Le web du Grand KIFF

L’aventure du Grand KIFF se poursuit avec l’ouverture du site web https://legrandkiff.org/

Bandeau de la page d’accueil du site consacré au Grand KIFF © DR

Entre écologie et solidarité

5 jours pour cheminer ensemble, être à l’écoute des questionnements d’autres jeunes et oser dire « je crois », « je doute », « j’espère ». C’est aussi se laisser interpeller par Dieu, les autres et oser des engagements concrets pour une « Terre en partage ».

Le programme au fil des jours

  • Je suis : être accueilli, accueillir et trouver sa place dans le monde, la société et au Grand KIFF,
  • Avec les autres : vivre ensemble et avec ceux qui sont sur le « bord de la route »,
  • Sur la Terre : Agir pour la planète et vivre de nouvelles solidarités et fraternités,

Des ateliers bibliques, cultes XXL, grands jeux, animations, soirées interactives, musique, ateliers thématiques et artistiques, expositions, afters… t’attendent !

Ouverture des inscriptions

Dès décembre 2019 sur le site web legrandkiff.org

Accueil : hébergement sous tente

  • 95 € (tout compris sans transport)
  • 120 € après le 15 mai 2020

En musique, et sur les réseaux sociaux

Le Grand KIFF 2020 en musique, c’est à retrouver dès à présent sur Spotify !

Spotify LGK

open.spotify.com/album/3BOsms7xQFDDopikrUX7bu

Et ailleurs sur le web : retrouvez toutes l’actualités du Grand KIFF 2020, l’AlterKIFF sur les réseaux sociaux.

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Savoir partir, savoir revenir

En cette fin de semaine se tient au Défap la traditionnelle session retour des envoyés, organisée tous les mois d’octobre. Elle réunit une douzaine de participants. L’occasion pour eux de se retrouver et d’échanger sur ce qu’ils ont vécu ; mais aussi de préparer la suite, à la fois pour se réinstaller en France, et pour trouver les manières de poursuivre leur engagement. De manière à ce que cette expérience, forte, du volontariat, ne se résume pas dans leur vie à une parenthèse.

Photo de groupe de la session retour d’octobre 2018 © Défap

L’enjeu du volontariat international est double : il s’agit, dans un premier temps, de savoir s’adapter à un pays, un milieu, une culture, des manières de communiquer et de travailler qui diffèrent radicalement de tout ce qu’on a pu connaître auparavant. Et dans un deuxième temps, de savoir revenir… c’est-à-dire retrouver un pays, une famille, des amis qui auront évolué ; sachant que l’on rentre soi-même profondément transformé de l’expérience du volontariat. Il ne faut donc pas négliger ce «choc du retour», sous peine de rendre la réinstallation plus difficile que le départ lui-même…

C’est tout l’enjeu des «sessions retour» que le Défap organise régulièrement début octobre au 102 boulevard Arago, et qui réunissent des envoyés ayant achevé leur mission. La session 2019 se déroule du 4 au 6 octobre, et réunit une douzaine de participants. Moments de partage, moments de «debriefing», ces sessions doublent, en quelque sorte, les sessions de formation au départ qui sont organisées, elle, chaque mois de juillet. On y retrouve, là encore, aussi bien des Volontaires de Solidarité Internationale (VSI) que des services civiques ; tous revenus au cours des dernières semaines de Madagascar, du Cameroun et des autres pays dans lesquels le Défap a des partenariats et des missions à pourvoir, que ce soit dans le domaine de la santé ou dans celui de l’enseignement.

Donner des clés, préparer la suite

Ces «sessions retour» ne se substituent pas aux entretiens individuels qui sont organisés peu après le retour de chaque envoyé ; mais elles permettent un partage d’expérience entre anciens volontaires en cours de réinstallation en France, et elles permettent aussi de donner des clés. Comment valoriser cette période de volontariat, à la fois sur le plan personnel, pour poursuivre des études ou préparer la suite d’un parcours professionnel, et sur le plan de l’engagement, de manière à lui permettre de se décliner à plus long terme et à ne pas perdre le contact avec le Défap ? Comment concilier projet individuel et collectif ? Comment, au bout du compte, les envoyés de retour peuvent-ils devenir témoins ?

L’objectif étant, finalement, de permettre que cette expérience du volontariat ne se résume pas, pour celles et ceux qui l’ont vécue, à une parenthèse dans leur vie ; de trouver comment l’exprimer, en faire un atout. Dans tous les cas, l’expérience du volontariat est de celles que l’on n’oublie pas. Avec ses rencontres, ses difficultés, ses coups de cœur et ses coups de cafard ; et tout ce que l’on apprend, qui change le regard sur soi et sur les autres. Autant de choses qu’il est important de partager…

Travaux de groupes dans le jardin lors de la session retour 2018 des envoyés du Défap © Défap

Moments de joie, de découverte, de découragement, d’accomplissement… et les souvenirs déjà, ceux qui sont encore à l’état brut, ceux sur lesquels les envoyés ont commencé à prendre du recul : la session retour est un moment clé de la vie du Défap, l’une des rares périodes au cours desquelles les envoyés ont véritablement l’occasion de se retrouver en groupe et d’échanger. Un moment qui va au-delà du simple bilan, ou des conseils de réinstallation…




Grand KIFF 2020 : retour sur le week-end des ambassadeurs

La prochaine édition du Grand KIFF, c’est dans une dizaine de mois. D’ores et déjà, le comité d’organisation et tous les partenaires de l’événement s’affairent ; c’est aussi le cas au Défap, où Tünde Lamboley, chargée de la Jeunesse, est particulièrement impliquée. Dans la course de fond que représente la mise en place de ce grand rendez-vous, les 7 et 8 septembre ont marqué un moment important, avec la présence d’un peu plus d’une quarantaine de personnes venues de toute la France qui se sont donné rendez-vous à la communauté de Taizé pour le week-end des ambassadeurs du Grand KIFF 2020.

