Liberté, j’écris ton nom

L’été est toujours un moment propice en rencontres, retrouvailles et détente. Souvent, on le vit tel un vrai tourbillon et la reprise arrive bien trop vite. Le camp d’été Alternative Théologie propose justement un temps pour soi, à Paris auprès de jeunes protestants de tous horizons.

A Paris, du 25 au 30 août prochain, les jeunes de 18 à 30 ans auront l’opportunité de passer une semaine ressourçante sur le thème Liberté quand tu nous tiens.

Alternative Théologie, rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, propose des temps forts de partage (rencontres, sorties, repas, veillées). On y échangera de nombreuses façons (spirituelle, personnelle, philosophique) autour de textes bibliques, en compagnie de théologiens, pasteurs et témoins.

Une belle occasion d’échanger en toute convivialité sur sa foi et sa propre relation avec la liberté. Et pourquoi, justement ne pas placer l’année à venir sous son signe ?

« (…) Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom (…)

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté. »

Paul Eluard

À moins d’un an du rendez-vous très attendu du Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte pour mieux se reconnecter à Dieu comme à l’autre.

Pour plus d’information et pour réserver :

 




Centrafrique : «Travailler comme artisans de paix»

Si on ne parle plus officiellement de guerre, les violences perdurent en République centrafricaine, comme a pu en témoigner, en novembre 2018, le drame d’Alindao. La situation reste instable, les risques de dérapage permanents, et les besoins immenses. Comment les Églises participent-elles à réinventer un vivre-ensemble dans ce pays meurtri ? Entretien avec le pasteur Maurice Gazayeke, président de l’UFEB (Union Fraternelle des Églises baptistes), qui a été reçu au Défap au cours du mois de juin 2019.
Carte de la République centrafricaine

 

On ne parle plus de guerre civile en République centrafricaine. Et pourtant, les troubles perdurent, dans un pays qui reste profondément marqué et où tout est, encore aujourd’hui, à reconstruire. Si la situation est relativement calme à Bangui, la capitale, les provinces restent instables et leurs populations, menacées par de toujours possibles éruptions de violences. En 2016, les élections ont apporté un espoir de tourner la page des années de guerre. Pour la première fois de son histoire, la RCA avait enfin un président (l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra) et un parlement démocratiquement élus. Mais des régions entières sont restées de fait sous le contrôle de milices faisant régner la terreur ou monnayant leur «protection». Des groupes armés avec lequel le gouvernement a bien dû négocier, jusqu’à signer en février 2019 un accord avec quatorze d’entre eux : l’accord de Khartoum, treizième accord de paix qu’ait connu la République centrafricaine depuis 2007, qui devait permettre d’apporter un apaisement en intégrant les principaux chefs de guerre à la vie politique centrafricaine. Dans les faits, la situation reste si difficile que le Conseil de sécurité a renouvelé, jusqu’au 15 novembre 2019, le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), tout en le renforçant. Les violations des droits humains sont quotidiennes, plus des trois-quarts des habitants du pays sont toujours en situation d’extrême pauvreté et la RCA est à la toute dernière place de l’indice du développement humain, au 188ème rang sur 188 pays.

Dans un pays où les structures collectives sont détruites et les institutions défaillantes, les Églises représentent l’une des rares forces capables d’aider à reconstruire le vivre ensemble. Elles jouent un rôle d’accompagnement irremplaçable auprès de la population, aident à panser les plaies de la guerre et plaident pour l’apaisement. Le Défap est directement en lien avec deux d’entre elles : l’Église Protestante Christ-Roi de Centrafrique, basée à Bangui, et l’Église Évangélique Luthérienne de République centrafricaine, présente principalement dans l’ouest du pays, région déshéritée et instable. Mais des relations ponctuelles peuvent s’établir avec d’autres partenaires, également engagés dans les efforts de paix et de reconstruction. C’est le cas des communautés baptistes, et notamment de l’UFEB (Union Fraternelle des Églises baptistes), dont le président, le pasteur Maurice Gazayeke, a été reçu au Défap au cours du mois de juin 2019.

Le pasteur Maurice Gazayeke © Défap

 

Quelle est aujourd’hui la situation en République centrafricaine ?

Pasteur Maurice Gazayeke : Le gouvernement continue à tendre la main à ceux qui ont pris les armes, en les exhortant à cesser les hostilités. Depuis l’accord de Khartoum, on sent un changement positif à Bangui et dans les villes environnantes ; mais il y a toujours des difficultés dans les régions, des massacres inopinés perpétrés par des groupes rebelles… Il y a des coupures de route : celle qui va de Bangui au Cameroun a ainsi été bloquée, pour empêcher le ravitaillement de la ville ; les fautifs ont été écartés ; mais on craint toujours les violences qui peuvent survenir de façon imprévisible. Partout dans l’arrière-pays, les groupes armés se sont solidement établis : en dépit de la Minusca, ils ont pris le pouvoir de certaines régions et ne veulent pas le laisser. En outre les chefs rebelles semblent n’avoir pas toujours un entier contrôle de tous leurs éléments, qui peuvent se comporter comme des bourreaux de la population. Ce qui continue à attiser les craintes de violences interconfessionnelles : quand des groupes rebelles sont majoritairement des musulmans, les Églises ont fort à faire pour éviter les représailles de la part de la population contre des musulmans… Alors qu’à la base, le problème est politique, non confessionnel.

