Retour à Bangui

C’était à la fois une visite de soutien à l’égard du pasteur Bernard Croissant, envoyé Défap/Cevaa auprès de l’Église du Christ-Roi à Bangui, et une occasion de prendre la mesure de tous les projets en cours : en particulier le programme qui vise à la réhabilitation du CPJ, et celui de l’école de l’Église baptiste du 5ème arrondissement (Sica III) financée par l’UEPAL. De multiples rencontres sont venues s’adjoindre à un emploi du temps déjà chargé.

 

Contexte général

Si ce n’est hélas pas le cas dans les provinces, la sécurité est bel et bien revenue à Bangui, en dépit de quelques problèmes sporadiques. Les patrouilles de police et de gendarmerie sont nombreuses et la Mission des Nations unies pour la sécurisation en Centrafrique (Minusca) est toujours bien visible dans les rues. L’ensemble des déplacés sont rentrés chez eux. Tous les camps, y compris celui qui jouxtait l’aéroport de Mpoko, ont été démantelés.

Le défi d’aujourd’hui, dans la capitale, est non seulement que tout le monde puisse trouver du travail, mais – c’est même une condition indispensable à la bonne marche de l’économie – redonner confiance tant aux Centrafricains qu’aux étrangers, et de favoriser les investissements. Il est également crucial de redonner un élan salvateur à l’éducation, que ce soit celle des écoles et universités, ou celle des centres culturels. D’où l’importance donnée à la réhabilitation du CPJ.

Le Secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, et le pasteur Bernard Croissant, DR

La rénovation du Centre Protestant pour la Jeunesse (CPJ)

L’Église du Christ-Roi, détentrice de la concession foncière, est parvenue à régulariser le permis de construire pour le mur d’enceinte. Grâce à l’implication personnelle de l’architecte, Philippe Makoundji, membre de la paroisse, les petits marchants informels ont pu être déplacés et une palissade de tôle a été mise en place. Elle délimite avec précision le terrain du CPJ et permettra de construire, en toute sécurité, le mur d’enceinte. C’est le Défap qui finance l’ensemble de ces travaux (34 millions de FCFA, soit 50 K€).

À l’intérieur, l’ensemble des bâtiments est en mauvais état. Ils sont pourtant occupés par un complexe scolaire de 1 500 élèves, un cyber café, un centre sanitaire et divers organismes de formation (dont l’un est géré par ATD Quart Monde). La salle de spectacle, ancienne mais dont la charpente est restée en bon état, n’est malheureusement que très peu utilisée, notamment en raison de l’obsolescence des équipements, y compris électriques.

Lors de sa visite, l’équipe du Défap a pu rencontrer successivement Gisèle Pana, ministre de la Culture et de la francophonie, Sylvère Ngarso, ministre de la Promotion de la jeunesse et des sports, et enfin le Premier ministre, Simplice Sarandji. Trois occasions de plaider la cause de cette réhabilitation.

Il faut dire qu’à Bangui, rares sont ceux qui ne sont pas un jour ou l’autre passés par le CPJ. Construit dans un quartier populaire, il a été de tout temps un lieu de rencontre, de formation et de spectacles, et est resté centre de la vie culturelle pendant des décennies. C’est pourquoi le projet rencontre toujours un très bon accueil. Vouloir remettre sur pieds le CPJ, c’est non seulement remettre en état une infrastructure importante, mais c’est aussi participer directement au rétablissement de la paix et de la concorde civile par le biais d’activités essentiellement dédiées à la jeunesse.

Hélas, la remise en état totale est évaluée par l’architecte à 650 millions de FCFA, soit 950 K€. Pour trouver une telle somme, il est important d’inscrire le chantier dans un programme comme par exemple celui signé conjointement par le système des Nations unies et la Centrafrique à Bruxelles en mars dernier et qui vise à promouvoir tout ce qui concerne la jeunesse.

Les autres projets

Depuis bientôt trois ans, le Défap, sous l’égide de la Cevaa, envoie auprès de l’EPCR un/des pasteurs pour des missions temporaires et un. Le Conseil presbytéral de l’Église du Christ-Roi a demandé au Défap de poursuivre l’envoi régulier de pasteurs et du psychologue qui travaille pour la cellule d’écoute, et ce pour une nouvelle période de trois ans.

L’école construite par l’Église baptiste du 5ème arrondissement (Sica III), financée par l’UEPAL, accueille plus de 200 enfants et a besoin d’une nouvelle salle de classe. L’enveloppe 2017 va permettre de la construire.