Une quarantaine de personnes se sont retrouvées les 7 et 8 septembre à Taizé pour le week-end des ambassadeurs du Grand KIFF 2020 ; elles ont eu l’occasion de prier avec un millier de jeunes venus de toute l’Europe © DR

L’été 2020 sera l’été du Grand KIFF pour l’Église Protestante Unie de France et ses partenaires. Le Défap en fait partie, avec l’implication de Tünde Lamboley, chargée de la Jeunesse, en lien avec les dynamiques jeunesse régionales, les conseils régionaux ; l’événement mobilise ses propres équipes jeunesse, ses régies, ses coordinateurs EEUdF régionaux (Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France)… À noter qu’au sein des EEUdF, Daniel Cremer (commission vie spirituelle) est aussi un ancien envoyé du Défap.

Les 7 et 8 septembre, 41 personnes venant de toute la France se sont données rendez-vous à la communauté de Taizé pour le «week-end des ambassadeurs» du Grand KIFF. La participation aux offices de la Communauté, avec un millier de jeunes présents venus d’Europe et la rencontre avec Frère Jean, ont enraciné l’engagement de ces jeunes ambassadeurs dans la prière et la méditation biblique qui sera au cœur du Grand KIFF. Ce week-end marquait le lancement officiel du Grand KIFF «La Terre en partage», qui aura lieu du 29 juillet au 2 août 2020 à Albi.

Être ambassadeur

Mais pour les jeunes impliqués dans cette aventure, que signifie concrètement être ambassadeur du Grand KIFF ? Cela signifie être disponible pour réfléchir, en lien avec les instances et équipes concernées par la mise sur pied de l’événement, de manière à agréger les forces autour de ce rendez-vous de juillet 2020. Il s’agit de montrer comment le Grand KIFF peut être au service d’une dynamique jeunesse locale et régionale, et d’aider à en faire un moment fédérateur susceptible d’attirer les jeunes et jeunes adultes.

Être ambassadeur, cela signifie, pour les jeunes concernés, être envoyés par le Comité de pilotage du Grand KIFF qui est à leur disposition pour les accompagner et leur fournir les informations nécessaires : communication, programme, logistique, animations…

Être ambassadeur, cela signifie être animateur d’un projet qui se construit avec et pour les jeunes. Cette dynamique impulsée dès aujourd’hui est la première étape essentielle de cet événement, pour que le Grand KIFF soit un bouquet d’initiatives régionales.

Être ambassadeur, cela signifie être à l’écoute et ouvert pour la rencontre du terrain, pour réfléchir et créer ensemble. Leur enthousiasme pour accepter cette mission est un gage de sérieux et de responsabilité.

Le cheminement vers le Grand KIFF «La Terre en partage» a commencé. Invitez-les chez vous pour échanger avec eux ! Aude-Aline, responsable à Tours et membre du groupe de jeunes de sa paroisse, fait partie de l’aventure et partage son témoignage sur ce week-end : «Me voilà ambassadrice du Grand KIFF 2020 ! Avec l’aide du comité de pilotage du GK, les ambassadeurs et ambassadrices ont pour mission de promouvoir cet événement, d’en parler autour d’eux et de donner envie à un maximum de personnes d’y participer. En effet, ce week-end nous a convaincus que tout le monde pourrait y trouver son compte : se questionner, débattre, trouver des réponses et surtout rencontrer, échanger, chanter et faire la fête autour du thème «La Terre en partage». Ce week-end était donc un encouragement à nous lancer dans la promotion de ce Grand KIFF.»

  • Le Grand KIFF (15 -20 ans) : du 29 juillet au 2 août 2020 Albi
  • L’AlterKIFF (18 – 30 ans) : du 22 juillet au 4 août 2020

Le Grand KIFF 2020, en quelques chiffres

  • 1 600 personnes attendues
  • 1 170 jeunes de 15 à 20 ans
  • 170 bénévoles de 18 à 30 ans, à l’Alter’KIFF, un camp de service, du 22 juillet au 4 août 2020
  • 130 accompagnateurs de groupes locaux
  • 130 bénévoles et professionnels



Albi accueille le Grand KIFF 2020

Une nouvelle aventure s’annonce du 29 juillet au 2 août 2020 à Albi pour les 15-20 ans, sur le thème : la Terre en partage.

L’affiche du Grand Kiff © EPUdF

Depuis 2009, l’Église protestante unie ancre sa dynamique jeunesse dans l’organisation d’événements nationaux conçue par et pour les jeunes : le Grand KIFF. Cet événement offre l’opportunité à chacun de pouvoir rencontrer Jésus-Christ et cheminer dans un parcours de foi personnel notamment à travers la lecture de la Bible, des temps de louange, de musique, des animations, des jeux et des rencontres.

