Se donner corps et âme !

« Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours. Le pain que je donnerai, c’est ma chair ; je la donne afin que le monde vive. »
Là-dessus, les Juifs discutaient vivement entre eux : « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » demandaient-ils.

Jésus leur dit : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. 
Celui qui mange ma chair et boit mon sang possède la vie éternelle et je le relèverai de la mort au dernier jour. Car ma chair est une vraie nourriture et mon sang est une vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure uni à moi et moi à lui.  Le Père qui m’a envoyé est vivant et je vis par lui ; de même, celui qui me mange vivra par moi.
Voici donc le pain qui est descendu du ciel. Il n’est pas comme celui qu’ont mangé vos ancêtres, qui sont morts. Mais celui qui mange ce pain vivra pour toujours. »

Jean 6,51-58

              


 Léonard de Vinci

 

Considéré comme l’évangile spirituel, l’évangile de Jean est en même temps le plus charnel. Au point de pouvoir choquer, non seulement les contemporains de Jésus, mais également les nôtres. En toutes lettres Jésus offre son corps à manger et son sang à boire !

Décréter qu’il faut comprendre symboliquement de telles paroles nous évite certes l’anthropophagie, mais nous renvoie pourtant à la force de leur sens littéral.

Etre femme peut aider à ressentir physiquement et spirituellement le sérieux de l’offrande de Jésus. Une femme enceinte nourrit le petit être qu’elle abrite de sa propre substance. Quand elle l’aura mis au monde elle l’abreuvera de son lait.

Et que dire de la suite ? La vie parentale -et non seulement maternelle, requiert l’engagement de toutes les forces vives de l’être, corps et âme confondus. Ne dit-on pas communément, pour s’en plaindre avec l’humour de l’affection, qu’on se fait « manger » par ses enfants ?

Ce n’est pas pour rien que la métaphore paternelle a été utilisée dans l’univers biblique pour exprimer la tendresse et la préoccupation divines à l’égard des humains et de la création tout entière.

Jésus d’ailleurs a été sensible à cette image de la grossesse et de l’enfantement qu’il a lui-même utilisée dans un autre chapitre de l’évangile de Jean. (Jean 14)

Quand il s’agit de donner Vie à l’autre, au prochain, à ceux qu’on aime, comment ne pas donner sa Vie ? Jusqu’à en mourir pour porter du fruit à l’infini ! 

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Togo et pour tous les Togolais

avec cette prière de l’Eglise catholique du Togo.


Dieu de nos Pères et Seigneur de tendresse,
Toi le Maître de l’histoire,
Toi qui tiens en Tes Mains le cœur des hommes
Et garantis les droits des peuples,
Tu sais que pour la naissance de notre nation,
Tout notre peuple a crié vers Toi.

N’abandonne pas l’ouvrage de Tes Mains.
Le Togo s’était alors consacré au Cœur de Ton Fils, pour toujours.
Prends soin de Ta vigne,
Prends soin de Ton domaine.

Remplis-nous de Ton Esprit pour que tous les fils de notre cher pays,
De l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud,
Se reconnaissent vraiment frères et sœurs,
Et qu’ils deviennent capables d’Amour au lieu de la haine,
D’union au lieu de la division.

Seigneur, aide-nous par Ta grâce à faire place dans nos cœurs
A la Justice et à la Paix
Au lieu de l’injustice et de la violence,
Au Pardon,
Au lieu du désir de vengeance.

Que partout sur notre terre s’affermissent la sécurité et la paix ;
Et qu’ainsi dans notre pays les ennemis se réconcilient,
Les adversaires se tendent la main,
Les groupes et les familles qui s’opposaient
Acceptent de faire route ensemble,
Et que l’Amour triomphe de la haine.

Que tout malheur soit écarté de nous,
Et que tous les Togolais, rassemblés,
S’unissent enfin pour œuvrer généreusement
A la construction de la Cité terrestre
Dans sa marche vers la Cité Céleste.
AMEN.

 

DR

 




Dieu a besoin de l’Homme

Moïse tailla deux tablettes de pierre, semblables aux précédentes. Tôt le lendemain matin, il monta sur le Sinaï, conformément à l’ordre du Seigneur ; il emportait les deux tablettes.
Le Seigneur descendit dans la colonne de fumée et se tint là, à côté de Moïse. Il proclama son nom : « Le Seigneur ». Puis il passa devant Moïse en proclamant encore : « Je suis le Seigneur ! Je suis un Dieu compatissant et bienveillant, patient, d’une immense et fidèle bonté. Je manifeste ma bonté envers les hommes jusqu’à mille générations, en supportant les péchés, les désobéissances et les fautes ; mais je ne tiens pas le coupable pour innocent, j’interviens contre celui qui a péché, contre ses enfants et ses descendants jusqu’à la troisième ou la quatrième génération. »
En toute hâte, Moïse se jeta à terre pour adorer le Seigneur, puis il s’écria : « Seigneur, puisque tu m’accordes ta faveur, je t’en supplie, viens nous accompagner. Je sais bien que ces gens sont rebelles, mais pardonne nos péchés et nos fautes, et considère-nous comme ton peuple. »

Exode 34,4-9

 

Source : Pixabay 

 

Il existe dans la tradition juive un enseignement racontant qu’Abraham, après l’histoire de Sodome, alla plaider la cause des humains devant le Saint béni soit-il :

Maître du monde lui dit-il, si tu exerces ta justice de manière stricte, la création ne pourra pas subsister, le monde retournera au chaos, comme au temps du déluge. Il faut donc que tu exerces aussi ta miséricorde afin que le monde vive.

Alors Dieu accepta d’exercer aussi sa miséricorde.

C’est ce qu’il fit également quand Moïse plaida la cause de son peuple après l’épisode du veau d’or.  Les coupables furent punis mais le peuple fut épargné.

Alors pourquoi Dieu ferait – il retomber la faute des pères sur les descendants jusqu’à la troisième ou quatrième génération ?

La question de la punition collective et de la punition intergénérationnelle est éclairée aujourd’hui par les apports de l’anthropologie et de la psychanalyse. Ce n’est pas Dieu qui punit l’innocent, ce sont les hommes eux-mêmes qui s’infligent et se transmettent des maux terribles. De fait le mal commis et le mal souffert par une génération a des répercussions sur plusieurs autres générations. Et il arrive que des criminels plongent toute une société dans le malheur. 

Dieu veut la vie et non la mort !  A nous de nous monter responsables, vis-à-vis de nos contemporains comme vis-à-vis de nos descendants. En nous confiant à Dieu, en obéissant à sa Parole, en agissant en faveur de la création et de toutes les créatures nous participerons au grand chœur de tous ceux qui défendent la vie, pour la plus grande joie du Père, du Fils, et de l’Esprit de sainteté.

 

 

Nous prions pour notre envoyé en Afrique du Sud et pour tout le peuple de ce pays, à travers cette méditation de Nelson Mandela. (1918-2013)

Notre peur la plus profonde, c’est notre lumière
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est au-dedans de nous. Elle est en chacun.
Notre peur la plus profonde n’est pas d’être incapable.
Notre peur la plus profonde est d’être puissant au-delà de toute mesure.
C’est notre lumière, pas notre ombre, qui nous effraie le plus.

