Les chrétiens face au climat : une étude inédite

Dans les milieux chrétiens, qu’ils soient catholiques ou protestants, les engagements en faveur de la sauvegarde de la création sont nombreux. On peut citer l’impact de l’Encyclique « Laudato Si », le travail en commun de Chrétiens unis pour la Terre, des associations comme A Rocha, la démarche Église Verte, l’existence de référents « Climat » au sein de certaines Églises, comme l’EPUdF ou l’UEPAL, ou d’une commission « Écologie-justice climatique » au sein de la Fédération protestante de France… La sauvegarde de la création figure aussi parmi les priorités du programme de travail du Défap, qui outre les projets en lien avec l’environnement qu’il soutient dans divers pays, s’est aussi lancé dans une démarche visant à la neutralité carbone… Mais quels échos ces engagements trouvent-ils auprès des chrétiens en général ? Après une première partie en juin consacrée aux catholiques, une étude de l’Ifop fait le point, en ce mois de septembre, sur les protestants, avec un enseignement clair : les questions environnementales sont bien considérées comme un enjeu majeur par une très forte majorité de chrétiens. Ce que souligne la Fédération protestante de France dans le communiqué que nous reproduisons ci-dessous.

Une étude inédite sur l’engagement des chrétiens en faveur du climat © Ifop

La Fédération protestante de France (FPF) salue l’étude inédite réalisée par l’institut de sondage IFOP sur le sujet « Les chrétiens face au climat : quels combats ?« . Celle-ci propose pour la première fois un état de l’opinion au sein d’un échantillon* de croyants et pratiquants, catholiques et protestants. Quels sont les leviers et freins à l’engagement personnel ? Quel est le rôle attendu de l’Église ? Existe-t-il des liens entre l’intensité de la pratique religieuse et la volonté d’agir pour le climat ?

Il résulte de cette enquête que :

  • 81 % des protestants sont d’accord sur le nécessaire changement radical de modes de vie dès maintenant
  • 84 % des protestants veulent en faire plus face à la dégradation de l’environnement et au changement climatique

Cette large conscience de l’urgence climatique nous encourage à agir.

Le climat figure parmi les principaux sujets de préoccupation des sondés © Ifop

Par ailleurs, 64% des sondés pensent que c’est le rôle de l’Église de parler d’environnement et de changement climatique. Toutefois, nombreux sont les protestants qui ne font aucun lien entre leur spiritualité, la théologie et l’engagement écologique.

La proximité de positionnement des catholiques et des protestants mise en lumière dans l’étude, conforte l’engagement commun pour la cause écologique. Le projet Église verte est une belle réussite de cet œcuménisme de l’action.

Une rencontre nationale le mercredi 11 octobre

La FPF propose une rencontre nationale le mercredi 11 octobre, de 20h à 21h, afin de comprendre l’état des lieux, dialoguer sur ses enseignements et les actions à mettre en place.

La FPF remercie particulièrement A Rocha et Parlons Climat, à l’initiative de cette étude, avec le soutien de la Fondation FLAM, Nuances d’Avenir et la Fondation Bersier-Regards Protestants. Les résultats complets sont à retrouver sur le site d’A Rocha France.

Pasteur Christian Krieger Président de la Fédération protestante de France

* Les résultats sont à traiter avec prudence en raison de leur représentativité.

Les Églises ont un rôle à jouer © A Rocha/Parlons Climat




Le Défap à l’Assemblée du Désert 2023 : retour en images

L’Assemblée du Désert, rendez-vous annuel qui se tient le premier dimanche de septembre sur les terres du musée du Désert, dans le Gard, a réuni plus de 3000 participants ce 3 septembre 2023, pour un culte et des conférences sur le thème du voyage.

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap

C’est l’un des hauts-lieux de la mémoire protestante en France, mais aussi un lieu de rencontres et d’échanges : l’Assemblée du Désert, qui se tient chaque année le premier dimanche de septembre, sur les terrains du musée du Désert à Mialet, dans le Gard, est tout à la fois une fête, une commémoration, une sortie familiale, un rendez-vous avec l’histoire… Un rassemblement en plein air, sous les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran, en référence aux cultes clandestins que tenaient les Huguenots au temps de la persécution, entre la révocation de l’édit de Nantes en 1685 et l’édit de tolérance de 1787 ; avec des participants venus pour beaucoup des Cévennes et du Languedoc, mais aussi de toute la France et de l’étranger, et parmi lesquels on reconnaît des élus locaux, nombre de représentants d’organismes liés au milieu luthéro-réformé. Chaque année, un thème choisi en référence à l’histoire protestante donne la coloration du culte du matin, et sert de fil rouge aux conférences de l’après-midi : pour ce mois de septembre 2023, il s’agissait du thème du voyage : « Voyageurs sur la terre » (et la mer) : des huguenots au grand large.

Le Défap y était présent, aux côtés d’organismes comme l’Institut protestant de théologie (IPT), la Cimade, A Rocha, Portes Ouvertes, les éditions Olivétan ou la librairie Jean Calvin… Et ce thème du voyage a également permis d’évoquer, au cours des interventions de l’après-midi, l’ancêtre du Défap, la SMEP (Société des missions évangéliques de Paris), à travers le parcours du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt. Venu participer en voisin à ce rassemblement, le pasteur Jean-Luc Blanc, ancien Secrétaire général du Défap, a également été interviewé par Jean-Luc Gadreau à l’occasion de l’émission réalisée sur place par « Solae, le rdv protestant » – magazine proposé par la Fédération protestante de France et diffusé sur France Culture, et dont vous pouvez retrouver le teaser ci-dessous.
 

