Devenir le prochain du prochain, le frère du frère !

Méditation du jeudi 16 mai 2019. Nous prions pour nos envoyés au Cameroun.

Ferdinand Hodler, peintre suisse 1853-1918

Un maître de la loi intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans notre loi ? Qu’est-ce que tu y lis ? » L’homme répondit : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. » Et aussi : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit alors : « Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. » Mais le maître de la loi voulait justifier sa question. Il demanda donc à Jésus : « Qui est mon prochain ? » 

Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, lorsque des brigands l’attaquèrent, lui prirent tout ce qu’il avait, le battirent et s’en allèrent en le laissant à demi-mort. Il se trouva qu’un prêtre descendait cette route. Quand il vit l’homme, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna. De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit l’homme, passa de l’autre côté de la route et s’éloigna. Mais un Samaritain, qui voyageait par là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il en eut profondément pitié. Il s’en approcha encore plus, versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans un hôtel, où il prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’hôtelier et lui dit : « Prends soin de cet homme ; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui. »

Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme attaqué par les brigands ? » 37 Le maître de la loi répondit : « Celui qui a été bon pour lui. » Jésus lui dit alors : « Va et fais de même. » Luc 10,25-37

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Voir ou ne pas voir, lequel d’entre nous ne s’est posé un jour la question dans les rues de nos villes ? Regarder ou ne pas regarder le corps, la silhouette, le visage de celle ou celui dont l’immobilité, en contraste avec notre propre mobilité, signale que quelque chose ne va pas, ou expose même une douleur, une misère, un besoin criant ? Alors, pris par le temps, ou par quelque justification autre, nous jetons un simple coup d’œil en passant, ou bien, la mine affairée, nous traversons tout simplement la route, comme le prêtre ou le lévite de la parabole. Et peut-être partageons-nous avec eux à ce moment-là une bonne dose, soit de mauvaise conscience, soit d’indifférence.

Le visage et la présence de l’autre ne nous appellent-t-il pas à autre chose ?

Suivons le samaritain : il voit et regarde l’homme blessé au bord de la route, il se laisse gagner par la compassion, s’approche, s’arrête, se penche, ouvre son bagage, y prend de l’huile, du vin et des pansements pour soigner le blessé. Il le hisse sur sa monture et le conduit jusqu’à un lieu de repos, continue de le soigner, puis devant partir il le confie à l’aubergiste en avançant de l’argent pour les soins et en annonçant qu’il va revenir.

Le Samaritain agit comme si – à ce moment-là, c’était la seule et unique chose au monde qu’il avait à faire. Est-il médecin pour avoir sur lui les ingrédients nécessaires ? Son voyage a-t-il ou non un but particulier ? Sans doute que si, puisqu’il s’absentera un temps du chevet du blessé. Tout cela resterait bien mystérieux si Jésus n’avait pour objectif de répondre à la question de son interlocuteur, et de lui enseigner, ainsi qu’à nous-mêmes, ce que signifie devenir le prochain de quelqu’un.

Quel merveilleux prochain que ce Samaritain qui, au-delà de l’émotion, comprend qu’il vit un appel, une vocation à « être » avant tout frère du frère, et que Dieu lui propose une mission humanisante, pour lui-même qui est debout comme pour celui qui est à terre. Mais aussi pour l’aubergiste dont il va requérir l’aide, même s’il le rémunère pour cela.

Cette histoire ne nous invite pas à une sorte d’héroïsme humanitaire, mais à un humanisme concret et quotidien. Celui que Jésus a incarné lors de ses allées et venues en Galilée et ailleurs, se laissant arrêter par tous ceux qui avaient besoin de lui pour qu’il les soigne.

Et quand il n’en pouvait plus, il se rendait à la montagne parler à son Père et le prier.

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Cameroun

Seigneur Dieu
Quand autour de nous tout est désert
Quand le soir tombe et que la solitude nous guette
Viens nous nourrir de ton Pain et de ta Vie !

Quand nos mains sont vides et nos cœurs de même
Quand nous sommes perdus au plus profond de nos angoisses
Reste avec nous et restaure en nous la foi !

Tu as eu pitié de la foule et tu en as fait ton Eglise
Ton corps d’humanité, ta communauté réanimée
Tu l’as gardée près de Toi dans ta grâce et ta bonté
Tu l’as rassasiée au-delà de tout besoin
Transforme nos appétits futiles en nourriture de toi !

Quand le soir approche et que la nuit du doute
Nous laisse sans énergie et sans espoir de vie
Quand notre pain nous semble sans force et notre vie sans avenir
Que Ton Pain nous rende l’espérance et la confiance en l’avenir !
O Christ, quand tous nos amis, tes disciples, se découragent et nous lâchent

Quand la nuit épuise nos forces
Devant le trop grand nombre de nos échecs évidents
Que ta présence coule en nous comme la source d’un nouveau partage
À l’aube de chacun de nos jours ! Amen !

Prière d’après Mat 14,13-21




Plongeon dans le lac de Tibériade !

Méditation du jeudi 2 mai 2019. Nous prions pour nos envoyés au Laos.

Le poisson (ichtus en latin) est le symbole du Christ pour les premiers chrétiens (acronyme de Jésus Christ de Dieu fils et sauveur en grec)

Quelque temps après, Jésus se montra de nouveau à ses disciples, au bord du lac de Tibériade.

Voici dans quelles circonstances il leur apparut : Simon Pierre, Thomas — surnommé le Jumeau —, Nathanaël — qui était de Cana en Galilée —, les fils de Zébédée, et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble. Simon Pierre leur dit : « Je vais à la pêche. »

Ils lui dirent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent donc et montèrent dans la barque. Mais ils ne prirent rien cette nuit-là.

Quand il commença à faire jour, Jésus se tenait là, au bord de l’eau, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit alors : « Avez-vous pris du poisson, mes enfants ? » — « Non », lui répondirent-ils. Il leur dit : « Jetez le filet du côté droit de la barque et vous en trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et ils n’arrivaient plus à le retirer de l’eau, tant il était plein de poissons. Le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon Pierre entendit ces mots : « C’est le Seigneur », il remit son vêtement de dessus, car il l’avait enlevé pour pêcher, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples revinrent en barque, en tirant le filet plein de poissons : ils n’étaient pas très loin du bord, à cent mètres environ. Lorsqu’ils furent descendus à terre, ils virent là un feu avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez quelques-uns des poissons que vous venez de prendre. » Simon Pierre monta dans la barque et tira à terre le filet plein de gros poissons : cent cinquante-trois en tout. Et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se déchira pas. Jésus leur dit : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? », car ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approcha, prit le pain et le leur partagea ; il leur donna aussi du poisson. C’était la troisième fois que Jésus se montrait à ses disciples, depuis qu’il était revenu d’entre les morts.

Après le repas, Jésus demanda à Simon Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » — « Oui, Seigneur, répondit-il, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Prends soin de mes agneaux. »Jean 21,1-15

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Quand on vit des choses extraordinaires, il n’est jamais simple de « redescendre » dans la vie quotidienne et de retrouver le règne de la nécessité et des activités habituelles.

C’est pourtant ce qui arrive aux disciples, après avoir rencontré le Christ ressuscité. A la suite de Simon-Pierre, ils retrouvent leur barque, le lac de Tibériade, et les aléas d’une pêche infructueuse.

Heureusement nous savons que Dieu nous parle à travers les réalités de notre vie et même dans nos échecs. C’est ce que Jésus va faire, en se présentant à ses disciples depuis le bord du rivage. Mais il se présente incognito, à tel point qu’ils ne reconnaissent pas d’emblée l’homme qui leur prodigue des conseils pour une nouvelle tentative de pêche dans les eaux du lac.

On ne sait comment Jean -le disciple que Jésus aimait, le reconnait en premier. Est-ce l’exceptionnelle surabondance de poissons, est-ce un autre signe ? Cela mérite d’être médité : à quoi reconnait-on le Christ intervenant dans notre vie ?

