Protestantismes, convictions et engagements

Qui sont les protestants aujourd’hui ? Quels sont leurs engagements ? Des questions qui intéressent l’ensemble du monde protestant et sur lesquelles sont conviés à intervenir une pléiade de chercheurs et d’acteurs du protestantisme. C’est dans le décor prestigieux des salons d’honneur de la Mairie de Paris que se déroule sur deux jours, à partir de ce vendredi 22 septembre, ce colloque organisé par la Fédération protestante de France dans le cadre de l’année « Protestants 2017, 500 ans de Réformes, Vivre la fraternité ».

L’affiche du colloque © FPF
Le colloque « Protestantismes convictions et engagements », organisé par la Fédération protestante de France, est un événement accueilli par la Mairie de Paris à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme. Ce rendez-vous international, historique et interreligieux réunit les meilleurs spécialistes de l’histoire du protestantisme en France et dans le monde. Un moment pour valoriser et comprendre la diversité et l’engagement du protestantisme à travers les siècles.

A l’occasion du lancement de ce colloque, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, s’est entretenu avec l’hebdomadaire Réforme sur le thème du rôle des protestants dans la société. La FPF a également présenté vendredi les autres initiatives programmées tout au long de l’année 2017 pour marquer les 500 ans de la Réforme, que l’on peut retrouver dans cet article de La Croix.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité des événements qui jalonneront le colloque « Protestantismes convictions et engagements », que la FPF propose de suivre en #FacebookLive sur sa page.

 

Vendredi 22 septembre

14 h 00

Pour aller plus loin :
Quel rôle peuvent jouer les protestants dans la société ? (Réforme)
Suivez en direct la conférence sur la page Facebook de la FPFLe programme du colloque en pdf

Inauguration

Avec Anne Hidalgo, François Clavairoly, Patrick Cabanel

 

 

14 h 30 – 16 h 00

Luther et le déploiement de la Réforme

Avec Matthieu Arnold, Marc Lienhard, Thomas Maissen. Séance présidée par Laurent Theis (SHPF).
Trois grands spécialistes, dont les deux récents biographes français de Luther, reviennent sur les origines de l’homme, de l’œuvre, du mouvement, qui ont changé la face du christianisme. 500 ans après, il convient de repartir de l’an 1 de cette histoire.

16 h 00 – 16 h 15

Les protestants 500 ans après la Réforme. Fidélité et liberté

Par le professeur Michel Bertrand.
Présentation de l’ouvrage collectif initié par la Fédération protestante de France sous l’égide du professeur Michel Bertrand. Plus de 50 auteurs, de toutes les sensibilités du protestantisme présentent : le protestantisme actuel dans sa diversité, ses convictions théologiques, ses différents lieux d’engagement, les questions qui font encore débat en son sein. Un livre prestigieux très richement illustré

16 h 30 – 18 h 00

Diversité des Réformes

Avec Neal Blough (anabaptistes), Marianne Carbonnier-Burkard (calvinisme et zwinglianisme), Bernard Cottret (la Réforme dans les îles britanniques). Séance présidée par Pierre-Olivier Léchot.
La caractéristique de « la » Réforme est qu’elle se déploie immédiatement au pluriel, puisqu’il n’y a plus d’unité hiérarchique centralisée. Scissiparité, ruptures, approfondissements, refondations… Contemporaines ou légèrement postérieures à celle, initiatrice de Luther, d’autres réformations se développent au 16e siècle, avec les anabaptistes dans le monde germanique, Zwingli et Calvin dans le monde helvétique (et français), l’anglicanisme en Angleterre, etc.

18 h 00 – 19 h 30

Au miroir des autres

Avec Philippe Joutard (catholicisme), Rachid Benzine (islam), Rita Hermon-Belot ( judaïsme), Michel Stravrou (orthodoxie). Table ronde animée par Isabelle de Gaulmyn (La Croix).
La Réforme s’est évidemment développée dans l’histoire générale du christianisme et des autres confessions ou religions présentes en Europe ou à ses portes. Quels regards le catholicisme, l’orthodoxie, le judaïsme, l’islam, ont-ils jetés sur ce nouveau christianisme ? Leur apparaissait-il comme plus éloigné, ou plus proche ?

19 h 00 – 19 h 30

Conférence de presse au salon G. Bertrand

20 h 00 – 23 h 00

Soirée « Protestantismes, musique et fraternité »

 

 

Samedi 23 septembre

9 h 30 – 11 h 00

Arts et culture

Katarina Schächl (Musique), Olivier Millet (Littérature), Isabelle Saint-Martin (Images), Mark Alizart (Cinéma). Séance présidée par Éric Aeschimann (L’obs).
Le protestantisme, comme toute religion, est aussi un mouvement culturel. Il y a peut- être une musique, une littérature, une esthétique, une cinématographie protestantes. À partir de quels critères les définir ? Quelles œuvres capitales expriment-elles le mieux ce rapport entre une confession et une culture ? Quatre spécialistes interviendront sur autant de domaines clé.

11 h 30 – 13 h 00

Protestantisme et modernité

Jean Baubérot (laïcité), Valentine Zuber (droits de l’homme), Jean-Paul Willaime (la façon protestante d’être religieux), Gabrielle Cadier-Rey ( femmes et féminisme). Séance présidée par Hubert Bost (EPHE).
Depuis le sociologue Max Weber, et dès auparavant, on avance que le protestantisme serait la religion matrice de la modernité : pluralisme, sécularisation, laïcité, droits de l’homme, féminisme… Le « mythe » doit être revisité, il le sera par quelques-uns des meilleurs spécialistes du protestantisme, de la laïcité, de la modernité.

