Donner une mission, c’est faire confiance !

Des ateliers, des rencontres, des débats, un culte, des spectacles, le tout réuni sous un titre qui se veut une ode à la foi et à la vie, «1000 couleurs d’espérance» : le GR2018, le Grand rassemblement régional protestant de l’Église Protestante Unie de PACCA (région Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur), va se tenir le samedi 26 mai de 10h à 22h à La Castille, entre Toulon et Hyères. Le titre est directement inspiré du livre de Jérémie (29,11) :  «Ainsi parle le Seigneur : Je vais vous donner un avenir et une espérance !»

Ce thème de l’espérance servira de fil conducteur à la journée, à travers les ateliers interactifs d’information organisés le matin, comme à travers les «carrefours» (rencontres et débats) de l’après-midi.

Les ateliers du matin

Les rendez-vous du matin (de 10h30 à 12h30) de´clineront le the`me «La Bible en action» à travers l’animation biblique, la mission, la cate´che`se, l’entraide, l’art et la culture, l’environnement et la justice climatique, … Florence Taubmann et Tünde Lamboley, du service France du Défap, tiendront avec Christine Villard (animation régionale) un atelier sur le thème : «Donner une mission, c’est faire confiance !». À partir de l’envoi des disciples par Jésus (décrit dans l’évangile de Marc, 6,12) il s’agira de parler de nos missions, rêves, projets. Que sommes-nous prêts à laisser derrière nous pour partir comme envoyé ? Qu’emportons-nous avec nous ? Comment rencontrer les autres, les connaître et les comprendre ? Avec en bonus, un jeu axé sur la géographie de l’Afrique : les participants seront invités à reconstituer une carte du continent en puzzle.

Pour avoir un aperçu des autres ateliers de la matinée, cliquez ici.

L’après-midi : rencontres, débats et culte

Le programme complet :
*ACCUEIL sur site a` partir de 9h*10h : OUVERTURE
Salutations par Sibylle KLumpp, pasteur, pre´sidente du Conseil re´gional de l’Eglise protestante unie, re´gion PACCA, prie`re et louange en musique*10h30 : ATELIERS de´clinant le the`me « La Bible en action » (2 fois 50 minutes)

*12h30 : PIQUE-NIQUE tire´ des sacs
(une buvette payante avec vente de sandwichs et de boissons sera propose´e sur place)

*14h : RENCONTRE AVEC …
le grand te´moin du GR2018 : Bernard Coyault, pasteur, directeur et membre fondateur de l’Institut œcume´nique de the´ologie Al Mowafaqa a` Rabat

*14h45 : CARREFOUR : Quelle espe´rance partager avec les migrants ?

*15h45 : CARREFOUR : Inter-religieux – Espe´rer un avenir en commun ?

*17h : CULTE pre´dication par Emmanuelle Seyboldt, pasteur, pre´sidente du conseil national de l’Eglise protestante unie de France, participation de la chorale malgache de la FPMA.

*18h30 : BUFFET CONVIVIAL

*20h30 : SPECTACLE DE SKETCHUP CIE :
« Espe`ce d’humain toi-me^me ! » (fin 22h)

L’après-midi se répartira en trois temps avec tout d’abord :

  •    à partir de 14h, une rencontre avec le grand te´moin du GR2018 : Bernard Coyault, pasteur, directeur et membre fondateur de l’Institut œcume´nique de the´ologie Al Mowafaqa a` Rabat
  •    de 14h45 à 16h45, deux «carrefours» pour des approfondissements et de´bats sur les enjeux et de´fis de l’E´glise
  •    à partir de 17h : culte, avec une pre´dication par Emmanuelle Seyboldt, pasteure, pre´sidente du conseil national de l’Église protestante unie de France, et avec la participation de la chorale malgache de la FPMA.

Soirée spectacle

La soirée, après un buffet convivial, sera consacrée à un spectacle de la compagnie Sketch Up : «Espèce d’humain toi-même !» Cette représentation prend la forme d’un spectacle de sketchs, de chansons et de créations filmées, mais se veut aussi un événement citoyen. Car face aux tragédies de notre temps (actes de barbarie, états de guerre, choc des radicalismes, crise des migrants…), il est urgent de se poser et de réfléchir : « Comment pouvons-nous engendrer le monstrueux ? Quelle est notre folie ? Quelle est notre violence ? Et que pouvons-nous changer pour donner plus d’humanité à notre humanité ? » Une traversée des époques et des héritages culturels pour retrouver la force de se tenir debout !

En parallèle :

  •     Un parcours me´ditatif : « Un chemin… vers le Pe`re » : Prenons le temps de nous arre^ter pour de´couvrir ou rede´couvrir notre Pe`re. Une fac¸on de faire le point et de reconside´rer sa relation avec le Pe`re.
  •     Une animation photo instantane´e : «un verset qui te parle» (photobooth)
  •     KThe´a^tre : Une dizaine de «come´diens» entre 10 et 15 ans du groupe œcume´nique «KThe´a^tre» de Sanary se propose de vous faire de´couvrir ce script imagine´ et e´crit par Julien Lemarchand : Une e´mission de te´le´re´alite´ pre´sente le projet de Dieu pour l’humanite´.

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Une journée au Défap pour les futurs pasteurs

Visite des étudiants en Mastère professionnel de l’IPT © Défap

Assis côte à côte à la même table, Claire Oberkampf et Christo Karawa échangent avec Laure Daudruy, responsable du service financier du Défap. Nous sommes le 14 mai, le repas s’achève dans la salle à manger du 102 boulevard Arago qui reçoit pour la journée neuf étudiants en Mastère Professionnel de l’Institut Protestant de Théologie (IPT), accompagnés du professeur Élian Cuvillier. Claire Oberkampf, future pasteure et violoniste, est née dans une famille protestante ; son père était pasteur lui-même. Après une licence d’allemand, elle s’est orientée vers des études de théologie. Elle est partie en Allemagne, à la faculté de théologie d’Heidelberg, pour y faire sa troisième année, avant de revenir en France pour un Mastère Recherche, puis un Mastère Professionnel. Christo Karawa, pour sa part, est d’origine congolaise : il vient de Kinshasa, où il a fait ses études de théologie jusqu’à la licence, avant de bénéficier d’une bourse de la Fondation Eugène Bersier pour un Mastère Recherche à Strasbourg. Se destinant lui aussi à devenir pasteur, il a poursuivi sur un Mastère Professionnel.

