Que toute naissance soit joie !

Méditation du jeudi 15 décembre 2016. Nous entrons dans la quatrième semaine de l’Avent et nous prions pour nos envoyés au Congo

Voici dans quelles circonstances Jésus-Christ est né. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; mais avant qu’ils aient vécu ensemble, elle se trouva enceinte par l’action du Saint-Esprit. Joseph, son fiancé, était un homme droit et ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de rompre secrètement ses fiançailles. Comme il y pensait, un ange du Seigneur lui apparut dans un rêve et lui dit : « Joseph, descendant de David, ne crains pas d’épouser Marie, car c’est par l’action du Saint-Esprit qu’elle attend un enfant. Elle mettra au monde un fils, que tu appelleras Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela arriva afin que se réalise ce que le Seigneur avait dit par le prophète : « La vierge sera enceinte et mettra au monde un fils, qu’on appellera Emmanuel. »
— Ce nom signifie « Dieu est avec nous ». —
Quand Joseph se réveilla, il agit comme l’ange du Seigneur le lui avait ordonné et prit Marie comme épouse. Mais il n’eut pas de relations avec elle jusqu’à ce qu’elle ait mis au monde son fils, que Joseph appela Jésus.

Matthieu 1,18-25

 


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L’histoire de Marie de Nazareth pourrait faire partie de ces histoires de grossesses malheureuses, où la jeune femme se retrouve abandonnée à son sort, méprisée par la société ambiante, regardée comme une femme de mauvaise vie, une pécheresse.

Mais dans la Bible la venue d’un enfant, même si elle commence mal, comme celle d’Ismaël dans le sein d’Agar, devient vite un sujet de joie et un signe d’accomplissement. Elle sanctifie aux yeux de Dieu la porteuse de vie.
L’évangéliste Matthieu prend soin de nous décrire la belle attitude de Joseph qui, choisissant la compassion au moment où il a toutes les bonnes raisons de se sentir bafoué, n’hésite pas à faire confiance à la parole de l’ange quand il lui dit :
« Joseph, descendant de David, ne crains pas d’épouser Marie, car c’est par l’action du Saint-Esprit qu’elle attend un enfant. Elle mettra au monde un fils, que tu appelleras Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. »
Que tous les pères, biologiques ou non, reçoivent ce même appel à la confiance et acceptent de ce même cœur la mission qui leur est confiée d’accompagner, de soutenir, de rassurer, de réjouir la mère des enfants qui viennent en ce monde !

 

Entrant dans la quatrième semaine de l’Avent, nous prions pour nos envoyés au Congo.

Nous croyons en toi, Seigneur, tu es source de vie.
Nous croyons en toi, Dieu, Père de tous les hommes,
Créateur de tout l’univers et de tout ce qui vit.
Tu as fait l’homme et la femme à ton image.

Nous croyons en toi, Seigneur, tu apportes la vraie vie.
Nous croyons en ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur,
Né d’une femme en notre condition humaine,
Mort et ressuscité pour nous faire partager sa vie.
Toujours vivant parmi nous, il est l’espérance du monde.

Nous croyons en toi, Seigneur, tu es vie.
Nous croyons en l’Esprit, qui vient de toi et de ton Fils.
Il soulève nos vies par la force de son amour.
Il nous rassemble en un seul peuple, dans son Église.

Nous croyons en toi, Seigneur, ton amour nous unit.
Nous croyons qu’aimés de Dieu, nous sommes tous frères
Et que notre amour doit s’étendre à tout homme.
Nous croyons que, sauvés du mal et de la mort,
Nous sommes dans la vie nouvelle, qui n’aura pas de fin.

Nous croyons en toi, Seigneur, tu nous donnes la vie.


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Partager la question de Jean-Baptiste

Retrouvez chaque jeudi la méditation sur le site du Défap. Aujourd’hui 8 décembre, nous allons entrer dans la troisième semaine de l’Avent. Nous prions pour nos envoyés au Liban, pour tous les libanais et les syriens réfugiés au Liban.

Jean-Baptiste, dans sa prison, entendit parler des oeuvres du Christ. Alors il envoya quelques-uns de ses disciples demander à Jésus : « Es-tu le Messie qui doit venir ou devons-nous attendre quelqu’un d’autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez raconter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts reviennent à la vie et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui n’abandonnera pas la foi en moi ! »
Quand les disciples de Jean partirent, Jésus se mit à parler de Jean à la foule en disant :
« Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ? Non ? Alors qu’êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d’habits magnifiques ? Mais ceux qui portent des habits magnifiques se trouvent dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, vous dis-je, et même bien plus qu’un prophète. Car Jean est celui dont l’Écriture déclare : « Je vais envoyer mon messager devant toi, dit Dieu, pour t’ouvrir le chemin. »
Je vous le déclare, c’est la vérité : parmi les humains, il n’a jamais existé personne de plus grand que Jean-Baptiste ; pourtant, celui qui est le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.

Matthieu 11,2-11


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Un de ses amis interrogea un jour un très vieux prêtre en lui demandant : « Et si à la fin de votre vie vous perdiez la foi, vous cessiez de croire en tout ce à quoi vous avez dédié votre vie ? » Le vieux prêtre lui répondit : « Toute ma vie j’ai cru à l’amour ! Je pourrais cesser de croire à tout le reste, mais pas à l’amour. Et on ne peut se tromper quand on croit à l’amour. Or pour moi Dieu est l’amour. »
Jean-Baptiste est en prison quand il s’interroge sur Jésus. Il sait qu’il risque sa vie. Cela donne à sa question ce caractère ultime. S’est-il trompé sur le Messie ? Il veut vraiment savoir !
Jésus ne répond pas en termes identitaires, mais par des actes de vie, qui témoignent de l’amour de Dieu. Comme l’avaient annoncé les prophètes la réalité est transformée : « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts reviennent à la vie et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »
Témoigner du Christ messie et sauveur ne relève pas du slogan ou de l’affirmation dogmatique mais d’un changement à l’intérieur et à l’extérieur de nous-mêmes. Si nous n’émettons aucun signe d’engagement, d’accompagnement et de consolation, alors quel est le sens de la foi chrétienne ?
Les hauts – faits appartiennent à Dieu, et nous devons les proclamer ; à nous incombent les attentions et actions quotidiennes en faveur de tous les petits qui nous entourent, et qui sont les plus grands dans le Royaume de Dieu.

