Haïti : la FEPH recherche un(e) chargé(e) de programme

La FEPH, acteur crucial de l’éducation en Haïti
L’éducation, en Haïti, est un secteur sinistré. Selon les chiffres de la Banque Mondiale, plus de 200.000 enfants ne sont pas scolarisés. Les écoles publiques sont une minorité ; et le niveau général est tellement faible que seule une petite partie d’une classe d’âge obtient le bac. La question de l’éducation constitue donc un enjeu majeur. Face à ces lacunes, la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti (FEPH), grâce à son réseau de 3000 écoles, revendique la scolarisation de 300.000 enfants, avec une qualité d’enseignement reconnue. Elle travaille en lien avec le ministère de l’Éducation nationale haïtien et avec des acteurs internationaux comme l’Unicef ; elle est soutenue directement par le Défap à travers des financements directs et à travers ses envoyés ; elle fait aussi partie des partenaires privilégiés de la Plateforme Haïti, mise en place sous l’égide de la Fédération protestante de France. 

«Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris» : retrouvez le témoignage de Marie-Bénédicte Loze, ancienne envoyée du Défap

 

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Contexte du poste  : Dans le cadre de son partenariat avec la Fédération des Ecoles Protestantes d’Haïti (FEPH), le Défap répond à la demande de la FEPH de recruter un chargé de programme.

Avec la validation du Plan stratégique 2018-2022 de la FEPH en janvier 2018, de nouveaux défis se dressent devant l’institution dans le sens de l’amélioration de la qualité de l’éducation en Haïti au bénéfice des enfants haïtiens sans distinction de sexe et de religion. Il y a donc une obligation de résultats. Fort de ce constat, la FEPH a sollicité le Défap-Service protestant de mission pour l’envoi d’un Volontaire de la Solidarité Internationale (VSI) en appui au développement de l’institution. Cette démarche, pour cette mission d’appui de trois ans (2+1), s’articulera autour des modalités suivantes :

Descriptif du poste  : Le volontaire apportera un support technique et organisationnel à la FEPH, d’une part dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des projets et d’autre part, dans la recherche de financements. De ce fait, il se chargera de l’entrainement du staff haïtien appelé à prendre le relais au terme de la mission d’appui et travaillera en étroite collaboration avec l’ensemble du personnel pédagogique et technique de l’institution.

Profil recherché  : Le volontaire doit disposer de solides compétences et expériences en gestions de projets et en recherche de financement qu’il devra être en capacité de transférer. Il doit avoir pleinement conscience et accepter sans réserve le fait de travailler dans le cadre d’une institution confessionnelle. Il doit s’engager à signer la politique de protection de l’enfant de la FEPH.

Capacité à travailler en équipe en contexte interculturel, capacités en animation de groupe, capacités d’écoute et d’observation active, bonne aptitude à s’adapter. La fonction de représentation de l’institution auprès des bailleurs et partenaires étant déterminante dans ce poste, un profil de personne expérimentée est souhaité. De préférence non-fumeur.

Qualités requises : dynamisme et forte motivation, autonomie, responsabilité, professionnalisme, rigueur, capacité d’adaptation à un contexte culturel et confessionnel affirmé.

Conditions : Statut de Volontaire de Solidarité Internationale qui garantit une couverture sociale complète et le versement d’une indemnité de subsistance. Logement fourni. Le volontaire sera accueilli et accompagné par la FEPH dans ses démarches d’installation et sa mission.

Engagement : contrat de 2 ans (ou 1 an renouvelable), à partir de septembre 2018.

En cas de validation de la candidature, il faudra suivre une formation au départ obligatoire qui se tiendra au Défap du 09 au 20 juillet inclus (pension complète, PAF demandée).

Candidature : Vous pouvez adresser un CV et une lettre de candidature (en précisant votre motivation à vous engager au service d’un organisme missionnaire protestant) au :

Défap – service Envoyés

102 boulevard Arago

75014 Paris

envoyes@defap.fr

 




Haïti : «Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris»

Marie-Bénédicte Loze lors d’une intervention dans une école sur la gestion des risques et des désastres © DR

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement de volontaire en Haïti et auprès de la FEPH ?

Marie-Bénédicte Loze : J’avais plusieurs types de motivations. Sur le plan personnel, partir en Haïti répondait chez moi à un désir de découvrir une autre culture, de m’en imprégner et de m’y impliquer. Je voulais, non pas pas me contenter d’un regard extérieur et rapide sur le pays, mais vraiment rencontrer l’autre, partager des moments de vie. Sur le plan professionnel, j’avais besoin d’acquérir une expérience de terrain de longue durée, au moins deux années à l’étranger. Je voulais en particulier travailler avec les membres d’une structure locale, pour vraiment connaître leur réalité : c’est le meilleur moyen pour mesurer les vrais enjeux et pour faire du travail efficace. J’ai eu l’opportunité de travailler avec la Fédération des Écoles Protestantes d’Haïti, qui faisait face à pas mal de défis, et qui avait un besoin crucial en termes de ressources humaines : j’ai vite compris que là, j’aurais une grande latitude pour apprendre et pour agir.

Comment s’est déroulée votre mission ?

Marie-Bénédicte Loze : J’ai eu d’emblée la chance de travailler avec Christon Saint-Fort, le directeur exécutif de la FEPH : quelqu’un de remarquable, très compétent, qui se bat pour la structure, et qui m’a fait confiance. De cette manière, j’ai vraiment pu faire équipe avec les autres membres de la FEPH. Il y avait beaucoup à faire et j’ai beaucoup appris. Pour donner un aperçu de ce que fait cette fédération d’écoles, il faut savoir qu’en Haïti, il n’y a que 12% d’écoles publiques : la grande majorité des établissements sont privés, payants, et doivent financer leurs activités sur leurs fonds propres. Le système éducatif haïtien manque terriblement de moyens, ce qui se traduit sur le plan matériel mais aussi au niveau des recrutements : beaucoup d’écoles, ne pouvant rémunérer correctement leurs enseignants, embauchent des répétiteurs pour s’occuper des classes. Ce qui explique qu’alors même que le paysage éducatif haïtien est très peuplé, beaucoup d’établissements soient si peu satisfaisants en termes d’apports éducatifs pour les enfants. Un certain nombre d’écoles ouvrent sans autorisation et sans disposer d’enseignants compétents. Mais comme les frais d’écolage (d’inscription dans les écoles) représentent une lourde charge pour les familles, elles doivent se contenter d’établissements mal lotis. Il y a donc de gros enjeux en termes d’éducation en Haïti, et c’est précisément là qu’intervient la FEPH. Elle représente un réseau de 3000 écoles (près de 30% du secteur éducatif du pays), se bat pour garantir un niveau d’enseignement suffisant ; son action est d’ailleurs jugée indispensable par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), ainsi que par des partenaires internationaux comme l’Unicef (le Fonds des Nations unies pour l’enfance).