14 h 30 – 16 h 00

Engagements citoyens

Olivier Christin, Céline Borello, Sébastien Fath, Grace Davie, Catherine Trautmann. Table ronde animée par Nathalie Leenhardt (Réforme).
« Mythe » voisin du précédent, le protestantisme aurait été la matrice de la démocratie, voire de la République et de la gauche. Tout est vrai, et tout est bien plus complexe ! Du XVI e siècle à nos jours, du protestantisme en révolution aux courants évangéliques d’aujourd’hui, présentés comme bien plus à droite, là encore les spécialistes nous aideront à revisiter les certitudes les mieux établies.

16 h 30 – 18 h 00

Engagements solidaires

François Dermange, Jean Fontanieu, Martin Kopp, Didier Sicard, Philippe Kabongo, Frédérique Harry. Table ronde animée par Corinne Lanoir (IPT).
Les « œuvres » hier, les oNG aujourd’hui : il existe une forte fécondité associative et sociétale dans le protestantisme, que l’on songe à la Cimade, à SoS-Amitiés, à la Fédération de l’Entraide Protestante, au Planning familial… Responsables et scientifiques aborderont ce riche panorama d’hier et surtout d’aujourd’hui.

18 h 00 – 18 h 30

Conclusions par Olivier Abel




Rencontrez la maison, découvrez la mission

Au Défap, l’hospitalité n’est pas un vain mot. Que ce soit pour voir ou revoir Paris, le Défap vous accueille désormais dans cette maison historique commune qu’est le service protestant de mission : jeunes avec leurs pasteurs, animateurs, catéchumènes, paroissiens…. Des week-ends et mini-séjours « découverte » sont dès à présent proposés.

Le bâtiment du Défap, vu depuis le jardin

Visiter la maison du service protestant de mission ? Et pourquoi pas ! C’est l’occasion d’un périple culturel qui met en lumière l’histoire des missionnaires protestants et permet d’éveiller la curiosité des jeunes visiteurs.

 

Pour préparer la visite, certains lanceront des discussions sur le sens des mots « mission » et « vocation » ou sur les raisons d’un départ en mission. A travers cette visite, vous pourrez ainsi suivre l’histoire des missions …et celles des missionnaires.

 

 

Découvrir concrètement la mission

L’étage des chambres, où peuvent dormir les visiteurs

 

Histoires d’autrefois, cartes du monde, portraits, chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée… la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés.

 

Ce périple permettra d’ouvrir les yeux et les oreilles sur les cultures d’ailleurs comme celles du Gabon, du Lesotho, de la Polynésie ou encore de Madagascar. C’est aussi l’occasion de découvrir concrètement ce qu’était la mission. Car dans la mission, il y a surtout cette idée que la communication peut dépasser toutes les frontières. Et la mission, c’est le cœur de la vocation de cette maison.

 

Renseignements au 01 42 34 55 55 ou par mail à animation@defap.fr.

Spécial jeunes : 5 mini-séjours de 2 ou 3 nuits au choix pour 15 euros par personne, petit déjeuner compris.

 

Vues de la chapelle et du Salon rouge




35 étudiants à la découverte du Défap

Un groupe d’étudiants de l’Institut Biblique de Nogent a été accueilli le mardi 19 septembre au 102 boulevard Arago. Le but de cette visite : découvrir la maison historique de la Mission de Paris, sa bibliothèque, incontournable dans l’étude de l’histoire des missions protestantes… Mais aussi comprendre ce qui se vit aujourd’hui à travers le Défap.

Septembre 2017 : les étudiants de l’Institut biblique de Nogent dans la chapelle du Défap © F. Lefebvre, Défap
Les visiteurs se sont assis en cercle dans la chapelle. Nous sommes au début de l’après-midi, en ce mardi 19 septembre, et un peu plus d’une trentaine d’étudiants de l’Institut Biblique de Nogent viennent de franchir la porte du 102 boulevard Arago avec les professeurs qui les accompagnent : Lydia Jaeger, Anne Ruolt et Etienne Lhermenault. Certains n’en sont qu’au début de leur cursus, d’autres sont en troisième année et ont déjà eu des cours d’histoire des missions ou de missiologie ; ils ont été accueillis dans la maison historique de la Société des Missions Evangéliques de Paris par trois des secrétaires exécutifs du Défap.

Debout au milieu du cercle, le pasteur Florence Taubmann, responsable du service « Animation-Formation » du Défap, désigne les murs de la chapelle et la grande carte de l’Afrique affichée face à la porte : « Ici avaient lieu les cultes d’envoi des missionnaires. Ceux qui partaient dans les colonies, durant la deuxième moitié du XIXème siècle, avaient souvent aussi un autre savoir-faire : ils étaient médecins, professeurs, photographes, infirmières… A l’image de Jésus qui soignait à la fois les âmes et les corps, ils vivaient pleinement cet aspect concret de l’Evangile en ne se contentant pas de transmettre un message. »

Un contexte qui a radicalement changé

Présentation de la bibliothèque par Claire-Lise Lombard (au premier plan) © F. Lefebvre, Défap

Certains de ces missionnaires ont ainsi mené des travaux incontournables en matière d’ethnographie ou de linguistique, comme Eugène Casalis au Lesotho ou Maurice Leenhardt en Nouvelle-Calédonie. Cette richesse de l’histoire de la mission, le Défap en est témoin aujourd’hui notamment à travers sa bibliothèque, seul centre de ressources en France spécifiquement consacré à l’histoire des missions protestantes. Les étudiants de l’Institut Biblique de Nogent sont d’ailleurs amenés à y chercher des documents au cours de leur formation.

