« L’abîme appelle l’abîme »

Le président et le secrétaire général du Défap, les pasteurs Jean-Arnold de Clermont et Bertrand Vergniol, se sont rendus en République centrafricaine fin mars, pour le culte de Pâques. Le pasteur Vergniol revient sur ce séjour marquant.

Comment parler de la situation de Bangui sans évoquer ses quartiers dévastés ? C’est une ville abîmée qui nous accueille. La peur est palpable. Les habitants vivent depuis 2013 sous la menace permanente de bandits qui peuvent mettre à sac les écoles, les maisons, les commerces, la vie.

Les milices, chacune de leur côté, poursuivent leurs guerres. Le feu a balayé les rues et a laissé dans son sillage des dizaines de milliers de déplacés. Nus, sans rien d’autres que ce qu’ils ont pu, dans la précipitation, emporter. Enfants au dos et bras surchargés, ils survivent le long de l’aéroport, dans les terrains vagues, en tente ou sous des abris de fortune. La misère est poignante, et personne n’y échappe : femmes, enfants, anciens, blessés… tout le monde subit la violence de ce quotidien incertain. C’est dans ce climat que la France a annoncé le retrait de la force Sangaris. Qu’adviendra-t-il de cette trêve fragile ? Les armes que nous ne voyons plus feront-elles à nouveau entendre la plainte des innocents ?

 

Les pasteurs Vergniol (à gauche) et de Clermont (à droite), en RCA, mars 2016

Les pasteurs Vergniol (à gauche) et de Clermont (à droite), en RCA, mars 2016 (DR)

 

La nuit dépose un voile opaque qu’aucune lumière ne vient troubler. La ville est éteinte.  Quelques fantômes la traversent timidement. Mais les ténèbres ne sont pas seulement la privation de lumière, c’est l’état dans lequel on se trouve lorsque plus rien n’appelle à la vie.

 

Au milieu des blindés de l’armée française et des chars blancs de l’ONU se dessine pourtant un espoir.
Le 30 mars 2016, un nouveau président a été investi. Il hérite d’un pays qui a connu trois guerres civiles en moins de quinze ans. Cinq millions de Centrafricains qui comptent sur ce nouvel espoir. Sans police, sans argent, avec 40% de la population qui à moins de 15 ans : le défi est de taille. Cette jeunesse débordante ne se contentera pas d’attendre, il faut agir, et vite. La violence n’appartient pas encore au passé : victimes et bourreaux partagent le même quotidien.

 

Porter la parole de Dieu

 

Novembre 2015, le pape François prononce un discours exhortant les Centrafricains à « résister à la peur de l’autre ». Il se rend alors à la mosquée centrale de Bangui, dans le quartier du PK-5, théâtre d’atrocités pendant les massacres intercommunautaires de la fin 2013. Depuis cette prise de parole, le rang des forces qui appelaient à la violence s’est tari.

Les Trois Saints, le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pasteur et chef de l’Eglise protestante centrafricaine, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et chef de l’Eglise catholique, et l’imam Omar Kobine Layama, président de la conférence islamique, sont également les artisans de cette paix civile.

En appelant chacun à se souvenir que l’autre est aussi son frère, les forces ecclésiastiques ont peut-être évité le scénario rwandais.

 

Protestant ici et là-bas

 

L’Eglise protestante du Christ Roi ne comptait peut-être que 400 ou 500 participants au culte de Pâques mais leur ferveur témoignait du message d’unité qu’ils portent pour le monde. Les protestants, mais pas seulement. Les hommes et les femmes de toutes horizons aussi. Ceux de l’extérieur, ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux qu’il faut aimer malgré les différences car, comme le disait Matthieu (5 ;44), « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent ».

 

Cette Eglise réformée nous invite à nous souvenir que nous sommes aussi à Bangui.

 




En route vers le Grand Kiff !

Saint Malo accueillera l’édition 2016 du Grand Kiff. Environ 1500 jeunes sont attendus durant la deuxième quinzaine de juillet.

Le Grand Kiff est le plus grand rassemblement de la jeunesse de l’Eglise Protestante Unie de France. Il se déroulera du 17 au 31 juillet 2016.

 

Affiche du Grand Kiff, DR

 

Entre le 17 et le 24 juillet, l’Alter-Kiff accueillera une quinzaine de camps-service pour les 18-30 ans. Ils s’y formeront au service pour accueillir, accompagner, encadrer, animer les plus jeunes qui n’arriveront que le 24.

 

Cette année, le thème du rassemblement est : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? ». Cette question de Jésus va se décliner à travers des ateliers, des spectacles, des moments spirituels, et des animations de toute sorte. Elle retentira dans des langues différentes, car des jeunes du monde entier sont invités à y participer.
Le Défap accueillera une vingtaine de jeunes provenant d’Eglises membres de la Cevaa, ainsi que cinquante autres venus de la Réunion, Mayotte et l’Île Maurice, accompagnés par leur pasteur.

 

Ce Grand Kiff est aussi une excellente occasion de témoigner du travail du Défap et d’inviter une nouvelle génération à s’engager dans un service civique ou un Volontariat de Solidarité Internationale (VSI).

 




Week-end kanak à Evian : une belle escapade !

Les 20 et 21 février, les « Après Bac Services » (ABS), jeunes étudiants de Nouvelle-Calédonie, se sont retrouvés pour un week-end organisé par le Défap, à Evian. Découverte et détente était de la partie.

