le mort s’assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère.
Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant : Un grand prophète a paru parmi nous, et Dieu a visité son peuple.
Cette parole sur Jésus se répandit dans toute la Judée et dans tout le pays d’alentour.

 Luc 7,11-17

 

Illustration de la méditation du jeudi

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Nous ne sommes pas Jésus, qui vient de rendre à la vie le serviteur mourant d’un officier romain de Capernaüm.
Nous ne sommes pas Jésus qui, sur le chemin de Naïm, rend à sa mère un enfant que déjà on porte en terre.
Nous ne sommes pas Jésus transfiguré, crucifié, ressuscité, élevé à la droite du Père !
Et pourtant il vit en nous, il console à travers nos gestes, il encourage par nos paroles, il diffuse sa joie dans nos regards, dès lors que nous accueillons sa présence au cœur de notre existence !
Mais nous-mêmes faisons-nous des miracles ?
Qu’est-ce qu’un miracle ?
Vivre et faire vivre n’est-il pas un miracle ? Etre considéré comme enfant de Dieu n’est-il pas un miracle ? Aimer et être aimé  véritablement n’est-il pas un miracle ? Servir Dieu en participant à la réparation de la création n’est-il pas un miracle ? Etre sensible à la beauté comme à la douleur du monde n’est-il pas un miracle ? Oser prier, chanter, danser pour exprimer notre reconnaissance n’est-il pas un miracle ? Témoigner jusqu’aux rives de la mort que l’amour ne saurait périr n’est-il pas un miracle ?
Que l’esprit de reconnaissance nous ouvre à cette compréhension ! Nous ne sommes que des poussières d’étoiles, mais Dieu tient à nous comme à la prunelle de ses yeux.

 

bandeau de la meditation

Prions pour nos envoyés avec les mots de cette «Lettre ouverte à Jésus de Nazareth ! »
Pardon si je t’écris.
Bien sûr tu ne tiendras pas compte de moi.
Je suis peu de chose : Segundo Lopez Sanchez, charpentier, marié, j’ai une femme et cinq enfants.
Je travaille dans un atelier (plus quelques bricoles).
Je suis l’un de tes pauvres.
Mais voilà que je n’ai plus ni force ni patience.
Seigneur, je dois tellement me bagarrer pour le peu de choses à manger.
Seigneur, vaut mieux que tu descendes et que tu le voies de tes propres yeux.
Je ne suis pas très instruit, mais on dit que tu étais du métier quand tu étais jeune.
Je ne sais pas ce que cela donnait en ce temps-là que de vivre de son travail et d’être pauvre.

Mais pour l’heure, c’est un miracle plus grand que celui des pains et des poissons
Que de mettre quelque chose sur la table et de le partager afin que tous en aient.
Essaie un peu !
Viens faire le charpentier avec nous et vis à la journée
Tu sueras le sang comme dans le jardin.
Et sors dans les chemins, mets-toi à prêcher comme tu le faisais contre les Pharisiens souvent
Et répète ce que tu disais des riches et de l’aiguille.
Chasse de l’Eglise les marchands et on verra ce qui se passera.
S’ils ne te crucifient pas comme autrefois c’est parce que maintenant
A peine on ouvre le bec qu’on te fait taire. C’est joli à voir !

Seigneur viens nous aider…
D’ouvrier à ouvrier je te le demande, et je signe :
Ton humble serviteur !

Segundo Angelo Figuera,  Amérique latine

 

Illustration de la meditation du jeudi

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Partager c’est multiplier la vie !

 

Les foules suivirent Jésus. Il les accueillit, et il leur parlait du royaume de Dieu; il guérit aussi ceux qui avaient besoin d’être guéris.

Comme le jour commençait à baisser, les douze s’approchèrent, et lui dirent : Renvoie la foule, afin qu’elle aille dans les villages et dans les campagnes des environs, pour se loger et pour trouver des vivres ; car nous sommes ici dans un lieu désert.                                  

Jésus leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils répondirent: Nous n’avons que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n’allions nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple.

Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : Faites-les asseoir par rangées de cinquante. Ils firent ainsi, ils les firent tous asseoir.

Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu’ils les distribuassent à la foule.                 

Tous mangèrent et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.

Luc 9,11-17

Illustration méditation du jeudi

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C’est terrible à dire, mais n’y a- t- il pas plus de facilité à partager le « peu » que l’abondance ? On se souvient de l’impuissance du jeune homme riche à donner ses biens (Matthieu 19,16-30). Et du calcul mortel – et pourtant raisonnable, d’Hananias et Saphira (Actes 5, 1-10), quand ils donnent « seulement » une partie du prix de vente de leurs biens à la communauté ?

En revanche beaucoup témoigneront avoir été reçus royalement dans des familles disposant de très peu mais mettant tout sur la table.

Le réalisme des disciples de Jésus vis-à-vis d’une foule à nourrir peut nous faire penser à « notre réalisme » face à l’afflux des réfugiés. Comment les recevoir en nombre, les intégrer, leur procurer des moyens de subsistance avec un taux de chômage comme le nôtre et dans un contexte politique difficile ?

Et pourtant !

De la Parole de Jésus retenons « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! »

Comment est-ce possible ?

En plaçant la bénédiction de Jésus au cœur de la réalité, afin de l’ouvrir aux possibles de Dieu.  Cette bénédiction, en instaurant le partage de la vie, permet la multiplication des pains !

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Partageons cette prière d’un entrepreneur :

Diriger et me laisser conduire par toi, Seigneur !

Faire croître la richesse et la vouloir pour une destinée universelle.

Vivre dans l’univers marchand et rester ouvert à la gratuité.

Savoir compter avec rigueur et ne pas cesser de donner sans compter.

Pouvoir être trahi sans cesser de croire aux hommes.

Rester attentif à celui qui est à mes côtés et qui attend la réponse.

Voir en cet homme non pas seulement celui qui me fait face,

Mais l’homme possible que toi, mon Dieu, tu habites de ta richesse.

 

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La sagesse, un horizon ?

 

L’Éternel m’a créée la première de ses oeuvres, avant ses oeuvres les plus anciennes.
J’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre.
Je fus enfantée quand il n’y avait point d’abîmes, point de sources chargées d’eaux ;
Avant que les montagnes soient affermies, avant que les collines existent, je fus enfantée ;
Il n’avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, ni le premier atome de la poussière du monde.
Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là; lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme,
Lorsqu’il fixa les nuages en haut, et que les sources de l’abîme jaillirent avec force,
Lorsqu’il donna une limite à la mer, pour que les eaux n’en franchissent pas les bords,
Lorsqu’il posa les fondements de la terre, j’étais à l’oeuvre auprès de lui,
Et je faisais tous les jours ses délices, jouant sans cesse en sa présence,
Jouant sur le globe de sa terre, et trouvant mon bonheur parmi les fils de l’homme.

Proverbes 8:22-31

 

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La sagesse semble être un idéal universel. Mais l’être humain peut-il vraiment l’acquérir, à force d’expériences, de méditation et de travail sur soi ? Se parer des habits du sage peut-il faire oublier que nous sommes et restons des êtres de passion ? Si « celui qui fait l’ange fait la bête », ne peut-on craindre que celui qui fait le sage fasse le fou ?

Le prophète Jérémie nous a prévenus il y a bien longtemps : « Ainsi parle l’Eternel: Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l’Eternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre; car c’est à cela que je prends plaisir, dit l’Eternel. » (Jérémie 9, 23-27)

Pourtant la sagesse existe, nous disent les Proverbes, comme compagne originelle de Dieu ! Cette métaphore est merveilleuse, car en l’éloignant infiniment de nous elle nous libère de nos prétentions à une perfection illusoire et dangereuse. Nous reste le merveilleux chemin d’une vie éclairée par la sagesse de Dieu : c’est celui de l’humilité, de la bonté, du droit et de la justice : tout ce qui fait notre joie et celle de notre Père céleste.

 

bandeau méditation du jeudi

 

Prions pour notre envoyé au Bénin et pour le peuple béninois

Seigneur, je ne sais que te demander…

Tu es seul à savoir ce qui m’est nécessaire.
Tu m’aimes davantage que je ne puis m’aimer moi-même.
Accorde-moi, à moi ton serviteur,
De voir ce que je suis incapable de demander par moi-même.