Se familiariser avec la bibliothèque du Défap et découvrir la richesse de son fonds documentaire était donc, pour les étudiants, l’un des enjeux de cette journée, qui s’inscrivait dans le cadre des visites culturelles organisées chaque année par l’Institut Biblique de Nogent. Mais il s’agissait aussi de découvrir la mission telle qu’elle se vit aujourd’hui à travers le Défap, dans un contexte devenu radicalement différent de celui que connaissaient les premiers missionnaires de la SMEP.




La maison du Défap ouvre ses portes aux jeunes

Quinze c’est le nombre d’adolescents alsaciens venus découvrir le Défap le 15 février dernier. Originaires de la banlieue ouest de Strasbourg, les jeunes membres de ce groupe de catéchumènes ont visité la maison du service protestant de mission. Un périple culturel qui a mis en lumière l’histoire des missionnaires protestants mais aussi éveillé la curiosité des jeunes visiteurs pour les envoyés actuels.

Ce jour-là, le rendez-vous était donné dans la chapelle. Accompagnés de leurs quatre accompagnateurs, les jeunes adolescents des paroisses protestantes du consistoire d’Ittenheim étaient tous présents. Pour les accueillir, trois membres du Défap encadraient le groupe : le pasteur Florence Taubmann, responsable de l’animation France-Jeunesse, Laura Casorio, responsable des envoyés, et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque et des archives.

Avant le démarrage de la visite, une discussion avec les jeunes s’initie et une réflexion sur le sens des mots « mission » et « vocation » fait débattre la jeune assemblée. « Pourquoi part-on en mission à votre avis ? », questionne le pasteur Florence Taubmann. « Pour transmettre », répond un jeune du groupe. Ses voisins réagissent : « Oui, les pasteurs ont comme mission d’enseigner la religion. Et chaque pasteur a une sensibilité différente et une raison différente ».


Le pasteur Florence Taubmann évoquant la notion de « mission », 2017, DR

Le pasteur poursuit. « En effet, dans cette idée de mission, d’être envoyé vers nos frères de partout, il y a cette idée que la communication peut dépasser toutes les frontières. La mission : c’est le coeur de la vocation de cette maison », conclut Florence Taubmann.

 


Jeu autour du mot « mission », 2017, DR

 

Laura Casorio définit alors le terme « Défap » avec les adolescents, qui se sont déjà informés avant d’arriver à Paris. « On a cherché dans Wikipédia et on a visité le site internet du Défap », explique l’une d’entre eux. Claire-Lise Lombard invite alors les jeunes alsaciens à découvrir la maison de l’intérieur. Elle tient dans ses mains les plans d’origine de l’édifice. Certains jeunes consultent des livrets avec des photos du bâtiment. « A travers cette visite, vous suivrez notre histoire et celles de nos missionnaires », poursuit Claire-Lise Lombard.

 


Un des jeunes alsaciens feuillette les illustrations du bâtiment du Défap, 2017, DR

La visite est lancée. Le groupe se déplace de pièce en pièce, en suivant avec intérêt chaque explication pour les lieux visités.
Chapelle, salon rouge, bibliothèque, bureaux, salle de cours, musée…la visite est riche et toujours orientée autour des missionnaires, des lieux de mission et des objets rapportés par les envoyés. Claire-Lise Lombard ne manque pas l’occasion de partager avec les jeunes des anecdotes sur la maison. « Aujourd’hui on appelle cette salle le musée, mais au départ il y avait un grand musée dans la chapelle avec les objets rapportés par de nombreux missionnaires. Ces objets ont été depuis transmis à des grands musées ».


Claire-Lise Lombard lors de la visite de la bibliothèque, DR, 2017

 

Deux heures plus tard, la visite s’achève et les jeunes alsaciens se retrouvent tous dans la chapelle. Ce périple leur a permis de s’ouvrir aux cultures d’ailleurs comme celles du Gabon, du Lesotho, de la Polynésie ou encore de Madagascar. De leurs côtés, les accompagnateurs sont aussi comblés par la découverte du lieu. Pour le pasteur Caroline Ingrand-Hoffet, qui avait déjà accompagné un groupe cinq ans auparavant, c’est aussi une occasion privilégiée de concrétiser la notion de mission. « Le mot ne veut pas dire grand-chose pour eux ou alors ça peut avoir une connotation négative , explique t-elle. « Ici cela montre ce qu’est la réalité d’aujourd’hui des envoyés. C’est devenu quelque chose de positif et de très intéressant. A travers ce type de visite, on sème aujourd’hui quelque chose et, qui sait, cela développera peut-être des vocations de missionnaires plus tard ».

 


Le pasteur Caroline Ingrand-Hoffet, accompagnatrice du groupe alsacien, 2017, DR

 

Suite à cette expérience, le Défap a prévu d’accueillir davantage de jeunes avec leurs pasteurs ou animateurs dans cette maison commune qu’est le service protestant de mission. Des week-ends et mini-séjours « découverte » sont déjà en préparation pour la rentrée prochaine.

 




Nouvelle Calédonie : le lycée Do Neva rouvre ses portes

Plus de quatre mois après les pluies diluviennes qui ont terrassé la Nouvelle Calédonie, le lycée Do Neva a rouvert ses portes pour sa rentrée du 20 février. Thomas Carlen, le directeur de l’établissement, s’en félicite. Quelques jours avant la rentrée, il s’est livré dans un entretien exclusif pour notre site.

Lors de votre interview en décembre dernier, vous dressiez un bilan alarmiste de la situation. Qu’en est-il aujourd’hui ?

A l’époque, les dégâts étaient considérables. Nous n’avions jamais vécu une telle crise. Aujourd’hui, les installations provisoires ont fait place à la réhabilitation de nos locaux. Nous finalisons la rénovation et la remise en état des deux salles de classes, qui avaient été inondées, et du bâtiment administratif. Nous finissons également la mise aux normes du circuit électrique.

