Dans les entrelacs d’une arrestation : le quotidien d’un militant des droits de l’homme en Cisjordanie

Veronika Tober est Accompagnatrice œcuménique en Israël/Palestine. Membre de la paroisse du Pays de Gex (01) de l’Église protestante unie de France, elle travaille pour l’Internationale des Services Publics, une fédération syndicale globale représentant des syndicats des services publics. Elle a été Accompagnatrice œcuménique, dans le cadre du programme EAPPI du Conseil œcuménique des Églises, de décembre 2015 à février 2016, et basée à Yatta, au sud de Hébron, en Cisjordanie. Voici un de ses témoignages sur son expérience en tant qu’envoyée.

« Nasser Nawajah, activiste des droits de l’Homme de l’organisation israélienne B’Tselem et un des leaders de la communauté villageoise de Susiya, nous a rendu visite le 26 janvier 2016. Il nous a raconté les événements des derniers jours, en commençant avec ce qui ressemble à un « happy end » : sa libération de prison par le tribunal militaire d’Ofer !

 

Nasser Nawaja raconte son odyssée à travers le système judiciaire israélien, DR

Nasser Nawaja raconte son odyssée à travers le système judiciaire israélien, DR

 

Son histoire se lit comme une « étude sur le système judiciaire israélien, ou plutôt sur l’occupation militaire ».

Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2016, entre 1h et 2h du matin, le campement bédouin de Susiya est brutalement arraché au sommeil : environ vingt jeeps militaires et nombre de soldats israéliens lourdement armés et masqués envahissent le campement, éclairant les tentes de puissants projecteurs. Un frère de Nasser est réveillé le premier et harcelé par les soldats qui le prennent pour Nasser. Dès que l’erreur est manifeste, les soldats abordent Nasser, qui aurait préféré une convocation plus formelle pour se présenter à la police. Au lieu de cela, il est menotté devant sa femme et ses enfants terrorisés, pour être emmené on ne sait où.

 

Le lendemain de l'arrestation de Nasser, l'IDF a démoli deux tentes à Susiya; voici ce qui reste après le passage des bulldozers, DR

Le lendemain de l’arrestation de Nasser, l’IDF a démoli deux tentes à Susiya; voici ce qui reste après le passage des bulldozers, DR


La suite des événements peut être résumée ainsi.

Une audience devant la cour magistrale israélienne de Jérusalem, le 20 janvier, débouche sur un ordre de relaxe “inconditionnelle et immédiate” de Nasser Nawajah, car la cour estime qu’elle n’est pas compétente en la matière. Toutefois, l’exécution de cette décision est reportée de vingt-quatre heures afin de permettre à la police de faire appel, ce qu’elle fait.

Le jour suivant, 21 janvier, la cour civile israélienne du district de Jérusalem rejette l’appel et, de nouveau, ordonne la relaxe immédiate de Nasser. L’exécution est encore reportée, et la police a un délai de quelques heures pour notifier à l’avocat de Nasser si elle va faire appel (auprès de la Cour Suprême) ou le relâcher. Étrangement, cet ordre n’est pas suivi ; au lieu de cela, Nasser est transféré clandestinement en Cisjordanie où les Palestiniens ne sont pas soumis à la loi civile mais à la loi militaire. Là, au tribunal militaire d’Ofer, en l’absence de l’avocat de Nasser, le juge donne quatre jours à la police afin de mieux documenter ses allégations avant la prochaine audience prévue pour dimanche, 24 janvier.

 

La vie continue : les enfants de l'école de Susiya jouent pendant la récréation, DR

La vie continue : les enfants de l’école de Susiya jouent pendant la récréation, DR

 

Comme la police ne parvient pas à présenter suffisamment de preuves lors de l’audience du dimanche, cette cour ordonne également la relaxe de Nasser, également avec un délai de vingt-quatre heures pour permettre à la police de faire appel – ce qu’elle ne fait pas cette fois-là.

Ainsi, Nasser a été effectivement relâché en fin de journée le 25 janvier.
Mais de quoi s’agit-il en fait? Quel est le fond de cette histoire à suspense?
Il semblerait que tout ait commencé avec une émission à la télévision israélienne, « Uvda ». L’émission en question suggérait qu’une plainte déposée par Nasser auprès de l’Autorité Palestinienne il y a plus d’un an, concernant une vente de terrain illégale, aurait mis en danger la vie du vendeur. Ce dernier vit actuellement en Israël et n’a pas porté plainte à l’époque.

Mais le véritable fond de cette histoire est le durcissement de la campagne du gouvernement israélien et d’ONG israéliennes nationalistes contre les ONG de défense des droits de l’Homme israéliennes, qui luttent contre l’occupation des territoires palestiniens. Les cibles principales de cette campagne incluent Breaking the Silence, Machsom Watch, B’Tselem et d’autres. »

 




Envois en mission

Corinne et Laurent Mérer, de Brest, sont nos deux prochains Accompagnateurs œcuméniques pour une mission de paix en Israël/Palestine, du 15 février au 15 mai 2016.