Salle de classe de l’école de Sica III, DR

Bertrand Vergniol et Valérie Thorin, journaliste au Défap qui l’accompagnait, ont également visité la concession de Béthanie, dont le responsable est le père de Rodolphe Gozegba, boursier du Défap et la station de Morija, membre de l’Église du Christ-Roi. Par ailleurs, ils se sont rendus au centre Linga Tere, dirigé par l’auteur dramatique, metteur en scène et producteur Vincent Mambachaka. Ils ont également rencontré les trois personnalités qui ont fondé la Plateforme confessionnelle : le pasteur Nicolas Guérékoyamé, l’imam Oumar Kobine Layama et le cardinal Dieudonné Nzapalainga.

( de gauche à droite) Le pasteur Bernard Croissant, le cardinal Dieudonné Nzapalainga,

l’imam Oumar Kobine Layama et le pasteur Bertrand Vergniol

Le pasteur Bernard Croissant et Valérie Thorin, en compagnie de deux paysans de la paroisse de Morija




« Parole de Dieu, violence des hommes » : un colloque à Beyrouth

Comment est né ce projet du colloque des Cèdres ?

Je ne me souviens plus des circonstances précises, mais l’idée d’un colloque pour marquer l’entrée en scène du nouveau projet protestant au Liban flottait dans l’air depuis deux ans. Il est né dans la concertation entre le Défap, la CEEEFE, La APFB et l’Eglise protestante. La thématique générale choisie, et développée par la Fondation des Cèdres et son président Marc Friedel, « Défaire la violence » a servi d’inspiration. « Parole de Dieu, violences des hommes », comme titre a été proposé par un membre du comité scientifique. Il sonne bien, dit les choses sans allumer de feu et offre un angle d’approche large et plaisant à investiguer. L’Eglise et la Fondation ont donc décidé de porter ensemble ce projet ; l’Eglise protestante à l’organisation pratique et la Fondation au pilotage du contenu du colloque.


Le pasteur Pierre Lacoste à Beyrouth, 2017, DR

A qui s’adresse ce colloque ?

Le colloque s’adresse en priorité aux publics étudiants et enseignants, à la jeunesse libanaise qui réfléchit sur son présent et cherche à construire son avenir. Mais aussi aux Institutions qui mettent en vie sur le terrain les idées de vivre ensemble, de dialogue entre les religions, comme entre les religions et la société civile. Ce colloque « Parole de Dieu, violences des hommes » tire son originalité davantage de la pluralité des approches qu’il propose que par son titre. La question « violence et religion » est malheureusement devenue un lieu commun des salles de conférences ces dernières années ! Notre prise de risque se situe précisément à cet endroit : mettre en dialogue des disciplines universitaires qui d’ordinaire ne se côtoient pas. L’historien, le psychanalyste, le politologue, le philosophe, le sociologue et le théologien seront assis à la même table pour croiser leurs lectures du phénomène de la violence en religion. Ce colloque s’annonce de bonne tenue, nous espérons qu’il répondra aux attentes des invités, sans voler trop haut non plus.

Qu’attendez-vous de cet évènement ?

Qu’il permette aux intellectuels et acteurs de la vie sociale, religieuse et politique libanaise, issus de différentes confessions ou de différents partis, un temps de réflexion de qualité qui ose nommer les difficultés et ouvrir des pistes favorables à un vivre ensemble somme toute complexe. Qu’on ne s’impose plus le silence et la distance comme unique mode de gestion des différences mais que l’on découvre dans la parole échangée un vecteur commun de déplacement et d’interrogation capable de susciter le désir d’aller plus loin dans la connaissance et la rencontre de l’autre. J’espère secrètement aussi que l’on pourra identifier un peu plus encore l’Eglise protestante Française de Beyrouth à ces idées généreuses de réflexion, de dialogue et de rencontre. Le Liban est un pays dont les frontières sont plus pesantes à l’intérieur qu’à la périphérie. Nous sommes heureux d’apporter une pierre d’évangile, un témoignage qui pourrait l’ouvrir un peu plus.
Nous nous réjouissons de retrouver le Secrétaire Général du Défap, Bertrand Vergniol, ainsi que tous les partenaires français comme la CEEEFE ou l’ACO. Le Défap est un partenaire privilégié et historique de l’Eglise protestante française de Beyrouth. Sa présence à un tel événement est à la fois naturelle et encourageante.

 

Retrouver toutes les informations pratiques sur le colloque des Cèdres 2017




Au service de la jeunesse camerounaise

 

Jonathan, vous êtes actuellement au Cameroun et vous avez « conçu » votre mission qui est issue d’un projet personnel, monté en collaboration avec le Défap. Ce n’est pas une démarche habituelle.

C’est vrai, j’étais parti en 2011 dans un échange interculturel au Cameroun avec le Défap. Début 2016, l’envie m’a repris de retourner dans ce pays, pour revoir les amis rencontrés lors de ce premier projet. Par chance, la possibilité de partir en mission s’est présentée. C’était pour moi l’occasion de vivre une immersion complète dans la culture camerounaise avec l’organisme de formation Intercordia.

