Courrier de mission : la famille Ellenberger, une odyssée missionnaire

Invité fin juin de l’émission Courrier de mission, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante, Jean-François Faba, archiviste à la bibliothèque du Défap, a évoqué la richesse du fonds Ellenberger, dont les documents permettent de retracer plus d’un siècle d’histoire missionnaire au Lesotho, à travers trois personnages qui illustrent cette saga familiale : David, Victor et Paul Ellenberger.

Maison (appelée la caverne de Massitisi) de David Frédéric Ellenberger au Lesotho (archives familiales Ellenberger) © Défap

 

Gros plan sur la famille Ellenberger

«Courrier de mission» du 26 juin 2019.
Émission consacrée au Défap, animée par Valérie Thorin sur Fréquence Protestante

 

La bibliothèque du Défap est un lieu unique quand il s’agit de retracer l’histoire des missions protestantes dans le monde francophone. Elle est régulièrement enrichie par des dons et des legs : c’est le cas du fonds Ellenberger, reçu en 2016, et dont les documents couvrent trois générations de missionnaires au Lesotho : depuis David Frédéric (1835-1920), en passant par Victor (1879-1972) et jusqu’à Paul (1919-2016). Un ensemble remarquable, intéressant principalement l’histoire du Lesotho et la mission protestante dans ce pays (ainsi qu’en Zambie) mais qui reflète également la variété des centres d’intérêt dont se sont enrichis les parcours de vie des uns et des autres.

Le dépouillement de ces imposantes archives familiales léguées au Défap a constitué dernièrement la principale activité de Jean-François Faba, archiviste à la bibliothèque du Défap : le fonds reçu par la bibliothèque se répartissait en 130 à 140 cartons de documents traitant d’aspects missionnaires et de ministères en paroisse. Et ce n’était pas la totalité des archives : une autre partie est en effet allée à l’université de Montpellier, au regard des recherches que faisait Victor Ellenberger sur des fresques découvertes au Lesotho, et des travaux en paléontologie faits par Paul Ellenberger, qui a consacré une grande partie de sa vie aux Bushmen.

Au micro de Valérie Thorin, Jean-François Faba revient sur ce que révèlent ces archives. Il a travaillé sur les trois représentants les plus connus de la famille Ellenberger : David, Victor et Paul. Le grand-père, le père et le fils représentent à eux trois 109 années de présence au Lesotho, marquant la continuité d’un travail missionnaire engagé par David, originaire du canton d’Yverdon-les-Bains, dans le canton de Vaud, en Suisse.




Liberté, j’écris ton nom

L’été est toujours un moment propice en rencontres, retrouvailles et détente. Souvent, on le vit tel un vrai tourbillon et la reprise arrive bien trop vite. Le camp d’été Alternative Théologie propose justement un temps pour soi, à Paris auprès de jeunes protestants de tous horizons.

A Paris, du 25 au 30 août prochain, les jeunes de 18 à 30 ans auront l’opportunité de passer une semaine ressourçante sur le thème Liberté quand tu nous tiens.

Alternative Théologie, rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, propose des temps forts de partage (rencontres, sorties, repas, veillées). On y échangera de nombreuses façons (spirituelle, personnelle, philosophique) autour de textes bibliques, en compagnie de théologiens, pasteurs et témoins.

Une belle occasion d’échanger en toute convivialité sur sa foi et sa propre relation avec la liberté. Et pourquoi, justement ne pas placer l’année à venir sous son signe ?

« (…) Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom (…)

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté. »

Paul Eluard

À moins d’un an du rendez-vous très attendu du Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte pour mieux se reconnecter à Dieu comme à l’autre.

Pour plus d’information et pour réserver :

 




Centrafrique : «Travailler comme artisans de paix»

Si on ne parle plus officiellement de guerre, les violences perdurent en République centrafricaine, comme a pu en témoigner, en novembre 2018, le drame d’Alindao. La situation reste instable, les risques de dérapage permanents, et les besoins immenses. Comment les Églises participent-elles à réinventer un vivre-ensemble dans ce pays meurtri ? Entretien avec le pasteur Maurice Gazayeke, président de l’UFEB (Union Fraternelle des Églises baptistes), qui a été reçu au Défap au cours du mois de juin 2019.
Carte de la République centrafricaine

 