Que vous a apporté cette mission sur les plans personnel et professionnel ?

Une école d’Haïti après le passage de l’ouragan Matthew, dont la réhabilitation a été financée par le protestantisme français © Laura Casorio pour Défap

Marie-Bénédicte Loze : Sur le plan personnel, j’ai beaucoup grandi, à tous les niveaux. J’ai eu l’occasion de travailler avec des personnes remarquables et j’ai pu vraiment m’imprégner des réalités de la vie haïtiennes, notamment en ce qui concerne les défis du secteur éducatif. C’était aussi une grande satisfaction pour moi de travailler avec des acteurs de terrain, de me battre à leurs côtés pour la même cause… Sur un plan plus professionnel, j’ai acquis une solide expérience de terrain qui me donne aujourd’hui un profil recherché. Travailler avec un organisme local qui se structure et se développe nécessite de faire preuve de souplesse, et garantit une grande diversité dans les actions à mener. C’est passionnant quand on aime relever des défis, s’adapter aux réalités du terrain, réfléchir aux actions à mener avec une équipe : il y a vraiment une grande marge d’action. Cette expérience m’a aussi apporté un large réseau, car même si la FEPH est un acteur local, elle travaille avec des acteurs importants au niveau national et international.




Mission Congo : point sur les projets en cours

Du 31 octobre au 9 novembre 2016, le responsable des relations et solidarités internationales, le pasteur Jean-Luc Blanc, s’est rendu au Congo pour une mission de suivi de l’ensemble des projets en cours. Les objectifs de cette mission étaient nombreux : prendre contact avec la nouvelle équipe dirigeante de l’Église Evangélique du Congo, faire le point des divers projets, collaborer avec la Faculté de Théologie et l’Ecole Pastorale de Ngouedi sur des projets futurs… Le 20 novembre, le pasteur rendait un rapport complet de sa mission.

Depuis le mois d’août 2016, des changements importants ont eu lieu dans l’Église Evangélique du Congo. Une nouvelle équipe dirigeante a été élue et de nombreux responsables de départements ont changé. Cela ne peut pas ne pas impacter les orientations de nos relations avec l’Église.  Le pasteur Jean-Luc Blanc qui s’occupe des relations du Défap avec l’Église Evangélique du Congo, est allé y rencontrer l’ensemble des personnes concernées par nos partenariats.  Outre la prise de contact avec la nouvelle équipe dirigeante, il importait de visiter nos envoyées, au nombre de trois, et de faire le point sur les divers projets en cours que ce soit avec la Cevaa, la Plateforme Ensemble pour le Congo ou encore directement le Défap.

A son arrivée, le pasteur Jean Luc Blanc a été reçu par le  nouveau Bureau de l’EEC. Ce fut, bien sûr, l’occasion de faire le point sur l’ensemble de nos partenariats, mais aussi de parler des nombreux défis que la nouvelle équipe doit relever dont le premier est financier. Un second défi important est l’équilibrage des postes pastoraux entre la campagne et la ville. En effet, des postes de brousse sont vacants alors que des paroisses de ville sont asphyxiées par le nombre de pasteurs qui leur ont été affectés. Dans l’EEC c’est le Bureau Synodal qui affecte les pasteurs dans les paroisses, mais celui-ci souffre de toutes les pressions qu’il reçoit pour nommer les pasteurs en ville. Ainsi, certaines paroisses ont beaucoup trop de pasteurs, ce qui leur pose de grosses difficultés financières alors que d’autres, à la campagne, n’en ont aucun.

 

L’EEC : une Église dans une société en proie à la violence

La situation politique du pays est particulièrement inquiétante. La région du Pool est toujours la proie de violences et d’exactions diverses (l’ambassade de France a demandé à tous les français présents dans cette province de la quitter).  Les protagonistes sont difficiles à identifier au point qu’on ne sait jamais si les exactions commises sont le fait du pouvoir ou de groupes rebelles. Ce qui est certain c’est que cette situation exacerbe les tensions ethniques déjà présentes dans le pays et dans l’Église dont la nouvelle équipe dirigeante  aura fort à faire pour éviter que cela ne dégénère.  C’est par l’Action Evangélique pour la Paix que l’Église Evangélique du Congo (EEC) a choisi d’intervenir dans ce domaine. Il s’agit d’une association, partenaire du Défap depuis le début de son existence qui forme des enfants, des jeunes, des paroisses, des associations à la coexistence pacifique en utilisant un matériel mis au point avec l’Ecole de la Paix de Grenoble. Cette année, par exemple, l’Uepal a choisi de soutenir un projet de l’AEP dans l’un des quartiers les plus difficiles de Brazzaville. Ainsi, c’est tout un programme de formation dans les écoles protestantes et laïques et les paroisses qui va avoir lieu afin de favoriser un coexistence pacifique des divers groupes en présence.  Dans les jours qui suivaient le passage de Jean Luc Blanc, l’AEP devait initier une action autour de la question du Pool.

 

Une Église présente sur la scène de l’engagement social

 

Les hôpitaux

Parce que l’EEC est très présente dans le domaine social, ceux qui l’accompagnent soutiennent aussi des projets dans ce domaine : dans le domaine médical, par exemple, l’EEC possède 16 Centres de Santé ou hôpitaux, au service desquels, nous avons actuellement trois envoyées. Grâce à l’implication de la Cevaa, l’EEC a pu mettre en place une centrale pharmaceutique pour les 16 établissements, et est en train de créer un centre d’imagerie médicale. Deux de nos trois envoyées au Congo travaillent au service de ces projets.

 

Le sida

Toujours dans le domaine de la santé, la Plateforme Congo continue à suivre avec attention le programme de lutte contre le Sida dans lequel elle a toujours été impliquée. Aujourd’hui, son engagement est moindre mais, avec l’Église Libre et l’association « Chrétiens et Sida », elle soutient le programme de formation des bénévoles qui parcourent le pays pour faire de la prévention. Le programme actuel avait dû être interrompu à cause des événements politiques mais celui-ci est en train de reprendre normalement.  Un formateur français, C. Forma, devrait y retourner sous peu.

 

Scolarisation des enfants sourds

Le projet de scolarisation des enfants sourds se poursuit et se consolide, même si nous avons toujours des difficultés à motiver les bénévoles français nécessaires pour les formations prévues. Pour compenser, une formation va être réalisée sous peu avec les compétences locales.  Ce projet est actuellement financé par l’Uepal et la Cevaa.

Le petit projet de formation professionnelle pour des jeunes filles sourdes financé en partie par des paroisses de l’Epudf, est en bonne voie de réalisation. Le bâtiment construit dans la parcelle de l’école de Ouenzé va être achevé sous peu et le responsable est en train de rassembler le matériel nécessaire (machines à coudre…). Il sera ainsi situé sur le même site que l’une des deux écoles inclusives.