Jeunes retraités depuis peu, de l’enseignement et de l’armée, ils ont proposé leur service au Défap qui les a conviés à servir dans le cadre du programme Ecumenical Accompaniement Programme in Palestine and Israël (EAPPI), mis en place par le Conseil œcuménique des Eglises.

 

Logo EAPPI

 

Corinne Mérer est placée à Bethléem et Laurent sera à Hébron. Avec les membres de leurs équipes, ils accompagneront les enfants qui doivent aller à l’école en passant par le check point 56, ils assureront une présence protective au tristement célèbre check point 300 entre Bethléem et Jérusalem qui chaque matin voit 4 à 5000 personnes le franchir, ils visiteront les villages en butte à l’agressivité des colons, ils accompagneront des familles palestiniennes confrontées à l’occupation de leur terre…


Les Eglises protestante et catholique dont ils sont membres, les accompagnent dans cette mission : une moment liturgique d’envoi a été célébré dimanche dernier dans le cadre de la paroisse protestante de Brest. Leur mission, présentée dans la presse régionale, a touché la population brestoise qui a ouvert une plateforme participative pour les soutenir.

 

Checkpoint 300 entre Bethléem et Jérusalem, DR

Checkpoint 300 entre Bethléem et Jérusalem, DR

 

 

* * *

 

 

« L’Eternel veillera sur votre départ, comme sur votre arrivée. C’est par ces paroles qui concluent le Psaume 121 – prière du pèlerin à son départ pour Jérusalem  – que la paroisse de Brest de l’EPUdF, par la voix de son pasteur Michel Block, nous a manifesté son soutien, ses encouragements et nous a assuré de ses prières, à l’occasion de notre départ en Palestine prévu le 15 février 2016 pour la session 60 du programme EAPPI. 

Emouvante cérémonie, au milieu du culte de dimanche dernier, symbole d’une communauté qui nous « envoie » : debout devant l’autel, entourés par les membres du conseil presbytéral bras ouverts, nous nous tenions face à l’assemblée et à Michel. Nous lui avions fait part notre projet quelques semaines auparavant, et nous l’avions présenté à sa demande au conseil presbytéral, lequel avait décidé unanimement d’y associer la paroisse.

 

Hébron, départ à l’école, DR

Hébron, départ à l’école, DR

 

Manifestation moins formelle, mais tout autant chaleureuse du diocèse de Quimper qui nous a largement ouvert ses médias, bulletin diocésain et radio ; nous avons pu y expliquer en détail notre démarche et le projet EAPPI, tandis qu’à l’occasion de la cérémonie des vœux de la Paroisse catholique de Brest-Centre, le curé doyen Claude Caill, saluait notre prochain départ devant l’ensemble des responsables de la communauté paroissiale.

« Mission de paix pour deux Brestois » annonçait enfin Le Télégramme du 15 janvier dans un bel article en deux colonnes, élargissant l’information à un plus vaste public, expliquant ainsi aux lecteurs la teneur du programme EAPPI peu connu dans l’Ouest et le sens de notre démarche. La rédaction du journal nous soutien et nous sommes convenus d’envoyer régulièrement des nouvelles.

Et bien sûr les amis sont là : s’il y a eu quelques incompréhensions, car le sujet reste délicat, les messages d’encouragements affluent désormais sur le net alors que la date approche. Nous enverrons aussi des nouvelles…

Il ne reste plus qu’à partir…S’il demeure beaucoup d’inconnues et un soupçon d’appréhension, nous allons en confiance, car L’Eternel nous gardera de tout mal ; Il gardera notre âme, assure encore le Psaume 121. »

 

Corinne et Laurent

 

Retrouvez la plateforme participative 

 




Centrafrique : vers la normalisation ?

Le président du Défap, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, se rend en Centrafrique du 16 au 21 février 2016. L’occasion de faire le point sur la situation politique du pays.

Second tour de l’élection présidentielle le 14 février

 

À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, et malgré des irrégularités dans le comptage des voix qui ont eu pour résultat d’invalider les scrutins législatifs, ce sont bien deux anciens Premiers ministres qui se sont retrouvés face à face, mais pas ceux que l’on croyait.

 

Carte RCA, Google Maps

Carte RCA, Google Maps

 

Avec 24 % des voix, Anicet-Georges Dologuélé, ancien Premier ministre de feu le président Ange-Félix Patassé, est en tête. Il avait eu la bonne idée de passer un accord politique avec Kwa Na Kwa, parti de l’homme qui avait renversé Patassé en 2003, l’ancien président François Bozizé. À la surprise générale, son challenger est Faustin-Archange Touadéra, 19 %. Lui était le dernier Premier ministre de François Bozizé, avant le coup d’État du 24 mars 2013 qui lui a coûté sa place.

 

Le second tour, prévu pour le 14 février en même temps que la répétition du premier tour des législatives, départagera ces deux poids lourds de la vie politique centrafricaine.

Après l’investiture du nouveau chef de l’État et la remise en marche de la Chambre, il est fort probable que les Français mettront fin à l’opération militaire Sangaris, laissant le soin de la sécurité intérieure à la force des Nations unies (Minusca) et à ce qui subsiste des forces de l’ordre centrafricaines.

