« Les deux pieds en Afrique » : « On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé »

« Les deux pieds en Afrique », carnet de voyage publié aux éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap, poursuit son aventure en libraire. Retrouvez une interview de son auteur, Manior, réalisée pour Campus Protestant ; il y évoque sa mission au Cameroun, mais aussi l’importance de la préparation avant le départ suivie au Défap. Vous pouvez commander l’ouvrage sur le site des éditions Scriptura, mais aussi auprès du Défap – ou demander à Manior votre exemplaire dédicacé !

Manior lors d’une séance de dédicaces dans le jardin du Défap © Défap

Quoi de mieux, pour la période des frimas et de Noël, que d’offrir une expédition au Cameroun ? « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » a pour origine une mission vécue au cours de l’année 2014-2015 par Marianne et Romain, tous deux partis avec le Défap. C’est à la fois une bande dessinée, dont la tonalité pourrait évoquer le « Retour à la terre » du tandem Jean-Yves Ferri – Manu Larcenet, et un journal, reprenant beaucoup des éléments publiés à l’époque sur le blog de Romain et Marianne. On y retrouve une grande partie des étapes classiques du vécu des volontaires internationaux : l’euphorie de l’arrivée, suivie de la prise de conscience plus ou moins douloureuse des réalités et des contraintes locales, avant la « période d’immersion » marquant l’adaptation à ce nouvel environnement, et la « période de réalisation »… Le rapport à la langue et aux autres, la manière de se nourrir, de se déplacer, de travailler, les relations à distance avec les proches restés en France… tout doit être revisité. Tout au long de ce carnet de voyage au ton volontairement décalé, on sent bien les transformations qui s’opèrent chez Maya et Manior.

S’il s’agit là d’un récit particulier, nécessairement unique, il fait aussi écho au vécu et aux perceptions de nombreux autres envoyés. Ici, l’accent est mis sur le quotidien, avec ses rencontres et ses quiproquos qui parfois bousculent, parfois entraînent des prises de conscience ou des remises en question profondes ; le tout sur le ton de l’humour, manière de dédramatiser et de démystifier une aventure qui pousse chaque envoyé à sortir de sa zone de confort, et aura des effets sur toute la suite de son existence.

« Un cadre reconnu, légal, bien organisé »

« Les deux pieds en Afrique » a été publié par les éditions Scriptura, à l’occasion des célébrations des 50 ans du Défap. Vous pouvez retrouver ci-dessous une présentation faite lors d’une interview réalisée à la libraire 7ici pour Campus Protestant : un entretien avec Christelle Poujol, responsable de la librairie, au cours duquel Romain (Manior) souligne notamment l’importance de la formation au départ que dispense le Défap : on ne part pas en immersion dans un contexte aussi radicalement différent sans une solide préparation. Cette préparation, comme en témoigne Manior, « permet d’ancrer notre action dans un cadre reconnu, légal, bien organisé ; d’avoir aussi une formation en amont, et un debriefing au retour ».
 

Au Défap, cette formation dure deux semaines, généralement début juillet : deux semaines riches en termes de contenus (sont abordées les questions interculturelles, le travail dans le contexte ecclésial, les problématiques de santé, de sécurité, de relations inter-religieuses) ; en termes de rencontres (entre futurs et anciens envoyés)… « On est formé sur des choses à la fois pratiques et psychologiques concernant la rencontre, le rapport à l’autre », rappelle Manior, en soulignant : « Ça nous a beaucoup aidé. Il y a des exercices qu’on nous a fait faire, qui sur le moment paraissaient un peu légers ; et en fait, lorsque la mission a commencé, lorsqu’on s’est retrouvé au Cameroun, ça prenait tout son sens. On était reconnaissant au Défap d’avoir été préparé pour ce temps-là ».

Pour tous ceux qui la vivent, cette période de l’envoi en mission est bien plus qu’une parenthèse : il y a des liens personnels qui se tissent, des visions du monde qui se transforment ; et depuis 50 ans, le Défap agit comme catalyseur de ces rencontres qui changent des vies. À travers cet album, Maya et Manior nous racontent, avec les mots d’aujourd’hui, un épisode de cette aventure qui dure depuis 1971. Alors pour Noël, offrez un peu de la chaleur du Cameroun ! « Les deux pieds en Afrique – Carnet de voyage » peut être bien sûr acheté à la librairie 7ici ; sur le site des éditions Scriptura ; vous pouvez aussi en commander auprès du Défap ; et vous pouvez aussi demander directement à Manior un livre dédicacé ! Il lui reste quelques exemplaires…




Un week-end consistorial sur la mission dans les Vosges

Comment parler de la mission dans une paroisse locale ? En faisant appel à des témoignages d’envoyés du Défap et à leur expérience concrète de la rencontre ; en réalisant que dans notre société de plus en plus diverse, l’interculturalité se vit dans le quotidien, et dans la paroisse… Et en rappelant, aussi, que ces problématiques se posaient déjà au temps de Paul, ce qui transparaît dans ses lettres. Exemple avec le week-end organisé par le consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Si les envois de volontaires internationaux par le Défap s’inscrivent dans un cadre légal laïc, dont le strict respect est nécessaire, ils interviennent dans des milieux d’Églises. Ils travaillent à des missions de santé, d’enseignement ; mais ce qu’ils vivent est riche de leçons à tirer pour les Églises ainsi mises en relation. Comment la rencontre est-elle possible par-delà les différences de langue, de culture, entre des groupes humains séparés par plusieurs frontières et des milliers de kilomètres ? Comment trouver une unité dans la diversité ? Autant de thématiques qui ont irrigué le week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’Église protestante unie de France, organisé les 16 et 17 octobre à Plainfaing.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Située au pied des cols du Bonhomme et de la Schlucht, entre Colmar et Saint-Dié, au carrefour de la route des Crêtes et de l’Alsace, Plainfaing est une petite agglomération d’un peu plus de 1600 habitants, qui fait partie du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Elle a su développer le tourisme, profitant à la fois de la proximité des principales stations de ski du massif vosgien, des crêtes et des plus hauts sommets pour la randonnée, mais aussi de la route des vins. Un décor bien éloigné du Congo, de Madagascar ou du Cameroun ; bien différent des grandes métropoles et de leur brassage de population… Et pourtant, les questions d’interculturalité se posent aussi bien dans les Vosges. Et c’est dans ce décor de basse montagne, dans les bâtiments typiques et anguleux d’une colonie des années 60, que se sont retrouvés une quinzaine d’adultes dont la responsable du service des envoyés du Défap, Laura Casorio ; ainsi qu’une dizaine d’adolescents et une dizaine d’enfants. Avec au menu, des animations mettant en scène toute la difficulté et toute la richesse de la rencontre à travers les âges. Car les questions d’interculturalité en Église, si prégnantes aujourd’hui, se posent en fait depuis l’origine, comme en témoignaient déjà les lettres de Paul.

