Valérie Iguernsaid et l’accueil des chercheurs par le Défap

Le Défap facilite les échanges de personnes pour renforcer les liens avec ses Églises partenaires dans le monde : il envoie, et il accueille. Non seulement des volontaires internationaux, mais aussi des enseignants de théologie, des chercheurs… Ce mois-ci, dans « Courrier de mission », l’émission du Défap présentée par Guylène Dubois et diffusée sur Fréquence protestante et Radio FM+, gros plan sur le service Échange théologique, chargé notamment de toute la logistique entourant l’accueil de chercheurs en France.
Valérie Iguernsaid © Défap

Au cours du mois de janvier, « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Fréquence protestante et sur Radio FM+, vous avait permis de faire connaissance avec Richard Lengo : un chercheur venu faire des travaux en France avec le soutien du Défap, et auteur d’une thèse sur l’Église évangélique du Congo. En ce mois de février 2024, voici Valérie Iguernsaid : elle est précisément chargée de tout l’aspect logistique entourant la venue des chercheurs accueillis par le Défap, depuis les procédures administratives jusqu’à la fourniture d’un logement et d’un ordinateur. Et elle nous décrit de quelle manière se passent la venue et le séjour de ces doctorants et post-doctorants, issus d’Églises et d’universités avec lesquelles le Défap est en lien.

Ces chercheurs sont le plus souvent des théologiens : ils poursuivent un cursus au sein d’une faculté de théologie, se sont lancés dans la rédaction d’une thèse… ou travaillent à l’adapter pour une ou des publications, après avoir pris contact avec une maison d’édition. Mais ils peuvent aussi travailler dans d’autres domaines, comme le montre précisément le cas de Richard Macaire Lengo, qui, lui, est sociologue. Dans tous les cas, la venue de ces chercheurs en France s’inscrit dans une perspective plus large d’échanges avec les Églises partenaires du Défap, et a pour but de renforcer les liens. Comme l’explique Valérie Iguernsaid, au sein du service Échange théologique, où elle travaille, « on accueille des chercheurs, on envoie des pasteurs, on accueille et on envoie des enseignants… » C’est une partie importante de l’activité du Défap : les chercheurs accueillis bénéficient ainsi d’une bourse pour leur permettre de rester plusieurs mois en France, qui est directement financée par le Défap.

Valérie Iguernsaid et l’accueil des chercheurs par le Défap

Courrier de Mission
Émission du 18 février 2024 sur Fréquence Protestante

 

Les chercheurs, un réseau de proches du Défap au sein de ses Églises partenaires

Pourquoi venir faire des recherches en France ? Bien souvent, parce qu’une bonne partie des documents dont ces doctorants ou post-doctorants ont besoin se trouvent dans des bibliothèques françaises – celle du Défap ou celles de l’Institut protestant de théologie (IPT), à Paris ou à Montpellier. Mais au-delà de cet aspect pratique, et de toute la logistique qu’implique la venue de chercheurs en congé-recherche en France, ces séjours, qui durent généralement de trois à neuf mois, sont l’occasion de nouer des connaissances et d’entretenir des relations qui existent depuis de nombreuses années avec des Églises partenaires. Ces chercheurs, une fois revenus dans leur pays, deviendront généralement pasteurs ou universitaires, et garderont des relations privilégiées avec le Défap, qui permettront par la suite de monter des projets ou de faciliter les travaux d’autres universitaires. Les travaux qui sont publiés, tout comme les interventions que peuvent parfois faire ces chercheurs dans des facultés de théologie en France, permettent de faire dialoguer et de rapprocher les théologies ; de mieux faire connaître les théologies africaines en Europe…

Groupe de chercheurs en congé-recherche dans le jardin du 102 boulevard Arago lors de la rencontre annuelle organisée en juin 2023 © Défap

Si, pour ces séjours de recherche, « le Défap est un facilitateur », selon le mot de Valérie Iguernsaid, ces séjours eux-mêmes facilitent par la suite les actions du Défap avec ses Églises partenaires. Les bénéficiaires d’une bourse du Défap sont ainsi engagés à la fois dans une démarche personnelle – leurs travaux universitaires, leur thèse ou leur projet de livre – et dans un projet collectif, qui met en relation les Églises de France et celles de nombreux pays. C’est précisément pour leur permettre de mieux toucher du doigt ce projet collectif que les chercheurs présents en France sont invités chaque année à participer à un week-end de rencontre. Un moment d’échange, de partage, et l’occasion, rare dans le parcours des boursiers, d’avoir des regards croisés sur leurs travaux. Pendant toute la durée de leur séjour en France, ils restent géographiquement éloignés ; tout au long de leurs recherches, ils travaillent en lien avec des facultés de théologie différentes ; et le délai imparti est court, surtout si l’on tient compte du nécessaire temps d’adaptation lors de leur arrivée en France. D’où l’importance de ces rencontres annuelles, qui font aussi partie du travail du service Échange théologique.

Groupe de chercheurs en congé-recherche, posant avec leurs familles devant le 102 boulevard Arago, lors de la rencontre annuelle de novembre 2019 © Défap



Laissez-vous guider à travers le Défap et l’IPT

Une visite guidée à travers l’histoire des missions protestantes et dans les arcanes de la faculté de théologie, ça vous tente ? Le Service protestant de mission – Défap et l’Institut protestant de théologie – Paris ouvrent leurs portes samedi 2 mars à un groupe de jeunes visiteurs, emmenés par deux guides de choix, qui y travaillent et y étudient. Il y a beaucoup à découvrir à travers ces deux institutions protestantes voisines : des lieux à l’écart de l’agitation de Paris, avec leurs cours et jardins, leurs bibliothèques… mais aussi une histoire riche, et des activités en prise avec tous les défis du monde actuel, à commencer par les relations interculturelles… Une occasion unique de les découvrir de l’intérieur. Cette visite est organisée pour les jeunes adultes protestants à Paris, par des groupes de jeunes des Églises réformées de l’Étoile, de l’Oratoire du Louvre, de Pentemont-Luxembourg, de Montparnasse-Plaisance, du réseau jeune adultes de l’Inspection luthérienne, et de l’Association des étudiants protestants de Paris (AEPP). En partenariat avec « La Fédé » – FFACE.