Pour cette nouvelle édition

Le Grand KIFF s’inscrit dans un partenariat privilégié avec les Éclaireurs et éclaireuses unionistes de France (EEUdF). Dans cet esprit de co-construction avec le dynamisme et l’expérience des EEUdF, en lien étroit avec les autres partenaires, le Grand KIFF sera un grand événement tant pour l’Église que pour tous les jeunes.

Le Grand KIFF est une porte ouverte sur le monde, sur Dieu et sur soi où chacun est appelé à vivre en plénitude. Quel que soit son parcours de vie, chacun est accueilli tel qu’il est ; ses mots, ses gestes, sa présence et sa foi ont leur place. Il ouvre un espace de parole pour apprendre à être soi avec les autres et oser l’engagement.

Le Grand KIFF est une étape pour que chacun puisse questionner le sens donné à sa vie. C’est un lieu d’appropriation de son cheminement spirituel, un outil pour enrichir la route empruntée, à l’écoute de ses préoccupations, de ses questionnements et de ses rêves. Il offre un espace de dialogue pour parler en “je” et oser dire “je crois”, “je doute”.

Le Grand KIFF est une invitation à se mettre à l’écoute, échanger, témoigner et affirmer ce qui nous anime et nous met en mouvement. C’est un lieu d’appropriation de son cheminement spirituel, un outil pour enrichir la route empruntée, à l’écoute de ses préoccupations, de ses questionnements et de ses rêves. Il offre un espace de dialogue pour parler en “je” et oser dire “je crois”, “je doute”.

La Terre en partage

Avec l’expertise de nombreux partenaires en France et à l’étranger, le thème du Grand KIFF portera sur l’écologie et le partage d’une fraternité et d’une solidarité : la Terre en partage. Comment les questions environnementales et climatiques nous poussent-elles à imaginer de nouvelles manières de vivre et de témoigner de notre foi ? Heureux les doux, ils auront la terre en partage (Matthieu 5.4).

Le Grand KIFF est ancré dans le travail synodal de l’Eglise pour se laisser interpeller et agir concrètement sur des questions de société autour de l’écologie et de la solidarité pour poser des gestes et des convictions sur la création et l’environnement, l’accueil et la migration, la fraternité et l’égalité, la citoyenneté et l’engagement. Albi sera le lieu d’un rassemblement international, en favorisant des rencontres entre jeunes et jeunes adultes venant de divers pays, cultures et Églises, membres de notre Eglise ou venant d’Églises-sœurs.

La volonté du Grand KIFF 2020 est d’être au service des dynamique locales et régionales, par des actions permettant la réflexion et le dialogue. Des ambassadeurs iront à la rencontre des groupes et des paroisses pour préparer cet événement.

Le Grand KIFF 2020, en quelques chiffres

  • 1 600 personnes attendues
  • 1 170 jeunes de 15 à 20 ans
  • 170 bénévoles de 18 à 30 ans, à l’Alter’KIFF, un camp de service, du 22 juillet au 4 août 2020
  • 130 accompagnateurs de groupes locaux
  • 130 bénévoles et professionnels



Vivre la théologie autrement

Flora Pichard a participé au camp d’été Alternative Théologie qui s’est déroulé du 25 au 30 août dernier à Paris, organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse. Elle témoigne de ce partage théologique original sur le thème de la Liberté.

Participants du camp © IPT

Des intervenants comme Brice Deymié, directeur des aumôniers de prison de France ou Floriane Chinsky, femme rabbin à Paris ont rendu visite aux jeunes du camp et marqué les esprits.

Comme le témoignage de Floriane Chinsky sur le concept de liberté dans la religion juive, autour de la fête de Pessa’h, aussi nommée « Fête de la liberté » qui célèbre la libération du peuple juif par Dieu des Egyptiens, le réduisant alors à l’esclavage. Toute la religion juive est en effet construite sur cette notion de liberté. Dieu a prouvé son amour à son peuple par son secours.

« La liberté repose essentiellement sur notre capacité à se poser des questions. Arrivés avec plein de questions sur la théologie nous sommes repartis avec autant voire plus.

Pour ma part, j’ai vécu cinq jours extrêmement riches tant du point de vue des connaissances que des rencontres avec des jeunes d’ici et d’ailleurs à la recherche de liberté et de connexion avec Dieu. Sous la forme d’un camp, nous sommes parvenus à former un groupe de partage solidaire dans une ambiance ouverte et fraternelle.

Vivre la théologie autrement, c’est ce qui nous avait été promis et nous n’avons pas été déçus… », conclut Flora Pichard.

Après cette deuxième édition d’Alternative Théologie, l’engagement des jeunes se poursuivra pendant toute l’année scolaire dans les régions au sein des paroisses, mais également l’été prochain lors de la prochaine édition du Grand KIFF qui se tiendra à Albi du 29 juillet au 2 août 2020 et de l’Alter KIFF du 22 juillet au 4 aout 2020.

 

Retrouvez ci-dessous des interviews de participants…

… et le film de la visite du Défap :




Vous reprendrez bien un peu de théologie ?