On ne parle plus de guerre civile en République centrafricaine. Et pourtant, les troubles perdurent, dans un pays qui reste profondément marqué et où tout est, encore aujourd’hui, à reconstruire. Si la situation est relativement calme à Bangui, la capitale, les provinces restent instables et leurs populations, menacées par de toujours possibles éruptions de violences. En 2016, les élections ont apporté un espoir de tourner la page des années de guerre. Pour la première fois de son histoire, la RCA avait enfin un président (l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra) et un parlement démocratiquement élus. Mais des régions entières sont restées de fait sous le contrôle de milices faisant régner la terreur ou monnayant leur «protection». Des groupes armés avec lequel le gouvernement a bien dû négocier, jusqu’à signer en février 2019 un accord avec quatorze d’entre eux : l’accord de Khartoum, treizième accord de paix qu’ait connu la République centrafricaine depuis 2007, qui devait permettre d’apporter un apaisement en intégrant les principaux chefs de guerre à la vie politique centrafricaine. Dans les faits, la situation reste si difficile que le Conseil de sécurité a renouvelé, jusqu’au 15 novembre 2019, le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), tout en le renforçant. Les violations des droits humains sont quotidiennes, plus des trois-quarts des habitants du pays sont toujours en situation d’extrême pauvreté et la RCA est à la toute dernière place de l’indice du développement humain, au 188ème rang sur 188 pays.

Dans un pays où les structures collectives sont détruites et les institutions défaillantes, les Églises représentent l’une des rares forces capables d’aider à reconstruire le vivre ensemble. Elles jouent un rôle d’accompagnement irremplaçable auprès de la population, aident à panser les plaies de la guerre et plaident pour l’apaisement. Le Défap est directement en lien avec deux d’entre elles : l’Église Protestante Christ-Roi de Centrafrique, basée à Bangui, et l’Église Évangélique Luthérienne de République centrafricaine, présente principalement dans l’ouest du pays, région déshéritée et instable. Mais des relations ponctuelles peuvent s’établir avec d’autres partenaires, également engagés dans les efforts de paix et de reconstruction. C’est le cas des communautés baptistes, et notamment de l’UFEB (Union Fraternelle des Églises baptistes), dont le président, le pasteur Maurice Gazayeke, a été reçu au Défap au cours du mois de juin 2019.

Le pasteur Maurice Gazayeke © Défap

 

Quelle est aujourd’hui la situation en République centrafricaine ?

Pasteur Maurice Gazayeke : Le gouvernement continue à tendre la main à ceux qui ont pris les armes, en les exhortant à cesser les hostilités. Depuis l’accord de Khartoum, on sent un changement positif à Bangui et dans les villes environnantes ; mais il y a toujours des difficultés dans les régions, des massacres inopinés perpétrés par des groupes rebelles… Il y a des coupures de route : celle qui va de Bangui au Cameroun a ainsi été bloquée, pour empêcher le ravitaillement de la ville ; les fautifs ont été écartés ; mais on craint toujours les violences qui peuvent survenir de façon imprévisible. Partout dans l’arrière-pays, les groupes armés se sont solidement établis : en dépit de la Minusca, ils ont pris le pouvoir de certaines régions et ne veulent pas le laisser. En outre les chefs rebelles semblent n’avoir pas toujours un entier contrôle de tous leurs éléments, qui peuvent se comporter comme des bourreaux de la population. Ce qui continue à attiser les craintes de violences interconfessionnelles : quand des groupes rebelles sont majoritairement des musulmans, les Églises ont fort à faire pour éviter les représailles de la part de la population contre des musulmans… Alors qu’à la base, le problème est politique, non confessionnel.

Que vit la population au quotidien ?

Les gens sont en insécurité permanente. Les villageois craignent d’aller dans leurs champs, d’aller à la pêche, ou à la chasse : ils risquent à tout moment de rencontrer des éléments rebelles et de se faire tuer. Et la population civile a souvent l’impression d’être abandonnée à elle-même en cas de violences, alors que les forces de la Minusca sont là théoriquement pour les protéger. Personne n’a oublié le drame d’Alindao, en novembre 2018, lorsque des groupes armés ont massacré des dizaines de personnes dans un camp pourtant placé sous la protection de la Minusca. Le contingent de la force internationale avait été prévenu des préparatifs de cette attaque, et n’a rien fait pour s’y opposer ; au contraire, les hommes de la Minusca se sont retirés sans un coup de feu. L’Onu a dû ouvrir une enquête internationale, et l’image de la Minusca, déjà mauvaise aux yeux de l’opinion publique centrafricaine, s’est encore dégradée. De tels drames alimentent tous les soupçons, y compris ceux de connivence entre certains éléments des forces internationales et certains groupes rebelles. Mais en dépit de cette insécurité permanente, on progresse vers la paix, avec l’aide du Seigneur.

Que font les Églises pour aider à désamorcer ces violences ?

