Scruter la réalité, guetter l’espérance !

Méditation du jeudi 30 novembre 2017. En cette entrée dans le temps de l’Avent nous prions pour notre envoyée au Timor oriental. Et nous te prions aussi pour l’Égypte et les Égyptiens frappés par le terrible attentat du 24 novembre.

 

« Attention ! Ne vous endormez pas, car vous ne savez pas quand le moment viendra.

Ce sera comme lorsqu’un homme part en voyage : il quitte sa maison et en laisse le soin à ses serviteurs, il donne à chacun un travail particulier à faire et il ordonne au gardien de la porte de rester éveillé.

Restez donc éveillés, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra : ce sera peut-être le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin. S’il revient tout à coup, il ne faut pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Restez éveillés ! » Marc 13.33-37

 


Source : Pixabay

Ne pas dormir ! Rester éveillé ! Garder l’œil ouvert ! L’oreille aussi ! Facile à dire mais pas facile à faire ! Au sens propre comme au sens symbolique. Car l’habitude nous ramollit. Et même les très beaux mots de la grâce, religieusement répétés dans nos cultes et nos chants, finissent par perdre de leur force et de leur sens !

En temps de persécution, en temps de crise, il en va différemment, car notre attention est avivée et notre passion s’entretient d’émotions sans cesse renouvelées. On dit qu’en temps de guerre les Églises se remplissent !

Aujourd’hui, via la télévision et internet, nous sommes informés en temps réel des 10 000 évènements tragiques qui secouent notre monde. Cela nous tient-il éveillés pour autant ? Et accrochés à la responsabilité sans faille de témoins de Dieu et du Christ ? Au contraire nous nous sentons souvent noyés, tétanisés, impuissants devant ce qui nous dépasse. Désireux de dormir. Ou bien de nous rassurer par une piété qui nous isolerait du monde.

Comment rester éveillés ?

La fraternité des veilleurs, fondée par le Pasteur Wilfred Monod et son fils Théodore en 1923, propose une spiritualité quotidienne ancrée dans les Béatitudes, et vécue pleinement dans le monde. Nous ne pouvons rester éveillés qu’en nous laissant habiter par le Christ, qu’en scrutant la réalité avec son intelligence, en guettant l’espérance avec son regard, en parlant avec ses mots, en agissant avec ses mains. C’est l’émotion du Vivant qui nous maintient debout chaque jour dans le monde et face au monde, dans la gravité et la joie de l’Évangile.

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour notre envoyée au Timor oriental. Et nous prions aussi pour l’Égypte et les égyptiens meurtris par l’horrible attentat du vendredi 24 novembre..

Seigneur,
L’Egypte protestante vient de célébrer les 500 ans de la Réformation,
En rendant grâce pour les possibilités qui lui sont données
Pour témoigner en paroles et en actes de ta bonté.
A plusieurs reprises, au courant de l’année passée,
Les chrétiens en tant que tels ont été la cible d’attentats meurtriers.
Les forces de l’ordre égyptiennes aussi ont subi des attaques causant de nombreuses morts.
Et en ce jour du 24 novembre,
Une nouvelle attaque a frappé une autre communauté de croyants,
Les musulmans de la tradition soufie, massacrés au sortir de leur prière hebdomadaire.
Nous te prions pour tous les égyptiens, victimes de ces actes horribles,
De plus commis au nom de la religion.
Nous te prions pour les familles endeuillées.
Nous te prions, aide les femmes et les hommes de bonne volonté
A travailler à la justice et à la réconciliation,
En Egypte, en Orient, et dans le monde entier.
Nous te prions pour ceux qui persécutent :
Fais-les revenir de leurs chemins de mort
Et convertis leur cœur au message de vie de l’Évangile.
Amen

Prière proposée par l’ACO. (Action Chrétienne en Orient)

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Marc 13.33-37 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Bienfaisant jugement !

Méditation du jeudi 23 novembre 2017. Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

 

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les anges, il siégera sur son trône royal. Tous les peuples de la terre seront assemblés devant lui et il séparera les gens les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres ; il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche.

Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez accueilli chez vous ; j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous avez pris soin de moi ; j’étais en prison et vous êtes venus me voir.»

Ceux qui ont fait la volonté de Dieu lui répondront alors : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé et t’avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t’avons-nous donné à boire ? Quand t’avons-nous vu étranger et t’avons-nous accueilli chez nous, ou nu et t’avons-nous habillé ? Quand t’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés te voir ?»

Le roi leur répondra : « Je vous le déclare, c’est la vérité : toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.»

« Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : « Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison et vous n’avez pas pris soin de moi. »

Ils lui répondront alors : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t’avons-nous pas secouru ?»

Le roi leur répondra : « Je vous le déclare, c’est la vérité : toutes les fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait ».

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle. Matthieu 25,31-46

 


Source : Pixabay

Sommes-nous du côté des moutons ou du côté des chèvres ? Honnêtement, parfois d’un côté et parfois de l’autre ! Alors on n’aime pas beaucoup cette idée de jugement et de séparation des bons et des mauvais, où il ne semble y avoir, à la fin de l’histoire, aucune grâce accordée… aux pécheurs !

Pourtant ce jugement peut être une bonne nouvelle !

D’abord parce qu’il reconnaît la responsabilité éthique de chacun. A l’inverse le jugement originel de la Genèse se terminait par un déluge anéantissant toute la création. A part Noé et sa famille, l’humanité fut collectivement effacée de la surface de la terre, comme si le mal alors commis en notre monde avait rendu celui-ci définitivement inhabitable. Or n’y avait-il pas quelques innocents parmi les coupables ?

Ensuite parce que, tout en étant pécheur, l’être humain a soif de justice. Que le bien soit encouragé et récompensé, que le mal soit combattu et châtié. Et si ce n’est maintenant, alors dans le temps de Dieu !

Y a-t-il plus scandaleux aux yeux des enfants, des petits, des sans-pouvoir, que l’injustice qui règne en ce monde ? Non reconnue, non réparée, elle peut conduire au désespoir, parfois au nihilisme. Que le Fils de l’homme apparaisse comme le Roi qui juge toute l’humanité atteste ce besoin fondamental d’une justice, qui n’est pas vengeance. Car il est aussi celui qui s’est fait connaître parmi nous, qui a enseigné et vécu l’amour et la miséricorde.

Alors ce n’est pas la religion qui compte le plus, ce n’est même pas le degré de foi et de piété. Mais la manière dont les humains vivent entre eux leur humanité. Amour ou rejet ? Entraide ou mépris ? Accueil ou fermeture ? Il s’agit là des commandements de la torah et des prophètes, et de l’enseignement de Jésus le Christ : assister le pauvre, le vêtir, accueillir l’étranger, prendre soin du malade, visiter le prisonnier, se faire tout à tous, aimer le prochain comme soi-même.