 

Comment s’annonce cette rentrée scolaire ?

La rentrée était initialement prévue au 13 février mais elle a dû être reportée au lundi 20 février. Parce que nous avons eu trois jours de fortes pluies qui ne nous ont pas affectés directement mais qui ont suspendu le chantier électrique et le travail des plafonds et des plâtres.
Nous attendons encore la livraison de la salle de la direction adjointe, la salle de la vie scolaire et les deux salles de classe pour démarrer. Nous avons fait un point avec les entreprises. La livraison des travaux est prévue pour le mercredi 15 février. Jeudi 16 et vendredi 17, nous serons prêts pour réaménager les salles et accueillir les 180 élèves le jour de la rentrée.

 


Travaux de l’espace vie scolaire, février 2017, DR

 

Après la rentrée, que restera-t-il à faire ?

Nous attendrons une quinzaine de jours après la rentrée pour préparer les clôtures et mettre en place la salle de repos du personnel de l’établissement. C’est un lieu important pour le personnel et les 27 enseignants de l’établissement.

 


Plaque commémorative du complexe Do Neva, DR

 

En décembre 2016, nous lancions un appel aux dons sur notre site. Depuis cet appel, combien de dons avez-vous reçu ?

Grâce au Défap, presque la moitié de l’objectif, fixé à 22 500 euros, a été récolté pour nous venir en aide. Je remercie tous les donateurs protestants métropolitains. C’est aussi grâce à eux que la rentrée va pouvoir se faire dans les meilleures conditions.

Nous comptons toujours sur vous !
Soutenez le lycée Do Neva
en adressant un chèque à l’ordre du Défap (en mentionnant « Do Neva »).
Merci d’avance de votre aide.

 

 

L’engagement des protestants français en Nouvelle-Calédonie
La Nouvelle-Calédonie, de Maurice Leenhardt (1902) à Jacques Stewart (1988), a toujours été une préoccupation importante du protestantisme français : envoyés, étudiants du programme ABS, accueil de pasteurs kanak, échanges avec l’école pastorale… Mais nous pouvons aller plus loin encore. Les Eglises protestantes de France souhaitent renforcer leurs liens avec la Nouvelle-Calédonie. Une des priorités fixées par le programme de travail 2015-2018 consiste à « accompagner nos frères et nos sœurs qui vivent en Nouvelle-Calédonie dans ce moment clé de l’histoire, celui des référendums à venir (novembre 2018) ».

 

Bertrand Vergniol et les étudiants de Do Neva, DR




Guyane : visite auprès des partenaires locaux

Du 25 au 29 janvier 2017, le secrétaire général du Défap, Bertrand Vergniol, était en déplacement en Guyane auprès de l’Eglise protestante de Guyane et de son pasteur Dominique Calla. Il s’agissait également d’une visite pastorale.

Durant quatre jours, Bertrand Vergniol a eu l’occasion de rencontrer plusieurs interlocuteurs et de renforcer les liens existants avec les partenaires locaux.

Lors du culte du 29 janvier, Bertrand Vergniol a posé la question « quel doit être l’horizon de la présence de l’Eglise protestante de Guyane ? ».


Il a alors partagé trois pistes avec la communauté comme l’animation de la vie paroissiale et son développement, le rayonnement en Guyane d’une parole publique protestante, la mise en place d’activités sociales.

 

La présidente de l’Eglise protestante de Guyane, Monica Razafamihatratra, 2017, DR

 

Situation politique et économique de la Guyane
La Guyane est dotée d’une superficie équivalente à celle du Portugal. Elle compte plus de 250 000 habitants répartis majoritairement à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni.

 

 

 




Portrait d’une famille palestinienne

Dans sa dernière lettre, Christopher Annandale, envoyé par le Défap pour participer au programme EAPPI (Ecumenical Accompaniment Program in Palestine and Israel) dépeint le quotidien d’une famille palestinienne. Voici son témoignage.

Vallée du Jourdain, entre Beït Shéan et Jéricho, vue depuis le côté palestinien
vers les montagnes en Jordanie ©Tango7174-wiki-Media commons

Chaque famille palestinienne a ses spécificités. La famille sur laquelle j’ai décidé de dresser quelques lignes n’est pas, je crois, une famille typique. Mais elle revêt certaines caractéristiques qu’elle partage avec d’autres familles : elle a dû abandonner son domicile lors de la Guerre de 1948, d’une part, et beaucoup de ses membres étant partis à droite et à gauche font partie depuis de la diaspora palestinienne, d’autre part. La majorité des Palestiniens, semble-t-il, vivent aujourd’hui en dehors de la Palestine.

Cette famille est chrétienne, ses membres appartiennent à l’Eglise Grecque Orthodoxe, sans doute la plus grande Eglise palestinienne. Elle est donc atypique car les Chrétiens qui constituaient il y a quelque temps 2% de la population palestinienne ne représenteraient plus que 1%. 

La raison principale pour laquelle j’ai choisi cette famille est d’ordre purement pratique. Les trois membres que nous avons rencontrés, et sans doute les autres membres de la famille directe, parlent couramment l’anglais. Ce n’est pas courant en Palestine de faire la connaissance de Palestiniens dont l’anglais dépasse quelques phrases, nécessitant ainsi un recours à un traducteur avec des risques de compréhension souvent importants.

Nous avons rencontré la famille deux fois. La première fois un des fils, Georges*, âgé de 45 ans environ, qui exerce le métier de fermier. C’est un bonhomme costaud, souriant. Nous n’avons pas vraiment fait la connaissance de sa femme, celle-ci étant sans doute très occupée par ailleurs. Il a l’air content de faire la conversation avec nous au sujet principalement de l’agriculture dans la Vallée du Jourdain et notamment de sa propre ferme.

