Centrafrique : «Les vieilles recettes de sortie de crise ne marcheront pas»

En RCA, le passage de relais entre la Misca, la force africaine, et la Minusca, la force de stabilisation des Nations Unies, a eu lieu officiellement le 2 septembre. Le début du déploiement de cette nouvelle mission internationale est prévu le 15. Elle doit notamment protéger les populations et soutenir la transition politique. Une transition qui semble aujourd’hui bien difficile à mettre en œuvre.

Bangui, avril 2014 : des jeunes de l’Eglise protestante Christ-roi présentent une scénette où la lumière de la persévérance garde allumées celles de la paix, de la joie, de l’amour et du pardon. © Claire Bernole pour Défap

La République centrafricaine, championne des missions de l’Onu, en a déjà connu plus d’une dizaine : il y a eu la Misab, la Minurca, le Bonuca, la Fomuc, la Micopax… Voici désormais la Minusca, ou Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine. L’accord sur le transfert de la force africaine Misca (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine) vers la Minusca a été signé ce mardi 2 septembre entre le Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la RCA, le général Babacar Gaye, et le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo Doudou.

Prévue pour comporter, à terme, 10.000 soldats et 1800 policiers, la Minusca a été officiellement créée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies votée à l’unanimité le 10 avril 2014, et sa mission débute le 15 septembre. Près de 7600 Casques bleus devraient prendre part à l’opération dans un premier temps ; la plupart opèrent déjà sur place dans le cadre de la Misca, déployée depuis décembre 2013 et qui compte 6000 soldats. La France est présente pour sa part à travers l’opération Sangaris qui regroupe 2000 hommes, et l’UE a envoyé 150 hommes dans le cadre de l’opération de l’Union européenne pour la stabilisation en RCA (Eufor). Le déploiement de la Minusca devrait se poursuivre jusqu’au 30 avril 2015. Les soldats de l’ONU seront envoyés sur tout le territoire centrafricain avec trois états-majors: un dans l’Ouest, à Bouar du pays ; un autre dans le Centre-Ouest, à Kaga-Bandoro ; un troisième dans le Centre-Est, à Bria.

« Personne n’est dupe »

Pour soutenir le programme d’aide à la population centrafricaine, adressez vos dons à :

 – Fondation du Protestantisme, 47 rue de Clichy – 75 311 Paris cedex 09.
Dons en ligne : www.fondationduprotestantisme.org
Les chèques ou virements doivent être libellés à l’ordre de «Fondation du protestantisme». Porter la mention «Solidarité protestante-RCA» au verso des chèques.
IBAN : FR76 3078 80010010 2078 2350 030
Banque Neuflize OBC Paris 8° (Pour les virements bancaires).
CODE BIC : NSMBFRPPXXX
Les dons versés à la Fondation du protestantisme, fondation reconnue d’utilité publique, sont déductibles des impôts. Merci d’indiquer vos coordonnées pour l’envoi du reçu fiscal.

La Minusca a reçu pour mission de protéger les populations, soutenir la transition politique, désarmer les ex-combattants, aider à la distribution de l’aide humanitaire et à la protection des droits de l’homme. Ce qui cantonne l’essentiel de son action à la sphère sécuritaire – là où les missions précédentes ont, précisément, montré leurs limites. Les armes circulent toujours, la criminalité se développe sans police et sans justice, rendant illusoire la protection des droits, le pays est dépendant d’une aide insuffisante, le gouvernement ne parvient à assurer aucune de ses missions régaliennes… et quant à la transition politique, beaucoup doutent qu’elle puisse se mettre en place dans les délais prévus. Elle doit théoriquement s’achever par des élections prévues en février 2015 ; c’est du moins la date qui a été arrêtée en novembre 2013 par le groupe international de contact. Dans cette optique a été mise sur pied une Autorité nationale des élections (ANE), qui a toutes les peines du monde à fonctionner, et dont le président Dieudonné Kombo-Yaya a reconnu lui-même lundi dernier sur RFI : « Personne n’est dupe. Aujourd’hui, les conditions actuelles font que le délai de février 2015 est peu envisageable. (…) Il faut penser automne 2015 plus qu’entre juillet et septembre où c’est la plus forte saison des pluies. C’est la version optimiste. ».