« Des milliers d’hommes et de femmes aujourd’hui se tournent vers d’autres territoires »

Lieu lié à l’histoire, l’Assemblée du Désert a aussi son histoire propre. La première a eu lieu le 24 septembre 1911, inaugurant une tradition qui n’a été interrompue que brièvement lors des années de guerre. Elle a été un marqueur de l’engagement protestant au cours de la Seconde Guerre mondiale, avec, par exemple, le sermon prononcé par le pasteur Marc Boegner au matin du 6 septembre 1942, dénonçant la souffrance des juifs quelques jours après les grandes rafles de l’été. Si l’affluence n’atteint plus aujourd’hui les 10.000 à 12.000 participants qu’a pu connaître l’Assemblée du Désert par le passé, ce sont tout de même quelque 3000 personnes qui étaient présentes sur les terres du musée du Désert en ce 3 septembre 2023.

Le culte du matin, présidé par la pasteure Céline Rohmer(Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier), était retransmis en direct sur France Culture ; fidèle à la liberté de parole et à la tradition d’engagement de l’Assemblée du Désert, elle a fait, dans sa prédication, un lien entre les exils des huguenots d’il y a quatre siècles et celui des migrants actuels. « Des milliers d’hommes et de femmes aujourd’hui se tournent vers d’autres territoires que les leurs pour trouver refuge, a-t-elle ainsi souligné. Ils s’entassent, par milliers, sur des bateaux de misère fuyant, au-delà des mers, à la recherche d’une terre d’accueil. Leur exil à eux n’est pas une métaphore. C’est une urgence politique. D’autres voyageurs contraints avancent dans les couloirs sud-américains espérant trouver asile… Et ces autres, laissés agonisants dans les déserts subsahariens… Leur marche forcée, à eux, n’est pas une figure de style. C’est un cri d’injustice. »

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap

Les conférences de l’après-midi étaient assurées par les professeurs Frank Lestringant (Paris Sorbonne) et Gilles Vidal (Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier). Elles ont emmené les auditeurs à travers l’exil des protestants français fuyant les persécutions après la révocation de l’édit de Nantes, mais aussi bien plus loin. Par exemple, du côté de la Nouvelle-Calédonie, avec l’odyssée de Maurice Leenhardt. Ou encore, du côté du Brésil où des protestants réformés tentèrent, en vain, de fonder une colonie dès le XVIème siècle – une équipée née du refus initial par la France du traité de Tordesillas qui faisait tomber le Brésil sous souveraineté portugaise, et qui se traduisit par une expédition placée sous l’autorité de l’amiral de Coligny, avec des colons initialement recrutés dans les prisons du nord de la France, bientôt rejoints par deux théologiens envoyés de Genève par Calvin, Pierre Richer et Guillaume Chartier…

Vue des participants de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Défap




Préparer le Temps pour la création

Chaque année, entre le 1er septembre et le 4 octobre, les Eglises chrétiennes du monde entier célèbrent le Temps pour la création. Un temps pour nous souvenir que la création est un don de Dieu qui nous précède, un temps pour nous souvenir de la responsabilité que Dieu a confiée à l’humanité envers cette création.

Bannière de l’édition 2023 du «Temps pour la Création»

Ce temps liturgique a été lancé il y a près d’un quart de siècle, en 1999, par le Réseau chrétien européen pour l’environnement (ECEN). Un matériel œcuménique complet est proposé chaque année pour accompagner les paroisses et Eglises locales dans la célébration de ce temps : il comprend des prières, une trame de célébration, des éléments de plaidoyer, des outils de communication et un calendrier des manifestations. Notez également qu’il y aura des célébrations mondiales de prière le 1er septembre et le 4 octobre, pour lesquelles vous trouverez toutes les informations sur le site du Temps pour la Création : Season of Creation

Cette année le thème retenu est « Que la justice et la paix se répandent », en écho au verset du livre du prophète Amos : « Mais que la droiture soit comme un courant d’eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. » (Amos 5.24). Nous sommes encouragés, avec tous les chrétiens du monde entier, tel un fleuve puissant et inarrêtable, à être témoins du pouvoir de la collaboration pour permettre à la justice et à la paix de se répandre en prenant soin de notre maison commune.

Le Temps pour la création est une excellente occasion pour inviter des proches, distanciés de l’Eglise mais sensibles à cette thématique, à un moment de réflexion, à une exposition, ou à un temps de culte, et faire ainsi rayonner votre communauté. C’est aussi certainement l’occasion d’organiser un événement œcuménique avec des paroisses voisines et de manifester qu’on peut témoigner de l’unité des chrétiens (et prier pour qu’elle s’approfondisse) plus d’une fois par an ! Et c’est quoi qu’il en soit le moment idéal pour relancer ce projet de labellisation Eglise verte dont vous aviez parlé il y a quelques mois et qui dormait en attendant de trouver une équipe de volontaires pour la porter, ou bien si votre communauté est déjà labellisée (bravo !) de programmer votre réunion annuelle de bilan des actions et de mise à jour de votre éco-diagnostic. Mais tout cela demande un peu d’organisation en amont et donc… il est temps de préparer le Temps pour la création !
 