J’ai donc pris la décision de partir, non pas à la rencontre de mes amis, mais en mission. Educateur de profession, j’ai voulu confronter mon savoir à une autre réalité et une autre culture. Mais je ne pouvais pas partir sans dimension spirituelle et religieuse. C’est pour cela que j’ai choisi une structure d’obédience protestante et surtout que j’ai demandé au Défap de me soutenir dans cette mission, dans l’élaboration et la réalisation.

 

Après toutes les démarches nécessaires, vous êtes installé au Cameroun depuis quelques mois. Comment s’est passée l’intégration ?

Aujourd’hui, cela fait 4 mois que j’ai commencé à travailler comme éducateur dans l’association AHP²V à Baham (Association Humanitaire pour la Promotion des Personnes Vulnérables). Cette structure accueille 25 jeunes (de 6 à 25 ans) socialement vulnérables. Leur vulnérabilité vient d’un handicap physique, d’un retard mental, ou d’une situation difficile à la maison, voire de leur statut d’enfant abandonné. Pour ceux qui connaissent un peu le secteur médico-social en France, cela englobe l’ensemble du panel des structures françaises (IME, IMPro, MECS, …).

Les jeunes ici sont accompagnés individuellement pour leur permettre de s’autonomiser et de prendre en main leur destin. Le centre propose de l’alphabétisation, des formations professionnelles (bijoux, couture, bougies, meubles en bambou, …), un soutien scolaire mais aussi le centre permet aux jeunes accueillis d’être opérés et rééduqués.

Quand je suis arrivé, étant éducateur sportif, on m’a dit : « tu animeras le sport et tu participeras aux différentes activités en fonction de tes envies et disponibilités ».
Je me suis rapidement rendu compte que le sport était vraiment minoritaire dans le programme (une demi-heure par semaine) et que ma place était principalement dans l’alphabétisation et les travaux du champ. Les encadrants quittent tous le centre à 16h pour permettre aux jeunes de s’entraider, de développer leurs compétences de vivre ensemble et de travaux quotidiens (nettoyage, cuisine, vaisselle…) mais ce n’est pas toujours aisé.

J’ai dû ainsi dépasser mes fonctions, prenant plus de place dans l’organisation et dans la gestion du temps, afin de permettre à chacun le meilleur développement possible.

 

Et au-delà de l’aspect professionnel ?

Dans ma mission, je cherchais aussi le côté spirituel, et j’ai été très surpris de la façon de voir la religion dans le centre. Ici, nous prions et méditions le lundi matin avec tous les jeunes, quelle que soit leur confession et le message qui est régulièrement passé est celui du travail. Il est demandé à chacun de travailler ce qu’il peut pour le bon fonctionnement du centre, que Dieu pourvoit aux gens qui travaillent. Le mot d’ordre pourrait être « aide-toi, le ciel t’aidera »  et « pardonnons-nous les uns les autres pour qu’un monde de paix soit possible ».

J’étais venu en mission pour découvrir une autre façon d’accompagner le handicap, mais je me suis rendu compte qu’ici, comme ailleurs, l’accompagnement commence par la mise au centre du facteur humain. Ici, comme en France, les encadrants essaient de prendre en considération la personne accueillie dans toutes ces dimensions, sa volonté, ses désirs…

 

Le travail social au Cameroun est-il si différent de celui que l’on connaît en France ?

Là où je vois la différence avec la France, c’est dans le soutien des institutions. Ici il n’y a pas de financement de la part de l’Etat et c’est un combat quotidien pour assurer la ration des enfants et financer les opérations des jeunes.

Je remercie toutes les personnes qui me soutiennent dans cette mission, qui me portent dans la prière, et ceux qui aideraient à la vie du centre ou pour les opérations des cinq jeunes qui sont toujours en attente.


( de gauche à droite ) Jonathan Lafont, le directeur du centre et Jean-Luc Blanc du Défap, DR




Les étudiants ABS réunis à Lyon

Durant trois jours, le temps s’est arrêté pour tous les jeunes du programme ABS. Heureux de revoir leurs « frères » et « sœurs » de cœur, les étudiants kanaks ont fait grandir « l’ABS Family », comme ils l’appellent.