 

En entrant dans la troisième semaine de l’Avent nous prions pour nos envoyés au Liban et pour tous les Libanais et les Syriens réfugiés au Liban avec cette prière écrite par le Pasteur André Dumas.

Notre Dieu, nous sommes en solidarité avec ceux qui vivent dans le danger et dans le combat.
De loin ou de près, nous partageons leur détresse et leur espoir.


Apprends-nous à étendre nos vies au-delà de nous-mêmes et à étirer notre cœur jusqu’aux frontières
où les hommes souffrent et transforment le monde.


Mets-nous en solidarité avec l’étranger, que nous ignorons, avec le démuni, que nous effaçons,
avec le prisonnier, que nous évitons.


Oh Dieu, que la solidarité soit ainsi un nom nouveau, un nom actuel pour cette fraternité
à laquelle tu nous appelles sans cesse.
Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans la vérité et non pas dans le mensonge des tactiques.


Délivre-nous de toute solidarité qui tournerait à la partialité destructrice et qui nous entraînerait
dans la captivité de nos propres amis.


Car tu nous veux solidaires, mais non pas partisans, toi qui as pris parti pour nous,
sans jamais nous mentir sur nous-mêmes.


Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans l’efficacité et non pas dans le verbalisme des déclarations.


Délivre-nous de toute solidarité qui tournerait à l’inflation vaine et qui nous plongerait dans la paille
des mots sans le grain des choses.


Car tu nous veux solidaires, mais non pas tribuns, toi qui es toujours parole unie à la vie,
parole en acte, fût-ce dans le silence.


Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans l’espérance et non pas dans la dramatique des catastrophes.


Délivre-nous de cet obscur besoin que nous avons parfois de la souffrance humaine,
comme si la souffrance pouvait être un quelconque bien, sauf pour celui qui dure en l’endurant.


Car tu nous veux solidaires, mais non pas prophètes de malheur, toi qui as toujours voulu
pour les hommes la justice et la liberté, la joie et la paix.


Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires en humilité, car nous ne sommes pas capables de porter la terre entière.


Délivre-nous de l’accablement qui n’aide personne et de la pitié,
qui empoisonne tout.


Car tu nous veux solidaires de celui dont nous devenons vraiment le prochain.


Ô Dieu, purifie nos solidarités. Rends-les vraies, fécondes, ardentes et humbles.


Nous te le demandons au nom de Celui qui a été résolument solidaire
de l’homme abandonné et méprisé, Jésus.

André Dumas


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De l’amour naît déjà le monde autre !

Méditation du jeudi 1er décembre 2016. En entrant dans la deuxième semaine de l’Avent, nous prions pour les envoyés à Madagascar et pour le peuple malgache.

Tout ce que nous trouvons dans l’Écriture a été écrit dans le passé pour nous instruire, afin que, grâce à la patience et au réconfort qu’elle nous apporte, nous possédions l’espérance. Que Dieu, la source de la patience et du réconfort, vous rende capables de vivre en bon accord les uns avec les autres en suivant l’exemple de Jésus-Christ. Alors, tous ensemble et d’une seule voix, vous louerez Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.

Ainsi, accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. En effet, je vous l’affirme, le Christ est devenu le serviteur des Juifs pour accomplir les promesses que Dieu a faites à leurs ancêtres et montrer ainsi que Dieu est fidèle. Il est venu aussi afin que les non-Juifs louent Dieu pour sa bonté, comme le déclare l’Écriture :

« C’est pourquoi je te louerai parmi les nations, et je chanterai en ton honneur. » 

Romains 15,4-9

 

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Par l’Ecriture et ce qu’elle raconte, Dieu instruit ses enfants afin de leur donner l’espérance.

A Madagascar, d’où je reviens, cela prend particulièrement sens : la Bible se trouve partout. Non seulement dans les Eglises mais aussi dans les hôtels, sur les étals de marché, dans la portière des voitures et la poche des gens…. Et sur les bus, taxis-brousse et véhicules en tout genre, des versets bibliques viennent rappeler, dans le flot d’une circulation difficile, que notre Père céleste nous aime et que Jésus est notre sauveur.

Cette omniprésence de la Parole de Dieu est-elle liée à la pauvreté ? Les hommes sont-ils plus croyants quand ils ont du mal à vivre et pour certains à se nourrir ? L’espérance spirituelle compense-t-elle le désespoir d’un monde miné par la misère ?

C’est vrai que le bien-être nous fait souvent oublier ce que nous devons à notre Créateur et Père. Mais la misère génère plus facilement l’obscurantisme religieux et l’analphabétisme qu’une disponibilité à vivre la foi, l’espérance et l’amour.

Pourtant la moitié de la population malgache est chrétienne, et l’on y rencontre des gens très courageux, porteurs de projets et d’avenir. Ils se veulent pour leur peuple les témoins fidèles des promesses de Dieu. Alors chaque jour des chants à la gloire du Très-Haut résonnent d’une allégresse peu commune, depuis la bouche des tout-petits jusqu’aux chorales d’adultes qui louent le Seigneur à pleine voix !

 

Prions pour les envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache, avec ces paroles du Père Pedro, engagé à Madagascar depuis plus de 40 ans auprès des plus pauvres pour leur redonner vie et dignité.