 

L’Église Protestante du Christ-Roi : prêcher l’espérance

 

Alors qu’il semble bien que la RCA puisse, au-delà des élections, retrouver un calme relatif, l’EPCR envisage  de relancer ses programmes de travail jusqu’alors suspendus, notamment la  sécurisation  du Centre protestant pour la jeunesse de Bangui, qui a été plusieurs fois pillé, ou encore le développement de son annexe de Morija, dans le village de Kpangba.

 

Les projets Défap

 

La Centrafrique est l’une des priorités du programme 2015-2018 du Défap. Les projets y sont portés par la Cevaa avec le soutien logistique et financier du Défap.

 

L’accompagnement de l’Église Protestante du Christ-Roi est assurée de trimestre en trimestre par des visites des pasteurs Henri Fischer et Bernard Croissant qui y séjournent à tour de rôle environ trois semaines
Le Centre Protestant pour la Jeunesse comprend  un complexe scolaire qui  devrait, à terme, pouvoir offrir un enseignement de qualité accessible à tous. Un partenariat avec l’enseignement protestant au Cameroun est à l’étude, pour effectuer un audit et proposer des améliorations à l’établissement scolaire déjà en place.
Au Centre culturel, un espace d’information sur le SIDA, dédié aux jeunes, est ouvert depuis plusieurs années, en coopération avec un partenaire allemand. Il devrait être mis en relation avec le travail de l’Église évangélique du Congo (Brazzaville) qui propose déjà une information similaire.

 

À Kpangba, la paroisse annexe de Morija comprend un lieu de culte, une école maternelle et une première classe d’école primaire, une pisciculture, un espace maraîcher. Un projet de centre de santé est à l’étude. Il s’agit de permettre à quelques 15 000 personnes, isolées de la capitale, de trouver des moyens de vivre décemment  et d’éduquer leurs enfants.

 

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont sera à nouveau en Centrafrique en mars 2016, en compagnie, cette fois, du secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol.

 


Mieux comprendre la situation en RCA

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

 




Vœux du Défap : discours du président

Voici le discours de Jean-Arnold de Clermont, Président du Défap, lors de la cérémonie des voeux du Défap, le 13 janvier 2016.

 

Jean-Arnold de Clermont, lors de son discours, le 13 janvier 2016, DR

Jean-Arnold de Clermont, lors de son discours, le 13 janvier 2016, DR

 

Il semble relativement facile de formuler des vœux en ce début d’année 2016. La formule qui revient presque systématiquement est la suivante : « Je vous  souhaite une année 2016, meilleure que l’année 2015 ». Et avec la profusion de reportage médiatique ces derniers jours en commémoration des assassinats à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Cascher de la porte de Vincennes, avec en mémoire superposée les assassinats de novembre  dernier, ces vœux semblent évidents. Nous nous souhaitons les uns aux autres une meilleure année 2016, même si une petite voix nous dit ‘croise les doigts… car cela pourrait être pire !’.  

C’est du moins ainsi que j’ai interprété une partie des vœux du Président Hollande le 31 décembre, relayé depuis par de nombreux politiques.

Mais cette façon de faire – s’appuyer sur la noirceur d’hier pour souhaiter la lumière demain – me semble néfaste à un double point de vue.

Hier n’a pas été que sombre ! Je ne peux réduire 2015 aux drames qui l’ont ponctué. Nous en sommes témoins – ou plutôt devrais-je dire : « nous avons à en être témoins » – l’année 2015 a été illuminée par des traits de lumière, par des signes de la grâce de Dieu… je n’en citerai qu’un, tout encore brûlant dans ma mémoire, que d’avoir vu l’Eglise protestante du Christ-Roi fêter Noël il y a quelques jours dans une atmosphère de paix retrouvée. Et je vous invite un instant à vous remémorer tel ou tel événement qui en 2015 vous a marqué et qui appartient au règne de la lumière, cette lumière qui brille dans les ténèbres et dont nous avons à être des reflets.

Ainsi mon premier vœux pour chacun de nous est que malgré la pression médiatico-politique, nous ne passions pas en profit et pertes ce que 2015 nous a offert de beau.

Mais plus encore, sans oublier un seul instant la dureté de notre monde, je veux nous souhaiter une année 2016 que nous sachions vivre avec les moyens que nous donne l’Evangile de Jésus-Christ. Je ne nous souhaite pas de passer loin des crises ou des troubles de ce monde, mais d’y apporter l’espérance de la foi. Je ne nous souhaite pas de passer loin des discours de rejet et de haine, mais d’y répondre en paroles d’apaisement, et en gestes d’accueil et de médiation. Je ne nous souhaite pas de nous tenir à l’écart de la pauvreté, mais d’y répondre par une solidarité accrue…  

En un mot, puisque ce sont elles qui s’inscrivent dans mon propos,  je nous souhaite de savoir relire et vivre les béatitudes avec modestie et avec confiance, tout au long de cette nouvelle année.