Les Églises baptistes ont toujours exhorté leurs fidèles à travailler comme artisans de paix. Mais elles ne le font pas seules : chaque dénomination travaille dans le sens de la cohésion sociale, en vue de la réconciliation de la population. Là où je vis à Bangui, dans le quatrième arrondissement, mon Église, celle de Ngoubagara, organise des grandes rencontres de prière, et y invite le gouvernement et le président de la République. Elle lance des appels notamment à travers l’AEC (l’Alliance des Évangéliques en Centrafrique), qui fait partie de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, laquelle regroupe des protestants, des catholiques et des musulmans pour faire du plaidoyer en faveur de la paix. L’une de ces grandes rencontres de prière en faveur de la réconciliation et de la paix a eu lieu juste avant mon départ pour la France, en présence des autorités politiques. De son côté, le gouvernement fait régulièrement appel non seulement aux partis politiques, mais aussi aux diverses confessions pour nouer des contacts et tenter de consolider la paix. À travers ces rencontres, à travers la Plateforme, les leaders religieux, au lieu d’agir en ordre dispersé pour le retour de la paix, plaident ainsi ensemble contre les violences interconfessionnelles. Ils s’efforcent de montrer, ensemble, que les bases du conflit ne sont pas religieuses. Les relations entre représentants religieux sont régulières : ainsi, quand les nouveaux leaders de l’AEC ont été élus, l’imam Kobine, qui fait partie de la Plateforme, avait été invité.

Ces appels sont-ils bien reçus au sein de la population ?

Les gens sont fatigués de toutes les violences. Ils aspirent avant tout à la paix. S’il y a des réticences chez les fidèles, ils ne les expriment pas dans l’Église. Quand on organise des chaînes de prière au niveau de l’AEC, toutes les Églises répondent de manière positive et les fidèles impliqués sont nombreux. Mais les rebelles, eux, ont beau signer des accords, ils ne les respectent pas toujours. Les Églises sont sincères dans leurs appels à la paix, mais se rendent bien compte que les rebelles jouent à une sorte de jeu de cache-cache…

Propos recueillis par Franck Lefebvre-Billiez




Deux semaines qui changent une vie




Développement durable : valoriser le rôle des volontaires internationaux

Rencontre annuelle des Nations unies pour le suivi et l’examen de l’Agenda 2030 et des Objectifs de développement durable (ODD), le Forum politique de haut niveau se tient jusqu’au 18 juillet 2019 à New York. France Volontaires, dont le Défap est membre, y est présente pour mettre en lumière, de concert avec ses partenaires internationaux, la contribution du volontariat international à l’atteinte des ODD.

Affiche du FPHN de New York © DR

 

Sous le thème «Émanciper les individus et assurer l’inclusion et l’équité», le Forum politique de haut niveau (FPHN) cible cette année cinq ODD : l’ODD 4 «Éducation de qualité», l’ODD 8 «Travail décent et croissance économique», l’ODD 13 «Lutte contre le changement climatique», l’ODD 16 «Paix, justice et institutions efficaces» et l’ODD 17 «Partenariats pour la réalisation des objectifs».

Chaque année, un certain nombre d’États viennent présenter chacun leur Revue Nationale Volontaire (RNV) qui permet d’assurer un suivi de l’état d’avancement de l’atteinte des ODD dans les pays, d’identifier les leçons apprises et les lacunes. En cette année 2019, 47 pays présentent leur RNV.

France Volontaires, la plateforme française des engagements volontaires et solidaires à l’international, dont fait partie le Défap, est membre de la Volunteer Groups Alliance (VGA), une coalition rassemblant une quarantaine d’organisations internationales (dont PVNU, VSO, IAVE, Peace Corps et NOREC) qui contribuent au développement durable par le volontariat et le bénévolat. Depuis 2014, VGA œuvre à la valorisation de la contribution indispensable des volontaires à l’Agenda 2030 et sa nécessaire reconnaissance par les gouvernements et autres parties prenantes. En 2015, les Nations unies ont qualifié le volontariat de « levier puissant et transversal » de la mise en œuvre des ODD.

Les messages portés par la Volunteer Groups Alliance (VGA)

Dans son papier de positionnement publié à l’occasion du FPHN 2019, VGA rappelle que les volontaires et le soutien à leurs efforts sont essentiels au succès de la mise en œuvre de l’Agenda 2030, comme reconnu par le Secrétaire général de l’ONU dans son rapport sur le programme pour l’après-2015.

Dans ce sens, VGA formule quatre recommandations adressées aux États membres :

  • Reconnaître officiellement la contribution du volontariat à la mise en œuvre des ODD dans les Revues nationales volontaires (RNV) des États membres au niveau du FPHN ;
  • S’assurer de la reconnaissance et du soutien au volontariat dans les stratégies et les plans nationaux pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030 ;
  • Affirmer leur soutien total à la mise en œuvre de la résolution A/RES/67/290 qui soutient la participation d’acteurs non-gouvernementaux au FPHN ;
  • Veiller à ce que le cadre de responsabilité, de transparence et d’examen des ODD implique la consultation de la communauté à tous les niveaux, y compris la représentation des voix les plus marginalisées, ainsi que les volontaires qui travaillent étroitement avec eux.