« C’est important de rencontrer, en chair et en os, un envoyé »

Les restrictions persistantes dues au contexte sanitaire ont lourdement impacté la vie d’Église. Et pourtant, comme le souligne la pasteure Valérie Mitrani, les préoccupations des plus jeunes, loin d’être marquées par le repli, dépassent largement le contexte local : « Ils ont d’emblée une vision large, que ce soit sur les problématiques liées à l’écologie, aux questions des origines et des cultures… » Par ailleurs, plusieurs, de par leur vécu personnel, expérimentent déjà le fait de vivre entre deux cultures, soit qu’ils aient été adoptés, soit que leurs parents soient eux-mêmes issus de pays et de contextes religieux différents.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021

Pour ces enfants et ces adolescents, l’animation centrée sur un bus les emmenant sur les routes d’Achaïe, de Macédoine, de Crête et de Pamphilie, à la découverte des voyages de Paul et de ses rencontres improbables, était largement parlante. De même que les témoignages d’envoyés du Défap au Burundi, au Sénégal, au Timor, au Laos, au Brésil ou à Madagascar, avec les descriptions des contextes de leurs missions. Pour les adultes, ils ont pu réfléchir aux enjeux actuels de la mission après un survol de l’histoire du Défap : dans le monde d’aujourd’hui, les questions de l’accueil et de la rencontre se posent avec une acuité nouvelle, nécessitant une permanente adaptation aux situations et aux personnes… avec une remise en cause permanente des façons de faire Église ensemble. Il ne s’agit plus de distinguer mission au près et mission au loin : l’interculturalité se vit aussi en paroisse, et il peut être aussi difficile d’accueillir un envoyé de retour de mission, avec un vécu qui a renouvelé sa vision de la vie d’Église, et d’entendre son témoignage.

« C’est important pour nous de rencontrer, en chair et en os, un envoyé du Défap, ou une responsable du service envoyés, résume la pasteure Valérie Mitrani. Quelqu’un qui est dans une aventure de vie, qui est témoin et facilitateur d’échanges… Ça permet de vraiment se rendre compte de l’universalité de l’Église. » Et pour souligner encore l’importance de ces échanges, ce week-end s’est conclu sur la rédaction de lettres par les enfants et les jeunes du consistoire ; des lettres destinées non seulement aux envoyés du Défap, mais aussi aux Églises qui les accueillent – et qui leur ont été remises personnellement.

Week-end intergénération du consistoire Vosges-Meurthe de l’EPUdF, 16 et 17 octobre 2021




Accueillir. Aller vers l’autre. Recevoir.

Trois verbes qui résument la thématique de la journée missionnaire organisée à Loriol, en octobre dernier, dans la foulée de la course Hope360. Un événement local, mais qui en dit long sur les possibilités qu’ont les échanges internationaux d’agréger les bonnes volontés au niveau local…

Un aperçu de la journée missionnaire à Loriol – DR

En 50 ans d’existence, l’activité du Défap s’est traduite par les missions de plus de 2000 envoyés, par des dizaines de projets au sein d’une cinquantaine d’Églises mises en relation, notamment dans le réseau de la Cevaa, mais aussi au-delà ; par des centaines de boursiers accueillis en France, des dizaines d’échanges de professeurs, de jeunes, de pasteurs… Mais quel en est l’impact sur la manière de vivre l’Église au niveau local ? En quoi ces voyages, ces mélanges de cultures, cette foi vécue en commun peuvent-ils servir à alimenter la vie d’une paroisse ?

Une réponse simple serait : par l’ouverture ainsi permise. Encore faut-il l’expérimenter pour percevoir cette porosité entre ce qui se fait au loin et ce qui se vit ici.

Des dynamiques internationales aux dynamiques locales

Un bon exemple est celui de la Journée missionnaire organisée le 10 octobre à Loriol avec la participation de Laura Casorio, du service Relations et Solidarités Internationales du Défap. Il a eu lieu dans la foulée de Hope360, événement festif et solidaire qui avait réuni, une dizaine de jours plus tôt, plus de 800 coureurs à Valence. Mis sur pied par Asah, collectif des acteurs chrétiens de la solidarité internationale, Hope360 avait ainsi rassemblé des bonnes volontés issues de toutes les branches du protestantisme, depuis les paroisses luthéro-réformées locales jusqu’aux organismes liés au monde évangélique. Un phénomène d’agrégation qui avait aussi profité aux Églises directement membres du Défap : parmi les jeunes présents à Valence dans le parc de l’Épervière, on trouvait ainsi des membres du consistoire du Valentinois – Haut-Vivarais et du consistoire des Portes du midi de l’Église protestante unie de France (EPUdF), mais aussi un groupe de l’Unepref, autre Église membre du Défap, emmené par le pasteur Pascal Gonzales. Ou comment l’engagement international se traduit par des dynamiques dont profitent les paroisses locales…