A Owendo, dans le nord du pays, il a fallu construire un bâtiment pour abriter les 2 classes supplémentaires nécessaires. Même si la construction d’un bâtiment pour accueillir les classes inclusives est un détail du projet, l’EEC a décidé de donner une place importante à l’inauguration de ce bâtiment de manière à rendre visible le projet (les enfants sont pour l’instant scolarisés dans des locaux de la paroisse). L’inauguration a donc eu lieu en grandes pompes avec chorales, discours, présence des autorités locales et régionales etc.  L’EEC y était représentée par son vice-président, le Coordinateur Régional, l’Aumônier des sourds, les divers représentants de l’Enseignement Protestant, les pasteurs locaux…etc.  A cette occasion, le vice-président a donné une grande place à la dimension missionnaire de ce projet en parlant du rôle qu’y ont joué la Cevaa et le Défap.  Il reste un détail qui est que le bâtiment a été inauguré avant d’être totalement terminé car il a manqué quelques fonds… Mais cela devrait pouvoir se régler rapidement.

L’enseignement primaire et secondaire

L’EEC possède environ 80 écoles primaires et secondaires gérées par son Département Enseignement. Outre le projet de scolarisation des enfants sourds, les Eglises de France via la Plateforme, soutiennent la réfection d’une école dans le Pool dont, pour l’instant, les travaux sont interrompus à cause de l’instabilité politique dans la région. Dès que la situation le permettra ce projet devrait reprendre.  Par ailleurs, avec le RIEP (Réseau International de l’Enseignement Protestant), le Defap est en train de considérer un projet de scolarisation des populations autochtones qui vivent dans les forêts du Nord. Ce projet ambitieux (création de 3 écoles) ne verra le jour que s’il est possible de trouver un financement public.

 

Quelques photos de la cérémonie d’inauguration.

 


Le vice-président de l’Église devant le bâtiment presque terminé, DR, 2016

 

Le bâtiment consacré aux classes pour les sourds, nov 2016, DR

 

Les premiers enfants bénéficiaires du projet avec leurs enseignants, nov 2016, DR

 

L’enseignement supérieur

L’Université Protestante de Brazzaville a un nouveau Recteur qui vient d’être nommé. Il s’agit de Serge Loko qui jusque là était professeur de théologie. Nous n’avons que peu de relations de travail avec l’Université en tant que telles sinon au travers du RUPA (Réseau des Universités Protestantes d’Afrique), mais la rencontre fut l’occasion de faire le point sur le RUPA et nos rôles respectifs dans le Réseau. Par contre, nous travaillons régulièrement avec la Faculté de Théologie qui fait partie de l’Université.

L’EEC est une Eglise qui investit beaucoup dans la formation de ses pasteurs

L’EEC qui a pris la décision de supprimer le statut « d’Evangéliste » a, très logiquement, décidé de modifier ses cursus de formation et de rehausser le niveau de l’institut de Ngouedi. Celui-ci reste un institut pour celles et ceux qui n’ont pas le bac, mais des passages seront possibles vers le cycle de licence de la faculté.   L’Institut est dirigé par le pasteur Jean Serge Kinouani qui était boursier du Defap il y a 3 ans. Dans l’avenir, nous essaierons de faire profiter l’Institut des divers échanges avec nos facultés, en particulier en ce qui concerne les échanges de professeurs. Une opération de distribution de Bibles NBS aux étudiants pourrait être menée assez rapidement à Ngouedi.

Avec le Doyen de la Faculté et le Directeur de l’Institut de Ngouedi,  Jean Luc Blanc a abordé la question du partenariat avec la Faculté de Strasbourg, avec la CLCF ainsi que les futurs échanges de professeurs et les éventuels futurs boursiers. Il faut souligner ici qu’une Association des Amis de la Faculté de Théologie de Brazzaville est née en France et veut soutenir un certain nombre de projets de la Faculté.

Une Eglise impliquée dans les questions de genre

Le Département Femmes et Familles avec lequel nous avons collaboré à plusieurs reprises dans le passé est maintenant dirigé par Eléonore Kissadi, elle aussi ancienne boursière du Défap.  Le projet « Genre » que le Défap a financé à ses débuts et qui est une sensibilisation à la question du genre et aux rapports hommes-femmes dans la société et dans l’Église se poursuit.

Le projet de formation des « conseillers conjugaux » dans lequel une association proche de l’Église Libre MVF) est impliquée via la Plateforme, est toujours d’actualité même si les financements se sont taris. Les formateurs sont prêts à y retourner mais avant, il reste à s’assurer du financement des séminaires…

Une Eglise qui développe les aumôneries

Depuis 2011, toutes les aumôneries sont regroupées au sein du Département « Aumônerie Générale ». Or, jusqu’ici le Défap et la Plateforme Ensemble pour le Congo ont travaillé avec la plupart des aumôneries, mais jamais avec l’Aumônerie Générale qui souhaiterait que la plateforme se saisisse de deux de ses demandes :
– l’aider à développer des formations pour les aumôniers.
– l’aider à la création de maisons de retraites.  C’est un sujet sur lequel il nous faut réfléchir plus largement au Défap car l’idée de créer des maisons de retraite en Afrique est en train de germer dans plusieurs pays à mesure que l’urbanisation les confronte à des problèmes similaires à ceux que nous avons connu quand nous nous sommes engagés dans cette voie en France.

Ouvertures

Comme chaque fois qu’un représentant du protestantisme français va au Congo, Jean Luc Blanc a rencontré de nombreux autres acteurs de l’Église et du pays. Nos relations dans ce coin de l’Afrique sont d’une grande richesse. Certaines paroisses en profitent déjà depuis longtemps, mais il y a de la place pour les autres !

 

 

 




Décès de Shimon Peres : la mort d’un symbole

Shimon Peres était l’un des derniers témoins de la création de l’Etat d’Israël. Il s’est éteint aujourd’hui, à Tel Aviv. Il avait 93 ans.

 

Figure de la vie politique israélienne pendant 66 ans, il a assumé de nombreuses fonctions dans différents gouvernements à partir de 1952 et fut notamment le neuvième président d’Israël de 2007 à 2014.

Mais c’est surtout son action en faveur de la reconnaissance mutuelle entre Israéliens et Palestiniens qui restera ancrée dans les mémoires. Alors ministre des Affaires étrangères, il mène des négociations avec la Palestine en faveur de la paix. En 1994, cette action est reconnue dans le monde entier lors de la signature des accords d’Oslo. La consécration viendra avec le prix Nobel de la Paix qu’il obtient cette année-là avec Yasser Arafat et Yitzhak Rabin.
Le Défap s’associe à la douleur des Israéliens qui viennent de perdre une de leurs plus grandes figures.

