Les Jeudis du Défap : Promotion / Leadership des femmes dans l’Église en Afrique – Le replay
La première des huit conférences des « Jeudis du Défap » en 2025 s’est tenue le 13 février dernier avec la pasteure et théologienne Gertrude Kamgue Tokam autour de la thématique : « Promotion / Leadership des femmes dans l’Église en Afrique ». Vous pouvez désormais voir le replay.
Qui est Gertrude Kamgue Tokam ?
Originaire de l’Ouest du Cameroun, Gertrude est actuellement pasteure à l’EpudF, en poste à Montargis et à Châtillon Coligny. Malgré sa croissance dans un environnement hostile au ministère pastoral des femmes, elle commence sa formation théologique à l’Institut théologique protestant de Ndoungué en 1999 avant de rejoindre l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC) à Yaoundé. Elle obtient son doctorat en théologie en 2014. Au-delà de son pays, où Gertrude a été pasteure et aumônier universitaire à l’Église évangélique du Cameroun (EEC), elle a également eu des engagements à l’international, enseignant l’éthique et la dogmatique à la Faculté de Théologie Évangélique de Bangui en République centrafricaine. Par ailleurs, l’intervenante est engagée dans plusieurs associations de théologiens et théologiennes dont le Cercle des théologiennes africaines engagées (CTAE).
En France, Gertrude Kamgue Tokam a été chercheure boursière du Défap, ce qui lui a permis d’effectuer ses recherches post-doctorales à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) de Montpellier.
La question de la promotion et du leadership des femmes est fondamentale tant sur le plan théologique que sociétal, car elle touche à l’égalité des sexes et à la reconnaissance des femmes comme leaders au sein des communautés religieuses.
Pourquoi les femmes sont-elles encore sous-représentées dans les instances décisionnelles des Églises, malgré leur présence massive ? Comment la formation théologique peut-elle transformer la perception du rôle des femmes dans l’Église ? Quels obstacles culturels et institutionnels freinent leur ascension au leadership ?
Ce sont des questions qui ont été abordées pendant la visio-conférence dont le replay est disponible ci-dessous.
20 mars : Identité – hostilité – hospitalité, avec Olivier ABEL
24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
9 octobre : La femme dans l’Église en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Églises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
11 décembre : Éthique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO
Vous pouvez vous inscrire afin de recevoir les informations relatives à chaque rencontre et choisir ou pas d’y participer.
Les jeudis du Défap, bilan et perspectives après une première expérience
La série de visioconférences « Les Jeudis du Défap » entame sa deuxième année après une première phase expérimentale. Cet espace d’échange et de réflexion missiologique et interculturelle permet de discuter de la mission et de son évolution. Différentes thématiques sont abordées pour mieux comprendre ses enjeux, avec l’intervention de conférenciers aux profils variés (chercheurs, enseignants, experts, etc.). Jean-Pierre Anzala, l’un des principaux initiateurs de ce concept, en parle dans Courrier de Mission.
En 2025, huit conférences sont programmées, soit cinq de plus que l’an dernier. Jean-Pierre Anzala revient sur la genèse de ce projet, ses objectifs et son organisation. Le prochain rendez-vous des « Jeudis du Défap » aura lieu le jeudi 13 février 2025, sur inscription.
Les jeudis du Défap, bilan et perspectives après une première expérience
Courrier de Mission
Émission du 7 février 2025 sur Fréquence Protestante
Cinq projets solidaires à soutenir en 2025
Chaque année, le Défap soutient des projets divers à l’international, permettant de répondre aux besoins locaux des communautés des Églises sœurs. Voici cinq projets qui s’inscrivent dans le cadre de cet engagement : renforcer les liens avec les partenaires et lutter pour la justice climatique et le respect de la dignité humaine. De l’acquisition d’un minibus pour le transport sécurisé des enfants, au renforcement de la formation théologique, en passant par le soutien à l’agroécologie, ces projets témoignent de l’importance ces actions de solidarité. Vous aussi vous pouvez soutenir ces initiatives pour contribuer à leur succès et à la transformation des vies dans ces communautés.
1. Sénégal : soutien à la paroisse de Mbettite, un projet pour un avenir durable
Au cœur du Sénégal rural, la paroisse de Mbettite fait face à des défis économiques et environnementaux majeurs. Dans ce pays où l’agriculture dépend de trois mois de pluies annuelles, les rendements sont limités, fragilisant les conditions de vie des habitants.
Pour répondre à ces enjeux, la paroisse a initié un projet ambitieux visant à renforcer l’autosuffisance alimentaire et à générer des revenus durables. Concrètement, il s’agit de sécuriser un champ communautaire, d’y développer des pratiques agricoles durables (agroforesterie, maraîchage, élevage) et d’installer un mini-forage.
Ce projet ne se limite pas à l’agriculture : il contribue aussi à la cohésion sociale en rassemblant différentes confessions autour d’un objectif commun. Il lutte contre l’exode rural et l’immigration clandestine en offrant aux jeunes des perspectives locales. Grâce à l’engagement des agriculteurs et éleveurs de la région et à l’ouverture de la population aux initiatives de développement, ce projet pourrait bénéficier à environ 1100 habitants, soit toute la population du village.
En soutenant la paroisse de Mbettite, vous participez à un projet porteur d’espoir, d’autonomie et de résilience pour toute une communauté.
Aux portes du Parc National des Virunga, la ville de Goma et ses environs sont confrontés à une déforestation massive. Face au chômage, de nombreux jeunes n’ont d’autre choix que de couper du bois dans le parc pour en faire du charbon destiné à la vente, mettant en péril cet écosystème unique. Cette surexploitation accentue les dérèglements climatiques, bouleverse les saisons agricoles et fragilise encore plus les populations locales.
Pour répondre à cette urgence, la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA) – paroisse Ndosho a lancé un projet innovant alliant formation et entrepreneuriat. L’objectif est double : sensibiliser les jeunes aux enjeux environnementaux et leur offrir des alternatives économiques durables. À travers des formations à la fabrication de foyers à cuisson améliorés (qui réduisent la consommation de bois), en pâtisserie et en entrepreneuriat, le projet permet à ces jeunes de développer des compétences et de créer leurs propres entreprises.
Grâce à un système de crédits rotatifs, les bénéficiaires reçoivent un soutien matériel et financier pour démarrer leur activité, avec un impact positif qui se propage bien au-delà des seuls participants : réduction de la pression sur les forêts, économie de bois pour les familles, et création d’emplois locaux.
Ce projet est une véritable solution d’avenir : il protège l’environnement tout en luttant contre la pauvreté et le chômage. Soutenir cette initiative, c’est contribuer à préserver l’un des joyaux naturels de l’Afrique et à offrir de nouvelles perspectives aux jeunes de Goma.
À Goma, en RDC, l’insécurité croissante et la criminalité mettent en péril le quotidien des familles, en particulier celui des jeunes enfants. Le kidnapping est devenu une menace constante, obligeant les parents à redoubler de vigilance. Dans ce contexte, la crèche « La Graine » s’impose comme un refuge sûr, offrant un accueil sécurisé et éducatif aux enfants de 2 mois à 5 ans, tout en permettant aux mères de conserver leur emploi.
Mais un problème majeur subsiste : le transport des enfants. De nombreux parents doivent parcourir de longues distances pour amener leurs enfants à la crèche, souvent à pied ou sur des taxis-motos, exposant les plus petits à des risques d’accidents ou d’enlèvements. Face à cette réalité, l’acquisition d’un minibus devient une solution essentielle.