Car Dieu est lui-même celui que l’on nourrit quand il a faim, que l’on désaltère quand il a soif, qu’étranger l’on accueille, que nu l’on habille, que malade ou prisonnier l’on visite. Autrement on ne le connaît pas …. Et on se condamne à vivre sans amour. N’est-ce pas cela l’enfer ?

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour nos envoyés au Laos et pour le peuple laotien.

Ils nous disent les autres :
Vous n’êtes rien
Vous n’êtes que péché et de vous on a honte
Parce qu’avec plaisir vous traînez dans le mal.
Mais toi notre Dieu tu cours vers nous et notre visage sali
Tu l’essuies de ta tendresse.

Ils nous disent les autres :
Vous n’avez rien à voir avec nous
Vous n’êtes plus de chez nous
Vous ne pensez pas comme nous
Vous n’avez pas respecté notre loi.
Mais toi notre Père tu nous ouvres les bras
Et notre vie souillée tu l’entoures de ta tendresse.

Ils nous disent les autres :
Il n’y a pas de place ici pour ceux qui ont trahi.
Il n’y a pas d’honneur ici pour celles qui sont parties.
Il n’y a pas de droit ici pour ceux qui ont déserté.
Mais toi notre Dieu tu nous prends tout contre toi
En ta grande tendresse de Père !

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 25,31-46 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Quels talents pour quelle mission ?

Méditation du jeudi 16 novembre 2017. Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour le peuple égyptien.

 

« Il en sera comme d’un homme qui allait partir en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. Il remit à l’un cinq cents pièces d’or, à un autre deux cents, à un troisième cent : à chacun selon ses capacités. Puis il partit.

Le serviteur qui avait reçu les cinq cents pièces d’or s’en alla aussitôt faire du commerce avec cet argent et gagna cinq cents autres pièces d’or. Celui qui avait reçu deux cents pièces agit de même et gagna deux cents autres pièces. Mais celui qui avait reçu cent pièces s’en alla creuser un trou dans la terre et y cacha l’argent de son maître.

« Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et se mit à régler ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu cinq cents pièces d’or s’approcha et présenta les cinq cents autres pièces en disant : « Maître, tu m’avais remis cinq cents pièces d’or. J’en ai gagné cinq cents autres : les voici. »

Son maître lui dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle dans des choses qui ont peu de valeur, je te confierai donc celles qui ont beaucoup de valeur. Viens te réjouir avec moi. »

Le serviteur qui avait reçu les deux cents pièces s’approcha ensuite et dit : « Maître, tu m’avais remis deux cents pièces d’or. J’en ai gagné deux cents autres : les voici. »

Son maître lui dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle dans des choses qui ont peu de valeur, je te confierai donc celles qui ont beaucoup de valeur. Viens te réjouir avec moi. »

Enfin, le serviteur qui avait reçu les cent pièces s’approcha et dit : « Maître, je te connaissais comme un homme dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé, tu récoltes où tu n’as rien planté. J’ai eu peur et je suis allé cacher ton argent dans la terre. Eh bien, voici ce qui t’appartient. »

Son maître lui répondit : « Mauvais serviteur, paresseux ! Tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, que je récolte où je n’ai rien planté ? Eh bien, tu aurais dû placer mon argent à la banque et, à mon retour, j’aurais retiré mon bien avec les intérêts. Enlevez-lui donc les cent pièces d’or et remettez-les à celui qui en a mille. Car quiconque a quelque chose recevra davantage et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a rien, on enlèvera même le peu qui pourrait lui rester. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors, dans le noir, là où l’on pleure et grince des dents. » Matthieu 25,14-31

 


Source : Pixabay

L’évangéliste aurait-il pu deviner que sa parabole, adressée à une communauté de croyants en temps de persécution afin de les stimuler, servirait un jour à justifier une forme dure de capitalisme ou une théologie de la prospérité ?

Malheur au faible qui n’a rien et à qui on enlèvera le peu qui lui reste ! La réalité nous montre que c’est souvent le cas, mais quand il s’agit du Royaume de Dieu, comment ne pas espérer qu’il en aille autrement, et que les petits, les sans pouvoir, déclarés chers au cœur de leur créateur, bénéficient de sa justice et de sa bonté, comme l’étranger, la veuve et l’orphelin, ou encore les ouvriers de la onzième heure ?

Mais on peut aussi entendre cette parabole comme un encouragement en temps d’urgence, et qui s’adresse à tous, quels que soient le grade ou la place de chacun dans la société ou dans l’Eglise. Avant d’entrer dans sa passion Jésus annonce la fin des temps, il appelle à la vigilance, à la lucidité, à l’espérance et à l’action. Rien n’est perdu quand tout semble perdu. Le mot-clef est le titre de serviteur, et le défi de remplacer la peur par la confiance.

En nos temps troublés cela vaut plus que jamais. Alors chaque chrétien, chaque Eglise doit s’interroger : quels sont les talents spécifiques qui nous sont confiés, quels sont les dons et les charismes que nous devons et pouvons faire fructifier, non pour notre propre gloire, mais pour le service de Dieu et de notre prochain ? Cette réflexion, ces échanges, mûris dans la prière et la méditation de la Parole de Dieu, devraient nourrir notre mission de témoignage, d’enseignement et d’encouragement auprès de nos contemporains.

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour nos envoyés en Egypte et pour le peuple égyptien.

Seigneur, nous voici devant toi,

et nous savons que nous ne sommes pas dignes d’être appelés tes serviteurs :

Nous ne t’avons pas donné notre vie tout entière, nous ne t’avons pas servi de tout notre coeur.

Notre foi est faible et si souvent nous n’avons pas cru que ta parole a le pouvoir de sauver tous les hommes.

Mais c’est ta parole qui nous met en route et nous place au milieu des autres.

Qu’elle nous aide à être fidèles et heureux, qu’elle nous fortifie quand notre peur, nos faiblesses et nos lâchetés gâchent notre plaisir à faire ce que tu commandes. Qu’elle nous donne les mots et les gestes pour accomplir ta volonté.

Seigneur, toi qui es fidèle

et qui nous a appelés à la communion de ton fils Jésus-Christ,

augmente notre foi.

Aide-nous à te faire confiance au-delà de nos doutes, de nos difficultés,

pour que nous puissions te louer d’un coeur sincère et plein de joie ;

Pour que nous puissions proclamer ton nom,

Et dire et partager la grâce que tu nous as manifestée en Jésus-Christ.

Aide-nous, afin que nous apprenions à vivre comme tes enfants,

à te servir de tout notre coeur,

à être tes temoins parmi les humains.

Nous te le demandons au nom de Jésus-Christ. Amen.

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 25,14-31 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Noces en attente au Moyen-Orient

Méditation du jeudi 9 novembre 2017. Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour tout le peuple tunisien.

 

« Alors le Royaume des cieux ressemblera à l’histoire de dix jeunes filles qui prirent leurs lampes et sortirent pour aller à la rencontre du marié.

