Tous dans les bras d’Abraham !

Méditation du jeudi 22 septembre 2016. Nous prions pour nos envoyés en Egypte et le peuple égyptien.

« Il y avait une fois un homme riche qui s’habillait des vêtements les plus fins et les plus coûteux et qui, chaque jour, vivait dans le luxe en faisant de bons repas.

Devant la porte de sa maison était couché un pauvre homme, appelé Lazare. Son corps était couvert de plaies. Il aurait bien voulu se nourrir des morceaux qui tombaient de la table du riche. De plus, les chiens venaient lécher ses plaies.

Le pauvre mourut et les anges le portèrent auprès d’Abraham.

Le riche mourut aussi et on l’enterra. Il souffrait beaucoup dans le monde des morts ; il leva les yeux et vit de loin Abraham et Lazare à côté de lui.

Alors il s’écria : «Père Abraham, aie pitié de moi ; envoie donc Lazare tremper le bout de son doigt dans de l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre beaucoup dans ce feu.»

Mais Abraham dit : «Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu beaucoup de biens pendant ta vie, tandis que Lazare a eu beaucoup de malheurs. Maintenant, il reçoit ici sa consolation, tandis que toi tu souffres. De plus, il y a un profond abîme entre vous et nous ; ainsi, ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le peuvent pas et l’on ne peut pas non plus parvenir jusqu’à nous de là où tu es.»

Le riche dit : «Je t’en prie, père, envoie donc Lazare dans la maison de mon père, où j’ai cinq frères. Qu’il aille les avertir, afin qu’ils ne viennent pas eux aussi dans ce lieu de souffrances.»

Abraham répondit : «Tes frères ont Moïse et les prophètes pour les avertir : qu’ils les écoutent !»

Le riche dit : «Cela ne suffit pas, père Abraham. Mais si quelqu’un revient de chez les morts et va les trouver, alors ils changeront de comportement.»

Mais Abraham lui dit : «S’ils ne veulent pas écouter Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si quelqu’un se relevait d’entre les morts.»

Luc 16, 19-31

 

    Source : pixabay

 

Quelle histoire terrible !

Deux hommes, deux mondes. Entre les deux un abime, ou un mur !

Le riche, anonyme, est enfermé dans son luxe : vêtements, nourriture, biens multiples.

Le pauvre, prénommé Lazare (Dieu aide), est enfermé dans son pauvre corps affamé, détérioré, qui n’attire que les chiens !

Et aucun miracle n’a lieu : le « méchant » riche ne devient pas bon, compatissant et généreux comme dans certains contes.
Et le pauvre ne pêche pas le poisson aux œufs d’or dans quelque étang.

Il se passe autre chose :

Le pauvre Lazare meurt et il est accueilli dans le sein d’Abraham !

Le riche anonyme meurt à son tour et il est rejeté du sein d’Abraham !

Faudrait-il donc être pauvre et se soumettre à l’ordre des choses en attendant de recevoir le centuple au paradis ?  Heureusement cette interprétation ne trouve plus beaucoup de partisans.

Il n’en reste pas moins que l’ultime consolation du malheureux Lazare nous  rappelle le lien de parenté qui unit Dieu à l’être nu de l’homme, celui qui n’a rien pour faire obstacle à son amour. Alors que la richesse, surtout en excès, risque de nous rendre sourds à la voix du cœur.

Néanmoins le sort du riche nous émeut ! Même quand, outre-tombe, il semble devenu un peu plus lucide et moins égoïste, aucune rédemption n’est en réserve pour lui !  Il se cogne à la même impossibilité que celle qu’il imposait à Lazare gisant à sa porte.

Jésus est porteur de la loi de Moïse et des prophètes : Dieu est Un et l’Humain est Un. Nous sommes tous enfants d’un même Père.  Mais chaque fois que, par mépris,  par indifférence, où par désir de dominer…nous réfutons cette unité originaire, nous signons notre propre condamnation, car nous nions le projet de Dieu.

Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour le peuple égyptien avec cette prière d’un auteur anonyme :

« Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères c’est à moi que vous l’avez fait. Matthieu 25 »

Comment puis-je remercier Dieu, quand mon voisin souffre de la faim et de la soif ?
Comment puis-je dire : Merci, Seigneur, pour ce repas ?

Quand mon voisin est nu et dort dans la rue,
Faut-il vraiment que je dise : ta bonté ô Dieu, soit bénie ?
Ai-je le droit de louer Dieu,
Quand il me donne, à moi seul, liberté et santé ?

Quand mon voisin est opprimé et malade,
Suis-je obligé de dire : ta miséricorde soit louée ?

Quand des millions d’hommes continuent de vivre dans les ténèbres,
Devrais-je dire : Merci à toi, ô Dieu, de me compter au nombre des élus ?

Mon enfant, je ne te donne pas à boire et à manger pour que tu sois seul rassasié
Et que tu vives dans la joie.
Je te fais ce cadeau pour que tu partages ton repas
Avec ton voisin qui crie famine.
Quand tu l’auras rassasié, il reconnaîtra ma sollicitude,
Et il me dira merci !

Mon enfant je ne te donne pas vêtements et logis
Pour que tu connaisses le confort et que l’orgueil te monte à la tête.
C’est pour que ton manteau réchauffe ton voisin qui grelotte et pour que ta maison abrite les malheureux :
Quand ils connaîtront, à travers toi, ma bonté,
Ils me béniront.

Mon enfant je ne te donne pas santé et liberté
Pour que tu jouisses sans épreuves de la vie.
Tu es robuste, alors tu peux assister les malades et les vieilles gens.
Tu es libre, alors tu peux aider.
Paroles lointaines, paroles si proches, expressions de foi de l’Eglise universelle.

 

Hortus Deliciarum. Tome 1. Herrade De Landsberg

Source : Google




On ne peut servir Dieu et Mamon

Méditation du jeudi 15 septembre 2016. Nous prions pour les envoyés au Burkina-Fasso et pour le peuple burkinabais.

 

Jésus dit à ses disciples :

« Un homme riche avait un gérant et l’on vint lui rapporter que ce gérant gaspillait ses biens. Le maître l’appela et lui dit : «Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet? Présente-moi les comptes de ta gestion, car tu ne pourras plus être mon gérant.»