En début d’année, le diplomate français Didier Niewiadowski, longtemps en poste à Bangui, jugeait que la Centrafrique aujourd’hui n’est même plus un Etat fantôme : c’est désormais « un Etat fictif ». Interviewé en mars dans Libération, il mettait en garde : « Les vieilles recettes de sortie de crise ne marcheront pas. C’est privilégier la facilité, mais encourir aussi un cuisant échec que d’imaginer sortir de la crise par des élections avec une organisation étatique similaire (…) et en raisonnant dans un cadre uniquement étatique alors que la crise est aussi régionale. »

« Mauvaise gouvernance et prédation ont détruit ce qui restait de l’Etat »

En ce qui concerne la situation sécuritaire, pourtant au cœur du mandat des missions internationales jusqu’alors déployées dans le pays, il se montrait tout aussi critique : « Les milices anti-balaka, souvent dénommées à tort « milices chrétiennes » par opposition à l’ex-Séléka musulmane, ne sont toujours pas cantonnées à ce jour et encore moins désarmées, et cela en dépit des résolutions de l’Onu et de l’Union africaine. Cette situation les autorise à perpétrer leurs exactions en toute impunité. Les désœuvrés – paysans spoliés, coupeurs de route au chômage, enfants des rues non scolarisés – ont été rejoints par d’anciens militaires des Forces armées centrafricaines et par des boutefeux partisans de l’ancien président Bozizé (…) Ce ramassis, tout aussi inorganisé que l’ex-Séléka mais éparpillé en des groupuscules de quelques individus, se trouve livré à lui-même, obligé pour survivre de s’emparer des biens d’autrui et le plus souvent avec une violence extrême. »

Une analyse qui rejoint celle de l’International Crisis Group : son dernier rapport, La crise centrafricaine : de la prédation à la stabilisation, affirme la nécessité d’une approche qui articule l’opération de maintien de la paix avec la relance de l’activité économique, le soutien à la reconstruction de l’Etat et la lutte contre les trafics. « La mauvaise gouvernance et la prédation ont détruit ce qui restait de l’Etat, de l’économie et ont appauvri la population », affirme Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale. « L’actuel mandat de la mission de maintien de la paix n’est pas à la hauteur du défi centrafricain ».

Franck Lefebvre-Billiez

Pour aller plus loin :
Centrafrique: une nouvelle opération de l’ONU, pour quoi faire ? (sur le site de Libération)
Elections en RCA: le délai de février 2015 n’est «pas tenable» (sur le site de RFI)
La crise centrafricaine : de la prédation à la stabilisation (rapport, International Crisis Group)
Le mandat de la Minusca (sur le site de l’Onu)



Exposition « Kanak » : le Défap au Quai Branly

Le Défap s’est doublement invité à l’exposition-événement « Kanak. L’Art est une parole », visible jusqu’au 26 janvier au musée du Quai Branly à Paris. En premier lieu par le prêt de deux Bibles traduites, l’une en langue drehu, et l’autre en langue nengone, ouvrages rares du XIXème siècle qui font partie du fonds de la bibliothèque du Défap. En second lieu, à travers la visite d’étudiants calédoniens du programme ABS.

Deux poteaux sculptés et peints par Jean-Philippe Tjibaou, en l’honneur de son père Jean-Marie et de Jacques Lafleur, signataires des accords de Matignon-Oudinot et de Nouméa © Défap

« Kanak. L’Art est une parole » n’est pas seulement la plus importante exposition jamais consacrée à la culture des tribus de Nouvelle-Calédonie ; elle est aussi organisée au  musée du Quai Branly alors que cet archipel du Pacifique sud est à un tournant de son histoire. D’ici 2018 doit y avoir lieu un référendum d’autodétermination. L’exposition « Kanak » y acquiert une résonance politique d’autant plus forte.

 

La dernière d’ampleur comparable, « De jade et de nacre », remontait à 1990. Mais depuis lors, le travail de l’ethnologue Roger Boulay, co-commissaire de l’exposition, a permis d’enrichir la connaissance du patrimoine kanak et de mieux faire reconnaître aujourd’hui une culture trop longtemps ignorée. Derrière les armes traditionnelles et bambous gravés, les sculptures du fils de Jean-Marie Tjibaou, le leader indépendantiste, en hommage à son père et à Jacques Lafleur, tous deux artisans des accords de Matignon, c’est toute une opération de réappropriation de la mémoire kanak qui est à l’œuvre au Quai Branly. L’exposition-événement visible à Paris jusqu’au 26 janvier (elle déménagera ensuite à Nouméa à partir du mois de mars) permet ainsi tout à la fois, grâce à Emmanuel Kasarhérou, l’un de ses deux commissaires et ancien directeur du centre Tjibaou, de rendre hommage à une culture vieille de plus de trois millénaires, mais aussi de revenir sur l’imagerie colonialiste qui a longtemps véhiculé, en France, les pires clichés sur la Nouvelle-Calédonie.