Nous nous demandons :
Qui suis-je, pour être brillant, magnifique, talentueux et fabuleux ?
En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être ?
Vous êtes un enfant de Dieu.
Jouer petit ne rend pas service au monde.

Il n’y a rien de sage à vous rétrécir de telle sorte que les autres ne se sentent pas en danger à cause de vous.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est au-dedans de nous.
Elle est en chacun.

En laissant notre lumière briller, nous donnons incidemment aux autres la permission d’en faire autant. Lorsque nous sommes libérés de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.
Nelson Mandela (1994)

 

Source : Pixabay

 

 




Pentecôte : l’Esprit de Dieu fait pétiller nos vies !

C’est pourquoi je tiens à vous l’affirmer :

Aucun être guidé par l’Esprit de Dieu ne peut s’écrier : « Maudit soit Jésus ! », et personne ne peut déclarer : « Jésus est le Seigneur ! », s’il n’est pas guidé par le Saint-Esprit.

Il y a diverses sortes de dons spirituels, mais c’est le même Esprit qui les accorde.  Il y a diverses façons de servir, mais c’est le même Seigneur que l’on sert. Il y a diverses activités, mais c’est le même Dieu qui les produit toutes en tous. En chacun l’Esprit Saint se manifeste par un don pour le bien de tous. L’Esprit donne à l’un de parler selon la sagesse, et à un autre le même Esprit donne de parler selon la connaissance. Ce seul et même Esprit donne à l’un une foi exceptionnelle et à un autre le pouvoir de guérir les malades. L’Esprit accorde à l’un de pouvoir accomplir des miracles, à un autre le don de transmettre des messages reçus de Dieu, à un autre encore la capacité de distinguer les faux esprits du véritable Esprit. A l’un il donne la possibilité de parler en des langues inconnues et à un autre la possibilité d’interpréter ces langues. C’est le seul et même Esprit qui produit tout cela ; il accorde à chacun un don différent, comme il le veut.

Eh bien, le Christ est semblable à un corps qui se compose de plusieurs parties. Toutes ses parties, bien que nombreuses, forment un seul corps. Et nous tous, Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps par le même Esprit Saint et nous avons tous eu à boire de ce seul Esprit. 1 Corinthiens 12,3-13

 


Source : Pixabay


L’Esprit de Dieu est sa respiration, créatrice de vie, inspiratrice de vérité et d’amour.
Ce souffle ne connaît nulle barrière ; Il passe où il veut et quand il veut – sauf à rencontrer des cœurs hermétiquement fermés qui préfèrent le pouvoir et la domination à l’amour.
L’Esprit de Dieu nous atteste sa présence agissante en Jésus-Christ !
L’Esprit ne concerne pas seulement la religion, les églises …
Son champ d’action est l’univers, son ambition l’histoire du monde, depuis ce temps où  « au commencement, quand Dieu créa le ciel et la terre, l’Esprit planait sur les eaux. »
A l’heure de la mondialisation, alors que notre terre est devenue un village, la compréhension de l’œuvre de l’Esprit est primordiale. 
L’Esprit invite l’humanité à l’unité, mais il ne vise pas l’uniformité.
L’Esprit est Puissance de vie et chaque jour il doit défier les toutes-puissances mortifères.
L’Esprit est Sagesse mais il jubile des désirs, des enthousiasmes, des joies ressentis par les humains. Il féconde leur intelligence, dans toutes les cultures.
L’Esprit s’enchante de tout ce qui est bonté et beauté ! L’Esprit aime la simplicité de vie.
L’Esprit nous invite à reconnaître, aimer, encourager, conjuguer, nos talents, nos espoirs, nos projets. L’Esprit nous aide à vivre et nous fait vivre. Il assèche nos larmes, il purifie nos rires.
L’Esprit donne sens, joie, largeur et longueur, hauteur et profondeur à nos regards sur le Royaume qui vient !

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien avec ces mots du Pasteur Michel Wagner :

 

Merci, Seigneur, pour tous ces autres qui peuplent la terre avec moi.
Pour ces prochains et ces lointains sans qui je ne serais qu’un Robinson prisonnier de son orgueil solitaire.


Merci pour tout ce qui nous est commun, au long des siècles et des continents, tissant la longue tapisserie de l’humanité.
Merci aussi pour tout ce qui nous fait différents et dont les couleurs font chanter le tissu de la vie.
Donne-moi d’accueillir la richesse de ces diversités et d’y saisir la dimension de ton amour.


Pour ceux qui me sont les plus proches, familles, amis, voisins, camarades, collègues, qui cheminent à mes côtés au long des jours, m’apportant chaleur, réconfort ou souci…                      
Pour eux tous je veux te dire merci !

Te dire aussi merci tout simplement pour la vie qui continue.
Parce que le monde n’a pas commencé ni ne se terminera avec moi.

Ouvre mes yeux quand je m’enferme ou m’isole.
Envoie-moi des compagnons fraternels quand je déprime ou désespère.

Donne-moi d’être ce petit chaînon joyeux de la grande caravane humaine en marche vers cet avenir que ton fils nous a dépeint aux couleurs de l’espérance.

 


Source : Pixabay

 

 

 




« Dans l’amour ! Dans l’amour seulement ! »

Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux vers le ciel et dit :

« Père, l’heure est venue. Manifeste la gloire de ton Fils, afin que le Fils manifeste aussi ta gloire. Tu lui as donné le pouvoir sur tous les êtres humains, pour qu’il donne la vie éternelle à ceux que tu lui as confiés.

La vie éternelle consiste à te connaître, toi le seul véritable Dieu, et à connaître Jésus-Christ, que tu as envoyé.

J’ai manifesté ta gloire sur la terre ; j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donné à faire. Maintenant donc, Père, accorde-m’en ta présence la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.

Je t’ai fait connaître à ceux que tu as pris dans le monde pour me les confier. Ils t’appartenaient, tu me les as confiés, et ils ont obéi à ta parole. Ils savent maintenant que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’as données et ils les ont accueillies. Ils ont reconnu que je suis vraiment venu de toi et ils ont cru que tu m’as envoyé.

« Je te prie pour eux. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as confiés, car ils t’appartiennent. Tout ce que j’ai est à toi et tout ce que tu as est à moi et ma gloire se manifeste en eux.
Je ne suis plus dans le monde, mais eux sont dans le monde ; moi je vais à toi. Père saint, garde-les par ton divin pouvoir, celui que tu m’as accordé, afin qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un. » 

Jean 17 ,1-11

 

  
Tableau d’Augustin Tshipamba-Mputu, peintre congolais (RDC)

 

Ce qui menace fondamentalement l’humanité relève de trois choses : l’idolâtrie, qui conduit au fanatisme et au mépris des êtres humains, la haine qui les divise et les détruit, et la désespérance, qui engendre le nihilisme.

Seul l’amour peut déminer ces dangers.