Que vit la population au quotidien ?

Les gens sont en insécurité permanente. Les villageois craignent d’aller dans leurs champs, d’aller à la pêche, ou à la chasse : ils risquent à tout moment de rencontrer des éléments rebelles et de se faire tuer. Et la population civile a souvent l’impression d’être abandonnée à elle-même en cas de violences, alors que les forces de la Minusca sont là théoriquement pour les protéger. Personne n’a oublié le drame d’Alindao, en novembre 2018, lorsque des groupes armés ont massacré des dizaines de personnes dans un camp pourtant placé sous la protection de la Minusca. Le contingent de la force internationale avait été prévenu des préparatifs de cette attaque, et n’a rien fait pour s’y opposer ; au contraire, les hommes de la Minusca se sont retirés sans un coup de feu. L’Onu a dû ouvrir une enquête internationale, et l’image de la Minusca, déjà mauvaise aux yeux de l’opinion publique centrafricaine, s’est encore dégradée. De tels drames alimentent tous les soupçons, y compris ceux de connivence entre certains éléments des forces internationales et certains groupes rebelles. Mais en dépit de cette insécurité permanente, on progresse vers la paix, avec l’aide du Seigneur.

Que font les Églises pour aider à désamorcer ces violences ?

Les Églises baptistes ont toujours exhorté leurs fidèles à travailler comme artisans de paix. Mais elles ne le font pas seules : chaque dénomination travaille dans le sens de la cohésion sociale, en vue de la réconciliation de la population. Là où je vis à Bangui, dans le quatrième arrondissement, mon Église, celle de Ngoubagara, organise des grandes rencontres de prière, et y invite le gouvernement et le président de la République. Elle lance des appels notamment à travers l’AEC (l’Alliance des Évangéliques en Centrafrique), qui fait partie de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, laquelle regroupe des protestants, des catholiques et des musulmans pour faire du plaidoyer en faveur de la paix. L’une de ces grandes rencontres de prière en faveur de la réconciliation et de la paix a eu lieu juste avant mon départ pour la France, en présence des autorités politiques. De son côté, le gouvernement fait régulièrement appel non seulement aux partis politiques, mais aussi aux diverses confessions pour nouer des contacts et tenter de consolider la paix. À travers ces rencontres, à travers la Plateforme, les leaders religieux, au lieu d’agir en ordre dispersé pour le retour de la paix, plaident ainsi ensemble contre les violences interconfessionnelles. Ils s’efforcent de montrer, ensemble, que les bases du conflit ne sont pas religieuses. Les relations entre représentants religieux sont régulières : ainsi, quand les nouveaux leaders de l’AEC ont été élus, l’imam Kobine, qui fait partie de la Plateforme, avait été invité.

Ces appels sont-ils bien reçus au sein de la population ?

Les gens sont fatigués de toutes les violences. Ils aspirent avant tout à la paix. S’il y a des réticences chez les fidèles, ils ne les expriment pas dans l’Église. Quand on organise des chaînes de prière au niveau de l’AEC, toutes les Églises répondent de manière positive et les fidèles impliqués sont nombreux. Mais les rebelles, eux, ont beau signer des accords, ils ne les respectent pas toujours. Les Églises sont sincères dans leurs appels à la paix, mais se rendent bien compte que les rebelles jouent à une sorte de jeu de cache-cache…

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez




Deux semaines qui changent une vie




Développement durable : valoriser le rôle des volontaires internationaux

Rencontre annuelle des Nations unies pour le suivi et l’examen de l’Agenda 2030 et des Objectifs de développement durable (ODD), le Forum politique de haut niveau se tient jusqu’au 18 juillet 2019 à New York. France Volontaires, dont le Défap est membre, y est présente pour mettre en lumière, de concert avec ses partenaires internationaux, la contribution du volontariat international à l’atteinte des ODD.

Affiche du FPHN de New York © DR

 

Sous le thème «Émanciper les individus et assurer l’inclusion et l’équité», le Forum politique de haut niveau (FPHN) cible cette année cinq ODD : l’ODD 4 «Éducation de qualité», l’ODD 8 «Travail décent et croissance économique», l’ODD 13 «Lutte contre le changement climatique», l’ODD 16 «Paix, justice et institutions efficaces» et l’ODD 17 «Partenariats pour la réalisation des objectifs».

Chaque année, un certain nombre d’États viennent présenter chacun leur Revue Nationale Volontaire (RNV) qui permet d’assurer un suivi de l’état d’avancement de l’atteinte des ODD dans les pays, d’identifier les leçons apprises et les lacunes. En cette année 2019, 47 pays présentent leur RNV.

France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, dont fait partie le Défap, est membre de la Volunteer Groups Alliance (VGA), une coalition rassemblant une quarantaine d’organisations internationales (dont PVNU, VSO, IAVE, Peace Corps et NOREC) qui contribuent au développement durable par le volontariat et le bénévolat. Depuis 2014, VGA œuvre à la valorisation de la contribution indispensable des volontaires à l’Agenda 2030 et sa nécessaire reconnaissance par les gouvernements et autres parties prenantes. En 2015, les Nations unies ont qualifié le volontariat de « levier puissant et transversal » de la mise en œuvre des ODD.