L‘histoire du Défap est depuis longtemps liée à celle du « Caillou »

Deux traductions bibliques en langue kanak (Lifou et Maré) datant de la fin du XIXème siècle, et prêtées pour l’exposition par la bibliothèque du Défap © Défap

Or, l’histoire du Défap est depuis longtemps liée à celle du « Caillou » à travers tout l’héritage de la Société des Missions de Paris. Fait suffisamment rare pour mériter qu’on le mentionne, la bibliothèque du Défap a ainsi été sollicitée par le musée du Quai Branly pour le prêt de deux ouvrages destinés à figurer dans cette exposition. C’est Emmanuel Kasarhérou qui est venu en personne identifier les ouvrages empruntés  : l’un, une Bible complète en langue drehu (de Lifou) date de 1890 et l’autre, en langue nengone (de Maré), comprenant les livres de la Genèse et de l’Exode, date de 1869. Les Bibles en langues d’Océanie mais aussi d’Afrique, d’Asie et d’Europe, nombreuses à la Bibliothèque du Défap (environ 500 titres), constituent  un petit trésor, rarement consulté il est vrai, sauf par quelques spécialistes de la traduction.  Les plus anciennes sont souvent parmi les premières traductions de textes connues pour les langues concernées et représentent parfois,  à ce titre, des objets  rares, voire très rares, en France mais aussi dans le monde.

Vue de la salle des masques funéraires (tradition pratiquée surtout sur la Grande Terre) © Défap

Ces relations entre le Défap et la Nouvelle-Calédonie sont toujours vivantes aujourd’hui, notamment à travers le programme Après Bac Service, issu des Accords de Matignon et de Nouméa visant à rééquilibrer les compétences entre toutes les composantes de la population calédonienne. En particulier, le Défap est chargé par le gouvernement de Nouvelle-Calédonie d’assurer le suivi extra-universitaire d’une soixantaine d’étudiants chaque année venant suivre des études supérieures en métropole. Réunis à Paris du 26 au 28 octobre dernier, ces étudiants ont pu se rendre, notamment, au musée du Quai Branly. Il s’agissait de l’une des trois rencontres organisées par le Défap au cours de l’année scolaire pour ces jeunes Calédoniens. Le Défap effectue également un suivi individuel de ces étudiants (envoi de livres et carte pour les anniversaires, suivi SMS ou réseaux sociaux, parfois visites) et un suivi collectif (courriers postaux ou électroniques).

 

«Kanak, l’art est une parole», jusqu’au 26 janvier au Musée du quai Branly
Adresse : 37, quai Branly 75007 Paris. Tél.: 01 56 61 70 00. www.quaibranly.fr




Protestants en fête : vidéos de festivités, vidéos de partage et d’émotion

Avant de refermer la page « Protestants en fête », quelques souvenirs sous forme de vidéos, tournées par l’équipe du Défap ou par des participants aux festivités et partagées sur YouTube : voici donc quelques images de la soirée spectacle du samedi soir à Bercy, et des extraits des chants lors du culte, le dimanche matin, dans le même lieu.

 

 

Le samedi 28 Septembre à Bercy, lors de la soirée spectacle. Petite incursion dans le public sur des images de Valérie Thorin (Défap)

 

Le même soir : les premiers rangs se mettent à danser. Images de Valérie Thorin (Défap)

 

Toujours lors de la soirée spectacle : le chant d’entrée du groupe composé de Pierre-Nicolas et Mary-Colleen De Katow, Thomas Blanc, Patrick Bonhomme, Matt Marvane, Steve Ngono, Samuel Olivier et les musiciens Franck « Boom » Jean à la basse, Ben Gabut et Manu Robillard aux guitares, David Grail à la batterie et Gregory Tanielian aux claviers. Vidéo mise en ligne par « jmhbfs », YouTube

 

Dimanche 29 Septembre à Bercy, lors du culte de Protestants en fête. Sous la direction de John Featherstone, voici une partie du chant « A toi la gloire » avec la ferveur non programmée de l’assistance. Vidéo mise en ligne par « jmhbfs », YouTube