Le gérant se dit en lui-même : «Mon maître va me retirer ma charge. Que faire ? Je ne suis pas assez fort pour travailler la terre et j’aurais honte de mendier. Ah ! Je sais ce que je vais faire ! Et quand j’aurai perdu ma place, des gens me recevront chez eux !» Il fit alors venir un à un tous ceux qui devaient quelque chose à son maître. Il dit au premier : «Combien dois-tu à mon maître ?» — «Cent tonneaux d’huile d’olive», lui répondit-il. Le gérant lui dit : «Voici ton compte ; vite, assieds-toi et note cinquante.» Puis il dit à un autre : «Et toi, combien dois-tu?» — «Cent sacs de blé», répondit-il. Le gérant lui dit : «Voici ton compte ; note quatre-vingts.»

Eh bien, le maître loua le gérant malhonnête d’avoir agi si habilement. En effet, les gens de ce monde sont bien plus habiles dans leurs rapports les uns avec les autres que ceux qui appartiennent à la lumière. »

Jésus ajouta : « Et moi je vous dis : faites-vous des amis avec les richesses trompeuses de ce monde, afin qu’au moment où elles n’existeront plus pour vous on vous reçoive dans les demeures éternelles. Celui qui est fidèle dans les petites choses est aussi fidèle dans les grandes ; celui qui est malhonnête dans les petites choses est aussi malhonnête dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèles dans votre façon d’utiliser les richesses trompeuses de ce monde, qui pourrait vous confier les vraies richesses ? Et si vous n’avez pas été fidèles en ce qui concerne le bien des autres, qui vous donnera le bien qui vous est destiné?

« Aucun serviteur ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second; ou bien il s’attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Luc 16,1-13

Source : Pixabay

Partout dans le monde, la corruption est une des grandes causes de malheur, car elle écrase les plus faibles et les scandalise. Alors comment le Jésus des cœurs purs et du don gratuit peut-il exprimer, à travers une parabole, quelque admiration pour un intendant machiavélique ? Est-ce de l’ironie ou une provocation ? S’agit-il d’une sorte de morale du pire ? Nous sommes choqués !

Mais serions-nous meilleurs que le maître de la parabole, qui sonde tout ? Peut-être nous tend-il simplement un miroir afin que nous comprenions que le cynisme des uns n’aurait pas réellement de pouvoir sans l’hypocrisie des autres.

Car celle-ci cache, derrière les grands principes, toutes les compromissions dont notre cœur s’arrange, partagé qu’il est entre Dieu et Mamon. Et qui permettent ces mille petites infidélités quotidiennes que nous jugeons si banales, si dérisoires, si peu graves !

Et pourtant : fidèles dans les petites choses, fidèles dans les grandes, nous dit Jésus. Et l’inverse se vérifie également.

Y a- t-il une morale de l’histoire ?

Il faut servir Dieu, et jamais Mamon. En revanche il arrive que l’on doive se servir de Mamon. Mais jamais on ne peut se servir de Dieu, sous peine de le trahir et d’en faire une idole.

 

Seigneur,
Dans le silence de ce jour naissant,
Je viens Te demander la paix, la sagesse, la force.
Je veux regarder aujourd’hui le monde avec des yeux tout remplis d’amour.
Être patient, compréhensif, doux et sage;
Voir au-delà des apparences tes enfants comme Tu les vois Toi-même,
Et ainsi ne voir que le bien en chacun.
Ferme mes oreilles à toute calomnie.
Garde ma langue de toute malveillance.
Que seules les pensées qui bénissent demeurent en mon esprit.
Que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m’approchent sentent Ta Présence.
Revêts-moi de Ta Beauté, Seigneur, et qu’au long de ce jour je Te révèle.
AMEN

Saint François d’Assise

Source : Pixabay




Et si nous plaidions les uns en faveur des autres ?

Méditation du jeudi 8 septembre 2016 – En ce temps de rentrée, prions pour tous les envoyés qui viennent de rejoindre les lieux de leur nouvelle mission.

Alors le Seigneur dit à Moïse :

« Redescends tout de suite, car ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte, a commis un grave péché. Ils se sont bien vite détournés du chemin que je leur avais indiqué : ils se sont fabriqués un veau en métal fondu, ils se sont inclinés devant lui et lui ont offert des sacrifices. Ils ont même déclaré : «Voici notre Dieu, qui nous a fait sortir d’Égypte !». 

Eh bien, j’ai vu ce que vaut ce peuple ; ce sont tous des rebelles. Alors laisse-moi intervenir : dans ma colère je vais les exterminer, puis je ferai naître de toi une grande nation.»

Mais Moïse supplia le Seigneur son Dieu de s’apaiser, en disant :

« Seigneur, pourquoi déchaîner ta colère contre ton peuple, après avoir déployé ta force, ta puissance irrésistible pour le faire sortir d’Égypte ? Si tu agis ainsi, les Égyptiens vont dire : «C’est par méchanceté que le Seigneur a fait sortir les Israélites de notre pays ; c’était pour les massacrer dans la région des montagnes et les faire disparaître de la terre.»

 » O Seigneur, apaise ta colère, renonce à faire du mal à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, auxquels tu as fait ce serment solennel : «Je rendrai vos descendants aussi nombreux que les étoiles. Je leur donnerai le pays que j’ai promis et ils le posséderont pour toujours.»

Alors le Seigneur renonça à faire à son peuple le mal dont il l’avait menacé.

Exode 32,7-14

Source : Pixabay

 

Le Dieu qui a sauvé son peuple veut maintenant l’anéantir ! La faute commise est-elle si grave ?

Que signifie le veau d’or ? Le mépris de Dieu, la tentative bien humaine de l’emprisonner pour nous assurer ses services en le paralysant dans l’image que nous lui donnons. Et pourquoi cela ? Par désir de toute-puissance, mais aussi par peur, par angoisse, car le temps de Dieu n’étant pas notre temps, nous ne savons pas vivre l’attente, le silence, l’intermittence de ses actions providentielles. Comme le peuple hébreu s’est affolé du « retard » de Moïse à descendre du Sinaï.

Réduire Dieu à l’image ou à l’idole est terriblement dangereux, car il devient souvent une arme pour asservir les foules, et que les uns brandissent contre les autres. C’est un Dieu inversé, trahi, défiguré.

Devant un tel risque, le Dieu Créateur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est pris de colère et d’un désir d’anéantissement, comme il le fut au temps de la génération de Noé. Qu’y a- t- il à sauver quand l’humanité est complètement pervertie, à part le juste Noé et le serviteur Moïse ?