L’engagement chrétien en faveur de la sauvegarde de la Création regroupe aujourd’hui des initiatives de plus en plus nombreuses. Au Défap aussi, la préoccupation de la sauvegarde de l’environnement fait partie intégrante de son programme de travail, et se retrouve à travers un certain nombre de projets : c’est le cas du soutien apporté à l’association Abel Granier, qui intervient en Tunisie sur les problématiques de désertification. C’est le cas du partenariat établi avec l’ALCESDAM, Association pour la Lutte Contre l’Érosion, la Sécheresse et la Désertification au Maroc, qui depuis trente ans intervient dans les zones de palmeraies de la province de Tata. Le Défap a aussi régulièrement des envoyés au sein du projet Beer Shéba à Fatick, au Sénégal, centré sur l’agro-foresterie durable ; il est l’un des membres fondateurs du Secaar… Cette préoccupation globale trouve par ailleurs des traductions locales dans les rencontres régionales sur la mission.




L’Assemblée du Désert et le souffle du grand large

L’histoire des protestants est marquée par de nombreux départs : exils face aux persécutions, quête de terres où vivre librement leur foi, voire de terres de mission… Il sera donc question de voyages lors de cette Assemblée du Désert 2023 : à travers une tentative de fonder une colonie française réformée dans la baie de Rio-de-Janeiro, dès le XVIème siècle ; ou encore à travers l’exode provoqué par la révocation de l’édit de Nantes… Il sera aussi question de la SMEP, la Société des Missions évangéliques de Paris, l’ancêtre du Défap, à travers le parcours du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt auprès des kanak de Nouvelle-Calédonie.

L’affiche de l’Assemblée du désert, édition 2023 © Cevaa

L’Assemblée du Désert est un grand rassemblement protestant organisé chaque année le premier dimanche de septembre sur les terrains du Musée du Désert. La première eut lieu le 24 septembre 1911, lors de l’inauguration du Musée avec ses fondateurs Franck Puaux et Edmond Hugues. Depuis cette date, tous les ans à l’exception de quelques années de guerre, se tient l’Assemblée du Désert, réunissant 10.000 à 15.000 personnes dans une ambiance à la fois recueillie et joyeusement familiale. Les participants viennent principalement des Cévennes et du Languedoc, mais très nombreux aussi de toute la France et de l’étranger, sous les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran, pour un culte le matin terminé par la sainte Cène, et des allocutions historiques l’après-midi. Le thème donné pour la journée peut-être directement en rapport avec les anniversaires de l’Histoire protestante (Édit de Nantes en 1998, Période camisarde en 2002-2004,…) mais aussi général dans le protestantisme (L’esprit des psaumes, La Bible, « vous direz à vos enfants »…).

Pour cette année 2023, lors de l’Assemblée qui se tiendra le dimanche 3 septembre, la thématique tournera autour du voyage : « Voyageurs sur la terre » (et la mer) : des huguenots au grand large. Elle permettra de (re)découvrir que les protestants français ne sont pas une espèce confinée dans les déserts des Cévennes. Tout au long de leur histoire, ils se sont tournés vers des espaces libres, au-delà des mers, à la recherche de refuges ou de nouveaux horizons d’évangélisation.

La SMEP, Maurice Leenhardt et les kanak de Nouvelle-Calédonie

Dans son Histoire d’un voyage faict en la terre du Bresil, publiée en 1578, Jean de Léry, rescapé de la Saint-Barthélemy, raconte l’échec d’un rêve qui intéressa Calvin, de fonder une colonie française réformée dans la baie de Rio-de-Janeiro (1557). Vingt ans après l’expédition à laquelle il participa, il relit son voyage sur la mer et parmi les Indiens comme un chemin de conversion au temps des guerres de religion. Mieux connue est l’histoire des réfugiés huguenots de la révocation de l’édit de Nantes (1685), échappés clandestins du royaume, par les routes ou par la mer, vers les Iles britanniques et l’Amérique, la Hollande et l’Afrique du Sud, même les Mascareignes.

De l’histoire de l’ancêtre du Défap : la Société des Missions de Paris, née du mouvement du Réveil, active au Lesotho dès 1833, on retiendra un écho lointain du voyage de Léry : le parcours de conversion du missionnaire et ethnologue Maurice Leenhardt auprès des kanak de Nouvelle-Calédonie, de 1902 à 1950.

Le culte à 10h30 sera présidé par la pasteure Céline Rohmer (Institut protestant de théologie, Faculté de
Montpellier). L’après-midi, on entendra les allocutions historiques des professeurs Frank Lestringant (Paris Sorbonne) et Gilles Vidal (Institut protestant de théologie, Faculté de Montpellier). Le message final sera donné par le pasteur Didier Crouzet, ancien responsable des relations internationales de l’Église protestante unie de France (EPUdF).

 

Informations pratiques :
Mas Soubeyran
30140 Mialet
04 66 85 02 72

 




La Communauté des Églises protestantes francophones accueillie au Défap

Du jeudi 24 au samedi 26 août 2023, l’Assemblée générale de la Communauté des Églises protestantes francophones s’est tenue dans les locaux du Défap, au 102 boulevard Arago, à Paris.