Nous avons choisi de la commencer sous le signe du Cameroun, ou plus précisément de l’Eglise Fraternelle Luthérienne du Cameroun et cela grâce à la présence de son président, le Pasteur Robert Goyek que nous avons invité à venir passer quelques temps en France.

Pourquoi cela ? Je pourrais multiplier les réponses tant nous avons de liens avec cette Eglise depuis des décennies, notamment à travers l’action de la Commission luthérienne des relations avec les Eglises outre-mer aujourd’hui intégrée au Défap, et tant il est important d’avoir des informations directes sur la vie de nos Eglises sœurs. Mais il y a plus.

La présence de Robert Goyek donne corps et visibilité aux vœux du Défap en ce début d’année 2016.
Depuis plusieurs années, dans ce nord-Cameroun menacé par celui que l’on appelle désormais le Groupe Etat Islamique en Afrique de l’ouest, ex- Boko Haram, Robert Goyek, qui suit avec attention l’infiltration d’un Islam Salafiste à travers notamment la création de madrasas, y répond de la seule manière qui convient  à une Eglise. Il appelle chrétiens et musulmans à être ensemble  sources de paix. Ainsi à Maroua était organisée en janvier 2013 une conférence internationale sur le dialogue islamo-chrétien, faisant écho aux multiples initiatives prises au Cameroun même pour promouvoir ce dialogue, la coopération entre chrétiens et musulmans sur le plan scolaire ou dans l’action sociale. Mais d’emblée, Robert Goyek nous a demandé de nous associer à ce travail, nous Eglises de France et d’Europe. En l’invitant aujourd’hui, le Défap tient à lui dire sa ferme résolution de répondre positivement à son appel.

Comment cela ?

Tout d’abord en s’informant et en relayant régulièrement l’information sur la situation au Nord Cameroun, au Tchad, au Nigeria ou au Niger. Nous avons à organiser une véritable veille médiatique sur cette région afin qu’elle ne soit pas oubliée. Car la vie de Camerounais, de Tchadiens, de Nigérians ou de Nigériens vaut autant que la vie de Syriens, de Kurdes, de réfugiés d’où qu’ils viennent ou d’Européens.

Et puis nous voulons continuer de manifester à l’égard de cette Eglise une solidarité active. Alors que, pour des raisons évidentes de sécurité, nous avons été dans l’obligation de faire revenir les envoyés qui travaillaient dans le domaine médical à Pouss, dans l’extrême nord du Cameroun, nous continuerons de soutenir les projets de développement qui viennent conforter le témoignage de cette Eglise.

Mais, plus encore, l’appel que nous a adressé le Président Goyek portait sur l’intelligence de la situation interreligieuse de toute la région. Elle est soumise aux pressions intégristes, ici islamistes, là néo-pentecôtistes. Il est de notre devoir d’apporter notre soutien à tout effort de recherche qui permet à nos Eglises sœurs d’annoncer l’Evangile face aux idéologies qui asservissent ceux-là même qu’elles disent libérer. Or nous bénéficions en France de nombreux chercheurs que nous pouvons mettre en relation avec la recherche de nos Eglises sœurs. Nous avons des engagements dans les pays limitrophes, des relations fraternelles que Robert Goyek nous engage à activer. Avec son histoire, avec ses relations, le Défap peut ainsi aider au rassemblement des forces de paix. En recevant le président Goyek c’est cet engagement que nous prenons.

Le Défap, vous l’entendez, en ce début d’année 2016, ne cède en rien à la morosité ambiante. A ceux qui se demandent si la mission est encore d’actualité il répond : « venez la vivre avec nous ; venez répondre à des appels comme ceux du Président Goyek ; et croyez-moi, il y en a bien d’autres… ». C’est d’ailleurs ce que je dis à chacun d’entre vous, ce soir. Nous avons besoin de votre engagement à nos côtés. Merci d’avoir répondu à notre invitation.

Jean-Arnold de Clermont




Situation des bédouins, démolitions & récoltes

Situation des bédouins, démolitions & récoltes
Village bédouin de Ja’ba

 

« Le chef de ce village est propriétaire de la terre que son père a achetée avant 1967, ce qui n’est pas courant ; avant 1948, ils vivaient dans le désert du Néguev d’où ils ont été chassés. Son père a construit une belle maison en pierres qui est toujours là. Ils sont considérés comme réfugiés mais peuvent rester sur leur terre.

Mais, depuis, la colonie d’« Adam » s’est construite au bord de leur village, et sur une partie de leurs terres et de l’autre côté, on a construit une autoroute qui les sépare du reste du village.

Il y a maintenant trente-cing familles ici, isolées et coincées entre cette colonie et une autoroute. (…) Et les enfants devaient traverser l’autoroute à pied pour aller à l’école !

 

Claude Smith, DR

A droite, Claude Smith, à Jérusalem DR

 

Les bédouins ont demandé un permis de construire une école sur leur propre terrain, ce qui leur a été refusé. (…) ils n’ont pas le droit de construire « en dur » (…) : tout leur est interdit même de planter, tout est réglementé par des lois militaires. (…)

[Le chef du village] a décidé de construire une école (primaire) pour les cinquante-cinq enfants du village, illégalement évidemment. Avec quelques subventions européennes ils ont acheté quelques « baraques » en tôle qu’ils sont en train d’installer…avec un toit pour la cour.