Mais un tel Dieu, qui ne semble pas connaître les circonstances atténuantes, et oublier ses propres engagements, n’a-t- il pas de quoi nous choquer à notre tour ? Ce serait le cas, si nous n’apprenions que la plaidoirie en faveur des pécheurs est possible, et hautement souhaitée. Selon un commentaire juif, ce fut Dieu lui-même qui engagea Moïse à endosser ce rôle d’avocat capable de le faire renoncer à la stricte justice pour exercer la grâce.

Comme Abraham devant Sodome, et à la différence de Noé au temps du déluge, Moïse a plaidé pour son peuple. Et, bien que « malhabile de la bouche », il a persuadé Dieu de faire miséricorde. L’idolâtrie est mortifère, mais l’idolâtre est et reste un être humain à défendre, surtout contre lui-même.

 

En ce temps de rentrée, prions pour tous les envoyés

qui viennent de rejoindre les lieux de leur nouvelle mission.

Heureux les gens qui se rencontrent dans un esprit de simplicité et d’humilité !
Les personnes qui n’ont pas une barricade de préjugés, de dogmes et de certitudes.
En renonçant à l’exclusivité de la vérité, ils accèdent à la vérité infinie.

Heureux qui fait preuve de douceur dans l’approche d’autrui !

Les gens capables d’une écoute mutuelle et attentive sans chercher à imposer leur point de vue.
Ce sont eux qui rendent possible une coexistence harmonieuse sur terre.

Heureuses les personnes à qui le dialogue arrache des larmes !
La rencontre authentique ne va pas sans dépouillement, sans révision de nos comportements et de nos jugements.
La joie de la réconciliation passe par la reconnaissance de nos différences.

Heureuses les personnes qui viennent au dialogue avec une faim de connaissance et une soif de compréhension d’autrui !
Leur rencontre sera davantage qu’une juxtaposition de monologues.
Leur attente sera comblée par la richesse et la profondeur du partage.

Heureux les miséricordieux ! Non pas ceux qui ont peur de la confrontation,
Ceux qui savent pardonner des mots blessants et surmonter le handicap d’une mémoire meurtrie.
A leur tour, ils rencontreront la compréhension.

Heureuses les personnes qui témoignent d’un coeur pur !
Elles vivent leur foi en toute clarté et disent leurs convictions sans apologétique ni prosélytisme.
Leur souci de la vérité sans artifice les rapproche de Dieu.

Heureux ceux qui mènent un dialogue de paix
Sans éluder les conflits, mais mus par un esprit de conciliation ils rejettent la polémique.
Ils anticipent la paix promise et si souvent trahie par les religions et leurs fidèles.

Heureux les persécutés pour la justice,
Les personnes qui souffrent de discrimination, d’exclusion ou d’oppression

pour des motifs de convictions ou d’appartenance religieuse.
Ils nous tirent de notre indifférence et nous engagent à une solidarité sans esprit de parti.

 

Jean‐Claude Basset

 

Source : Pixabay

 

 




Le shabbat est un cadeau pour le monde !

Méditation du jeudi 25 août 2016 – Nous prions afin que tous puissent connaître le sens et la joie du repos !

Un jour de shabbat, Jésus se rendit chez un des chefs des Pharisiens pour y prendre un repas. Ceux qui étaient là observaient attentivement Jésus. Un homme atteint d’hydropisie se tenait devant lui. Jésus prit la parole et demanda aux maîtres de la loi et aux Pharisiens : « Notre loi permet-elle ou non de faire une guérison le jour du shabbat ? » Mais ils ne voulurent pas répondre. Alors Jésus toucha le malade, le guérit et le renvoya. Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un boeuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas l’en retirer aussitôt, même le jour du shabbat ? » Ils furent incapables de répondre à cela.
Luc 14,1-6

 


Source : Pixabay

C’est en juif pratiquant le shabbat que Jésus en discute le sens et les règles d’application avec ses coreligionnaires. Et ce qui est au cœur du débat est essentiel, car si le shabbat est saint, il importe de réfléchir sérieusement aux raisons de suspendre l’observance de tel ou tel de ses commandements. Or existe dans le judaïsme le principe du « pikuach nefesh », qui signifie que la préservation de la vie justifie de telles suspensions.

La question est donc de savoir si la vie est véritablement en danger, s’il y a urgence de la situation ou bien si l’on peut surseoir à sa résolution jusqu’à la fin du shabbat. En l’occurrence l’homme hydropique aurait pu sans doute attendre quelques heures pour être soigné, à moins que la douleur endurée soit insupportable.  Quant au cas du fils tombé dans un puits la règle pharisienne est de l’en retirer le plus vite possible. De même pour l’animal, a fortiori quand celui-ci est le seul que possède son maître.

Quand Jésus choisit de ne pas attendre la fin du shabbat pour faire une bonne action ou exercer la compassion, il n’invalide pas le shabbat mais rappelle plutôt, face à la tentation de légalisme, que le shabbat est fait pour l’homme.

Il ne faudrait donc pas tirer prétexte de l’attitude de Jésus pour porter le discrédit sur ce jour saint et ceux qui l’observent. Car le shabbat est un cadeau de Dieu qui donne sens à la vie des hommes et au temps de la création tout entière.

Nous prions afin que tous puissent connaître le sens et la joie du repos !

Je vais prendre le temps de laisser poser mon regard sur les choses de tous les jours

Et les voir autrement, celles que chaque matin, je croise sans les voir.

Toutes les choses familières que je côtoie à longueur de jour, de mois, d’année…

Je vais prendre le temps de voir l’étrangeté des arbres,

Ceux de mon jardin, ceux du parc voisin, qui le crépuscule venu bruissent de mystère…

Je vais prendre le temps de poser mon regard sur les êtres que j’aime et de regarder autrement les miens…

Celles et ceux qui me sont les plus proches et que parfois je ne vois même plus, que je n’entends même plus…

Tant le souci de mes affaires, de mon travail, parasitent mon cœur et mon corps…

Oui, je vais prendre le temps de les découvrir de me laisser surprendre encore et toujours par ceux que j’aime.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi, toi mon Dieu,

Au-delà des mots, des formules et des habitudes.

Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert tu me surprendras, mon Dieu.

Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer autrement. 

Robert Riber

 


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Nous croyons que tous seront sauvés

Prions pour toutes celles et tous ceux qui doutent de leur propre salut.

Jésus traversait villes et villages et enseignait en faisant route vers Jérusalem.
Quelqu’un lui demanda : « Maître, n’y a- t-il que peu de gens qui seront sauvés ? »
Jésus répondit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ; car, je vous l’affirme, beaucoup essayeront d’entrer et ne le pourront pas.