Cinq d’entre elles étaient imprévoyantes et cinq étaient raisonnables. Celles qui étaient imprévoyantes prirent leurs lampes mais sans emporter une réserve d’huile. En revanche, celles qui étaient raisonnables emportèrent des flacons d’huile avec leurs lampes. Or, le marié tardait à venir ; les jeunes filles eurent toutes sommeil et s’endormirent.

A minuit, un cri se fit entendre : « Voici le marié ! Sortez à sa rencontre !»

Alors ces dix jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leurs lampes. Les imprévoyantes demandèrent aux raisonnables : « Donnez-nous un peu de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » Les raisonnables répondirent : « Non, car il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous. Vous feriez mieux d’aller au magasin en acheter pour vous. »

Les imprévoyantes partirent donc acheter de l’huile, mais pendant ce temps, le marié arriva. Les cinq jeunes filles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle de mariage et l’on ferma la porte à clé. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent et s’écrièrent : « Maître, maître, ouvre-nous !» Mais le marié répondit : « Je vous le déclare, c’est la vérité : je ne vous connais pas. » Veillez donc, ajouta Jésus, car vous ne connaissez ni le jour ni l’heure. » Matthieu 25,1-13

 


Source : Pixabay

Pour beaucoup d’entre nous cette histoire de noces est très choquante. Il est question de royaume de Dieu, de fête, et cela se termine par un rejet de la moitié des jeunes filles, qualifiées de folles ! Pourtant toutes se sont endormies pendant l’attente du marié.

Dans le cadre des noces orientales, cette attente peut être comprise de deux manières. A un premier niveau elle correspond au temps requis par les discussions autour de la dot de la mariée. C’est important car un bon ou un mauvais accord conditionne non seulement les relations entre époux mais également celles entre les deux familles.

Mais à un deuxième niveau l’attente peut symboliser le temps de passage d’un état à un autre, de la nubilité à la conjugalité, ce qui permettra la maternité et la paternité. Or dans la Bible la conjugalité et la parentalité ont une profonde signification théologique. Dieu est l’époux d’Israël, le Christ l’époux de l’Eglise, l’alliance est la forme de la relation entre Dieu et les humains.

Dans notre récit l’attente du marié peut être comprise à la fois comme ce temps humain, où il est bon de cultiver de bonnes relations, et ce temps de Dieu d’où va surgir le Jour du Seigneur. Alors le sommeil des 10 vierges, loin d’apparaître comme une faute ou un manquement, peut nous faire penser à celui du paysan qui dort confiant car la moisson pousse et poussera quoiqu’il arrive.

Mais qu’est-ce que cette huile de réserve jalousement gardée ? S’il s’agissait simplement de la bénédiction elle se partagerait, comme le pain et les poissons. L’évangile nous a habitués à la profusion et la générosité. Qu’est donc cette huile qui ne suffirait pas si elle se partageait ?

Ne serait- ce pas la foi, ou la conscience de la foi ? Cette conscience que certains ont et d’autres pas de la présence active de Dieu dans nos vies ? Cette certitude mystérieuse qu’il est toujours déjà là.

Cette conscience produit des fruits pour les autres, mais elle est si intime qu’elle ne peut, hélas, être vraiment partagée. Chacun doit la recevoir pour lui-même, en faire provision pour la vie au jour le jour, et la travailler, par la prière et l’approfondissement de la Parole de Dieu.

 

 


Source : Pixabay

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et pour tout le peuple tunisien.

Nous croyons en un Dieu pèlerin
Que n’arrêtent ni les frontières, ni les barrières,
Qui renoncent à sa grandeur pour nous rejoindre sur le chemin
Et qui se présente à nous en nous tendant la main :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, je prends soin de toi, je marche avec toi. »

Nous croyons en Jésus-Christ, qui foule notre terre,
Qui est né sans feu, qui n’a pas de lieu,
Cheminant et pérégrinant, persécuté dès son enfance,
Qui a révélé la justice et apporté la paix aux gens
Qui a misé sa vie jusqu’à la mort.

Nous croyons en l’Esprit, qui nous affirme et nous polit
Avec un vent fort et du sable,
Et qui nous donne le courage de témoigner de l’immense grâce de Dieu.

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 25,1-13 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Que disons-nous ? Que faisons-nous ?

Méditation du jeudi 2 novembre 2017. Nous prions pour notre envoyé en Afrique du Sud et pour tous les habitants de ce pays.

 

Alors Jésus s’adressa à toute la foule, ainsi qu’à ses disciples :

« Les maîtres de la loi et les Pharisiens, dit-il, sont chargés d’expliquer la loi de Moïse. Vous devez donc leur obéir et accomplir tout ce qu’ils vous disent ; mais n’imitez pas leur façon d’agir, car ils ne mettent pas en pratique ce qu’ils enseignent. Ils attachent de lourds fardeaux, difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes ; mais eux-mêmes refusent de bouger un doigt pour les aider à remuer ces fardeaux. Ils accomplissent toutes leurs oeuvres de façon que les hommes les remarquent. Ainsi, pour les paroles sacrées qu’ils portent au front ou au bras, ils ont des étuis particulièrement grands ; les franges de leurs manteaux sont exceptionnellement larges. Ils aiment les places d’honneur dans les grands repas et les sièges les plus en vue dans les synagogues ; ils aiment à recevoir des salutations respectueuses sur les places publiques et à être appelés «Maître» par les gens.

Mais vous, ne vous faites pas appeler « Maître », car vous êtes tous frères et vous n’avez qu’un seul Maître. N’appelez personne sur la terre votre « Père », car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est au ciel. Ne vous faites pas non plus appeler « Chef », car vous n’avez qu’un seul Chef, le Messie. Le plus grand parmi vous doit être votre serviteur. Celui qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. » Matthieu 23,1-12

 


Source : Pixabay

En quelques traits Jésus brosse l’esquisse d’un tartuffe qui vise certains pharisiens de son époque, mais qui pourrait convenir à nombre de dignitaires d’Eglises, de religions, et d’autres lieux d’autorité morale, politique ou spirituelle de nos sociétés humaines.

Il est tellement humain de vouloir s’acheter de l’importance, des vertus, une supériorité sur autrui et une rédemption exclusive à coups de signes extérieurs de sainteté, d’attitudes condescendantes, en brandissant doctement des règles, des idéaux, des indignations, des condamnations à destination d’autrui et en se considérant soi-même comme au-dessus de la mêlée !

Mais attention ! Si Jésus discrédite ces comportements déplorables, il prend très au sérieux le cœur de l’enseignement de Moïse. Simplement il nous invite à la cohérence entre ce que nous croyons, communiquons, transmettons, et ce que nous faisons, la manière dont nous agissons. Il en va de la crédibilité de Dieu et de la sincérité de notre témoignage.