Aimer

C’est être capable de dire « Viens faire un tour chez moi »

C’est pouvoir dire à l’autre « J’ai besoin de toi »

C’est reconnaitre sans gêne que l’autre peut avoir raison

C’est être capable de dire « Je te félicite »

C’est être capable de dire « Excuse-moi »

C’est être capable de pardonner

C’est être capable d’ouvrir la bouche pour ne dire que la vérité

C’est être capable de tenir sa langue pour ne pas offenser

C’est être capable d’encaisser les coups sans vouloir les rendre

C’est être capable de se battre dans la vie sans écraser les autres

C’est accepter d’être dérangé par les autres

C’est être capable de dire à l’autre qu’on l’aime sans jamais se lasser

C’est être capable de vivre ensemble.

 

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Chrétiens, à quoi sommes-nous prêts ?

Méditation du jeudi 24 novembre. Nous entrons dans le temps de l’Avent qui nous conduit au mystère et à la joie de Noël. Et nous prions particulièrement pour notre envoyé en Guyane et pour tous les habitants de la Guyane.

illustration méditation du jeudi

 

Ce qui s’est passé du temps de Noé se passera de la même façon quand viendra le Fils de l’homme.  En effet, à cette époque, avant la grande inondation, les gens mangeaient et buvaient, se mariaient ou donnaient leurs filles en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; ils ne se rendirent compte de rien jusqu’au moment où la grande inondation vint et les emporta tous w.

Ainsi en sera-t-il quand viendra le Fils de l’homme.  Alors, deux hommes seront aux champs : l’un sera emmené et l’autre laissé. Deux femmes moudront du grain au moulin : l’une sera emmenée et l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.
Comprenez bien ceci : si le maître de la maison savait à quel moment de la nuit le voleur doit venir, il resterait éveillé et ne le laisserait pas pénétrer dans sa maison.  C’est pourquoi, tenez-vous prêts, vous aussi, car le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous ne pensez pas. »

Matthieu 24,37-44


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En se faisant homme Jésus nous a appris une chose : l’humanité est une ! Nous avons la même chair, le même sang, nous éprouvons la même douleur quand on nous blesse, la même joie quand on nous fait du bien. Nos rires, nos pleurs, nos rêves ne sont pas si différents. Ni notre capacité à faire le mal et à faire le bien ! Et nous partagerons le même sort !
Donc nous qui sommes chrétiens ne sommes ni meilleurs ni pires que les autres humains.
Mais si nous reconnaissons le Dieu de Jésus-Christ comme notre Seigneur, nous avons la responsabilité d’agir selon ses attentes. En particulier en nous abstenant de scandaliser, de mépriser, les petits, les faibles, les sans pouvoir et sans défense !
Car si nous le faisons, nous discréditons, nous disqualifions, Dieu, son Fils et son Esprit ! Et alors le déluge de la désespérance humaine s’abat sur le monde, avec les conséquences catastrophiques pour tous.
Alors certes nous ne connaissons pas le jugement divin, ni qui sera pris et qui sera laissé. Il suffit que le Fils de l’homme lui les connaisse.
Accrochés à lui montrons-nous à tout instant attentifs aux êtres vivants qui peuplent ce monde si beau, et qui pourrait être meilleur pour tous, pour peu que nous accomplissions notre tâche quotidienne au service de Dieu et de nos frères et sœurs en humanité.

 

Bandeau méditation du jeudi

 

Chanter c’est prier deux fois disait Martin Luther. C’est avec les paroles du « Psaume de la création » de Patrick Richard que nous allons prier pour notre envoyé en Guyane et pour tous les habitants de la Guyane.

Par les cieux devant toi, splendeur et majesté,
Par l’infiniment grand, l’infiniment petit,
Et par le firmament, ton manteau étoilé,
Et par frère soleil, je veux crier…

Mon Dieu, tu es grand, tu es beau,
Dieu vivant, Dieu Très-Haut,
Tu es le Dieu d’amour !
Mon Dieu, tu es grand, tu es beau,
Dieu vivant, Dieu Très-Haut,
Dieu présent en toute création !

Par tous les océans et par toutes les mers,
Par tous les continents et par l’eau des rivières,
Par le feu qui te dit comme un buisson ardent,
Et par l’aile du vent, je veux crier…

Par toutes les montagnes et toutes les vallées,
Par l’ombre des forêts et par les fleurs des champs,
Par les bourgeons des arbres et l’herbe des praires,
Par le blé en épis, je veux crier…

Par tous les animaux de la terre et de l’eau,
Par le chant des oiseaux, par le chant de la vie,
Par l’homme que tu fis juste moins grand que toi,
Et par tous ses enfants, je veux crier…


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Rester humain face à l’extrême !

Méditation du jeudi 17 novembre 2016. Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais.

Le peuple se tenait là et regardait. Les chefs juifs se moquaient de lui en disant : « Il a sauvé d’autres gens ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie, celui que Dieu a choisi ! » Les soldats aussi se moquèrent de lui ; ils s’approchèrent, lui présentèrent du vinaigre et dirent : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Au-dessus de lui, il y avait cette inscription : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’insultait en disant : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous avec toi ! » Mais l’autre lui fit des reproches et lui dit : « Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même punition ? Pour nous, cette punition est juste, car nous recevons ce que nous avons mérité par nos actes ; mais lui n’a rien fait de mal. » Puis il ajouta « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras pour être roi. » Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. »

Luc 23,37-43

 