Plusieurs expériences permettent d’illustrer concrètement la contribution des volontaires à la réalisation de l’Agenda 2030.

Par exemple, le Groupement des Éducateurs sans Frontières (GREF), membre de France Volontaires, a soutenu au Sénégal l’élaboration d’un plan de formation sur l’encadrement de la petite enfance, en lien avec des partenaires locaux. Ce plan est ensuite devenu national et a été adopté dans l’ensemble du pays à la suite d’un partenariat avec le gouvernement, ce qui a permis de contribuer à l’ODD4 sur l’éducation de qualité.

Au Pakistan, des volontaires appuyés par l’organisation britannique Voluntary Service Overseas (VSO) ont organisé des Forums pour la paix afin de réunir différents groupes ethniques et religieux et de favoriser la cohésion sociale entre différentes communautés, contribuant ainsi à l’ODD10 sur la réduction des inégalités.

Par ailleurs, les volontaires contribuent également à la lutte contre le changement climatique et la réduction des risques de catastrophe (ODD13). En 2018, France Volontaires et ses partenaires de 5 pays (France, Italie, Mauritanie, Maroc et Tunisie) ont lancé le projet TERO (Territoire Engagés pour la Résilience des Oasis) financé dans le cadre de l’initiative des Volontaires de l’Aide Humanitaire de l’UE (EU Aid Volunteers). Il a pour objectif de sensibiliser les communautés oasiennes à la menace du changement climatique et de renforcer leur résilience, en impliquant des volontaires locaux pour renforcer les capacités des organisations locales de protection de l’environnement.

Un événement parallèle organisé sur le rôle des volontaires dans la réalisation des ODD

En marge du Forum politique de haut niveau, VGA a organisé un événement parallèle, coparrainé par la France et le Pakistan, le mercredi 10 juillet sur le thème : «Connecter les peuples, inspirer l’action : le rôle des volontaires pour l’inclusion et l’égalité dans la réalisation des ODD».

Cet événement avait pour ambition de montrer comment les volontaires contribuent à connecter les peuples et les communautés aux ODD afin de renforcer l’appropriation locale de l’Agenda 2030. Il s’agissait également de partager des exemples innovants d’intégration des volontaires dans les processus d’élaboration des RNV cette année.

Flora, volontaire française actuellement en Tunisie au sein de l’Association de sauvegarde de l’Oasis de Chenini (ASOC), envoyée par le Centre d’Actions et de Réalisations Internationales (CARI), y était présente. Impliquée dans le projet TERO, elle portait un témoignage sur la contribution des volontaires à l’ODD 13 sur la résilience et la lutte contre le changement climatique. Une manière aussi de mettre l’accent sur la complémentarité entre le volontariat local et le volontariat international.




L’été au Défap : Alternative Théologie

Tu as entre 18 et 30 ans, tu as envie de vivre la Bible autrement et faire des rencontres spirituelles vivifiantes autour du thème «Liberté quand tu nous tiens» ? Découvre les temps forts de notre camp d’été Alternative Théologie qui se tiendra à Paris du 25 au 30 août 2019. Un rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

En compagnie de jeunes de tous horizons et d’experts dans les domaines bibliques, philosophiques et théologiques, Alternative Théologie est une belle occasion de vivre ou de découvrir sa relation avec Dieu autrement.

Voici ces principaux temps forts.

  • Dimanche 25 août : prendre ses marques, en s’installant joyeusement (repas en équipe, jeux, présentation du camp…).
  • Lundi 26 : Après un réveil « spi », réfléchir ensemble sur le thème « Liberté et Justice » : quel est mon rapport au monde, comment penser la liberté avec ses limites, vis-à-vis d’autrui…) ; veillée avec projection d’un film…
  • Mardi 27 : Avec le film de la veille, entamer une réflexion sur le rapport à soi et au corps, entre puissance et fragilité, acceptation des limites, rapport aux passions et à la raison… Autres temps forts : ateliers créatifs, lecture suivie, soirée témoignage…
  • Mercredi 28 : Le sujet de la réflexion du jour « la liberté reçue, acquise, imposée (à travers la lecture des extraits de la liberté chrétienne de Luther). D’autres surprises comme une rencontre, une sortie sont au programme.
  • Jeudi 29 : préparer la table ronde de l’après-midi « Mes espaces de liberté » et la « soirée des talents ».
  • Vendredi 30 : Branle-bas de combat, c’est déjà le départ ! Et pour partir, quoi de mieux qu’un temps cultuel et un dernier repas pour l’envoi. Un an avant le très attendu Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte à tenter. Il reste quelques places, aussi n’hésite pas à t’inscrire !

Cet événement est co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse.

  • Lieu du logement : Service protestant de mission – Défap – 102 bd Arago – 75014 Paris
  • Lieu de la formation : Faculté de théologie protestante de Paris – 83 bd Arago – 75014 Paris

Pour plus d’information et pour réserver :

 




Hope 360 : demandez le programme !