« Quand le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte à clé, vous vous trouverez dehors, vous vous mettrez à frapper à la porte et à dire : «Maître, ouvre-nous.» Il vous répondra : «Je ne sais pas d’où vous êtes !» Alors, vous allez lui dire : «Nous avons mangé et bu avec toi, tu as enseigné dans les rues de notre ville.» Il vous dira de nouveau : «Je ne sais pas d’où vous êtes. Écartez-vous de moi, vous tous qui commettez le mal!»


C’est là que vous pleurerez et grincerez des dents, quand vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu et que vous serez jetés dehors ! Des hommes viendront de l’est et de l’ouest, du nord et du sud et prendront place à table dans le Royaume de Dieu. Et alors, certains de ceux qui sont maintenant les derniers seront les premiers et d’autres qui sont maintenant les premiers seront les derniers. »
Luc 13,22-30

 


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Il y a quelque chose d’un peu faux dans la question posée à Jésus, car soit celui qui la pose s’angoisse pour lui-même, soit il se sent assuré d’être du bon côté et il éprouve une mauvaise joie à l’idée que ce n’est pas le cas de tout le monde. N’est-ce pas très humain d’aimer les privilèges ?


Aussi la réponse de Jésus est volontairement énigmatique. Avec la porte étroite il nous renvoie à ces images de panique où tout le monde veut sortir en même temps d’un lieu ravagé par un incendie, ou entrer en un même temps dans une salle où se produit une star !


Oui la question est absurde ; elle n’a rien d’évangélique puisque justement l’évangile place les premiers en dernier et les derniers en premier.


Alors que faut-il faire ?

 

Exercer la célèbre hospitalité de notre père Abraham, et l’évangélique délicatesse qui consiste à aimer se faire le serviteur de tous et à laisser passer les autres devant soi, assurés qu’il y a toujours plus de joie à donner qu’à recevoir.  S’il n’y a pas assez de place ni assez de nourriture pour tous, alors l’Evangile n’est plus l’Evangile. Mais il l’est, alors n’ayons pas peur !

 

 

 

 

Cette semaine encore vous êtes invités à vous ressourcer avec ce passage de la règle
des diaconesses de Reuilly :

Monde !


« Je suis né et venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité »
Tout est dit !

Les esprits les plus généreux, les plus épris du devenir humain ne se contentent pas de panser les blessures mais cherchent à les prévenir.

Lorsque nous demandons que la volonté de Dieu soit faite, nous assumons, certes, l’immédiat de l’amour mais nous cherchons aussi de quels gestes prophétiques il doit être porteur.

L’ouverture au monde imprègne notre prière, plus encore elle doit la provoquer.

Le cœur du monde bat dans notre cœur. Son péché est le nôtre : il n’y a qu’un pardon pour tous les hommes. Son espérance est aussi la nôtre : il n’y a qu’un salut pour tous les hommes.

Mais la fresque des Béatitudes contemplée chaque jour éclaire l’avenir véritable :
« Passe ce monde, Vienne ta Grâce ! »

 


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Gardons vivante mémoire : tout ne vient-il pas de Dieu ?

Méditation du jeudi 11 août 2016 – En ce temps d’été, nous prions ce psaume pour tous les prisonniers, dans tous les pays du monde, particulièrement là où les conditions de détention sont inhumaines et dégradantes.

 

Du répertoire du chef de chorale. Psaume appartenant au recueil de David.
 

J’ai compté fermement sur le Seigneur, il s’est penché vers moi, il a entendu mon appel.
Il m’a retiré du puits infernal, de la boue sans fond.

Il m’a remis debout, les deux pieds sur le roc ; il a rendu ma démarche assurée.

Il a mis sur mes lèvres un chant nouveau, un chant de louange pour lui, notre Dieu.

Beaucoup en seront témoins, ils reconnaîtront l’autorité du Seigneur et lui donneront leur confiance.

Heureux l’homme qui se fie au Seigneur, sans un regard pour ceux qui font pression sur lui  et s’empêtrent dans le mensonge !

Que de merveilles tu as réalisées, Seigneur mon Dieu ! Tu n’as pas ton pareil.

Et que de projets en notre faveur ! Il y en a trop pour que je puisse tout raconter, tout dire.

Ce qui te fait plaisir, ce n’est pas un sacrifice ou une offrande — tu me l’as bien fait comprendre-.

Ce que tu demandes, ce n’est pas des animaux brûlés sur l’autel ou des sacrifices pour obtenir le pardon.

Alors j’ai dit : « Je viens moi-même à toi. Dans le livre je trouve écrit ce que je dois faire. »

Mon Dieu, j’ai plaisir à t’obéir, et je garde ta Loi tout au fond de mon coeur.

Dans la grande assemblée j’annonce la bonne nouvelle : le Seigneur délivre.

Je ne me tairai pas, tu le sais bien, Seigneur. Je ne garde pas secrète la délivrance que tu m’as accordée, mais je dis que tu es un vrai sauveur.

Devant la grande assemblée je ne cache pas ta fidèle bonté.

Toi, Seigneur, tu ne me fermeras pas ton coeur, et ta fidèle bonté sera ma constante sauvegarde.


Psaume 40,1-13

 


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Je ne sais pas prier me disait un jour un ami ! Est-ce si grave, lui répondis-je, ceux qui savent le faire le font pour ceux qui ne le savent pas, comme toi tu exerces la médecine pour tous ceux qui ne sont pas médecins.

En disant que la prière est le métier du chrétien, Luther nous autorise à parler ainsi, et même à accepter que parmi les chrétiens certains ne puissent pas prier, sinon à travers les actes de la vie. Il y a les Marthe et il y a les Marie.  

Mais tous, avec nos frères juifs en plus, nous avons en partage le merveilleux héritage des psaumes, venus à travers les âges nous porter la prière de nos pères dans la foi. Nous savons que Jésus a prié les psaumes, et que partout dans le monde des communautés les chantent, que ce soit dans les synagogues, dans les églises, dans les monastères.

Alors ce qui est dit prend encore plus d’intensité et de poids. Et surtout cela s’offre à tout être humain qui peut se sentir concerné.

Au cœur de ce psaume d’aujourd’hui nous sommes invités à recevoir cette incroyable consolation : l’homme qui a souffert, prié, crié, pleuré a été entendu, relevé ; son sanglot s’est transformé en chant. A tel point qu’il n’a pas hésité à clamer haut et fort devant qui voulait l’entendre qu’il avait eu bien raison de placer en Dieu sa confiance, de suivre sa loi.