Je n’ose demander ni la croix, ni la consolation.

Je me tiens seulement devant toi.

Mon cœur t’est ouvert.

Tu vois les besoins que j’ignore.

Vois et agis selon ta miséricorde. Frappe-moi et guéris-moi.

Terrasse-moi et relève-moi.

Je révère ta volonté et je me tais devant toi,
Devant ta volonté sainte,
Devant tes décisions impénétrables.
Je me donne à toi entièrement.

Il n’y a en moi ni volonté ni désir, si ce n’est le désir d’accomplir ta volonté.

Enseigne-moi à prier.

Prie toi-même au-dedans de moi.

Métropolite Philarète de Moscou

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Dire l’amour de Dieu en toutes langues !

 

Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d’eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer.

A Jérusalem vivaient des Juifs pieux, venus de tous les pays du monde. Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. Ils étaient remplis d’étonnement et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il alors que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie, de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; il y en a qui sont venus de Rome, de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes oeuvres de Dieu !

Actes 2,1-11

 

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Les disciples de Jésus sont à Jérusalem, rassemblés pour la fête de Chavouot, célébrée 50 jours après Pâques, en rappel du don de la Torah sur le Mont Sinaï. En accueillant l’Esprit de Sainteté, ils vont recevoir mission de faire connaître le Dieu de la Torah à tous les peuples et d’annoncer que Jésus, son fils et serviteur est venu, mort et ressuscité pour donner à tous la vie éternelle et le salut à la création tout entière.
Plus anciennement, l’événement de Pentecôte nous ramène à l’épisode de Babel, en ce temps originaire où l’humanité est tentée par la toute-puissance et l’oubli de Dieu : « Allons, bâtissons-nous une ville et  une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la surface de la terre. »

Voyant tous les dangers d’un tel projet pharaonique, Dieu y mit bon ordre en jetant le trouble par la multiplication des langues.

Or voici que, en ce temps de Pentecôte, l’ensemble des langues humaines, pénétré par le souffle divin,  sort de la confusion et se fait porteur de sens, de communion, de joie.

La pluralité n’est pas une malédiction, mais une bénédiction… et les obscurités du langage peuvent devenir des puits de lumière pour peu qu’elles soient portées par des voix généreuses, aimantes et joyeuses, prêtes à s’adresser au monde entier! Ce qui vaut pour les langues vaut pour les cultures, qui en se rencontrant, se métissant, loin de mettre en cause l’unicité de Dieu, peuvent au contraire construire son projet de justice et d’amour pour cette terre.

 

bandeau méditation du jeudi

 

En ce temps de Pentecôte nous prions pour nos envoyés au Congo-Brazaville et pour le peuple congolais.

En ce jour où tu as répandu l’Esprit Saint sur tes disciples, nous te louons, Seigneur,

Et nous te bénissons, pour la prédication de ta Parole et pour l’assurance que tu nous y donnes, de ta victoire sur toutes les puissances du mal.

Nous te prions pour le monde, pour notre pays, pour l’Eglise et pour nous-mêmes.

Que ton Esprit d’humilité fasse de nous les serviteurs de tous, et en particulier des petits, des humbles, des délaissés et de ceux qui sont opprimés par toutes sortes de misères.

Que ton Esprit consolateur assiste tous ceux qui sont meurtris par la vie et par les événements actuels. Qu’il les garde et qu’il nous garde de toute amertume.

Qu’il maintienne vivante en nous et en eux la flamme de l’espérance.

Que l’Esprit de sainteté nous purifie de la haine et de toute passion mauvaise.

Que l’Esprit d’amour nous garde du fanatisme ; qu’il nous aide à aller les uns vers les autres, à nous écouter et à chercher ensemble ce qui est juste et bon pour l’aujourd’hui que tu nous donnes de vivre.

Que l’Esprit de sagesse donne aux hommes d’Etat, aux divers responsables et à tous les citoyens, une intelligence lucide en vue des choix qui nous attendent, et que le monde attend de nous.