Le 19 octobre, vous pourrez porter les couleurs du Défap à Valence et participer au sauvetage de l’hôpital de Bafia, au Cameroun, en participant à la première édition nationale de Hope 360 : un événement à la fois, festif, ludique et sportif ; un événement porteur d’espoir au profit de projets solidaires. Nous aurons l’occasion au cours des prochains mois de vous fournir plus d’informations sur ce grand rendez-vous organisé par Asah, le collectif d’ONG chrétiennes, dont le Défap est membre ; voici déjà un aperçu du programme de la journée.

La première édition nationale de Hope 360 se déroulera le 19 octobre 2019 à Valence. Environ 2000 personnes sont attendues ! Les participants (appelés « hopeurs ») pourront effectuer le parcours, à roulettes, à pied ou à vélo… et participer à la fête.

Les « hopeurs » sont tous ceux qui, touchés par la situation des démunis, décident de se mettre en mouvement pour leur rendre l’espoir. Chaque hopeur relève un défi sportif et mobilise son réseau pour soutenir le projet humanitaire qui lui tient à cœur. L’événement a été conçu pour tout public, pas besoin d’être sportif ! Que le Hopeur 360 soit un enfant, un adolescent ou un adulte, un acharné du challenge ou un adepte de la promenade tranquille, il peut participer, seul ou en équipe, à l’une des épreuves sous les couleurs de l’ONG de son choix.

Cinq parcours non chronométrés, non classés sont proposés (Certificat médical non obligatoire). Ils permettent aux participants d’avancer à leur rythme dans une ambiance conviviale, sur un tracé au bord du Rhône.

Programme :
09h00-10h00 – Accueil, animations, échauffements et des animations pour les enfants (maquillage, jeux…)
10h00- 13h00 – Épreuves
○ 10h00 – 1,7 km marche
○ 10h30 – 3,4 km sur engin à roue(s) sans moteur sauf vélo
○ 11h15 – 6,8 km course à pieds
○ 12h00 – 6,8 km sur vélo
13h00 – 13h30 – Remise des prix
13h30 – 15h00 – Concerts, animations et petite restauration

Un parcours sur un anneau de 100 mètres est réservé aux courses sur roues pour les moins de 10 ans.

Une petite restauration sera disponible tout au long de la journée. Les tarifs d’inscription ont été conçus pour accueillir un maximum de participants aux deux courses.

● Hopeur seul : 9 €
● Famille jusqu’à 6 Hopeurs : 20 €
● Equipe à partir de 10 Hopeurs : 6 € / hopeur

Chaque hopeur, famille ou équipe est encouragé à contribuer à un projet en devenant collecteur pour l’organisation de son choix. Il n’y a pas de plancher de collecte pour participer aux épreuves mais une collecte de 20 € à 200 € selon les âges semble un bon objectif (voir ci-dessous le concours plus belle collecte pour découvrir ces planchers).

Des concours sont organisés pour mettre à l’honneur les Hopeurs et les organisations de solidarité internationale qui font un effort de mobilisation. La variété des concours permet de mettre en avant aussi bien des organisations de solidarité internationale connues que des plus petites structures. Une organisation de solidarité internationale ne peut gagner qu’un seul concours à la fois.

La liste des concours : la plus belle collecte individuelle (participation à partir de 20 € pour les enfants de moins de 12 ans, 100 € pour les 12 à 20 ans et 200 € pour les adultes), le plus bel engin à roue(s) , le plus grand groupe de Hopeurs mobilisé, le déguisement le plus original.




Lettres de Tananarive

À travers cet ouvrage, Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père, 1924-1927, Faranirina Rajaonah, professeure émérite d’histoire à l’Université Paris Diderot et membre du Cessma (Centre d’Études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques), et Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque du Défap, font revivre le témoignage d’un responsable de mouvement de jeunesse, fondateur du scoutisme à Madagascar dans les années 1920 : Jean Beigbeder, Z’oeil de chouette pour les éclaireurs ou Rabeigy pour des Malgaches, qui a marqué à la fois plusieurs générations de Malgaches et de Français.
Panorama de Tananarive dans les années 1920 à 1950 © Bibliothèque du Défap

 

«Je serais tenté de dire qu’il faudrait que beaucoup de Français se mettent à la disposition des sociétés de missions étrangères pour cette tâche d’enseignement ; c’est ainsi que les prochaines générations malgaches seraient élevées à la française et non plus à l’anglaise ; et alors les mauvaises langues ne pourraient plus clamer partout que : qui dit protestant, dit étranger.» (Jean Beigbeder)

Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père, 1924-1927, disponible à partir du 16/07/2019 chez Hémisphères