 


Le groupe ABS, février 2017, DR

 

Le temps des retrouvailles

Venus de Paris, Nice, Vesoul, Brest ou encore Poitiers, les arrivées des quarante étudiants sur Lyon se sont succédées durant la première journée. Certains jeunes n’ont pu rejoindre le groupe qu’après la fin de leurs cours, le vendredi soir. Côté encadrement, Laura Casorio et Pascale Audo du Défap accompagnaient le groupe. Pour la plupart des ABS, Lyon et ses environs étaient une vraie découverte, comme lors des précédents week-ends organisés par le service protestant de mission. « Ce qui me plait dans ces rencontres d’ABS, nous raconte Ornella, c’est qu’on découvre beaucoup de choses et c’est vraiment une grande opportunité pour nous les étudiants car on acquiert une plus grande culture générale, et ça nous sert dans nos études. »

 

Un programme culturel varié

La première journée a été sous le signe de la découverte, avec la visite guidée du musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne. Un lieu emblématique de la région stéphanoise. Beaucoup d’étudiants sont ressortis ravis de la visite, comme Ornella. « Ca m’a appris beaucoup de choses, nous explique-t-elle, notamment avec l’évolution du vélo, des armes, du travail à la chaine…je ne savais pas tout ça ». 

 

Les jeunes ABS au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne, DR

 

Pour le déjeuner, le groupe a pique-niqué dans la ville, avant de repartir vers Lyon. L’après-midi a été dédiée à la visite du centre historique de Lyon, du vieux-Lyon et de Fauvières.


Promenade dans le vieux-Lyon, DR

Le groupe est ensuite revenu à l’auberge de jeunesse. L’occasion de participer au suivi collectif, coordonné par Laura Casorio et Pascale Audo du Défap. « L’objectif de ce type de rencontre, explique Laura, c’est aussi de répondre à toutes les questions que peuvent se poser les ABS ».
La première journée s’est achevée par un restaurant typique lyonnais. Installés confortablement dans une salle au sous-sol, les jeunes étaient tous ensemble. Ils ont ainsi pu découvrir les spécialités de la région comme le tablier de sapeur, les quenelles ou la salade lyonnaise. « On s’est bien régalés , nous raconte Ornella. « Les serveurs du restaurant nous ont même donné la permission de mettre de la musique. Il y avait une super ambiance. Ca me rappelle les mariages au pays. On a beaucoup ri et beaucoup parlé aussi, comme quand on a débattu sur l’indépendance du pays et sur le référendum d’autodétermination prévu pour 2018.»

Le culte dominical

Le lendemain, quelques étudiants ont dû repartir tôt. Pour tous les autres, le rendez-vous était donné au Grand temple de Lyon, pour le culte dominical. Vêtus de leurs costumes kanaks, les jeunes ABS ont chanté avec les autres fidèles présents.
Après le culte, les ABS ont profité des derniers moments tous ensemble. L’occasion d’échanger sur leurs différentes expériences, avant de repartir chacun dans la ville où ils suivent leurs études.  « Le week-end s’est très bien passé », nous raconte Laura Casorio. « Le fait de pouvoir se retrouver tous ensemble est d’une grande importance pour ces jeunes. Le groupe est devenu un support au manque du pays et des relations familiales. Ces jeunes profitent de la présence des uns et des autres, ils partagent et grandissent ensemble. « L’ABS Family », c’est eux qui l’ont créée. Le Défap est juste là pour les accompagner. »




La maison du Défap ouvre ses portes aux jeunes

Quinze c’est le nombre d’adolescents alsaciens venus découvrir le Défap le 15 février dernier. Originaires de la banlieue ouest de Strasbourg, les jeunes membres de ce groupe de catéchumènes ont visité la maison du service protestant de mission. Un périple culturel qui a mis en lumière l’histoire des missionnaires protestants mais aussi éveillé la curiosité des jeunes visiteurs pour les envoyés actuels.

Ce jour-là, le rendez-vous était donné dans la chapelle. Accompagnés de leurs quatre accompagnateurs, les jeunes adolescents des paroisses protestantes du consistoire d’Ittenheim étaient tous présents. Pour les accueillir, trois membres du Défap encadraient le groupe : le pasteur Florence Taubmann, responsable de l’animation France-Jeunesse, Laura Casorio, responsable des envoyés, et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque et des archives.

Avant le démarrage de la visite, une discussion avec les jeunes s’initie et une réflexion sur le sens des mots « mission » et « vocation » fait débattre la jeune assemblée. « Pourquoi part-on en mission à votre avis ? », questionne le pasteur Florence Taubmann. « Pour transmettre », répond un jeune du groupe. Ses voisins réagissent : « Oui, les pasteurs ont comme mission d’enseigner la religion. Et chaque pasteur a une sensibilité différente et une raison différente ».


Le pasteur Florence Taubmann évoquant la notion de « mission », 2017, DR

Le pasteur poursuit. « En effet, dans cette idée de mission, d’être envoyé vers nos frères de partout, il y a cette idée que la communication peut dépasser toutes les frontières. La mission : c’est le coeur de la vocation de cette maison », conclut Florence Taubmann.