Vue du jardin du Défap, au 102 boulevard Arago, Paris © Défap

Samedi 2 mars à 15h, visite guidée de deux institutions protestantes situées boulevard Arago, dans le 14e arrondissement, pour les jeunes adultes protestants à Paris.

Inscrivez-vous !

???? La Maison des missions, au n°102, est le siège du Défap, et auparavant de la Société des missions évangéliques de Paris fondée en 1822, l’organisme missionnaire protestant français. Aujourd’hui, le Défap agit dans les domaines humanitaire et missionnaire (l’action apostolique de son acronyme), pour ses Églises membres – EPUdF, UEPAL, UNEPREF – et à l’international. defap.fr
???? La Faculté de théologie protestante de Paris, au n°83, abrite une antenne de l’Institut protestant de théologie (IPT). Ses locaux ont été inaugurés en 1879 par Jules Ferry. ipt-edu.fr
Les deux sites seront présentés par deux jeunes, Nicolas et Emmanuelle, qui y travaillent et étudient.
???? Rendez-vous au n°102 boulevard Arago – métro Denfert-Rochereau – à 15h.

Vue de l’Institut Protestant de Théologie, 83 boulevard Arago, Paris © Défap

Événement organisé par les groupes de jeunes des Églises réformées de l’Étoile, de l’Oratoire du Louvre, de Pentemont-Luxembourg, de Montparnasse-Plaisance, du réseau jeune adultes de l’Inspection luthérienne, et de l’Association des étudiants protestants de Paris (AEPP). En partenariat avec « La Fédé » – FFACE.




Richard Lengo et les mutations de l’Église Évangélique du Congo

À travers les travaux de recherche universitaire qu’il soutient, le Défap est en lien avec diverses facultés de théologie, dans et hors de France. Mais aussi avec des organismes comme le GSRL (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités), un laboratoire de recherche du CNRS et de l’École pratique des hautes études (EPHE-PSL). Rencontre avec l’un des chercheurs qui font ce lien entre organismes de recherche, Richard Macaire Lengo : il témoigne dans « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Radio FM+ et Fréquence protestante, au micro de Guylène Dubois.
Richard Macaire Lengo, photographié dans la bibliothèque du Défap © Défap

Les travaux de Richard Macaire Lengo le conduisent régulièrement à tisser des liens et à explorer les frontières communes entre des domaines en apparence très différents. Entre la sociologie et la théologie, entre la recherche et la formation pratique, entre les habitudes du monde et celles des Églises, entre organismes de recherche de pays différents… Il s’est spécialisé sur l’Église évangélique du Congo (EEC), dont il est également membre, mais qu’il scrute à la fois du dedans et du dehors, en aidant à former ses pasteurs mais aussi en s’intéressant à la position qu’elle occupe au sein de la société congolaise.

Richard Macaire Lengo est sociologue, dans une université constituée essentiellement de théologiens, l’UPB (l’Université protestante de Brazzaville). Un choix assumé par le recteur, le pasteur Laurent Gaston Loubassou, qui souhaitait avoir un « sociologue-maison » pour compléter la formation des étudiants. Cette université appartient à l’EEC, et elle forme les futurs pasteurs de l’Église. Mais au-delà de cette formation pratique destinée au corps pastoral de l’EEC, Richard Lengo est aussi enseignant-chercheur à l’Université Marien-Ngouabi (Brazzaville). Et il scrute depuis des années les évolutions des pratiques et des valeurs qui les sous-tendent au sein de son Église, en les replaçant dans le contexte plus global de la société congolaise – des travaux qui l’ont amené à rédiger une thèse pour laquelle il a dû venir faire des recherches en France, avec le soutien du Défap. Un premier séjour a eu lieu entre septembre 2019 et février 2020. Après avoir présenté sa thèse sur « L’Église Évangélique du Congo : l’ethos protestant à l’épreuve des pratiques du «monde» et des mutations sociales », il est revenu en France pour un nouveau séjour de trois mois, avec cette fois pour but de transformer ses travaux en publications. C’est à cette occasion qu’il a été, de septembre à novembre 2023, chercheur invité du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (le GSRL), un laboratoire de recherche du CNRS et de l’École pratique des hautes études (EPHE-PSL).

Richard Lengo et les mutations de l’Église Évangélique du Congo

Courrier de Mission
Émission du 21 janvier 2024 sur Fréquence Protestante

 

Le soutien du Défap, « un véritable déclic »

« Le fait pour le Défap de m’accorder une bourse pour un séjour de recherche de trois mois, ça a constitué un véritable déclic », reconnaît-il aujourd’hui au micro de Guylène Dubois, à l’occasion d’une interview pour « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Radio FM+ et Fréquence protestante. C’est en particulier son second séjour en France qui lui a permis d’être intégré à deux programmes de recherche du GSRL : « Religion et violence » et « Religion et francophonie ».

Pour lui, les changements qui ont si profondément impacté à la fois les habitudes des fidèles de l’EEC, et l’image de cette Église au sein de la société congolaise, ont commencé à se manifester « au tournant des années 90 ». Auparavant, l’EEC et ses membres bénéficiaient d’une image de probité exemplaire, voire de rigorisme. Par la suite, cette perception s’est peu à peu dégradée. Paradoxalement, cette évolution a eu lieu parallèlement aux progrès des libertés au sein de la société congolaise. Mais aussi parallèlement à la dégradation de la situation économique. Or les membres de l’Église sont aussi membres de la société congolaise. Et les aléas de cette société influent nécessairement sur leurs manières d’agir. Voilà comment les effets de la crise économique se sont peu à peu infiltrés dans l’Église, y ont modifié les comportements, les attitudes, voire même la perception du pastorat. « Dans un contexte social où le chômage est devenu endémique », note ainsi Richard Macaire Lengo, « certains jeunes développent des stratégies de survie et d’insertion professionnelle ». Et la carrière pastorale finit par leur apparaître comme « un emploi par défaut ». Richard Lengo évoque ainsi au sein de l’EEC « la conversion d’un ethos de vocation en un ethos de professionalisation ».