Les messages portés par la Volunteer Groups Alliance (VGA)

Dans son papier de positionnement publié à l’occasion du FPHN 2019, VGA rappelle que les volontaires et le soutien à leurs efforts sont essentiels au succès de la mise en œuvre de l’Agenda 2030, comme reconnu par le Secrétaire général de l’ONU dans son rapport sur le programme pour l’après-2015.

Dans ce sens, VGA formule quatre recommandations adressées aux États membres :

  • Reconnaître officiellement la contribution du volontariat à la mise en œuvre des ODD dans les Revues nationales volontaires (RNV) des États membres au niveau du FPHN ;
  • S’assurer de la reconnaissance et du soutien au volontariat dans les stratégies et les plans nationaux pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030 ;
  • Affirmer leur soutien total à la mise en œuvre de la résolution A/RES/67/290 qui soutient la participation d’acteurs non-gouvernementaux au FPHN ;
  • Veiller à ce que le cadre de responsabilité, de transparence et d’examen des ODD implique la consultation de la communauté à tous les niveaux, y compris la représentation des voix les plus marginalisées, ainsi que les volontaires qui travaillent étroitement avec eux.

Plusieurs expériences permettent d’illustrer concrètement la contribution des volontaires à la réalisation de l’Agenda 2030.

Par exemple, le Groupement des Éducateurs sans Frontières (GREF), membre de France Volontaires, a soutenu au Sénégal l’élaboration d’un plan de formation sur l’encadrement de la petite enfance, en lien avec des partenaires locaux. Ce plan est ensuite devenu national et a été adopté dans l’ensemble du pays à la suite d’un partenariat avec le gouvernement, ce qui a permis de contribuer à l’ODD4 sur l’éducation de qualité.

Au Pakistan, des volontaires appuyés par l’organisation britannique Voluntary Service Overseas (VSO) ont organisé des Forums pour la paix afin de réunir différents groupes ethniques et religieux et de favoriser la cohésion sociale entre différentes communautés, contribuant ainsi à l’ODD10 sur la réduction des inégalités.

Par ailleurs, les volontaires contribuent également à la lutte contre le changement climatique et la réduction des risques de catastrophe (ODD13). En 2018, France Volontaires et ses partenaires de 5 pays (France, Italie, Mauritanie, Maroc et Tunisie) ont lancé le projet TERO (Territoire Engagés pour la Résilience des Oasis) financé dans le cadre de l’initiative des Volontaires de l’Aide Humanitaire de l’UE (EU Aid Volunteers). Il a pour objectif de sensibiliser les communautés oasiennes à la menace du changement climatique et de renforcer leur résilience, en impliquant des volontaires locaux pour renforcer les capacités des organisations locales de protection de l’environnement.

Un événement parallèle organisé sur le rôle des volontaires dans la réalisation des ODD

En marge du Forum politique de haut niveau, VGA a organisé un événement parallèle, coparrainé par la France et le Pakistan, le mercredi 10 juillet sur le thème : «Connecter les peuples, inspirer l’action : le rôle des volontaires pour l’inclusion et l’égalité dans la réalisation des ODD».

Cet événement avait pour ambition de montrer comment les volontaires contribuent à connecter les peuples et les communautés aux ODD afin de renforcer l’appropriation locale de l’Agenda 2030. Il s’agissait également de partager des exemples innovants d’intégration des volontaires dans les processus d’élaboration des RNV cette année.

Flora, volontaire française actuellement en Tunisie au sein de l’Association de sauvegarde de l’Oasis de Chenini (ASOC), envoyée par le Centre d’Actions et de Réalisations Internationales (CARI), y était présente. Impliquée dans le projet TERO, elle portait un témoignage sur la contribution des volontaires à l’ODD 13 sur la résilience et la lutte contre le changement climatique. Une manière aussi de mettre l’accent sur la complémentarité entre le volontariat local et le volontariat international.




L’été au Défap : Alternative Théologie

Tu as entre 18 et 30 ans, tu as envie de vivre la Bible autrement et faire des rencontres spirituelles vivifiantes autour du thème «Liberté quand tu nous tiens» ? Découvre les temps forts de notre camp d’été Alternative Théologie qui se tiendra à Paris du 25 au 30 août 2019. Un rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

En compagnie de jeunes de tous horizons et d’experts dans les domaines bibliques, philosophiques et théologiques, Alternative Théologie est une belle occasion de vivre ou de découvrir sa relation avec Dieu autrement.

Voici ces principaux temps forts.