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Que reste-t-il de l’humain dans les situations d’extrême méchanceté et d’extrême souffrance ? Y a- t – il encore place pour des sentiments autres que la haine, la révolte, l’humiliation, le désespoir ?
Des 4 évangélistes, Luc est le seul à avoir donné la parole à chacun des deux brigands qui sont crucifiés en même temps que Jésus. L’un vocifère et insulte Jésus, à l’instar des responsables religieux. Il entre dans le chœur des foules déshumanisées par la violence.
L’autre reste homme jusqu’au bout, capable, dans sa douleur, de justice et de compassion. Conscient de ses forfaits il ne confond pas l’innocent et le coupable. Ouvert à la relation il demande à Jésus l’impensable : ne pas être oublié, être intégré dans son règne !
Oui lui dit Jésus, dès aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.
Face à l’extrême, Dieu n’abandonne pas le monde. Il se réfugie dans le cœur des hommes pour le maintenir ouvert, malgré les affreuses contractions de la cruauté et de la souffrance.  Certains restent insensibles à ce geste de Dieu en eux, d’autres lui répondent.
Alors surgit l’ultime possibilité que la vie soit plus forte que la mort. Et que l’avenir paraisse !
Merci ô douloureux compagnon de Jésus, pour avoir déchiré le voile de la désespérance !

Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et pour le peuple sénégalais avec ces paroles écrites par un détenu.

Seigneur, Tu connais cette tristesse qui me ronge parfois le cœur.
Réconcilie-moi avec moi-même.
Que ta grande tristesse me rende confiance en moi,
me fasse exister à mes propres yeux !
Comment pourrais-je te rencontrer et aimer les autres,
si je ne m’aime plus et ne m’aime plus ?
Je voudrais avoir le courage de déverrouiller la parole.
Je tiens moi-même la clé !
Donne-moi la force de sortir de moi-même :
Dis-moi que je peux encore guérir.
Dans la lumière de ton regard et de ta parole.
Seigneur,
Toi qui m’aimes tel que je suis et non tel que je rêve d’être,
aide-moi à vivre avec mes ombres et lumières,
mes douceurs et mes colères,
mes rires et mes larmes,
mon passé et mon présent.
Donne-moi de m’accueillir comme toi tu m’accueilles,
de m’aimer comme toi tu m’aimes.
Délivre-moi de la perfection que je veux donner.
Ouvre-moi à la sainteté que tu veux m’accorder.
Délivre-moi du remords de Judas qui, rentrant en lui-même,
n’a pas pu en sortir, épouvanté et désespéré devant l’immensité de son péché.
Accorde-moi le repentir de Pierre qui a su rencontrer ton regard,
appel silencieux chargé de tendresse,
et si je dois comme lui pleurer,
que ce ne soit pas sur mon orgueil humilié
mais sur ton amour offensé et blessé.

Jean-Pierre. En détention, mai 2002


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De la stupeur devant l’histoire à la confiance en Dieu !

Méditation du jeudi 10 novembre 2016. Nous prions pour nos envoyés du Laos et pour le peuple laotien.

Quelques personnes parlaient du temple et disaient qu’il était magnifique avec ses belles pierres et les objets offerts à Dieu.
Mais Jésus déclara : « Les jours viendront où il ne restera pas une seule pierre posée sur une autre de ce que vous voyez là ; tout sera renversé. »
Ils lui demandèrent alors : « Maître, quand cela se passera – t- il ? Quel sera le signe qui indiquera le moment où ces choses doivent arriver ? »
Jésus répondit : « Faites attention, ne vous laissez pas tromper. Car beaucoup d’hommes viendront en usant de mon nom et diront : « Je suis le Messie !» et « Le temps est arrivé !» Mais ne les suivez pas.  Quand vous entendrez parler de guerres et de révolutions, ne vous effrayez pas ; il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin de ce monde. »
Puis il ajouta : « Un peuple combattra contre un autre peuple, et un royaume attaquera un autre royaume ; il y aura de terribles tremblements de terre et, dans différentes régions, des famines et des épidémies ; il y aura aussi des phénomènes effrayants et des signes impressionnants venant du ciel.
Mais avant tout cela, on vous arrêtera, on vous persécutera, on vous livrera pour être jugés dans les synagogues et l’on vous mettra en prison ; on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs à cause de moi.
Ce sera pour vous l’occasion d’apporter votre témoignage à mon sujet. Soyez donc bien décidés à ne pas vous inquiéter par avance de la manière dont vous vous défendrez. Je vous donnerai moi-même des paroles et une sagesse telles qu’aucun de vos adversaires ne pourra leur résister ou les contredire.
Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos parents et vos amis ; on fera condamner à mort plusieurs d’entre vous. Tout le monde vous haïra à cause de moi. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Tenez bon : c’est ainsi que vous sauverez vos vies. »

Luc 21,5-19

 

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Dans son livre « Le monde d’hier, l’écrivain viennois Stephan Zweig évoque l’effondrement moral et social provoqué par la guerre 14-18. On ne l’avait pas vu venir et on mit du temps à réaliser combien elle était affreuse et allait durer longtemps. Certaines de ses pages expriment la stupeur ; il n’en revient pas, et peu à peu il commence à ne plus reconnaître ses propres amis, devenus étrangers, parfois fanatiques, et ennemis idéologiques.
Ces jours-ci, après l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, on entend également des propos exprimant la stupeur et l’affolement. Car il s’est présenté comme un candidat extrémiste et il n’a aucune expérience de l’exercice du pouvoir.  Qu’allons-nous tous devenir ?
Lire un récit d’apocalypse dans de telles circonstances est très instructif. Comme tous les prophètes bibliques Jésus nous prévient de la fragilité des choses de ce monde et des renversements toujours possible d’une réalité qui nous semblait assurée.
Comme il était beau le temple de Jérusalem ! Et pourtant il ne restera pas, – il n’est pas resté- pierre sur pierre, à part le mur occidental, dit mur des lamentations.
Comme ils sont doux les temps de paix et de prospérité ! Et enivrantes les époques où la démocratie ne semble soucieuse que d’accorder plus de liberté, plus d’égalité, plus de bien-être à tous ses citoyens ! Et pourtant une fracture sociale survient en conséquence de problèmes économiques, la crise persiste, les angoisses montent, les dissensions s’aggravent. La haine sociale, l’extrémisme violent explosent en un orage destructeur.
Ceci est le monde. Ceci est le remous de l’histoire des hommes. Restons accrochés au rocher, solides dans la tempête, assurés que nous la traverserons, fidèles à celui qui nous dit : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Tenez bon : c’est ainsi que vous sauverez vos vies. »