Cet homme, délivré, veut le dire, l’affirmer, le chanter : Dieu sauve du désespoir ! Dieu délivre de la mort spirituelle et du fatalisme. Dieu fait vivre.

Une autre amie, aumônier de prison, me dit un jour combien les femmes qu’elles visitaient – non chrétiennes pour la plupart, se laissaient souvent bouleverser par de telles paroles.

«  C’est de nous que cela parle. C’est une Parole pour nous. »

Qu’elles soient remerciées de leur réceptivité et qu’elles reçoivent, là où elles sont, apaisement et consolation.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Si tout ici nous rappelait Dieu …

Les mots, les silences, les lieux, les temps de prière et jusqu’aux gestes de notre corps nous sont enseignés par la Parole de Dieu et redits par l’Eglise.
A nous il suffit d’aimer, car le puits est profond où nous pouvons puiser.

Jubilation et plainte

Aveux et repentirs

Révoltes et confiances

Disent à Celui qui EST que nous cherchons, comme l’oiseau sauvage, à émigrer en lui.

 

Le passereau s’est trouvé un gîte et l’hirondelle un nid pour ses petits.
Tes autels, Seigneur de l’univers, ô mon Roi et mon Dieu !

 

Si tout ici-bas nous rappelait Dieu,

Le ciel, la terre,

Le jour, la nuit

Les visages humains,

La naissance et la mort,

Nous emplirions notre temps de prière aussi naturellement que nous respirons.

 

Orienter le cœur là où est son trésor : telle est la discipline ordinaire, l’art familier de l’amour.

 

 
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La foi c’est la confiance !

Méditation du jeudi 4 août 2016 – En ce temps de grande violence, où des fanatiques poursuivent leur œuvre de mort et pervertissent le Nom de Dieu, poursuivons l’œuvre de vie en prêtant foi à la Parole du Dieu de vie.

Mettre sa foi en Dieu, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que l’on ne voit pas. C’est à cause de leur foi que les grands personnages du passé ont été approuvés par Dieu.

Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qui est visible a été fait à partir de ce qui est invisible.

Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice meilleur que celui de Caïn. Grâce à elle, il fut déclaré juste par Dieu, car Dieu lui-même approuva ses dons. Par sa foi, Abel parle encore, bien qu’il soit mort.

Par la foi, Hénok fut emmené auprès de Dieu sans avoir connu la mort. Personne ne put le retrouver, parce que Dieu l’avait enlevé auprès de lui. L’Écriture déclare qu’avant d’être enlevé, Hénok avait plu à Dieu. Or, personne ne peut plaire à Dieu sans la foi. En effet, celui qui s’approche de Dieu doit croire que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent.

Par la foi, Noé écouta les avertissements de Dieu au sujet de ce qui allait se passer et qu’on ne voyait pas encore. Il prit Dieu au sérieux et construisit une arche dans laquelle il fut sauvé avec toute sa famille. Ainsi, il condamna le monde et obtint, grâce à sa foi, que Dieu le considère comme juste.

Par la foi, Abraham obéit quand Dieu l’appela : il partit pour un pays que Dieu allait lui donner en possession. Il partit sans savoir où il allait. Par la foi, il vécut comme un étranger dans le pays que Dieu lui avait promis. Il habita sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, qui reçurent la même promesse de Dieu.

Hébreux 11,1-9

 


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Comment expliquer ce qu’est la foi à quelqu’un qui l’ignore et vous pose la question ?

Ce n’est pas facile de décrire ce que l’on ressent comme un don, un cadeau ; mais c’est possible de témoigner de son action dans la vie des hommes, comme le fait l’auteur de l’épître aux Hébreux en évoquant l’expérience des patriarches et des témoins de tous les temps.

Depuis Abel jusqu’à Abraham en passant par Hénok et Noé, les exemples donnés nous font comprendre que la foi n’est pas une croyance mais une relation d’amour, et que celle-ci engendre la joie de Dieu et celle de l’homme, de telle sorte que la confiance et la générosité deviennent la mesure de l’existence.
   
La foi est un élan vers Celui que l’on ne voit pas et que l’on nomme Dieu, une ouverture de l’être à sa Parole, une conviction intérieure qu’IL EST VIE et DONNE LA VIE ; c’est à la fois une émotion, un sentiment, une intelligence du cœur et l’esprit, une dynamique.

Mais attention, une foi sans actes de foi est une foi morte !  Pour inviter d’autres personnes à croire, nos engagements, nos paroles, nos attitudes sont essentiels.

 

 

Je vous invite à prendre le temps de prier et de méditer avec ces paroles issues de la règle des diaconesses de Reuilly.

 

Comment ta volonté, Seigneur Jésus, se fait-elle jour dans l’opacité de nos esprits ? Comment peut-on dire : cette chose est bonne plutôt que celle-là ?

Eclaire-nous.

Mène-nous au point de lumière où s’illuminent les pas.

Parais au rivage des choses comme tu es apparu aux disciples après la nuit infructueuse.

Dis-nous la Parole qui libère de l’errance et de l’incertitude.

Ne nous laisse pas trop longtemps au carrefour des possibles, mais fais résonner à nos oreilles la voix qui dit : C’est ici le chemin, marchez-y !

Donne-nous alors le vouloir ferme et stable de mener à bien cette unique parole, sans plus nous écarter d’elle,

Telle une piste infime au milieu du désert.

 


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Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Ouf ! Nous ne sommes pas immortels !

Quelqu’un dans la foule dit à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi les biens que notre père nous a laissés. »

Jésus lui répondit : « Mon ami, qui m’a établi pour juger vos affaires ou pour partager vos biens ? ». Puis il dit à tous : « Attention ! Gardez-vous de tout amour des richesses, car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, même s’il est très riche. »

Il leur raconta alors cette parabole :

« Un homme riche avait des terres qui lui rapportèrent de bonnes récoltes. Il réfléchissait et se demandait : « que vais-je faire ? Je n’ai pas de place où amasser toutes mes récoltes.» Puis il ajouta : « voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes autres biens. Ensuite, je me dirai à moi-même : « mon cher, tu as des biens en abondance pour de nombreuses années ; repose-toi, mange, bois et jouis de la vie » . Mais Dieu lui dit : « Insensé ! Cette nuit même tu cesseras de vivre. Et alors, pour qui sera tout ce que tu as accumulé ? »

Jésus ajouta : « Ainsi en est-il de celui qui amasse des richesses pour lui-même, mais qui n’est pas riche aux yeux de Dieu. »

Luc 12,13-21

 


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Nous devrions nous réjouir, et non nous désoler, d’être mortels, inscrits dans la finitude. Car si nous vivons notre simple condition humaine sous le regard de Dieu, cette limitation, cette dépendance deviennent libératrices.