Une arrivée compliquée

 

Le week-end à la neige prévu par le Défap a réuni une vingtaine de jeunes. Malgré quelques annulations, impératifs d’examens ou autres, les heureux participants ont eu le plaisir de découvrir les joies de la neige. Venant de Nouvelle-Calédonie, la surprise n’en était que plus exotique. Les téléphones et leurs corollaires, appareils photo et messageries instantanées, ont marché à plein régime, pour inclure les absents.

 

Les ABS à la neige ! DR

Les ABS à la neige ! DR

 

Les tentatives de la SNCF pour entamer la bonne humeur de nos skieurs ont échoué : week-end Defap VS Grèves de train, 1 – 0 !

Le week-end a été réadapté en fonction des aléas et les participants en ont été très contents.

Par ailleurs, la paroisse de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) d’Evian a accueilli tout le monde et participé grandement à la réussite de ce week-end.


Double-thème du week-end

 

Au programme, et dans la ligne droite de la thématique des week-ends ABS de la promotion 2015-2016 : visite d’institutions. Les heureux participants ont eu la chance de visiter la deuxième ville la plus peuplé de Suisse, à savoir Genève.

Après le Sénat en octobre, les jeunes kanaks ont ainsi découvert le siège des Nations-Unies dans la capitale suisse.

Ce tour a été d’autant plus réussi que Jonathan Tholo, ancien ABS, a accompagné le Défap dans l’organisation : connaissant bien la ville, il a pu diriger tout ce petit monde à bon port. Sans compter que son statut tacite de « grand frère » a facilité la communication entre tous.

 

Les ABS devant le palais des Nations Unies, DR

Les ABS devant le palais des Nations Unies, DR

 

D’Evian à Genève, le trajet de bus a été fructueusement occupé par un quiz sur la Suisse.

Sur place ont été expliqués le rôle des institutions et la place de la société civile au sein de l’ONU.

Et après l’effort, le réconfort ! Nous avons laissé dernière nous le sérieux des institutions suisses pour un vrai moment de loisirs. Une après-midi « découverte neige » qui a comblé nos ABS.

 

Les ABS devant le Lac Léman, à Genève, DR

Les ABS devant le jet d’eau du Lac Léman, à Genève, DR

 

Au menu du soir : fondue !

Six ou sept paroissiens de l’EPUdF ont participé aux festivités. Un repas fut organisé au sein de la chaîne d’hôtels « sociale », « Ethic étapes », engagé entre autre dans l’accueil des groupes comprenant des personnes handicapées.


L’accueil : un aspect primordial

 

Les jeunes kanaks ont été très touchés de l’accueil de la paroisse d’Evian. Cela explique leur participation unanime au culte du dimanche matin au détriment de l’option « visite de la ville d’Evian ».

Nous avons profité de ce moment pour les écouter entonner un chant traditionnel, en signe de remerciement à la paroisse, accompagné de gestes coutumiers.

La paroisse d’Evian a spécialement organisé son culte dans la ville, et non dans une autre paroisse comme c’était prévu, pour ces jeunes. Le message du culte fut d’ailleurs centré sur la thématique de l’accueil et de l’encouragement.

 

Soirée festive avec les membres de la paroisse de l’Eglise protestante du Chablais, DR

Soirée festive avec les membres de la paroisse de l’Eglise protestante du Chablais, DR

 

Ce week-end s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse et détendue. L’objectif de cette escapade – remonter le moral des troupes en plein hiver et en période d’examens – semble avoir été atteint. Ce qui fait la différence pour les jeunes, ce n’est pas le lieu ou l’activité, mais le fait d’être ensemble. Et c’est vrai que ce moment a été l’occasion de belles rencontres.

 

On peut dire sans rougir que le programme Cadres Avenir, dont fait partie ABS, est une vraie réussite. Les étudiants calédoniens qui viennent dans ce cadre-là, avec le suivi scolaire et extra-scolaire que cela implique, ont un taux de réussite beaucoup plus élevé que les élèves qui viennent seuls.

Souhaitons à tous nos ABS une belle réussite dans leurs projets futurs !

 




Une ambiance familiale

Leslie Wanai a été stagiaire au Défap fin 2015. Jeune Calédonienne venue en France dans le cadre du programme ABS, elle a vécu un Noël loin des siens… enfin presque !

Elle a le regard vif et curieux de celle qui a tout à découvrir et n’est jamais au bout de ses surprises. Pourtant, c’est souvent elle qui crée l’étonnement quand elle évoque son histoire récente. Les cheveux sagement nattés, de grandes boucles d’oreilles qui accrochent la lumière, Leslie a le sourire communicatif et la gentillesse à fleur de peau. Elle est arrivée en 2013 pour faire un BTS « comptabilité / gestion des organisations » dans le cadre du programme Après-Bac-Service (ABS) géré par le Défap, lequel permet aux bacheliers calédoniens de venir faire leurs études en France (présentation du programme ABS).

 

Leslie Wanai, DR

Leslie Wanai, DR

 

Après une brève halte à Paris, elle a pris un train pour Aubenas, jolie commune de l’Ardèche qui allait l’accueillir et dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence avant d’y être invitée. Arriver de Nouvelle-Calédonie en France, c’est débarquer de l’autre côté de la planète, dans un monde où tout est différent : le climat, l’environnement, le mode de vie, la culture… « J’étais surprise, mais j’ai aussi eu l’impression de surprendre, confie-t-elle dans un grand rire, on s’attendait à me voir arriver vêtue d’un pagne, avec un collier de fleurs autour du cou et j’étais en jean et en sweat-shirt. C’était un choc de part et d’autre ! »

 

Une stagiaire studieuse

 

Afin d’avoir une vue d’ensemble de l’organisation d’une institution comme le Défap, Leslie a travaillé pour différents services :

– Relations et solidarité internationale (RSI), pour apprendre le fonctionnement du programme ABS « de l’intérieur » et comment se passe la coordination avec les associations partenaires ;

– Le Pôle France, avec lequel elle a assisté au culte de l’Institut Protestant de Théologie et organisé le Noël du Défap ;

– Le service financier, où elle a pu voir comment on boucle un budget.