Shimon Peres aux côtés de Yasser Arafat en 2001
Crédit : World Economic Forum, swiss-image.ch /Photo by Remy Steinegger

 




Une nouvelle accompagnatrice œcuménique en Israël-Palestine

Elisabeth Mutschler est l’une des envoyées du programme EAPPI en Israël et Palestine, au nom du protestantisme français par les Eglises de l’Union des Eglises protestantes en Alsace-Lorraine. Elle a effectué un premier séjour à Bethléem d’avril à juillet 2014 et commence le second dans la vallée du Jourdain, à Jéricho, qui s’achèvera le 30 novembre 2016.

Les principales problématiques qu’elle aborde sont : la barrière de séparation et la liberté de se déplacer, l’accès à l’éducation, l’accompagnement à la résolution des conflits, le problème de l’exploitation de l’eau par Israël au détriment des Palestiniens, les démolitions et les évictions, le transfert forcé de communautés bédouines.

L’engagement dans le programme EAPPI est aussi une mission de témoignage sur ce qui se vit là-bas. Les envoyés interviennent sur le sujet à leur retour, dans les paroisses ou auprès de différents groupes personnes qui s’intéressent aux questions de paix en Israël et Palestine.

Des échos de la mission d’Elisabeth Mutschler paraîtront régulièrement sur notre site.

 

Téléchargez ici la Déclaration sur le Conflit israélo-palestinien du Comité central du Conseil œcuménique des Eglises




Une cérémonie en hommage à Eric de Putter à Yaoundé

Éric de Putter, professeur d’Ancien Testament à l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) à Yaoundé (Cameroun) et envoyé du Défap, a été assassiné le 8 juillet 2012 sur le campus. En ce 28 juin 2016, le Défap et l’UPAC lui ont rendu hommage. Lors de la cérémonie, organisée à l’Institut français de Yaoundé, Laurent Schlumberger, président du Conseil national de l’Eglise protestante unie de France, a pris la parole. Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son discours.

Le campus de l’UPAC à Yaoundé © UPAC

Quatre ans après la mort du professeur Eric de Putter

« Jusqu’à quand, SEIGNEUR, m’oublieras-tu sans cesse ? Jusqu’à quand te détourneras-tu de moi ? Jusqu’à quand aurai-je des soucis et chaque jour le chagrin au cœur ? Jusqu’à quand mon ennemi s’élèvera-t-il contre moi ?

Regarde, réponds-moi, SEIGNEUR, mon Dieu ! Fais briller mes yeux, afin que je ne m’endorme pas dans la mort, afin que mon ennemi ne dise pas : ‘je l’ai emporté sur lui !’, et que mes adversaires ne soient pas dans l’allégresse, si je vacille.
Moi, j’ai mis ma confiance en ta fidélité ; mon cœur trouve de l’allégresse en ton salut. Je chanterai pour le SEIGNEUR, car il m’a fait du bien. »

Ce sont les mots du Psaume 13. Les Ecritures bibliques tenaient Eric de Putter debout, vivant. Elles étaient la source de son courage d’être, l’horizon de sa joie, le quotidien de son travail, le souffle de son inspiration – et c’est pourquoi j’ai ouvert mon propos non pas avec mes propres mots, mais avec ceux que la Bible nous offre, à lui et à nous tous.

Les mots du Psaume 13, sont des mots de plainte, de lutte, de refus, de vie et d’espérance. Et c’est très exactement là que je me situe, devant vous et avec vous.

« Jusqu’à quand ? » Depuis bientôt quatre ans, nous pouvons reprendre cette question, qui martèle le début de ce psaume à quatre reprises. « Jusqu’à quand ? » Et ce psaume, nous pouvons le dire et le redire avec bien des voix. Nous pouvons le dire avec les voix de Marie-Alix, Ellie et Jean, Loïc et Yann : « Jusqu’à quand aurai-je chaque jour le chagrin au cœur ? » Avec la voix de Rachel, la fille de Marie-Alix et Eric : « Fais briller mes yeux ! » Avec la voix des collègues d’Eric : « Que mon ennemi ne dise pas ‘je l’ai emporté sur lui’. » Avec la voix de tant de fidèles, de pasteurs, de responsables des Eglises protestantes de France : « Que l’adversaire ne soit pas dans l’allégresse si je vacille. »

Ce psaume, nous pouvons le dire et le redire, non pas seulement avec les voix des personnes liées à Eric de Putter d’une manière ou d’une autre. Nous pouvons aussi le dire avec la voix de l’amitié franco-camerounaise, fragilisée par cette tragédie. Et le redire avec la voix de la fraternité d’Eglises-sœurs, Eglises en France, Eglises au Cameroun, Eglises en France et au Cameroun, une fraternité mise à l’épreuve par ce drame. Car ce qui a été atteint, le 8 juillet 2012 mais aussi dans l’enlisement judiciaire qui dure – qui dure « Jusqu’à quand ? » –, c’est non seulement la vie d’un homme, mais aussi plus que cela.

Le professeur de Putter incarnait cette amitié et cette fraternité. Il les personnifiait. Eric de Putter a grandi dans le Nord de la France, dans une petite région qu’on appelle la Thiérache. Un paysage vallonné et vert, plutôt à l’écart des grandes voies de communication, mais qui fut traversé de part en part et à plusieurs reprises par les grandes vagues de l’histoire européenne. Il a été éduqué dans la foi protestante de cette région, un protestantisme vivant et à la volonté farouche, qui a traversé les siècles en ne comptant souvent que sur ses propres forces enracinées dans la fidélité de Dieu. Il a mené ses études jusqu’au doctorat à la Faculté de théologie de l’Université de Strasbourg, un doctorat remarqué pour son excellence et récompensé par un prix. Il a approfondi sa formation par un séjour à l’Ecole biblique de Jérusalem. Et tout ce parcours, dont je ne fais que rappeler quelques traits connus de tous, s’est comme concentré dans cet envoi en 2010, ici à Yaoundé. Un envoi inscrit dans ce statut, si justement et magnifiquement intitulé : « Volontaire de la solidarité internationale » – et chaque mot compte. Un envoi inscrit dans les relations si anciennes et profondes qui lient le Cameroun et la France, les Eglises de France et celles du Cameroun.

Que cet homme, issu de ce Nord de la France si européen, formé dans une université enracinée dans une région à la double culture française et germanique, passé par le Proche-Orient, devienne professeur d’hébreu, d’Ancien testament et d’histoire des religions au sein de l’Université protestante d’Afrique centrale, représente en quelque sorte la quintessence de cette amitié franco-camerounaise, de cette fraternité entre Eglises du Cameroun et de France.