Claire Oberkampf, Christo Karawa : deux parcours très différents, pour deux pasteurs qui seront en poste dans des paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF) à partir du 1er juillet 2018, et qui illustrent chacun à sa manière les évolutions que connaît le protestantisme français. Un protestantisme de plus en plus divers, de plus en plus ouvert à des influences nouvelles, dans un contexte où la sécularisation croissante pousse aux rapprochements au sein des Églises. «S’affirmer aujourd’hui en tant que chrétien, en France, ce n’est pas toujours facile», souligne ainsi Claire Oberkampf, qui juge nécessaire «d’apprendre à être chrétien avant d’être protestant». Si ses années de scoutisme l’ont aidée à faire vivre sa foi de manière pratique et vivante, elle a aussi beaucoup appris lors de l’année sabbatique qu’elle a prise à l’issue de son Mastère Recherche : une année au cours de laquelle elle s’est impliquée au Burkina Faso, auprès d’une association d’aide aux femmes et aux familles en grande difficulté. Une année qui lui a permis, également, de connaître d’autres visages du protestantisme à travers une Église des Assemblées de Dieu… D’où, sans doute, son intérêt pour les questions liées au dialogue œcuménique et à la jeunesse ; et la conviction, alors qu’elle s’apprête à devenir pasteure, de la nécessité de «travailler main dans la main avec les catholiques»…

«Transformer l’image ancienne de la Mission»

Ces évolutions du protestantisme français apportent sans doute des arguments supplémentaires à Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également directeur du Mastère Professionnel : il considère le Défap comme «un rouage essentiel de l’Église», avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, «seront nécessairement amenés à travailler». Pour sa part, Tünde Lamboley, responsable Jeunesse au sein du Défap, chargée également de la formation théologique, et qui a initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de «déjeuners-cultes», constate que le Service Protestant de Mission reste encore «trop souvent méconnu». D’où l’idée de cette journée de formation au 102 boulevard Arago. Au programme, une matinée de «reprise» – un culte préparé et célébré par un des étudiants dans la chapelle du Défap, commenté ensuite en groupe par tous les membres de la promotion de Mastère Professionnel ; et à la mi-journée, un repas en commun avec l’équipe du Défap sur le modèle des «déjeuners-cultes», pour présenter à la fois l’histoire, les activités et les différentes branches du Service Protestant de Mission. Le début d’après-midi étant consacré à une séance de questions-réponses de manière plus formelle dans la chapelle, les membres du Défap et les étudiants étant tous groupés en cercle pour faciliter les échanges.

Visite des étudiants en Mastère professionnel de l’IPT © Défap

Ainsi, le repas terminé, chaque participant du cercle se présente à tour de rôle : Marie-Pierre, actuellement en stage à Houilles, dans les Yvelines, sera pasteure le 1er juillet de la paroisse de Plaisance, dans le 14e arrondissement de Paris. Christo, en stage à Grenoble, ira à Compiègne. Et les questions s’enchaînent, témoignant toutes d’un réel intérêt des étudiants pour le Service Protestant de Mission, qu’ils connaissent peu. De quelles Églises le Défap est-il le service missionnaire en France ? Avec quels pays est-il en relation ? Quelles sont les relations avec la responsable des relations internationales de l’EPUdF ? En cas de besoin d’une animation en paroisse autour de la Mission, à qui faut-il s’adresser ? Quelles sont les missions du pôle France ? «Il y a depuis quelques années tout un travail de fait pour transformer l’image ancienne de la Mission, explique Florence Taubmann, responsable du pôle France. Aujourd’hui, la Mission est au près, et pas seulement au loin. C’est ce que soulignait le titre du forum du Défap organisé en 2012 : « Le monde est chez toi ». Il y a une dimension interculturelle de plus en plus forte dans nos Églises, dans nos paroisses. Je travaille beaucoup sur cette dimension de la « Mission ici ». Mais pour mettre de la transversalité dans les actions des divers services du Défap, 20% de mon temps est consacré au service Relations et Solidarités Internationales (RSI) ; j’ai donc aussi une « responsabilité pays » : je m’occupe des relations avec Madagascar et le Nicaragua. De même, les membres du service RSI sont amenés à travailler pour le pôle France, par exemple en faisant des animations en paroisse».

«Il nous paraissait essentiel que ces futurs pasteurs, qui seront en poste dans quelques mois, puissent avoir un contact avec le Défap, conclut Tünde Lamboley. Qu’ils puissent rencontrer son équipe au moins une fois au cours de leur formation, identifier ses divers services.» Et arriver dans leur paroisse en ayant déjà en tête ce que le Défap peut leur offrir… Comme le souligne une des étudiantes et futures pasteures, «être impliqués dans la Mission, beaucoup de paroissiens ne seraient pas contre… mais quels outils leur donner pour savoir par où commencer ?»




Une visite pour toucher du doigt l’histoire de la Mission

Simon Assogba présentant le Bénin et l’Église méthodiste béninoise de Paris aux jeunes visiteurs © Défap

Voir et vivre l’Église autrement : pour les 18 jeunes venus au Défap les 5 et 6 mai derniers, ce passage au 102 boulevard Arago s’inscrivait dans le cadre d’un séjour dans la capitale destiné à leur permettre de rencontrer d’autres manières de vivre et de partager la foi. D’où la rencontre avec la communauté de l’Église méthodiste béninoise de Paris, ou la participation au culte de l’Église Hillsong Paris… Dans ce programme, la visite de la maison du Service Protestant de Mission permettait d’apporter la dimension historique, en rappelant l’apport des missionnaires de la SMEP, et de montrer comment la Mission se vit aujourd’hui.

Venus de diverses paroisses du consistoire de l’Église Protestante unie «Entre vignes et forêts», qui englobe au sud Nevers, au nord Fontainebleau et à l’est Troyes, ces jeunes âgés de 16 à 22 ans étaient accompagnés par trois pasteurs : Jean-François Blancheton, de Sens ; Amos-Raphaël Ngoua-Mouri, pasteur à Cosne (Nièvre) – Sancerre (Cher) – Bords de Loire ; et Odile Roman-Lombard, pasteure de l’Église protestante unie de France à Fontainebleau. L’idée était précisément, à l’occasion de cette visite organisée dans la lignée des séjours «Voir et revoir Paris» (voir encadré), de susciter une dynamique entre jeunes au niveau consistorial, au-delà du cadre des paroisses. Après un temps de rencontre et d’échanges pour souder le groupe, les visiteurs ont eu droit à une visite guidée de la maison des Missions protestantes, et notamment de la chapelle où l’on peut voir une exposition sur l’histoire des missionnaires du XIXème siècle à la décolonisation, ou encore du Salon Rouge, où sont réunis les portraits de quelques-uns des grands noms de la Société des Missions Évangéliques de Paris. En compagnie de Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap, ils ont pu aussi visiter les archives et découvrir dans quelles conditions voyageaient les missionnaires du temps de la SMEP ; comprendre également quelle vision du monde prévalait au XIXème siècle.

Quand la confrontation avec d’autres cultures devient découverte réciproque

«J’avais l’impression qu’à travers cette visite de la bibliothèque, l’histoire de la Mission devenait palpable pour eux, raconte Tünde Lamboley, responsable Jeunesse au Défap, qui accueillait le groupe. L’un des jeunes a demandé s’il pouvait revenir voir les archives : il avait l’impression de toucher l’histoire de ses mains. La découverte de la maison, de tous les objets qui s’y trouvent et sont liés à la Mission, la visite des archives, tout ceci leur a permis de s’approprier cette histoire, qui est devenue dès lors leur histoire. Certes, c’est une histoire mouvementée, avec ses zones d’ombre ; Claire-Lise met d’ailleurs un point d’honneur à ne rien enjoliver ou maquiller.» Ce qui permet d’autant mieux de souligner les zones de lumière, ou de nuancer la perspective que l’on peut avoir aujourd’hui sur la Mission : car si les missionnaires qui partaient au XIXème siècle se voulaient porteurs d’une certaine idée du progrès, le plus souvent, leur confrontation avec d’autres cultures s’est transformée en découverte réciproque. Et ce sont ces mêmes missionnaires qui se sont faits par la suite ethnographes, linguistes et avocats des cultures qui les avaient accueillis.