 

Trois expériences qui lui ont permis de toucher du doigt la différence entre une association et une entreprise commerciale.

Mais outre l’objet social, diamétralement opposé, c’est surtout la différence d’ambiance qui a touché Leslie : « Il y a une vraie joie de vivre et de travailler au Défap. On n’y est pas simplement salarié, on y est engagé. Tous y investissent leur compétence professionnelle et leur énergie, mais également leur art de vivre et leurs petits talents personnels. C’est un peu comme une famille, surtout au moment des fêtes de fin d’année. »

 

Noël ici et là-bas

 

« Dans ma tribu, raconte Leslie, Noël commence dès le 1er décembre et la fête dure un mois. Nous partageons tout : repas, veillées, cultes… Nous organisons des jeux, des activités sportives auxquelles participent jeunes et vieux, nous montons des saynètes pour raconter la naissance de Jésus, ou la fuite en Égypte. C’est l’été, il fait chaud et le soleil brille tous les jours ou presque ! Une atmosphère complètement différente de celle de la France, qui s’attend plutôt au froid et à la neige ! »

 

Du coup, le soir de la fête de Noël du Défap, lorsque le pasteur Florence Taubmann a décidé de mettre en scène ses collègues, secrétaire général compris, pour qu’ils jouent les différents personnages autour de la nativité, Leslie a été très émue. Ce n’est pas facile d’être loin des siens, de l’île qu’elle aime et de ses traditions à un moment aussi important. Elle a donc participé au spectacle en projetant des photos de ses noëls familiaux, en plein été calédonien… Tous les enfants présents la regardaient, fascinés par cette jeune fille venue de si loin, d’un pays où « le monde est à l’envers » !

 

Leslie n’en demeure pas moins étonnée de voir les temples si peu remplis, même pour le 25 décembre. « Chez nous, les parents préparent le repas et les enfants s’occupent du culte et de sa liturgie. L’église est à nous ! La cloche sonne vers 19 h : tous se rejoignent alors pour le spectacle et le culte, puis on va dîner », explique-t-elle. Et les cadeaux ? « Bien sûr, on se fait des cadeaux, mais il n’y a pas la même frénésie qu’ici… »

 

Des projets et encore des projets

 

Leslie achèvera son BTS en mai 2016. Elle souhaite ensuite s’inscrire en licence et, si tout va bien, continuer par un master puis un doctorat « audit comptable » le tout, assorti d’expériences professionnelles. Ensuite, elle rentrera « à la maison » et lancera sa propre entreprise. Pour l’instant, elle préfère rester à Aubenas, auprès de ceux qui l’ont accueillie. Ils ont appris à la connaître : « on s’aime comme si nous étions en famille », dit-elle avec chaleur. C’est mieux que de faire des allers-retours en Nouvelle Calédonie, où chaque départ est malgré tout un arrachement.

 




Cameroun : une jeunesse investie pour le climat

Le responsable des jeunes de l’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC), Félix Nkam, était présent à la COP21 qui s’est terminée le 12 décembre 2015 à Paris. Cette participation est l’expression d’un engagement fort de l’EEC dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Quelques mots sur Félix


Félix est responsable des jeunes de l’EEC, en charge des projets, des programmes et des finances. C’est dans ce cadre qu’il s’occupe du programme pour la protection de l’environnement.

Mais ses fonctions ne s’arrêtent pas là. Il a participé, en tant que coordinateur, à la création d’un réseau de jeunes protestants d’Afrique Centrale, impulsé par la Cevaa.

Il est également représentant des jeunes d’Afrique au conseil de la VEM (Vereinte Evangelische Mission*). Il s’est ainsi rendu au Rwanda et au Congo, pour des formations sur la résolution pacifique des conflits.

* Mission évangélique unie, institution protestante allemande

 

Félix Nkam à la COP21, DR

Félix Nkam à la COP21, DR

 

Un engagement et des actes


En parallèle de la COP21 se tenait fin novembre la réunion des jeunes pour le climat, la COY11 (Conference of Youth). Intervenant, Félix a présenté la lutte contre les changements climatiques dans le cas des jeunes chrétiens. Il a été choisi pour représenter cette instance à la COP21.

De tous les jeunes présents, il était le seul à être issu d’un mouvement chrétien protestant d’Afrique centrale. L’idée lui est d’ailleurs venue d’organiser un forum de restitution pour informer ses jeunes concitoyens de la sous-région. Sa première action sera l’envoi d’un rapport sur l’événement.

La COY11 est constituée de jeunes volontaires qui œuvrent pour une prise de conscience globale des problématiques environnementales. Ils ont désormais la caution de certaines associations, le label COP21, et ont pu remettre à Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, leur mémento.

 

La parole, un outil inestimable


Félix insiste sur la nécessité pour les jeunes d’entreprendre eux-mêmes des actions. Il cite ce proverbe : « si chacun balaie devant sa porte, tout le village sera propre ». « Chacun doit entreprendre des choses dans sa localité », ajoute-il.