Bon nombre d’entre vous savent ce que représente ce que nous appelons un envoyé. En l’occurrence, il s’agissait d’un envoyé par le biais du Défap, Service protestant de mission, des Eglises de France vers des Eglises d’Afrique et l’un de leurs fleurons universitaires. Etre envoyé, c’est être ambassadeur. C’est être, comme le dit l’apôtre Paul, une lettre vivante écrite avec l’esprit de Dieu sur une tablette de chair et dans des cœurs. C’est venir à la rencontre de frères et de sœurs, que l’on ne connaît pas encore et qu’on identifie pourtant déjà comme tels, en personnifiant celles et ceux qui vous envoient. Etre envoyé, c’est emporter avec soi tant d’histoire assumée, tant de convictions rassemblées, tant de reconnaissance reçue, tant de moyens patiemment collectés. Et c’est être porté par tout cela, par tout ce qu’il faut bien appeler par son nom, c’est-à-dire un amour reçu et partagé. Non pas un amour vaporeux ou idéalisé, mais un amour qui a la puissance de franchir les distances, de chasser les fantômes du passé, de traverser les fatalités, de construire un avenir commun. Un envoyé, c’est un homme porté par un élan personnel et intime, accompagné dans cette aventure par des proches et des institutions, mais qui entraîne avec lui le cortège d’un peuple qui l’envoie vers un autre peuple, de deux peuples rassemblés en un seul par le Dieu de tous les peuples, père de tous ses enfants.

Cette amitié franco-camerounaise, cette fraternité des Eglises du Cameroun et de France, que le professeur de Putter incarnait si pleinement, déborde donc largement la situation individuelle d’un envoyé. Elle est profondément imprimée dans la conscience de nos Eglises de France.

Laissez-moi évoquer quelques instants un témoignage personnel. C’est aujourd’hui la première fois que je pose mes pieds sur le sol du Cameroun. Et pourtant, j’ai le sentiment de l’avoir souvent foulé depuis bientôt 60 ans. Chaque année de mon enfance, je me rendais pour un séjour chez une vieille tante, très affectueuse et un peu rude, une petite femme un peu impressionnante. Elle vivait dans cette région maritime de l’Ouest de la France qu’est la Bretagne. Pour un enfant, ce petit coin avait quelque chose du paradis sans doute : la famille rassemblée, la mer au bout du petit jardin, le parfum des algues, le caquètement des poules et la régularité du ressac, le goût des crabes pêchés le matin même, la vielle maison humide et ensoleillée. Dans cette maison, il y avait une sorte de pièce au trésor, quelque chose comme un sanctuaire. Quand on était admis à y pénétrer, on baissait un peu la voix, on était attentif à ne rien abîmer, on écarquillait les yeux. Cette pièce, c’était le bureau de ma vieille tante. A l’instant même où on y entrait, on se trouvait en Afrique. Le tissu posé sur le petit canapé, les fauteuils, le bois sombre du bureau et des bibliothèques, une peau de bête et des objets d’ivoire – à l’époque c’était possible –, les photos au mur et quelques objets – deux ou trois masques, une lance – tout, absolument tout venait du Cameroun. La couleur même de la peinture sur les murs, les odeurs et les parfums de cette pièce, tout semblait camerounais. C’était magique. Depuis, une bonne partie de ma famille s’est installée dans ce village, où je vis moi-même une partie de l’année, et cette pièce existe toujours.

Cette petite femme qui travaillait si ardemment à son grand bureau, cette vieille tante, c’était Idelette Dugast, née Allier – un nom qui résonne familièrement aux oreilles de plusieurs ce matin, ici. Envoyée au Cameroun dans les années 1930 par la Société des missions évangéliques de Paris, elle avait immédiatement renoncé à se faire la porte-parole d’institutions françaises, trop passionnée par tout ce qu’elle découvrait et emportée par son désir de rencontrer et de comprendre. Elle est devenue ethnologue, enchaînant pendant 25 ans les séjours parmi les Ndiki, du peuple Banen. Au fil de ces séjours et de son travail de suite, elle a composé une œuvre qui leur est entièrement consacrée, rédigeant à ce bureau sur lequel je la voyais penchée, une monographie, un dictionnaire, une grammaire, un recueil de contes, proverbes et devinettes …

Ces ouvrages, comme tout ouvrage d’ethnologie, furent et sont sans doute lus par un petit nombre de spécialistes et de passionnés. Mais ils ont irradié autour d’elle et à travers les générations. Car ils sont porteurs de quelque chose d’essentiel : une rencontre entre des hommes, des femmes ; une rencontre entre des langues, des cultures, des peuples ; une rencontre féconde et qui porte des fruits d’avenir insoupçonnés. Le professeur Eric de Putter, de même, personnifiait en quelque sorte cette rencontre entre langues, peuples, Eglises, dans l’unité de l’humanité et de l’Evangile.

C’est pourquoi, oui, ce qui a été atteint avec l’assassinat du 8 juillet 2012, ce n’est pas seulement, même si c’est d’abord, un homme. C’est aussi la possibilité même de cette rencontre, puisque c’est l’un de ceux qui l’incarnait par excellence qui a été agressé, sans autre objectif que de l’éliminer. Pas de motif crapuleux, pas d’enchaînement de circonstances malheureux, pas de dérapage qui tourne mal, mais un meurtre réfléchi et calculé. C’est la possibilité même de la rencontre qui se trouve d’un coup contestée, minée, ébranlée. La possibilité de la rencontre et tout ce qui la tisse, c’est-à-dire la mémoire, la reconnaissance, la confiance, l’avenir.

Ma très ferme conviction, c’est que nous faisons face à cette tragédie ensemble. Et donc que nous ne pourrons la surmonter qu’ensemble.

Pour cela, nous avons, ensemble, besoin de deux choses : la justice par la vérité et une confiance renouvelée.

Nous avons besoin de la justice par la vérité. Quelques semaines avant sa mort, Eric de Putter avait publié avec son épouse un article dans la revue du Défap, dans lequel il écrivait : « la justice ne peut se fonder que sur la vérité ». C’est cette vérité que nous attendons. C’est cette vérité, qui porte dans ses flancs la justice, que nous espérons. C’est cette vérité qui nous est nécessaire, et pour laquelle nous devons tous nous engager : pouvoirs publics du Cameroun et de France, autorités judiciaires des deux pays, Université protestante d’Afrique centrale et Défap, Eglises d’ici et de là-bas. Ensemble. Et non pas seulement les institutions, dont l’effort doit bien sûr être soutenu, patient et je dirais même implacable, mais aussi les individus. Ce ne sont pas d’autres, « les autres » impersonnels, qui sont concernés ; vous, moi, nous qui sommes ensemble, nous sommes redevables à cette vérité et nous devons personnellement y concourir, car son établissement conditionne la justice.

Dans cet article, le professeur de Putter ajoutait : « les plus grands amis sont ceux qui se disent l’un à l’autre les pires vérités. Les amitiés les plus fidèles sont celles qui perdurent malgré tout, malgré la laideur d’un certain passé. » Or, chers amis, nous sommes ici ensemble ce matin. C’est bien le signe que cette amitié franco-camerounaise est possible. C’est bien la marque que cette fraternité a vocation à être pleinement reconstruite. C’est bien la preuve que ce désir de rencontre entre nos peuples, nos cultures, nos Eglises nous habite et nous conduit toujours. C’est bien l’assurance que nous pouvons ensemble faire face à cette vérité.