De quoi ?  De tous les vains désirs qui accaparent et torturent notre cœur.

Il ne s’agit pas des désirs liés à la vie, à l’amour, à la joie, à la beauté, à l’être ensemble ! Mais des désirs qui nous font soupirer après les biens d’autrui, les désirs de jalousie et de rivalité, et donc de pouvoir et de domination, d’accaparement et de rétention !

La vie des humains est empoisonnée par de tels désirs ; la vie de celui qui les éprouve et les laisse courir et se multiplier, mais aussi la vie de ceux qui en subissent les affres et les œuvres mortifères !

En aucun cas Dieu n’est juge, ni partie, en nos affaires de partage, souvent inextricables sinon par les processus de la loi des Hommes ! Car au-delà des biens d’autrui c’est bien souvent son identité, sa place, son être qui sont jalousés ! Les histoires de frères dans la Bible nous éclairent suffisamment sur la question !

Qui que nous soyons, laissons-nous offrir le véritable trésor, qui est l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous, mais aussi ce conseil de notre sœur la mort : « Vanité des vanités…. ».

Alors nous comprendrons dans la joie combien nous sommes riches et responsables de cette vie extraordinaire qui nous a été confiée.

 

 

En ce temps de vacances nous prions pour tous ceux qui ont besoin d’être ressourcées et ré-enracinés dans la Parole de Dieu.

 

Apprends-moi, Seigneur, à bien user du temps que tu me donnes pour travailler

Et à bien l’employer sans rien en perdre.

Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées,
Sans tomber dans le scrupule qui ronge.

Apprends-moi à prévoir sans me tourmenter,
A imaginer l’œuvre, sans me désoler si elle jaillit autrement.

Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur,
La sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur, à tenir bien serré le fil de l’attention.

Et surtout, comble toi-même les vides de mon œuvre :
Seigneur, dans tout labeur de mes mains,
Laisse une grâce de toi pour parler aux autres,
Et un défaut de moi pour me parler à moi-même.

 

Prière monastique du XIIe siècle

 


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Dieu n’est pas pour la mort mais pour l’amour et la vie !

Méditation du jeudi 21 juillet 2016 – Atterrés par la tuerie qui a eu lieu le soir du 14 juillet à Nice, nous remettons à Dieu les victimes et leurs familles.

Le Seigneur dit alors à Abraham : « Les accusations contre les populations de Sodome et Gomorrhe sont graves, leurs péchés sont énormes. Je vais descendre pour vérifier les accusations que j’entends porter contre eux. S’ils font tout ce mal, je le saurai. »

Deux des visiteurs quittèrent cet endroit et se dirigèrent vers Sodome, tandis que le Seigneur restait avec Abraham.

Abraham se rapprocha et dit : « Seigneur, vas-tu vraiment faire périr ensemble l’innocent et le coupable ? Il y a peut-être cinquante justes à Sodome. Vas-tu quand même détruire cette ville ? Ne veux-tu pas lui pardonner à cause des cinquante justes qui s’y trouvent ? Non, tu ne peux pas agir ainsi ! Tu ne feras pas mourir l’innocent avec le coupable, de sorte que l’innocent ait le même sort que le coupable. Il n’est pas possible que le juge de toute la terre ne respecte pas la justice. »

Le Seigneur répondit : « Si je trouve à Sodome cinquante justes, je pardonnerai à toute la ville à cause d’eux. »

Abraham reprit : « Excuse-moi d’oser te parler, Seigneur, moi qui ne suis qu’un peu de poussière et de cendre. Au lieu des cinquante justes, il n’y en aura peut-être que quarante-cinq. Pour les cinq qui manquent détruiras-tu toute la ville ? »

Dieu dit : « Je ne la détruirai pas si j’y trouve quarante-cinq justes. »

Abraham insista : « On n’en trouvera peut-être que quarante. » 

« Je n’interviendrai pas à cause des quarante », déclara Dieu.

Abraham dit alors : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas si je parle encore. On n’en trouvera peut-être que trente. » 

« Je n’interviendrai pas si je trouve trente justes dans la ville », répondit Dieu.

Abraham dit : « Seigneur, excuse mon audace. On n’en trouvera peut-être que vingt. » 

« Je ne détruirai pas la ville à cause de ces vingt », répondit Dieu.

Alors Abraham dit : « Je t’en prie, Seigneur, ne te fâche pas. C’est la dernière fois que je parle. On n’en trouvera peut-être que dix. » 

« Je ne détruirai pas la ville à cause de ces dix », dit Dieu.

Genèse 18,20-32


              

 Source : Hérodote.com

 

Scène époustouflante : quand avertit Dieu Abraham de son intention de détruire Sodome, celui-ci ose le mettre en cause, l’interroger sur son sens de la justice. Les innocents doivent-ils périr en même temps que les coupables ? A partir de quelle proportion d’honnêtes gens une société peut-elle être épargnée ?

Certains d’entre nous, encore habités par l’image du Dieu terrible qu’on leur a présentée dans leur enfance, s’effraient peut-être de « l’insolence » d’Abraham : comment la foudre ne tombe-t-telle  pas sur lui en même temps que sur Sodome?
Elle tombera sur Sodome, non parce que la plaidoirie d’Abraham a échoué, mais parce qu’il n’y aura pas dix justes pour sauver Sodome. Seul Loth sera épargné avec sa famille – sauf sa femme changée en statue de sel pour avoir enfreint l’interdiction de regarder en arrière.

Quant à Abraham, sa protestation devant Dieu est grandement valorisée dans la tradition juive, même s’il est parfois regretté qu’il ne soit pas allé plus loin que les dix justes. Et on cite Noé en contre-exemple, en déplorant qu’informé de la préparation du déluge, il n’ait rien fait pour prévenir sa génération et la conduire à s’amender, ni pour retenir la colère de Dieu.
Car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive !
  
Atterrés par la tuerie qui a eu lieu le soir du 14 juillet à Nice,  nous remettons à Dieu les victimes et leurs familles, et nous réaffirmons notre foi en un Dieu créateur, de justice et de miséricorde, qui « connait le cœur de l’homme et sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses oeuvres. » Jérémie 17,10.

 

 

Je crois en Dieu.
Par lui l’univers et notre existence sont créés toujours à nouveau.
Dans le chantier du monde, son Esprit nous anime et nous porte.