Et réagit-on à la manière de Pierre l’impétueux, qui plonge alors dans les eaux, comme pour un baptême, afin de rejoindre plus vite son maître, tandis que ses compagnons regagnent le rivage sur leur barque. Et que signifient les 153 poissons de la pêche ? Ils ont fait couler beaucoup d’encre parmi les interprètes, qui y voient le signe de l’universalité et celui de la diversité des destinataires de l’évangile.

C’est bien toute la terre et toute l’humanité qui sont invitées à partager le repas de pain et de poisson, qui tous deux symbolisent le Christ nourriture des humains. Et cette mission d’invitation et de partage incombe, non seulement à Pierre, mais à tous ceux qui se reconnaissent comme disciples de Jésus le Christ : le faire connaître et reconnaître dans la communion à son amour qui nous nourrit !

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Laos et nous partageons cette prière kanak

SEIGNEUR, NOTRE DIEU
Nous te rendons grâces pour la Terre, terre nourricière,
Elle est comme une mère pour nous et les nôtres…
Terre d’origine, elle nous donne le lieu où plongent nos racines…

Nous te prions, Seigneur pour ceux qui n’ont plus de terre,
Ceux qui ont été spoliés, déplacés, contraints à l’exil.

Nous te rendons grâces, Seigneur, pour l’igname et le cocotier…
Pour toutes les plantes qui nous nourrissent,
Pour la joie dans l’abondance,
Pour le courage de tenir dans les temps de pénurie…

Nous te prions, Seigneur
Pour ceux qui n’ont pas leur pain quotidien,
Mais aussi pour ceux qui en jettent,
Pour ceux qui ne savent mesurer la valeur des choses.

Nous te rendons grâces, Seigneur, pour les animaux,
Les oiseaux, les poissons de la mer…
Pour ceux qui nous apportent leur lait, leur laine, leur viande…
Mais aussi pour ceux, nos totems ou non,
Dont l’existence nous importe, même si elle ne nous est pas utile…

Nous te prions, Seigneur,
Pour que les humains apprennent à respecter tes créatures,
A comprendre à quel point nos survies sont liées…
Nous te rendons grâces, Seigneur, pour nos oncles, les frères de nos mères…
Ils veillent sur nous, ils sont vrais avec nous, ils nous sécurisent…
Nous te rendons grâces aussi pour nos mères, nos pères, nos ancêtres.
Nous sommes liés comme des maillons d’une chaîne de vie, d’âge en âge…

Nous te prions, Seigneur,
Pour ceux qui ne veulent vivre que pour eux-mêmes ou leur famille proche,
Pour ceux qui refusent d’être solidaires,
Pour ceux qui ne savent qu’être méfiants à l’égard des autres…
Pour ceux qui ne connaissent point les joies de l’amitié…

Dans les terres du Pacifique, viens Seigneur : apprends-nous à vivre ! Amen !




Heureux ceux qui croient, de toutes les façons !

Méditation du jeudi 25 avril 2019. Nous prions pour nos envoyés au Sénégal.

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Le soir de ce même dimanche, les disciples étaient réunis dans une maison. Ils en avaient fermé les portes à clé, car ils craignaient les autorités juives. Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Cela dit, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Après ces mots, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez le Saint-Esprit ! Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés obtiendront le pardon ; ceux à qui vous refuserez le pardon ne l’obtiendront pas. »

Or, l’un des douze disciples, Thomas — surnommé le Jumeau — n’était pas avec eux quand Jésus vint. Les autres disciples lui dirent : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais Thomas leur répondit : « Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas mon doigt à la place des clous et ma main dans son côté, je ne croirai pas. »

Une semaine plus tard, les disciples de Jésus étaient de nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Les portes étaient fermées à clé, mais Jésus vint et, debout au milieu d’eux, il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Mets ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse de douter et crois ! » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « C’est parce que tu m’as vu que tu as cru ? Heureux sont ceux qui croient sans m’avoir vu ! » Jean 20,19-30

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Quand on fait l’école biblique aux enfants et qu’on les laisse s’exprimer, on en rencontre certains qui reçoivent les récits sans exprimer de doute sur leur crédibilité, mais d’autres, à l’esprit plus rationaliste, qui posent des questions et émettent des réserves. Cela ne signifie pas que les premiers deviendront de bons croyants et les seconds des sceptiques, mais qu’ils ont des manières différentes d’entendre l’évangile et d’entrer en relation avec Jésus le Christ.

L’exigence de Thomas de voir et toucher pour croire n’est pas si choquante que cela, et en tout cas cela ne l’a pas exclu du cercle des apôtres. La tradition en fera un évangélisateur voyageur qui ira jusqu’en Inde.

L’essentiel, ce sont les paroles de Jésus quand il dit : « Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Et il nous envoie en nous donnant la force de son Esprit.

Reste cependant une difficulté dans la mission donnée par Jésus : que signifie avoir le pouvoir de pardonner ou de ne pas pardonner effectivement les péchés des uns et des autres ?

Ce pouvoir d’accorder ou non le pardon a causé assez d’abus dans l’histoire de l’Eglise pour que nous restions très humbles en la matière ! S’il nous incombe d’annoncer le pardon de Dieu, nous revient-il de l’attribuer ou de le refuser ? Comment échapper à la tentation de nous mettre à la place de Dieu ?

En dernière instance lui seul juge, pardonne, et fait miséricorde.

A nous d’être les témoins de son amour agissant, afin que quiconque, en voyant ou entendant notre témoignage, se sente appelé à placer sa confiance en Jésus-Christ, même sans l’avoir vu.

 

 

Nous prions pour nos envoyés au Sénégal

Aujourd’hui rien ne m’empêchera de danser
Et la terre va trembler sous mes pieds !
Je suis l’homme de la danse.

Aujourd’hui rien ne m’empêchera de jouer
Et le monde entendra ma musique :
Mon tam-tam, mon balafon, mon gong
Ma cithare, mon xylophone.

Aujourd’hui ni la faim, ni la pauvreté, ni la sécheresse
Ni la malaria, ni le sida, ni la guerre
Ni la banque mondiale, ni le FMI

Aujourd’hui Pâques !
Rien n’empêchera de Te louer, Te chanter, danser !
Tu es ressuscité et Tu me sauves !
Tu es ressuscité et Tu me fais vivre, survivre !
Qui, mieux que moi, peut danser ?
Qui, mieux que moi, peut rouler le tam-tam ?

Aujourd’hui Seigneur
Sur les cendres de ma vie.
Sur les squelettes de mes guerres et famines
Sur les aridités de mes sècheresses…
Je Te chante, je danse pour mes frères et sœurs
Qui ont perdu le chant et la joie
Qui ont perdu le sourire et la danse
Car Tu es ressuscité !

Agwaelomu Etombo Mokodi République démocratique du Congo




Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant?

Méditation du jeudi 18 avril 2019. En cette semaine de Pâques nous prions pour notre envoyé à la Réunion, sa famille et toute l’Église.

© Maxpixel

Le dimanche, les femmes se rendirent au tombeau de grand matin en apportant les aromates qu’elles avaient préparées. Elles découvrirent que la pierre avait été roulée de devant le tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme elles ne savaient que penser de cela, voici que deux hommes leur apparurent, habillés de vêtements resplendissants. Saisies de frayeur, elles tenaient le visage baissé vers le sol. Les hommes leur dirent: « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de ce qu’il vous a dit, lorsqu’il était encore en Galilée: Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et qu’il ressuscite le troisième jour. »

Elles se souvinrent alors des paroles de Jésus. A leur retour du tombeau, elles annoncèrent tout cela aux onze et à tous les autres. Luc 24,1-9

Les trois Marie devant le tombeau vide, par Jan van Eyck et Hubert van Eyck © Wikimedia Commons – Domaine public

L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre Dame de Paris a frappé les esprits, faisant figure de grand malheur. De fait, il n’y a pas eu mort d’hommes et des malheurs autrement cruels frappent les humains en tous lieux. Pourtant l’effondrement de la flèche et d’une grand partie de la toiture de Notre Dame n’est pas seulement une histoire de pierres. C’est un événement à très forte portée symbolique, d’autant qu’il a eu lieu dans la semaine de la passion conduisant au dimanche de Pâques.