Et c’est précisément pour profiter de ces dynamiques que les paroisses de l’EPUdF se sont mobilisées, dès les tentes repliées et les stands démontés dans le parc de l’Épervière, autour d’un week-end de la mission. Dans la salle, un public majoritairement jeune le samedi, plus intergénérationnel le dimanche lors du culte ; une participation allant jusqu’à une centaine de personnes, parmi lesquelles d’anciens envoyés du Défap, diverses personnes impliquées dans des activités de diaconat et paroissiales… Et au-delà de la présentation de l’historique et des missions présentes du Défap, des questions très ouvertes à des anciens envoyés ou anciens boursiers, ayant directement vécu les échanges avec d’autres Églises, dans d’autres pays : qu’en ont-ils retenu ? L’Église d’envoi a-t-elle su les accueillir de nouveau à leur retour, et surtout, accueillir leur expérience et leur témoignage ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur leur Église, et sur la vie d’Église en général ? Comment vivre aujourd’hui l’Église universelle ?

Cet événement Hope360 a ainsi permis, par ricochet, d’alimenter un temps de réflexion autour de la mission à partir des témoignages de divers proches du Défap : anciens envoyés coopérants ou volontaires, professeurs venant des universités du Cameroun ou du Bénin. Elle a aussi permis à tous de s’interroger sur l’Église qu’ils veulent vivre, et sur les manières d’y parvenir, à la lumière de ces apports issus d’autres pays et d’autres communautés.

 

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Deux jours de visite au Défap pour les futurs pasteurs

Lundi 13 et mardi 14 décembre, les Master 2 de l’IPT sont au 102 boulevard Arago, pour rencontrer l’équipe du Défap, visiter la bibliothèque et participer à des ateliers sur la mission et sur l’interculturel. L’objectif de ces rencontres, désormais régulières, est notamment de permettre de mieux faire connaître le rôle du Défap à ces étudiants qui se destinent à devenir pasteurs au sein de l’Église protestante unie de France.

Les étudiants en Master Pro de l’IPT, accompagnés d’Élian Cuvillier, et l’équipe du Défap, le lundi 13 décembre dans la chapelle du 102 boulevard Arago

Si le rôle de pasteur dans les Églises luthéro-réformées, fondamentalement, ne change guère, les conditions du métier ont fortement évolué ces dernières années. Il s’agit toujours de prêcher l’Évangile, d’accompagner des communautés locales, d’accompagner des personnes dans des moments particulier de leur vie, comme le soulignait en mai 2016 Evert Veldhuizen, président de l’Association des Pasteurs de France ; mais depuis les années 80, le corps pastoral a dû s’adapter à l’ère numérique, il a vu sa sociologie se modifier… Il compte de plus en plus de femmes, de plus en plus de pasteurs venus de l’étranger (ils sont aujourd’hui un tiers au sein de l’Église protestante unie de France, dont une bonne moitié provenant d’Afrique), voire d’autres Églises… Nombre de nouveaux pasteurs ont déjà connu une vie professionnelle avant de se reconvertir, et la part de celles et ceux qui sont directement issus de familles de pasteurs du milieu luthéro-réformé se réduit de plus en plus. Des transformations qui sont à l’image de celles que connaissent les paroisses, elles-mêmes ayant désormais une sociologie de plus en plus diverse et des origines multiples. L’épisode de la crise sanitaire, dont l’impact a été lourd sur la vie des Églises, et les tensions entourant les questions liées à la laïcité n’ont fait qu’accentuer récemment des transformations déjà profondes.

Les pasteurs, aujourd’hui, doivent être conscients des enjeux de l’interculturalité dans la vie d’Église. C’est précisément l’un des thèmes de la visite qu’effectuent au Défap pendant deux jours, les lundi 13 et mardi 14 décembre, une quinzaine d’étudiants et d’étudiantes en Master Pro de l’Institut Protestant de Théologie (un cycle commun aux facultés de Paris et de Montpellier), qui d’ici quelques mois devraient achever leur formation et se retrouver en poste dans une des paroisses de l’Église Protestante Unie de France (EPUdF). À l’issue de cette visite, ils auront eu l’occasion de participer à deux ateliers sur ce thème. Le premier, lundi après-midi, étant titré « Comment comprendre les différences culturelles ? Peut-on les dépasser ? » ; et le second, mardi, davantage centré sur le cas particulier du ministère pastoral.

Survol de l’histoire des missions protestantes et travaux sur l’interculturel

Cette année, le programme a été établi par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, en association avec Claire-Lise Lombard, responsable de la bibliothèque. Au menu de ces deux jours : une série de rencontres et un repas partagé avec l’équipe du Défap, une présentation de l’histoire de la Maison des missions, de la SMEP au Défap, avec une visite commentée de l’exposition réalisée à l’occasion du cinquantenaire du Service protestant de mission… Mais aussi des portraits de missionnaires comme Idelette Allier, Mabille, Lavignotte ; une visite de la bibliothèque, lieu unique dans le protestantisme français, qui recèle dans ses fonds nombre de documents uniques sur l’histoire des missions protestantes. Sans compter la découverte de l’escape game réalisé par des anciens envoyés à l’occasion des célébrations du cinquantenaire : un jeu que vous pouvez retrouver gratuitement dans la boutique du Défap, et téléchargeable ici.

Voilà plusieurs années que ces visites des Master Pro sont organisées au 102 boulevard Arago ; Tünde Lamboley, responsable de la formation théologique, et qui avait initié un rapprochement avec l’IPT à travers une série de «déjeuners-cultes», avait en effet constaté que le Service Protestant de Mission restait encore trop souvent méconnu parmi les étudiants. D’où cette idée d’un temps de rencontre et d’échanges, approuvée par Élian Cuvillier, qui outre son rôle de directeur des études à l’IPT-Montpellier, est également, depuis juillet 2017, directeur du master professionnel des deux facultés. Il a déjà eu l’occasion de dire, lors d’une de ces visites, qu’il considère le Défap comme « un rouage essentiel de l’Église », avec lequel ses étudiants, en tant que futurs pasteurs, « seront nécessairement amenés à travailler ».
 