En nous rendant témoins de sa relation avec son Père, de la prière qu’il lui adresse dans son discours d’adieu, Jésus nous fait comprendre que Dieu n’est Dieu que dans l’amour. Un amour relationnel, anti-idolâtre par essence, car il crée un respect et une tendresse mutuels.

De Dieu nous n’avons à connaître que cet amour. C’est ce qu’il a choisi dès le commencement. Etre amour et se révéler dans l’amour. C’est si précieux, si crucial, que Jésus reste éternellement le Fils afin de nous redire d’âge en âge cette vérité de l’amour.

Seul cet amour peut lutter contre les ravages de la haine et de la division. Nous autres humains, pris dans nos passions, nos désirs, nos rivalités, nos angoisses et nos faiblesses, nous ne pouvons pas nous unir par nous-mêmes, sinon parfois pour de mauvaises raisons, comme la folie de Babel ou la détestation d’un « ennemi » véritable ou fabriqué.

En priant son Père devant nous et pour nous, Jésus nous permet à tous d’entrer dans leur relation, d’en goûter les joies merveilleuses, et de nous y trouver les uns à côté des autres, les uns avec les autres, dans un cercle d’amour, un désir de construction, de partage et de communion fraternelle.

Découvrant alors dans l’amour que la terre et le ciel ne sont pas séparés, nous échappons au troisième danger, celui de la désespérance, car notre mort n’est pas la fin de tout.  Acceptant, à cause de l’amour, de disparaître avec Jésus, comme lui, avec et comme tous ceux qui nous ont précédés dans la mort, nous recevons la promesse, l’avant-goût, la réalité de la vie éternelle, la vie en éternité.

Dans l’amour ! Dans l’amour seulement !

 

 

Prions pour nos envoyés au Congo et tous les Congolais avec cette prière inspirée du Ps 84.

Comme tes cases sont aimées, Seigneur puissant,
Tes cases de bambou, tes cases de papier,
Tes cases de chaume doré
Où tes enfants s’en vont joyeux à la source de l’Eternel,
Le cœur trop grand pour être comblé par l’humain.
Et leur chair se met à chanter devant ta face.

Tous les oiseaux ont un abri pour leurs petits.
La meilleure case pour tes enfants est ta maison, Seigneur,
Car ils peuvent t’y louer sans limite,
Y recevoir la pluie de tes bénédictions,
Se perdre en toi quand tu les nourris de ton pain.
.
Bienheureux l’homme qui se met en route à l’aube
Sur la piste qui mène à ta sainte demeure.
Nous construirons d’autres sentiers par les collines,
Par les vallons qui mènent jusqu’au sanctuaire.

Une heure à ton écoute avec une âme en feu
Redonne à nos esprits l’élan des pèlerins.
Nous restons dans l’attente du ciel à venir
Mais déjà nous sentons le vent de ton amour.
Il nous donne la forte et folle espérance
Voilà ce qu’il nous laisse à tous en héritage

Le cœur de chaque pauvre est aussi une case
Où tu as fait ton nid avec prédilection.
Chaque fois qu’on accueille un d’entre ces petits
Ton visage divin vient à notre rencontre. Amen !
 

Auteur inconnu, « Paroles lointaines, paroles si proches »

 

   
Fresque de Rhode Bath-Schéba Makoumbou
(Peintre/Sculpteuse, née en 1976 au Congo-Brazzaville)

 

 




L’Esprit souffle où il veut et quand il veut !

Méditation du jeudi 18 mai 2017. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie

Philippe se rendit dans la principale ville de Samarie et se mit à annoncer le Messie à ses habitants. La population tout entière était très attentive aux paroles de Philippe quand elle l’entendait et voyait les miracles qu’il accomplissait. En effet, des esprits mauvais sortaient de beaucoup de malades en poussant un grand cri et de nombreux paralysés et boiteux étaient également guéris. Ainsi, la joie fut grande dans cette ville.

Un homme appelé Simon se trouvait déjà auparavant dans cette même ville. Il pratiquait la magie et provoquait l’étonnement de la population de la Samarie. Il prétendait être quelqu’un d’important, et tous, des plus jeunes aux plus âgés, lui accordaient beaucoup d’attention. On disait : « Cet homme est la puissance de Dieu, celle qu’on appelle «la grande puissance». Ils lui accordaient donc beaucoup d’attention, car il y avait longtemps qu’il les étonnait par ses pratiques magiques. Mais quand ils crurent à la Bonne Nouvelle que Philippe annonçait au sujet du Royaume de Dieu et de la personne de Jésus-Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes. Simon lui-même crut et fut baptisé ; il restait auprès de Philippe et il était rempli d’étonnement en voyant les grands miracles et prodiges qui s’accomplissaient.

Les apôtres qui étaient à Jérusalem apprirent que les habitants de la Samarie avaient reçu la parole de Dieu ; ils leur envoyèrent alors Pierre et Jean. Quand ceux-ci arrivèrent en Samarie, ils prièrent pour les croyants afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit. En effet, le Saint-Esprit n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean posèrent les mains sur eux et ils reçurent le Saint-Esprit. Quand Simon vit que l’Esprit était donné aux croyants lorsque les apôtres posaient les mains sur eux, il offrit de l’argent à Pierre et Jean en disant : « Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que ceux sur qui je poserai les mains reçoivent le Saint-Esprit. »

Mais Pierre lui répondit : « Que ton argent soit détruit avec toi, puisque tu as pensé que le don de Dieu peut s’acheter avec de l’argent ! Tu n’as aucune part ni aucun droit en cette affaire, car ton coeur n’est pas honnête aux yeux de Dieu Actes 8, 4-21

 


Source : Pixabay

 

Choquante, l’attitude de Simon le magicien est cependant si fréquente qu’elle a donné naissance à un mot : la simonie, signifiant le commerce des biens spirituels. En cette année où nous fêtons Luther, et évoquons sa protestation contre les abus de l’Eglise de son temps, nous pourrions penser que tout cela est d’une autre époque, et que nos contemporains ne sont pas crédules au point de se faire plumer par des faiseurs de miracles !

La réalité prouve le contraire. Bon nombre de gourous s’enrichissent grassement en vendant de la guérison et en utilisant les sentiments de culpabilité et la souffrance de leur prochain. Et les sectes pullulent de par le monde car finalement, le spirituel est un investissement qui rapporte gros.

Mais attention ! Cela ne concerne pas seulement les cyniques et l’argent. Le récit des Actes nous raconte que Simon le magicien a cru à l’enseignement des apôtres ; il a demandé le baptême au nom de Jésus. C’est dans l’enthousiasme pour l’œuvre de Pierre et Jean qu’il s’est imaginé pouvoir monnayer le don de l’Esprit-Saint ! Et cela a montré qu’il n’avait rien compris !

Quelle mise en garde pour nous croyants !