En ce jour-là il y a plus de 2000 ans, ce n’était pas à la cathédrale que se rendaient les femmes de l’évangile, mais au tombeau qui renfermait le corps de Jésus. Et sans doute venaient-elles, en même temps qu’accomplir les rituels dus à un mort, y chercher le commencement de consolation qui ouvre la période de deuil. Or plus rien n’était en ordre ce matin-là, ni la pierre qui avait été roulée, ni le corps qui avait disparu, ni le silence sépulcral qui allait résonner de la voix des anges, ni leur propre cœur tanguant entre la surprise, l’étonnement et la peur.

Le Vivant était ailleurs que dans la tombe, déjà sur les chemins de la vie renouvelée!
Mais, pour entendre cela, il avait fallu, selon les paroles même du Fils de l’homme, sa passion, sa croix, sa mort. Il avait fallu cet effondrement des certitudes, ce déchirement du voile.

Si aujourd’hui le christianisme a quelque chose à dire et à redire au monde, c’est la puissance de la vie surgissant au milieu des décombres. La résurrection n’est pas une réanimation ni une reconstruction à l’identique, mais un réveil, une prise de conscience que Dieu veut sans cesse donner et redonner vie à sa création et à son projet de justice et d’amour pour le monde. Mais pour saisir et exprimer la force et la joie inouïe de cette découverte, il faut garder le cœur ouvert et marqué des blessures du temps. Il n’y a de vraie consolation sans traces de la mémoire de ce dont on a été consolé.

Concernant Notre Dame, espérons que les projets de reconstruction ne chercheront pas à effacer totalement les marques de ses blessures, car en symbolisant la fragilité de toutes choses, celles-ci nous renvoient au cœur de chair qui bat dans la pierre-mémoire : Dieu a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.

En cette semaine de Pâques nous prions pour notre envoyé à la Réunion, sa famille et toute l’Église de la Réunion.

 

 

Je crois au Dieu qui a posé comme 1ère question à l’humain :
où es-tu ?
Je crois au Dieu qui a posé comme 2ème question à l’humain :
pourquoi as-tu fait cela ?
Je crois au Dieu qui a posé comme 3ème question à l’humain :
qu’as-tu fait de ton frère ?
Je crois au Dieu qui a appelé Abraham à le retrouver
dans le tête à tête d’une marche dans le désert
Je crois au Dieu qui a appelé Moïse à devenir le libérateur
d’un peuple soumis à une dure servitude
Je crois au Dieu qui a appelé David à le chanter
dans les sommets et dans les creux de son histoire
Je crois au Dieu qui a parlé en Jésus-Christ
il a appelé, il a enseigné, il a guéri, il a manifesté le règne de Dieu
Je crois au Dieu qui s’est fait serviteur en Jésus-Christ
il s’est agenouillé, il a lavé les pieds de ses disciples, il a donné sa vie
Je crois au Dieu qui s’est fait sauveur en Jésus-Christ
il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il est ressuscité des morts
Je crois au Dieu qui est présent par son esprit
auprès des hommes et des femmes de toutes les langues, de toutes les nations
Je crois au Dieu qui est à la tête d’une église invisible,
pécheresse et pardonnée, locale et universelle, diaconale et missionnaire
Je crois au Dieu qui vient au-devant de nous
et qui nous attend dans le secret de notre histoire.

Confession de foi d’Antoine Nouis




Merveilleuse humilité!

Méditation du jeudi 11 avril 2019. En cette semaine de la passion nous prions pour nos envoyés au Burkina Faso.

Coptes à Jérusalem © Maxpixel

Que votre attitude soit identique à celle de Jésus-Christ: lui qui est de condition divine, il n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains; Reconnu comme un simple homme, il s’est humilié lui-même en faisant preuve d’obéissance jusqu’à la mort, même la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. Philippiens 2,5-11

 

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Qu’est-ce que la sagesse? La sagesse, c’est la crainte du Seigneur, lit-on plusieurs fois dans la Bible. Que signifie craindre le Seigneur? Le connaître et se connaître soi-même, et savoir par conséquent que notre relation est faite à la fois de communion et de différence. Nous sommes de Dieu par son amour, mais nous ne sommes pas Dieu. Savoir cela ne relève pas simplement de l’intellect mais surtout du cœur et du comportement.

C’est pourquoi nous sommes invités à imiter Jésus-Christ, lui qui, étant non seulement de Dieu mais en qui Dieu s’est révélé, a voulu manifester et la communion et la différence, au point d’accepter de mourir pour en témoigner. Plus que quiconque et pour quiconque, c’est-à-dire pour tous, il est de Dieu. Et c’est pour être ce qu’il est en vérité qu’il renonce à la « possession » de la divinité.

Alors il nous entraîne dans son renoncement, dans son humilité. Non pour nous écraser mais parce que l’humilité est le seul lieu où nous connaîtrons vraiment Dieu, pour notre joie la plus haute et la plus profonde, la plus intime et la plus éclatante.

 

 

En cette semaine de la passion nous prions pour nos envoyés au Burkina Faso.

Heureux ceux qui n’ont que douceur pour résister,
leurs yeux seront consolés.
Heureux ceux dont le corps est offrande et service,
ils ne rêvent pas leur vie.
Heureux ceux qui laissent partir et ne se séparent pas,
ils insufflent la confiance et la liberté.
Heureux les inquiets,
ils cueilleront la joie à la pointe de leur attente.
Heureuses les mains qui s’ouvrent,
demain grandira sous leurs doigts.
Heureux ceux qui vivent des temps creux,
ils sont au carrefour de Dieu.
Heureux ceux qui gardent des questions,
ils percevront la place du mystère.

Heureux êtes-vous,
La grâce et la paix vous sont données
De la part de Dieu notre Père
Et de Jésus-Christ notre Seigneur.

D’après un texte de Suzanne Schell




Qui osera jeter la première pierre ?

Méditation du jeudi 4 avril 2019. En cette cinquième semaine de Carême, nous prions pour nos envoyés au Cameroun et pour toute la famille Nzambé.

La femme adultère par Giandomenico Tiepolo, peintre vénitien (1727 -1804)

Jésus se rendit au mont des Oliviers. Tôt le lendemain matin, il retourna dans le temple et tous les gens s’approchèrent de lui. Il s’assit et se mit à leur donner son enseignement.

Les maîtres de la loi et les Pharisiens lui amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent devant tout le monde et dirent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise au moment même où elle commettait un adultère. Moïse nous a ordonné dans la loi de tuer de telles femmes à coups de pierres. Et toi, qu’en dis-tu ? »

Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser.

Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol. Comme ils continuaient à le questionner, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol.

Quand ils entendirent ces mots, ils partirent l’un après l’autre, les plus âgés d’abord. Jésus resta seul avec la femme, qui se tenait encore devant lui. Alors il se redressa et lui dit : « Eh bien, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? » — « Personne, Maître », répondit-elle. « Je ne te condamne pas non plus, dit Jésus. Tu peux t’en aller, mais désormais ne pèche plus. » Jean 8,1-11

Max Lyonga, Peintre Camerounais

Ce qui donne beaucoup de poids à ce texte est que la lapidation a encore cours dans certains pays de ce monde, ainsi que les crimes dits d’honneur, autour d’actes, d’attitudes ou d’événements liés à la sexualité – hétérosexualité ou homosexualité.

Dans notre récit tout est prêt pour une scène de lynchage qui, se passant dans l’espace du temple de Jérusalem et sous l’œil de spécialistes de la loi, promet à la foule rassemblée un maximum d’intensité, et donc cet obscur et horrible plaisir lié à la violence et au sacré !

Mais la parole est là, qui va différer le passage à l’acte !

Parole sous forme de question, même piégée, de la part des scribes et des pharisiens ! Puis parole sous forme de graphies silencieuses de Jésus sur le sol, puis de suggestion !

D’abord la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Car pour les pharisiens il n’est pas question d’appliquer la torah écrite à la lettre, sans en avoir référé également à la torah orale, à savoir la tradition d’interprétation qui s’est mise en place dans le monde juif autour des lieux d’études que sont les synagogues. Quant aux scribes qui sont présents, certains peuvent faire partie des pharisiens, et d’autres des sadducéens qui sont, eux, partisans d’une application stricte de la torah écrite.