Ce projet vise à financer l’achat d’un minibus sécurisé pour :
protéger les enfants en leur évitant des trajets dangereux
faciliter la vie des parents, qui arriveront à l’heure au travail
faciliter l’accès à la crèche aux familles éloignées
renforcer la visibilité de la crèche, encourageant ainsi plus de parents à y inscrire leurs enfants.
Grâce à ce transport scolaire, les enfants pourront se rendre en toute sécurité à « La Graine » chaque jour, bénéficiant d’un cadre bienveillant et éducatif.
Soutenir ce projet, c’est offrir un avenir plus sûr aux enfants et soulager les familles de Goma.
Le Secaar (Service Chrétien d’Appui à l’Animation Rurale), acteur majeur du développement rural, met en œuvre des solutions innovantes pour encourager une agriculture durable en Afrique. Face à l’usage intensif d’engrais chimiques et de pesticides, le Secaar lance un projet innovant à destination des agriculteurs et agricultrices pour :
Remplacer les produits chimiques de synthèse par des alternatives naturelles (biopesticides et compost)
Former les agriculteurs et agricultrices aux pratiques agroécologiques et au séchage solaire de légumes produits localement
Réduire l’empreinte écologique des exploitations agricoles en diminuant leurs émissions de gaz à effet de serre.
Grâce à cette initiative, le Secaar ne se contente pas de sensibiliser : il offre des solutions concrètes aux agriculteurs pour une production plus responsable et plus durable !
L’Université de l’Alliance Chrétienne (UAC) de Boma, leader dans la formation des théologiens au Kongo Central (RDC), s’engage à offrir une éducation de qualité, alliant excellence académique et profondeur spirituelle.
Dans cette optique, un programme d’échange de professeurs avec l’Université Protestante au Congo (UPC) de Kinshasa a été mis en place. Depuis plusieurs années, huit enseignants de l’UPC viennent dispenser des cours essentiels en Théologie Systématique, Ancien Testament, Nouveau Testament, Théologie Pratique, Histoire et Missiologie.
Ce projet vise à renforcer ces échanges, en garantissant aux étudiants :
un enseignement de qualité
un accès aux dernières recherches et publications théologiques
une formation plus complète et plus rigoureuse, préparant efficacement les futurs pasteurs et théologiens.
S’inscrivant dans la dynamique des associations ASTHEOL (Association de formation théologique d’Afrique Centrale) dont I’UAC fait partie, ATIEA (Association des Institutions de formation théologique d’Afrique orientale) et ATISCA (Association des Institutions de formation d’Afrique australe et centrale), ce projet contribue également à la coopération entre les institutions théologiques africaines pour améliorer la qualité de la formation et favoriser le développement des enseignants et chercheurs.
Soutenir ce projet, c’est investir dans l’avenir de la formation théologique en RDC !
« Les jeudis du Défap » en 2025 : les réflexions missiologiques et interculturelles reprennent
Les « Jeudis du Défap », ensemble de visio-conférences interactives lancées en 2024, reprennent de plus belle cette année avec 8 conférences qui mobiliseront des intervenants sur la scène internationale. Les dates sont désormais connues, les thématiques et les intervenants également.
Vous avez aimé le concept l’année dernière ? Bonne nouvelle, cinq rendez-vous de plus vous sont proposés en 2025 pour vous exercer davantage à la réflexion missiologique et interculturelle. Les huit intervenants proviennent de divers pays (France, Cameroun, Togo, RDC, Congo), ce qui aura le mérite d’enrichir les points de vue et le partage d’expériences pendant ces moments à la fois chaleureux et instructifs.
Découvrez les dates, les sujets et les intervenants :
13 février : Formation théologique et promotion / leadership des femmes dans l’église en Afrique, avec Gertrude KAMGUE TOKAM
20 mars : Identité – hostilité – hospitalité, avec Olivier ABEL
24 avril : Afropéanité et transformation du christianisme en Europe, avec Jeanine MOUKAMINEGA
22 mai : Imaginaire et théologie de la reconstruction, avec Elom Komivi ALAGBO
11 septembre : L’Afrique dans la bible, avec Lévi NGANGURA
9 octobre : La femme dans l’Eglise en RDC ? Regard rétrospectif sur le rôle de la femme dans la société et dans l’église à l’époque coloniale. Le cas de la RDC, avec Robert BAHIZIRE
6 novembre : La pratique du ministère de délivrance dans les Eglises d’Afrique…réalités, dangers et perspectives, avec Parfait-Benedict MADOUMBA
11 décembre : Ethique protestante et proposition sociétale, avec Richard LENGO
Vous avez la possibilité de vous inscrire afin de recevoir les détails de chaque rencontre et choisir ou pas d’y participer.
Vous avez assisté à une ou plusieurs conférences des « Jeudis du Défap » en 2024 ? Vos avis nous sont précieux ! Partagez-nous ce que vous avez pensé, dites nous si vous avez des thématiques que vous aimeriez voir abordées pendant ces moments.
« Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Église » : le texte intégral du webinaire
En 2024, la série des « Jeudis du Défap » s’est terminée avec la conférence du professeur Gilles Vidal le 5 décembre. Cette dernière avait pour thème : « Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Église », permettant ainsi d’explorer la théologie interculturelle et l’interculturalité comme des défis majeurs pour les Églises contemporaines, appelées à repenser leurs pratiques et leurs relations dans un monde en constante mutation. Retrouvez la retranscription intégrale de son intervention, réalisée en partenariat et diffusée simultanément par Forum protestant, et par l’hebdomadaire Réforme.
Je voudrais partager quelques réflexions sur un concept dont on entend de plus en plus parler, d’une discipline qui, dans certains lieux de formation théologique, en Allemagne, en Suisse et en Belgique, fait même l’objet de chaires clairement identifiées: la théologie interculturelle. Disons-le d’emblée, pour moi, cette discipline est encore loin d’être claire, en particulier dans sa relation avec la missiologie, j’aurais l’occasion d’y revenir dans ma conclusion. Essayons toutefois de déblayer un peu le terrain et d’examiner ce que l’on peut comprendre par théologie interculturelle.
Pourquoi l’apparition de cette discipline maintenant ?
On voit bien apparaitre dans le terme théologie interculturelle, le mot culture avec également la notion d’interaction entre des cultures pensées au pluriel.
Ce premier point est important parce qu’il nous permet de nous démarquer d’un modèle de théologie que l’on connaissait déjà, celui par exemple, au 20e siècle avec Paul Tillich d’une théologie de la culture. Tillich, qui lui-même évoluait entre deux cultures, allemande et américaine, et avait mis en avant la notion de frontières ou confins, tentait bien de penser le religieux dans la culture, mais on pourrait lui reprocher de rester dans un schéma du siècle précédent, considérant cette dernière, la culture, donc, comme une entité un peu abstraite et bourgeoise.
Par opposition à une conception totale de la culture qu’il faudrait penser théologiquement, le préfixe inter de théologie interculturelle laisse supposer un processus dialectique ou relationnel entre des cultures, une théologie aux prises avec la question des interrelations ou des interactions, ce qui pose concrètement la question cruciale de l’objet de cette théologie. C’est-à-dire que cette théologie interculturelle aurait comme objet, non pas la culture, pensée comme entité supérieure caractéristique de l’humanité et lieu d’expression possible du religieux, mais l’interculturalité.
Dit autrement, comment, à partir de quand, et pourquoi l’interculturalité devient subitement en soi une question ou une préoccupation théologique ?