Oui, c’est la justice par la vérité dont nous avons besoin, ensemble, et dont nous avons l’ardente obligation d’être les serviteurs, ensemble.

Mais cela ne suffit pas. Il nous faut aussi une confiance renouvelée.

« Moi, j’ai mis ma confiance en ta fidélité ; mon cœur trouve de l’allégresse en ton salut. Je chanterai pour le SEIGNEUR, car il m’a fait du bien. » Ce sont les derniers mots du Psaume 13. Ce Psaume, qui s’ouvre sur la question quatre fois répétée : « Jusqu’à quand ? », « Jusqu’à quand ? », « Jusqu’à quand ? », « Jusqu’à quand ? », s’achève par cette affirmation du psalmiste au Dieu vivant : « Moi, j’ai mis ma confiance en ta fidélité. »

« J’ai mis ma confiance en ta fidélité » : je ne connais pas de plus lumineuse définition de la foi. Elle dit de la façon la plus ramassée que la confiance ne se décrète pas, mais qu’elle coule de cette intarissable source qu’est la fidélité de Dieu. Au-delà même de cette vérité et de cette justice, pour lesquelles nous devons lutter de toutes nos forces, nous sommes appelés à nous abandonner à cette fidélité de Dieu qui nous précède, nous enveloppe et nous suit. C’est elle qui permet de trouver l’allégresse dont parle le Psaume et qui permettra de chanter pour le bien que Dieu nous fait. C’est cette confiance qui ouvre un avenir possible et neuf.

Contre toutes les évidences et toutes les logiques de ce monde, je crois que c’est la vie qui a le dernier mot sur la mort, et non l’inverse. Je crois que nous sommes bien plus que nos actes, bien plus que nos réussites et nos échecs, car nous sommes d’abord les enfants d’un même Père, dont rien ne peut briser l’amour. Je crois que l’avenir n’est pas enfermé dans un passé aussi tragique soit-il, mais au contraire que c’est l’avenir rendu possible qui vient transformer notre aujourd’hui.

C’est pourquoi je crois que la rencontre, assassinée, germe déjà et à nouveau dans le cœur de Dieu. Il la relève. Il nous la confie.

 

Mardi 28 Juin 2016,

Laurent SCHLUMBERGER,
pasteur, président de l’Eglise protestante unie de France




Attentat de Tel Aviv : l’escalade de la violence

Mercredi 8 Juin, une attaque meurtrière est perpétrée dans l’un des endroits les plus populaires de Tel Aviv : le marché Sarona. Le lendemain, les autorités israéliennes décident de geler les permis d’entrée de 83 000 Palestiniens. Le Défap réaffirme son engagement pour une paix juste entre Israéliens et Palestiniens.

 

Dans un Proche Orient largement perturbé, cet attentat vient en rajouter dans l’escalade de la violence. Tel Aviv est une belle ville, le quartier Sarona un quartier populaire, les terrasses de café des lieux de vie, de convivialité et de liberté. C’est là que les terroristes ont frappé. 4 morts et des dizaines de blessés.

Le Défap adresse ses sentiments de fraternité et de solidarité aux familles endeuillées, à tous ceux qu’il connait en Israël et au peuple israélien.

 

Centre-Ville de Tel Aviv

 

Parce que nous sommes engagés dans le combat pour une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, dans le cadre du programme EAPPI (Ecumenical Accompaniment in Palestine and Israël) mené par le Conseil Œcuménique des Eglises (COE), le Défap au nom des Eglises Protestantes de France dénonce et combat le terrorisme sous toutes ses formes à Paris, Tel Aviv ou Hébron.

Pour les peuples qui vivent en Israël et Palestine, ce n’est que dans la sécurité aujourd’hui, et dans l’espérance de la fraternité de demain, qu’une paix juste pourra se forger. Tout le contraire de l’escalade de violences que nous déplorons.




Pâques à Bruxelles, Ben Gardane, Bamako et Grand Bassam

Nous mettons notre logo en berne jusqu’au lundi de Pâques, en solidarité avec les victimes des attentats de Bruxelles en Belgique, de Bamako au Mali, de Ben Gardane en Tunisie et de Grand Bassam en Côte d’Ivoire.

Logo en berne

 

Notre logo en berne, signe de tristesse et de solidarité avec les victimes des attentats terroristes.

Notre logo, constitué d’une croix, signe de Jésus le Christ, compagnon et Dieu, Celui qui nous accompagne et nous appelle.

Notre logo qui embrasse le monde, signe de l’amour qui porte la création et que nous partageons.

En ce temps pascal, vendredi saint jour de la tristesse et de la mort, samedi jour de l’absence et du vide, dimanche jour de la victoire de Dieu sur la mort nous partageons ces signes avec tous les visiteurs.

 

Bertrand Vergniol, secrétaire général du Défap




Karen Smith et l’islam : oser la rencontre

Karen Smith, pasteure à l’université d’Ifrane, au Maroc, dont le ministère est soutenu par le Défap, est en tournée dans les paroisses du Sud-Ouest de la France pour partager son expérience du dialogue interreligieux. Rencontre avec une personnalité lumineuse.

Karen Smith © F. Lefebvre-Billiez pour Défap

Ce qui frappe d’emblée chez Karen Smith, outre sa vitalité et son savoureux accent américain parfois émaillé d’un mot d’arabe, c’est son refus de s’arrêter aux codes et aux apparences. « Dans le RER, raconte-t-elle à peine arrivée à Paris, j’avais une grosse valise. Au moment de descendre à la station Denfert-Rochereau, une jeune femme en hijab me demande : « Puis-je vous aider ? » Et elle a été très touchée quand je lui ai répondu quelques mots en arabe. C’est ça, l’esprit de l’accueil au Maghreb. Nous aussi, nous avons besoin de pouvoir accueillir les minorités aussi chaleureusement. Et de les accueillir en entier, avec leur foi. Permettre que leur foi devienne point d’interrogation pour nous, et que la nôtre devienne point d’interrogation pour eux. Il faut oser la vulnérabilité, l’échange vrai avec l’autre… »

Karen Smith est pasteure à l’université d’Ifrane, au Maroc, depuis 1996. Comme chaque année depuis 2008, elle est de passage en France à l’invitation du Défap, où elle vient parler de son expérience du dialogue interreligieux. Après les paroisses de l’Est et du Pays de Montbéliard en 2013, au tour des paroisses du Sud-Ouest (voir agenda). Pour elle, l’ouverture à l’autre, à l’étranger, date de l’enfance : à 12 ans, il lui arrivait de travailler comme bénévole auprès de Vietnamiens réfugiés aux États-Unis. Sa vocation pastorale s’est révélée de manière tout aussi précoce : née dans une famille baptiste du Kentucky, avec un père et deux oncles pasteurs, elle se voyait tout naturellement « full time minister », comme elle le dit elle-même – travaillant à temps plein pour le Seigneur. Pour concrétiser cet engagement, il lui aura pourtant fallu aller jusqu’au Maroc ; entre-temps, elle aura vécu la montée des thèses conservatrices et fondamentalistes au sein de son Église, une quête personnelle qui, après des études universitaires de philosophie, l’aura menée chez les protestants d’Atlanta et chez les bénédictins du Minnesota pour étudier la théologie… Sans compter une année au Burkina-Faso, en 1986-87, consacrée à l’aide aux réfugiés.

« Je ne peux pas prier avec vous »

Karen Smith dans les jardins du Défap

Karen Smith : rencontre entre religions au Monastère Notre Dame de l’Atlas

Karen Smith : la société marocaine face aux fondamentalismes chrétiens et musulmans

De ce goût tôt marqué pour le dialogue et la découverte de l’autre, de ce souvenir du raidissement qu’elle a vécu au sein de sa propre Église, Karen Smith a gardé la volonté d’une authenticité dans les échanges et une méfiance vis-à-vis des certitudes trop haut proclamées. Son intérêt pour les relations avec l’islam datait d’avant même ses études universitaires ; il n’aura fait que s’accroître ensuite, y compris à travers des rencontres douloureuses. Elle évoque ainsi ce musulman victime de la guerre de Bosnie-Herzégovine, auquel elle avait proposé de prier ensemble pour la paix : « Je ne peux pas », avait-il répondu ; « je ne peux pas prier avec vous ». Sur sa poitrine, un soldat serbe avait gravé au couteau une grande croix.

Mariée à un enseignant de haut niveau en informatique, baptiste comme elle, et fils d’un pasteur, mais ayant grandi en Indonésie, Karen Smith a longtemps cherché où exercer son ministère sans être séparée de son mari. Jusqu’à ce que tous deux apprennent, par un ami, en 1995, ce projet du roi Hassan II de créer de toutes pièces un campus à l’américaine au milieu des montagnes du Moyen Atlas. Avec l’idée de former la future élite marocaine, ouverte aux idées occidentales et aux échanges internationaux, dans ce cadre à part, protégé de l’agitation des grands centres urbains mais à une heure à peine de Fès et Meknès. Tout devait être mis en œuvre pour éviter la fuite des cerveaux, garder les jeunes talents au pays et permettre les échanges avec des universités étrangères de renom. Versant religieux de cette volonté d’ouverture, le campus devait être doté d’une mosquée, d’une église et d’une synagogue. Il cherchait encore à recruter des enseignants… et il lui manquait un pasteur. Un poste non rémunéré : qu’importe…

Sa découverte de l’université Al Akhawayn d’Ifrane, Karen Smith en parle avec une émotion intacte : « un lieu protégé, en pleine nature, dans les montagnes ; c’était beau, frais, environné de cèdres, avec des singes dans les arbres… » Mais la beauté du lieu ne cache pas longtemps la misère environnante : la toute nouvelle pasteure de l’université d’Ifrane découvre bientôt la vie des bergers du Moyen Atlas, privés du confort le plus élémentaire et même du droit de bâtir des maisons en dur, vivant dans de précaires cabanes édifiées à partir de matériaux de récupération. Elle s’implique au sein d’une association, « Hand in hand » (« Main dans la main ») qui vise à favoriser le développement dans la région. Puis elle obtient que les étudiants puissent, au cours de leur cursus, s’engager dans des actions sociales dans les villages voisins du campus : « S’il s’agit de les ouvrir au monde, aux autres religions, il ne faut pas oublier de les ouvrir vers leurs propres concitoyens, vers les démunis… »

« Créer une communauté chrétienne capable d’entrer en dialogue avec les musulmans »

Son but principal reste, toutefois, de créer une communauté chrétienne. Non pas en allant prêcher l’Évangile, mais en rassemblant les quelques dizaines d’étudiants et professeurs étrangers présents parmi les quelque 1500 étudiants du campus, « pour qu’ils ne soient plus isolés au sein d’une société musulmane, mais qu’ils se perçoivent en tant que groupe chrétien, capable d’entrer en dialogue avec les musulmans ». Pour cela, Karen Smith met progressivement en place des ateliers de lecture biblique où se retrouvent les étudiants catholiques, protestants, orthodoxes venus sur le campus dans le cadre des échanges inter-universitaires. La lecture du Coran n’en est pas absente, et il arrive que des étudiants musulmans y viennent aussi… La cause du dialogue islamo-chrétien, année après année, fait des adeptes. Ses étudiants créent un club, « Interfaith Alliance Club of Al Akhawayn University ». Ils vont ensemble à la rencontre des moines trappistes de la communauté de l’Atlas, à Midelt – une petite communauté issue de Tibhirine, en Algérie. Tout comme ils vont à la rencontre de sheikh Sidi Hamza al-Qâdiri Boudchich, une figure très populaire du soufisme.

Karen Smith fait aussi connaissance au fil des ans avec l’Église Évangélique au Maroc et découvre avec joie ce protestantisme francophone si différent du protestantisme anglo-saxon qu’elle connaissait jusqu’alors. Elle devient bientôt membre de la commission exécutive de l’EEAM, parcourt le pays pour y animer études bibliques, cultes, formations… Des activités qu’elle exerce longtemps, là aussi, de manière bénévole. Jusqu’à ce que l’EEAM, désireuse de pérenniser son poste, se mette en quête de partenaires. De là datent les liens de Karen Smith avec le Défap, qui, désireux d’encourager cette expérience exceptionnelle de dialogue avec l’islam, aide à financer à partir de début 2008 une partie de son ministère. Et lui demande, en échange, de venir témoigner une fois par an auprès des paroisses françaises, elles-mêmes confrontées à cette problématique du dialogue interreligieux… mais dans une perspective inversée : « Au Maroc, souligne Karen Smith, ce sont les chrétiens qui sont minoritaires. Ce qui me permet, ici, en France, de mieux comprendre et de plaider la cause des minorités musulmanes… »

Franck Lefebvre-Billiez

Pour aller plus loin :
L’agenda de la tournée de Karen Smith dans le Sud-Ouest :

– 23 mai : conférence débat : « Le dialogue islamo- chrétien aujourd’hui » (20h30 – Espace protestant Gratiolet, Sainte-Foy-la-Grande)
– 25 mai : journée missionnaire : « Présence et témoignage chrétien en milieu musulman et dialogue interreligieux » (10h30 – Maison Paroissiale de Pau)
– 26 mai : repas-débat : « La prière dans l’islam et le christianisme » (19h – Espace culturel Protestant de Toulouse)
– 27 mai : rencontre avec les membres de la paroisse d’Agen au presbytère : « La grâce dans l’islam et le christianisme (15h – 21 rue Griffon), puis conférence organisée par le comité interreligieux : « Le dialogue des religions est-il possible ? Un exemple : le Maroc » (20h30 – Salle de la Rotonde, Stadium d’Agen)
– 28 mai : conférence : « La prière dans l’islam et le christianisme » (14h – Fondation John Bost, La Force, près de Bergerac)

Portrait de Karen Smith dans Réforme, juin 2012



Des Bibles pour la mission

Le « projet NBS » s’appuie sur un constat simple : dans les Églises du Sud, les outils théologiques manquent souvent pour les pasteurs et les évangélistes. D’où cette initiative du Défap lancée dès 2007 et combinant la diffusion d’exemplaires de la « Nouvelle Bible Segond » avec l’envoi d’enseignants et l’organisation d’ateliers. Après le succès d’une première phase de diffusion de 1500 Bibles « NBS », le Défap renouvelle l’opération.

Depuis 2007, le constat n’a pas changé. Dans beaucoup d’Églises du Sud, la bibliothèque théologique personnelle des pasteurs, prédicateurs et évangélistes se limite régulièrement à un seul ouvrage : une Bible, souvent d’une édition modeste. Ceux qui achètent quelques livres durant leurs études doivent généralement les revendre au moment où ils terminent. Or, il existe une Bible d’étude dans la version NBS (Nouvelle Bible Segond) qui intègre de nombreuses aides pour un travail exégétique, historique, théologique. C’est précisément cet outil très complet – avec introductions détaillées, notes exégétiques, tableaux et encadrés thématiques, cartes, index détaillé et concordance – que le Défap contribue à diffuser, grâce à un partenariat avec l’Alliance biblique française et au soutien financier de ses Églises membres. En l’accompagnant de l’envoi d’enseignants et de la mise en place d’ateliers, aidant ainsi à la transmission de l’Évangile, au soutien à la formation biblique, ainsi qu’au renforcement des liens ecclésiaux dans l’espace francophone.

Un « passeport vers la fraternité »

La première phase de ce « projet NBS » a permis de diffuser 1500 Bibles. La « NBS », édition d’étude personnalisée pour le Défap, a déjà été distribuée en de nombreux endroits, notamment au Cameroun, au Congo, au Sénégal, au Bénin, à Madagascar, au Rwanda, en Tunisie… Une deuxième phase portant sur un nombre équivalent a d’ores et déjà été lancée par le Défap, devant l’accueil très favorable reçu dans les Églises du Sud. De nombreux organismes de formation (instituts bibliques et facultés de théologie) ainsi que des Églises ont d’ailleurs demandé à ce que ce programme continue. Ce dont témoigne un étudiant qui a bénéficié au Sénégal du programme de diffusion de Bibles NBS et des formations qui y étaient associées :

« Il reste des besoins non pourvus »

 

La Bible d’étude NBS est ainsi apparue, lors de cette première opération, comme un outil dont les bénéficiaires ont apprécié la qualité et l’utilité pour la lecture dans un cadre académique ou pour le travail pastoral. Les ateliers ou séminaires de formation ont permis des échanges souvent très riches, les animateurs des sessions (professeurs ou biblistes) revenant souvent impressionnés par le désir d’apprendre des étudiants, par leur curiosité et par la pertinence de leurs réflexions.Comme le soulignait dès 2007 Marc Frédéric Müller, ancien Secrétaire Exécutif du Défap, à l’époque en charge du projet des NBS : « Aujourd’hui la Bible, porteuse de paroles qui font vivre, ne cesse de nourrir la foi de tous ceux qui s’engagent, à la suite du Christ ; elle est offerte pour l’édification de l’Église universelle qui préfigure de bien des manières le Royaume à venir. Plus nous serons enracinés dans le témoignage des prophètes et des apôtres, plus nous serons capables de nous ouvrir aux réalités des autres, à leur culture et à leur langage, à leur souffrance et à leur espérance. Dans un monde où les frontières des hommes sont parfois un empêchement à la rencontre, la Bible est un passeport, marqué du visa de la grâce, qui nous donne de lever les barrières posées en travers des chemins de fraternité. »

30 euros par Bible, frais d’envoi inclus

Un « passeport vers la fraternité » qui revient à un maximum de 30 euros pièce : c’est ce que représentent le coût de la Bible elle-même, et les frais d’envois (qui peuvent varier selon les pays). Pour avoir une idée de la qualité de l’ouvrage distribué, en voici un exemple disponible en ligne (disponible à partir du site spécialisé « La Nouvelle Bible Segond – édition d’étude ») :




Chrétiens et musulmans, ensemble pour le peuple syrien

Des organisations religieuses françaises et des organisations de solidarité internationale, dont le Défap, signent un appel pour dénoncer « la situation dramatique vécue par le peuple syrien », qui représente un « défi à l’humain et une atteinte à nos principes religieux ». Elles annoncent la visite d’une délégation de 11 représentants chrétiens et musulmans en Jordanie et au Liban, du 7 au 11 octobre prochain.

Face aux conditions du conflit en Syrie, qui « tuent l’âme d’un peuple, dont l’une des richesses est d’avoir vécu dans une cohabitation multiséculaire », des associations tant françaises qu’internationales, des personnalités catholiques, protestantes ou musulmanes, s’associent pour dénoncer le calvaire du peuple syrien. Elles ont décidé deux types d’actions :

• Un « Appel pour le peuple syrien » lancé par voie de presse aux instances nationales et régionales. Ses signataire soulignent « que nous sommes convaincus que la paix est un impératif absolu et qu’il n’y a pas de paix sans justice », et « que nous croyons que cette paix est un don que Dieu ». Ils affirment aussi leur volonté de « dire au peuple syrien que nous sommes à ses côtés dans son malheur ». Ils demandent « à tous les responsables politiques » de « mettre en œuvre prioritairement un cessez-le-feu immédiat et de garantir l’accès humanitaire aux populations ».

Retrouvez ici le texte intégral de l’Appel pour le peuple syrien

• La visite d’une délégation de 11 représentants chrétiens et musulmans en Jordanie et au Liban, du 7 au 11 octobre prochain.

Retrouvez ici le texte intégral du communiqué

LISTE DES PARTICIPANTS À LA DÉLÉGATION EN JORDANIE ET AU LIBAN :

Mgr Marc STENGER, évêque de Troyes, président de Pax Christi France
L’Œuvre d’Orient
Secours Catholique-Caritas France
Secours Islamique France
Tareq Oubrou, Recteur de la grande mosquée de Bordeaux
CCFD-Terre Solidaire
SRI (Service des Relations avec l’Islam)
Action Chrétienne en Orient
Réseau Chrétiens de la Méditerranée