Alors un prédicateur honnête ne devrait sans doute parler qu’avec crainte et tremblement, conscient de ses propres faiblesses devant la parole qu’il lui est donné de prononcer en faveur de Dieu. Le métier de vivre selon la volonté du Père ne s’apprend pas à coup d’illumination, mais il s’exerce dans le temps et avec patience. Heureusement Jésus nous offre le plus beau cadeau qui soit : l’humilité, la sienne, qui peut devenir la nôtre, et qu’il n’est pas interdit de conjuguer avec un peu d’humour vis-à-vis de soi-même.

 

 


Source : Pixabay

En même temps que nous prions pour notre envoyé en Afrique du Sud nous nous associons à cette prière pour les pasteurs, qui nous semble en résonance avec l’enseignement de Jésus dans l’évangile de ce jour.

Prière pour nos pasteurs

Tout d’abord, Seigneur, merci de ce qu’ils ont accepté de devenir nos pasteurs.
Si par hasard ils avaient préféré une vie plus confortable nous serions bien ennuyés.
Béni sois-tu, Seigneur, pour les défauts de nos pasteurs.
Les gens parfaits supportent mal les défauts des autres.
Les gens toujours en bonne santé méprisent les petites natures.
Toi, Seigneur, tu as vu mieux que nous.
Alors, conscient de ta sagesse, nous te prions pour le ministère de nos pasteurs.
Fais que, s’ils réussissent, ils ne triomphent pas.
Que s’ils échouent, ils ne se découragent pas.
Ton règne n’est ni dans le succès ni dans l’échec : il est dans l’Amour.
Seigneur, garde nos pasteurs dans ton Amour.
Nos pasteurs sont des phénomènes.
Ils doivent être pédagogues pour les enfants, qualifiés dans les questions du mariage, psychologues pour les jeunes, chefs-d’oeuvre de connaissance, de délicatesse pour la cure d’âme.
Avec les athées ou les autres croyants, on attend d’eux qu’ils soient des théologiens à la fois fermes et larges et des historiens avisés.
En plus, ils doivent se tenir au courant des problèmes théologiques, oecuméniques, sociologiques ou politiques.
Ils subissent même des recyclages en tous genres pour rester toujours à l’écoute de notre monde ainsi que de leurs fidèles.
Nous oublions que s’ils nous reçoivent ou nous visitent, ils doivent être toujours souriants, bien qu’ils soient parfois harassés de fatigue.
Fais que, sur quinze spécialités, notre pasteur en pratique avec aisance la moitié, ou même le quart, nous en serons satisfaits.
O Dieu, nous te demandons de nous donner aussi de la patience et de l’amitié pour notre pasteur, celui de notre église, en pensées et en paroles.
Si notre pasteur fait merveille auprès des enfants, donne-nous d’éviter de conclure avec nos amis du 3ème âge qu’il n’a d’intérêt que pour les jeunes.
S’il a le charisme de visiter les personnes âgées, que nous n’allions pas imaginer qu’il méprise la jeunesse.
Donne-nous, Seigneur, de lui pardonner ses impatiences et ses erreurs.
Fais-nous comprendre que nous n’avons qu’un pasteur à supporter, mais que lui a tous les membres et les amis de son église sur le dos.
Donne-nous enfin, Seigneur, de lui fournir de temps en temps, par notre délicatesse, la consolation de savoir qu’il est entouré d’amitié.
Et puis, nous t’adressons une dernière requête, qui nous sera certainement utile à nous-mêmes : donne-nous, Seigneur, la persévérance dans la prière pour tes enfants, et particulièrement pour nos pasteurs. Amen !

 

 

En complément de cette méditation, retrouvez l’explication du texte biblique de Matthieu 23, 1-12 par Florence Taubmann, répondant aux questions d’Antoine Nouis pour Campus Protestant :

 




Pour aimer il faut aimer aimer !

Quand les Pharisiens apprirent que Jésus avait réduit au silence les Sadducéens, ils se réunirent. Et l’un d’eux, un maître de la loi, voulut lui tendre un piège ; il lui demanda :

« Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? »

Jésus lui répondit : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. C’est là le commandement le plus grand et le plus important.

Et voici le second commandement, qui est d’une importance semblable : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même. » Toute la loi de Moïse et tout l’enseignement des prophètes dépendent de ces deux commandements. » Matthieu 22,34-40

 


Source : Pixabay

Rendons justice aux pharisiens. Loin d’être un piège, la question qu’ils posent à Jésus est essentielle, et Jésus y répond de très bonne grâce. Car s’il peut y avoir un consensus c’est bien celui-là : l’amour de Dieu, comme commandement fondamental reçu du Deutéronome et qui constitue le fondement de la vie juive : « Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. Et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force. »  Deut 6,4-5

Quant à l’amour du prochain, il vient du Lévitique : « Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Eternel. Lévitique 19,17-18

Quelle est la relation entre les deux commandements d’amour ? Pour Jésus, ils sont de même importance. Ultérieurement, on lira dans l’épître de Jean : « Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas? » I Jean 4,20.

Et dans l’enseignement juif qu’en est-il ?

Le maître Hillel, contemporain de Jésus, répondit à un homme qui voulait être initié au judaïsme sans avoir de temps à consacrer à une vraie formation : « Ce qui est détestable à tes yeux, ne le fais pas à autrui. C’est là toute la Torah, le reste n’est que commentaire. Maintenant, va et étudie ». Dans la version positive, Jésus ne fait que renforcer l’impératif de cette règle d’or : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes » Matthieu 7,12

Mais aimer est difficile. Il faut vraiment désirer aimer, il faut aimer aimer. Cela s’apprend et se cultive, dans la méditation de l’Évangile, dans la prière, dans la rencontre et l’échange avec les autres.

 

 

Nous prions pour nos envoyées au Bénin et pour tous les Béninois.

Toi !
Toi qui es au-dessus de nous,
Toi qui es un de nous
Toi qui es aussi en nous
Fais que tout le monde te voie aussi en moi !
Que je prépare le chemin !

Qu’alors je te remercie de tout ce qui m’arrive.
Qu’alors je n’oublie pas la misère des autres.
Garde- moi dans ton amour
Comme tu veux que les autres demeurent dans le mien.
Que tout ce qui fait partie de mon être
Te soit gloire, et que je ne désespère jamais !
Car je suis dans ta main,
Et en toi sont toute force et toute bonté.

Donne-moi un cœur pur, afin que je voie,
Un esprit humble afin, que j’entende,
L’esprit de l’amour, afin que je te serve,
L’esprit de la foi, afin que je demeure en toi.

Toi que je ne connais pas mais à qui j’appartiens.
Toi que je ne comprends pas mais qui m’a voué à mon destin.
Toi !

Dag Hammarskjold 1905-1961,  ancien secrétaire général de l’Onu.