Interculturalité et multiculturalité
Voilà une question qui ne va pas de soi. Mais avant de l’aborder, faisons une précision de vocabulaire en distinguant multiculturalité et interculturalité.
Multiculturalité rend compte d’une réalité mondialisée de notre monde, qui s’est accélérée en particulier, pour ce qui concerne l’Europe, depuis la chute du mur de Berlin. La multiculturalité suppose une juxtaposition de cultures qui ne se rencontrent pas forcément et que l’on retrouve partout, l’exemple typique étant la world music: que vous soyez à Paris, New York, Bamako, Pékin ou au fin fond des îles Fidji, vous n’échapperez pas aux derniers tubes des grandes stars de la pop, dance, électro etc. Dès lors, je peux faire des emprunts à telle ou telle culture pour me constituer moi-même ma propre sous-culture, au gré de mes besoins, de mes envies et de mes moyens. Cette situation de multiculturalité est très fréquente en Église: il arrive qu’un temple ou autres locaux paroissiaux soit occupé successivement par une paroisse malgache, camerounaise ou coréenne avant ou après le culte français: on se salue, on se côtoie, on se succède.
L’interculturalité suppose quant à elle une entrée en relation entre deux ou plusieurs cultures au sein d’une société multiculturelle. Cette mise en relation entre personnes ou groupes de cultures différentes n’a rien d’exceptionnel: l’interculturalité fait partie de la vie de tous les jours, c’est un donné anthropologique et social et on ne voit pas, a priori, en quoi il se rait théologique c’est-à-dire concernant une préoccupation ultime, un rapport à la transcendance, au péché, au salut et la rédemption…
En effet nous côtoyons sans cesse des gens issus de cultures différentes dans n’importe quel cadre où nous nous trouvons. Il existe des couples et des familles interculturelles, nous avons peut-être des voisins de cultures différentes, des collègues, des amis dans telle activité associative; et ce ne n’est pas parce que je mange une pizza du restaurant italien voisin, que je bois une bière allemande ou que je mange un plat traditionnel français que je vais me lancer dans une théologie interculturelle ! Ce que je voudrai souligner, c’est que ce n’est pas un sujet théologique en soi, c’est un donné anthropologique et social. Chaque société développe sa part d’emprunt ou de rejet, sa xénophilie et sa xénophobie: nul besoin de religion, de christianisme ou de théologie pour cela.
L’interrelation plutôt que l’interculturalité
En revanche, si j’entends par théologie la manière de rendre compte de ma foi au sein de ma communauté croyante et au-delà, la question de l’altérité, de la relation à l’autre – de culture différente ou non – devient une question théologique. Ma foi pose la question des relations sociales en termes de fraternité/sororité dès le livre de la Genèse: «Qu’as-tu fait de ton frère» ? Me (ou nous) voilà donc engagé dans une éthique chrétienne particulière, pouvant se rapprocher d’autres éthiques religieuses ou humanistes, mais pour laquelle je vais revendiquer – au nom de critères proprement théologiques – une spécificité.
Ainsi, parler de théologie interculturelle n’a de sens que considéré dans une relation qui engage un ou plusieurs partenaires dans un dialogue respectueux. Mais, me direz-vous, cela ne date pas d’hier ! On ne vous a pas attendu, en théologie, pour prendre en compte d’autres cultures. Comme le fait remarquer le missiologue Stephen Bevans, déjà à l‘intérieur du corpus biblique et dans l’histoire de la théologie il est question de faire dialoguer des cultures différentes:
Dans le Nouveau Testament, Bevans souligne les différences entre Jacques et Paul ou encore les différences de préoccupations entre les lettres de Pierre et les épîtres deutéro-pauliniennes. Il relève la tentative des théologiens du Nouveau Testament et des Pères de l’Église de rendre compte de la foi chrétienne dans le cadre de la culture hellénistique: Clément d’Alexandrie utilise les apports stoïciens, Origène recourt à Platon, Augustin est également influencé par Platon et les platoniciens. Au concile de Nicée de 325, on utilise le terme philosophique d’homoousios pour tenter d’exprimer l’identité du Logos ou le Verbe incarné. Plus tard, à l’époque médiévale, Thomas d’Aquin développe sa théologie en dialogue avec Aristote récemment redécouvert, et au moment de la Réforme, Martin Luther articule la théologie à la nouvelle conscience de l’individu émergeant de la modernité. À la fin du 16e et durant le 17e siècle, les orthodoxies, tant protestantes que catholiques, sont prises dans les controverses «on ne peut plus contextuelles». Bevans cite encore Schleiermacher et sa tentative d’ancrer la théologie dans l’expérience, en réaction au romantisme, ou encore Paul Tillich articulant «questions existentielles et réponses théologiques», jusqu’à Karl Barth et «sa théologie hautement contextuelle de la Parole de Dieu»…».
Bref, si l’on suit Bevans, la théologie interculturelle comprise comme théologie en interaction avec les grands mouvements de la culture et de la pensée de son temps – quelle que soit l’époque de référence – est loin d’être une nouveauté (et nous pouvons être déçus).
L’équité comme condition de la théologie interculturelle
Certes, un certain dialogue entre cultures existe bel et bien au sein du discours théologique à travers les âges. Seulement un facteur déterminant de la situation interculturelle avait été, jusque-là, quelque peu sous-estimé, à savoir celui de l’équité de la relation. Le pasteur togolais Espoir Adadzi propose cette définition de l’interculturalité:
elle «a lieu lorsque plusieurs cultures interagissent de façon horizontale et synergique. En d’autres termes, aucun groupe ne peut se trouver au-dessus des autres (…). Dans le contexte ecclésial, l’interculturalité peut se comprendre comme étant la démarche de différentes communautés ou Églises d’origines géographiques diverses, et de tendances théologiques différentes, à s’accepter dans une union ecclésiale».
L’un des facteurs permettant de poser la question interculturelle à nouveaux frais consiste à prendre en compte la nature proprement historique: il s’agit du basculement, sur le plan numérique, amorcé dès le dernier tiers du 20e siècle, du centre de gravité du christianisme dans l’hémisphère Sud, avec pour corollaire une remise en cause de la mainmise (que certains qualifient d’hégémonie) euro-américaine sur le discours théologique. Halte à l’hégémonie, en particulier des anciennes puissances coloniales !
Un théologien contemporain des îles Samoa, Upolu Luma Vaai, actuel drecteur du Pacific Theological College de Suva (Fidji), exprime bien cette idée. Il oppose ce qu’il appelle «les lieux coloniaux de digestion de la pensée» situés en Occident et les communautés du Pacifique. Les premiers, à travers l’histoire mais également dans le présent, ont entrepris et continuent de promouvoir un blanchiment (au sens chimique) de Dieu qui conduit à une sorte d’aseptisation de la théologie. En face se situent «les communautés de la crasse», de la poussière du sol, de la boue (dirt), qui définissent selon lui les chrétiens du Pacifique. Ces communautés insulaires, dit-il, sont déterminées par la crasse du sol: le même mot peut désigner la saleté et la terre (ou l’ensemble terre-mer), élément constitutif de l’identité du Pacifique. À Samoa, le même mot polynésien fanua désigne à la fois la terre ou le pays, et le placenta de la mère: «Après la naissance, le fanua de la mère (placenta) est enterré dans le fanua (la terre) pour rappeler que ce qui nourrit la vie humaine dans le placenta retourne à présent pour nourrir davantage de vie dans la communauté de la crasse». C’est de là, d’en bas que doit provenir la théologie. Il convient ainsi selon lui, de rétablir l’équilibre rompu par l’hégémonie coloniale et, à l’instar du mouvement présent dans le texte de Philippiens 2 – montrant un Dieu, en Jésus-Christ, serviteur s’abaissant «au plus bas niveau possible», celui de la poussière sale du sol – de développer une théologie interrelationnelle à trois niveaux: des humains entre eux, des humains et de leur terre, la création menacée, des humains et de Dieu. Une théologie qui passe par l’échange communautaire, le don, le partage favorisant la vie, mettant l’accent sur l’être chrétien; et non plus une théologie centrée sur la conversion et le salut personnel, la sanctification, la domination de la création par la soumission des autres créatures, l’avoir et l’exploitation inconsidérée des ressources.