 

Prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

Dieu de paix, à qui rien n’est impossible, créateur, rédempteur, vivificateur :
Une fois de plus nous venons auprès de Toi pour implorer Ta miséricorde et Ton pardon.
Permets-nous de recommencer à nouveau et aide-nous à donner une chance à la paix.
Oui, nous voudrions donner une nouvelle chance à la paix,
puisque nous avons manqué tant d’occasions, que nous avons empêché tant d’initiatives
et que nous avons regardé, sans intervenir, lorsque le bien a été vaincu, au lieu de surmonter le mal par le bien !
Nous Te demandons : Donne-nous la paix !
Nous te rendons grâce pour les acteurs qui cherchent à vaincre la violence
Ils aiguisent notre conscience et renforcent notre désir de paix.
Mais tu attends bien plus de nous pour donner une chance à la paix.
Alors que nous implorons Ton pardon,
donne-nous de nous engager toujours à nouveau comme artisans de justice.
Nous Te demandons : Donne-nous la paix.
Engage-nous à faire la paix.
Aide-nous à ce que notre vie devienne toujours à nouveau  le point de départ pour la paix.
Donne-nous sagesse et courage :
La sagesse pour discerner Ta volonté, le courage pour servir fidèlement la paix.
Nous Te demandons : Donne-nous la paix.
Dieu de paix, à qui rien n’est impossible, Fais de nous les instruments de Ta paix,
Pour que partout dans le monde, nous fassions Ta volonté en donnant une chance à la paix.
Nous Te le demandons au nom de Celui qui est le Serviteur de la Paix : Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

Prière venant des Caraïbes – rassemblement mondial des Eglises pour la Paix

 

 

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Le Dieu des vivants et non le Dieu des morts

Méditation du jeudi 3 novembre 2016. En cette semaine de la Toussaint, nous prions pour toutes les personnes et les familles endeuillées.

Quelques Sadducéens vinrent auprès de Jésus. — Ce sont eux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection. —
Ils l’interrogèrent de la façon suivante : « Maître, Moïse nous a donné ce commandement écrit : «Si un homme marié, qui a un frère, meurt sans avoir eu d’enfants, il faut que son frère épouse la veuve pour donner des descendants à celui qui est mort.»
Or, il y avait une fois sept frères. Le premier se maria et mourut sans laisser d’enfants. Le deuxième épousa la veuve, puis le troisième. Il en fut de même pour tous les sept, qui moururent sans laisser d’enfants. Finalement, la femme mourut aussi. Au jour où les morts se relèveront, de qui sera-t-elle donc la femme ? Car tous les sept l’ont eue comme épouse ! »
Jésus leur répondit : « Les hommes et les femmes de ce monde – ci se marient ; mais les hommes et les femmes qui sont jugés dignes de se relever d’entre les morts et de vivre dans le monde à venir ne se marient pas. Ils ne peuvent plus mourir, ils sont pareils aux anges. Ils sont fils de Dieu, car ils ont passé de la mort à la vie. Moïse indique clairement que les morts reviendront à la vie. Dans le passage qui parle du buisson en flammes, il appelle le Seigneur «le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.» Dieu, ajouta Jésus, est le Dieu des  vivants, et non des morts, car tous sont vivants pour lui. »

Luc 20,27-38

 


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S’il n’y a pas de résurrection des morts, écrit l’apôtre Paul,  Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.
Mais que signifie la résurrection ? Comment l’envisage-t-on ?
S’il s’agit d’une réanimation risquant de plonger les réanimés dans l’inconfortable situation évoquée par les sadducéens en discussion avec Jésus, alors nous serons d’accord avec eux que mieux vaut ne pas ressusciter !
Heureusement la réponse de Jésus nous ouvre à une autre perspective. Elle nous libère de nos désirs d’immortalité et de nos fantasmes de grand retour, en même temps qu’elle nous invite à la confiance ! Nous serons comme des anges, nous entrerons dans la vie qui est la vie et qui a vaincu la mort. Cela vaut bien d’abandonner quelques égoïstes préoccupations sur notre devenir !
Jésus ressuscité ne ressemblait pas au Jésus d’avant. Marie le prit pour le jardinier du cimetière et les disciples d’Emmaüs pour un voyageur étranger. Il resta 40 jours puis monta au ciel où il est assis à la droite de Dieu !
Et nous, à qui ressemblerons-nous dans notre forme spirituelle? Au Fils de l’homme ?
En ce temps de Toussaint, où se célèbre la communion des vivants et des morts, la part de la joie doit l’emporter sur la part du chagrin ! Car tous sont et seront recueillis dans l’amour de Dieu, maintenant et pour toute éternité.

 

Nous prions pour toutes les familles endeuillées, en particulier celles qui ont perdu des enfants, celles qui sont frappées par la guerre ou les séismes. Nous trouverons des mots plein de consolation dans cette prière du Pasteur Charles Wagner (1852-1918).