 

Lors du culte : sous la direction de John Featherstone, voici une partie du chant « Mon ancre et ma voile ». Vidéo mise en ligne par « jmhbfs », YouTube




Chrétiens et musulmans, ensemble pour le peuple syrien

Des organisations religieuses françaises et des organisations de solidarité internationale, dont le Défap, signent un appel pour dénoncer « la situation dramatique vécue par le peuple syrien », qui représente un « défi à l’humain et une atteinte à nos principes religieux ». Elles annoncent la visite d’une délégation de 11 représentants chrétiens et musulmans en Jordanie et au Liban, du 7 au 11 octobre prochain.

Face aux conditions du conflit en Syrie, qui « tuent l’âme d’un peuple, dont l’une des richesses est d’avoir vécu dans une cohabitation multiséculaire », des associations tant françaises qu’internationales, des personnalités catholiques, protestantes ou musulmanes, s’associent pour dénoncer le calvaire du peuple syrien. Elles ont décidé deux types d’actions :

• Un « Appel pour le peuple syrien » lancé par voie de presse aux instances nationales et régionales. Ses signataire soulignent « que nous sommes convaincus que la paix est un impératif absolu et qu’il n’y a pas de paix sans justice », et « que nous croyons que cette paix est un don que Dieu ». Ils affirment aussi leur volonté de « dire au peuple syrien que nous sommes à ses côtés dans son malheur ». Ils demandent « à tous les responsables politiques » de « mettre en œuvre prioritairement un cessez-le-feu immédiat et de garantir l’accès humanitaire aux populations ».

Retrouvez ici le texte intégral de l’Appel pour le peuple syrien

• La visite d’une délégation de 11 représentants chrétiens et musulmans en Jordanie et au Liban, du 7 au 11 octobre prochain.

Retrouvez ici le texte intégral du communiqué

LISTE DES PARTICIPANTS À LA DÉLÉGATION EN JORDANIE ET AU LIBAN :

Mgr Marc STENGER, évêque de Troyes, président de Pax Christi France
L’Œuvre d’Orient
Secours Catholique-Caritas France
Secours Islamique France
Tareq Oubrou, Recteur de la grande mosquée de Bordeaux
CCFD-Terre Solidaire
SRI (Service des Relations avec l’Islam)
Action Chrétienne en Orient
Réseau Chrétiens de la Méditerranée

 




Assemblée Générale 2013 : Pour une Eglise en mission

Le Défap a tenu, samedi 6 avril 2013 dans ses locaux parisiens du boulevard Arago, son Assemblée Générale annuelle, qui a regroupé plus de soixante délégués et invités des différentes Églises et partenaires.

Le rapport d’activités et l’ordre du jour a permis de faire le point sur les différentes missions en cours, tout en mettant l’accent sur les liens renforcés entre le Défap et la Cevaa (Communauté d’Églises en mission).

Le dialogue interreligieux

Le Défap se félicite de l’ampleur du travail interreligieux effectué par Karen Smith. Pasteur aumônier de l’Université royale d’Ifrane, au Maroc, elle est sollicitée pour de nombreuses interventions liées au dialogue entre les cultures et les religions. Elle intervient dans tout le Maroc pour des conférences, des colloques et des formations d’imams ainsi qu’en France, dans des animations organisées par les régions.
D’autres échos sont également très favorables concernant le dialogue interreligieux au Sénégal, en Tunisie et à Djibouti.

La théologie citoyenne : le SECAAR (Service chrétien d’appui à l’animation rurale)

Soutenu par le Défap, le SECAAR est un réseau d’Églises et d’organisations engagé dans le développement durable. Il élabore des programmes de développement, assure des formations, et collabore à des recherches appliquées dans le domaine de l’agriculture et la promotion d’espèces végétales améliorées. Près de 600 personnes, dont près de la moitié sont des femmes, ont bénéficié des formations proposées.

L’enseignement Protestant

En partenariat avec la Cevaa et DM Échange et mission (Suisse), le Défap organise pour la seconde fois, en avril 2013, un séminaire sur l’enseignement protestant. Il a pour objectif de mener une réflexion sur la pertinence de cet enseignement, son lien avec les projets des Églises et il tracera des pistes de collaboration internationale.