Tout cela est bien beau, me dira-t-on mais en quoi suis-je concerné, moi qui vis aux antipodes de cette culture et de ce milieu ?
Une théologie en retour
Eh bien c’est peut-être justement là que la théologie interculturelle peut nous ouvrir les yeux sur la nécessité de vivre sa foi en paroles et en actes. Prendre conscience des préoccupations de l’autre – même le plus étranger qui soit – constitue un premier pas dans la recherche d’une relation à celui-ci ou celle-ci visant la fraternité et le souci du frère ou de la sœur, et non une relation de condescendance. Une relation la plus équitable possible dans un climat d’écoute dénué de toute intention de domination, ce qui, anthropologiquement, peut paraître hors d’atteinte, mais justement pas par la foi.
Trop souvent, les théologiens et théologiennes professionnels appartenant à des pays de longue tradition théologique académique ne se sont pas rendu compte du caractère contextuel de leurs questionnements qu’ils jugeaient universels. En 1977, un autre théologien du Pacifique, Sione Amanaki Havea résumait ainsi la situation:
«Dans nos écoles de théologie dans le Pacifique d’aujourd’hui, les étudiants connaissent bien mieux des termes tels que contextualisation, centralisation, indigénisation, démythologisation, et d’autres encore, que ce qu’ils devraient connaître de leurs propres coutumes et cultures. (…) Beaucoup d’étudiants lisent Brunner, Barth et Bonhoeffer dont les théologies tirent leur origine de crises, et ils essaient de penser théologiquement et de parler à une communauté de gens qui apprécient une vie qui abonde en poissons, taros et ignames».
Havea pointe le décalage entre des questions, des théologies qui se prétendent universelles (mais qui sont nées de la Première et de la Deuxième Guerre mondiales) et des questions théologiques d’insulaires du Pacifique, qui sont plutôt liées à la question de la subsistance, des ressources. Cette théologie du Pacifique va développer une théologie propre (à la suite de Havea) que j’appelle de la célébration. Et non pas une théologie de la crise comme celles que nous avons eues en Europe.
Alors attention, il ne s’agit pas de remplacer une hégémonie par une autre, un contexte par un autre. La nouveauté de ce que l’on a appelé, parfois avec dédain, les théologies du Tiers-Monde consistait dans les années 1970 – sans que ce fût forcément initialement délibéré de leur part – à exacerber la particularité d’un contexte, renforcer un sentiment d’appartenance (panafricanisme ou panocéanisme), voire verser dans de nouvelles formes de nationalisme, spiritualisme où le narratif l’emporte sur le discursif, le mythos sur le logos. Le contexte mondial n’est plus le même et les nouvelles générations de théologiens du Sud (noter l’italique) en sont parfaitement conscients:
«Certaines théologies contextuelles du Pacifique, en faisant remonter du passé des concepts culturels et des traditions ont à la fois gagné leur place dans le camp des théologies transplantées qui introduisent la culture de manière non critique dans leur construction théologique, et en ont fait également des agents des centres de digestion pour leur peuple. Promouvoir une théologie de la crasse requiert la déconstruction y compris de notre propre vision du monde (itulagi) et de ce qui fait reculer l’opportunité d’une plénitude de vie et la reconstruction de ce qui est saint et holistique afin de libérer le “plus bas niveau possible“ des communautés de la crasse».
Cette autocritique va de pair avec l’appel à une prise de conscience mondiale de l’unicité de la création comprise comme terre habitée. Combattant précisément l’hégémonie des grandes puissances, la théologie contextuelle du Pacifique cherche à offrir un modèle d’inclusivité pour l’ensemble de la terre habitée. Le symbole auquel il est fait appel est ici celui de la natte tressée, élément domestique essentiel dans l’ensemble de la région. Écoutons à ce propos le Rév. James Bhagwam de Fidji:
«Lorsque nous considérons cette natte comme le symbole de notre maison commune, nous devons en conclure que ce filet de vie à l’intérieur duquel nous sommes est gravement endommagé. Il manque tant de brins dans nos discussions sur notre avenir commun: ce sont les voix de ceux qui sont le plus touchés par la crise écologique. Ce sont les voix des communautés indigènes dont le savoir et la sagesse contiennent tant de choses qui pourraient guérir notre planète. Ce sont les voix des gens qui voudraient eux-mêmes décider de leur avenir, qui crient pour la liberté et qui veulent faire tomber les chaînes du colonialisme et du néo-colonialisme. Ces voix ne sont pas entendues, elles sont réduites au silence encore et toujours. Voilà des brins de la natte cassés ou endommagés par la culture toxique de l’exploitation qui fait de la création une marchandise. Mais ce n’est pas ma natte, ce n’est pas non plus la natte des gens de mon pays, il s’agit de notre natte commune, de notre maison commune. (…) Dans le Pacifique, tisser une natte est une affaire commune, chacun apporte sa contribution: depuis la recherche des feuilles jusqu’à leur rassemblement, de leur préparation à leur tissage ensemble. Cela réunit tous les groupes et toutes les générations. C’est pourquoi je vous invite à tisser cette natte avec nous, elle qui nous appartient et dont nous faisons partie. Il s’agit d’ouvrir la natte ensemble et de la regarder honnêtement, de retirer le brin toxique et de repérer le brin qui manque, puis de tisser à neuf afin que tout puisse être inclus et qu’il y ait assez de place à l’intérieur pour tout et pour tous et toutes.»
Ainsi à travers ce symbole particulier, contextuel, de la natte tressée en communauté, se déploie une théologie, sans concession sur les questions de pouvoir, mais qui se veut ouverte à tout le monde, universelle, inclusive, fraternelle.
La théologie interculturelle: quel objet ?
Je m’aperçois que nous avons à peu près répondu à la question: «Pourquoi et comment se fait-il que la théologie interculturelle devienne soudainement un sujet ?». Mais nous ne l’avons pas vraiment définie, défini son ou ses objets, examiné sa portée et ses relations avec d’autres disciplines théologiques.
En fait, sans s’en apercevoir, nous venons de faire ensemble un peu de théologie interculturelle ! Ou plus exactement, nous sommes passés de l’adjectif à l’adverbe. Je m’explique. Faire de la théologie devrait selon moi se comprendre de deux manières:
d’une part rendre compte de ma foi, si possible de façon compréhensible, en étant fidèle à une communauté d’interprétation – disons l’Église ou la famille confessionnelle à laquelle j’appartiens, par des propositions éclairant le contenu de la foi.
Mais faire de la théologie est aussi une question de méthode: parce qu’elle est humaine et insérée dans un contexte particulier, elle se doit de dialoguer avec d’autres théologies, d’autres idées et pratiques, d’autres cultures d’autres contextes.