Les participants à l’AG 2023 de la Ceeefe © DR

C’est la première et la plus ancienne association protestante d’expression francophone : la création de la Ceeefe remonte au 4 juillet 1903. Elle a été constituée sous la IIIe République, au temps des colonies. Elle avait alors pour titre : « Association pour le Maintien et le Développement du Culte Protestant dans les Colonies Françaises et Pays de Protectorat Français ». Puis, au fil du XXe siècle, cette association loi 1901 a changé de titre à quatre reprises, au gré des mutations progressives de l’empire colonial français, pour en arriver à prendre le nom de Commission des Églises Évangéliques d’Expression Française à l’Extérieur (d’où l’acronyme de Ceeefe encore en vigueur aujourd’hui), avant qu’une réforme de ses statuts en août 2009 ne change son nom en « Communauté d’Églises Protestantes Francophones », membre associé de la Fédération Protestante de France. Elle est constituée d’Églises qui revendiquent l’identité protestante et qui utilisent la langue française hors du territoire métropolitain.
 

Vue de l’AG 2023 de la Ceeefe dans la chapelle du Défap © DR

Mais si la Ceeefe, sous sa forme institutionnelle, existe depuis le tout début du XXème siècle, son origine remonte en fait à des racines bien plus anciennes : en 1685, à la révocation de l’Edit de Nantes, de nombreux huguenots vont chercher refuge à l’étranger. Expatriés, ils rejoignent alors les églises nationales pour y vivre leur foi. Mais certains créent sur place des Églises d’expression française, dont certaines existent encore aujourd’hui. Elles constituent le noyau de ce réseau d’Églises francophones, auxquelles sont venues s’ajouter par la suite des Églises du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie), du Liban, de Djibouti ; des Églises des départements d’outre-mer (DOM), Antilles, Guyane, Réunion ; des Églises protestantes nées de l’immigration ancienne ou plus récente composées de protestants de langue française vivant à l’étranger, comme aux États-Unis, dans les pays arabes (Égypte) et en Israël.

Des liens étroits avec le Défap

Aujourd’hui, la Ceeefe regroupe plus de 40 Églises protestantes dans le monde et se veut, selon le mot de son président, le pasteur Christian Seytre, « un kaléidoscope de l’Église universelle. Dans ses paroisses on trouve des membres de plusieurs nationalités différentes, venant d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Europe, qui ont des origines ecclésiales variées : réformées, luthériennes, méthodistes, baptistes, évangéliques, pentecôtistes ou charismatiques. La liturgie et la vie de ces paroisses s’inscrivent dans une optique luthéro-réformée, ouverte à différentes expressions de la foi. » Elle favorise les contacts avec des Églises locales sur divers continents, lors de voyages professionnels ou touristiques. Elle aide aussi, dans la mesure de ses moyens, à la formation des pasteurs et des responsables, et participe à la réalisation concrète de projets locaux à dimension diaconale.
 

Vue de l’AG 2023 de la Ceeefe © DR

Pour en savoir plus sur la Ceeefe, réécoutez ci-dessous cette interview de son président Christian Seytre sur Fréquence protestante :

Les Églises protestantes francophones dans le monde : une communauté très diverse

Animateur : Anne-Marie Delaugère
Émission : Ciel mon temple, du 10 juin 2022 sur Fréquence Protestante

 
Entre la Ceeefe et le Défap, il existe des liens réguliers : une partie significative des Églises membres de cette communauté francophone sont des partenaires du Service protestant de mission, qui peut leur assurer un appui administratif notamment au niveau des postes pastoraux. Certains projets d’Églises, comme la rénovation du temple de Djibouti (un chantier au long cours, qui a pris près d’une dizaine d’années), ont été rendus possibles par une collaboration étroite Défap/Ceeefe. Depuis l’année 2018, cette proximité a trouvé une nouvelle traduction visible, puisque c’est désormais le Défap qui accueille l’Assemblée Générale annuelle de la Ceeefe.

En cette année 2023, les délégués de la quarantaine de paroisses francophones représentées au sein de la Ceeefe, qui vont de Los Angeles à Beyrouth et de Stockholm à l’île de la Réunion, se sont ainsi retrouvés pour trois jours au siège du Défap, du jeudi 24 au samedi 26 août. Outre l’aspect institutionnel et les nouvelles de la communauté, une Assemblée générale de la Ceeefe est aussi un temps de partage spirituel, et d’échanges sur des problématiques communes. Cette AG 2023 a ainsi été l’occasion de travaux de groupes et de réflexions sur la parole des Églises dans l’espace public, un sujet abordé très différemment selon les pays et les contextes culturels, mais qui n’en reste pas moins un thème sensible dans de nombreuses sociétés.




Alternative Théologie : «Résister aux injustices»

La 4ème édition d’Alternative théologie a lieu du 25 au 30 août 2023 à Paris. Ce camp pour jeunes adultes de 18 et 30 ans qui souhaitent faire de la théologie autrement est proposé par l’Église protestante unie de France et l’Institut protestant de théologie, en collaboration avec le Défap. Le thème de cette année : « Résister aux injustices ».

Alternative Théologie, c’est quoi?