(*) Ce sont des prénoms fictifs.

Nous lui avons demandé un deuxième rendez-vous pour pouvoir explorer davantage l’histoire de sa famille. La deuxième fois Georges s’est substitué sa mère, Christine*. Elle nous a narré les péripéties de la famille depuis sa naissance.

 

 

Christine est petite, aux cheveux gris. Son visage est lumineux. Nous ne connaissons pas la date de sa naissance. Elle est née avant la Guerre de 1948, guerre dans laquelle les frontières de l’État d’Israël ont été établies pour la première fois. La ville de Jérusalem a été divisée en deux, la partie est étant occupée par la Jordanie et la partie ouest par Israël. Au moment de la Guerre sa famille habitait un peu à l’extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem, dans un quartier en face de la Porte de Jaffa. Elle allait à l’Ecole St Joseph, une école française. D’ailleurs elle parle toujours le français.

Christine nous raconte qu’à l’époque les relations entre Juifs, Musulmans et Chrétiens étaient bonnes. Sa meilleure amie étant juive, elles sont restées en contact mais son amie est partie en Zimbabwe depuis lors.

La famille de Christine est composée des parents et six enfants, quatre garçons et deux filles. Les enfants sont tous restés en Palestine, alors que les membres de la famille élargie se sont dispersés partout dans le monde.

En 1948 la famille a pris peur. Elle a quitté Jérusalem pour s’établir à Bethléem, d’abord dans une maison louée à des amis, ensuite dans une maison dont ils sont les propriétaires. A la suite de la Guerre de Six Jours, en 1967, les autorités israéliennes annoncent aux Palestiniens de Bethléem que des bus sont à leur disposition pour les emmener en Jordanie. Elle était mariée avec 5 enfants. Le couple a décidé de rester en Palestine. Mais ils ont acquis la ferme où nous leur rendons visite aujourd’hui, à quelques kilomètres de Jéricho.

La ferme est exploitée par un de ses fils, Georges. Son frère, Youssef* est propriétaire d’un magasin (nous avons compris que la ferme appartient aux deux frères).

Il y a 15 ou 20 ans, la ferme était en pleine expansion. Elle produisait des tomates, concombres, aubergines …et de nombreux fruits. Il y avait de beaux arbres. Aujourd’hui il ne reste plus grande chose. Les ressources aquatiques de la communauté ont été accaparées par la société israélienne, Mékorot, principalement au profit des colons juifs. Christine nous indique les canaux en béton secs dans le jardin. Son fils est en train de faire creuser deux réservoirs, l’un pour l’eau «grise» (par exemple, l’eau du lessive) et l’autre pour l’eau «noire» (l’eau des toilettes). Il n’est plus possible de vivre sur les produits de la ferme ; il faut y joindre une autre activité rémunérée.

Georges reçoit un groupe d’étudiants américains en ce moment qui s’appelle « Build Israel-Palestine». C’est un groupe mixte de Chrétiens, Juifs et Arabes.

La fille de Christine, que nous avons rencontré brièvement, vit en Jordanie. Elle a acquis la nationalité jordanienne. De temps à autre elle vient rendre visite à sa mère. Elle nous informe que les Israéliens achètent des terres agricoles en Jordanie.

Christine a toujours insisté sur les vertus de l’éducation pour les enfants de la famille. Deux de ses petits-enfants étudient des sujets costauds: le design graphique et les sciences informatiques.

« Nous vivons sur l’espoir », nous dit Christine.

Christopher Annandale , accompagnateur œcuménique




« Courrier de Mission » : l’ émission spéciale du 25 janvier

« La bibliothèque du Défap : son actualité, son réseau, ses relations », tel était le titre de l’émission « Courrier de Mission » diffusée sur Fréquence protestante le mercredi 25 janvier 2017 de 13h15 à 13h45.

Bibliothèque du Défap, janvier 2017, DR

Son fonds photographique et ses archives placent la bibliothèque du Défap au cœur d’un réseau de relations qui dépasse les frontières de l’hexagone.  Elle conserve et valorise une mémoire vivante, celle des missionnaires et de leurs descendants. Mais aussi la mémoire d’individus et d’Eglises – d’Afrique et du Pacifique –  souvent présents aussi en diaspora.


Des chercheurs du Nord et du Sud s’y croisent, des historiens principalement, quelquefois des linguistes, des anthropologues ou des géographes, sans oublier des théologiens.


La bibliothèque du Défap répond à des sollicitations venues d’institutions culturelles les plus diverses : musées protestants, musées ethnographiques, musées d’art. Mais aussi à des demandes émanant de paroisses, d’établissements d’enseignement ou d’autres bibliothèques.

 

L’émission « Courrier de Mission » de Fréquence Protestante est diffusée sur 100.7 FM.

Cliquer ici pour écouter l’émission spéciale

 

 

 




La bibliothèque du Défap s’expose au musée du quai Branly

Après l’exposition Kanak en 2013, c’est cette fois à l’occasion d’une exposition intitulée « L’Afrique des routes » que quelques pièces originales « sortent » de nos collections pour être prêtées au musée du quai Branly.

Dessin de François Maeder représentant le chef sotho Moshesh

Trois dessins des années 1840, réalisés par François Maeder (1811-1888), artisan-missionnaire au Lesotho – et artiste à ses heures-, ainsi que deux photos du début du 20e siècle illustrant la mission protestante dans ce petit pays d’Afrique australe, seront visibles du 31 janvier au 12 novembre 2017.