C’est en ce deuxième sens que nous avons en quelque sorte pratiqué la théologie interculturellement, en recourant à des exemples issus du Pacifique qui, je l’espère, sont là pour susciter une réflexion en retour sur nos propres théologies.
Travailler interculturellement revient à faire dialoguer des méthodes différentes nées de contextes et d’époques différents. Mais comment évaluer l’efficacité de ces méthodes pour que le dialogue soit constructif ? Le missiologue américain Robert Schreiter a tenté une typologie des méthodes ou, selon ses termes une «sociologie de la théologie» à partir de ses différentes formes.
Un premier type de théologie serait pour lui une «variation sur le texte sacré» qui peut prendre trois formes différentes: le commentaire tel que le pratiquent le midrash ou Karl Barth sur l’épitre aux Romains, le récit, à la manière des Hassidim ou l’anthologie comme les sentences de Pierre Lombard. Il relève que les commentaires sont davantage pratiqués dans la sphère académique, même si la forme du sermon a permis de l’affranchir un peu de ce cadre.
Ensuite, la théologie peut prendre la forme de la sagesse (sapientia). Le choc de cultures tel que l’a vécu saint Augustin par exemple avec la chute de l’empire romain favorise cette forme de théologie selon Schreiter.
En troisième lieu, la théologie est une «connaissance sûre» (scientia), le catholicisme et le protestantisme occidental contemporains en sont l’une des manifestations les plus évidentes. La domination de cette forme dans l’histoire a eu trois conséquences majeures: d’abord une certaine professionnalisation de la théologie – le clerc (clergé) devenant une figure incontournable –; ensuite une insistance sur une formation mettant fortement l’accent sur la rigueur intellectuelle au détriment de la spiritualité, si présente dans la théologie comme sagesse; enfin, dans la mesure où les théologiens étaient des maîtres, au sens d’enseignants, la théologie a donc été considérée comme une activité purement scolaire.
Pour tenter de remédier à ces orientations trop scolaires et scientifiques, Schreiter propose un modèle de théologie comme une pratique, au sens où par exemple en société, ou en entreprise, il est préférable d’avoir de bonnes pratiques, c’est-à-dire que la théologie présuppose une éthique de la rencontre: elle doit d’abord passer par une critique des idéologies, en identifiant par exemple clairement les jeux de pouvoir entre dominants et dominés, puis se préoccuper de réfléchir en vue d’une action sur le réel et enfin être motivée par le souci de rendre durable la transformation sociale qu’elle a enclenchée grâce à la praxis.
Ainsi, en reprenant la thèse de Schreiter, faire de la théologie interculturellement consisterait à se départir d’une certaine naïveté méthodologique: reconnaître l’hégémonie ou la situation d’oppression qu’un groupe (une culture, une civilisation) exerce sur un autre pour produire un changement de situation acceptable pour tous d’une part, réhabiliter des savoir-faire mis en veilleuse voire oubliés dans certaines traditions, mais bien vivants chez d’autres, comme la sagesse et la spiritualité, pour faire droit à des expressions théologiques équitablement partagées dans un vaste forum mondial, mais surtout vécues dans une perspective de justice sociale irréprochable.
Ce programme d’ouverture à l’altérité en théologie proposé par un théologien catholique des années 1990 se retrouve assez largement dans un texte produit en Allemagne en 2005, appelant à passer des «sciences de la mission» à une théologie interculturelle, que par commodité j’appelle le Manifeste de 2005.
Le programme théologique du Manifeste allemand de 2005
Ce texte est le fruit de deux groupes de travail émanant de la Société de théologie allemande et de la Société de missiologie allemande. L’objectif est d’expliciter les raisons pour lesquelles, dans le contexte germanique, le terme de sciences de la mission et la discipline qui s’y rapporte sont devenus obsolètes et doivent être remplacés par ceux de théologie interculturelle.
Il identifie comme premier défi théologique justifiant ce changement le fait que la mondialisation pose désormais en Europe le problème œcuménique à nouveaux frais. En effet, du fait notamment des migrations, on observe une interaction entre un christianisme local plutôt culturel, catholique ou protestant luthéro-réformé, et d’autres formes de christianisme plus nouvelles telle que le pentecôtisme dans sa version charismatique. Ces nouvelles formes présentes dans des paroisses d’immigrés tentant de reproduire et de vivre la piété de leur pays d’origine viennent en quelque sorte bousculer la tradition. Le deuxième défi est celui de la pluralité religieuse: l’arrivée de nouvelles populations oblige à repenser la rencontre du christianisme avec les autres religions portées par des visions du monde et des traditions non chrétiennes. Le christianisme se trouve directement en concurrence avec l’ésotérisme ou le bouddhisme par exemple, comme religion porteuse de sens.
La théologie interculturelle naît donc principalement d’une situation non choisie de transculturalité. Travaillant de concert avec les sciences sociales, principalement les sciences des religions, elle doit ainsi être décrite comme «une discipline théologique qui réfléchit
1.) à la relation du christianisme avec les religions et les visions du monde non-chrétiennes et
2.) à la relation du christianisme occidental avec ses variantes culturelles non occidentales.
Trois champs d’étude principaux lui sont assignés
1. L’histoire de la théologie et du christianisme en Afrique, en Asie, en Amérique latine et en Océanie;
2. La théologie interculturelle au sens strict (par exemple les théologies contextuelles, les interactions Nord-Sud et les conflits au sein du christianisme mondial, les migrations, la problématique du développement);
3. La théologie et l’herméneutique des relations interreligieuses (par exemple le dialogue interreligieux, la théologie de la mission, la théologie des religions).»
Le Manifeste propose un déplacement de perspective: si, à partir de l’Occident, une étude théologique, anthropologique, philologique de certains groupes ou mouvements religieux situés en Afrique, Asie, Amérique latine ou Océanie reste d’actualité, il s’agit cependant de la croiser avec des études sur les groupes migrants en Europe et l’interaction entre la culture d’origine et la culture européenne.
Enfin le Manifeste se termine sur une motion sans équivoque sur la légitimité de la place de la théologie interculturelle – anciennement sciences des missions – dans le système universitaire germanique.
Ce texte suscite des débats à l’intérieur de la communauté missiologique, principalement en Allemagne/Suisse, dans les colonnes de la revue Interkulturelle Theologie. Concrètement, plusieurs chaires universitaires ont effectivement changé d’intitulé et sous le terme théologie interculturelle regroupent soit une orientation théologique en lien avec les études œcuméniques ou le dialogue interreligieux, soit une orientation sciences des religions en lien avec l’anthropologie religieuse. La grande perdante est selon moi la théologie de la mission et de l’évangélisation qui risque de disparaître en tant que telle, noyée dans des études culturelles comparatives.
Environ dix ans après ce manifeste, Reinhold Bernhardt, théologien de Bâle, décrit bien l’orientation de ce que l’on étudie et enseigne en théologie interculturelle:
a) étude des formes d’expressions théologiques très diverses extérieures à notre contexte européen fait de proverbes, rites, méditations… qui prennent beaucoup de place dans le cursus parce qu’elles ne sont pas toujours directement intelligibles (connaissance de la culture, langue, traditions).
b) étude des théologies contextuelles structurées, elles aussi issues de toutes parties du monde.
c) réflexion sur ces formes théologiques non occidentales dans le monde académique occidental, c’est-à-dire un travail sur des contenus et, j’ajoute, leur traduisibilité.
d) réflexion sur… la réflexion sur les apports de la théologie interculturelle, «une réflexion méthodologique sur l’essence et la tâche de la théologie inter culturelle»
On retrouve dans cette analyse des multiples sens du terme de théologie interculturelle la distinction posée plus haut selon laquelle la théologie se définit non seulement par ses contenus et ses méthodes mais aussi dans l’interaction des deux. La théologie n’est jamais finie, n’est jamais close sur elle-même. Que voulons-nous faire et vers quoi voulons-nous tendre en faisant de la théologie interculturelle ?