 

Dans un autre village de bédouins Khan Al Amar, (…) le chef de village a également décidé de construire une école illégalement : elle est entièrement faite de pneus, et recouverte de torchis. Quatre-vingt-dix enfants de 6 à 14 ans la fréquentent.

Mais les colons ont demandé la destruction de l’école et le chef de village qui travaillait comme maçon dans la colonie a perdu son travail, en représailles, ainsi que tous les autres hommes du village. (…)

 

Il y a beaucoup d’écoles illégales en Palestine, presque dans chaque village ; grâce à des fonds internationaux, ils peuvent parfois confectionner une école de fortune, avec quelques jeux et toboggan…

Elles ont toutes reçues des ordres de démolition, mais, en attendant, la vie continue…

Les Palestiniens ont le taux le plus élevé de gens éduqués dans le monde arabe. »

 

Démolitions

 

« Alors que nous étions en visite dans le village bédouin de Ja’ba dans la banlieue de Jérusalem, nous avons reçu une alerte nous informant qu’une maison était en cours de démolition dans la ville de Beit Hanina.

(…) quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre qu’il s’agissait d’une démolition programmée par le propriétaire lui-même avec un bulldozer qu’il avait loué !

Il avait en effet une date butoir pour démolir sa maison sinon l’armée viendrait le faire elle-même et ça coûterait deux à trois fois plus cher. Car le propriétaire doit payer cette opération ainsi que le ramassage des débris… Sans compter que ça permet de récupérer les panneaux solaires parfois, des portes et des fenêtres pour une éventuelle reconstruction…

 

(…) le permis de construire ne lui ayant pas été attribué, il n’avait eu d’autre choix que de construire illégalement pour abriter sa fille veuve avec huit enfants ; et après quinze ans, malgré trois procès en justice, et trois amendes à payer, il a dû finalement détruire lui-même cette maison (…)

 

Une demande de permis de construire coûte une fortune pour les Palestiniens et la réponse peut se faire attendre plusieurs années ; rien n’est construit pour eux depuis des années… (…)

 

Les bédouins payent très cher leur attachement à la terre et leur résistance à l’occupation ; ils manquent d’eau, d’écoles, d’infrastructures, et ils sont constamment menacés d’être déplacés. »

La récolte des olives

 

« C’est l’époque de la récolte des olives ; donc nous donnons un coup de main dans les villages où notre présence offre une sorte de protection pour les paysans palestiniens, qui sont souvent la cible des colons pendant ce travail.

 

Les paysans palestiniens ont des jours précis pour aller  travailler dans leurs champs confisqués ; récemment nous devions aller aider un village, mais quand les Palestiniens sont arrivés, les colons étaient déjà passés et s’étaient servis… (…)

 

Nous voulions aider une institutrice (…), mais elle pense que cette année, elle n’aura pas le permis d’aller sur sa terre, à cause des « événements » ; de toutes façons, elle expliquait qu’en général on la prévient deux jours avant, et avec des horaires très précis (…). Et dès que les paysans sont entrés, la grille est fermée derrière eux : s’ils ont un problème ils ne peuvent pas sortir (…) « On passe plus de temps à [attendre l’ouverture de] la grille que dans nos champs. » Ils n’ont droit qu’à quarante-cinq jours par an, s’ils les obtiennent… certains nous ont dit : « demander un permis pour aller sur nos terres ? Jamais de la vie », mais du coup, ils la perdent complètement après trois années sans y aller… »

 




« Etre ou ne pas être hiérosolymitain (jerusalemite)…

…Ce n’est pas la question. La question est : comment le prouver et le rester ? » Article de Claude Smith, envoyée EAPPI pour le Défap, sur la situation des Palestiniens à Jérusalem-Est.

Claude Smith est Accompagnatrice oecuménique à Jérusalem, envoyée par les Églises protestantes françaises.

 

Rue Jaffa, Jérusalem DR

Rue Jaffa, Jérusalem Ouest DR

 

« Avant 1947, la totalité de Jérusalem était palestinienne. Après la partition de la Palestine par les Nations Unies cette même année, l’ONU a qualifié Jérusalem de zone internationale. Israël a envahi Jérusalem Ouest et a établi une frontière « de facto » connue sous le nom de Ligne Verte, chassant des dizaines de milliers de Palestiniens de cette partie de la ville. En 1967, Israël a occupé puis annexé Jérusalem-Est. L’occupation et l’annexion de Jérusalem-Est sont illégales selon la législation internationale.

 

Mais bien que la communauté internationale reconnaisse cette occupation, Israël ne cesse d’agrandir la ville à son profit, en empiétant sur la ligne verte, le gouvernement installe des « colonies » en plein centre et autour de tous les villages palestiniens, rendant ainsi la ville impossible aux habitants originaires de JERUSALEM. Les Israéliens appellent cette évolution « l’unification » de Jérusalem. En 1967, cela signifiait l’accès aux lieux saints juifs, le mur des Lamentations dans la vieille ville qui avait été refusé depuis la fondation de l’Etat d’Israël en 1948.