Mais ce diagnostic que Richard Macaire Lengo dresse à propos de l’EEC l’aide aussi à mieux former les futurs pasteurs pour y faire face. D’où l’intérêt des concepts de sociologie des organisations qu’il dispense à ses étudiants de l’Université protestante de Brazzaville. Il ne s’agit pas de nier les effets de la société sur l’Église, et d’imaginer une Église idéale, dénuée d’enjeux de pouvoir ou libre de toute préoccupation économique. Mais il ne s’agit pas non plus de rester désarmé face aux problèmes. Richard Macaire Lengo juge ainsi « très important de donner aux pasteurs en formation des outils », de façon à ce qu’ils puissent « comprendre un certain nombre de logiques d’acteurs, qui leur seront utiles une fois qu’ils seront en paroisse ». Car « les paroisses qu’ils auront à gérer sont des structures complexes », et au moment où on les forme, « si on restreint la vision à la théologie, ils risquent de partir sur le terrain avec un grand handicap ».




Maroc : revivre après le séisme

Après le tremblement de terre qui a frappé, le 9 septembre 2023, la province d’Al Haouz au Maroc, il a fallu apporter une aide immédiate aux victimes… et commencer à reconstruire. Dans ce pays où l’islam est religion d’État, des organisations protestantes ont participé au mouvement de solidarité. C’est le cas de l’Église évangélique au Maroc, l’une des seules Églises officiellement reconnues et avec laquelle le Défap est en lien, qui a pu bénéficier de 20 000 euros recueillis via la plateforme Solidarité protestante. Autre organisme chrétien, mais spécialisé dans l’aide d’urgence, Adra a reçu pour sa part 15 000 euros.

Le Maroc a été frappé par un très violent séisme dans la nuit du 8 au 9 septembre 2023 © DR

C’était le 9 septembre dernier. Le Maroc venait de subir, en pleine nuit, son plus puissant séisme jamais enregistré (avec une magnitude de 6,7 à 6,9) et les habitants de la région montagneuse du Haut-Atlas voyaient un nouveau jour se lever sur les ruines. Près de 3000 morts, plus de 6000 blessés, et des dégâts immenses : au-delà des destructions fortement médiatisées de la ville touristique de Marrakech, les zones les plus impactées par le tremblement de terre étaient les régions rurales, où de nombreux villages se retrouvaient à la fois ravagés et coupés du monde. Très vite, un vaste mouvement de soutien s’organisait pour venir en aide aux rescapés et déplacés.

Dans ce pays où l’islam est religion d’État, le Défap est en lien avec une des seules Églises officiellement reconnues par les autorités : l’EEAM (Église évangélique au Maroc). De taille réduite (une douzaine de paroisses réparties dans tout le pays) mais en croissance, elle a développé une importante action diaconale, notamment en direction des migrants à travers son Comité d’Entraide Internationale (CEI). Dans les heures suivant le séisme, sa présidente, la pasteure Karen Smith, a adressé un message de prière et de soutien à toutes les victimes, ajoutant : « Pour chacun et chacune de nos fidèles, que le Seigneur mette sur nos cœurs le désir d’agir avec vrai amour pour leurs prochains au niveau local, que la compassion nous anime pleinement pour que toutes nos actions soient des signes de l’amour éternel de Dieu ». Message entendu : des actions spontanées de solidarité ont commencé à s’organiser au niveau des paroisses. Prières pour les familles touchées, appels aux dons en argent, vivres, matériel, vêtements : les membres de l’EEAM, déjà habitués à venir en aide aux migrants, ont très vite manifesté de manière concrète leur solidarité envers leurs voisins.

« Le plus important pour notre Église est d’être un bon partenaire pour notre prochain, notre voisin »

Carte des zones touchées par le séisme au Maroc © Google Maps

Au niveau institutionnel aussi, l’EEAM a voulu montrer son soutien, avec un don symbolique : 50 000 dirhams (4 600 euros) versés au fonds mis en place par le gouvernement marocain aussitôt après le séisme. Mais au-delà du symbolique, l’EEAM avait aussi besoin de ressources pour pouvoir soutenir les victimes et œuvrer à son échelle à la reconstruction. C’est là que le Défap a pu intervenir, avec Solidarité protestante.

Si les projets portés par le Défap se déploient avant tout sur un temps long, l’urgence de certaines situations appelle aussi à une manifestation de solidarité immédiate. C’est précisément pour y faire face qu’a été créée la plateforme Solidarité protestante, que le Défap a contribué à mettre en place et dont il fait partie. Le comité de cette plateforme est piloté par la Fondation du Protestantisme et la Fédération protestante de France qui s’entourent d’ONG et d’institutions chrétiennes expertes dans l’aide humanitaire d’urgence et de crise. L’appel aux dons lancé par Solidarité protestante dans les heures suivant le séisme a permis de verser 35 000 euros à l’EEAM, via le Défap, ainsi qu’à l’organisation humanitaire Adra (Agence de développement et de secours adventiste).

Passés les premiers jours d’après-séisme et l’aide spontanée offerte par les paroisses de l’EEAM, les fonds recueillis par l’Église (20 000 euros) ont en partie servi à venir en aide à des réfugiés, notamment d’Afrique subsaharienne, déjà en situation de forte précarité et qui s’étaient retrouvés privés de tout moyen de subsistance avec le tremblement de terre. Il a aussi fallu aider à reloger des étudiants bénéficiant de bourses du Comité d’entraide internationale. Et au-delà de l’aide matérielle et médicale aux migrants aux aussi touchés par le séisme, l’EEAM vise à développer des micro-projets pour leur permettre de retrouver une autonomie financière. À une échéance plus lointaine, l’EEAM veut œuvrer à la reconstruction du pays en partenariat avec des associations locales. Comme le souligne la pasteure Karen Smith, « le plus important pour notre Église est d’être un bon partenaire pour notre prochain, notre voisin. » L’organisation Adra, plus spécialisée dans les interventions d’urgence, a pour sa part utilisé les 15 000 euros reçus de Solidarité protestante pour distribuer des vivres, du matériel d’hygiène et des couvertures à 500 foyers parmi les plus touchés, ce qui représentait environ 2500 bénéficiaires. Adra a aussi aidé à financer des distributions de repas chauds organisées par des associations caritatives locales.




Le Défap et le climat : le point sur la compensation carbone

Réduire l’empreinte écologique du Défap : tel est l’objectif du programme en deux volets (limitation des émissions de gaz à effet de serre, et compensation des émissions résiduelles par le soutien à des projets écologiques) dont s’est doté le Défap depuis 2022. Voici un aperçu des résultats du premier projet labellisé « compensation carbone » dans le cadre de ce programme, celui mené au Togo par le Secaar.