Les jeunes visiteurs et leurs accompagnateurs dans le jardin du Défap © Défap

Pour compléter ce voyage dans les cultures et dans le temps, la rencontre avec huit jeunes de l’Église méthodiste béninoise de Paris, et avec leur animateur théologique Simon Assogba (également membre de l’Équipe Régionale Mission de la région parisienne) a permis une découverte des coutumes et des chants béninois. Avant un repas typique préparé par la communauté béninoise, partagé dans la salle à manger du Défap. Le tout suivi d’une soirée de découverte de la capitale «Paris by night». Le 6 mai, pour sa part, faisait une large place à l’Église Hillsong Paris, qui organise chaque dimanche un culte au théâtre Bobino, non loin de Montparnasse. Née à Sydney dans les années 80, sous l’impulsion de Bobbie et Brian Houston, la Hillsong Church Family (ainsi que se nomme le réseau Hillsong) compte aujourd’hui 29 Églises (ou «Campus») dans le monde. Sa branche australienne est membre des Assemblées de Dieu d’Australie (Australian Christian Churches). Sa branche française, lancée en 2004 par un jeune pasteur Anglais, Brendan White, est membre de la Fédération protestante de France. Elle se caractérise par un fort accent mis sur la jeunesse et des cultes émaillés de cantiques pop-rock à la ferveur communicative.

Retrouvez ci-dessous quelques images de la visite des jeunes du consistoire «Entre vignes et forêts» :

 

Rencontrez la maison, découvrez la mission
Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.
Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.
Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.
Cliquez sur l’image ci-contre pour avoir toutes les informations sur les week-ends et mini-séjours «découverte» proposés par le Défap sur le thème «Voir ou revoir Paris».

 




La Mission, ce n’est pas seulement pour les autres

Les jeunes visiteurs dans le jardin du Défap © Défap

Jeudi 26 avril : au deuxième étage du 102 boulevard Arago, dans la «salle de cours» du Défap (celle-là même où avait lieu, au temps de la Société des Missions Évangéliques de Paris, la formation des futurs envoyés), un petit groupe est réuni en demi-cercle. Il y a là neuf jeunes venus de quatre paroisses de la région Est-Montbéliard et leurs accompagnateurs. Ils sont en train d’évoquer ensemble les quatre jours qu’ils viennent de passer dans la capitale. Quatre journées largement consacrées au Défap, à son histoire, à ses activités, mais aussi à des visites dans Paris liées aux thématiques de la découverte et de l’échange, comme le musée du Quai Branly ou le Centre Georges Pompidou.

Aux yeux de Dalip Hugon, coordinateur Jeunesse pour la région Est-Montbéliard de l’Église Protestante Unie de France, l’objectif du voyage était clair : «Susciter des vocations chez les jeunes». Quel genre de vocation ? Celle de partir en mission à l’international à travers un Service Civique ou en tant que Volontaire de Solidarité Internationale, par exemple ; ou plus largement, toute forme d’engagement au service des autres à travers la Mission. Pari réussi, si l’on en juge par les réactions des jeunes visiteurs : «Ils se sont vraiment sentis accueillis au Défap, ils ont pu voir que c’est une maison qui vit, où l’on peut rencontrer des gens de divers horizons», estime Valérie Mitrani, accompagnatrice du groupe et pasteur d’Épinal, Thaon-les-Vosges et Remiremont. «Pour eux, cette visite représentait une vraie découverte. Les appréciations sont positives ; et dans le feu de l’action, il y en a même un ou deux qui ont dit : s’engager, pourquoi pas ?»

«Une réelle méconnaissance de la Mission chez les jeunes»

L’idée de ce voyage était née lors de la pastorale régionale organisée en juin 2017. Florence Taubmann, responsable du service Animation France – Jeunesse du Défap, invitée dans la région Est-Montbéliard, avait alors évoqué le projet «Voir et revoir Paris», visant à ouvrir les portes de la «maison des Missions» à des groupes issus de diverses paroisses, pour leur permettre de mieux connaître son histoire et son fonctionnement actuel. «Cette offre du Défap correspondait à un réel besoin chez nous», souligne Dalip Hugon. «Nous avions pu constater, dans nos Églises, une réelle méconnaissance de la Mission chez les jeunes». L’organisation du voyage se met dès lors sur pied : outre Dalip Hugon, les jeunes seront accompagnés par Valérie Mitrani et son mari, David Mitrani, pasteur lui aussi ; trois réunions successives permettent de construire le programme, de définir l’offre proposée aux jeunes. Public visé : celui des «post-caté» (adolescents-jeunes adultes). «Il y avait pour nous plusieurs points importants, insiste Dalip Hugon : tout d’abord, que cette visite permette une dynamique consistoriale, avec plusieurs paroisses associées au projet. Ensuite, l’aspect participatif. Chacun devait avoir un temps de service, qu’il s’agisse de servir les repas, de ranger, de s’occuper de l’aumônerie…» Et voilà comment, dans la deuxième moitié du mois d’avril, un groupe de jeunes venus de trois paroisses vosgiennes et d’une paroisse meurthe-et-mosellane débarque à Paris et vient pousser la porte du 102 boulevard Arago.

Les accompagnateurs : Dalip Hugon (à gauche) Valérie Mitrani (au centre) et David Mitrani (à droite) © Défap

Le programme s’établit autour de trois axes, que détaille ainsi Valérie Mitrani : «la découverte du Service Protestant de Mission dans ses divers aspects – notamment tout ce qui tourne autour de l’envoi et de l’accueil – et de l’histoire de la Mission ; l’animation biblique ; et une découverte de Paris en lien avec le thème de la visite». Au Défap même, les neuf jeunes et leurs trois accompagnateurs ont trois temps d’animation. Le premier, avec Florence Taubmann, est consacré à une approche biblique de la Mission. Le deuxième, avec Laura Casorio, du service Relations et Solidarités Internationales, détaille les activités du Défap en lien avec l’envoi de volontaires à l’international. Le troisième, avec Claire-Lise Lombard, prend la forme d’une visite de la bibliothèque du Défap, où une exposition est organisée, ainsi que des archives. Autant de manières de montrer d’où vient la Mission, et de quelle manière elle se vit aujourd’hui. «La Mission, résume Valérie Mitrani, ce n’est pas seulement pour les autres. S’engager, ce n’est pas quelque chose d’impossible. Nous voulions montrer aux jeunes qu’eux aussi, ça peut les concerner».

Retrouvez ci-dessous quelques images mises en ligne par les jeunes de la région Est-Montbéliard à l’occasion de leur visite :

Rencontrez la maison, découvrez la mission
Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.
Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.
Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.
Cliquez sur l’image ci-contre pour avoir toutes les informations sur les week-ends et mini-séjours «découverte» proposés par le Défap sur le thème «Voir ou revoir Paris».