Certes nous savons que l’Esprit de Dieu ne peut ni s’acheter ni se vendre, mais comprenons-nous mieux pour autant la gratuité de l’Esprit ? Ne cédons-nous pas souvent à d’autres tentations ? Comme l’enfermer dans nos rituels et nos propres églises, nier qu’il soit à l’œuvre chez les autres et les regarder de haut, ou bien manipuler les voix de l’Esprit pour leur faire dire ce que nous avons envie de les entendre dire, ou exiger d’elles des manifestations qui n’ont pas grand-chose à voir avec le simple témoignage que tout chrétien est appelé à donner dans sa vie.

L’Esprit souffle où il veut, quand il veut… nous n’en sommes pas maîtres, mais s’il nous conduit à autre chose que l’amour, il est du diable et non de Dieu !

 

 

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie, aidés par cet enseignement qui nous vient, à travers les âges, de Tertullien, théologien né entre 150 et 160 et mort en 220 à Carthage (l’actuelle Tunisie).

De Dieu l’esprit et de Dieu la parole, et de Dieu la sagesse !
Et la sagesse de la parole et l’esprit des deux !

Considérons donc, bien-aimés, la sagesse céleste. Elle s’exprime d’abord dans le commandement de prier dans le secret.

Elle veut par là que la foi de l’homme soit convaincue que Dieu peut l’entendre et le voir chez lui et dans le lieu le plus caché. Il exige, de plus, la discrétion de la foi, en sorte que le fidèle se contente d’offrir humblement l’hommage de sa foi à celui qui seul peut l’entendre et le voir partout.

La sagesse qui s’exprime dans le précepte suivant concerne la foi et la discrétion : il ne s’agit pas d’assaillir Dieu par un flot de paroles, parce que nous avons la certitude que de toute manière, il veille sur les siens.

Et pourtant la brièveté – troisième recommandation de la sagesse – est riche de substance pour qui en pénètre la grandeur et l’esprit. Plus elle est courte en paroles, plus elle est abondante en significations.

 


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Rien ne sert de prêcher, si on ne nourrit pas !

Méditation du jeudi 14 mai 2017. Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et au Cameroun et pour les peuples de ces deux pays.

En ce temps-là, alors que le nombre des disciples augmentait, les croyants de langue grecque se plaignirent de ceux qui parlaient l’hébreu : ils disaient que les veuves de leur groupe étaient négligées au moment où, chaque jour, on distribuait la nourriture.
Les douze apôtres réunirent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il ne serait pas juste que nous cessions de prêcher la parole de Dieu pour nous occuper des repas.
C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes de bonne réputation, remplis du Saint-Esprit et de sagesse, et nous les chargerons de ce travail. Nous pourrons ainsi continuer à donner tout notre temps à la prière et à la tâche de la prédication. »
L’assemblée entière fut d’accord avec cette proposition. On choisit alors Étienne, homme rempli de foi et du Saint-Esprit, ainsi que Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, d’Antioche, qui s’était autrefois converti à la religion juive. Puis on les présenta aux apôtres qui prièrent et posèrent les mains sur eux.
La parole de Dieu se répandait de plus en plus. Le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem et de très nombreux prêtres se soumettaient à la foi en Jésus. Actes 6,1-7

 


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En tout il faut de l’organisation. Pourtant les apôtres n’ont pas anticipé le problème nouveau qui se pose à eux : la distribution des repas et le partage des aides entre ceux qui en ont besoin.
Mais comment auraient-ils pu prévoir un tel succès de leur prédication et une croissance si rapide de la communauté des croyants ?
Et surtout que vient faire cette histoire de rivalité entre étrangers et autochtones dans le contexte idyllique d’une évangélisation massive ? Cela parait mesquin ! Et pourtant ?
Hommes de foi et d’action les apôtres vont trouver la solution ; la répartition des tâches, l’institution des diacres-serviteurs.

Alors deux questions se posent :

  1. A quel moment passe-t-on d’une simple éthique personnelle commandant l’attention envers le prochain et l’hospitalité à une éthique de justice communautaire soucieuse d’équité et de distribution équilibrée entre différents groupes ? Et comment parvient-on à conjuguer ces deux niveaux dans notre vie ?
  2. Comment vivre l’organisation nécessaire et féconde des différents ministères dans l’Eglise sans tomber dans une spécialisation desséchante sur le plan spirituel ?  Par exemple il arrive souvent dans nos communautés que la répartition des engagements entre l’association cultuelle Loi 1905 et l’association d’entraide Loi 1901 crée un clivage entre « les deux mains » de l’Eglise.

L’Eglise corps du Christ exige coordination et communion entre tous ses membres, quels que soient leur place, leur service, leur ministère !  Ce n’est qu’en vivant simultanément la prière et l’action dans le monde que nous témoignons de l’Evangile du Christ, lui qui n’a pas dédaigné de partager tous les aspects de la vie quotidienne avec ceux qu’il rencontrait.

 


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Nous prions pour nos envoyés au Sénégal et au Cameroun et pour les peuples de ces deux pays.

Que l’Afrique te connaisse, Seigneur Dieu,
Toi le chef de tous ces grands chefs,
Toi le Père de tous ces anciens,
Toi la sagesse des sages !

Donne à chaque peuple et à chaque tribu de te chercher, de te connaître,
De savoir que tu es le seul Dieu véritable.
Que le monde te connaisse, toi, le vrai Dieu !

Qu’ils te connaissent
Les femmes et les hommes d’Afrique et du monde entier,
Afin que tu sois enfin le Dieu qui n’appartient à personne
Et qu’aucune civilisation ne saurait coloniser,
Afin que les religions ne soient plus des tours d’ivoire commodes.

Sois connu
Afin que tes messagers sachent que tu les as précédés
Et que tu es à l’œuvre dans toutes les cultures.
Que l’homme ne s’érige plus en dieu pour l’homme,
Pour que la croix ne soit plus un bijou et la souffrance un blasphème.
Afin que soit enfin entonné le chant funèbre de tout mépris, de toute supériorité
Et que batte la frénésie du tam-tam de la fraternité retrouvée,
Communion de l’homme à la feuille qui vibre,
De l’homme au murmure d’amour de l’homme,
De l’homme à la totalité que nous entrevoyons
Mais que seul tu es éternellement.

Prière camerounaise. Livre de prières de la société luthérienne.

 




Emmaüs : De la défiguration de Jésus-Christ à sa refiguration !

Méditation du jeudi 27 avril 2017. Nous prions pour notre envoyé au Burundi et pour tout le peuple du Burundi.

Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, qui se trouvait à environ deux heures de marche de Jérusalem. Ils parlaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux.
Ils le voyaient, mais quelque chose les empêchait de le reconnaître. Jésus leur demanda : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, tout attristés.
L’un d’eux, appelé Cléopas, lui dit : « Es-tu le seul habitant de Jérusalem qui ne connaisse pas ce qui s’est passé ces derniers jours ? » — « Quoi donc ? » leur demanda-t-il.
Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth ! C’était un prophète puissant ; il l’a montré par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. Les chefs de nos prêtres et nos dirigeants l’ont livré pour le faire condamner à mort et l’ont cloué sur une croix. Nous avions l’espoir qu’il était celui qui devait délivrer Israël. Mais en plus de tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces faits se sont passés. Quelques femmes de notre groupe nous ont étonnés, il est vrai. Elles se sont rendues tôt ce matin au tombeau mais n’ont pas trouvé son corps. Elles sont revenues nous raconter que des anges leur sont apparus et leur ont déclaré qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau et ont trouvé tout comme les femmes l’avaient dit, mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Alors Jésus leur dit : « Gens sans intelligence, que vous êtes lents à croire tout ce qu’ont annoncé les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffre ainsi avant d’entrer dans sa gloire ? » Puis il leur expliqua ce qui était dit à son sujet dans l’ensemble des Écritures, en commençant par les livres de Moïse et en continuant par tous les livres des Prophètes.
Quand ils arrivèrent près du village où ils se rendaient, Jésus fit comme s’il voulait poursuivre sa route. Mais ils le retinrent en disant : « Reste avec nous ; le jour baisse déjà et la nuit approche. »
Il entra donc pour rester avec eux. Il se mit à table avec eux, prit le pain et remercia Dieu ; puis il rompit le pain et le leur donna.
Alors, leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. Ils se dirent l’un à l’autre : « N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? »
Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les onze disciples réunis avec leurs compagnons, qui disaient : « Le Seigneur est vraiment ressuscité ! Simon l’a vu ! »  Et eux-mêmes leur racontèrent ce qui s’était passé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il rompait le pain. Luc 24,13-35

 


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Sur le Mont Thabor, les disciples de Jésus ont vécu sa transfiguration. Au jour de sa mort ils ont assisté à sa défiguration. Au matin de la résurrection, il leur faut entrer dans un temps nouveau : celui de sa « refiguration ».
D’abord ils sont empêchés de le reconnaître, car son réveil d’entre les morts n’est pas une réanimation.  Reconnaître Jésus, c’est avoir à le connaître comme Christ mort et ressuscité, défiguré dans son humanité souffrante, transfiguré dans sa divinité présente, et en cours de refiguration comme Vivant pour toute éternité.
Pour Marie , cette refiguration commence quand la voix de celui qu’elle prend pour le jardiner l’appelle par son nom. Alors elle lui répond.
Pour les disciples d’Emmaüs cela se passe au moment de la fraction et de la bénédiction du pain à l’auberge du village …. Et pourtant disent-ils, « N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? »
Qu’en est-il pour nous de cette refiguration ?
Qui est le Christ pour nous, aujourd’hui ? Que nous dit-il ?
Plus de vingt siècles ont passé. Nous avons les Ecritures, nous entendons sa voix intérieure, nous connaissons son visage défiguré, transfiguré, et qui se refigure en chaque prochain qu’il nous commande d’aimer, d’aider, de respecter. Et nous avons la joie des gestes de communion au pain et au vin qu’il nous a enseignés, en mémoire de lui !

Le chemin d’Emmaüs est pour nous un chemin d’orientation, qui nous détourne de la désespérance, de la haine, des tentations politiques mortifères, pour nous envoyer vers la vie ouverte, l’espérance courageuse, la fraternité large, le partage joyeux.

 


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Prions pour notre envoyé au Burundi et pour tout le peuple du Burundi

O Christ
Sauveur du monde
Roi de la Création nouvelle
Viens régner sur nos cœurs et dirige nos pensées vers les choses d’en haut,
Où tu es à la droite du Père.

Toi le Seigneur de l’Eglise
Demeure toujours présent en elle jusqu’à la fin du monde
Et que ton esprit la conduise dans toute la vérité.

Toi à qui toute puissance a été donnée au ciel et sur la terre
Etends en tous lieux ta main sur ceux qui sont exposés au danger.
Et donne ta sagesse aux responsables politiques et économiques de ce monde.

Garde ceux que menace la tentation
Et donne la paix à ceux qui sont inquiets et tourmentés.
Soutiens le courage des opprimés, des prisonniers et des persécutés.

Révèle ta présence aux malades, aux infirmes et aux mourants,
Afin qu’ils soient consolés et fortifiés.
Garde – nous dans l’amour fraternel et dans le service de ton règne,
Afin que le Père soit glorifié en toi, son Fils bien-aimé.

 




L’Évangile se donne à entendre, à lire, à voir…

Méditation du jeudi 20 avril 2017. En cette semaine après Pâques, nous prions pour nos envoyés au Burkina Fasso et pour tout le peuple burkinabais.


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Le soir de ce même dimanche, les disciples étaient réunis dans une maison. Ils en avaient fermé les portes à clé, car ils craignaient les autorités juives.

Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Cela dit, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Après ces mots, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ! Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés obtiendront le pardon ; ceux à qui vous refuserez le pardon ne l’obtiendront pas. »

Or, l’un des douze disciples, Thomas — surnommé le Jumeau — n’était pas avec eux quand Jésus vint. Les autres disciples lui dirent : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais Thomas leur répondit : « Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas. »

Une semaine plus tard, les disciples de Jésus étaient de nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Les portes étaient fermées à clé, mais Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Mets ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse de douter et crois ! » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « C’est parce que tu m’as vu que tu as cru ? Heureux sont ceux qui croient sans m’avoir vu ! »

Jésus a fait encore, devant ses disciples, beaucoup d’autres signes miraculeux qui ne sont pas racontés dans ce livre. Mais ce qui s’y trouve a été écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu. Et si vous croyez en lui, vous aurez la vie par lui. Jean 20,19-21

 

Ce que Jésus a offert à ses disciples, – le rencontrer comme Ressuscité tout en percevant les traces de sa mort -, Thomas, l’absent du jour, le réclame pour lui-même.  Pour croire il veut regarder et il veut toucher. Dans notre imaginaire il incarne celui qui doute, et sa présence dans l’évangile permet d’y faire place à tous les sceptiques qui ont envie de croire sans y parvenir toujours !

Parmi les élèves, les enseignants ont appris à reconnaître les visuels et les auditifs, ceux qui retiennent mieux ce qu’ils voient, et ceux qui retiennent mieux ce qu’ils entendent. On peut également distinguer les littéraires, à l’aise avec les symboles, et les scientifiques férus d’observation, sans que cela implique des oppositions irréductibles ni une quelconque hiérarchie entre les uns et les autres.

L’Evangile requiert toutes ces dispositions complémentaires : la capacité à écouter, à regarder, à analyser, à raconter, à montrer… La foi se proclame, mais elle doit se rendre visible et sensible par le témoignage, l’attitude, les actes.

Jésus a dit : « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jean 13 : 35 « Personne n’a jamais vu Dieu; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. 1 Jean 4,12.

 

 


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En cette semaine après Pâques nous prions pour nos envoyés au Burkina Fasso et pour le peuple burkinabais.

Seigneur, lorsque nous pensons à notre vie,
Nous sommes bien obligés de reconnaître que nous ne sommes pas des héros de la foi.
Pourtant tu veux te servir de nous.

Tu veux que nous soyons tes ambassadeurs et allions à la rencontre des autres.