 

Des formes tubulaires en terre, ouvertes sur le dessus et sur un côté, évoquant des cônes de volcans en miniature : au premier abord, ces réalisations n’ont rien de spectaculaire. Dans la région de la Kara, au Togo, où le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale) mène actuellement des actions d’accompagnement et de sensibilisation en faveur de l’environnement, elles sont pourtant le signe d’un changement profond. Ce sont des « foyers améliorés » : leur but est de limiter la déperdition de la chaleur lors de la cuisson des aliments, de façon à économiser du combustible. De façon traditionnelle, les repas sont préparés sur un petit feu allumé en plein air. Il y faut beaucoup de bois, la fumée qui se disperse en plein vent cause des problèmes de santé aux cuisinières (surtout au niveau des yeux et des poumons), et il n’est pas rare que des étincelles aillent provoquer des incendies. Avec les « foyers améliorés », la consommation de bois de chauffe est réduite de 50% à 70%, ce qui limite la déforestation, et donc le coût pour les villageois.

Exemple de foyer amélioré construit grâce à l’action du Secaar au Togo © Secaar

Réduction de l’empreinte écologique du Défap : les deux axes de travail

Cette action menée par le Secaar est soutenue par le Défap dans le cadre de son programme de « compensation carbone », initié par une décision de son Conseil en janvier 2022. Il s’agissait pour le Défap d’aller jusqu’au bout de la volonté de sauvegarde de la création affirmée dans son programme de travail, et déjà mise en œuvre par le soutien à divers projets en faveur de l’environnement, en réduisant sa propre empreinte écologique. Un programme en deux volets : le premier prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à ses activités, avec des objectifs ambitieux : -40% d’ici 2030 (par rapport à l’année de référence, à savoir 2021) ; -50% d’ici 2040 et -60% à l’horizon 2050. Le second prévoit de « compenser » les émissions résiduelles en soutenant chaque année des activités destinées à diminuer la production globale de gaz à effet de serre, dans une proportion équivalente à ce que le Défap produit lui-même. Le but étant de parvenir à un bilan égal à zéro : la neutralité carbone.

Exemple de foyer amélioré construit grâce à l’action du Secaar au Togo © Secaar

Pas question, par ailleurs, que cette volonté de sauvegarde de la création se traduise par un frein au développement : avec le projet des « fours améliorés » porté par le Secaar, ce sont aussi les conditions de vie des villageois participant au programme qui sont notablement améliorées. La cuisson des aliments est plus rapide et plus facile, les accidents domestiques et problèmes de santé diminuent. Dans les villages de la région de la Kara où le programme est en cours, les villageois en sont directement acteurs : le Secaar a organisé des ateliers de fabrication de « foyers améliorés », assure le suivi du projet en recueillant des informations auprès de participants… C’est toute la force de la vision portée par le Secaar, réseau de 18 Églises et ONG d’inspiration chrétienne, qui va bien au-delà de la simple notion de « développement durable ». Le Défap en est membre fondateur et l’accompagne depuis sa création, en 1988 au Bénin. Le Secaar se veut un organisme engagé : pour le droit à la terre, le droit des femmes, pour aider les communautés à faire face aux changements climatiques… À une époque où le développement est souvent vu à travers des indicateurs chiffrés qui tendent à occulter la dimension humaine, le respect des droits fondamentaux ou l’impact environnemental, la grande originalité de ce réseau, qui revendique son implantation dans un milieu chrétien, est de concilier ces diverses dimensions qui semblent s’opposer, en les appuyant sur un solide soubassement spirituel.

Sauvegarder l’environnement et améliorer les conditions de vie

Exemple de foyer amélioré construit grâce à l’action du Secaar au Togo © Secaar

Fait significatif de cette volonté de « développement holistique », concept cher au Secaar, et qui implique de répondre à tous les besoins humains, du plus matériel au plus spirituel, en considérant que chaque aspect influe sur tous les autres, ce programme des « fours améliorés » est mené en partenariat avec la Division de Lutte contre la Pauvreté (DLP) de l’Église Évangélique du Togo (EEPT). Il s’agit donc bien, tout à la fois de sauvegarder l’environnement et d’œuvrer à une amélioration des conditions de vie des populations locales.

La salle de formation construite au niveau de la ferme-école d’Apédokoè © Secaar

L’action du Secaar comporte par ailleurs un volet « sensibilisation » pour lequel il a doté sa ferme-école d’Apédokoè (située à 80 km au nord-ouest de Lomé) d’une salle dédiée aux formations. La construction de cette salle faisait partie intégrante du projet soutenu par le Défap pour cette année. Là encore, le chantier a été mené avec la volonté de limiter autant que possible l’impact environnemental : utilisation de matériaux locaux pour les briques, équipement électrique utilisant l’énergie solaire, ameublement fabriqué à partir de bois produit sur place. Une première formation a pu se tenir dans cette salle du 8 au 10 novembre 2023. L’objectif est d’organiser régulièrement de telles rencontres pour les agriculteurs-trices du réseau pour des sessions de recyclage et de découverte des innovations agroécologiques.

Les participants de la première formation organisée à la ferme-école d’Apédokoè © Secaar




Top départ pour «Les jeudis du Défap»

Après les « Jeudis de la mission », conférences en ligne organisées par le Défap entre avril et juin 2021, une nouvelle série de rencontres en visio est programmée pour 2024. Trois dates à inscrire dans votre calendrier : les jeudis 4 avril, 5 septembre et 5 décembre 2024. Plus d’informations à venir sur les détails du programme…

Printemps 2021 : la poursuite de la crise Covid met à mal le Forum Défap programmé en mai 21 en « présentiel » pour réfléchir à l’évolution et aux enjeux de la mission. Le Défap propose alors une alternative en visio. Elle se traduira par six « Ateliers de la mission », cycle de conférences et de groupes de travail d’avril à juin 21.

Cette formule de conférences ayant suscité un vif intérêt, le Défap la reprend en 2024 sous l’appellation « Les jeudis du Défap », pour continuer à nourrir la connaissance et la préoccupation de chacun pour la mission de l’Église universelle.