 

Pour les Palestiniens, c’est une autre histoire. Juste après l’occupation de 1967, Israël a organisé un recensement des habitants de Jérusalem et tous ceux qui n’étaient pas dans le pays à ce moment-là  pour diverses raisons – voyage à l’étranger, études à l’étranger – ont perdu leur droit à revenir chez eux, définitivement ! D’un seul coup, plus de 40 000 Palestiniens ont perdu leur appartenance à cette ville alors que leurs familles y vivaient depuis plusieurs générations.

 

Cartes de résidents

 

Israël a annexé Jérusalem-Est et déclaré qu’elle faisait partie d’Israël. Et pourtant, alors qu’ils paient des impôts à Israël, les Palestiniens qui vivent à Jérusalem-Est ne reçoivent pas la citoyenneté israélienne mais doivent faire la demande d’une Carte de résident perma-nent (carte bleue) et, malgré ce terme de permanent, cette demande doit être régulière-ment renouvelée.

 

Ce statut correspond à celui d’étranger alors qu’il s’agit de personnes résidant sur leur propre terre.
Cette carte n’est transmissible ni au conjoint ni aux enfants : d’où de nombreux problèmes de scolarisation…

Les Palestiniens qui vivent à Jérusalem-Est et qui ont un enfant doivent demander au Ministère de l’Intérieur une carte de résident pour celui-ci. Israël accorde à l’enfant une carte temporaire valable deux ans seulement et qui doit aussi être régulière-ment renouvelée. Il y a actuellement environ 10 000 enfants palestiniens qui vivent sans autorisation à Jérusalem-Est et qui n’ont par conséquent pas accès à l’éducation et la santé.

 

Pour obtenir le renouvellement de cette carte, les Palestiniens doivent prouver aux autorités israéliennes que Jérusalem-Est est leur « centre de vie », qu’ils y ont une habitation, un tra-vail, qu’ils y font des études etc. Dans ce but, ils doivent fournir quantité de documents, dont l’assurance santé et des factures d’eau ou d’électricité remontant à plusieurs années, que beaucoup de Palestiniens n’ont pas.

 

En conséquence, de nombreux Palestiniens qui n’avaient jamais vécu ailleurs qu’à Jérusalem-Est ont perdu leur carte de résident.

Et, une fois expulsés, ils n’ont plus le droit de revenir. Ceux qui ont vécu ailleurs pendant plus de sept ans perdent définitivement le droit de revenir y vivre.

 

La loi sur la citoyenneté interdit aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza d’entrer à Jérusalem pour un regroupement familial. Ceci a fait que des époux ont été séparés l’un de l’autre et des enfants de leurs parents.

 

11 000 cartes de résident ont été retirées à des Palestiniens ces 20 dernières années…

Les Palestiniens sont au nombre de 260 000 environ sur 800 000 habitants de Jérusalem.

 

Le Mur de séparation dans la région de Bethléem DR

Le Mur de séparation dans la région de Bethléem DR

 

Démolition de maisons

Silwan, faubourg de Jérusalem-Est, est particulièrement visé par les démolitions et les expul-sions.
Dans ce quartier, les maisons palestiniennes sont détruites pour faire place à un centre tou-ristique et archéologique, un parc national israélien appelé « cité de David ». Ne serait-ce qu’à Silwan, plus de 1 000 Palestiniens s’attendent à la perte de leur maison.

 

Il est pratiquement impossible pour des Palestiniens d’obtenir un permis de construire. Presque toutes les demandes, dont l’enregistrement coûte très cher, sont refusées et il faut attendre parfois des années pour avoir la réponse.

Mais les familles palestiniennes de Jérusalem-Est ont besoin d’agrandir leur espace vital. Elles le font sans avoir reçu l’autorisation et doivent alors vivre dans la crainte de recevoir un ordre de démolition.

 

Ce document, s’ils le reçoivent, est assorti d’une amende. La police et l’armée israéliennes escortent les bulldozers, et les familles sont sommées de sortir de chez elles le plus rapide-ment possible en emportant le plus de biens possibles. Ils doivent payer le coût de la démoli-tion, qui peut atteindre des centaines de milliers d’euros. Ceux qui ne peuvent pas payer risquent la prison. Avec 70% des Palestiniens de Jérusalem-Est vivant sous le seuil de pauvre-té, certains sont obligés de détruire eux-mêmes leur maison.