Source : Pixabay




« Rendre à César ce qui est à César »

Les Pharisiens allèrent alors tenir conseil pour décider comment ils pourraient prendre Jésus au piège par une question. Ils envoyèrent ensuite quelques-uns de leurs disciples et quelques membres du parti d’Hérode dire à Jésus :

« Maître, nous savons que tu dis la vérité : tu enseignes la vérité sur la conduite que Dieu demande ; tu n’as pas peur de ce que pensent les autres et tu ne tiens pas compte de l’apparence des gens. Dis-nous donc ce que tu penses de ceci : notre loi permet-elle ou non de payer des impôts à l’empereur romain ? »

Mais Jésus connaissait leurs mauvaises intentions ; il leur dit alors : « Hypocrites, pourquoi me tendez – vous un piège ? Montrez-moi l’argent qui sert à payer l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent, et Jésus leur demanda : « Ce visage et ce nom gravés ici, de qui sont-ils ? » — « De l’empereur », répondirent-ils. Alors Jésus leur dit : « Payez donc à l’empereur ce qui lui appartient, et à Dieu ce qui lui appartient. » Matthieu 22,15-21

 


Source : Pixabay

Est-il permis de payer l’impôt à César ?

Au temps de Jésus, Rome occupe le pays et prélève de lourdes taxes sur les habitants. La vraie question n’est donc pas la permission de payer, mais celle de ne pas payer. En vertu de la loi du plus fort est-il possible de ne pas payer l’impôt à César ?

A moins que les interlocuteurs de Jésus ne fassent allusion à une loi religieuse qui aurait la possibilité de contrevenir à la loi politique et d’interdire aux croyants de payer les impôts à César. Telle n’est pas la loi juive, qui a édicté un principe : « La loi du pays est la loi. »

Dans l’épître aux romains au ch 13, l’apôtre Paul invite à se soumettre aux autorités de l’Etat, non par peur, mais par motif de conscience, car elles ont été instituées par Dieu. « C’est aussi pour cela que vous payez des impôts. » Ro 15,6

Mais cette conscience, pour être libre, doit pouvoir garder la possibilité d’un refus ou d’une objection. Elle doit rester critique vis-à-vis du pouvoir. Souvenons-nous de la réaction des apôtres arrêtés par le Sanhédrin et sommés de renoncer à leur enseignement au nom de Jésus. Ils répondent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » Actes 5,29

Alors comment comprendre « Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ?

Le propos si juste de Jésus nous prévient contre la tentation de confondre les deux ordres du politique et du religieux, ce qui est dangereux. Utiliser le nom de Dieu pour justifier ou renforcer le pouvoir politique peut conduire à une forme de totalitarisme, ce qui finit par discréditer complètement le religieux. Mais utiliser le nom de Dieu pour nier toute valeur au pouvoir politique est également dangereux, quand il génère un fanatisme susceptible de devenir violent.

 

 

Nous prions pour notre envoyé à Djibouti, sa famille et toute l’Eglise avec cette prière d’André Dumas.
 

Notre Dieu, tu as bien mis dans ta Bible la prophétie pour nous secouer, nous réveiller, nous révolter, nous relever, nous qui toujours baissons la tête et les bras, et qui mettons le cœur en berne. Tu es comme le photographe qui nous ordonne de crier, de rire et de vivre, car sans lui, sans toi, nous resterions moroses, comme les enfants assis sur la place, pour lesquels on joue de la flûte et ils ne dansent pas, auprès desquels on entonne un chant funèbre et ils ne pleurent pas (Luc 7, 32).
Oui, ô Dieu, sans la prophétie nous resterions assis, comme si rien ne se passait, ni en arrière, ni au milieu, ni en avant. Sans la prophétie la vie est grise, l’histoire est plate, la terre est creuse, nos vies sont des feuilles mortes que n’aspire aucun vent.

Mais tu veux bien que j’ajoute aussi, ô notre Dieu : quand il n’y a que la prophétie, la parole frôle le délire, les annonces messianiques titubent entre le fanatisme et la puérilité. Il y a des jours où il suffit que j’entende : c’est prophétique, pour savoir que c’est menteur, bluffeur, meurtrier et raté.

Heureusement, mon Dieu, que tu as aussi mis dans ta Bible la sagesse et tous ces proverbes qui sont si peu prophétiques et tellement terre à terre que nos pieds s’y retrouvent et que nos mains les tâtent comme des bons fruits dans le temps présent.

Oui, ô Dieu, sans la sagesse nous resterions debout à toujours gesticuler, comme ces agités qui croient qu’à force de prédire ils vont produire et qu’en criant ils se feront mieux croire. Sans la sagesse la vie est bouffie, enflée comme une baudruche.

Nous te remercions, notre Dieu, que dans ta Bible, dans nos vies, dans nos amours, il y ait la prophétie et la sagesse, un temps pour s’enflammer et un autre temps pour s’éteindre, mais pour durer, un temps pour Esaïe, pour Jérémie, pour Ezéchiel, et un temps pour Salomon, pour l’Ecclésiaste, pour le Siracide, un temps pour que je me lève et un temps pour que je m’assoie, un temps pour la hâte et un temps pour la halte.


Source : Pixabay




Comment refuser une telle invitation ?

Jésus utilisa de nouveau des paraboles pour parler à ses auditeurs. Il leur dit :
« Voici à quoi ressemble le Royaume des cieux : Un roi organisa un repas pour le mariage de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler les invités pour ce repas, mais ils ne voulurent pas venir.
Il envoya alors d’autres serviteurs avec cet ordre : « Dites aux invités : Mon repas est préparé maintenant, mes taureaux et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt. Venez au repas de mariage !» Mais les invités ne s’en soucièrent pas et s’en allèrent à leurs affaires : l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres saisirent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère : il envoya ses soldats tuer ces assassins et incendier leur ville.
Puis il dit à ses serviteurs : « Le repas de mariage est prêt, mais les invités ne le méritaient pas. Allez donc dans les principales rues et invitez au repas tous ceux que vous pourrez trouver. » Les serviteurs s’en allèrent dans les rues et rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons ; et ainsi, la salle de fête se remplit de monde.
Le roi entra alors pour voir les invités et il aperçut un homme qui ne portait pas de costume de fête. Il lui demanda : « Mon ami, comment es-tu entré ici sans costume de fête ?» Mais l’homme ne répondit rien. Alors le roi dit aux serviteurs : « Liez-lui les pieds et les mains et jetez-le dehors, dans le noir. C’est là qu’il pleurera et grincera des dents. »
En effet, ajouta Jésus, beaucoup sont invités, mais peu sont admis. » Matthieu 22,1-14

 


Les noces de Cana – Véronèse, Musée du Louvre

Dans toutes les sociétés, les noces signifient bombance, retrouvailles, joie. En plus il s’agit ici du mariage du fils du roi !

Lequel d’entre nous s’imagine refuser une invitation de cette nature ? Comment ne pas craindre d’offenser le souverain ?

Quelle histoire invraisemblable ! Tout au plus pourrait-on l’imaginer en contexte de crise politique, à un moment où le monarque en place, près d’être déchu, est délaissé pour une nouvelle figure de pouvoir, en pleine ascension.

Pourtant notre monarque n’a pas perdu tout pouvoir. Pour preuve il répond de manière musclée aux offenses qu’on lui fait et à la violence dont sont victimes ses serviteurs, quand il les envoie renouveler ses invitations.