L’objectif poursuivi est de faire du Défap, un lieu de référence pour le partage de la réflexion missiologique
et interculturelle, avec le concours des spécialistes de la question.

En 2024, trois rendez-vous seront proposés dont les sujets seront communiqués très prochainement : les jeudis 4 avril, 5 septembre et 5 décembre 2024.

Ces rencontres seront structurées de la manière suivante :

  • Un temps de conférence
  • Un temps d’ateliers de travail de groupe à partir de questions argumentées et posées par l’intervenant
  • Un temps de regroupement des travaux de groupe, de débat et de synthèse

Un lien d’accès sera communiqué et mis en ligne via tous nos réseaux et particulièrement sur le site du Défap.

Jean-Pierre ANZALA,
Service Formation théologique




Une semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Ce sont les chrétiens du Burkina Faso qui ont choisi le thème de la prochaine Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier 2024.

Affiche de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2024 © unitedeschretiens.fr

La semaine de prière pour l’unité des chrétiens est une action œcuménique internationale qui vise à rassembler tous les chrétiens autour d’un thème, des méditations et des louanges communes.

Cette année, ce sont les chrétiens du Burkina Faso qui ont choisi le thème de la Semaine de prière : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et ton prochain comme toi-même » (Luc 10. 27)

Les chrétiens sont appelés à agir comme le Christ en aimant comme le Bon Samaritain, en montrant de la pitié et de la compassion pour ceux qui sont dans le besoin quelle que soit leur identité religieuse, ethnique ou sociale. Ce qui doit nous inciter à venir en aide aux autres, ce n’est pas l’identité commune, mais l’amour de notre « prochain ». Toutefois, la vision de l’amour de notre prochain que Jésus nous présente est battue en brèche dans le monde d’aujourd’hui. Guerres dans beaucoup de régions, déséquilibres dans les relations internationales et inégalités causées par les ajustements structurels imposés par les puissances occidentales ou par d’autres agents extérieurs inhibent notre capacité d’aimer comme le Christ. C’est en apprenant à s’aimer les uns les autres au-delà de leurs différences que les chrétiens peuvent devenir des « prochains », comme le Samaritain de l’Évangile.

Matériel à télécharger
Matériel à commander
Destinataires des collectes
Histoire de la Semaine de prières

La semaine de prières pour l’unité des chrétiens se déroule chaque année autour de la Pentecôte dans l’hémisphère Sud et entre le 18 et le 25 janvier dans l’hémisphère Nord. Chaque année, les partenaires œcuméniques d’une région différente sont invités à préparer les textes. Le matériel pour 2024 est disponible en français ci-dessus. Pendant de nombreuses années, c’est l’association Unité Chrétienne, à Lyon, qui a adapté les documents internationaux pour le monde francophone européen. Elle a élaboré les outils nécessaires pour vivre la Semaine de prière pour l’unité chrétienne : création d’un visuel, publication de tracts et brochure comportant des éléments de réflexion biblique, spirituelle et théologique autour du thème et suggestions pour la prière et la célébration. Désormais, le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF) a pris le relais ; le matériel pour cette semaine 2024 est disponible sur le site https://semainedepriere.unitedeschretiens.fr/

Le CECEF, qui rassemble les responsables de toutes les familles chrétiennes en France, fait une proposition des destinataires pour les collectes recueillies pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Il recommande que les collectes contribuent à soutenir l’Association Dignus qui œuvre pour l’humanitaire et le développement au Burkina Faso ; elle est membre d’ACT Alliance et partenaire de Christian Aid, Diakonia, Lutheran World Relief (LWR) et de l’UNICEF. Les organisateurs de célébrations œcuméniques gardent toute liberté d’envoyer les dons à un autre organisme dont ils auraient connaissance.




Vœux de Noël 2023

Les organismes internationaux et européens protestants transmettent leurs vœux de Noël et leur message de fraternité.

 

 

Six pays d’Europe vous souhaitent un joyeux Noël

Les membres de la Conférence des Églises protestantes des pays latins s’associent pour créer une vidéo spéciale Noël.

À la vue de l’étoile, ils éprouvèrent un grand joie (Matthieu 2.10)

Extrait :

« Nous préparons nos cœurs à accueillir Emmanuel comme si c’était la première fois, plein d’enthousiasme et d’espoir. Nous préparons notre chapelle avec de la musique, des fleurs et des photos pour nous recevoir et célébrer comme si c’était la première fois. »

Découvrez la suite dans la vidéo ci-dessus.

 

 

Un appel à l’aventure évangélique

Et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise. (Jean 1,5)

Message de Noël de l’évêque Henrik Stubkjær, Président de la Fédération luthérienne mondiale.

L’Évangile de Noël est un appel à ouvrir les yeux pour apercevoir Dieu en des lieux inattendus, ici parmi nous, et pour apercevoir l’espérance. C’est un appel à l’action : avec la déclaration d’amour de Dieu, nous pouvons aller dans le monde faire œuvre d’espérance et d’action. La joie et la paix de Noël s’épanouissent dans le partage.
Un jour, dans un foyer diaconal accueillant des hommes marginalisés sur le plan social, j’ai vu deux hommes offrir un bouquet de fleurs et un poème au directeur pour son anniversaire. Voici le poème qu’ils avaient écrit :

C’est impossible, dit la Fierté.
C’est risqué, dit la Raison.
C’est sans issue, dit l’Expérience.
Essayons, murmure le Cœur.

Pour en savoir plus : cliquez ici

 

 

Quelle est cette lumière ?

Le Conseil œcuménique des Églises a partagé son message de Noël au monde entier, un monde où des défis croissants menacent d’amoindrir notre espérance.

Découvrez-le ici.

 

 

Puissions-nous faire la paix !

« Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’autorité repose sur ses épaules, et il est nommé Conseiller merveilleux, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix », Ésaïe 9. 6.

Découvrez le message de Noël de la Conférence des Églises européennes (CEC).

 

 

Bethléem à l’esprit

Et toi, Bethléhem Ephrata,
qui es petite parmi les villes de Juda,
de toi sortira pour moi
celui qui dominera sur Israël[a] et dont l’origine remonte loin dans le passé, à l’éternité.
Michée 5:1

Découvrez le message de Noël de la Communion mondiale des Églises réformées.