 

Ceux qui ont les moyens, comme un de nos voisins, achètent ou construisent une maison familiale plus grande dans les villages alentours (plusieurs frères avec femme, enfants et leurs vieux parents) mais gardent leur petit appartement à Jérusalem, avec quelques af-faires, pour ne surtout pas perdre leur carte de résident. Pour venir « chez eux » à Jérusa-lem, ils doivent franchir les check points. S’ils se font attraper, ils perdent définitivement leur carte, la possibilité de travailler à Jérusalem et d’y vivre à nouveau et prennent toujours le risque de voir la maison familiale détruite. »

 




Pastorale de l’Eglise protestante malgache en France

Le Secrétaire général du Défap, le pasteur Bertrand Vergniol, et la Chargée d’animation missionnaire, le pasteur Florence Taubmann, se sont rendus vendredi 24 juillet 2015 à la pastorale de l’Eglise protestante malgache en France (FPMA).

C’est autour de grands sujets que les pasteurs de la FPMA se sont donné rendez-vous pour leur pastorale annuelle à Villebon-sur Yvette.

 

Après avoir abordé le jeudi 23 juillet les relations entre judaïsme et christianisme avec l’aide du Pasteur Alain Massini et du Rabbin Michel Serfaty, ils ont écouté ce vendredi 24 le pasteur Bertrand Vergniol évoquer la nécessité d’une double mission d’évangélisation : extérieure et intérieure.

 

Ils ont également reçu sa suggestion de réfléchir sur les défis que représentent aujourd’hui pour le monde la tentation du fanatisme et les conséquences de la sécularisation.

Les pasteurs Bertrand Vergniol et Florence Taubmann à la pastorale de la FPMA, en région parisienne

 

C’est sur cette dernière question qu’ils ont échangé avec le pasteur Florence Taubmann, tâchant de démêler les aspects positifs de la laïcité des aspects parfois négatifs d’une sécularisation des esprits qui tend à vider les Eglises.

 

Mais loin de nous désespérer, ceci pousse à assumer avec fidélité notre devoir de témoignage et de partage de l’Evangile, sans doute à nouveaux frais, avec un enthousiasme renouvelé. Et c’est avec le pasteur David Brown et son épouse Julie, responsables du projet Mosaïc, qu’ils ont poursuivi la journée.

 

Le tout dans une atmosphère très fraternelle et chaleureuse!

 




Chrétiens de la Méditerranée : soutien au peuple tunisien

Le réseau Chrétiens de la Méditerranée a adressé un message de soutien au peuple tunisien au lendemain du terrible drame de Sousse.

Jean-Claude Petit, président de Chrétiens de la Méditerranée, s’adresse à Kamel Jendoubi, ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile, et ami du réseau.

En effet, un voyage d’étude a été organisé en novembre 2012 où il a fait découvrir son pays, la Tunisie, à des membres du réseau.

Ces derniers souhaitent aujourd’hui, dans ce communiqué, dire leur compassion et solidarité aux Tunisiens et à la Tunisie.

 

« Le 29 Juin 2015

Très cher Kamel, et vous tous, amis de la Tunisie bien-aimée, Il est, hélas, des moments de l’histoire au cours desquels la folie des hommes va jusqu’à accoucher de la barbarie. N’ayons pas peur de le dire : « Nous en sommes là. » Et une nouvelle fois, parce qu’ensemble, femmes et hommes, religieux et laïcs, vous avez décidé de faire de votre magnifique pays un barrage à la folie des barbares, vous voilà atteints en plein cœur. Oui, très cher Kamel et vous tous amis de Tunisie, soyez-en sûrs : ce qui vous atteint nous atteint, ce qui vous bouleverse nous bouleverse, et cette petite flamme de l’espérance qui continue d’éclairer vos vies d’amoureux de la liberté et de la fraternité éclaire aussi les nôtres. Oui, nous sommes là à vos côtés, partageant votre douleur et vous offrant nos mains pour qu’ensemble nous repartions debout à la conquête d’un monde tout simplement humain.

 

Sousse, sur la côte, à l’est de la Tunisie

 

« Ensemble » est en effet le nom de code que nous avons en commun, très cher Kamel et vous tous amis de Tunisie. Nous l’avons en commun depuis que vous avez si bien accueilli chez vous les voyageurs de notre Réseau d’acteurs de paix Chrétiens de la Méditerranée. Ce furent des jours de grande intensité qu’aucun d’entre nous n’a oubliés. Ce furent aussi, et toujours, des heures de grande liberté de parole dans les échanges et des moments d’amitié réelle. D’une amitié qui perdure et qui, aujourd’hui, nous rend plus proches que jamais. C’était également pour vous tous, dans votre diversité, le temps historique du « dialogue national ». Celui qui vous a permis de faire le pas, historique lui aussi, vers la démocratie. Ce précieux trésor qu’ « ils » veulent détruire partout !

 

Aujourd’hui, au cœur de l’épreuve qui vous atteint tous, le mot « Ensemble » n’est plus seulement un nom de code. Il est une Réalité et une Promesse. La Réalité du partage et de l’amitié de notre Réseau tout entier dont je suis le messager auprès de chacune et chacun d’entre vous. La Promesse de réfléchir avec vous sans tarder à une nouvelle étape d’un travail en commun, Tunisiens et Français, au service de la fraternité sans laquelle aucune paix n’est possible et de la liberté qui la conditionne. « Résister » devient notre tâche commune. Ensemble. »

 

Jean-Claude Petit
Président de Chrétiens de la Méditerranée, le Réseau citoyen d’acteurs de paix

 




Analyse de la situation en Centrafrique : troisième partie

Dans le cadre d’une série de trois vidéos, le Défap vous présente un résumé et une analyse de la situation en République centrafricaine. Troisième et dernière partie.