De quoi est-il question ?

Du refus de l’amour ? Mais comment peut-on refuser l’amour?

Certains ont simplement autre chose à faire ; d’autres le méprisent, d’autres encore le haïssent au point de le tuer. Et l’homme qui n’a pas revêtu son habit de fête symbolise peut-être, non les pauvres qui n’ont pas de quoi se vêtir, mais « ces chiens ou ces cochons auxquels il ne faut pas offrir de perles, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, et, se tournant contre vous, ne vous déchirent ». Matthieu 7 ,6

C’est une illusion de croire que l’amour suffit à convertir le cœur des hommes. Parfois il suscite le rejet la haine, comme la lumière provoque les ténèbres. Sans doute faut-il être « petit » et garder un cœur d’enfant pour se laisser toucher, inviter, comme ces gens des rues, « les mauvais comme les bons » qui se rassemblent finalement dans la salle du festin !

A la veille de sa passion, Jésus nous invite à méditer sur les sombres aspects de la nature humaine, et à comprendre de tout notre être que nous sommes vraiment invités à entrer dans l’amour et la joie de Dieu.

 

 

Nous prions pour nos envoyées au Congo-Brazzaville et pour tout le pays.

Seigneur,
Dans un monde sans foi ni espérance,
Même si on me traite de fou je prierai.
Même si on se ligue contre moi, je prierai encore plus fort.
Même si on m’emprisonne, je conduirai vers toi prisonniers, geôliers et juges.

Aide-moi à susciter l’espérance parmi les désespérés,
Les étrangers, les réfugiés, les exclus.
Seigneur, à cause de toi, je crois que rien n’est perdu,
Que ton amour envers les hommes demeurent le même !

Je te prier pour les semeurs de tristesse et de mort,
Pour les responsables irresponsables de ce temps,
Pour ton Eglise émiettée sur la terre,
Pour l’avènement du temps promis
Où le partage équitable se fera entre les nantis et les démunis,
Entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.

Seigneur apprends-moi à prier,
A compter sur toi, à œuvrer avec toi,
A prier encore et encore avec foi et persévérance.

Pasteur Samuel Noutanewo, Cameroun


Source : Pixabay




Violences autour d’une vigne !

Méditation du jeudi 5 octobre 2017. Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour tous les Camerounais

   « Écoutez une autre parabole :
Il y avait un propriétaire qui planta une vigne ; il l’entoura d’un mur, y creusa la roche pour le pressoir à raisin et bâtit une tour de garde. Ensuite, il loua la vigne à des ouvriers vignerons et partit en voyage.
Quand vint le moment de récolter le raisin, il envoya ses serviteurs aux ouvriers vignerons pour recevoir sa récolte. Mais les vignerons saisirent ses serviteurs, battirent l’un, assassinèrent l’autre et tuèrent un troisième à coups de pierres.
Alors le propriétaire envoya d’autres serviteurs, en plus grand nombre que la première fois, mais les vignerons les traitèrent de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils en pensant : « Ils auront du respect pour mon fils. » Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : « Voici le futur héritier ! Allons, tuons-le et nous aurons sa propriété !» Ils le saisirent donc, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
« Eh bien, quand le propriétaire de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » demanda Jésus. Ils lui répondirent : « Il mettra à mort sans pitié ces criminels et louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui remettront la récolte au moment voulu. »
Puis Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que déclare l’Écriture ?
« La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée est devenue la pierre principale. Cela vient du Seigneur, pour nous, c’est une merveille !»
« C’est pourquoi, ajouta Jésus, je vous le déclare : le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être confié à un peuple qui en produira les fruits
.  Matthieu 21,33-43

 

 


Source : Pixabay

 

La violence nous choque profondément, et notre réflexe est de nous en éloigner, identifiant les criminels à d’autres que nous-mêmes, et nous reconnaissant plutôt comme les nouveaux vignerons de la fin de la parabole, ceux qui « donneront au maître le produit de la récolte en temps voulu ».

C’est oublier que la tentation de la violence est récurrente dans l’histoire de l’humanité, et qu’elle nous concerne tous, chrétiens ou non.

Mais la tentation est une chose, le passage à l’acte autre chose.

Comment expliquer la folie meurtrière des premiers vignerons ? Par un manque de mémoire ? Peut-être ont-ils oublié, ou voulu oublier, que le bien qu’ils cultivaient ne leur appartenait pas ? Peut-être ont-ils caressé le doux espoir que le maître, ayant quitté le pays, n’y reviendrait jamais ? Mais au moment où ses envoyés d’abord, puis son fils ensuite, viennent réclamer son dû, comment n’ont-ils pas été arrêtés dans leur colère par « la crainte du Seigneur » ? N’ont-ils vraiment aucune conscience ? Le désir de posséder les a-t-il à ce point déshumanisés ?

De tous temps les prophètes, les témoins du Dieu vivant, ceux qui portent en son nom la vérité, la liberté, la justice et la miséricorde, ont été menacés, maltraités, tués par ceux qu’ils dérangeaient, qu’il s’agisse de foules en colère ou de défenseurs d’un système. Peu de temps avant sa passion Jésus rappelle cette réalité fondamentale qui le tuera lui aussi.

Que les nouveaux vignerons restent donc très vigilants ! Car eux-mêmes risqueront à leur tour d’oublier le maître et de devenir persécuteurs et meurtriers de ceux qui viendront les bousculer et leur demander des comptes au nom du maître.

Seul le souvenir que tout appartient à Dieu peut nous prémunir contre cette violence accaparatrice. La vigne de Dieu n’est la possession de personne, tous sont appelés à la cultiver, à la soigner pour l’amour du maître, et pour l’offrir aux générations à venir.

 

 

Nous prions pour notre envoyé au Cameroun et pour tous les Camerounais avec cette prière qui nous vient de l’Eglise Evangélique du Cameroun

 

 

Voici le jour du Seigneur. Qui viendra dans sa maison ?
Qui s’approchera ?
Celui qui se confie au Seigneur.
Qui veut vivre en sa présence ?
Qui veut marcher avec lui, sans se détourner ?
Celui qui se confie au Seigneur.
Qui veut vivre dans la paix,
Confiant en son prochain dans la charité ? Celui qui se confie au Seigneur.
Qui cesse de jeter l’opprobre
Sur son frère, son prochain Pour sauver son moi ? Celui qui se confie au Seigneur ?
Qui ne veut pas calomnier ?
Qui veut respecter son frère dans la vérité ?
Celui qui se confie au Seigneur.
Qui ne se rétractera pas ?
Qui ne dira oui et non ? Qui s’humiliera ? Celui qui se confie au Seigneur.
Qui saura donner vraiment,
Sans chercher son intérêt Pour aider son frère ? Celui qui se confie au Seigneur.

Expressions de foi de l’Eglise universelle 1987

 

Source : Pixabay 

 

 




Malgré nos « oui-non » et nos « non-oui » Dieu ne démissionne pas !

