Le Secaar : une aventure qui dure depuis 30 ans

Le Défap était présent à Lomé (Togo) du 24 au 30 mars pour le Conseil d’Orientation et de Suivi du Secaar. Un rendez-vous également marqué par la commémoration des 30 ans de cette organisation atypique au service du développement holistique, qui regroupe aujourd’hui 19 Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe.

Le nouveau bureau du Secaar

Loin d’une course au développement à tout crin, le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), un réseau de dix-neuf Églises et organisations chrétiennes d’Afrique et d’Europe, présent dans une douzaine de pays, cherche à promouvoir l’être humain dans toutes ses dimensions : spirituelle, sociale et matérielle. Ses actions se déploient selon cinq axes de travail : le développement intégral (considérer l’être humain comme une créature avec des besoins matériels mais également relationnels et spirituels), l’agroécologie (maintenir les équilibres des écosystèmes), le climat et l’environnement (système alimentaire mondial plus juste, avec respect de l’environnement), les droits humains (promotion de la dignité humaine et accès équitable aux ressources), et la gestion de projet (accompagnement et/ou suivi). Il a été fondé en 1988 au Bénin, avant d’être officiellement constitué en association internationale en 1994 à Yaoundé, au Cameroun ; et le Défap en est un des membres fondateurs. Son siège se trouve aujourd’hui à Lausanne, en Suisse, et le secrétariat exécutif à Lomé, au Togo.

En ce mois de mars 2019, du 24 au 30, les 22 délégués des 19 différentes organisations membres, dont le Défap, se sont réunis à Lomé à l’occasion du Conseil d’Orientation et de Suivi (COS) du Secaar : une réunion qui a lieu deux fois par an, et qui fait office d’Assemblée générale du Réseau. Figurait notamment à l’ordre du jour l’élection d’un nouveau bureau, pour un mandat de deux ans : après six années à la présidence du réseau, Jean-Blaise Kenmogne a été remplacé par Roger Agbakli de l’ONG BUPDOS (Bénin). Roger Zürcher (Suisse), Francis Gueye (Sénégal) et Blanche Djou (Cameroun) ont été respectivement reconduits à leurs postes de vice-président, trésorier général et membre. Ces rencontres sont également l’occasion de faire le point sur des démarches particulières réunissant divers acteurs du réseau : François Fouchier, qui avec Laura Casorio représentait le Défap à ce Conseil d’Orientation et de Suivi, a ainsi évoqué le cas de la démarche «Église verte» en France.

«Ce qui n’est calculable ni mesurable, c’est-à-dire la vie, la souffrance, la joie, l’amour»

Mais ce COS de mars 2019 a été aussi marqué par les commémorations des trente ans du Secaar, avec une journée portes ouvertes pour permettre de présenter les partenaires ; un événement qui a donné lieu à une édition spéciale du bulletin de nouvelles du Secaar, Partage, avec un retour sur ces trois décennies d’aventure du réseau depuis ses origines. Trente ans d’engagements pour le droit à la terre, le droit des femmes, pour aider les communautés à faire face aux changements climatiques… Jean-Blaise Kenmogne, président sortant du Secaar, est ainsi revenu à travers un article sur le concept de «développement holistique» : «S’il est un rêve qui habite tous les pays du monde, c’est assurément celui de se développer. Très souvent appréhendé comme un processus d’amélioration des conditions matérielles de l’existence, le développement postule une production et une consommation des biens et des services toujours plus élevées (…) Une telle pratique, si elle a le mérite d’être quantifiable, ne peut générer à elle toute seule l’idéal souhaité par une société. Elle ignore ce qui n’est calculable ni mesurable, c’est-à-dire la vie, la souffrance, la joie, l’amour et sa seule mesure de satisfaction est dans la croissance.» L’un de ses prédécesseurs, Jean-François Faba, a fait l’éloge de cette pensée à contre-courant des vents dominants du développement : «Dans la tradition protestante française, nous avons le verbe «résister» inscrit dans la pierre d’une prison pour femmes. Ces dernières étaient accusées d’appartenir à la religion prétendue réformée. Ce verbe met en action toute une série de paroles et de gestes qui envisagent un avenir possible au-delà de la sombre réalité du temps présent. Pendant quelques années j’ai pu, au sein du bureau du Secaar, vivre cette résistance dans un réseau d’hommes et de femmes dont la volonté de dépasser le poids des contraintes subies m’apparaissait comme les prémices d’une libération sociale et économique.»

Cette commémoration des trente ans du Secaar a aussi donné l’occasion de revenir sur la «capitalisation d’expériences», un processus permettant de valoriser tous les acquis et enseignements des diverses actions entreprises par le Secaar, de manière à pouvoir en partager les fruits : ce qui se fait déjà à travers des fiches disponibles sur le site de l’organisation, des vidéos, des témoignages, mais pourrait prendre aussi dans le futur la forme de sessions de formation, comme Simplice Agbavon, secrétaire exécutif du Secaar, en exprime l’espoir.

Retrouvez ci-dessous quelques témoignages en vidéo illustrant la diversité des actions et des partenariats du Secaar :

 

 

 

Car cette thématique de la formation est devenue au fil des années l’une des spécialités et l’une des marques de fabrique du Secaar. Au-delà de son soutien aux ONG ou Églises membres, il cherche à apporter une réflexion théologique aux acteurs de développement et une réflexion sur le développement aux théologiens. Des actions pour lesquelles il travaille en collaboration régulière avec le Défap et son homologue suisse, DM-échange et mission : le Défap a, par exemple, envoyé la bibliste Christine Prieto pour travailler sur un cycle de formations bibliques, qui a abouti à l ‘édition d’un ouvrage conçu pour aider des groupes à réfléchir sur la question du développement dans une perspective biblique. DM fournit pour sa part un appui à la communication du Secaar, à laquelle travaille actuellement une envoyée venue de Suisse, Marion Delannoy ; par le passé, cette mission a pu être assurée par des envoyés du Défap et de DM-échange et mission.

Retrouvez ci-dessous quelques images de ce Conseil d’Orientation et de Suivi du Secaar :




AG 2019 du Défap : une après-midi en forme de «mini-forum»

Deux envoyés récents du Défap ainsi que son secrétaire général, le président de la Commission des ministères de l’EPUdF, un enseignant de l’Institut Protestant de Théologie : autant de témoignages, autant de regards sur l’apport du Service protestant de mission qui sont venus se croiser, le samedi 30 mars, lors de l’AG du Défap, à l’occasion d’une après-midi consacrée aux «fruits de la mission».

Image de l’après-midi de l’AG du Défap consacrée à des débats sur les «fruits de la mission»

Depuis 1971, quels sont les «fruits de la mission» visibles à travers le Défap ? L’après-midi du 30 mars, jour de l’AG 2019, était toute entière placée sous cette thématique, ouverture vers une sorte de «mini-forum» donnant déjà un avant-goût du colloque qui se prépare pour les prochains mois. Avec pour l’illustrer, deux anciens envoyés, Éline O. (Égypte) et Mahieu Ramanitra (Madagascar) ; mais aussi Vincent Nême-Peyron, président de la Commission des ministères de l’EPUdF, qui a participé à un stage CPLR au Bénin ; ainsi que Jean-Luc Blanc, secrétaire général du Défap, et Gilles Vidal (IPT Montpellier). «On réalise», a souligné Florence Taubmann en présentant ces différents invités devant les délégués de l’Assemblée Générale, «quand on regarde l’histoire de la mission, mais aussi l’actualité, et quand on rencontre les envoyés formés par le Défap chaque année, que la mission, c’est toujours une histoire de vocation personnelle. On rencontre des personnalités fortes qui, à un moment donné, reçoivent un appel à partir.»

Ces diverses vocations, ces personnalités très diverses viennent se croiser au Défap et tout particulièrement lors d’une période privilégiée : celle de la formation des envoyés. «Ce sont des rencontres riches qui ont lieu lors de ces sessions de formation, a rappelé Florence Taubmann, avec des jeunes issus des milieux évangéliques, du monde luthéro-réformé ; des jeunes venus de la société civile et sans réelle éducation religieuse… Face à un public aussi divers, nous devons nous poser des questions, en tant que formateurs : réfléchir à notre manière de présenter la mission ; les préparer à vivre dans des sociétés où la pratique religieuse est le lot commun de tous…»

Se former aux rencontres interculturelles

Une formation dont les deux envoyés présents ont pu souligner l’aspect indispensable : «Sans elle, a notamment insisté Mahieu Ramanitra, on se serait heurté dans notre mission à des incompréhensions inévitables. Sans une préparation aux débats spirituels qui attendent les envoyés, comment réagir quand on se retrouve, par exemple, comme ça m’est arrivé à Madagascar, plongé dans une discussion sur les sorcières ?» Tout comme Éline O. il a souligné aussi la richesse des rencontres permises par la mission à laquelle il a participé, la manière dont elle avait influé durablement sur sa vision du monde, ses engagements dans la société… Quant aux «fruits de la mission» récoltés sur le plan personnel, Éline et Mahieu ont évoqué tous deux une véritable «salade de fruits» : ainsi pour Mahieu, «au niveau des fruits relationnels, je suis entré dans une dynamique de non-violence dans les relations et la communication. Au niveau professionnel, cette mission m’a incité à m’intéresser de plus près aux langues ; au niveau spirituel, certaines rencontres que j’ai faites m’ont incité à approfondir mes recherches…» Éline a souligné l’ampleur des prises de conscience qu’elle a pu faire : «J’ai pu voir en Égypte la manière dont la société était travaillée par la révolution qui venait de se produire ; faire des visites en prison et mesurer l’importance d’un système politique qui respecte les droits fondamentaux, et de ce qui se produit quand ils ne sont pas respectés… J’ai pu mesurer qu’en matière de libertés, rien n’est jamais acquis – ce qui est vrai par exemple pour les droits des femmes… Je me suis rendu compte que c’est par l’éducation qu’une société peut changer… Toutes ces choses que j’ai réalisées continuent à me travailler aujourd’hui. La voie que je suis en train de prendre, sur le plan de ma vie professionnelle, c’est la médiation socio religieuse : ce que j’ai vécu en Égypte y a certainement contribué.»