Comme ton Christ est apparu à Marie de Magdala,
Qui, en allant l’annoncer aux autres, est devenue apôtre,
Comme il s’est manifesté à deux disciples en route vers Emmaüs
Et qui sont allés le dire aux autres,

Comme il est apparu aux onze qu’il a fini par envoyer dans le monde entier,
Tu ne voudrais pas que nous restions indifférents
Mais que nous nous mettions en mouvement
Et que nous sortions nos vies et nos paroisses de l’immobilisme !

Accorde-nous, en ce temps de Pâques,
La conviction que la rencontre avec le Ressuscité est possible
Et que le Vivant veut nous entraîner dans ton mouvement d’amour vers les humains.

Michel Hoeffel,
Livre de prières de la Société luthérienne.

 




Allez dire : « il est revenu d’entre les morts  » !

Méditation du jeudi 13 avril 2017 – En ce temps de Pâques nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache.

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Après le sabbat, dimanche au lever du jour, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent voir le tombeau.

Soudain, il y eut un fort tremblement de terre ; un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la grosse pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect d’un éclair et ses vêtements étaient blancs comme la neige. Les gardes en eurent une telle peur qu’ils se mirent à trembler et devinrent comme morts.

L’ange prit la parole et dit aux femmes : « N’ayez pas peur. Je sais que vous cherchez Jésus, celui qu’on a cloué sur la croix ; il n’est pas ici, il est revenu de la mort à la vie comme il l’avait dit. Venez, voyez l’endroit où il était couché. Allez vite dire à ses disciples : « Il est revenu d’entre les morts et il va maintenant vous attendre en Galilée; c’est là que vous le verrez.» Voilà ce que j’avais à vous dire. »

Elles quittèrent rapidement le tombeau, remplies tout à la fois de crainte et d’une grande joie, et coururent porter la nouvelle aux disciples de Jésus.

Tout à coup, Jésus vint à leur rencontre et dit : « Je vous salue ! » Elles s’approchèrent de lui, saisirent ses pieds et l’adorèrent. Jésus leur dit alors : « N’ayez pas peur. Allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Matthieu 28, 1-10

 

Ce récit de la résurrection a souvent été utilisé pour rappeler à ceux qui exprimaient des réticences à la prise de parole des femmes dans l’Église que la bonne nouvelle de la résurrection a d’abord été transmise par elles. Mais si cette présence féminine nous enseignait tout autre chose ?

A l’époque où les évangiles ont été rédigés, les témoins directs de la résurrection commençaient à disparaître et une nouvelle question se posait :  les gens allaient-ils encore croire et se convertir si plus personne ne pouvait leur dire : “j’ai vu” ? Il était donc important de montrer que la Foi ne dépérit pas au cours de sa transmission. L’auteur le fait avec deux arguments :

– le premier témoignage était le plus faible, le moins fiable, puisqu’il était celui de femmes ! En effet, à l’époque  le témoignage des femmes n’avait pas  de valeur juridique ; les femmes n’étaient  même pas autorisées à témoigner.  Le rôle des femmes n’est donc pas très positif dans ce texte. Il souligne la faiblesse du premier maillon de la chaîne de transmission.

–  tous les doutes chez les premiers « chrétiens » se trouvent au début, juste après la résurrection. Le fait d’avoir vu génère moins de certitudes que d’avoir entendu.   C’est un peu comme si les évangélistes disaient  : « vous n’avez pas vu, c’est mieux pour vous . La transmission est plus sûre que l’expérience directe ».

Les récits de résurrection dévalorisent le contact direct au profit de la parole transmise. Celui qui entend la bonne nouvelle de la résurrection a autant, sinon plus de chances, que le premier témoin car ce n’est pas la vue mais Dieu lui-même qui  produit en lui la foi dans le Ressuscité. 

La bonne nouvelle est que la foi ne pâtit donc pas de l’éloignement de l’événement fondateur !

 

 

 


 Orphelinat de Tangaïna Antananarivon, © Laura Casorio

En ce temps de Pâques nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache avec cette prière tirée d’un chant malgache :

 

QUE POUVONS-NOUS T’OFFRIR SEIGNEUR ?
Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de tous tes bienfaits ?
Tu me réponds : Offre-moi tes mains vides, je les comblerai de biens surabondants.

Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de la force que tu m’as donnée ?
Tu me réponds : Offre-moi tes ignorances, je les changerai en sagesse sans pareille.

Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de la sagesse que tu m’as léguée ?
Tu me réponds : Offre-moi tes misères, je les changerai en salut pour autrui.

Seigneur, que t’offrirai-je pour te remercier de ton précieux salut ?
Tu me réponds : Offre – moi tes péchés, je les changerai en amour qui ne s’éteint pas.
Oui, Seigneur, je t’offre tout cela, en toute confiance.
Sois remercié, sois béni, sois loué !

 

 

 

 

 

 




Vraiment Dieu met sa force dans notre faiblesse !

Méditation du jeudi 6 avril 2017. En avançant vers la fête des rameaux et la semaine de la passion, nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour tous les égyptiens.

Le Seigneur Dieu m’a enseigné ce que je dois dire, pour que je sache avec quels mots je soutiendrai celui qui faiblit.
Chaque matin, il me réveille, il me réapprend à écouter, comme doivent écouter les disciples.
Le Seigneur Dieu m’ouvre les oreilles, et je ne lui résiste pas, je ne recule pas.
J’offre mon dos à ceux qui me battent, je tends les joues à ceux qui m’arrachent la barbe.
Je ne cache pas mon visage aux crachats, aux insultes.
Le Seigneur Dieu me vient en aide, c’est pourquoi je ne m’avoue pas vaincu, je rends mon visage dur comme la pierre, je sais que je n’aurai pas le dessous. Esaïe 50 4-7

 


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Les chants du serviteur du Prophète Esaïe nous entraînent vers des profondeurs inattendues, là où un échange intime avec Dieu transforme notre regard sur l’être humain, sa vie, le sens de sa souffrance et de ses relations avec les autres. « Le Seigneur Dieu m’ouvre les oreilles, et je ne lui résiste pas, je ne recule pas. »

En ce serviteur souffrant les chrétiens ont vu une préfiguration de Jésus-Christ crucifié et ressuscité, les juifs la figure symbolique du peuple juif fidèle à son Dieu à travers les persécutions millénaires.


Entrant dans la semaine de la passion, chacun d’entre nous est invité à méditer ces paroles de Dieu, et leur écho chez l’apôtre Paul : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. » 2 Corinthiens 12, 9-10


Il ne s’agit ni de démission ni d’un goût malsain pour la souffrance, mais de cette force d’âme qui nous est donnée quand nous nous ouvrons à la présence transformante de Dieu en nous et au milieu de nous.
C’est dans la prière que nous prenons conscience de cette présence, mais aussi chaque fois qu’écoutant l’appel de notre Père, nous nous tournons vers notre prochain afin d’exprimer pour lui «ce que nous devons lui dire, et que nous sachions avec quels mots nous le soutiendrons dans sa propre faiblesse. »

 

 


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En avançant vers la fête des rameaux et la semaine de la passion, nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour tous les égyptiens.

Seigneur Jésus, ton entrée à Jérusalem apporte la joie, l’allégresse aux habitants de cette ville.