 


Jeu autour du mot « mission », 2017, DR

 

Laura Casorio définit alors le terme « Défap » avec les adolescents, qui se sont déjà informés avant d’arriver à Paris. « On a cherché dans Wikipédia et on a visité le site internet du Défap », explique l’une d’entre eux. Claire-Lise Lombard invite alors les jeunes alsaciens à découvrir la maison de l’intérieur. Elle tient dans ses mains les plans d’origine de l’édifice. Certains jeunes consultent des livrets avec des photos du bâtiment. « A travers cette visite, vous suivrez notre histoire et celles de nos missionnaires », poursuit Claire-Lise Lombard.

 


Un des jeunes alsaciens feuillette les illustrations du bâtiment du Défap, 2017, DR

La visite est lancée. Le groupe se déplace de pièce en pièce, en suivant avec intérêt chaque explication pour les lieux visités.
Chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée…la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés. Claire-Lise Lombard ne manque pas l’occasion de partager avec les jeunes des anecdotes sur la maison. « Aujourd’hui on appelle cette salle le musée, mais au départ il y avait un grand musée dans la chapelle avec les objets rapportés par de nombreux missionnaires. Ces objets ont été depuis transmis à des grands musées ».


Claire-Lise Lombard lors de la visite de la bibliothèque, DR, 2017

 

Deux heures plus tard, la visite s’achève et les jeunes alsaciens se retrouvent tous dans la chapelle. Ce périple leur a permis de s’ouvrir aux cultures d’ailleurs comme celles du Gabon, du Lesotho, de la Polynésie ou encore de Madagascar. De leurs côtés, les accompagnateurs sont aussi comblés par la découverte du lieu. Pour le pasteur Caroline Ingrand-Hoffet, qui avait déjà accompagné un groupe cinq ans auparavant, c’est aussi une occasion privilégiée de concrétiser la notion de mission. « Le mot ne veut pas dire grand-chose pour eux ou alors ça peut avoir une connotation négative , explique t-elle. « Ici cela montre ce qu’est la réalité d’aujourd’hui des envoyés. C’est devenu quelque chose de positif et de très intéressant. A travers ce type de visite, on sème aujourd’hui quelque chose et, qui sait, cela développera peut-être des vocations de missionnaires plus tard ».

 


Le pasteur Caroline Ingrand-Hoffet, accompagnatrice du groupe alsacien, 2017, DR

 

Suite à cette expérience, le Défap a prévu d’accueillir davantage de jeunes avec leurs pasteurs ou animateurs dans cette maison commune qu’est le service protestant de mission. Des week-ends et mini-séjours « découverte » sont déjà en préparation pour la rentrée prochaine.

 




De retour de mission à Madagascar

Antsirabé : visite de Samy, envoyé du Défap
Parti en juin pour une mission VSCI de dix mois, Samy Chenuelle est assistant d’éducation dans une école d’Antsirabé, au sein de l’orphelinat Akanisoa, à Madagascar. Originaire de Nantes, ce jeune diplômé de sociologie de 23 ans a décidé de s’engager pour Madagascar avec le Défap. Un pays qu’il connaissait déjà avant de partir. 
Animateur de français dans le complexe écolier, Samy apporte son aide sur place à l’équipe enseignante, et notamment lors de l’aide aux devoirs. Il accompagne les enfants avec la guitare et des chants qu’il compose pour faciliter l’apprentissage de la langue française.

Samy Chenuelle, envoyé du Défap à Antsirabé et les enfants , DR

 

Rendez-vous avec les responsables de la FJKM et de la FLM
Récemment élus, certains membres du nouveau Bureau National de la FJKM ont ouvert leurs portes au pasteur Florence Taubmann et Laura Casorio. Lors de ce rendez-vous, l’équipe a rencontré le nouveau président, le Pasteur Ammi IRAKO ANDRIAMAHAZOSOA ainsi que la directrice de la communication Madame Tantely Hariliva Razafimalala mais aussi la responsable de l’enseignement, le responsable des aumôneries pour la FJKM, le doyen Laurent Ramambason  et les étudiants de la faculté de théologie de la FJKM. Cette rencontre fut l’occasion de renouer les liens.

L’équipe en mission a également rencontré les responsables de l’Eglise luthérienne malgache FLM : le président David Rakotonirina, le secrétaire général Dieudonné Randrianirina, la directrice de l’école normale luthérienne Fandriana et le doyen de la faculté luthérienne de théologie Fabien Lotera. Sur place, le pasteur Florence Taubmann et Laura Casorio ont pu voir les travaux réalisés sur un projet de sanitaires soutenu par le service protestant de mission. Elles ont également rencontré les chanteurs de la chorale d’hommes, venue en France en mai dernier.