Mais Jésus n’entre pas dans la discussion qu’on lui propose. Veut-il prendre du temps pour réfléchir ? Adopte-t-il une attitude « prophétique », dont le caractère énigmatique a pour effet de calmer la fièvre qui s’est emparée de tous les présents ?

Dans un partage autour de ce récit quelqu’un suggérait que dans son abaissement, puisqu’il s’est penché vers le sol, Jésus pouvait symboliser Dieu venant « écrire « sa création sur l’humus dont il créa l’homme ! Cette écriture indéchiffrée de Jésus peut aussi signifier que les humains ne peuvent ni ne doivent jamais interpréter de manière univoque et absolue la parole de Dieu. Et que l’Esprit qui nous parle souffle quand il veut et comme il veut.

En tout cas Jésus pourrait servir d’exemple à tous ceux qui se forment à la médiation et à la résolution non violente des conflits.

Car avec amour et simplicité il transforme et ouvre les êtres et les situations !

Vis-à-vis des juristes il ne conteste pas la loi, mais il leur rappelle qu’ils sont des humains et en tant que tels comptables de leurs actes devant leur conscience !

Et ils se laissent atteindre par ce rappel.

A la femme qui ne se décide pas à partir mais attend quelque chose, il dit quelque chose de rassurant : ils ne t’ont pas condamnée, moi non plus je ne te condamne pas. Ce faisant, Jésus transforme la femme d’objet en sujet. Elle était la possession de sa famille, puis de son mari, elle fut possédée par son amant (bizarrement disparu au moment de l’arrestation) elle était l’objet de la délibération juridique …. Jésus la remet debout et en route ! Va et ne pèche plus ! On pourrait entendre : va et appartiens-toi ! Ne prend conseil que de Dieu et de ta propre conscience !

Alors la foule elle aussi est sauvée de la scène de sang qu’elle s’apprêtait à nourrir de sa folie !
 

 

En cette cinquième semaine de Carême, nous prions pour nos envoyés au Cameroun et pour toute la famille Nzambé.

Viens, mon Dieu !
Viens
Dans notre obscurité
Dans notre nuit noire
Dans notre cœur en recherche
Dans nos pensées et nos doutes.
Viens mon Dieu !
Viens
Avec une lumière multicolore
Avec la foudre et le tonnerre
Avec joie et enthousiasme.
Viens mon Dieu !
Viens
A travers la porte verrouillée
A travers le cœur fermé
A travers l’étroit passage de mes pensées.
Viens mon Dieu !
Viens
Fortifie ma foi
Brise mes idées conventionnelles
Casse la rigidité de ma vie
Abats les murs de mes préjugés
Déploie mes possibilités et mes talents.
Viens mon Dieu !
Viens
Donne-moi la vie
Une vie nouvelle
La vie éternelle !

Au cœur de la vie, prières pour les jeunes.




Entrons dans la joie du Père !

Méditation du jeudi 28 mars 2019. Nous prions pour notre envoyé au Congo.

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : « Mon père, donne-moi la part de notre fortune qui doit me revenir. »
Alors le père partagea ses biens entre ses deux fils.
Peu de jours après, le plus jeune fils vendit sa part de la propriété et partit avec son argent pour un pays éloigné. Là, il vécut dans le désordre et dissipa ainsi tout ce qu’il possédait. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer du nécessaire. Il alla donc se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons. Il aurait bien voulu se nourrir des fruits du caroubier que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait.
Alors, il se mit à réfléchir sur sa situation et se dit : « Tous les ouvriers de mon père ont plus à manger qu’il ne leur en faut, tandis que moi, ici, je meurs de faim ! Je veux repartir chez mon père et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils. Traite-moi donc comme l’un de tes ouvriers. » Et il repartit chez son père.
« Tandis qu’il était encore assez loin de la maison, son père le vit et en eut profondément pitié : il courut à sa rencontre, le serra contre lui et l’embrassa. Le fils lui dit alors : « Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils…» Mais le père dit à ses serviteurs : « Dépêchez-vous d’apporter la plus belle robe et mettez-la-lui ; passez-lui une bague au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le ; nous allons faire un festin et nous réjouir, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et je l’ai retrouvé. » Et ils commencèrent la fête.
« Pendant ce temps, le fils aîné de cet homme était aux champs. A son retour, quand il approcha de la maison, il entendit un bruit de musique et de danses.
Il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait. Le serviteur lui répondit : « Ton frère est revenu, et ton père a fait tuer le veau que nous avons engraissé, parce qu’il a retrouvé son fils en bonne santé. » Le fils aîné se mit alors en colère et refusa d’entrer dans la maison.
Son père sortit pour le prier d’entrer. Mais le fils répondit à son père : « Écoute, il y a tant d’années que je te sers sans avoir jamais désobéi à l’un de tes ordres. Pourtant, tu ne m’as jamais donné même un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis. Mais quand ton fils que voilà revient, lui qui a dépensé entièrement ta fortune avec des prostituées, pour lui tu fais tuer le veau que nous avons engraissé !» Le père lui dit : « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que je possède est aussi à toi. Mais nous devions faire une fête et nous réjouir, car ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et le voilà retrouvé !» » Luc 15,11-32

Le retour du fils prodigue – Rembrandt, 1667

Dans le tableau de Rembrandt où il interprète le retour du fils prodigue, on remarque que les deux mains du père posées sur les épaules du fils sont différentes. Selon certains critiques, l’une serait masculine et l’autre féminine, et cette part féminine serait encore exprimée par la manière dont le fils, dans toute sa misère, se serre contre les entrailles du père. De fait, dans cette étrange histoire, l’évangéliste Luc a volontairement et totalement privilégié l’image de la miséricorde et de la compassion, au détriment de la figure d’autorité et de justice.

Aucune résistance à la demande insolente et insensée du fils qui veut hériter avant l’heure, mais au contraire un partage immédiat des biens familiaux.

Aucune réprimande au moment du retour du fils qui a tout perdu mais au contraire une impatience d’amour à l’accueillir et fêter son retour.

Aucune remontrance vis-à-vis du fils aîné quand il s’insurge contre l’indulgence de son père vis-à-vis de son frère pécheur, mais au contraire une réaffirmation se sa tendresse et de sa confiance : « « Mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce que je possède est aussi à toi. Mais nous devions faire une fête et nous réjouir, car ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et le voilà retrouvé !»

Certes les pensées de Dieu ne sont pas nos pensées. Pourtant il nous invite à nous associer à sa joie de Père retrouvant l’enfant égaré, et à vivre en lui et avec lui l’infini de l’amour et de la grâce.

 

 

En cette quatrième semaine de Carême, nous prions pour notre envoyé au Congo.

Dieu, Tu es le pain complet, odorant et nourrissant.
Tu es le pain rompu, morcelé, en miettes
Négligemment éparpillé.

Dieu, Tu es la vigne qui vit, qui grandit, qui porte du fruit.
Tu es le vin, grappes de raisin écrasées et piétinées
Jusqu’à la dernière goutte bue, lie partout répandue.

Dieu, Tu es la lumière qui brille, qui étincelle
Et resplendit de mille feux.
Tu es l’obscurité profonde
L’ombre mystérieuse et cachée.


Dieu Tu es l’eau pure et fraîche qui abreuve nos êtres desséchés.
Tu es larmes, ces larmes de frustration, de chagrin
De colère qui perlent de nos yeux.


Dieu Tu es la parole adressée en amour et en vérité.
Tu es le silence, le secret qu’on n’ose dire
Le sens caché derrière les mots.

Canberra, pré-assemblée « Femmes » 1991 Expressions de foi de l’Eglise universelle.




L’ « être avec » nous de Dieu !

Méditation du jeudi 21 mars 2019. En cette troisième semaine du Carême, nous prions pour nos envoyés en Tunisie.