Conclusion
Ma conclusion prendra la forme d’une double interrogation:
Une théologie interculturelle est-elle praticable en France et, si oui, selon quelles modalités ?
Que deviennent la mission et l’évangélisation au sein de la THÉOLOGIE INTERCULTURELLE ?
À la première question la réponse est oui, la théologie interculturelle est tout à fait praticable, la preuve, nous l’avons expérimentée ce soir ! Mais ses modalités ne sont sans doute pas si faciles à traduire dans un milieu académique pour plusieurs raisons:
Nous avons vu que la théologie interculturelle est marquée par des traditions qui ne sont pas forcément les nôtres: traditions sapientiales ou manière narrative. Dans le Pacifique, il y a pour cela le mot talanoa, qui veut dire raconter. Quelqu’un qui veut faire de la théologie va employer une parabole, une histoire de sa famille, de son clan, de son île… et tout le monde va comprendre ce qu’il veut dire. Notre contexte académique (en tout cas français) est marqué par une forte tradition scolaire et rationnelle. Cette tradition de la scientia (comme le dit Robert Schreiter) a relégué au second plan la tradition spirituelle, sapientielle que l’on trouve aussi en Occident, par exemple chez les frères orthodoxes. Il y a là un problème d’adaptation entre un langage rationnel, argumenté sur le mode de la dissertation philosophique et une théologie de la narrativité.
Certaines méthodes – historico-critique pour l’étude de la Bible – sont privilégiées par rapport à d’autres plus compréhensives. Le professeur Dan C. Smith, a donné récemment dans un séminaire l’exemple d’une lecture interculturelle de l’injonction présente dans le Deutéronome: «Souviens-toi que tu as été esclave en Égypte». Il est allé à la rencontre de groupes américains ou passés ayant connu une situation de migration intérieure (nippo-américains enfermés dans des camps lors de la Seconde Guerre mondiale, populations amérindiennes déplacées et parquées, esclaves noirs issus de la traite) qui font une lecture très existentielle de ce texte, et il s’est posé la question: qu’ai-je en commun avec ces groupes ? En tant qu’Américain, leur histoire est aussi mon histoire.
Quel professeur de THÉOLOGIE INTERCULTURELLE sera capable à lui seul de présenter les théologies chinoises, d’Afrique de l’Ouest, centrale, de l’Est, du Sud, d’Amérique, du Pacifique ?… Et quel professeur sera capable de maîtriser en même temps toutes les langues de ces théologies, la théologie à l’œuvre dans les études œcuméniques, dans le dialogue entre les religions, et enseigner également l’histoire, l’anthropologie et la sociologie religieuses; sans compter l’herméneutique et l’épistémologie ?
Certains lieux de formation théologiques y arrivent et sont prophétiques ! Je pense à l’institut œcuménique de Bossey, l’Institut Al Mowafaqa de Rabat ou la Faculté de théologie protestante de Bruxelles. Il faut souligner une réflexion de fond sur des cursus co-construit sur des binômes en mixité totale: homme/femme; théologien ou théologienne du Nord et du Sud; protestants/catholiques…
À la deuxième question «Que deviennent la mission et l’évangélisation au sein de la théologie interculturelle ?», la réponse est: un risque de dissolution !
Le phénomène missionnaire avec ses pratiques passées et présentes, ses stratégies ou son absence de stratégie, la théologie de la mission sont à mon sens des sujets non solubles dans un ensemble plus vaste. Ils relèvent de la missiologie que je considère comme un faisceau de disciplines dont l’objet reste la mission et l’évangélisation dans les trois formes classiques de la proclamation, la diaconie et la communion.
En revanche les deux, théologie interculturelle et missiologie, peuvent se rejoindre dans la co-construction de l’Église universelle, qui passe aussi par l’enseignement dans l’Église locale. En mettant en œuvre une éthique de la rencontre authentique entre personnes ou groupes de cultures différentes, sans rapport de hiérarchie ou en tout cas le moins possible, avec toujours en tête le souci de la justice, le théologien ou la théologienne peut s’efforcer de prendre place dans la conversation mondiale que Schreiter appelle «la chaîne des théologies locales» et viser ce qu’il appelle, ainsi que le groupe des Dombes, à construire une véritable «catholicité évangélique» qui ne gomme pas les différences culturelles mais les transcende dans l’idéal de la fraternité chrétienne.
Soutenir l’agroécologie au Togo : le combat pour la justice climatique se poursuit !
Le Défap, engagé dans une démarche ambitieuse de réduction de son empreinte écologique, poursuit son objectif de neutralité carbone en soutenant chaque année des projets de « compensation carbone ». Après vous avoir sollicités en 2024 pour le projet d’installation d’un biodigesteur dans le village d’Agbonan, au Bénin, nous avons besoin de vous pour ce nouveau défi qui se profile pour 2025 : accompagner les agriculteurs et agricultrices au Togo vers des pratiques agroécologiques et durables, grâce à l’expertise du Secaar.
Avant d’en venir à ce nouveau projet, nous souhaitons remercier chaleureusement nos donateurs et donatrices pour leur générosité lors du dernier appel à dons. Grâce à vous, 2 700 € sur les 5 600 € attendus ont été récoltés pour financer l’installation d’un biodigesteur à Agbonan, au Bénin. Ce dispositif innovant, qui permettra de transformer les déchets organiques en biogaz et fertilisants agricoles, sera finalisé cette année grâce à un complément de financement pris en charge par le Défap.
Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’avancée du projet !
2025 : Soutenir la transition agroécologique au Togo
Cette année, notre objectif est d’accompagner les agriculteurs et agricultrices au Togo vers une agriculture plus durable et respectueuse de l’environnement. En collaboration avec le Secaar (Service chrétien d’appui à l’animation rurale), l’objectif est de réduire leur dépendance aux engrais chimiques et pesticides, tout en valorisant les ressources naturelles locales. Ce projet est essentiel non seulement pour préserver l’environnement mais aussi pour promouvoir la justice sociale, au cœur des missions du Défap et du Secaar. Et pour cela, nous devons réunir 4 000 €.
Un projet aux multiples impacts positifs
Voici comment ce projet contribuera à améliorer durablement les pratiques agricoles :
Production de compost et biopesticides :
Formation des agriculteurs-rices à la fabrication de compost (18 tonnes produites/an).
Fabrication de pesticides biologiques (8 000 litres/an).
Valorisation des produits agricoles locaux :
Acquisition d’un séchoir solaire et du matériel nécessaire à la production de biopesticides
Formation à la transformation des légumes produits localement via le séchage solaire.
Réduction de l’empreinte écologique :
Une agriculture durable pour limiter l’utilisation de produits chimiques polluants.
Une démarche qui valorise les pratiques agroécologiques tout en soutenant l’économie locale.
Le Défap s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 60 % d’ici 2050, tout en soutenant chaque année des projets concrets de compensation carbone. Ce projet au Togo est une nouvelle étape dans cet engagement. En participant, vous contribuerez à :
Lutter contre les effets néfastes du changement climatiques
Soutenir les communautés agricoles les plus vulnérables
Promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.