Vincent Nême-Peyron (à gauche) ; Florence Taubmann (à droite)

Changement de registre avec l’invité suivant de Florence Taubmann : Vincent Nême-Peyron, président de la Commission des ministères de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Il a eu l’occasion de participer à un stage CPLR (un stage dans le cadre de la formation permanente des pasteurs), co-organisé au Bénin avec le Défap. Un contexte très différent de celui que connaissent les volontaires qui partent sur des missions de VSI ou de Service civique avec le Défap… et pourtant, un certain nombre de thématiques communes émergent. La question, tout d’abord, de la reconnaissance des différences culturelles et de la manière de les dépasser pour communiquer : une préoccupation évidente dans le cas d’un départ en mission à l’étranger, mais qui peut concerner également des pasteurs dans leur paroisse. Tout particulièrement dans les paroisses de grandes villes, dont la sociologie évolue et qui comportent une part croissante de paroissiens nés hors de France, et ayant grandi dans un contexte culturel et ecclésial très différent. Parmi les exemples cités par Vincent Nême-Peyron au cours de son intervention, on peut retenir ce cas d’un pasteur engagé avec des paroissiens dans un débat sur la circoncision : une pratique qu’il considérait comme un héritage de l’Ancien Testament… avant de se rendre compte que dans l’expérience de certains de ses interlocuteurs, nés en Afrique et installés depuis lors en France, la circoncision était un marqueur de la différence entre animistes et chrétiens. «Pour rendre attentifs les futurs pasteurs de l’EPUdF à ces problématiques interculturelles, a souligné Vincent Nême-Peyron, on a travaillé avec des responsables du Défap et de la Cevaa. Dès l’an prochain, on prévoit des modules de sensibilisation.»

Les deux derniers intervenants invités par Florence Taubmann à évoquer les «fruits du Défap» devant les participants de l’AG étaient des familiers de la maison : Jean-Luc Blanc, secrétaire général, et Gilles Vidal, professeur de théologie mais aussi ancien envoyé, qui a découvert la Nouvelle-Calédonie et l’EPKNC grâce au Défap. Le premier a insisté sur l’importance du Défap pour aider à mieux prendre en compte les interactions croissantes entre Églises, ou membres d’Églises, par-delà les frontières, qui posent autant de questions sur les identités de chacun et rendent nécessaire un renouveau théologique ; le second, sur l’expérience irremplaçable vécue par les envoyés eux-mêmes, mais aussi leurs enfants, littéralement devenus des «enfants du Défap». Tous deux se retrouvant sur le thème de la mémoire («non seulement la mémoire des missionnaires européens, mais la mémoire des peuples et des Églises qui font partie de l’histoire et du présent du Défap») : une richesse à préserver, irremplaçable pour mieux comprendre le présent. Et pour que les paroissiens au sein d’une même Église, mais aussi les Églises elles-mêmes, puissent se comprendre et grandir ensemble, au lieu d’entrer en dissidence ou en concurrence.




Une réflexion sur «les fruits du Défap»

Deuxième intervention que nous reproduisons ici parmi celles qui ont enrichi l’après-midi de l’AG du Défap, le 30 mars 2019 : celle du professeur Gilles Vidal, de l’IPT-Montpellier. Reprenant la réflexion sur les «fruits de la mission» visibles aujourd’hui à travers le Défap, il évoque ici les «enfants de la mission», les rencontres permises grâce aux activités et aux échanges du Défap, et la mémoire : «non seulement la mémoire des missionnaires européens, mais la mémoire des peuples et des Églises qui font partie de l’histoire et du présent du Défap».

Gilles Vidal (à droite) lors de l’après-midi de l’AG du Défap consacrée aux «fruits de la mission»

Premier fruit : nos enfants

Le premier fruit du Défap est à comprendre au sens très concret, celui de nos entrailles : ce sont nos enfants. Je m’explique : dans beaucoup de pays, on ne dit pas le Défap mais la Défap, preuve qu’il y a un féminin possible à cette vénérable institution. La Défap a donné naissance à beaucoup d’enfants. Telle Abraham, sa postérité est nombreuse et répandue sur toute la terre. Ce sont :

  • des enfants de missionnaires, de coopérants ou d’envoyés Outre-Mer qui sont nés ou ont grandi dans un pays étranger,
  • des enfants qui sont nés de couples dont l’un des conjoints est envoyé du Défap, l’autre issu de l’Église d’accueil partenaire d’un autre pays
  • des enfants de boursiers ou d’envoyés d’Outre-Mer par des Églises-sœurs —expression qui démontre qu’il faut une mère !— nés en France, ils sont enfants du Défap…

Quelle est la particularité de ces enfants ? Ce sont naturellement les plus beaux, les plus intelligents car ce sont les nôtres, c’est entendu. Mais surtout ce sont des enfants qui ont eu une immense chance ­— ils le disent eux-mêmes— d’avoir pu faire l’expérience de l’autre/Autre. Et ils se caractérisent généralement par :

  • une certaine ouverture d’esprit,
  • une grande sensibilité à l’altérité,
  • un sens aigu de la solidarité, du partage, de la justice en luttant contre contre le racisme par exemple,
  • une véritable tendance à relativiser certaines valeurs comme l’attachement aux biens matériels : après un cyclone ou une alerte au Tsunami, ils sont contents d’être vivants et tant pis si quelques affaires ont disparu…

D’un point de vue théologique, ces enfants du Défap me rappellent la métaphore qu’utilisait Calvin pour désigner l’Église : «si l’incarnation du Christ est bien le moyen singulier et premier par lequel Dieu s’accommode à nous, l’Église est un des moyens extérieurs ou secondaires par lesquels Dieu s’approche et se rend accessible.» L’Église est pour Calvin «la société où la foi peut naître, se nourrir et se renforcer, grâce à la double médiation de la parole et des sacrements, même si Dieu reste naturellement libre de communiquer sa grâce sans passer par l’Église (1)

Bien sûr, le Défap n’est pas une Église, mais au service des Églises, et il porte des fruits, dans cette même fonction de matrice qui est celle de l’Église : il nourrit, protège, éduque, soigne des enfants au sens très concret comme au sens spirituel. Ici, chez nous, et là-bas.

Des enfants qui s’engagent pour un monde plus fraternel ou, à tout le moins, plus solidaire et plus juste. Voilà le premier fruit du Défap, nos enfants, notre richesse.

Deuxième fruit : nos rencontres

Toute personne fréquentant le Défap à un moment ou à un autre, à quel titre que ce soit, fait des rencontres sur deux plans : personnels et communautaires.
Où puis-je, dans la même journée, croiser la Ministre de l’Éducation du Togo, le fils d’un ancien missionnaire de Nouvelle-Calédonie, un pasteur du Sud-Ouest (dont la mère est née au Lésotho), une femme pasteur hongroise, un professeur d’histoire cévenol ? Au 102 Bd Arago ! John Wesley a dit «le monde entier est ma paroisse», on peut le paraphraser sans honte : «le monde entier est au Défap» !

Parlons d’abord des rencontres personnelles :

  • qui, parmi les envoyés, ou anciens envoyés, n’a pas noué de relations amicales, et même plus qu’amicales, fraternelles avec des personnes d’autres Églises au service duquel il ou elle se trouvait ? Des relations intenses, qui durent, se transmettent même sur plusieurs générations. Il s’agit ici de relations transnationales.
  • mais les envoyés sont rarement isolés, dans leur Église ou institution d’accueil. Se nouent ici encore de solides amitiés entre envoyés et leurs familles : ceux qui sont là quand on arrive, ceux qui là sont en même temps, ceux qui prennent la suite… Ces amitiés, il s’agit ici de relations infranationales, peuvent aussi durer longtemps, prendre parfois la forme de réseaux, agacer même car cela peut faire un peu penser aux Anciens Combattants : il y a les anciens du Togo, de Madagascar, de la Calédonie, etc. Ces rencontres, ces amitiés qui sont aussi le fruit du Défap, sont inestimables, sans lui, elles n’auraient pas pu avoir lieu et l’on serait passé à côté de tant de «belles personnes» comme disent les Québécois.

Abordons ensuite les rencontres communautaires :

En effet, à travers le Défap, ce sont des Églises, des paroisses, des écoles ou Facultés, des hôpitaux, des orphelinats ou autres lieux que l’on fréquente. Des familles se créent, avec leurs temps de joie comme leurs temps d’épreuve. Et la rencontre se fait dans les deux sens : les boursiers du Défap ici — que l’on pense au programme ABS mis en place après les Accords de Matignon en 1988 — les envoyés, là-bas. Là encore ce type de rencontre est inestimable : il peut être drôle, il peut être solennel, il peut être tragique, marqué par le deuil : Je pourrai ici partager, si nous en avions le temps, bien des expériences d’une incroyable richesse humaine et spirituelle…

D’un point de vue théologique, l’on pourrait observer ici que tous les liens créés par ces rencontres qui relèvent de l’interculturalité ne sont pas si exceptionnels. Bien des expatriés, bien des fonctionnaires du Ministère des Affaires Étrangères ou de personnes travaillant dans les multinationales connaissent ce type d’expériences. Après tout, nous ne faisons que prendre part à la fraternité universelle et sa diversité qui fait que «tout être humain est appelé à entrer dans la dynamique de l’amour, du don et de la libération. Donner et recevoir, participer aux échanges, vivre la réciprocité et entrer dans la dynamique du don, voilà ce qui est souhaité dans les sociétés humaines (2)» comme l’exprime le professeur Pierre Diarra.