Chagall : Moïse devant le buisson ardent

Moïse s’occupait des moutons et des chèvres de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Un jour, après avoir conduit le troupeau au-delà du désert, il arriva à l’Horeb, la montagne de Dieu. C’est là que l’ange du Seigneur lui apparut dans une flamme, au milieu d’un buisson. Moïse aperçut en effet un buisson d’où sortaient des flammes, mais sans que le buisson lui-même brûle. Il décida de faire un détour pour aller voir ce phénomène étonnant et découvrir pourquoi le buisson ne brûlait pas. Lorsque le Seigneur le vit faire ce détour, il l’appela du milieu du buisson : « Moïse, Moïse ! » — « Oui ? » répondit-il. « Ne t’approche pas de ce buisson, dit le Seigneur. Enlève tes sandales, car tu te trouves dans un endroit consacré. Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. »

Moïse se couvrit le visage, parce qu’il avait peur de regarder Dieu. Le Seigneur reprit : « J’ai vu comment on maltraite mon peuple en Égypte ; j’ai entendu les Israélites crier sous les coups de leurs oppresseurs. Oui, je connais leurs souffrances. Je suis donc venu pour les délivrer du pouvoir des Égyptiens, et pour les conduire d’Égypte vers un pays beau et vaste, vers un pays qui regorge de lait et de miel, le pays où habitent les Cananéens, les Hittites, les Amorites, les Perizites, les Hivites et les Jébusites. Puisque les cris des Israélites sont montés jusqu’à moi et que j’ai même vu de quelle manière les Égyptiens les oppriment, je t’envoie maintenant vers le Pharaon. Va, et fais sortir d’Égypte Israël, mon peuple. »

Moïse répondit à Dieu : « Moi ? je ne peux pas aller trouver le Pharaon et faire sortir les Israélites d’Égypte ! » — « Je serai avec toi, reprit Dieu. Et pour te prouver que c’est bien moi qui t’envoie, je te donne ce signe : Quand tu auras fait sortir les Israélites d’Égypte, tous ensemble vous me rendrez un culte sur cette montagne-ci. » — « Bien ! dit Moïse. Je vais donc aller trouver les Israélites et leur dire : « Le Dieu de vos ancêtres m’envoie vers vous». Mais ils me demanderont ton nom. Que leur répondrai-je ? »

Dieu déclara à Moïse : « «JE SUIS QUI JE SUIS». Voici donc ce que tu diras aux Israélites : «JE SUIS m’a envoyé vers vous ». Puis tu ajouteras : « C’est LE SEIGNEUR s qui m’a envoyé vers vous, le Dieu de vos ancêtres, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. » Tel est mon nom pour toujours, le nom par lequel les hommes de tous les temps pourront m’invoquer. Exode 3:1-15

 

Source : Pixabay

Au moment où Moïse reçoit la révélation des révélations, c’est un fugitif, devenu berger pour un prêtre madianite dont il a épousé la fille. Éduqué à la cour d’Egypte, ramené à son identité hébraïque par un sursaut de conscience devant l’injustice et la violence, il s’est fait meurtrier et coupé ainsi de toute possibilité de rester en Egypte. Perdant tout, il va pourtant tout gagner : une épouse qui lui donnera deux fils, et un Dieu qui va se révéler à lui et de lui confier la mission fondamentale de libérer son peuple de la maison de servitude. 

Dieu n’entre pas dans la vie de Moïse par une vision éblouissante ni des coups de tonnerre ; ce n’est pas une idole qui aurait besoin d’impressionner son élu. Il choisit de se manifester dans l’incandescence inextinguible d’un simple buisson, et d’entrer en parole avec lui. Si Moïse éprouve de la crainte, ce n’est pas vis-à-vis d’un phénomène surnaturel, mais parce que Dieu lui-même lui enseigne que le lieu de leur rencontre est une terre de sainteté.

Terre de sainteté car lieu de la rencontre, lieu de la confidence et de l’envoi en mission. Dieu souffre de la souffrance de son peuple et veut intervenir dans son histoire par l’entremise d’un Moïse qui se sent bien petit pour endosser cette responsabilité.

Alors comment sentir la présence de Dieu et sa force agissante dans les missions qu’il nous confie ?

Je serai avec toi, dit-il à Moïse, je suis le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Je suis qui je suis et qui je serai… mais toujours « avec » vous !

En ce temps de Carême, nous pouvons particulièrement méditer sur cette scène primordiale, qui éclaire de l’intérieur l’« être avec nous » de Dieu que toutes les nations recevront en Jésus-Christ environ 1400 ans après la rencontre du Sinaï.

 

 

Nous prions pour nos envoyés en Tunisie et partageons cette relecture du PS 121

Je lève mes yeux vers les puissants de ce monde.
Est-ce d’eux que me viendra le secours ?

Mon secours vient du Seigneur
Qui depuis mon enfance
A pris ma main tremblante dans sa droite puissante
Et m’a conduit sur son chemin jusqu’à ce jour.

Il ne me laissera pas tomber dans l’incrédulité
Car il reste toujours vigilant et me protège.
Oui mon protecteur ne sommeille jamais, il me garde.

Il me protégera de tout péril
Quand je voyagerai et reviendrai chez moi.
Entre ses mains puissantes je resterai en sécurité.
Armé de cette assurance et de cette foi
Je traverserai la vie et la mort.
Que le Nom du Seigneur soit béni
Maintenant et à toujours !

Zephania Kameeta, République Démocratique du Congo, expressions de foi de l’Église universelle.




Interposons Dieu entre le diable et nous !

Méditation du jeudi 7 mars 2019. Tous nous sommes tentés ! Comment le diable nous tente-t-il ? Suivons Jésus dans le désert ! Et nous prions pour notre envoyée au Burundi…

Statue du Christ sur la colline de Tas-Salvatur («Le Rédempteur»). Cette statue en béton armé, érigée à 97 m d’altitude près de la mer, fait face aux tempêtes – Gozo, Malte © Maxpixel

Jésus, rempli de Saint-Esprit, revint du Jourdain et fut conduit par l’Esprit dans le désert. Il y fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là et, quand ils furent passés, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de se changer en pain. » Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : «L’homme ne vivra pas de pain seulement.» »

Le diable l’emmena plus haut, lui fit voir en un instant tous les royaumes de la terre et lui dit : « Je te donnerai toute cette puissance et la richesse de ces royaumes : tout cela m’a été remis et je peux le donner à qui je veux. Si donc tu te mets à genoux devant moi, tout sera à toi. » Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : « Adore le Seigneur ton Dieu et ne rends de culte qu’à lui seul .» »

Le diable le conduisit ensuite à Jérusalem, le plaça au sommet du temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas ; car l’Écriture déclare : « Dieu ordonnera à ses anges de te garder.» Et encore : « Ils te porteront sur leurs mains pour éviter que ton pied ne heurte une pierre.» » Jésus lui répondit : « L’Écriture déclare : « Ne mets pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.» » Après avoir achevé de tenter Jésus de toutes les manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à une autre occasion. Luc 4, 1-13

 

Usine abandonnée © Maxpixel

Quand on a faim, quand un besoin physique, matériel, économique ou autre se fait sentir, la solution la plus simple n’est-elle pas d’utiliser tous les moyens à sa portée pour changer « les pierres en pain »? Pour Jésus sa filiation, pour d’autres leur nom, leur pouvoir, leur réseau d’influences, leur savoir, leur fonction. La fin ne justifie-t-elle pas les moyens? Vaut-il de déranger Dieu pour cela? De proche en proche cette logique conduit à s’écarter du Créateur et de ses lois.

Heureusement Jésus nous donne l’arme suprême en nous rappelant à notre nature spirituelle: «  L’homme ne se nourrit pas de pain seulement mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu »

Quand on a une opportunité , ou un appel , pour entrer en politique, participer au gouvernement d’un pays, d’une grande institution, ou à la mise en application d’une idéologie, n’est-ce pas un devoir de s’engager, quitte à faire quelques compromis? La cause n’est-elle pas bonne, quand il s’agit, non de tyrannie, mais de construire un monde et une société en progrès, d’apporter du mieux-être à l’ensemble d’une population, de réaliser une utopie valorisante pour tous ? Mais le temps passant, est-on sûr de toujours servir Dieu et son prochain, ou le diable et son propre appétit de puissance? Qui sait? Quelle est la zone frontière entre compromis et compromission, réalisme et cynisme?

Là encore Jésus nous donne l’arme suprême en nous rappelant à notre vocation de serviteur sur terre: « tu adoreras et serviras Dieu et lui seul ».