Comment participer ?
Chaque don compte, et même un petit geste peut avoir un impact significatif. De plus, grâce à la réduction fiscale de 66 % (dans la limite de 20 % de votre revenu imposable), votre contribution est avantageuse :
Un don de 20 € vous coûte 6,80 € après déduction fiscale.
Un don de 100 € vous coûte 34 € après déduction fiscale.
Un don de 500 € vous coûte 170 € après déduction fiscale.
Le Défap, aux côtés de partenaires comme le Secaar, prend sa part de responsabilité dans la lutte contre les dérèglements climatiques. Grâce à votre soutien, nous pouvons continuer à agir pour un monde plus juste et respectueux de l’environnement.
Merci d’avance pour votre générosité ! Ensemble, contribuons à bâtir un avenir où l’écologie et la solidarité vont de pair.
Restez informés
Suivez nos actualités pour découvrir l’avancement du projet au Togo et celui du biodigesteur au Bénin ! Votre mobilisation est la clé de notre réussite.
« Des mots qui libèrent des maux… » : les vœux du Secrétaire général
En ce début d’année 2025, Basile Zouma, Secrétaire général du Défap, nous rappelle la puissance des mots pour transformer les maux du monde. Portés par la foi et l’espérance, ces vœux invitent chacun à agir dès aujourd’hui pour un avenir meilleur. À travers le volontariat, les projets de solidarité et l’engagement collectif, le Défap continue de semer les graines de l’Évangile pour faire grandir la Bonne Nouvelle. Un appel à vivre pleinement et à bâtir ensemble des lendemains d’espérance.
« Dans ce temps habituel des vœux de nouvel an, nous cherchons comment les souhaiter de façon originale ou personnalisée et de manière positive pour exprimer l’idée d’un avenir d’espérance, toujours meilleur que le présent. Ces mots, notre histoire nous les donne fort heureusement. Ils nous permettent de dire et d’habiter les temps de ces lendemains qui viennent. En fonction des choix faits, ces lendemains peuvent être annoncés de manière heureuse ou désespérante. La tendance générale à imaginer l’avenir comme une simple amplification du présent peut décourager d’entrer dans un avenir effrayant de malheurs démultipliés (guerre, misères, catastrophes naturelles…). La foi au Dieu de Jésus-Christ qui nous anime et l’espérance qui nous mobilise nous donnent de croire autrement, d’envisager des lendemains meilleurs, pleins d’espérance. Cette foi nous invite à prendre une part active pour qu’adviennent ces lendemains renversant les drames d’aujourd’hui pour qu’en germe la vie. Elle donne à nos simples mots la force de conjurer nos maux du présent. Comme le dit Antoine de Saint-Exupéry : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible« . Au Défap, nous travaillons à rendre cet avenir possible dans l’incarnation de l’Évangile à travers le volontariat, l’échange de personnes, les projets de développement, d’éducation… avec Georges Bernanos, nous pouvons dire : « On ne subit pas l’avenir, on le fait » en favorisant les relations humaines et la solidarité inter-ecclésiale transfrontalière. Nous continuerons en cette année encore de semer partout où nous sommes, la petite graine d’Évangile pour que grandisse la Bonne Nouvelle pour surmonter les maux du monde. Nous vous souhaitons au nom du Service protestant de mission – Défap, une riche et heureuse année 2025 où chacun est invité à ne pas attendre demain pour vivre, mais à vivre en attendant demain. »
Pasteur Basile Zouma, Secrétaire général
Regards croisés : Nick et Robert en fin de séjour de recherches en France
Parvenus en fin de séjour de recherche, Robert BAHIZIRE, membre de la communauté baptiste au centre de l’Afrique, affiliée à l’Église du Christ au Congo, docteur et enseignant en République Démocratique du Congo, et Nick SANDJALI, doctorant en Ancien Testament, pasteur de l’Eglise presbytérienne camerounaise et enseignant d’Ancien Testament à l’Institut Supérieur de Théologie Dager de Bibia au Cameroun, partagent leurs expériences dans Courrier de Mission. Découvrez le dernier épisode diffusé sur Fréquence Protestante, présenté par Tolotra RANDRIAMANANJATO.
Tous deux à leur deuxième expérience avec le Défap dans le cadre de travaux de recherche qui s’inscrivent dans la continuité de leurs premiers passages, Robert et Nick sont parvenus à la fin de leur séjour de recherche. Dans ce numéro de Courrier de Mission, ils nous présentent non seulement leurs travaux, mais également les démarches effectuées en amont pour obtenir leur bourse, ainsi que leurs expériences pendant les mois passés en France.
Regards croisés : Nick et Robert en fin de séjour de recherches en France
Courrier de Mission
Émission du 6 décembre 2024 sur Fréquence Protestante
Les Jeudis du Défap, 3ème session : Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Eglise – Le replay
Le replay de la dernière conférence des « Jeudis du Défap » avec Gilles Vidal est disponible ! Pour cette année 2024, la dernière conférence a porté sur la « Théologie interculturelle et interculturalité dans l’Eglise ».
Qui est Gilles Vidal ?
Gilles Vidal enseigne l’histoire du christianisme à l’époque contemporaine à l’Institut Protestant de Théologie (IPT), à la Faculté de Montpellier. Ses travaux portent sur l’histoire des missions protestantes et la théologie contemporaine dans le Pacifique Sud. Par ailleurs, il est co-directeur du centre Maurice-Leenhardt de recherche en missiologie de l’IPT et est également membre du laboratoire CRISES de l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Le professeur Vidal est président de l’AFOM, Association francophone œcuménique de missiologie (AFOM) et membre du Centre de recherches et d’échanges sur la diffusion et l’inculturation du christianisme (CRÉDIC).
Son lien avec le DEFAP/CEVAA remonte à plusieurs années, car en 1988 il a été volontaire en Nouvelle-Calédonie, envoyé de la Cevaa pour une durée de 3 ans, expérience qu’il a renouvelée en 2003 pour une durée de 5 ans cette fois.
Dans un monde marqué par la diversité culturelle, la théologie interculturelle est plus que jamais nécessaire. Elle nous invite à dépasser les clivages, à construire des ponts entre les cultures et à vivre notre foi de manière plus authentique.
Qu’est-ce que la théologie interculturelle et en quoi diffère-t-elle de la multiculturalité ? Comment nos interactions quotidiennes avec des personnes de cultures différentes peuvent-elles être enrichies par une perspective théologique interculturelle ? Comment concilier la mission et l’évangélisation avec le respect de la diversité culturelle ?
Plusieurs questions ont été abordées pendant cette conférence, veuillez retrouver le replay ci-dessous.
Les « Jeudis du Défap » reprennent dès février prochain et seront désormais organisés à une fréquence mensuelle. Les différents sujets et intervenants seront communiqués très bientôt.
En attendant, qu’avez-vous pensé de cette série de webconférences qui a été lancée cette année ? Qu’avez-vous apprécié, qu’avez-vous moins aimé ? Partagez-nous vos avis via ce formulaire qui nous aidera à nous améliorer et à vous proposer des contenus de plus en plus qualitatifs.