C’est l’occasion pour un large public de découvrir le Lesotho, dont l’identité s’est forgée, au cours du 19e siècle, au creuset d’une rencontre improbable avec les missionnaires de la Société des missions évangéliques de Paris. Un pays largement méconnu sous nos latitudes.

Toutes les pièces exposées au musée du quai Branly – dans le cadre de cet événement – des pièces datant du 5e millénaire avant notre ère jusqu’à nos jours- évoquent la circulation des hommes, des matériaux et des œuvres sur le continent africain mais aussi hors d’Afrique.

 

L’exposition « L’Afrique des routes » se tiendra au musée du quai Branly du 31 janvier au 12 novembre 2017, du mardi au dimanche.
Cliquer ici pour obtenir plus d’informations sur l’exposition et acheter votre billet. 

 

Pour en savoir plus sur le Lesotho et son histoire, rendez-vous sur le site de la bibliothèque du Défap

http://www.defap-bibliotheque.fr/fr/website/une-mission-sans-projet-colonial,14433.html




Disparition de John Doom

Il a été le premier secrétaire général de l’Eglise Protestante de Polynésie. John Doom s’est éteint à Tahiti le 25 décembre 2016, il avait 80 ans. Le Défap rend hommage à cet homme qui s’est battu pour la justice, la vérité et les victimes des essais nucléaires.

C’était un petit homme courtois et souriant. Lorsqu’il était de passage à Paris, il venait loger au Défap, maison dans laquelle il se sentait toujours bien. Il était né en 1936 à Tubuai, l’une des îles volcaniques australes de l’archipel de Polynésie française, petit paradis niché au cœur des eaux turquoise de l’Océan Pacifique où, dans un passé lointain, les révoltés du Bounty trouvèrent refuge.
Est-ce de cette tumultueuse histoire que John Doom tenait son tempérament, ou bien plutôt de celle, plus contemporaine, du bouillant député Pouvana’a a Oopa, leader autonomiste, prisonnier politique en métropole dans les années 1950 et qui, toute sa vie, milita lui aussi contre les essais nucléaires français.

 

Ce combat, John Doom l’avait rejoint au tout début des années 1960, lorsqu’il était jeune diacre de son Église. Il dénonce alors l’exil en France de son pasteur, coupable d’avoir demandé une enquête publique avant le premier lâcher d’une bombe nucléaire A au-dessus de l’atoll de Mururoa. C’est le début de son engagement anti-nucléaire. Il en fera l’objectif de toute sa vie, hélas en vain : en trente ans, il y aura plus de deux cents essais atomiques dans la région.

 

© M-H Villierme pour le site GRIP

 

En 1971, devenu secrétaire général de l’Église protestante de Polynésie, John Doom entre en contact avec les autres Églises du Pacifique, elles-aussi préoccupées par les conséquences des expériences américaines. Il lui faudra encore dix ans pour obtenir du synode de l’Église protestante polynésienne qu’il se prononce contre les essais français. Dès l’arrêt du programme militaire de Mururoa en 1996, une enquête sociologique est ouverte, notamment par l’Église maohi, auprès des anciens travailleurs polynésiens. Les résultats sont publiés dans un livre, Mururoa et nous. À Genève, où John Doom travaille au Conseil œcuménique des Églises, il prend connaissance des effets dévastateurs à long terme des radiations. C’est au sein de l’association pour la reconnaissance des victimes des essais nucléaires « Moruroa e tatou » (Mururoa et nous) qu’il va poursuivre son combat, jusqu’à son dernier souffle.

 

Sa vie de retraité, John Doom l’aura passée entre Paris, Hiroshima, Nagasaki, Alger et Papeete, enchaînant les documentaires télévisés et les témoignages pour informer, former et plaider la cause de tous ceux qui, laissés dans l’ignorance, ont subi les conséquences parfois tragiques de l’établissement de la puissance militaire française.

 

 




Les pasteurs en visite chez l’évêque !

Dans son numéro de janvier, la revue religieuse « Eglise en Guadeloupe » revient sur la récente installation du pasteur Christian Bouzy, envoyé du Défap. Retrouvez l’intégralité de l’article.

Dimanche 27 Novembre, le nouveau pasteur de l’Eglise Protestante Réformée de Guadeloupe Christian Bouzy a été installé officiellement dans sa fonction. Pour cette célébration, qui s’est déroulée dans la chapelle des sœurs dominicaines de Petit Pérou près du CPSO, deux pasteurs avaient fait le déplacement pour cette présentation à la communauté protestante. Ce jour-là, la maison presbytérale nouvellement construite a été inaugurée. Plusieurs prêtres catholiques se sont joints à cette assemblée : Pères Silène, Albert Blanchard et Nicolas Taza.

Deux jours plus tard, les pasteurs Vergniol, Antherion et Bouzy sont venus à Basse-Terre pour une longue rencontre à l’évêché avec Mgr Riocreux. De nombreux sujets ont été abordés au cours de cet entretien cordial. Et ce rapprochement œcuménique entre nos Eglises a ainsi été concrétisé par cette rencontre chaleureuse. Après la visite de l’évêché et de la cathédrale ND de Guadeloupe, les pasteurs et l’évêque ont prié ensemble le Notre Père.

Un rendez-vous a été pris et retenu dans le calendrier de 2017. A l’occasion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui se déroule chaque année du 18 au 25 janvier, la célébration œcuménique aura lieu le mercredi 25 janvier à 18h dans l’église du Raizet. Participeront à cette rencontre : les pasteurs des différentes Eglises – catholique, orthodoxe et protestante- ainsi que tous les fidèles des différentes paroisses.