Rien de tel qu’un peu de théologie pour se rafraîchir les idées par temps de canicule ! Le camp «Alternative théologie», organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, a réuni une dizaine de participants du 25 au 30 août 2019 à Paris. Avec des intervenants tels que Marc Boss, Pierre-Olivier Léchot, Guilhen Antier et Anna Van de Kerchove, tous chargés d’orienter le petit groupe sur les sentiers escarpés de la Liberté, choisie comme thème pour ce rendez-vous estival…

La visite de la bibliothèque du Défap, avec Jean-François Faba © Défap

En cette fin de mois d’août surchauffée, ils sont une petite dizaine à se retrouver à Paris, boulevard Arago, loin de la plage et des stations balnéaires. Un groupe dont la moyenne d’âge est un peu supérieure à une vingtaine d’années, et qui vient arpenter les couloirs de l’Institut protestant de Théologie, la chapelle et la bibliothèque du Défap, en explorant les fondements et les implications de la liberté avec des intervenants tels que Marc Boss et Pierre-Olivier Léchot, Guilhen Antier et Anna Van de Kerchove… Au menu des participants, des sujets tels que «La liberté de conscience», «Liberté reçue, liberté acquise», «Entre puissance et fragilité», «Entre passion et raison» – tous rassemblés sous une même thématique résumée en une formule par le titre de ce camp théologique : «Liberté, j’écris ton nom». L’ensemble se plaçant dans la dynamique du Grand KIFF 2020, pour un rendez-vous estival destiné aux 18-30 ans dont la préparation a fait intervenir à la fois l’IPT, le Défap (chargé de l’hébergement), la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

«Un programme dense, comme le résume Nicolas, l’un des participants, et avec des intervenants de haut vol». En ce mercredi 28 août, avant-veille du départ, il est venu participer à une visite guidée du Défap avec son groupe et avec deux des accompagnatrices : les pasteures Christine Mielke, secrétaire nationale à l’animation des réseaux jeunesse de l’Église protestante unie de France (EPUdF), et Gwenaël Boulet, secrétaire nationale de la Coordination Évangélisation-Formation. Pour présenter l’histoire et les richesses du Service Protestant de Mission, deux guides les accueillent : Tünde Lamboley et Jean-François Faba.

«Il fallait se préparer un peu comme pour Koh Lanta»

Tünde Lamboley, chargée de la formation théologique et de la jeunesse au Défap, présente dans la chapelle une exposition sur l’histoire de la SMEP, ancêtre du Service Protestant de Mission. Elle en profite pour évoquer quelques parcours de missionnaires en lien avec la thématique de la liberté. Liberté vis-à-vis des conventions sociales de leur époque : elle cite ainsi le cas de Maurice Leenhardt, revenu de Nouvelle-Calédonie jusqu’à Paris pour plaider la cause de Kanaks qui s’étaient retrouvés exposés en pleine capitale comme des bêtes curieuses, sans que la bonne société parisienne ait alors la moindre conscience d’attenter en quoi que ce soit à leur dignité d’êtres humains. «Parmi les missionnaires, souligne-t-elle, on trouvait parfois des personnalités à contre-courant, très libres.» Elle passe ensuite à l’évocation de la formation dispensée au XIXème siècle par la SMEP, et qui a pu aller jusqu’à deux ans : «Les futurs missionnaires devaient se préparer un peu comme pour Koh Lanta : personne ne savait vraiment ce qu’ils allaient trouver, qui ils allaient rencontrer sur place… Les cartes étaient très imprécises, les communications très difficiles… Chacun devait apprendre tout ce qui était nécessaire à la survie, être capable de construire sa propre maison, de chasser, de pêcher, de dessiner une carte… Ces jeunes missionnaires – car ils étaient très jeunes ! – partaient avec un bagage de connaissances phénoménal». En guise de support à cette présentation, Tünde Lamboley a préparé avec Florence Taubmann (responsable du service France) un questionnaire sur l’histoire de la SMEP pour aiguillonner la curiosité des visiteurs. Ainsi qu’une présentation de l’envoi en mission des disciples par Jésus tel qu’il figure dans le chapitre 6 de l’évangile de Marc (versets 7 à 13) sous la forme d’un texte à trous, à compléter.

Le deuxième guide est Jean-François Faba, qui a été tour à tour secrétaire exécutif et secrétaire général du Défap, et qui y intervient toujours aujourd’hui à titre bénévole : il est chargé pour sa part de faire découvrir au groupe les trésors de la bibliothèque, et de le conduire à travers le petit monde souterrain des réserves où sont stockés de nombreux documents uniques sur l’histoire des missions protestantes. Des témoignages manuscrits bien sûr, mais aussi des objets liés aux divers parcours des missionnaires – comme par exemple une carte entièrement dessinée à la main par un de ces missionnaires-cartographes ; ou encore, comme la malle Ellenberger, un vrai trésor documentaire couvrant plus d’un siècle d’histoire au Lesotho, à travers l’odyssée d’une famille qui a compté pas moins de trois générations de missionnaires : depuis David Frédéric (1835-1920), en passant par Victor (1879-1972) et jusqu’à Paul (1919-2016)….