Certes, mais pour le Défap, celui ou celle qui vit ces rencontre se situe dans la conscience de faire partie d’un ensemble plus vaste que la fraternité humaine : l’Église universelle qui va «au-delà du don et du contre-don, au delà de la réciprocité … pour tendre vers la gratuité manifestée en Jésus-Christ (3)». La mission vécue dans la rencontre devient relève alors de l’ordre de la grâce.
Ces rencontres appellent de la part de tous la plus haute vigilance : il s’agit d’éviter les réflexes identitaires, les replis communautaristes, et l’agacement de celles et ceux qui critiquent les Anciens combattants de la mission est on ne peut plus légitime si ces derniers vivent leurs relations sur un mode exclusiviste.

La rencontre, personnelle ou communautaire, amène forcément à un déplacement, culturel certes, mais fondamentalement vécu sur la toile de fond de l’Église universelle. Elle conduit à un déplacement dans la foi, à une «intranquilité» pour reprendre l’expression de Marion Muller-Colard : «Intranquille est-on lorsque l’on se laisse regarder dans les yeux et interroger jusqu’au fond de soi-même par la parole singulière d’un autre. Et souvent, cet autre qui nous retourne n’était pas celui attendu (4).»

Ce deuxième fruit du Défap, la rencontre, nous déplace et nous décentre dans notre foi.

Troisième fruit : notre mémoire

Le troisième fruit du Défap que je nous engage à croquer sans modération est la mémoire. Non seulement la mémoire missionnaire, mais la mémoire des missionnaires. Non seulement la mémoire des missionnaires européens, mais la mémoire des peuples et des Églises qui font partie de l’histoire et du présent du Défap.

Qui aujourd’hui, dans l’immédiateté induite et encouragée par la technologie omniprésente dans notre société, se soucie du passé et des enseignements que l’on peut en tirer ? Et pourtant… Le Défap, par sa bibliothèque, ne porte pas un fruit, mais constitue une véritable plantation de fruits exotiques cultivés avec soin par notre bibliothécaire d’une main experte ! C’est le paradis des linguistes et des anthropologues qui pourront trouver dictionnaires, grammaires, iconographie rare, parfois unique. Le paradis des historiens ayant accès aux témoignages des institutions et des personnes, parfois à leur intimité, ce qui est très émouvant. Le paradis des théologiens devant la montagne de Bibles, catéchismes, recueils de chants d’Églises du monde entier, dans des langues inimaginables.

D’un point de vue théologique, cette immense richesse, ce «trésor caché» pour paraphraser l’Évangile se trouve là, sous nos pieds, dans les tréfonds et au rez-de-chaussée du Défap. Dans son commentaire du célèbre texte de Mat. 28, «Allez et de toutes les nations, faites des disciples», le théologien Jacques Mathey donne un sens très particulier à ce «Allez». Il écrit ceci : «Allez, cela signifie-t-il partir au bout de monde ? C’est sûrement l’une des significations du texte… mais peut-être pas la première comme le montre la comparaison avec Mat. 9,9-13. Jésus et les disciples y mangent avec des gens de mauvaise vie. Les Pharisiens […] critiquent Jésus […] qui s’adresse à tous en disant “Allez et apprenez que Dieu veut la miséricorde et le sacrifice“. Allez, c’est exactement le même verbe que dans notre texte […] il signifie : restez là où vous êtes, mais vivez différemment, changez d’optique. Apprenez à voir les choses sous l’angle de Dieu. Matthieu 28 concerne la mission au près autant qu’au loin (5)».

Voilà donc le troisième fruit du Défap, cette mémoire ­— très bien ­— conservée qui affleure et donne accès au savoir distancé, mais toujours bien vivant. Savoir sur soi-même, savoir sur les autres, savoir sur l’Autre. Trois savoirs qui rendent confiants pour l’avenir de la mission.

Mais il est temps de conclure. Pour être en bonne santé, les médecins recommandent cinq fruits et légumes par jour. J’en ai proposé trois à savourer délicieusement :

  • nos enfants et leur souci d’ouverture, de tolérance et de justice,
  • nos rencontres qui rendent concrètes l’Église universelle,
  • notre mémoire qui nous oblige à changer notre regard et à apprendre sans cesse du passé pour vivre l’espérance.

Gilles Vidal, Institut Protestant de Théologie – Faculté de Montpellier
30 mars 2019

 

(1) Emidio Campi, « Jean Calvin et l’unité de l’Église », Études Théologiques et Religieuses 2009/3, p. 4. En ligne : www.cairn.info

(2) Pierre Diarra, Évangéliser aujourd’hui, Le sens de la mission, Paris, 2018, Edition Mame, p. 32.

(3) Ibidem

(4) Marion Muller-Colard, L’intranquilité, Paris, Bayard, 2016, p.86

(5) Jacques Mathey, Vivre et partager l’Évangile. Mission et témoignage, un défi, Brière, Cabédita, 2017, p. 82.

 




Les fruits de la mission

Depuis 1971, quels sont les «fruits de la mission» visibles à travers le Défap ? Dans le cadre des réflexions lancées sur le processus de refondation, l’après-midi de l’Assemblée Générale du 30 mars a été consacrée à une série de témoignages sur l’héritage et les apports des relations entretenues par le Service protestant de mission au fil des années. Etaient notamment présents deux anciens envoyés, Éline O. (Égypte) et Mahieu Ramanitra (Madagascar) ; Vincent Nême-Peyron, président de la Commission des ministères de l’EPUdF, qui a participé à un stage CPLR au Bénin ; ainsi que Jean-Luc Blanc, secrétaire général du Défap, et Gilles Vidal (IPT Montpellier). Nous publions ici un premier apport avec ce texte de Jean-Luc Blanc sur l’importance de la mémoire, de la connaissance des Églises d’ailleurs, et sur la nécessité de construire aujourd’hui une théologie qui acquière une dimension interculturelle.

Jean-Luc Blanc (à gauche) lors de l’après-midi de l’AG du Défap consacrée aux «fruits de la mission»

Une richesse : la mémoire du Défap

Depuis qu’il développe et entretient des relations avec des Églises ou membres d’Églises d’ailleurs, le Défap a acquis une certaine connaissance du protestantisme des pays du Sud. Une partie de cette connaissance est stockée dans la bibliothèque et les archives, mais aussi dans les mémoires de tous ceux qui ont participé à telle ou telle action du Défap ou qui ont été à son bénéfice. Cette mémoire n’est pas conservée qu’en France, mais aussi en Afrique ou dans le Pacifique. Le tissu de relations du Défap s’appuie sur cette mémoire toujours vivante.

Cette mémoire est inscrite dans le résultat de projets réalisés avec les Églises locales. Bien sûr dans des bâtiments, hôpitaux, écoles ou locaux d’Églises que le Défap a aidé à construire ou à reconstruire au fil des ans, mais surtout dans les hommes et les femmes qui sont «passés par le Défap» ou dont les parents sont «passés par le Défap». Combien de fois ai-je entendu lors de mes déplacements : «j’ai été boursier du Défap» ou «mon père a été boursier du Défap» ou encore «on se souvient de tel ou tel envoyé »… Cette mémoire qui nous lie à nos partenaires s’enrichit aujourd’hui de tous les réseaux que les expatriés venus de ces Églises partagent avec nous. Et, s’ils le font c’est parce que c’est le Défap, parce qu’ils savent qu’au Défap on peut parler le langage de l’Église «du pays» et qu’on a des chances d’être compris car, pour comprendre ces communautés, il faut connaître à la fois l’Église «du pays» et celle d’ici. Plusieurs fois d’ailleurs, ces dernières années le Défap a joué le rôle d’intermédiaire entre les Églises d’expatriés en France et leurs Églises d’origine.

Si on devait se contenter de consigner cette connaissance dans nos rapports internes, si on se satisfaisait de la voir bien archivée dans la bibliothèque, on passerait à côté de l’essentiel. Cette connaissance des Églises d’ailleurs doit pouvoir continuer à nous inspirer et le Défap a le devoir de la mettre au service des Églises de France de façon à les aider à être Église avec toutes ces communautés venues d’ailleurs ainsi qu’avec leurs Églises d’origine.

Intégrer ?

Pourquoi n’arrivons nous pas à être Église avec toutes ces communautés d’origine étrangère qui fleurissent dans nos villes ? Cela devrait d’autant plus nous étonner que nous les accueillons souvent en leur prêtant des locaux et que nous proclamons très fort que dans l’Église, il n’y a plus de nationalités, mais que «nous sommes tous un en Christ». Bizarrement, nous avons réussi à créer une Église Protestante Unie, mais en laissant de côté de nombreuses communautés ou unions d’Églises luthériennes et réformées d’origine étrangère. S’il s’agissait d’intégrer des Égyptiens, des Russes, des Coréens, des Malgaches ou des Congolais dans une Église française qui souhaite rester française, les choses seraient assez simples. Le problème serait un problème de pédagogie et nous essaierions de reproduire dans l’Église le fameux modèle français de l’intégration. Mais depuis les années 1970, depuis que le Défap et la Cevaa ont été créés, depuis que l’on a compris que l’élaboration théologique ne passait pas uniquement par la culture occidentale, depuis que nous avons la prétention de construire une théologie et une Église communes et interculturelles, c’est un peu plus compliqué !