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Devenir pasteur
Le master 2 en théologie appliquée (Cycle M2ThA) est une formation universitaire commune aux Facultés de Paris et de Montpellier qui prend en compte la pratique, l’expérience et l’engagement concrets. Il est requis pour être pasteur.e de l’Église protestante unie de France (EPUdF). Poursuivant un triple objectif théologique, professionnel et personnel, il met en œuvre la triade pédagogique : savoir, savoir-faire et savoir-être. Il comprend un stage, des séminaires et la rédaction d’un rapport de stage. Au terme de ce temps d’études, et après accord de la Commission des ministères, le.a candidat.e au ministère pastoral fait son « proposanat ». Ce dernier est une période probatoire d’une durée de deux ans, dans une Église locale ou une paroisse. Une fois le proposanat achevé et après accord de la Commission des ministères, le nouveau / la nouvelle pasteur.e est ordonné.e – reconnu.e dans son ministère puis inscrit.e au rôle des ministres de l’EPUdF. La Commission des Ministères a réalisé une brochure à destination des étudiant.e.s désirant devenir pasteur.e.s : «Pour devenir pasteur, un parcours avec la Commission des ministères». Il est possible de la consulter sur le site de l’EPUdF sous format pdf.



Prière œcuménique de l’Avent

Ensemble avec les Églises chrétiennes du Bade-Wurtemberg et de Rhénanie-Palatinat, les Églises catholiques et protestantes d’Alsace et de Lorraine invitent à une prière œcuménique de l’Avent.

© Torsten Mühlbacher pour les Églises chrétiennes du Bade-Wurtemberg

Pour beaucoup de personnes, la prière à la maison est devenue une belle habitude qui accompagne la période précédant Noël.

Cette prière est une occasion d’inviter quelques personnes, vos amis, voisins et connaissances – et aussi des personnes que vous connaissez moins, voire pas du tout – à venir partager un moment de célébration ! Une pièce décorée pour l’Avent et la disponibilité d’une personne pour diriger cette prière de maison sont de bonnes conditions pour réussir ce moment passé ensemble.

Les membres du groupe œcuménique transfrontalier de l’ACK (Arbeitsgemeinschaft Christlicher Kirchen in Baden Württemberg) vous souhaitent un temps de l’Avent béni et lumineux.




Le Défap et Djibouti : un documentaire à voir sur France 2 le 12 décembre à 10h

Dimanche 12 décembre, retrouvez sur France 2 le documentaire de Présence protestante «Le Défap, 50 ans au service des Églises en mission – L’Église protestante évangélique de Djibouti». Un thème qui sera aussi au centre de la prochaine émission « Courrier de mission – le Défap », présentée par Marion Rouillard sur la radio Fréquence Protestante.

Une cérémonie de remise de diplômes se prépare dans le temple de l’Eped © Défap, mars 2019

Depuis sa création en 1971, le Défap s’inscrit dans un réseau d’Églises, au sein desquelles il joue le rôle de facilitateur pour permettre de réaliser des projets, des échanges de personnes… autant d’actions qui ont avant tout pour but d’entretenir des relations entre Églises par-delà les distances géographiques et culturelles. Cet aspect de relations entretenues au sein d’une communauté, qui se comprend avant tout au sein du réseau de la Cevaa – Communauté d’Églises en mission, mais sans s’y limiter strictement, est tout particulièrement important pour des Églises qui sont minoritaires dans leur pays. La petite Église de Djibouti, officiellement désignée sous le titre d’Eped (Église protestante évangélique de Djibouti) fait partie de ces communautés pour lesquelles les relations avec le Défap sont cruciales, car elles représentent l’inscription au sein d’une communauté plus large. Pour l’Eped, la relation avec les Églises d’Europe passe ainsi à la fois par son appartenance à la Ceeefe (la Communauté des Églises francophones) et par le Défap.

L’histoire du Défap, de sa création aux célébrations de son cinquantenaire en 2021, et ses actions concrètes, à travers l’exemple des relations avec l’Église Protestante Évangélique de Djibouti, sont à la base du documentaire qui sera diffusé dimanche 12 décembre sur France 2, dans le cadre de l’émission Présence protestante : «Le Défap, 50 ans au service des Églises en mission – L’Église protestante évangélique de Djibouti». Un film réalisé par Pierre Vella, que vous pourrez retrouver par la suite en replay sur le site de France 2 et sur celui du Défap ; et ces relations seront aussi au centre de la prochaine émission « Courrier de mission – le Défap », présentée par Marion Rouillard sur la radio Fréquence Protestante.

L’Eped, une Église qui croît

À Djibouti, l’islam est religion d’État depuis 1992. La liberté religieuse est garantie par la constitution, mais le prosélytisme est découragé par les autorités. La plupart des chrétiens présents dans ce petit pays d’un peu plus de 23.000 km2, frontalier de l’Érythrée, de l’Éthiopie, et de la Somalie, appartiennent en majorité soit à l’Église catholique romaine, soit à l’Église éthiopienne orthodoxe. Officiellement, le protestantisme est exclusivement représenté par l’Eped (Église protestante de Djibouti). Seule Église protestante officiellement reconnue par le gouvernement de ce pays musulman, l’Eped est héritière d’une situation historique unique, qui l’amène à accueillir une très grande diversité confessionnelle. À l’origine, elle avait été créée par l’aumônier des troupes françaises stationnées à Djibouti. La construction du temple proprement dit avait eu lieu en 1962. Le chantier avait été rendu possible grâce à la bienveillance du gouverneur de l’époque, et grâce au soutien de l’Assemblée Territoriale, à majorité musulmane, qui avait apporté le terrain. Le chantier avait aussi bénéficié de l’aide financière du FIDES (Fonds d’Investissement et de Développement Économique et Social – des fonds publics donc) et des Églises Réformées de France. Après le référendum d’autodétermination de 1977 et la naissance de la République de Djibouti, les bâtiments devaient devenir officiellement propriété de la Ceeefe, mise en place par la Fédération Protestante de France précisément pour s’occuper des Églises créées par des Français à l’étranger, pendant que le Défap assumait la responsabilité de cette paroisse unique.