Mais au-delà des conférences à l’IPT, de cette visite-guidée de la maison des missions où les participants étaient logés pendant toute la durée du camp, «Alternative théologie» aura aussi été l’occasion de rencontres exceptionnelles : avec Floriane Chinsky, femme rabbin ; avec Brice Deymié, venu apporter son témoignage d’aumônier des prisons… Ainsi que des moments de spiritualité partagée, de veillées et d’échanges, jusqu’au culte final au matin du 30 août. Une autre manière d’envisager à la fois la liberté… et la théologie. Ou comment profiter de l’été autrement à Paris…

 

Retrouvez ci-dessous le film de la visite du Défap :




Liberté, j’écris ton nom

L’été est toujours un moment propice en rencontres, retrouvailles et détente. Souvent, on le vit tel un vrai tourbillon et la reprise arrive bien trop vite. Le camp d’été Alternative Théologie propose justement un temps pour soi, à Paris auprès de jeunes protestants de tous horizons.

A Paris, du 25 au 30 août prochain, les jeunes de 18 à 30 ans auront l’opportunité de passer une semaine ressourçante sur le thème Liberté quand tu nous tiens.

Alternative Théologie, rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, propose des temps forts de partage (rencontres, sorties, repas, veillées). On y échangera de nombreuses façons (spirituelle, personnelle, philosophique) autour de textes bibliques, en compagnie de théologiens, pasteurs et témoins.

Une belle occasion d’échanger en toute convivialité sur sa foi et sa propre relation avec la liberté. Et pourquoi, justement ne pas placer l’année à venir sous son signe ?

« (…) Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom (…)

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté. »

Paul Eluard

À moins d’un an du rendez-vous très attendu du Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte pour mieux se reconnecter à Dieu comme à l’autre.

Pour plus d’information et pour réserver :

 




L’été au Défap : Alternative Théologie

Tu as entre 18 et 30 ans, tu as envie de vivre la Bible autrement et faire des rencontres spirituelles vivifiantes autour du thème «Liberté quand tu nous tiens» ? Découvre les temps forts de notre camp d’été Alternative Théologie qui se tiendra à Paris du 25 au 30 août 2019. Un rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

En compagnie de jeunes de tous horizons et d’experts dans les domaines bibliques, philosophiques et théologiques, Alternative Théologie est une belle occasion de vivre ou de découvrir sa relation avec Dieu autrement.

Voici ces principaux temps forts.

  • Dimanche 25 août : prendre ses marques, en s’installant joyeusement (repas en équipe, jeux, présentation du camp…).
  • Lundi 26 : Après un réveil « spi », réfléchir ensemble sur le thème « Liberté et Justice » : quel est mon rapport au monde, comment penser la liberté avec ses limites, vis-à-vis d’autrui…) ; veillée avec projection d’un film…
  • Mardi 27 : Avec le film de la veille, entamer une réflexion sur le rapport à soi et au corps, entre puissance et fragilité, acceptation des limites, rapport aux passions et à la raison… Autres temps forts : ateliers créatifs, lecture suivie, soirée témoignage…
  • Mercredi 28 : Le sujet de la réflexion du jour « la liberté reçue, acquise, imposée (à travers la lecture des extraits de la liberté chrétienne de Luther). D’autres surprises comme une rencontre, une sortie sont au programme.
  • Jeudi 29 : préparer la table ronde de l’après-midi « Mes espaces de liberté » et la « soirée des talents ».
  • Vendredi 30 : Branle-bas de combat, c’est déjà le départ ! Et pour partir, quoi de mieux qu’un temps cultuel et un dernier repas pour l’envoi. Un an avant le très attendu Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte à tenter. Il reste quelques places, aussi n’hésite pas à t’inscrire !

Cet événement est co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

  • Lieu du logement : Service protestant de mission – Défap – 102 bd Arago – 75014 Paris
  • Lieu de la formation : Faculté de théologie protestante de Paris – 83 bd Arago – 75014 Paris

Pour plus d’information et pour réserver :

 




Voir et vivre la théologie autrement

Alternative Théologie, le rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, c’est dans un peu plus de deux mois ! Ce camp prévu pour les jeunes de 18 à 30 ans, sur le thème de : Liberté quand tu nous tiens ! aura lieu du 25 au 30 août 2019 à Paris.

Pas besoin d’être un grand expert en la matière ! On vient, bien au contraire, mains dans les poches, avec sa vie, ses doutes et tout son enthousiasme pour mieux rencontrer l’autre.

«C’est un travail d’une semaine autour de textes bibliques, qui se fait dans la sérénité, avec des personnes qui apportent une expertise dans les domaines bibliques, philosophiques et théologiques», précise un participant, Nicolas Maramotti.

Ces moments de partage (rencontres, sorties, repas, veillées) sont autant d’occasions de discuter d’un point de vue spirituel, théologique comme d’un point de vue personnel avec des jeunes d’horizons et d’âges différents.

Dans la ville de Paris que l’on (re)découvre en même temps, les jeunes vont vivre la théologie autrement, c’est-à-dire expérimenter un autre apprentissage du texte et échanger des points de vue différents.

Cet événement est organisé par l’Institut protestant de théologie et l’Eglise protestante unie de France.

À moins d’un an du rendez-vous très attendu du Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte pour mieux se reconnecter à Dieu comme à l’autre.