 




Découvrez le Défap autrement avec le parcours «Paris protestant»

Le bâtiment du Défap, vu depuis le jardin

Quel meilleur moyen de découvrir Paris que de flâner dans ses rues ? En évitant les transports en commun bondés, les boulevards embouteillés… Depuis leur invention en 1947, les sentiers de grande randonnée n’ont cessé de se développer en France, offrant aux piétons aventureux de multiples possibilités de s’initier à l’intimité d’un terroir, mais aussi de redécouvrir des zones urbaines avec un regard neuf : le dernier GR en date, le GR 2013, traverse ainsi la totalité de la métropole marseillaise… Avec ses multiples quartiers isolés des grands boulevards, ses parcs et jardins, sa richesse historique et architecturale, Paris se prête particulièrement au tourisme pédestre ; les possibilités de randonnées sont légion, depuis les itinéraires officiels recensés sur Google Maps et dans la liste des GR, jusqu’aux guides touristiques en bonne et due forme, en passant par les sites spécialisés, ceux de passionnés ou les parcours proposés par les auberges de jeunesse

Avec son parcours «Paris protestant», le Musée virtuel du Protestantisme propose de regarder la capitale avec des yeux neufs, à travers une partie de son patrimoine dont l’histoire reste parfois méconnue. L’occasion de se souvenir que Saint-Germain des Prés joua un rôle important dans la naissance du protestantisme avec le théologien et humaniste Jacques Lefèvre d’Étaples, qui traduisit le Nouveau Testament en français et rédigea des commentaires des épîtres de Paul qui devaient faire de lui un précurseur des grands réformateurs ; ou encore, que c’est dans le Quartier latin que Jean Calvin a habité durant ses études…

L’histoire d’une maison et celle de la Mission

Pour aller plus loin :

Dans ce parcours «Paris protestant», la Maison des Missions, au 102 boulevard Arago, figure en bonne place, dès la deuxième étape, juste après le «Paris de Calvin». Avec une présentation très détaillée, à la fois de l’histoire du bâtiment, construit en 1886 et qui a connu plusieurs extensions en 1909 et 1950, mais aussi de l’aventure de la Société des Missions Évangéliques de Paris (SMEP), l’ancêtre de l’actuel Défap. L’occasion de découvrir ce qui se vit aujourd’hui dans le prolongement de l’histoire des Missions – et pourquoi pas, de faire un mini-séjour au Défap (voir encadré ci-dessous) ?

Auteur de cette initiative, le Musée virtuel du Protestantisme a été créé en 2003 par la Fondation pasteur Eugène Bersier, avec le concours de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français. Ila pour buts affichés de :

  • Faire connaître les spécificités des chrétiens protestants.
  • Illustrer les moments significatifs de l’histoire du protestantisme.
  • Conserver les images, textes, tableaux, dessins, objets, témoins de l’histoire des protestants.

Le musée se veut avant tout pédagogique, instructif, esthétique, pour expliquer comment s’est développée la communauté protestante en France depuis le XVIe siècle.Actuellement, ses collections comprennent un millier de notices, 2 800 images et 700 références bibliographiques. Il s’enrichit progressivement, notamment de vidéos et d’extraits sonores.

Rencontrez la maison, découvrez la mission

Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.
Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.
Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.
Cliquez sur l’image ci-contre pour avoir toutes les informations sur les week-ends et mini-séjours «découverte» proposés par le Défap sur le thème «Voir ou revoir Paris».

 




«Les guerrières de la Paix», un film en quête de donateurs

Après le témoignage de Charlotte dans le cadre du programme EAPPI, voici une autre vision de la situation en Israël et Palestine : l’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, ont financé grâce à une campagne de «crowdfunding» un film documentaire sur le mouvement Women Wage Peace. Cette association, formée après la guerre de 2014 dans la bande de Gaza, est composée de femmes juives et arabes israéliennes réclamant la coexistence. Elle réunit des dizaines de milliers de femmes et ne cesse de grandir ; elle a déjà organisé deux marches pour la paix, dont la dernière, en octobre 2017, a rassemblé 30 000 personnes à Jérusalem.

Michal Froman la juive orthodoxe, Huda Abuarqob la Palestinienne d’Hébron : deux femmes que tout oppose, que tout semble destiner au conflit, et qui pourtant s’engagent et l’une et l’autre pour la paix. Deux portraits et deux parcours que devrait rassembler bientôt un film documentaire, «Les guerrières de la Paix», consacré au mouvement Women Wage Peace (WWP), et actuellement en quête de financements. L’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, espèrent le voir diffusé «par une chaîne publique française en mai prochain».

Un projet participatif pour lequel les deux femmes ont dû continuer à se battre jusqu’au bout : si l’essentiel du film bénéficiait déjà d’un financement, il restait encore des «dépenses non couvertes» – transports, matériel et logement. Elles étaient en quête de 20.000 euros. Pour les trouver, les réalisatrices ont organisé une campagne de levée de fonds sur Ulule. Avec un plein succès : l’objectif a été atteint le 30 mars dernier, et le total des fonds collectés dépasse aujourd’hui les 25.000 euros.

Un mouvement qui compte aujourd’hui plus de 40 000 membres

Michal Froman la juive orthodoxe, Huda Abuarqob la Palestinienne d’Hébron : deux femmes que tout oppose, que tout semble destiner au conflit, et qui pourtant s’engagent et l’une et l’autre pour la paix. Deux portraits et deux parcours que devrait rassembler bientôt un film documentaire, «Les guerrières de la Paix», consacré au mouvement Women Wage Peace (WWP), et actuellement en quête de financements. L’auteure Hanna Assouline, et sa co-réalisatrice Jessica Bertaux, espèrent le voir diffusé «par une chaîne publique française en mai prochain».

Un projet participatif pour lequel les deux femmes ont dû continuer à se battre jusqu’au bout : si l’essentiel du film bénéficiait déjà d’un financement, il restait encore des «dépenses non couvertes» – transports, matériel et logement. Elles étaient en quête de 20.000 euros. Pour les trouver, les réalisatrices ont organisé une campagne de levée de fonds sur Ulule. Avec un plein succès : l’objectif a été atteint le 30 mars dernier, et le total des fonds collectés dépasse aujourd’hui les 25.000 euros.

Le courage de tendre la main

Le mouvement Women Wage Peace est né dans le sillage de l’opération militaire israélienne à Gaza de l’été 2014. Son but : faire entendre toutes les voix des femmes qui, au sein de la société civile, réclament la paix. Et faire ainsi pression sur les dirigeants. WWP est représenté à travers tout le pays par 70 groupes dans lesquels se retrouvent des femmes israéliennes juives, arabes (qu’elles soient musulmanes ou chrétiennes), bédouines, druzes. «Pour moi, témoigne une des membres du mouvement, Yaël Dagan, l’exemple à suivre est celui des femmes du Nigeria, chrétiennes ou musulmanes, qui ont obligé les belligérants à négocier. Elles ne les ont pas lâchés une minute. C’est ça qu’il faut faire.»