Nous Te prions pour ton Eglise : qu’elle soit signe de joie pour ce monde !

Que nos frères et sœurs en Terre Sainte puissent se réunir pour Te louer !

Seigneur Jésus, l’acclamation du peuple qui T’accueille laisse rapidement la place à la condamnation qui Te met sur le chemin de la Passion.

Nous Te prions pour ceux qui sont abandonnés par leurs proches, qui sont trahis : qu’ils puissent retrouver l’espoir pour continuer leur vie !

Seigneur Jésus, Tu as été trainé devant des tribunaux humains.

Nous Te prions pour les prisonniers : qu’ils soient traités avec justice et que leur existence d’êtres humains soit respectée !

Seigneur Jésus, en traversant la mort Tu nous montres le chemin qui mène à la vie éternelle.

Nous Te prions pour tous ceux qui placent en Toi leur confiance : que leur foi et leur espérance s’enracinent toujours plus en Toi, afin qu’à leur tour, ils puissent témoigner de la victoire de la vie !

Dieu de tendresse et d’amour, reçois toutes les prières qui se murmurent dans le cœur de chacun en ce dimanche.

Viens révéler ton Visage miséricordieux à ceux qui Te cherchent désespérément sur leur propre chemin de passion, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

 




Déliez Lazare et laissez-le aller !

Méditation du jeudi 30 mars 2017. Nous entrons dans la 5ème semaine du Carême et nous prions pour notre envoyé au Liban, sa famille et tous les libanais.

   
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Un homme appelé Lazare tomba malade. Il habitait Béthanie, le village où vivaient Marie et sa soeur Marthe — Marie était cette femme qui répandit du parfum sur les pieds du Seigneur et les essuya avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade. — Les deux soeurs envoyèrent quelqu’un dire à Jésus : « Seigneur, ton ami est malade. »

Lorsque Jésus apprit cette nouvelle, il dit : « La maladie de Lazare ne le fera pas mourir ; elle doit servir à montrer la puissance glorieuse de Dieu et à manifester ainsi la gloire du Fils de Dieu. » Jésus aimait Marthe et sa soeur, ainsi que Lazare.

Or, quand il apprit que Lazare était malade, il resta encore deux jours à l’endroit où il se trouvait, puis il dit à ses disciples : « Retournons en Judée. » Les disciples lui répondirent : «Maître, il y a très peu de temps on cherchait à te tuer à coups de pierres là-bas et tu veux y retourner ? » Jésus leur dit : « Il y a douze heures dans le jour, n’est-ce pas ? Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde.  Mais si quelqu’un marche pendant la nuit, il trébuche, parce qu’il n’y a pas de lumière en lui. » Après avoir dit cela, Jésus ajouta : « Notre ami Lazare s’est endormi, mais je vais aller le réveiller. » Les disciples répondirent : « Seigneur, s’il s’est endormi, il guérira. » En fait, Jésus avait parlé de la mort de Lazare, mais les disciples pensaient qu’il parlait du sommeil ordinaire. Jésus leur dit alors clairement : « Lazare est mort. Je me réjouis pour vous de n’avoir pas été là-bas, parce que ainsi vous croirez en moi. Mais allons auprès de lui. » Alors Thomas — surnommé le Jumeau — dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec notre Maître! »

Quand Jésus arriva, il apprit que Lazare était dans la tombe depuis quatre jours déjà. Béthanie est proche de Jérusalem, à moins de trois kilomètres, et beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler de la mort de leur frère.

Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle partit à sa rencontre ; mais Marie resta assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que même maintenant Dieu te donnera tout ce que tu lui demanderas. » Jésus lui dit : « Ton frère se relèvera de la mort. » Marthe répondit : « Je sais qu’il se relèvera lors de la résurrection des morts, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » — « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Messie, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde. » Sur ces mots, Marthe s’en alla appeler sa soeur Marie et lui dit tout bas : « Le Maître est là et il te demande de venir. »

Dès que Marie eut entendu cela, elle se leva et courut au-devant de Jésus.  Or, Jésus n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Quand les Juifs qui étaient dans la maison avec Marie pour la consoler la virent se lever et sortir en hâte, ils la suivirent. Ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva là où se trouvait Jésus ; dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Jésus vit qu’elle pleurait, ainsi que ceux qui étaient venus avec elle. Il en fut profondément ému et troublé, et il leur demanda : «Où l’avez-vous mis ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens et tu verras. » Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais quelques-uns d’entre eux dirent : « Lui qui a guéri les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas aussi empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, de nouveau profondément ému, se rendit au tombeau. C’était une caverne, dont l’entrée était fermée par une grosse pierre. « Enlevez la pierre », dit Jésus. Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Seigneur, il doit sentir mauvais, car il y a déjà quatre jours qu’il est ici. » Jésus lui répondit : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux vers le ciel et dit : « Père, je te remercie de m’avoir écouté. Je sais que tu m’écoutes toujours, mais je le dis à cause de ces gens qui m’entourent, afin qu’ils croient que tu m’as envoyé. » Cela dit, il cria très fort : « Lazare, sors de là ! » Le mort sortit, les pieds et les mains entourés de bandes et le visage enveloppé d’un linge. Jésus dit alors : « Déliez-le et laissez-le aller. » Jean 11,1-44

 

 

Quel long et mystérieux récit que celui de la résurrection de Lazare ! Tout détail nous fait signe et nous invite à méditer. Retenons le retard de Jésus, souligné comme volontaire de sa part, jugé tragique par tous ceux qui pleurent le mort bien-aimé. « Ah s’il avait été là ! »

Mais il faut que Lazare meure, car tout homme est mortel ! Il faut que Lazare meure, qu’on le pleure, et que Jésus lui aussi pleure !

Il faut que Lazare meure car c’est de la mortalité que jaillit la Parole de vie.  « Le fait que chaque instant puisse être le dernier le rend précisément éternel. Seulement la mort, à chaque instant possible, rend l’amour plus fort qu’elle, car elle ouvre la vie à l’amour rédempteur. » suggérait le philosophe juif Franz Rosenzweig dans son livre l’Etoile de la Rédemption.

Ce passage obligé par la mort, dont Jésus porte la vive conscience, c’est celui qu’il va vivre lui-même jusqu’au bout : mourir afin que vive et se révèle pleinement l’amour.

Mais cet amour ne s’accomplit que dans le mouvement suivant, dans un appel à vivre, quand Jésus, délié de la mort, s’adresse à nous tous comme à ses disciples : « Déliez Lazare et laissez-le aller ! »

Le retard de Jésus – le retard de Dieu – ce que nous ressentons comme tel au moment de nos épreuves humaines, est en réalité le temps de sa présence poignante à nos côtés, au milieu de nous, dans l’épaisseur de nos réalités et de nos vies. Nous ne sommes jamais abandonnés !

 

 


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Nous prions pour notre envoyé au Liban, sa famille et le peuple libanais, avec cette prière de Sœur Myriam (1925-2010, qui fut Prieure des diaconesses de Reuilly.
 