Le Centre de l’Eped a développé une formation pour la maintenance des panneaux solaires © Eped

Aujourd’hui, l’Eped est une Église qui croît. Elle accueille des chrétiens de différents pays (Éthiopie, France, Burundi, États-Unis, etc.) et de différentes branches du protestantisme. Elle bénéficie tout à la fois de la forte croissance économique de Djibouti et de sa situation stratégique à la Corne de l’Afrique, qui en fait un lieu de passage et un enjeu incontournable : fait révélateur, l’activité portuaire est le premier secteur économique du pays. Mais l’Église se situe dans un contexte fortement instable. Instabilité de la politique intérieure de Djibouti, qui sur le plan extérieur entretient des relations complexes à la fois avec la France et les États-Unis ; inégalités sociales criantes, dénoncées à la fois par l’Église et les ONG, et aggravées par une forte immigration du fait des conflits au Yémen et en Érythrée ; et forte mobilité des membres mêmes de l’Église, dont peu restent à Djibouti plus de trois ans.

Pour cette Église à la communauté aussi diverse que fluctuante, les bâtiments jouent un rôle fondamental : lieu d’accueil, lieu où se rassemble la communauté, mais aussi lieu de témoignage. Le chantier de rénovation du temple, mené à bien avec le soutien du Défap, qui s’est étalé sur près d’une dizaine d’années, a ainsi donné une visibilité et une crédibilité à cette communauté protestante de Djibouti ; un effet qui s’est trouvé renforcé avec la réhabilitation du centre de formation, dans lequel ont été déjà formés nombre de jeunes Djiboutiens aux métiers de la maçonnerie, de l’électricité, de la plomberie, de la soudure ou des panneaux solaires. Aujourd’hui, ce centre est reconnu par les autorités djiboutiennes pour son expérience dans la formation des jeunes en général, et des jeunes en situation de handicap en particulier. Derrière les bâtiments, il y a donc toute une communauté qui vit. Une communauté avec un pasteur, Pierre Thiam, venu du Sénégal, qui a su trouver un équilibre liturgique tenant compte de la grande diversité des origines des paroissiens ; une communauté qui se projette dans l’avenir et s’attache à programmer de nouvelles formations de façon à pérenniser le fonctionnement du Centre et de son personnel.

Retrouvez ci-dessous la présentation de l’émission Présence Protestante sur France 2 :

 




Courrier de mission – Le Défap : Karen Smith et l’Église évangélique au Maroc

Retour sur « Courrier de mission – Le Défap » , une émission désormais présentée par Marion Rouillard sur Fréquence Protestante. En ce mois de novembre, elle a interviewé Karen Smith, aumônier de l’université d’Ifrane et présidente de l’Église évangélique au Maroc.

Karen Smith © F. Lefebvre-Billiez pour Défap

« Courrier de mission – Le Défap » , l’émission mensuelle du Défap diffusée sur Fréquence Protestante, évolue : elle est désormais présentée par Marion Rouillard, qui nous emmène à la rencontre des partenaires du Défap. Elle donnera ainsi la parole à celles et ceux qui vivent la mission, soit dans diverses communautés ecclésiales entretenant des liens avec le Service protestant de mission, soit en tant qu’envoyés du Défap : autant de manières de vivre la rencontre, par-delà les distances géographiques et culturelles.

Karen Smith et l’Église évangélique au Maroc

«Courrier de mission – le Défap» du 17 novembre 2021.
Émission consacrée au Défap, animée par Marion Rouillard sur Fréquence Protestante

Pour cette émission du mois de novembre, la première invitée de Marion Rouillard était Karen Thomas Smith. L’occasion tout d’abord d’évoquer le parcours singulier de cette Américaine née dans une famille baptiste du Kentucky, qui est aujourd’hui aumônier de l’université d’Ifrane, au Maroc. Elle est également présidente de l’EEAM, l’Église Évangélique Au Maroc – une communauté membre de la Cevaa – Communauté d’Églises en mission, dont les membres d’origines très diverses font cohabiter des branches très différentes du protestantisme.

À son arrivée au Maroc, Karen Smith ignorait tout de l’EEAM : elle était venue dans ce pays avant tout pour trouver un lieu où exercer son ministère sans être séparée de son mari, enseignant de haut niveau en informatique et baptiste comme elle. C’est ainsi qu’ils avaient appris, en 1995, l’existence d’un projet du roi Hassan II de créer de toutes pièces un campus à l’américaine au milieu des montagnes du Moyen Atlas : l’université Al Akhawayn d’Ifrane. Au Maroc, « j’ai d’abord été accueillie et encouragée par l’Église catholique », se souvient ainsi Karen Smith, témoignant au micro de Marion Rouillard. « Puis au fur et à mesure, j’ai découvert l’Église évangélique au Maroc (…) C’est Jean-Luc Blanc [alors président de cette Église, ndlr] qui a fini par me recruter pour donner un coup de main ».