Après des siècles de développement assez linéaire de l’Église occidentale, nous avons connu une période de confrontation aux autres cultures dans le cadre des missions traditionnelles pendant laquelle, nous avons partagé ces siècles d’expériences et de construction théologique avec d’autres. À partir des années soixante-dix, la Cevaa et d’autres organismes œcuméniques nous ont rendus conscients que chaque culture pouvait développer sa propre réflexion théologique. On a ainsi vu émerger des théologies asiatiques, des théologies africaines… etc. La théologie s’incarnait dans les diverses cultures et nos Églises réalisaient que l’Évangile pouvait se dire dans des concepts familiers à chacun. Depuis, des théologiens ont travaillé aux quatre coins du monde pour développer une pensée théologique propre à leur culture publiant de nombreux ouvrages, preuves de la vitalité de ce nouveau souffle. Le Défap a largement participé à ce mouvement, notamment par le travail qui a été fait dans les années quatre vingt dix autour du thème «Évangile et Cultures», mais aussi par son programme de bourses de recherche et d’aide à la publication ainsi que ainsi que par les échanges de professeurs de théologie. Quand on voit aujourd’hui en Afrique, le nombre de théologiens enseignant dans les facultés de Kinshasa, Brazzaville ou Yaoundé qui sont passés par le Défap, on ne est en droit de penser que l’impact de cet engagement du Défap n’est pas quantité négligeable.

Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, les évolutions de notre monde nous invitent donc à passer à une autre étape : construire une théologie et une Église «interculturelles». Il ne s’agit plus seulement de développer une théologie africaine en Afrique, une théologie chinoise en Chine, mais une réflexion théologique commune qui mette en synergie en les valorisant toutes ces théologies culturellement marquées. En France, en tous cas, c’est devenu une nécessité. Les Églises de notre pays sont amenées à faire de la place à des hommes et des femmes venant d’ailleurs qui veulent à la fois garder leur culture d’origine tout en intégrant celle qui les accueille. Ils ne veulent abandonner ni l’une ni l’autre. Nombre de nos frères et sœurs assis le dimanche sur les mêmes bancs d’Église que nous partagent une double identité ecclésiale : celle de leur Église d’origine et celle de leur Église d’accueil. Dans les grandes villes, il est courant de voir des chrétiens membres de deux paroisses : une paroisse française et une paroisse issue de leur Église d’origine.

Cette double identité, comme toutes les identités «entre deux», ne va pas de soi, surtout lorsqu’on aborde des questions éthiques. Nous avons, par exemple, de la difficulté à imaginer le choc produit par la décision de bénir des couples de même sexe pour des protestants venus de pays où l’on jette en prison celui ou celle qui est seulement soupçonné d’homosexualité ! De notre côté, nous avons beaucoup de difficultés à comprendre comment fonctionne la famille africaine… C’est pour cela que la Cevaa a initié une réflexion commune et interculturelle autour de toutes ces questions : des séminaires ont eu lieu, des fiches d’animation ont été élaborées, un stage pour des pasteurs français et togolais vient même d’être organisé au Togo autour de ces questions. C’est pour cette raison aussi que nous accompagnons les travaux de théologiens qui abordent ces sujets soit par des bourses, soit par des congés-recherche.

Je pourrais dire la même chose au sujet du dialogue inter-religieux ou des questions de gouvernance dans l’Église, autant de thèmes qui ont été travaillés dans cette perspective inter-culturelle.

Tout cela représente une extraordinaire richesse à disposition des Églises, une richesse qui ne trouvera son sens que si elle est partagée. C’est à nos communautés de se saisir de ce travail pour le prolonger localement, régionalement et cela nous concerne tous : Églises locales, synodes, facultés de théologie et organismes missionnaires. L’enjeu est vital pour l’Église de notre temps.

Jean-Luc Blanc
29/03/2019




Une Assemblée Générale sous le signe de la refondation

L’appel à une «dynamique refondatrice» lancé en mars 2018 par le président du Défap a déjà eu des traductions importantes dans le travail du Service protestant de mission : c’est ce qui est apparu au matin du 30 mars, jour de l’AG 2019.

Samedi 30 mars, 9h30 : dans la chapelle du Défap, le culte d’ouverture de l’Assemblée Générale s’achève. Les délégués sont rassemblés dans un contexte particulier : un an auparavant, dans ce même lieu, le président du Service protestant de mission, Joël Dautheville, lançait un appel à une «dynamique refondatrice». Une thématique, et des réflexions plus larges sur l’activité missionnaire aujourd’hui, qui ont irrigué tous les travaux des permanents et des instances du Défap tout au long de l’année écoulée, et qui parcourent en filigrane le culte mené par David Mitrani : «La mission, n’est-ce pas de rendre visible au-dehors ce qui nous a fait passer nous-mêmes de la mort à la résurrection ?»

Le culte s’ouvre aussi, au-delà de l’AG elle-même, sur les projets et les relations du Défap aujourd’hui : l’offrande est ainsi destinée aux étudiantes de l’UPRECO, dont le Défap finance les frais d’inscription. Cette université protestante est située à Kananga, une région enclavée et délaissée de République Démocratique du Congo, loin de la capitale Kinshasa. Le culte d’ouverture de l’AG du Défap est aussi un moment d’hommage à Albertine Nzambé, décédée brutalement il y a quelques jours. La famille Nzambé, engagée dans un travail de longue haleine de réhabilitation d’hôpitaux au Cameroun, est en lien depuis des années avec le Défap et avec des paroisses françaises comme celle de La Rochelle, et elle a accueilli de nombreux envoyés du Défap…

2018 au Défap, une année de paradoxes

Dans son message d’ouverture, Joël Dautheville reprend et prolonge l’appel qu’il avait lancé en mars 2018, en soulignant au passage l’engagement de l’équipe des permanents, et la manière dont toutes les questions sur la mission aujourd’hui sont déjà prises en compte dans leur travail au quotidien. «L’un des moments forts de ce type de questionnement qui se pose au Défap, souligne-t-il, se vit notamment lors de la mise en place de la formation des envoyés. De nombreux sujets sont abordés : vie des Églises, interculturel, sécurité, place des envoyés dans le dispositif, etc. Cette formation est un formidable moment où des jeunes et des moins jeunes, évangéliques issus des associations portées par le Défap, protestants issus des Églises du Défap, catholiques et agnostiques se côtoient pendant une douzaine de jours. Formidable moment où les confrontations, le dialogue et l’écoute mutuelle font bouger les positions des uns et des autres…» Il évoque au passage le prochain forum que prépare le Défap d’ici quelques mois ; pour conclure, et avant de céder la parole au secrétaire général Jean-Luc Blanc, Joël Dautheville souligne les enjeux des réflexions sur la mission aujourd’hui : «Il s’agit de sortir de l’entre-soi culturel, ecclésial et national. Les Églises se voient et vivent entre elles dans un lien d’interdépendance plus marqué, l’interculturel et l’interreligieux posent des questions nouvelles. Avec ses compétences, le Défap a une carte importante à jouer dans ce contexte au service des Églises membres.»

Avec le rapport du secrétaire général apparaissent plus nettement encore toutes les manières dont ce travail de réflexion s’incorpore aux activités du Défap et au quotidien des permanents. Un rapport dont la présentation a été revue et réorganisée, reflet des transformations à l’oeuvre parmi les permanents : mise en avant des thématiques transversales, refonte de l’équipe au sein de laquelle les responsabilités ont été redistribuées, les relations entre services repensées… Un travail mené tout en poursuivant les activités traditionnelles du Défap, les accueils de boursiers, les échanges de professeurs de théologie, les envois de volontaires, les projets en lien avec les Églises partenaires, les relations au sein du monde associatif et dans le milieu du développement… Jean-Luc Blanc décrit ainsi «une année 2018 de paradoxes, de réorganisation de l’équipe ; mais aussi une année au cours de laquelle l’équipe a poursuivi ses activités habituelles et continué à mettre en oeuvre le programme d’action». Dans ce chantier de longue haleine, quelques éléments font figure de symboles : comme la chapelle dans laquelle se tient l’AG, rénovée tout récemment ; ou le site internet, tout neuf, et dont l’arborescence reflète cette volonté de transversalité… Il s’agit de voir que la mission a donné du fruit, et qu’elle en donne encore ; qu’à travers ce processus de mue que traverse le Défap, c’est un indispensable travail d’adaptation de la conception même de la mission aux défis d’aujourd’hui qui est lancé. Ce sera d’ailleurs l’enjeu d’une bonne partie des échanges de l’après-midi.




«Être en mission est une grâce»

Dans son message lu à l’ouverture de l’AG 2019 du Défap, son président, Joël Dautheville, a prolongé l’appel à une «dynamique refondatrice» lancé l’année précédente. «J’ai lancé cet appel comme on jette une bouteille à la mer (…) Cette bouteille à la mer a été ramassée, ouverte et le message lu. Des responsables d’Église ont témoigné de leur intérêt. Cela s’est confirmé par le fait que le Conseil du Défap a décidé d’entrer dans cette dynamique, a validé un processus et a nommé un comité de pilotage.»

Évangéliser, être en mission est une grâce

Une citation : «Les Églises Évangéliques de France (énumérées à l’article 2) remercient Dieu, dont l’amour pour le monde entier se révèle en Jésus-Christ, de les appeler à témoigner de cet amour au-delà de toute frontière et de leur faire la grâce de participer à l’action de l’Esprit Saint pour le salut et le renouvellement de tout homme et de toute la création.»