Pour cela, il a d’abord fallu trouver le courage de tendre la main. Ce qu’illustre le parcours des deux femmes que suit le documentaire «Les guerrières de la Paix». Hanna Assouline et Jessica Bertaux sont ainsi allées à la rencontre de «Michal Froman, une juive orthodoxe habitant dans les colonies. Subtil mélange entre une extrême douceur et une extraordinaire combativité, cette femme a été victime d’une attaque au couteau l’année dernière. Elle était alors dans son quatrième mois de grossesse… Plutôt que de sombrer dans le ressentiment et la haine elle choisit alors de s’engager auprès d’autres femmes, et parfois contre l’avis de sa communauté, pour que « ce qui lui est arrivé ne se reproduise plus.» En parallèle, les deux réalisatrices ont aussi suivi «Huda Abuarqob, (une) Palestinienne de 42 ans, (qui) habite à Hébron. Engagée depuis sa jeunesse dans la défense de son peuple, elle est la présidente du mouvement palestinien ALLMEP. Elle décide aujourd’hui de se battre aux côtés des femmes de Women Wage Peace. Un choix difficile et courageux pour cette palestinienne militante qui prend le risque d’être accusée par les siens de «pactiser avec l’ennemi».

Retrouvez ci-dessous le teaser du film :

Credits photos : Des milliers de femmes marchent pour la paix avec WWP © Hanna Assouline et Jessica Bertaux / Marie-Lyne Smadja, de WWP © Women Wage Peace




Service civique : partir avec le Défap

Partir en Service Civique avec le Défap partout dans le monde © Défap

Le Service Civique, c’est la possibilité de vivre de nouvelles expériences et de vous ouvrir à d’autres horizons en effectuant une mission au service de la collectivité. C’est également une opportunité de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences. Accessible sans condition de diplôme, il est indemnisé et s’effectue en France ou à l’étranger. Connu par 93% des jeunes et plus généralement par plus de neuf Français sur dix, selon une étude Ifop, il suscite l’intérêt de près de 67% des jeunes. Plus d’un français sur deux cite spontanément le Service Civique comme le premier dispositif d’engagement proposant aux jeunes des missions citoyennes. Ce rôle d’acteur de référence en matière de jeunesse et d’engagement se retrouve aussi dans les concepts qui lui sont spontanément associés : «solidarité», «engagement», «utile», «aide», «civisme», «citoyenneté», «volontariat».

La spécificité des missions proposées par le Défap, c’est qu’elles s’effectuent à l’étranger, et plus particulièrement en-dehors du continent européen. Ce qui est plutôt exceptionnel dans le cadre d’un Service Civique. Ainsi, en 2014, sur 35.000 volontaires, 784 au total s’étaient engagés pour des missions à l’étranger, dont 491 hors Europe. La découverte d’un pays, le travail dans un contexte interculturel, représentent une expérience dont les Volontaires en Service Civique à l’International (VSCI) reconnaissent tous qu’ils en sortent transformés. Un vrai atout pour l’avenir, tant citoyen que professionnel, avec des bénéfices directs pour poursuivre des études, pour l’orientation professionnelle ; une expérience qui peut aussi déboucher par la suite sur d’autres formes d’engagement.

Le Service Civique, de plus en plus reconnu par les DRH

Pour aller plus loin :

Le Service Civique est aujourd’hui de plus en plus reconnu par les DRH qui, à 87%, en ont une bonne voire très bonne image. Ils considèrent à 75% que c’est un atout dans le parcours d’un jeune et à 64% que cette expérience d’engagement citoyen pourrait les inciter à recruter. Huit ans après la création de ce dispositif, des volontaires de la «première génération» reconnaissent eux aussi le bénéfice qu’a pu avoir le Service Civique dans leur propre parcours. Illustration avec ce témoignage de Daniel Cremer, parti avec le Défap comme assistant d’éducation à l’école primaire protestante Kallaline, en Tunisie, pendant l’année scolaire 2012-2013. Son investissement personnel a été reconnu et apprécié non seulement au sein de l’école elle-même, mais aussi en-dehors, puisqu’il lui a permis de devenir lauréat de l’Institut du Service Civique (devenu depuis l’Institut de l’Engagement). Avec à la clé un soutien pour la suite de son parcours professionnel. Signe de cette prise en compte de plus en plus importante du Service Civique dans le parcours d’un volontaire, l’Institut de l’Engagement augmente d’ailleurs spectaculairement, d’année en année, le nombre de l’auréats qu’il accompagne…

Voici quelques exemples de pays où vous pouvez vous engager et de missions proposées par le Défap pour l’automne 2018 (sous réserve d’agrément) :

  • à Madagascar : assistant(e) d’éducation en centre d’accueil pour enfants à Tananarive ou à Antsirabe
  • au Sénégal : appui à la mise en place de formations pratiques et manuelles à M’bour ; appui à un programme de santé communautaire à Fatick
  • au Cameroun : appui à un programme de santé communautaire à Bafia
  • au Congo-Brazzaville : appui à un programme de santé communautaire à Brazzaville
  • au Bénin : animateur(rice)/répétiteur(rice) en école et crèche à Cotonou
  • en Tunisie : assistant(e) d’éducation à l’école Kallaline à Tunis
  • en Égypte : assistant(e) de français en lycée au Caire

Et pour vous montrer ce que peut vous apporter une mission de Service Civique, voici deux témoignages en vidéo d’anciens envoyés du Défap, partis en mission au cours de l’année 2015-2016… Vous pourrez en rencontrer d’autres au siège du Défap lors de notre journée d’information prévue le 28 avril prochain (pour participer, renseignez-vous par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55).

William, de retour de mission en Tunisie : «Dix mois dans une vie, ça marque un virage»

Nicolas, de retour du Bénin : «J’espère que ce que j’ai créé là-bas a toujours du sens aujourd’hui»




Service civique : le pouvoir d’être utile

Le pouvoir d’être utile, nouvelle campagne du Service Civique © Agence du Service Civique

Le slogan, diffusé depuis le 7 mars sur de multiples supports, vous est peut-être déjà familier : «Le pouvoir d’être utile». Tout comme les premières images de la nouvelle campagne lancée par l’Agence du Service Civique… Des visages et des engagements : «En prenant soin des autres, je soigne mon avenir» ; «En aidant les plus fragiles, je me découvre une vraie force»… Les exemples de missions sont tirés de situations réelles avec un accent mis à la fois sur leur diversité, et sur ce que reçoivent les volontaires à titre personnel en apportant aux autres. Qu’il s’agisse de s’engager dans l’intergénérationnel, l’aide aux plus démunis, le soutien scolaire, la préservation de l’environnement ou l’accès à la pratique sportive par tous… Cette grande campagne se décline sous la forme d’un film (réalisé par Benjamin Nicolas et programmé jusqu’au 11 avril à la télévision, avant un nouveau passage en septembre), de neuf affiches (photographiées par Alexi Hobbs et diffusées dans 556 gares) et de nombreux relais sur les réseaux sociaux. Elle a été lancée à la veille du huitième anniversaire d’un dispositif qui a déjà attiré plus de 270.000 volontaires de tous horizons depuis sa création, et qui bénéficie d’une reconnaissance croissante.

Le Service Civique, destiné aux 16-25 ans, permet d’effectuer une mission d’intérêt général dans une association, une collectivité ou un établissement public de six à douze mois. En 2017, 125.000 jeunes ont réalisé une mission dans une des 10.000 structures d’accueil partenaires, publiques et associatives. Selon les résultats de la 3ème édition du baromètre Ifop et de l’enquête de satisfaction menée auprès de 20 000 anciens volontaires, dévoilés le 6 mars par l’Agence du Service Civique, 94% d’entre eux le recommanderait à un(e) ami(e).