Les défis de l’EEAM

Car l’EEAM avait alors un grand défi à surmonter : le manque de pasteurs. « En 2002, rappelle Karen Smith, nous avions dix paroisses. Mais il n’y avait que deux pasteurs pour tout le Maroc. L’un était issu des ADD [les Assemblées de Dieu, ndlr], l’autre avait été recruté par la Ceeefe », la Communauté des Églises protestantes francophones (anciennement la Commission d’Églises Évangéliques d’Expression Francophone à l’Étranger). Pour la petite communauté de l’EEAM, la Ceeefe représentait, et représente encore, l’ouverture au monde, le lien avec les autres Églises – y compris les Églises françaises. Mais face à ce manque criant du corps pastoral, il a fallu innover… Six ans après son arrivée au Maroc, Karen Smith a ainsi été reconnue comme pasteur au sein de l’EEAM. Puis, il a fallu trouver le moyen de former de jeunes pasteurs sur place : c’est ainsi que s’est développé le projet de l’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa, en lien avec l’Église catholique, avec une approche unique du dialogue entre le christianisme et l’islam. Outre les étudiants de divers pays qui y viennent, l’Institut permet désormais à l’EEAM d’avoir ses propres pasteurs formés au Maroc. « En 2017, rappelle ainsi Karen Smith, une première promotion a été diplômée : nous avons consacré cinq jeunes pasteurs, dont une femme ; depuis lors, nous avons consacré quatre autres ».

Autre défi pour l’EEAM : accueillir la diversité du protestantisme. À l’origine, l’EEAM avait pour nom « Église réformée évangélique au Maroc », et ses paroissiens étaient essentiellement européens. Mais après une longue période de décroissance dans les années ayant suivi l’indépendance du Maroc, elle a vu de nouveau le nombre de ses fidèles augmenter à partir des années 1990. Aujourd’hui, c’est une Église en croissance ; elle est passée de dix paroisses en 2002, à onze aujourd’hui… mais avec une sociologie qui a beaucoup évolué. Les nouveaux paroissiens viennent pour beaucoup d’Afrique subsaharienne. Nombre d’entre eux sont des étudiants venus à l’université au Maroc. « Ils sont issus de toutes sortes d’Églises protestantes, souligne Karen Smith. Majoritairement, plutôt des Églises de Réveil, des Églises pentecôtistes ; mais il y a aussi des baptistes, des méthodistes, des paroissiens qui nous viennent d’Églises luthéro-réformées… Et notre défi, c’est de faire Église ensemble ».

Depuis longtemps proche du Défap, qui soutient son ministère au Maroc, Karen Smith effectue de manière régulière des visites en France pour y évoquer auprès des Églises françaises son expérience de l’interreligieux. Ce qu’elle fera courant 2022, avec un nouveau voyage en France qui lui donnera l’occasion d’animer une conférence au Défap avant d’effectuer une tournée en Alsace.




La question interculturelle

Des communautés marquées de plus en plus par la diversité, le besoin d’une meilleure compréhension mutuelle et d’outils pour faire Église ensemble : présentation des enjeux de l’interculturalité en Église par Pascale Renaud-Grosbras, du service Animation-France du Défap, dans un article publié sur le site de l’EPUdF (Église protestante unie de France).

Cérémonie de reconnaissance du ministère pastoral-ordination à Montbéliard, septembre 2020 © Défap

Si on peut parler de question interculturelle dans nos Églises, c’est parce que nous venons d’horizons géographiques, culturels et sociaux différents. Rien de nouveau à cela : l’apôtre Paul écrivait à des communautés tiraillées par des sensibilités différentes, cherchant pour elles des moyens de vivre une foi commune sans nier les particularités des différentes cultures.

Aujourd’hui, pour certains, regarder son interlocuteur dans les yeux est un signe d’écoute attentive et de disponibilité ; pour d’autres, regarder dans les yeux une personne en position d’autorité est extrêmement impoli. Que se passe-t-il lorsqu’ils se rencontrent ? Parfois, sans même s’en rendre compte, la fraternité leur échappe, parce qu’ils ne reconnaissent pas les codes de l’autre ; il y a des blessures dues à des codes culturels non compris.

Prendre conscience de cela, comprendre en quoi mon frère, ma sœur porte tout un monde auquel je n’ai accès que dans l’écoute attentive, c’est se donner les moyens de mieux vivre la fraternité en levant des incompréhensions.

En revenant sur l’histoire missionnaire, on peut aussi prendre conscience des bouleversements introduits dans les différentes cultures par l’arrivée de l’Évangile. Par exemple, pour dire comment Jésus est Seigneur, les missionnaires des siècles passés ont dû trouver dans la culture où ils arrivaient un équivalent approximatif. Parfois, le mot « chef » permettait de commencer à expliquer que Jésus était un chef si puissant qu’il avait vaincu la mort, mais il fallait aussitôt ajouter que c’était un chef qui, pour sauver son peuple, acceptait une mort ignominieuse, ce qui mettait en lumière que les chefs locaux n’étaient pas si puissants et que leur autorité n’était pas toujours exercée dans le service et le don de soi, mais dans la domination.

En boomerang, les Églises du Nord, via leurs organismes missionnaires, sont aujourd’hui amenées à s’interroger sur l’inculturation de leur lecture biblique et de leur théologie, mettant à nu l’illusion d’un christianisme « hors culture ».

Le Défap, porteur d’histoires et de réflexions, est un témoin précieux pour comprendre ces enjeux dans le monde qui est le nôtre.




Un Avent de partage

Du 28 novembre au 25 décembre, retrouvez le podcast de l’EPUdF dédié à l’Avent. Ce rendez-vous quotidien sous forme de calendrier donnera la parole à des participants du Grand KIFF. Il sera également à écouter sur EJR Radio.

Du dimanche 28 novembre au samedi 25 décembre retrouvez quotidiennement sur EJR Radio à 7h30, 18h et 21h l’interview d’un participant au Grand KIFF, cet été à Albi. Il nous partagera un moment fort de ce rendez-vous estival qu’il garde en souvenir 4 mois plus tard, comment il vit ce temps de l’Avent en partage et nous offrira un verset ou passage biblique qui lui tient particulièrement à cœur.

Alors ne manquez pas ce rendez-vous quotidien disponible sur la web radio, dont l’accès est à retrouver ci-dessous.