Oui l’appel au témoignage est une grâce de Dieu. C’est ce qu’affirme d’emblée l’article 1 des Statuts de cette nouvelle structure qu’est désormais le Défap. L’article 2 poursuit cette vision en faisant référence au célèbre texte missionnaire de Matthieu 28/16-20. Texte analysé par Christophe Singer, professeur de théologie à Montpellier, qui voit dans la conjonction de coordination, donc, ce qui fait de l’ordre de mission une grâce accordée même aux disciples douteurs (1).

C’est avec ce rappel fort de la mission à vivre comme grâce de Dieu que je débute ce message. La mission n’est pas un devoir moral pour une Eglise et les fidèles, elle n’est pas une loi contraignante.
Elle est une grâce et une grâce doublée d’une promesse. Le crucifié-ressuscité promet d’être avec ses disciples tous les jours jusqu’à la fin du monde. Ainsi l’Eglise n’a qu’une seule raison d’être :
témoigner en paroles et en actes de la Bonne nouvelle de Jésus-Christ. C’est pourquoi le théologien suisse-allemand Emil Brunner, contemporain et compagnon théologique de Karl Barth, n’hésite pas dire : Une Eglise sans mission démissionne (2).

Églises en crise

L’an dernier, à l’assemblée générale, j’avais évoqué de multiples causes à la crise des Églises en mission et donc au Défap. Cette année, je souhaite apporter un élément plus théologique sur la nature de cette crise. Elisabeth Parmentier, professeur de théologie à Genève, l’exprime quand elle réfléchit à la nature du travail effectué par Gottfried Hammann, ancien professeur de théologie, alsacien également, à Neuchâtel. Pour elle, la thèse centrale de Gottfried Hammann est d’affirmer que l’identité des Eglises de la Réforme est marquée par une « crise » nullement accidentelle, mais constitutive de leur théologie (3).

A la fois juste et pécheur, à la fois sujet de l’interprétation de la Bible et objet de l’interpellation de la Parole etc. le chrétien membre d’une Église issue de la Réforme est constamment dans une tension critique entre plusieurs pôles. Sans entrer plus avant dans cette réflexion, on en déduit que l’identité de ces Églises est toujours en crise sur un plan théologique et ecclésiologique. L’identité d’une Église se traduit dans ce qu’elle fait et dans son témoignage. Dès lors la crise vécue par les Églises et donc par le Défap n’est pas anormale en soi. Il s’agit donc de dédramatiser ce que nous vivons aujourd’hui. Bien sûr les Eglises ont vécu dans leur histoire ancienne ou récente des périodes de crises plus aiguës que d’autres.

L’an dernier à la même époque le Défap connaissait des moments de grande souffrance tant au sein de l’équipe des permanents que des instances. Pourtant, je l’atteste ici, les membres des instances n’ont jamais démissionné de leurs responsabilités. Les permanents n’ont jamais été démotivés au point d’arrêter leur mission. Jamais ils ne se sont arrêtés de travailler. Sauf pendant les vacances ! Et encore ! Merci à toute l’équipe. Une personne entrée récemment au Défap, a découvert à quel point il y avait chez les Secrétaires exécutifs de vraies compétences, de vrais savoir-faire dans le dialogue avec des Eglises et des associations qui vivent parfois au bout du monde. Le Défap en est reconnaissant.

Évangéliser son désir d’évangélisation ; évangéliser sa compréhension de la Mission : les Églises en mission le font constamment dans et par le Défap !

L’un des moments forts de ce type de questionnement se vit lors de la mise en place de la formation des envoyés. De nombreux sujets sont abordés : vie des Églises, l’interculturel, sécurité, place des envoyés dans le dispositif, etc. Cette formation est un formidable moment où des jeunes et des moins jeunes, évangéliques issus des associations portées par le Défap, protestants issus des Églises du Défap, catholiques et agnostiques se côtoient pendant une douzaine de jours. Formidable moment où les confrontations, le dialogue et l’écoute mutuelle font bouger les positions des uns et des autres et permettent à chacun d’être envoyé avec une nouvelle manière de voir la foi chrétienne et sa mission. Un moment évangélisateur en quelque sorte.

A tout moment, les instances et l’équipe du Défap sont confrontés à cette nécessité d’évangéliser la compréhension de la mission et donc à la faire évoluer dans un monde qui change et au service d’Églises qui changent.

L’évolution constante du Défap et de la Cevaa avait été intégrée dès le départ par leurs fondateurs. Le premier président du Défap, Jean Courvoisier, l’exprime quand il conclut un article en écrivant, non sans humour : Malgré toutes les imperfections de nos nouvelles structures qui doivent rester très souples, il faut avancer pas à pas. Il faut essayer de vivre plus et de parler moins. Avec la certitude que nous répondons à un appel de Dieu, nous n’avons qu’à prendre ce que nous avons et partir comme l’a fait Abraham dans la foi au Seigneur (4).
Rappeler que la crise actuelle a, entre autres, deux spécificités :

  • L’arrivée de ce que certains appellent la post-modernité, mot parfois contesté si l’on considère que l’évolution actuelle de la société et des individus n’est qu’une phase de la modernité toujours à l’oeuvre. Une définition de cette supposée post-modernité fait réfléchir. Le philosophe Jean-François Lyotard la définit ainsi: Le post-modernisme se caractérise par une incrédulité nouvelle envers les grands récits scientifiques et philosophiques susceptibles de fournir une explication globale du monde et de la société (5). J’ajoute la montée de l’individualisme qui conduit une personne à s’ériger comme l’autorité dernière en matière d’opinion et d’engagement. Cette attitude change profondément le type de relation d’une telle personne avec l’autorité, entre autres, ecclésiale et donc missionnaire.
  • La mondialisation des échanges, la post-modernité, la montée en puissance de l’individu impactent les Églises et conduisent à transformer la manière d’être en mission. Au XIX° ont été créées des sociétés missionnaires marquées par des personnes très engagées d’une part et d’autre part engagées pendant une grande partie de leur vie, (Albert Schweitzer, Eugène Casalis, Maurice Leenhardt, François Coillard et tant d’autres plus ou moins anonymes). Elles évoluent en agences missionnaires avec des personnes qui souhaitent des envois courts. Celles-ci sont alors recrutées davantage pour leurs compétences que pour l’adhésion à une confession de foi. Cette évolution correspond à l’intégration de la mission dans les Églises d’où la création du Défap et de la Cevaa. Le missiologue Bryan Knell voit arriver une 3ème étape de transformation avec l’émergence d’institutions ayant pour objectif d’être des consultants missionnaires. Celles-ci mettent leurs compétences et leur expertise acquises depuis très longtemps au service des communautés locales. D’où ma question à notre Assemblée générale : le Défap est-il déjà un consultant missionnaire ou doit-il aller de l’avant dans cette orientation ?

L’appel au Défap à entrer dans une dynamique refondatrice participe de cette crise que constitue le fait de se questionner sur le type de mission à entreprendre.

L’an dernier, j’ai lancé au Défap et aux Églises membres un appel à entrer dans une dynamique refondatrice du Défap. J’ai lancé cet appel comme on jette une bouteille à la mer ne sachant pas si cet appel rencontrerait un écho ou non. Il était fondé sur quelques constats toujours actuels et qui ne sont pas des jugements de valeur. Je pense, entre autres, au fait que les églises locales et les paroisses connaissent de moins en moins le Défap et ne manifestent guère l’envie de le connaître. Les Églises membres connaissent des difficultés financières ce qui se répercutent sur les finances du Défap. D’où une question : faut-il augmenter la part des fonds extérieurs, laquelle est bien réduite aujourd’hui ? Les Églises manquent d’étudiants en théologie issus de leur rang et de pasteurs. Tout cela rend plus aiguë leur questionnement au sujet de la vocation du Défap. Ce questionnement impacte naturellement les missions de l’équipe du Défap. Joël, où va le Défap ? Où doit-il aller ? m’a-t-on demandé ? Le comité de pilotage souhaite que l’AG soit un lieu où on puisse dire que le Défap porte des fruits. Non pas dans une sorte survalorisation de l’institution, mais dans l’esprit de montrer que les ressources financières et humaines des Églises donnent des fruits. Ce sera le but de l’échange prévu cet après-midi.

Cette bouteille à la mer a été ramassée, ouverte et le message lu. Des responsables d’Église ont témoigné de leur intérêt. Cela s’est confirmé par le fait que le Conseil du Défap a décidé d’entrer dans cette dynamique, a validé un processus et a nommé un comité de pilotage. Il a lui-même fait deux séances de travail au conseil de Janvier animées par Bernard Dugas que nous remercions. Ces séances ont permis d’exprimer des souhaits, des avancées, des questions. Le Conseil du Défap a également validé le fait que l’AG d’aujourd’hui participe à l’enrichissement du débat grâce, notamment, aux intervenants de cet après-midi et aux échanges qui suivront. Le Conseil a validé aussi le principe d’organiser le 11 octobre prochain un colloque ou journée de réflexion et d’éditer un cahier préparatoire. Cette rencontre s’adresse, entre autres, aux responsables nationaux et régionaux des Églises membres. Seront invités des témoins et un sociologue pour poursuivre la démarche autour de la thématique : Quel moyens ou quel outil pour quelle mission-Parole aux Églises. Une réflexion sur la tenue d’un forum du Défap avec un public plus large est envisagée en 2020. Le Défap se met ainsi en mode écoute des uns et des autres.