Que l’Esprit créateur suscite partout une nouvelle vie, qu’il rende féconds les ferments de renouveau qui sont apparus au milieu des événements actuels.

Que ton Esprit de vérité conduise l’Eglise dans toute la vérité et qu’il lui permette de garder et d’annoncer fidèlement ton Evangile.

Qu’ainsi la paix règne dans nos cœurs, dans nos foyers, dans notre peuple et partout dans le monde.

Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi et le même Esprit Saint, un seul Dieu, aux siècles des siècles, Amen.

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Aimer jusqu’à la mort mais pour la vie !

 

Etienne, rempli du Saint-Esprit, fixa les regards vers le ciel et vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu.

Il dit : «Je vois le ciel ouvert et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu.»

Ils poussèrent alors de grands cris en se bouchant les oreilles, se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent à l’extérieur de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul.

Ils jetaient des pierres à Etienne qui priait et disait: «Seigneur Jésus, accueille mon esprit!»

Puis il se mit à genoux et s’écria d’une voix forte: «Seigneur, ne les charge pas de ce péché!» Après avoir dit cela, il s’endormit. Actes 7,55-60

 

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La mort d’Etienne ressemble à la mort de Jésus : c’est celle des serviteurs témoins que rien n’arrête. Contrairement aux kamikazes qui haïssent le genre humain et aiment la mort, eux n’ont pas désiré la souffrance et n’ont pas sublimé le martyre. Mais ils n’ont pas hésité, par amour de Dieu et de la vérité, à affronter la cruauté humaine, dont ils savaient qu’elle les prendrait pour cible.

Si le courage des serviteurs témoins s’enracine dans le mystère de la foi et de l’amour, au point qu’ils implorent le pardon de Dieu pour leurs bourreaux, d’où vient que des humains, pris de folie ou de haine, ou encore armés d’implacables machines à  fabriquer des coupables,  donnent libre cours à une cruauté sanguinaire ?

Cette question n’est pas nouvelle ; lisons comment  l’historien romain Tacite décrivait le processus du bouc émissaire au moment de l’incendie de Rome sous l’empereur Néron :

 

Ni les moyens humains, ni les largesses du prince, ni les cérémonies religieuses expiatoires ne dissipaient la rumeur disant que l’incendie était d’origine criminelle. Aussi pour dissiper ces bruits, Néron trouva des coupables tout indiqués qu’il soumit à des tortures exemplaires, car leurs crimes les rendaient odieux. Le peuple les appelait chrétiens. Ce nom leur venait de Christ, supplicié sous l’empereur Tibère par le procurateur Ponce-Pilate. Leur funeste superstition avait été réprimée immédiatement mais elle refaisait surface, non seulement en Judée foyer de cette peste, mais à Rome où s’installent et se développent toutes les idées détestables et choquantes venues de partout. Dans un premier temps, on arrêta ceux qui avouaient. Suite à leurs dénonciations, une foule innombrable fut accusée, pas tellement d’avoir allumé l’incendie, mais d’avoir de la haine pour l’humanité. Leur mort était mise en scène : certains, recouverts de peaux de bêtes, étaient déchirés par les chiens; beaucoup étaient mis en croix ou brûlés; on en faisait brûler d’autres comme des torches pour éclairer le crépuscule. Néron avait réservé ses jardins pour le spectacle et il y organisait des jeux du cirque. Vêtu en cocher, il se mêlait à la foule ou bien il montait sur un char. Voyant cela, malgré leur culpabilité qui valait aux chrétiens des châtiments exemplaires, les gens éprouvaient de la compassion: ils pensaient que les chrétiens n’étaient pas exécutés dans l’intérêt public mais qu’ils assouvissaient la cruauté d’une seule personne. TACITE, Annales, XV, 44.

 

Quand la compassion germe, la lumière point à l’horizon !

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Nous prions pour nos envoyés aux Antilles :

Seigneur,
Dans un monde sans foi ni espérance,
Même si on me traite de fou je prierai.
Même si on se ligue contre moi, je prierai encore plus fort.
Même si on m’emprisonne, je conduirai vers toi prisonniers, geôliers et juges.