Jean-Pierre Anzala en mission au Sénégal : Renforcer les liens et préparer l’avenir
Dans le cadre de la préparation du stage de formation continue des pasteurs, prévu en février 2025 au Sénégal, Jean-Pierre Anzala, responsable de l’échange théologique au Défap, et Natacha Cros-Ancey, coordinatrice de la Communion protestante luthéro-réformée (CPLR) se sont rendus sur place. Cette mission s’inscrit dans une démarche de renforcement des partenariats historiques avec les Églises Protestantes et Luthériennes du Sénégal (EPS et ELS), tout en posant les bases théologiques et logistiques pour un événement clé du dialogue interculturel et de la réflexion théologique.
Le temple de Dakar
Ce déplacement avait pour ambition de :
• Collaborer avec les Églises locales pour ajuster le contenu et l’approche du stage au contexte sénégalais ;
• Identifier les intervenants clés, tels que le Professeur Seydi Diamil Niane, spécialiste de l’islam africain, et le Professeur Djim Dramé, promoteur du dialogue interreligieux ;
• Anticiper les besoins logistiques liés à l’hébergement, aux déplacements et aux visites prévues pendant le stage ;
• Explorer les défis locaux et les opportunités pour l’Église dans des contextes de minorité et de sécularisation.
L’accueil de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN) Cheikh Anta Diop
Des rencontres fructueuses avec les Églises sénégalaises
Jean-Pierre Anzala et Natacha Cros-Ancey ont rencontré les principaux responsables de l’Église Protestante du Sénégal et de l’Église Luthérienne du Sénégal, marquant une étape essentielle dans le renforcement des relations.
Avec l’Église Protestante du Sénégal (EPS)
L’équipe a été accueillie par plusieurs responsables, dont le Pasteur André Ouattara, modérateur, et Mme Florence Kembo, responsable de la communication. Les discussions ont mis en lumière les priorités de l’EPS :
• Développer une mission en milieu rural et diversifier la prédication en langues locales.
• Soutenir des projets d’impact social, tels que l’accès à l’eau, la scolarisation et la formation professionnelle, via l’APES (Association protestante d’entraide du Sénégal).
Jean-Pierre Anzala, Natacha Cros-Ancey et André Ouattara
Avec l’Église Luthérienne du Sénégal (ELS)
L’accueil au centre « Femmes pour Christ » a permis de constater les possibilités d’hébergement pour le stage. Les échanges avec des figures clés, comme le Pasteur Latyr Diouf, ont porté sur des projets stratégiques :
• Construction d’une église à Fatick sur un vaste terrain ;
• Reprise d’un institut de formation pastorale à Yeumbul ;
• Développement d’une catéchèse continue adaptée aux contextes citadin et rural.
Jean-Pierre Anzala, Natacha Cros-Ancey et Latyr Diouf
Des projets qui naissent de chaque rencontre
Ce voyage a permis de poser des bases solides pour la formation, mais aussi pour de futurs partenariats :
• Soutien à la création d’un institut théologique pour la formation pastorale avec l’ELS.
• Renforcement des projets diaconaux de l’EPS par l’envoi de volontaires en mission.
• Appui à l’implantation d’églises dans des zones rurales.
Une formation pour l’universalité de l’Église
Le stage prévu en février 2025, fruit de ce travail préparatoire, sera un moment unique d’échange entre pasteurs sénégalais et français. Il permettra d’explorer des thématiques comme le témoignage chrétien en contexte minoritaire ou la cohabitation interreligieuse. Ce projet s’inscrit pleinement dans la vocation du Défap : tisser des liens interculturels au service de l’Église universelle.
Ce déplacement de Jean-Pierre Anzala et Natacha Cros-Ancey illustre la mission du Défap, qui œuvre pour le dialogue, la solidarité et la réflexion théologique en contexte interculturel. Une belle étape pour vivre et témoigner de la richesse de l’Église dans sa diversité.
Soutenir un projet de protection de l’environnement au Bénin : l’appel du Président du Défap
La collecte de fonds pour l’installation d’un biodigesteur dans le village d’Agbonan au Bénin se poursuit. Ce projet entre dans la démarche du Défap en vue de la réduction de son empreinte carbone, ce qui passe entre autres par le soutien à des projets environnementaux. Aujourd’hui, le président du Défap, Joël Dautheville, appelle les Églises locales, les particuliers, les paroisses, etc ; à soutenir ce projet qui permettra aux ménages et aux établissements scolaires de bénéficier d’une énergie durable pour la cuisson et l’éclairage, d’un compost naturel pour un meilleur rendement agricole. En faisant un don, vous vous associez aux projets portés par le Défap et vous contribuez à réduire votre propre empreinte carbone.
L’appel du Président du Défap au soutien du projet d’Agbonan
« La crise climatique a des conséquences dramatiques sur toute la planète. Les pays de l’hémisphère Sud, notamment d’Afrique, vont être les plus touchés alors que leur contribution à la pollution est faible contrairement aux pays de l’hémisphère Nord qui sont responsables de 92 % des émissions excessives de carbone dans le monde.
Tout comme ses partenaires, les associations et Églises du Sud, le Défap est conscient de sa responsabilité écologique. Il s’est engagé à réduire son empreinte carbone en diminuant sa production de gaz à effet de serre et en compensant ce qu’il ne peut réduire par le soutien à des projets environnementaux issus des partenaires.
Les Églises du Sud et du Nord s’encouragent mutuellement à lutter pour que la terre continue d’être habitable pour tous.
Le Défap a lancé un appel à dons et vous invite à soutenir le projet d’installation d’un biodigesteur à Agbonan au Bénin pour valoriser les déchets agricoles et ménagers, en produisant du biogaz pour la cuisson et l’éclairage et des fertilisants pour l’agriculture.
D’avance merci pour votre contribution.
Je m’adresse à vous, particuliers, paroisses et Églises locales, associations, etc :
en donnant 50 € : vous participez à la sensibilisation de 4 ménages à la gestion et au tri des déchets.
en donnant 100 € : vous participez à la formation de 10 personnes à l’utilisation d’un biodigesteur.
en donnant 150 € : vous participez à l’achat de 5 brouettes pour le transport des déchets.
si vous donnez 800 € : vous participez à l’équipement de 75 ménages pour le tri des déchets.
Enfin, si vous donnez 1200 € : vous participez à l’achat et la construction d’un biodigesteur.«
La bibliothèque du Défap dans « Courrier de mission »
L’émission « Courrier de mission » du mois de novembre animée par Tolotra Haritsimba RANDRIAMANANJATO a été consacrée à la bibliothèque du Défap. Claire-Lise LOMBARD, responsable de la bibliothèque et des archives, et Blanche JEANNE, documentaliste, ont pu nous donner une vue d’ensemble sur les différentes collections, qu’il s’agisse des archives ou du fonds contemporain, et nous partager deux oeuvres qu’elles apprécient.
A l’origine destinée à la formation des missionnaires de la Société des missions évangéliques de Paris (1822-1971) puis ouverte aux chercheurs à la fin des années 1960, la bibliothèque du Défap réunit – en complément de ses fonds d’archives – une collection de livres et de revues principalement des XIXe et XXe siècle. Par son fonds contemporain, elle poursuit la mission de documenter le fait missionnaire d’hier à aujourd’hui.
Que présentent les collections de la bibliothèque et pour quelle cible exactement ?
Tout en mettant en lumière la richesse de l’établissement, Claire-Lise et Blanche nous amènent à la découverte de la bibliothèque et de son histoire grâce à de petites anecdotes surprenantes ! Par ailleurs, découvrez deux de leurs coups de cœur :
La saison des pluies : l’Afrique dans le monde par Stephen Ellis, Éditions de la Maison des sciences de l’homme ;