L’Égypte : regards croisés d’envoyés du Défap

S’il est essentiellement présent en Afrique subsaharienne, dans l’océan Indien et dans le Pacifique, le Défap a aussi des envoyés dans d’autres pays par le biais des « associations portées » dont il forme et suit les volontaires. C’est le cas en Égypte, où il est en partenariat avec l’ACO (Action Chrétienne en Orient). Un pays, et des projets, que nous présentent dans « Courrier de mission », l’émission du Défap diffusée sur Radio FM+ et Fréquence protestante, trois de ces « envoyés portés » : Anatole, Nicola et Alain.
De gauche à droite : Anatole, Nicola, Guylène et Alain, lors de l’interview pour « Courrier de mission » réalisée dans la bibliothèque du Défap © Défap

La précédente émission du Défap sur Fréquence protestante et sur Radio FM+, en novembre 2023, vous présentait les portraits de deux « envoyés » très différents : Lisa, jeune infirmière en train d’achever ses études et partant pour une mission dans un hôpital au Cameroun, et Luc, partant en Tunisie après avoir eu une carrière bien remplie de travailleur humanitaire : il n’y a pas d’âge ou de parcours type pour s’engager avec le Défap… Pour cette émission de décembre, les volontaires interviewés sont encore très différents, mais tous se rattachent à un même pays : l’Égypte.

Le Défap n’est pas impliqué de manière directe dans ce pays, mais par le biais d’un proche partenaire : l’ACO (Action chrétienne en Orient). Œuvre missionnaire née au sein des Églises protestantes de l’Est de la France, elle entretient des liens à la fois spirituels et de soutien matériel avec les chrétiens d’Orient. À sa création en 1922, l’ACO avait pour but de secourir les populations arméniennes victimes des exactions turques. Grâce aux paroisses protestantes alsaciennes, mais aussi grâce à des comités néerlandais et suisses, l’ACO a rapidement étendu son œuvre et touché aussi bien les personnes de culture arménienne que de langue arabe et assyrienne, en Syrie mais également au Liban puis plus tard en Iran, et jusqu’en Égypte. Aujourd’hui, grâce à de nombreux partenariats, l’ACO soutient des projets très variés dans les domaines de l’éducation, du social, de la santé, de la solidarité en contexte de crise, de la résolution des conflits, de la formation théologique, de la vie d’Église au sein de communautés locales.

Anatole et Nicola en juillet 2023 au Défap, pour la session de formation des envoyés © Défap

Parmi ces partenariats, il y a le Défap. Au cours des dernières années, l’ACO a eu l’occasion de collaborer de manière quasi quotidienne avec le Service Protestant de Mission, notamment pour l’envoi de volontaires, au Liban, en Égypte… Dans ce pays par exemple, le Défap a régulièrement assuré le suivi des envoyés de l’ACO en lien avec les Églises protestantes locales, dans le cadre de la plate-forme Moyen-Orient. Il s’agissait de missions d’enseignement (soutien scolaire, apprentissage de l’expression française), mais au-delà, d’une expérimentation quotidienne du « vivre ensemble » propre à faire mentir ceux qui prêchent la violence entre les communautés.

L’Égypte : regards croisés d’envoyés du Défap

Courrier de Mission
Émission du 17 décembre 2023 sur Fréquence Protestante

 

Deux missions très différentes

En lien avec l’ACO, le Défap continue ainsi à envoyer des volontaires au sein d’un foyer d’accueil de jeunes filles défavorisées qui suivent leur scolarité dans une école francophone, mais aussi auprès des élèves d’une école internationale : le New Ramses College, au Caire. Les langues d’enseignement sont l’arabe et l’anglais mais le français est encouragé dans cet établissement soutenu par l’Église protestante. C’est dans ce foyer que s’effectue la mission d’Anatole (sachant que l’enregistrement de l’émission a eu lieu avant son départ). Il connaissait déjà bien l’Égypte, puisqu’il y avait effectué une mission avec un autre organisme. Mission qui lui avait permis de découvrir ce pays, et lui avait donné envie d’y revenir. Il est également impliqué dans une autre association, les Focolare dans le quartier de Shubra.

La mission de Nicola, partie en couple en Égypte, avec son époux Alain, est pour sa part le résultat d’un montage impliquant plusieurs organismes : pasteure de l’Église protestante unie de France, elle est mise à disposition par l’EPUdF, envoyée par l’ACO et DM (l’homologue suisse du Défap), en lien avec le Défap et la Ceeefe (la Communauté des Églises protestantes francophones) pour accompagner les paroisses du Caire et d’Alexandrie. L’autre volet de son ministère est le contact avec les Églises protestantes égyptiennes (le Synode du Nil) et les partenaires des projets de l’ACO sur place (traduction de livres théologiques ; travail pour le vivre ensemble), avec les autres Églises chrétiennes.




Madagascar : sur la piste de la « Trive 1 »

Ce samedi 2 décembre la paroisse des Batignolles (Paris 17e) redécouvrait un pan de son histoire qui la relie depuis un siècle à la Grande île.
Claire-Lise Lombard et Faranirina Rajaonah lors de la conférence donnée le 2 décembre à la paroisse des Batignolles © EPUdF

 
En 1923, en pleine période coloniale, Jean Beigbeder partait, pour le compte des UCJG (Union chrétienne de jeunes gens), fonder à Antananarivo (Madagascar) un foyer pour les jeunes malgaches. Dans le même élan, il lançait la première troupe d’éclaireurs unionistes, la T[anana] rive 1. Jean Beigbeder, éducateur et commissaire national éclaireurs, appartenait à une famille enracinée dans la paroisse depuis trois générations.  

Film ci-dessous : Les éclaireurs unionistes à Madagascar / Marc-André Ledoux (1952) – Bibliothèque du Défap

 

Les initiateurs de l’événement, un groupe d’anciens de la Trive 1, avaient choisi cette date et ce lieu en prélude aux manifestations prévues à Madagascar en 2024. Culte, messages (officiels ou personnels), souvenirs et témoignages (beaucoup d’émotions pour les plus anciens !), conférence historique sur les Lettres de Tananarive (écrites par Jean Beigbeder entre 1923 et 1927 et conservées dans les archives du Défap), repas festif se sont succédé ce 2 décembre dans une ambiance de salade russe réussie.