La quatrième édition de l’Alternative Théologie aura lieu du 25 au 30 août 2023 à Paris sur le thème : Résister face aux injustices.

C’est un camp pour jeunes adultes de 18 et 30 ans qui souhaitent faire de la théologie autrement.

L’Église protestante unie de France offre :

  • une proposition Alternative de dialogue pour discuter, partager, penser et s’engager.
  • de Théologie, parce que parler de Dieu, de sa foi, de ses questions, c’est à la portée de toutes et de tous. Quelques jours pour vivre la théologie et réfléchir sur la résistance face aux injustices. Ce camp propose aussi des temps spi, chants, découverte de Paris…

« C’est l’occasion de faire la théologie avec des gens qui ne sont pas des théologiens. Alternative en quelque sorte à la théologie universitaire. C’est une théologie qui se fait en dialogue avec des hommes et des femmes qui se posent des questions et à qui on propose de les poser du point de vue de la théologie. » (Elian Cuvillier)

« C’est un camp, un séminaire pour de jeunes adultes qui veulent mettre en lien leur vie, leur vie personnelle, leur vie professionnelle et leur foi, leurs convictions peut-être pour essayer de se changer, aller plus loin dans leur réflexion et pourquoi pas changer le monde ? » (Stéphane Lavignotte)

Modalités

Alternative Théologie se déroulera à l’Institut protestant de Théologie à Paris.

Hébergement au foyer Saint Jean Eudes

Le tarif normal s’élève à 150 €.

Le tarif de soutien est 200 €.

Si vous réservez vos billets de train SNCF avant le 15 juillet, vous pouvez faire le la demande d’un remboursement jusqu’à 50 % du prix de billet.
 
 

Inscription

Les inscriptions sont ouvertes : voici le lien pour s’inscrire.

Équipe de préparation :

  • Pasteure Christine Mielke, responsable de l’animation nationale de réseaux jeunesse national EPUdF.
  • Professeurs de l’IPT : Elian Cuvillier, Marc Boss, Christophe Singer et Pierre-Olivier Lechot
  • Eline (Service mission Défap)
  • D’autres intervenants seront invités en fonction des thèmes.

Pour plus de renseignements, contactez:

Christine Mielke, secrétaire nationale à l’animation des réseaux jeunesse
christine.mielke@epudf.org

Présentation au cours de l’émission « After Work » du 30 juin 2022, sur EJR Radio :

 




«Pour moi ce n’est plus une mission, c’est plutôt ma vie»

Première lettre de nouvelles de Magda, l’une de nos volontaires en Service civique venues d’Égypte. Elle évoque sa mission chez les Diaconesses de Strasbourg.

Magda, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Magda, Égyptienne
  • Accompagnatrice de personnes âgées
MISSION
  • La maison des Diaconesses, 3 rue Ste Elisabeth, Strasbourg
  • Les personnes âgées (Sœurs et seniors)

 
 
Au début j’avais l’impression que ce serait un peu difficile ; je me suis posée beaucoup de questions en moi-même, comme : « est-ce que j’arriverai à être utile ? » ou « est-ce que je vais pouvoir rendre les journées plus agréables pour les sœurs et les seniors ? » C’étaient des questions très importantes, surtout dans les deux premières semaines quand j’ai commencé à faire connaissance avec chaque personne.

Ce qui m’a étonnée et m’a touchée : dès le premier mois, j’ai commencé à me sentir à l’aise et j’ai commencé à pouvoir passer le temps et faire des choses intéressantes avec les personnes âgées et les sœurs. J’ai même oublié les questions que je m’étais posées : ce n’étais pas aussi difficile que ce que j’avais pensé.

Je pense que ce sont les sœurs et les seniors qui contribuent à remplir mes journées. Ça ne fait que deux mois que je suis arrivée ; mais l’accueil chaleureux et la gentillesse que j’ai reçus depuis mon arrivée m’ont fait changer ma façon de penser par rapport à la mission.

« J’apprends à mieux me connaître et voir les choses différemment »

Pour moi ce n’est plus une mission, c’est plutôt ma vie.

J’apprends à mieux me connaître et voir les choses différemment : je découvre qu’en écoutant et en prenant le temps d’être avec les autres, je reçois beaucoup. Et comme ça je peux donner beaucoup et je deviens utile : par exemple, quand une des seniors ne va pas bien, on m’appelle pour que je sois simplement à côté d’elle et qu’on parle ensemble. Après un moment, elle va mieux.

Et aussi, j’aime la réunion des jeunes : seule je ne lis pas la Bible, mais à plusieurs, c’est beaucoup plus facile et intéressant.

Et quand je découvre les histoires des autres, j’apprends à remercier pour ce que j’ai et ce que je suis.

En conclusion j’aimerais dire que j’aime la mission que je suis en train de vivre et que j’apprends vraiment beaucoup de choses, qui seront utiles pour toute ma vie, je pense.




Deux jours d’échanges entre chercheurs au Défap

Tout comme les envoyés qui s’inscrivent dans des projets portés par les Églises partenaires du Défap, tout comme les échanges d’enseignants entre facultés de théologie, les chercheurs en congé-recherche en France et dont les travaux sont soutenus par le Défap incarnent les relations entre Églises au près et au loin. Leur rencontre annuelle a eu lieu les 1er et 2 juin au siège du Défap, à Paris. L’occasion de faire le point sur les joies et défis de leur séjour en France, et de présenter leurs travaux.