Enfin quand on se croit directement appelé par l’Esprit , tenu de prouver sa foi par des actes extrêmes et absurdes, quand on se sent même conforté par des versets tirés de l’Ecriture – comme le diable tente de le faire lors de la troisième tentation, comment déceler le vrai du faux? Comment identifier la tentation du fanatisme? Comment discerner si on a affaire à un vrai pasteur ou à un gourou? Comment échapper à la tentation de la domination spirituelle?

Là encore Jésus nous prévient en nous rappelant la Parole de Dieu: « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ! »

Mais n’oublions pas que pour un chrétien, la tentation la plus dangereuse est de se croire parfois au-delà de toute tentation, déjà libéré de l’humaine condition et de ses ambiguïtés profondes.

 

 

Nous prions pour notre envoyée au Burundi.

Fais, Seigneur,
se joindre toutes les mains,
pour rendre plus humain
le sol où tu insufflas la vie
à un homme que tu modelas.

Que nous prenions ta main noire,
Seigneur, pour que la terre
porte les fruits de l’espoir.

Que nous prenions ta main jaune,
Seigneur, pour que le monde reste jeune
et que chacune
gagne dignement son pain.

Que nous prenions ta main blanche,
Seigneur, pour que les bourgeons qui portent joie et justice
éclosent sur toutes les branches.

Que nous prenions ta main rouge,
Seigneur, à la croisée des chemins,
pour que les hommes de l’Afrique,
de l’Asie, de l’Europe, de l’Amérique,
de tous les temps, de tous les cieux
cultivent ensemble
sur tous les continents,
des chemins de développement,
des champs de prière
et de dévouement.

Nabil Mouannès, Liban
dans : Expressions de foi de l’Église universelle




Et que devint Dina… ?

Méditation du jeudi 14 février 2019. Nous mettons un point final au cycle de Joseph sur cette question : que devint Dina, fille de Léa et de Jacob, sœur de Ruben, Siméon, Levi, Juda, Dan, Nephtali ; Joseph, Gad, Asher, Issakar, Zabulon, et Benjamin ? Nous prions pour notre envoyé à Djibouti.

 

Par la suite Léa mit au monde une fille, qu’elle appela Dina. Genèse 30,21

 

Un jour Dina, la fille de Jacob et de Léa, alla rendre visite à des femmes du pays. Sichem, fils de Hamor, le chef hivite de la région, l’aperçut. Il l’enleva et lui fit violence. Mais il s’attacha à elle, en devint amoureux et tenta de la convaincre. Il dit à son père Hamor : « Demande pour moi la main de cette jeune fille, je veux l’épouser. » — Jacob apprit que sa fille avait été déshonorée par Sichem. Mais comme ses fils étaient aux champs avec ses troupeaux, il ne fit rien jusqu’à leur retour. — Hamor, le père de Sichem, se rendit chez Jacob pour lui parler. Quand les fils de Jacob revinrent des champs, ils apprirent ce qui s’était passé. Ils se sentirent insultés et entrèrent dans une violente colère, car Sichem avait fait quelque chose d’inadmissible en violant la fille de Jacob ; on ne doit pas agir ainsi en Israël. Mais Hamor leur dit : « Mon fils Sichem est amoureux de cette jeune fille. Donnez-la-lui pour femme. Alliez-vous avec nous : donnez-nous vos jeunes filles en mariage et épousez les nôtres. Vous habiterez près de nous. La région vous sera ouverte : vous pourrez vous y installer, y traiter vos affaires, y avoir des propriétés. »

Sichem lui-même vint dire au père et aux frères de la jeune fille : « Soyez indulgents pour moi, je suis prêt à vous donner ce que vous voudrez. Vous pouvez exiger de moi un très gros dédommagement et de nombreux cadeaux. Je donnerai tout ce que vous demanderez, pourvu que vous m’accordiez cette jeune fille pour épouse. » Les fils de Jacob répondirent avec ruse à Sichem et à son père Hamor, parce que Sichem avait déshonoré leur soeur Dina. Ils leur parlèrent ainsi : « Nous ne pouvons pas donner notre soeur en mariage à un homme incirconcis ; ce serait un déshonneur pour nous. Nous ne vous donnerons notre accord qu’à une condition : c’est que, comme nous, tous les hommes de chez vous soient circoncis. Alors nous vous accorderons nos filles en mariage et nous pourrons épouser les vôtres. Nous habiterons près de vous et nous formerons ensemble un seul peuple. Mais si vous n’acceptez pas d’être circoncis, nous reprendrons notre soeur et nous repartirons. »

Hamor et son fils donnèrent leur accord à cette proposition. Sans tarder le jeune homme entreprit de la réaliser, tant il aimait la fille de Jacob. Or il avait beaucoup d’influence dans sa famille. Hamor et Sichem se rendirent sur la place, à la porte de la ville, et ils dirent à leurs concitoyens : « Ces hommes sont bien intentionnés à notre égard. Qu’ils s’installent dans notre région et y fassent des affaires, que le pays leur soit largement ouvert ! Nous pourrons épouser leurs filles et nous leur donnerons les nôtres en mariage. Ils accepteront d’habiter près de nous et de former un seul peuple avec nous, mais à une condition : c’est que tous les hommes de chez nous soient circoncis comme eux. Si nous leur donnons notre accord, il viendront habiter près de nous ; alors tout leur bétail et leurs biens finiront par nous appartenir. » Tous ceux qui étaient présents à la porte de la ville acceptèrent la proposition de Hamor et de son fils Sichem, et tous les hommes de la ville se firent circoncire.

Deux jours plus tard, alors que ces hommes étaient encore souffrants, deux des fils de Jacob, Siméon et Lévi, frères de Dina, prirent leur épée, entrèrent dans la ville sans éveiller de soupçons et massacrèrent tous les hommes, y compris Hamor et son fils Sichem. En quittant la maison de Sichem, ils emmenèrent Dina. Les autres fils de Jacob dépouillèrent les cadavres et pillèrent la ville, parce qu’on avait déshonoré leur soeur. Ils s’emparèrent des moutons et des chèvres, des boeufs et des ânes, bref, de tout ce qui était dans la ville et la campagne. Ils emportèrent toutes les richesses, emmenèrent tous les enfants et les femmes, et ils pillèrent complètement les maisons.

Alors Jacob dit à Siméon et à Lévi : « Vous m’avez causé du tort en me rendant odieux aux habitants de la région, les Cananéens et les Perizites. Ces gens-là vont se rassembler contre moi. Ils me vaincront, car je n’ai que peu d’hommes, et je serai exterminé avec ma famille. » Les deux frères répondirent : « Cet individu n’avait pas le droit de traiter notre soeur comme une prostituée. » Genèse 34,1-31

 

 

Terrible histoire qui commence dans la violence et finit dans la violence.

Dina, fille de Jacob et de Léa, est prise de force par Sichem, fils du prince du lieu où Jacob vient d’acquérir un morceau de terre pour planter sa tente.

Siméon et Lévi, les deuxième et troisième fils de Jacob et Léa, vont venger leur sœur en pratiquant un châtiment collectif : ils tuent tous les hommes, y compris Sichem et son père Hamor, puis entrainent leurs frères dans le pillage de la ville et l’enlèvement des femmes, des enfants et des troupeaux.

Que s’est-il passé entre les deux ? Des histoires d’homme !

Dinah, la principale intéressée, a disparu de la scène. On ne l’a pas consultée, on ne l’a pas consolée, on ne lui a pas parlé. Elle est traitée comme un objet – de valeur certes, mais un objet.

Que Sichem se prenne de passion pour la jeune femme qu’il vient de posséder, au point de vouloir l’épouser à prix fort, et même de s’engager, ainsi que son père et tout le peuple, à accepter l’exigence de circoncision posée par les fils de Jacob, cela pourrait presque plaider en sa faveur ! Dans certains pays la loi exonère le violeur s’il accepte d’épouser sa victime ! Et la famille se satisfait souvent d’une telle réparation de l’honneur, sans tenir aucun compte des sentiments et de l’avis de la victime. Et s’il n’y a pas cette réparation, la victime est rejetée du clan, et parfois même traitée comme une coupable et tuée.