Mais aussi dans les podcasts de l’Église protestante unie de France avec notamment la playlist « Un AVENT de PARTAGE » qui sera mise à jour quotidiennement ou encore sous forme d’un calendrier de l’Avent.

Alors n’hésitez pas à écouter, lire et partager vous aussi ce rendez-vous quotidien, ces belles et fortes rencontres d’une trentaine de témoins…

La playlist « Un Avent de partage »

Le calendrier de l’Avent




La Réunion : l’aboutissement d’un projet, le Centre Martin-Luther-King

L’inauguration administrative du Centre Martin-Luther-King a eu lieu le samedi 20 novembre 2021 à Saint-Pierre de la Réunion. La concrétisation d’un projet de près de 20 ans, porté par l’EPR (l’Église Protestante de la Réunion) avec le soutien financier du Défap et de la Cevaa. Le Secrétaire Général de la Cevaa, Célestin Kiki, était présent à la cérémonie, et a porté un message du Président du Défap, Joël Dautheville.

Vue du Centre Martin Luther-King, qui a pu être construit avec l’aide financière du Défap © Cevaa

Située dans l’Océan Indien à 700 km à l’est de Madagascar et à 200 km de l’île Maurice, l’île de la Réunion est un petit monde en soi. Non pas seulement par sa géographie spectaculaire et pleine de contrastes, modelée par le volcanisme et l’érosion d’un climat tropical, mais aussi par la diversité de sa population. Ses 872 000 habitants ont pour origines Madagascar, l’Afrique, l’Inde, la Chine, l’Europe… Une diversité que l’on retrouve sur le plan religieux : l’île est à 85% catholique, 7% hindouiste, 2% musulmane. Les protestants représentent moins de 1% de la population et se répartissent entre évangéliques et luthéro-réformés.

L’Église protestante de La Réunion (l’EPR) est membre de la Cevaa-Communauté d’Églises en mission et de la Ceeefe-Communauté d’Églises protestantes francophones ; elle est aussi membre de la Fédération Protestante de France et associée à l’Église Protestante Unie de France. Elle rassemble environ 500 personnes. Cette communauté protestante réunionnaise fait partie des Églises de sensibilité luthéro-réformées présentes aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, que le Défap accompagne notamment en contribuant à financer des postes pastoraux, mais aussi à travers le soutien à des projets. Église jeune, implantée dans les années 1980 à Saint-Denis de la Réunion et soutenue pastoralement par l’aumônerie militaire avant de devenir autonome, l’EPR a été pendant plus de 10 ans sans lieu de culte propre : c’est seulement en 1992 qu’elle a pu acquérir ses locaux. Elle travaille aujourd’hui sur deux pôles, un à Saint-Denis dans le nord de l’île, et un dans le sud, où a été construit le centre communautaire Martin-Luther-King, avec le soutien du Défap et de la Cevaa. Ce bâtiment polyvalent était pour elle un enjeu crucial de visibilité dans l’île.

Retour sur un long parcours

Vue de la cérémonie d’inauguration du Centre Martin Luther-King © Cevaa

L’inauguration administrative de ce Centre, qui a eu lieu le samedi 20 novembre 2021 à Saint-Pierre de la Réunion, et le culte de dédicace organisé le lendemain, ont donc marqué une étape symbolique importante pour l’Église, mais aussi l’aboutissement d’un parcours difficile. Ce que n’a pas manqué de souligner le pasteur Célestin Kiki, Secrétaire Général de la Cevaa, qui était présent à la cérémonie, en rappelant : « Le chemin a été long et parsemé d’embûches, mais le Seigneur a permis que le rêve devienne réalité… ». Il a également souligné que ce projet enfin concrétisé « va permettre à l’EPR de rayonner sur l’ensemble de la Réunion ». Le pasteur Célestin Kiki a par ailleurs porté un message de Joël Dautheville, retenu en métropole par la période des synodes régionaux de l’EPUdF, dans lequel le Président du Service Protestant de Mission a rappelé que « le Défap, notamment grâce à Norbert Lamy, a accompagné ce projet depuis longtemps ».

De gauche à droite : les pasteurs Charles Bossert et Christophe Cousinié, Perle Ravoninjatovo, ancienne Présidente du Conseil Presbytéral de l’EPR, le pasteur Célestin Kiki, Secrétaire Général de la Cevaa, Nomena Ralibera, nouveau trésorier de la Cevaa, la pasteure Caroline Cousinié, et Michel Bertrand, conférencier © Cevaa

Réalisé avec le soutien financier du Défap (qui s’est engagé à la fois à travers un prêt immobilier et des dons) et de la Cevaa, ce centre, destiné notamment à accueillir des associations engagées dans l’action sociale, était un projet porté par toute la communauté de l’EPR depuis le début des années 2000. C’est en 2002 que fut rédigé un premier dossier par la pasteure stagiaire Marie-Odile Miquel et une petite équipe de paroissiens, où l’on pouvait trouver une description du rôle du futur centre, qui devait devenir le cœur de la paroisse de Saint-Pierre de la Réunion : « La mission principale de la nouvelle paroisse du Sud est le rayonnement, le témoignage, en actes, de la pertinence non démentie des valeurs de la Réforme et le développement de l’Église Protestante de la Réunion. Ce qui passe nécessairement par l’amélioration de la communication, l’élaboration de partenariats et la mise en place d’activités à la fois paroissiales et à caractère social… » Mais l’EPR, qui ne comptait alors qu’une seule paroisse et des moyens financiers limités, a dû passer par des phases nombreuses de révisions du projet et de recherche de partenaires financiers. Tout au long de ce processus, le Défap aura été présent ; et après la forte implication du pasteur Charles Bossert, c’est en présence du pasteur Christophe Cousinié, envoyé du Défap, que le projet aura vu son aboutissement.