Pari tenu pour les organisateurs : jeunes et vieux (de 12… à plus de 100 ans pour la doyenne !), scouts ou non, Malgaches ou Vazaha, venus « des quatre coins de l’horizon » hexagonal, se sont réjouis ensemble… d’une naissance qui continue à porter des fruits, en France – où la branche des Tily, les scouts unionistes malgaches, vit sa vie au sein des EEUdF – et à Madagascar – où les Tily eto Madagasikara tracent leur route.

Claire-Lise LOMBARD,
bibliothécaire du Défap

  

Revivez ci-dessous en vidéo l’intégralité des célébrations consacrées au centenaire de la « Trive 1 » à la paroisse des Batignolles, le 2 décembre 2023 (début de la conférence « Paris-Antananarivo, 1924 : sur la piste de la Trive 1 » vers 3:16:36)

 




L’Église luthérienne de Centrafrique : 100 ans, et un rôle social toujours essentiel

L’Église évangélique luthérienne de République centrafricaine a célébré en novembre 2023 les 100 ans de l’arrivée des premiers missionnaires de la Sudan Mission. Cette Église, premier partenaire du Défap dans ce pays, regroupe aujourd’hui 125.000 membres répartis dans sept régions. Surtout, elle a un rôle essentiel dans un pays qui peine à se relever de décennies de conflits, où l’insécurité reste persistante, et où les services de base sont quasi-inexistants en-dehors de Bangui.

Photo prise lors des célébrations du centenaire de l’EELRCA © DR

Si des évêques de l’Église luthérienne du Cameroun figurent sur cette photo de famille, ce n’est pas un hasard : longtemps, l’Église luthérienne de Centrafrique et celle du Cameroun ont été une seule et même Église. Une histoire commune qui remonte à l’arrivée des premiers missionnaires américains de la Sudan Mission (aujourd’hui ELCA) en 1923 à Ngaoundéré. Et c’est encore à Ngaoundéré qu’est née officiellement, le 20 décembre 1960, l’Église évangélique luthérienne du Cameroun et de la République centrafricaine (EELCRCA). Ce n’est qu’au cours de l’année 1973 que la partie centrafricaine de l’EELCRCA est devenue une Église nationale, la partie camerounaise conservant le nom d’Église évangélique luthérienne du Cameroun (EELC).

Ce cliché a été pris au mois de novembre 2023, en pleine célébration du centenaire de l’EEL-RCA ; au premier plan, portant des lunettes de soleil, on peut reconnaître Annelise Deiss, qui représentait le Défap. L’Église évangélique luthérienne de République centrafricaine est en effet le premier partenaire du Défap dans ce pays, où se trouve aussi une Église membre de la Cevaa, l’Église protestante Christ-Roi de Centrafrique, qui a bénéficié plusieurs années d’un accompagnement pastoral. Le thème des célébrations de ce centenaire, qui se sont tenues du 6 au 12 novembre, était : « 100 ans d’évangélisation en paroles et en actes », tiré de Matthieu 28 : 19-20. Les festivités ont été marquées par une conférence sur l’histoire de l’Église, par des visites de sites, des cultes à Bouar, Abba et Baboua ; ainsi que par une exposition et une caravane organisées dans la ville de Bouar… Mais le fait le plus significatif est peut-être, en prélude à l’arrivée de la délégation camerounaise, la mise à la disposition de la population présente à Gallo et Bohong d’une équipe médicale venue du Cameroun. Les besoins sont en effet criants, et l’EEL-RCA y consacre une grande partie de ses activités. Quand on interroge le Révérend Joseph Ngoé, président de l’Église, sur ses priorités, il évoque « la réconciliation, la fourniture de soins de santé et d’éducation à la population, et le soutien particulier à ceux qui vivent dans les zones rurales pour faire face à la pauvreté ».

Écoles, centres de santé, projets générateurs de revenus…

Photo prise lors des célébrations du centenaire de l’EELRCA © DR

La République centrafricaine fait partie des pays les plus pauvres du monde. Elle se classe tout en bas des indices mondiaux du capital humain et de développement humain, à la 188ème place sur 191. Environ 71% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté international (c’est-à-dire avec moins de 1,90 dollar par jour). Le sous-sol est riche en ressources naturelles, mais ce qui pourrait être une opportunité est plutôt devenu une malédiction pour ce pays. La RCA a connu dernièrement plus de deux décennies de crises, les oppositions politiques ayant des répercussions sur les relations entre communautés et entre religions, au point que la prise de pouvoir par la Séléka en 2013 a laissé craindre un affrontement généralisé entre chrétiens (largement majoritaires dans le pays) et musulmans, plutôt présents dans le Nord-Est, près de la frontière avec le Tchad et le Soudan voisins. Des responsables religieux ont dû longtemps œuvrer à l’apaisement, à l’instar des trois « saints de Bangui » : le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pasteur de l’Église évangélique Elim Bangui-M’Poko et représentant du protestantisme, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et représentant du catholicisme, et l’imam Omar Kobine Layama, président de la conférence islamique. Mais la paix est loin d’être revenue et la dernière crise a été déclenchée par une coalition de rebelles en décembre 2020. Longtemps, le gouvernement de Bangui n’a contrôlé de fait qu’une infime partie du pays, le reste étant mis en coupe réglée par des groupes insurgés. Aujourd’hui, il est largement dépendant pour assurer la sécurité de soutiens militaires étrangers, venus de la Russie (le groupe Wagner) et du Rwanda ; les forces françaises se sont retirées depuis 2016. Le pays compte aussi sur son sol une Force de maintien de la paix de l’Onu, la MINUSCA, présente depuis avril 2014 et qui mobilise plus de 17.000 personnes.

Photo prise lors des célébrations du centenaire de l’EELRCA © DR

Après des décennies de guerres et de crises, l’insécurité reste le premier problème de la population, et il n’est pas rare que des attaques de groupes rebelles entraînent de nouveau des exodes d’habitants fuyant les violences en abandonnant leurs habitations et leurs champs. Les infrastructures sont détruites, les services de base à peu près inexistants en-dehors de la capitale, et les Églises font partie des rares institutions à rester debout et à faire fonctionner des écoles, des dispensaires, ou à venir en aide aux plus démunis. C’est le cas de l’EELRCA, présente surtout dans la partie Ouest du pays, où elle regroupe 125.000 membres répartis dans sept régions, à travers 544 « congrégations » (paroisses) ; elle compte 74 pasteurs et 540 « catéchistes diplômés ». Elle est en lien plutôt avec des partenaires américains (ELCA) mais a entretenu aussi pendant de longues années des relations avec les protestants de France via la Colureum (Commission luthérienne des relations avec les Églises d’outre-mer), aujourd’hui intégrée au Défap.