Université Réformée de Madagascar, déc 2016, DR

 

Florence Taubmann adresse un message aux étudiants de la Faculté de théologie FJKM à Tananarive

où la délégation du DEAP a été accueillie par le doyen Laurent Ramambason, DR

 

 

 

Visite d’orphelinats avec la fondation « La Cause »
En collaboration avec la fondation « La Cause », l’équipe a visité les centres Avotra et Tangaina à Tananarive, le centre Akanisoa à Antsirabe et deux centres à Mananjary. Le pasteur Florence Taubmann a été frappée par le courage des responsables des orphelinats qu’elle rencontre sur place. « Ils ont un sens de l’action et de la mission extraordinaire. Grâce à eux, ces orphelins ont une vraie sécurité alimentaire et une chance d’être scolarisé, contrairement aux enfants de la rue qui ne le sont pas du tout ».

 

Le pasteur Florence Taubmann, Alain Deheuvels de la fondation la Cause
et Richard Rahajason du Centre Avotra, déc 2016, DR

 

les enfants du centre Betania d’Avotra, DR

 

 

 

Les enfants du centre Betania d’Avotra avec Richard le fondateur et directeur du centre

 

Rencontre avec les sœurs de la communauté de Mamré
Le centre, construit récemment, accueille chaque jour plus de 80 enfants du quartier qui viennent manger dans leur cantine. La communauté des sœurs de Mamré a également construit le centre des novices, dans le quartier de Sabotzy, un bâtiment d’accueil pour les groupes, à une dizaine de kilomètres du centre de Tananarive (où se trouve la maison des sœurs). L’équipe du Défap a pu partager un repas avec les sœurs et les enfants du centre. Une rencontre forte en émotion.




Des souvenirs plein la tête

Du 22 au 24 octobre 2016, le Défap réunissait à Paris l’ensemble des étudiants calédoniens du programme ABS (Après Bac Service). Ce programme, dont le service protestant de mission est chargé de l’accompagnement extrascolaire, offre à de jeunes kanaks la possibilité de poursuivre leurs études en France. Le Défap, au-delà d’un suivi personnalisé, organise régulièrement des évènements pour créer les rencontres et les échanges entre les étudiants. Cette fois, Elise Dangio, la responsable du programme ABS pour « Cadre Avenir » en Nouvelle Calédonie, était également présente. Au programme du week-end : visites de la capitale et des hauts lieux touristiques et ateliers de réflexion et d’échanges. Durant ces trois jours, « l’ABS Family », comme ils s’appellent, était heureuse de se retrouver.

La rencontre a été l’occasion de faire découvrir Paris aux jeunes étudiants mais aussi de créer des moments d’échange et de rencontrer la nouvelle promotion. Ils ont pu aussi vivre ensemble pendant plusieurs jours et en profité pour se retrouver. Les « anciens » pouvaient alors délivrer librement leurs conseils mais aussi faire le point sur les difficultés de chacun pour tenter d’y répondre tous ensemble. Les ABS ont également travaillé en groupe lors d’ateliers.

 

photo de groupe, octobre 2016, DR

Au Défap, Laura et Pascale, chargées du suivi extrascolaire des ABS, ont œuvré au respect de la convention du programme et au bon déroulement du week-end.  Durant leur séjour, les étudiants ont souhaité laisser des messages dans le livre d’or du service protestant de mission.

« C’était pour moi l’entracte dont j’avais besoin », nous confie Lina, une étudiante du groupe. « Après la reprise des cours, le retour à cette vie étudiante, après s’être remis dans le bain depuis septembre, cette rencontre a été bien plus qu’un simple rassemblement. C’était une petite pause dans le temps pour se retrouver, partager et reprendre des forces pour continuer chacun dans nos parcours ».

 

 

Messages laissés par les étudiants au Défap, octobre 2016, DR




On ne peut pas être Eglise tout seul !

Le président du Défap, Joël Dautheville, assistait à la 9ème assemblée générale de la Cevaa qui se déroulait à Sète du 18 au 26 octobre 2016. Pour nous, il revient sur ce moment fort de la vie de la Cevaa.

Joël Dautheville à Sète pour l’AG de la Cevaa, octobre 2016, DR

Joël Dautheville n’est pas un inconnu à la Cevaa. Il fut, dans les années 90, membre du Conseil qui se réunissait alors chaque année*. Il était également à l’AG de Porto Novo, au Bénin, en 2002, en tant que délégué. Preuve que son affection pour la communauté reste infaillible.

Il constate avec plaisir que la Cevaa a pris « son rythme de croisière. Elle est devenue plus solide, les Églises sont de plus en plus en communion les unes avec les autres ». Les soutiens mutuels sont de plus en plus forts. La Cevaa suscite entre les Eglises membres qui vivent dans le même pays des projets communs. « Cela me réjouit, c’est ce qui était attendu de la Cevaa. »

Malgré les tensions dans les relations Nord-Sud qui se concrétisent pour une telle assemblée aux questions administratives, comme le problème récurrent que constitue l’obtention des visas, la Cevaa poursuit sa route. Et c’est là une vraie source de joie pour toutes les Eglises membres.