« Voulu par votre Église, soutenu entre autres, par le Défap, Service Protestant de Mission de trois Églises, le Centre Martin-Luther-King est appelé à vivre un double mouvement : se recentrer autour de la Parole de Dieu pour mieux se décentrer et aller à la rencontre de l’autre », a souligné dans son message le Président du Défap, Joël Dautheville. Avant de souhaiter : « Qu’à travers le Centre Martin Luther King, notre Seigneur bénisse votre lecture partagée de la Parole de Dieu et votre témoignage ici et partout. »




Bienvenue au Centre Évangélique 2021 !

Les stands sont installés, on n’attend plus que vous ! Ces 22 et 23 novembre, l’équipe du Défap vous accueille sur son stand à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, à l’occasion de l’édition 2021 du Centre Évangélique. Suivez en direct l’événement sur la webradio dédiée au CE 2021, créée par un partenariat entre Radio Omega, Phare FM et Radio Arc-en-Ciel. Vous pourrez y entendre Manior interviewé en direct le mardi 23 novembre pour présenter son ouvrage, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. Une séance de dédicaces est également prévue dans l’espace librairie.

Vue du stand du Défap peu avant l’ouverture du Centre Évangélique 2021 © Défap

Tout est prêt, et l’Espace Charenton fourmille d’activité. En ce matin du 22 novembre, tous les stands du Centre Évangélique sont installés, pour une édition 2021 qui marque le retour des rencontres « en présentiel », après une année 2020 au cours de laquelle les contraintes sanitaires avaient nécessité un changement de format et des conférences exclusivement en visio. Le Défap aussi est présent, et les permanents vont se relayer pour vous y accueillir tout au long de ces deux jours : venez nous rencontrer et vous entretenir avec les membres de l’équipe ; et venez découvrir l’album de Manior, Les deux pieds en Afrique, publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap.

Les innovations rendues nécessaires par le contexte particulier de l’année 2020 ne sont pas oubliées, loin de là : le CE 2021, placé sous le thème « Annoncer et vivre l’Évangile, une vocation commune ? », a ainsi lieu à la fois sous forme de rencontres physiques, et simultanément sous forme de webinaires. Les organisations présentes ont également une présence sur le site du Centre Évangélique sous la forme d’e-stands (venez visiter celui du Défap !). Avec en outre une nouveauté pour cette année : une webradio s’installe dans les coulisses. Radio Omega, Phare FM et Radio Arc-en-Ciel se sont associées pour vous faire vivre 10 heures de direct à l’occasion de l’événement et vous proposer une immersion et un zoom sur les participants, leurs activités et leurs projets. Pour découvrir un peu comment fonctionne cette « radio temporaire » dédiée au Centre Évangélique, quelques explications ici  :

 

 

Pour suivre la webradio en direct tout au long de ces deux jours, rendez-vous sur sa chaîne YouTube :

 

Manior (Romain Choisnet), l’auteur des Deux pieds en Afrique, sera interviewé sur la webradio du Centre Évangélique pour présenter sa BD le 23 novembre vers 17h. Auparavant, il aura participé à une séance de dédicaces organisée dans l’espace librairie en début d’après-midi, vers 13 h.

On vous attend !




Le Défap au Centre Évangélique 2021, avec Manior

Les lundi 22 et mardi 23 novembre, venez nous rencontrer sur le stand du Défap à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, à l’occasion de l’édition 2021 du Centre Évangélique. Vous pourrez aussi y découvrir le livre de Manior, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. Une séance de dédicaces sera organisée le mardi dans l’espace librairie.

© Centre Évangélique 2021

L’édition 2020 était celle de l’année du Covid : comme nombre de rassemblements, le Centre Évangélique avait dû s’adapter et s’était tenu par visioconférence. Une expérience dont le CE 2021 a décidé de tirer parti : en ce mois de novembre, la rencontre, placée sous le thème « Annoncer et vivre l’Évangile, une vocation commune ? », a donc lieu à la fois en « présentiel », à l’Espace Charenton, dans le XIIème arrondissement de Paris, mais également sous forme de webinaires. Comme l’année précédente, le Défap participe à ce Centre Évangélique, qui va se tenir les lundi 22 et mardi 23 novembre ; avec comme invité Manior, dont vous pourrez découvrir et acheter le livre, « Les deux pieds en Afrique », publié en partenariat avec les éditions Scriptura à l’occasion des 50 ans du Défap. À noter : le mardi 23 novembre, à 13 heures, une séance de dédicaces sera organisée dans l’espace librairie.

En participant à ce Centre évangélique « des retrouvailles », après une année 2020 limitée au distanciel, vous aurez l’occasion :

  • d’aller à la rencontre de 116 œuvres évangéliques francophones à l’Espace Charenton mais également via la page web du CE 2021 (venez visiter l’e-stand du Défap !)
  • d’assister à des conférences, tables rondes et ateliers au sujet de la thématique de l’évangélisation, avec une trentaine d’intervenants
  • de profiter d’espaces de convivialité confortables prévus pour ces retrouvailles !

Fondé en 1948 à l’Institut biblique de Nogent, le Centre évangélique vise depuis plus de 70 ans à favoriser les rencontres et les relations entres structures protestantes évangéliques, de manière à accroître leur visibilité. L’historien et sociologue Sébastien Fath parle d’ « un réseau évangélique majeur » qui « a densifié une mouvance [évangélique] jusque-là passablement émiettée ». Quant au théologien Henri Blocher, il pense que ces rencontres ont permis aux évangéliques, en se connaissant mieux, d’envisager la création du Conseil national des évangéliques de France, qui s’est concrétisée en 2010.

Retrouvez ici le programme complet du Centre Évangélique 2021, et ci-dessous la présentation de l’événement en vidéo :
 

 
Et pour vous donner envie de venir découvrir le livre de Manior… et de participer à la dédicace du mardi à l’espace librairie, petit aperçu de la création d’une planche de la BD « Les deux pieds en Afrique » :