Ce rôle social essentiel, le Révérend Joseph Ngoé a tenu à le rappeler dans un entretien publié par la Fédération luthérienne mondiale à l’occasion du centenaire de l’EEL-RCA. L’Église luthérienne de Centrafrique, a-t-il souligné, « contribue énormément au développement du pays dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures pour l’approvisionnement en eau, des projets générateurs de revenus et dans le domaine agricole. Par exemple, nous avons mis 30 écoles primaires à la disposition des populations de certains villages des sous-préfectures d’Abba, Baboua, Bouar et Bocaranga, dans des zones où le gouvernement n’est pas en mesure d’intervenir. Nous comptons au total près de 5700 élèves pour l’année scolaire 2022-2023 (…) Dans le domaine de la santé, il existe deux centres de santé : à Bohong (à 70 km de Bouar sur la route de Bocaranga) et au Centre de Santé Emmanuel (à 60 km de Bouar sur la route de Baboua). »

Retrouvez ci-dessous une présentation en vidéo de l’EEL-RCA :




COP 28 : l’appel de collectifs chrétiens à des «cercles de silence»

24 organisations chrétiennes ont signé un appel à se mobiliser durant le temps de la COP28 à Dubaï. Elles proposent à toutes et tous de se rassembler pour des cercles de silence dans l’espace public. Ces rassemblements sont une manière visible, respectueuse et inclusive de faire exister les enjeux de gouvernance climatique qui peuvent sembler lointains, et, à travers ce geste humble, d’interpeller les décisionnaires sur leur pouvoir d’agir. Toute personne y est conviée, quelles que soient ses croyances. Les chrétiennes et les chrétiens peuvent prier pour que les personnes participant à la COP soient inspirées par l’Esprit Saint, et qu’elles prennent leurs responsabilités. Parmi les signataires de cet appel, relayé par l’Église protestante unie de France, figurent notamment la Fédération protestante de France, Église verte, Chrétiens unis pour la terre, aux côtés du Secours Catholique et du CCFD – Terre Solidaire.

© Collectif Lutte & Contemplation

« À travers ce silence, explique le collectif, nous portons les messages suivants : nous avons conscience de la gravité de la situation ; nous désirons que les États soient plus ambitieux sur leurs objectifs de réduction des émissions ; nous voulons que les gouvernements agissent “sans plus attendre pour éliminer définitivement les combustibles fossiles” ; nous attendons davantage de justice climatique, en particulier de la part des pays “du Nord”, qui ont promis par le passé des aides aux pays “du Sud” sans respecter jusqu’au bout leurs propositions.

Le mot d’ordre de ces rencontres est le silence. Des panneaux, des banderoles et des tracts peuvent porter notre voix. Nous appelons chacun et chacune à nous rejoindre pour les cercles de silence déjà proposés, et à en proposer de nouveaux en remplissant le formulaire ci-dessous !

Rassemblons nous pour porter ensemble dans notre silence le cri de la terre et des pauvres ! »
 

Retrouvez l’appel à lancer les « cercles de silence »

 

Rejoindre un cercle de silence

  • Lyon
    Jeudi 30 novembre – 8h à 9h devant le siège de la banque populaire, 4 bd Eugène Deruelle.
    contact : joseph.halgand@gmail.com
  • Courbevoie (La Défense)
    Jeudi 30 novembre – de 8h15 à 9h15 – Tour Total Energies Coupole, Place Coupole Jean Millier.
    contact : contact@lutte-et-contemplation.org
  • Ancenis
    Jeudi 30 novembre – de 18h à 19h – Place Alsace Lorraine, Ancenis-Saint-Géréon.
    contact : fraternite.ecologie@gmail.com
  • Versailles
    contact : b.vignon@fondacio.fr
    Samedi 2 décembre – de 11h à 12h – Place de la cathédrale 11h-12h
    Dimanche 3 décembre – de 11h à 12h – Place du marché Notre Dame
    Mardi 5 décembre – de 18h à 19h – Gare des Chantiers
  • Paris
    Vendredi 8 décembre – de 18h à 19h – Place de la République.
    contact : contact@lutte-et-contemplation.org
  • Paris
    Samedi 9 décembre – de 17h à 18h – Fontaine Saint-Michel, boucle WhatsApp

© Collectif Lutte & Contemplation

Comment organiser un cercle de silence ?

Pensez à organiser un cercle de silence dans votre ville ! Il suffit pour cela de rassembler au moins 5 personnes, de fixer une date, une heure, et de déclarer votre manifestation à la Préfecture si vous le souhaitez (la procédure est très simple). Intéressé.e ? Nous vous avons préparé ici un document avec quelques conseils pour vous guider.

Pour faire un cercle de silence : on n’a pas besoin d’être nombreux, on n’a pas besoin d’être expérimenté, on n’a pas besoin de se connaître, on n’a pas besoin d’être expert de la COP28, on n’a pas besoin d’être triste ou grave, on n’a pas besoin de belles pancartes, on n’a même pas vraiment besoin de l’inscrire sur ce site…

Toutefois, nous vous invitons à le faire. La beauté de cette mobilisation vient aussi de cette large communion entre celles et ceux qui y prennent part partout en France. Enfin, rendre publique votre initiative, c’est aussi ouvrir la possibilité qu’elle soit l’occasion de belles rencontres !
 

Proposer un « cercle de silence »
Petit guide d’organisation des « cercles »

 

Des ressources pour s’informer et prier pendant la COP28

Si vous ne pouvez pas vous joindre à un cercle de silence, ou que vous cherchez des ressources pour animer un temps de prière au sujet de la COP28, vous trouverez ici de quoi vous inspirer :

Pour vous informer davantage à propos des enjeux de la COP28, de nombreuses ressources existent sur internet. Nous vous recommandons entre autres, le dossier du Réseau Action Climat.