« On est, dit-il, toujours plus fidèle à l’appel au témoignage lancé par Jésus, le Christ que son évangile est partagé. Ce qui est le cas au sein de la Cevaa et qui demande à être encore et toujours plus encouragé. » Joël formule ce souhait à haute voix, celui de voir au sein de toutes les Eglises de la Cevaa une implication plus forte encore envers les projets : pour développer les pôles santé, la formation des jeunes et des femmes… et cela passe par des efforts financiers, pour une mobilisation plus grande encore.

Il conclut sur le rôle fondamental de la communauté. « On ne peut pas être Eglise tout seul. Ce qui est important, c’est d’être Eglise avec les autres. Ce qui se passe à 10 000 kilomètres de chez soi a des conséquences sur l’Eglise à laquelle nous appartenons. De fait, nous sommes tous interconnectés. Ce qui a des répercussions là-bas en a également ici. »

Joël Dautheville conclut avec cette exhortation : « Gardons cet esprit de partage, la confiance, l’accueil et l’écoute mutuelle pour annoncer constamment l’évangile libérateur. »

* En 1999, il a été décidé de remplacer le Conseil, composé essentiellement par les présidents d’Eglise, par une assemblée générale tous les deux ans, constituée par deux délégués par Eglise, laissant ainsi plus de place à la jeunesse et aux femmes.

 




Zoom sur … le Conseil du Défap

Les 16 et 17 septembre dernier, le Défap a tenu son conseil à Paris. L’occasion pour ses membres, de faire le point sur l’année écoulée et de partager les perspectives pour l’année à venir.

Le Conseil du Défap a été ouvert par le nouveau président, Joël Dautheville qui, cette année, a expérimenté un fonctionnement nouveau alternant temps de travail en groupe et séances plénières.
Après un temps de méditation permettant de placer ce moment sous le regard de Dieu, les différents points de l’ordre du jour ont été validés.
Plusieurs intervenants ont présenté les événements missionnaires récents avant de développer les événements à venir.
Quelques dates à retenir dès maintenant :
– Le Forum du Défap qui aura lieu à Sète du 28 au 30 octobre avec pour objectif une réflexion et un travail de fond sur la question « Comment faire Eglise aujourd’hui ? »
– L’Assemblée générale de la Cevaa qui aura également lieu à Sète du 18 au 26 octobre sur le thème suivant : l’action commune autour des familles.
– Le colloque financier du 25 novembre qui a vise à rassembler les trois Eglises fondatrices, le Défap et la Cevaa pour déterminer le mandat confié par les Eglises au Defap et les clés de répartition du financement Défap/Cevaa.
Parmi les décisions actées par le Conseil, il faut noter la création d’un poste de pasteur animateur jeunesse, relais du Defap dans les paroisses. Il a pour but le recrutement de nouveaux envoyés et le développement des animations missionnaires. A noter également que cette année marque la fin du partenariat avec le Miccao (MInistère Chrétien Commun en Afrique Occidentale).
Par ailleurs, le Conseil a acté ou amendé un certain nombre de process en vue d’améliorer la vie du Conseil et validé son intérêt pour le nouveau fonctionnement mis en place cette année.




Visite du groupe « Grand Kiff Océan Indien »

Ils sont 44 jeunes originaires de la Réunion, de Mayotte et de l’ile Maurice. Ils ont entre 15 et 22 ans et pour certains d’entre eux il s’agit d’un premier voyage en métropole. De passage à Paris, avant de rejoindre, le 24 juillet 2016, le rassemblement du Grand Kiff et de poursuivre leur tour de France, le groupe « Grand Kiff Océan Indien » a fait escale au Défap pour quelques jours. Retour sur un projet soutenu par le Service protestant de mission.