L’Eglise Evangélique du Gabon soutient ces projets. Elle a organisé une rencontre de jeunes, membres de la Cevaa, afin de parler, entre autres, des changements climatiques.**

Pour Félix, ce dialogue est indispensable : les jeunes doivent se rencontrer, échanger sur leurs expériences et trouver des activités de mobilisation pour modifier les comportements.

 

Le groupe de jeunes de la COY11, DR

Le groupe de jeunes de la COY11, DR

 

Félix a retenu deux choses importantes de la COY11 et de la COP21 :

– Le besoin d’entreprendre des actions personnelles et locales, sans attendre les accords. Il existe une « urgence environnementale » au niveau des localités, il faut y répondre par des actions, notamment des jeunes ;

– La nécessité d’organiser, au niveau de l’Eglise Evangélique du Cameroun, une journée internationale pour l’action climatique, afin de faire de la sensibilisation, avec l’appui des médias : camps de vacances écologiques, actions de reboisement etc.

 

On ne peut pas se passer de la communication et de l’information si l’on veut que les comportements changent, conclut Félix. Ce sont les petits agriculteurs qui sont les premiers touchés par les changements climatiques, et il faut les aider.

Son idée : créer un poste au niveau de l’Eglise, pour traiter des enjeux liés à l’environnement et protéger cette création que nous transmettrons à nos enfants.

 

** Retrouvez la déclaration des jeunes des Eglises membres de la sous-région Afrique centrale et de l’Est, à l’issue de la rencontre internationale de Libreville, Gabon (8-16 août 2015)

 

Lisez le manifeste de la COY11

 




ABS un jour, ABS toujours

 

De Sarraméa à Bordeaux

 

Jonathan Tholo est originaire de Nouvelle-Calédonie, et plus précisément de son île principale La Grande Terre. Il a grandi dans les montagnes, au village de Sarraméa, au nord-ouest de Nouméa.
Arrivé il y a cinq ans, ce jeune Kanak a fait le voyage jusqu’à la métropole pour suivre des études supérieures.

Il termine désormais son Master 2 et prépare les concours de la fonction publique, catégorie A et A+.

 

Remise de diplôme (au centre, Jonathan), DR

 

Son périple l’a amené dans plusieurs villes de France : il débute son DUT en gestion des entreprises, spécialité Ressources Humaines, à Bourges, où il passe deux ans. Avec cette formation, attiré par le droit, il décide de demander son équivalence pour entrer en troisième année de droit à Tours. Il y obtient une maîtrise en droit public.

Sa soif d’apprendre ne s’arrête pas là. Apprenant que l’université de Bordeaux propose un des meilleurs masters en droit international de métropole, il s’y installe et obtient son diplôme de M2 en septembre 2015.

 

Hasard d’un chemin de vie peu commun, la directrice de ce master est l’un de ses anciens professeurs de Nouvelle-Calédonie, rencontrée lors d’un semestre de droit. C’était l’époque où il se lançait dans les démarches pour intégrer le programme ABS (NB : le calendrier étant différent entre Nouvelle-Calédonie et métropole, il avait six mois de battement entre l’obtention de son bac et le début du DUT).

ABS, une seconde famille

 

Dès le départ, Jonathan savait qu’il ne quitterait jamais son île. Se former ailleurs oui, mais pour mieux revenir et participer à l’émancipation de la Calédonie.

Une rencontre va être déterminante, celle avec Lucette Poigoune, décédée il y a deux ans et autrefois responsable du programme ABS. Elle l’a aidé à avancer dans ses démarches et à consolider son projet. Sans elle, il n’aurait peut-être pas osé se lancer dans l’aventure.

 

Les ABS au Sénat, automne 2015 (DR)

Les ABS au Sénat, automne 2015 (DR)

 

L’ « Après-Bac-Service », c’est la première étape de ce parcours hors norme.

 

Pour lui, ABS, « c’est avant tout une famille » : un groupe d’étudiants, des responsables en France, au Défap, et à Nouméa. « On a créé des liens, c’était une aventure : la préparation, l’organisation du départ, la formation, l’accueil, les rencontres etc. »

Ce sont des petits groupes soudés, dont la cohésion a grandi tout au long du parcours, et ce pour le bien de chacun.

Les rencontres ABS, deux par an, sont un moment important qui permet de se remonter le moral et de se motiver, quand l’éloignement d’avec la famille se fait trop sentir, ou que les températures chutent beaucoup…

 

ABS, c’est aussi un suivi pédagogique, qui permet à de jeunes Calédoniens de ne pas se perdre dans les démarches administratives.

« Pascale* et Elisabeth** m’ont apporté une aide vitale, car il y a toujours des petites barrières qui nous bloquent », dit Jonathan. « Le Défap a été d’une très grande aide, et Pascale fait un travail formidable ».

Jonathan répète à plusieurs reprises ce mot, « famille ». Cela fait trois ou quatre ans qu’il n’est plus dans le programme, mais il entretient toujours des liens avec les anciennes promotions. Et avec les nouvelles. Depuis sa maîtrise, son projet professionnel étant plus clair et bien cadré, il fait partie du programme « Cadres Avenir »***.

 

Les ABS au Louvre, DR

Les ABS au Louvre, DR

 

Il propose désormais son aide à Pascale pour organiser les rencontres et aider les jeunes : il est lui-même passé par là et veut apporter son expérience aux nouveaux, et faire passer des messages qui sont pour lui importants. Il n’a d’ailleurs manqué aucun rendez-vous depuis deux ans.

Il est également engagé au sein de la Fédération nationale des étudiants calédoniens, qui lance plusieurs chantiers au niveau national pour la jeunesse calédonienne en métropole.