Méditation du jeudi 28 septembre 2017. Nous prions pour notre envoyé à La Réunion et pour tous les habitants.

   « Que pensez-vous de ceci ? ajouta Jésus. Un homme avait deux fils. Il s’adressa au premier et lui dit : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans la vigne. »
« Non, je ne veux pas », répondit-il ; mais, plus tard, il changea d’idée et se rendit à la vigne.
Le père adressa la même demande à l’autre fils. Celui-ci lui répondit : « Oui, père, j’y vais », mais il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté de son père ? »
— « Le premier », répondirent-ils.
Jésus leur dit alors : « Je vous le déclare, c’est la vérité : les collecteurs d’impôts et les prostituées arriveront avant vous dans le Royaume de Dieu. Car Jean-Baptiste est venu à vous en vous montrant le juste chemin et vous ne l’avez pas cru ; mais les collecteurs d’impôts et les prostituées l’ont cru. Et même après avoir vu cela, vous n’avez pas changé intérieurement pour croire en lui. » Matthieu 21,28-32

 

 


Source : Pixabay

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit un adage populaire. Jésus tape dans le mille avec le deuxième fils de la parabole, celui qui dit oui et ne fait pas ce qu’il dit. Pourquoi ?

Ne le taxons pas trop vite d’hypocrisie, à moins que nous ne soyons nous-mêmes des hypocrites ! Est-ce par légèreté, par oubli, par peur ? Est-ce un émotif qui réagit trop vite puis regrette de s’être engagé ? En tout cas il ne tient pas son oui. Cette faiblesse, cette dissolution de sa volonté peuvent nous faire penser à l’aveu de l’apôtre Paul dans l’épître aux Romains : « Je ne fais pas le bien que je voudrais faire. » Il y a quelque chose – Paul l’appelle le péché – qui provoque en nous une sorte de déviation, laquelle, au bout du compte, nous étonne parfois nous-même, et nous conduit à l’aveu de notre impuissance, et au repentir. Alors nous appelons Dieu à notre aide.

A l’opposé, le premier fils dit non et fait quand même. Pourquoi ?

Son refus peut nous rappeler, avec humour, toutes les Marthe – pour être paritaires ajoutons les Martin ! – qui ont mille raisons de bougonner, de se plaindre, de trouver injuste le maître de la vigne qui les sollicite toujours, eux. Alors ils ont envie de refuser, ou de se dire que c’est la dernière fois qu’ils acceptent ! Mais au bout du compte ils réfléchissent et, témoins et serviteurs dans l’âme, finissent par se précipiter pour cueillir et partager les fruits de la vigne.

Les deux fils, que l’on retrouve si souvent dans la Bible, représentent bien une seule et même humanité. Jésus nous invite à une juste conscience de nous-mêmes, libérée de la vanité de ceux qui se croient justes, et de la honte de ceux qui ne se pensent que mauvais. Comme les prostituées et les péagers de l’évangile, c’est par la confiance en Dieu que nous recevrons son pardon et que nous nous sentirons libérés pour une vie renouvelée.

 

Nous prions pour notre envoyé à la Réunion et pour tous les habitants, avec cette prière d’un bâtisseur de cathédrale anonyme du XIIe siècle.

 

 

Mon Dieu,
Apprends-moi à bien user du temps que tu me donnes pour travailler et à bien l’employer sans rien en perdre.
Apprends-moi à tirer profit des erreurs passées sans tomber dans le scrupule qui ronge.
Apprends-moi à prévoir le plan sans me tourmenter, à imaginer l’œuvre sans me désoler si elle jaillit autrement.
Apprends-moi à unir la hâte et la lenteur, la sérénité et la ferveur, le zèle et la paix.

Aide-moi au départ de l’ouvrage, là où je suis le plus faible.
Aide-moi au cœur du labeur à tenir serré le fil de l’attention.
Et surtout comble toi-même les vides de mon œuvre.

Dans tout labeur de mes mains, laisse une grâce de toi pour parler aux autres et un défaut de moi pour me parler à moi-même.

Garde en moi l’espérance de la perfection, sans quoi je perdrais cœur.
Garde-moi dans l’impuissance de la perfection, sans quoi je me perdrais d’orgueil.
Purifie mon regard : quand je fais mal, il n’est pas sûr que ce soit mal et quand je fais bien, il n’est pas sûr que ce soit bien.
Enseigne-moi à prier avec mes mains, mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l’ouvrage de ma main t’appartient et qu’il m’appartient de te le rendre en le donnant.

Rappelle-moi que si je fais par goût du profit comme un fruit oublié, je pourrirai à l’automne.
Que si je fais pour plaire aux autres, comme la fleur de l’herbe, je fanerai au soir.
Mais si je fais pour l’amour du bien, je demeurerai dans le bien.
Et le temps de faire bien et à ta gloire, c’est tout de suite.

 

Source : Pixabay 

 

 




Aimons que Dieu soit bon pour les autres !

Méditation du jeudi 21 septembre 2017. Nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache.

« Voici, en effet, à quoi ressemble le Royaume des cieux : Un propriétaire sortit tôt le matin afin d’engager des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux de leur payer le salaire habituel, une pièce d’argent par jour, et les envoya travailler dans sa vigne. Il sortit de nouveau à neuf heures du matin et en vit d’autres qui se tenaient sur la place sans rien faire. Il leur dit : « Allez, vous aussi, travailler dans ma vigne et je vous donnerai un juste salaire. » Et ils y allèrent. Le propriétaire sortit encore à midi, puis à trois heures de l’après-midi et fit de même. Enfin, vers cinq heures du soir, il sortit et trouva d’autres hommes qui se tenaient encore sur la place. Il leur demanda : « Pourquoi restez-vous ici tout le jour sans rien faire ?» « Parce que personne ne nous a engagés », répondirent-ils. Il leur dit : « Eh bien, allez, vous aussi, travailler dans ma vigne. »

« Quand vint le soir, le propriétaire de la vigne dit à son contremaître : « Appelle les ouvriers et paie à chacun son salaire. Tu commenceras par les derniers engagés et tu termineras par les premiers engagés. » Ceux qui s’étaient mis au travail à cinq heures du soir vinrent alors et reçurent chacun une pièce d’argent. Quand ce fut le tour des premiers engagés, ils pensèrent qu’ils recevraient plus ; mais on leur remit aussi à chacun une pièce d’argent. En la recevant, ils critiquaient le propriétaire et disaient : « Ces ouvriers engagés en dernier n’ont travaillé qu’une heure et tu les as payés comme nous qui avons supporté la fatigue d’une journée entière de travail sous un soleil brûlant !» Mais le propriétaire répondit à l’un d’eux : « Mon ami, je ne te cause aucun tort. Tu as convenu avec moi de travailler pour une pièce d’argent par jour, n’est-ce pas ? Prends donc ton salaire et va-t’en. Je veux donner à ce dernier engagé autant qu’à toi. N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon argent ? Ou bien es-tu jaloux parce que je suis bon ?» Ainsi, ajouta Jésus, ceux qui sont les derniers seront les premiers et ceux qui sont les premiers seront les derniers. »   Matthieu 20,1-16

 


Source : Pixabay

Les qualités du maître : justice et bonté.