Le groupe « Grand Kiff Océan Indien » de passage au Défap (Paris, juillet 2016), DR

 

 

22 jours de voyage en Métropole

Le Défap et le Grand Kiff ont été deux étapes dans le périple de ce groupe de jeunes voyageurs.
Partis de chez eux le 18 juillet 2016, ils ont embarqué pour vingt-deux jours d’un voyage qui a pris des allures de tour de France : Paris, Saint-Malo, La Rochelle, Nîmes, Strasbourg, puis Genève, en Suisse. Les objectifs étaient nombreux :

  • permettre aux jeunes issus des îles d’élargir leur horizon
  • approfondir les rencontres au sein de la Communion des Eglises protestantes de l’Océan Indien (CEPOI)
  • découvrir et vivre la dynamique de la jeunesse protestante en France
  • vivre des temps forts avec les Eglises métropolitaines dans différents lieux
  • découvrir la métropole et l’histoire des protestants
Un projet de longue haleine

C’est en 2015 que naît le projet de faire venir le groupe des jeunes protestants de l’Océan Indien au Grand Kiff. Bertrand Vergniol, Secrétaire général du Défap, propose alors au pasteur de l’Eglise protestante de La Réunion (EPR), Charles Bossert, de convier le groupe au rassemblement de la jeunesse protestante à Saint-Malo. « Le plus difficile a été la coordination entre les iles », nous raconte Charles Bossert. Mais une fois le lien fait entre les groupes des différentes paroisses, tout s’enchaîne. Reste pourtant à réunir les fonds. En parallèle de l’aide financière du Défap et d’autres partenaires protestants, les jeunes du groupe s’investissent à 100 % : aide personnelle des familles, vente de gâteaux, organisation de karaokés, grandes fêtes pour l’Eglise, repas… Ainsi, le groupe parvient à réunir suffisamment d’argent pour financer le voyage.


escale au Défap

Durant près d’une semaine, le Défap a vécu au son d’un groupe de plus de cinquante personnes : les quarante-quatre jeunes voyageurs, le pasteur Bossert et toute une équipe d’encadrement composée de représentants des Eglises locales : Fali Rajaonarison (pasteur à Mayotte), Kevin Lavenerable (pasteur coordinateur à l’Ile Maurice), David Rakotonizao (animateur jeunesse à l’EPR), Mamy Raharison (animateur jeunesse à Mayotte), Myriam Bossert (chargée de la gestion et de l’infirmerie) et Josselin Simon (animateur jeunesse, aumônier des jeunes à Maurice).

« Cette étape parisienne a plusieurs facettes : continuer le rapprochement des protestants des différentes îles, découvrir le protestantisme français et se familiariser avec l’histoire à travers la visite de Paris », poursuit Charles Bossert.

Le séjour à Paris est en effet très riche. Au programme : visite du temple de l’Oratoire, du temple des Billettes, de la cathédrale Notre Dame de Paris, ballade en bateau-mouche, excursion au Musée d’Orsay et jeu de piste géant à travers les rues de la capitale.
 

 




En route pour le Grand Kiff

Dès le 24 juillet, 1 000 jeunes sont attendus à Saint-Malo pour l’édition 2016 du Grand Kiff.

Du 17 au 31 juillet 2016, dans l’Alter-Kiff, une quinzaine de camps-service sont proposés aux 18-30 ans. Ils s’y formeront au service pour accueillir, accompagner, encadrer, animer les plus jeunes qui n’arriveront que le 24. Le thème de ce rassemblement est : Et vous, qui dites-vous que je suis ? Cette question de Jésus sera déclinée à travers des ateliers, des spectacles, des moments spirituels et des animations de toute sorte. Elle retentira dans des langues différentes car des jeunes de différents pays sont invités à y participer.


Le Défap soutient l’accueil de vingt jeunes de la Cevaa et les cinquante jeunes de la Réunion, Mayotte et l’Ile Maurice qui viendront avec leur pasteur. Ce Grand Kiff sera une excellente occasion pour le Défap de témoigner de son travail, et d’inviter les jeunes à s’engager dans le service civique ou le service volontaire international.

 

Source :EPUdF

 

 




Les grandes décisions du dernier Conseil

C’est au siège du Défap que le Conseil a eu lieu le 11 juin 2016. Au cours de cette journée, plusieurs décisions ont été prises. Retour sur les trois décisions phares du Service protestant de Mission.

  • Nomination du nouveau président

À compter du 1er juillet 2016, c’est le pasteur Joël Dautheville qui présidera le Conseil du Défap.
Retrouvez ici l’intégralité de l’article sur la nomination du nouveau président.

  • Ouverture d’un poste d’animateur pasteur jeunesse

Le Défap a voté la création d’un poste d’animateur jeunesse. Cette décision illustre bien la volonté du Service Protestant de Mission de développer le secteur jeunesse.
L’animateur sera donc chargé des animations jeunesse en lien avec la Mission et le programme ABS (accueil des jeunes de Nouvelle Calédonie). Le poste sera ouvert dés juillet 2017.

  • Un soutien important aux réfugiés en Orient

Le Défap apporte un soutien financier à l’Action Chrétienne en Orient (ACO) pour son action auprès des réfugiés au Moyen-Orient. Cette subvention est destinée à financer les 2 projets en cours, présidés par le pasteur Thomas Wild (responsable de l’ACO). L’un concerne le synode arabe et le second l’Union des Eglises Evangéliques arméniennes.