Des accompagnateurs sur la frontière Israélo-palestinienne

Depuis 2012, le Défap assure la coordination et l’envoi de personnes dans le cadre du Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et Israël (EAPPI). Ce programme a pris une dimension interconfessionnelle avec l’engagement du Secours catholique et du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD – Terre solidaire).

Envoi de volontaires

Au total, le Défap et ses partenaires ont envoyés 53 personnes volontaires au cours de l’année 2012. Une attention particulière leur est portée afin de faciliter leur mission et, surtout, assurer leur sécurité. A ce propos, le Défap et la Cevaa sont résolus à mettre tous leurs moyens en œuvre pour que lumière soit faite sur la mort d’Eric de Putter, envoyé à l’Université protestante d’Afrique centrale de Yaoundé (Cameroun), assassiné en juillet 2012. Par ailleurs, en raison des troubles politiques en Afrique centrale, trois envoyés du Défap ont dû rentrer prématurément en France.

Communication

Le Défap a également travaillé à améliorer sa communication : le site internet (www.defap.fr) a été refondu, permettant ainsi une meilleure visibilité de tous les projets (France et pays étrangers). Le journal Mission devrait également mieux se faire connaitre. Le site intègre des liens avec la bibliothèque du Défap, mais également la Cevaa, les différents partenaires, les programmes spécifiques et les Églises sœurs. Il permet l’accès aux émissions de radio mensuelles (Fréquence protestante) ainsi qu’à divers documents vidéo.
Le site du Défap est également présent sur le portail Regardsprotestants.org.




Colloque « Ethique de l’eau »

Colloque interdisciplinaire sur l’éthique de l’eau, 19 mars 2013. Genève.

Troisième colloque interdisciplinaire sur l’éthique globale de l’eau.
Le 19 mars 2013
au Musée d’histoire des sciences de Genève
Parc de la Perle du Lac
128 rue de Lausanne / 1202 Genève

Accès : TPG : bus 1 et 25 (Sécheron), tram 15 (Butini), Mouette M4 (Chateaubriand)

Organisé par le W4W, plateforme interdisciplinaire, apolitique et citoyenne, qui a pour objectif de thématiser et expliciter la dimension éthique de la gestion équitable et durable de l’eau dans un monde globalisé. Il contribue, par une réflexion originale, à influencer la création d’un environnement favorable à la mise en oeuvre des engagements internationaux.

Les intervenants :

Dr en écophysiologie à la Faculté des Sciences d’Orsay (Paris-Sud) Annie BALET
a travaillé sur des problèmes environnementaux puis enseigné la biologie au niveau
secondaire. Elle a collaboré à la rédaction d’un ouvrage de pharmacopée qui facilitera
le dialogue entre médecine traditionnelle africaine et scientifique, dans l’objectif de promouvoir
un meilleur accès au soins de santé.

Benoît GIRARDIN est actuellement recteur du PIASS au Rwanda et professeur d’éthique
politique à l’institut universitaire Geneva School of Diplomacy and International
Relations. Au profit d’une longue expérience internationale, il a été en effet responsable
de la coopération suisse au développement au Cameroun, au Pakistan et en Roumanie,
puis en charge de l’évaluation et enfin ambassadeur à Madagascar. Initialement, il
a obtenu en 1977 un doctorat en théologie de l’Université de Genève.

Evelyne FIECHTER-WIDEMANN, est avocate hon. du Barreau de Genève et titulaire
d’un Master de la New York University (MCJ). Elle est actuellement doctorante à la
Faculté de Théologie de Genève, portant ses recherches sur l’éthique globale de l’eau.
Elle a été membre suppléante d’une commission judiciaire du Tribunal administratif
(CRUNI) et a enseigné le droit suisse et le droit international public au Collège de Genève.
Elle a oeuvré au sein des Conseils de Fondation de l’EPER (Entraide protestante
suisse) et du Musée International de la Réforme.

Après ses études à l’Université de Genève, Laurence-Isaline STAHL GRETSCH pratique
durant 15 ans son métier d’archéologue spécialisée en préhistoire, tant dans le
canton du Jura (travaux liés à la construction de l’autoroute Transjurane) qu’à l’Université
de Genève. Sa thèse en sciences soutenue, elle est engagée au Musée d’histoire
des sciences de Genève dont elle est la responsable depuis 7 ans. Le musée a organisé
en 2009 une exposition « Genève à la force de l’eau ».