* Pascale Audo, en charge du suivi des étudiants ABS au Défap
** Elisabeth Marchand, autrefois en charge des envoyés et du programme ABS au Défap
*** « Le Programme Cadres Avenir accompagne pédagogiquement des personnes qui, disposant d’une expérience professionnelle de plusieurs années, ont pour objectif de parvenir à un poste de cadre moyen ou supérieur nécessaire au développement économique de la Nouvelle-Calédonie et souhaitent reprendre un cursus d’études supérieures en métropole. »

Prochaine rencontre

 

Jonathan est en train de préparer la prochaine rencontre ABS avec le Défap, qui aura lieu fin février 2016 à Évian. Au programme : sortie ski et – c’est l’une de ses idées – une visite des institutions à Genève, ville qu’il connaît bien. Un programme à la fois ludique et pédagogique.

 

Une dette de cœur…

 

Jonathan insiste : dans sa culture, le respect et la reconnaissance sont primordiaux.
Il en parle toujours aux nouvelles promotions : il comprend pourquoi les politiques ont décidé de lancer le programme ABS et celui de Cadres Avenir.

 

« Je sors d’une tribu du fin fond de la montagne. Jamais mes parents n’auraient pu financer mes études en métropole. Pour nous, c’était impensable : cette vie-là, c’est pour les autres ! ABS et Cadres Avenir m’ont donné la possibilité de réaliser mes rêves. Je ne serai jamais assez reconnaissant, car ce programme a changé ma vie. Après le collège, je me suis lancé dans un BEP secrétariat, dans un lycée professionnel. Ensuite, j’ai eu mon bac général. Alors, passer d’un BEP à la préparation du concours de l’ENA, un concours pour les hautes fonctions publiques en métropole, ça paraît vraiment improbable. »

…et des obligations qui n’en sont pas vraiment

 

Avec le programme Cadres Avenir, Jonathan « doit » huit ans à la Nouvelle- Calédonie.

Pour lui, ce n’est pas véritablement une obligation : son objectif a toujours été de retourner travailler « pour le pays ». Avant cela, il lui faudra accomplir quelques années en administration centrale, mais cela ne lui pose aucun problème.

Tout cela dépendra également de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie : réclamera-t-elle son indépendance ?

 

Pour le moment, il suit son chemin, comme tout métropolitain le ferait.

Une fois les compétences nécessaires acquises, il retournera là-bas, « au pays ». Parce que la base de son engagement, c’est de partager ce qu’il a reçu avec les siens.

 




« L’enfant est le pied du vieux »

 

Former la jeunesse, leur donner les moyens de construire, au propre comme au figuré, le monde dans lequel ils évoluent, voilà bien une utopie qui mérite son lieu.

A l’origine, il y a un don. Comme toujours. Et quand il n’est pas financier, on devine néanmoins son importance. Il est indissociable de tout projet, et peut revêtir différents visages : volonté, envie et espérance étaient eux aussi de la partie.

 

Le centre de formation, DR

Le centre de formation, DR

L’espace de formation professionnelle Darvari de Saint Louis a donc été inauguré le mois dernier. Nous y étions en la personne du pasteur Jean-Luc Blanc. Mais l’histoire débute en 2009 avec la création d’un premier centre de formation dédié aux techniques du froid, le Centre liberté. Habilement mené, ce projet donne des idées et d’autres succès voient le jour à sa suite.

Passées les formalités administratives et les difficultés économiques, des solutions sont trouvées pour financer la construction d’un second centre de formation, dédié à l’apprentissage des techniques d’éco-construction géobéton. Deux années passent et nous voilà en 2013 : le chantier école débute sous la direction d’un spécialiste, Sirlin Loufimpou, grâce au don de M. Loyson, exécuteur testamentaire de monsieur Darvari.

 

Le chantier, DR

Le chantier, DR

Le pasteur Jean-Luc Blanc, acteur important du projet, témoigne : « cette idée de chantier école vient du Défap. Nous avions expérimenté ce type de projet à Djibouti et les résultats étaient vraiment positifs. Quand M. Loyson a vu la qualité des formations dispensées par le centre de Dakar, il a tout de suite voulu apporter son aide ».

L’inauguration s’est faite dans un climat solennel et largement multiconfessionnel : un imam, un curé, un pasteur, le préfet et le gouverneur avec en toile de fond l’hymne national et le fameux ruban n’attendant que d’être coupé pour donner vie au nouveau centre de formation. Quinze diplômes ont été remis aux jeunes, déjà prêts à rendre service au village qui les accueille.

 

L'inauguration du centre, DR

L’inauguration du centre, DR

Prochain défi : relancer la vente de terrains pour financer la suite du programme, à savoir deux écoles, un centre de santé, une maison d’hôtes et l’extension de la boutique. N’ayons pas peur de nos ambitions, elles servent le futur.

 

Des élèves du centre, DR

Des élèves du centre, DR




L’Alter’Kiff : le rendez-vous de la jeunesse en 2016

 

“Y’a plus d’jeunesse” disent certains !

Preuve qu’ils ne vivent pas dans le même monde que nous. Il suffit pourtant de s’intéresser un tant soit peu aux initiatives des jeunes pour prendre conscience de leur présence et de leur énergie. Une force qui donne naissance à des projets porteurs de sens et d’avenir. L’Alter’Kiff 2016 est de ceux-là.

 

Alter'Kiff - EPUdF, DR

 

Ce camp service dédié aux 18-30 ans est organisé par l’Eglise protestante Unie avec le soutien du Défap.