Pour plus d’information et pour réserver :

 




À la découverte de la mission d’hier et d’aujourd’hui

Permettre à des jeunes venus de toutes les paroisses de toucher du doigt l’histoire des missions protestantes, et leur montrer comment les échanges et les partenariats avec les Églises sœurs se vivent aujourd’hui au Défap : c’était l’objectif du programme «Voir et revoir Paris». Un an et demi après son lancement, ces visites de groupes au sein de la «Maison des Missions» sont entrées dans le quotidien du 102 boulevard Arago. Avec leurs étapes incontournables, comme la bibliothèque ou la chapelle ; et leur lot de rencontres avec des visiteurs du monde entier qui se croisent au Défap. Quel autre lieu du protestantisme français permet ainsi, le même jour, de petit-déjeuner avec un professeur de théologie du Congo-Brazzaville, de croiser dans un couloir un envoyé de retour de Madagascar, ou de discuter dans le jardin avec un responsable d’une Église camerounaise ?
Visite de groupe au Défap en avril 2019 : découverte de la bibliothèque © Défap

 

L’initiative avait été lancée en septembre 2017, avec le programme «Voir et revoir Paris». Il s’agissait alors d’ouvrir la «Maison des Missions» du 102 boulevard Arago à des visiteurs venus de toutes les paroisses de France : jeunes avec leurs pasteurs, animateurs, catéchumènes, paroissiens, à travers des week-ends et mini-séjours «découverte». L’objectif étant de faire de cette visite d’un lieu une véritable initiation à l’histoire de la mission, et de montrer en même temps comment fonctionne le Défap aujourd’hui. Un an et demi plus tard, ces mini-séjours de groupes de visiteurs sont entrés dans le quotidien du 102 boulevard Arago, et le calendrier est bien rempli. En ce 16 avril, un groupe de jeunes accompagnés par le pasteur Pascal Hickel est en pleine découverte de la maison ; ils viennent d’Alsace, plus précisément de la paroisse de Furdenheim (Handschuheim). Ils ont été précédés quelques jours plus tôt par un groupe constitué des jeunes des paroisses d’Orange-Carpentras et d’Avignon, accompagnés par les pasteures Sophie Zentz-Amedro et Corinne Danielian ; ainsi que par des visiteurs venus de Metz. Et au cours du week-end précédent, ce sont 25 catéchumènes d’une paroisse parisienne, celle de Pentemont-Luxembourg, qui ont été accueillis. Au cours des prochaines semaines, d’autres viendront de Chartres, ou encore du Mazet Saint-Voy, en Centre-Alpes-Rhône.

Des incursions dans le passé… et des échos bien actuels

«Ce sont des groupes qui viennent des quatre coins de France, décrit la pasteure Tünde Lamboley, chargée à la fois des questions de formation théologique et de la Jeunesse. Avec des attentes qui peuvent varier. Alors, on adapte souvent notre programme. Au cœur de chaque visite, il y a bien sûr toujours la découverte de la Maison des Missions – ce qu’elle a pu représenter par le passé, et ce qui se vit aujourd’hui à travers elle : la façon dont sont entretenues les relations nouées avec les Églises sœurs, les échanges… On évoque notamment les cadres qui permettent actuellement à des jeunes de partir avec le Défap, par exemple celui du service civique… Et au-delà du 102 boulevard Arago, la visite se prolonge souvent en une découverte du Paris protestant, avec ses lieux historiques comme la tour de Calvin, et certains de ses lieux actuels emblématiques comme le temple de l’Oratoire…»

Au cœur du parcours de découverte dessiné pour chacun des groupes à travers la «Maison Défap», il y a bien sûr la rencontre avec l’équipe des permanents ; ainsi qu’un passage au «salon rouge« avec sa galerie de portraits d’anciens responsables de la Société des Missions Évangéliques de Paris, une halte dans la «salle de cours», où étaient formés les futurs missionnaires de la SMEP, une visite du «musée», où sont exposés divers objets rapportés au gré de leurs missions… La bibliothèque, riche de documents historiques uniques sur les missions protestantes, est une étape incontournable. «C’est un lieu où l’on peut vraiment toucher du doigt l’histoire de la mission, souligne Tünde Lamboley, et nos visiteurs le perçoivent parfaitement. On peut y voir les premières photos, prises au XIXème siècle, de pays alors inconnus pour les Européens, des cartes dessinées à la main par les missionnaires qui cartographiaient les territoires qu’ils découvraient… On peut reconstituer les parcours des hommes et des femmes qui ont fait la mission, voir de quelle manière l’Évangile a été transmis et reçu, de quelle manière ces missionnaires ont été eux-mêmes transformés par ces rencontres faites au cours de leur aventure, par tous ces échanges culturels et humains…»

Le 102 boulevard Arago, c’est une maison qui vit

Des incursions dans le passé qui trouvent des échos bien actuels lorsque les visiteurs croisent dans la maison, comme le souligne Tünde Lamboley, «un professeur de théologie venu du Congo-Brazzaville, un président d’Église malgache… Ou lorsqu’ils prennent leur petit-déjeuner avec le responsable d’une Église camerounaise. Le 102 boulevard Arago, c’est une maison qui vit, c’est la maison des Églises protestantes de France et d’ailleurs… La vocation de ce lieu, c’est de créer des liens, et il y a des rencontres uniques qui se font entre ces murs. Nos groupes de visiteurs ont l’occasion de le vivre de l’intérieur, lorsqu’ils croisent un envoyé du Défap de passage au 102 boulevard Arago, ou qu’ils assistent dans le salon d’accueil à une danse improvisée par une délégation de femmes tahitienne de l’Église protestante Māòhi.»