Aide- moi à susciter l’espérance parmi les désespérés, les étrangers, les réfugiés, les exclus.
Seigneur, à cause de toi, je crois que rien n’est perdu :
Que ton amour envers les hommes demeure le même.

Je te prie pour les semeurs de tristesse et de mort,
Pour les responsables irresponsables de ce temps,
Pour ton Eglise émiettée sur la terre,
Pour l’avènement du temps promis
Où le partage équitable se fera entre les nantis et les démunis,
Entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.

Seigneur apprends-moi à prier,
A compter sur toi,
A œuvrer avec toi,
A prier encore et encore avec foi et persévérance.

Samuel Noutanewo

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Que rien n’empêche d’entendre l’invitation de Dieu !

Nous prions pour nos envoyés au Liban et pour le peuple libanais

Quelques hommes vinrent de Judée à Antioche et se mirent à donner aux frères cet enseignement : « Vous ne pouvez pas être sauvés si vous ne vous faites pas circoncire comme la loi de Moïse l’ordonne. » Paul et Barnabas les désapprouvèrent et eurent une violente discussion avec eux à ce sujet. On décida alors que Paul, Barnabas et quelques autres personnes d’Antioche iraient à Jérusalem pour parler de cette affaire avec les apôtres et les anciens. Actes 15,1-2

Alors, toute l’assemblée garda le silence et l’on écouta Barnabas et Paul raconter tous les miracles et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les non-Juifs. Quand ils eurent fini de parler, Jacques prit la parole et dit :

« Frères, écoutez-moi ! Simon a raconté comment Dieu a pris soin dès le début de ceux qui ne sont pas juifs pour choisir parmi eux un peuple qui lui appartienne. Et les paroles des prophètes s’accordent avec ce fait, car l’Écriture déclare :

“Après cela je reviendrai, dit le Seigneur,
Pour reconstruire la maison de David qui s’était écroulée,
Je relèverai ses ruines et je la redresserai.
Alors tous les autres humains chercheront le Seigneur,
Oui, toutes les nations que j’ai appelées à être miennes.
Voilà ce que déclare le Seigneur, qui a fait connaître ses projets depuis longtemps.”

C’est pourquoi, ajouta Jacques, j’estime qu’on ne doit pas créer de difficultés à ceux, non juifs, qui se tournent vers Dieu. Mais écrivons-leur pour leur demander de ne pas manger de viandes impures provenant de sacrifices offerts aux idoles, de se garder de l’immoralité et de ne pas manger de la chair d’animaux étranglés ni de sang. Car, depuis les temps anciens, des hommes prêchent la loi de Moïse dans chaque ville et on la lit dans les synagogues à chaque shabbat. » Actes 15,9-12

 

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On prêche volontiers et généreusement l’accueil dans nos Eglises.
Mais est-ce simple d’accueillir des nouveaux-venus ?

Oui à condition qu’ils soient comme nous, aiment et chantent les mêmes cantiques, adoptent nos rites, comprennent à demi-mot ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, se dit et ne se dit pas, évitent de parler trop fort, renoncent à prier de manière qui nous semble intempestive, acceptent notre relation très critique à la Bible  …. Et si ce n’est pas le cas ?

Transposons ces questions au Proche-Orient, dans les années 50 de notre ère, au moment où la première communauté de croyants juifs  s’enrichissait de nombreux non-juifs !   Ceux-ci, désirant devenir disciples du juif Jésus, devaient-ils  ou non observer la circoncision, la cacherout, le shabbat ? Devaient-ils devenir des chrétiens juifs aux côtés des juifs chrétiens ou non ?  Paul, Pierre, Jacques et les autres discutèrent longuement de ces questions. Ce fut le « premier concile » de Jérusalem.   

La règle qui prévalut fut qu’on ne devait » pas créer de difficultés à ceux, non juifs, qui se tournaient vers Dieu », mais qu’en retour on leur demandait de ne pas avoir de pratique qui puisse être choquante pour des juifs.