Après l’obtention d’un Master d’ingénieur civil à l’EPF Zürich, Christoph STUCKI s’est
d’abord spécialisé dans l’analyse du comportement des matériaux à l’EMPA, avant de
rejoindre un bureau d’ingénieur à Lausanne. Il a ensuite développé à l’EPFL un modèle
de planification de réseaux de chemin de fer. Dès 1980, il a été directeur général des
Transports publics genevois. Il est aujourd’hui président de la communauté tarifaire
transfrontalière Unireso du bassin franco-valdo-genevois.

Gary VACHICOURAS, docteur en théologie, a fait ses études à la Holy Cross Greek
Orthodox School of Theology (Brookline, Ma.), à l’Université de Paris – Sorbonne (IV)
à l’Université d’Athènes. Il a été chargé de cours auprès du Centre orthodoxe du Patriarcat
oecuménique à Chambésy-Genève et a été directeur exécutif de la Fondation
pour la recherche et le dialogue interreligieux et interculturels. La sécurité humaine fait
l’objet de son engagement dans l’éducation supérieure, notamment par l’enseignement,
la recherche novatrice, et le dialogue entre les gouvernements.

Après une formation de pilote d’avion professionnel IFR, Renaud DE WATTEVILLE
voyage et crée la société d’événement Swiss Mate. Pendant plus de 20 ans, il gère des
projets pour différentes entreprises, en Suisse et à l’étranger. En 2008 il fonde Swiss
Fresh Water SA qui développe un système de dessalement low cost et décentralisé
notamment destiné aux populations à bas revenu. C’est l’occasion pour lui de mettre
son expérience à disposition d’un projet industriel ayant un fort impact humain.

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La problématique de la lecture interculturelle de la Bible au cœur du Projet Mosaïc !

Depuis plusieurs années déjà, l’interculturel est dans l’air du temps, et les Églises sont fondamentalement concernées par cette réalité. Des problématiques nouvelles naissent de la rencontre de cultures différentes. Il est bon de rappeler que la culture est un concept qui englobe bien plus que la musique, la langue, et la façon de célébrer le culte. Notre culture est notre perception du monde, de la vie, de nous-mêmes et des autres. C’est tout ce qui, en nous et autour de nous, nous définit et nous façonne.

Le terme ‘interculturel’ qualifie les situations dans lesquelles des cultures se rencontrent et entrent en dialogue. On parle ainsi de ‘communication interculturelle’ quand on se réfère aux éléments de la culture qui vont venir influencer l’efficacité de la communication entre personnes de cultures différentes. La lecture de la Bible au sein de groupes multiculturels n’est pas épargnée par cette question. Un congolais, un antillais ou un alsacien de souche ne comprendrons pas de la même manière un récit de guérison. Partager ce que chacun ressent et entend dans un texte biblique, selon son vécu, ses racines et traditions, ne peut qu’être enrichissant, fécond et source de nouveauté pour tous !

Le projet Mosaïc encourage chacun à enrichir son expérience de vie et sa lecture de la Bible avec les expériences d’autres chrétiens vivant dans d’autres contextes et cultures. De plus nous savons que les Ecritures elles-mêmes ont été écrites dans différents contextes culturels et sociopolitiques. Pour nous protestants, les Ecritures ont une place centrale. Elles parlent de nous, et à travers elles, c’est Dieu qui parle à chacun de nous. Le Congrès de Lausanne sur l’évangélisation, en 1974, avait déjà déclaré : « L’Evangile ne présuppose pas la supériorité d’une culture sur une autre ; il évalue toutes les cultures selon ses propres critères de vérité et de droiture et affirme qu’il y a des absolus moraux qui s’imposent à toutes les cultures ».

Il s’agit alors de laisser les Ecritures devenir interprètes de ce que nous sommes, dans nos cultures et traditions. Dieu souhaite que chacun puisse l’entendre dans sa propre langue. Dieu ne parle pas une langue « sacrée », mais à travers nos langues ordinaires afin que nous réalisions que l’Evangile nous concerne et que nous sommes invités à rejoindre une communauté issue de « toute nation, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues » (Ap. 7, 9). Grâce à l’Evangile qui nous annonce que nous sommes tous membres du corps du Christ, l’Eglise a pour mission de dépasser les frontières imposées par la société, en surmontant les difficultés dues aux différences culturelles. Ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra prétendre annoncer la Bonne Nouvelle à un monde fractionné et multiple.