Un aperçu des danses Māòhi dans le salon d’accueil du Défap, 31 octobre 2018…

La chapelle est pour sa part un lieu privilégié pour des temps de réflexion autour des questions liées à la vocation : qu’est-ce que la Mission, quelle peut être Ma mission ? «À travers la présentation des envoyés d’aujourd’hui, on peut voir l’évolution des parcours et des profils des missionnaires, note Tünde Lamboley. On voit ce qui animait les missionnaires du XIXème siècle, et dans quel état d’esprit sont les envoyés qui partent aujourd’hui, alors que les relations se conçoivent désormais comme des partenariats avec des Églises sœurs.» C’est aussi dans la chapelle qu’ont lieu en grande partie les sessions de formation des futurs envoyés du Défap, ce qui donne l’occasion d’insister auprès des visiteurs sur l’importance de ce temps de préparation. «Même dans les cas de séjours courts de groupes de jeunes, souligne Tünde Lamboley, il est nécessaire de les sensibiliser aux différences culturelles et cultuelles qu’ils vont rencontrer. Qu’ils aient conscience de ce qui pourrait les heurter une fois sur place, ou des attitudes qu’ils pourraient eux-mêmes avoir et qui seraient sources de tensions possibles.» En insistant sur la nécessité d’un véritable échange autour d’un projet solidaire, et en mettant en garde contre les projets qui relèveraient plutôt du «volontourisme»…

«Ce que l’on veut promouvoir ici, conclut Tünde Lamboley, c’est la relation, l’enrichissement par la découverte de l’autre. Si on arrive, à travers ces week-ends et ces visites de groupes, à sensibiliser les jeunes à une ouverture, un changement de regard, un accueil de l’autre dans sa différence, c’est déjà beaucoup.»

Retour sur une des premières visites de groupes au Défap dans le cadre du programme «Voir et revoir Paris»…




Le Service Civique, une expérience qui aide à se construire

Daniel Cremer était parti en mission de Service Civique avec le Défap au cours de l’année scolaire 2012-2013, comme assistant d’éducation à l’école primaire protestante Kallaline, en Tunisie. Il était alors étudiant à l’université Joseph Fourier, à Grenoble. À son retour, il était devenu lauréat de l’Institut du Service Civique (rebaptisé aujourd’hui l’Institut de l’Engagement) et avait intégré l’École normale supérieure de Lyon en licence en Sciences de la Terre. Cinq ans après, il revient sur ce que cette période a apporté dans sa vie.Témoignage.

Daniel Cremer en 2014 © Défap

Vous faisiez partie de la première génération des volontaires du Service Civique. Cinq ans après, comment voyez-vous cette expérience ?

Daniel Cremer : Je vois cette période un peu comme une parenthèse dans ma vie. Une bulle, un temps à part… En même temps, elle m’a beaucoup apporté sur le plan personnel. J’ai toujours une pensée émue pour tout ce que j’ai vécu pendant mon Service Civique ; je suis toujours en contact avec des personnes que j’ai rencontrées à cette occasion, et nous échangeons régulièrement. D’une certaine façon, cette expérience m’a aidé à me construire ; ce que j’ai vécu et appris m’accompagne encore aujourd’hui. Ça se manifeste souvent dans des détails du quotidien, une chose que je vis et qui me renvoie à telle expérience, telle rencontre faite au cours de mon Service Civique. Pour donner un exemple, en ce moment j’habite à Marseille ; il y a un quartier que j’aime beaucoup, dans la vieille ville, qui est le quartier de Noailles. Il me rappelle la médina de Tunis, avec ses petits cafés, ses petits commerces. Il m’est arrivé d’y parler quelques mots d’arabe, et tout de suite, ça suffit pour permettre un échange : on me demande d’où me vient mon accent tunisien, et la conversation s’engage…

À votre retour de Tunisie, vous avez été lauréat de l’Institut du Service Civique (rebaptisé depuis l’Institut de l’Engagement). C’était une première forme de reconnaissance de votre travail effectué à l’école Kallaline… Que vous a-t-elle apporté ?

Daniel Cremer :  À l’époque, en 2013, l’Institut du Service Civique, qui avait été créé par la volonté de Martin Hirsch, en était à sa deuxième année. Il s’agissait d’accompagner les jeunes pour valoriser les compétences dont ils avaient su faire preuve à l’occasion de leur mission de Service Civique. Et de les aider à travers leur parcours universitaire et professionnel. J’ai déposé un dossier, j’ai été sélectionné ; on était 200, à ce moment-là. J’ai pu avoir une aide financière, et surtout bénéficier de l’accompagnement d’un «parrain» issu du milieu professionnel ; et j’ai pu assister à divers séminaires proposés tout au long de l’année – c’est à cette occasion que j’ai pu rencontrer, par exemple, Erik Orsenna, ou Najat Vallaud-Belkacem, qui était encore porte-parole du gouvernement… Pouvoir établir des échanges privilégiés avec une personne géographiquement proche, et qui fait partie du milieu professionnel dans lequel on aspire à travailler, c’est quelque chose de très important. Passer par l’Institut permet aussi de se créer un réseau – et c’est toujours intéressant de pouvoir confronter son expérience avec celle d’autres jeunes qui ont pu vivre des choses très différentes…

Le Service Civique a-t-il représenté un avantage dans votre vie professionnelle ?