De Tananarive, où il dirige, de 1924 à 1927, le «Foyer», une section des Unions chrétiennes de jeunes gens (UCJG), Jean Beigbeder écrit à son père en France. Ces 132 lettres constituent l’intégralité de cette correspondance envoyée par celui que l’on surnommait Z’oeil de chouette chez les éclaireurs ou Rabeigy chez les Malgaches, qui a marqué à la fois plusieurs générations de Malgaches et de Français. Ce protestant béarnais, docteur en droit, convaincu des vertus du scoutisme dans la formation du citoyen, évoque son travail, sa vie quotidienne ainsi que les nouvelles venues de France. Tout comme lui, sa femme Odette Meyer a une solide expérience des mouvements de jeunesse. Ses lettres rendent également compte du fonctionnement des réseaux protestants en France et à l’étranger.

On découvre à travers cette correspondance la convivialité des envoyés de la Mission protestante française ainsi que la vigueur du protestantisme dans une ville qui s’est approprié le christianisme. Le récit de ses voyages en Imerina, et dans des contrées plus lointaines, contribue à la richesse de cette correspondance, à la croisée de l’individuel et du social.

L’intérêt des lettres vient également de ce qu’elles disent du moment colonial dans une capitale où les Vazaha, les Européens, doivent prendre leurs marques, alors même que les Malgaches subissent la discrimination. Les années 1924-1926 d’embellie économique sont aussi celles de la montée de la contestation anticoloniale, s’exprimant d’abord dans la revendication de l’égalité. Dans ce contexte, l’expérience du Foyer paraît exceptionnelle. De fait, Jean Beigbeder est un médiateur culturel. Il cherche à faire du Foyer un «espace franco-malgache», avec la possibilité pour des «jeunes» de différents âges, bridés dans leurs aspirations, d’accéder à la culture européenne, tout en participant à la valorisation de la leur propre. Sans remettre en cause la colonisation, il se découvre un réel attachement pour Madagascar et sa culture – il évoque ainsi dans ses lettres son apprentissage du malgache et les pratiques qui fondent le fihavanana (liens de parenté) ; son épouse et lui-même se lient d’amitié avec de jeunes Malgaches.

Lettres de Tananarive – Jean Beigbeder à son père

Auteur : LOMBARD, CLAIRE-LISE ; RAJAONAH, FARANIRINA
Éditeur : HEMISPHERES
ISBN : 9782377010417
Date de parution : 16/07/2019




Courir à Valence, sauver un hôpital au Cameroun




Frédéric Trautmann, la mission chevillée au cœur

La mission, le pasteur Frédéric Trautmann, qui vient de disparaître, y avait consacré une grande partie de sa vie : notamment durant toutes les années passées au Défap, dont il avait vu la naissance en tant que membre du comité directeur de la SMEP, et où il avait occupé successivement les fonctions de secrétaire exécutif, secrétaire général, puis président. Une cérémonie à sa mémoire aura lieu le jeudi 13 juin à Versailles, en présence de plusieurs représentants du Défap.

Frédéric Trautmann © Albert Huber

 

Avec Frédéric Trautmann, le Défap ne perd pas seulement un de ses anciens présidents – fonction qu’il avait occupée jusqu’en juin 2006, et à laquelle devait lui succéder Jean-Arnold de Clermont ; c’est une personnalité profondément marquée par la mission qui disparaît, au point d’y avoir consacré une grande partie de sa vie. «Au nom de Jésus-Christ, disait-il, l’important est que le chrétien soit un passeur de frontières qui excluent, un protestant qui témoigne et réagit contre toute atteinte à l’humanité de l’homme, à sa dignité, à sa liberté d’enfant de Dieu!».

Né en 1935 dans le nord de l’Alsace, tout près de la frontière avec le Palatinat, ce fils d’instituteur, en rejoignant l’université de Strasbourg, se destinait tout d’abord aux études de sciences, puis de psychologie. C’est à la fois un fond humaniste, l’impérieuse nécessité d’allier l’action à la réflexion, le tout s’ajoutant à un séjour dans une famille pastorale avec laquelle ses parents étaient en lien, qui devaient l’orienter vers la théologie. Un voyage d’études en Allemagne de l’Est lui donnait bientôt un aperçu de ces «frontières qui excluent» en le mettant en relation avec des étudiants et des pasteurs de l’autre côté du rideau de fer. Voyage effectué alors avec Georges Casalis, une personnalité issue d’une famille riche de missionnaires (et notamment Eugène Casalis, qui avait dirigé la SMEP, ancêtre du Défap), et marquée par un engagement fort : il était notamment l’un des signataires des Thèses de Pomeyrol, qui avaient réclamé dans les années 40 un engagement clair de l’Église Réformée de France face à l’occupation nazie.