Quand je dormirai du sommeil qu’on nomme la mort,
c’est dans ton sein que je reposerai.
Tes bras me tiendront
comme ceux des mères tiennent les enfants endormis.
Et Tu veilleras.
Sur ceux que j’aime et que j’aurai laissés,
sur ceux qui me chercheront et ne me trouveront plus,
sur les champs que j’ai labourés,
Tu veilleras.
Ta bonne main réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs sur les empreintes de mes pas égarés;
tu mettras ta paix sur les jours évanouis, passés dans l’angoisse;
tu purifieras ce qui est impur.
Et de ce que j’aurai été,
moi, pauvre apparence, ignorée de moi-même et réelle en toi seul.
Tu feras ce que tu voudras.
Ta volonté est mon espérance, mon lendemain, mon au-delà,
mon repos et ma sécurité.
Car elle est vaste comme les cieux et profonde comme les mers;
les soleils n’en sont qu’un pâle reflet
et les plus hautes pensées des hommes n’en sont qu’une lointaine image.
En Toi je me confie.
À Toi je remets tout.

 


1918, « Devant le témoin invisible », Paris, éd. Fischbacher 1933


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Laissons-nous renverser et soyons renversants !

Méditation du jeudi 27 octobre 2016. Nous prions pour nos envoyés à la Réunion et pour tous les Réunionnais.

Après être entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville.
Il y avait là un homme appelé Zachée ; c’était le chef des collecteurs d’impôts et il était riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais comme il était de petite taille, il ne pouvait pas y parvenir à cause de la foule. Il courut alors en avant et grimpa sur un arbre, un sycomore, pour voir Jésus qui devait passer par là.
Quand Jésus arriva à cet endroit, il leva les yeux et dit à Zachée : « Dépêche-toi de descendre, Zachée, car il faut que je loge chez toi aujourd’hui. »
Zachée se dépêcha de descendre et le reçut avec joie.
En voyant cela, tous critiquaient Jésus ; ils disaient : « Cet homme est allé loger chez un pécheur ! »
Zachée, debout devant le Seigneur, lui dit : « Écoute, Maître, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois autant. »
Jésus lui dit : « Aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison, parce que tu es, toi aussi, un descendant d’Abraham.  Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »

Luc 19,1-10

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Qui n’aime raconter l’histoire de Zachée aux enfants ? C’est que, derrière le puissant  collecteur d’impôt, il reste ce petit homme capable d’oublier son quant à soi social et de grimper aux arbres pour satisfaire sa curiosité.
A celui qui garde une telle capacité enfantine, il est possible de se laisser renverser. ET c’est ce qui arrive.
On l’imagine, à la demande de Jésus, se précipitant à la maison, organisant à la va-vite un repas de fête, proposant au visiteur de lui laver les pieds, sortant son meilleur vin, lui demandant de bénir le pain… Excité, heureux, fiévreux, comme quand un hôte de marque vous fait l’honneur de s’inviter chez vous.
De joie le cœur s’ouvre, et les fatalités comportementales s’assouplissent ! Là où le seul profit imposait sa loi, le souci d’autrui s’immisce, là où la peur et la méfiance servaient de vade mecum, la confiance et la générosité se révèlent comme naturelles. Zachée redevient frère, Zachée redevient fils…
Et pour tous ceux qui viennent après lui, Zachée devient signe de joie, de rédemption et d’espérance. Merci à l’évangéliste Luc d’avoir écrit pour nous cette histoire.

 

Nous prions pour nos envoyés à la Réunion et tous les habitants de la Réunion.

Saviez-vous déjà que la proximité de quelqu’un peut donner la santé,
Faire mourir ou vivre ?
Saviez-vous déjà que la voix de quelqu’un peut en éveiller un autre
Qui était sourd à tout
Et peut le faire entendre ?

Saviez-vous déjà que la parole et la main de quelqu’un peuvent rendre la vue
A un aveugle qui ne voyait rien,
Qui ne voyait aucun sens à ce monde et à sa vie ?

Saviez-vous déjà qu’écouter fait des merveilles,
Que la bienveillance est féconde,
Que la confiance donnée nous revient au centuple ?

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Se repentir c’est bien, réparer c’est encore mieux !

Méditation du jeudi 20 octobre 2016. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien.

Jésus dit la parabole suivante à l’intention de ceux qui se croyaient justes aux yeux de Dieu et méprisaient les autres :
« Deux hommes montèrent au temple pour prier ; l’un était Pharisien, l’autre collecteur d’impôts.
Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même  : «O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, mauvais et adultères ; je te remercie de ce que je ne suis pas comme ce collecteur d’impôts. Je jeûne deux jours par semaine et je te donne le dixième de tous mes revenus.»
Le collecteur d’impôts, lui, se tenait à distance et n’osait pas même lever les yeux vers le ciel, mais il se frappait la poitrine et disait : «O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur.»
Je vous le dis, ajouta Jésus, cet homme était en règle avec Dieu v quand il retourna chez lui, mais pas le Pharisien. En effet, quiconque s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. »

Luc 18,9-14


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Il existe une belle prière juive du matin qui consiste à remercier Dieu d’être ce que l’on est et pas un autre. Comme toute chose, cette prière peut être dévoyée et servir à mépriser ceux que l’on est content de ne pas être –y compris femme si l’on est homme !
On retrouve cet esprit de discrimination dans une certaine théologie de la prospérité où, heureux d’avoir réussi dans la vie et d’y voir le signe de la bénédiction de Dieu on y trouve l’occasion de jeter l’opprobre sur les malchanceux, les pécheurs, les « disgraciés », qui n’ont pas su sauter sur leur chance et faire de bonnes affaires !
Soyons plutôt comme ce collecteur d’impôt qui, ayant sans doute fait de bonnes affaires, mais sur le dos de ses concitoyens, accepte de prendre conscience que tout cela n’est pas bien beau devant Dieu et devant les hommes ! Alors il se repend humblement.
Ce qui vaut à condition de suivre l’exemple de Zachée, son confrère en profit, qui au contact de Jésus décide de rendre 4 fois ce qu’il doit à ceux qu’il a volés et de donner la moitié de ses biens aux pauvres.