Dans notre récit la justice du maître s’exprime par le contrat qu’il conclut avec chaque groupe d’ouvriers : ceux qu’il engage à la première heure, puis à 9 heures, à midi, et à 3 heures de l’après-midi. La justice est indispensable pour la construction d’une société. Elle permet des relations fiables entre les personnes. Le contrat en est une figure.

Mais la stricte justice ne suffit pas. Si elle avait été appliquée par le maître, les derniers ouvriers n’auraient pas eu de quoi vivre et faire vivre leur famille. D’ailleurs les premiers ouvriers ne contestent pas cet aspect des choses. Ils demandent simplement à rester dans le domaine de la justice et à recevoir un salaire revu à la hausse, proportionnel à leurs heures de travail.

Or si le maître revendique sa justice pour respecter le contrat qu’il a établi avec eux, – une pièce d’argent par jour de travail – il revendique sa bonté pour améliorer le contrat passé avec les derniers ouvriers. Quant à ceux qui ont été embauchés à d’autres heures de la journée, rien ne nous est explicitement raconté.

Deux questions se posent :

  1. Aimons-nous la bonté du maître quand elle s’adresse aux autres et ne passe pas par nous ? Contrairement à la justice, que l’on peut prévoir et juger, la bonté est déstabilisante car elle relève de la liberté de celui qui l’exerce. Elle répare les failles de la justice en humanisant son application.
  2. Est-ce simplement fruit de la bonté que de donner les moyens de vivre à tout homme ? Cela n’est-il pas simplement juste, à partir d’une logique qui n’est pas le calcul selon le mérite, mais la responsabilité selon la nécessité ?

Un enseignement de la tradition juive raconte qu’Abraham, au moment de la destruction de Sodome, s’adressa à Dieu en lui disant : « Si tu accomplis strictement ta justice, ô maître du monde, alors le monde ne pourra jamais subsister, il sera entièrement détruit. Afin de préserver la vie, il faut que tu ajoutes ta miséricorde à ta justice. » Dieu nous fait grâce, car il choisit la vie !

 

 

Nous prions pour nos envoyés à Madagascar et pour tout le peuple malgache.

Tu débordes d’amour et nous calculons à l’économie.

Tu cours à notre rencontre et le premier pas déjà nous fatigue.
Tu t’engages sans compter et nous hésitons à donner même le petit doigt.
Alors que nous croyons être arrivés
Toi tu es là devant nous
Nous encourageant à te suivre.

Alors que nous avons tout classé définitivement
Toi tu sèmes à grands gestes et à larges mains
Faisant confiance à la semence qui va germer
Alors que nous risquons le marasme
Tu es source inépuisable.

Dieu, tu es merveilleux !

 

Source : Pixabay 

 

 




Et si nous partagions les larmes de Joseph !

Méditation du jeudi 14 septembre 2017. Nous prions pour nos envoyés au Burundi et pour le peuple burundais

Les frères de Joseph se dirent : « Maintenant que notre père est mort, Joseph pourrait bien se tourner contre nous et nous rendre tout le mal que nous lui avons fait. »
Ils firent donc parvenir à Joseph ce message : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette dernière volonté : « Dites de ma part à Joseph : Par pitié, pardonne à tes frères la terrible faute qu’ils ont commise, tout le mal qu’ils t’ont fait. »
Eh bien, veuille nous pardonner cette faute, à nous qui adorons le même Dieu que ton père. » Joseph se mit à pleurer lorsqu’on lui rapporta ce message. Puis ses frères vinrent eux-mêmes le trouver, se jetèrent à ses pieds et lui dirent : « Nous sommes tes esclaves. »
Mais Joseph leur répondit : « N’ayez pas peur. Je n’ai pas à me mettre à la place de Dieu. Vous aviez voulu me faire du mal, mais Dieu a voulu changer ce mal en bien, il a voulu sauver la vie d’un peuple nombreux, comme vous le voyez aujourd’hui. N’ayez donc aucune crainte : je prendrai soin de vous et de vos familles. » Par ces paroles affectueuses il les réconforta. Genèse 50,15-21

 


Source : Pixabay


La Genèse commence par le meurtre d’un frère par son frère. Elle se termine par le pardon accordé par un frère aux frères qui ont voulu le détruire.  Joseph aurait pu connaître le sort d’Abel. Epargné grâce à l’intervention de Juda et de Ruben, vendu comme esclave en Egypte, il a failli mourir exécuté dans les geôles de Pharaon. Sauvé par ses talents, il a été élevé dans la hiérarchie sociale, sans que ni sa réussite ni un désir de de vengeance n’endurcissent son cœur.

Quel est le secret de Joseph ? C’est la présence de Dieu en lui. Joseph est pourvu du plus grand des dons spirituels : les larmes. Joseph se laisse submerger par l’amour de Dieu. Ses pleurs sont comme un débordement. 

Des penseurs juifs et chrétiens se sont penchés sur le sens des larmes humaines. Outre la souffrance et le chagrin, elles peuvent exprimer le repentir, et chez certains une joie profonde. Elles sont toujours adressées à quelqu’un, témoin visible ou invisible. Les larmes sont comme la mémoire de l’alliance originelle avec Dieu, l’attestation qu’en nous il y a plus que nous. C’est une manière de protester contre le monde tel qu’il est, de résister au pouvoir de la violence et à la tentation de la vengeance.

Les larmes de Joseph sont à la fois des larmes de chagrin sur le mal commis par ses frères, de joie pour les avoir retrouvés, de foi, de confiance et de reconnaissance envers son Dieu, qui « a voulu changer ce mal en bien et sauver la vie d’un peuple nombreux »

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Burundi et pour tout le peuple burundais.


Nous te rendons grâce Seigneur, nous te disons merci
Pour tout ce qui se dit
Tout ce qui se fait
Mais qui ne se voit pas.

Merci pour les petites choses de la vie
Celles que personne ne remarque
Celles que l’on soupçonne à peine.

Merci pour cette lueur de joie dans les yeux du malade
Pour la complicité d’un enfant
Et le passant d’un instant.

Merci pour le geste gratuit
Un sourire, une poignée de main,
Une tape sur l’épaule.

Merci pour le silence gardé aux portes de la révolte
Pour le pardon donné au lieu de la vengeance
Pour la parole d’amour à la place de l’insulte
Pour la prière muette au cœur du drame de l’autre.

Merci pour l’humble qui se tient à l’ombre du puissant
Pour l’inutile en apparence
Pour le bien qui n’a jamais pu se dire
Et pour les joies secrètes au milieu des tourments.

 


Entreprise sociale au Burundi Kaz’O’ Zah Art