 

Article paru dans « Eglise en Guadeloupe »,
Numéro 968, Janvier 2017




Mission Congo : point sur les projets en cours

Du 31 octobre au 9 novembre 2016, le responsable des relations et solidarités internationales, le pasteur Jean-Luc Blanc, s’est rendu au Congo pour une mission de suivi de l’ensemble des projets en cours. Les objectifs de cette mission étaient nombreux : prendre contact avec la nouvelle équipe dirigeante de l’Église Evangélique du Congo, faire le point des divers projets, collaborer avec la Faculté de Théologie et l’Ecole Pastorale de Ngouedi sur des projets futurs… Le 20 novembre, le pasteur rendait un rapport complet de sa mission.

Depuis le mois d’août 2016, des changements importants ont eu lieu dans l’Église Evangélique du Congo. Une nouvelle équipe dirigeante a été élue et de nombreux responsables de départements ont changé. Cela ne peut pas ne pas impacter les orientations de nos relations avec l’Église.  Le pasteur Jean-Luc Blanc qui s’occupe des relations du Défap avec l’Église Evangélique du Congo, est allé y rencontrer l’ensemble des personnes concernées par nos partenariats.  Outre la prise de contact avec la nouvelle équipe dirigeante, il importait de visiter nos envoyées, au nombre de trois, et de faire le point sur les divers projets en cours que ce soit avec la Cevaa, la Plateforme Ensemble pour le Congo ou encore directement le Défap.

A son arrivée, le pasteur Jean Luc Blanc a été reçu par le  nouveau Bureau de l’EEC. Ce fut, bien sûr, l’occasion de faire le point sur l’ensemble de nos partenariats, mais aussi de parler des nombreux défis que la nouvelle équipe doit relever dont le premier est financier. Un second défi important est l’équilibrage des postes pastoraux entre la campagne et la ville. En effet, des postes de brousse sont vacants alors que des paroisses de ville sont asphyxiées par le nombre de pasteurs qui leur ont été affectés. Dans l’EEC c’est le Bureau Synodal qui affecte les pasteurs dans les paroisses, mais celui-ci souffre de toutes les pressions qu’il reçoit pour nommer les pasteurs en ville. Ainsi, certaines paroisses ont beaucoup trop de pasteurs, ce qui leur pose de grosses difficultés financières alors que d’autres, à la campagne, n’en ont aucun.

 

L’EEC : une Église dans une société en proie à la violence

La situation politique du pays est particulièrement inquiétante. La région du Pool est toujours la proie de violences et d’exactions diverses (l’ambassade de France a demandé à tous les français présents dans cette province de la quitter).  Les protagonistes sont difficiles à identifier au point qu’on ne sait jamais si les exactions commises sont le fait du pouvoir ou de groupes rebelles. Ce qui est certain c’est que cette situation exacerbe les tensions ethniques déjà présentes dans le pays et dans l’Église dont la nouvelle équipe dirigeante  aura fort à faire pour éviter que cela ne dégénère.  C’est par l’Action Evangélique pour la Paix que l’Église Evangélique du Congo (EEC) a choisi d’intervenir dans ce domaine. Il s’agit d’une association, partenaire du Défap depuis le début de son existence qui forme des enfants, des jeunes, des paroisses, des associations à la coexistence pacifique en utilisant un matériel mis au point avec l’Ecole de la Paix de Grenoble. Cette année, par exemple, l’Uepal a choisi de soutenir un projet de l’AEP dans l’un des quartiers les plus difficiles de Brazzaville. Ainsi, c’est tout un programme de formation dans les écoles protestantes et laïques et les paroisses qui va avoir lieu afin de favoriser un coexistence pacifique des divers groupes en présence.  Dans les jours qui suivaient le passage de Jean Luc Blanc, l’AEP devait initier une action autour de la question du Pool.

 

Une Église présente sur la scène de l’engagement social

 

Les hôpitaux

Parce que l’EEC est très présente dans le domaine social, ceux qui l’accompagnent soutiennent aussi des projets dans ce domaine : dans le domaine médical, par exemple, l’EEC possède 16 Centres de Santé ou hôpitaux, au service desquels, nous avons actuellement trois envoyées. Grâce à l’implication de la Cevaa, l’EEC a pu mettre en place une centrale pharmaceutique pour les 16 établissements, et est en train de créer un centre d’imagerie médicale. Deux de nos trois envoyées au Congo travaillent au service de ces projets.

 

Le sida

Toujours dans le domaine de la santé, la Plateforme Congo continue à suivre avec attention le programme de lutte contre le Sida dans lequel elle a toujours été impliquée. Aujourd’hui, son engagement est moindre mais, avec l’Église Libre et l’association « Chrétiens et Sida », elle soutient le programme de formation des bénévoles qui parcourent le pays pour faire de la prévention. Le programme actuel avait dû être interrompu à cause des événements politiques mais celui-ci est en train de reprendre normalement.  Un formateur français, C. Forma, devrait y retourner sous peu.

 

Scolarisation des enfants sourds

Le projet de scolarisation des enfants sourds se poursuit et se consolide, même si nous avons toujours des difficultés à motiver les bénévoles français nécessaires pour les formations prévues. Pour compenser, une formation va être réalisée sous peu avec les compétences locales.  Ce projet est actuellement financé par l’Uepal et la Cevaa.

Le petit projet de formation professionnelle pour des jeunes filles sourdes financé en partie par des paroisses de l’Epudf, est en bonne voie de réalisation. Le bâtiment construit dans la parcelle de l’école de Ouenzé va être achevé sous peu et le responsable est en train de rassembler le matériel nécessaire (machines à coudre…). Il sera ainsi situé sur le même site que l’une des deux écoles inclusives.