Le but final est de permettre au Conseil de tirer de ces échanges quelques grandes orientations qui, grâce aux nombreuses expériences accumulées depuis longtemps seront l’apport du Défap à la réflexion sur la dynamique refondatrice. Emmanuelle Seyboldt, présidente de l’EPUdF a attiré notre attention sur le danger qu’il y a pour le Défap à s’auto refonder. En effet ce sont les Eglises, à travers les Assemblées Générales, qui peuvent proposer des modifications de structure. Ceci nécessite une bonne articulation entre les Eglises-institutions et l’institution du Défap laquelle est composée des délégués des Églises.

En forme de conclusion : tout le monde a besoin de tout le monde. Toutes les Églises ont besoin de toutes les Églises. Il s’agit de sortir de l’entre soi ecclésial, culturel, national.

Devant les défis missionnaires qui émergent, il est illusoire de penser qu’une Église particulière, qu’elle soit du Sud, de l’Est, de l’Ouest ou du Nord peut le relever seule d’autant qu’il y a des Églises dites du Sud au nord, à l’Est et à l’Ouest et réciproquement. Toutes les Églises ont besoin de toutes les Eglises car le christianisme est devenu une religion mondialisée. Les Églises se voient et vivent entre elles dans un lien d’interdépendance plus marqué, l’interculturel et l’interreligieux posent des questions nouvelles. Avec ses compétences, le Défap a une carte importante à jouer dans ce contexte au service des Églises membres.

Le chantier est immense. Ne l’oublions pas, les Églises en mission reçoivent toujours la grâce d’être appelées au témoignage ici comme au loin. Elles reçoivent la grâce d’être liées les unes aux autres dans une écoute partagée de l’évangile. Elles entendent la promesse du Christ d’être toujours auprès d’elles.

Bonne AG à toutes et à tous

 

1 Ibid p.231
2 « L’impératif missionnaire » par Frédéric Rognon Revue Lire et Dire, n°78, 2008
3 « Histoire et herméneutique Mélanges offert à Gottfried Hamman » Labor et Fides 2002 p.289
4 Journal des missions évangéliques, n°9-10, oct-nov-déc 1971
5 Cité par Kai Funkerschmidt, pasteur de l’Eglise évangélique de Rhénanie et membre d’une structure de coopération
missionnaire entre mission intérieure et mission extérieure lors d’un forum du Défap « Comportements individuels et
changements dans la mission » cahier post-forum Défap 2004




30 mars 2019 : la refondation au cœur de l’AG du Défap

Il y a un an, lors de l’Assemblée générale 2018, le président du Défap, Joël Dautheville, lançait un appel à une «dynamique refondatrice». Le chantier a été lancé au sein du Service protestant de mission, et il touche tous les domaines : réorganisation de l’équipe, réflexions sur les partenariats et sur ce qu’implique la mission aujourd’hui… L’AG 2019, prévue cette année le 30 mars, sera notamment l’occasion de faire le point sur le travail en cours.

Vue du déroulement d’une AG du Défap © Défap

 

Par définition, la mission – y compris dans son acception profane – suppose un but à atteindre ; elle implique des efforts à accomplir et des difficultés à surmonter… Il n’y a pas de mission qui aille de soi. C’est d’autant plus vrai dans le domaine missionnaire – et plus encore aujourd’hui. Tous les organismes missionnaires sont poussés à mener des réflexions approfondies sur leur rôle, leurs moyens, leurs domaines d’intervention – et au-delà, sur ce qu’implique la mission aujourd’hui. Tous ont été amenés à se réformer pour pouvoir adapter leur action dans un monde qui bouge, dans des sociétés qui se transforment de manière rapide et radicale : c’est ce qui s’est produit en Europe du Nord, ou plus récemment en Suisse, avec les nouvelles orientations annoncées par DM échange et mission. Cette nécessaire adaptation sera bien sûr au menu de l’Assemblée générale du Défap, qui se tient le samedi 30 mars 2019. Le processus de refondation du Service protestant de mission figure au programme d’une bonne partie de l’après-midi.

Comment parler de la mission en Europe aujourd’hui, comment répondre aux défis du monde actuel comme, par exemple, celui de la participation des Églises aux grands débats de société, celui de la relation aux exclus, aux migrants, celui de la sauvegarde de la création ? Quel témoignage porter dans une société où les Églises, en tant qu’institutions, sont en perte d’influence pendant que se développent des formes de religiosité hors institutions ? Quelles relations trouver entre Églises – celles qui sont implantées dans notre pays de longue date, celles qui s’y implantent, parfois avec un projet ouvertement missionnaire, et celles établies au loin, avec lesquelles existent des relations de longue date ? Quelle place pour les échanges de personnes dans ces relations entre Églises, quelle place pour la solidarité internationale ? Quels équilibres trouver entre témoignage et action concrète ? Quelles relations avec les autres chrétiens, avec les autres religions ? Aucune de ces questions n’est vraiment nouvelle, mais elles se posent d’année en année avec plus d’acuité. «De façon récurrente», soulignait en 2017 Marc Frédéric Muller (un ancien de l’équipe du Défap) dans un numéro de Perspectives missionnaires consacré aux relations entre Témoignage et diaconie, «on a pu considérer la mission comme une entreprise de conquête des âmes et d’appel à la conversion, sans l’associer nécessairement à un mouvement de sollicitude envers les personnes en situation de fragilité, malades, nécessiteuses ou persécutées. Cette conception réductrice de l’évangélisation semble pourtant bien souvent démentie par l’histoire des sociétés missionnaires qui, avant de construire un édifice pour le culte, avaient à cœur de bâtir une école ou un dispensaire, et se sont engagées pour l’émancipation».

Un aperçu du travail en cours

Pour aller plus loin :

Au Défap, ce chantier est déjà lancé depuis de nombreux mois. Certaines étapes sont bien visibles et identifiables : ainsi, il y a un an, au cours du mois de mars 2018, le président du Service protestant de mission appelait lors de son message d’ouverture de l’Assemblée générale à une «refondation». D’autres sont plus discrètes, comme les rencontres entre organismes missionnaires : au début du mois de mai 2018 a ainsi eu lieu à Sète une rencontre entre les Secrétariats de la Cevaa – Communauté d’Églises en Mission, du Défap, et de DM-échange et mission. Deux mois auparavant, c’est à Strasbourg et à l’initiative de l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine), que s’était déroulée une autre rencontre à laquelle participait le Défap avec quatre organismes missionnaires : la mission de Hermannsburg, Mission 21, la Société luthérienne de mission, l’Action Chrétienne en Orient. Son thème : «Mission, aide au développement, solidarité internationale… le cœur de métier des œuvres et comment l’appeler aujourd’hui». Au cours des mois écoulés, le Défap a également eu l’occasion de recevoir des représentants de la mission norvégienne.

Moins visible encore, mais fondamental, est le travail de réflexion qui se déroule depuis des mois au Défap, et auquel tous les permanents de l’équipe sont associés. Organisation du travail, synergies entre les services, articulation entre la mission au près et la mission au loin : tous les thèmes sont abordés. Le Défap, qui prépare un prochain forum sur la mission, a aussi été associé à des rendez-vous de réflexions et de débats sur cette même thématique. Il a participé à l’organisation, en novembre 2018, du forum de la revue Perspectives missionnaires à la maison du protestantisme, au 47 rue de Clichy, à Paris ; il était aussi impliqué dans le deuxième forum sur la mission intégrale, organisé par Connect MISSIONS et ASAH, qui s’est tenu à Sainte Foy-lès-Lyon au cours du week-end des 8 et 9 mars 2019. Et qui a notamment illustré, une nouvelle fois, ce constat fait lors de la première édition en 2016 : celui d’une mission devenue multiforme et multidirectionnelle, et dans laquelle l’action sociale et humanitaire est devenue primordiale.

Un processus qui se veut transparent, en lien avec les Églises pour lesquelles cette question de la mission aujourd’hui, et de ses relations avec l’évangélisation, est devenue centrale : c’est dans cette optique qu’a été mis en ligne sur le site du Défap le dossier «Mission : refondation !», qui présente un certain nombre de textes issus des instances du Défap ou des permanents de l’équipe, discutés en Conseil ou partagés lors des réunions hebdomadaires de travail… Mais aussi des articles sur les forums auxquels le Défap a été associé, ou des points de vue de praticiens de la mission… Des textes qui interpellent, des textes pour s’interroger ; des textes qui montrent les débats en cours au Défap, et dessinent les contours d’une mue en train de se faire.




Courrier de mission : Christiane Nyangono, du Cameroun à Caen

Nous poursuivons notre série de témoignages diffusés par la radio Fréquence Protestante, au cours de l’émission Courrier de Mission, consacrée au Défap et animée par Valérie Thorin. Cette semaine, Christiane Nyangono, pasteure à Caen, venue du Cameroun. Elle évoque son enfance, la façon dont sa foi a été mise à l’épreuve, son arrivée en France.

Christiane Nyangono © DR

 

Christiane Nyangono, du Cameroun à Caen

«Courrier de mission» du 27 février 2019.
Émission consacrée au Défap, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

Nous poursuivons notre série de « Courrier de mission » consacrés aux témoignages. Témoigner, c’est parfois une nécessité, mais c’est aussi une forme de partage, un récit qui permet à celui qui le reçoit de réfléchir, de comprendre. Chaque expérience est riche d’enseignements et parfois, elle nous renvoie comme en miroir à ce que nous sommes, et à ce que nous voudrions être.

Au chapitre 5 de l’Évangile de Marc, voici ce que disent les versets 18 à 20 :

Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque l’implorait, afin de rester avec lui.

Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit : Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et comment il a eu pitié de toi.

Il s’en alla et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous étaient dans l’admiration.