«Une école de la vie»

Pour aller plus loin :

Pour 2018, le gouvernement a alloué 448 millions d’euros au financement du Service Civique. L’objectif est d’accueillir 150.000 jeunes, a souligné Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale chargé également de la Jeunesse, saluant «une école de la vie». La reconnaissance et la valorisation par l’ensemble de la société, notamment le monde éducatif et professionnel, restent des enjeux clés pour poursuivre la montée en puissance de ce dispositif, comme l’a souligné le président de la République dans son discours à la jeunesse du 31 décembre dernier. C’est dans ce contexte que s’inscrit le Club de valorisation du Service Civique en entreprise présenté en ce mois de mars par l’Agence du Service Civique.

Chaque année, le Défap envoie en mission une quinzaine de volontaires dans le cadre du Service Civique – un nombre qui va croissant. Ils ou elles peuvent être assistant(e) d’éducation pour l’apprentissage du français dans une école tunisienne ou au Bénin, travailler auprès d’un orphelinat au Caire ou à Madagascar… Des missions qui tournent essentiellement autour de l’enseignement ou de la santé, mais peuvent aussi concerner le développement durable ; des missions qui permettent, aussi, de découvrir des pays très divers et offrent l’opportunité de travailler dans un contexte interculturel – autant d’éléments susceptibles d’être valorisés dans la suite d’un cursus ou comme première expérience professionnelle. En s’ouvrant aux autres, on se révèle à soi-même. C’est aussi ça, le pouvoir d’être utile.

 

28 avril : une journée pour répondre à toutes vos questions
Les missions que propose le Défap, étant tournées vers l’international et supposant une certaine autonomie de la part des volontaires, sont destinées prioritairement à de jeunes adultes. Vous avez entre 18 et 25 ans, et vous êtes intéressé(e) par le Service Civique ? Rendez-vous le samedi 28 avril au 102 boulevard Arago, à Paris, pour une journée d’information organisée en partenariat par le Défap – Service protestant de mission et Visa Année Diaconale. Vous en apprendrez plus sur le dispositif, les missions que nous vous proposons pour partir à l’automne 2018, et vous pourrez échanger avec l’équipe du Défap qui répondra à vos questions. Renseignements par mail ou en téléphonant au 01 42 34 55 55.

 




Théologie et Mission d’hier et d’aujourd’hui au menu des étudiants de l’IPT

Deuxième «déjeuner-culte» au 102 boulevard Arago, 6 mars 2018 © Défap

Côte à côte dans la salle à manger au deuxième étage du 102 boulevard Arago, les pasteurs Tünde Lamboley et Florence Taubmann, qui s’occupent respectivement de la Jeunesse et des relations avec les paroisses au Défap, accueillent les nouveaux arrivants. De petits groupes se forment et les conversations s’engagent autour des tables pendant que les ultimes préparatifs s’achèvent en cuisine. Les convives se connaissent bien : ils arrivent de l’Institut Protestant de Théologie, et beaucoup d’entre eux participent pour la deuxième fois au «déjeuner-culte» du Défap. Florence Taubmann élève la voix pour couvrir le bruit des discussions : le repas va commencer. Chacun prend place. Au menu : prières, chants, débats théologiques – avec également, pour nourrir les corps aussi bien que seront stimulés les esprits, une entrée de crudités suivie d’un plat de pâtes à la bolognaise.

Pour ce deuxième «déjeuner-culte» au Défap, ils sont une vingtaine d’étudiants à avoir fait le déplacement. La salle à manger est un peu plus remplie que lors du repas du 6 février, qui avait constitué à la fois la première édition et la phase de test de ces nouveaux rendez-vous organisés au 102 boulevard Arago. Un indice encourageant sur le succès de l’initiative… Les convives sont répartis autour de deux tables. Des chansonniers circulent de main en main. Après la lecture du psaume 8 par Florence Taubmann, Tünde Lamboley, qui se tient à un bout de table, dirige la prière et invite l’assistance à chanter le cantique : «Toi qui es lumière»…

Des dispositifs d’envoi trop peu connus des protestants

Pour aller plus loin :
Premier «déjeuner-culte» avec les étudiants de l’IPT
Le site de l’Institut protestant de théologie…
… et la page Facebook de l’IPT

Lumière et ténèbres : cette dualité va être au cœur des échanges qui s’amorcent autour des tables, doublée du diptyque grâce/jugement. Le texte du jour, lu par Tünde Lamboley, est celui destiné au dimanche 11 mars : le troisième chapitre de l’évangile de Jean, versets 14 à 21. Un texte qui ne laisse aucun des convives indifférent et qui ouvre assez vite sur des débats dans lesquels se révèle une grande diversité d’approches et de conceptions théologiques. Faut-il redouter ce jugement dont parle l’apôtre Jean ? N’implique-t-il pas par avance l’idée d’une condamnation ? Faut-il l’entendre au contraire comme un jugement qui laisse la place à un repentir, un changement ? «Pour moi, intervient une participante, Jean 3:16, c’est un peu un résumé de toute la Bible : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».» Et pour conclure ce moment de culte à l’issue du repas, une superbe prière sur la lumière écrite par la théologienne protestante Marion Muller-Colard…

Mais à ces débats théologiques s’ajoutent des questions plus pratiques et plus concrètes sur le Défap : son histoire, ses buts, ses moyens d’action, son organisation… Qu’est-ce qui a changé entre la Mission telle que la pratiquait la SMEP, l’ancêtre du Défap, et la Mission aujourd’hui ? Combien le Défap a-t-il d’envoyés, et dans quels pays ? L’intérêt de ces «déjeuners-cultes» est surtout de resserrer les liens entre deux institutions protestantes voisines. De l’IPT au Défap, il y a moins de 200 m… Mais la proximité géographique ne fait pas tout. Nombre d’étudiants n’ont jamais eu l’occasion de pousser la porte du 102 boulevard Arago. On trouve parmi eux les profils les plus divers ; tous ne se destinent pas à une vocation pastorale ; certains connaissent déjà bien le Service protestant de mission, d’autres fort peu, et tous ont des questions en suspens.

D’où l’idée d’organiser une rapide visite de la maison avant que tous les étudiants ne retournent à l’IPT. D’où l’idée, aussi, de faire participer des membres de l’équipe du Défap à ces repas, pour présenter leur travail : aujourd’hui, c’est au tour de Laura Casorio, qui fait partie du pôle Relations et Solidarités Internationales et s’occupe notamment des envoyés. L’occasion de faire le point sur les divers statuts, et sur les possibilités d’envoi qui existent. «Les envoyés peuvent partir pour quelques mois dans le cadre d’un service civique, une année en tant que Volontaires de Solidarité Internationale ; et il y a aussi des pasteurs qui peuvent occuper un poste à l’étranger ou dans les Territoires d’Outre-Mer», résume Tünde Lamboley. Des possibilités qui restent encore trop peu connues parmi les protestants…

Ci-dessous, retrouvez une présentation en vidéo d’un film de Pierre Vella sur l’IPT ; il a été diffusé sur France 2 lors de l’émission Présence Protestante du 17 mai 2015.