Il donne chaque jour à notre vie un sens positif,
Une dignité fondamentale,
Une vocation créatrice.
Dieu est l’avenir de l’humain.
Sa présence éternelle dépasse les espaces et les temps.

Je crois que Jésus, prophète, nous fait entendre Sa parole.
Il est celui que nous écoutons et auquel nous regardons pour savoir qui est Dieu et qui est l’homme :
Un Dieu d’amour, selon la Bible ;
Un Dieu pour lequel l’être humain et la terre entière sont une espérance invincible.
En Jésus, l’homme et Dieu sont à jamais réunis et inséparables.
Il est un exemple pour nous et pour le monde.

Nous reconnaissons une seule Église,  universelle et connue de Dieu seul.
Elle existe par-delà les institutions chrétiennes et les frontières religieuses.
Je crois à l’amour plus fort que la mort.

 

Laurent Gagnebin, professeur de théologie.

 

Source : Pixabay 

 




Etre à la fois Marthe et Marie !

Méditation du 14 juillet 2016 – Nous prions pour les envoyés en session de formation au Défap

Tandis que Jésus et ses disciples étaient en chemin, il entra dans un village où une femme, appelée Marthe, le reçut chez elle.

Elle avait une soeur, appelée Marie, qui, après s’être assise aux pieds du Seigneur, écoutait ce qu’il enseignait.

Marthe était très affairée à tout préparer pour le repas. Elle survint et dit : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma soeur me laisse seule pour accomplir tout le travail ? Dis-lui donc de m’aider. »

Le Seigneur lui répondit: « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera pas enlevée. »

 


Marthe et Marie (Vélasquez, 1618)


Peut-on imaginer Jésus mettre en doute les vertus de l’hospitalité, lui qui n’a cessé d’inviter ou de se faire inviter chez les uns et chez les autres ? 

Peut-on l’imaginer inconscient des nécessités pratiques et concrètes de la table, lui qui a changé l’eau en vin quand il le fallait et a su pourvoir à la nourriture de 5000 personnes en pleine nature ?

Certes il n’a pas eu besoin de feu, de broches ou d’ustensiles pour préparer un festin de viandes grasses ; l’eau, le pain, les poissons et la bénédiction de Dieu s’avérant suffisants pour l’heure. 

Mais en bon descendant d’Abraham, Jésus a toujours su ce qui se jouait dans l’invitation à partager la table, et que rien ne pouvait advenir sans préparatifs.

Alors ? La petite leçon, pleine d’humour, adressée à Marthe, et que nous pouvons prendre pour notre compte, concerne peut-être simplement la respiration.

Marthe, je te prie, ne transforme pas ta mission, ta responsabilité, en esclavage qui t’essouffle et te porte trop souvent à reprocher aux autres ce que tu fais pour eux !

Que la paix accompagne tes gestes, et que l’odeur des mets sur le fourneau te mette en joie, si telle est ta vocation !

Sinon arrête tout ! Viens m’écouter et nourrir ton courage ! 

Sens-toi libre de rester près de moi pendant que je suis encore là. Respire, reprends haleine !

 

 

Nous prions pour tous les envoyés en session de formation au Défap


S’asseoir pour oser risquer
Seigneur Jésus,
Pour révéler le mystère du Royaume de Dieu, Tu as pris beaucoup de risques !
Tu as risqué l’éternité dans le temps,
Tu as risqué l’invisible dans un visage d’homme,
Tu as risqué le divin dans un corps humain.

Tu as risqué la Parole dans la fragilité de nos mots,
Tu as risqué la bonté de Dieu dans la banalité de gestes quotidiens.
Tu as même pris le risque
D’être récupéré, mal interprété, défiguré.

Seigneur, depuis ton incarnation,
Comment te suivre sans prendre des risques ?
Donne-nous le goût du risque
Et le courage de le prendre en toute lucidité.
Donne-nous de risquer notre coeur, notre intelligence et notre raison,
De risquer nos biens, notre avenir et  notre réputation,
De risquer l’hostilité, l’indifférence et même la croix.

Mais tant de risques, tu le comprends bien, demandent réflexion,
Tant de risques méritent que je prenne le temps de m’asseoir
Pour accueillir, dans le silence de la prière, ton Esprit,
Source et force de mes choix,
Pour en vérifier les fondations.

Accorde-moi la grâce de bâtir ma vie
Sur le roc de ta Parole,
De durer en ta Présence, de commencer et d’achever
L’ouvrage de ma vie avec Toi.

Michel Hubaut, Franciscain

 

Source : Pixabay

 

 




Devenir prochain : s’arrêter, écouter, soigner, consoler, encourager…

Méditation du jeudi 7 juillet 2016 – Nous prions pour nos envoyés aux Antilles et pour tous les habitants

Un maître de la loi intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? »

Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans notre loi ? Qu’est-ce que tu y lis ? »

L’homme répondit : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. » Et aussi : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même».

Jésus lui dit alors : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. »

Mais le maître de la loi voulait justifier sa question. Il demanda donc à Jésus : « Qui est mon prochain? »

Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho lorsque des brigands l’attaquèrent, lui prirent tout ce qu’il avait, le battirent et s’en allèrent en le laissant à demi-mort.

Il se trouva qu’un prêtre descendait cette route. Quand il vit l’homme, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.

De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit l’homme, passa de l’autre côté de la route et s’éloigna.

Mais un Samaritain, qui voyageait par-là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il en eut profondément pitié. Il s’en approcha encore plus, versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans un hôtel, où il prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’hôtelier et lui dit :«Prends soin de cet homme; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui.»

Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme attaqué par les brigands ? »
Le maître de la loi répondit : « Celui qui a été bon pour lui. »
Jésus lui dit alors : « Va et fais de même. »

Luc 10,25-37

 

Source : Pixabay

 

Ce qui m’a toujours profondément touchée dans l’histoire du bon samaritain, au-delà du fait qu’il s’arrête près du blessé, c’est le soin qu’il prend à l’aider et à l’accompagner jusqu’au bout !

Il ne s’agit pas de minimiser la compassion d’urgence et le fait de porter « instinctivement » assistance à celui qui peut être en danger de mort.  Au contraire, que ce soit à un niveau professionnel, associatif, ou simplement personnel,  il est si important que l’humain sache s’arrêter pour se montrer concrètement gardien de son frère !  Et le récit raconté par Jésus montre que ce n’est pas toujours le cas en évoquant ces deux passants qui prennent bien soin de changer de trottoir de peur d’avoir à se mouiller les mains.