  • Dimanche 25 août : prendre ses marques, en s’installant joyeusement (repas en équipe, jeux, présentation du camp…).
  • Lundi 26 : Après un réveil « spi », réfléchir ensemble sur le thème « Liberté et Justice » : quel est mon rapport au monde, comment penser la liberté avec ses limites, vis-à-vis d’autrui…) ; veillée avec projection d’un film…
  • Mardi 27 : Avec le film de la veille, entamer une réflexion sur le rapport à soi et au corps, entre puissance et fragilité, acceptation des limites, rapport aux passions et à la raison… Autres temps forts : ateliers créatifs, lecture suivie, soirée témoignage…
  • Mercredi 28 : Le sujet de la réflexion du jour « la liberté reçue, acquise, imposée (à travers la lecture des extraits de la liberté chrétienne de Luther). D’autres surprises comme une rencontre, une sortie sont au programme.
  • Jeudi 29 : préparer la table ronde de l’après-midi « Mes espaces de liberté » et la « soirée des talents ».
  • Vendredi 30 : Branle-bas de combat, c’est déjà le départ ! Et pour partir, quoi de mieux qu’un temps cultuel et un dernier repas pour l’envoi. Un an avant le très attendu Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte à tenter. Il reste quelques places, aussi n’hésite pas à t’inscrire !

Cet événement est co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

  • Lieu du logement : Service protestant de mission – Défap – 102 bd Arago – 75014 Paris
  • Lieu de la formation : Faculté de théologie protestante de Paris – 83 bd Arago – 75014 Paris

Pour plus d’information et pour réserver :

 




«Quelle théologie est aujourd’hui nécessaire ?»

Le premier des «Rendez-vous de la Pensée protestante» s’est tenu les 29 et 30 juin 2019 à Paris, au Temple du Saint-Esprit. Le 29 a vu notamment la première soirée publique organisée par l’association, avec un plateau entièrement féminin, sur le thème : Le XXIème siècle sera théologique !

Image de la soirée publique du 29 juin : côte à côte, Frédérique Bedos, Aïcha Haddou, Pauline Bebe, Élisabeth Parmentier, Nathalie Leenhardt © «Les Rendez-vous de la Pensée protestante»

 

Renouveler la pensée théologique protestante en créant un réseau des théologiens protestants qui dépasse les courants ; offrir un espace à une nouvelle génération de théologiens et leur donner une visibilité… Tels sont les objectifs des «Rendez-vous de la Pensée protestante», une association loi 1901 qui a tenu sa première soirée publique le 29 juin à 20h30 au Temple du Saint-Esprit, rue Roquépine à Paris, sur le thème : Le XXIème siècle sera théologique !

Pour ce premier rendez-vous, quatre intervenantes : Pauline Bebe, première femme rabbin en France, de la Communauté Juive Libérale ; Frédérique Bedos, fondatrice et présidente de l’ONG «Le Projet Imagine» ; Aïcha Haddou, directrice du centre de recherche sur le dialogue interreligieux de la Rabitha Mohammedia des Oulémas (Rabat) ; Élisabeth Parmentier, théologienne protestante, professeure de théologie pratique à l’université de Genève. La soirée était animée par Nathalie Leenhardt, directrice de l’hebdomadaire Réforme. Avec en toile de fond cette interrogation résumée par Élisabeth Parmentier : «Quelle théologie est aujourd’hui nécessaire ?», sachant qu’aujourd’hui, «la théologie est sommée de ne pas répondre de manière idéologique et superficielle aux grandes questions de la vie, mais d’en éprouver les abîmes.»

Retrouvez ci-dessous en vidéos :

– la présentation de la soirée par Nathalie Leenhardt, les interventions d’Elisabeth Parmentier, de Pauline Bebe, de Aïcha Haddou, de Frédérique Bedos, et le débat entre les intervenantes.

 

 

 

 

 




Hope 360 : demandez le programme !

Le 19 octobre, vous pourrez porter les couleurs du Défap à Valence et participer au sauvetage de l’hôpital de Bafia, au Cameroun, en participant à la première édition nationale de Hope 360 : un événement à la fois, festif, ludique et sportif ; un événement porteur d’espoir au profit de projets solidaires. Nous aurons l’occasion au cours des prochains mois de vous fournir plus d’informations sur ce grand rendez-vous organisé par Asah, le collectif d’ONG chrétiennes, dont le Défap est membre ; voici déjà un aperçu du programme de la journée.

La première édition nationale de Hope 360 se déroulera le 19 octobre 2019 à Valence. Environ 2000 personnes sont attendues ! Les participants (appelés « hopeurs ») pourront effectuer le parcours, à roulettes, à pied ou à vélo… et participer à la fête.

Les « hopeurs » sont tous ceux qui, touchés par la situation des démunis, décident de se mettre en mouvement pour leur rendre l’espoir. Chaque hopeur relève un défi sportif et mobilise son réseau pour soutenir le projet humanitaire qui lui tient à cœur. L’événement a été conçu pour tout public, pas besoin d’être sportif ! Que le Hopeur 360 soit un enfant, un adolescent ou un adulte, un acharné du challenge ou un adepte de la promenade tranquille, il peut participer, seul ou en équipe, à l’une des épreuves sous les couleurs de l’ONG de son choix.

Cinq parcours non chronométrés, non classés sont proposés (Certificat médical non obligatoire). Ils permettent aux participants d’avancer à leur rythme dans une ambiance conviviale, sur un tracé au bord du Rhône.

Programme :
09h00-10h00 – Accueil, animations, échauffements et des animations pour les enfants (maquillage, jeux…)
10h00- 13h00 – Épreuves
○ 10h00 – 1,7 km marche
○ 10h30 – 3,4 km sur engin à roue(s) sans moteur sauf vélo
○ 11h15 – 6,8 km course à pieds
○ 12h00 – 6,8 km sur vélo
13h00 – 13h30 – Remise des prix
13h30 – 15h00 – Concerts, animations et petite restauration

Un parcours sur un anneau de 100 mètres est réservé aux courses sur roues pour les moins de 10 ans.