Pasteur Marianne Guéroult
Responsable du Projet Mosaïc à la Fédération Protestante de France




“Éric refusait toute corruption”

Samedi 15 septembre 2012, à l’occasion de la cérémonie en hommage à Éric de Putter, le Défap-Service protestant de mission s’est exprimé par la voix de son président, Jean-Arnold de Clermont. Un article publié par l’hebdomadaire Réforme le 20 septembre 2012.

Éric de Putter © Défap

Réforme : C’est la première fois que le Défap s’exprime publiquement depuis l’assassinat d’Éric de Putter le 8 juillet 2012 à Yaoundé, pourquoi ?

J.-A. de Clermont : Face à un événement aussi grave, nous avons renoncé à prendre la parole de manière publique cet été, car nous devions garder le silence du deuil.

Réforme : Très rapidement, vous vous êtes rendu au Cameroun. Qui avez-vous rencontré ?

J.-A. de Clermont : Avec le secrétaire général de la Cevaa [communauté de 37 Églises protestantes en mission, ndlr], nous avons rencontré les responsables des Églises, consternés. Nous avons également été reçus par la consul de l’ambassade de France, par les responsables de l’enquête et par le ministre de la Justice.

Avec les autres partenaires, nous avons participé au conseil d’administration de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC). Nous savons que certains diplômes ont été achetés et attribués par favoritisme. C’est ce système de corruption que beaucoup connaissaient et que le doyen n’a pas osé affronter. C’est ce même système qu’Éric de Putter n’a jamais accepté. Les responsables des Églises, en charge de l’UPAC, ont pris les choses en main en remplaçant les dirigeants de l’université, en commandant un audit de fonctionnement et en lançant une réforme des statuts et des partenariats.

Réforme : Que pouvez-vous nous dire sur l’avancée de l’enquête ?

J.-A. de Clermont : Je vous confirme les tensions au sein de l’UPAC et l’arrestation d’un doctorant centrafricain, dont la thèse a été refusée par Éric de Putter, et du doyen de l’UPAC. Mais, pour l’instant, leur implication dans le meurtre n’est pas prouvée. Pour la police judiciaire, il y a bien eu commandite de ce crime de l’intérieur de l’université.

Réforme : Connaissiez-vous la situation d’Éric au Défap ?

J.-A. de Clermont : Nous avons découvert qu’un rapport avait été écrit par des enseignants de la faculté de théologie en 2010 à destination du conseil d’administration de l’université, dénonçant la corruption de manière virulente. Nous ne savons pas pourquoi il a fallu deux ans pour que les partenaires et l’administration réagissent.

Concernant Éric de Putter, évidemment que nous nous sommes posé la question de notre responsabilité. Il nous avait alerté sur les tensions entre lui et le doyen. Mais ni Éric, ni les responsables du Défap ni personne ne pouvaient prévoir cette issue tragique. Le Défap lui avait proposé de rentrer au printemps. Il avait refusé, expliquant qu’il vivait de belles choses malgré tout. Jean-Luc Blanc, responsable des envoyés et de la formation théologique, s’était rendu au Cameroun à cette période pour organiser une médiation. Selon le volontaire, les relations s’étaient apaisées. Mais cet été, le climat de travail s’était détérioré à nouveau et c’est pour cela qu’Éric avait avancé son départ.

Réforme : La corruption au Cameroun est un grave fléau qui touche toute la société. Comment travaillez-vous là-bas ?

J.-A. de Clermont : Certains envoyés en témoignent. Un volontaire a arrêté son contrat dans le domaine médical car il ne supportait plus de voir les infirmiers vendre les médicaments au lieu de les donner. On sait bien que le pays est corrompu à tous les niveaux. On apprend aussi que les personnes arrêtées font partie de l’opposition. Sans aucun doute, cela doit avoir une influence dans la vie des Églises. Nous y sommes attentifs. Notre travail est essentiellement fondé sur l’échange humain et très peu sur l’aspect financier. Donc nous essayons d’être attentifs aux origines des pasteurs que nous recevons pour ne pas favoriser ou discriminer une Église plutôt qu’une autre.

Réforme : Comment envisagez-vous l’avenir du Défap au Cameroun ?

J.-A. de Clermont : C’est une histoire séculaire entre les Églises des deux pays. Nous n’allons pas à la première difficulté demander le divorce. Il nous faut dialoguer, échanger afin de trouver des solutions pour poursuivre cette relation. Comment mettre en place un partenariat transparent les uns avec les autres qui pourra révéler des dysfonctionnements ? Nous ouvrons la réflexion. La réponse ne nous appartient pas, nous la trouverons tous ensemble. Je vais aller à l’assemblée générale de la Cevaa, qui fêtera ses 40 ans en octobre, pour en parler.