Être là, Seigneur, lorsque la nuit tombe.

Être là, comme une espérance : peut-être allons-nous toucher le bord de Ta lumière …

Être là, Seigneur, dans la nuit, avec au fond de soi cette formidable espérance : peut-être allons-nous aider un homme, très loin de nous, à vivre.

Être là, Seigneur, n’ayant presque plus de parole, comme au fond du cœur qui aime, n’ayant plus de regard ailleurs que sur ce point de feu d’où émerge la vie qui nous change en flamme.

Être là, Seigneur, comme un point tranquille tourné vers Toi.

Être là avec tous ceux qui nous tiennent à cœur, et savoir que nous nous entraînons tous dans Ta lumière, et pas un instant n’est perdu.

Être là, Seigneur, nous abreuver à la Source qui indéfiniment coule.

Dieu de paix dont la paix n’est pas de ce monde,
Dieu d’une vie qui abolira toute mort,
Dieu compagnon qui Te tient tous les jours en nous, et entre nous,
Sois avec nous maintenant et pour l’éternité. Ainsi-soit-il. »

 




Avec Jésus, ouvrir les destins qui semblent fermés !

Méditation du jeudi 23 mars 2017. Entrant dans la quatrième semaine du carême, nous prions pour notre envoyé à la Réunion, pour l’Eglise et pour tous les Réunionnais.


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En chemin, Jésus vit un homme qui était aveugle depuis sa naissance. Ses disciples lui demandèrent : « Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle : à cause de son propre péché ou à cause du péché de ses parents ? »
Jésus répondit : « Ce n’est ni à cause de son péché, ni à cause du péché de ses parents. Il est aveugle pour que l’oeuvre de Dieu puisse se manifester en lui. Pendant qu’il fait jour, nous devons accomplir les oeuvres de celui qui m’a envoyé. La nuit s’approche, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Après avoir dit ces mots, Jésus cracha par terre et fit un peu de boue avec sa salive ; il frotta les yeux de l’aveugle avec cette boue et lui dit : « Va te laver la figure à la piscine de Siloé. » — Ce nom signifie « Envoyé ». —
L’aveugle y alla, se lava la figure et, quand il revint, il voyait ! Ses voisins et ceux qui l’avaient vu mendier auparavant demandaient : « N’est-ce pas cet homme qui se tenait assis pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » D’autres disaient : « Non, ce n’est pas lui, mais il lui ressemble. » Et l’homme disait : « C’est bien moi. » Ils lui demandèrent : « Comment donc tes yeux ont-ils été guéris ? » Il répondit : « L’homme appelé Jésus a fait un peu de boue, il en a frotté mes yeux et m’a dit : « Va à Siloé te laver la figure. » J’y suis allé et, après m’être lavé, je voyais ! » Ils lui demandèrent : « Où est cet homme ? » — « Je ne sais pas », répondit-il.
Jean 9,1-12

 


Pourquoi les disciples de Jésus lui posent-ils cette question sur l’origine du mal et de la souffrance ? Est-ce simple curiosité théologique de leur part ? Ou cherchent-ils à se rassurer, comme en leur temps les amis de Job, qui voulaient à tout prix interpréter son malheur comme l’effet d’une punition divine pour ses péchés. Dans cette logique absurde la santé viendrait prouver l’innocence, ou l’illusion de l’innocence vaudrait assurance tout risque ! Cela ne marche pas et n’a rien à voir avec Dieu, qui fait pleuvoir sur les justes et les méchants.
Mais parfois la question est posée par celui-là même qui se trouve en état de souffrance. Alors elle peut être considérée comme une forme de prière. « Est-ce toi mon Dieu qui m’envoie cette épreuve ? L’ai-je méritée de quelque façon ? »
Comment répondre à celui qui s’interroge du plus profond de son angoisse ? Jésus fait silence sur ce que Dieu seul sait et doit savoir ! Il n’explique rien du pourquoi de l’épreuve.
En revanche il nous invite à regarder vers l’avenir avec confiance et à accomplir avec lui les œuvres de lumière. Il nous apprend que l’aveugle-né n’est pas enfermé dans un destin ni une fatalité. Le temps reste ouvert. Certes nous ne sommes pas Jésus pour « réussir » comme lui le signe qui rendra la vue à celui qui ne voyait pas, mais il met à notre portée les gestes et les paroles de bénédiction, qui libèrent du désespoir mortifère et envoient vers la vie.

 

 


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Entrant dans la quatrième semaine du Carême, nous prions pour notre envoyé à la Réunion, pour l’Eglise et tout le peuple réunionnais avec cette méditation de Mgr Albert Decourtray (1923-1994).

Jamais homme n’a respecté les autres comme Jésus.

Pour lui, l’autre est toujours plus et mieux que ce à quoi les idées reçues, même des sages et des docteurs de la Loi, tendent à le réduire.

Il voit toujours en celui ou celle qu’il rencontre un lieu d’espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par-delà ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf.
Il lui arrive même d’y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l’action de grâce !

Il ne dit pas : « Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l’atavisme moral et religieux de son milieu, ce n’est qu’une femme ». Il lui demande un verre d’eau et il engage la conversation.

Il ne dit pas : « Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans son vice ». Il dit : « Elle a plus de chance pour le Royaume des Cieux que ceux qui tiennent à leurs richesses ou se drapent dans leurs vertus et leur savoir ».

Il ne dit pas : « Celle-ci n’est qu’une adultère ». Il dit : « Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus ».

Il ne dit pas : « Cette vieille qui met son obole ans le tronc sur les œuvres du Temple est une superstitieuse ». Il dit qu’elle est extraordinaire et qu’on ferait bien d’imiter son désintéressement.

Il ne dit pas : « Ces enfants ne sont que des gosses ». Il dit : « Laissez-les venir à moi, et tâchez de leur ressembler ».

Il ne dit pas : « Cet homme n’est qu’un fonctionnaire véreux qui s’enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres ». Il s’invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.

Il ne dit pas, comme son entourage : « Cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres ». Il dit que l’on se trompe à son sujet et il stupéfie en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu :

Il ne dit pas : « Le centurion n’est qu’un occupant ». Il dit : « Je n’ai jamais vu pareille foi en Israël ».

Il ne dit pas : « Ce savant n’est qu’un intellectuel ». Il lui ouvre la voie vers la renaissance spirituelle.

Il ne dit pas : « Cet individu est un hors-la-loi ». Il lui dit : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ».

Il ne dit pas : « Ce Judas ne sera jamais qu’un traître ». Il accepte son baiser et lui dit : « Mon ami ».

Jésus n’a jamais dit : « Il n’y a rien de bon dans celui-ci, dans celle-là, dans ce milieu-ci… ». De nos jours, il n’aurait jamais dit : « Ce n’est qu’un intégriste, un moderniste, un gauchiste, un fasciste, un mécréant, un bigot ». Pour lui, les autres, quels qu’ils soient, quels que soient leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu. Jamais homme n’a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique, de celui qui fait briller le soleil sur les bons et sur les méchants.

Seigneur Jésus, fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs !