Madagascar : les défis de l’alternance

A Madagascar, les élections présidentielles sont systématiquement des moments de tension. Depuis l’indépendance, tous les changements à la tête du pays se sont faits hors des règles. L’approche de la présidentielle 2023 a été marquée par une série d’événements (manifestations, arrestations, destitution du président du Sénat…) qui ont poussé l’Union Européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée et la Suisse à exprimer leurs préoccupations dans un communiqué commun déplorant un « climat politique tendu ». Mais que se passe-t-il vraiment dans la Grande Île ? Et quels sont les enjeux de ces tensions ? L’analyse de Christiane Rafidinarivo, politologue, chercheure invitée au Centre de recherche politique CEVIPOF (Sciences Po Paris).

Carte de Madagascar © Google Maps

Quelle est la situation aujourd’hui à Madagascar, à l’approche de la présidentielle ?

Christiane Rafidinarivo : Le premier tour de l’élection présidentielle a été reporté d’une semaine : il aura lieu le 16 novembre. Le deuxième tour étant, lui, maintenu au 20 décembre. Ce report a été décidé par la Haute Cour Constitutionnelle, et à la demande d’un candidat, Andry Raobelina : gravement blessé lors d’une marche organisée par le « Collectif des 11 », il a dû être évacué à l’étranger pour être soigné. Ce Collectif regroupe 11 des 13 candidats à la présidentielle, dont deux anciens présidents, Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina. Parmi ces autres candidats, certains sont aussi d’anciens leaders du parti d’Andry Rajoelina, président sortant et candidat à sa propre succession, qui a ainsi perdu une partie importante de ses soutiens politiques.

Que revendique ce Collectif ?

C.R. : Un assainissement du processus électoral avant les élections. Pour cela, le Collectif appelle à une concertation entre tous les candidats et les institutions. Mais Andry Rajoelina refuse. Pour appuyer ses revendications, le Collectif avait appelé à une série de rassemblements, qui tous s’étaient heurtés à des refus d’autorisation ou avaient été empêchés de se tenir. Des marches ont néanmoins été organisées, et le Collectif est devenu un mouvement politique qui mène désormais des actions dans les principales villes du pays – actions partout réprimées.

Vue de Tananarive, la capitale © Franck Lefebvre-Billiez pour Défap

Où en est le processus électoral ?

C.R. : Actuellement, Andry Rajoelina est le seul à faire campagne, les autres candidats s’y refusent tant que leur demande n’est pas prise en compte.

Quels ont été les déclencheurs de cette crise ?

C.R. : Il y a en premier lieu une dimension institutionnelle : la Constitution exige que les candidats aient la nationalité malgache. La presse a révélé récemment qu’Andry Rajoelina avait acquis la nationalité française en 2014, alors qu’il était à la tête de l’État. Dans le code de la nationalité malgache, il est inscrit que celui qui demande volontairement une nationalité étrangère perd la nationalité malgache (art. 42). Le « Collectif des 11 » conteste donc le certificat de nationalité produit par le président sortant dans son dossier de candidature à la présidentielle déposé auprès de la Haute Cour Constitutionnelle.

Une autre disposition de la Constitution requiert qu’un président sortant, lorsqu’il est candidat à la présidentielle, démissionne 60 jours avant le premier tour. Ce qu’a fait Andry Rajoelina. La présidence par intérim, qui se charge des affaires courantes, est normalement assurée par le président du Sénat. Mais celui-ci, Herimanana Razafimahefa, a rédigé une lettre de renonciation pour raisons personnelles. C’est une situation non prévue par la Constitution, et la Haute Cour Constitutionnelle a décidé, collégialement, de confier l’intérim au gouvernement. Le « Collectif des 11 »  considère qu’il s’agit là d’une forme de coup d’État institutionnel.

Mais par la suite, Herimanana Razafimahefa a fait des déclarations à la presse nationale et internationale, indiquant avoir agi sous pression et en ayant reçu des menaces de mort émanant de membres du gouvernement. Il soutient qu’il en a informé le président et les Nations-unies. Il s’est déclaré prêt à assumer la responsabilité de l’intérim, au vu de l’ampleur de la crise politique et institutionnelle. Après cet épisode, 15 sénateurs sur 18 se sont réunis, ont déclaré que le président du Sénat en exercice souffrait de déficience mentale et l’ont destitué. Dans la foulée, ils ont élu pour le remplacer Richard Ravalomanana – un général proche du président de la République, qui l’avait nommé sénateur quelques heures à peine avant de démissionner pour se porter candidat. Certains observateurs parlent là de deuxième coup d’État institutionnel.

La crise a acquis dès lors une dimension politique. La Haute Cour Constitutionnelle a reçu le « Collectif des 11 ». Au sortir de la réunion, il n’y a eu aucune déclaration. Ce que le Collectif met en avant, c’est la nécessité de trouver un accord politique pour la mise en place d’élections équitables, transparentes et reconnues par tous, au niveau national comme international. Pour cela, il faudrait que les juges ne se substituent pas aux politiques, que l’instance en charge des élections garantisse les mêmes droits à tous les candidats. A cela s’ajoute la nécessité de procéder à une vérification des listes électorales. Le Collectif met en outre en cause la Céni, la Commission électorale indépendante, composée essentiellement de proches du président sortant. Le Collectif demande que sa composition soit revue, ou qu’elle intègre des représentants des candidats dans l’organisation du processus électoral. Il continue à appeler à une table ronde regroupant tous les candidats, et toutes les parties prenantes du processus électoral.

Aujourd’hui, au vu de cette situation, de nombreux organismes de la société civile sont favorables à une large concertation.

Vue de Tananarive, la capitale © DR

Comment réagit la population malgache ?

C.R. : L’opinion publique va de surprise en surprise, ce qui suscite l’indignation, et provoque une crainte croissante pour beaucoup de voir la situation du pays s’aggraver. Madagascar est devenu au fil des années l’un des pays les plus pauvres du monde, et les Malgaches craignent de plus en plus que leurs enfants n’aient pas d’avenir. Ce qui empire à chaque crise politique. Les cycles de crise sont de plus en plus rapprochés, et le temps pour que l’économie du pays s’en remette est à chaque fois plus long.

Les Malgaches ont été privés de leur droit de vote pendant 5 ans, de 2009 à 2014. L’enjeu de cette élection présidentielle, c’est le droit de décider qui dirigera le pays dans la liberté et la transparence, par un processus démocratique équitable. Pour sortir du cycle des crises, la raison d’être d’une Constitution est précisément d’organiser et de garantir la possibilité d’une alternance politique.

Christiane Rafidinarivo,
Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez

Le Défap à Madagascar
A Madagascar, le Défap est en lien avec deux Églises, la FJKM et la FLM, pour des activités tournant essentiellement autour de l’enseignement. La FJKM (Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara, en français Église de Jésus-Christ à Madagascar) est la plus grande Église protestante du pays. Elle revendique 3 500 000 membres, répartis dans 5 800 paroisses desservies par plus de 1 200 pasteurs. Quant à l’Église luthérienne malgache (en malgache : Fiangonana Loterana Malgache, FLM), elle revendique 3 millions de membres répartis dans 5 000 paroisses, desservies par 1 200 pasteurs.



Alternative théologie : retour sur l’édition 2023

La quatrième édition de ce camp destiné à « faire de la théologie autrement » s’est déroulée du 25 au 30 août 2023 à Paris sur le thème : « Résister face aux injustices ». Elle était organisée par l’Église protestante unie de France (EPUdF) et l’Institut protestant de théologie (IPT) en collaboration avec le Défap.

Quelques-uns des participants et intervenants de l’édition 2023 d’Alternative théologie © Défap

Alternative théologie : quand on y goûte, on en redemande. Un lieu où des jeunes adultes impliqués dans leur Église peuvent échanger sur des thèmes qui les touchent, en lien à la fois avec leurs préoccupations quotidiennes, leur envie d’engagement, et leur foi… Victoire, qui fait des études de psychologie à Paris, avait déjà participé à l’édition 2022 organisée à Montpellier. Les rencontres qu’elle y avait faites avaient débouché sur des échanges qui s’étaient poursuivis tout au long de l’année. Prendre part à l’édition 2023, retrouver ces autres participants devenus entre-temps des amis, était pour elle une évidence. Jeanne, séduite aussi par la formule, met également en avant les liens forts noués lors de ces quelques jours, la diversité des intervenants et des moments destinés à stimuler les réflexions, alternant interventions d’enseignants, échanges, débats, témoignages… Cette diversité, ce « joyeux mélange entre réflexion, échange et convivialité », c’est précisément ce qui est recherché lors de ces camps pour jeunes adultes de 18 à 30 ans, qui ambitionnent de « faire de la théologie autrement ». La quatrième édition, organisée par l’Église protestante unie de France (EPUdF) et l’Institut protestant de théologie (IPT) en collaboration avec le Défap, s’est tenue du 25 au 30 août 2023 à Paris sur le thème : « Résister face aux injustices ». L’EPUdF est revenue sur cette édition 2023 à travers deux podcasts que vous pouvez écouter ci-dessous, et au cours desquels vous pourrez entendre les témoignages de Jeanne, de Victoire, mais aussi ceux d’Erwan, d’Emmanuelle et d’autres participants ou organisateurs…

Alternative théologie tient donc à la fois du camp de jeunes et du séminaire. Il s’agit de montrer que la théologie n’est pas qu’une affaire de spécialistes, que parler de Dieu, de sa foi, de ses questions, c’est à la portée de toutes et de tous. « L’occasion de faire de la théologie avec des gens qui ne sont pas des théologiens », selon le mot d’Elian Cuvillier, professeur à l’IPT-Montpellier et l’un des intervenants de ce rendez-vous. Pour Éline, membre à la fois de l’équipe du Défap et du réseau Jeunesse de l’EPUdF, et qui faisait partie de l’équipe d’organisation, il s’agissait de « donner de l’appétit pour la théologie, de la rendre accessible, peut-être de susciter chez les participants l’envie d’aller plus loin ; mais de manière alternative, avec les outils de l’éducation populaire. Et c’était là tout l’enjeu : réussir à travailler avec une démarche pédagogique à la fois populaire et universitaire. » Avec des intervenants dont certains étaient des professeurs de théologie, d’autres non ; et des modules favorisant les échanges avec les participants.

Des journées très rythmées

 

 

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Le choix du thème de cette année était parti d’une réflexion initiée par le Défap, et lancée au sein du réseau Jeunesse de l’EPUdF, sur les discriminations (un sujet qui trouvait des échos dans l’exposition « Deviens un héros », achetée par l’EPUdF en partenariat avec le Défap). Puis, au fil des réunions avec les enseignants de l’IPT, cette thématique a été élargie aux injustices, et aux moyens d’y résister. Avec au final trois axes : l’un s’intéressant à la finalité (à quoi on résiste ?), un autre à la personne impliquée (qui résiste ?), et un troisième aux moyens (comment résister ?). Pour les illustrer, aux côtés des divers intervenants et des enseignants de l’IPT, des témoins sont venus évoquer leurs engagements. C’était le cas de Rodolphe Gozegba, venu de Bangui pour faire un doctorat de théologie en France avec le soutien du Défap, puis retourné en République centrafricaine pour y fonder une association : A9, une structure impliquée à la fois dans l’environnement et la cohésion sociale. Elle s’est fait connaître notamment à travers un programme d’agriculture urbaine, qui a permis de former des centaines de familles de la capitale centrafricaine. C’était encore le cas de Marilyn Pacouret, impliquée dans le programme EAPPI : cette initiative du COE (Conseil œcuménique des Églises), dont le nom complet est Ecumenical accompaniement program in Palestine and Israel, soutient les efforts de Palestiniens et d’Israéliens engagés pour la paix dans leurs actions non violentes pour mettre fin à l’occupation. EAPPI est soutenu par le protestantisme français depuis ses origines en 2002. En France, le suivi administratif des volontaires qui y prennent part est assuré par le Défap.

Intervenant sur le module « Qui résiste ? », Éline Ouvry a été amenée à évoquer la formation des volontaires au Défap, qui peuvent être confrontés à des situations difficiles en cours de mission : « On invite nos envoyés à ne pas se positionner comme des sachants et des sauveurs, mais plutôt à être dans une posture d’écoute pour trouver comment travailler avec les partenaires ». L’occasion de s’initier à un exercice d’écoute active pour apprendre à ne pas projeter ce qu’on perçoit comme besoin de l’autre… Mais au-delà des séances de brainstorming, des débats et des ateliers, il y avait aussi ces temps spirituels quotidiens : « God morning » – une lecture et un chant pour commencer la journée… Alternative théologie a aussi emmené les participants hors des murs de l’IPT, lors d’une visite du Défap, ou encore d’un culte à la paroisse EPUdF de l’Oratoire.
 

 

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Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor

Anne-Sophie Macor est responsable du recrutement, de la formation et du suivi des volontaires du Défap (les « envoyés »). Elle a rejoint l’équipe au cours du premier trimestre 2023. Au micro de Guylène Dubois, elle évoque pour Fréquence protestante son parcours, qui l’a amenée de la Cevaa (la Communauté d’Églises en mission) au Défap, deux institutions proches qui s’occupent, chacune à sa manière, d’envoi de volontaires. Elle fait aussi le point sur les spécificités du Défap, sur la formation qui est dispensée aux « envoyés » avant leur départ, et sur l’évolution des profils et des missions.
Session 2023 de la formation des envoyés du Défap : les participants s’installent avant la présentation de l’équipe du Défap… © Défap

 
Nouvelle saison, et quelques changements pour « Courrier de mission », l’émission radio du Défap. Changement d’horaire tout d’abord : à partir de ce mois de septembre 2023, c’est tous les troisièmes dimanches du mois, à partir de 13h15, que vous pourrez l’écouter sur Fréquence protestante. Vous avez ainsi pu découvrir ce dimanche 17 septembre une nouvelle personnalité aux manettes de l’émission : Guylène Dubois, dont vous aviez pu suivre les reportages au sein d’Églises de la Cevaa sur Radio FM+. Parmi les autres évolutions, si vous habitez dans la région de Montpellier, vous pourrez justement écouter « Courrier de mission » sur Radio FM+, qui coproduit désormais l’émission. Pour le reste, le format demeure identique, et vous pourrez découvrir au fil de nos rendez-vous le fonctionnement du Défap, les relations qu’il entretient avec des Églises partenaires présentes dans près d’une trentaine de pays, les missions menées par ses envoyés… ainsi que les pays où ils interviennent. Avec, pour cette émission de rentrée, une première rencontre avec Anne-Sophie Macor, qui s’occupe précisément du recrutement, de la formation et du suivi des volontaires.

Anne-Sophie Macor connaissait le Défap bien avant d’y travailler. Car même si elle n’a rejoint l’équipe qu’en février 2023, elle avait déjà travaillé de nombreuses années au sein de la Cevaa, la Communauté d’Églises en mission, co-héritière avec le Défap de la Société des Missions évangéliques de Paris, et qui regroupe une grande partie des Églises partenaires du Service protestant de mission. Au micro de Guylène Dubois, elle revient sur son parcours, sur les similitudes et les différences entre la gestion des volontaires au sein de la Cevaa et au sein du Défap… Et elle évoque le parcours des « envoyés » du Défap, depuis le premier contact jusqu’à la fin de leur mission.
 

Gros plan sur les volontaires du Défap : rencontre avec Anne-Sophie Macor, émission présentée par Guylène Dubois

Courrier de Mission
Émission du 17 septembre 2023 sur Fréquence Protestante

 

Comment devient-on envoyé du Défap ?

Comme le résume Anne-Sophie Macor, « l’essence même du Défap, c’est le témoignage et la relation ». Toutes les missions proposées aux volontaires s’inscrivent dans ce contexte, et dans des relations d’Églises établies et entretenues depuis de nombreuses années. Il ne s’agit donc pas de relations d’assistance ou de dépendance, mais de liens tissés par-delà les frontières entre des communautés ayant la foi comme dénominateur commun, et engagées dans une entraide mutuelle. Cette spécificité explique les différences de statuts entre les différents types d’envoi de personnes : le Défap envoie ainsi des VSI (Volontaires de Solidarité Internationale, qui représentent la plus grande partie du contingent des volontaires formés chaque année) ; des services civiques ; et aussi des pasteurs, issus de ses Églises membres. Dans tous les cas, ces envois de personnes se font dans le cadre de missions co-construites avec les partenaires du Défap qui accueillent les volontaires sur place.

VSI et service civique correspondent à des cadres légaux fournis par les autorités françaises – et de nombreuses ONG envoient des volontaires sous ces deux statuts ; l’envoi de pasteurs, en revanche, est plus spécifique au milieu ecclésial dans lequel se situe le Défap. Le statut de VSI permet à des volontaires de tous âges de valoriser leurs compétences à travers une mission d’intérêt général, de service à la population ; les volontaires mettent leurs compétences au service des partenaires du Défap dans le cadre de leur mission, pour laquelle est établi un cahier des charges. Le statut de service civique correspond à une logique différente : il s’agit plutôt d’offrir à des jeunes, souvent encore engagés dans des études, un cadre pour acquérir de nouvelles expérience à l’occasion d’une année de césure ; de leur permettre d’avoir un temps privilégié pour réfléchir à leur parcours et aux orientations qu’ils ou elles veulent choisir. L’accent est plutôt mis sur le cheminement de la personne. Les pasteurs, enfin, partent pour des missions d’accompagnement pastoral auprès d’Églises des départements et régions d’outre-mer, ou auprès de communautés d’autres pays : en lien avec l’ACO (l’Action Chrétienne en Orient), le Défap a ainsi formé et envoyé des pasteurs auprès de l’Église de Beyrouth, auprès des communautés coptes du Caire et d’Alexandrie…

Un envoyé du Défap intervenant pour une mission d’enseignement à Madagascar © Défap

Le Défap a actuellement une quarantaine d’envoyés en mission. Certains qu’il a directement recrutés et dont il a défini les missions avec ses partenaires ; d’autres par intermédiation. Un certain nombre d’associations passent en effet par le Défap pour pouvoir envoyer leurs propres volontaires : c’est le cas de la Mission mennonite, du SFE, de la WEC, de MENA… Sur cette quarantaine de volontaires, 25 sont des « envoyés portés » dans le cadre de ce dispositif. Comme le souligne Anne-Sophie Macor, cela ne signifie pas nécessairement que le Défap forme une quarantaine de personnes chaque année : car les missions des VSI peuvent être prolongées, et durer de un jusqu’à six ans. Enfin, le Défap s’inscrivant pleinement dans les relations encouragées par la Cevaa, avec des échanges et des témoignages allant aussi bien du Nord vers le Sud que du Sud vers le Nord, le Défap a également des services civiques effectuant des missions en France, et issus d’Églises partenaires dans divers pays.

Quel est le profil type de l’envoyé du Défap ? Il ne se définit pas tant par l’âge, l’attirance pour tel ou tel pays ou les compétences, que par la capacité à travailler à des missions d’intérêt général dans le cadre d’Églises ; par la capacité à vivre une expérience à l’international, dans un milieu et une culture très différents, et à se laisser interpeller. Les volontaires qui partent avec le Défap peuvent ainsi être de jeunes adultes encore dans un cursus d’études, ou des personnes ayant déjà eu une vie professionnelle bien remplie. Pour tout le monde, la période de formation est une étape essentielle : « le but, souligne Anne-Sophie Macor, c’est que la personne soit outillée pour qu’une fois sur son champ de mission, elle sache comment se comporter » en fonction des circonstances. Parmi les divers modules, certains donnent des bases sur les relations interculturelles. Sur la sécurité. Sur ce qu’implique d’effectuer une mission dans un milieu d’Église. D’autres abordent par exemple les crises en contexte interculturel : comment réagir, comment décrypter la parole de l’autre en fonction de son contexte ? Une partie des interventions sont faites par des professionnels, d’autres par des membres de l’équipe du Défap. Cette session de formation donne aussi la parole à d’anciens envoyés, dont les témoignages permettent de nourrir les réflexions sur le sens de l’envoi et de déconstruire les mythes associés au volontariat international. Un temps bref, d’une dizaine de jours, mais intense, et au cours duquel, comme le disent les membres de l’équipe du Défap, « on voit les gens changer ».

La « photo de famille » des participants de la session 2023 de formation des envoyés du Défap © Défap

Après vient le temps de la mission, au cours duquel chaque volontaire bénéficiera d’un suivi du Défap. Enfin, l’étape du retour est essentielle. Le Défap organise chaque année, généralement en octobre, une « session retour » pour permettre aux volontaires revenus de mission de faire le point sur ce qu’ils et elles ont vécu. Il s’agit de réaliser un « debriefing » en groupe sur les expériences des uns et des autres, voir quels enseignements en tirer pour chacun, se positionner pour la suite… « La mission ne prend vraiment fin qu’après cette session retour », souligne Anne-Sophie Macor. Elle peut toutefois trouver des prolongements : par exemple, les paroisses des Églises membres du Défap sont incitées à faire témoigner ces volontaires de leur expérience vécue dans un autre pays et au sein d’une autre Église. Et même après leur retour en France, « certains restent très attachés au projet auquel ils ont travaillé ». L’expérience du volontariat à l’international est bien plus qu’une parenthèse : c’est une période au cours de laquelle la vie peut prendre de nouvelles orientations. Les échanges, ça vous change…




Maroc : appel à la générosité après le séisme

Le 9 septembre 2023, un séisme d’une grande intensité a frappé la province d’Al Haouz au Maroc. Plus de 2000 morts et des milliers de blessés sont à déplorer. La plateforme Solidarité Protestante fait appel à la générosité du protestantisme français, et a lancé un appel aux dons. La présidente de l’Église évangélique au Maroc, Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien.

Le Maroc a été frappé par un très violent séisme dans la nuit du 8 au 9 septembre 2023 © DR
 

Le bilan reste encore provisoire, mais il s’alourdit d’heure en heure : plus de 2000 personnes ont trouvé la mort dans un séisme qui a frappé le Maroc dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre. L’épicentre a été localisé dans la province d’Al-Haouz, au sud-ouest de Marrakech, dans la région montagneuse du Haut-Atlas. C’est dans cette ville et ses environs, ainsi que dans les cinq provinces les proches, qu’a été signalé le plus grand nombre de victimes.

Sur place, les besoins sont nombreux afin de venir au secours des rescapés et des déplacés.

Dans ce contexte, la plateforme Solidarité Protestante, en lien avec le réseau des institutions protestantes agissant dans le domaine humanitaire, a ouvert un espace de collecte dédié « Solidarité Protestante-Maroc« .

À travers votre don vous pouvez exprimer une fraternité concrète auprès de nos frères et sœurs dans cette région du monde et affirmer la présence de l’Église, la portée de son message et de son action.

Pour faire un don

Par chèque : À adresser à l’ordre Solidarité Protestante- Maroc et à envoyer à : Fondation du Protestantisme – 47 rue de Clichy 75009 Paris
Par carte bleue ou virement : rendez-vous sur le lien : https://donner.fondationduprotestantisme.org/Solidarite-Maroc

Solidarité Protestante : être solidaire dans les situations d’urgence
Solidarité Protestante est une plateforme au sein de la Fondation du Protestantisme sollicitée pour mobiliser, sensibiliser et récolter des fonds afin de manifester l’action solidaire du monde protestant dans des situations d’urgence ou de crises internationales. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. Le Défap fait partie de ces institutions. Pour chaque situation, les opérateurs sont choisis par l’ensemble du comité en fonction de l’analyse faite et des demandes parvenues au comité.

 

Un message de soutien de l’Église évangélique au Maroc

Carte de la région directement impactée par le séisme © Google Maps (d’après les données de l’Institut d’études géologiques des États-Unis)
 

La présidente de l’Église évangélique au Maroc, Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien, diffusé via la page Facebook de l’EEAM, Église partenaire du Défap au Maroc :

« Bien aimés en Christ,

Devant la tragédie que vient de subir ce cher pays, l’Eglise Evangélique au Maroc exprime sa solidarité avec tous nos voisins, nos prochains, qui ont été touchés par ce tremblement de terre catastrophique.

Nos cœurs sont dans l’angoisse avec ceux et celles qui ont perdu des proches ; nous partageons la douleur de ceux et celles qui doivent reconstruire une nouvelle vie après la destruction totale de leurs situations antérieures, destruction qui s’est passée tellement subitement, en quelques instants.

Nous rendons grâce à Dieu qui a épargné et pris soin des uns et autres tant dans nos communautés ecclésiales que dans tout le Maroc. Mais nous sommes conscients de notre responsabilité de vivre notre reconnaissance en nous mettant au service de ceux et celles qui souffrent. Nous avons déjà écrit aux autorités pour les assurer de notre disponibilité de participer dans les efforts de reconstruction et d’aides d’urgences.

Ce que nous pouvons faire déjà, c’est prier. Nous demandons à toutes nos paroisses de prier ce dimanche pendant le culte pour le Maroc :

    • Pour ceux et celles au pays qui pleurent maintenant, que le Seigneur les console ;
    • Pour les autorités du pays qui sont devant le défi d’organiser et d’exécuter la reconstruction, qu’ils aient la sagesse et l’énergie de se mettre à la tâche dans une manière efficace et juste ;
    • Pour les personnes de bonne volonté qui souhaitent contribuer à ces efforts, que les canaux de participation leur soient disponibles, et que tous ceux et celles qui gèrent les donations le fassent avec intégrité dans la transparence ;
    • Pour nos paroissiens/paroissiennes qui ont déjà vécu des tremblements de terre et qui sont traumatisés de nouveau, qu’ils soient rassurés de la fidélité du Seigneur.
    • Pour chacun et chacune de nos fidèles, que le Seigneur mette sur nos cœurs le désir d’agir avec vrai amour pour leurs prochains au niveau local, que la compassion nous anime pleinement pour que toutes nos actions soient des signes de l’amour éternel de Dieu.
    • Pour tous ceux et celle qui vivent au Maroc, qu’ils aient la patience et la persévérance devant ce défi et qu’ils restent solidaires les uns avec les autre dans une manière qui renforce l’esprit communautaire, que nous tirons de cette catastrophe de l’espoir pour l’avenir par la grâce de Dieu. »

 




Les chrétiens face au climat : une étude inédite

Dans les milieux chrétiens, qu’ils soient catholiques ou protestants, les engagements en faveur de la sauvegarde de la création sont nombreux. On peut citer l’impact de l’Encyclique « Laudato Si », le travail en commun de Chrétiens unis pour la Terre, des associations comme A Rocha, la démarche Église Verte, l’existence de référents « Climat » au sein de certaines Églises, comme l’EPUdF ou l’UEPAL, ou d’une commission « Écologie-justice climatique » au sein de la Fédération protestante de France… La sauvegarde de la création figure aussi parmi les priorités du programme de travail du Défap, qui outre les projets en lien avec l’environnement qu’il soutient dans divers pays, s’est aussi lancé dans une démarche visant à la neutralité carbone… Mais quels échos ces engagements trouvent-ils auprès des chrétiens en général ? Après une première partie en juin consacrée aux catholiques, une étude de l’Ifop fait le point, en ce mois de septembre, sur les protestants, avec un enseignement clair : les questions environnementales sont bien considérées comme un enjeu majeur par une très forte majorité de chrétiens. Ce que souligne la Fédération protestante de France dans le communiqué que nous reproduisons ci-dessous.

Une étude inédite sur l’engagement des chrétiens en faveur du climat © Ifop

La Fédération protestante de France (FPF) salue l’étude inédite réalisée par l’institut de sondage IFOP sur le sujet « Les chrétiens face au climat : quels combats ?« . Celle-ci propose pour la première fois un état de l’opinion au sein d’un échantillon* de croyants et pratiquants, catholiques et protestants. Quels sont les leviers et freins à l’engagement personnel ? Quel est le rôle attendu de l’Église ? Existe-t-il des liens entre l’intensité de la pratique religieuse et la volonté d’agir pour le climat ?

Il résulte de cette enquête que :

  • 81 % des protestants sont d’accord sur le nécessaire changement radical de modes de vie dès maintenant
  • 84 % des protestants veulent en faire plus face à la dégradation de l’environnement et au changement climatique

Cette large conscience de l’urgence climatique nous encourage à agir.

Le climat figure parmi les principaux sujets de préoccupation des sondés © Ifop

Par ailleurs, 64% des sondés pensent que c’est le rôle de l’Église de parler d’environnement et de changement climatique. Toutefois, nombreux sont les protestants qui ne font aucun lien entre leur spiritualité, la théologie et l’engagement écologique.

La proximité de positionnement des catholiques et des protestants mise en lumière dans l’étude, conforte l’engagement commun pour la cause écologique. Le projet Église verte est une belle réussite de cet œcuménisme de l’action.

Une rencontre nationale le mercredi 11 octobre

La FPF propose une rencontre nationale le mercredi 11 octobre, de 20h à 21h, afin de comprendre l’état des lieux, dialoguer sur ses enseignements et les actions à mettre en place.

La FPF remercie particulièrement A Rocha et Parlons Climat, à l’initiative de cette étude, avec le soutien de la Fondation FLAM, Nuances d’Avenir et la Fondation Bersier-Regards Protestants. Les résultats complets sont à retrouver sur le site d’A Rocha France.

Pasteur Christian Krieger Président de la Fédération protestante de France

* Les résultats sont à traiter avec prudence en raison de leur représentativité.

Les Églises ont un rôle à jouer © A Rocha/Parlons Climat




Le Défap à l’Assemblée du Désert 2023 : retour en images

L’Assemblée du Désert, rendez-vous annuel qui se tient le premier dimanche de septembre sur les terres du musée du Désert, dans le Gard, a réuni plus de 3000 participants ce 3 septembre 2023, pour un culte et des conférences sur le thème du voyage.

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap

C’est l’un des hauts-lieux de la mémoire protestante en France, mais aussi un lieu de rencontres et d’échanges : l’Assemblée du Désert, qui se tient chaque année le premier dimanche de septembre, sur les terrains du musée du Désert à Mialet, dans le Gard, est tout à la fois une fête, une commémoration, une sortie familiale, un rendez-vous avec l’histoire… Un rassemblement en plein air, sous les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran, en référence aux cultes clandestins que tenaient les Huguenots au temps de la persécution, entre la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et l’édit de tolérance de 1787 ; avec des participants venus pour beaucoup des Cévennes et du Languedoc, mais aussi de toute la France et de l’étranger, et parmi lesquels on reconnaît des élus locaux, nombre de représentants d’organismes liés au milieu luthéro-réformé. Chaque année, un thème choisi en référence à l’histoire protestante donne la coloration du culte du matin, et sert de fil rouge aux conférences de l’après-midi : pour ce mois de septembre 2023, il s’agissait du thème du voyage : « Voyageurs sur la terre » (et la mer) : des huguenots au grand large.

Le Défap y était présent, aux côtés d’organismes comme l’Institut protestant de théologie (IPT), la Cimade, A Rocha, Portes Ouvertes, les éditions Olivétan ou la librairie Jean Calvin… Et ce thème du voyage a également permis d’évoquer, au cours des interventions de l’après-midi, l’ancêtre du Défap, la SMEP (Société des missions évangéliques de Paris), à travers le parcours du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt. Venu participer en voisin à ce rassemblement, le pasteur Jean-Luc Blanc, ancien Secrétaire général du Défap, a également été interviewé par Jean-Luc Gadreau à l’occasion de l’émission réalisée sur place par « Solae, le rdv protestant » – magazine proposé par la Fédération protestante de France et diffusé sur France Culture, et dont vous pouvez retrouver le teaser ci-dessous.
 

« Des milliers d’hommes et de femmes aujourd’hui se tournent vers d’autres territoires »

Lieu lié à l’histoire, l’Assemblée du Désert a aussi son histoire propre. La première a eu lieu le 24 septembre 1911, inaugurant une tradition qui n’a été interrompue que brièvement lors des années de guerre. Elle a été un marqueur de l’engagement protestant au cours de la Seconde Guerre mondiale, avec, par exemple, le sermon prononcé par le pasteur Marc Boegner au matin du 6 septembre 1942, dénonçant la souffrance des juifs quelques jours après les grandes rafles de l’été. Si l’affluence n’atteint plus aujourd’hui les 10.000 à 12.000 participants qu’a pu connaître l’Assemblée du Désert par le passé, ce sont tout de même quelque 3000 personnes qui étaient présentes sur les terres du musée du Désert en ce 3 septembre 2023.

Le culte du matin, présidé par la pasteure Céline Rohmer(Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier), était retransmis en direct sur France Culture ; fidèle à la liberté de parole et à la tradition d’engagement de l’Assemblée du Désert, elle a fait, dans sa prédication, un lien entre les exils des huguenots d’il y a quatre siècles et celui des migrants actuels. « Des milliers d’hommes et de femmes aujourd’hui se tournent vers d’autres territoires que les leurs pour trouver refuge, a-t-elle ainsi souligné. Ils s’entassent, par milliers, sur des bateaux de misère fuyant, au-delà des mers, à la recherche d’une terre d’accueil. Leur exil à eux n’est pas une métaphore. C’est une urgence politique. D’autres voyageurs contraints avancent dans les couloirs sud-américains espérant trouver asile… Et ces autres, laissés agonisants dans les déserts subsahariens… Leur marche forcée, à eux, n’est pas une figure de style. C’est un cri d’injustice. »

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap

Les conférences de l’après-midi étaient assurées par les professeurs Frank Lestringant (Paris Sorbonne) et Gilles Vidal (Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier). Elles ont emmené les auditeurs à travers l’exil des protestants français fuyant les persécutions après la révocation de l’édit de Nantes, mais aussi bien plus loin. Par exemple, du côté de la Nouvelle-Calédonie, avec l’odyssée de Maurice Leenhardt. Ou encore, du côté du Brésil où des protestants réformés tentèrent, en vain, de fonder une colonie dès le XVIème siècle – une équipée née du refus initial par la France du traité de Tordesillas qui faisait tomber le Brésil sous souveraineté portugaise, et qui se traduisit par une expédition placée sous l’autorité de l’amiral de Coligny, avec des colons initialement recrutés dans les prisons du nord de la France, bientôt rejoints par deux théologiens envoyés de Genève par Calvin, Pierre Richer et Guillaume Chartier…

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap




Un colloque de la Cevaa sur la théologie interculturelle

Rapport à la société, aux institutions, à la foi, aux relations entre les générations ou entre les sexes : aucun des aspects les plus fondamentaux de notre relation au monde n’échappe aux présupposés qui nous sont enseignés au sein de notre culture propre depuis notre plus jeune âge. Comment, dès lors, à partir du moment où l’on aborde les questions de théologie et la possibilité de transmettre notre foi, faire abstraction de ce qui fait partie de nous-même depuis l’origine ? Surtout à une époque où l’accélération des échanges qui caractérise la mondialisation met de plus en plus facilement en contact, voire en confrontation, des cultures différentes… Comment inventer une théologie qui puisse transcender ces différences culturelles ? Cette question des défis de la théologie interculturelle sera au cœur du colloque de la Cevaa qui se tiendra du 11 au 15 septembre à Sète. Un colloque organisé avec le soutien du Défap, déjà partenaire de la formation à la théologie interculturelle proposée par l’Institut œcuménique de Bossey.

Aperçu d’un colloque de la Cevaa organisé en 2014 au Lazaret, à Sète © Cevaa

À plusieurs reprises par le passé, la Cevaa a rassemblé les centres de formation théologique en lien avec ses Eglises membres le temps d’un colloque. Ces rencontres visent à réunir ces institutions autour d’un thème et de s’enrichir mutuellement au travers de communications, du partage de réflexion et d’expérience.

15 institutions de formation théologique d’Europe, d’Afrique et du Pacifique seront représentées au prochain colloque de la Cevaa qui se tiendra au Lazaret (Sète) du 11 au 15 septembre. Ce colloque est organisé en collaboration avec l’IPT – Institut Protestant de Théologie de Montpellier, et avec le soutien du Défap et de DM – Dynamique dans l’échange.

Au cours de la rencontre, les théologiens présents seront invités à se pencher sur le thème « La Théologie interculturelle : problèmes, défis et perspectives« . Avec la mondialisation et la mobilité, la question de l’interculturalité est maintenant universelle. Elle est vécue de manière différente par chaque faculté, chaque Eglise. Il est donc important que la formation théologique prenne en compte cet aspect dans le cycle pour les étudiants, qui souhaitent devenir ministres du culte ou enseignants.

Au programme, 5 communications sont prévues en binôme Nord-Sud dans le but d’approfondir la thématique. Les participants au colloque seront aussi invités à partager des situations d’interculturalité vécues comme des défis ou des opportunités, et les solutions et attitudes mises en pratiques dans les différentes situations.

Renforcer les liens de collaboration entre les centres de formation

Comme expérimenté lors des éditions précédentes, le colloque est aussi une occasion de renforcer les liens de collaboration entre les centres de formation. Chaque représentant aura l’occasion de présenter son institution avec son contexte et ses spécificités, permettant de développer la connaissance mutuelle.

À l’issue de la rencontre, la Cevaa souhaite encourager les Institutions à développer la mobilité des enseignants et des étudiants au travers d’un programme d’échanges de courte durée, afin de donner la possibilité d’appréhender l’interculturalité au cours d’une immersion dans un contexte différent.

Enfin, la tenue simultanée au Lazaret du Colloque des Facultés des pays latins (CEPPLE) permettra des moments d’échanges entre les deux événements, et sera l’occasion de développer et/ou de renforcer les liens de collaboration.

Le Pôle Animations et Jeunesse de la Cevaa




Préparer le Temps pour la création

Chaque année, entre le 1er septembre et le 4 octobre, les Eglises chrétiennes du monde entier célèbrent le Temps pour la création. Un temps pour nous souvenir que la création est un don de Dieu qui nous précède, un temps pour nous souvenir de la responsabilité que Dieu a confiée à l’humanité envers cette création.

Bannière de l’édition 2023 du «Temps pour la Création»

Ce temps liturgique a été lancé il y a près d’un quart de siècle, en 1999, par le Réseau chrétien européen pour l’environnement (ECEN). Un matériel œcuménique complet est proposé chaque année pour accompagner les paroisses et Eglises locales dans la célébration de ce temps : il comprend des prières, une trame de célébration, des éléments de plaidoyer, des outils de communication et un calendrier des manifestations. Notez également qu’il y aura des célébrations mondiales de prière le 1er septembre et le 4 octobre, pour lesquelles vous trouverez toutes les informations sur le site du Temps pour la Création : Season of Creation

Cette année le thème retenu est « Que la justice et la paix se répandent », en écho au verset du livre du prophète Amos : « Mais que la droiture soit comme un courant d’eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. » (Amos 5.24). Nous sommes encouragés, avec tous les chrétiens du monde entier, tel un fleuve puissant et inarrêtable, à être témoins du pouvoir de la collaboration pour permettre à la justice et à la paix de se répandre en prenant soin de notre maison commune.

Le Temps pour la création est une excellente occasion pour inviter des proches, distanciés de l’Eglise mais sensibles à cette thématique, à un moment de réflexion, à une exposition, ou à un temps de culte, et faire ainsi rayonner votre communauté. C’est aussi certainement l’occasion d’organiser un événement œcuménique avec des paroisses voisines et de manifester qu’on peut témoigner de l’unité des chrétiens (et prier pour qu’elle s’approfondisse) plus d’une fois par an ! Et c’est quoi qu’il en soit le moment idéal pour relancer ce projet de labellisation Eglise verte dont vous aviez parlé il y a quelques mois et qui dormait en attendant de trouver une équipe de volontaires pour la porter, ou bien si votre communauté est déjà labellisée (bravo !) de programmer votre réunion annuelle de bilan des actions et de mise à jour de votre éco-diagnostic. Mais tout cela demande un peu d’organisation en amont et donc… il est temps de préparer le Temps pour la création !
 

L’engagement chrétien en faveur de la sauvegarde de la Création regroupe aujourd’hui des initiatives de plus en plus nombreuses. Au Défap aussi, la préoccupation de la sauvegarde de l’environnement fait partie intégrante de son programme de travail, et se retrouve à travers un certain nombre de projets : c’est le cas du soutien apporté à l’association Abel Granier, qui intervient en Tunisie sur les problématiques de désertification. C’est le cas du partenariat établi avec l’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Érosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, qui depuis trente ans intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Le Défap a aussi régulièrement des envoyés au sein du projet Beer Shéba à Fatick, au Sénégal, centré sur l’agro-foresterie durable ; il est l’un des membres fondateurs du Secaar… Cette préoccupation globale trouve par ailleurs des traductions locales dans les rencontres régionales sur la mission.




L’Assemblée du Désert et le souffle du grand large

L’histoire des protestants est marquée par de nombreux départs : exils face aux persécutions, quête de terres où vivre librement leur foi, voire de terres de mission… Il sera donc question de voyages lors de cette Assemblée du Désert 2023 : à travers une tentative de fonder une colonie française réformée dans la baie de Rio-de-Janeiro, dès le XVIème siècle ; ou encore à travers l’exode provoqué par la révocation de l’édit de Nantes… Il sera aussi question de la SMEP, la Société des Missions évangéliques de Paris, l’ancêtre du Défap, à travers le parcours du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt auprès des kanak de Nouvelle-Calédonie.

L’affiche de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Cevaa

L’Assemblée du Désert est un grand rassemblement protestant organisé chaque année le premier dimanche de septembre sur les terrains du Musée du Désert. La première eut lieu le 24 septembre 1911, lors de l’inauguration du Musée avec ses fondateurs Franck Puaux et Edmond Hugues. Depuis cette date, tous les ans à l’exception de quelques années de guerre, se tient l’Assemblée du Désert, réunissant 10.000 à 15.000 personnes dans une ambiance à la fois recueillie et joyeusement familiale. Les participants viennent principalement des Cévennes et du Languedoc, mais très nombreux aussi de toute la France et de l’étranger, sous les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran, pour un culte le matin terminé par la sainte Cène, et des allocutions historiques l’après-midi. Le thème donné pour la journée peut-être directement en rapport avec les anniversaires de l’Histoire protestante (Édit de Nantes en 1998, Période camisarde en 2002-2004,…) mais aussi général dans le protestantisme (L’esprit des psaumes, La Bible, « vous direz à vos enfants »…).

Pour cette année 2023, lors de l’Assemblée qui se tiendra le dimanche 3 septembre, la thématique tournera autour du voyage : « Voyageurs sur la terre » (et la mer) : des huguenots au grand large. Elle permettra de (re)découvrir que les protestants français ne sont pas une espèce confinée dans les déserts des Cévennes. Tout au long de leur histoire, ils se sont tournés vers des espaces libres, au-delà des mers, à la recherche de refuges ou de nouveaux horizons d’évangélisation.

La SMEP, Maurice Leenhardt et les kanak de Nouvelle-Calédonie

Dans son Histoire d’un voyage faict en la terre du Bresil, publiée en 1578, Jean de Léry, rescapé de la Saint-Barthélemy, raconte l’échec d’un rêve qui intéressa Calvin, de fonder une colonie française réformée dans la baie de Rio-de-Janeiro (1557). Vingt ans après l’expédition à laquelle il participa, il relit son voyage sur la mer et parmi les Indiens comme un chemin de conversion au temps des guerres de religion. Mieux connue est l’histoire des réfugiés huguenots de la révocation de l’édit de Nantes (1685), échappés clandestins du royaume, par les routes ou par la mer, vers les Iles britanniques et l’Amérique, la Hollande et l’Afrique du Sud, même les Mascareignes.

De l’histoire de l’ancêtre du Défap : la Société des Missions de Paris, née du mouvement du Réveil, active au Lesotho dès 1833, on retiendra un écho lointain du voyage de Léry : le parcours de conversion du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt auprès des kanak de Nouvelle-Calédonie, de 1902 à 1950.

Le culte à 10h30 sera présidé par la pasteure Céline Rohmer (Institut protestant de théologie, Faculté de
Montpellier). L’après-midi, on entendra les allocutions historiques des professeurs Frank Lestringant (Paris Sorbonne) et Gilles Vidal (Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier). Le message final sera donné par le pasteur Didier Crouzet, ancien responsable des relations internationales de l’Église protestante unie de France (EPUdF).

 

Informations pratiques :
Mas Soubeyran
30140 Mialet
04 66 85 02 72

 




La Communauté des Églises protestantes francophones accueillie au Défap

Du jeudi 24 au samedi 26 août 2023, l’Assemblée générale de la Communauté des Églises protestantes francophones s’est tenue dans les locaux du Défap, au 102 boulevard Arago, à Paris.

Les participants à l’AG 2023 de la Ceeefe © DR

C’est la première et la plus ancienne association protestante d’expression francophone : la création de la Ceeefe remonte au 4 juillet 1903. Elle a été constituée sous la IIIe République, au temps des colonies. Elle avait alors pour titre : « Association pour le Maintien et le Développement du Culte Protestant dans les Colonies Françaises et Pays de Protectorat Français ». Puis, au fil du XXe siècle, cette association loi 1901 a changé de titre à quatre reprises, au gré des mutations progressives de l’empire colonial français, pour en arriver à prendre le nom de Commission des Églises Évangéliques d’Expression Française à l’Extérieur (d’où l’acronyme de Ceeefe encore en vigueur aujourd’hui), avant qu’une réforme de ses statuts en août 2009 ne change son nom en « Communauté d’Églises Protestantes Francophones », membre associé de la Fédération Protestante de France. Elle est constituée d’Églises qui revendiquent l’identité protestante et qui utilisent la langue française hors du territoire métropolitain.
 

Vue de l’AG 2023 de la Ceeefe dans la chapelle du Défap © DR

Mais si la Ceeefe, sous sa forme institutionnelle, existe depuis le tout début du XXème siècle, son origine remonte en fait à des racines bien plus anciennes : en 1685, à la révocation de l’Edit de Nantes, de nombreux huguenots vont chercher refuge à l’étranger. Expatriés, ils rejoignent alors les églises nationales pour y vivre leur foi. Mais certains créent sur place des Églises d’expression française, dont certaines existent encore aujourd’hui. Elles constituent le noyau de ce réseau d’Églises francophones, auxquelles sont venues s’ajouter par la suite des Églises du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie), du Liban, de Djibouti ; des Églises des départements d’outre-mer (DOM), Antilles, Guyane, Réunion ; des Églises protestantes nées de l’immigration ancienne ou plus récente composées de protestants de langue française vivant à l’étranger, comme aux États-Unis, dans les pays arabes (Égypte) et en Israël.

Des liens étroits avec le Défap

Aujourd’hui, la Ceeefe regroupe plus de 40 Églises protestantes dans le monde et se veut, selon le mot de son président, le pasteur Christian Seytre, « un kaléidoscope de l’Église universelle. Dans ses paroisses on trouve des membres de plusieurs nationalités différentes, venant d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Europe, qui ont des origines ecclésiales variées : réformées, luthériennes, méthodistes, baptistes, évangéliques, pentecôtistes ou charismatiques. La liturgie et la vie de ces paroisses s’inscrivent dans une optique luthéro-réformée, ouverte à différentes expressions de la foi. » Elle favorise les contacts avec des Églises locales sur divers continents, lors de voyages professionnels ou touristiques. Elle aide aussi, dans la mesure de ses moyens, à la formation des pasteurs et des responsables, et participe à la réalisation concrète de projets locaux à dimension diaconale.
 

Vue de l’AG 2023 de la Ceeefe © DR

Pour en savoir plus sur la Ceeefe, réécoutez ci-dessous cette interview de son président Christian Seytre sur Fréquence protestante :

Les Églises protestantes francophones dans le monde : une communauté très diverse

Animateur : Anne-Marie Delaugère
Émission : Ciel mon temple, du 10 juin 2022 sur Fréquence Protestante

 
Entre la Ceeefe et le Défap, il existe des liens réguliers : une partie significative des Églises membres de cette communauté francophone sont des partenaires du Service protestant de mission, qui peut leur assurer un appui administratif notamment au niveau des postes pastoraux. Certains projets d’Églises, comme la rénovation du temple de Djibouti (un chantier au long cours, qui a pris près d’une dizaine d’années), ont été rendus possibles par une collaboration étroite Défap/Ceeefe. Depuis l’année 2018, cette proximité a trouvé une nouvelle traduction visible, puisque c’est désormais le Défap qui accueille l’Assemblée Générale annuelle de la Ceeefe.

En cette année 2023, les délégués de la quarantaine de paroisses francophones représentées au sein de la Ceeefe, qui vont de Los Angeles à Beyrouth et de Stockholm à l’île de la Réunion, se sont ainsi retrouvés pour trois jours au siège du Défap, du jeudi 24 au samedi 26 août. Outre l’aspect institutionnel et les nouvelles de la communauté, une Assemblée générale de la Ceeefe est aussi un temps de partage spirituel, et d’échanges sur des problématiques communes. Cette AG 2023 a ainsi été l’occasion de travaux de groupes et de réflexions sur la parole des Églises dans l’espace public, un sujet abordé très différemment selon les pays et les contextes culturels, mais qui n’en reste pas moins un thème sensible dans de nombreuses sociétés.




Alternative Théologie : «Résister aux injustices»

La 4ème édition d’Alternative théologie a lieu du 25 au 30 août 2023 à Paris. Ce camp pour jeunes adultes de 18 et 30 ans qui souhaitent faire de la théologie autrement est proposé par l’Église protestante unie de France et l’Institut protestant de théologie, en collaboration avec le Défap. Le thème de cette année : « Résister aux injustices ».

Alternative Théologie, c’est quoi?

La quatrième édition de l’Alternative Théologie aura lieu du 25 au 30 août 2023 à Paris sur le thème : Résister face aux injustices.

C’est un camp pour jeunes adultes de 18 et 30 ans qui souhaitent faire de la théologie autrement.

L’Église protestante unie de France offre :

  • une proposition Alternative de dialogue pour discuter, partager, penser et s’engager.
  • de Théologie, parce que parler de Dieu, de sa foi, de ses questions, c’est à la portée de toutes et de tous. Quelques jours pour vivre la théologie et réfléchir sur la résistance face aux injustices. Ce camp propose aussi des temps spi, chants, découverte de Paris…

« C’est l’occasion de faire la théologie avec des gens qui ne sont pas des théologiens. Alternative en quelque sorte à la théologie universitaire. C’est une théologie qui se fait en dialogue avec des hommes et des femmes qui se posent des questions et à qui on propose de les poser du point de vue de la théologie. » (Elian Cuvillier)

« C’est un camp, un séminaire pour de jeunes adultes qui veulent mettre en lien leur vie, leur vie personnelle, leur vie professionnelle et leur foi, leurs convictions peut-être pour essayer de se changer, aller plus loin dans leur réflexion et pourquoi pas changer le monde ? » (Stéphane Lavignotte)

Modalités

Alternative Théologie se déroulera à l’Institut protestant de Théologie à Paris.

Hébergement au foyer Saint Jean Eudes

Le tarif normal s’élève à 150 €.

Le tarif de soutien est 200 €.

Si vous réservez vos billets de train SNCF avant le 15 juillet, vous pouvez faire le la demande d’un remboursement jusqu’à 50 % du prix de billet.
 
 

Inscription

Les inscriptions sont ouvertes : voici le lien pour s’inscrire.

Équipe de préparation :

  • Pasteure Christine Mielke, responsable de l’animation nationale de réseaux jeunesse national EPUdF.
  • Professeurs de l’IPT : Elian Cuvillier, Marc Boss, Christophe Singer et Pierre-Olivier Lechot
  • Eline (Service mission Défap)
  • D’autres intervenants seront invités en fonction des thèmes.

Pour plus de renseignements, contactez:

Christine Mielke, secrétaire nationale à l’animation des réseaux jeunesse
christine.mielke@epudf.org

Présentation au cours de l’émission « After Work » du 30 juin 2022, sur EJR Radio :

 




«Pour moi ce n’est plus une mission, c’est plutôt ma vie»

Première lettre de nouvelles de Magda, l’une de nos volontaires en Service civique venues d’Égypte. Elle évoque sa mission chez les Diaconesses de Strasbourg.

Magda, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Magda, Égyptienne
  • Accompagnatrice de personnes âgées
MISSION
  • La maison des Diaconesses, 3 rue Ste Elisabeth, Strasbourg
  • Les personnes âgées (Sœurs et seniors)

 
 
Au début j’avais l’impression que ce serait un peu difficile ; je me suis posée beaucoup de questions en moi-même, comme : « est-ce que j’arriverai à être utile ? » ou « est-ce que je vais pouvoir rendre les journées plus agréables pour les sœurs et les seniors ? » C’étaient des questions très importantes, surtout dans les deux premières semaines quand j’ai commencé à faire connaissance avec chaque personne.

Ce qui m’a étonnée et m’a touchée : dès le premier mois, j’ai commencé à me sentir à l’aise et j’ai commencé à pouvoir passer le temps et faire des choses intéressantes avec les personnes âgées et les sœurs. J’ai même oublié les questions que je m’étais posées : ce n’étais pas aussi difficile que ce que j’avais pensé.

Je pense que ce sont les sœurs et les seniors qui contribuent à remplir mes journées. Ça ne fait que deux mois que je suis arrivée ; mais l’accueil chaleureux et la gentillesse que j’ai reçus depuis mon arrivée m’ont fait changer ma façon de penser par rapport à la mission.

« J’apprends à mieux me connaître et voir les choses différemment »

Pour moi ce n’est plus une mission, c’est plutôt ma vie.

J’apprends à mieux me connaître et voir les choses différemment : je découvre qu’en écoutant et en prenant le temps d’être avec les autres, je reçois beaucoup. Et comme ça je peux donner beaucoup et je deviens utile : par exemple, quand une des seniors ne va pas bien, on m’appelle pour que je sois simplement à côté d’elle et qu’on parle ensemble. Après un moment, elle va mieux.

Et aussi, j’aime la réunion des jeunes : seule je ne lis pas la Bible, mais à plusieurs, c’est beaucoup plus facile et intéressant.

Et quand je découvre les histoires des autres, j’apprends à remercier pour ce que j’ai et ce que je suis.

En conclusion j’aimerais dire que j’aime la mission que je suis en train de vivre et que j’apprends vraiment beaucoup de choses, qui seront utiles pour toute ma vie, je pense.