«On est toujours en marche. Il ne suffit pas de se dire : j’ai la foi…»




L’espérance au cœur des ténèbres

Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé © Défap

La rencontre a eu lieu début novembre à l’Institut Protestant de Théologie (IPT), à Paris : Jürgen Moltmann l’Allemand, Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé le Centrafricain – deux univers qui se croisent et se parlent. Le premier, venu à l’IPT pour une conférence, est un survivant de la Seconde Guerre mondiale : né en 1926 à Hambourg, il a connu l’enrôlement dès 14 ans au sein des Jeunesses hitlériennes. Puis au sein de la défense anti-aérienne de l’armée allemande. Fait prisonnier en 1945, il a passé les trois années suivantes dans divers camps. Et c’est là qu’il a reçu un Nouveau Testament des mains d’un aumônier américain, et rencontré divers groupes chrétiens et étudiants en théologie. Retournant enfin chez lui en 1948, pour retrouver sa ville natale réduite en ruines par les bombardements américains, il a commencé à réfléchir à une théologie de l’espérance adressée à ceux qu’il qualifie de «survivants de sa génération». Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé, pour sa part, est né en 1984 en République centrafricaine ; il a été pasteur de l’Église évangélique Béthanie, à Bangui, de 2006 à 2013. Il a bénéficié d’une bourse du Défap pour étudier le dialogue des cultures et des religions à l’institut Al Mowafaqa, au Maroc ; depuis 2015, toujours avec l’aide du Défap, il étudie à l’Institut Protestant de Théologie (faculté de Paris) où il prépare un doctorat. Son sujet d’étude : la théologie de Moltmann, et plus précisément la façon dont elle est reçue par les protestants francophones…

Un sujet qui, pour Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé, reflète bien plus qu’un choix académique. «Jürgen Moltmann a connu une vie de souffrance, il a connu les bombardements, la prison, il a perdu tous ses proches dans la guerre : et c’est dans ce contexte qu’il a expérimenté la Croix. J’ai aussi vécu la guerre en Centrafrique ; j’ai aussi été personnellement touché, ma famille a été durement frappée, mes amis proches ont été tués ; et même si je n’y vis pas actuellement, je ressens fortement qu’il y a en Centrafrique beaucoup de gens qui continuent d’y vivre des choses terribles, et qui ont vraiment besoin d’un message d’espérance. Or Moltmann, à travers tout ce qu’il a vécu, réussit à nous parler d’un Dieu non pas lointain, mais bien présent ; un Dieu qui compâtit à la douleur et qui intervient, qui agit.»

«Pour une Église qui n’a pas peur de la rencontre»

De gauche à droite : la rencontre entre Jürgen Moltmann et Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé © Défap

L’intérêt de Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé pour le parcours et la théologie de Jürgen Moltmann n’est pas récent, mais il n’a fait que se renforcer avec l’aggravation de la crise centrafricaine : «Je l’avais déjà étudié quand j’étais en licence à la faculté de théologie évangélique de Bangui (la Fateb). Déjà à cette époque, Moltmann  m’avait beaucoup intéressé. Mais quand est venu le moment de déposer mon sujet de doctorat, la situation de mon pays s’était tellement dégradée que je me suis demandé : en tant que théologien, y a-t-il un message d’espoir que je puisse porter ? Des experts de l’Onu évoquent régulièrement des signes avant-coureurs de génocide, les populations sont désespérées, elles ne savent si elles vont s’en sortir… Je me suis alors rendu compte que théologie de Moltmann répond aux besoins de tout ce que traverse mon pays depuis bientôt sept ans. Et au-delà de ses travaux, par ses prises de position, il soutient aussi l’engagement de l’Église dans la société.  Jürgen Moltmann rappelle quelle attitude avait Jésus-Christ vis-à-vis des autorités politiques ; comment il faisait face aux dirigeants de son temps, n’hésitait pas à dénoncer, attirer l’attention… C’est là le rôle que Moltmann veut pour l’Église : selon lui, l’Église n’est pas hors de la société, elle est dans la société, et tout ce qui concerne la société concerne aussi l’Église. L’Église a ainsi un rôle à jouer en matière de protection de l’environnement, elle peut lutter contre la xénophobie à travers des programmes inter-communautaires ; elle peut légitimement s’engager dans les relations œcuméniques, dans le dialogue avec d’autres religions…»

A travers ses travaux, Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé espère aussi contribuer à mieux faire connaître un théologien qui est, curieusement, mieux connu chez les catholiques et dans le monde anglo-saxon qu’au sein du monde protestant francophone. «Dans les milieux protestants, Moltmann est très critiqué, notamment chez les évangéliques, qui le classent parmi les théologiens libéraux. Il est vrai que sa théologie encourage une foi ouverte, une Église ouverte, qui ne soit pas introvertie… Une Église qui n’a pas peur de la rencontre et du dialogue. Ainsi qu’il est écrit dans les lettres de Paul : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme »…»

Franck Lefebvre-Billiez




Premier «déjeuner-culte» avec les étudiants de l’IPT

Premier «déjeuner-culte» au 102 boulevard Arago, 6 février 2018 © Défap

«Une flamme en moi, Réchauffe mon cœur. Cette flamme en moi, Brûle mes malheurs. Je sens qu’elle est là, Sa douce lueur, Brille en moi, brille en moi, brille en moi !» Repris par un chœur d’une quinzaine de voix, le chant monte dans la salle à manger du Défap, au premier étage du 102 boulevard Arago. Par les hautes fenêtres, on aperçoit la neige qui tombe et les toits blanchis de Paris en cet humide 6 février. Autour de la table, des étudiants venus, en voisins, de l’Institut Protestant de Théologie (IPT) ; ils ont été accueillis par les pasteurs Florence Taubmann et Tünde Lamboley, qui s’occupent respectivement des relations avec les paroisses et de la jeunesse au sein du Défap.

Le repas est simple et convivial : soupe et plateau de charcuterie ; au dessert, des parts de gâteau et de quatre-quart. Les plats circulent autour de la longue table et les discussions s’engagent. Florence Taubmann présente les lieux – l’historique maison de la Société des Missions Évangéliques de Paris, fondée en 1822 et qui céda la place en 1971 au Défap – Service protestant de mission, et à la Cevaa – Communauté d’Églises en mission. Cette grande maison, l’actuelle équipe du Défap y travaille, y accueille des invités, y organise des rencontres ; c’est là qu’ont lieu chaque année les sessions de formation des futurs envoyés… Aux côtés de Florence Taubmann, Tünde Lamboley décrit le fonctionnement actuel du 102 boulevard Arago : «C’est une maison où il passe beaucoup de monde. Il n’est pas rare d’y croiser une délégation d’une Église-sœur venue d’Afrique, le président d’une Église du Cameroun ou du Sénégal. On peut se retrouver à la même table qu’eux au petit-déjeuner…»

Quel programme pour les prochains «déjeuners-cultes» ?