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour le peuple tunisien à partir ces mots de Saint Cyprien (200-258), Père de l’Eglise né à Carthage, dans l’actuelle Tunisie, où il se convertit et fut baptisé vers 245. Evêque,  il fut exécuté sous la persécution de Valérien le 14 septembre 258.

 

« Prions pour que la Paix soit rendue à l’Église » :

« Prions pour que la Paix nous soit bientôt rendue,
Pour que nous puissions échapper aux périls et sortir de nos cachettes,
Et pour que soit accompli ce que le Seigneur daignera manifester à Ses serviteurs :
L’Eglise rendue à son état premier,
La sécurité de notre salut,
Le beau temps après la pluie,
La lumière après l’obscurité,
Un temps calme et doux après les tempêtes et les cyclones,
Le secours clément de son Amour paternel,
Les grandeurs accoutumées de la divine Majesté,
Qui réprime les blasphèmes des persécuteurs,
Qui corrige par la pénitence les chrétiens tombés,
Et qui glorifie la confiance ferme et inébranlable de ceux qui ont persévéré. Amen. »

Saint Cyprien de Carthage (200-258)

 




La prière : confiance et résistance

Méditation du jeudi 13 octobre 2016. Nous prions pour nos envoyés à Haïti et pour le peuple haïtien, si éprouvé et endeuillé une fois encore par l’ouragan Matthew.

Jésus leur dit ensuite cette parabole pour leur montrer qu’ils devaient toujours prier, sans jamais se décourager :
« Il y avait dans une ville un juge qui ne se souciait pas de Dieu et n’avait d’égards pour personne.  Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait fréquemment le trouver pour obtenir justice.
«Rends-moi justice contre mon adversaire», disait-elle.
Pendant longtemps, le juge refusa, puis il se dit : «Bien sûr, je ne me soucie pas de Dieu et je n’ai d’égards pour personne ; mais comme cette veuve me fatigue, je vais faire reconnaître ses droits, sinon, à force de venir, elle finira par m’exaspérer.» »
Puis le Seigneur ajouta : « Écoutez ce que dit ce juge indigne !  Et Dieu, lui, ne ferait- il pas justice aux siens quand ils crient à lui jour et nuit ? Tardera-t-il à les aider   ? Je vous le déclare : il leur fera justice rapidement. Mais quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Luc 18,1-8

 

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Comment continuer à prier lorsque les épreuves ne cessent de s’accumuler ? Réunis dans la chapelle du Défap avec nos frères et sœurs kanaks venus nous visiter, nous avons partagé cette question en pensant à la souffrance du peuple haïtien,  à peine sorti des conséquences de l’effroyable séisme de 2010 qu’il se retrouve à nouveau frappé par les éléments déchaînés.
Alors la veuve de notre parabole prend un relief encore plus saisissant. Loin d’être intimidée par un juge tout puissant, elle qui est consciente de sa pauvreté et de son insignifiance sociale, elle refuse de rester passive et de s’enfermer dans un rôle de victime. Au contraire elle s’arme de courage, elle insiste et défend son droit jusqu’à obtenir gain de cause.
C’est avec beaucoup de réalisme et un certain humour que Jésus met en scène cette question si spirituelle de la prière – plaidoirie. Ainsi il nous invite nous-mêmes à « pratiquer cette insistance ».  Comme devant un juge qui fait la sourde oreille tout en voulant croire que nous sommes devant un Père qui nous écoute.
Les réparations, les reconstructions, les actes de sauvetage, d’entraide,  ce sont les hommes qui en sont responsables car ils doivent agir, mais la force de faire tout cela – au cœur de tant de désespoir, c’est Dieu qui la suscite, l’entretient, la ranime quand elle vacille.

 

 

 

Nous prions pour nos envoyés à Haïti et le peuple haïtien si éprouvé et endeuillé par l’ouragan Matthew.

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Recommence

Si tu es las et que la route te paraît longue,
si tu t’aperçois que tu t’es trompé de chemin,
ne te laisse pas couler
au fil des jours et du temps,
…recommence.

Si ta vie te semble trop absurde,
si tu es déçu par
trop de choses et de gens,
ne cherche pas à comprendre pourquoi,
…recommence.

Si tu as essayé d’aimer et d’être utile,
si tu as connu ta pauvreté
et tes limites,
ne laisse pas là une tâche à moitié faite,
…recommence.

Si les autres te regardent avec reproche,
s’ils sont déçus par toi, irrités,
ne te révolte pas, ne leur demande rien,
…recommence.

Si l’arbre rebourgeonne en oubliant l’hiver,
le rameau fleurit
sans demander pourquoi,
l’oiseau fait son nid
sans songer à l’automne,
car la vie est espoir et recommencement.




La gratitude nous grandit !

Méditation du jeudi 6 octobre 2016. Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais

Tandis que Jésus faisait route vers Jérusalem, il passa le long de la frontière qui sépare la Samarie et la Galilée. Il entrait dans un village quand dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils se tinrent à distance et se mirent à crier : « Jésus, Maître, aie pitié de nous ! »
Jésus les vit et leur dit : « Allez-vous faire examiner par les prêtres. »
Pendant qu’ils y allaient, ils furent guéris.
L’un d’entre eux, quand il vit qu’il était guéri, revint sur ses pas en louant Dieu à haute voix.  Il se jeta aux pieds de Jésus, le visage contre terre, et le remercia. Cet homme était Samaritain.  Jésus dit alors : « Tous les dix ont été guéris, n’est-ce pas ? Où sont les neuf autres ? Personne n’a-t-il pensé à revenir pour remercier Dieu, sinon cet étranger ? »
Puis Jésus lui dit : « Relève-toi et va ; ta foi t’a sauvé. »