Une petite restauration sera disponible tout au long de la journée. Les tarifs d’inscription ont été conçus pour accueillir un maximum de participants aux deux courses.

● Hopeur seul : 9 €
● Famille jusqu’à 6 Hopeurs : 20 €
● Equipe à partir de 10 Hopeurs : 6 € / hopeur

Chaque hopeur, famille ou équipe est encouragé à contribuer à un projet en devenant collecteur pour l’organisation de son choix. Il n’y a pas de plancher de collecte pour participer aux épreuves mais une collecte de 20 € à 200 € selon les âges semble un bon objectif (voir ci-dessous le concours plus belle collecte pour découvrir ces planchers).

Des concours sont organisés pour mettre à l’honneur les Hopeurs et les organisations de solidarité internationale qui font un effort de mobilisation. La variété des concours permet de mettre en avant aussi bien des organisations de solidarité internationale connues que des plus petites structures. Une organisation de solidarité internationale ne peut gagner qu’un seul concours à la fois.

La liste des concours : la plus belle collecte individuelle (participation à partir de 20 € pour les enfants de moins de 12 ans, 100 € pour les 12 à 20 ans et 200 € pour les adultes), le plus bel engin à roue(s) , le plus grand groupe de Hopeurs mobilisé, le déguisement le plus original.




Lettres de Tananarive

À travers cet ouvrage, Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père, 1924-1927, Faranirina Rajaonah, professeure émérite d’histoire à l’Université Paris Diderot et membre du Cessma (Centre d’Études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques), et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap, font revivre le témoignage d’un responsable de mouvement de jeunesse, fondateur du scoutisme à Madagascar dans les années 1920 : Jean Beigbeder, Z’oeil de chouette pour les éclaireurs ou Rabeigy pour des Malgaches, qui a marqué à la fois plusieurs générations de Malgaches et de Français.
Panorama de Tananarive dans les années 1920 à 1950 © Bibliothèque du Défap

 

«Je serais tenté de dire qu’il faudrait que beaucoup de Français se mettent à la disposition des sociétés de missions étrangères pour cette tâche d’enseignement ; c’est ainsi que les prochaines générations malgaches seraient élevées à la française et non plus à l’anglaise ; et alors les mauvaises langues ne pourraient plus clamer partout que : qui dit protestant, dit étranger.» (Jean Beigbeder)

Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père, 1924-1927, disponible à partir du 16/07/2019 chez Hémisphères

De Tananarive, où il dirige, de 1924 à 1927, le «Foyer», une section des Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG), Jean Beigbeder écrit à son père en France. Ces 132 lettres constituent l’intégralité de cette correspondance envoyée par celui que l’on surnommait Z’oeil de chouette chez les éclaireurs ou Rabeigy chez les Malgaches, qui a marqué à la fois plusieurs générations de Malgaches et de Français. Ce protestant béarnais, docteur en droit, convaincu des vertus du scoutisme dans la formation du citoyen, évoque son travail, sa vie quotidienne ainsi que les nouvelles venues de France. Tout comme lui, sa femme Odette Meyer a une solide expérience des mouvements de jeunesse. Ses lettres rendent également compte du fonctionnement des réseaux protestants en France et à l’étranger.

On découvre à travers cette correspondance la convivialité des envoyés de la Mission protestante française ainsi que la vigueur du protestantisme dans une ville qui s’est approprié le christianisme. Le récit de ses voyages en Imerina, et dans des contrées plus lointaines, contribue à la richesse de cette correspondance, à la croisée de l’individuel et du social.

L’intérêt des lettres vient également de ce qu’elles disent du moment colonial dans une capitale où les Vazaha, les Européens, doivent prendre leurs marques, alors même que les Malgaches subissent la discrimination. Les années 1924-1926 d’embellie économique sont aussi celles de la montée de la contestation anticoloniale, s’exprimant d’abord dans la revendication de l’égalité. Dans ce contexte, l’expérience du Foyer paraît exceptionnelle. De fait, Jean Beigbeder est un médiateur culturel. Il cherche à faire du Foyer un «espace franco-malgache», avec la possibilité pour des «jeunes» de différents âges, bridés dans leurs aspirations, d’accéder à la culture européenne, tout en participant à la valorisation de la leur propre. Sans remettre en cause la colonisation, il se découvre un réel attachement pour Madagascar et sa culture – il évoque ainsi dans ses lettres son apprentissage du malgache et les pratiques qui fondent le fihavanana (liens de parenté) ; son épouse et lui-même se lient d’amitié avec de jeunes Malgaches.

Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père

Auteur : LOMBARD, CLAIRE-LISE ; RAJAONAH, FARANIRINA
Éditeur : HEMISPHERES
ISBN : 9782377010417
Date de parution : 16/07/2019




Courir à Valence, sauver un hôpital au Cameroun




Al Mowafaqa : «Vivre la diversité est un enrichissement»

L’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa, créé en 2012 au Maroc par une initiative conjointe des Églises catholique et protestante du pays, intéresse désormais largement au sein du milieu protestant en Europe. Rencontre avec la pasteure Yasna Cruesmann, de l’Église évangélique luthérienne en Wurtemberg, qui évoque comment elle a vécu et ce que lui a apporté son séjour à Rabat dans le cadre de la préparation du «certificat Al Mowafaqa pour le dialogue des cultures et des religions». À noter qu’en France, le Défap propose une bourse pour participer à la prochaine session de ce certificat, qui débute en janvier prochain.


Yasna Cruesmann vient du Sud de l’Allemagne ; elle est pasteure de l’Église évangélique luthérienne en Wurtemberg (Evangelische Landeskirche in Württemberg), au sein de laquelle elle a œuvré pendant huit ans au service de l’œcuménisme et du développement. Elle y était chargée des relations avec l’Amérique latine, ce qui lui a donné une sensibilité particulière à la théologie de la libération, et travaillait notamment à des projets d’éducation, au sein d’une équipe qu’elle décrit comme «multiculturelle». À l’issue de ces huit ans, elle a décidé de faire un semestre d’études : «une opportunité que donne notre Église, explique-t-elle, aux personnes qui ont plusieurs années de pratique pastorale, pour leur permettre d’avoir un temps de ressourcement et de réflexion théologique». Elle a opté pour le «certificat Al Mowafaqa pour le dialogue des cultures et des religions».

 

Pourquoi avoir choisi le Maroc, et plus particulièrement l’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa ?

Yasna Cruesmann : L’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa est un lieu unique non seulement par sa localisation au Maroc, au carrefour de plusieurs cultures et de plusieurs religions, mais aussi parce qu’il donne l’occasion d’y suivre un cursus au sein d’une communauté d’étudiants venant de plus de vingt pays, notamment d’Afrique subsaharienne ; c’est un lieu d’apprentissage sans équivalent. On voit s’y bousculer tous les thèmes actuels qui nous interpellent le plus : dialogue interreligieux, dialogue interculturel, questions autour du vivre-ensemble avec des cultures différentes, migration… Tous ces sujets cruciaux, on peut les expérimenter concrètement là-bas.

Qu’avez-vous découvert à travers ce cursus ?

Yasna Cruesmann : Il faut savoir en premier lieu que le programme est chargé : on a toutes les semaines un professeur différent, qui assure un cours sur des sujets comme la pédagogie interculturelle, l’histoire des fêtes religieuses en Afrique, l’histoire du dialogue interreligieux, l’histoire de l’islam, l’anthropologie de l’islam – à quoi viennent s’ajouter des cours d’arabe… Et il y a aussi un mémoire à rédiger. Le temps est bien employé… C’est comme un feu d’artifice intellectuel, avec quantité de domaines et de matières à explorer, dans une perspective très large, très ouverte… Mais au-delà de cet apprentissage qui est véritablement intense, le plus important pour moi à l’Institut, c’est ce qui se vit entre des gens aux expériences de vie très différentes. J’ai pu rencontrer à Al Mowafaqa des prêtres et des sœurs catholiques travaillant au Maroc ou ayant eu des expériences dans d’autres régions d’Afrique, des pasteurs protestants issus de divers pays et de différents arrières-plans ecclésiaux. Apprendre ensemble, échanger avec tous ces gens, former une communauté avec tous ces étudiants si différents, c’est peut-être le plus important, ce qui permet véritablement d’expérimenter le vivre ensemble dans la diversité culturelle. Vivre cette diversité est un enrichissement. Je me suis fait là-bas de vrais amis, alors qu’avant mon séjour, j’aurais à peine pu situer leur pays sur une carte. J’ai toujours des contacts avec eux : quand on étudie à Al Mowafaqa, on noue ainsi des liens, on constitue un réseau à travers le continent africain.

Et en tant que chrétienne et pasteure ?

Yasna Cruesmann : En tant que chrétienne et pasteure aussi, c’est une expérience, que de vivre cette unité dans l’esprit qui transcende les frontières des cultures. L’esprit peut s’exprimer de bien des manières, à travers bien des langues et bien des cultures ; et on arrive à s’entendre malgré ces différences. On apprend même à dépasser les frontières entre les religions, notamment à travers les échanges avec des enseignants musulmans : j’ai gagné lors de mon séjour au Maroc une ouverture nouvelle au monde musulman, que je connaissais fort peu. C’est l’un de ces enseignants, par exemple, qui a orienté mes recherches sur une femme qui fait une relecture contextuelle du Coran, inspirée par la théologie de la libération latino-américaine : Asma Lamrabet. Et je trouve formidable que ce soit justement lui qui m’ait permis de connecter les préoccupations qui étaient les miennes au cours de mon poste précédent, en lien avec l’Amérique latine, avec tout ce que je découvrais du dialogue interculturel et interreligieux à Al Mowafaqa. Lors d’un tel séjour, on peut vraiment se rendre compte à quel point le monde musulman est divers, chose que l’on perçoit fort peu en Europe ; et j’ai beaucoup apprécié la liberté qui m’a été donnée de poser des questions, même très critiques. J’ai apprécié cet esprit d’ouverture et de réflexion personnelle, associé à l’expérience de vie que je faisais au même moment et qui était marquante pour moi : car pour la première fois, c’était moi l’étrangère, aux prises avec des difficultés de langue et de compréhension de mon environnement, une Européenne chrétienne et germanophone plongée dans un milieu musulman, africain et francophone. Ça m’a sensibilisée à ce que vivent les étrangers chez nous.