Rendez-vous à Saint Malo en juillet 2016. Durant ce rendez-vous, formations rimeront avec animations et expérimentations avec comme mot d’ordre : bonne humeur et talents au service de notre Eglise !

En savoir plus : Site de l’EPUdF




Jonathan Tholo, aperçu d’une réussite

 

Sur les photos, il a toujours l’air d’un enfant sage, attentif et réfléchi. À 25 ans, petite barbe court taillée, cheveux disciplinés, on sent chez lui dès l’abord à la fois la profondeur d’un esprit vif et la gaité du jeune garçon élevé au soleil, dans l’amour et la fraternité.

 

Venu en France après son bac, dans le cadre du programme ABS, il a très tôt pris conscience de l’opportunité, pour son pays natal, de ces études supérieures. D’un trait, il a d’abord obtenu un DUT en Gestion des Entreprises et des Administrations à Bourges, en plein centre de cette France qui lui était alors largement inconnue. Dans la foulée, il s’est inscrit en licence de droit à Tours, ville universitaire à la fois bouillonnante et provinciale. Toujours très éloignée de la douceur calédonienne, mais l’habitude était déjà prise… C’est ensuite à Bordeaux qu’il s’installe, et obtient un master en droit.

 

© DR JONATHAN THOLO Jonathan Tholo aux Nations Unis

© DR JONATHAN THOLO Jonathan Tholo aux Nations Unis (Source : outre-mer 1ère)

 

À la rentrée universitaire 2015, Jonathan intègre Sciences-Po Bordeaux avec un objectif final : se préparer au concours externe de l’École nationale d’administration (ENA). S’il réussit, ce qui semble être bien parti, vu la première partie de son parcours, il sera le premier Kanak à y être admis.

 

Mais Jonathan Tholo n’est pas qu’un étudiant. Il a déjà à son actif une belle expérience professionnelle : en 2012, il est « Assistant Manager » au sein de la branche écossaise de l’ONG Save The Children. L’année suivante, il fait un stage d’assistant parlementaire dans le cabinet du député européen Maurice Ponga, au siège bruxellois du Parlement européen. Cet été, c’est pour le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban, à La Haye, qu’il a exercé son activité de juriste international. Là aussi : beau parcours !

 

Mais ce portrait ne serait pas complet sans la mention des activités associatives de Jonathan : il a été tour à tour vice-président de l’association des Calédoniens de Bordeaux, engagé dans la Fédération Nationale des Étudiants Cagous [autrement dit : calédoniens !] en métropole et organisateur d’une grande conférence sur la Nouvelle-Calédonie, à laquelle a évidemment assisté la promotion 2014-2015 des ABS !

 

Jonathan est toujours en contact avec le Défap : il était présent à la rencontre entre ABS à Bordeaux en février 2015, et a d’ailleurs aidé à son organisation. Il a également participé à l’encadrement du week-end ABS qui a eu lieu à Paris en octobre 2015, et il est prévu qu’il accompagne le prochain week-end ABS, en février 2016.

Article de la chaîne outre-mer 1ère

 




L’Eglise Evangélique du Gabon : de nouveaux projets

 

Les Eglises de France ont une longue tradition de relations avec l’Église du Gabon. Bien sûr il y a eu le Docteur Schweitzer, mais le plus célèbre des missionnaires ne doit pas faire oublier tous les autres, nombreux, qui ont marqué l’histoire de cette Église. Ces dernières décénnies, en partie à cause de conflits internes à l’Église Evangélique du Gabon (l’EEG), nos relations s’étaient distendues se réduisant à quelques échanges avec la région Centre Alpes Rhône de l’EPUdF. En 2011, le Défap a affirmé sa volonté de renouer des relations avec cette Eglise membre de la Cevaa. Ainsi, il a a reçu deux doctorants boursiers gabonais, un groupe de femmes de l’Église ainsi que son Président. En 2014 une nouvelle équipe a été élue à la tête de l’EEG. Le moment semblait alors venu d’aller sur place à la rencontre de ses paroisses, de ses régions et de ses instances nationales afin de déterminer ensemble comment, dans le cadre de la Cevaa, nous pourrions intensifier nos relations. Jean-Luc Blanc y était du 7 au 21 novembre. Il en revient avec des nouvelles et des propositions.

 

Le pasteur Jean-Luc Blanc lors du Séminaire Nouvelle Action Commune de la Cevaa, DR

Le pasteur Jean-Luc Blanc, à gauche, lors du Séminaire Nouvelle Action Commune de la Cevaa, à Libreville, en novembre 2015, DR

 

L’Église Evangélique du Gabon a fêté liturgiquement sa réconciliation en juillet 2015 après de longues et destructrices luttes internes. L’image qu’elle donnait à l’étranger était déplorable. Pourtant, pendant tout ce temps, les hommes et les femmes de cette Eglise, les membres des paroisses, n’ont jamais cessé de se réunir pour prier pour la réconciliation et chercher comment sortir de ces conflits. A aucun moment, le découragement n’a vidé les paroisses qui malgré les difficultés, ont continué à assumer leur mission.

 

Les participants et les formateurs, au séminaire, DR

 

Aujourd’hui, l’EEG se tourne vers l’avenir et veut le faire avec nous !

 

• Avec nous, elle veut développer sa faculté de théologie. Créée il y a trois ans, cette petite faculté fonctionne avec des professeurs extérieurs et une bibliothèque minuscule. Elle se tourne vers nous pour que nous lui envoyions des enseignants pour assurer quelques modules, que nous l’aidions à équiper sa bibliothèque et pour que nous participions à la formation de ses enseignants.