Alors on pourrait « presque » comprendre la colère des frères de Léa, qui restent sur la constatation qu’elle a subi quelque chose d’irréparable.

Mais l’ont-ils écoutée ? L’ont-ils consultée ? Ont-ils voulu la défendre ou s’enivrer de leur propre désir de vengeance ?

En se chargeant d’un crime collectif épouvantable, ils profanent son nom – dont la racine comporte l’idée de justice – en même temps qu’ils profanent le nom de Dieu. Car en se servant de la circoncision comme d’un piège pour affaiblir Hamor, Sichem et leurs hommes, ils inversent le signe de l’alliance donnée à Abraham. De signe de vie la « berit mila » devient signe de mort. Et en se posant en défenseur de l’honneur de leur sœur, qu’ils disent refuser de voir traitée comme une prostituée, ils lui font porter la responsabilité indirecte du massacre !

Pauvre Dina, pauvre Dieu, et pauvre Jacob ! Que de souffrance et de sang versé !

Mais ce n’est pas tout : certains commentateurs accableront Dina en affirmant qu’elle n’avait pas à sortir de chez elle pour rencontrer les filles du pays, car une jeune fille pudique se doit de rester à l’intérieur de la maison ! Heureusement, d’autres commentateurs loueront au contraire son esprit de curiosité et d’ouverture, qui l’a poussée à quitter le confort de sa tente pour entrer en relation avec ses voisines et leur permettre ainsi de connaître le Dieu d’Israël ! Décidément, les polémiques sur le statut de la femme ne datent pas d’hier et ont la vie dure !

On ne sait pas ce que devint Dina, mais le commentaire d’un certain Rabbi Eliezer raconte qu’une petite fille fut conçue de son viol par Sichem, et que, pour protéger l’enfant, Jacob l’envoya en Egypte où elle fut adoptée par le prêtre Potiféra. Il s’agissait d’Osnath, qui épousa donc finalement son oncle Joseph et engendra Ephraïm et Manassé.

Décidément la Bible n’est pas une histoire de petits saints, mais de grands pécheurs ! C’est bien pour cela que nous y avons tous notre place comme elle-même doit avoir une place centrale dans notre vie, nos communautés, nos relations les uns avec les autres ! A travers les pires ténèbres Dieu nous parle et nous invite à échanger les uns avec les autres, afin de mieux prendre conscience de nous-mêmes et de la grâce qu’il nous fait de nous considérer comme ses enfants bien-aimés, malgré tout !

 

 

Nous prions pour notre envoyé à Djibouti et sa famille, et partageons cette prière d’Antsiva, du groupe de jeunes de Créteil, prononcée lors du culte du 10 février.

Seigneur, il est dit dans Jean 13,34-35 :
 

« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Oui comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ».
Nous exprimons à présent cet amour par une prière d’intercession :
Garde ton Eglise, ici et à travers le monde,
Notamment ses pasteurs, ses conseillers et tous ses fidèles.
Préserve-la face aux pièges de l’Ennemi.
Etends ta bénédiction sur tous les peuples :
Que partout ton amour, ta paix et ta vérité ne fassent qu’un pour la gloire de Ton nom.
Veille sur la France, pour nous pays d’origine, natal ou d’adoption,
Où nous pouvons vivre notre foi sans la peur quotidienne d’être persécutés.
Donne-nous aussi la tolérance et la fraternité
Pour grandir dans le respect des autres cultures et croyances.
Console par ton Saint-Esprit tous ceux qui sont dans la souffrance,
L’injustice, la maladie, le deuil.
Sois pour eux un refuge et un soutien infaillible face aux épreuves.
Enfin bénis notre engagement envers Toi,
Pour que nous accomplissions fidèlement ton service.
Nous te demandons tout particulièrement aujourd’hui de fortifier le groupe de jeunes,
Afin que chacun continue à faire son chemin vers Toi
Et nous te remercions pour les nouvelles initiatives que tu nous inspireras.
Seigneur, accueille avec bonté ces prières, si elles te sont agréables.
Dans la grâce de ton amour et au nom de Jésus-Christ. Amen




Être différents mais tenir la même chose

Qu’est-ce qui est le plus important : la pertinence de la mission, l’utilité de l’action… ou l’appartenance à une communauté de foi particulière ? Le label Jésus est-il une marque déposée dont on peut revendiquer la propriété ? Dieu peut-il se révéler dans l’Église d’à côté ? Nous vous proposons aujourd’hui une méditation du pasteur Basile Zouma sur le texte de Marc 9, 38-40.

Basile Zouma, lors du Forum Chrétien Francophone de Lyon, octobre 2018 © DR

 

Jean lui dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l’en empêcher parce qu’il ne nous suivait pas. » Mais Jésus dit : « Ne l’empêchez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi ». Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Marc 9, 38-40

Le récit de Marc nous parle d’un homme qui chasse les démons et aide les gens à recouvrer la santé en se servant du nom de Jésus. Ce qui me semble être une activité tout à fait louable donc à encourager. Eh bien, non ! Les disciples pensent que cet homme doit immédiatement cesser cette activité car le label Jésus – de leur point de vue – est une marque déposée qui leur appartient. Le motif leur paraît évident : il ne fait pas partie du groupe des douze apôtres, il n’est pas des nôtres.

« Il ne nous suit pas »

Peu importe alors la pertinence de la mission, l’utilité de l’action. Ce qui importe aux yeux des disciples, c’est l’appartenance : « Il ne nous suit pas ». Il n’est pas avec nous qui avons le monopole du Christ, sa proximité, sa confidence…

Sans doute, cet homme, ce disciple de la marge a-t-il entendu parler de Jésus, sans doute croit-il en lui. Mais il ne nous suit pas, c’est-à-dire qu’il ne fait pas officiellement partie des disciples. Il n’a pas fait acte de candidature, il ne s’est pas présenté, donc il n’a pas le droit de guérir.

Il est nécessaire de nous arrêter un instant sur les nuances des mots pour saisir la portée de l’opposition des disciples et son dangereux mécanisme d’exclusion. On remarquera avec un sourire au v. 38, qu’au lieu de dire : “(Cet homme) ne te suivait pas”, Jean dit : “Il ne nous suivait pas”. À quoi correspond ce « nous » ?

C’est probablement le « nous » communautaire qui est aussi celui de l’appartenance à une communauté de foi particulière. « Il ne nous suit pas », il n’appartient pas à notre communauté, à notre ecclésiologie, à notre théologie, à notre façon de faire, à notre modèle liturgique. Il n’est pas comme nous. 

Jésus répond, d’une réponse qui recentre le propos. Il ne reproche rien à ce « nous » mais le met en garde contre les dérives possibles. Il ne veut pas que ses disciples empêchent l’homme étranger de guérir des gens. Car cet homme travaille dans le même sens que lui-même. Il est pour lui, il est donc pour nous.

Dieu peut-il se révéler dans l’Église d’à côté ?

Réponse de Jésus qui fonctionne comme un refus d’exclure pour motif de non ressemblance. Il combat dans sa réponse, cette mentalité de clan qui commence à se former au sein des disciples et autour d’une exclusion. La réponse de Jésus leur apprend que Dieu est à l’œuvre chez eux mais qu’il travaille également chez les autres et par les autres. Il se révèle dans notre Église particulière, et c’est heureux. Mais il se révèle aussi dans l’Église d’à côté, et c’est heureux encore !

Pour Jésus, ce qui compte n’est pas que cet homme soit ou non recensé parmi les disciples en titre, mais que des gens soient guéris grâce à ce qu’on peut bien appeler son ministère. De l’aveu même des apôtres, cet homme guérit les malades « au nom de Jésus ». Ce qui n’est pas une invocation vide de sens, mais une affirmation qui implique que l’homme contesté croit réellement en Jésus. La leçon de Jésus pour ses apôtres est de comprendre que la foi active existe en-dehors de leur petit groupe.

Dans ce récit, la perspective est déjà œcuménique dans le dépassement des mentalités de clan, des propensions au renfermement pour accueillir la foi de l’autre dans sa riche différence. Ici, nous touchons à une réalité essentielle : la liberté de Dieu d’agir comme il l’entend, quelquefois par nous, quelquefois en-dehors de nous. Les disciples voulaient en quelque sorte brider cette liberté.