Luc 17,11-19


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On trouve – théoriquement – normal de remercier pour un bienfait. Cela vient du cœur, ou de l’éducation, ou des deux.
Pourtant il n’y a qu’un lépreux sur dix à revenir sur ses pas, louant Dieu et remerciant Jésus pour sa parole libératrice.
Contrairement à la logique l’exception est celui qui, guéri remercie, gracié fait grâce à son tour, pardonné pardonne, comblé de biens et de bienfaits se montre généreux…
Si c’est l’exception, il y a tout à parier que nous faisons souvent partie des neuf autres

Et pourtant il nous arrive aussi d’être celui qui remercie, n’est-ce pas ? Et il nous arrive d’être celui qui critique vivement les neuf autres… Quels ingrats !
Tout cela pour dire que la question de la reconnaissance est une question étonnamment complexe !
Heureusement Jésus le sait, et c’est bien pour cela qu’il guérit les dix lépreux, et non un seul d’entre eux. Et il leur permet à tous d’être réintégrés à la communauté des bien-portants.
Quant à celui qui remercie, il a compris et reçu quelque chose qui a échappé aux autres. Cela lui donne une joie profonde et une responsabilité particulière : celle d’être témoin des œuvres de Dieu.

 

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Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour le peuple camerounais

Laisse la paix commencer par toi et germer comme une graine féconde vers la lumière.
Elle a besoin de l’humus de ton cœur pour porter les belles fleurs votives.

Laisse la paix commencer par les pétales particuliers de tes doigts
Comme semences d’espérance.
Et ses racines se ramifieront en geyser d’amour.

Laisse l’amitié jaillir de tes yeux comme une porte grandement ouverte sur la fraternité.
Que ton regard devienne un abri solide pour ton frère humain contre la solitude.
Que chacune de tes prunelles soit une poignée de main généreuse
Contre cette aliénation qui sépare.

Laisse la tendresse commencer par toi comme une chaleureuse cordialité
Pour envahir le monde en désarroi et qui n’ose même plus espérer.
Deviens cette liane joyeuse qui se tend vers des abîmes insondables
Pour secourir les êtres broyés par l’incertitude.

Laisse l’amour commencer par toi comme absence de souffrance
Pour essuyer les larmes des hommes déglingués.
Notre terre a tant besoin de tes caresses amoureuses
Pour se sauver de ce terrible futur qui se prépare.
Laisse la paix commencer par toi comme un bouquet de vie triomphante.

Muepu. Echos des grands lacs.
Paroles lointaines, paroles si proches.




De la joie de servir à la découverte du croire !

Méditation du jeudi 29 septembre 2016. Nous prions pour notre envoyé à Madagascar et pour le peuple malgache.

 

Les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente notre foi. »

Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous pourriez dire à cet arbre, ce mûrier : «Déracine-toi et va te planter dans la mer», et il vous obéirait. »

« Supposons ceci : l’un d’entre vous a un serviteur qui laboure ou qui garde les troupeaux. Lorsqu’il le voit revenir des champs, va-t-il lui dire : «Viens vite te mettre à table» ?

Non, il lui dira plutôt : «Prépare mon repas, puis change de vêtements pour me servir pendant que je mange et bois ; après quoi, tu pourras manger et boire à ton tour.» Il n’a pas à remercier son serviteur d’avoir fait ce qui lui était ordonné, n’est-ce pas ?

Il en va de même pour vous : quand vous aurez fait tout ce qui vous est ordonné, dites : «Nous sommes de simples serviteurs ; nous n’avons fait que notre devoir.»

Luc 17,5-10

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A quoi servirait de déraciner « par la foi » un mûrier qui irait se replanter dans la mer ?

Jésus s’entend à manier l’absurde ! Au lieu de morigéner ses disciples pour leurs demandes insensées, il les promène avec des réponses qui peuvent leur causer quelque perplexité, et à nous aussi !

Autre était la demande du père d’un enfant malade adressant cette prière à Jésus : « Seigneur je crois, mais viens au secours de ma difficulté à croire ! »

Nous pouvons nous reconnaitre dans ce paradoxe : à la fois élan de confiance, enthousiasme, prescience de ce « qui n’est pas encore », la foi est toujours bordée par les précipices du doute, de la peur, du découragement, surtout quand nous traversons des moments difficiles.

Aux disciples Jésus indique le chemin à suivre : «  Faites simplement votre service ! » « Comment pouvez-vous vous inquiéter de votre « foi » alors que je suis au milieu de vous ? »

« La récompense du commandement, c’est le commandement » peut-on lire dans le Traité des Pères, livre important du judaïsme.

De même la récompense du service c’est la joie de servir !  Et cette joie est une force de consolation. Elle peut tenir lieu de foi pour qui pense avoir du mal à « croire ». Et il arrive qu’elle déplace des montagnes….

 

Nous prions pour notre envoyé à Madagascar et pour le peuple malgache.

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Seigneur, j’ai l’âme pleine de confiance et la tête pleine de doutes.

Seigneur, quelque chose en moi est capable de croire.

Mais je t’appelle au secours à cause des doutes qui restent dans ma tête.

Seigneur, il y a bien au fond de moi une certitude qui me donne espoir et confiance.

Permets qu’elle prenne racine là aussi, dans ma tête.

Seigneur, permets que mes yeux sachent voir plus loin que les faits.

Qu’ils sachent te voir, toi, à travers les choses.

Seigneur, les chiffres, les nombres, on ne les discute pas.

Fais que ta Parole, pour mon esprit, soit aussi évidente.

 

Seigneur, au nom de ton Fils, donne-moi de croire aussi, de tout le pouvoir de ma tête ! Amen !

Prières de jeunes chrétiens d’Afrique ; Paroles lointaines… paroles si proche