Mais s’arrêter est porteur d’un au-delà de l’urgence. C’est devenir responsable de celui auprès de qui on s’arrête, et cela a parfois de quoi nous faire frémir ! Jusqu’où et jusqu’à quand devrai-je aider celui qui a besoin de moi ? Le pourrai-je ?  Notre samaritain est remarquable car il pense à tout, comme une mère. Il porte le blessé dans une auberge, le fait soigner, paie les frais, anticipe les besoins supplémentaires et annonce son retour pour prendre des nouvelles et régler le surplus.

Finalement, il fait à autrui tout ce que chacun aimerait qu’autrui fasse pour lui en pareil cas, même s’il ne le pense pas sous cette forme-là à ce moment-là.
N’est-ce pas cela être prochain ?

 

Nous prions pour nos envoyés aux Antilles et pour tous les habitants.
Seigneur ta force parait dans le soleil,
Ta grandeur dans les étoiles,
Ta douceur dans la nuit,
Ta profondeur dans les eaux de la mer.

Toutes tes œuvres te louent et nos yeux te rendent grâce pour la joie du petit enfant
L’amour de la mère, la force de l’homme,
La beauté fragile du monde.

Cette fragilité est toujours devant ta face.
Accorde-nous le courage et la force de persévérer dans la solidarité avec nos frères et nos sœurs de ce monde,
De nourrir ceux qui ont faim,
De pleurer les enfants à naître dans la pauvreté,
De pleurer les victimes de guerre,
D’avoir compassion pour ceux qui souffrent du sida,
D’apporter réconfort aux victimes de toute violence,
D’être artisan de paix dans un monde déchiré par la haine la peur et l’orgueil.

Seigneur, viens au secours des faibles et touche le cœur des forts.
Que la plénitude de ta paix, ta justice et ta réconciliation viennent en notre temps.
Nous te prions dans le Seigneur Jésus, ton Fils et notre Sauveur.

Amen

 

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Mission : recevoir les témoins qui nous sont envoyés !

Méditation du jeudi 30 juin 2016 – Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien

Après cela, le Seigneur choisit soixante-douze autres hommes et les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et tous les endroits où lui-même devait se rendre.

Il leur dit : « La moisson à faire est grande, mais il y a peu d’ouvriers pour cela. Priez donc le propriétaire de la moisson d’envoyer davantage d’ouvriers pour la faire. En route ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne prenez ni bourse, ni sac, ni chaussures ; ne vous arrêtez pas en chemin pour saluer quelqu’un. Quand vous entrerez dans une maison, dites d’abord : «Paix à cette maison.»

Si un homme de paix habite là, votre souhait de paix reposera sur lui ; sinon, retirez votre souhait de paix. Demeurez dans cette maison-là, mangez et buvez ce que l’on vous y donnera, car l’ouvrier a droit à son salaire. Ne passez pas de cette maison dans une autre.
Quand vous entrerez dans une ville et que l’on vous recevra, mangez ce que l’on vous présentera ; guérissez les malades de cette ville et dites à ses habitants : «Le Royaume de Dieu s’est approché de vous.» 

Mais quand vous entrerez dans une ville et que l’on ne vous recevra pas, allez dans les rues et dites à tous : «Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds. Pourtant, sachez bien ceci : le Royaume de Dieu s’est approché de vous.» Je vous le déclare : au jour du Jugement les habitants de Sodome seront traités moins sévèrement que les habitants de cette ville-là. »

Luc 10,1-20

 

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L’envoi par Jésus des 72 hommes n’est pas sans rappeler l’institution des 70 anciens par Moïse, destinés à l’aider dans son ministère auprès du peuple. Ici il ne s’agit pas de guider le peuple mais d’aller vers les 70 nations de la terre, qui représentent l’ensemble du monde habité,  afin de faire connaître à tous le nom de Dieu et l’Evangile.

Cette mission a été confiée et vécue à travers les siècles, comme la vocation chrétienne par excellence, évangile voulant dire bonne nouvelle, et bonne nouvelle impliquant annonce, publication, diffusion.  Et l’on pourrait dessiner –depuis les voyages de l’apôtre Paul, la carte des évangélisations qui ont christianisé une grande partie du monde, quelles que soient les Eglises et confessions qui en sont nées.
Les livres d’histoire nous apprennent que les missionnaires n’ont pas toujours été bien reçus, mais  aussi qu’ils n’ont pas toujours agi dans un sens rigoureusement évangélique – prisonniers qu’ils étaient parfois des logiques et des intérêts de leurs souverains.

Bon an mal an nous pouvons cependant, chaque dimanche matin, prier en communion avec des chrétiens de tous pays, de toutes cultures, de toutes traditions, de toutes langues ….. Et à l’heure où notre Europe voit les églises se vider, certainement nous pouvons et devons nous réjouir que Jésus envoie vers nous de nouveaux témoins de l’Evangile !
Surtout qu’ils n’aient pas à secouer la poussière de leurs souliers !

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien.

Seigneur notre Dieu, notre Père,
Aujourd’hui, dans la dynamique de partage et d’ouverture à laquelle tu nous appelles, nous voulons te prier pour tous nos soeurs et frères en humanité, chrétiens, musulmans, juifs, hindous, bouddhistes, animistes ou encore athées.

Aide-nous à nous enrichir du pluralisme et de ce que chacun peut nous apporter.

Apprends‐nous à accueillir avec amour et bienveillance nos voisins, nos collègues, les camarades de nos enfants, quelques soient leurs horizons culturels ou spirituels.

Nous te prions pour la paix, le respect et le dialogue entre les peuples et les croyants du monde entier.

Nous te remettons en particulier les responsables des différentes communautés religieuses, afin qu’ils soient créateurs de liens et de lieux d’échanges.

Sois avec tous ceux qui oeuvrent à plus de compréhension, d’ouverture, de vivre ensemble.

Apporte‐leur la force, la persévérance et l’humilité nécessaires pour valoriser la diversité.

Seigneur, que nos Eglises soient, à l’image de ton fils Jésus Christ, des lieux d’accueil et d’ouverture, capables de se laisser interpeller.

Que les expériences interreligieuses des Eglises soeurs au Maroc, au Sénégal, à l’île Maurice ou encore au Moyen‐Orient puissent nourrir nos propres apprentissages.

Oui, Seigneur notre Dieu, nous croyons au vivre ensemble.

Fais de nous des porteurs d’amour pour que nous puissions construire un monde de paix et de partage. 

Amen.

 

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