Pour aller plus loin :
Le site de l’Institut protestant de théologie…
… et la page Facebook de l’IPT

Les convives écoutent, attentifs. Plus d’une moitié d’entre eux n’ont jamais eu l’occasion de pousser la porte du 102 boulevard Arago. Les bâtiments de l’IPT sont pourtant situés le long du même boulevard, à quelques centaines de mètres en droite ligne du siège du Défap. Après une petite introduction à la vie de la maison, chacun se présente en un rapide tour de table. Marc suit une formation à distance depuis Auxerre, il est à Paris pour ses cours le mardi ; il a déjà été hébergé au Défap. Aymeline a un peu plus fréquenté les lieux, y a déjà fait des rencontres telles que celles décrites par Tünde… Evariste, lui, connaît bien la maison. Mais pour beaucoup des invités du jour, le Défap reste plutôt mystérieux. D’où l’idée d’une telle rencontre, afin de permettre aux uns et aux autres de mieux se connaître.

Vue de l’IPT, côté jardin © IPT

Pour les étudiants en théologie, leurs relations avec le Défap se limitent souvent à la bibliothèque, où ils peuvent venir faire des recherches. Mais au début de l’année scolaire, l’IPT était en demande d’un pasteur pour organiser des cultes une fois par semaine. Tünde Lamboley s’est proposée ; depuis septembre 2017, elle cumule ainsi ces cultes avec ses activités de secrétaire exécutive chargée de la jeunesse au Défap. Et c’est elle qui a proposé d’organiser, certains mardis, une réunion conviviale au 102 boulevard Arago : un déjeuner, suivi d’un culte.

Pour cette première édition, cruciale car elle doit servir à mesurer si une telle initiative a un avenir, les convives sont venus nettement plus nombreux que prévu. Malgré des délais d’organisation très serrés (les étudiants n’ont été prévenus, par mail, que la veille…) Après les nombreux échanges autour de la table, le moment de culte prendra une demi-heure, consacrée au texte biblique du dimanche 11 février : la guérison d’un lépreux par Jésus racontée au premier chapitre de l’évangile de Marc (versets 40 à 45). Les invités ont eu droit entre-temps à une présentation des divers champs d’activité du Défap, à une description du travail réalisé auprès des paroisses en France et des relations établies avec des Églises hors de France, ainsi qu’à une explication sur les différences de statuts entre envoyés… Et pour la suite ? «Nous avons pensé à faire participer un intervenant : un membre de l’équipe du Défap, qui pourrait présenter son travail», explique Tünde Lamboley. Les «déjeuners-cultes» ont désormais tout un programme à inventer.

Ci-dessous, retrouvez une présentation en vidéo des études de théologie à l’IPT :

«Quand on fait de la théologie, on ne s’ennuie pas !»




Un ancien boursier du Défap distingué au Gabon

Pépin Le Vieux Ngyema Essone (à gauche) photographié à Libreville en compagnie de deux secrétaires exécutifs du Défap : Tünde Lamboley (au centre) et Jean-Luc Blanc (à droite) © Défap

Avant de devenir le premier docteur en théologie de l’Église évangélique du Gabon (EEG), le pasteur Pépin Le Vieux Ngyema Essone a été boursier du Défap. Un parcours dont il ne se souvient pas sans émotion, alors qu’il vient tout juste de soutenir sa thèse à l’Université protestante d’Afrique centrale (Upac), à Yaoundé : «Pour moi, c’est une grande joie et un aboutissement», reconnaît-il. Il a séjourné en France de novembre 2012 à juin 2013, pour effectuer des recherches à l’Institut Protestant de Théologie, à la fois à Paris et à Montpellier, ainsi qu’auprès des archives du Défap et de la Cevaa. Ses travaux, menés depuis 2010 à l’Upac sous la direction de Dieudonné Massi Gams, titulaire de la Chaire d’Histoire Ecclésiastique, portaient sur «L’Église évangélique du Gabon face au défi de la pauvreté : de l’autonomie à nos jours».

Né en novembre 1968 à Libreville, dans la paroisse de Baraka-mission (héritage de la première mission protestante américaine), Pépin Le Vieux Ngyema Essone est actuellement secrétaire académique de l’Institut supérieur des sciences technologiques de l’EEG, et pasteur en second de la paroisse d’Ayananga, à Bitam. Avant d’étudier la problématique de l’Église face à la pauvreté, il avait travaillé sur la question de la recomposition du paysage confessionnel au Gabon ainsi que sur la thématique de la théologie face aux croyances traditionnelles. La soutenance de sa thèse a eu lieu le 12 janvier dernier à l’amphithéâtre Emmanuel David de l’Upac, en présence d’invités venus à la fois du Gabon et du Cameroun. Parmi la délégation gabonaise figurait notamment le secrétaire général chargé de la formation à l’EEG, le pasteur Basile Nguema Allogo.

Lutte contre la pauvreté : quels liens entre politiques publiques et action de l’Église ?

Pour aller plus loin :
Fiche pays : le Gabon
L’échange théologique entre Eglises de cultures différentes : une volonté qui ne se dément pas
Un boursier du Défap à l’honneur : Lévi Ngangura Manyanya

La thèse de Pépin Le Vieux Ngyema Essone a reçu la mention «Très honorable». Ce qui représente à ses yeux «une grande nouvelle non seulement pour moi, mais pour toute l’Église évangélique du Gabon : elle attendait son premier docteur en théologie depuis 1842», date de la fondation de la première mission protestante américaine au Gabon. «Je sais que beaucoup d’espoirs avaient été placés en moi, ajoute Pépin Le Vieux Ngyema ; et malgré les difficultés que j’ai rencontrées, Dieu a permis ce résultat.» Après lui, plusieurs autres étudiants en théologie devraient, au cours des prochaines années, accéder à leur tour à ce titre de docteur, contribuant à améliorer le niveau de formation de l’EEG.

Sur le fond de sa thèse, Pépin Le Vieux Ngyema s’est attaché aux liens possibles entre l’action de l’État et de l’Église dans la lutte contre la pauvreté au Gabon, où l’on estime qu’un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté. «Le gouvernement a adopté en 2006 un Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) qui prévoyait une lutte contre la misère à l’horizon 2009. Face à une telle tâche, les autorités publiques ne peuvent agir seules et ont besoin de toutes les forces vives du pays. L’Église évangélique du Gabon, plus vieille institution religieuse du pays, ne peut rester en marge. Mais pour agir efficacement, il faut d’abord qu’elle se restaure. L’EEG, qui était une référence pour toutes les composantes de la société gabonaise, a beaucoup perdu…» Au cours de ses travaux, Pépin Le Vieux Ngyema s’est donc attaché à «remonter histoire de la mission, pour voir notamment comment, en France, la Société des Missions Évangéliques de Paris s’était adaptée face au changement dans ses relations avec les autorités publiques.» Il espère que la reconnaissance dont bénéficient désormais ses travaux permettra «d’attirer l’attention des autorités de l’Église, ainsi que celle des autorités publiques : l’Église peut vraiment être un partenaire de l’État dans la lutte contre la pauvreté. Même si elle-même ne peut agir seule et doit trouver des partenaires extérieurs, hors du Gabon… ».

Ci-dessous, nous reproduisons l’article diffusé dans le grand quotidien national gabonais «L’Union» sur la soutenance de thèse du pasteur Pépin Le Vieux Ngyema Essone :