Cette mesure de sagesse, qui ne fut pas suivie de tous les effets escomptés, reste toujours d’actualité. Mais plutôt que la mettre en œuvre pour construire l’Eglise universelle et bigarrée, nous préférons bien souvent avoir des Eglises séparées, identitaires et uniformes, pour le grand dam de tous et la tristesse de Dieu.

 

Avec cette prière de Voltaire tirée de son Traité de la tolérance, nous prions et portons devant Dieu nos envoyés au Liban et tout le peuple libanais :

 

Ce n’est plus aux hommes que je m’adresse ;
C’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps :
S’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité,
Et imperceptibles au reste de l’univers,

D’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné,
A toi dont les décrets sont immuables comme éternels,
Daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ;
Que ces erreurs ne fassent point nos calamités.

Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ;
Fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ;
Que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps,
Entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules,

Entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées,
Entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ;
Que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes
Ne soient pas des signaux de haine et de persécution ;

Que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer
Supporte ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ;
Que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer
Ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ;

Qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ;
Que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet,
Qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de boue de ce monde,
Et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal,
Jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse,

Et que les autres les voient sans envie :
Car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni envier, ni de quoi s’enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible !
Si les fléaux de la guerre sont inévitables,

Ne nous haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix,
Et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers,
Depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII




Diffusion de l’Evangile à tous vents !

 

Paul et Barnabas annoncèrent la Bonne Nouvelle dans la ville de Derbe où ils firent beaucoup de disciples. Puis ils retournèrent à Lystre, à Iconium et à Antioche de Pisidie. Ils fortifiaient le cœur des croyants, les encourageaient à demeurer fermes dans la foi et leur disaient : « Nous devons passer par beaucoup de souffrances pour entrer dans le Royaume de Dieu. » Dans chaque Eglise, ils leur désignèrent des anciens et après avoir jeûné et prié, ils les recommandèrent au Seigneur à qui ils avaient cru.

Ils traversèrent ensuite la Pisidie et arrivèrent en Pamphylie. Ils annoncèrent la Parole de Dieu à Perge, puis se rendirent à Attalie. De là, ils partirent en bateau pour Antioche de Syrie, la ville où on les avait confiés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient maintenant accomplie. Arrivés à Antioche, ils réunirent des membres de l’Eglise et leur racontèrent tout ce que Dieu avait réalisé par eux, et comment il avait ouvert la porte de la foi aux non-juifs, eux aussi. 

Actes 14,21-2

 

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Qu’est-ce qui fait que des femmes, des hommes, deviennent librement disciples du Christ ?
Une Parole les atteint, qui dit et porte l’amour de Dieu, un récit les touche au cœur, une promesse les concerne, un appel les pousse à la décision, et leur vie s’en trouve transformée.

Mais cette parole est toujours incarnée par une présence humaine ; elle signifie visite, rencontre, regards échangés, écoute, gestes de fraternité.

Paul et Barnabas se sont déplacés en Asie Mineure, de ville en ville. Ils sont venus à la rencontre des habitants, juifs et non-juifs. Ils avaient quelque chose à leur dire, personnellement, un cadeau à leur confier afin qu’ils le partagent autour d’eux. Puis ils sont repartis ; et ils sont revenus afin d’encourager les croyants dans les difficultés présentes et à venir. Alors ils ont conseillé, ils ont organisé la communauté, et ils sont retournés là d’où ils étaient partis, racontant tout ce qu’ils avaient fait et  témoignant des fruits de l’Esprit de Dieu.

Cela parait simple – ces voyages !  Et pourtant à l’époque…

Mais avaient-ils le choix ? Depuis toujours  la Bonne Nouvelle est faite pour la diffusion et non pour la conservation. C’est d’être lancée à tout vent, offerte à qui veut l’entendre, qu’elle se nourrit, rendant manifeste la présence aimante du Christ vivant !  Et libérant le cœur et la vie de ceux qui lui portent foi.

 

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A travers les mots de cette prière camerounaise nous prions pour notre envoyé au Bénin et pour tout le peuple béninois. 