Le groupe des chercheurs en congé-recherche dans le jardin du 102 boulevard Arago © Défap

Ils viennent de République démocratique du Congo, de Cameroun, de Côte d’Ivoire… Ils sont en France pour quelques mois, pour des recherches à l’occasion d’un projet de thèse, ou de publication… Ils sont pasteurs et théologiens, et leur présence au Défap, ainsi qu’à l’Institut protestant de théologie de Paris ou de Montpellier, est une des manifestations concrètes des relations nouées entre facultés de théologie par-delà les frontières. Ce sont les chercheurs en congé-recherche dont les travaux sont soutenus par le Défap. En ce début du mois de juin, ils sont rassemblés dans la « salle de cours » du Défap, pour deux journées destinées à faire le point sur leur séjour en France, et présenter leurs travaux.

Si la figure de l’envoyé est généralement la plus connue, et considérée comme la plus représentative des activités du Défap au sein de ses Églises constitutives, elle a ainsi sa figure symétrique en termes d’accueil. Les relations établies de longue date via le Défap au sein de toute une communauté d’Églises s’illustrent non seulement à travers des projets, mais aussi à travers des échanges de personnes ; et non seulement par l’envoi au loin, mais aussi à travers toutes celles et ceux qui viennent en France, notamment dans le cadre d’un cursus de formation théologique. Le Défap assure le suivi administratif et pédagogique de ces chercheurs en congé-recherche.

Des questionnements qui se recoupent

Mais tout comme dans le cas des envoyés, chaque boursier est engagé dans un projet personnel, en lien avec sa propre formation et avec sa propre Église, qui lui permet difficilement d’échanger avec les autres boursiers. Ils sont géographiquement éloignés, travaillent en lien avec des facultés de théologie différentes ; et le délai imparti pour les recherches (quelques mois) est court, surtout si l’on tient compte du nécessaire temps d’adaptation lors de leur arrivée en France.

D’où ces deux journées organisées au 102 boulevard Arago, qui représentent une occasion précieuse d’échanger, de revenir sur les difficultés ou obstacles administratifs, de faire le point avec le Défap sur leur séjour. Après le mot d’accueil du Secrétaire général Basile Zouma, les nouveaux arrivants ont pu faire part de leurs attentes, de leurs craintes, des freins qui ont pu entraver leur venue, des forces qui leur ont permis de franchir les obstacles pour venir poursuivre leurs travaux en France ; quant aux chercheurs déjà à mi-parcours de leur séjour ou sur le point de repartir, ils ont pu évoquer les joies, défis, étonnements ou incompréhensions qui auront marqué leur découverte du contexte français. Une séance de « debriefing » précieuse pour améliorer le suivi, fluidifier les relations entre facultés de théologie de pays divers et aux habitudes de travail différentes, ou tenter de débrouiller des difficultés administratives.

Les chercheurs en congé-recherche échangeant avec le Secrétaire général Basile Zouma © Défap

Tous ont également eu l’occasion de présenter le thème et l’état d’avancement de leurs travaux. Avec souvent, à la base de leurs recherches, des questionnements qui se recoupent : les défis qui se posent au chrétien dans sa vie quotidienne et dans son Église, le décalage entre ce qui est proclamé et ce qui est vécu, les difficultés de la contextualisation et la recherche d’un christianisme authentiquement africain, les exigences d’une vie chrétienne sincère… L’un s’interroge sur les relations entre des sociétés fortement imprégnées de religion chrétienne et la misère persistante des peuples – un décalage favorable au développement de l’évangile de la prospérité. Un autre évoque la coexistence d’un christianisme très présent et de croyances traditionnelles auxquelles la majorité se conforme, sous cape : car même si on ne pratique pas, on redoute toujours les effets possibles de ces anciennes croyances. Un autre s’attache à la question de la musique dans les Églises. Un autre centre ses travaux sur la liberté et la relation à Dieu. Un autre enfin, constatant le développement grandissant du christianisme en Afrique, cherche à déceler si, à l’origine du texte biblique lui-même, se trouveraient également des influences africaines… Autant de travaux destinés à alimenter les réflexions au sein de leurs Églises respectives, et dont certains contiennent parfois des propositions très concrètes. Comme l’avait souligné le Secrétaire général Basile Zouma dans son mot de bienvenue, en présentant le Défap et la volonté d’ouverture entre Églises qui guide ses activités : « À travers ce que chacun d’entre vous fait, il y a quelque chose de l’ordre du royaume de Dieu qui se donne, et que nous devons accueillir. »




Deviens un héros : en route pour toute la France !

La dernière session de formation des animateurs pour l’exposition « Deviens un héros » a eu lieu au cours du week-end des 3 et 4 juin au siège du Défap. Les participant.es ont pu découvrir les trois modules existants (le groupe, les stéréotypes et la discrimination) afin d’être en mesure de les animer pour un groupe. Désormais, cet outil de sensibilisation à la lutte contre les discriminations va pouvoir essaimer partout en France.

Participants à la formation des 3 et 4 juin pour l’exposition interactive « Deviens un héros » © Défap/EPUdF

Avec l’Église protestante unie de France, nous avons animé ce week-end au Défap une formation à la super exposition « Deviens un héros ». La qualité de cette dernière a été extrêmement appréciée par les participant.e.s, bravo aux EUL qui l’ont créée. Ces deux jours ont été riches en réflexions et en rencontres.