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, est un spécialiste de la Centrafrique où il a passé plusieurs années.
Il présente ici quelques points de repères de l’histoire de ce pays depuis la colonisation française. Troisième partie.

Si vous n’êtes pas familier avec l’histoire de la Centrafrique, voici une chronologie.

 

Liste des présidents centrafricains cités

Barthélémy Boganda
David Dacko
Jean-Bedel Bokassa
Ange-Félix Patassé
François Bozizé
Michel Djotodia

 

Lexique

Force africaine Misca : La Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine est une mission de protection des biens et des personnes autorisée le 5 décembre 2013 par le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle précède la MINUSCA (septembre 2014) et a été mise en place pour lutter contre les violences surgies après le coup d’État de 2013 contre le président François Bozizé. Elle a été déployée à partir du 19 décembre 2013 sous la houlette de l’Union africaine.

 

Force Sangaris : Sangaris est le nom d’une opération militaire de l’armée française conduite en République centrafricaine à partir du 5 décembre 2013. C’était la septième intervention militaire française depuis l’indépendance du pays en 1960.

 

Carte de la Centrafrique (Source : Google Maps)

Les étoiles correspondent aux quatre villes suivantes (de l’ouest à l’est) : Bangui, Damara, Mabaye, Birao

 




Attentats au Tchad : situation des envoyés

N’Djamena, capitale du pays, a été touché par plusieurs attentats-suicide le lundi 15 juin dans la matinée.

Au moins quatre explosions ont retenti, hier 15 juin, dans le secteur de la Direction de la Sécurité publique et du Commissariat central ainsi que vers l’école de police, des endroits stratégiques et proches du pouvoir.

Ces attentats-suicide auraient fait vingt-sept morts, dont les quatre kamikazes, et plus de cent blessés. Ils ne sont pas encore revendiqués, mais les autorités soupçonnent fortement le groupe terroriste nigérian Boko Haram. En effet, près de cinq mille soldats tchadiens sont actuellement engagés dans la force sous-régionale qui lutte contre ce mouvement au Nigeria, au Niger et au Cameroun, et N’Djaména devrait bientôt servir de base à son état-major.

 

Carte du Tchad (Source : Google Maps)

 

Le Défap a quatre envoyés dans la capitale tchadienne. Ils vont bien et sont en contact permanent avec l’ambassade de France pour les questions de sécurité et limitent, dans la mesure du possible, leurs déplacements en ville.

Les communications téléphoniques sont perturbées mais ils ont pu entrer en contact avec leurs proches, avec le Défap ainsi qu’avec leur association porteuse.

Les mesures de contrôle ont été intensifiées en ville et chacun reste vigilant.

Les prières de nos communautés et de nos Églises sœurs vont vers les Tchadiens et tous les résidents de ce pays.

 




Analyse de la situation en Centrafrique : première partie

Dans le cadre d’une série de trois vidéos, le Défap vous présente un résumé et une analyse de la situation en République centrafricaine.

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Défap, est un spécialiste de la Centrafrique où il a passé plusieurs années.

Il présente ici quelques points de repères de l’histoire de ce pays depuis la colonisation française. Première partie.

 

Si vous n’êtes pas familier avec l’histoire de la Centrafrique, voici une chronologie.

 

Liste des présidents centrafricains cités

  • Barthélémy Boganda
  • David Dacko
  • Jean-Bedel Bokassa
  • Ange-Félix Patassé
  • François Bozizé
  • Michel Djotodia

 

Carte de la Centrafrique (Source : Google Maps)

Les étoiles correspondent aux quatre villes suivantes (de l’ouest à l’est) : Bangui, Damara, Mabaye, Birao




Madagascar : la crise politique entraîne l’économie

Alors que le sort du Président Hery Rajaonarimampianina est suspendu à la décision de Haute Cour constitutionnelle, l’incertitude plane sur l’île et les opérateurs économiques se montrent inquiets.

En rouge, Madagascar (Source : Google Maps)

 
A l’occasion du Salon international du tourisme de Madagascar, les opérateurs se sont mobilisés pour relancer ce secteur, qui viserait 400 000 touristes internationaux dans les deux prochaines années et la place de première destination touristique de l’océan Indien.

 

Mais ils se heurtent au doute né de la tentative de destitution du président de la République. A la veille de la haute saison, le président de l’Office national du tourisme, Eric Koller, s’accroche à l’espoir et prie pour que tout se passe bien.

 

Fredy Rajaonera, qui administre le Syndicat des industries de Madagascar ne cache pas non plus son inquiétude. Il suit avec beaucoup d’intérêt l’évolution de cette crise politique, craignant la fuite des investisseurs étrangers.

 

Le Défap est très engagé à Madagascar où se trouvent plusieurs envoyés.