Pendant que les disciples s’inquiétaient pour les hiérarchies et les appartenances, Jésus lui, rappelait la mission d’une Bonne Nouvelle qui libère l’humain de ses démons. Peut-être que nous aussi, en disciples d’aujourd’hui avons besoin du rappel que Dieu, en venant en Christ, a parié sur l’humain pour qu’à travers la Bonne Nouvelle, il lui soit donné d’approcher dans la figure du ce Christ son humanité véritable.

Amen.

Pasteur Basile Zouma,
avril 2018




Les étranges funérailles de Jacob !

Méditation du jeudi 7 février 2019. Nous prions pour notre envoyé aux Antilles et nous terminons la lecture du cycle de Joseph. Cependant, nous parlerons la semaine prochaine de Dina, la sœur de Joseph.

Henri-Joseph de Forestier, La mort de Jacob, 1813, Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts

 

Jacob fit ensuite ces recommandations à ses enfants : « Quand je serai mort, enterrez-moi dans le tombeau de mes ancêtres. C’est la grotte située dans le champ d’Éfron le Hittite, à Makpéla, près de Mamré, au pays de Canaan. Abraham a acheté ce champ à Éfron pour que le tombeau soit sa propriété. C’est là qu’on l’a enterré, ainsi que sa femme Sara, puis Isaac et sa femme Rébecca. J’y ai moi-même enterré Léa. Le champ et la grotte qui s’y trouve ont été achetés aux Hittites. » Quand Jacob eut fait ses dernières recommandations à ses fils, il se recoucha, puis il rejoignit ses ancêtres dans la mort. (Genèse 49,29-33)

 

Joseph se précipita vers son père, dont il couvrit le visage de larmes et de baisers. Puis il ordonna aux médecins qui étaient à son service de préparer le corps de son père en vue de l’enterrement. Selon la coutume, les médecins passèrent quarante jours à enduire le corps d’huiles parfumées pour le conserver. Les Égyptiens célébrèrent le deuil de Jacob pendant soixante-dix jours.

Quand le deuil de Jacob eut pris fin, Joseph dit aux proches du Pharaon : « Si vous avez de l’amitié pour moi, veuillez transmettre de ma part ces paroles au Pharaon : « Avant de mourir, mon père m’a fait jurer de l’enterrer au pays de Canaan, dans le tombeau qu’il s’est préparé. Autorise-moi donc à aller l’enterrer maintenant, puis je reviendrai. » » Le Pharaon permit à Joseph d’aller enterrer son père et de tenir ainsi sa promesse.

Joseph se mit en route ; il était accompagné des dignitaires du palais au service du Pharaon, des anciens de toute l’Égypte, de toute sa famille, de ses frères et des autres membres de la famille de son père. On ne laissa dans la région de Gochen que les petits enfants et le bétail. Le convoi comprenait aussi une escorte de chars ; il était particulièrement imposant.

Ils arrivèrent à Goren-Atad — « l’Aire de l’Épine » —, au-delà du Jourdain. Là, ils célébrèrent solennellement une cérémonie funèbre, très impressionnante. Durant sept jours, Joseph observa le deuil de son père. Les Cananéens qui vivaient dans cette région virent la cérémonie funèbre de Goren-Atad et firent cette réflexion : « C’est un deuil cruel pour l’Égypte ! » C’est pourquoi cet endroit, situé au-delà du Jourdain, reçut le nom d’Abel-Misraïm, ce qui veut dire «Deuil de l’Égypte».

Les fils de Jacob accomplirent ensuite ce que leur père leur avait ordonné : ils transportèrent son corps au pays de Canaan et l’enterrèrent dans la grotte du champ de Makpéla, près de Mamré. Abraham avait acheté ce champ à Éfron le Hittite pour que le tombeau soit sa propriété. Après avoir déposé le corps de son père dans le tombeau, Joseph regagna l’Égypte avec ses frères et tous ceux qui les avaient accompagnés pour l’enterrement. (Genèse 50,1-14)

 


Le tombeau des patriarches à Hébron

Jacob a exprimé le désir que sa dépouille mortelle soit transportée en Canaan et enterrée dans le tombeau de ses pères. À l’heure de sa mort, il appuie sa demande d’une sorte de justification de propriété. On se souvient qu’Abraham avait insisté pour acheter la grotte et le champ de Makpela aux hittites afin d’ensevelir Sarah, en refusant leur offre d’accueillir le corps de son épouse dans un de leurs tombeaux.

Jacob vivant cependant en Egypte avec sa famille, il faut une permission pour que sa dépouille passe la frontière. Pharaon l’accordera, après que le père de Joseph aura reçu l’hommage des larmes de son fils et les soins d’embaumement des médecins d’Égypte. Pourquoi ces 70 jours de deuil égyptien ? Est-ce pour manifester de la reconnaissance envers Joseph qui a sauvé l’Égypte de la famine ? Est-ce une manière de s’accaparer Jacob ? On ne peut imaginer qu’il ait désiré tant de faste ! 

Pourtant un cortège impressionnant va s’ébranler autour de Joseph et Jacob, avec des dignitaires d’Égypte, les frères de Joseph et des membres de la famille. Toutefois, ce voyage ne sera pas l’occasion d’un retour définitif du peuple en Canaan, car les enfants et les troupeaux doivent rester à Gochen. Serviraient-ils d’otages pour s’assurer que les adultes vont bien revenir faire fructifier la terre d’Égypte ? À moins que cela ne traduise la nécessité théologique de séparer ce qui relève de la mort et ce qui relève de la vie. L’heure est d’enterrer Jacob dans le pays de ses pères, mais pas encore, pour ses descendants, d’y retourner durablement !

À leur tour les Cananéens s’émeuvent de la mort de Jacob, et impressionnés par le deuil de 7 jours conduit par Joseph, baptise le lieu « Deuil de l’Égypte ». Enfin Jacob parvient à destination ; il rejoint Abraham, Sara, Isaac, Rébecca, Léa dans le sommeil de la mort.

Ce récit étrange et complexe nous renvoie à la question des rites mortuaires et des coutumes de deuil dans les différentes cultures. Doit-on enterrer ses proches dans le pays d’accueil ou dans le pays d’origine ? Jusqu’où accomplir les dernières volontés du défunt ? Jusqu’à s’endetter considérablement ? Peut-on faire plusieurs célébrations pour contenter les uns et les autres en cas de pluralisme religieux ou ecclésial ? Comment conjuguer le chagrin personnel, l’accomplissement des rites, les questions juridiques et financières ?  Par rapport à cela, que signifient les paroles de Jésus : « Laisse les morts enterrer les morts, et va annoncer le royaume de Dieu ! » ?

 

 

Nous prions pour notre envoyé aux Antilles avec cette prière de sanctification du Nom de Dieu, que l’on appelle le Kadish, qui accompagne le deuil dans le judaïsme, et qui a inspiré le « Notre Père ».
 

Que ton Grand Nom soit glorifié
Que ton Grand Nom soit glorifié et sanctifié dans le monde qu’il a créé selon sa volonté,
Et puisse-t-il établir son règne, faire fleurir son salut, et hâter le temps de ton Messie,
De votre vivant et de vos jours et des jours de toute la maison d’Israël,
Dès que possible et dites : amen !
Puisse son Grand Nom être béni à jamais et dans tous les temps des mondes,
Béni et loué et glorifié et exalté,
Et élevé et vénéré et élevé et loué soit le Nom du Saint, béni soit-il,
Au-dessus de toutes les bénédictions et cantiques et louanges et consolations
Proclamés dans le monde, et dites : amen !
Qu’une grande paix venant du Ciel, ainsi qu’une bonne vie, et la satiété, et le salut,
Et le réconfort et la sauvegarde, et la rédemption et le pardon et l’expiation,
Et le soulagement et la délivrance nous soient accordées à nous et à tout Israël,
Et dites : amen !
Que celui qui fait régner la paix dans les sphères célestes l’étende, dans sa miséricorde,
Parmi nous et dans tout Israël, et dites : amen !