Grâce à ces nouveaux animateurs et nouvelles animatrices formé.e.s, l’exposition va pouvoir être vécue aux quatre coins de la France (ou presque) !

« Deviens un héros » , c’est bien plus qu’une exposition : c’est une animation interactive, destinée aux jeunes de 12 à 18 ans, et c’est surtout un outil pédagogique qui les amène à s’interroger sur leur façon de vivre, avec les autres et dans le monde, face aux peurs, aux tentations de repli et aux risques de dérives de nos sociétés. Le concept en a été développé depuis plusieurs années en Alsace, à Neuwiller-les Saverne, à l’initiative des EUL (les Équipes Unionistes Luthériennes). Le Défap et le Service Catéchèse de la région parisienne de l’EPUdF vous proposent désormais d’y participer.

Comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli

Pendant la formation des animateurs, dans la chapelle du Défap © Défap/EPUdF

Pour contribuer à une société plus juste, apaisée, où chaque personne puisse être reconnue, il faut comprendre les mécanismes à l’origine des tentations de repli. Et mettre des mots sur les maux qui menacent nos sociétés. Qu’est-ce, par exemple, qu’un préjugé ? Un stéréotype ? D’où viennent-ils et comment se manifestent-ils ? Qu’est-ce qu’une discrimination ? Un harcèlement ? Autant de sujets lourds mais mis en scène de manière ludique à travers cette exposition interactive. Avec l’idée, non pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de susciter un échange et d’amener les participants à réfléchir sur les thématiques présentées. Pour leur permettre de devenir de véritables héros du quotidien, ayant développé leur propre réflexion et leurs propres « super-pouvoirs » afin de s’engager contre les discriminations…

« Deviens un héros » a déjà été présenté en région parisienne auprès de participants de diverses paroisses, mais cette exposition interactive a vocation à essaimer. Pour des journées paroissiales, des week-ends caté, des camps… Pour l’animer, une formation est nécessaire. D’où la session du week-end dernier. Si vous êtes vous-mêmes intéressé.e.s pour être formé.e.s vous pouvez contacter Marion à marion.heyl@epudf.org.

Les futurs animateurs pendant la session de formation au Défap © Défap/EPUdF




25-26 juin : une nuit pour prier pour les victimes de la torture

L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé la date du 26 juin Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, afin d’assurer l’application de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Il s’agit donc d’une date clé pour le mouvement international de l’ACAT. L’idée de la Nuit des Veilleurs, lancée en 2006, est de créer une chaîne internationale de personnes se recueillant pour les victimes. Partout dans le monde, les chrétiens sont appelés à veiller en soutien à quelques-unes d’entre elles. Lors d’événements organisés près de chez eux, ou seuls en tout autre lieu, ils accompagnent les actions de plaidoyer et les relaient jusqu’au cœur de Dieu, dans une nuit où la prière se fait cri. Un cri mobilisateur.

Dans le cadre de la Journée de l’ONU de soutien aux victimes de la torture (le 26 juin), l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT) vous invite à participer à la 18eme édition de la Nuit des veilleurs.

Rejoignez des chrétiens de toutes confessions et de tous les continents pour devenir veilleurs, au cours d’une nuit de prières, à l’intention de ceux qui, partout dans le monde, sont torturés. Cette chaîne de prière mondiale aura pour thème « Prier au cœur de l’Action ». Pour rejoindre le mouvement, l’ACAT vous propose une liste de rencontres locales, en présentiel ou en ligne, ainsi que des ressources si vous voulez allumer une bougie virtuelle ou créer vous-même un événement.

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Ajoutez votre bougie virtuelle sur le site de la Nuit des veilleurs

Cette chaîne de prière mondiale est un événement œcuménique unique, une action tout à la fois individuelle et collective.

Depuis 2006, ce sont plus de 180 défenseurs et défenseures des droits qui ont été mis en valeur et soutenus par les membres ou des sympathisants de l’ACAT-France.

Pour l’édition 2023, les victimes d’injustices et de tortures que l’ACAT-France soutient sont Floriane Irangabiye, Jean-Rémy Yama, Kenia Hernandez, Yonny Ronay, Prageeth Eknaligoda, Nguy Thi Khanh, Jalal,Abdullah, Yousef, Hassan, Ali Jaffar,Jawad, Ali Hassan, Mahdi, Mohamed Ramadan et Hussein Ali Moosa.

Elles sont menacées, battues, emprisonnées, mises au secret, pour leurs engagements politiques, leurs convictions, leur volonté de défendre les plus démunis, au péril de leur vie.

Le 26 juin, soutenez les, dites-leur qu’on ne les oublie pas, priez pour elles et pour eux, et écrivez-leur.




Des théologiens protestants se rassemblent autour du thème de la guerre

Une guerre juste… est-ce possible ? N’y a-t-il pas déjà contradiction dans les termes ? Que faire du commandement « Tu ne tueras pas ? » Les quatrièmes rendez-vous de la pensée protestante réunissent étudiants et théologiens pendant trois jours à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg autour de cette thématique de la guerre.