 

• Avec nous, elle souhaite former les cadres de son mouvement de jeunesse aux techniques d’animation et développer son mouvement de scoutisme.

 

• Avec nous, elle souhaite que le mouvement des femmes intensifie ses relations avec les Eglises de France de manière à s’ouvrir à d’autres réalités, d’autres manières de voir.

 

• Avec nous, elle souhaite que nous aidions son département de l’enseignement primaire et secondaire à collaborer avec d’autres structures semblables notamment par l’adhésion au RIEP (Réseau International de l’Enseignement Protestant). Elle souhaiterait aussi pouvoir accueillir deux jeunes volontaires dans ses écoles.

 

• Avec nous, elle souhaiterait développer des jumelages entre des paroisses du Gabon et des paroisses de France.

 

Lors du séminaire à Libreville, DR

 

Bref, avec nous, cette Eglise veut tout simplement vivre la réalité de l’Église Universelle dans le cadre des liens communautaires qui nous lient déjà : tout un programme que nous allons petit à petit mettre en œuvre ensemble ! La première étape sera une visite du Président de l’EEG au Défap, le 10 décembre.

 

Libreville, DR

 




Madagascar : de nombreuses rencontres

 

Après un bref arrêt à Antananarivo, les voyageurs se sont rendus à Antsirabe où ils ont logé à la Mission norvégienne : en effet, les Norvégiens sont très présents sur l’île depuis 150 ans ; ils y ont envoyé de nombreux missionnaires luthériens dans le passé et continuent de soutenir des projets éducatifs.

 

Vue sur Antananarivo, DR

Rencontre avec les envoyés à Antsirabe

 

Antsirabe est une ville surprenante : ville d’eau avec un hôtel des thermes dans le style colonial. Elle aurait presque un charme européen, si ce n’était la grande misère qui y règne.

 

C’est dans cette ville qu’a eu lieu une première rencontre avec les envoyés :

– Ando, en service civique, est basée à la maison des sœurs de Mamré à Antananarivo ;

– Mathilde, en service civique à l’orphelinat luthérien Akany Soa d’Antsirabé, fait de l’animation auprès de la trentaine d’enfants qui habitent la maison et va enseigner le français à une vingtaine d’enfants du primaire ;

– Thomas, en service civique à l’orphelinat de Tangaïna, dans la banlieue d’Antananarivo, déjeune avec les enfants au retour de l’école, puis les aide dans leurs devoirs.

– Vincent Ligneau est en mission à Ecole Normale luthérienne de Frandriana. Il enseigne le français, pratique et académique, pour le primaire et le secondaire. Il fait aussi du suivi de stages en brousse, a conçu un module d’adaptation à l’enseignement en milieu rural, enseigne le sport, à un niveau pratique et didactique, et souhaite animer un club lecture et un club cinéma. Il en est à sa sixième année de coopération, la dernière pour un VSI ;

– Irène Ott est en VSI pour la deuxième année à l’école FJKM d’Ivato, près d’Antananarivo. Elle enseigne le français à neuf classes, de la 5ème à la terminale, à raison de deux heures hebdomadaires par classe, ce dans des conditions particulières : une soixantaine d’élèves dans des salles très petites. Elle souhaite animer un club vidéo.

 

A cette rencontre étaient également présentes des personnes qui sont en envoi court : Hélène et Michel Brosille, présents de début octobre à début décembre, à l’Ecole normale Luthérienne de Fandriana. Envoyés dans les années 2000 pour deux ans par le Défap, ils retournent deux mois tous les ans à Madagascar. Hélène forme les enseignants du préscolaire, pour les enfants de 3 à 5 ans. Michel assure des modules de formation autour du rôle de l’enseignant comme agent de développement dans son environnement.

 

Une longue route pour Fianarantsoa

 

Après Antsirabe, cap sur Fianarantsoa : la route fait 250km mais prend sept heures…

Un voyage épuisant mais des paysages magnifiques : la terre rouge des petites montagnes, en harmonie avec les maisons traditionnelles à deux étages, dont le confort est très sommaire mais le tracé simple et élégant, d’innombrables petites rizières vertes en terrasse, soigneusement cultivées, des plantations d’herbes diverses servant à la confection d’huiles essentielles, de loin en loin l’arbre du voyageur, panachant le ciel de ses palmes, puis de petits étals en bord de route… avec quelques aliments, légumes ou autres improbables produits qui ne doivent pas toujours trouver preneurs.

 

Maisons en briques et terre rouges, DR

Maisons en briques et terre rouges, DR

 

Sur cette route, on passe également par Ambositra, la ville des artisans : on y trouve de belles sculptures en bois, des objets en corne, des sacs tressés aux belles couleurs, de la soie sauvage…

 

Arrivés à Fianarantsoa, les pasteurs Florence Taubmann et Pascal Hickel se sont rendus à la faculté de théologie luthérienne où a travaillé le pasteur Mino.

Ville de 200 000 habitants construite dans les montagnes, Fianarantsoa est considérée comme la ville intellectuelle de Madagascar. Sa partie haute, qui compte six ou sept églises et de très jolies maisons traditionnelles, est un lieu prisé par les touristes. C’est à Fianarantsoa que le photographe de renommée internationale Pierrot Men a son atelier.