 

Au Forum qu’avait organisé le Défap en 2016 plusieurs personnes sont venues témoigner de leur expérience comme envoyés. Pasteurs, volontaires de la solidarité internationale, ils et elles sont venus raconter ce qui leur était arrivé avant, pendant et après leur mission. Ils ont aussi parlé de leur foi, et de la façon dont elle les a portés vers un ailleurs, et vers autrui.

Le témoignage que vous pouvez entendre est celui de Christiane Nyangono, pasteur.

Pour aller plus loin :



«La Marche du siècle» : appel à marcher pour la justice climatique

Jamais la lutte contre le réchauffement climatique n’aura autant mobilisé en France sur un laps de temps aussi court. Alors que ce vendredi 15 mars, des lycéens manifestent en suivant l’appel à la Grève Mondiale pour le climat lancé par la Suédoise Greta Thunberg, 140 organisations, de Greenpeace France à la Fondation Nicolas Hulot, appellent à une «Marche du Siècle» le samedi 16 mars 2019 partout en France. La Fédération protestante de France, dans la lignée de son engagement pour la justice climatique, invite à y participer.

Première Marche pour le Climat, Paris, devant l’Hôtel de Ville © GodefroyParis, via Wikimedia Commons

 

Dans la continuité de son engagement en faveur de la justice climatique et face au contexte d’une action pour le climat dramatiquement insuffisante, la Fédération protestante de France (FPF) invite à participer à la «Marche du Siècle» qui se déroulera le samedi 16 mars 2019 dans près de 200 villes en France (voir les divers lieux dans la carte ci-dessous).

La Fédération s’alarme en effet du fossé qui sépare les besoins et les perspectives en matière de réductions d’émissions de gaz à effet de serre en France et dans le monde, qui détermine une trajectoire de réchauffement d’environ 3 °C en 2100, et davantage ensuite. Les conclusions du rapport spécial du GIEC (voir vidéo ci-dessous) sur les 1,5 °C de réchauffement moyen global ont rappelé la gravité de l’enjeu pour nos sociétés et pour la préservation du vivant.

Développer des alternatives

Pour aller plus loin :

Consciente que ce sont d’abord les plus vulnérables, dont les plus pauvres, qui souffrent et souffriront des dérèglements climatiques dans notre pays et ailleurs, aujourd’hui et demain, la FPF y discerne une véritable question d’équité et de solidarité : les engagements écologiques, sociaux et pour la jeune génération vont ensemble.

La Marche du Siècle pourra être l’occasion de manifester, entre autres, pour la nécessité d’une revue à la hausse drastique et urgente de l’ambition de tous les acteurs, dont en particulier les décideurs politiques et économiques, en vue d’un futur possible où nous avons tout à gagner : santé, emplois, démocratie, diversité du vivant, vie digne pour toutes et tous.

La Marche offre aussi l’opportunité de signifier que nous sommes prêts à aller plus loin et à développer les alternatives main dans la main avec d’autres ; la dynamique du label oecuménique français « Église verte » en témoigne, où plus de 230 communautés chrétiennes se sont mobilisées en à peine 18 mois.

Retrouvez sur cette carte les lieux des principales manifestations prévues ce samedi :

 

Et retrouvez dans cette vidéo un résumé, établi par Météo France, du rapport spécial du GIEC, qui a été rendu public en octobre 2018 :




Le multiculturalisme de l’Église protestante unie de Besançon

Suite de notre série de portraits de paroisses sur le site du Défap : après Marseille-Grignan, nous partons cette semaine à Besançon. Dans cette ville, deux temples pour l’Église protestante unie : l’un au bord du Doubs, dans la Tour historique du Saint-Esprit ; l’autre situé à Gray, à 45 km de Besançon, dans une petite chapelle construite en 1968 par de jeunes protestants allemands… Une série proposée par Marie Piat, en partenariat avec Regards Protestants.

Un culte à Besançon © Marie Piat

 

«Un temple situé 5, rue Goudimel, cela ne s’invente pas», se plaît à raconter Emmanuelle Seyboldt, l’un des deux pasteurs, avec Pierre-Emmanuel Panis, de l’Église protestante unie de Besançon [NDLR : l’article a été rédigé en janvier 2017, soit quatre mois avant l’élection d’Emmanuelle Seyboldt à la présidence du conseil national de l’EPUdF]. Claude Goudimel, un compositeur enfant de la Réforme, né probablement à Besançon vers 1514-1520 où il fut maître de chapelle, et célèbre pour son Psautier Huguenot. Quelques psaumes et batailles religieuses plus tard, c’est en 1848  que l’Église protestante unie de Besançon s’installe dans la Tour du Saint-Esprit, dont les fondations remontent à 1200. Une église constituée tout d’abord par une communauté suisse, puis renforcée par des Alsaciens fuyant l’Alsace après la guerre de 1870. Sans doute les prémices d’un multiculturalisme qui caractérise tout particulièrement la paroisse aujourd’hui (1). « Notre communauté composée d’environ 700 familles est devenue multiple. C’est pourquoi nous organisons depuis trois ans en mai un grand culte multiculturel. Dénommé le culte du monde entier  pour que chacun s’exprime dans sa langue natale », explique Emmanuelle Seyboldt. Un culte qui nécessite beaucoup de préparation, avec les textes bibliques lus dans chacune des langues, le texte traduit apparaissant sur l’écran. Y compris les chants rédigés en phonétique afin que chacun puisse chanter. En mai 2016, ce sont quelque vingt nationalités différentes qui se sont ainsi exprimées, issues d’Afrique, d’Asie et d’Europe. « Un culte beau, émouvant, très apprécié, qui fait vivre et ressentir l’église universelle», se réjouit notre pasteur.

KT pour adultes

Pour aller plus loin :

La paroisse compte, en outre, de plus en plus de nouveaux membres qui n’étaient pas, à l’origine, protestants mais qui ont souhaité se rapprocher du protestantisme. « La tendance reste récente, précise Emmanuelle Seyboldt, mais se confirme bel et bien. Ces nouvelles familles représentent désormais environ 20% des pratiquants, parmi ceux qui viennent régulièrement au culte le dimanche. » Autant de personnes qui peuvent puiser parmi les nombreuses activités de la paroisse. Pour les jeunes tout d’abord. Le catéchisme se déroule le dimanche toute la journée, une fois par mois en raison des distances (les paroissiens habitent dans un rayon de 50 km autour de Besançon). L’éveil à la foi et l’école biblique ont lieu deux fois par mois durant le culte. Les lycéens, environ une quinzaine, se réunissent quant à eux un samedi soir chaque mois tout en pouvant participer à Pâques à un voyage d’une semaine à Taizé. En perspective, la création d’un groupe pour les étudiants.

Ce sont aussi deux groupes de maison, plutôt axés sur les personnes âgées, qui se réunissent une fois par mois. L’un sur le plateau d’Ornans, l’autre à Besançon. Au programme également, des études bibliques œcuméniques avec les communautés catholique et baptiste tant à Besançon qu’à Gray sous la direction d’un pasteur et d’un prêtre. Et, dans le cadre de l’amitié judéo-chrétienne, la paroisse participe une fois par an au « Concert des Psaumes », autour d’un thème : la création en 2016, et le service en mars prochain. Des psaumes choisis ensemble par les chefs de chœur des différentes confessions, juive, catholique, protestante et orthodoxe.

Enfin, l’équipe pastorale lance, pour la première fois cette année, un parcours de catéchisme pour adultes suivant la méthode Alpha. Soit huit séances entre mars et mai prochains avec exposé, questions-réponses et repas partagé. La paroisse avait déjà organisé avec succès, en 2014, un parcours Alpha Couples qui avait débouché … sur un mariage et un baptême d’adulte ! 2017 sera aussi l’occasion d’organiser un voyage sur les traces de Luther en Allemagne. Une année riche en événements qui pourrait marquer un tournant dans la vie pastorale d’Emmanuelle Seyboldt pressentie pour devenir Présidente du Conseil National de L’Église protestante unie de France, en remplacement de Laurent Schlumberger. Après un parcours multiple, d’une mission à l’autre dans différentes régions de France, cette mère de famille nombreuse se mettra en chemin pour répondre à ce nouvel appel.

Marie Piat,
Regards sur les paroisses,
13 janvier 2017

 

 

(1) Église Protestante Unie de Besançon : 5, rue Goudimel- 25000 Besançon. 03 81 81 37 75.
Temple de Gray : 28 ter avenue des Capucins, 70100 Gray (même téléphone)
https://www.eglise-protestante-unie.fr/besancon-et-environs-pA0711



N’oublions pas les chrétiens d’Orient !

L’audition ce mercredi au Sénat du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, sur la situation des chrétiens d’Orient et des minorités au Moyen-Orient, intervient deux mois après la remise, le 3 janvier à l’Élysée, d’un rapport commandé par Emmanuel Macron sur ce même thème. Un signe de plus d’une volonté de s’engager en faveur des chrétiens d’Orient. Depuis longtemps, des organismes entretiennent des liens entre communautés chrétiennes en France et en Égypte, en Syrie, au Liban… C’est notamment le cas de l’Action Chrétienne en Orient, proche partenaire du Défap.