Que l’Afrique te connaisse, Seigneur Dieu,
Toi le chef de tous ces grands chefs,
Toi le Père de tous ces anciens, toi, la sagesse des sages.
Donne à chaque peuple et à chaque tribu de te chercher, de te connaître,
De savoir que tu es le seul Dieu véritable.
Que le monde te connaisse, toi le vrai Dieu.

Qu’ils te connaissent les hommes d’Afrique et ceux du monde entier,
Afin que tu sois enfin le Dieu qui n’appartient à personne et qu’aucune nation ne saurait coloniser, afin que les religions ne soient plus des tours d’ivoire commodes.
Sois connu afin que tes messagers sachent que tu les as précédés
Et que tu es à l’œuvre dans toutes les cultures.

Que l’homme ne s’érige plus en dieu pour l’homme,
Pour que a croix ne soit plus un bijou et la souffrance un blasphème.

Afin que soit enfin entonné le chant funèbre de tout mépris et de toute supériorité
Et que batte la frénésie du tam-tam de la fraternité retrouvée.

Communion de l’homme à la feuille qui vibre,
De l’homme au murmure d’amour de l’homme,
De l’homme à la totalité que nous entrevoyons
Mais que seul tu es éternellement.

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Soyez comme des enfants – ou des petites brebis !

 

Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent.                                                                        

Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.            

Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un.

Jean 10,28-30

 

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Jésus enseigne souvent par paraboles afin de rendre plus accessible la réalité de l’amour de Dieu, et d’en montrer la dimension concrète. Mais dans l’évangile de Jean, il ne se contente pas d’offrir  des images du royaume de Dieu, il se sert de métaphores pour parler de lui-même : le cep, le pain de vie, la porte…

Avec le berger nous retrouvons une image de Dieu, celle qui ouvre le psaume 23. Figure rassurante et en même temps nomade, le berger entretient une relation de confiance mutuelle avec son troupeau. Sans lui les bêtes se dispersent et cessent de former communauté à moins d’être contenues dans un enclos. Avec lui elles savent où elles vont et ne se perdent pas. Mais sans troupeau qu’advient-il du berger ? Nous pouvons en avoir quelque idée si nous songeons à ce reportage diffusé il y a quelques temps sur une femme du Mozambique ayant perdu ses bêtes à cause de la sécheresse. Perte économique, angoisse de la faim et de l’avenir, mais aussi sentiment de solitude et de deuil.

Finalement nous voir ramenés à la condition animale de brebis est une belle et douce chose, car cela simplifie l’idée parfois un peu compliquée que nous avons de la foi. Tss tsst fait le berger et nous sentons qu’il est là ; nous pouvons bêler de contentement ou d’inquiétude, il nous comprend. Il sifflote ; nous trottinons un peu plus vite. Il chante nous sourions dans notre barbichette… Nous levons vers lui des yeux d’enfants et nous nous réchauffons à sa main parfois rugueuse. Et ceci-figurez-vous, est un avant-goût de la vie éternelle ! O Jésus que notre joie demeure ! Alléluia !

 

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Prions pour nos envoyés du Congo-Brazzaville et pour le peuple congolais

Seigneur, donne-moi de voir les choses à faire sans oublier les personnes à aimer,
Et de voir les personnes à aimer sans oublier les choses à faire.

Donne-moi de voir les vrais besoins des autres.
C’est si difficile de ne pas vouloir la place des autres,
De ne pas répondre à la place des autres,
De ne pas décider à la place des autres.
C’est si difficile, Seigneur, de ne pas prendre ses désirs pour les désirs des autres,
Et de comprendre les désirs des autres quand ils sont si différents des nôtres

Seigneur, donne-moi de voir ce que tu attends de moi parmi les autres.
Enracine au plus profond de moi cette certitude qu’on ne fait pas le bonheur des autres sans eux…

Seigneur, apprends-moi à faire les choses en aimant les personnes.
Apprends-moi à aimer les personnes pour ne trouver ma joie qu’en faisant quelque chose pour elles, et pour qu’un jour elles sachent que Toi seul, Seigneur, es l’Amour.