De la Nouvelle-Calédonie au rapport sur «Les Églises issues de l’immigration»

Dès son premier poste pastoral devait apparaître pleinement l’engagement de Frédéric Trautmann vis-à-vis de la mission : une paroisse, disait-il, «ne doit pas vivre seulement pour elle-même, mais aussi travailler avec les autres et pour les autres dans la société, être tournée vers l’extérieur.» Ce qui lui valait de rejoindre bientôt le comité directeur de la Société des missions évangéliques de Paris, que présidait le pasteur Marc Boegner. L’époque était celle de la décolonisation et des grandes interrogations sur le modèle missionnaire. L’indépendance des colonies apparaissant comme certaine, l’autonomie des Églises implantées depuis le XIXème siècle par la SMEP allait de soi ; mais qu’allaient devenir les relations entre les «Églises mères» d’Europe et leurs «Églises filles», notamment en Afrique ? Fallait-il cesser toute relation, ou les réinventer ? De là l’idée de transformer l’ancienne Société des missions évangéliques de Paris en deux institutions nouvelles : la Cevaa, une Communauté d’Églises au sein de laquelle toutes pourraient se retrouver, en ayant le même statut, le même droit de parole et le même pouvoir de décision ; et le Défap, devenant dès lors le service missionnaire des Églises protestantes de France qui participaient auparavant à la SMEP. Frédéric Trautmann devait prendre part à cette révolution dans l’histoire des missions protestantes françaises, en participant à cette mue de la SMEP en deux nouveaux organismes. Avant d’aller lui-même expérimenter cet «extérieur» et ce dépassement des frontières en passant quatre années en nouvelle-Calédonie. Un séjour dont il devait garder une indéniable proximité avec le peuple Kanak, comme en témoignent certains de ses écrits ultérieurs dans le Journal des missions évangéliques, publié par le Défap («Où en est la Nouvelle-Calédonie ?», 1976 ; «Kanak veut dire homme», juillet 1984).

De retour à Paris, il intègre l’équipe des permanents du Défap dès 1975, en étant dans un premier temps chargé des envoyés et de l’animation théologique, puis au poste de secrétariat général. La Nouvelle-Calédonie l’y rattrape : durant la période de tensions croissantes qui, au cours des années 80, marque les «événements» et culminera dans la tragique prise d’otages de la grotte d’Ouvéa, Frédéric Trautmann est pressé d’intervenir par Pierre Joxe, alors ministre de l’intérieur et des DOM-TOM, pour obtenir la libération d’un sous-préfet pris en otage à Lifou. Tâche dont il s’acquittera avec succès. À partir de 1987, il quitte le Défap en prenant la direction de la Fondation John-Bost ; mais il ne s’en détachera jamais vraiment, si bien qu’à la retraite, il accepte d’y revenir et d’en prendre la présidence. Une nouvelle période du long compagnonnage entre Frédéric Trautmann et le Défap, au cours de laquelle il s’intéresse notamment de près à l’évolution du rôle des envoyés, qui constituent l’une des activités du Défap les plus visibles pour les Églises de France. Il participe aussi à toute la réflexion sur les relations avec les nouvelles Églises implantées en France, notamment par des Églises des anciennes colonies, que l’on appellera plus tard les «Églises ethniques» faute d’un meilleur terme. Il fait ainsi partie, aux côtés notamment de Claude Baty, Étienne Lhermenault, Antoine Nouis et Bernard Coyault, d’un groupe de travail suscité par le conseil de la Fédération protestante de France qui remet en 2005 un rapport sur «Les Églises issues de l’immigration» – rapport qui précédera d’un an la naissance du projet Mosaïc. En 2006, dans son dernier texte lu devant l’Assemblée Générale du Défap dont il est alors sur le point de quitter la présidence, il donne en ces termes sa vision du Défap, dans laquelle il met en parallèle «mission au près» et «mission au loin» :

«Quelle est en définitive la finalité de notre action en tant que service protestant de mission, comme notre Conseil voudrait la mettre en œuvre à la place qui est la sienne ? On pourrait peut-être la résumer ainsi :

  • Permettre à nos Églises de France de contribuer, même modestement, à la croissance et à l’épanouissement des Églises et des peuples, en particulier dans des régions qui sont parmi les plus pauvres et les plus déshéritées du monde,
  • Démontrer par l’exemplarité de nos projets missionnaires et par leur fidélité à l’Evangile, qu’une communauté humaine et chrétienne fraternelle et solidaire est possible par-delà toutes les frontières qui voudraient nous séparer,
  • Croire et affirmer haut et fort que les hommes et les femmes issus de l’immigration et vivant en France, qu’ils soient français ou non, contribuent à la croissance et à l’évangélisation de nos Églises et de notre pays.»

La cérémonie à la mémoire de Frédéric Trautmann aura lieu à Versailles, le jeudi 13 juin, en présence de plusieurs représentants du Défap.