Propos recueillis par Laure Salamon




Plaidoyer pour une paix juste en Israël et Palestine

Impressions de Luc Oechsner de Conninck, observateur œcuménique français, après une quinzaine de jours de présence en Palestine dans le cadre du programme EAPPI (Ecumenical Accompaniment Programme in Palestine and Israel).


Le titre du document qui présente le programme d’envoi d’observateurs chrétiens en Palestine est éloquent : « Accompagnement et espérance ».

Notre rôle d’EA (accompagnateur œcuménique, en anglais) est bien d’accompagner et de soutenir les Palestiniens et les associations israéliennes dans leurs actions non-violentes en faveur d’une paix juste entre les deux populations.

Le programme se réfère souvent au document Kairos, publié en décembre 2009 par les chrétiens d’Israël et de Palestine sur le modèle d’un document produit en Afrique du Sud en 1985, au moment de l’apartheid, par des évêques chrétiens. Ce document Kairos élaboré par des responsables chrétiens palestiniens lance un appel aux chrétiens du monde entier. (1)

Le Groupe 45, dont je fais partie, et qui est en mission de septembre à décembre 2012,compte seize nationalités différentes, représentant les cinq continents. Dans chacun des sept emplacements, il n’y a jamais deux accompagnateurs du même pays : un véritable‘melting pot’ chrétien !

Une des particularités de ce programme est de donner des priorités légèrement différentes selon les lieux de placement : pour nous à Jérusalem-Est, l’une est d’établir des contacts avec les Églises qui nous ont demandé de les soutenir, la deuxième étant d’observer de façon très vigilante les checkpoints entre la Palestine et Israël, de compter les personnes qui passent selon un planning horaire de demi-heure en demi-heure, de différencier les enfants, les femmes, les hommes, de calculer leur temps de passage et de voir pour quelles raisons le passage leur est refusé, en posant des questions précises.

En ce qui concerne les Églises, elles ne sont pas présentes sur tous les territoires palestiniens ; par contre à Jérusalem et Ramallah, beaucoup de confessions sont représentées, nous pouvons assister aux offices tous les dimanches et, par conséquent, établir des contacts personnels et fructueux, tant pour nous que pour les chrétiens locaux.

Pour le moment, après quinze jours de présence et environ une semaine d’accomplissement de nos tâches, je n’ai pas eu encore l’impression que la Terre promise soit, selon l’expression consacrée, un Crazy Land (pays de fous). Par contre, suite à la publication du film insultant le prophète Mahomet sur internet, après la prière, à la mosquée en plein air du quartier de Silwan, les discours enflammés donnaient l’impression d’un appel à la révolte (mais aucun d’entre nous ne comprend bien l’arabe). De même, lors d’une manifestation pacifique (tous les vendredis à 16h), dans le quartier de Sheikh Jarrah où les Palestiniens sont évincés au profit des colons Israéliens, nous avons ressenti une tension très nette et beaucoup plus importante que la semaine précédente. Le jeudi 20 septembre, après l’article de Charlie Hebdo, le nombre des soldats de Tsahal dans la vieille ville a énormément augmenté, il y en avait pratiquement à toutes les intersections.

Parmi nos activités hebdomadaires, nous retrouvons chaque vendredi la manifestation des Women in Black (Femmes en noir), à un croisement majeur en plein centre-ville de Jérusalem-Ouest. Elles y sont présentes de 13h et 14hdepuis 28 ans. Ces WiB sont des femmes pour la plupart israéliennes, mais pas toutes. Elles ont souvent plus de 70 ans et elles refusent l’occupation du territoire palestinien par les colons israéliens.

A ce stade de notre programme, nous avons bien avancé en ce qui concerne les activités de présence sur le terrain, il nous reste maintenant à approfondir nos relations et être présents de façon active avec les organisations non gouvernementales des droits de l’homme tant palestiniennes qu’israéliennes ainsi qu’avec les communautés comme celle des bédouins notamment à Khan al Ahmar, à 20 km de Jérusalem.

A suivre…

Luc Oeschner de Coninck, envoyé des Églises de France Programme d’Accompagnement Œcuménique en Palestine et Israël (EAPPI)