Et quelles ont été vos relations, au-delà de l’institut proprement dit, avec la société marocaine ?

Yasna Cruesmann : Le programme du certificat comprend une excursion à travers le Maroc, qui permet par exemple de découvrir la diversité de l’islam (on visite ainsi une zaouïa, qui est un lieu où se retrouve une communauté soufie). Nous avons eu l’occasion de visiter le monastère Notre-Dame de l’Atlas à Midelt, qu’avaient rejoint les deux moines survivants de Tibhirine ; nous avons été invités dans une famille du Moyen-Atlas, nous avons découvert la culture berbère… Le séjour à Al Mowafaqa permet ainsi d’avoir des contacts avec la population locale et de découvrir un peu du pays, sans rester tout le temps plongé dans des livres pour préparer des examens. C’est une partie très importante pour tous les étudiants, ceux qui viennent d’Europe comme ceux qui viennent d’Afrique subsaharienne, et qui bien que vivant sur place, n’ont pas la possibilité de voyager à travers le pays. Il serait même intéressant que cette partie soit plus développée encore, de manière à mieux toucher du doigt les divers projets de l’Église Évangélique au Maroc, très impliquée auprès des migrants à travers le Comité d’Entraide Internationale (CEI).

Une bourse à pourvoir pour janvier

Le Défap propose régulièrement des bourses pour des étudiants désireux d’expérimenter le dialogue interculturel et interreligieux à l’Institut de Théologie Œcuménique Al Mowafaqa. Une bourse est ainsi encore disponible pour participer à la prochaine session du certificat Al Mowafaqa pour le dialogue des cultures et des religions, qui débute en janvier 2020.




Frédéric Trautmann, la mission chevillée au cœur

La mission, le pasteur Frédéric Trautmann, qui vient de disparaître, y avait consacré une grande partie de sa vie : notamment durant toutes les années passées au Défap, dont il avait vu la naissance en tant que membre du comité directeur de la SMEP, et où il avait occupé successivement les fonctions de secrétaire exécutif, secrétaire général, puis président. Une cérémonie à sa mémoire aura lieu le jeudi 13 juin à Versailles, en présence de plusieurs représentants du Défap.

Frédéric Trautmann © Albert Huber

 

Avec Frédéric Trautmann, le Défap ne perd pas seulement un de ses anciens présidents – fonction qu’il avait occupée jusqu’en juin 2006, et à laquelle devait lui succéder Jean-Arnold de Clermont ; c’est une personnalité profondément marquée par la mission qui disparaît, au point d’y avoir consacré une grande partie de sa vie. «Au nom de Jésus-Christ, disait-il, l’important est que le chrétien soit un passeur de frontières qui excluent, un protestant qui témoigne et réagit contre toute atteinte à l’humanité de l’homme, à sa dignité, à sa liberté d’enfant de Dieu!».

Né en 1935 dans le nord de l’Alsace, tout près de la frontière avec le Palatinat, ce fils d’instituteur, en rejoignant l’université de Strasbourg, se destinait tout d’abord aux études de sciences, puis de psychologie. C’est à la fois un fond humaniste, l’impérieuse nécessité d’allier l’action à la réflexion, le tout s’ajoutant à un séjour dans une famille pastorale avec laquelle ses parents étaient en lien, qui devaient l’orienter vers la théologie. Un voyage d’études en Allemagne de l’Est lui donnait bientôt un aperçu de ces «frontières qui excluent» en le mettant en relation avec des étudiants et des pasteurs de l’autre côté du rideau de fer. Voyage effectué alors avec Georges Casalis, une personnalité issue d’une famille riche de missionnaires (et notamment Eugène Casalis, qui avait dirigé la SMEP, ancêtre du Défap), et marquée par un engagement fort : il était notamment l’un des signataires des Thèses de Pomeyrol, qui avaient réclamé dans les années 40 un engagement clair de l’Église Réformée de France face à l’occupation nazie.

De la Nouvelle-Calédonie au rapport sur «Les Églises issues de l’immigration»

Dès son premier poste pastoral devait apparaître pleinement l’engagement de Frédéric Trautmann vis-à-vis de la mission : une paroisse, disait-il, «ne doit pas vivre seulement pour elle-même, mais aussi travailler avec les autres et pour les autres dans la société, être tournée vers l’extérieur.» Ce qui lui valait de rejoindre bientôt le comité directeur de la Société des missions évangéliques de Paris, que présidait le pasteur Marc Boegner. L’époque était celle de la décolonisation et des grandes interrogations sur le modèle missionnaire. L’indépendance des colonies apparaissant comme certaine, l’autonomie des Églises implantées depuis le XIXème siècle par la SMEP allait de soi ; mais qu’allaient devenir les relations entre les «Églises mères» d’Europe et leurs «Églises filles», notamment en Afrique ? Fallait-il cesser toute relation, ou les réinventer ? De là l’idée de transformer l’ancienne Société des missions évangéliques de Paris en deux institutions nouvelles : la Cevaa, une Communauté d’Églises au sein de laquelle toutes pourraient se retrouver, en ayant le même statut, le même droit de parole et le même pouvoir de décision ; et le Défap, devenant dès lors le service missionnaire des Églises protestantes de France qui participaient auparavant à la SMEP. Frédéric Trautmann devait prendre part à cette révolution dans l’histoire des missions protestantes françaises, en participant à cette mue de la SMEP en deux nouveaux organismes. Avant d’aller lui-même expérimenter cet «extérieur» et ce dépassement des frontières en passant quatre années en nouvelle-Calédonie. Un séjour dont il devait garder une indéniable proximité avec le peuple Kanak, comme en témoignent certains de ses écrits ultérieurs dans le Journal des missions évangéliques, publié par le Défap («Où en est la Nouvelle-Calédonie ?», 1976 ; «Kanak veut dire homme», juillet 1984).