Daniel Cremer :  Bien entendu, c’est quelque chose que je mentionne sur mon CV. Et qui représente un avantage réel, même s’il n’est pas quantifiable. À chaque fois que j’ai été amené à passer des entretiens, soit au cours de mon cursus universitaire, soit dans le milieu professionnel, j’ai pu constater que la mention de ma période de Service Civique permettait de me faire sortir du lot, sans nécessairement avoir à en dire beaucoup. Quand j’évoquais cette expérience, je me rendais bien compte que l’interlocuteur que j’avais en face de moi se faisait très attentif. S’engager dans un Service Civique, ça témoigne de certaines convictions et d’une volonté de s’engager dans la société, d’apporter quelque chose ; ça témoigne d’une réflexion par rapport au sens que l’on veut donner à sa vie. Et comme, aujourd’hui, le nombre de volontaires a augmenté de façon considérable, le Service Civique est de plus en plus reconnu.

Est-ce que vous recommanderiez aujourd’hui à un jeune de faire un Service Civique ?

Daniel Cremer :  Bien sûr ! Même si je pense que ça ne doit pas devenir une étape obligatoire ; s’engager dans un Service Civique doit plutôt refléter une démarche personnelle. Ça doit être le fruit d’une vraie réflexion, que chaque jeune est amené à entamer en se demandant ce qu’il peut apporter à la société, aux autres, quel sens il veut donner à sa vie… Dans mon cas, le Service Civique m’a aidé à répondre à ces questionnements. Puisqu’on a la chance, en France, d’avoir ce dispositif, autant l’utiliser. Même si, c’est vrai, il est parfois difficile d’identifier les missions qui pourraient nous correspondre, ou de trouver les bons interlocuteurs… Mais je pense que ça fait partie du nécessaire travail de recherche que chacun doit entamer un jour pour savoir ce qu’il veut faire et ce qu’il veut être. Au bout du compte, on en revient avec des souvenirs, des amitiés qui peuvent nous accompagner longtemps dans la vie. À mon sens, le Service Civique fait partie de ces expériences qui construisent toute une existence.

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez




La Jeunesse à l’honneur au synode de l’Unepref

Image du synode 2017 de l’Unepref © Unepref

Derrière le mot d’ordre «En avant pour transmettre !» choisi en cette année 2018 pour le synode national des Églises réformées évangéliques de France, qui rassemblent une cinquantaine d’Églises dans le Sud, en région parisienne et en Alsace, se profile toute une réflexion sur la question de la transmission de la foi dans le contexte de la société aujourd’hui – une société fortement sécularisée où les débats spirituels trouvent difficilement leur place. Ce qui implique de s’interroger sur les moyens de transmettre cet héritage aux nouvelles générations… et de considérer ce qui n’est pas ou mal transmis pour envisager les progrès à réaliser. Et au-delà, se pose la question de comment vivre l’Église aujourd’hui – une thématique qui trouve des échos dans le synode national de l’Église Protestante Unie de France, qui vient de se tenir à Lezay.

C’est aussi tout ce qui nourrit la réflexion du Projet national de catéchèse dont une nouvelle mouture doit être adoptée lors de ce synode : ce document, résultat du travail accompli depuis plusieurs années par plusieurs équipes qui se sont relayées, vise à formaliser un cadre théorique à partir duquel penser la transmission à hauteur des Églises locales, des écoles du dimanche et des groupes de jeunes. Il sera, après son approbation par le synode, diffusé et rendu accessible aux communautés locales par le biais de sessions de formations.

Regards croisés sur la Jeunesse

Pour enrichir sa réflexion, l’Unepref a invité diverses personnalités à présenter leur travail et les perspectives de leurs organismes en ce qui concerne la Jeunesse. Pour le Défap, ce travail de présentation sera réalisé par Jean-Luc Blanc – Tünde Lamboley, responsable Jeunesse du Défap, participant pour sa part au GR2018, le Grand Rassemblement régional de l’EPUdF organisé en région Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur. Pour la Cevaa (Communauté d’Églises en Mission, dans le cadre de laquelle le Défap organise entre autres des échanges de jeunes), c’est son secrétaire général, Célestin Kiki, qui a été invité. Un autre regard sera aussi apporté par Diane Palm, spécialiste de l’éducation chrétienne et responsable Jeunesse de la GZB-Mission de l’Église protestante unie hollandaise. Le président de la Commission Jeunesse des Églises libres apportera une réflexion biblique sur la question de la transmission. Parmi les invités d’Églises ou d’organismes partenaires figure également Emmanuelle Seyboldt, Présidente de l’Église Protestante Unie de France.

Ce synode de l’Unepref fera aussi une place importantes aux témoignages de jeunes sur leur manière de vivre l’Église. Une soirée sera animée par un groupe de jeunes venu d’Alès et la prédication du culte synodal sera apportée sous forme d’interpellation par un jeune, Nicolas Fines. Et symboliquement, une chaise restera vide durant tout le temps du synode pour exprimer la solidarité de l’Unepref avec le pasteur Andrew Brunson, détenu depuis un an en Turquie, qui est membre de l’Evangelical Presbyterian Church, partenaire des Églises réformées évangéliques de France.