Photo d’ouverture : cette fillette fait partie d’une famille chrétienne qui a dû fuir la Syrie vers le Liban – octobre 2015 © Albert Huber, président d’ACO

 

Ce mercredi 6 mars 2019, à partir de 17h30, les sénateurs de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées entendent Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, sur la situation des chrétiens d’Orient et des minorités au Moyen-Orient, en commun avec le groupe de liaison, de réflexion, de vigilance et de solidarité avec les chrétiens, les minorités au Moyen-Orient et les Kurdes. Un signe de plus d’une volonté politique affichée de venir en aide aux chrétiens d’Orient… Cette audition intervient deux mois après la remise, le 3 janvier à l’Élysée, d’un rapport commandé par Emmanuel Macron. L’objectif assigné par le chef de l’État était clair : «Renforcer l’action de la France dans la protection du patrimoine du Moyen-Orient et le soutien au réseau éducatif des communautés chrétiennes de la région.» L’auteur de ce rapport, Charles Personnaz, magistrat à la Cour des comptes, indiquait alors au cours d’un entretien sa conviction que si les populations chrétiennes devaient disparaître de ces régions du monde, «le Moyen-Orient se retrouverait sans doute dans des situations de conflit pires qu’aujourd’hui.»

À plusieurs reprises avant cela, le chef de l’État avait déjà insisté sur la vocation protectrice de la France à l’égard des chrétiens d’Orient. À l’Institut du monde arabe, il déclarait ainsi le 25 septembre 2017 : «Je veux dire aux chrétiens d’Orient que la France est à leurs côtés, que notre priorité sera bien la défense de leur histoire.» Et aux Bernardins, le 9 avril 2018 : «Nous avons hérité historiquement du devoir de les protéger.»

«Les chrétiens d’Orient, facteurs de dialogue et de paix»

Pour aller plus loin :

Chaque année, l’ACO publie un magazine, Le Levant, dont vous pouvez découvrir les derniers numéros ici :

Le conflit syrien et, plus encore, l’apparition de Daech ont poussé beaucoup de Français, chrétiens ou non, à une prise de conscience à partir de l’année 2014 du sort des chrétiens d’Orient. En témoigne le succès de l’exposition Chrétiens d’Orient : deux mille ans d’histoire organisée à Paris par l’Institut du monde arabe, avec près de deux cent mille visiteurs. Bien sûr, il existe déjà des liens entre communautés chrétiennes entre l’Europe et le Moyen-Orient : la plus importante étant, côté catholique, l’Œuvre d’Orient, qui était d’ailleurs partenaire de l’exposition à l’Institut du monde arabe. Il existe aussi des relations côté protestant : l’ACO (Action Chrétienne en Orient), partenaire direct du Défap, en est le meilleur exemple.

L’ACO a été créée en 1922 par le pasteur Paul Berron. Témoin direct du génocide arménien au XXème siècle et du calvaire des survivants, il a vécu au Moyen-Orient entre 1915 et 1918. Aujourd’hui, en Égypte, en Syrie, au Liban mais aussi en Europe, l’ACO travaille au développement et au renforcement des communautés chrétiennes, ainsi qu’au défi que représente la cohabitation entre chrétiens et musulmans. L’ACO apporte un soutien financier, parfois en envoyant des personnes, organise des rencontres, fait un travail d’information. L’ACO collabore de manière quasi quotidienne avec le Défap, notamment pour l’envoi des volontaires en Égypte, au Liban… Depuis l’origine, elle a popur directeurs des pasteurs de l’UEPAL, Église membre du Défap qui lui apporte un soutien déterminant. L’EPUdF reconnaît aussi l’action de l’ACO, et la Fédération Protestante la considère comme son «expert» pour le Moyen Orient.

Présents depuis l’origine du christianisme, les chrétiens d’Orient ont été souvent victimes de discriminations et de violences, mais ils représentent encore aujourd’hui des communautés vivantes et dont la présence aide au vivre ensemble. Comme le soulignait le 13 mars 2018, dans une question au gouvernement, Gwendal Rouillard, deputé LREM du Morbihan et co-président à l’Assemblée du groupe d’études sur les chrétiens d’Orient, ces derniers «représentent hier comme aujourd’hui un facteur de dialogue et de paix. Par exemple, je rappelle qu’au Liban, il existe des villages chrétiens/sunnites et chrétiens/chiites mais qu’il n’existe aucun village sunnites/chiites. Pour nous, les chrétiens doivent continuer à jouer ce rôle de médiateur au nom de la diversité culturelle.» Or au début du XXème siècle, au Moyen-Orient, un habitant sur quatre était chrétien ; ils ne sont plus désormais que 11 millions parmi 320 millions de musulmans (soit un sur 30), partout minoritaires et contraints de chercher la protection des pouvoirs en place pour continuer à exister.




Carême protestant : six rencontres avec Jésus

Chaque dimanche sur France Culture, du 10 mars au 14 avril 2019, de 16h à 16h30, partagez les expériences de Pierre, Marie-Madeleine, Thomas, Nicodème… touchés et transformés dans leur vie par une rencontre : celle de Jésus. Ces conférences diffusées dans le cadre de l’émission «Carême Protestant» seront assurées par le pasteur Bruno Gaudelet, de l’Église Protestante Unie de France de Neuilly-sur-Seine.

Illustration pour Carême Protestant © EPUdF

 

Carême et protestantisme semblent ne pas vraiment aller ensemble, si on l’envisage de manière stricte et sous la forme d’un jeûne, et associer les deux termes comme le fait Carême protestant dans une série de conférences diffusées chaque année sur France Culture ne peut qu’impliquer une pratique bien différente.

Le Carême ne fait pas partie de l’histoire protestante, ni de sa pensée. Les Réformateurs ne l’ont pas pris en considération et le terme est absent de l’encyclopédie du protestantisme. C’est ce que montre le fait d’avoir plaqué l’imitation des quarante jours de jeûne de Jésus au désert du début de son ministère (Matthieu 4.2) sur une même période avant l’anniversaire de sa mort et de n’avoir pas intégré les dimanches qui célèbrent la résurrection. Les conférences de carême inaugurées par le pasteur Boegner en 1928 à la radio qui s’appellent depuis 1981 «Carême Protestant» montrent la démarche des protestant pour s’approprier cette période. C’est un temps de réflexion assidue pour mieux accueillir en soi le paradoxe que représente le Salut apporté par celui qui meurt sur une croix et qui manifeste la justification par Dieu de tous ceux qui croient, s’en remettent à Dieu pour donner du sens à leur vie.

Cheminer avec six personnages touchés dans leur existence…

Ces émissions sont donc en soi un indice, une manifestation du fait que depuis des années, les protestants retrouvent l’utilité de ce temps précédant Pâques. Il n’existe, bien entendu, aucune règle institutionnelle en la matière. Mais le Carême peut, dans notre vie chrétienne, correspondre à un temps de réflexion. Une période pendant laquelle on peut se demander, ou se redemander, ce que signifie être disciple du Christ dans notre quotidien…

L’histoire de Carême protestant

1928
Le Pasteur Boegner présente sa première conférence dans sa paroisse de l’Annonciation. Il sera suivi par bien d’autres pasteurs. Pendant l’occupation, le Pasteur Boegner se battra avec la censure allemande pour que ses conférences soient retransmises par la radio. Il gagnera. Les retransmissions n’avaient pas le retentissement qu’elles ont actuellement ; les postes de radio n’étaient pas aussi nombreux.

1981
Le titre de « Carême protestant » apparaît pour la première fois – une trouvaille qui va faire une percée fulgurante dans tous les milieux et qui est maintenant déposée comme une marque. Peu à peu, le cercle des auditeurs de toutes confessions s’agrandit et comprend 25% de catholiques intéressés par la pensée protestante. Les conférences sont éditées en brochures, en cassettes audio et en CD qui connaissent un bon succès. « Carême protestant » fait partie des émissions satellites de France Culture qui couvrent l’Europe et le bassin méditerranéen, jusqu’en Égypte.

Depuis 1997
« Carême protestant » a son propre site internet, et les prédications sont proposées en intégralité aussitôt après Pâques.

Cette année, les conférences diffusées dans le cadre de «Carême Protestant» seront assurées par le pasteur Bruno Gaudelet, de l’Église Protestante Unie de France de Neuilly-sur-Seine. Du 10 mars au 14 avril 2019, chaque dimanche sur France Culture, de 16h à 16h30, vous pourrez, à travers ces émissions, cheminer avec six personnages touchés dans leur existence par leur rencontre avec Jésus. Solidement étayées par l’exégèse biblique, ces relectures narratives, de facture théâtrale, nous feront partager les remises en cause intérieures de ces premiers témoins selon leur ancrage social et théologique.

En chemin vers Pâques, que ces conférences vous donnent d’entrer dans l’espérance ! À écouter dès dimanche et jusqu’à début avril sur France Culture (rediffusion sur Fréquence Protestante le lundi suivant à 21h30, ou en podcast sur le site de France Culture) :

Six figures narratives pour dire et entendre autrement l’Évangile

  • 10 mars : LE TÉMOIGNAGE DE PIERRE

Apprendre à se pardonner soi-même
Luc 5.1-11, Marc 8.27-33, Matthieu 26. 69-75, Jean 21.14-25

  • 17 mars : LE TÉMOIGNAGE DE MARIE-MADELEINE

La Bonne Nouvelle qui relève
Luc 8.1-3, Jean 20.1-18

  • 24 mars : LE TÉMOIGNAGE DE THOMAS

Croire au-delà du voir
Jean 11.16, 14.1-14 et 20.24-31

  • 31 mars : LE TÉMOIGNAGE DE NICODÈME

Il faut naître de nouveau
Jean 3.1-12 et 19.38-42

  • 7 avril : LE TÉMOIGNAGE DE PAUL

De la haine à l’amour
Actes 9.1-22, 1 Corinthiens 15.1-11, 2 Corinthiens 11.18-32, Galates 1.11-24

  • 14 avril : LE TÉMOIGNAGE DE JÉSUS

Père me voici !
Matthieu 26.36-46, Marc 14.32-42, Luc 22.39-46