Une guerre peut-elle être juste ? C’est la question posée aux étudiants des établissements de théologie protestante francophone lors des Rendez-vous de la Pensée Protestante (RVPP) du 23 au 25 juin à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg.

Cette rencontre annuelle se veut un moment de partage entre la nouvelle génération de théologiens protestants et celle déjà active, afin de s’enrichir mutuellement de nouvelles idées comme d’expériences.

Le samedi soir sera l’occasion d’une grande soirée-débat, animée par le philosophe Olivier Abel qui interpellera ses intervenants sur le thème de la guerre, dans la continuité de la problématique de l’année 2022, toujours marquée par l’actualité du conflit en Ukraine.

Les trois invités de cette conférence sont :

▶️ Cette soirée-débat est ouverte au public et sera retransmise en direct sur les réseaux sociaux ainsi qu’en replay sur la chaîne YouTube de la FPF.




«J’ai rencontré des personnes vraiment merveilleuses»

Voici la première lettre de nouvelles de Mona, l’une de nos volontaires en Service civique venues d’Égypte. Elle évoque sa mission chez les Diaconesses de Strasbourg.

Mona, photographiée dans le jardin du Défap © Défap

 

VOLONTAIRE
  • Mona, 25 ans, Égyptienne
  • Accompagnatrice de personnes âgées
MISSION
  • La maison des Diaconesses, 3 rue Ste Elisabeth, Strasbourg
  • Les personnes âgées (Sœurs et seniors)

 
 
Ma mission:

 

Je m’appelle Mona. Je suis Égyptienne. J’ai 25 ans. J’ai terminé mes études et j’ai travaillé dans une entreprise de service à la clientèle pendant deux ans. J’ai commencé à travailler depuis novembre 2020. Trois mois après, la compagnie a décidé que tout le monde travaillerait à domicile en raison des mauvaises conditions dues au Coronavirus. Ceci, bien sûr, a eu un grand impact sur moi, sur mes relations avec mes amis ainsi qu’avec mes collègues de travail. Deux mois plus tard, je me sentais déconnectée du monde extérieur. J’entends juste les problèmes des autres sans les voir ni les connaître. Je ne parle qu’avec des écrans. J’ai donc besoin d’interagir davantage avec les gens en personne. Je sens que je ne fais que suivre la routine normale ou ce qu’on attend de moi dans la vie.

J’ai également besoin de fournir un service ou d’aider les autres « gratuitement » car de nombreuses personnes m’ont aidée dans les différentes étapes de ma vie.

Quand on m’a parlé de cette mission, je ne l’ai pas immédiatement acceptée, mais je ne l’ai pas non plus refusée. Ne pas dire « non » était étrange et surprenant pour moi, car je dis généralement un « non » rapide à tout ce qui est nouveau ou ambigu pour moi.

Et me voilà en France. Et heureusement, je suis ici parce que j’ai rencontré des personnes vraiment merveilleuses. Des sœurs et des seniors qui nous ont accueillies avec tant de respect et d’amour sans même nous connaître et malgré toutes les différences d’âge et de culture.

On dit que notre mission est d’accompagner les personnes âgées, mais parfois j’ai l’impression qu’elles ne sont pas très âgées. Ce sont des personnes pleines de vie et d’amour de Dieu. Nous avons des cours de gym tous les mercredis. Même si nous ne faisons pas d’exercices compliqués pour nous « les jeunes », les sœurs se soucient d’y participer. Malgré leurs maux physiques, elles essayent de suivre les actualités que ce soit à travers les journaux, la télévision ou la radio, selon leur état de santé, et c’est parce qu’elles sont toujours désireuses de prier pour tout ce qui se passe autour d’elles.

« Après deux mois, je ressens beaucoup de changements dans ma vie »

Il y a des personnes qui aiment coudre, tricoter et faire du crochet, d’autres qui aiment jouer, lire ou sortir, et d’autres qui aiment rester dans leur chambre pour parler et partager des idées.

Ce qui m’a étonnée, c’est une sœur qui ne voit presque rien et arrive quand même à tricoter de très jolies brassières pour bébé. Quand je lui ai demandé comment elle le faisait, elle m’a dit qu’elle ne voyait pas bien mais elle comptait les mailles et parfois avec l’expérience aussi elle arrêtait de compter. Rien ne les empêche de travailler ou de vivre.

Nous partageons une vie communautaire. Nous vivons dans la même maison, prions ensemble (3 fois par jour + un culte chaque dimanche + une mini réunion pour les jeunes une fois par semaine), mangeons ensemble, aidons à mettre la table et nettoyons la cuisine ensemble. Nous célébrons également l’anniversaire de chacune en préparant des gâteaux, des lettres, des cadeaux et quelques chants.

Heureusement, j’ai eu l’occasion de fêter Pâques avec les sœurs. Nous avons comparé les différentes manières de fêter en France et en Égypte, comme l’histoire du lapin et des œufs, que je n’ai toujours pas comprise même après qu’on me l’ait expliquée plusieurs fois.

Après deux mois, je ressens beaucoup de changements dans ma vie. Je me sens plus proche de Dieu. Je vois dans cette maison un verset de la Bible accompli : « Vous êtes dans le monde, mais pas du monde. »

Chaque jour, je deviens plus mature et plus autonome. Je sors un petit peu de ma zone de confort (comfort zone).