Norbert Segard 1922-1981 physicien et homme politique français

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La foi entre folie et sagesse

 

Après qu’ils les eurent amenés en présence du sanhédrin, le souverain sacrificateur interrogea les apôtres en ces termes : Ne vous avons-nous pas défendu expressément d’enseigner en ce nom-là ? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre enseignement, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme !

Pierre et les apôtres répondirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois. Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés.

Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. Furieux de ces paroles, ils voulaient les faire mourir.

Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit: Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens. Car, il n’y a pas longtemps que parut Theudas, qui se donnait pour quelque chose, et auquel se rallièrent environ quatre cents hommes : il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti: il périt aussi, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés.

Et maintenant, je vous le dis ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez-les aller. Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu.

Ils se rangèrent à son avis. Et ayant appelé les apôtres, ils les firent battre de verges, ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et ils les relâchèrent. Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus. 

Actes 5,27-41

 

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Nos livres saints recèlent parfois de la violence. C’est ce qui a poussé, en 2008, le Rabbin David Meyer, le Père Yves Simoens, et l’Imam Soheib Bencheickh à publier un livre au titre évocateur : Les Versets douloureux : Bible, Evangile et Coran entre conflit et dialogue. Ils y invitent chacun à une lecture critique de sa propre tradition et à une rencontre de celles des autres.

Du point de vue de la violence l’histoire des apôtres convoqués au Sanhédrin est terrible. Pour avoir prêché l’Evangile dans les rues de Jérusalem et continué de le faire en bravant l’interdiction ils risquent la mort. De tout temps les institutions savent se montrer implacables vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme dangereux pour leur autorité.

Mais l’accusation que les apôtres portent sur les prêtres d’avoir tué Jésus recèle elle aussi de la violence. Car si Jésus a été jugé par le Sanhédrin, comment gommer la responsabilité de Ponce Pilate ? La croix est un supplice romain.

Finalement c’est Gamaliel qui nous donne la meilleure leçon d’humanité et de sagesse à travers son enseignement. « Si cette entreprise ou cette oeuvre vient des hommes, elle se détruira; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir combattu contre Dieu. »

Est-ce si différent de la parole des apôtres disant : « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes ? »
Si notre foi doit être aussi fervente que celles des apôtres, on ne peut que lui souhaiter d’avoir également la sagesse bienveillante du maître pharisien de Saul de Tarse, le futur apôtre Paul.

 

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Prions pour nos envoyés au Vietnam et le peuple vietnamien

Ô Toi, Dieu de Bonté,

Tu as fait descendre toute l’humanité du seul et même couple originel,

Tu asvoulu que tous les êtres fussent de la même famille.

En ta sainte présence, ils sont tes serviteurs et toute l’humanité s’abrite sous ton tabernacle. Tous se sont réunis à la table de ta générosité, tous sont radieux sous la lumière de ta providence.

Ô Dieu ! Tu es bon envers tous. Tu as pourvu chacun.

Tu abrites chacun, à tous Tu confères la vie.

Tu les as tous dotés de facultés et de talents et chacun d’eux est plongé dans l’océan de ta miséricorde.

Ô Toi, Seigneur bienfaisant ! Unis‐les tous, fais que les religions s’accordent,
Que les nations s’unifient, afin qu’ils soient comme les membres d’une seule espèce et comme les enfants d’une même patrie.

Puissent‐ils s’associer dans l’unité et la concorde.

Ô Dieu ! Lève l’étendard de l’unité du genre humain.

Ô Dieu ! Établis la Très Grande Paix. Cimente les coeurs ensemble.

Ô Dieu ! Ô Toi Père bienfaisant !

Dieu ! Réjouis les coeurs par le parfum de ton amour, fais briller les yeux par la lumière de ta direction, charme les oreilles par la mélodie de ta parole et abrite‐nous dans le refuge de ta protection.

Tu es le Fort, le Puissant, le Clément !

Tu es Celui qui est indulgent pour les faiblesses des hommes.

Baha’u’llah 1817‐1892, prince persan à l’origine du ba’haïsme, issu de l’islam, dont l’essentiel du message est qu’il n’y a qu’un seul Dieu, que toutes les religions ne sont que des maillons de la même révélation divine et que tous les hommes sont destinés à vivre en paix.

 

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