De retour à Paris, il intègre l’équipe des permanents du Défap dès 1975, en étant dans un premier temps chargé des envoyés et de l’animation théologique, puis au poste de secrétariat général. La Nouvelle-Calédonie l’y rattrape : durant la période de tensions croissantes qui, au cours des années 80, marque les «événements» et culminera dans la tragique prise d’otages de la grotte d’Ouvéa, Frédéric Trautmann est pressé d’intervenir par Pierre Joxe, alors ministre de l’intérieur et des DOM-TOM, pour obtenir la libération d’un sous-préfet pris en otage à Lifou. Tâche dont il s’acquittera avec succès. À partir de 1987, il quitte le Défap en prenant la direction de la Fondation John-Bost ; mais il ne s’en détachera jamais vraiment, si bien qu’à la retraite, il accepte d’y revenir et d’en prendre la présidence. Une nouvelle période du long compagnonnage entre Frédéric Trautmann et le Défap, au cours de laquelle il s’intéresse notamment de près à l’évolution du rôle des envoyés, qui constituent l’une des activités du Défap les plus visibles pour les Églises de France. Il participe aussi à toute la réflexion sur les relations avec les nouvelles Églises implantées en France, notamment par des Églises des anciennes colonies, que l’on appellera plus tard les «Églises ethniques» faute d’un meilleur terme. Il fait ainsi partie, aux côtés notamment de Claude Baty, Étienne Lhermenault, Antoine Nouis et Bernard Coyault, d’un groupe de travail suscité par le conseil de la Fédération protestante de France qui remet en 2005 un rapport sur «Les Églises issues de l’immigration» – rapport qui précédera d’un an la naissance du projet Mosaïc. En 2006, dans son dernier texte lu devant l’Assemblée Générale du Défap dont il est alors sur le point de quitter la présidence, il donne en ces termes sa vision du Défap, dans laquelle il met en parallèle «mission au près» et «mission au loin» :

«Quelle est en définitive la finalité de notre action en tant que service protestant de mission, comme notre Conseil voudrait la mettre en œuvre à la place qui est la sienne ? On pourrait peut-être la résumer ainsi :

  • Permettre à nos Églises de France de contribuer, même modestement, à la croissance et à l’épanouissement des Églises et des peuples, en particulier dans des régions qui sont parmi les plus pauvres et les plus déshéritées du monde,
  • Démontrer par l’exemplarité de nos projets missionnaires et par leur fidélité à l’Evangile, qu’une communauté humaine et chrétienne fraternelle et solidaire est possible par-delà toutes les frontières qui voudraient nous séparer,
  • Croire et affirmer haut et fort que les hommes et les femmes issus de l’immigration et vivant en France, qu’ils soient français ou non, contribuent à la croissance et à l’évangélisation de nos Églises et de notre pays.»

La cérémonie à la mémoire de Frédéric Trautmann aura lieu à Versailles, le jeudi 13 juin, en présence de plusieurs représentants du Défap.




Voir et vivre la théologie autrement

Alternative Théologie, le rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, c’est dans un peu plus de deux mois ! Ce camp prévu pour les jeunes de 18 à 30 ans, sur le thème de : Liberté quand tu nous tiens ! aura lieu du 25 au 30 août 2019 à Paris.

Pas besoin d’être un grand expert en la matière ! On vient, bien au contraire, mains dans les poches, avec sa vie, ses doutes et tout son enthousiasme pour mieux rencontrer l’autre.

«C’est un travail d’une semaine autour de textes bibliques, qui se fait dans la sérénité, avec des personnes qui apportent une expertise dans les domaines bibliques, philosophiques et théologiques», précise un participant, Nicolas Maramotti.

Ces moments de partage (rencontres, sorties, repas, veillées) sont autant d’occasions de discuter d’un point de vue spirituel, théologique comme d’un point de vue personnel avec des jeunes d’horizons et d’âges différents.

Dans la ville de Paris que l’on (re)découvre en même temps, les jeunes vont vivre la théologie autrement, c’est-à-dire expérimenter un autre apprentissage du texte et échanger des points de vue différents.

Cet événement est organisé par l’Institut protestant de théologie et l’Eglise protestante unie de France.

À moins d’un an du rendez-vous très attendu du Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte pour mieux se reconnecter à Dieu comme à l’autre.

Pour plus d’information et pour réserver :