Voir et vivre la théologie autrement

Alternative Théologie, le rendez-vous co-organisé par l’Institut protestant de Théologie, le Défap, la Coordination Évangélisation-Formation de l’EPUdF et le réseau jeunesse, c’est dans un peu plus de deux mois ! Ce camp prévu pour les jeunes de 18 à 30 ans, sur le thème de : Liberté quand tu nous tiens ! aura lieu du 25 au 30 août 2019 à Paris.

Pas besoin d’être un grand expert en la matière ! On vient, bien au contraire, mains dans les poches, avec sa vie, ses doutes et tout son enthousiasme pour mieux rencontrer l’autre.

«C’est un travail d’une semaine autour de textes bibliques, qui se fait dans la sérénité, avec des personnes qui apportent une expertise dans les domaines bibliques, philosophiques et théologiques», précise un participant, Nicolas Maramotti.

Ces moments de partage (rencontres, sorties, repas, veillées) sont autant d’occasions de discuter d’un point de vue spirituel, théologique comme d’un point de vue personnel avec des jeunes d’horizons et d’âges différents.

Dans la ville de Paris que l’on (re)découvre en même temps, les jeunes vont vivre la théologie autrement, c’est-à-dire expérimenter un autre apprentissage du texte et échanger des points de vue différents.

Cet événement est organisé par l’Institut protestant de théologie et l’Eglise protestante unie de France.

À moins d’un an du rendez-vous très attendu du Grand KIFF 2020, « Alternative Théologie » est une aventure spirituelle forte pour mieux se reconnecter à Dieu comme à l’autre.

Pour plus d’information et pour réserver :

 




Lettre à Frédéric

«Aimer Dieu, c’est permettre à l’autre d’être reconnu comme un homme infiniment précieux»… À travers cet hommage écrit sous forme de lettre, le photographe Albert Huber, qui fut également envoyé et chargé de mission du Défap, revient sur le parcours singulier de Frédéric Trautmann.
Frédéric Trautmann © Albert Huber

 

Je t’écris de cette terre d’Alsace qui t’a vu naître, alors que tu viens de rejoindre l’autre rive. C’est à Porto Novo au Bénin que je t’ai photographié, lors d’un reportage à l’AG de la Cevaa, début des années 2000. Nous nous sommes croisés la dernière fois dans la salle des fêtes de l’Élysée à l’occasion de l’hommage du président Hollande aux responsables de la Fédération de l’Entraide Protestante. Mais c’est lorsque tu occupais le bureau du secrétariat général du Défap au 102 du boulevard Arago à Paris que nous nous sommes vraiment rapprochés.

De prime abord, ta haute stature d’homme m’avait impressionné. Mais une fois le contact établi, l’attention était comme captée par ton regard franc et direct. Dans la conversation, tu dégageais un quelque chose à la fois d’énergique et de paisible. Inutile le passage par de grandes déclarations, ton entrain, tu le puisais dans ton attention chaleureuse pour l’autre. Plus particulièrement pour celui resté au bord du chemin, ici comme au-delà des océans. Ton itinéraire singulier est édifiant à ce sujet. «Aimer Dieu, c’est permettre à l’autre d’être reconnu comme un homme infiniment précieux» était la boussole de ton parcours de vie. Tu l’as mise en pratique dans ta première paroisse de Sarre Union dans l’Alsace profonde – 2500 âmes, 4 cultes le dimanche. Plus tard, sur le terrain de la mission en Nouvelle-Calédonie déjà en quête d’indépendance. À ton retour, à la direction du Défap, l’historique Service protestant de mission. Et enfin, pour boucler la boucle, à la tête de Fondation protestante John Bost à La Force, 1000 personnes handicapées en résidence.

Si je ne devais retenir qu’une seule chose de nos échanges et correspondances, c’est à coup sûr la profonde fraternité qui te liait au peuple kanak de Nouvelle-Calédonie. Tu l’as vécue entre solidarités et tensions sur place, puis tout au long de tes 12 années au Défap. La fièvre monte en 1984-1985, quand Pierre Joxe, ministre de l’intérieur et des DOM-TOM, t’appelle au Défap te demandant d’intervenir. Un sous-préfet est pris en otage à Lifou : intolérable pour le gouvernement. Connaissant l’autorité de l’Église protestante au sein du peuple kanak, le ministre te demande d’intervenir. Au téléphone, tu interpelles une nuit entière tes anciens partenaires sur place et le sous-préfet est libéré, le bain de sang évité. «Kanak veut dire homme» écrivais-tu dans tes différents articles et rapports sur le Caillou.

Il est autour de chacun de nous des témoins d’humanité qui spontanément suscitent l’empathie. Personne ne prendra leur place un jour, eux-mêmes n’ayant pris la place de personne. Tu as été, cher Frédéric, de ceux-là.

Albert Huber
ancien envoyé et chargé de mission du Défap