 

La vieille ville de Fianarantsoa, DR

La vieille ville de Fianarantsoa, DR

 

La rencontre avec le doyen, les professeurs, la bibliothécaire et les étudiants de la faculté luthérienne fut très chaleureuse, égayée par le chant du chœur d’hommes qui viendra dans un proche avenir faire une tournée en France. Ce fut l’occasion aussi de partager les soucis et les manques, matériels et académiques. En effet, le pasteur Mino Randriamanatena, qui est resté 4 ans, n’a pas été remplacé et le besoin d’enseignants en diverses matières se fait sentir.

 

Le choeur d'hommes de la SALT, DR

Le choeur d’hommes de la SALT, DR

 

Dernière étape à Antananarivo

De retour à Antananarivo, Florence Taubmann a encore multiplié les visites et les rencontres, notamment avec Dominique Ranaivoson, en envoi court d’une semaine pour participer à la rentrée des étudiants à l’Institut de Formation et de Recherche Pédagogique. Le pasteur s’est aussi rendu à l’orphelinat de Topaza, chez les sœurs de Mamré, à l’orphelinat de Tangaïna… Et chez les Mangado autour d’un dîner très amical.

Benjamin Mangado a travaillé au Défap comme animateur jeunesse et est actuellement envoyé à Madagascar par DM-échange et mission. Il travaille dans la formation continue et son épouse est professeur au lycée français d’Antananarivo.

 

Le Palais de la Reine, symbole de la nation malgache, qui domine Antananarivo, DR

Le Palais de la Reine, symbole de la nation malgache, qui domine Antananarivo, DR

 

Entre autres pasteurs, Florence a fait la connaissance d’une collègue, le Pasteur Vololona Randriamanatena, mise par la FJKM à disposition de l’ONG SAVE qui lutte contre le sida. Dans le cadre de ces responsabilités, elle anime un programme d’ateliers bibliques autour de la violence sexuelle : la Campagne Tamar, lancée par la FECCLAHA (Fellowship of Christian Councils and Churches in the Great Lakes and Horn of Africa*). Toutes deux ont partagé l’idée d’organiser conjointement, à Madagascar et en France, des groupes d’études sur le même thème et les mêmes textes, avec le projet de visites mutuelles qui permettraient aux lecteurs de croiser leurs interprétations et leurs expériences. Affaire à suivre !

 

* Communauté des Eglises et des Conseils Chrétiens de la Région des Grands Lacs et de la Corne de L’Afrique

 




Rencontre entre jeunes étudiants de Nouvelle-Calédonie

 

Quarante-quatre jeunes du programme ABS se sont retrouvés au Défap pour leur première rencontre depuis leur arrivée en France : nouvelle session 2015 et promotions précédentes ont pu ainsi échanger sur leurs expériences.

 

Visite de Paris à vélo, DR

Un ancien du programme s’est également joint à ce groupe pour leur présenter le Défap, les actions de l’institution en Nouvelle-Calédonie et parler de sa propre expérience au sein des ABS. Il a terminé ses études au sein de ce programme et se trouve aujourd’hui toujours en France pour une nouvelle formation.
Il leur a expliqué ce que signifie le statut d’ABS, qu’est-ce qu’être un étudiant au sein de ce programme, et a expliqué la valeur-ajoutée de celui-ci par rapport à une formation sans accompagnement.

 

Ouvrages sur la Nouvelle-Calédonie à la Bibliothèque du Défap, DR

Ouvrages sur la Nouvelle-Calédonie à la Bibliothèque du Défap, DR

 

Objectifs

 

Cette rencontre avait trois objectifs principaux :
– faciliter la rencontre et le partage d’expériences entre les jeunes du programme ;
– faire le point sur leur intégration et les formalités administratives ;
– leur faire mieux connaître la culture et les traditions de métropole.

 

Un programme chargé

 

C’est pour ces raisons que les jeunes ont visité des institutions françaises et des hauts lieux touristiques de Paris, avec notamment une visite guidée en vélo.

 

Ils ont visité le Sénat avec l’assistant du sénateur de la Nouvelle-Calédonie et lui ont offert un geste coutumier sur les marches du Sénat.

Claire-Lise Lombard, bibliothécaire du Défap, a présenté un historique des relations entre le Défap et la Nouvelle-Calédonie : relations avec l’Eglise, missions, témoignages écrits et vidéos, photos etc. Cela a permis aux jeunes de voir le Défap comme un interlocuteur qui fait partie de leur tradition et non pas imposé.

Deux faits surprenants sont alors survenus : un des jeunes a retrouvé la photo de son arrière-grand-père dans un des albums photos consultés, et quelqu’un a retrouvé un ancien recueil de chants de la première tradition de l’île du Maré, une des îles de Nouvelle-Calédonie. Deux ABS ont reconnu un des chants – un chant de louanges et remerciements – et ont travaillé dessus afin de pouvoir le chanter au Sénat, comme cadeau en fin de visite. Le but était de remercier l’assistant du sénateur qui les a accueillis et accompagnés dans une visite historique et constitutionnelle de cette assemblée.

 

Les ABS sur les marches du Sénat

Les ABS ont également fait du travail de groupe à travers des ateliers. Ils ont pu aussi vivre ensemble pendant quelques jours et profiter des temps libres pour se retrouver entre eux et échanger autour de leurs expériences.

Par ailleurs, chacun s’est placé sur la carte de France avec un post-it portant son nom et ses études, pour repérer qui est où.

 

Les ABS sur la carte de France, DR

Les ABS sur la carte de France, DR

 

Un autre temps fort du séjour fut la rencontre avec la délégation de l’Eglise luthérienne du Sénégal, présente au Défap au même moment : ce fut l’occasion pour eux de découvrir, pour la première fois, l’histoire et la culture kanak.