A Owendo, dans le nord du pays, il a fallu construire un bâtiment pour abriter les 2 classes supplémentaires nécessaires. Même si la construction d’un bâtiment pour accueillir les classes inclusives est un détail du projet, l’EEC a décidé de donner une place importante à l’inauguration de ce bâtiment de manière à rendre visible le projet (les enfants sont pour l’instant scolarisés dans des locaux de la paroisse). L’inauguration a donc eu lieu en grandes pompes avec chorales, discours, présence des autorités locales et régionales etc.  L’EEC y était représentée par son vice-président, le Coordinateur Régional, l’Aumônier des sourds, les divers représentants de l’Enseignement Protestant, les pasteurs locaux…etc.  A cette occasion, le vice-président a donné une grande place à la dimension missionnaire de ce projet en parlant du rôle qu’y ont joué la Cevaa et le Défap.  Il reste un détail qui est que le bâtiment a été inauguré avant d’être totalement terminé car il a manqué quelques fonds… Mais cela devrait pouvoir se régler rapidement.

L’enseignement primaire et secondaire

L’EEC possède environ 80 écoles primaires et secondaires gérées par son Département Enseignement. Outre le projet de scolarisation des enfants sourds, les Eglises de France via la Plateforme, soutiennent la réfection d’une école dans le Pool dont, pour l’instant, les travaux sont interrompus à cause de l’instabilité politique dans la région. Dès que la situation le permettra ce projet devrait reprendre.  Par ailleurs, avec le RIEP (Réseau International de l’Enseignement Protestant), le Defap est en train de considérer un projet de scolarisation des populations autochtones qui vivent dans les forêts du Nord. Ce projet ambitieux (création de 3 écoles) ne verra le jour que s’il est possible de trouver un financement public.

 

Quelques photos de la cérémonie d’inauguration.

 


Le vice-président de l’Église devant le bâtiment presque terminé, DR, 2016

 

Le bâtiment consacré aux classes pour les sourds, nov 2016, DR

 

Les premiers enfants bénéficiaires du projet avec leurs enseignants, nov 2016, DR

 

L’enseignement supérieur

L’Université Protestante de Brazzaville a un nouveau Recteur qui vient d’être nommé. Il s’agit de Serge Loko qui jusque là était professeur de théologie. Nous n’avons que peu de relations de travail avec l’Université en tant que telles sinon au travers du RUPA (Réseau des Universités Protestantes d’Afrique), mais la rencontre fut l’occasion de faire le point sur le RUPA et nos rôles respectifs dans le Réseau. Par contre, nous travaillons régulièrement avec la Faculté de Théologie qui fait partie de l’Université.

L’EEC est une Eglise qui investit beaucoup dans la formation de ses pasteurs

L’EEC qui a pris la décision de supprimer le statut « d’Evangéliste » a, très logiquement, décidé de modifier ses cursus de formation et de rehausser le niveau de l’institut de Ngouedi. Celui-ci reste un institut pour celles et ceux qui n’ont pas le bac, mais des passages seront possibles vers le cycle de licence de la faculté.   L’Institut est dirigé par le pasteur Jean Serge Kinouani qui était boursier du Defap il y a 3 ans. Dans l’avenir, nous essaierons de faire profiter l’Institut des divers échanges avec nos facultés, en particulier en ce qui concerne les échanges de professeurs. Une opération de distribution de Bibles NBS aux étudiants pourrait être menée assez rapidement à Ngouedi.

Avec le Doyen de la Faculté et le Directeur de l’Institut de Ngouedi,  Jean Luc Blanc a abordé la question du partenariat avec la Faculté de Strasbourg, avec la CLCF ainsi que les futurs échanges de professeurs et les éventuels futurs boursiers. Il faut souligner ici qu’une Association des Amis de la Faculté de Théologie de Brazzaville est née en France et veut soutenir un certain nombre de projets de la Faculté.

Une Eglise impliquée dans les questions de genre

Le Département Femmes et Familles avec lequel nous avons collaboré à plusieurs reprises dans le passé est maintenant dirigé par Eléonore Kissadi, elle aussi ancienne boursière du Défap.  Le projet « Genre » que le Défap a financé à ses débuts et qui est une sensibilisation à la question du genre et aux rapports hommes-femmes dans la société et dans l’Église se poursuit.

Le projet de formation des « conseillers conjugaux » dans lequel une association proche de l’Église Libre MVF) est impliquée via la Plateforme, est toujours d’actualité même si les financements se sont taris. Les formateurs sont prêts à y retourner mais avant, il reste à s’assurer du financement des séminaires…

Une Eglise qui développe les aumôneries

Depuis 2011, toutes les aumôneries sont regroupées au sein du Département « Aumônerie Générale ». Or, jusqu’ici le Défap et la Plateforme Ensemble pour le Congo ont travaillé avec la plupart des aumôneries, mais jamais avec l’Aumônerie Générale qui souhaiterait que la plateforme se saisisse de deux de ses demandes :
– l’aider à développer des formations pour les aumôniers.
– l’aider à la création de maisons de retraites.  C’est un sujet sur lequel il nous faut réfléchir plus largement au Défap car l’idée de créer des maisons de retraite en Afrique est en train de germer dans plusieurs pays à mesure que l’urbanisation les confronte à des problèmes similaires à ceux que nous avons connu quand nous nous sommes engagés dans cette voie en France.

Ouvertures

Comme chaque fois qu’un représentant du protestantisme français va au Congo, Jean Luc Blanc a rencontré de nombreux autres acteurs de l’Église et du pays. Nos relations dans ce coin de l’Afrique sont d’une grande richesse. Certaines paroisses en profitent déjà depuis longtemps, mais il y a de la place pour les autres !